ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-08-10

Summer Session!

Si aux Etats-Unis, les sitcoms généralement vont dans la soirée à sitcoms, et les séries dramatiques dans la soirée à séries dramatiques, et ainsi de suite, au Japon, c'est loin d'être aussi systématique. Déjà que les chaînes font leurs grilles un peu n'importe comment (ex : du prime time, mais parfois que pour une seule chaîne, des séries complètement tous publics en 5e partie de soirée, etc...), mais en plus, il n'y a absolument aucune règle en matière de genre. C'est-à-dire que si la saison précédente, il y avait une série fantastique et humoristique (genre Kaibutsu-kun) qui avait bien marché, rien n'empêche de mettre un drame larmoyant la semaine suivante (Mioka dans notre exemple). Et c'est d'ailleurs pareil en Corée, mais bon, restons concentrés.
Une leçon que j'essaye de retenir depuis deux ou trois saisons, mais j'ai pas encore le réflexe.

Au printemps, le samedi soir sur TBS, il y avait Tumbling. Et moi (encore une fois ce maudit réflexe), je me suis dit "ouhlà ! HAMMER SESSION!, derrière, ça va pas être ma tasse de thé non plus". Il faut dire que la série n'avait pas grand'chose pour elle, car en-dehors de la présence de Mirai Shida (à qui j'ai décidé de ne pas tenir rigueur pour Shoukoujo Seira, mais que je ne l'y reprenne pas), le cast comme le pitch me laissaient de marbre. Dés qu'une série se passe dans un lycée, moi, je garde mes distances. Soyons sérieux un instant : les séries sur les années lycée, ça ne me captivait déjà pas quand j'y allais, alors c'est pas 10 ans après que ça va m'attirer.

SummerSession

Et puis quelle drôle d'idée, aussi, que de lancer une série sur les études en plein milieu de l'été ?
Ah, on dirait que c'est l'heure de la minute éducative. Au Japon, si la rentrée scolaire est en avril (en fait c'est la rentrée dans le domaine de la télé aussi, les nouvelles émissions débarquant souvent à cette période, et les habillages étant aussi souvent changés à ce moment-là), il y a effectivement des grandes vacances, qui occupent le mois d'août (donc oui, les grandes vacances tombent entre deux trimestres). Donc HAMMER SESSION!, qui a commencé début juillet, était condamnée à parler scolarité pendant le seul mois de l'année où, théoriquement, les ados japonais peuvent faire un break. D'accord, au Japon les cours d'été c'est autre chose que nos cahiers de vacances, mais c'est plus du soutien scolaire que des cours pur jus (enfin bon, on a dit une minute éducative, pas une heure).
Vraiment, drôle d'idée.

Et puis finalement, HAMMER SESSION!, qui hérite d'une case horaire peu alléchante et propose un pitch assez classique où un type qui n'a rien d'un prof conventionnel va s'avérer être un excellent pédagogue (dans la lignée des GTO et autres Gokusen, que j'avais jusque là soigneusement évités), se montre relativement divertissante sans être lobotomisante.
C'était quand même ma plus grande crainte.

Outre le charisme d'un Mokomichi Hayami complètement déchaîné (franchement, tous mes mauvais souvenirs de Zettai Kareshi sont dissipés), la révélation de ce pilote c'est Hideo Ishiguro, qui a vraiment l'étoffe d'un bon, et dont j'espère qu'on ne va pas le mettre de côté au profit des intrigues en stand-alone qui semblent se profiler. Son personnage d'ado tourmenté était impeccablement écrit mais surtout, impeccablement interprété. J'ai rarement vu un ado sonnant aussi juste dans une série nippone. A ce stade, seule Mirai Shida (qui paye encore l'échec de Shoukoujo Seira visiblement) est franchement peu à son avantage, voire sous-employée, ne servant qu'à souligner l'action de l'un ou de l'autre. Personnage mal écrit dont on voit mal comment il pourrait être bien interprété, du coup.

Le thème de la série est plus nuancé qu'il n'y parait, car il s'agit non pas de discipliner d'horribles petits cancres, mais de comprendre les problèmes actuels que peuvent rencontrer les adolescents, sans caricature ou très peu. Le happy slapping, personnellement, je n'avais encore entendu aucune série en parler (mais c'est très possible que je ne regarde pas celles qu'il faut, puisque je snobe les Experts et consorts depuis plusieurs années, alors que ça ferait probablement un bon sujet pour l'une de ces séries). C'est bien pensé. La relation de l'ado avec sa famille est plutôt réaliste, on est loin de la famille parfaite ou totalement dysfonctionnelle, le juste milieu est bien trouvé.
J'ai bien aimé aussi le fait que le principal soit au courant de l'identité du personnage dés le début. Ça évite les chassés-croisés, et ça pose une relation tout de suite très sympathique entre eux deux, même si à ce stade elle n'est pas tellement approfondie : entre eux, c'est une question de confiance. Ils se sont finalement bien cernés l'un l'autre. Certes, on sent que quelques axes répondent à un cahier des charges (les inévitables sidekicks, l'intrigue amoureuse avec la fille du proviseur...), mais si c'est le prix à payer pour une fiction pour ados solide sans être barbante, je suis ouverte au compromis.

Alors du coup, non, HAMMER SESSION! et Tumbling, pas du tout le même combat. C'est même dommage que la série ait des audiences si pourries, conduisant à l'annulation de la case horaire.
Voilà, comme ça au moins, je ne vais plus me laisser berner, j'ai bien appris ma leçon sur ces histoires de cases horaires.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche HAMMER SESSION! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:52 - Dorama Chick - Permalien [#]

26-08-09

Mieux vaut un petit chez soi...

Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?

Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

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1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

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Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)

Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

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Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

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14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

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Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)

Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.

Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

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At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)

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Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

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Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)

Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !

Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

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Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

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Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

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Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)

Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

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L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

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Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

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La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

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Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

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Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

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Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.

Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...

Posté par ladyteruki à 04:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

19-08-09

L'homme-concept idéal

Il y a des séries dont on sait d'avance qu'on n'y accrochera pas, parce que leur pitch est contraire à nos convictions. C'est un peu comme quand un communiste regarde The $treet, en fait. Alors quand je découvre une série intitulée "l'homme idéal", je fronce les sourcils et je me fais une raison : entre nous, ça ne va pas marcher.
Pour faire un pilote de Zettai Kareshi, il vous faudra une héroïne charmante mais malheureuse en amour, transformée en célibataire complètement aux abois (ce qui rejoint hélas ma complainte sur le célibat à la télévision), et devenue complètement par hasard (c'est toujours par hasard... bis) la cliente-pilote d'une étrange société qui lui promet de lui fournir le petit ami idéal, avec piles et batteries car c'est un robot. Donc forcément, ça laisse sceptique.

D'ailleurs quand on a vu Kimi wa Pet, ledit Zettai Kareshi a un sérieux goût de redite : un garçon bizarre fait son entrée dans la vie d'une célibataire qui doit cohabiter avec lui, ce qui va changer sa vie. Qui plus est, on retrouve aussi ici l'idée de l'homme soumis aux désidératas de la femme, sauf qu'au lieu de se prendre pour un toutou, le petit ami idéal peut se ranger dans sa boîte (il est aussi livré avec une fonction de mise en veille). Bah quoi ? C'est qu'un appareil d'électro-ménager après tout !
Les japonaises m'ont l'air d'avoir un sérieux contentieux à régler, si j'en crois ces séries...

ZettaiKareshi

De toutes façons, il est hyper mal pensé, ce produit. Pas près du tout pour une commercialisation à grande échelle. Notre robot est quand même du genre à lancer à Riiko, là, comme ça : "Eh, Riiko, je t'aime, si on faisait l'amour ?". Le module de psychologie féminine n'est clairement pas au point, hein... Sans compter que vu la finesse du programme, le sexe avec ce robot, ça doit méchamment manquer de préliminaires !
Notre robot n'ayant clairement pas lu le même magazine que Fred (ceux qui comprendront l'allusion comprendront pourquoi j'ai trop honte pour en dire plus), il n'a pas non plus compris que ce qui marche avec les filles, c'est de paraître inaccessible et, surtout, oh oui surtout, de ne pas être trop collant. Or là, le robot, c'est de la glue sur pattes, ce qui a pour prévisible effet de rendre sa propriétaire complètement dingue. Alors d'accord, si avoir un robot-namoureux à la maison, ça reste relativement utile pour rendre d'autres mecs jaloux (surtout si on a coché le physique "mannequin" dans le bon de commande), ou quand il y a un sprint à piquer en quinze secondes chrono et que ce sont les seules jambes bioniques à 20km à la ronde, le reste du temps, avouons-le, c'est carrément pas gagné. Surtout sur la japonaise typique qui n'est pas trop une grande fan de la promiscuité.

M'enfin je sais pas, moi, ça semble pourtant évident dés la première seconde : l'homme parfait a pour principale qualité de ne pas être parfait ! Ce sont ses défauts qui le rendent attirant, attachant, qui font qu'on le garde à la maison (et qu'on ne le fait pas dormir dans les waters...).
Ça semble tomber sous le sens, et c'est ce qui rend Zettai Kareshi assez longuet à regarder. Heureusement, la prestation plutôt bonne de son duo de tête d'affiche (et surtout le robot, duquel je m'attendais à une prestation plus banale) sauve un peu notre affaire, m'enfin si le pitch ne vous séduit pas, sachez qu'il n'y aura pas grand'chose pour récupérer le coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Zettai Kareshi de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Dorama Chick - Permalien [#]


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