ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

25-08-12

It's all just a little bit of history repeating

SemaineRusse

Imaginez, bon, je sais pas, moi : disons, une blogueuse spécialisée dans les séries de la planète, mais qui ne parlerait pas souvent de la Russie. C'est un tort, mais ça arrive. Bien. Maintenant imaginez que, par une regrettable coïncidence, cette même blogueuse ne soit pas vraiment portée sur les séries historiques...
Naturellement, c'est là une éventualité totalement hypothétique ; mais elle expliquerait plutôt bien pourquoi jusque là, vous avez très peu entendu parler dans ces colonnes (ou les quelques autres où il m'est arrivé de sévir) de séries historiques russes. C'est un tort que je m'apprête aujourd'hui à corriger alors que je vous ai concocté, pour l'avant-dernier jour de notre semaine russe (eh oui, déjà), une petite rétrospective de fond sur les rapports étroits que la télévision russe (et à plus forte raison, la télévision soviétique) entretient avec les livres d'Histoire.

Il faut commencer par préciser qu'en Russie, plus que dans la plupart des pays, le cinéma et la télévision ont toujours été très proches. Au lieu d'être le parent pauvre de l'audiovisuel, la télévision a rapidement bénéficié de moyens similaires à ceux consacrés jusqu'alors au grand écran... parce qu'elle était publique et parce qu'elle dépendait donc d'un gouvernement qui avait besoin d'imposer la parole officielle sur un très large territoire (et si possible jusque dans chaque salon).
En fait, lorsque la télévision commence à se développer en Russie, les premières fictions télé ne sont pas des séries produites selon les spécificités de ce medium ; à la place, ce sont des films de plusieurs heures, découpés en plusieurs tranches. Ecrits d'un seul tenant, ces téléfilms un peu à part ne prennent pas en compte, comme aujourd'hui, les propriétés d'un visionnage en plusieurs fois (avec la structure d'un épisode), mais constituent une grande fresque coupée brutalement au bout d'1h30, et pour laquelle il faut revenir à la même heure un autre soir pour reprendre le fil. Si sur le plan de l'écriture, la télévision doit donc tout au cinéma, c'est aussi le cas pour les budgets et pour tout un contigent de professionnels du cinéma qui ont été encouragés à travailler pour le petit écran.

Or, le cinéma russe est lui-même proche de la littérature russe, principalement classique ; une littérature nationale qui, comme chacun sait, est très riche.
Les adaptations de grands romans sont nombreuses, souvent couronnées de succès, et il y a un savoir-faire en la matière qui s'est peaufiné depuis les balbutiements du cinéma russes ; à l'instar d'Anna Karenine, adaptée sur grand écran en Russie sous la forme de film muet en 1911 et 1914, puis de façon plus bavarde en 1935 et 1953. La télévision n'a à cette époque pas encore de fresque à proposer sur les petits écrans, mais les spectateurs russes sont déjà bien habitués à voir ces grands classiques (pas forcément à la portée du premier lecteur venu) adaptés par des scénaristes et incarnés par des acteurs. Qui plus est, alors qu'il est si difficile, dans l'après-Guerre, pour les auteurs, de passer le cap de la censure, se tourner vers les classiques littéraires approuvés de longue date par le Gouvernement soviétique est une solution plus simple.

Alors quand la télévision se met à produire de véritable séries, il n'est que naturel qu'une bonne part d'entre elles soient également tournées vers le passé, non seulement en raison de l'idéologie politique du moment (je vous en touche un mot plus bas dans ce post), mais aussi parce que c'est ce que les films ont toujours fait.
Depuis lors, les liens qu'entretient la télévision avec l'Histoire russe ne se sont jamais vraiment distendus, et vous allez voir que les plus grands tournants de la fiction russe ont bien souvent été marqués par des period dramas.

Alors évidemment, il y a d'une part les adaptations de romans, et elles sont nombreuses, même encore aujourd'hui. Mais les sérries historiques ne se cantonnent pas à des adaptations, et c'est aussi, voire surtout, de ces séries historiques-là que je vous propose de parler aujourd'hui.

BednaiaNastya

Ce n'est, par exemple, pas vraiment une surprise si je vous dis que la toute première telenovela russe, Bednaia Nastya, est justement une série historique.
Là où copier purement et simplement les recettes des telenovelas sud-américaines modernes aurait pu suffire, la série est plutôt inspirée par le succès international de la telenovela brésilienne Escrava Isaura (première telenovela diffusée en Union Soviétique dans les années 70), au concept similaire : prendre un contexte historique propre à la romance, insérer une héroïne qui commence bien mal dans la vie, et lui faire rencontrer le prince charmant...
Située au 19e siècle, Bednaia Nastya est l'histoire d'une charmante créature, Anastasia, née de l'union pas franchement consacrée d'un Prince russe et d'une servante ; elle est confiée à la garde du Baron Korf, un ami de son père, qui l'élève en secret. Le fils de notre Baron, Vladimir, a donc grandi avec elle mais ne la voit pas vraiment d'un bon oeil dans la maisonnée. Arrivée à l'âge adulte (où évidemment elle est devenue une belle blonde d'une grande innocence ; c'est une telenovela), Nastya, c'est son surnom, va faire son entrée dans la haute société de Saint-Pétersbourg et découvrir les nombreuses turpitudes de la vie de l'élite, entre mensonges, trahisons, et même meurtre à l'occasion. Diffusée en 2004, la série s'impose vite comme un véritable phénomène ; elle est ensuite vendue dans de nombreux pays, dont la Chine.

Entre les costumes, les décors somptueux des intérieurs, les tournages extérieurs on location, et tout le reste, les 127 épisodes de Bednaia Nastya coûteront la bagatelle d'environ 11,8 millions de dollars, un record. Pas étonnant qu'en dépit du succès national comme international de la série, la chaîne STS ait hésité à investir dans une suite, bien que celle-ci avait été annoncée rapidement. Prématurément sans doute.

Pour la "petite histoire" (si vous me pardonnez ce jeu de mots), Bednaia Nastya sera également la première série produite par la société Amedia. Amedia, mais si, vous connaissez ! C'est la même boîte de production qui a ensuite produit les immenses séries à succès Maia Prekrasnaia Niania, ou Zakrytaia Shkola... et qui est également en partenariat avec HBO pour installer la chaîne en Russie.

Ce premier succès ouvrira la voie à plusieurs autres ; la seconde telenovela russe, Adioutanty Lioubvi, sera située dans un contexte similaire, dans laquelle un couple qui s'aime est séparé par une mère ambitieuse, qui marie sa fille à un Comte, tandis que l'homme qu'elle aime s'enrôle au service du tsar....
Des séries comme Bednaia Nastya renvoient une image idéalisée du passé, bien-sûr : on y verse plutôt dans la crinoline, et pas trop dans l'interrogation sociale sur ce que c'était que de vivre sous le règne des tsars, par exemple. Parfaites héritières d'Anna Karenine (qui est, ironiquement, l'un des rares grands romans russes à n'avoir pas été adapté pour la télévision dans son pays natal), de nombreuses séries russes romantiques s'inspirent des tourments sentimentaux, des intrigues des puissants, ou des drames humains.
La reconstitution est là pour sublimer ces histoires, les placer dans un contexte qui fait rêver, et qui en appelle à une certaine nostalgie. Mais ce n'est pas le seul type de séries historiques qui passionne la Russie.

Krepost

Une conséquence de la passion de la télévision russe pour l'Histoire, c'est que la télévision (comme le cinéma, d'ailleurs) propose de très, très nombreuses séries de guerre ; et le phénomène n'est pas récent, loin de là. Il faut dire que l'Histoire russe regorge de batailles, de conquêtes et de guerres civiles propres à alimenter à l'envi ce courant, et que c'est en plus l'occasion de glisser un peu de patriotisme dans une série.

Krepost, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler à l'occasion des TEFI 2011, remplit parfaitement tous les offices d'une série de guerre. La mini-série, qui est en fait une version re-montée et prolongée du film Brestkaia Krepost, s'attarde sur le siège de la forteresse de Brest, qui a duré une semaine en 1941. Krepost s'ouvre sur deux éléments narratifs plutôt classiques, mais efficaces : des images d'archives (qui reviendront ponctuellement au cours de la série), d'abord, et surtout, un survivant de la prise de la forteresse qui raconte à son petit-fils ce qu'il a vécu pendant la bataille, à l'occasion d'une visite du memorial aujourd'hui situé dans les murs de la forteresse (et accessoirement, la direction du musée a participé à la vérification de la véracité des faits historiques égrennés dans la série).
A la suite de cette introduction, le pilote nous propose le traditionnel avant/après : la vie au fort, lequel fonctionne comme une petite ville de garnison pour l'instant assez peu concernée par la guerre, et qui prospère dans l'insouciance ; puis, avec l'arrivée de l'armée allemande, la bataille elle-même. Si l'on ne trouve dans ces ingrédients que rien de très classique, en revanche il faut admettre que la réalisation est plus que solide, et efficace en diable. Brestkaia Krepost est un film ambitieux dont on sent qu'il a bénéficié d'un budget conséquent.

Même quand on sait comment ça finit, ce qui est le propre d'une fiction sur une bataille historique, impossible de ne pas se tordre d'inquiétude pour les personnages et notamment Sacha, jeune héros de Krepost. Loin de présenter les Russes en vainqueurs évidents (phénomène auquel on peut, par exemple, assister dans la très patriotique Band of Brothers, où en dépit des pertes et des souffrances il ne fait aucun doute dés le départ que la Easy Company est faite de héros), Krepost s'attache à d'abord penser à l'armée russe comme à des victimes innocentes, puis à des underdogs. C'est quelque chose que la série accomplit notamment grâce à sa figure centrale, Sacha, un cadet qui n'a même pas encore atteint l'âge d'avoir du poil au menton, et qui porte sur l'assaut de la forteresse un regard perdu et dévasté... mais qui va bien être obligé de participer à la bataille, et ainsi devenir un héros, bien que malgré lui.
La technique est éprouvée, et elle fonctionne, à plus forte raison parce qu'Alexandr Kott, le réalisateur, a l'oeil pour saisir aussi bien des images très tendres que les pires horreurs. C'est d'ailleurs un goût pour le drame qui est très russe, qui provient, là encore, de la littérature classique.

On dit que l'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Mais on n'est même pas obligés de décrire une période où l'on est vraiment le vainqueur pour faire une série à la gloire de la nation... et quoi de mieux pour (ré)écrire l'Histoire que d'utiliser la fiction ? C'est après tout une méthode de propagande qui a fait depuis longtemps ses preuves. Par exemple, vous vous rappelez sans doute qu'on a déjà évoqué Vyzyvaem Ogon na Sebya, qui était à la fois la première série diffusée à la télévision soviétique, et un hymne à la gloire des actions de Résistance d'une jeune femme qui monte une cellule afin de saboter l'aviation de l'occupant allemand...

Le plus fort, c'est qu'il n'est pas non plus nécessaire, pour une série de guerre, de montrer à l'écran des images de bataille au front. Par exemple, la mini-série Kursanty s'intéresse à 5 cadets recrutés par une école d'artillerie en 1942, et suit leur préparation de trois mois avant de partir pour la bataille de Stalingrad... qu'on ne verra donc pas.
A la place, la série s'intéresse à la notion de "chair à canon" : ayant inconsciemment intégré le fait qu'ils ont de grandes chances de ne jamais revenir, nos héros vont donc vivre au maximum leurs derniers mois de liberté. A noter que des DVD de cette série sont apparemment sortis aux USA, sous le titre The Cadets, et avec sous-titres donc. Je vous tiens au courant dés que j'ai mis la main dessus, on en reparlera si le coeur vous en dit.

PiotrPerviyZavieschanie

L'autre grande répercussion de la passion russe pour l'Histoire sur petit ou grand écran, c'est le nombre de biopics proposés chaque année aux spectateurs, et à plus forte raison, des biopics de personnalités politiques.
C'est sans doute ce qui pose le plus de questions, à l'heure où la parole officielle est encore très voire trop présente dans les médias russes.

On l'a dit, se tourner vers un passé lointain est une solution régulièrement adoptée par la télévision russe. On peut à titre d'exemple citer Piotr Perviy. Zavieschanie (ci-dessus), un biopic sur Pierre Ier, alias Pierre le Grand, diffusé par Rossiya 1 au printemps 2011. Comme son titre l'annonce (zaviet signifie "le testament"), la mini-série retrace les dernières années de son règne : sentant la fin proche, le tsar tente de construire sa légende, mais aussi de préparer sa succession. Délaissé par ses compagnons les plus fidèles qui commencent à préparer leur reconversion auprès du futur monarque, il ne trouve de loyauté qu'auprès d'une belle jeune femme qu'il n'aura pas le temps d'épouser avant sa mort, en 1725. La série a coûté plus de 2,7 millions de dollars... pour moins de 4h de programme !

Mais évidemment, les séries historiques russes peuvent aussi se prendre de passion pour une Histoire plus récente, et notamment le 20e siècle, qui a donné énormément de personnalités historiques d'importance, à plus forte raison quand on a un message politique à faire passer. Ainsi, Deviat Jiznei Nestora Makhno est l'adaptation d'une biographie de Nestor Makhno, une figure de l'insurrection ukrainienne, en 1918, par exemple ; d'une façon générale, un nombre important de séries s'intéresse aux deux Guerres mondiales, plus rarement à l'entre-deux guerres.

La Guerre Froide a également fourni autant sinon plus de sujets à la télévision russe, qu'à la télévision américaine, comme par exemple la série d'action KGB v Smokingie, une série d'espionnage de 2005 située dans les années 70, dans laquelle une employée du KGB est envoyée en mission, intervenant sur des opérations du Mossad ou de la CIA. La série dure pendant une saison de 16 épisodes sur la chaîne REN.

Car naturellement, inutile de s'attacher à prendre pour héros une personne ayant réellement existé : il suffit d'inventer une fiction dans laquelle le héros croisera de grandes figures de l'Histoire, ou assistera à des évènements importants. On peut par exemple (mais cette liste, vous le devinez, n'aura vraiment rien d'exhaustif) mentionner Ruskiy Perevod, une mini-série en 8 épisodes diffusée en 2007, dans laquelle un jeune étudiant en langues orientales devient un interprète pour le ministère de la Défense, et est envoyé au Yémen. Couvrant la période de 1984 à 1991, la série plonge son héros dans le Yémen marxiste alors en pleine tentative de réunification, avant de l'envoyer en Libye.

Et puis, pour finir, la série historique, c'est un fait universel, se mêle facilement à certains genres, et c'est quand même bien pratique... surtout quand ces genres sont le policier, le judiciaire, et assimilés ! Ainsi, Jizn i Prikliouchenia Mishki Yaponchika (photo ci-dessous), dont les 12 premiers épisodes ont été diffusés fin 2011, qui s'intéresse à une sorte de Robin des Bois sévissant à Odessa en 1917. Plus qu'un gangster, un gentleman, Mishka Yaponchik a vraiment existé, et faisait de ses braquages et cambriolages de véritables performances d'artiste, avec des scénarios complexes. Il a règné pendant 3 années sur Odessa avant que l'Armée rouge ne s'empare de la ville et qu'il ne devienne révolutionnaire.

JizniPriklioucheniaMishkiYaponchika

On pourrait continuer longtemps à lancer des exemples, évidemment. Comme je le disais, l'Histoire russe est abondante, et tout aussi abondamment documentée par de nombreux romanciers, biographes et historiens.

Pour nous, spectateurs occidentaux qui avons grandi avec des fictions françaises, britanniques ou américaines, les différentes séries historiques russes revêtent d'ailleurs un intérêt supplémentaire : nous avons rarement eu l'opportunité d'adopter, même temporairement, le point de vue russe sur de nombreux évènements de l'Histoire, des campagnes de Napoléon à la Guerre Froide, en passant par la Seconde Guerre Mondiale.
Les rares occasions se sont généralement présentées à nous via des fictions occidentales, ou, plus rarement, des co-productions avec la Russie. En 2007, c'était le cas de War & Peace, adaptation de l'incontournable roman éponyme de Tolstoi, et résultant d'un partenariat franco-italo-allemand. Les 4 épisodes ont apparemment été diffusés sur France 2. Mais c'est plus l'exception que la règle, et les Russes sont, finalement, un de ces nombreux peuples dont nous connaissons mal l'Histoire.

Espérons qu'avec le temps (et peut-être un petit peu cet article ?), il sera plus facile d'accéder aux très nombreuses séries historiques produites chaque année par la Russie... j'espère en tous cas que cette balade vous aura plu.
On se retrouve demain pour la dernière journée de notre semaine russe, ne manquez cela sous aucun prétexte !

Posté par ladyteruki à 19:26 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-08-12

Destination Russie

SemaineRusse

Il y a des pays qui, pour la téléphage curieuse que je suis, sont étrangement faciles d'accès. Tenez : je ne parle pas un mot d'espagnol, mais rien n'est plus facile que de savoir ce qui se passe sur les télévisions de nos voisins du Sud. Vous allez me dire : il y a la question de la proximité géographique ; admettons que ce soit le cas. Comment expliquer alors que ce ne soit pas le cas de l'Italie, qui me reste encore bien mystérieuse, de façon générale, en termes de fonctionnement, de grilles, comme de séries elles-mêmes ?
Parfois je m'aperçois que je n'ai rien lu sur un pays pendant des mois, et je me dis que ce n'est pas normal que je sois capable de lister avec précision les séries australiennes ou japonaises actuellement à l'antenne, mais que je ne sois pas au fait d'un seul évènement télévisuel au Maroc ou au Vénézuéla.
Ou en Russie.

Les raisons qui font que tous les pays ne sont pas égaux sont multiples, et ne sont pas nécessairement à mettre au compte de la barrière linguistique.
Mais ce problème est réel et l'accès aux séries russes est, déjà, au départ, limité par la rareté des sous-titres anglophones ou francophones.

Il y a d'abord, ne nous mentons pas, une part d'inclination personnelle : la [mauvaise] réputation des séries russes n'est pas toujours usurpée, et quelques mauvaises expériences ont tôt fait de sceller le destin téléphagique de quelques contrées dans nos esprits. Lorsque j'avais entamé mon tour du monde, pendant l'été 2010, à raison d'un pays par semaine, il y avait eu énormément de bonnes surprises... et quelques rares exceptions franchement négatives. La Russie en avait fait partie. Il m'est très difficile d'encourager qui que ce soit à se lancer dans les productions de ce pays, quand moi-même, souffrant pourtant moins de la barrière de la langue qu'avec, disons, l'hébreu ou le portugais, j'y vais à reculons.

Et puis il y a un véritable problème de sources. A l'instar de nombreux pays de langue arabe, par exemple, la Russie garde jalousement ses trésors pour elle. Là où on lit régulièrement des annonces de co-productions internationales, de mises sur le marché de nouveaux formats, ou tout simplement de communiqués sur une nouvelle production, la télévision russe reste énormement dans son entre-soi, et permet assez peu aux intervenants extérieurs de trouver une porte d'entrée, au moins pour se renseigner, si ce n'est pour tenter de la regarder. La seule solution qui existe à l'heure actuelle est de taper, un peu au pif, dans les très, très nombreux sites et forums de cagoulage russes, qui permettent d'accéder de façon brute à des épisodes très facilement. Le problème c'est que, même quand on réussit à éviter les liens, majoritaires, qui concernent la télévision américaine, on ne tombe pas forcément sur des séries d'une folle qualité, et les chances de tomber sur un remake sont élevées (on a d'ailleurs pu en évoquer de nouveaux il y a quelques jours dans notre dernier world tour en date). Et surtout, pour se renseigner en amont sur la mise en chantier de ces séries, sur leur renouvellement, ou plus simplement sur la façon dont les chaînes fonctionnent, c'est encore la galère.

Ca changera peut-être. On vit une époque où les marchés télévisuels vont vers la perméabilité, après tout... Mais pour l'instant, en-dehors des sites de téléchargement ou de ceux qui parlent uniquement de télévision américaine (un grand fléau quand on cherche des sites étrangers sur les séries, soit dit en passant), pas facile-facile.

En bref, tout cela renvoie de la télévision russe une image assez peu reluisante. Entre les remakes un peu pourris, les séries faciles à dénicher mais n'appartenant pas forcément au haut du panier, et le mutisme général de la télévision russe, il n'est pas facile d'en saisir ni les bons côtés, ni tout simplement la réalité, dans une vue d'ensemble.

Alors cette semaine, vous et moi, on va essayer d'avancer un peu sur le sujet. Je vous invite à une semaine entière consacrée à la télévision russe, à compter d'aujourd'hui ! Je suis sûre qu'on va découvrir plein de choses, tous ensemble, qu'on va apprendre des informations précieuses sur les séries russes, et qu'on va s'ouvrir un peu plus à la possibilité que tout n'y est pas nécessairement peu reluisant.

Pour être tout-à-fait honnête, les mêmes raisons qui m'ont poussée à lancer cette semaine russe sont les raisons qui m'ont fait la redouter. Pour moi c'est un mini-challenge, l'air de rien, parce que je n'étais pas sûre d'avoir quelque chose à en dire pendant 7 jours.
Et puis j'ai commencé à y réfléchir en mettant mes a priori de côté, et j'ai réalisé que j'en avais beaucoup. Cela a confirmé l'utilité de passer cette semaine téléphagique en Russie !

Tenez, j'ai l'impression de ne rien avoir vu de la télévision russe, mais c'est faux !
Rien qu'à l'occasion de mon premier post sur la Russie, en 2010, j'avais déjà testé plusieurs pilotes ! Et depuis, j'en ai vu quelques autres encore, et il m'est même arrivé d'en parler ici. Pourquoi suis-je si négative ?

Par exemple, j'ai déjà pu évoquer (je le vois à mes tags) la série Shkola. Cette série, dont le titre se traduit tout simplement par "école", est tournée à la façon d'un faux-documentaire dans un lycée (spectateurs de M6, vous avez assisté à quelque chose de similaire avec Le Lycée), mais elle dépeint une réalité qui, pour de nombreuses associations religieuses ou de parents, était exagérée, voire outrageuse.
Le comportement de certains personnages été l'objet de nombreuses réactions, notamment sur le plan de la violence décrite, et pire encore, la promiscuité sexuelle dépeinte dans la série relevait du scandaleux. A la télévision russe, pour autant que je sache, on n'avais jamais montré des adolescents comme ça, et on ne leur avait pas parlé comme ça non plus. Pas sûre que depuis on l'ait refait, d'ailleurs.
D'une durée de seulement une saison (sa créatrice et réalisatrice estimant que tout avait été dit), Shkola parvient pourtant, à plus forte raison pour le téléphage français, à saisir quelque chose d'universel et de tangible sur la réalité de l'adolescence et ses recherches d'excès, loin de l'univers romancé qui est dépeint de dans nombreuses séries que nous connaissons, toutes origines confondues.
Il y a pourtant, en dépit de la bonne distribution de Shkola (le cast est ici, comme souvent dans ce genre d'expérimentations, primordial), quelques séquences du pilote qui rappellent plutôt les travers de la télé réalité ; vous pouvez d'ailleurs voir par vous-mêmes, dans les deux bande-annonces ci-dessous, que tous les personnages ne sont pas égaux devant l'intention de réalisme qu'avance la série.
Mais en dépit de sa forme un peu brute, Shkola parvient, sans peine, à se hisser au niveau des productions adolescentes qui méritent le coup d'oeil. Accessoirement, la seconde bande-annonce devrait aussi vous rappeler quelque chose de la série estonienne Klass: Elu Pärast qu'on a déjà pu évoquer.

C'est la preuve que la Russie peut dont produire des séries adolescentes qui ne sont pas toutes dans la même veine que Zakrytaia Shkola, adaptation russe de la série espagnole El Internado, et qui remporte un fort succès actuellement. Lancée en avril 2011, la version russe en est aujourd'hui à sa 4e saison sur STS ! Mais évidemment, ce ne sont ni les mêmes recettes, ni le même objectif... et là on retombe dans les clichés habituels.

C'est du côté des comédies, on l'a déjà évoqué à plusieurs reprises, que se trouve probablement l'un des plus gros boulets de la télévision russe : Maia Prekrasnaia Niania, Kak ia Vstretil Vashu Mamu et autres Svetofor, toutes déjà évoquées dans ces colonnes (il suffit de suivre les tags), sont quelques adaptations parmi tant d'autres qui nous rappellent que depuis un peu moins d'une décennie, la Russie s'est découvert une vocation de papier-calque.
Pourtant, des séries inédites comme Vosmidesiatye , au pilote duquel j'avais consacré tout un post plus tôt cette année, ou Interny, sont aussi là pour nous rappeler que la créativité n'est pas tout-à-fait morte du côté des comédies russes, même si elle semble parfois vivre sous respirateur.
De toute évidence, Interny est inspirée par Scrubs, mais elle n'en est pas une adaptation littérale, loin de là. Au lieu de prendre pour héros l'un des internes, la série s'est visiblement enthousiasmée pour le personnage le plus cynique du lot (son Dr Cox s'appelle le Dr Bykov), prenant un malin plaisir à le voir torturer les 4 internes qu'il compte dans son service. Les gags sont parfois un peu moins subtils (l'avantage c'est que même avec mon russe au rabais, je les comprends !) mais le pilote dégage sa propre énergie. Peut-être qu'Interny est aussi, sans forcément le savoir, une lointaine cousine de Childrens Hospital, finalement. Qui plus est, avec cette série, la chaîne TNT a fait l'effort, statistiquement et surtout qualitativement rare à la télévision russe, de commander une comédie en single camera, et rien que cette initiative mérite le coup d'oeil, tant le procédé reste mal maîtrisé en général (il suffit pour s'en convaincre d'avoir jeté un oeil à la série douannière Pristavy).

On en parle peu, y compris ici, mais la Russie a aussi un contingent impressionant de soaps et telenovelas, comme Obroutchalnoie Kolcho, ou Serdce Marii.
De la première, je vous ai déjà brièvement parlé à l'occasion des TEFI, mais de Serdce Marii, encore jamais apparemment. Diffusée à l'automne 2011, la série commence par nous montrer deux femmes : l'une, Anna, souffre terriblement de ce qu'on prendra être une crise cardiaque, l'autre, Marie, vient d'avoir un accident. Chacune est accompagnée par son mari à l'hôpital et, curieusement, on ne saisit pas immédiatement le lien qui sera fait entre les deux, alors que c'est aussi évident que la trame scénaristique d'un scénario de Lifetime. Le pilote va ainsi assister sur les douleurs de la première, et l'inquiétude de son entourage. Tandis que la seconde, dont le pronostic vital est engagé, sera finalement à l'écran de manière uniquement détournée. En effet, pendant qu'il s'inquiète, son mari Matvei se perd dans leurs souvenirs communs... mais quand la deuxième femme décède, devinez à qui va son coeur ?
En dépit des clichés que cela représente, Serdce Marii (littéralement, "le coeur de Marie", mais c'est aussi une référence biblique) parvient, avec son premier épisode, à tout de suite dépeindre de façon très tendre la relation qu'a Matvei avec Marie ; cette dernière est un personnage d'un grand naturel (en particulier sachant qu'on est dans une telenovela) qui respire la joie de vivre, expansif et drôle. Anna, de son côté, sans doute de par la maladie un peu aussi, est un peu plus discrète, son petit visage masquant une souffrance dont elle semble s'excuser... Evidemment, la greffe de coeur aura un sens très symbolique : comme souvent dans les fictions parlant de ce sujet, on aime suggérer que l'organe est porteur de tout ou partie de la personnalité du défunt. Et tandis qu'Anna s'éloigne de celui qui l'aime et qui l'a accompagnée dans ses heures les plus difficiles, elle tombe progressivement amoureuse de Mavei, rencontré par hasard, et voit son propre comportement changer. Mais est-ce la greffe, ou le greffon, qui en est la cause ?
Le plus surprenant, c'est probablement de constater le soin apporté, côté réalisation, casting, et production values en général, à une telenovela telle que Serdce Marii. C'est, contre toute attente, le genre de fiction qui fait envie quand il s'agit de fiction russe, parce que cela se rapproche assez près de nos standards, à nous qui sommes habitués aux séries américaines, notamment. Quoi qu'on pense du sujet, Serdce Marii a les qualités d'une production solide.

Et puis, pour finir, il y a déjà eu des surprises moins conventionnelles, comme la série russe de la franchise Law & Order, intitulée Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany, supervisée à son lancement par nul autre que Dick Wolf ; ou plus atypique encore, la série Tcherkizona. Des séries uniques en leur genre sur le territoire russe. On abordera l'une et l'autre au cours de cette semaine, d'ailleurs, avec quelques autres, à l'instar de Nebesniy Soud.

Des séries que j'ai (parfois) évoquées, mais rarement approfondies dans ces colonnes. Une erreur qui sera partiellement réparée cette semaine, même si on n'aura pas le temps de parler de tout le monde. Voyez : finalement, cette semaine russe va à peine suffire !
Maintenant vous comprenez mieux pourquoi pendant ces 7 jours, je vous emmène avec moi, il y a beaucoup à faire. Et j'en suis sûre : on va certainement avoir des surprises !

Posté par ladyteruki à 17:28 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-08-12

lady's world tour - Escale n°13

WorldTour-600

Après plusieurs interminables mois (ah bon ? quelques semaines seulement ? si vous le dites...) de déconnexion, il faut bien avouer que j'avais un peu perdu de vue l'actualité des séries de la planète, à plus forte raison parce que juste avant d'être déconnectée, je venais de commencer un boulot très prenant et que, euh, enfin chuis pas là pour raconter ma vie, quoi. Bref. Donc ça faisait des lustres.
Du coup, je vous avoue que je suis un peu à la ramasse du côté de l'actu téléphagique mondiale de cet été, et je me suis dit que mes lectures de rattrapage vous profiteraient autant qu'à moi ; vous me connaissez, je suis partageuse.

Voici donc, alors que ces histoires de connexion ne devraient plus trop durer, une sorte de mega world tour, où je vais tenter de me remettre à jour, et vous aussi par la même occasion. Inutile de dire que l'exhaustivité est impossible, depuis le temps (à plus forte raison parce que je n'ai pas les outils pour préparer le post que j'espérais rédiger pour le Ramadan cette année ; oui, j'ai rédigé ce post récapitulatif au boulot, même pas honte), mais on va essayer de s'en approcher au plus près ! A contrario, il se peut que certaines de ces informations ne soient pas inédites pour vous qui aviez accès à internet pendant tout ce temps : dans le doute, je me suis dit qu'il valait mieux trop que pas assez.
Mais du coup, hm, autant vous prévenir : ce post pourrait bien être copieux. Alors assurez-vous d'avoir de quoi vous hydrater à portée de main, ça m'ennuierait que vous me fassiez un malaise en pleine lecture. Surtout que ce serait dommage de louper la fin.
Note : dans un souci d'équité, les pays sont exceptionnellement triés par ordre alphabétique.

Intersexions

- AFRIQUE DU SUD :

* M-Net a décidé de ne pas renouveler l'un de ses plus récents soapies, The Wild. La série n'aura donc pas de troisième saison, mais cela ne signifie pas qu'elle disparaitra immédiatement des écrans : sa seconde saison doit s'achever en mars 2013 ! Contrairement à beaucoup de soaps tournés en studio, les prises de vues de The Wild étaient faites sur le terrain, pour cette série se déroulant dans un complexe hôtelier situé en pleine nature, où se croisaient trois familles aux relations peu amicales mais obligées de se côtoyer pour le bien de l'établissement. Du coup, The Wild était un peu chère à produire, surtout quand on sait que chaque saison durait une année pleine ; l'investissement était un peu trop copieux pour M-Net au regard des audiences certes stables, mais trop faibles. Un problème que M-Net avait tenté de contourner : à l'origine, la série était diffusée à 18h sur M-Net ainsi que sur le satellite (chaîne M-Net HD), mais dans l'espoir de capter l'attention de plus de monde, la diffusion de The Wild sur le satellite avait été décalée d'une heure. Hélas toujours sans effet. Finalement, un évènement totalement indépendant a poussé la chaîne à prendre sa décision en plein milieu du mois d'août (4 mois seulement après le lancement de cette nouvelle saison), quand elle a appris que le terrain sur lequel la série est tournée allait subir des réaménagements. La chaîne s'est donc saisie de cette nouvelle tuile pour arrêter les frais.
* Il vous souvient peut-être d'Intersexions, cette série anthologique lancée en 2010 par la chaîne publique SABC1, qui mettait en scène une chaîne de personnages qui se trouvaient confrontés de diverses façons avec le virus du SIDA ; Intersexions était en partie subventionnée par l'institut John Hopkins South Africa, afin d'attirer l'attention sur les problèmes liés au SIDA ("it's not who you sleep with, it's who they've slept with" était son slogan). Encensée tant pour sa mise en images que son propos, la série avait en plus été un succès d'audience (les rediffusions attirant autant de spectateurs que les inédits), et avait également récolté plusieurs récompenses. Annoncée en novembre dernier, la seconde saison met pourtant un peu de temps à se mettre en place. Il faut dire que la production a décidé de tirer partie de l'enthousiasme du public pour poursuivre sa mission de prévention, et avait du coup demandé aux spectateurs d'envoyer leurs propres anecdotes (quelques coffrets DVD étaient à la clé). Etape suivante : la production d'Intersexions a tenu samedi dernier de gigantesques auditions afin de trouver les interprètes des personnages du nouveau volet de l'anthologie. L'idée est d'essayer de préserver l'esprit d'authenticité qui a fait le succès initial de cette série pas comme les autres... Intersexions va donc encore mettre un peu de temps à revenir sur les écrans de SABC, mais ça devrait en valoir la peine.

AddaFriend

- ALLEMAGNE :

* Devinez qui nous prépare un remake ? Eh bien pas la Russie, pour une fois, mais l'Allemagne, où RTL a décidé de lancer une adaptation de la série espagnole El Internado. Il s'agit donc, après L'Internat et Zakrytaia Shkola, de la troisième adaptation de la série fantastique adolescente, qui devrait porter le titre assez transparent de Internat.
* On a appris voilà en début de semaine le décès de l'actrice Silvia Seidel à l'âge de 42 ans. En 1987, à l'âge de 17 ans à peine, elle avait marqué les mémoires dans une série diffusée à Noël, Anna, dont le succès avait été foudroyant, attirant plus de 12 millions de spectateurs lors de la diffusion de ses 6 épisodes.Un film sorti en salles lui a également donné suite l'année suivante. S'intéressant à la carrière professionnelle d'une jeune danseuse ainsi qu'à sa vie personnelle, Anna avait suscité un tel enthousiasme qu'on la disait responsable du boom des cours de danse à la fin des années 80. Les causes du décès de l'actrice ne sont pas connues, mais le suicide n'est pas exclu. Ces dernières années, Silvia Seidel était cantonnée aux apparitions en guest dans quelques films et séries, dont les procedurals SOKO Leipzig ou Die Rosenheim-Cops.
* La rentrée, ça se passe aussi en Allemagne, et voici quelques unes des séries policières qui reviennent pour une nouvelle saison à l'automne : Alerte Cobra (saison 17 - 6 septembre), Hubert & Staller (saison 2 - 19 septembre), Notruf Hafenkante (saison 7 - 20 septembre), Flemming (saison 2 - 14 septembre), München 7 (saison 4 - 12 octobre)... M'est avis que l'Allemagne devrait fort bien réussir à se remettre de l'annulation d'une série de la franchise Les Experts !
* Pour finir, vous noterez que le Pilot Watch de la colonne de droite s'est enrichi de plusieurs nouvelles séries allemandes de la rentrée, dont la première série originale de TNT Serie, intitulée Add a Friend, dans laquelle un homme qui a un simple accident de voiture qui le bloque à l'hôpital se lie d'amitié avec plusieurs personnes via internet, y compris sa petite amie du lycée qu'il retrouve par hasard, et ces personnes finissent par devenir ses amis et conseillers au quotidien ; 10 épisodes sont prévus au total.

Ezel

- ARMENIE :

* Je ne vous apprends rien en disant que la Turquie et l'Arménie ne sont pas en super bons termes... voici pour le prouver une anecdote un peu triste qui montre que les séries posent parfois encore des problèmes diplomatiques entre ces deux pays. Bien consciente des frictions entre les deux pays, la chaîne arménienne Shant TV, bien que très intéressée par la série turque Ezel, a décidé de ne pas la diffuser sur son antenne. A la place, la chaîne a préféré faire l'acquisition des scripts en cachette, et ainsi faire passer sa production pour une série originale (100% arménienne, mais, surtout, 0% turque). La chaîne arménienne refuse de reconnaître publiquement qu'il s'agit d'une adaptation, et craint que si elle n'admette avoir acheté le format turc pour l'adapter, elle fasse l'objet d'un boycott dans son propre pays...

Tangle-580

- AUSTRALIE :
* La série du câble Tangle (photo ci-dessus) vit des heures d'incertitude, alors qu'une nouvelle saison est très peu probable. La saison 3 s'est achevée fin avril, mais la production n'a toujours aucune nouvelle d'une éventuelle saison 4, et plus le temps passe, plus cela semble peu probable.
* La série Tricky Business également a peu de chances de revenir pour une seconde saison. Pour l'instant rien n'a été officialisé, mais c'est quand même arrivé au point où les acteurs de la série eux-mêmes signent une pétition de fans. Ca sent donc également le sapin.
* Les nouvelles sont en revanche assez bonnes pour Offspring qui vient de gagner 2 saisons d'un coup, comportant 13 épisodes chacune. Mais c'est pas très joli de se vanter.
* Rachel Griffiths semble vraiment vouloir revenir à une carrière australienne ; après son apparition dans la première saison de Rake, l'actrice de Six Feet Under et Brothers & Sisters est confirmée pour le sequel de Paper Giants: The Birth of Cleo, lequel s'appellera Paper Giants: Magazine Wars, ce qui va me simplifier la vie pour les tags. La mini-série mettra en scène deux éditrices, Nene King et Dulcie Boling, à la fin des années 80 ; et Rob Carlton, déjà présent dans la première mini-série, retrouvera son rôle de Kerry Packer qui lui a attiré dans de compliments, dont les miens. Le tournage commence le 13 août.
* La chaîne publique SBS a annoncé la mise en chantier de Better Man, une mini-série basée sur la vie de Van Tuong Nguyen, un Australien condamné à mort à Singapour pour une affaire de drogue. Les 4 épisodes seront tournés à partir d'octobre en Australie et au Vietnam, en vue d'une diffusion courant 2013, marquant ainsi le retour des séries dramatiques sur la chaîne après 3 années de règne sans partage des comédies à la Housos.
* Nine semble avoir, de son côté, l'intention de produire des dramas bien plus souvent. La chaîne a annoncé plusieurs projets : un remake de La Vengeance aux Deux Visages (dont le titre original est Return to Eden) en 3 parties, une nouvelle série de la franchise Underbelly s'intéressant à Squizzy Taylor, un criminel ayant sévi en 1915, et enfin, Gallipoli, un nouveau drama produit par John Edwards à l'occasion du centenaire de la Première Guerre Mondiale, qui retrace la bataille du même nom, et qui devrait être diffusé en 2015.
* En parlant de Gallipoli, cette nouvelle série ainsi que la seconde saison de Miss Fisher's Muder Mysteries, Better Man et le drama carcéral Wentworth, ont toutes obtenu des subventions de Screen Australia. C'est également le cas de trois séries pour la jeunesse : Sam Fox pour Ten Network, une série d'aventure, The Lost Boys pour ABC, et The Worst Year of My Life - Again!, une dramédie également destinée à ABC. En tout, plus de 73 millions de dollars australiens sont dédiés à produire 66 heures de télévision. Mais quand on aime...
* Le film Kath and Kimderella, qui doit sortir sur les écrans australiens en septembre, sera appuyé par une rediffusion de Kath & Kim. Jusque là on ne s'excite pas tellement, mais ce qui est intéressant c'est que les acteurs de la série vont filmer divers messages d'introduction afin de présenter ces rediffusions. On ne parle pas d'épisodes inédits, mais c'est déjà un petit quelque chose qui fera plaisir aux fans.
* Notre page casting, maintenant. D'abord pour le drama A Place to call Home : Noni Hazlehurst (City Homicide), Brett Climo (All Saints), Marta Dusseldorp (Crownies et prochainement Jack Irish) seront les figures de proue de la série, accompagnés par plein d'acteurs méconnus. Le drama, écrit par Bevan Lee (créateur de Packed to the Rafters et de Winners & Losers) se situera dans les années 50 ; il a été annoncé qu'il serait diffusé en 2012 sur Seven, et vu qu'on est déjà en août, l'attente ne devrait plus être trop longue... De son côté, la série d'ABC The Time of our Lives aura un casting blindé de têtes connues, telles que l'incontournable Claudia Karvan (présente dans une série australienne sur deux ces derniers temps !), mais aussi Justine Clarke (Woodley, Tangle), Shane Jacobson, William McInnes, et Stephen Curry. L'un des rôles principaux a également été offert à la débutante Michelle Vergara Moore, jusque là reléguée à des rôles secondaires voire tertiaires. La série est écrite par Amanda Higgs (co-créatrice de The Secret Life of Us) et Judi McCrossin, et s'intéressera à la trépidante famille Tivoli.
* Pour finir, vous aurez remarqué dans le Pilot Watch que des dates se sont ajoutées pour le lancement de la diffusion de Puberty Blues (enfin !!!), Howzat! et Underbelly: Badness pas plus tard que ce mois-ci. Ya de la review dans l'air.

Hotel13

- BELGIQUE :

* Votre oeil de lynx l'aura remarqué avant que je ne le souligne, mais le Pilot Watch comporte désormais une date pour le lancement de Hotel 13, une série pour la jeunesse que l'on doit à Studio 100, c'est-à-dire la même équipe que celle qui a offert au monde la série Het Huis Anubis ; vous pouvez d'ailleurs lire le fabuleux destin de Het Huis Anubis dans ce post sur les telenovelas pour ados. Comme son aînée, Hotel 13 comportera des épisodes de 12 minutes chacun, avec une commande initiale de 120 épisodes. L'idée est évidemment qu'en dépit de son format de telenovela, elle soit potentiellement renouvelable à volonté, et exportable aussi si quelqu'un en veut. Cette nouvelle série a été tournée en Belgique au printemps, mais elle est en priorité destinée à Nickelodeon Deutschland (disponible en Allemagne, Suisse et Autriche), et donc tournée dans la langue de Goethe. La série se déroule dans un hôtel de la côte, alors que 6 jeunes s'y rencontrent pendant leur job ou stage d'été, qui à la réception, qui en cuisine. Mais l'ambiance Club Med tourne bien vite au vinaigre quand leur parvient un mystérieux message les encourageant à chercher la chambre n°13. Sauf qu'aucune chambre ne porte ce numéro... Il est déjà prévu que Hotel 13 soit doublée en danois et en suédois pour les marchés correspondants, et comme toujours, la production est ouverte à la perspective de tourner dans les mêmes locaux une adaptation pour un autre marché (Studio 100 l'avait déjà fait pour Het Huis Anubis, dont la version américaine House of Anubis est logée dans les mêmes décors que la version originale ; d'ailleurs House of Anubis a été renouvelée au printemps pour une troisième saison, ce qui prouve les vertus du modèle). L'ironie du sort, c'est que pour le moment, les spectateurs belges n'ont pas accès à Hotel 13, pourtant créée et tournée dans leur pays.

FDP

- BRESIL :

* Maintenant que Preamar s'est achevée, HBO Latinoamerica est bien obligée de passer à une nouvelle série, et il faut dire qu'elle a plus d'un tour dans sa manche pour nous régaler. L'heure est donc venue pour la série brésilienne FDP (pour "filho de puta" ; du coup, pour la diffusion en territoire hispanophone, la série s'appelle HDP) de faire ses débuts ; elle sera lancée le dimanche 26 août prochain dans tous les pays d'Amérique du Sud où HBO est présent. L'histoire est celle d'un arbitre de football antipathique qui n'a qu'un objectif en tête : siffler le coup d'envoi de la finale de la Coupe du Monde. Le problème c'est que tandis qu'il essaye d'atteindre ce but, sa vie familiale est en décomposition (sa femme l'a plaqué, emmenant leur fils). Naturellement, des stars du foot brésilien feront leur apparition en guest lors des épisodes, ce qui devrait ravir les, euh... eh bien, ya des experts en ligue brésilienne dans les parages ?

WorldWithoutEnd

- CANADA anglophone :

* Les séries Saving Hope et The Listener ont été renouvelées pour une nouvelle saison chacune par CTV. La chaîne a également commandé un pilote pour Satisfaction, une comédie écrite par Tim McAuliffe (Up All Night) centrée sur une couple dans la vingtaine et leur ami nouvellement célibataire (le couple finit par être un peu jaloux de sa nouvelle liberté), ainsi que pour Spun Out, un sitcom dans lequel un écrivain qui a raté sa carrière finit dans une compagnie de relations publiques. Il s'agit des premières commandes en matière de comédie pour CTV depuis l'annulation de Dan for Mayor et Hiccups :  ouf, le Canada envisage à nouveau de rire.
* CBC a de son côté décidé fin juillet de commander trois pilotes : une adaptation anglophone de la série québécoise 19-2 (l'original avait l'avantage de compter Claude Legault au casting, qu'exceptionnellement je ne mets pas en photo mais vous ne perdez rien pour attendre), un autre drama du nom de Port Hope, où une scénariste de Heartland nous emmène dans une ferme de l'Ontario où l'on soigne et recueille les animaux blessés (Daktari au Canada, en gros), et la comédie The Khouris, également écrite par Tim McAuliffe (!), qui s'intéresse à une famille d'immigrants menée par un patriarche de droite... Il doit forcément y avoir quelque chose de drôle dans ce dernier pitch, mais je ne l'ai pas saisi.
* La troisième saison de Lost Girl, sur Showcase, se prépare à accueillir le temps d'un épisode l'actrice Linda Hamilton. L'actrice de La Belle et la Bête et de Terminator incarnera une tueuse dans cette nouvelle saison, qui devrait arriver sur les écrans pendant l'hiver 2013. Elle rejoint donc Rachel Skarsten (Birds of Prey et, peut-être un jour si on la voit, la série Transporter: The Series) qui a obtenu un rôle récurrent dans la nouvelle saison un peu plus tôt cette année.
* Attention, attention, si vous regardez Flashpoint, ne manquez pas le lancement de la cinquième et ultime saison de la série, le 27 septembre prochain à 22h sur CTV. Il n'y aura pas de seconde chance ! A part, euh, oui, lors de la diffusion aux USA, mais vous voyez ce que je veux dire.
* Amis téléphages, vous remarquerez pour finir que le Pilot Watch de la colonne de droite s'est enrichi d'une date début septembre pour la diffusion canadienne de World Without End, mini-série faisant suite aux Pilliers de la Terre. A ma connaissance, de tous les pays participant à cette co-production, c'est le premier à fixer une date ferme pour la diffusion de cette suite.

LesBobos

- CANADA francophone :

* En septembre devrait démarrer Adam et Eve, une comédie d'une demi-heure en 13 épisodes qui raconte l'histoire d'un couple à travers trois époques de sa vie commune : à 25, 45 et 80 ans. Mais outre l'idée de montrer le même couple à différents âges, le concept va plus loin, et choisit d'imposer une unité de lieu (un duplex dans lequel ils sont installés lorsqu'ils se sont mis ensemble) et de temps (par une sorte de paradoxe temporel, le couple vit perpétuellement en 2012), afin de ne suivre que le couple et de ne pas chercher à le placer dans un contexte historique ou social précis. La série devrait donc être plutôt originale !
* Et les plus nostalgiques de la comédie Le coeur a ses raisons l'auront remarqué, outre la photo ci-dessus, dans le Pilot Watch s'est ajoutée la nouvelle série avec Marc Labrèche et Anne Dorval dont on a discuté au printemps, j'ai nommé Les Bobos ! C'est pas que j'ai hâte, mais... Quoi ? Vous aussi ? Allez, voilà la bande-annonce !

Exposos

- COLOMBIE :

* Pendant l'été 2011, Sony Pictures Television et Caracol avaient signé un accord de production ; un an plus tard, les deux sociétés se sont enfin entendues sur les modalités de leur premier projet. Il s'agira d'une telenovela intitulée La Hipocondríaca, dont le tournage devrait commencer en octobre. L'histoire est celle d'une jeune femme hypocondiaque (mais vous l'aviez deviné) qui rencontre un séduisant médecin. Sauf qu'apparemment, il présente mieux qu'il ne diagnostique, puisqu'il lui affirme qu'elle a une maladie incurable et qu'il ne lui reste plus que 6 mois à vivre... Ca n'a pas l'air comme ça, mais les deux sociétés nous affirment que la série sera aussi drôle qu'elle pourra être triste ; espérons-le, parce qu'avec 120 épisodes d'une heure, il vaut mieux ne pas pousser ses spectatrices dans la dépression.
* Fox Telecolombia, vous le savez, est particulièrement dynamique ces dernières années : outre le fait que ses studios accueillent régulièrement la production de fictions étasuniennes (genre Mental ou plus récemment Burn Notice), la société de production tente de s'approcher du modèle américain pour ses fictions, à l'instar de Lynch dont on a déjà pu parler. Pourtant il était un genre auquel elle ne s'était pas encore frottée : l'humour. C'est maintenant chose faite avec la mise en production d'Exposos (photo ci-dessus), sa première comédie en espagnol. La série repose sur un concept que ne renierait pas Fran Drescher, puisqu'un couple fraîchement divorcé continue de cohabiter après la séparation ; en tout 13 épisodes d'une heure sont prévus, et le tournage a commencé le mois dernier à Bogota, en vue d'une diffusion au début de l'année 2013 sur les chaînes FOX d'Amérique latine. Ce sont les Argentins Susana Cardozo et Pablo Lago, auteurs de la telenovela au succès fracassant Lalola, qui s'occupent du scénario de cette comédie qui dit s'inspirer du ton de Modern Family ; les rôles principaux sont incarnés par Roselyn Sanchez (FBI: Portés Disparus) et Carlos Espejel.

RuzaVjetrova

- CROATIE :

* Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Ruža Vjetrova était la toute première série originale d'une heure diffusée en quotidienne par RTL Hvratska (qui, vous l'aurez compris, est la branche croatienne du groupe RTL), lancée pendant l'été 2011 à 20h. Après des débuts difficiles, puisque les premiers épisodes n'ont obtenu que 7,9% des parts de marché, la série s'est progressivement attiré un public fidèle, et a fini sa saison, en juin dernier, avec près de 30% de parts de marché. Un joli résultat qui a poussé la chaîne à renouveler la série et sa formule novatrice (elle est calquée sur le format telenovela, avec une intrigue bouclée en fin de saison, mais renouvelable à volonté) ; le tournage a repris à la mi-juillet pour que la seconde saison soit prête à être lancée courant septembre.

Rita

- DANEMARK :

* La dramédie Rita, qui a remporté une Nymphe d'Or à Monte Carlo, a été renouvelée pour une deuxième saison (bon, ça date de fin juin/début juillet, cette news, mais comme je l'ai dit j'étais un chouilla occupée à ce moment-là). Ce n'est pas vraiment une surprise : bonnes audiences, bien reçue par la critique, la série s'est plutôt bien vendue à l'étranger pendant le MIPCOM et s'est déjà fait remarquer lors de divers festivals. Alors quand ça marche bien sur le marché national comme à l'étranger, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? 8 nouveaux épisodes ont été commandés, et le tournage devrait reprendre en octobre, probablement en vue d'une diffusion au printemps 2013, comme ça avait été le cas pour la première saison. Il est bon de noter que c'est la première fois au Danemark qu'une série non-policière remporte une adhésion de cette ampleur, et je ne vous cache pas mon soulagement à l'idée que bientôt, la Scandinavie pourrait bien exporter massivement autre chose que du poulet...

Omar

- EGYPTE :

* Chaque année, pendant le Ramadan, il y a au moins une série pour hérisser le poil des plus conservateurs, et c'est un peu compréhensible quand on sait à quel point la période est synonyme de respect pour les traditions. C'est une série égyptienne qui cet été semble avoir secoué le monde musulman, alors que la chaîne saoudienne MBC a décidé de diffuser Omar, un biopic sur Omar Ibn Al Khattab, un calife puissant et un proche de Mahommet. Vous savez sans doute que l'Islam interdit toute forme d'idolâtrie d'Allah, et qu'il est communément admis que les représentations de figures religieuses importantes sont plus que découragées (bien qu'apparemment ce ne soit pas explicitement interdit dans le Coran, mais je ne suis pas experte) ; eh bien la question s'est posée de savoir s'il était acceptable qu'un proche du prophète soit incarné à l'écran. Les avis étaient partagés, et des réclamations ont été envoyées à la chaîne ; MBC n'a cependant pas plié sous les demandes de déprogrammation et Omar a pu entamer sa diffusion normalement pendant la plus importante période télévisuelle du monde arabe. Tant mieux parce que la production de cette série a coûté l'équivalent de 40 millions d'euros, et a duré trois ans, décrochant le record actuel en matière de budget pour une série dans le monde arabe. C'est vrai que quand on en arrive là, on n'a pas trop envie d'enterrer des inédits.

Fragiles

- ESPAGNE :

* Telecinco a lancé le 2 août dernier une nouvelle série intitulée Frágiles, dans laquelle un physiothérapeute un peu atypique prend aussi en compte les blessures émotionnelles de ses patients pour les soigner ; dans chaque épisode, il traite un patient lors d'une intrigue bouclée à la fin des 90 minutes, et deux autres dont le traitement s'étend sur plusieurs épisodes, le tout avec une bonne dose d'attitude positive (même quand les cas le touchent de près). La première soirée, pendant laquelle les deux premiers épisodes ont été diffusés, a rassemblé 14,2% puis 17,5% de parts d'audience, des résultats supérieurs à ceux de la série médicale Hospital Central qui occupait précédemment la case. Au total, 8 épisodes sont prévus pour la première saison. Et en plus, les critiques ont l'air bonnes !
* Au rayon casting, la seconde saison de la comédie Con el culo al aire se prépare pour La 1, et trois nouveaux personnages au moins devraient rejoindre la série, interprétés par Janfri Topera (Plaza de España, jolie référence en matière de comédie pourrie), Ana Wagener (ex-Hospital Central et surtout doubleuse espagnole de Felicity Huffman), et Javier Antón, un acteur basque.
* Sachez que le projet de fusion entre laSexta et Antena3 connait un nouveau rebondissement. Espéré depuis de longues années, ce mouvement, qui créerait le 2e plus grand groupe audiovisuel du pays et regrouperait environ 25% des parts du marché télévisuel espagnol, est un feuilleton qui n'a rien à envier à une série fleuve, puisque laSexta avait annoncé récemment ne plus être intéressée par la fusion (en fait plutôt une absorption) et chercher un autre acquéreur. La question sera étudiée par le Gouvernement espagnol, qui espère bien donner un coup de main à cette opération qui traine depuis 2009 déjà. Le conseil des ministres rendra son avis d'ici la fin août sur les termes énoncés par la commission de la concurrence, ce qui devrait effectivement trancher une bonne foi pour toutes les conditions du phagocytage de laSexta, s'il doit se faire.
* On a déjà eu l'occasion de discuter des problèmes de liquidités de la chaîne publique TVE. Les chiffres officiels sont tombés : la chaîne a perdu 29 millions d'euros pendant l'année 2011. Inutile de préciser que l'heure n'est pas aux investissements dans la fiction, ce qui explique que les décors de la fiction historique Isabel, un projet ambitieux et donc onéreux, aient été démontés le mois dernier, sabrant par-là même l'avenir de la série. La société de production ne pouvait continuer à entretenir les décors plus longtemps, alors que la chaîne avait dit réfléchir à l'avenir de la série. Les 13 premiers épisodes de la première saison d'Isabel ont été tournés, mais toujours pas diffusés par TVE qui apparemment n'en a plus les moyens ; à l'heure actuelle, le pilote de la série a été projeté deux fois en festival, et le reste croupit dans un tiroir.
* De la même façon, toujours pour TVE, la production d'Amar en tiempos revueltos a décidé de ne plus produire d'épisode inédit (quelques épisodes déjà tournés devraient cependant pouvoir être diffusés à la rentrée), et réfléchirait à un spin-off pour Antena3 qui elle, peut payer ses commandes. Quant à TVE, elle a réussi à commander un sitcom, intitulée Estamos Okupa2, qui devrait débuter en septembre, en tandem avec la nouvelle saison de Gran Reserva appremment réglée de longue date. Pas de nouvelles en revanche du plus grand succès de la chaîne, la série Aguila Roja, ni de la série policière Los misterios de Laura, toutes deux pour le moment en stand-by, le temps pour TVE de casser son cochon-tirelire ; les deux séries, qui effectuent quelques unes des meilleures audiences de la chaîne, pourraient facilement trouver repreneur, mais la chaîne publique refuse de se séparer des droits. Voie sans issue.
* Pour finir, il nous manque pour le moment une date exacte de lancement, mais Antena3 commence à diffuser des bande-annonces pour Imperium, le spin-off de Hispania. Quant à l'adaptation espagnole de Ghost Whisperer, intitulé El Don de Alba, elle devrait démarrer au cours du mois de septembre, cette fois sur Telecinco. Et, oui, rassurez-vous, j'ai la bande-annonce, j'allais pas vous laisser comme ça.

- GRECE :

* Où quand la grille de télévision relève plus de questions idéologiques, que de télévision à proprement parler. L'extrême-droite grecque (la sinistrement fameuse "Aube dorée" néo-nazie) a lancé il y a quelques jours un appel au boycott des séries turques, et par la même occasion, à un boycott des publicités apparaissant pendant la diffusion de ces mêmes séries turques. D'après le leader du parti, Nikolaos Michaloliakos, non seulement la diffusion de ces séries serait une "honte" capable de détruire l'exception culturelle grecque, mais en plus, l'amitié entre la Grèce et la Turquie irait à l'encontre du bien-être du peuple grec ; l'homme politique a affirmé son intention de lancer un débat au Parlement sur une potentielle interdiction de diffusion. Le pauvre aurait des sueurs froides à la lecture de ce post ; une grosse pensée pour toi lors de la rédaction de ces news internationales, Nikolaos.

NewYork

- ISRAEL :

* La série New York, dans laquelle le fils d'une famille criminelle s'exile dans la grosse pomme et s'aperçoit que sa famille a mis un prix sur sa tête (du moins, jusqu'à ce que la proie devienne chasseur...), reviendra pour une seconde saison sur la chaîne câblée yes drama. La première saison, qui comptait 50 épisodes de 45 minutes chacun, a été diffusée en quotidienne et a recueilli un fort succès. Voici la bande-annonce en anglais (et sous-titres anglais pour les dialogues en hébreu) :

* Le 17 juillet dernier a démarré, également sur la chaîne câblée yes drama, une nouvelle série répondant au nom de Shvita ("grève"). Ce drame social s'intéresse à des ouvriers qui tentent de se syndiquer, mais qui rencontrent une telle hostilité de la part de leur direction que les évènements s'enveniment, et qu'ils finissent par se mettre en grève et se retrancher dans l'usine dans une tentative désespérée d'attirer l'attention sur leurs difficultés. On y retrouve dans les rôles principaux Zohar Liba, Amos Tamam et Shalom Michaelshwilli, lesquels ont tous un point commun : ils ont interprété un rôle (bien que d'importance variable) dans la série à succès Asfur. Hasard du calendrier, la semaine-même où la série a débuté, un vétéran israélien, Moshe Silman, s'est immolé, afin de souligner l'abandon dont il se sentait victime par l'Etat ; une coïncidence qui n'a fait que souligner à quel point Shvita était d'une cruelle actualité, et qui a participé aux excellentes critiques sur la série.

YuukiAmami

- JAPON :

* Comme souvent, la NHK est un peu décalée par rapport à la saison nippone classique, et fera commencer dans quelques semaines, alors que la saison estivale touche à sa fin, le dorama Makete, Katsu, une série historique sur le Premier ministre japonais Shigeru Yoshida. Mais ça on le savait, puisqu'on avait évoqué la série dans le récap de la saison estivale japonaise. Mais ! Fait que jusque là j'ignorais, l'acteur britannique David Morse devrait y incarner le rôle du Général MacArthur ! Ce n'est pas tous les jours qu'une série nippone s'offre un guest occidental de ce gabarit.
* Souvenez-vous, nous en parlions au printemps : l'auteur Kankurou Kudou, jusque là peu habitué aux soaps (on lui doit par exemple Kisarazu Cat's Eye ou Unubore Deka), est en charge du prochain asadora de la NHK. La dernière fois, on n'en avait pas le titre, mais maintenant que son actrice principale est castée, on en sait un peu plus : Amachan commencera en avril prochain pour prendre la relève de Jun to Ai, et c'est la jeune comédienne Rena Nounen qui incarnera le rôle éponyme, après avoir été choisie parmi plus de 1900 candidates. Jusque là, elle s'est contentée d'apparaitre dans des petits rôles au cinéma. Le tournage des 156 épisodes démarrera en octobre prochain.
* On dirait qu'il y a du mouvement sur le câble et le satellite nippons. Les chaînes Toei Channel et Family Gekijou ont en effet décidé de lancer deux remakes de séries majeures des années 70 et 80 (un peu comme TNT avec Dallas), à l'époque où le modèle japonais actuel n'était pas encore né et que les séries suivaient le format américain de renouvellement sur plusieurs saisons. La première est Tokusou Saizensen, une série de détectives née en 1977 et qui a duré 508 épisodes, et la seconde est Playgirl, une série d'action un peu sexy née en 1969 qui n'a connu "que" 276 épisodes. Leurs nouvelles versions respectives garderont le même nom, accolant simplement "2012" au titre, et feront l'objet d'un crossover diffusé quelque part au mois de décembre. A noter que la scénariste de Tokusou Saizensen 2012, Hideka Nagasawa, a déjà signé 100 épisodes de la série originale.
* Vous vous rappelez peut-être de la série familiale Wataru Seken wa Oni Bakari, qui s'est achevée en septembre dernier sur TBS au bout de 10 saisons étendues sur 21 années. Eh bien elle n'est pas encore tout-à-fait partie. Elle reviendra pour une mini-série en deux parties, les 17 et 24 août prochains. Les demandes ont apparemment afflué pour faire revenir la petite famille de cette longue chronique, et il n'est à l'heure actuelle pas exclu que ce bref retour conduise à quelque chose de plus durable ensuite...
* Yuuki Amami, en photo ci-dessus, a une nouvelle série en vue, et Dieu merci ce n'est pas une comédie musicale ! Il s'agit d'une mini-série en deux épisodes intitulée Onna Nobunaga, qui revisite l'histoire. Dans cette version imaginaire du passé, le seigneur Nobuhide Oda n'a pas eu un fils du nom de Nobunaga Oda, mais une fille (incarnée, donc, par Yuuki Amami). Nobunaga Oda aurait-elle eu une destinée différente ? C'est la question que posait un roman paru en 2006 dont cette mini-série est l'adaptation. Réponse à la fin de l'année, même si pour l'instant aucune date de diffusion précise n'a été fixée par Fuji TV.
* Mais avant cela, viendra la saison automnale nippone, qui comme c'est la tradition commencera début octobre. Quelques projets commencent à se dévoiler, parmi lesquels Soko wo Nantoka, destinée à la chaîne satellite NHK BS Premium, dans laquelle une ancienne hôtesse de club devient avocate dans une firme très modeste (Danni Lowinski, sors de ce corps !), utilisant ses contacts venus de son ancienne vie pour essayer de progresser dans la vie.
* Pendant ce temps, TBS prépare MONSTERS, une série d'enquête mettant en scène les acteurs/chanteurs Shingo Katori et Tomohisa Yamashita, dans ce qui semble destiné à reposer sur la structure des opposés qui se complètent ; la série est destinée à la case du dimanche à 21h.
* Du côté de Fuji TV, on a misé sur un trio de stars pour la série du mardi à 22h. Elle ne porte pas de titre, mais le générique n'en est pas moins alléchant : Hiroshi Abe (donc la carrière est longue comme le bras), Tomoko Yamaguchi et Aoi Miyazaki se disputent en effet le haut de l'affiche. Dans cette série mystérieuse, le couple formé par les quarantenaires Abe et Yamaguchi connaitra une crise grave et déchirante, qui sera exacerbée par l'apparition d'une mystérieuse jeune femme qui commencera à manipuler notre homme... Je ne sais pas pour vous mais ça rappelle énormément Utsukushii Rinjin. L'écriture comme la réalisation seront aux mains du cinéaste Hirokazu Koreeda. Le scénario est pour l'instant volontairement brumeux, le titre tenu secret, bref, comprenez que Fuji TV a l'intention de faire monter la sauce progressivement, et donc qu'elle considère que c'est son meilleur placement de la saison. Ce qu'on s'empressera de vérifier en temps voulu !
* Même chaîne, autres ambitions : Fuji TV prévoit enfin une série pour le samedi à 23h10 intitulée Koukou Nyuushi, et s'intéressera à la journée précédant un examen d'entrée au lycée (le juken), ainsi que la journée d'après. Un concept intéressant qui devrait également être l'occasion d'une intrigue proche du thriller, alors que l'examen d'un lycée important semble sur le point d'être perturbé par des évènements étranges. On y retrouvera l'actrice Masami Nagasawa (Last Friends, GOLD...) qui y interprétera une prof d'anglais, ainsi que Nao Minamisawa, Nakao Akiyoshi, Hidenori Tokuyama et Shigeru Saiki.

LaCQ

- MEXIQUE :

* La telenovela pour ados, vous le savez, l'essayer c'est l'adopter. Et même si MTV y est venue un peu plus tard que les autres (notamment par rapport à Nickelodeon qui s'est taillé la part du lion avec Grachi et consorts), elle ne saurait plus s'en passer, après le succès de Niñas Mal puis Popland. La preuve, le 3 septembre prochain, MTV Latin America fera débuter une nouvelle série, Último Año (désormais ajoutée au Pilot Watch). Tourné au Mexique, il s'agira d'un thriller de 70 épisodes qui nous plongera dans l'univers de lycéens très riches. Et, chose décidément très fréquente aujourd'hui, j'ai effectivement une bande-annonce pour vous, mais... elle ne vous apprendra pas grand'chose sur la trame de l'intrigue !

* De son côté, Televisa ne laisse pas sa part au chien, et a produit La CQ, une série pour adolescents qui a débuté lundi à 20h sur Cartoon Network dans plusieurs pays d'Amérique latine. C'est la première fois que la branche hispanophone de Cartoon Network se lance dans une série "live" originale. La comédie suit les aventures d'un groupe d'ados étudiant dans un établissement appelé Constantino Quijano (d'où les initiales "CQ") et ressemble assez, comme le montre la photo ci-dessus, aux comédies colorées à la Disney ou Nickelodeon qui ont pu naître aux USA.

DAG_saison2

- NORVEGE :

* Profitant de l'accalmie de l'été, les Komiprisen, récompensant les talents comiques norvégiens, seront remis le 25 août prochain. Evidemment, il y a des catégories télévisuelles, sans quoi je ne vous en parlerais pas. Ainsi, la dramédie DAG tire deux nominations (meilleure performance humoristique, et meilleur artiste masculin pour Atle Antonsen) et Lilyhammer n'en a qu'une (meilleure performance humorisitique également), les autres nominations allant généralement à des émissions à sketches et autres spectacles de non-fiction. Enfin, ce qui m'intrigue, c'est qu'avec tout ça (et à plus forte raison parce que DAG raffle déjà la mise aux Gullruten), je n'ai toujours trouvé aucune trace d'un renouvellement pour DAG (photo ci-dessus) pour une 3e saison. Curieux.

Moordvrouw

- PAYS-BAS :

* Peut-être vous souvenez-vous avoir entendu parler de la scandaleuse série Feuten dans ces colonnes. Si c'est le cas, l'annonce d'une nouvelle série de la même chaîne, BNN, destinée aux ados et jeunes adultes sans les prendre pour des amibes, pourrait bien vous mettre l'eau à la bouche : Smeris, une série dans laquelle deux flics que tout oppose font la paire contre leur volonté ; mais lorsqu'ils déclenchent par erreur une guerre des gangs, ils vont devoir accepter de travailler ensemble pour rétablir une semblant de quiétude dans les environs... Pas d'affolement, la diffusion de cette série n'est pas prévue avant 2014.
* Qualifiée de version masculine de Gooische Vrouwen (Jardins Secrets lors de sa diffusion en France), la nouvelle série de RTL4, Divorced, fait son chemin. Après son tournage au printemps, la série serait envisagée dans la grille de rentrée de la chaîne, même si aucune date ne semble arrêtée pour le moment. Il faut dire que cette dramédie, destinée à suivre la trajectoire de trois hommes divorcés alors qu'ils doivent composer avec leur nouvelle situation familiale, et qui s'installent ensemble pour mieux gérer la transition, est signée par l'équipe de Gooische Vrouwen, justement. Pas de date non plus pour le remake des Craquantes, également annoncé par RTL4, ou le biopic Achter het Raam, qui ne semblent pas prêts pour la rentrée. Mais je vous tiens au courant.
* RTL vient également de confirmer la commande d'une deuxième saison pour Moordvrouw, une série policière dont vous pouvez voir la photo ci-dessus, et lancée en janvier dernier après près de 2 années de confinement dans un fond de tiroir. Finalement, on dirait bien que la chance de la série a tourné, puisque, forte de ses audiences convaincantes, la série reviendra aux alentours de février 2013 pour 10 nouveaux épisodes. Quand on sait que la première saison a été produite courant 2009, ça va leur faire drôle de revenir bosser sur une nouvelle saison après tout ce temps...
* La chaîne éen aussi prépare sa grille pour la nouvelle saison, et a annoncé ses prochaines séries. De Vijfhoek sera un drama se déroulant dans un quartier de Bruxelles, et suivant la vie d'étudiants habitant un endroit cosmopolite où l'on parle néerlandais mais aussi français ; ils mènent tranquillement leur existence sans se préoccuper d'un projet de reconstruction du quartier, jusqu'à ce que le projet menace leur mode de vie... Ensuite, en décembre, la chaîne proposera Wolven, une série procédurale où les enquêteurs, une fois n'est pas coutume, se pencheront sur des affaires de fraude et de corruption. Sur un thème similaire, en décembre aussi, Salamander, écrite par Ward Hulselmans (scénariste de la série Witse), sera une série à mi-chemin entre la politique et le thriller, qui débute lorsque la panique s'empare des puissants après une série de cambriolage visant exclusivement leurs plus sophistiqués coffre-forts. Sauf que ceux-ci ne sont pas ouverts, non ; ils sont subtilisés ! Et avec eux, les documents parfois compromettants de hauts dignitaires de la politique et de la finance locale. Ne vous inquiétez pas si vous avez peur de ne pas garder tout le calendrier en mémoire ! Les dates appropriées ont été ajoutées au Pilot Watch dans la colonne de droite.
* Enfin, un rapide coup d'oeil à ce qui se passera sur les chaînes publiques. Nederland 3 (alias Ned3 pour les intimes) diffusera la deuxième saison de Penoza dans le courant du mois de novembre, c'est-à-dire que la diffusion devrait s'achever pile quand Red Widow débutera à la mideason américaine. De son côté, Ned2 proposera en septembre la nouvelle série De Geheimen van Barslet, une série mystérieuse se déroulant dans la bourgade tranquille de Barslet. Tranquille, vraiment ? Car dans cet étrange endroit, des miracles comme d'inexplicables tragédies peuvent se produire... Et si vous voulez y jeter un oeil, j'ai même une bande-annonce pour vous.

SilaWyzsza

- POLOGNE :

* Puisque Galeria, le nouveau soap de TVP1, n'a pas réussi à attirer l'attention des spectatrices (résumé des épisodes précédents ici), la chaîne devait trouver absolument une nouvelle idée pour prendre la relève après son annulation. TVP1 a donc lancé un immense concours, dégoté plus de 50 projets, et choisi celui qui lui semblait le plus prometteur pour sauver sa case horaire sinistrée par l'annulation de Plebanię. C'est Wszystko Przed Nami qui l'a emporté, une histoire dans laquelle un bâtiment historique de Lublin, abritant aussi bien un cabinet d'avocats qu'une auberge de jeunesse, sert de décor aux intrigues soapesques voulues "réalistes mais positives". Le tournage a lieu cet été en vue d'une diffusion en septembre.
* TVP prévoit également dans sa grille de rentrée une nouvelle série, Siła Wyższa (en photo), une comédie en 13 épisodes en single camera, se déroulant dans un monastère franciscain installé à côté d'un monastère bouddhiste. Les deux communautés se retrouvent en "concurrence" pour secourir les âmes locales...
* A l'occasion du Festival du Film comique de Lubomierz, qui doit se tenir demain, le prix de la meilleure série polonaise comique doit être décerné. Sont en lice : Rodzinka.pl (remake actuellement dans sa 3e saison de la série québécoise Les Parent), Ranczo (dont la 7e saison doit commencer au printemps) et le sitcom Świat Według Kiepskich (une série sur une famille dysfonctionnelle similaire aux Bundy de Mariés, Deux Enfants, et à l'antenne depuis 1999).

HBORussia

- RUSSIE :

* Après l'Amérique du Sud, l'Europe Centrale et les Pays-Bas, HBO a décidé de s'implanter en Russie. Les choses devraient aller même assez vite, puisque HBO Russia pourrait voir le jour avant la fin de l'année 2012. Mais une bonne nouvelle ne vient jamais seule : cette nouvelle chaîne serait d'emblée développée en partenariat avec Amedia, une société de production de fictions (elle produit actuellement l'adaptation à succès Zakrytaia Shkola). Rappelons que toutes les implantations internationales de HBO ne sont pas égales devant le phénomène des productions locales : en Amérique du Sud, cela fait plusieurs années que HBO Latino produit de [très bonnes] séries de façon constante (il faut dire que c'est un peu de la triche puisque plusieurs pays peuvent successivement fournir une fiction à la chaîne), tandis que HBO Central Europe n'a pour le moment produit que des remakes de BeTipul (en Roumanie, Tchékoslovaquie, Serbie et Slovénie), tout comme HBO Nederland. Une adaptation polonaise de la série israéelienne HaEmet HaEroma serait à l'étude, mais ça s'arrête là. Quant à HBO Canada, elle diffuse quelques fictions, à l'instar de Call Me Fitz ou The Yard, mais son cas est particulier puisque HBO Canada est en fait la dénomination regroupant deux chaînes câblées, The Movie Network (accessible dans l'est du pays...) et Movie Central (...à l'ouest), et que les deux chaînes coproduisent leurs séries originales. Les autres branches de HBO dans le monde, notamment en Asie, ne produisent aucun contenu original, et se contentent de diffuser les séries américaines du catalogue. Ce serait donc une sacrée fichue bonne nouvelle si HBO Russia pouvait d'emblée démarrer son existence avec un ou deux projets de séries !

JonasGardell

- SUEDE :

* Durant l'automne, SVT devrait diffuser une mini-série adaptée de Torka aldrig tårar utan handskar ("ne pas essuyer ses larmes sans porter de gants"), un roman de Jonas Gardell paru ce mois-ci sur le thème du SIDA dans les années 80. Le roman est le premier volet d'une trilogie dont les deux opus suivants devraient sortir d'ici l'été 2013, mais sont apparemment déjà écrits ; chaque volet a une thématique : d'abord l'amour, puis la maladie, et enfin la mort. "Ce n'est pas un texte sur l'homosexualité, c'est plutôt un livre sur notre histoire en tant qu'homosexuels", explique Gardell, qui s'est inspiré de son expérience à Stockholm pour retracer la façon dont le virus avait été perçu en Suède au moment de son apparition. La mini-série devrait aborder les trois thématiques, bien que seul un roman soit publié au moment de sa diffusion. Auteur, activiste mais aussi comédien de stand-up, Gardell a déjà vu plusieurs de ses écrits être adaptés en mini-série, comme En Komikers Uppväxt en 1992 ou De Halvt Dolda en 2009.

ASfur

- USA (mais qui louche sur la copie des voisins) :

* Il a été confirmé que le remake de la série israélienne Asfur (photo ci-dessus) était en bonne voie. En novembre dernier, John Wells avait acquis les droits de cette série à succès dans laquelle un groupe de copains, squattant une vieux dépôt de bus abandonné, tente de gagner de l'argent afin de ne pas être délogé par la municipalité, qui a mis en vente le terrain. L'adaptation de cette série, qui a fait les beaux jours du câble israélien pendant deux saisons (un total de 70 épisodes) diffusées en quotidienne, est désormais en développement pour FOX.
* On savait de longue date que c'était en projet : le remake américain de Bron/Broen se fera sur FX ; le feu vert a été donné pour un pilote. Rappelons qu'une deuxième saison de cette co-production entre le Danemark et la Suède est en cours, et qu'une adaptation est également prévue entre le Grande-Bretagne et la France. Dans la version US, le lien devrait se faire entre les USA et le Mexique, ce qui promet un fossé culturel bien plus ample que dans la série originale.
* Au royaume des bonnes idées, c'est A&E qui siège sur le trône : de toutes les adaptations stupides, celle-ci est probablement la plus futée, puisque la chaîne a confirmé la commande d'un pilote pour un remake de la série danoise Den Som Draeber. Mais oui ! Une série qui a été critiquée âprement, dont les audiences ont dégringolé et dont on a annulé la commande de la deuxième saison alors qu'elle avait déjà été passée, c'est super prometteur ! Quel exemple à suivre, forcément ça fait envie. Pis à l'heure de l'annulation de The Killing par AMC, ça relève vraiment de l'idée de génie, tiens. 

KurtlarVadisi

- YEMEN :

* Emoi après les atrocités commises par un Yéménite ayant juste un peu trop regardé la série turque Kurtlar Vadisi, une série turque lancée en 2003 sur SHOW et reprise deux ans plus tard par Kanal D, et qui a également donné naissance à des films. Kurtlar Vadisi s'intéresse à des opérations d'infiltration dans les milieux de la mafia ou du terrorisme ; violents aussi bien visuellement qu'idéologiquement (notamment imprégnés par un fort anti-sémitisme), la série, ses spin-offs et ses films ont plusieurs fois fait l'objet d'une forte polémique, son deuxième spin-off Kurtlar Vadisi: Terör étant même interdit de diffusion en Turquie (un seul épisode a réussi à être montré) et la déclinaison Kurtlar Vadisi: Filistin en Palestine (photo ci-dessus) n'ayant pas manqué d'attirer des réactions internationales. Dans le cas qui nous occupe, notre yéménite trentenaire a exécuté 4 hommes et 1 femmes, s'est retranché avec des armes et a fini, une fois à cours de munitions, par se rendre en expliquant ses actes par une volonté de copier ce qui s'était passé dans la série. Il y a résolument des fous partout, mais du coup cela a relancé l'éternel débat sur la violence à la télévision, et à plus forte raison à la télévision yéménite. Les autorités semblent pointer du doigt les importations turques, considérées entre autres "trop libérales" et "propres à détruire la jeunesse yéménite".

SeoulInternationalDramaAwards

- MONDE :

* Finissons avec ce que j'aime certainement le plus dans ce job : les nominations pour une récompense télévisuelle, ici les Seoul International Drama Awards. Regardez-moi ça comme c'est beau !
Dans la catégorie mini-série, sont nommées la saison 2 de Shinya Shokudou et celle de JIN, Boardwalk Empire, les séries françaises Kaboul Kitchen et Clash, le biopic russe Fiodor Dostoievski, la coproduction russe/ukraininenne Ballada o Bombere, la britannique Great Expectations, la saison 2 de Luther et... la saison 2 de Sherlock. A mon sens, c'est plié, mais bon, on sait jamais.
Du côté des séries au (parfois très) long cours, sont nommées : les coréennes The King 2 Hearts, BrainHaereul Poomeun Dal, Gongjooeui Namja, Cheonileui Yaksook et Ppurigipeun Namu, les turques Ezel et Fatmagülün suçu ne?, la colombienne La Promesa, l'américano-canadienne The Firm, et Gran Reserva, ainsi qu'une série chinoise dont j'ai été infichue de trouver le titre original, et dont le titre international est Home of People's Hearts. Dans tous les cas, les Coréens ont de toute évidence une longueur d'avance.
Outre ces nominations, il est possible de voter en ligne pour les prix du public, qui dispense beaucoup plus de choix dans chaque catégorie, dont par exemple l'irlandaise Love/Hate, l'islandaise Heimsendir, la norvégienne Hotel Caesar, l'américaine Castle, l'australienne Jack Irish (WTF ?! Qui peut voter en connaissance de cause pour ça, j'ai loupé la diffusion ou quoi ?!), la néo-zélandaise The Almighty Johnsons, l'argentine Graduados, l'espagnole Gran Hotel, l'égyptienne Lahazat Harega, la française Vous les femmes (que personnellement je ne connaissais pas), et bien bien d'autres. Les résultats seront annoncés le 30 août prochain.
Allez jeter un oeil, c'est assez incroyable, ça vient de quasiment partout (certains pays ont présenté beaucoup de séries, d'autres... moins), ça donne plein d'idées et d'envies, c'est délicieux, mon planning téléphagique vient de prendre 10kg.

* Au prochain épisode, on devrait avoir la liste des nominations pour le Festival de la fiction TV de La Rochelle : les nommés seront annoncés le 22 août prochain ; pour le moment, grâce à des indiscrétions sur les sites québécois, je sais juste que la série Vertiges a été nommée dans une catégorie internationale. Dans tous les cas, résultats le 12 septembre.

TheSpiral-logo

- EUROPE :

* Pour terminer, je l'avais tweeté (certes tardivement) mais ça ne fait pas de mal de le répéter, en particulier si vous ne me suivez pas encore sur Twitter : contrairement à ce qui avait initialement été avancé, arte va finalement bel et bien diffuser, à compter du 3 septembre, la série The Spiral en même temps que les autres pays européens qui ont coopéré sur le projet.
Rappelons pour ceux qui ont la flemme de relire les anciens posts que The Spiral (développée sous le nom de The Artists) est une série co-produite par Canvas en Belgique, TV3 au Danemark, YLE en Finlande, NRK en Norvège, Vara aux Pays-Bas, et SVT en Suède ; chaque chaîne apportant non seulement une partie des finances, mais aussi un ou plusieurs acteurs pour jouer l'un des rôles principaux dans cette série auto-proclamée "expérimentale".
Les acteurs sont : Viktoria Winge (Koselig Med Peis) pour la Norvège, Tuva Novotny (183 Dagar, DAG) et Donald Högberg pour la Suède, Tommi Korpela et Elmer Bäck pour la Finlande, Thure Lindhardt (Blekingegade) et Paw Henriksen pour le Danemark, Teun Luijkx pour les Pays-Bas, et enfin, Thomas Ryckewaert, Johan Van Assche, Johan Leysen et Lien Van De Kelder pour la Belgique.
Toutes les chaînes diffuseront en même temps les épisodes de cette série interactive, les spectateurs participant à l'intrigue pour essayer d'en démêler les fils.
Mais attention : le jeu interactif commence en amont de la diffusion, alors rendez-vous est donné dés le 21 août sur le site international de la série pour voir de quoi il retourne... Tout cela est de plus en plus excitant, vous ne trouvez pas ?

Pour patienter encore un peu, voilà la bande-annonce en anglais :

Voilà, c'est tout ! (dit-elle en dépit de son syndrome du canal carpien)

Tant que j'en suis aux effets d'annonce : dorénavant, les world tours seront repris par le fil actu du site Annuséries (avec un léger différé, les inédits sont toujours ici), donc n'arrêtez pas de venir me voir, mais sachez que ce récap' planétaire que je vous prépare sera désormais aussi publié là-bas, pour le plus grand plaisir de leurs visiteurs qui peuvent déjà y entendre parler de la Grand-Bretagne, du Canada ou de l'Australie, et qu'avec un peu de chance, on va intéresser à encore plus de séries méconnues sous nos latitudes ! Plus on est de fous...
Vous y trouverez également la bannière utilisée en début de post, pour plus de visibilité.

Alors, même en tenant compte de ce qui a inévitablement été oublié, admettez-le : que tout ça est BON !!!
Où vont vos préférences ? Dites-moi, je veux tout savoir !
Et puisque je vous tiens, n'hésitez pas à me dire : en fait c'est mieux avec sous cette forme compacte et alphabétique, les world tours, ou on continue comme avant ? Comme d'habitude, ce sont vos retours qui me permettent de vous tailler une rubrique sur mesure ! Et si vous remarquez une video qui ne marche pas, signalez-le moi...

Posté par ladyteruki à 17:08 - Love Actuality - Permalien [#]

03-06-12

At least it's not Russia

Avec mes tentatives pour me réconcilier avec les séries bien de chez nous (je vous prépare d'ailleurs un bilan de saison pour dans quelques jours), j'ai eu l'occasion de vous dire combien le misérabilisme au sujet de la "fiction française" me semblait tout aussi dommageable pour l'enthousiasme du public que l'état de ladite fiction : à force de comparer avec ce qui se fait chez les voisins, on finit par perdre de vue l'essentiel.
Mais puisqu'on en est encore à se comparer, alors dites-vous qu'au moins, on n'est pas en Russie.

Ah, la télévision russe. VOILA une fiction en crise. Là d'accord. Imaginez ce que c'est que d'avoir une cérémonie de récompenses dans laquelle la plupart des séries récompensées soient des remakes de séries étrangères ou, dans le moins pire des cas, des adaptations de films russes sortis précédemment au cinéma ? Ca fait pas un peu mal, ça ?
Bienvenue dans le monde des TEFI, parce que c'est exactement ce qui se passe pour cette 17e édition.

TEFI-2011

Remis par l'Académie de Télévision Russe, les TEFI 2011 (qui concernaient les émissions et séries diffusées entre le 1er juin 2010 et le 31 août 2011) ont donné suite à deux belles cérémonies. D'abord, le 25 mai dernier, une première soirée consacrée à un volet "professionnel" qu'on peut considérer comme l'équivalent des récompenses techniques des Emmy Awards (bien que moins spécialisé) ; puis une autre soirée de gala ce mardi 29 mai, logées dans un opéra moscovite, centrée sur les personnalités, et qui a été retransmise par la première chaîne, Perviy Kanal.
Ah c'est sûr, ça en jette. Mais regardons ce que ça a donné dans les faits...

D'abord, passons rapidement sur les acteurs, que je vous soupçonne de ne pas connaître plus que moi, récompensés pendant la seconde cérémonie : Boris Klyuiev pour le sitcom Voroniny, et Ekaterina Poroubel pour la mini-série dramatique et historique Serafina Prekrasnaia.

Concernant les séries elles-mêmes, c'est la comédie Svetofor qui a été récompensée en qualité de meilleure série comique.
Là comme ça, ça ne vous choque pas, sauf qu'un "svetofor", c'est en réalité un feu tricolore... eh oui, vous l'aurez deviné, il s'agit d'une adaptation de la comédie israélienne Ramzor ; elle-même adaptée rapidement par les Américains sous le nom de Traffic Light. Contrairement à la version étasunienne qui n'a duré que le temps d'une demi-saison, Svetofor est actuellement dans sa 4e saison en Russie sur STS... sachant qu'elle a été lancée en mars 2011. Il est intéressant de noter que cette récompense intervient alors que STS, qui avait jusque là commandé des saisons de 20 épisodes, a mis en pause la diffusion de la 4e saison au bout d'à peine 8 épisodes diffusés. Cependant, ce qui a certainement valu à Svetofor cette victoire, c'est qu'elle est la première comédie de la chaîne à n'être couverte par aucun rire. Pour avoir vu plus de pilotes de sitcoms russes qu'à mon tour, je ne peux que comprendre que cette mini-innovation se pose comme un soulagement.

Comme il n'existe pas de prix spécifique pour les séries dramatiques, les mini-séries concourent dans la même catégorie que les films ; or cette année, c'est un film qui a remporté le prix de meilleur film ou mini-série, Podsadnoi, réalisé par Alexandr Kott.
Pire encore, le prix de la meilleure réalisation a été attribuée à Alexandr Kott, encore lui, pour Krepost. La mini-série en 4 épisodes, diffusée l'été dernier par Perviy Kanal, reprend les images du film de guerre Brestkaia Krepost sorti l'année précédente, dans une version pour la télévision, à l'occasion de laquelle de nombreuses scènes ont été ajoutées ; grâce à cette astuce, le succès du film a ainsi pu rassembler les spectateurs devant les petits écrans à moindre frais. Rappelons que Krepost est également en lice dans la catégorie des mini-séries pour le festival de Monte-Carlo.

Ce n'est pas fini du côté des remakes à proprement parler, puisque l'équipe récompensée pour le titre de meilleurs producteurs est celle de Zakrytaia Shkola. Là encore, ce n'est pas aux Etats-Unis qu'il faut aller chercher l'inspiration, puisque cette série fantastique adolescente se passant dans un pensionnat est l'adaptation de la série espagnole El Internado. Diffusée par STS depuis le 11 avril 2011, la série opère un changement de format vis-à-vis de l'original puisque les épisodes sont passés à moins de 50mn, au lieu de 70mn pour la version originale espagnole, et sont diffusés du lundi au jeudi à 21h ; cela n'empêche pas l'adaptation de suivre grosso-modo le fil de l'intrigue originale, bien que plusieurs épisodes de la série reposent sur des scénarios totalement inédits. Du coup, à ce jour, ce sont 4 saisons, soit plus de 130 épisodes, qui ont été diffusées.

Enfin, UNE fiction totalement originale a réussi à obtenir un prix : il s'agit du soap Obroutchalnoie Kolcho, diffusée sur Rossiya 2... sauf que l'épisode final de cet série a été diffusé le 16 mai dernier en Russie ; du coup, en fait de créations originales russes, en voilà une qui a déjà disparu des écrans. Enfin bon, je dis "déjà", mais cette telenovela a quand même connu une belle longévité : si l'histoire de la série ne bénéficie pas d'un pitch ébouriffant (son titre se traduit par "bague de fiançailles"), il est intéressant de noter cependant que la série a survécu, et de loin, à sa commande initiale de 200 épisodes (ce qui était déjà pas mal pour une telenovela), pour atteindre un total de 809 épisodes !

Krepost Svetofor Zakrytaia Shkola Obroutchalnoie Kolcho

Pas étonnant, vu ces résultats, que la statuette remise à l'occasion des TEFI représente un Orphée tordu de douleur... On le serait à moins.

Posté par ladyteruki à 03:01 - Love Actuality - Permalien [#]