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ladytelephagy
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7 décembre 2008

Avez-vous votre serviette éponge ?

Je suis d'une inculture crasse en ce qui concerne la littérature fantastique. Mais j'ai une excuse. Deux, en fait. La première c'est que, dans ma famille, la littérature de science-fiction comme de fantasy n'étaient pas considérées comme de la littérature, et leur lecture était condamnée sans appel ; comme celle de la bande-dessinée, par exemple. La seconde, c'est que quand j'ai commencé à fréquenter des légions de nerds et de geeks, ils ont tous commencé par m'infliger les œuvres de Tolkien, à la notable exception d'un qui a préféré débuter avec Orson Scott Card, et que l'effet a été de me braquer instantanément au lieu de m'ouvrir à l'un, l'autre ou les deux de ces genres (en réalité les deux sont très proches sur le principe, comme j'ai pu m'en assurer par la suite par écrans interposés : ce sont des genres métaphoriques par excellence, qui donc ne pouvaient que me ravir, mais encore fallait-il ne pas y aller avec de grosses tatanes). Dramatique, mais c'est comme ça. Le seul qui fasse exception dans ce carnage, c'est Terry Pratchett, dont on conviendra à la lecture de ce post que, hm, pas étonnant, tiens.
Voilà, c'était mon préambule pour vous expliquer pourquoi je ne découvre que maintenant l'univers du film dont je vais parler aujourd'hui.

Car oui, allez, soyons fous, seconde tentative cinématographique ! Qu'est-ce qu'on vit dangereusement ici, dites-donc... Je compte sur vous pour qu'il ait plus de succès que le précédent, sinon je vais me fâcher toute rouge. D'ailleurs, la lecture de ces quelques lignes vous oblige, oui, vous oblige, à regarder le film, non, ne faites pas genre "moi, j'ai rien vu, chuis pas au courant", je vous ai pris sur le fait, j'ai trace votre IP sur cette note, donc vous êtes obligés. Allez, quoi, c'est pour votre bien. Est-ce que je vous ai déjà recommandé un film que vous ayez regretté d'avoir vu ? Bon, d'un autre côté ce n'est que le second que je recommande, mais quand bien même.

C'est quoi le nom du film ? H2G2 : Le guide du voyageur galactique
C'est plutôt quel genre ? Science-fiction absurde
Qui on connaît là-dedans ? Zooey Deschanel (soeur d'Emily "ne l'appelez pas Bones" Deschanel), vue dans Tin Man, mais aussi brièvement John Malkovich, vu à peu près partout
Ça date de quand ? Le film est sorti en 2005... mais les livres sont largement plus anciens.
En résumé, de quoi ça parle ? D'un mec dont la planète est détruite, et qui donc, doit voyager dans l'univers galactique.

H2G2___1 H2G2___2 H2G2___3 H2G2___4 H2G2___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Arthur est un pauvre type anglais un peu à la ramasse, dont la maison va être détruite vu qu'elle se situe sur le tracé d'une déviation qui va prochainement être construite. Cela va bientôt devenir le cadet de ses soucis, puisque sa planète va également être détruite, étant située sur le tracé d'une déviation galactique. De justesse, son meilleur pote Ford va lui sauver la mise, en lui apprenant comment faire du stop dans l'espace, notamment à l'aide d'un livre ultimement utile, Le guide du voyageur intergalactique. S'en suivent tout un tas d'aventures toutes plus improbables les unes que les autres, dont le fil conducteur pourrait être (mais difficile d'en être sûre) de trouver la question ultime à la réponse à la vie, à l'univers, et à tout le reste. Pris en stop par le Président de l'Univers, un crétin, et une bien jolie jeune femme elle aussi originaire de la Terre, ils embarquent donc pour diverses contrées de l'univers.
Et ça finit comment ? Je... suis pas sûre.

Pourquoi c'est bien ? Les British, moi, vous savez, je n'en raffole pas. Je ne pige rien à leur diction, pour commencer. Et la plupart de leurs séries, j'avoue, je ne suis pas fan. Là tout de suite, il n'y en a aucune qui me vienne à l'esprit, d'ailleurs. Mais je suis bien obligée de reconnaître qu'ici, l'humour absurde du film fait merveille. C'est absurde, ça n'a parfois ni queue ni tête (et pas simplement, je pense, parce que je ne connais pas encore les livres), mais en même temps, on y trouve des tas de petits propos très intelligents qui, et c'est la grande surprise quand on s'attend juste à un film à vocation humoristique, font réfléchir ou émeuvent réellement.
Pourquoi c'est pas bien ? Comme d'habitude quand je suis aussi enthousiaste, je vais me contenter d'imaginer ce qui pourrait ne pas coller pour d'autres que moi. Ainsi, ceux qui ont du mal avec l'humour absurde, évidemment, vont rester sceptiques. Mais je suppose aussi que ceux qui sont habitués à du très grand spectacle en matière de science-fiction vont trouver que par moments, ça fait un peu cheap. J'avoue que quand j'ai vu les premiers effets speciaux, j'ai moi-même été surprise car le film n'est pas dans la démonstration et met un certain temps avant de montrer qu'il en a dans le pantalon aussi de ce côté-là. Je ne venais pas spécialement pour ça mais je pensais au départ que c'était un film à petit budget et que je m'étais fait une raison, et en fait il y a des passages très honnêtes. Mais pas tout le temps.

Ah, les joies du cinéma ! Je me dis que Martin Freeman a quand même passé tout le film en pyjama et peignoir. Avec des films comme ça, ça vaut pas vraiment le coup de demander à garder ses costumes après le tournage...
La réplique qui tue : Arthur vient d'apprendre une vérité incroyable sur la Terre, après quoi il a le dialogue suivant avec son interlocuteur : "Vous savez, enfait, ça explique des tas de choses. Toute ma vie j'ai eu l'étrange sentiment que quelque chose d'énorme et de sinistre était à l'oeuvre dans le monde...
- Ah non, non-non, non ça c'est de la paranoïa parfaitement normale... Tout le monde dans l'univers ressent cela."
La scène qui tue : Je ne suis pas du genre à spoiler, donc je ne vous dirai pas pourquoi ni comment, mais en plein ciel, à un moment, un cachalot et un pot de pétunia apparaissent. On assiste alors à une scène qui a été un pur délice pour moi ! Ce qui est génial c'est qu'en plus, en vous montrant cette scène, je ne vous dis rien sur l'intrigue du film, et tout sur sa philosophie...

H2G2___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Limite 4,5 mais n'abusons pas, j'ai beaucoup aimé le film mais le regarderais-je, mettons, aussi souvent que The Fall dans un même intervalle temporel ? Peut-être pas quand même.
Bilan : Vu que le film est tiré d'une suite de bouquins, la première chose que j'ai faite (puisque ma liste de Noël est partie depuis des semaines) a été de commander la trilogie en cinq tomes (si-si), que je vais donc lire avec plaisir, je le sens, maintenant que j'ai découvert son existence. Dons-je donc préciser que j'ai donc BEAUCOUP aimé ? Je me suis amusée, j'ai été émue (plutôt sur la fin mais pas forcément par le final), j'ai trouvé des choses très pertinentes, bref, j'étais à un spectacle complet (avec une ouverture sous forme de ballet musical, ce qui ne gâche rien). Donc comment vous dire ? Oui, je suis hyper positive ! Et j'attends de voir si les ouvrages suivants seront adaptés aussi parce que je suis toute acquise à la cause, croyez-moi...

Maintenant, il ne vous reste plus qu'à vous y mettre aussi, c'est la règle : si vous voulez un post prochain dans cette rubrique, il faut commenter ce post-ci ! Et franchement, j'ai choisi un peu moins obscur que la dernière fois, non ? Au moins, ce film-là est sorti en salle en France et est dispo en DVD !
Allez, salut, et merci pour le poisson.

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30 novembre 2008

Tomber pour The Fall

Je pense qu'il y aura toujours un avant et un après The Fall. C'est bizarre parce qu'on arrive à presque 27 ans de téléphagie en se disant qu'on a déjà vu suffisamment d'images pour être plus ou moins blasée, et, en fait, non. Pour mon premier (et dernier ?) post à vocation à peu près cinématographique, je voulais donc parler de ce film qui m'a vraiment touchée au cœur. J'en ai déjà glissé un mot lorsque je vous ai brossé le parcours de Lee Pace, mais ce n'était vraiment pas assez à mon goût. Ce sont des films comme celui-ci qui me rappellent au bon sens, et me permettent de me souvenir que le cinéma ne mérite pas toujours mon plus royal mépris, simplement parce que je suis avant tout une téléphage. D'ailleurs, la télévision ne pourrait pas nous offrir The Fall.

J'expérimente donc une nouvelle forme de post, lançons-nous dans cette nouvelle aventure ensemble !

C'est quoi le nom du film ? The Fall
C'est plutôt quel genre ? Épopée initiatique.
Qui on connaît là-dedans ? Lee Pace, de Pushing Daisies. Et, en ce qui me concerne, juste lui.
Ça date de quand ? Le film a commencé à être tourné en 2004, il n'a été prêt qu'en 2006, date à laquelle il a commencé à être projeté dans divers festivals, mais il n'est sorti en salles aux States qu'en 2008. Je n'ai rien trouvé côté sortie en France.
En résumé, de quoi ça parle ? Une petite fille, Alexandria, s'est cassé un bras. Un jeune homme, Roy, s'est cassé les deux jambes. Tous deux tuent le temps dans un hôpital des années 20 en Californie.

TheFall___1 TheFall___2 TheFall___6 TheFall___3 TheFall___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? A la petite Alexandria qui rôde dans les couloirs de l'hôpital où il est cloué au lit, Roy raconte une histoire qu'il invente au fur et à mesure, et que la petite fille imagine en y incorporant les éléments et personnes qu'elle connaît. La démarche de Roy n'est cependant pas tout-à-fait désintéressée puisque le jeune homme, qui s'est cassé les deux jambes alors qu'il effectuait une cascade pour un film (et qui a le coeur brisé parce que sa petite amie l'a aussi largué pour l'acteur principal dudit film), est dépressif, voire suicidaire. Il espère que la petite, qui elle, peut circuler dans l'hôpital, lui volera de la morphine à la pharmacie. Pour la tenir en haleine, il invente donc le personnage d'un bandit masqué qui s'entoure d'une équipe d'autres comparses d'horizons divers, tous ayant en commun d'avoir une dent contre le gouverneur Odius, qui porte incroyablement bien son nom, et leur a joué à tous des tours pendables et cruels. La route pour aller régler son compte au gouverneur est semée d'embûche, l'homme étant très puissant. Plus tard, Alexandria parviendra à pourvoir Roy en morphine, d'abord timidement puis sans retenue, ce qui fera perdre de son self-control au conteur. A travers la fiction, il racontera donc beaucoup plus sur lui, créant ainsi un lien avec la petite fille.
Et ça finit comment ? Ni bien, ni mal. Mais de très belle façon quand même.

Pourquoi c'est bien ? On sait tous que la raison numéro un pour laquelle j'ai regardé ce film, c'était Lee Pace, donc ce sera de façon un peu prévisible l'une des raisons qui me l'ont fait aimer. Mais pas seulement. La petite qui joue Alexandria est par exemple très impressionnante. Et puis surtout, The Fall raconte en fait 3 histoires en une : celle de Roy et Alexandria, à l'hôpital, où se jouent pas mal de choses très dramatiques, celle du bandit masqué et de son équipe, dans des décors, wow, simplement somptueux (et ce, sans image de synthèse, peu d'effets spéciaux, que des décors naturels dans divers pays du monde, un vrai présent pour les yeux), et une troisième... une troisième histoire à demi-mots, mais sitôt qu'on donne toute son attention au film (où il se passe, quand, quelques petits détails... et évidemment son final), on s'aperçoit que cette troisième histoire est au moins aussi passionnante que les deux autres. The Fall est un film très humain, mais aussi magique, un peu morbide mais définitivement onirique, réaliste et fantaisiste, une magie de tous les instants. J'ai découvert ce film il y a environ deux mois, et je l'ai déjà regardé sept fois. Je crois que c'est assez révélateur, surtout venant de moi. C'est une telle obsession qu'un passage du film est devenu ma sonnerie de portable (moi qui met d'ordinaire toujours mon portable en vibreur... d'ailleurs j'aimerais tellement avoir plus d'appels, depuis deux mois !).
Pourquoi c'est pas bien ? Je peux concevoir qu'il y ait des passages qui rendent les choses assez indigestes. Dans ce flou artistique qui domine (parce que les lignes entre les trois différentes histoires se brouillent, la plupart du temps à dessein), on ne sait plus où donner de la tête ; bizarrement, d'un autre côté, il y a certaines longueurs dues au fait qu'on regarde avant tout Roy et Alexandria évoluer ensemble, tisser quelque chose, le but étant de ne pas juste montrer que Roy utilise Alexandria, mais que c'est plus ambigu, et pour l'ambigu, il faut du temps. Et surtout, stylistiquement, il y a quelques lourdeurs, comme cette étrange façon de mettre du ralenti là où on n'en avait pas nécessairement besoin (appelez ça l'héritage Matrix si vous le voulez, ou juste un peu de masturbation de réalisateur, on parle du mec dont le premier film était The Cell, quand même). Et puis évidemment, les habitués des blockbusters efficaces en seront pour leurs frais, les choses y sont loin d'être aussi lisses, oscillant entre conte fantastique pour enfant (parfois un peu linéaire) et scènes parfois assez dures (en général quand on commençait à se détendre), bref, je le sens, ça ne plaira pas à tout le monde.

Ah, les joies du cinéma ! Souvent, quand je regarde un film, j'imagine ce qu'il a fallu faire pour aboutir à ce résultat. Ici, je note surtout qu'une gamine de, quoi, sept ans, a dû embrasser Lee Pace, que plusieurs acteurs ont dû nager avec un éléphant, et que tout ce petit monde s'est baladé en Inde, en Espagne et probablement d'autres pays sublissimes. Je n'ai pas encore décidé de quoi j'étais la plus jalouse.
La réplique qui tue : Alexandria à Roy qui fait subir mille tortures à ses bandits imaginaires, vers la fin du film (c'est pas un spoiler si même la bande annonce du film en fait mention !) : "You're making that up". Une réplique simplement magique dans ce contexte !
La scène qui tue : Je veux vraiment vous offrir un extrait du film, parce que selon moi, on ne peut jamais être convaincu par le simple usage de l'écrit quand le résultat est en images et en musique. Ce n'est pas pour rien que dans ce blog, je vous propose souvent plus que mes simples mots pour vous donner envie d'être curieux ! Mais d'un autre côté, le choix est rude, car entre les scènes visuellement sublimes mais pas nécessairement très attrayantes sur les autres aspects, les autres plus intimistes mais pas forcément compréhensibles hors-contexte, et celles que j'adore juste par goût personnel maintenant que je connais le film sur le bout des doigts... non, vraiment, c'est pas gagné de choisir. J'ai donc opté pour cette scène où, ayant été attirés dans un piège par un prêtre, les bandits sont attachés en plein désert en attendant la mort. Apparaît alors, pour la première fois, l'avatar d'Alexandria dans l'histoire, profitant que Roy est en train de sombrer suite à l'absorption massive de morphine pour s'arroger le rôle de la fille du bandit masqué, et le sauver par la même occasion d'une mort certaine. On ressent la désorientation du bandit masqué, le soleil de plomb et surtout on tombe sous le charme d'Alexandria, si ce n'était encore fait.

TheFall___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
5 cagoules sur 5, ça semble même un minimum à mes yeux. Après, je ne démens pas être devenue totalement partiale sur le sujet...
Bilan :
The Fall est un film superbe, vous y découvrirez un univers esthétiquement impressionnant, une histoire pas absolument philosophique, mais en tous cas particulièrement belle et envoûtante, deux personnages (et acteurs) d'une symbiose épatante, et évidemment, le plaisir de retrouver Lee Pace dans, en fait, deux rôles, tous deux très différents de la prestation que vous lui connaissez certainement dans Pushing Daisies. Je vous obligerais bien à le regarder, mais je ne peux pas. Par contre, je peux vous encourager de toutes mes forces. C'est l'affaire d'un cagoulage de deux ou trois heures, et ensuite vous verrez les choses autrement.

Pour être tout-à-fait sincère, je n'estimerai que ce post n'aura eu du succès que si vous répondez sur la forme de ce post comme sur le fond, ce qui implique que j'espère vivement qu'au moins l'un d'entre vous regardera le film. Je sais, j'en demande beaucoup. Mais sinon à quoi ça sert ?

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