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ladytelephagy
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17 octobre 2008

Masochisme

Difficile à expliquer ; je ne sais pas trop ce qui s'est passé... mais j'ai cagoulé le pilote de Forever Knight. Ouais, je sais. Je suis une tordue ! Je flippe à mort sitôt que je vois deux crocs vaguement aiguisés, et pourtant je me cagoule des trucs pareils... c'est à se demander, hein...

Je l'ai soigneusement rangé à côté de mon pilote de Kindred que je n'ose même pas regarder alors que la petite date dit que ça fait depuis 2005 que j'ai fait main basse dessus (ça veut tout dire), oui-oui, juste là, à côté de l'épisode de Moonlight dont je parlais il y a peu. Si j'ai eu assez de tripes pour l'un, je devrais pouvoir m'occuper des autres, non ?

En fait, si je suis certaine de trouver de bonnes choses dans ces séries (surtout Kindred, série à propos de laquelle j'ai lu et entendu tant de choses), j'avoue que l'idée de me payer quinze jours de terreurs nocturnes, de cauchemars atroces et de nuit passées la lumière allumée... me freine quelque peu. Les vampires, c'est ma phobie, comme vous le savez (ça et les abeilles... d'ailleurs ça doit être un peu Freudien dans le fond), et j'avoue que je comprends mal qu'on ait envie de jouer avec ses peurs, comme ça, qu'on regarde quelque chose juste pour flipper comme une malade devant la télé.
Evidemment que c'est une fiction, évidemment que ça n'existe pas les vampires (comment ça, "jusqu'à preuve du contraire" ?! merci de votre aide, hein), évidemment que ce qui se passe dans ma télé ne va pas m'arriver. Ca va, j'ai pas 5 ans, non plus ! Je sais bien tout ça. M'enfin il n'empêche que la peur fait partie de ces choses irrationnelles qu'on ne peut pas contrôler, alors pas la peine de jouer avec et se créer des problèmes psychologiques (les mauvaises langues diront qu'un de plus, un de moins...).

Je ne conçois pas tellement qu'on aime se faire peur comme ça. Mais d'un autre côté, tout le monde n'est pas caninophobique que moi, vous me direz. Il y a, quelque part, des gens (des inconscients !), qui pensent que les vampires, c'est marrant. QUE C'EST MARRANT ! Des fous, vous dis-je. Mais du coup, ils peuvent regarder du vampire à la télé sans appeler leur maman ensuite dans la nuit en serrant très fort leur nounours. Nan j'déconne, je n'appelle pas la mienne (elle a une prédisposition génétique qui lui donne des canines très pointues, c'est la dernière que j'appelerais ; je suis contente d'avoir hérité de mon papa sur ce coup). Mais vous saisissez l'idée.

Cela dit, je crois que c'est l'invocation métaphorique de la peur qui me laisse perplexe. Les vampires, et dans une moindre mesure, les loup-garous, les fantômes, les je-sais-pas-quoi-d'autre encore (Seigneur, pourquoi les scénaristes ont-ils donc tout un bestiaire dans ce genre ? comme si une seule espèce de créatures démoniaques, ce n'était pas assez), ça me semble, d'une certaine façon, trop évident.
Genre on voit un type avec les yeux qui virent au jaune fluo, ou une nana à laquelle poussent des griffres de 12m de long, et pouf, ça y est, on sait qu'on doit avoir peur. Nan mais arrêtez quoi. C'est hyper codifié, comme peur !
Et surtout on a l'impression que pour faire peur aux gens, il faut utiliser ces êtres dont il est si évident qu'ils font peur, puisqu'ils sont difformes, ou vaguement maléfiques (ou les deux s'ils ont de la chance). Ca doit être pour ça qu'on s'en sert : ils font peur, mais pas trop.

Mais en revanche, une peur dont je ne me repais jamais assez, c'est finalement la peur que peuvent susciter... mais c'est plus rare à voir, et sans doute difficile à produire... des gens tout-à-fait ordinaires dans des scènes tout-à-fait ordinaires de la vie tout-à-fait ordinaire.
Et cette peur-là, j'en redemande, en fait. De cette peur qui vous prend les tripes parce qu'elle n'implique pas d'élément fantastique, magique, maléfique, mystérieux... c'est une terreur glaciale qui s'empare de vous parce que la seule chose qui soit vraiment monstrueuse en ce bas monde, c'est la nature humaine.
Là, il y aurait matière à un véritable festival, jouissif et douloureux à la fois, de voir de vrais hommes et de vraies femmes donner toute la mesure de leur bestialité, de leur esprit malfaisant, de leur méchanceté cruelle. Pas de la petite perfidie de bas étage ou de la mesquinerie de quartier, je ne vous parle pas de sortir du placard un vieux JR tout rouillé, non, je vous parle de personnages qui accomplissent dans toute leur horreur la destinée humaine ! Donnez-moi un gamin planqué dans un placard... parce que son père le maltraite, pas par peur du croquemitaine. Donnez-moi une femme qui appelle sa mère, affolée... parce que son mari est hypra-jaloux, pas parce que l'appel vient de l'intérieur de la maison. Donnez-moi un cauchemar bien réel ! De la vraie violence, pas forcément figurative, mais sauvage, palpable ; pas de l'opérette pour épater la galerie avec des prosthétiques et du ketchup !

En ce moment je lis Les Bienveillantes, un bouquin pas jouasse qui s'applique à décrire ce qu'il y a de plus sombre en l'humain, à tous les niveaux. C'est facile de se dire que seul un bouquin sur le nazisme aurait pu proposer ça, mais quand on regarde le personnage principal, on s'aperçoit qu'il aurait sans doute été un monstre tout de même, dans sa folie si... normale. Il est tellement sûr d'être un humain raisonnable ! Si sincèrement horrifié que quelqu'un ait tué son beau-père et sa mère dans son sommeil, sans même s'attaquer à lui qui dormait paisiblement dans la pièce d'à côté, avec la hache qu'il utilisait quelques heures plus tôt, et alors qu'il n'a aucun souvenir de ses dernières heures dans la maison ! Tellement sûr de l'amour charnel qui le lie à sa soeur jumelle ! Le voilà le monstre ! En voilà des monstres que j'aimerais voir à la télévision plus souvent ! Et encore, c'est peut-être encore trop caricatural.
Où est la peur d'être seul, je parle la vraie terreur de finir ses jours seul, pas celle qui pousse à s'inscrire sur un site de rencontres hein, celle de perdre ceux qu'on aime, celle de ne plus être capable de faire ce que l'on sait faire, celle de vieillir, celle de devoir changer, celle de rester le même, celle de voir la vie défiler, celle de ne pas avoir d'existence, celle de voir sa banque faire faillite, celle de se faire exproprier, celle de perdre son travail...? Toutes ces terreurs qui nous assaillent vraiment, au moins une, un jour où l'autre ! Qui parle de ces vraies peurs-là ? Celles qui plus qu'aucune autre, sont capables de nous glacer le sang, de cette terreur qui trempe jusqu'à l'os, qui marque la chair à jamais, dont on ne se remet jamais vraiment ? Pourquoi s'abriter derrière deux crocs factices fixés avec un peu de Steradent ? Faites-nous peur pour de vrai ! Donnez-vous de quoi exorciser nos craintes véritables, plutôt que de nous fournir des poupées de chiffons qui ne nous atteignent jamais tout-à-fait !

Si la fiction ne le fait pas, qui le fera ?

Allez, c'est décidé ce soir, c'est Forever Knight ! Mempopeur ! Qu'est-ce que je risque, hein ? Franchement !
En plus ma connexion internet est morte (je vous écris du boulot, bravant les pires interdits, pour vous fournir mon contractuel post du vendredi), donc il n'y a rien de mieux à voir ce soir... je me sens d'humeur masochiste, que voulez-vous. Mais tant qu'à souffrir sans internet, autant y aller carrément.

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15 octobre 2008

L'ignorance est un bienfait

Comme vous le savez probablement si vous avez prêté attention à mes élucubrations estivales, j'attendais avec impatience la reprise de Samantha Who? en cette rentrée. C'est la seule série humoristique, cette saison, que je regarde en pensant qu'elle est vraiment drôle (pour vous donner un exemple du contraire, The Big Bang Theory, c'est juste pour tuer le temps, par contre).
J'avais été peinée d'apprendre les déboires médicaux de l'exubérante Christina Applegate, mais j'étais résolue à ne pas me laisser déprimer par de telles nouvelles, même si les termes de "rémission totale", pour un cancer, semblent un peu précipités à aussi court terme. M'enfin bon, je vais pas me laisser déprimer, j'ai dit !

Mais voilà, force est de constater que, d'une part, cette reprise de saison n'était pas aussi fofolle qu'attendu (pour vous la faire courte et sans spoiler : Samantha s'aperçoit d'un talent qu'elle avait dans sa vie d'avant, elle aimerait le reconquérir, mais n'y arrive pas... bref un schéma très classique pour la série ; on est pourtant en droit d'attendre un season premiere qui tue, et surtout qu'en 2e saison, les choses bougent un peu), et surtout, j'ai passé la majeure partie de l'épisode à me sentir mal à l'aise. Bêtement, sans doute. Mais mal à l'aise quand même.
Pourquoi ? Hé bien parce que dans l'une des premières scènes, Samantha tombe le haut... et je dois bien avouer que j'ai trouvé ça un peu inapproprié.

Je n'ai rien contre un beau lâcher de seins dans une série, notez bien. Je suis hétéro mais pas je sais reconnaître ce qui est beau. Quand ça sert l'histoire ou un bon gag, je ne vois pas le mal non plus. Quand l'actrice est jolie, bon, pourquoi se priver d'une partie de l'audience masculine, aussi. Mais ça devient inconfortable quand il a été fait une certaine publicité autour desdits seins quelques semaines plus tôt, à peine. C'est de mauvais goût, quelque part ; d'aussi mauvais goût que si Fran Drescher jouait une scène de viol à des fins pseudo-comiques, mettons. Ca met vraiment mal à l'aise celui qui regarde ledit spectacle en sachant qu'il devrait en rire, alors qu'il ne parvient pas à trouver ça drôle.

Je peux imaginer que ce soit la façon pour Christina Applegate de dire "regardez, je vais bien, n'y revenons plus !".
Je peux imaginer que ce soit aussi sa façon de se dire "je vais bien !".
Je peux imaginer plein d'explications plus ou moins rationnelles. Mais ça reste un peu... étrange. Le fait de lire certaines choses, que ce soit aussi bien sur des acteurs que sur des séries elles-mêmes, change la vision que nous en avons, et il n'est pas toujours bienvenu d'en jouer.

Le vrai problème, c'est qu'en fait, le parcours d'un téléphage est souvent le suivant :
- au début, il voit des séries à la télé (c'est sympa, mais sans plus)
- un jour, il les regarde car l'une d'entre elles a accroché son attention (on connaitra plus tard cette série sous la dénomination de "série préférée"/"référence"/"série culte", souvent uniquement pour des motifs sentimentaux)
- il commence à chercher à en voir plus à propos de cette série (les épisodes en entier, puis un maximum d'épisodes, puis tous les épisodes...) et éventuellement à propos de quelques autres par effet de contagion/d'appétit
- il essaye d'en savoir plus sur le contenu, et lit des articles (il entre donc dans l'enfer de la presse spécialisée et sa distribution parfois aléatoire), des livres (novellisation ou analyses), sites internet, peut-être fanfictions
- il essaye d'en savoir encore plus, mais cette fois sur le contenant : production, acteurs, chaîne, moyens techniques (pour vous donner un exemple, 3/4 des fans de science-fiction installent un logiciel de 3D pro ou semi-pro pendant cette phase)
Vrai ou pas vrai ? Nous passons progressivement d'un stade de découverte à un stade de surinformation. Osera-t-on me dire qu'on regarde la série de la même façon à chaque phase ? Plus je fréquente internet, et notamment les sites d'information téléphagique, plus je me dis que la dernière étape n'est guère plus enviable que la première, comme un passage du trop froid au trop chaud. Ca doit être pour ça que j'évite de plus en plus les sites informatifs pour me concentrer sur l'aspect subjectif des choses, d'ailleurs... En vérité, s'il est dans la nature du téléphage d'en vouloir toujours plus, un jour, après avoir fait un bout de chemin, nombreuses sont les tentations de s'éloigner de ce qui le passionne au début, à savoir le contenu des séries, au profit de sujets plus périphériques... y compris les divers potins sur les uns et les autres, sur leur vie familiale, amoureuse, médicale ou autre. Avons-nous besoin de le savoir ? Pas vraiment ! Mais plus le temps passe plus nous y prêtons oreille tout de même, ne serait-ce que parce que nous fréquentons des canaux d'information qui couvrent ces sujets, au prétexte qu'ils ont un rapport avec les séries, et qu'il est difficile de ne pas voir ces news au milieu des autres.

Soudain, je ne sais plus si j'ai envie de savoir quoi que ce soit. J'ai l'impression que d'avoir lu des news sur les problèmes de santé de Christina Applegate me retire une part de mon plaisir à la voir évoluer à l'écran. Cela lui enlève une partie de sa liberté. Soudain je ne vois plus Samantha Newly, mais justement Christina Applegate. Et c'est pas juste de me faire ça.
Je me sens lésée d'être informée.

10 octobre 2008

Resistance is futile

J'ai toujours dit que Star Trek, c'était mieux d'écouter les fans en parler que de regarder. Il est très rare qu'une communauté de fans soit aussi enthousiasmante, et surtout de façon si contagieuse.

Franchement, quand la plupart d'entre nous regarde un épisode de Star Trek, n'importe lequel, de n'importe quelle série de la franchise, il a tendance au mieux à trouver ça très limité, au pire à se moquer ouvertement. On ne peut guère nous le reprocher. La forme que prend cette série, en dépit de plus de 40 ans de longévité, est sincèrement peu engageante pour les non-initiés.

Je ne dis pas ça à la légère : en plus de m'être fait un devoir de regarder le pilote de chaque série de ladite franchise, j'en ai aussi regardé un paquet d'autres, ainsi que des films, j'ai aussi lu deux des encyclopédies dédiées au sujet, et fait l'acquisition d'un recueil de citations, quasiment toutes séries confondues. Je me suis donc largement documentée sur le sujet avant de venir vous asséner cette pensée stéréotypée sur Star Trek ! Ainsi, j'ai regardé des épisodes (même si c'est l'un de mes ex qui a eu la garde des coffrets de Deep Space 9), lu de nombreuses choses sur le sujet, mais, voyez-vous, ce qui a été le plus décisif dans ma façon d'aborder Star Trek, ç'a été de voir et écouter les fans. Personne ne parle aussi bien de sa série préférée qu'un Trekker ou un Trekkie. Il y a en effet une certaine discussion interne autour du terme à utiliser pour nommer les fans de la franchise, mais notons que tous deux, bien que se comportant parfois en frères ennemis, partagent une passion sans commune mesure pour Star Trek, et c'est bien ça qui compte.
Sans aucune mesure, devrais-je dire en fait. Ainsi que j'ai pu le voir dans le documentaire Trekkies (eh oui, j'ai aussi une VHS pour ça, et je la regarde de temps à autres avec plaisir, en plus), le fan de Star Trek, que je nommerai ici Trekkophile pour couper court à toute forme de dispute, ne connaît pas la retenue.

En fait, de mon point de vue, le Trekkophile, c'est le téléphage ultime, celui qui ne cède pas un pouce de terrain au bon sens ou à la modération, qui se jette à corps perdu et ne fait pas marche arrière simplement parce que ça peut sembler bizarre ou extrême aux yeux du reste du monde.

Le Trekkophile, c'est donc, je l'ai dit, un bonheur de le regarder s'ébattre dans sa passion, et un plaisir véritable que de l'écouter en parler. Rares sont les communautés de fans si persistantes, si investies, si affectueuses, et si consommatrices, aussi. Mais tous ces braves gars un peu timbrés ont réussi, et ça tient quasiment du miracle, à concilier leur consummérisme et leurs valeurs.

Parce qu'il faut le souligner, les Trekkophiles de tous poils retiennent avant tout de leur série fétiche un certain nombre de valeurs ; là où le téléphage moyen (ne parlons même pas du simple spectateur) ne retient de sa propre série préférée qu'une affection pour les histoires, les personnages, ou même simplement une adoration pour les acteurs, le Trekkophile, lui, va déjà un cran plus loin, et si effectivement il a intégré tout cela, comme n'importe qui, et qu'il apprécie ces éléments avec, comme il se doit, un regard critique sur leur qualité, il est aussi doté d'un pouvoir supplémentaire : il est capable d'extraire d'une série une somme de valeurs humaines, et de s'identifier à elles. Parce que Star Trek, à écouter cette communauté, c'est avant tout un idéal de société, où chaque homme s'efforce de concilier sa nature profonde, imparfaite, parfois sombre, avec l'espoir d'une amélioration aussi bien personnelle que globale (la seconde passant indubitablement par la première). C'est, dans le fond, à cela qu'adhèrent Trekkers et Trekkies, y compris lorsqu'ils fouillent leurs fonds de tiroirs pour faire l'acquisition de la dernière version de tel écusson, de l'édition limitée de telle figurine, ou de quoi que ce soit d'autre, et le catalogue est de toutes façons trop long pour que je me lance dans une énumération.

Presque paradoxalement, c'est ce à quoi il aspire : une société qui lutte contre son matérialisme, sa violence, son individualisme, pour s'approcher au plus près d'un code de l'honneur qui espère guider l'homme vers une certaine droiture, en dépit des réflexes animaux qui le dominent parfois. A entendre les Trekkophiles, toutes générations confondues, Star Trek, c'est avant tout le combat de l'homme contre lui-même. La téléportation et les phasers en prime.

Ce qui est proprement hallucinant, c'est que nous, quand nous regardons cette série, nous ne voyons pas tout ça, mais alors pas du tout ! Nous voyons des plans serrés très scolaires, des dialogues bavards et inerminables, des pyjamas bicolores et des effets spéciaux qui vieillissent mal, même pour Enterprise. Ce n'est qu'une fois happés par le regard d'un Trekkophile comme dans un vortex que nous parvenons à toucher du doigt ces idéaux que la franchise semble véhiculer. Mais la plupart d'entre nous est vouée à y rester désespérément insensible.

Après des années de lecture, de documentation, et de visionnage, je ne suis toujours pas une Trekkophile. J'ai, honnêtement, vraiment, essayé d'adhérer à leur mouvement, parce que lorsqu'on lit ce qu'on lit, et qu'on entend ce qu'on entend, on ne comprend pas qu'on puisse voir ce qu'on voit.

Et parfois je ressens cette petite étincelle, moi aussi, fugacement, mais elle ne dure pas et je reste désespérément en-dehors du circuit, avec l'impression de n'avoir jamais vraiment compris. En dépit, par exemple, du plaisir que j'ai à lire et relire le recueil de citations des 4 premières séries de la franchise, et à y trouver une profondeur et une intelligence peu communes dans l'univers de la fiction télé, j'ai du mal à regarder la série avec le même regard d'ensemble et à être capable d'en extirper moi-même les perles de sagesse qui semblent la truffer. C'est comme ça, je ne verrai jamais le miracle. Mais j'admire, sincèrement, la faculté qu'ont ces fans à s'impliquer autant, et à voir plus que ce que l'oeil perçoit au premier regard. Même si parfois, il faut bien le dire, ça fait un peu peur.

Oui, Star Trek, c'est mieux d'écouter les fans en parler que de regarder. Sans quoi, on ne sait jamais, on pourrait devenir l'un d'entre eux...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Star Trek de SeriesLive.

9 octobre 2008

Faut pas être timide, comme ça !

Nan, les enfants, faut pas. Vraiment, j'insiste. Quand je vois d'une part que les stats progressent étrangement depuis septembre (je soupçonne que SLOA n'est pas étranger à ce phénomène, même si ce n'est pas SeriesLive mon plus grand fournisseur de téléphages, d'ailleurs merci Naka), et que d'autre part, ya des gens qui me disent par mail, "oh j'aurais bien aimé voir le pilote de telle série" sans s'être manifesté dans les commentaires du post qui faisait bien... j'en conclus que vous êtes de grands timides.

En même temps, ça s'explique. Le téléphage est, par essence, moins à l'aise que d'autres en société. C'est surtout parce que les gens, et c'est fatiguant, n'ont pas de télécommande, ce qui rend leur utilisation plus complexe que les interlocuteurs habituels du téléphage.
D'accord, j'exagère. On est des téléphages, pas forcément des geeks... quoique les deux se confondent de plus en plus souvent. M'enfin vous n'êtes pas très bavards.

Tenez, un exemple éloquent : vous savez que, pour SeriesLive On Air, on a eu un mal de chien à trouver une téléphage féminine qui parvienne à s'exprimer à l'oral sans difficulté ? Je ne sais pas pourquoi, mais la plupart des téléphages féminines préfèrent opérer à l'écrit. Ce sont de grandes timides. Et pourtant, quand on les voit s'exprimer, on sent qu'elles ont au moins autant de choses intelligentes à dire que leurs homologues membrés, mais rien à faire, elles restent gentillement dans leur coin. Je soupçonne le lectorat de ce blog d'être constitué à 95% de nanas ; je ne vous en veux pas les filles, mais après les gens vont croire que vous ne savez parler que gloss et Manolo Blahnik, et il ne faudra pas se plaindre.

Ah, j'ai un autre exemple de votre timidité. Depuis début septembre, l'une de mes visiteuses, l'une des plus régulières, d'ailleurs, a ouvert un blog téléphagique. Eh bah, même si elle a bien dû remarquer que je fais collection de liens téléphagiques vu la longueur de ma colonne de droite, elle n'a même pas osé en dire un mot... Il a fallu que je découvre cela avec presqu'un mois de retard ! Je ne dis pas qu'elle perd énormément au change et qu'elle passe à côté de milliards de visiteurs que j'aurais pu lui renvoyer, simplement, j'aurais dit un mot gentil avec plaisir, et je n'aurais pas raté un mois de posts !

Et je ne reviendrai pas, évidemment, sur le problème des commentaires. En moyenne 1 visiteur sur 50 poste un commentaire, dans ce bled. Alors oui, les concours de commentaires font grimper les stats, mais vous n'êtes tout de même pas plus d'une poignée à participer. Les autres ? Les autres ont peur que je les mange tous crus (enfin, je préfère penser que c'est ça le problème, et non une incapacité intellectuelle caractérisée).

En un mot : exprimez-vous ! Faut pas être timide, comme ça ! Ca ne fait qu'accréditer la thèse selon laquelle le téléphage est un être renfermé, un couch potatoe incapable de relations sociales, un alien inapte à l'interaction ! Stop aux préjugés ! C'est vrai, quoi, nous ne voulons pas être assimilés à des nolifes, non plus...!
Allez, sortez de votre coquille, je vous propose demain soir un nouveau jeu pour vous donner l'occasion de vous libérer de vos inhibitions, alors faites des étincelles ! Rendez-moi fière de vous...

8 octobre 2008

La mauvaise raison

Il y a plusieurs raisons pour arrêter de regarder une série.
Parce qu'on n'arrive plus à s'y intéresser. Parce qu'un acteur qu'on appréciait est parti. Parce que c'était devenu n'importe quoi. Parce qu'on a trouvé mieux. Parce que nos goûts ont changé.
Mais arrêter de suivre une série à cause d'un mec, c'est vraiment une mauvaise raison.

Je vous explique : dans un passé pas si lointain qu'il n'y parait, j'avais un mec. Je vous en parlais souvent dans le cadre de mes plans machiavéliques de contagion téléphagique, si vous vous souvenez. C'était un mec d'appartement, et on pouvait donc passer pas mal de temps à regarder des séries, et c'est aussi pour ça que je l'avais choisi à l'animalerie, d'ailleurs. Et puis, les choses ont commencé à dérailler : il y a certaines séries qu'on a mises entre parenthèses, parce que, bon, "pas ce soir chérie, j'ai mal à la tête" (du coup on s'envoyait en l'air, c'était très fatiguant). Et puis un jour, pour résumer, il a fini à la SPA (je crois que le prochain, je ne le prendrai qu'une fois qu'il aura été sevré), et je dois dire que les séries que j'avais laissées tomber à cause de lui, bah je les avais totalement oubliées... Je me suis trouvée à regarder d'autres choses, et ça se passait très bien.

Et puis comme vous le savez, en ce moment, j'ai des fringales (ça vaut mieux que les fraises). Alors j'ai envie de dévorer des séries par packs de douze, après tout c'est mon droit le plus strict n'est-ce pas ? Et soudain me revient à l'esprit le fait que, à une époque lointaine (une saison minimum), j'aimais ces séries, et je suis loin d'avoir tout vu !
Mais où avais-je la tête ? J'ai laissé tomber des séries géniales juste pour un mec ?!

Ô, Dieu de la Téléphagie, je ne suis pas digne, je suis insignifiante, c'est ma faute, c'est ma très grande faute, mériterai-je jamais Ton pardon ?! Les foudres divines vont s'abattre sur moi, ça c'est sûr ! Je suis condamnée, mes jours sont comptés, je suis vouée à la damnation éternelle, faite de rediffusions de Ma Famille d'abord, et de 712e saison de la Star Ac !

A moins que... il n'est peut-être pas trop tard. Peut-être que je peux encore m'amender. Trouver la rédemption.
Alors dans les semaines à venir, il se pourrait bien que je revienne à des séries que j'avais adorées et laissées de côté pour une mauvaise raison, comme Dexter,  Boston Justice, Mad Men, ou Heroes... euh, non, ptet pas Heroes. Faut pas pousser. Enfin on verra.

Et alors peut-être que je sauverai mon âme...

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6 octobre 2008

Long live the Quinzel

Est-ce que vous savez ce que c'est que ça ? Vous avez dix secondes.

BirdsofPrey_Unaired

Ceci, mes amis, ceci est un peu le truc que je cherchais depuis des mois et des mois. C'est Sherilyn juste après le fameux coup de pied retourné !!!

Car oui, le preair du pilote de Birds of Prey avec Sherilyn Fenn est mien !

Et je dis miam ! Alors d'accord, cette série est pathétiquement vide et creuse, qu'on y voie Mia Sara aussi bien que Sherilyn Fenn, mais elle gagne très largement en esthétique dans le second cas ! Sur le reste, non, cette série méritait son annulation, mais reste que dénicher cette version du pilote a été une sacrée joie. Merci au jeu de génériques pour m'avoir incitée à relancer une recherche ! D'ailleurs c'est tellement dommage qu'il n'y ait pas de générique dans cette version...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Birds of Prey de SeriesLive.

20 septembre 2008

Home is where the DVD is

Ces derniers jours, j'ai un peu bricolé par-ci par-là... Je vous propose donc quelques petites améliorations au niveau de ce blog. Rien d'extraordinairement bluffant, m'enfin, je pense que ça peut être utile. N'hésitez pas à me donner votre avis sur ces menus changements !

- J'ai refait le portrait à Grace Park : l'ancienne version de la bannière lui faisait un front un peu radioactif... la voilà donc ressemelée, un peu plus sombre et légèrement plus violette aussi, et surtout, j'ai gommé les poches sous les yeux, c'est ma marque de fabrique à moi, ça, voleuse !!! Du coup j'en ai profité pour faire une bannière un peu plus haute, parce que ça me plaisait plus comme ça, même si on ne peut pas cliquer sur le bas de l'image. On s'en fiche, dans le fond, pas vrai ? Je suis sûre que de toutes façons, instinctivement, vous cliquiez déjà soit sur "ladytelephagy", soit sur Grace.

- Le flacon à médicaments génériques ressemble enfin à quelque chose : parce que ces deux colonnes de 20 km de haut, ça m'était devenu insupportable. En plus la navigation n'était vraiment pas pratique là-dedans, on se sentait comme isolé du reste du blog, maintenant on a accès plus ou moins à la même chose que lorsqu'on se situe sur les posts, les liens en moins. Par contre, Linda Hamilton fait toujours sa Juliette sur son balcon, ça, ça ne bouge pas.

- Les médicaments sont moins durs à avaler : c'est encore un peu la loose, ces pages, m'enfin moins que ça ne l'était il y a quelques heures avant que je mette les mains dans le cambouis. C'est pas encore idéal mais au moins on a accès au calendrier et aux flux RSS, ainsi que... voir ci-dessous.

- Pages Violettes, vous cherchez, nous trouvons ! La page des archives étant ce qu'elle est, je l'ai transformée en outil de recherche super-performant : better, stronger, faster. Cette page Steve MacQueen vous permet donc de trier les posts par mois de publication, par catégorie, mais aussi par série ! Pas besoin de ces moteurs de recherche tous moches dans ces conditions, tout est sur place, en chronologique ou thématique. Et ceci grâce à...

- Tag beaux yeux tu sais : je m'y suis mise, bien que réticente au début. Les tags font donc leur arrivée sur ce blog. C'est bien simple : chaque fois que j'ai cité une série, elle est taggée. Le nuage de tags, bien qu'immensément laid, permet ainsi de retrouver facilement les posts mentionnant une même série, de voir celles avec lesquelles je vous rebats les oreilles régulièrement, tout ça tout ça. Vous trouverez le nuage de tags en bas de la page des archives. C'est moche, ça bouffe de la place, mais reconnaissons-le c'est quand même bien pratique !

Bon, soyons honnêtes, hein, il n'y a rien de révolutionnaire dans ces modifications, mais un peu d'entretien ça fait du bien.

16 septembre 2008

Le mardi c'est permis

Tiens, on est mardi. Voyons voir, ya pas un truc qui se passe, cette année, un mardi sur deux ? Attendez, ça va me revenir...
Mais c'est bien-sûr : un mardi soir sur deux, c'est podcast !

Au menu pour ce premier numéro de la saison : on va dire du mal de Fringe, peut-être un peu de bien aussi, parler des coups de pub de cette rentrée, et surtout, on va parler d'adolescence. Un sommaire plus précis est dispo sur le blog de l'émission, je vous rassure.

Comme vous le savez parce qu'on en a parlé récemment, l'adolescence à la télé, c'est un sujet qui me tient à cœur, alors je suis très contente qu'on ait abordé ce thème dans un débat, de surcroît dés l'ouverture de la saison.
J'avoue que j'ai du mal à comprendre que les ados (puisque je n'en suis plus une depuis plus de 10 ans) admettent qu'on les montre comme des personnes imbues d'elles-mêmes, superficielles et toutes abruties par les mêmes futilités. Je veux dire, oui, évidemment, c'est une part de cette période, mais la télévision ne devrait-elle pas, au moins de temps à autres disons, nous donner l'occasion de prendre du recul sur cette période, au lieu d'enfoncer des portes ouvertes et nous bercer d'images idéalisées de cette période ? A plus forte raison pendant que nous avons encore la tête dans le guidon ?

Vous le verrez, dans cet épisode, beaucoup d'exemples ont été cités de séries brossant un portrait un peu simple des adolescents. Je suis sûre que vous en trouverez d'autres par vous-mêmes, d'ailleurs. Il aurait aussi été sympathique, si nous en avions eu le temps, d'essayer de voir comment étaient dépeints les adolescents dans les séries qui ne leur étaient pas du tout adressées... mais, hm, ça existe encore, de telles séries ?

Et pour rester dans le domaine de l'adolescence, ne bougez pas, je vous ai prévu un merveilleux générique que vous pourrez regarder une fois que vous aurez terminé d'écouter l'émission de ce soir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de son : SeriesLiveOnAir_Purple_mini

16 septembre 2008

Télé guidée...

C'est dur à admettre, mais même avec tous les moyens qui sont à ma disposition et la ferme volonté de vouloir donner leur chance à un maximum de séries, nouvelles et moins récentes, j'arrive quand même à me débrouiller pour passer au travers d'un certain nombre d'entre elles. C'est d'autant plus énervant que depuis quatre ou cinq saisons, je m'attache à essayer de tout voir. Alors quand je m'aperçois que j'ai loupé une série sympathique de 2007, mon sang se met à bouillir de rage envers moi-même.
Je suis une téléphage acharnée, ça s'est vu ?

Ainsi donc, merci à Ben pour avoir attiré mon attention sur Miss/Guided, que vraiment, j'ai laissée passer entre les mailles du filet. Quand on pense que j'ai trouvé le moyen de perdre mon temps devant des East Bound and Down et consorts, ça me rend dingue...

En apparence, Miss/Guided n'est pas un show révolutionnaire. Pensée comme une comédie en single caméra prenant pour décor le lycée d'une petite ville tranquille, elle ne paie pas de mine. Son héroïne, Becky, est une petite blonde frêle, une sorte de Jennifer Finnigan en plus moche, mal assurée, nerveuse et un peu coincée pour couronner le tout. C'est vrai qu'en même temps, on partait de loin, puisqu'elle avait fait partie des vilains petits canards quand elle était elle-même lycéenne. Globalement il y a quand même eu du progrès. Bref, peu d'arguments sur le papier.
C'est parce qu'il ne faut pas se fier à ce qu'il y a sur le papier !

Le principal point fort de Miss/Guided, c'est son utilisation des apartés. Dans la plupart des séries (je pense par exemple à Once and Again ou, pour rester dans le registre des comédies, à Malcolm), ces apartés serviraient à donner la possibilité aux personnages de dire leur vérité, d'une certaine façon. Ici, ça sert surtout à leur permettre de se montrer tels qu'ils ne sont pas, à se mentir. Tout le monde se raconte des histoires, là-dedans ! Il y a Bruce, totalement imbu de sa personne, qui pense que c'est ce qui lui donne une sorte d'autorité naturelle... il y a le beau Tim qui pense qu'on lui a proposé le boulot de prof d'espagnol par choix alors qu'on avait proposé au type de la maintenance au préalable... et évidemment il y a Becky, notre blondinette héroîne, certaine d'avoir le contrôle total de son existence. Eh bien, pas vraiment, et le contraste entre ce qui se passe, et le discours des personnages, est absolument délicieux. C'est un peu comme s'ils étaient en représentation pendant ces apartés : au lieu de se confier, ils tentent de donner une image reluisante de leur existence ; un peu comme s'il s'agissait d'une interview pour un reportage.
La seule qui semble être la même dans les deux circonstances, c'est Lisa, la nouvelle prof bien carossée.

Becky fait un peu penser à Ally McBeal. En mieux. Sans rire ! Déjà, elle se nourrit, elle. Et ensuite, elle n'est pathétique qu'en apparence. On développe bien plus facilement de la tendresse pour elle que pour l'avocate rachitique. Elle est nerveuse et peu sûre d'elle, mais elle y travaille d'arrache-pied, tout en assumant sa différence. Elle se raconte peut-être des histoires sur sa vie d'adulte, mais dans le fond, elle sait très bien ce qu'elle veut et les progrès qu'elle a encore à accomplir.
C'est vers la fin du pilote que, grâce au personnage de Tim dont on pensait depuis le début qu'il n'était qu'une belle gueule inaccessible, on prend la mesure du charme de la blondinette. Toute gauche et fragile soit-elle... elle est, d'une certaine façon, totalement pure. Et vraie. Et honnête. Et positive.

D'une certaine façon, tout l'attrait de Becky réside justement dans le fait qu'elle ne voit pas ses propres qualités, mais qu'elle fait de gros efforts pour se perfectionner et se voir comme quelqu'un qui n'est pas dans l'échec. Elle ne se croit pas arrivée, mais elle espère voir le bout du tunnel. C'est ce qui la rend touchante, et ce qui fait qu'elle inspire une pointe d'admiration, même dans ses scènes les moins glorieuses.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines d'Une Maman Formidable, Reba et Une Nounou d'Enfer, eh bien on est en plein dans le sujet. Il y a d'autres séries que je pourrais citer aussi, comme Rude Awakening. Qu'on-elles en commun, ces séries qui comptent parmi mes préférées ? (en même temps je vous l'accorde, j'en ai au moins 25, des séries préférées, mais côté comédies elles sont dans le Top5 en tous cas).
D'abord, leur personnage central est une femme. La trentaine passée, voire même pour certaines, flirtant avec la quarantaine (ou 29 ans en années Fran). Dans mon cas, on ne peut donc pas tellement parler d'identification que de projection.
Chacune, du fait de son parcours, se trouve au début de la série à une étape charnière, découlant d'une à plusieurs échecs, et c'est aussi ça qui me plaît : des personnages marqués par leurs erreurs, se trouvant dans une situation où il faut aller de l'avant.

Prenez Fran : elle a perdu 3 ans de sa vie avec un mec médiocre parce qu'elle subissait l'influence de sa marieuse de mère. En choisissant de quitter son boulot avec Danny, et se lancer dans un nouveau job au sein d'un milieu social plus élevé, en cherchant à tout prix le grand amour, sans transiger sur son sindépendance ni sa personnalité, elle s'efforce de s'améliorer. Lorsque Danny revient lui demander de l'épouser, déjà, à la fin de la première saison, elle peut constater le chemin parcouru.
C'est encore plus évident pour Reba qui soit se remettre de son divorce et qui devient progressivement moins bornée, moins autoritaire, qui cesse de se focaliser sur l'échec de son mariage ou ses enfants, et commence une carrière... pour finir par devenir la meilleure amie de celle qui lui a ravi son mari !
Quant à Grace, l'ex-alcoolique qui cherche à s'accomplir même si être une mère célibataire n'est pas de tout repos, elle veut tout à la fois : la famille, le travail, les amis, les amours, la stimulation intellectuelle (elle se cultive, va pour la première fois à l'opéra...) ; elle est en quête d'elle-même et d'un équilibre.
Et puis, dois-je vraiment aborder une fois de plus le cas Billie ? La belle a une addiction à combattre, une mère castratrice dont se libérer, sa vie professionnelle et sentimentale à remettre sur des rails, et pour couronner le tout, elle est en lutte permanente avec cette facette d'elle-même qui couche à droite et à gauche, et multiplie les tentatives d'autodestruction...

En fait, le rire naît précisément de là : de ce que ces femmes vont faire pour s'améliorer elles-mêmes, et donc pour améliorer leur existence. Avec ce que ça comportera, inévitablement, sur la route, de maladresse, d'échec, d'épuisement. Ce qui est justement drôle c'est que même quand la situation directe est surréaliste, le personnage et ses aspirations sont bien ancrées dans le réel, légitimes, et humains.
La confrontation de ces deux éléments, dos a dos, fait que les dialogues et les quiproquos sont drôles. Les autres types de personnages de séries humoristiques, ceux de type toonesque, ne jouent pas du tout sur le même registre ; ici, clairement, les gags fonctionnent parce qu'on investit les personnages, parce qu'ils semblent vrais.
Du coup, ceux qui ne ressentiront pas d'atomes crochus avec Fran, Reba, Grace ou Billie ne sauront pas vraiment rire avec elles.

D'aucuns diront que c'est ma préférence pour les séries dramatiques qui parle finalement à travers ces arguments, et ils auront peut-être raison, après tout... Mais bon, chacun vit sa téléphagie comme il lui plaît !

Si je m'apprête effectivement à continuer à suivre les aventures de Becky (le cagoulage se fait en tous cas dans ce sens pour le moment) pour ces mêmes arguments que ceux qui m'ont séduite dans les séries sus-citées, je dois dire que l'investissement est moindre parce que je sais que la série est courte. Ca me retient un peu, je dois dire. Comment s'installer confortablement auprès d'un personnage si on sait qu'on devra le quitter avant de pouvoir juger de lui sur le long terme ?
J'avoue qu'une série dramatique courte (genre une saison ou moins), ça ne me dérange pas tellement, mais une série comique courte ? Je suis moins sûre.

Donc finalement, au lieu de remercier Ben pour cette découverte, je vais peut-être plutôt lui en vouloir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, attention attention, attachez vos ceintures : les fiches Une Nounou d'Enfer, Reba, Une Maman Formidable, Rude Awakening et, bien-sûr, Miss/Guided de SeriesLive.

8 septembre 2008

True et définitif

Cette fois ça y est. Je regarde ce soir le pilote de True Blood ; je vais persister, en dépit d'un preair tellement pitoyable que même moi je ne trouvais pas l'énergie de le vilipender frontalement et dans le détail.

Mais comme vous le voyez, je ne me laisse pas mettre K.O. si facilement ! Il me faudra bien plus que le jeu déplorable des acteurs, l'histoire sans queue ni tête ou encore la superficialité du propos pour me décourager ! Comme pas mal de monde l'a dit depuis la publication de ce preair, ça se trouve, on va être complètement bluffés, et tout aura été revu de fond en comble.
Seul bémol, Anna Paquin est toujours là. Prévoir des serviettes éponge, donc.

Je trouve, de surcroît, l'exercice de comparaison plutôt intéressant...
Je regrette par exemple de ne pas avoir la possibilité de comparer d'autres pilotes avec leur premier jet, celui considéré comme n'étant pas présentable. Imaginez : le brouillon de East Bound and Down ! Le brouillon du brouillon ! La version perfectible ! On doit atteindre les abysses de la consternation !!!
Ce serait une sacrée curiosité que d'essayer de voir avec quel angle la prod a pris le projet, et ce qu'elle entend par amélioration. Quelque part, voir la première version du pilote d'une bonne série, ce n'est pas vraiment stimulant, ce qui vaut vraiment la peine d'être étudié, c'est d'où on part pour qu'une série de prime abord médiocre, voire carrément désolante, soit considérée comme montrable et commercialement exploitable par ceux qui en choisissent l'orientation.

Ainsi donc, la marge de progression de True Blood est immmmmmense. Normalement, il devrait y avoir du mieux. Enfin, je présume...? C'est en tous cas ce que je vais m'attacher à vérifier.
Vous pensez si je vais me régaler ce soir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche True Blood de SeriesLive.

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