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ladytelephagy
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1 décembre 2009

Ain't got no guns

Je vous jure que j'ai rien prémédité. Bon, disons que ça devait être dans un coin de ma tête, et que c'est ressorti de façon inconsciente. Bref, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Treat Williams, et il s'avère qu'il a l'un des premiers rôles dans la comédie musicale dont il va être question aujourd'hui !

C'est quoi le nom du film ? Hair
C'est plutôt quel genre ? Musical chevelu
Qui on connaît là-dedans ? John Savage (Dark Angel, Carnivàle), Treat Williams (Everwood), Beverly d'Angelo (Rude Awakening pour moi, Entourage pour vous)... ha, ça c'est du beau générique !
Ça date de quand ? 1979
En résumé, de quoi ça parle ? De cheveux. Non, bon, d'accord, de hippies... pff, comme si c'était pas la même chose.

Hair___1 Hair___2 Hair___3 Hair___4 Hair___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Claude Bukowski vient d'être appelé pour faire son "tour" au Vietnam. Il fait escale quelques heures à New York, où se passe le recrutement, mais alors qu'il pensait suivre un chemin tout tracé jusqu'au front, il va faire la rencontre d'une bande de hippies, ainsi que de la belle et riche Sheila, et se retrouver embarqué dans des aventures que ce petit provincial n'avait pas imaginé expérimenter.
Et ça finit comment ? Pas à Manchester, England.

Pourquoi c'est bien ? Les chansons de Hair sont à l'image de leur époque : étranges, pleines de vie et d'entrain. Ce sont véritablement des chansons intemporelles (je mets au défi qui que ce soit de chanter les airs de Mozart ou Roméo et Juliette dans 20 ou 30 ans), à l'instar de "Good Morning Starshine", "Hair", et évidemment le cultissime "Let the Sunshine in". Je n'ai pas vécu cette époque (une source de consternation permanente dans ma vie, d'ailleurs) mais devant Hair, tout le monde a l'impression d'avoir été hippie ! Il suffit de voir comment les premières chansons se succèdent : "Aquarius", "Sodomy", "Donna"... oui, il y a une chanson qui s'appelle "Sodomy"... tout cela est fait avec un esprit qui me semble conforme à celui de l'époque, brouillon, joyeux... En un mot : enfumé. Car je soupçonne Milos Forman d'avoir passé de longues heures à rouler des plantes pour préparer son film, mais bref. Outre, donc, d'excellentes chansons et un univers entrainant, Hair, c'est une petite bande de gredins bien sympathiques à suivre et à aimer, et croyez-moi il ne peut en être autrement, entre l'adorable Jeannie, le charismatique Berger, ou encore Woof le petit bonhomme étrange... chacun a peut-être un peu trop fumé mais ils sont tous très attachants. A la façon de Claude, nous aussi on a envie de se laisser emporter par le tourbillon un peu bordélique de leurs vies... Hair est un film qui donne du baume au coeur, voilà la vérité.
Pourquoi c'est pas bien ? J'ai une super anecdote pour illustrer la réponse à cette question, vous allez voir. Lorsque je faisais mes études, j'étais noyée dans une classe de gonzesses qui passaient leur vie à parler de leurs histoires de cœur et de cul (et elles ne se confondaient pas toujours). Je ne plaisante pas : c'était leur seul sujet de conversation. Avec moults détails à l'appui. Flash forward : la veille des vacances de Noël. Comme il est de tradition de ne rien glander ce jour-là, notre prof d'anglais nous suggère de ramener un film de langue anglophone, à regarder en becquetant des friandises, et je ramène donc ma VHS de Hair (oui j'ai fait mes études au 20e siècle, pourquoi ?) et là, elle me dit en me fixant droit dans les yeux avec inquiétude "on regarde ça, tu es sûre ?". J'étais sûre. On a regardé. Ou plutôt on a regardé les 10 premières minutes. Au moment où Woof a entonné "Sodomy... Fellatio... Cunnilingus... Pederasty", il y a eu levée de boucliers dans les rangs, les poules ont commencé à caqueter avec indignation ; horreur et abomination, que tout cela est vulgaire. On a coupé la VHS et on a regardé Las Vegas Parano. Ce qui revenait quasiment au même, mais sans les mots "sodomy" et "fellatio" dedans. Encore que, ce serait à vérifier. Donc voilà le fin mot de l'histoire : ce film est à interdire d'urgence aux coincés du cul, aux psycho-rigides, et surtout, surtout, aux hypocrites.

Ah, les joies du cinéma ! Je me demande si les scènes d'hallucination ont été jouées avec la Méthode de l'Actors Studio ou si ce sont des rôles de totale composition. J'imagine bien les répétitions, quand même...
La réplique qui tue : Bien que Hair, a contrario des deux derniers films abordés dans ces colonnes, comporte des dialogues, j'ai choisi comme réplique qui tue un extrait de la chanson-titre, "Hair" donc, qui est la suivante : "Oh say, can you see my eyes if you can... then my hair's too short !"
La scène qui tue : Le premier numéro musical du film, c'est "Aquarius", une chanson que personnellement j'aime depuis le premier jour. C'est aussi avec ce titre que se fait l'incursion de Claude dans le monde hippie, un monde qui, au fin fond de son Oklahoma natal, lui était totalement inconnu. Mouvements éthérés et libres, musique et danse partout, malice, esprit de groupe... le ton est donné immédiatement sur l'esprit du film, pas de chichi de réalisateur ou si peu, on a l'impression que la caméra regarde dans tous les sens tout ce qui se passe sans chercher à en tirer trop de sens, juste à apprécier le moment... un peu comme si elle était déjà un peu dans les vapes, elle aussi. Si vous aimez ce premier passage musical, je pense que vous aimerez tous les autres qui, bien que chacun à sa façon, ont ce point commun d'être comme flottants. Tout en offrant, je le répète, des airs inoubliables. Et je dis pas ça parce que je suis Verseau.

Hair___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
J'affirme et maintiens que Hair est un bon film, et un bon film musical en plus. Excellentes chansons, ambiance impeccable... et puis de toutes façons, on n'aura pas mieux.
Bilan : Bah non on n'aura pas mieux, parce que quand on regarde ce film, qui a très gentillement 30 ans déjà, il apparait que si on voulait le refaire maintenant, oui, on pourrait probablement avoir plus de moyens, oui, on pourrait probablement faire une mise en scène plus poussée, oui, on pourrait... mais non, parce qu'on perdrait définitivement l'esprit du film, on ne pourrait pas en faire quelque chose d'aussi en prise avec l'univers hippie. Déjà là, avec autour d'une décennie de retard, on était pile dans les limites imposées par le temps et les époques. Au 21e siècle, il serait impossible de faire Hair sans en travestir l'esprit. Alors du coup, il y a quelques faiblesses, il y a des temps morts (personnellement je n'ai jamais vu l'intérêt de la scène de baignade), et certaines séquences musicales sont là pour l'amour de la musique mais n'ont pas leur place dans la narration. Ok, je l'avoue, c'est clair. Mais que celui qui regarde le final avec les yeux secs ose me dire que le film est raté. C'est simplement impossible.
Hair est un grand film, qui encore une fois parle de grands thèmes. Pendant 1h30, il permet d'entretenir l'illusion d'avoir connu cette période... sans bad trip.

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30 novembre 2009

Prove to me that you're no fool : walk across my swimming pool

On vous dit et vous répète qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit. Avec cette production, on porte la méfiance à un tout nouveau degré : Jesus Christ Superstar relit la Bible, rien de moins ! On imagine combien une telle production a pu faire grincer de dents, voire même péter de l'émail de dentaire, dans des contrées aussi religieuses que les USA. Mais tout va bien car Jesus Christ Superstar a vu le jour à New York qui, comme chacun sait, n'est pas complètement une ville américaine.
Bon, pour l'instant c'est un peu abstrait, mais cette semaine de comédies musicales est justement là pour vous éclairer sur le sujet, alors hop ! Passons au film.

C'est quoi le nom du film ? Jesus Christ Superstar
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? Ya pas beaucoup de noms qui parleront au téléphage ici... Moi par contre, Jérôme Pradon...
Ça date de quand ? 2000
En résumé, de quoi ça parle ? Des derniers jours de Jésus et de la trahison de Judas.

JesusChristSuperstar___1 JesusChristSuperstar___2 JesusChristSuperstar___3 JesusChristSuperstar___4 JesusChristSuperstar___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? On vous a un peu bourré le mou pendant toutes ces années. Judas n'était pas un mauvais homme. Au contraire, il voulait bien faire. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions, et son souhait de sauver Jésus du dangereux culte de la personnalité dans lequel son entourage le suivait, a fini par causer la perte de son idole.
Et ça finit comment ? Au bout du chemin de croix.

Pourquoi c'est bien ? N'étant ni anti-cléricale ni très religieuse, j'ai apprécié ce regard différent sur ce pan de l'histoire biblique. Judas y apparait comme un homme finalement très droit, trop droit, pas très flexible. Oui, dans Jesus Christ Superstar, Judas est à la fois émotif et psycho-rigide, torturé et sûr de son bon droit, un personnage dense, complet, à la fois attachant et impossible à aimer. C'est lui qui porte le show, alors que ce dernier ne porte même pas son nom ! Ses contradictions, son idéal, ses peurs... Judas est un personnage superbe, digne des meilleures tragédies grecques. C'est aussi lui qui a le plus de chansons ou d'interventions chantées, lui à qui on offre le plus de temps de caméra... Judas réhabilité, voilà ce qu'est Jesus Christ Superstar. Une vraie curiosité. Moins éclatante mais quand même appréciable : la mise en scène. Comme Cats (voir le post d'hier), le choix a été fait de tourner sur une scène, dans une configuration réellement utilisée pour les versions en public, mais avec plus de liberté avec les caméras. D'un seul décor on en tire une multiplicité d'angles et d'univers qui ne peut qu'émerveiller. Évidemment, on devine que le tournage a dû prendre quelques libertés (contrairement à Cats qui semble avoir été tourné en quasiment une seule fois, ou du moins fait très bien semblant les 10 premières fois qu'on le voit), se découpant en scènes plus marquées que dans une comédie musicale en live. Mais ça reste quand même très impressionnant de voir que l'adaptation trouve le juste milieu entre travail personnel et utilisation de l'existant.
Pourquoi c'est pas bien ? Après avoir revu Cats pour la, oh, je ne sais pas, douzième fois, j'ai acheté la VHS de Jesus Christ Superstar, en me disant : Andrew Lloyd Webber ne saurait mentir. J'avais vu le spectacle une fois, bien des années plus tôt et en allemand (ne me demandez pas), et c'était finalement une découverte dont je pensais qu'elle était gagnée d'avance. Bon, franchement, si Cats c'était votre truc, dites-vous bien que Jesus Christ Superstar n'a rien à voir. Déjà, musicalement, c'est un opéra rock, autant vous prévenir parce que ça ne plaira pas à tout le monde. Et franchement on est dans un univers rempli d'anachronismes, qui tente de se rapprocher du présent au lieu de nous emmener ailleurs. J'avoue que la première fois, j'ai été déçue par cet aspect. Qui plus est, tout le monde n'appréciera pas nécessairement le chant très, très, très... encore une : très énergique de Jérôme Pradon. Je l'aime ce petit gars, juré, mais parfois, il hurle un peu. Ça va bien avec le personnage, mais ça perce juste un peu les tympans. Notez que même quand il hurle, Judas hurle toujours juste, cependant.

Ah, les joies du cinéma ! Il faut un esprit bien étrange pour penser à vêtir Judas de cuir et de latex, et le faire chanter (un excellent titre au demeurant) pendant que Jésus, couvert de son propre sang, tente de trainer sa propre croix, puis se fait crucifier. Les joies du cinéma, c'est aussi avoir des comptes à régler avec son pasteur, je pense...
La réplique qui tue : Jesus Christ Superstar, à l'instar de Cats, ne comporte quasiment pas de dialogues. Ou disons qu'il sont un peu bâtards, avec une diction juste assez rythmée pour faire genre. Du coup, me voilà à nouveau à piocher dans les lyrics, et ça tombe bien, ils sont très bons en de très nombreuses occasions : "If you'd come today you could have reached the whole nation. Israel in 4 BC had no mass communication". Vlan. L'Église peut récupérer ses dents en sortant.
La scène qui tue : J'ai mis beaucoup de temps à déterminer quelle allait être cette fameuse scène. Pendant quelques temps, je l'ai dit, j'ai eu du mal avec Jesus Christ Superstar, non pour son thème mais pour son univers musical. Très sincèrement, Jesus Christ Superstar sans les chansons, ça me conviendrait très bien. Je ne dis pas ça souvent. Mais il y a de très bonnes chansons, n'allez pas croire que c'est rasoir ! Bref, j'ai fini par démêler mon contentieux avec le film/la comédie musicale, et je vous propose donc la chanson du Roi Hérode. Jésus lui est amené afin de prouver ses étonnantes capacités, et le Roi, un être un peu malsain et carrément bling-bling, est très curieux à son sujet. Je propose que dans la prochaine adaptation française, notre Président joue le rôle de Hérode, ça lui irait comme un gant.

JesusChristSuperstar___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Il est clair que si son thème et son traitement font de Jesus Christ Superstar un must-see, je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un incontournable. C'est encore plus particulier à aborder que Cats, quelque part. C'est dire.
Bilan : Voilà une comédie musicale comme on n'en voit jamais assez : il y a un ton, un angle, un propos, qui dépassent largement les productions mièvres qu'on peut voir... hm, ailleurs, on va dire. Aimer n'est pas plus fort que tout, et ce ne sera pas nous dés demain, et rien de ce genre. Jesus Christ Superstar, une grande histoire sur les responsabilités et ceux qui doivent les porter, sur le doute pourtant nécessaire mais parfois dangereux, sur les abus en tous genres... Certes, je ne nie pas que ce soit très particulier, surtout musicalement tout est construit autour de la rupture de rythme, comme si les chansons se coupaient la parole, ce qui renforce l'impression de brusquerie et de violence que l'histoire traite par ailleurs. Les anachronismes font partie du propos, mais certains passages, comme le final, peuvent sembler s'être exagérément engagés dans cette voie. Il m'a fallu un temps d'adaptation, quelques visionnages, avant d'admettre que c'était finalement aussi une force pour ce film. Mais voilà, vous êtes prévenus.

29 novembre 2009

Le retour de Macavity !

Comment parler de comédies musicales sans aborder celle qui va suivre ? Il me semble inconcevable d'avoir attendu près de deux décennies avant de découvrir Cats. J'ai hélas souvent eu l'occasion de constater que d'aucuns attendent plus longtemps encore, mais ne bougez pas, je viens y remédier.

C'est quoi le nom du film ? Cats
C'est plutôt quel genre ? Miawsical
Qui on connaît là-dedans ? Un chartreux, deux siamois, un européen à poils courts... très joli casting, il faut le dire. Et accessoirement, Elaine Paige (non, rien à voir avec Ellen Page).
Ça date de quand ? 1998
En résumé, de quoi ça parle ? De chats. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

Cats___1 Cats___2 Cats___3 Cats___4 Cats___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Les Jellicle Cats sont une féline communauté qui se réunit une fois l'an, à la pleine lune, et élisent un chat qui aura le droit de partir dans l'au-delà, afin de se réincarner dans sa vie suivante. Chats domestiques ou chats de gouttière, ils se retrouvent tous afin de déterminer quel est le chat à la personnalité la plus méritante, celui que leur leader autorisera à partir au firmament lorsque sera venu le petit matin.
Et ça finit comment ? Au-delà de l'hôtel Russell.

Pourquoi c'est bien ? Ne me regardez pas comme ça. Je sais bien que, vu la description, Cats n'affolera pas les foules a priori : une comédie musicale avec des humains déguisés en chats, tu m'étonnes ! Mais Cats, c'est de la pure magie. Il règne une ambiance parfaite tout au long du film, qui évoque parfaitement le côté bizarre de la rencontre, le mystère félin, l'humeur lunaire... Quant aux chats, ils sont tous plus merveilleux les uns que les autres, les danseurs incarnent totalement le chat, avec passion et tendresse. Après, évidemment, il y a les musiques et la danse, et là encore, le travail réalisé est énorme d'énergie et de méticulosité. Enfin, il y a un aspect pour lequel j'ai un petit faible : Cats est une adaptation filmée de la pièce, avec quelques rares effets spéciaux, des mouvements de caméra relativement libres... mais tout se passe sur les planches d'un théâtre (londonien) au lieu de chercher à sortir, à tourner des plans en extérieur, à tenter de ressembler à un film grand public. Cats ne renie jamais, à aucune moment, sa parenté avec la scène, et j'aime ça.
Pourquoi c'est pas bien ? La première fois, je dois vous avouer que je n'ai trouvé aucun défaut à ce film. Et puis, maintenant que je l'ai revu quelques petites fois, je constate... qu'il n'y a résolument aucun défaut. Ça doit être pour ça qu'en fait ça tourne autour de 20 fois. Oh, évidemment, il faut se laisser porter : Cats est un univers particulier, je ne le nierai pas. Mais une fois qu'on laisse ses éventuels préjugés de côté et qu'on se détend, la magie opère sans discontinuer à chaque scène et jusqu'à la fin.

Ah, les joies du cinéma ! Lorsque j'ai découvert le film, je ne vous cache pas que je faisais mes premiers pas sur internet et que mon premier réflexe a été d'aller regarder des sites sur le sujet. Et sur les fansites, systématiquement, on répertoriait les danseurs qui avaient un ou plusieurs chats à la maison. D'où ma question : fallait-il avoir des poils de chat sur son justaucorps pour pouvoir auditionner pour Cats ?
La réplique qui tue : Cats a la particularité de faire partie de ces comédies musicales intégralement chantées, et vous n'y trouverez pas une ligne de dialogue parlé. Mais c'est pas grave, je ne vais pas vous abandonner pour si peu, je vous propose de piocher dans les lyrics ! Surtout qu'ils sont inspirés par les vers du poète T.S.Eliott... "We're quiet enough in the morning hours, we're quiet enough in the afternoon, reserving our terpsichorean powers to dance by the light of the Jellicle moon".
La scène qui tue : Ce paragraphe devient un vrai crève-coeur. Évidemment, il y a, comme dans toute comédie musicale, des numéros que j'aime un peu moins que d'autres (Skimbleshanks ou Jenny Any Dots), mais parmi ceux que j'aime sans retenue, c'est vraiment trop dur de devoir choisir. Je vous avoue cependant que l'un des charmes de Cats, ce sont aussi ses chorégraphies de groupe. Chaque chat s'y montre unique mais à l'unisson ; sans compter que les chorégraphies sont toujours très réussies. Alors j'ai opté pour l'intro, lancée avec la chanson "Jellicle Songs for Jellicle Cats", où en termes d'unisson, de rythme et de malice, on trouve largement son compte.

Cats___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Clairement, le barème The Fall s'applique à sa pleine mesure ici. Les deux films provoquent un émerveillement similaire... en fait, j'irai même jusqu'à avancer que c'est The Fall qui s'est vu appliquer le barème Cats.
Bilan : Tout a commencé avec une VHS, voilà 10 ans tout juste. Ma sœur et moi avons découvert Cats, ébahies, et ça a été l'une de nos rares obsessions communes, au point que lorsque, quelques mois plus tard, j'ai quitté la maison, je me suis racheté une VHS car aucune de nous n'était résolue à vivre sans garder le film à portée de main. Regarder Cats est aussi intimement lié, chez moià, l'hiver, voire aux fêtes de fin d'année, mais je regarde ce film en toute saison, ça va de soi.
Plus important encore, Cats est une expérience que j'aime faire autant seule qu'accompagnée. D'ailleurs, quand j'ai quelqu'un dans ma vie, le film me sert même de test ! La tête que mon voisin fait devant le film est un indicateur clair de sa capacité à lâcher le monde réel pendant 2 heures et s'enfoncer dans un monde plus abstrait avec moi. Et le verdict a été imparable, d'ailleurs, tous ont aimé (sauf un qui n'aimait rien et s'est contenté d'un "c'était pas mal", c'était le mieux qu'il savait faire quel que soit le sujet, et c'est aussi pour ça que je ne regrette pas ce type :P ). La palme revenant à celui qui deux jours plus tard a demandé à revoir le film...
Pourtant, chaque fois qu'on s'apprête à montrer Cats à quelqu'un, on prend la mesure du défi que ce projet a pu représenter au moment de son lancement : comment convaincre les gens a priori (puisqu'une fois dans le feu de l'action, tout doute est écarté) qu'il y a du bon dans une pièce avec des jeunes gens déguisés en chats qui chantent ? Il y a une réplique d'Une Nounou d'Enfer à ce sujet, d'ailleurs, Maxwell Sheffield ayant fait l'erreur de refuser Cats, le projet lui semblant alors absurde et voué à l'échec.
Chaque fois que je me prépare à montrer Cats à quelqu'un, je me dis " ça doit avoir l'air ridicule ! Le pitch est bizarre, il n'y a pas vraiment d'histoire, pas une ligne de dialogue... c'est vrai, c'est vrai. Mais tout ça, c'est ce qu'on se dit avant d'avoir vu Cats. Avant d'avoir accepté de se laisser embarquer.

Et, vous savez quoi ? Homme ou femme, jeune ou moins jeune, famille ou amis... je n'ai jamais vu quelqu'un en dire du mal après visionnage.

28 novembre 2009

Some guys just can't hold their arsenic

La contagion, ça marche dans les deux sens ! Sur ce blog, j'essaye de vous faire découvrir des séries, de vous donner mon regard sur des séries que j'ai vues, de vous parler de films que j'ai découverts alors que j'ai des clous sur ma chaise au bout de 45mn...
...et puis parfois c'est l'un de vous qui me recommande un petit quelque chose, un film par exemple, et j'essaye de lui faire de la place dans mon planning. Voici l'un d'entre eux.

C'est quoi le nom du film ? Chicago
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? Que des gens du ciné, là-dedans, c'est à pleurer...
Ça date de quand ? 2002... ah bon, déjà ?
En résumé, de quoi ça parle ? Le crime ne devrait pas payer, mais Roxie Hart espère bien qu'il va lui apporter la célébrité...

Chicago___1 Chicago___2 Chicago___3 Chicago___4 Chicago___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Roxie Hart, une jolie petite blonde habitant Chicago, espère un jour pouvoir intégrer la revue d'un nightclub. Pour cela, elle pense que coucher avec un dénommé Fred va l'y aider, mais lorsqu'il s'avère que celui-ci n'en a jamais qu'après son derrière, elle le tue. Elle se retrouve donc en prison et, voulant éviter la peine de mort, elle fait l'impossible pour que le meilleur avocat de la ville prenne en charge son dossier. Celui-ci lui conseille de se mettre en avant devant les médias pour se mettre l'opinion publique dans la poche.
Et ça finit comment ? Comme toute comédie musicale devrait finir : sur scène.

Pourquoi c'est bien ? Merci, merci du fond du cœur à freescully qui m'a incitée à regarder ce film. Je ne pensais pourtant pas la chose ultra-nécessaire : je connais depuis plusieurs années les chansons de Chicago (attention, fan de comédies musicales Broadway-style droit devant) et je ne frissonnais pas à l'idée de tenter un film avec Renee Zellweger (Catherine Zeta-Jones et Richard Gere faisant même figure de facteurs aggravants). Et pourtant, Chicago possède une réalisation épatante, et le cast (au moins du côté féminin) s'en sort haut la main. Donc, en plus des très bonnes chansons que tout le monde connaît (enfin, moi au moins), on trouve une adaptation réussie au niveau de la mise en scène. Ce qui m'a le plus ravie a été que finalement, Chicago a opté pour la bâtardisation ciné/théâtre, la plupart des numéros dansés se déroulant non pas dans le décor du film mais sur une scène ou en studio, séparément de l'histoire. L'idée derrière ce choix (pas forcément une évidence d'ailleurs) c'est que Roxie, qui rêve de gloire et de paillettes, s'imagine ces scènes comme des numéros de music hall. En vérité, c'est juste la meilleure façon de rendre justice à des numéros qui auraient largement perdu en couleurs s'ils s'étaient réellement déroulés dans les décors. Pouces levés sur ce coup.
Pourquoi c'est pas bien ? On sent que la prod de Chicago s'est dit : tiens, faisons un casting à contre-emploi. Bonne idée en théorie. Mais franchement, autant Catherine Zeta-Jones (pas du tout attendue dans ce type de rôles) a su m'impressionner, autant Richard Gere est fatigant. Il minaude beaucoup, mais à partir d'un certain point même les pattes d'oies les plus adorables du cinéma ne peuvent rien contre une absence patente de charisme. Je me fous de ce que peuvent dire les Oscars ou les Golden Globes : il est nul dans ses scènes dansées et chantées. C'en est presque douloureux.

Ah, les joies du cinéma ! J'imagine assez bien les séances d'essayage pour la plupart des tenues des numéros musicaux : "Nan, nan, nan, ça va pas, il y a trop de tissus, que quelqu'un me passe des ciseaux !". D'où les tenues minimalistes des filles et l'obsession pour les franges à la place des jupes.
La réplique qui tue : "Billy Flynn's number one client... is Billy Flynn". Un monde cynique constitué uniquement d'egos qui se regardent le nombril, Chicago n'est pas une de ces bêtes romances mises en musique (les Français semblent souvent croire que c'est ça une comédie musicale) mais un portrait sombre d'un univers qui, sans les numéros chantés et dansés, serait franchement dramatique.
La scène qui tue : Si celle-là ne tue pas, je ne sais pas laquelle le fera. Tout y est impeccable : mise en scène, chant, casting... Franchement, si beaucoup de séquences sont extraordinairement bien orchestrées, celle-ci confine au génie. A l'exception d'une (vous me direz si vous pensez à la même que moi, tiens), toutes les danseuses/chanteuses de cette scène sont d'un charisme fou. En plus d'être séduisantes mais ça à la limite c'était quand même un peu dans le cahier des charges. Plus-value non négligeable, Zellweger y fait de la figuration (c'est pas qu'elle soit mauvaise dans ce film, au contraire ; c'est juste que je ne l'aime pas trop), permettant à Zeta-Jones, qui souvent reste en retrait, de s'épanouir et d'impressionner vraiment. Comparativement, son solo sur "I can't do it alone", qui devrait pourtant la mettre en valeur, est moins positif sur cet angle. Bref : "Cell Block Tango" est sans aucun doute le meilleur passage du film, c'est bon, mangez-en. Personnellement, je la regarde en boucle...

Chicago___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Woah, ex-aequo avec The Fall ! Il faut dire que je suis friande de comédies musicales et que celle-ci ne faisait pas exception, au moins sur un plan musical, et donc la version ciné avait de grandes chances de me conquérir.
Bilan : Mais comment ai-je pu vivre sans ce film aussi longtemps ? Certes, à première vue, le casting ne m'excitait pas (et je le répète, Gere se montre très décevant ; je ne ressens pas le sentiment de dépassement de soi qui émane des performances de ses deux collègues féminines), mais au final le film est très réussi. Mais c'est vrai que j'étais un public conquis d'avance, finalement, entre mon amour pour les comédies musicales et ma fascination pour la période de la Prohibition, c'était tout vu. Parfois, on résiste pour de mauvaises raisons. Heureusement, il y a des personnes bien intentionnées pour nous remettre dans les rails.
Une fois de plus, merci à freescully pour avoir insisté, donc.

26 septembre 2009

Le petit bleu

Je suis désolée pour mon post traditionnel du vendredi. Cela faisait très longtemps que ça ne m'était pas arrivé, alors pour tenter de me faire pardonner (d'avoir une vie), aujourd'hui, je vous propose un post dans une catégorie qui demande plus de travail qu'à l'ordinaire. Voilà, je suis bien punie.

D'ailleurs, dites, les posts à vocation ciné-pas trop-graphique, en vrai, ça vous intéresse ou pas ? Ah, je vois ce que c'est. Bon, bougez pas, je vais vous remotiver : le film d'aujourd'hui est une histoire de sexe, les scènes de nus y abondent, on y voit de nombreuses fois les personnages barboter dans l'eau, et tout ça dans des décors ensoleillés et exotiques. Non c'est pas un film avec Jessica Alba.

C'est quoi le nom du film ? Le Lagon Bleu
C'est plutôt quel genre ? Sex ed
Qui on connaît là-dedans ? Brooke Shields (Suddenly Susan), qui, détail de peu d'importance mais néanmoins surprenant, s'y avère très belle (en 2009 ça peut paraître étonnant à dire, et même en 99 d'ailleurs, mais en fait...
Ça date de quand ? 1980. Ah oui voilà tout s'explique.
En résumé, de quoi ça parle ? Un homme, une femme, une île déserte, beaucoup de temps à tuer.

LeLagonBleu___1 LeLagonBleu___2 LeLagonBleu___3 LeLagonBleu___4 LeLagonBleu___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Emmeline et Richard partent pour San Francisco sur un très joli voilier. Les deux enfants sont cousins et voyagent avec le père de Richard, qui est également l'oncle d'Emmeline. Au cours du voyage, un incendie se déclare sur le bateau, et les sépare du reste de l'équipage. Dérivant seuls avec le vieux cuisinier Paddy Button, ils échouent sur une île déserte. Paddy meurt peu de temps après, et les enfants vont grandir à l'écart de la civilisation, sur l'île tropicale qui sera désormais leur maison. Sauf si un bateau les repère et les ramène chez eux...
Et ça finit comment ? Avec des jamais-plus.

Pourquoi c'est bien ? Avant de se demander si c'est bien, le pré-requis est impérativement de se demander pourquoi j'ai regardé ce film. Car, comme un grand nombre des films que j'ai découverts avant 10 ans, l'explication est simple : quand mon père travaillait la nuit et que ma mère connaissait le film, les conditions étaient remplies pour que je le voie. Aussi, c'est très jeune que je découvrais Le Lagon Bleu, qui a devancé d'un ou deux mes premiers cours sur la sexualité sponsorisés par l'Éducation nationale. Je n'avais pourtant pas plus de nostalgie que ça, et puis, il y a deux semaines, je me suis dit : "ah, tiens. Et si ?", et trois heures de recherches plus tard, c'était fait. Du coup, cet ancrage dans mes jeunes années de téléphage (qui s'ignore) a forcément un impact sur mon avis à propos de ce film. Et alors, donc, quel est-il, c'est avis ? Et pourquoi ce film est bien ? D'abord, pour quelqu'un qui connait essentiellement de Brooke Shields son rôle de Susan dans la série éponyme, c'est un peu un choc, il faut le dire. L'actrice est ici d'une beauté et d'une grâce saisissantes, loin de la dureté de Susan. D'un autre côté, c'est vrai que 16 années nous contemplent entre les deux, mais tout de même. Bon, à part ça, Le Lagon Bleu est un film finalement assez difficile à appréhender : paysages de rêves qui subitement prennent un tour désagréable, situation idyllique qui vire au glauque pour quelques secondes à peine... Le film passe son temps à nous trimbaler, entretenant un climat assez ambigu, finalement, sur le message qu'il souhaite véhiculer, nous prenant par surprise ici ou là par un petit plan bien pensé mais très bref qui laisse un arrière-goût désagréable dans la bouche, et puis de nouveau le paradis sur terre, sur une île de rêve où on pourrait croire que rien n'est vraiment dangereux (il suffit de voir avec quelle facilité les deux protagonistes se sont construit une baraque énorme). Cette sensation de malaise récurrent mais fugace est, en fait, un plus certain pour le film, mais il m'a fallu du temps (autour de deux décennies) pour comprendre que c'était ce qui m'avait perturbée. Le plus dérangeant étant que ces scènes n'ont aucun rôle dans l'histoire, mais juste dans l'ambiance. Et en parallèle, Le Lagon Bleu est d'une candeur tout-à-fait désarmante, en cela que l'innocence des personnages est gardée intacte, et très bien retranscrite. Ce qui aide très largement à accepter que...
Pourquoi c'est pas bien ? Le scénario ? Ne comptez pas sur lui pour créer la surprise. Un jeune garçon et une jeune fille se retrouvent sur une île déserte, et il va arriver ce que vous imaginez, inévitablement. Amateur de scénarios renversants ou à tiroir, rentrez chez vous (à la nage). Ici c'est pas La Plage, on n'est pas là pour vous donner votre quota d'action et de retournements de situation contractuels. Sans compter que si vous perdez de vue le décalage horaire entre 1980 et 2009, le film va vous sembler lourd. Pour autant, il est strictement impossible de traiter Le Lagon Bleu de vieux navet, car cette tranche de vie exotique aborde la sexualité avec une grande intelligence, franche et pleine de tact, mais ça ne captivera pas forcément tout le monde aujourd'hui.

Ah, les joies du cinéma ! On imagine sans peine les plaisanteries que je pourrais faire à propos d'un tournage pour un film rempli de scènes de nu intégral (à divers âges d'ailleurs), mais hélas pour mes blagues peu fines, les scènes de nu censées inclure Brooke Shields faisaient en fait apparaitre sa doublure. D'ailleurs j'imagine bien le truc qui fait bien débander : "pour la scène de la première fois, Brooke tu retournes dans ta caravane, toi tu la remplaces, et pendant qu'on vérifie que tout est raccord, surtout Christopher, surtout continue d'avoir l'air excité".
La réplique qui tue : "Hoochie-coochie", bien-sûr !
La scène qui tue : Je ne sais pas s'il y a vraiment une scène qui tue dans ce film, et aucune ne m'apparait comme suffisante en elle-même pour convaincre un spectateur potentiel. Alors plus simplement, j'ai choisi la scène de transition, lorsque les enfants sont livrés à eux-mêmes suite au décès de Paddy Button. Ils découvrent en effet un beau matin qu'ils sont désormais seuls au monde, et vont devoir vivre sans lui. Mais Le Lagon Bleu n'est pas Robinson Crusoe, et la survie n'est pas tant un enjeu que la façon dont ils vont grandir, et notamment comment ils vont s'épanouir physiquement. L'ensemble de ces scènes très courtes donne une assez bonne idée de ce à quoi il faut vous attendre si vous n'avez pas encore vu le film et que vous vous demandez si ça vaut le coup de s'y mettre.

LeLagonBleu

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Il y a une cagoule pour la nostalgie, osons le dire. Mais il n'est pas facile de trouver aujourd'hui des films donnant une telle impression de naturel (avec une histoire pourtant assez téléphonée, pourtant), de sincérité et d'intelligence, sans en faire des tonnes, sans même vraiment avoir d'enjeux. Et pourtant, Dieu sait comment, ça fonctionne.
Bilan : Si je dis que je ne suis pas sûre d'être capable de retrouver dans les productions modernes, c'est simplement parce que c'est là quasiment l'antithèse de ce que la plupart des films proposent aujourd'hui : il y a des longueurs, beaucoup de scènes contemplatives, des dialogues peu travaillés, une histoire un peu simpliste, deux personnages principaux légèrement bêtas (et pas forcément interprétés par les deux acteurs les plus époustouflants de la création)... Et pourtant étrangement tout cela fonctionne. D'ailleurs voilà typiquement le genre de film dont, si je me voyais un jour affublée d'un bambin, je rendrais le visionnage obligatoire au moment où les hormones commencent à démanger. Dans le genre éducatif sans être trop lourd, accessible à tous les publics et agréable à regarder, Le Lagon Bleu, c'est impeccable ; et je parle d'expérience.
En-dehors de ça ? Difficile à dire. On tient quand même là un film qui ne donnera de grandes émotions à personne, à aucun moment. Mais qui a tout de même le mérite, passée la moitié du film, de dépeindre une sexualité assez libérée et épanouie (oserai-je la qualifier de typique des années 80 ?) sans chercher à racoler, tout en ayant un aspect initiatique pas du tout gonflant, et je trouve le résultat plus qu'honorable sous cet angle, voire louable. Est-ce que ça suffit ? Hm... Il y a en tous cas nécessairement une part de nostalgie qui m'empêche de répondre objectivement à cette question.
Dans l'idéal, il faudrait donc compléter ce post de votre opinion...

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24 juillet 2009

I'm alive

En dépit de plusieurs de mes tentatives de me cultiver, je n'ai pas eu le cœur, ces derniers mois, de vous faire un article Comme au cinéma. Et c'est bien de cœur dont il va être question avec ce nouveau post, vu que le mien ne bat plus sur la même fréquence depuis que j'ai revu ce film. Et pourtant, au fond de moi, je le connaissais déjà par cœur... mais je ne m'en souvenais plus.
Mais le choix de dédier un post à ce film ne sera pas vraiment une surprise ; les plus observateurs d'entre vous auront en effet remarqué dans le post d'hier que j'avais à cœur de vous parler absolument de...

C'est quoi le nom du film ? The Last Unicorn (La Dernière Licorne)
C'est plutôt quel genre ? Merveille
Qui on connaît là-dedans ? Côté voix, on retrouve des noms qui vous parleront plus ou moins, mais dans le cas présent, en fait, on s'en fiche un peu, puisqu'il s'agit d'un film d'animation...
En résumé, de quoi ça parle ? D'une licorne qui est la dernière de son espèce.

TheLastUnicorn___1 TheLastUnicorn___2 TheLastUnicorn___3 TheLastUnicorn___4 TheLastUnicorn___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Une licorne vivant dans une forêt qu'elle protège et qui la protège prend conscience de sa propre existence, mais aussi de sa solitude. Elle décide de découvrir ce qu'il est advenu des autres licornes qui autrefois peuplaient le monde...
Et ça finit comment ? Ça ne finit pas...

Pourquoi c'est bien ? J'étais toute petite lorsque j'ai vu La Dernière Licorne pour la première fois. C'était en français et au cinéma. J'ai longtemps été habitée par cette histoire, que déjà à l'époque je trouve merveilleuse, mais les souvenirs devenaient flous à mesure que le temps passait, et pas juste par mimétisme, mais bien parce que la seule chose qui me permettait d'en cristalliser le souvenir, c'était un vieux vinyle avec un petit livret dont il fallait tourner les pages lorsqu'on entendait le grelot... les plus vieux se souviennent. J'avais gardé ce film dans un coin de ma tête et à force de dessiner, écrire, et plein d'autres choses encore, pour faire perdurer le souvenir, j'ai fini par me dire "mais qu'est-ce que j'attends pour cagouler ce film ?". Voilà, il faut bien l'admettre, une des raisons pour lesquelles ce film est bien : il m'a submergée d'une vague de nostalgie incroyable. Mais si je vous en parle, c'est aussi parce que je crois qu'il a de quoi charmer même pour qui n'aurait pas cet emberlificotement de souvenirs à lui rattacher : esthétisme touchant au sublime (l'animation a évidemment un peu vieilli, les graphismes pas du tout), histoire captivante et sortant des canons du genre, et puis, un côté très sombre et adulte alors que c'était un dessin animé pour enfants, avec chansons et tout, mais non, ce n'est pas infantile, c'est magique... Un mot qui m'est souvent venu pendant que je retrouvais ce film, et qui le qualifie en tous points.
Pourquoi c'est pas bien ? Il va falloir que je cherche quelque chose... c'est vrai que l'animation des personnages est parfois un peu vieillotte, sans compter que les dialogues sont parfois un peu lents. Le scénario semble décousu à qui n'est habitué qu'à l'efficacité de Di$ney. Parfois, même avec l'esprit ouvert, on distingue certaines lenteurs, et c'est un peu dommage.

Ah, les joies du cinéma ! Trop de joie d'être devant ce film pour chercher à être cynique sur ce qui s'est passé derrière...
La réplique qui tue : "There are no happy endings, because nothing ends". L'une des quelques phrases qui vous font pousser un soupir admiratif. La profondeur de l'intrigue, axée autour de ce qui fait de nous des humains ou non et de ce qui nous rend éternels ou non (en soi c'est déjà un indice sur l'intelligence de ce film), a de quoi époustoufler, mais servie à l'occasion par des répliques extrêmement intelligentes, destinées à ne pas vous prendre pour un imbécile juste capable de fredonner les chansons en chœur, est un véritable petit miracle.
La scène qui tue : Pour tout vous dire, l'espace d'un instant, j'ai hésité à carrément vous mettre tout le film. Je suis dingue comme ça. Et puis je me suis dit qu'une licorne, et plus encore si c'est la dernière, ça se mérite. Il vous faudra donc la mériter. Mais avec l'intro du film (quelques phrases en anglais au tout début, et après vous êtes tirés d'affaire, promis), vous avez un excellent aperçu de la grâce de ce film, de sa finesse, de son élégance. Je continue avec les qualificatifs emphatiques, ou vous avez compris le message ?

TheLastUnicorn___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Barème The Fall oblige, j'ai presqu'envie de mettre une cagoule de plus, c'est vrai que 6 cagoules sur 5 ce serait un peu beaucoup, mais pas du tout exagéré.
Bilan : Certaines choses y sont dures, mais jamais violentes. Juste lucides. Certaines choses y sont sublimes, mais jamais parfaites. Les personnages ont leurs travers. Les choses ne finissent pas en apothéose, les amoureux ne partent pas main dans la main, il y a de la douleur et du regret, mais tout le monde a gagné en sagesse et ouvert son coeur à quelque chose de plus grand. Arrivée à la fin de ce film, je me demande comment j'ai attendu aussi longtemps avant de lui revenir. Ne le faites pas attendre...

Il n'y a rien d'autre que je pourrais dire qui rende justice à ce film.

8 janvier 2009

Je vais vous raconter une histoire...

Depuis que je tourne autour du pot, ce n'était qu'une question de temps avant que je ne vous inflige un post sur Soldier's Girl, ce téléfilm de Showtime que, je vous le dis tout net, j'ai absolument adoré, voilà, comme ça, c'est dit.

Si vous avez un peu peur que je ne me laisse aller à mes penchants habituels qui consistent à tartiner ce post de milliers de mots, disons pour résumer que la version courte est : REGARDEZ.
Bon, voilà la version longue.

C'est quoi le nom du film ? Soldier's Girl
C'est plutôt quel genre ? Roméo et Roméette
Qui on connaît là-dedans ? Lee Pace, vu dans Pushing Daisies, eh oui encore lui, mais, hm, miam, rien que lui ! (d'ailleurs dans quelques années, je fais un raid chez ce mec, je pense.. mais pas à cause de ce rôle, je vous rassure.)
Ça date de quand ? Le premier rôle principal dans un long métrage de Lee Pace date de 2003. Oui, on a déjà établi qu'il avait bien su mener sa barque...
En résumé, de quoi ça parle ? D'un homme qui rencontre une femme qui n'est pas une femme.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Le soldat Barry Winchell rencontre dans un club une belle créature répondant au nom de Calpernia Adams... il tombe sous son charme, et souhaite la revoir. Celle-ci a par contre peine à croire qu'il ne se soit pas aperçu qu'elle est/était un homme, mais ils finissent par tomber amoureux, et tout cela, comme c'est beau, n'a pas d'importance. Pas trop. Cela va cependant en prendre beaucoup plus par la suite, étant donné que Barry évolue dans le milieu militaire...
Et ça finit comment ? Si vous vous documentez au préalable, vous saurez comment, puisque c'est adapté d'une histoire vraie. Mais gardez-vous de lire quoi que ce soit sur le sujet, le spoiler vous gâcherait une bonne partie de l'effet.

Pourquoi c'est bien ? A l'époque, je m'occupais du premier post A vendre, joli, pas cher, et je me concentrais plus sur la filmographie de Lee Pace que sur le pitch du film dont j'ignorais pour ainsi dire tout lorsque les premières images sont apparues sur mon écran. J'ai donc pris l'impact en plein coeur à de multiples égards : d'abord parce que le jeu de Lee Pace dans le rôle de Calpernia Adams vaut tous les awards qu'il a reçus, et mêmes ceux qu'il a failli recevoir, que l'investissement physique et mental placé dans ce rôle (pourtant, c'était juste un téléfilm, il aurait pu ne pas) a largement porté ses fruits et a de quoi impressionner, et surtout, l'histoire vraie de Barry Winchell est absolument... ignoble de banalité, en fait. Ajoutez à cela quelques numéros vaguement musicaux dans le club (en playback mais on s'en fiche), une grande sensibilité dans l'abord du sujet, et en même temps une certaine honnêteté de la part tant de la réalisation que des acteurs, et vous aurez tout compris des qualités de ce film.
Pourquoi c'est pas bien ? Evidemment, par moment, certaines scènes donnent une impression idyllique et sirupeuse de la relation entre Barry et Calpernia, mais après tout qui sommes-nous pour présumer qu'il n'y a pas, réellement, eu un amour sincère entre ces deux-là, après tout la relation n'avait que quelques mois, c'est l'époque où les papillons dans le ventre n'ont pas tous disparu (moi, blasée ? ptet un peu). Ajoutons aussi que (de son propre aveu) Lee Pace n'a aucunement l'oreille musicale ni d'habileté particulière en danse, et vous comprendrez que les scènes musicales, qui certes aèrent un peu le film, ne sont pas non plus là pour tourner le film en comédie musicale non plus, et ne laisseront pas un souvenir indélébile pour ces raisons (et puis, c'est un club, le playback est assumé). Un peu de déception sur ce point même si, quand on connaît la voix chantée de Lee Pace, on se dit que ce n'est pas plus mal...

Ah, les joies du cinéma ! Vues dans le making of : les heures de maquillage, d'épilation et de tortures diverses de Lee Pace pour en arriver à ce résultat. C'est bon de savoir qu'un homme a enduré ça pendant plusieurs mois. *insérez un sourire sadique ici* Mais aussi, appris dans une interview : Lee Pace a fait cadeau de ses prothèses de hanches et de poitrine à son petit frère, qui les garde à présent... près de son lit. Ils ont de sacrées moeurs chez les Pace !!!
La réplique qui tue : Hm... une seule réplique. Dur. D'autant plus dur que ce film est en fait particulièrement efficace, je m'en rends compte maintenant que je me trouve à faire ce post, dans ses silences, ses échanges de regards (comme celui qu'échangent Barry et Calpernia lorsque notre soldat revient voir la belle rousse au club). Il y a cependant une scène qui met en avant le personnage de Barry et son incroyable ouverture d'esprit, c'est quand Calpernia lui raconte l'opération finale pour laquelle elle économise (photos à l'appui...), et que... c'est le prix de ladite opération qui fait flancher Barry, pas les photos ni ce qu'elles symbolisent (d'autant que jusque là, sexuellement, il ne s'est pas trop aventuré à vérifier si Calpernia avait encore ses bijoux de famille). Et puis elle lui montre une photo d'elle quand elle était encore Scotty, et on sent combien elle se déteste en homme, mais à quel point en l'état actuel, elle se sent encore imparfaite, limite bête de foire : un "freak". Et Barry a cette phrase : "Does that make me a freak if I'm in love with a freak ?". Ce type a le coeur pur comme le cristal...
Sinon, j'ai bien aimé aussi quand Calpernia rencontre Barry et que celui-ci lui dit "You're not very shy, are you ?"."Oh yes I am", répond-elle avec un sourire indéchiffrable, "but I'm an actress. So I can pretend I'm anything. Confident, sexy... it's all a matter of projecting these qualities". Très jolie mise en abîme.
La scène qui tue : Avant de vous présenter la scène qui va suivre, je tiens à dire que je l'ai traduite, et sous-titrée. Oui m'sieurs-dames, pour vos beaux yeux. Et si vraiment vous me le demandez, je tenterai éventuellement de m'atteler à tout le film. Je dis pas quand j'aurai fini, je dis que je m'y attèlerai. C'est dire si j'ai envie de vous inciter à regarder, quand même. Mais comme c'est une grande première pour moi, que j'ai fait ça vite fait hier soir, c'est pas forcément très esthétique, ces sous-titres, pour le moment. Vous voilà prévenus.
Cette scène est donc l'ouverture du film. J'ai hésité longtemps entre deux ou trois scènes (dont une, juste parce que c'était du matage pur et simple), et je me suis dit que personne ne pouvait mieux vous présenter Soldier's Girl que Calpernia elle-même. D'ailleurs cette introduction brille à la fois par son côté un peu romanesque, et par son honnêteté (Calpernia n'hésite pas, par exemple, à sous-entendre que cette histoire l'a mise sur le devant de la scène médiatique et que c'est ce qu'elle avait toujours voulu). Et puis, il est amusant de constater que Lee Pace a enduré plusieurs looks pour incarner le personnage de Calpernia, et je pense qu'il n'a pas l'air très à l'aise avec celui-ci, mais qu'il a le mérite d'essayer très fort d'être à la fois décontracté, sensuel... et en rythme. Je pense qu'il lui était plus facile d'assumer le côté féminin de Calpernia quand elle avait moins d'artifices. Reste qu'il est très belle quand même comme ça, avouons-le. L'idée n'était pas de le transformer entièrement en femme, mais de montrer le côté chrysalide de la chose, et Lee Pace donne une beauté terriblement féminine à cette chrysalide, il faut bien le dire, mais aussi un peu maladroite et optimiste, bref, la substance de ce qu'est Calpernia...

SoldiersGirl___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
J'ai eu envie de mettre cinq cagoules, et je me suis ravisée. Comment ? Toujours en utilisant mon barème The Fall. Le film est attachant, Lee Pace y est mais alors, incroyable de justesse et de grâce, mais ça s'arrête là... Mais je vais ptet quand même investir dans un graphisme de demi-cagoule, un jour, parce que le besoin s'en fait sentir !
Bilan : J'ai plusieurs extraits de ce film sous la main, que je me repasse cycliquement (dont un que je ne risque pas de vous proposer, de peur de vous spoiler, mais qui m'a fait à la fois hurler et pleurer d'horreur, et pourtant il m'en faut, mais l'effet de surprise a pleinement fonctionné et je ne veux pas vous l'enlever). C'est quelque chose que je ne fais pas pour beaucoup de films, et c'est un indice, c'est presqu'aussi bon signe que quand je vous dis que j'ai déjà vu The Fall neuf fois (oui, ça a augmenté depuis la dernière fois qu'on en a parlé), moi, absolument, moi qui ai du mal à rester assise devant un film.

Ici ce n'est pas tant l'histoire, qui comme je l'ai dit, est malheureusement assez banale, un homme qui aime une femme qui ne veut plus être un homme, le regard de la société étant ce qu'il est... bref ce n'est pas tant l'histoire que la façon de la servir, avec justesse, tendresse même, mais aussi une bonne dose de démonstration glaciale que ces idylles sont vouées à l'échec en grande majorité, simplement parce que le reste du monde n'est pas prêt. L'exercice était périlleux : comment ne pas tomber dans la sensiblerie ? Comment ne pas faire du militantisme exagéré ? Comment dire ce qui est arrivé à Barry Winchell une fois qu'on a fait le choix d'expliciter tout ce qui était magique entre lui et Calpernia ? Il y a une audace véritable, et Lee Pace n'est que le dernier maillon de cette chaîne vertueuse, mais quel maillon.
En effet, là aussi il faut bien le dire, il y a des tas d'acteurs qui auraient fait de Calpernia un personnage soit caricatural, soit sans substance. Ce n'est pas tant le personnage que la façon de l'interpréter qui m'a éblouie. Car sans Soldier's Girl, il faut bien le reconnaître, je serais probablement encore très méprisante vis-à-vis du métier d'acteur qui me donne rarement l'occasion de m'extasier sur le travail effectué. Sans Soldier's Girl et, de facto, sans Lee Pace, je n'aurais sans doute pas fait évolué ma mentalité et mon approche sur ce point...

Avouons-le, ce qui fait aussi l'intérêt de ce téléfilm, c'est son sujet, tout simplement. Même si on ne ne sent pas personnellement concerné par la "cause" (et c'est mon cas, moi qui suis hétéro quasiment à 100%), on ne peut que s'indigner de l'état d'esprit qui règne dans l'entourage militaire de Barry Winchell, et qui est la cause de ce final dont, non, n'insistez pas, je ne vous dirai rien, sinon que vraiment on vit dans un monde pourri. Mais dans ces circonstances si particulières, le personnage de Barry apparait, comme Calpernia le prédit d'ailleurs dans la scène d'ouverture (voir plus haut), comme infiniment touchant, et profondément humain. On sait, en fait, relativement peu de choses de lui (et notamment de son histoire amoureuse), mais en dépit du fait qu'il ne soit de toute évidence pas une flèche, il a ce qu'on appelle une grande intelligence émotionnelle, et surtout il est d'une pureté incroyable. Il ne juge personne et surtout pas Calpernia, ni pour ce qu'elle a été, ni pour ce qu'elle est, ni pour ce qu'elle veut devenir, ni pour ce qu'elle fait, il la respecte et la soutient... c'est juste qu'à certains moments les choses sont trop compliquées pour lui. Un personnage incroyable... pas parfait, pas idéalisé, très humain au contraire, avec des failles et des défauts, mais avec un coeur en or, ça c'est sûr.

Il y a donc de multiples raisons de voir Soldier's Girl, et je suis sûre que vous saurez en choisir une pour le regarder à votre tour car, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais j'ai un peu eu le coup de coeur, quand même...

5 janvier 2009

Nomi Malone est... Déesse !

J'y vais ou j'y vais pas ?
Proclamant solennellement que le 5 janvier restera dans les annales comme le jour où j'ai abandonné toute estime de moi-même, je vous livre exceptionnellement un post Comme au cinéma précipité, parce que je viens de m'apercevoir que vous pouvez voir le film dés ce soir sur M6 (c'est normal, ils le diffusent environ tous les ans, parfois même plus souvent).
Et que c'est un de mes préférés.

C'est quoi le nom du film ? Showgirls
C'est plutôt quel genre ? Prétexte
Qui on connaît là-dedans ? Kyle MacLachlan (Twin Peaks, Sex & the City, Desperate Housewives...), et Elizabeth Berkley (Sauvé par le gong), mais aussi Gina Gershon (Snoops et plus récemment un peu de  UglyBetty), Robert Davi (Profiler), Alan Rachins (L.A. Law, Dharma & Greg), ouh tant de monde, j'ai la tête qui tourne.
Ça date de quand ? 1995, à l'époque j'avais 13 ans, je me suis rattrapée depuis...
En résumé, de quoi ça parle ? D'une nana qui débarque à Las Vegas et qui se dit que c'est plus marrant de danser topless là plutôt que, mettons, en Alaska. Allez comprendre.

Showgirls___1 Showgirls___2 Showgirls___3 Showgirls___4 Showgirls___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Nomi Malone débarque à Las Vegas sans un radis et y entreprend une carrière de danseuse dans un nightclub sordide (où d'ailleurs elle entreprend les clients). Mais comme Nomi est avant tout danseuse et pas tapineuse (si elle le dit, pourquoi ne pas la croire ?), elle tente sa chance pour faire partie de la revue topless du fabuleux Stardust, chez qui son amie Molly travaille comme couturière. Comble de chance, elle est embauchée. Comble de chance, elle devient la doublure de la star du show. Comble de malchance pour celle-ci, Nomi est ambitieuse...
Et ça finit comment ? Avec du rouge à lèvres partout sur le menton.

Pourquoi c'est bien ? Vous m'avez lue ? J'ai dit Kyle MacLachlan, putain ! Merde, quoi ! Je vous le dis en quelle langue ? Bon, sinon il y a du téton frétillant, beaucoup de maquillage, de fringues et de musique cheap (l'adjectif s'accordant à tous les noms l'ayant précédé), et puis, voilà. Franchement, ça se raconte pas un film pareil. Je veux dire : on part d'un scénario qui, on le pense disons, ya des théories sur ce point en tous cas, voulait parler d'une histoire d'amour entre deux femmes, mais aussi une histoire d'ambition et d'arrivisme, sorte de métaphore sur le monde du showbusiness, bref qui voulait emprunter des thèmes intéressants et qui en a fait... bah, un porno soft, quoi.
Pourquoi c'est pas bien ? Profondeur des dialogues ? Bof. Complexité de l'intrigue ? Rebof. Développement des personnages ? Je vais me répéter, mais bof. On l'aura compris, c'est pas pour ses qualités cinématographiques qu'on regarde Showgirls. Et alors ?

Ah, les joies du cinéma ! Quand le film est sorti, Kyle MacLachlan assumait tellement qu'il a prétendu tout un tas de choses (c'était pas le même script que celui qu'on lui avait envoyé, le montage avait dénaturé ses scènes, etc...) et s'est désolidarisé du film, qu'il a soudainement jugé trop vulgaire. On parle d'un mec dont la principale scène est de fucker Elizabeth Berkley dans une piscine (en-dehors de celle où elle lui fait un strip-tease intégral, évidemment). Que dire d'autre des joies du cinéma...?
La réplique qui tue : Une réplique, vous entendez ça ? Ils veulent des répliques ! Comme si les dialogues valaient quoi que ce soit non, soyons sérieux un instant.
La scène qui tue : Mais elles tuent toutes, les scènes ! Yen a pas une pour relever les autres et c'est en ça que c'est divin ! Allez, je vous mets une numéro du Stardust, même les non-anglophones comprendront tout ce qu'il y a à comprendre !

Showgirls___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
S'il ne devait y avoir qu'un seul guilty pleasure au monde, ce serait celui-là. Tout est naze, mais c'est ça qui en fait un des meilleurs films au monde.
Bilan : On le regarde pour de mauvaises raisons (le générique), on reste devant pour des raisons bien plus inavouables encore (les nichons), on le reregarde sous des prétextes fallacieux (c'est des billes en verre ou des perles de culture qu'on jette sur la scène, je me souviens plus ? je ferais mieux de vérifier...), mais inutile de dire que, de toutes façons, on regarde Showgirls, et en ce qui me concerne, quand je perds un disque dur qui le contient, c'est le premier truc que je récupère. Ouais, bas les masques, et vive feu le Stardust (j'étais en deuil quand ils l'ont démoli, ce casino, le rêve de toute ma vie était d'y aller !), les ongles ultra-peints et les piscines. Loana et Jean-Edouard ont tout appris de Showgirls, on ne me l'ôtera pas de l'idée. Et pis franchement tout est grand dans ce film, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, les péripéties, le faux couple censé représenter l'image parentale dans le show business, on ne nous épargne rien, même pas une scène de viol en réunion où c'est réaliste jusque dans les bruitages... non, ce film est une jouissance de tous les instants, vraiment. Foncez.
Ah, et rappelons aussi le plus grand mystère de ce film : Pamela Anderson est crédité au générique et de toutes les fois où j'ai regardé ce film, pas une fois je ne l'y ai vue. Je vous laisse la chercher ce soir.

Allez, vite, ça va commencer !
Quand je pense que j'ai failli planifier de regarder Esprits Criminels ce soir, nan mais le délire quoi... hiiii, je l'ai pas encore vu ce film en 2009, chouette chouette chouette !!!

20 décembre 2008

Six choses ne vont guère sans une mauvaise fin

Vous le sentez venir, le prochain acteur qui sera à l'honneur dans A vendre, joli, pas cher ? Non, même pas une petite idée ? Cela va sans doute vous apparaitre de façon plus claire après ce nouveau post à vocation à peu près cinématographique... C'est déjà le quatrième de son espèce, vous vous rendez compte ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça m'effraie un peu. Je suis certainement trop influençable cinématographiquement. Il y a plein de films que je n'aurais même pas l'idée de regarder s'ils m'étaient proposés sous la forme de séries (ou alors, hm, bon, le pilote peut-être...!), qui m'impactent bien plus en format long, comme si je pardonnais plus facilement les faiblesses et/ou la médiocrité. Il serait peut-être intéressant de se demander d'où vient cette différence.

En attendant, voilà donc le film du jour... Ou plutôt le téléfilm du jour (oui, Lifetime diffuse aussi des films où il n'est pas question de vieille actrice de 50 ans qui ne trouve plus de rôle ailleurs qui gère sa vie de femme mature), mais pour moi, si ça fait plus d'une heure, c'est à mettre dans le même sac. La seule chose qui les différencie, de toutes façons, c'est le budget de départ, et les bénéfices attendus à l'arrivée. Et encore, même ça ne veut plus rien dire. C'est pourquoi je décrète que dans Comme au cinéma, il y aura aussi des téléfilms. Après tout c'est ma rubrique, je fais ce que je veux... Tiens, je vous en remettrai peut-être une couche sur Soldier's Girl, du coup.

C'est quoi le nom du film ? Normal Adolescent Behavior
C'est plutôt quel genre ? Teen movie regardable
Qui on connaît là-dedans ? Amber Tamblyn, vue dans Joan of Arcadia et prochainement The Unusuals, ça, ça change pas, mais aussi ce bon Raviv Ullman vu dans Rita Rocks, dont on parlait il y a peu, ou même, mais moins pour que je n'aie pas trop de spasmes interstinaux, Hillarie Burton de One Tree Hill... Il y a aussi Kelli Garner, je ne sais pas d'où je la connais et ça m'a énervée pendant tout le film ! Ou bien c'étaient ses lèvres qui m'ont tapé sur les nerfs ?
Ça date de quand ? Wikipedia nous dit 2007. IMDb aussi. Je n'ai aucune raison de ne pas les croire.
En résumé, de quoi ça parle ? De six ados qui sortent ensemble. Tous ensemble. Le drame viendra du chiffre impair.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Ça ressemble à un pitch de film porno : 6 ados plutôt bien faits de leur personne se retrouvent tous les samedis pour sortir ensemble (= euphémisme). Comme ils sont amis depuis l'enfance, ça dépasse le stade de la partouze : il y a une vraie relation entre eux. Le problème survient lorsque Wendy fait la rencontre de son nouveau voisin, Sean, et qu'il tente de la corrompre : comprenez qu'il essaye de la rendre monogame (ah, le dégoûtant !). La chose est assez compliquée pour Wendy qui ne connait que cette étrange relation à plusieurs, cela dit elle essaye de gérer tout de même car elle tient au petit rouquin (c'est pas moi qui la blâmerais) mais ça va être plus compliqué encore lorsque ses 5 amis vont s'apercevoir qu'elle les trompe.
Et ça finit comment ? Très cliché, cette fin. J'ai pas aimé la fin. Je suis en général bonne cliente mais, là, juste pas.

Pourquoi c'est bien ? En premier lieu, je m'attendais à un teen movie bête et méchant, avec ce qu'on aurait pu imaginer de voyeurisme et de temps de cerveau rendu disponible, et finalement les dialogues étaient plutôt bons, le scénario pas trop linéaire (à part l'acte final, je l'ai dit... l'épilogue était par contre plutôt sympa). L'un dans l'autre, je ne voyais pas trop où le film voulait en venir et c'était assez agréable, cette absence de prévisibilité. Disons que Normal Adolescent Behavior parvient à accomplir le tour de force de parler de sexualité en tombant dans plusieurs clichés, et en nous disant : regardez, c'est cliché, on peut faire différemment. En fait ce film est une ode à l'expérimentation sexuelle et amoureuse : ce que vous faites, c'est bien, bon, pourquoi pas, ça vous regarde, ce sont vos fesses, mais imaginez que ça pourrait être autrement. Les monogames, les polygames, et tous les autres, personne n'a la réponse, l'essentiel c'est de sentir bien. Bon, c'est un sujet comme un autre, pourquoi pas, c'est plutôt bien troussé et pas tellement moralisateur, finalement, on s'y retrouve. Les six acteurs incarnant les personnages principaux ont en plus une bonne compatibilité à l'écran (ça pose la question des répétitions, ahem), et c'est vraiment fun de les voir dans leurs scènes de groupes, c'est très vivant, ça donnerait presqu'envie, pour un peu ! Et puis, enfin, à titre personnel, j'ai aussi beaucoup aimé le film parce qu'il m'a nourrie d'éléments intéressants pour une histoire que j'ai commencé à écrire il y a quelques années, et il y a eu deux ou trois scènes en apparence anecdotiques (notamment quand Price avoue qu'il s'est fait refaire le nez pour plaire à ses 5 amis) où je me suis dit qu'il y avait des idées à creuser...
Pourquoi c'est pas bien ? Il y a longtemps, j'ai eu 17 ans, moi aussi. Ça fait 10 ans, pas 50, cela dit. Donc j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi tous ces ados ont le slip qui les démange autant, dans tous ces films (et ces séries, mais ce point a déjà été abordé par la râleuse que je suis). Même quand le film est plutôt intéressant, je me pose la question. Franchement, c'est le plus gros inconvénient ici : c'est qu'il s'agit d'adolescents. Alors, bon, je comprends bien, c'est plus vendeur, et puis l'âge de l'apprentissage sexuel c'est une époque toute trouvée, mais en même temps cette soi-disant critique des relations sexuelles à la va-vite que nous sert Wendy à un moment, ou l'idée qu'on peut sortir d'un certain nombre de normes en matière de relations sociales, amoureuses et/ou sexuelles, ç'aurait autant de poids, voire même plus de crédibilité, avec des adultes. Attendez un peu que je finisse mon script, ça va s'arranger. Et puis, franchement, esthétiquement, il est moche, ce film. Une ou deux scènes ont bénéficié d'un certain soin (j'en ai capturé une ci-dessus, par exemple), mais le reste est épouvantablement quelconque, et je dois dire que je trouve ça très redhibitoire, et même, c'est pire vu qu'une ou deux scènes ont justement fait l'objet d'un peu d'attention. D'accord, il y a un certain goût, dirons-nous, mais il n'y a pas de recherche, ni au niveau des éclairages, ni des couleurs, ni des angles... Je comprends que ce soit un téléfilm et que Tim Burton n'était pas libre pour diriger cette merveille pour Lifetime, m'enfin il devrait y avoir un juste milieu.

Ah, les joies du cinéma ! Quand on est acteur, on a souvent des rôles qui permettent de tâter d'autres acteurs pas moches (sauf exceptions), au point que parfois je me dis même que si je devenais actrice, je me ferais une petite liste et je cocherais tous les acteurs que j'aurais à tripoter pour le travail (eh, si c'est pour le boulot, faut bien...). Mais là, ça devait être le festival ! Ca devait cocher des listes, sévère ! Et j'ai comme l'impression que Raviv Ullman s'en est donné à coeur joie, notamment...
La réplique qui tue : Sean a embrassé Wendy une fois et, eh bien, il y prend goût, l'animal. Sauf qu'elle persiste à lui dire qu'elle est déjà prise (pff, comme si elle en était à un mec près !). Il tente donc de la convaincre en lui faisant comprendre qu'ils pourraient être ensemble, "normalement". Sauf que, la normalité, Wendy en a une vision bien à elle...
"I don’t live in that world...
- Oh yeah, and what world is that ! The world of boyfriends ? Of holding hands ? Of first dates ?
- No, you jackass. Of disposable girlfriends and bracelets for blowjobs, and making out and macking and hooking up and going down and text-messaging some guy who will cum all over my shirt. That world."
Dit comme ça, évidemment...
La scène qui tue : Vous voulez un passage juteux ? Bon bah, je vais être honnête, il n'y en a pas vraiment (c'était bien spécifié dés le début du script, en même temps). D'ailleurs, comme je l'ai dit, ce n'est pas le propos du film, qui s'en tire très honorablement de ce point de vue en évitant tout voyeurisme inutile : il n'y a que ce qu'il faut pour ne pas finir dans la mièvrerie et situer les enjeux clairement, mais c'est tout. Alors voilà justement une petite scène pour vous faire un peu mieux voir quelle est la relation de départ entre Wendy et les cinq autres membres de sa clique. Ah, c'est sûr, les samedis soirs chez eux, çane ressemble pas à ceux que je passe chez moi (la preuve, je suis ici à vous faire ce post)... Vous pensez que ça pourrait marcher, une relation comme ça ? Ça me laisse songeuse.
En fait, ce qui est intéressant ici, c'est que même s'il s'agit d'une relation qui peut sembler un peu perverse de prime abord, on nous la présente comme quelque chose de, finalement, beau et tendre, avec une réelle complicité, et chaleureux, et pas juste du sexe pour le sexe (contrairement à la scène qui précède celle-ci, où le reste du lycée batifole dans la luxure à quelques pâtés de maisons de là). Évidemment, on nous expliquera plus tard dans le film que la relation entre nos 6 fringants jeunes ne se limite pas à cette tendresse, mais la scène a le mérite de bien définir cette étrange relation quand même. Et puis, on en profite pour semer les graines de la discorde, l'air de rien, lors d'un petit échange entre les filles...

NormalAdolescentBehavior___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules 'Tain je suis gentille en ce moment, moi, on voit que Noël approche !
Trois cagoules. Faut rien exagérer. Mais avouons-le, le temps que ça a duré, c'était... comment dire ? Divertissant ? Un film pas trop simpliste, mais pas exagérément intelligent non plus, plein de visages connus (je sais pas pour vous, mais je trouve que ça fait toujours plaisir), et puis évidemment Amber Tamblyn au sommet de sa forme, ce qui ne peut pas nuire, mais on en reparlera, de toute évidence.
Bilan : Je vous ai encouragés à regarder The Fall, je vous ai proposé de vous marrer devant H2G2, j'ai suggéré que vous pourriez décider de tomber en dépression suite à Stephanie Daley... Bon, là, j'avoue, si vous ne regardez pas Normal Adolescent Behavior, je n'en ferai pas une crise (je serai mortellement vexée, évidemment, mais ça s'arrêtera là). Cela dit, vu le sujet, je me suis dit que j'allais quand même en parler, ça peut en intéresser certains d'entre vous dont peut-être les samedis soirs seraient aussi captivants que les miens (la preuve), voire même plus ennuyeux encore. Et puis, ça change, quoi. Sans compter que le mot partouze est génial pour mes stats.
Après... après, est-ce que je reparlerai de film dans quelques mois ? Et vous, est-ce que vous m'en parlerez dans les jours qui viennent ? Ce sont les vraies questions que pose ce film, finalement !

17 décembre 2008

Stephanie's Baby

J'avais deux possibilités, aujourd'hui. Soit me plaindre de la disparition de ma pelote de laine avec toutes les séries du monde (moins les DVD dont j'ai déjà parlé ya pas une semaine), soit vous parler d'un film que j'ai vu ces derniers jours (oui, les films, je les regarde en deux fois 45mn, j'ai encore cette faiblesse). Et comme bah, justement, côté nouvelles séries à vous présenter, je suis un peu en galère...
Parce que, oui, en fait, des films, j'en vois 'achement plus souvent maintenant que je me suis lancée dans les posts A vendre, joli, pas cher, et quelque part je pense que c'est une sorte de petite hygiène mensuelle qui me rafraîchit la cervelle, qui fait du bien, limite qui m'est nécessaire. Je n'ai jamais autant regardé de films que depuis cet automne (je veux dire : 26 ans et demi de ma vie d'une part, et les trois derniers mois d'autre part), mais finalement c'est pas si mal. En fait, ça m'offre aussi un regard complètement différent sur les séries que je regarde et que je pensais connaître sur le bout des doigts, pour être honnête.

Comme aujourd'hui, tiens. Juste quand je commence à me dire "Oh, tiens, j'ai loupé un des épisodes de New York Unité Spéciale, ce weekend... et ça me rend même pas un peu triste", je tombe sur un film dont je ne savais rien (j'aime bien faire ça : lancer un film pour une raison obscure, en ignorant jusqu'au pitch...), et je suis bluffée, et je me dis que finalement, non, j'ai ptet pas fait le tour de tout ça, de ce genre de sujets. Et que j'imagine très bien B.D. Wong conduire un interrogatoire de ce genre pendant un épisode à huis clos, par exemple (enfin, sitôt que B.D. Wong pourra tomber enceinte... mais il est gay, pas transsexuel, on ne peut pas être partout).

C'est quoi le nom du film ? Stephanie Daley
C'est plutôt quel genre ? Drame dramatique
Qui on connaît là-dedans ? Amber Tamblyn, vue dans Joan of Arcadia et prochainement The Unusuals, et Tilda Swinton, vue partout sauf à la télé donc c'est déjà bien gentil de ma part d'avoir retenu son nom
Ça date de quand ? Le film date de 2006, mais il a été distribué de façon très limitée... je ne sais même pas s'il est sorti en France !
En résumé, de quoi ça parle ? D'une jeune fille qui, dans le cadre de son procès, est amenée à voir régulièrement une psy. La psy est enceinte, et la jeune fille est accusée d'avoir tué son bébé à la naissance.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? On dit que 16 ans, c'est le bel âge, mais pour Stephanie Daley il s'avère bien plus sombre, lorsqu'elle est découverte, dans la neige, une trainée de sang derrière elle ; dans les WC de la station de ski où on l'a trouvée, le corps sans vie d'un nouveau-né... Dans le cadre de son procès, Stephanie est amenée à recontrer une psychologue qui doit évaluer son cas pour les services du procureur, et pour ce faire, elles se rencontrent à plusieurs reprises dans son bureau. Autant d'occasions pour Stephanie de raconter comment tout cela s'est déroulé, ou plutôt comment elle suppose que ça s'est déroulé puisqu'elle prétend ne pas avoir su qu'elle attendait un enfant, sous les yeux horrifiés de la psy qui est enceinte et a ses propres questionnements vis-à-vis de la grossesse à gérer... notamment parce que sa grossesse précédente n'a pas été menée à terme.
Et ça finit comment ? Dans les larmes (des deux côtés de l'écran). Mais pouvait-il en être autrement ?!

Pourquoi c'est bien ? Parce que c'est un de ces films empreints d'une infinie délicatesse, ne cherchant pas à faire de la démonstration de moyens techniques, ou même de démonstration sociale de quelque ordre que ce soit. Aussi aberrant que ce puisse sembler être pour un sujet aussi sensible, le film ne juge pas, ne juge rien, pas un seul instant. Le milieu très religieux, le côté mère imparfaite de la psy, la façon dont Stephanie est tombée enceinte, rien, on ne vous livre pas une pensée en kit, faites votre cuisine de votre côté, tirez les conclusions que vous voulez. De même, les rencontres entre Stephanie et la psy donnent lieu à plein de flashbacks, mais sans effet de flashback inutiles, juste un sens aiguisé de la photographie, qui fait son oeuvre tout au long du film. C'est juste beau, et si on ne fait pas attention, ça peut ressembler à n'importe quelle chronique de la vie ordinaire, avec des instants de flottement, des moments de rires ou de larmes, mais en fait on ne cherche pas à nous impacter et c'est pour ça que ça marche. On ne joue pas non plus sur la corde sensible avec de la musique tristoune partout. En fait, tout est d'un suprême doigté...
Pourquoi c'est pas bien ? Bah, du coup, vous comprendrez bien que c'est un tantinet bavard, quand même. Il y a des passages... walou ! C'est long. Mais c'est bon. Mais c'est long. Mais c'est bon...

Ah, les joies du cinéma ! Jamais aucune actrice n'aura offert une aussi impressionnante performance dans des toilettes qu'Amber Tamblyn (à part Pamela Anderson lors de ses castings).
La réplique qui tue : Toute la question qui se pose pour la psy, c'est de savoir si Stephanie savait qu'elle était enceinte. Pour son travail (et pour elle aussi, mais elle ne se l'avouera pas), c'est la seule question qui compte : les autres interrogations trouveront alors leur réponse à partir de là. Lors d'une séance, la psy insiste pour savoir si Stephanie s'était posé la question de la grossesse, et n'obtenant pas de réponse convaincante, elle aboutit au dialogue suivant :
"You could have found out.
- I thought I was being punished.
- Last year I lost a little girl, at 23 weeks. They found out her heart had stopped beating, they induced labour, it took 6 hour and a half to deliver her, she came out looking like her father... What was I being punished for ?
- You tell me."
La scène qui tue : Au début du film, j'étais impressionnée par le premier flashback, doux-amer à souhait et d'un calme à la fois réconfortant, et très éprouvant vu ce qu'on nous laissait comprendre sur l'histoire du film (autant dire : le strict minimum). Cette scène m'a beaucoup touchée, et c'est pour cela que je vais vous la livrer, mais avant, je veux vous  parler un peu plus de l'autre scène, la vraie scène, celle qui marque vraiment, mais que ne vous montrerai pas, il faudra voit le film, et c'est évidemment la scène de l'accouchement. Je vais en faire des cauchemars pendant des années de cette scène. J'ai eu envie de hurler de douleur, non par empathie mais parce que c'est là où le drame se joue, évidemment, et que ça donne la solution à la seule question qui avait de la valeur : Stephanie a-t-elle tué le bébé ? Atroce. Énorme. Déroutant, renversant, brutal, et en même temps, plein de tact... J'en suis retournée pour longtemps.
Mais bon, pour le moment, prenez celle-ci, fameuse scène de la première consultation chez la psy, et du premier flashback... elle vous donnera une bonne idée de l'ambiance du film, c'est déjà ça. A partir de là, vous aviserez.

StephanieDaley___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Une fois de plus j'ai hésité à mettre une demi-cagoule supplémentaire mais, vous savez quoi ? En fait non, 4 cagoules, c'est bien. C'était très éprouvant et, non, je ne regarderais pas ce film pour le fun, même moi. C'est vous dire.

Bilan : Stephanie Daley, ce n'est vraiment pas le film que vous allez regarder entre amis, un soir où vous vous faites un fond de popcorn. Ça, déjà, c'est clair. Mais si vous vous y risquez, il y a une récompense à la clé. Ce qui est impressionnant avec ce film, c'est que d'une part, il ne cherche pas à se présenter sous la forme d'un thriller (si par exemple, il s'était montré sous la forme d'un procès, on aurait établir clairement que le propos était de définir si oui ou non Stephanie avait tué le bébé, là c'est plus un questionnement tacite qu'autre chose, et pourtant la réponse tarde énormément à venir, et on n'est pas sûrs, pendant tout le film, de ce qui s'est vraiment passé), et d'autre part, il parvient à brosser le portrait de deux femmes, Stephanie et sa psy, avec une donnée essentielle : la place des certitudes dans leur vie. Les certitudes qui s'effondrent, ou qu'on cherche à garder au contraire, ou celles qu'on ne remet pas un seul instant en question... c'est un film qui parle avant tout de certitudes, et pas de la mort d'un nouveau-né. J'ai trouvé ça très fort. Et les deux femmes se renvoient des certitudes l'une à l'autre et c'est ça qui fait la force de Stephanie Daley. Bref, c'est très fort, mais c'est vraiment, vraiment pas marrant.

Je ne me fais pas d'illusion : peu de monde aura vu Stephanie Daley, et je ne m'attends pas à des dizaines de commentaires de votre part commençant par "moi aussi j'ai vu ce film". Mais les plus curieux (et anglophones, hélas) d'entre vous, j'en suis sûre, sauront en faire l'expérience.
Parce que, en fait, après ces premiers posts dans la rubrique Comme au cinéma, il semblerait que je sois mal, très mal partie pour vous parler du Disney de l'hiver, ou du prochain film de Shia LaBeouf qui fait comme si on ne se souvenait pas qu'il était dans le calamiteux La Guerre des Stevens, en fait non, ya peut de chances que je vous parle de tous ces films-là, que tout le monde attend, que tout le monde ira voir. Déjà parce que je ne vais pas les voir au cinéma, pour commencer, et la démarche, du coup, change la donne. Et aussi parce que je suis tellement inculte en ciné, qu'il m'a fallu faire des recherches pour savoir qu'un film avec Shia LaBeouf sortait le 24 décembre : je n'y connais rien de rien, je vous l'ai dit. Je ne sais pas, avant d'avoir lu les critiques de tout le monde, quels sont les films attendus ou non, et je ne les regarde même pas de toutes façons même une fois que j'ai lu les 200 blogs qui parlent tous de tel ou tel film.
Je choisis mes films sur d'autres critères et ça me fera certainement en évoquer plein qui n'éveilleront que de très vagues souvenirs, dans le meilleurs des cas, pour la plupart d'entre vous. Je suis désolée, je pense qu'il faudra vous y faire : je ne parle pas tellement des séries les plus populaires ; ça ne risque pas d'être très différent pour les films, finalement. J'espère que vous serez suffisamment curieux pour me suivre dans ces découvertes-là aussi, malgré tout...? La survie de cette rubrique dépendra de vos réactions.

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