ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-08-13

Population carcérale

Découvrir des séries de tous horizons permet de distinguer certaines tendances qui semblent, dans plusieurs pays à la fois, se dessiner en même temps, sans apparente concertation. C'est agréable, cette impression d'avoir une vue d'ensemble.

Parfois il suffit d'un succès pour contaminer toute la planète, parfois c'est moins facilement traçable. Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas ce qui s'est passé, les projets ayant été lancés en quasi-parallèle. Ce cas qui nous occupe aujourd'hui, ce sont les fictions carcérales.
Encore que ce n'est pas assez précis, pardon : les fictions carcérales avec des femmes.

Si vous le voulez bien, récapitulons ce que les derniers mois nous ont rapporté en la matière des quatre coins du globe :
- Juin 2012 : Dead Boss aux Royaume-Uni
- Septembre 2012 : Unité 9 au Canada
- Mai 2013 : Wentworth en Australie
- Juin 2013 : Orange is the new black aux USA
Seulement 4 séries ? Pas de quoi dessiner une tendance, me direz-vous ! Oui enfin, d'une part, ce sont 4 séries qui sont apparues en un an, dans 4 pays différents, quand il n'y en avait eu les années précédentes dans aucun pays du monde ; et d'autre part... ce post n'est pas fini ! ...Loin de là !

Il y a, certes, à intervalles réguliers, des séries carcérales féminines qui pointent régulièrement leur nez sur la planète ; mais ce sont des phénomènes isolés, quand, pour la première fois depuis longtemps (et en tous cas dans des proportions inégalées), tout le monde semble vouloir SA série sur le sujet.
Parmi les exemples ayant précédé de quelques années cette petite vague carcérale, on peut citer évidemment la mexicaine Capadocia, qui date de 2008 et que je ne saurais que vous recommander une fois de plus d'autant que les deux premières saisons sont sorties en DVD avec des sous-titres anglais, et sont trouvables par exemple sur Amazon.

Je ne suis, au juste, pas à même de dire quel évènement particulier a directement présidé à la naissance de ces séries, de façon quasi-simultanée, s'il y en a un. Par contre, la symbolique et le message de ces séries, que je m'apprête à discuter dans le post qui va suivre, peuvent peut-être servir de piste de réflexion pour expliquer cette curieuse petite mode.

OrangeistheNewBlackYou got that right : orange really is the new black !

Mais d'abord, un peu d'histoire.

Le genre du women in prison, car c'est bien d'un genre qu'il s'agit, a connu un boom au cinéma dans les années 60 et surtout 70. Le thème n'était cependant pas tout-à-fait nouveau : on trouve des films women in prison dés les années 20 (les thématiques ne sont toutefois pas explorées de la même façon ; on y reviendra).
En tous cas, l'intention derrière ces films est toujours un peu la même : c'est plutôt le genre de film indépendant qu'on fait sans trop de moyens, et avec l'objectif relativement avoué de montrer des femmes en toute gratuité, dans une configuration "sexy" ou supposée telle. C'est le cinéma sexploitation.

Il y a donc point essentiel à la base de ce genre : tous les prétextes sont bons ! Si une femme se bat (et elle va se battre), ses vêtements seront arrachés ; si elle est sale (et elle va être sale), elle va devoir prendre une douche ; si elle est punie par les autorités de la prison (et elle va être punie), alors elle sera attachée/fouettée/battue de la façon qui sera aussi "sexy" que possible. Les films ne sont pas tous égaux devant cette sexualisation (ni sur la signification de celle-ci), mais elle reste commune au genre.
De surcroît, ces films opposent souvent une femme à la planète entière, ou en tous cas, à tous les humains qu'elle rencontre en prison, ne recevant d'aide ni de la part des geôliers, ni de la part des autres détenues. Car dans ces films, les matons sont souvent brutaux, voire sadiques, et les autres prisonnières le sont à peine moins ; la torture sous diverses formes tient une place conséquente dans l'intrigue, et les prisonnières sont plus généralement soumises à des mauvais traitements injustifiés, genre fouille corporelle, un grand classique ! Le fait que tout ce petit monde vive en circuit fermé n'arrange évidemment rien à l'ambiance.
Il y a des films présentant des exceptions aux caractéristiques que je viens de citer, c'est vrai ; mais au moins un de ces ingrédients est toujours systématiquement présent dans les films women in prison post-révolution sexuelle.

Le contexte de la prison permet aussi de limiter les lieux de tournage, et donc le budget... ce qui n'est pas du luxe vu que la plupart des films women in prison sont, je l'ai dit, de petites productions indépendantes.

Plaît-il ? Un concept pas cher ? Aha, mais ça, c'est une mission pour la télévision !

Au début des années 70, plusieurs séries vont donc reprendre le concept tel qu'il existe à ce moment-là, se l'approprier, et surtout : trouver le succès. A un tel point que le genre women in prison va devenir une manne... pour les soaps !
Ca parait étonnant dit comme ça, tant on imagine que le contexte d'un soap est plutôt inoffensif (à tort), mais si on y réfléchit, ça a du sens : tourner dans un endroit absolument fermé (donc peu onéreux), avec une distribution pléthorique, et avec la possibilité quasi-infinie de toujours rendre la vie plus difficile aux prisonnières (qui de surcroît sont des femmes), eh bien... ça tombe sous le sens quand on connaît le modèle économique et narratif du soap opera.
Les années 70 vont donc voir la naissance de soaps carcéraux féminins à succès.

Dans ces colonnes, j'ai déjà pu citer la série australienne Prisoner. Lancée en 1979, elle s'inspire ouvertement d'une autre série du genre, d'origine britannique cette fois, appelée Within These Walls, et diffusée à partir de 1974 (et ce, alors qu'à l'époque les formats voyagaient moins bien qu'aujourd'hui !). L'originalité de Within These Walls, vis-à-vis des films women in prison, était de s'intéresser non pas aux prisonnières, mais plutôt au personnel de la prison et aux difficultés qu'il rencontrait dans sa mission, ce qui était déjà une innovation en soi par rapport à l'héritage des films. En humanisant les geôliers, Within These Walls se montre déjà plus soft dans ses représentations.

Ces séries vont d'une part être d'importants succès d'audience dans leur pays natal, mais surtout, seront largement diffusées de par le monde.
Diffusée en hebdomadaire, mais en calquant son modèle narratif sur celui du soap, Within These Walls s'achèvera 4 ans après son lancement ; en revanche, Prisoner sera plus longue : elle devait initialement être une mini-série, elle comptera au final 692 épisodes et s'achèvera en 1986.

Pour mieux comprendre l'impact national et international de Prisoner, je vous encourage donc vivement à relire mon post sur l'histoire de la série à travers les décennies. Le post du jour est bien assez long comme ça !

Etonnamment, alors que le phénomène women in prison rencontre le succès à la télévision, en priorité dans le monde anglophone, l'équivalent qu'on pourrait qualifier de men in prison n'existe pour ainsi dire pas, et en tous cas pas dans les mêmes conditions (le genre n'est d'ailleurs pas non plus répertorié au cinéma comme s'inscrivant dans le courant de la sexploitation).
On peut évidemment arguer qu'une fiction carcérale, qu'elle mette en scène des prisonniers hommes comme femmes, a nécessairement tendance à parler de thème violents, et à tenter la surenchère. Je vous l'accorde bien volontiers. Mais "étrangement", les personnages sont plus sexualisés dans le cas des séries féminines. De surcroît, là où le lesbianisme est un thème quasi-systématique des séries avec des femmes, l'homosexualité reste plus marginale dans les séries à population masculine, ou alors elle se limite à des sous-entendus. Pour faire la comparaison, regardez la série américaine Papa Schultz ! Certes elle est un peu antérieure aux soaps women in prison, mais rares y sont les situations explicites...
Il faut préciser à ce propos que les séries carcérales masculines de l'époque sont plutôt des comédies ; c'est le cas par exemple de la britannique Porridge, datant également de 1974. Il ne viendrait pas à l'esprit de grand'monde de torturer les prisonniers jusqu'à ce qu'ils se retrouvent à moitié à poil ! Deux poids deux mesures, comme souvent en la matière.
Je sais à quoi vous pensez et, oui, je vais en dire un mot si vous me permettez cette digression. Vu que je prépare actuellement mon post bilan de la série, on peut se demander si Oz, certes pas du tout contemporaine des séries que je viens de citer, ne tombe pas, ponctuellement, dans la plus basique des configuration propres au cinéma de sexploitation carcéral ; on y trouve après tout de nombreux acteurs montrant leurs fesses ou en full frontal, et une intrigue homosexuelle explicite parcourt une bonne partie de ses saisons. Cependant, la nudité des personnages masculins a-t-elle vraiment la même signification ? Les hommes nus dans Oz expriment des choses très variées, et pas nécessairement l'humiliation sadique qu'on trouve dans la sexploitation. Quand bien même : la série trouve une dimension philosophique et sociale qui permet de lui économiser un label peu enviable, mais il est vrai que dans ses pires épisodes, Oz ne fait sûrement pas mieux qu'un soap carcéral un peu gratuit... Faut-il s'en réjouir ? Ce sera un autre sujet pour un autre jour.

TenkoLes prisonnières de Tenko.

Après les années 70, les séries carcérales féminines feront leur apparition sur les écrans de façon plus sporadique, et surtout avec un retentissement moindre. Si j'arrondissais à la louche, je dirais qu'une deuxième vague, ou plutôt mini-vague, enfin un clapotis quoi, est apparue pendant la décennie suivante ; peut-être par effet de bord avec la diffusion de Prisoner qui était en cours, et connaissait toujours un grand succès.
En effet, en 1980, un remake de Prisoner est en projet aux USA ; le pilote de Willow B: Women in Prison ne sera pas retenu, cependant il augure d'une future tentative qui sera plus fructueuse. Mais surtout, deux séries apparaissent pendant cette décennie : d'une part Tenko en 1981 (trois saisons et un téléfilm de réunion), et de l'autre... Women in Prison, diffusée par FOX en 1987.

Ce qui est intéressant avec ces deux séries, c'est leur façon de revenir aux sources du cinema qui a donné naissance au genre, et, en même temps, d'en rompre certains codes, faisant ainsi progresser le modèle.

Ainsi, une grande partie des productions de longs-métrages women in prison revêtaient un caractère exotique : c'est le sous-genre "jungle prison", qui permet de filmer des actrices moites (tout benef'), mais aussi de sembler moins virulent envers le système pénal et d'utiliser une république bananière comme métaphore de la société actuelle. On ne compte plus les films du genre, à partir des années 70, se déroulant dans une prison moite, généralement quelque part en Asie. C'est précisément le choix que fait Tenko, co-production australo-britannique qui se déroule en 1942 après la chute de Singapour, dans un camp d'internement japonais.
Dans cette prison au milieu de la jungle se retrouvent enfermées des européennes capturées par l'armée nippone, alors qu'elles tentaient avec d'autres expatriés de fuir Singapour. Preuve que le choix de l'univers carcéral est au moins autant financier que créatif (la série a vu le jour alors que sa créatrice faisait des recherches sur une infirmière ayant vécu dans un camps similaire), la série sera entièrement filmée dans un entrepôt du Dorset, à l'exception de ses deux premiers épisodes, extrêmement onéreux et filmés on location.
Pourtant, ce qui différencie fondamentalement Tenko du reste des séries sus-mentionnées, c'est que ses héroïnes ne sont pas des criminelles, mais des prisonnières de guerre. Et elles vont non pas se retrouver dans une situation de violence mutuelle, mais s'unir contre leurs geôliers étrangers, du moins dans la première saison (la seconde, située dans un nouveau camps, mettra en scène des femmes "collabos" qui tiennent la prison japonaise ; la troisième mettra l'accent sur leur libération).

Quant à l'américaine Women in Prison, dont on peut difficilement douter vu son titre que ses producteurs ignorent ce qu'ils font, elle reprend le principe très classique de l'innocente injustement condamnée, qui se retrouve dans un univers carcéral dont elle ne connaît pas les codes. Toutefois, et c'est une première pour le genre, il s'agira cette fois d'un sitcom multi-camera. La série n'obtiendra jamais les "back nine", et sera annulée après la diffusion de ses 13 épisodes.

Ces fictions sont des séries hebdomadaires qui s'inscrivent dans leur genre atitré (drama pour Tenko, comédie pour Women in Prison) et s'éloignent du soap.
La toute dernière série anglophone sur le sujet à être diffusée en quotidienne est Dangerous Women, lancée en 1991 en syndication aux USA ; mais il s'agit d'un remake de Prisoner, elle en reprenait de nombreux personnages, des intrigues, et bien évidemment la structure. D'ailleurs le succès ne sera pas vraiment au rendez-vous, et après une saison, Dangerous Women disparaîtra de l'antenne.

En 1999, ce sera finalement au tour de la britannique Bad Girls de reprendre le flambeau, là encore au format hebdomadaire ; jouissant d'une belle longévité, la série durera au total 8 saisons. Les USA ont d'ailleurs envisagé plusieurs d'en faire un remake : d'abord sur FX, puis sur HBO par Alan Ball, et finalement en 2012 sur NBC par John Wells... avant de se raviser. Bad Girls a également été diffusée dans de nombreux pays du monde, bien que souvent de façon incomplète.

HinterGittern
Hinter Gittern
, le plus littéralement du monde.

En dehors du "triangle" Grande-Bretagne/Australie/USA, les séries carcérales féminines sont inexistantes pendant plusieurs décennies. Dans de nombreuses contrées, le concept de women in prison, s'il est jamais exploité, l'est plutôt au cinéma (indépendant) qu'à la télévision : on compte par exemple de nombreux films du genre en Italie et en Asie (un peu NSFW).

Cela fait moins d'une décennie seulement que les choses ont commencé à changer.
Outre les exemples de Capadocia et Unité 9, plus amplement détaillés dans des posts antérieurs, voici une petite liste de ce que le monde non-anglophone a pu proposer dans le domaine en l'espace de quelques années.

Tout commence avec Hinter Gittern ("derrière les barreaux"), une série allemande qui voit le jour en 2007. Si ses intrigues sont plutôt classiques sur le fond, son cas est cependant un peu atypique sur la forme puisque, bien que la série soit diffusée de façon hebdomadaire, elle emprunte aux codes du soap, rappelant ainsi, encore une fois, combien elle doit à Within These Walls et surtout Prisoner ; elle est, en outre, diffusée sans interruption à longueur d'année, exactement comme de nombreux soaps.
Hinter Gittern connaîtra même des crossovers avec des soaps allemands, plus précisément Gute Zeiten, Schlechte Zeite et son court spin-off Großstadtträume. Lors de ces crossovers, des femmes arrêtées dans l'un des soaps étaient alors envoyées purger leur peine ou attendre leur procès dans Hinter Gittern.

Cette série sera adaptée en Turquie la même année, sous le titre de Parmaklıklar Ardında (une traduction littérale), tournée dans la véritable prison de Sinop qui avait été fermée quelques années plus tôt. La version turque durera 3 saisons, contrairement à la série allemande qui en comportera 16 au total (il faut dire que ses saisons sont découpées de façon assez hors normes).
Jusque là, la Turquie n'avait jamais connu que des mini-séries carcérales en assez petit nombre, évitant de passer trop de temps dans cet univers anxiogène. Elles étaient de sucroît toutes centrées sur des prisons pour hommes, à l'instar de la mini-série Köpek en 2005 (également tournée à Sinop, d'ailleurs). Là où Parmaklıklar Ardında donne dans les thèmes habituels du genre women in prison (évidemment en s'adaptant à la culture turque), Köpek en revanche interroge le cycle vicieux de la criminalité, à travers l'histoire d'un homme né en captivité et qui finit par y passer la plus grande partie de sa vie, devenant ainsi un véritable prédateur. Au passage, vu la réputation des prisons turques depuis Midnight Express, ça doit valoir le coup d'oeil !

Intéressante aussi mais pour une toute autre raison : la série vietnamienne Định Mệnh Oan Nghiệt, diffusée en 2007. Cette fiction offre un twist original à la formule classique : la série commence alors que trois soeurs, orphelines et élevées séparément dans différents foyers ou familles d'accueil, se retrouvent dans une même prison, suite au crime de l'une d'entre elles qui fait boule de neige. Du fait de leur histoire particulière, elles sont à la fois dans une situation classique du women in prison, c'est-à-dire sont seules contre tous (subissant à la fois la violence des co-détenues et celle de leurs gardiens ; de surcroît leur background a aussi des conséquences sur leurs rapports avec la direction de la prison), tout en étant, à l'instar des femmes de Tenko, unies face à l'oppression.

Unite9_JeanneJeanne d'Unité 9, l'une des créatures blessées qui peuplent invariablement les séries women in prison.

Oppression, le mot est lâché. Car quelle est, au fond, la symbolique de toutes ces femmes enfermées, série après série, décennie après décennie ?

Le principe de montrer des femmes en prison repose en effet sur une dynamique bien différente d'une prison pour hommes.
Aux origines des films des années 20, le genre women in prison s'appuie volontairement sur un paradoxe, qui sera régulièrement repris par la suite : d'une part, la femme est considérée comme naturellement douce, gentille et sensuelle ; mais puisqu'elle est une mise au ban de la société et qu'elle est considérée comme criminelle, ces qualités sont perverties et elle devient alors violente, malfaisante, et se livre à une sexualité considérée comme plus masculine, c'est-à-dire brutale voire dégradante (ou, dans le cas des films des années 20, elle se livre à une sexualité quelconque, ce qui la dégrade automatiquement).
La sexploitation conduira à une érotisation progressive (bien que pas systématique) de ces thèmes au cinéma, et donc à la télévision.

Il est courant chez la quasi-totalité de ces séries de passer les portes de la prison aux côtés d'une femme qui, elle, au contraire, est bel et bien douce, gentille, et innocente (si possible y compris sur un plan sexuel). Faites le test sur les séries carcérales féminines que vous connaissez !
En fait, c'est bien simple : une héroïne principale de série women in prison est toujours innocente par défaut. Elle a tué ou manqué de tuer quelqu'un ? C'était de la légitime défense : c'est le système qui est bancal. C'est précisément ce que la série a pour vocation de souligner : une femme a suivi les règles du jeu, a quand même fini condamnée, et va maintenant vivre une descente aux Enfers dans un univers auquel rien ne la destinait.

C'est d'ailleurs vrai pour les autres séries qui vont employer l'axe de la femme en prison temporairement, bien que n'ayant pas comme sujet central la vie en prison elle-même. Prenez par exemple Just Cause, série canadienne totalement oubliée (dont je ne me souviens que parce qu'une actrice de la saison 3 de Rude Awakening y tenait le rôle principal). Toute l'histoire repose sur le fait que l'héroïne a été emprisonnée pour un crime qui n'était pas le sien (mais celui de son mari), et qu'elle passe son incarcération à obtenir son diplôme en droit. Elle bénéficie ensuite d'une libération sur parole pour sa bonne conduite, pendant laquelle elle va se démener pour aider d'autres personnes accusées injustement et leur éviter la prison.
Plus occasionnellement encore, certaines héroïnes de séries autrement filmées hors des murs d'une prison, se retrouvent à l'ombre le temps d'un épisode ou moins, comme par exemple Loïs Lane dans Loïs & Clark. Là encore, Loïs est piégée pour un crime qu'elle n'a pas commis, et se débat contre un système qui se retourne contre elle, alors que Loïs est une working girl performante qui a suivi les règles de la société pour s'imposer socialement et professionnellement. Quelle injustice !
Au passage, mentionnons qu'un magnifique hommage aux films women in prison des années 70 sera rendu dans un épisode de Pacific Blue où l'une des fliquettes s'infiltrera dans un pénitentier, se faisant passer pour une détenue ; il est vrai que les dernières saisons de Pacific Blue n'étaient que pure sexploitation à partir du moment où chaque épisode était prétexte à aborder un nouveau fétiche, soi-disant en s'infiltrant dans un nouvel environnement pour mener une enquête, mais cela reste un parfait exemple. Oui j'étais devant la télé dans les années 90, sue me.
On pourrait citer plein d'autres exemples, naturellement. Pour ma part je n'en ai pas vu certains, à l'instar de, attention spoiler pour les retardataires, Weeds, mais je vous laisse le soin d'explorer ces exemples en commentaires ; il y a des chances pour que dans le lot, on trouve des exceptions qui confirment la règle !

Le but du jeu dans tous les cas : voir l'oie blanche (ou l'équivalent de l'oie blanche dans un milieu criminel) lutter contre la tentation de devenir elle-même une créature violente, malfaisante et à la sexualité brutale, la suivre alors qu'elle s'accroche à son innocence... mais, inexorablement, la perd progressivement à travers la réalité de la prison. Pour le plus grand délice sadique du spectateur, comme souvent.

C'est souvent sordide, si l'on y pense. Car la forme-même de la série (et à plus forte raison du soap), contrairement au film, implique qu'une libération n'est pas à envisager dans l'immédiat (plus de prisonnière = plus de série !). Il est dans l'intérêt des scénaristes et donc des spectateurs de faire durer la peine, de ne pas tendre vers une sortie, ni même une amélioration derrière les murs.
L'objectif d'une série carcérale au sens large est de durer, et donc de maintenir la population enfermée dans une situation traumatique ; la surenchère en est une conséquence logique. De ce fait, les séries women in prison n'ambitionnent pas de redresser les prisonnières, ni de faire en sorte qu'une condamnée puisse réintégrer la société, et y trouver une place "honnête" ou en tous cas acceptable.
On l'a dit, les fictions carcérales féminines sont nées dans les années 70, et puisent dans les films d'alors leurs origines. Du coup, rares sont les fictions du genre, y compris aujourd'hui, qui explorent les thèmes des tous premiers films women in prison. Les longs-métrages des années 20 et 30 insistaient en effet sur la réhabilitation, la réintégration de la femme criminelle (ou considérée comme telle par la société) dans une vie plus rangée, plus conventionnelle. Réinsertion était le maître-mot, c'était surtout la méthode qui changeait : si certains films passaient par un pur et simple redressement (presqu'un dressage), la plupart en revanche privilégiaient la notion d'amélioration de la prisonnière elle-même, ou de l'univers carcéral au sens plus large. On retrouve peu ou pas cet ingrédient dans les séries women in prison.
C'est assurément un signe des temps, aussi.

Que les prisonnières se mettent bien dans le crâne qu'elles sont enfermées pour de bon, là où beaucoup de fictions carcérales masculines mettront plutôt l'accent sur l'espoir de liberté ; sans même aller jusqu'à évoquer The Shawshank Redemption, c'est quand même un peu tout le postulat de Prison Break. Dans l'imaginaire de ces fictions, la femme est prisonnière. Enfermée. Il faut la faire plier. Elle va tenter de réagir, de s'adapter... mais pas vraiment de s'échapper : ce n'est pas le propos de ces histoires.
Femme, tu appartiens à tes geôliers, donc. Il dépend de leurs bonnes grâces que tu ne finisses pas tailladée dans la cour ou poignardée dans une douche (et qu'ils soient hommes ou femmes influe assez peu sur leur cruauté, comme le montre l'exemple de Tenko). Le véritable geôlier est le spectateur, naturellement. Les origines "sexploitatives" du women in prison télévisuel sont là pour nous rappeler que c'est là tout le sens que prend l'enfermement de ces femmes, vu qu'il s'agissait d'un cinéma par essence voyeuriste.

D'ailleurs, puisque l'héroïne est innocente (ou victime des circonstances, ou au moins d'une grande naïveté), il n'est donc même pas même pas vraiment question de punir une criminelle, mais de rabaisser une femme qui n'a rien fait de mal d'autre que d'exister dans une société qui lui est défavorable, de la torturer mentalement, émotionnellement, physiquement, et de la pousser dans des comportements sexuels qu'elle n'aurait bien souvent pas choisis à l'air libre (la convoitise, les attouchements et le viol sont, naturellement, très présents dans ces fictions).

Le jour où une série women in prison se sera totalement extirpée du trope de l'héroïne qui est là sans raison valable autre que les injustices, on aura vraiment écarté la dynamique des films notamment sexploitation dans les séries women in prison ; mais pour le moment, ils restent tout de même la plus grande influence sur les fictions télé du genre.
Et il y a une autre bonne raison à cela.

Capadocia_OnsenlassepasCapadocia, on s'en lasse pas.

Quand une série carcérale féminine veut éviter la gratuité (et c'est de plus en plus le cas reconnaissons-le), la perte d'innocence est  métaphorique ; quand évidemment, elle peut être prise de façon plus littérale dans une série plus décomplexée ; rappelons au passage que dans les années 70, les soaps australiens en particulier étaient très chauds (tiens, je vous ai déjà parlé de Number 96 et The Box ? Ah, oui.).
Dans ce cas, il reste toujours l'option de déléguer aux personnages secondaires les intrigues les plus explicites ; là encore, c'est ce qu'ont choisi de faire les séries de l'année écoulée. Et puisqu'on parle de personnages secondaires, eux aussi sont un peu toujours les mêmes : la prisonnière âgée qui s'est adoucie et aide les nouvelles à leur arrivée, l'animal qui n'a presque plus rien d'humain et laisse libre cours à ses pulsions (oh, Bambi), la jeune mère qui s'inquiète pour ses enfants, et ainsi de suite.

Lorsque cette gratuité est évitée pour tout ou partie, la violence décrite prend alors la forme d'une dénonciation sociale.
C'est le but avoué du genre depuis les tous premiers films women in prison des années 20 ; les séries ne font pas exception. Dans son essai "Women in prison movies as feminist jurisprudence", paru dans le Canadian journal of women and the law, la professeure Suzanne Bouclin explique en introduction que :

"certains [films women in prison] offrent des façons d'imaginer la violence de l'Etat et des pratiques judiciaires ainsi que l'inhumanité des institutions de manière à laisser entrevoir des injustices plus grandes de genre, de race et de classe, qui rendent certaines femmes en particulier plus vulnérables à la criminalisation et à l'incarcération."

Comme la plupart des séries carcérales au sens plus large, les séries women in prison accomplissent la même mission, quoi qu'à des degrés variés, et sur des modes qui varient au cours de leurs saisons. A travers des scènes qui peuvent parfois sembler relever de la plus pure et simple sexploitation, les séries carcérales féminines se montrent alors incisives dans leur façon de dépeindre les inégalités sociales auxquelles les femmes font face, et qui les conduisent en prison bien malgré elles.

Le réquisitoire le plus explicite à cet égard est celui de Capadocia ; en choisissant de montrer également ce qui se passe à l'extérieur de la prison, et plus précisément parmi les autorités pénitentiaires, politiques et économiques (...essentiellement masculines), la série met en évidence le "piège" qui s'est resserré sur bon nombre des femmes aujourd'hui derrière les barreaux.

La journaliste mexicaine Marcela Turati met d'ailleurs ce phénomène en exergue dans son article "Capadocia: La realidad que supera la ficción", où elle met en parallèle les personnages et intrigues de la série de HBO Latino, avec le parcours de véritables prisonnières mexicaines qu'elle a rencontrées. Pour elle, les femmes en prison ne sont pas des criminelles mauvaises jusqu'à la moëlle, mais avant tout des femmes fragilisées socialement. Elle cite les statistiques : sur 11 000 femmes incarcérées au Mexique, 96% des sont mères d'au moins trois enfants, 70% n'ont pas dépassé le niveau de l'école primaire, et 20% sont analphabètes. Des chiffres qui n'ont rien de strictement mexicains.
Et de citer le monologue d'un des personnages de la série, l'avocate Teresa Lagos spécialisée dans les Droits de l'Homme, expliquant à un étudiant qui lui demande pourquoi s'occuper des droits des prisonnières :

"Certains crimes sont commis avec préméditation, mais il n'y a pas que cela. Il ne s'agit pas de dire que toutes les victimes sont innocentes, mais qu'une bonne partie des prisonniers qui vivent dans les prisons de notre pays sont emprisonnés pour des erreurs administratives, des défaillances dans le système de justice, parce qu'ils n'ont pas mille pesos pour payer un pot-de-vin. Historiquement, notre société a toujours puni sévèrement les femmes et les épouses. Nous ne pardonnons pas à nos mères, à nos sœurs ou à nos filles ce que nous pardonnons aux hommes de notre famille. La société impose à la femme une responsabilité qu'elle n'a pas demandée. Il est attendu de nous de la soumission, de l'abnégation, et le renoncement à nos désirs, parce que l'homme né de la famille est à la base de la société, et que la femme est à la base de la famille. Mais qu'advient-il lorsque vous supprimez la base de la base ?"

Un sujet exploré plus en profondeur, bien que hors des murs d'une prison, par la série argentine Mujeres Asesinas (adaptée sous le même titre au Mexique, et bientôt aux USA sous le titre Killer Women).
Cette série, dont le format est anthologique, s'applique à montrer des meurtres commis par des femmes que souvent jusque là rien ne prédisposait à la violence. D'ailleurs, la structure-même de la série le met bien en évidence, notamment à travers les titres des épisodes. Ceux-ci portent en effet des appellations suivant le modèle : "Marta Odera, monja" (Marta Odera, la nonne ; c'est le titre du pilote de la version argentine). Si tous les titres ne sous-entendent pas forcément que les femmes assassins sont nécessairement innocentes à l'origine, beaucoup le sont, ou vivent dans une situation compliquée qui en fin de compte les pousse dans leurs retranchements, telle "Felisa, desesperada" (Felisa, désespérée).

Tout n'est donc à jeter dans ces séries carcérales féminines, vous l'aurez compris : loin de là. Cela ne signifie pas non plus qu'elles sont dans la gratuité permanente.
Ces fictions sont capables de dire quelque chose d'intéressant sur la nature humaine ou la Justice, mais aussi sur la condition des femmes dans une société patriarcale. Mais leur concept de départ et la critique sociale qui se trouvent dans ces séries reposent simplement sur une mise en scène généralement plus sexualisée (et pas de la même façon) que pour les séries carcérales masculines.

GorusGunuKadinlari "Eylül'de" qui signifie "en septembre", on en a tous profité pour apprendre un mot de Turc dites donc.

Vous pensiez que c'était fini ? Pas franchement. Ainsi que j'ai pu le dire, l'idée n'est pas nouvelle, et ne risque donc pas de disparaître de sitôt.
La preuve avec une fiction carcérale féminine prévue pour la Turquie, et cette fois ce n'est pas un remake : Görüş Günü Kadınları, commandée par la branche locale de FOX, et suivant le destin de quatre femmes emprisonnées ; la série débarque pour la rentrée automnale sur la chaîne.

Et en attendant, je termine de rédiger ma review du pilote d'Orange is the new black. Ah oui ! Parce que je ne vous l'avais pas dit ? Au départ, c'était sur cet épisode que je voulais écrire pour mon post du vendredi...

Posté par ladyteruki à 14:33 - Série de valeurs - Permalien [#]

09-06-13

Monsters are not born, they're made

Pardonnez-moi, mon père, parce que je n'ai pas tout regardé. Je sais, c'est péché. Mais entre nous, regarder le pilote d'une série australienne de 692 épisodes, c'est un peu tenter le Diable, quand même ! Sans compter que je ne pense pas avoir déjà regardé de séries australiennes datant des années 70 et qu'il vaut peut-être mieux tenter les années 90 ou 80 avant, histoire d'y aller progressivement. Alors du coup, non, je n'ai jamais vu Prisoner, la série carcérale qui est à l'origine de la naissance de Wentworth (je recommande plus que vivement la lecture de mon petit post historique sur le sujet, d'ailleurs).
Alors, vous me pardonnez, mon père ? Promis, je réciterai trois "Je vous salue Mary Tyler Moore pleine de grâce" pour faire amende honorable.

Wentworth

Parfois la téléphage s'effraie de toujours regarder un peu la même chose. 
Pour vous donner un exemple : quand on me dit "la série met en scène un flic qui...", eh bah ça y est, mon cerveau se met en mode autopilote, je me laisse gagner par l'ennui, alors que finalement ça ne veut rien dire, il y a de bonnes séries avec des flics. Je crois. Bon là je vois pas d'exemple, mais c'est principalement par mauvaise foi. Ca doit forcément exister.
Toujours est-il que parfois, certains sujets peuvent nous inciter à nous tenir à l'écart d'une série, simplement par peur de la redite.
Alors, quand Wentworth dit vouloir accompagner les débuts d'un personnage (fut-il emblématique de Prisoner) dans une prison pour femmes, pardon, mais la téléphage a tendance à réprimer un baillement voire même carrément se braquer. Déjà que, quand la téléphage a tenté Unité 9, la téléphage a été surprise de ne pas y voir une redite de Capadocia... faut ptet voir à pas trop tenter le sort.

Et finalement, même avec énormément de points communs, Wentworth finit par faire vivre une expérience assez différente de celle qu'offre Unité 9.
Ne vous laissez pas abuser par le fait que les choses commencent de façon similaire ; le fait que Bea Smith, comme Marie Lamontagne, soit envoyée en prison, dans un bloc où vivent en commun plusieurs prisonnières, au sein d'un univers dont elle ne connait rien et qu'elle observe avec de grands yeux effarés, n'est que le point de départ à partir duquel les deux séries vont pas mal diverger.
D'abord parce qu'on ne ressent pas du tout l'humanité d'Unité 9, sa prison moderne où les prisonnières se comportent en groupe de façon à peu près civilisée. Ensuite parce qu'on n'est que très peu dans l'exposition ; là où Unité 9 prenait son temps pour parler des premières heures de détention (il avait fallu attendre le 2e épisode, après tout, pour entrer dans le vif du sujet), détaillant la honte, la peur et l'humiliation par le menu, Wentworth s'active afin de présenter sommairement le contexte. L'incontournable séquence de fouille sera en effet présente dans le pilote, mais elle n'a pas du tout les mêmes effets que dans le glacial second épisode d'Unité 9.

Mais surtout, la violence de Wentworth, sans atteindre les sommets d'un Capadocia (ou d'un Oz, pour parler aussi du pendant masculin), est bien plus présente que dans la série québécoise. On s'y sent oppressé, ébloui, désorienté en permanence ; la réalisation se donne du mal pour ça, il faut le dire, jouant sur les éclairages comme les couleurs, ainsi qu'en s'appuyant sur des musiques efficaces en diable, là où Unité 9 se contentait d'un réalisme finalement un peu tristounet par comparaison.
Dans ce monde forcément effrayant, Bea va donc vivre des premières heures bien loin de celles que lui connaissent les spectateurs australiens qui ont gardé d'elle le souvenir d'une meneuse, d'une battante ; elle est le mouton qui vient se faire manger la laine sur le dos par celles qui savent, celles qui maîtrisent les codes.

Le fait que Wentworth soit un "prequel moderne" (comme c'était le cas pour Bates Motel qu'on a pu évoquer plus tôt cet après-midi, d'ailleurs) finit par avoir un sens en soi, en fait : montrer comment, de pauvre victime déphasée, Bea Smith va devenir la chef officieuse de la prison, est déjà un témoignage en soi. C'est comme si les scénaristes disaient : vous savez ce qu'elle va devenir, le rôle de Wentworth est donc non seulement de vous dire comment elle va le devenir, mais aussi, à travers cette évolution, de vous indiquer qu'elle va devoir faire le deuil d'une part d'humanité. Prendre de l'influence ne se fera pas en un jour, et pas sans y laisser des plumes ; le seul pilote, déjà, montre combien Bea est soumise aux influences, aux manipulations, aux punitions, aux accusations. Vu la tournure que prend la fin de cet épisode inaugural, ça ne va pas s'arranger de si tôt ! Et c'est finalement le tragique message de Wentworth, qu'une série carcérale sans l'aspect "prequel" ne pourrait pas dire de la même façon, et en tous cas certainement pas si vite : on n'entre pas en prison en ayant la carrure pour mener les autres prisonnière. Cela s'apprend. Et chaque étape de cet apprentissage coûte.
Bien-sûr, Oz nous dit parfois ce genre de choses, mais jamais de façon aussi nette et crue, et certainement pas de façon aussi définitive. Le fait que Wentworth s'inscrive dans une narration qui la précède de trois décennies lui donne tout son sens, souligne toute sa cruauté.

Dans tout ça, quelques regrets tout de même. D'abord, la façon dont, peut-être, la violence est peut-être trop rapidement présente dans cet épisode ; pardonnez que je me répète, mais les derniètes minutes de cet épisode inaugural sont très éprouvantes, non seulement parce que le téléphage est tenu en haleine, mais aussi, voire surtout, parce que sa confusion est entretenue. Ensuite parce que cela devient peut-être un peu trop rapidement, justement, une question de pouvoir : en-dehors de Bea, les personnages seront assez peu fouillés. Certains, comme Franky Doyle, n'ont pas besoin de l'être beaucoup : les spectateurs australiens qui connaissent leurs classiques savent bien qui est Franky, un autre personnage important de la mythologie Prisoner. Mais c'est beaucoup plus dommage pour la plupart des autres, réduits à quelques passages un peu stéréotypés (comme la petite vieille qui s'est mis en tête de rétablir la paix dans le bloc H, ou la mère qui vit là avec sa petite fille en bas âge...). Evidemment, cela n'empêche nullement ces personnages de se développer progressivement : on parle bel et bien d'un pilote ici, tout n'est pas joué. Mais il ressort une impression de superficialité, voire peut-être même de gratuité, qui ne donne pas envie. Dans un registre similaire, Capadocia donnait plus de substance à ses héroïnes.
Enfin, et il faut le noter (je vais aller lire quelques reviews maintenant que j'ai vu le pilote, je pense que plusieurs critiques australiens doivent l'avoir relevé), il y a une certaine victimisation de Bea Smith ; les raisons de son incarcération ont changé, et ce n'est pas innocent. Au lieu, comme dans Prisoner, d'avoir étranglé la maîtresse de son mari et abattu celui-ci, Bea s'est ici rebiffée contre un mari violent qu'elle a cherché à empoisonner au gaz de pot d'échappement. Une fois, juste une fois, j'aimerais qu'on essaye de m'inciter à me mettre dans la peau d'une vraie criminelle, pas d'une criminelle avec des circonstances atténuantes qui justifieraient presque le spectateur plaide pour qu'on relâche la pauvre femme.

L'expérience Wentworth vaut donc la peine, même si, comme moi, vous n'avez pas fait l'effort de regarder la série originale Prisoner. Il ne faut cependant pas vous attendre à une claque, ou en tous cas, pas une claque durable : les effets de ce pilote s'autodétruisent quelques minutes après son visionnage, vous laissant, à la place du souffle coupé qui était le vôtre au terme du pilote, avec une curieuse impression de vide. La vérité se situe sûrement quelque part au milieu...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-06-13

[DL] Wentworth

Dimanche, je serai sur ce blog ET sur Twitter pour un immense #pilotmarathon. Le principe ? A partir de 10h du matin, et toute la journée, je regarderai, livetweeterai, et reviewerai des pilotes ; dans cet ordre. Du coup aujourd'hui, on la joue un peu plus light, avec un post Médicament générique, qui vous propose de jeter un oeil sur un, eh bien, euh, générique.
A l'origine de cette idée, trois constats.
Constat numéro un : lorsque j'ai fait mon hiatus en mars/avril, j'ai pris un retard considérable sur beaucoup de pilotes. Ca ne s'est pas arrangé ensuite.
Constat numéro deux : mes marathons The Cosby Show et Brothers & Sisters ont phagocyté l'essentiel de mon temps ces dernières semaines.
Constat numéro trois : j'aime bien les défis et ça fait quelques temps que je ne m'en suis pas lancé dans ce genre. Donc voilà,

Alors ce soir, histoire de se mettre en jambes, je ne vous propose pas n'importe quel générique, mais celui de Wentworth, la nouvelle série carcérale australienne (dont j'ai pu vous raconter la genèse ici, au cas où vous manqueriez cruellement de lecture) dont justement je n'ai pas encore reviewé le pilote.

Wentworth
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Difficile de ne pas penser à Unité 9 devant ce générique (devant un peu tout qui concerne Wentworth, soyons honnêtes...). On verra bien si cette impression se confirme ou non ; sachant qu'évidemment, le téléphage curieux a tendance à dresser des comparaisons là où il n'y en a pas forcément à faire, les deux séries appartenant à des continents différents, dans des langues différentes, et s'étant vraisemblablement développées indépendamment l'une de l'autre (et quasi-simultanément).

Rendez-vous ici et sur Twitter dimanche, donc, pour en savoir plus sur ce pilote... et tous ceux que j'aurai à mon programme ! Vous serez là ? Moi oui, avec des réserves de jus d'orange pulpé !!!

Posté par ladyteruki à 19:52 - Médicament générique - Permalien [#]

10-05-13

Soyons curieux maintenant, avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui, j'avais initialement prévu de vous faire un post sur Hatufim. Ou plutôt à sa gloire. Pour féliciter arte, qui outre les excellentes séries scandinaves qu'elle ne cesse de nous proposer, s'attache à nous rendre curieux sur plein de pays, dont Israël, un formidable pays pour les séries comme j'ai eu l'occasion de vous le dire à peu près 712 fois dans ces colonnes. Mais après avoir lu les retours sur la diffusion d'hier, j'ai décidé de mettre mon post de côté, et d'aborder une autre question que souligne la diffusion de la série.
Et puis, après tout, combien de fois avez-vous déjà lu des articles comparant Hatufim à Homeland cette semaine ? Comme si vous aviez besoin du mien en plus. Mais au pire, je l'avais fait là.

Hatufim-Portraits

Quelles que soient les qualités de Hatufim (et elles sont nombreuses), quel est foncièrement l'intérêt de diffuser une série dont le remake fait déjà tant parler ? La réponse est dans l'objectif qualitatif, pour ne pas dire téléphagique, qui est clairement celui d'arte depuis quelques années : proposer de bonnes séries, à la fois en gardant un oeil sur le monde et les tendances, à la fois en faisant son affaire de son côté sans s'embarrasser de suivre le troupeau. C'est un pari, peut-être pas quotidien, mais disons, trimestriel. Parfois ça marche, comme avec Äkta Människor.
Et parfois, ça donne Hatufim, 496 000 spectateurs hier soir.

Ouch. Oui, ça fait mal. Mais ça ne fait pas simplement mal parce que moins d'un demi-million de Français aura vu les premiers épisodes de cette excellente série. Ce ne fait pas simplement mal parce que "l'invasion" de séries israéliennes n'est pas pour demain après des résultats comme celui-là. Ca fait mal parce que, concrètement, le public des séries d'arte réagit au buzz. Or le buzz de Hatufim ne travaillait pas pour lui, d'abord parce qu'il y en avait très peu (le succès d'Äkta Människor, c'est aussi une campagne démentielle), ensuite parce que tous ceux qui en ont parler, tous, absolument tous, je prends l'absolu pari que vous ne trouverez pas d'exception à cette règle, ont comparé Hatufim à Homeland.
C'est-à-dire qu'on est parti du principe à la base qu'on allait regarder une histoire déjà très familière aux spectateurs, et que le jeu consistait à montrer les différences entre les deux versions, donc à partir du principe que la connaissance de Homeland par les spectateurs était telle que les spectateurs pouvaient en tirer des conclusions. ...On a quasiment fait passer Hatufim pour le remake !
Homeland, qui de surcroît, jusque là, n'a été diffusée en France qu'en crypté par Canal+, et dont le premier épisode a rassemblé sur la chaîne cryptée 1,3 million de spectateurs. Donc une portion de ces spectateurs allait forcément partir du principe que, bon, j'ai déjà vu une fois, ça va. Une autre portion n'a peut-être pas eu vent de la diffusion de Hatufim (c'est-à-dire que Hatufim ne fait pas les gros titres depuis plus d'un an et demi dés qu'on parle de séries, et n'a pas reçu d'Emmy Award). Et puis une portion a aussi décrété que les séries israéliennes, on veut bien être curieux, mais faut pas pousser quand même (j'en ai dans mon entourage... ou plutôt avais, les funérailles sont lundi).

La question de savoir si arte aurait finalement dû ne pas diffuser Hatufim ne se pose pas : c'est un choix éditorial en parfait accord avec l'identité que s'est forgée la chaîne, ces dernières années, dans le domaine des fictions acquises à l'étranger, c'est-à-dire le choix de la qualité et de l'intérêt intrinsèque de l'oeuvre, par opposition à ses chances évidentes de succès commercial. Personne n'a le sens de la prise de risque noble comme arte en matière de séries. Mais il lui faut déployer tout un couteau suisse de promotion pour réussir son pari ; or du point de ce point de vue, Hatufim était poignardée d'avance.

Par-delà le problème de Hatufim (la sortie en DVD fin mai devrait finalement atténuer nos peines ; vous avez de la chance, j'ai pas eu autant de bol avec Kommissarie Winter l'an dernier), la question qui se pose aussi est celle de l'avenir d'une série originale quand son remake nous est parvenu.
Des séries comme Ta Gordin, Rake ou Réttur deviendront obsolètes du jour où leur adaptation (quand elle voit le jour) aura achevé sa première minute sur les écrans américains.

Parce que telle est encore la loi, dans un monde où, ironie du sort, les séries américaines s'inspirent de toujours plus de nationalités différentes : les USA ont toujours le dessus. Au moins commercialement, ce qui est amplement suffisant. arte a beau essayer de nous ouvrir l'esprit à d'autres espaces, d'autres possibilités télévisuelles, pour le moment, USA is the new black.

Il n'est pas suffisant qu'une chaîne comme arte (mais qui d'autre ?) s'aventure sur des terrains comme Hatufim. Il faut qu'elle débroussaille le champs des possibles et déniche elle-même, sans doute en augmentant encore la prise de risques, les perles de demain dont les exécutifs américains s'arracheront les droits quelques mois plus tard. Dégainer par exemple Penoza avec Red Widow qui passe sur les écrans américains (sans même parler de sa réussite ou non outre-Atlantique), ce serait déjà avoir perdu le pari.
Il faut, pour éviter le piège tendu par le parallèle Hatufim/Homeland, qu'arte diffuse sans attendre les Oforia, les Pressa, les SON, les Arven Efter Veronika (bon enfin, non, arte peut attendre la diffusion danoise pour cette dernière, on n'est pas des bêtes). Ou bien qu'elle choisisse des séries quasiment impossibles à adapter, comme Blackstone, Intersexions, Cloudstreet ou 30° i Februari. Il faut prendre une longueur d'avance. Il n'y a pas le choix.

Soyons curieux maintenant.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

07-10-12

lady's world tour - Escale n°17

-- World Tour --

Pas facile tous les jours de trouver de quoi alimenter ce blog, je vous le dis. Des fois, il ne se passe tout simplement rien dont on puisse parler ! Pas une news, pas un pilote, et ne parlons même pas des projets, R.A.S. ! Comment voulez-vous écrire des world tours dans ces conditions ? C'est une torture.
Mais comme je vous aime bien, je me suis forcée un peu.

Skwizas

- AFRIQUE DU SUD :

* Après deux années d'absence, les petites grand'mères de Skwizas reviennent pour une seconde saison. Dans cette comédie, les héroïnes un peu âgées n'ont plus à s'occuper de leur famille, et peuvent se concentrer sur la façon la plus plaisante de passer leurs journées car pour elles, l'âge est dans la tête. SABC2 a décidé de ramener cette comédie diffusée à l'origine pendant l'été 2010, même si, le temps de développer cette nouvelle salve d'épisodes, il a fallu procéder à quelques changements dans la distribution ; les spectateurs pourront donc constater qu'une mamie qui est partie, et une autre qui accueille sa nièce. La nouvelle saison de Skwizas débarque samedi 14 octobre à 19h.

Rake

- AUSTRALIE :

* C'était la semaine des bonnes nouvelles pour Rake ; outre le projet d'adaptation aux USA, la série était également officiellement renouvelée pour une troisième saison par la chaîne publique ABC1. Une annonce qui ne relève cependant pas de la surprise, puisque l'équipe de la série fondait de solides espoirs en un renouvellement.
* Parfois, même quand une chaîne n'annonce pas clairement ses renouvellements, on peut les deviner : c'est ce qui se passe quand des fonds sont alloués à certaines productions. Chez Film Victoria, on vient d'accepter de subventionner plusieurs séries d'ABC, la plus importante étant probablement la dramédie morbide Laid, qui obtient ainsi une troisième saison. Deux séries obtiennent aussi une seconde saison : la série pour la jeunesse Dead Gorgeous, lancée en 2010, et la comédie twentysomething, qui avait pourtant disparu des radars après sa diffusion à l'automne 2011. D'autres projets de nouveautés d'ABC ont également reçu leur argent de poche : la comédie It's a Date, et les séries The Athletes et Small Boy (dont on suspecte qu'il s'agirait du projet A Better Man de SBS sous un nouveau titre). Comme ces projets n'ont pas encore été annoncés par le groupe public, il faudra attendre un peu avant d'en savoir plus sur les pitches de ces séries.
* Et puis, le développement de la série carcérale Wentworth, pour l'opérateur câble et satellite FOXTEL, s'est poursuivi tout l'hiver, et on sait enfin quels sont les acteurs principaux retenus pour cette version réimaginée de la série culte Prisoner. Seront donc au générique : Danielle Cormack (...actuellement dans Rake), Nicole Da Silva (Rush, East West 101), Celia Ireland (Laid), Catherine McClements (Rush, Brigade des mers), Kate Atkinson (Offspring), Leeanna Walsman (Underbelly: Badness) et une nouvelle dans la profession, Shareena Clanton. Les 10 épisodes de Wentworth doivent apparaitre sur SoHo (le nouveau nom de la chaîne W depuis cet été) en 2013 ; le tournage commence la semaine prochaine à Melbourne et devrait durer 4 mois.
* Et puis, le 16 octobre démarrera The Strange Calls, un projet transmédia de SBS annoncé depuis plusieurs mois, dans lequel une petite ville côtière va être le théâtre d'évènements surnaturels. Les 6 épisodes de la série sont complétés par des webisodes, ainsi que des intrigues complémentaires à suivre sur Facebook et Twitter. Mais dés le 9 octobre, une preview sera accessible sur le site de VOD public iView. On y retrouvera Toby Truslove, héros d'Outland un peu plus tôt cette année.

Flashpoint-DVDAllemand

- CANADA anglophone :

* On n'en parle pas souvent dans ces colonnes, mais Flashpoint est LA série canadienne du moment. Ah ouais, vous ne me croyez pas ? Alors vous croirez peut-être ceci : cette semaine, elle est devenue la première série canadienne depuis 16 ans à remporter la case horaire (ô combien convoirée) du jeudi à 22h. La première. En 16 ans. Dans l'intervalle, seules des séries américaines ont réussi à être leader. Pas mal, non ? La série est en effet regardée par 1,45 million de spectateurs, volant ainsi la vedette à la diffusion d'Elementary sur Global (1,38 million de spectateurs). Ah non mais oui, ok, je vois d'où vient la méprise : quand je disais "LA série du moment", je ne parlais pas forcément de qualité...
* De son côté, Citytv a mis en route la production de Seed, une série qui, si vous suivez les world tours régulièrement, vous rappellera El Donante : il y est question d'un homme qui découvre que sa contribution à une banque du sperme a donné naissance à de nombreux enfants... très nombreux ! Alors qu'il découvre l'existence de ces enfants, il apparait également dans la vie de leurs parents, ce qui n'est pas toujours très bien accueilli. En tout ce sont 13 épisodes qui ont été commandés, et qui mettront en vedette Adam Korson et Carrie-Lynn Neales, des acteurs jusque là abonnés aux rôles aussi captivants que "Hipster #1" dans 2 Broke Girls ou "Test Technician" dans The LA Complex. La diffusion devrait commencer début 2013.

Unite9-Cellules

- CANADA francophone :

* Promis, on ne parlera pas d'Unité 9 à absolument chaque world tour. Enfin on verra. Mais je me devais de vous informer (n'est-ce après tout pas ma mission ?) des audiences épatantes de la série... qui a battu cette semaine son propre record ! Eh oui, ce sont pas moins de 1,38 million de spectateurs qui étaient présents ce mardi pour suivre la série (rappel : ils étaient 1,2 million la semaine précédente). Ca en dit long sur le bouche à oreille positif que rencontre la série. A raison. Et si vous avez besoin d'encore une raison pour vous lancer dans le visionnage d'Unité 9, eh bien ma review du pilote est justement ici. A noter qu'Ève Landry, qui interprète Jeanne dans la série, est actuellement à Cannes dans le cadre du MIPCOM (j'accepte les chèques et les bons au porteur, je suis sûre qu'il est encore temps de trouver une place de train).
* Le scénariste de la série Les Invincibles travaille actuellement sur un nouveau projet original : Saison Deux, c'est son nom, raconte les tribulations de deux auteurs travaillant sur la série imaginaire Les dessous de la justice, et qui, en dépit du succès public rencontré, doivent faire face à des critiques lapidaires dans la presse. Ils décident donc de se mettre en quatre pour que la deuxième saison de leur série mette tout le monde d'accord... Une idée de série originale, dont nous pourrons juger par nous-mêmes à partir du deuxième semestre 2013. En espérant que la série soit bonne, parce que sinon ce serait une fichue ironie.
* On connaissait la petite chaîne qui monte, voilà maintenant le service de VOD qui monte. Netflix n'en finit plus d'étendre ses centres d'intérêt : après l'installation en Scandinavie, maintenant c'est un partenariat avec Radio-Canada qui est mis en place. Les séries La Galère, Les Parent et Les Invincibles, justement, s'ajouteront donc au catalogue de séries de Netflix, et d'autres fictions devraient suivre d'ici la fin de l'année.. La VOD n'est pas un problème pour nombre des fictions québécoises (le catalogue du site tout.tv, par exemple, est en effet très bien fourni), mais Radio-Canada estime qu'il est de son devoir de mettre ses séries à disposition sur le plus grand nombre de supports possibles. J'aime bien leur façon de penser. Au Canada, l'abonnement illimité à Netflix coûte moins de 8 dollars par mois.

Cobre

- CHILI :

* Lundi, une nouvelle nocturna démarrait sur MEGA : Cobre, une série historique située en 1927 et parlant, comme son titre l'indique, de cuivre. Il s'agit en effet des luttes de pouvoir autour d'une mine de cuivre, entre deux frères qui tentent de maintenir l'exploitation et un riche entrepreneur qui cherche à les en déposséder. Malheureusement, le lancement de cette saga n'a pas captivé les foules (bien qu'elle ait obtenu un meilleure score que Solita Camino, dont on parlait la dernière fois). La série est diffusée chaque lundi à 22h30 et il s'avère qu'il y a une bande-annonce ; qu'est-ce que je fais, je vous la montre ?

Graduados-Promo

- COLOMBIE :

* L'une des séries les plus regardées en Argentine en 2012 s'appelle Graduados. Depuis son lancement en mars dernier, la série totalise en moyenne 25% de parts de marché sur Telefe chaque soir de semaine à 22h00. Il s'agit d'une comédie, dans laquelle, 20 ans après avoir quitté le lycée, d'anciens élèves se retrouvent et réalisent qu'ils ont encore des affaires à régler les uns avec les autres ; un concept facile à décliner à l'envi. Pas étonnant dés lors que d'autres pays s'intéressent au format. RCN Colombia et Fox Telecolombia sont les premiers sur le coup, et ont décidé de co-produire une version pour la Colombie. En fait les deux sociétés de production semblent vouloir aller très vite, puisqu'ils en sont déjà à la phase casting...

Forbrydelsen-III

- DANEMARK :

* Sur DR1, la troisième saison de Forbrydelsen se porte... oui, on peut le dire, plutôt bien. Pour le season premiere, pas moins de 1,6 million de Danois étaient réunis devant leur écran, ce qui représente 60% des spectateurs ! Alors ouais, franchement, on se plaint pas. Profitez-en tant que ça dure : cette saison est la dernière. Fort heureusement, l'attente ne devrait pas être trop longue puisque BBC4 diffusera cette saison dés le mois de novembre (je ne suis pas sûre qu'une diffusion d'une saison scandinave à la télévision britannique ait déjà été aussi rapide, d'ailleurs...).

GranHotel-DowntonHotel

- ESPAGNE :

* Gran Hotel faisait son retour mercredi sur Antena 3... avec un petit coup de mou par rapport à la saison précédente. Seulement 2,82 millions de spectateurs ont suivi le season premiere, alors qu'ils étaient 3,44 millions en décembre dernier, lorsque la première saison s'était achevée. Mais n'allez pas mettre cette baisse de régime sur le compte d'un désamour, du moins pas nécessairement : c'est aussi un peu la faute d'Antena 3 qui, pensant tenir une série très populaire, avait placé la série face à... la version espagnole de The Voice. Ah oui, brillante idée, vraiment.
* Et puis notre feuilleton "la grosse panique de TVE" continue, alors que la chaîne publique est obligée d'envisager des licenciements afin de se maintenir à flots. Ce sont 70 exécutifs de la chaîne qui vont donc devoir quitter la chaîne, laquelle a pour objectif de se séparer de 28% de sa direction afin de pouvoir faire des économies.

LOnoreeIlRispetto

- ITALIE :

* La troisième saison de la série L'Onore et il Rispetto s'est achevée sur Canal 5 ce mardi soir sur un record : 6,6 millions de spectateurs ont regardé le 6e et dernier épisode de la saison ! Mais même si les saisons de L'Onore et il Rispetto (une saga qui se déroule dans les années 50) sont courtes, pas d'inquiétude : la saison 4 est déjà en production.

rté

- IRLANDE :

* ...mais pas que. rté, BBC Northern Ireland et BBC Scotland lancent en effet un appel à projets pour des sociétés de production indépendantes, afin de mettre en développement des séries pouvant intéresser à la fois l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Ecosse. Une somme substencielle sera également allouée au projet retenu à l'issue de cette initiative. Les programmes soumis à cette appel à projets devront "refléter les liens" entre les différentes zones géographiques concernées. C'est le tout nouvel outil d'e-commissioning de rté qui accueillera tous les projets, pour lesquels la date butoir du 9 novembre est fixée.

TennoHakobune

- JAPON :

* Et un nouveau dorama pour WOWOW, un ! Après un passage par le thriller avec Double Face cet automne, la chaîne câblée revient aux drames sociaux avec Ten no Hakobune, une série qui se déroule dans le monde de l'aide humanitaire internationale et dont le tournage est actuellement en cours dans les Philippines. Nanami (incarnée par Miki Mizuno, déjà vue dans Soratobu Tire), une jeune femme qui s'est engagée pour intervenir après un tremblement de terre, va ainsi découvrir un monde où les dessous de table, le détournement d'argent et les manoeuvres politiques empêchent les aides de parvenir correctement aux populations dans le besoin. C'est Taeko Asano (Last Friends) qui est responsable du scénario de cette série dans laquelle l'argent, mais aussi le sexe, deviendront des enjeux... On pourra la découvrir à partir du 9 décembre sur WOWOW.

Hellfjord

- NORVEGE :

* Ah bah alors ça, ça fait plaisir ! Alors que la nouveauté de NRK, Hellfjord, était initialement annoncée plutôt pour novembre, devinez quoi ? Elle débarque finalement dés ce mardi 9 octobre sur la chaîne publique ! Il est possible que l'un des facteurs ayant participé à cette hâte soit la projection de la série à l'occasion du Fantastic Fest fin septembre, à Austin (Texas), où la série a apparemment rencontré un vif enthousiasme et d'excellentes critiques. Hellfjord, vous le savez, se réclame de l'héritage de Twin Peaks et met en scène un policier venu de la ville, d'origine pakistanaise qui plus est, se retrouve brutalement muté dans une petite ville de province un peu bizarre qui cache un secret... Au total, 7 épisodes sont prévus, et j'espère qu'on pourra mettre la main dessus !

Ned2

- PAYS-BAS :

* Ned2 se prépare à diffuser en janvier une nouvelle série, Het Imperium, dans laquelle, pour une fois, au lieu des meurtres et d'autres crimes de sang, on suivra des affaires relatives aux criminels en cols blancs et leurs fraudes. La série s'intéressera à deux hommes, Ger van Woerkom et Theo Frijn, qui ont lancé une affaire dans l'immobilier en 1995, et qui ont depuis engrangé des millions... mais en 2007, ils sont arrêté pour fraude à hauteur de plusieurs millions d'euros... Het Imperium suivra donc leur procès en se basant sur le roman De Vastgoedfraude, de Marc et Roeland Linssen ; d'ailleurs, si Het Imperium rencontre le succès, d'autres de leurs ouvrages pourraient être adaptés à l'avenir. La mini-série en 4 épisodes est prévue pour janvier prochain.

MiAmorElWachiman

- PEROU :

* La chaîne péruvienne ATV a lancé cette semaine une nouvelle série, intitulée Mi amor, el wachimán. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'une telenovela mais d'une mini-série, bien qu'il y soit question d'une romance entre une jeune femme d'un quartier huppé et le gardien qui fait des rondes dans ledit quartier huppé afin de gagner sa vie. Lancée à 21h ce lundi 1er octobre, la série a immédiatement pris la tête de sa tranche horaire. Ce qui fait un peu de peine quand on voit à quoi elle ressemble...

Magdalena

- PHILIPPINES :

* Dans les Philippines, il y a une communauté non-négligeable de musulmans. Alors, au vu des évènements qui ont secoué cette communauté à travers le monde, ces dernières semaines, GMA-7 a décidé de ne pas lancer sa nouvelle série Haram (qui signifie "interdit"), qui devait parler d'une romance entre une jeune musulmane et un soldat catholique. La chaîne se réserve la possibilité de tout de même diffuser la série plus tard, mais préfère éviter la polémique actuellement.
* La chaîne GMA 7 tient pourtant l'une de ses line-up les plus puissantes depuis longtemps. Le 8 octobre prochain, elle lancera Magdalena, une nouvelle série qui rejoint un block appelé "Afternoon Prime", qui capitalise généralement d'excellentes audiences. Magdalena raconte l'histoire d'une jeune femme, Lena, qui doit travailler pour soutenir financièrement sa famille, mais dont la beauté est aussi sa pire ennemie, et sa naïveté se retournera contre elle lorsqu'elle sera contrainte de devenir escort girl. La série rejoint donc ce block de fin d'après-midi, où se trouvent déjà Sana Ay Ikaw Na Nga depuis le mois dernier (l'histoire d'une jeune fille qui reçoit de l'acide au visage et qui, défigurée, perd l'homme qu'elle aimait), et  sera rejointe à la fin du mois par Yesterday's Bride (ou quand une jeune future mariée perd la mémoire dans un accident de voiture et ne reconnait pas son promis). Cette programmation surpuissante devrait une fois de plus permettre à GMA 7 de trouver le succès, aussi pas étonnant qu'elle fasse une promo soutenue de ce trio de choc :

* Et puis, demain également, mais dans une autre tranche horaire, GMA 7 décidément très en forme lancera une version philippine de la série sud-coréenne Coffee Prince 1 Ho Jeom, tout simplement sous le titre de Coffee Prince. De nombreuses séries coréennes sont diffusées chaque année aux Philippines, mais assez peu obtiennent une adaptation ; cela faisait depuis 2008 que GMA 7 planchait sur le sujet !

Hatufim

- RUSSIE :

* Tout le monde regarde les Emmy Awards, et la meilleure preuve, c'est que la société de production russe Weit Media a acheté les droits de Hatufim afin d'en produire une version locale pour une chaîne qui reste pour le moment à annoncer. Plusieurs chaînes de par le monde ont acheté les droits de Hatufim (dont arte en France), mais il n'y avait pour le moment qu'une adaptation aux USA. 
* Et puis sur Perviy Kanal, c'est un autre remake qui se prépare :celui de la série espagnole Los mysterios de Laura. Le tournage a commencé pour cette nouvelle série d'enquêtes, qui devrait apparaitre sur la chaîne publique début 2013.

Portkod

- SUEDE :

* En cette rentrée, SVT proposera Portkod 1321, en photo ci-dessus, une websérie de 10 épisodes qui s'intéresse à deux adolescentes qui sont forcées de cohabiter le temps d'un été alors que leurs parents, tombés follement amoureux, sont partis en voyage de noces. Si au début elles se regardent en chiens de faïence, elles vont finir par vivre côte à côte les tourments de leur été... La série commence le 16 octobre sur SVT Play, et le trailer est plutôt engageant...
* Et puis ce soir, la comédie Solsidan revient sur les écrans suédois. La saison 3 débarque à 21h alors que les saisons 4 et 5 sont déjà dans les tuyaux. Bah oui : TV4 avait commandé 3 saisons d'un coup l'an dernier. Nan mais comme ça c'est fait et on en parle plus, quoi.

MujeresAsesinas

- USA qui a bon goût :

* Au chapitre des remakes de séries étrangères actuellement en développement, on compte donc les australiennes Rake (si vous avez suivi) et The Slap, mais aussi l'argentine Mujeres Asesinas (déjà adaptée dans plusieurs pays d'Amérique latine ainsi qu'en Italie).

DoctorWho
- DIVERS :

* Les coproductions internationales sont de plus en plus fréquentes, mais jusqu'ici, il y a généralement eu des "familles" de pays qui collaborent régulièrement ensemble : des pays d'Amérique du Sud, par exemple, ou d'Europe (ou encore l'Allemagne et l'Australie, sur des séries pour la jeunesse) ; qui plus est, c'était plus souvent le fait d'un accord entre sociétés de production qu'autre chpse. Eh bien apparemment, les choses vont encore un peu évoluer puisque les Gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni ont signé un traité de co-production, permettant au fruit de futures collaborations de trouver un écho dans les deux pays. Les productions bénéficiant de ce pacte auront ainsi droit à des réductions d'impôt au Brésil, ou des subventions au Royaume-Uni, pour vu de répondre aux critères de cet accord. Au total, 18 millions de livres sont ainsi allouées sur une année à l'aide financière qui sera offerte aux productions tombant sous cet accord. Je n'ai pas trouvé les détails des conditions à remplir pour pouvoir empocher ce royal butin, mais c'est suffisamment alléchant pour qu'on entende rapidement parler d'une production sautant sur cette belle occasion, et on en saura alors certainement plus !
* Et puis les Australiens, un peu jaloux des épisodes de la série qui se sont déroulés aux USA ces derniers temps, ont décidé de lancer une campagne afin de faire venir la production de Doctor Who dans leur pays. Rappelons que l'Australie est particulièrement férue de la série, et que les spectateurs peuvent suivre la série dans les heures qui suivent sa diffusion au Royaume-Uni (voir le lien au bas de ce post). Pour ceux qui ont envie de jeter un oeil ou même mettre la main à la pâte, la pétition est ici.

Pour finir, ah, génial, parfait, formidable, je vais être obligée de reprendre Moone Boy : la délicieuse Amy Huberman rejoint en effet la deuxième saison de la série de Chris O'Dowd. 'Zavez qu'à voir, je savais même pas que la série avait été renouvelée.


C'est tout pour aujourd'hui mais je compte sur vous, comme pour chaque world tour, afin que vous me disiez ce qui vous a le plus intéressés. Et veuillez m'excuser, ça fait deux/trois semaines que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour, mais je m'y attèle très prochainement... vous me pardonnez ?

Posté par ladyteruki à 19:28 - Love Actuality - Permalien [#]

24-09-12

Ex-bad girls

Eh bah je sais pas pour vous mais avoir inclu la rentrée québécoise dans notre défi, je trouve que c'est une incroyable bouffée d'air frais. Déjà parce que ça fait du bien de voir de bonnes séries francophones (je suis sûre que ça m'aide, pour me mettre aux séries françaises, l'air de rien), et ensuite parce que c'est l'occasion de suivre des formats plus longs que les mini-séries comme Malenfant ou Apparences. whisperintherain devrait bientôt me rejoindre, et vous trouverez alors, comme il se doit, des liens vers ses reviews, mais dans l'intervalle, je vous propose de parler d'un téléroman : Unité 9.

Unite9

"Ce qu'on est, ça a rien à voir avec ce qu'on a fait"
(Shandy - Unité 9 - 1x01)

En Australie, le développement de la série Wentworth (spin-off de Prisoner) avance lentement mais sûrement. Au Mexique, depuis hier, la saison 3 de Capadocia a commencé à être diffusée. Alors il semble dans l'air du temps que Radio-Canada diffuse, elle aussi, une série sur le monde carcéral féminin, Unité 9.
Pourtant, derrière les apparences, Unité 9 est une série bien différente de ce qu'on se figure être l'ordinaire d'une série sur les femmes en prison.

L'épisode commence de façon un peu brumeuse, alors qu'une femme du nom de Marie Lamontagne comparait devant le juge pour entendre sa sentence. Le procès a déjà eu lieu et le spectateur n'en a qu'une vague connaissance. On affronte, en fait, une grande partie de ce passage devant la cour, du point de vue des proches de Marie : sa fille Léa, 18 ans et, on l'imagine, fortement ébranlée par tout cela ; Lucie, la soeur de l'accusée et qui tient une brasserie ; et Adrien, le grand-père paternel de Léa et Sébastien. Qui est Sébastien ? Le grand absent de cette épreuve, qui n'a pas souhaité se présenter à l'audience pour voir sa mère recevoir sa condamnation ; on apprendra à le connaître, vraisemblablement, dans de prochains épisodes. Léa, Lucie et Adrien tentent comme ils peuvent d'affronter le verdict qui attend Marie, chacun gérant son impuissance comme il le peut.
Au milieu de tout ça, difficile de savoir de quoi est accusée Marie. Lentement, l'épisode dévoilera une partie de l'affaire : elle a tenté de tuer son père, pour l'heure toujours aux soins intensifs. Comment ? Pourquoi ? L'épisode nous laissera sur notre faim de ce côté-là.

L'impuissance n'est pas l'apanage de la famille de Marie : l'accusée elle-même se voit plongée dans un système dont elle ignore tout. Cette femme à la quarantaine bien avancée (à moins que ce soit le poids des évènements qui lui ajoute des années) semble inoffensive, et pourtant, la voilà. Complètement abattue, et visiblement rongée par le remords autant que par la peur, elle a la chance de se trouver en cellule, en attendant son verdict, avec une dénommée Shandy, une femme autrement plus habituée qu'elle aux rouages de la Justice, et qui lui donne de précieux conseils pour tenir le coup. Shandy, prostituée de son état, n'est pas vraiment contrite (mais elle sait faire semblant devant le juge... enfin, du moins le suppose-t-on), mais ce n'est pas non plus une femme d'une dureté excessive. Elle sent bien ce qui agite Marie et a décidé de l'épauler, à sa façon. Lorsque Marie apprend qu'elle a écopé de 7 années de prison ferme (une "chance" vu les circonstances), Shandy et elle sont transférées dans la même prison : Lietteville.

Cette prison, depuis le début de l'épisode, ne nous est pas inconnue. Le pilote, avec talent, nous a rapidement plongés dans l'ambiance en s'attardant sur le sort d'Elise, une femme qui a passé près d'un quart de siècle en prison, et qui est sur le point de fêter son anniversaire. Avec un peu de chance, si elle passe l'épreuve de la commission de libération sous caution, ce sera le dernier qu'elle passera à Lietteville. D'autres détenues préparent donc son anniversaire, dans la joie, la bonne humeur, et le vol de cierges. C'est ce dernier point (l'ambiance entre détenues, pas les cierges) qui fait toute la différence dans Unité 9.

Finies, les geôles crades et surpeuplées, où la violence règne en maître. Dans Unité 9, on se penche vers un quartier spécifique de la prison fictive de Lietteville, où les détenues vivent dans un petit bâtiment en préfabriqué, avec des chambres séparées et un lieu de vie commun, et où il faut vivre en groupe. Ca a ses bons et ses mauvais côtés. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas là pour s'attaquer physiquement comme des bêtes. Balayes tout ce que Bad Girls ou Capadocia vous disent de la terrifiante nature des femmes livrées à elles-mêmes en prison : à Lietteville, on est vraiment là pour la réhabilitation, pas juste pour la privation de liberté et encore moins pour la punition.
Le contexte d'Unité 9 est en cela très fort qu'il parle d'une véritable prison du XXIe siècle. Les espaces sont propres, les gardiennes restent humaines, on ne traite pas les prisonnières comme du bétail. Cela ne veut pas dire que c'est le club Med : la surveillance (rappelée par les caméras omniprésentes), les fouilles régulières, les règles rigoureuses, sont toujours en vigueur. Mais on tente de ne pas fabriquer des récidivistes, de toute évidence. Et c'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu dans une série télévisée carcérale, finalement, cette volonté de montrer que même dans un monde imparfait, où aucune prisonnière n'est parfaite, aucune surveillante n'est parfaite, aucun administrateur n'est parfait... on n'est pas là pour entrer dans la caricature.

Unité 9 fait un formidable travail de réalisme, finalement, grâce à ces éléments. Il ne s'agit pas de fouiller la noirceur de l'âme humaine, on n'est pas à Em City ; la série s'ingénie à montrer ce que l'expérience de la prison est, en réalité, pour différents profils, dont celui de Marie, qui nous réserve quelques surprises en fin d'épisode. Dans la construction du lien entre Shandy et Marie, dans la façon de montrer une vie commune dans l'unité 9 (où l'on fait mine de ne pas savoir que Marie va atterrir, puisque l'épisode inaugural ne l'explicitera pas), dans la volonté de montrer la prison comme un système et non comme une métaphore, le pilote d'Unité 9 apporte énormément à un genre qu'on aurait pu estimer connaître sur le bout des doigts. Pas d'angélisme, mais la volonté de ne pas se reposer sur les clichés. C'est d'autant plus vrai que la scénariste d'Unité 9, Danielle Trottier (scénariste du téléroman La promesse qui s'est fini pendant la saison passée) a passé plusieurs années à recueillir des témoignages de prisonnières, afin de comprendre quelle était leur expérience de la prison.
Ce que veut saisir Unité 9, c'est une transition, pas l'habituelle histoire de la pauvre femme jetée (si possible injustement) derrière les barreaux et qui va devoir apprendre à se défendre contre les pires horreurs. D'ailleurs, dans l'unité 9, il n'y en a même pas, des barreaux ! La promesse, si vous m'excusez ce jeu de mot, d'Unité 9, c'est une fiction sur ce que pourrait apporter la prison, et pas juste sur ce qu'elle stimule de pire chez les différentes parties concernées. Sans perdre de vue les répercussions sur l'entourage resté hors des murs...

A la fois intéressant et émouvant, ce pilote sait éviter énormément de stéréotypes. Le mérite en revient également à la distribution, qui sait trouver le ton juste (je pense notamment aux interprètes de Shandy, d'Elise ou encore de Jeanne) pour rendre cette expérience humaine. Du coup, me voilà à commencer mon premier téléroman québécois ! Bon, il va falloir que je me bouge, la série a commencé le 11 septembre dernier, donc j'ai quelques épisodes à rattraper...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:46 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-08-12

lady's world tour - Escale n°13

WorldTour-600

Après plusieurs interminables mois (ah bon ? quelques semaines seulement ? si vous le dites...) de déconnexion, il faut bien avouer que j'avais un peu perdu de vue l'actualité des séries de la planète, à plus forte raison parce que juste avant d'être déconnectée, je venais de commencer un boulot très prenant et que, euh, enfin chuis pas là pour raconter ma vie, quoi. Bref. Donc ça faisait des lustres.
Du coup, je vous avoue que je suis un peu à la ramasse du côté de l'actu téléphagique mondiale de cet été, et je me suis dit que mes lectures de rattrapage vous profiteraient autant qu'à moi ; vous me connaissez, je suis partageuse.

Voici donc, alors que ces histoires de connexion ne devraient plus trop durer, une sorte de mega world tour, où je vais tenter de me remettre à jour, et vous aussi par la même occasion. Inutile de dire que l'exhaustivité est impossible, depuis le temps (à plus forte raison parce que je n'ai pas les outils pour préparer le post que j'espérais rédiger pour le Ramadan cette année ; oui, j'ai rédigé ce post récapitulatif au boulot, même pas honte), mais on va essayer de s'en approcher au plus près ! A contrario, il se peut que certaines de ces informations ne soient pas inédites pour vous qui aviez accès à internet pendant tout ce temps : dans le doute, je me suis dit qu'il valait mieux trop que pas assez.
Mais du coup, hm, autant vous prévenir : ce post pourrait bien être copieux. Alors assurez-vous d'avoir de quoi vous hydrater à portée de main, ça m'ennuierait que vous me fassiez un malaise en pleine lecture. Surtout que ce serait dommage de louper la fin.
Note : dans un souci d'équité, les pays sont exceptionnellement triés par ordre alphabétique.

Intersexions

- AFRIQUE DU SUD :

* M-Net a décidé de ne pas renouveler l'un de ses plus récents soapies, The Wild. La série n'aura donc pas de troisième saison, mais cela ne signifie pas qu'elle disparaitra immédiatement des écrans : sa seconde saison doit s'achever en mars 2013 ! Contrairement à beaucoup de soaps tournés en studio, les prises de vues de The Wild étaient faites sur le terrain, pour cette série se déroulant dans un complexe hôtelier situé en pleine nature, où se croisaient trois familles aux relations peu amicales mais obligées de se côtoyer pour le bien de l'établissement. Du coup, The Wild était un peu chère à produire, surtout quand on sait que chaque saison durait une année pleine ; l'investissement était un peu trop copieux pour M-Net au regard des audiences certes stables, mais trop faibles. Un problème que M-Net avait tenté de contourner : à l'origine, la série était diffusée à 18h sur M-Net ainsi que sur le satellite (chaîne M-Net HD), mais dans l'espoir de capter l'attention de plus de monde, la diffusion de The Wild sur le satellite avait été décalée d'une heure. Hélas toujours sans effet. Finalement, un évènement totalement indépendant a poussé la chaîne à prendre sa décision en plein milieu du mois d'août (4 mois seulement après le lancement de cette nouvelle saison), quand elle a appris que le terrain sur lequel la série est tournée allait subir des réaménagements. La chaîne s'est donc saisie de cette nouvelle tuile pour arrêter les frais.
* Il vous souvient peut-être d'Intersexions, cette série anthologique lancée en 2010 par la chaîne publique SABC1, qui mettait en scène une chaîne de personnages qui se trouvaient confrontés de diverses façons avec le virus du SIDA ; Intersexions était en partie subventionnée par l'institut John Hopkins South Africa, afin d'attirer l'attention sur les problèmes liés au SIDA ("it's not who you sleep with, it's who they've slept with" était son slogan). Encensée tant pour sa mise en images que son propos, la série avait en plus été un succès d'audience (les rediffusions attirant autant de spectateurs que les inédits), et avait également récolté plusieurs récompenses. Annoncée en novembre dernier, la seconde saison met pourtant un peu de temps à se mettre en place. Il faut dire que la production a décidé de tirer partie de l'enthousiasme du public pour poursuivre sa mission de prévention, et avait du coup demandé aux spectateurs d'envoyer leurs propres anecdotes (quelques coffrets DVD étaient à la clé). Etape suivante : la production d'Intersexions a tenu samedi dernier de gigantesques auditions afin de trouver les interprètes des personnages du nouveau volet de l'anthologie. L'idée est d'essayer de préserver l'esprit d'authenticité qui a fait le succès initial de cette série pas comme les autres... Intersexions va donc encore mettre un peu de temps à revenir sur les écrans de SABC, mais ça devrait en valoir la peine.

AddaFriend

- ALLEMAGNE :

* Devinez qui nous prépare un remake ? Eh bien pas la Russie, pour une fois, mais l'Allemagne, où RTL a décidé de lancer une adaptation de la série espagnole El Internado. Il s'agit donc, après L'Internat et Zakrytaia Shkola, de la troisième adaptation de la série fantastique adolescente, qui devrait porter le titre assez transparent de Internat.
* On a appris voilà en début de semaine le décès de l'actrice Silvia Seidel à l'âge de 42 ans. En 1987, à l'âge de 17 ans à peine, elle avait marqué les mémoires dans une série diffusée à Noël, Anna, dont le succès avait été foudroyant, attirant plus de 12 millions de spectateurs lors de la diffusion de ses 6 épisodes.Un film sorti en salles lui a également donné suite l'année suivante. S'intéressant à la carrière professionnelle d'une jeune danseuse ainsi qu'à sa vie personnelle, Anna avait suscité un tel enthousiasme qu'on la disait responsable du boom des cours de danse à la fin des années 80. Les causes du décès de l'actrice ne sont pas connues, mais le suicide n'est pas exclu. Ces dernières années, Silvia Seidel était cantonnée aux apparitions en guest dans quelques films et séries, dont les procedurals SOKO Leipzig ou Die Rosenheim-Cops.
* La rentrée, ça se passe aussi en Allemagne, et voici quelques unes des séries policières qui reviennent pour une nouvelle saison à l'automne : Alerte Cobra (saison 17 - 6 septembre), Hubert & Staller (saison 2 - 19 septembre), Notruf Hafenkante (saison 7 - 20 septembre), Flemming (saison 2 - 14 septembre), München 7 (saison 4 - 12 octobre)... M'est avis que l'Allemagne devrait fort bien réussir à se remettre de l'annulation d'une série de la franchise Les Experts !
* Pour finir, vous noterez que le Pilot Watch de la colonne de droite s'est enrichi de plusieurs nouvelles séries allemandes de la rentrée, dont la première série originale de TNT Serie, intitulée Add a Friend, dans laquelle un homme qui a un simple accident de voiture qui le bloque à l'hôpital se lie d'amitié avec plusieurs personnes via internet, y compris sa petite amie du lycée qu'il retrouve par hasard, et ces personnes finissent par devenir ses amis et conseillers au quotidien ; 10 épisodes sont prévus au total.

Ezel

- ARMENIE :

* Je ne vous apprends rien en disant que la Turquie et l'Arménie ne sont pas en super bons termes... voici pour le prouver une anecdote un peu triste qui montre que les séries posent parfois encore des problèmes diplomatiques entre ces deux pays. Bien consciente des frictions entre les deux pays, la chaîne arménienne Shant TV, bien que très intéressée par la série turque Ezel, a décidé de ne pas la diffuser sur son antenne. A la place, la chaîne a préféré faire l'acquisition des scripts en cachette, et ainsi faire passer sa production pour une série originale (100% arménienne, mais, surtout, 0% turque). La chaîne arménienne refuse de reconnaître publiquement qu'il s'agit d'une adaptation, et craint que si elle n'admette avoir acheté le format turc pour l'adapter, elle fasse l'objet d'un boycott dans son propre pays...

Tangle-580

- AUSTRALIE :
* La série du câble Tangle (photo ci-dessus) vit des heures d'incertitude, alors qu'une nouvelle saison est très peu probable. La saison 3 s'est achevée fin avril, mais la production n'a toujours aucune nouvelle d'une éventuelle saison 4, et plus le temps passe, plus cela semble peu probable.
* La série Tricky Business également a peu de chances de revenir pour une seconde saison. Pour l'instant rien n'a été officialisé, mais c'est quand même arrivé au point où les acteurs de la série eux-mêmes signent une pétition de fans. Ca sent donc également le sapin.
* Les nouvelles sont en revanche assez bonnes pour Offspring qui vient de gagner 2 saisons d'un coup, comportant 13 épisodes chacune. Mais c'est pas très joli de se vanter.
* Rachel Griffiths semble vraiment vouloir revenir à une carrière australienne ; après son apparition dans la première saison de Rake, l'actrice de Six Feet Under et Brothers & Sisters est confirmée pour le sequel de Paper Giants: The Birth of Cleo, lequel s'appellera Paper Giants: Magazine Wars, ce qui va me simplifier la vie pour les tags. La mini-série mettra en scène deux éditrices, Nene King et Dulcie Boling, à la fin des années 80 ; et Rob Carlton, déjà présent dans la première mini-série, retrouvera son rôle de Kerry Packer qui lui a attiré dans de compliments, dont les miens. Le tournage commence le 13 août.
* La chaîne publique SBS a annoncé la mise en chantier de Better Man, une mini-série basée sur la vie de Van Tuong Nguyen, un Australien condamné à mort à Singapour pour une affaire de drogue. Les 4 épisodes seront tournés à partir d'octobre en Australie et au Vietnam, en vue d'une diffusion courant 2013, marquant ainsi le retour des séries dramatiques sur la chaîne après 3 années de règne sans partage des comédies à la Housos.
* Nine semble avoir, de son côté, l'intention de produire des dramas bien plus souvent. La chaîne a annoncé plusieurs projets : un remake de La Vengeance aux Deux Visages (dont le titre original est Return to Eden) en 3 parties, une nouvelle série de la franchise Underbelly s'intéressant à Squizzy Taylor, un criminel ayant sévi en 1915, et enfin, Gallipoli, un nouveau drama produit par John Edwards à l'occasion du centenaire de la Première Guerre Mondiale, qui retrace la bataille du même nom, et qui devrait être diffusé en 2015.
* En parlant de Gallipoli, cette nouvelle série ainsi que la seconde saison de Miss Fisher's Muder Mysteries, Better Man et le drama carcéral Wentworth, ont toutes obtenu des subventions de Screen Australia. C'est également le cas de trois séries pour la jeunesse : Sam Fox pour Ten Network, une série d'aventure, The Lost Boys pour ABC, et The Worst Year of My Life - Again!, une dramédie également destinée à ABC. En tout, plus de 73 millions de dollars australiens sont dédiés à produire 66 heures de télévision. Mais quand on aime...
* Le film Kath and Kimderella, qui doit sortir sur les écrans australiens en septembre, sera appuyé par une rediffusion de Kath & Kim. Jusque là on ne s'excite pas tellement, mais ce qui est intéressant c'est que les acteurs de la série vont filmer divers messages d'introduction afin de présenter ces rediffusions. On ne parle pas d'épisodes inédits, mais c'est déjà un petit quelque chose qui fera plaisir aux fans.
* Notre page casting, maintenant. D'abord pour le drama A Place to call Home : Noni Hazlehurst (City Homicide), Brett Climo (All Saints), Marta Dusseldorp (Crownies et prochainement Jack Irish) seront les figures de proue de la série, accompagnés par plein d'acteurs méconnus. Le drama, écrit par Bevan Lee (créateur de Packed to the Rafters et de Winners & Losers) se situera dans les années 50 ; il a été annoncé qu'il serait diffusé en 2012 sur Seven, et vu qu'on est déjà en août, l'attente ne devrait plus être trop longue... De son côté, la série d'ABC The Time of our Lives aura un casting blindé de têtes connues, telles que l'incontournable Claudia Karvan (présente dans une série australienne sur deux ces derniers temps !), mais aussi Justine Clarke (Woodley, Tangle), Shane Jacobson, William McInnes, et Stephen Curry. L'un des rôles principaux a également été offert à la débutante Michelle Vergara Moore, jusque là reléguée à des rôles secondaires voire tertiaires. La série est écrite par Amanda Higgs (co-créatrice de The Secret Life of Us) et Judi McCrossin, et s'intéressera à la trépidante famille Tivoli.
* Pour finir, vous aurez remarqué dans le Pilot Watch que des dates se sont ajoutées pour le lancement de la diffusion de Puberty Blues (enfin !!!), Howzat! et Underbelly: Badness pas plus tard que ce mois-ci. Ya de la review dans l'air.

Hotel13

- BELGIQUE :

* Votre oeil de lynx l'aura remarqué avant que je ne le souligne, mais le Pilot Watch comporte désormais une date pour le lancement de Hotel 13, une série pour la jeunesse que l'on doit à Studio 100, c'est-à-dire la même équipe que celle qui a offert au monde la série Het Huis Anubis ; vous pouvez d'ailleurs lire le fabuleux destin de Het Huis Anubis dans ce post sur les telenovelas pour ados. Comme son aînée, Hotel 13 comportera des épisodes de 12 minutes chacun, avec une commande initiale de 120 épisodes. L'idée est évidemment qu'en dépit de son format de telenovela, elle soit potentiellement renouvelable à volonté, et exportable aussi si quelqu'un en veut. Cette nouvelle série a été tournée en Belgique au printemps, mais elle est en priorité destinée à Nickelodeon Deutschland (disponible en Allemagne, Suisse et Autriche), et donc tournée dans la langue de Goethe. La série se déroule dans un hôtel de la côte, alors que 6 jeunes s'y rencontrent pendant leur job ou stage d'été, qui à la réception, qui en cuisine. Mais l'ambiance Club Med tourne bien vite au vinaigre quand leur parvient un mystérieux message les encourageant à chercher la chambre n°13. Sauf qu'aucune chambre ne porte ce numéro... Il est déjà prévu que Hotel 13 soit doublée en danois et en suédois pour les marchés correspondants, et comme toujours, la production est ouverte à la perspective de tourner dans les mêmes locaux une adaptation pour un autre marché (Studio 100 l'avait déjà fait pour Het Huis Anubis, dont la version américaine House of Anubis est logée dans les mêmes décors que la version originale ; d'ailleurs House of Anubis a été renouvelée au printemps pour une troisième saison, ce qui prouve les vertus du modèle). L'ironie du sort, c'est que pour le moment, les spectateurs belges n'ont pas accès à Hotel 13, pourtant créée et tournée dans leur pays.

FDP

- BRESIL :

* Maintenant que Preamar s'est achevée, HBO Latinoamerica est bien obligée de passer à une nouvelle série, et il faut dire qu'elle a plus d'un tour dans sa manche pour nous régaler. L'heure est donc venue pour la série brésilienne FDP (pour "filho de puta" ; du coup, pour la diffusion en territoire hispanophone, la série s'appelle HDP) de faire ses débuts ; elle sera lancée le dimanche 26 août prochain dans tous les pays d'Amérique du Sud où HBO est présent. L'histoire est celle d'un arbitre de football antipathique qui n'a qu'un objectif en tête : siffler le coup d'envoi de la finale de la Coupe du Monde. Le problème c'est que tandis qu'il essaye d'atteindre ce but, sa vie familiale est en décomposition (sa femme l'a plaqué, emmenant leur fils). Naturellement, des stars du foot brésilien feront leur apparition en guest lors des épisodes, ce qui devrait ravir les, euh... eh bien, ya des experts en ligue brésilienne dans les parages ?

WorldWithoutEnd

- CANADA anglophone :

* Les séries Saving Hope et The Listener ont été renouvelées pour une nouvelle saison chacune par CTV. La chaîne a également commandé un pilote pour Satisfaction, une comédie écrite par Tim McAuliffe (Up All Night) centrée sur une couple dans la vingtaine et leur ami nouvellement célibataire (le couple finit par être un peu jaloux de sa nouvelle liberté), ainsi que pour Spun Out, un sitcom dans lequel un écrivain qui a raté sa carrière finit dans une compagnie de relations publiques. Il s'agit des premières commandes en matière de comédie pour CTV depuis l'annulation de Dan for Mayor et Hiccups :  ouf, le Canada envisage à nouveau de rire.
* CBC a de son côté décidé fin juillet de commander trois pilotes : une adaptation anglophone de la série québécoise 19-2 (l'original avait l'avantage de compter Claude Legault au casting, qu'exceptionnellement je ne mets pas en photo mais vous ne perdez rien pour attendre), un autre drama du nom de Port Hope, où une scénariste de Heartland nous emmène dans une ferme de l'Ontario où l'on soigne et recueille les animaux blessés (Daktari au Canada, en gros), et la comédie The Khouris, également écrite par Tim McAuliffe (!), qui s'intéresse à une famille d'immigrants menée par un patriarche de droite... Il doit forcément y avoir quelque chose de drôle dans ce dernier pitch, mais je ne l'ai pas saisi.
* La troisième saison de Lost Girl, sur Showcase, se prépare à accueillir le temps d'un épisode l'actrice Linda Hamilton. L'actrice de La Belle et la Bête et de Terminator incarnera une tueuse dans cette nouvelle saison, qui devrait arriver sur les écrans pendant l'hiver 2013. Elle rejoint donc Rachel Skarsten (Birds of Prey et, peut-être un jour si on la voit, la série Transporter: The Series) qui a obtenu un rôle récurrent dans la nouvelle saison un peu plus tôt cette année.
* Attention, attention, si vous regardez Flashpoint, ne manquez pas le lancement de la cinquième et ultime saison de la série, le 27 septembre prochain à 22h sur CTV. Il n'y aura pas de seconde chance ! A part, euh, oui, lors de la diffusion aux USA, mais vous voyez ce que je veux dire.
* Amis téléphages, vous remarquerez pour finir que le Pilot Watch de la colonne de droite s'est enrichi d'une date début septembre pour la diffusion canadienne de World Without End, mini-série faisant suite aux Pilliers de la Terre. A ma connaissance, de tous les pays participant à cette co-production, c'est le premier à fixer une date ferme pour la diffusion de cette suite.

LesBobos

- CANADA francophone :

* En septembre devrait démarrer Adam et Eve, une comédie d'une demi-heure en 13 épisodes qui raconte l'histoire d'un couple à travers trois époques de sa vie commune : à 25, 45 et 80 ans. Mais outre l'idée de montrer le même couple à différents âges, le concept va plus loin, et choisit d'imposer une unité de lieu (un duplex dans lequel ils sont installés lorsqu'ils se sont mis ensemble) et de temps (par une sorte de paradoxe temporel, le couple vit perpétuellement en 2012), afin de ne suivre que le couple et de ne pas chercher à le placer dans un contexte historique ou social précis. La série devrait donc être plutôt originale !
* Et les plus nostalgiques de la comédie Le coeur a ses raisons l'auront remarqué, outre la photo ci-dessus, dans le Pilot Watch s'est ajoutée la nouvelle série avec Marc Labrèche et Anne Dorval dont on a discuté au printemps, j'ai nommé Les Bobos ! C'est pas que j'ai hâte, mais... Quoi ? Vous aussi ? Allez, voilà la bande-annonce !

Exposos

- COLOMBIE :

* Pendant l'été 2011, Sony Pictures Television et Caracol avaient signé un accord de production ; un an plus tard, les deux sociétés se sont enfin entendues sur les modalités de leur premier projet. Il s'agira d'une telenovela intitulée La Hipocondríaca, dont le tournage devrait commencer en octobre. L'histoire est celle d'une jeune femme hypocondiaque (mais vous l'aviez deviné) qui rencontre un séduisant médecin. Sauf qu'apparemment, il présente mieux qu'il ne diagnostique, puisqu'il lui affirme qu'elle a une maladie incurable et qu'il ne lui reste plus que 6 mois à vivre... Ca n'a pas l'air comme ça, mais les deux sociétés nous affirment que la série sera aussi drôle qu'elle pourra être triste ; espérons-le, parce qu'avec 120 épisodes d'une heure, il vaut mieux ne pas pousser ses spectatrices dans la dépression.
* Fox Telecolombia, vous le savez, est particulièrement dynamique ces dernières années : outre le fait que ses studios accueillent régulièrement la production de fictions étasuniennes (genre Mental ou plus récemment Burn Notice), la société de production tente de s'approcher du modèle américain pour ses fictions, à l'instar de Lynch dont on a déjà pu parler. Pourtant il était un genre auquel elle ne s'était pas encore frottée : l'humour. C'est maintenant chose faite avec la mise en production d'Exposos (photo ci-dessus), sa première comédie en espagnol. La série repose sur un concept que ne renierait pas Fran Drescher, puisqu'un couple fraîchement divorcé continue de cohabiter après la séparation ; en tout 13 épisodes d'une heure sont prévus, et le tournage a commencé le mois dernier à Bogota, en vue d'une diffusion au début de l'année 2013 sur les chaînes FOX d'Amérique latine. Ce sont les Argentins Susana Cardozo et Pablo Lago, auteurs de la telenovela au succès fracassant Lalola, qui s'occupent du scénario de cette comédie qui dit s'inspirer du ton de Modern Family ; les rôles principaux sont incarnés par Roselyn Sanchez (FBI: Portés Disparus) et Carlos Espejel.

RuzaVjetrova

- CROATIE :

* Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Ruža Vjetrova était la toute première série originale d'une heure diffusée en quotidienne par RTL Hvratska (qui, vous l'aurez compris, est la branche croatienne du groupe RTL), lancée pendant l'été 2011 à 20h. Après des débuts difficiles, puisque les premiers épisodes n'ont obtenu que 7,9% des parts de marché, la série s'est progressivement attiré un public fidèle, et a fini sa saison, en juin dernier, avec près de 30% de parts de marché. Un joli résultat qui a poussé la chaîne à renouveler la série et sa formule novatrice (elle est calquée sur le format telenovela, avec une intrigue bouclée en fin de saison, mais renouvelable à volonté) ; le tournage a repris à la mi-juillet pour que la seconde saison soit prête à être lancée courant septembre.

Rita

- DANEMARK :

* La dramédie Rita, qui a remporté une Nymphe d'Or à Monte Carlo, a été renouvelée pour une deuxième saison (bon, ça date de fin juin/début juillet, cette news, mais comme je l'ai dit j'étais un chouilla occupée à ce moment-là). Ce n'est pas vraiment une surprise : bonnes audiences, bien reçue par la critique, la série s'est plutôt bien vendue à l'étranger pendant le MIPCOM et s'est déjà fait remarquer lors de divers festivals. Alors quand ça marche bien sur le marché national comme à l'étranger, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? 8 nouveaux épisodes ont été commandés, et le tournage devrait reprendre en octobre, probablement en vue d'une diffusion au printemps 2013, comme ça avait été le cas pour la première saison. Il est bon de noter que c'est la première fois au Danemark qu'une série non-policière remporte une adhésion de cette ampleur, et je ne vous cache pas mon soulagement à l'idée que bientôt, la Scandinavie pourrait bien exporter massivement autre chose que du poulet...

Omar

- EGYPTE :

* Chaque année, pendant le Ramadan, il y a au moins une série pour hérisser le poil des plus conservateurs, et c'est un peu compréhensible quand on sait à quel point la période est synonyme de respect pour les traditions. C'est une série égyptienne qui cet été semble avoir secoué le monde musulman, alors que la chaîne saoudienne MBC a décidé de diffuser Omar, un biopic sur Omar Ibn Al Khattab, un calife puissant et un proche de Mahommet. Vous savez sans doute que l'Islam interdit toute forme d'idolâtrie d'Allah, et qu'il est communément admis que les représentations de figures religieuses importantes sont plus que découragées (bien qu'apparemment ce ne soit pas explicitement interdit dans le Coran, mais je ne suis pas experte) ; eh bien la question s'est posée de savoir s'il était acceptable qu'un proche du prophète soit incarné à l'écran. Les avis étaient partagés, et des réclamations ont été envoyées à la chaîne ; MBC n'a cependant pas plié sous les demandes de déprogrammation et Omar a pu entamer sa diffusion normalement pendant la plus importante période télévisuelle du monde arabe. Tant mieux parce que la production de cette série a coûté l'équivalent de 40 millions d'euros, et a duré trois ans, décrochant le record actuel en matière de budget pour une série dans le monde arabe. C'est vrai que quand on en arrive là, on n'a pas trop envie d'enterrer des inédits.

Fragiles

- ESPAGNE :

* Telecinco a lancé le 2 août dernier une nouvelle série intitulée Frágiles, dans laquelle un physiothérapeute un peu atypique prend aussi en compte les blessures émotionnelles de ses patients pour les soigner ; dans chaque épisode, il traite un patient lors d'une intrigue bouclée à la fin des 90 minutes, et deux autres dont le traitement s'étend sur plusieurs épisodes, le tout avec une bonne dose d'attitude positive (même quand les cas le touchent de près). La première soirée, pendant laquelle les deux premiers épisodes ont été diffusés, a rassemblé 14,2% puis 17,5% de parts d'audience, des résultats supérieurs à ceux de la série médicale Hospital Central qui occupait précédemment la case. Au total, 8 épisodes sont prévus pour la première saison. Et en plus, les critiques ont l'air bonnes !
* Au rayon casting, la seconde saison de la comédie Con el culo al aire se prépare pour La 1, et trois nouveaux personnages au moins devraient rejoindre la série, interprétés par Janfri Topera (Plaza de España, jolie référence en matière de comédie pourrie), Ana Wagener (ex-Hospital Central et surtout doubleuse espagnole de Felicity Huffman), et Javier Antón, un acteur basque.
* Sachez que le projet de fusion entre laSexta et Antena3 connait un nouveau rebondissement. Espéré depuis de longues années, ce mouvement, qui créerait le 2e plus grand groupe audiovisuel du pays et regrouperait environ 25% des parts du marché télévisuel espagnol, est un feuilleton qui n'a rien à envier à une série fleuve, puisque laSexta avait annoncé récemment ne plus être intéressée par la fusion (en fait plutôt une absorption) et chercher un autre acquéreur. La question sera étudiée par le Gouvernement espagnol, qui espère bien donner un coup de main à cette opération qui traine depuis 2009 déjà. Le conseil des ministres rendra son avis d'ici la fin août sur les termes énoncés par la commission de la concurrence, ce qui devrait effectivement trancher une bonne foi pour toutes les conditions du phagocytage de laSexta, s'il doit se faire.
* On a déjà eu l'occasion de discuter des problèmes de liquidités de la chaîne publique TVE. Les chiffres officiels sont tombés : la chaîne a perdu 29 millions d'euros pendant l'année 2011. Inutile de préciser que l'heure n'est pas aux investissements dans la fiction, ce qui explique que les décors de la fiction historique Isabel, un projet ambitieux et donc onéreux, aient été démontés le mois dernier, sabrant par-là même l'avenir de la série. La société de production ne pouvait continuer à entretenir les décors plus longtemps, alors que la chaîne avait dit réfléchir à l'avenir de la série. Les 13 premiers épisodes de la première saison d'Isabel ont été tournés, mais toujours pas diffusés par TVE qui apparemment n'en a plus les moyens ; à l'heure actuelle, le pilote de la série a été projeté deux fois en festival, et le reste croupit dans un tiroir.
* De la même façon, toujours pour TVE, la production d'Amar en tiempos revueltos a décidé de ne plus produire d'épisode inédit (quelques épisodes déjà tournés devraient cependant pouvoir être diffusés à la rentrée), et réfléchirait à un spin-off pour Antena3 qui elle, peut payer ses commandes. Quant à TVE, elle a réussi à commander un sitcom, intitulée Estamos Okupa2, qui devrait débuter en septembre, en tandem avec la nouvelle saison de Gran Reserva appremment réglée de longue date. Pas de nouvelles en revanche du plus grand succès de la chaîne, la série Aguila Roja, ni de la série policière Los misterios de Laura, toutes deux pour le moment en stand-by, le temps pour TVE de casser son cochon-tirelire ; les deux séries, qui effectuent quelques unes des meilleures audiences de la chaîne, pourraient facilement trouver repreneur, mais la chaîne publique refuse de se séparer des droits. Voie sans issue.
* Pour finir, il nous manque pour le moment une date exacte de lancement, mais Antena3 commence à diffuser des bande-annonces pour Imperium, le spin-off de Hispania. Quant à l'adaptation espagnole de Ghost Whisperer, intitulé El Don de Alba, elle devrait démarrer au cours du mois de septembre, cette fois sur Telecinco. Et, oui, rassurez-vous, j'ai la bande-annonce, j'allais pas vous laisser comme ça.

- GRECE :

* Où quand la grille de télévision relève plus de questions idéologiques, que de télévision à proprement parler. L'extrême-droite grecque (la sinistrement fameuse "Aube dorée" néo-nazie) a lancé il y a quelques jours un appel au boycott des séries turques, et par la même occasion, à un boycott des publicités apparaissant pendant la diffusion de ces mêmes séries turques. D'après le leader du parti, Nikolaos Michaloliakos, non seulement la diffusion de ces séries serait une "honte" capable de détruire l'exception culturelle grecque, mais en plus, l'amitié entre la Grèce et la Turquie irait à l'encontre du bien-être du peuple grec ; l'homme politique a affirmé son intention de lancer un débat au Parlement sur une potentielle interdiction de diffusion. Le pauvre aurait des sueurs froides à la lecture de ce post ; une grosse pensée pour toi lors de la rédaction de ces news internationales, Nikolaos.

NewYork

- ISRAEL :

* La série New York, dans laquelle le fils d'une famille criminelle s'exile dans la grosse pomme et s'aperçoit que sa famille a mis un prix sur sa tête (du moins, jusqu'à ce que la proie devienne chasseur...), reviendra pour une seconde saison sur la chaîne câblée yes drama. La première saison, qui comptait 50 épisodes de 45 minutes chacun, a été diffusée en quotidienne et a recueilli un fort succès. Voici la bande-annonce en anglais (et sous-titres anglais pour les dialogues en hébreu) :

* Le 17 juillet dernier a démarré, également sur la chaîne câblée yes drama, une nouvelle série répondant au nom de Shvita ("grève"). Ce drame social s'intéresse à des ouvriers qui tentent de se syndiquer, mais qui rencontrent une telle hostilité de la part de leur direction que les évènements s'enveniment, et qu'ils finissent par se mettre en grève et se retrancher dans l'usine dans une tentative désespérée d'attirer l'attention sur leurs difficultés. On y retrouve dans les rôles principaux Zohar Liba, Amos Tamam et Shalom Michaelshwilli, lesquels ont tous un point commun : ils ont interprété un rôle (bien que d'importance variable) dans la série à succès Asfur. Hasard du calendrier, la semaine-même où la série a débuté, un vétéran israélien, Moshe Silman, s'est immolé, afin de souligner l'abandon dont il se sentait victime par l'Etat ; une coïncidence qui n'a fait que souligner à quel point Shvita était d'une cruelle actualité, et qui a participé aux excellentes critiques sur la série.

YuukiAmami

- JAPON :

* Comme souvent, la NHK est un peu décalée par rapport à la saison nippone classique, et fera commencer dans quelques semaines, alors que la saison estivale touche à sa fin, le dorama Makete, Katsu, une série historique sur le Premier ministre japonais Shigeru Yoshida. Mais ça on le savait, puisqu'on avait évoqué la série dans le récap de la saison estivale japonaise. Mais ! Fait que jusque là j'ignorais, l'acteur britannique David Morse devrait y incarner le rôle du Général MacArthur ! Ce n'est pas tous les jours qu'une série nippone s'offre un guest occidental de ce gabarit.
* Souvenez-vous, nous en parlions au printemps : l'auteur Kankurou Kudou, jusque là peu habitué aux soaps (on lui doit par exemple Kisarazu Cat's Eye ou Unubore Deka), est en charge du prochain asadora de la NHK. La dernière fois, on n'en avait pas le titre, mais maintenant que son actrice principale est castée, on en sait un peu plus : Amachan commencera en avril prochain pour prendre la relève de Jun to Ai, et c'est la jeune comédienne Rena Nounen qui incarnera le rôle éponyme, après avoir été choisie parmi plus de 1900 candidates. Jusque là, elle s'est contentée d'apparaitre dans des petits rôles au cinéma. Le tournage des 156 épisodes démarrera en octobre prochain.
* On dirait qu'il y a du mouvement sur le câble et le satellite nippons. Les chaînes Toei Channel et Family Gekijou ont en effet décidé de lancer deux remakes de séries majeures des années 70 et 80 (un peu comme TNT avec Dallas), à l'époque où le modèle japonais actuel n'était pas encore né et que les séries suivaient le format américain de renouvellement sur plusieurs saisons. La première est Tokusou Saizensen, une série de détectives née en 1977 et qui a duré 508 épisodes, et la seconde est Playgirl, une série d'action un peu sexy née en 1969 qui n'a connu "que" 276 épisodes. Leurs nouvelles versions respectives garderont le même nom, accolant simplement "2012" au titre, et feront l'objet d'un crossover diffusé quelque part au mois de décembre. A noter que la scénariste de Tokusou Saizensen 2012, Hideka Nagasawa, a déjà signé 100 épisodes de la série originale.
* Vous vous rappelez peut-être de la série familiale Wataru Seken wa Oni Bakari, qui s'est achevée en septembre dernier sur TBS au bout de 10 saisons étendues sur 21 années. Eh bien elle n'est pas encore tout-à-fait partie. Elle reviendra pour une mini-série en deux parties, les 17 et 24 août prochains. Les demandes ont apparemment afflué pour faire revenir la petite famille de cette longue chronique, et il n'est à l'heure actuelle pas exclu que ce bref retour conduise à quelque chose de plus durable ensuite...
* Yuuki Amami, en photo ci-dessus, a une nouvelle série en vue, et Dieu merci ce n'est pas une comédie musicale ! Il s'agit d'une mini-série en deux épisodes intitulée Onna Nobunaga, qui revisite l'histoire. Dans cette version imaginaire du passé, le seigneur Nobuhide Oda n'a pas eu un fils du nom de Nobunaga Oda, mais une fille (incarnée, donc, par Yuuki Amami). Nobunaga Oda aurait-elle eu une destinée différente ? C'est la question que posait un roman paru en 2006 dont cette mini-série est l'adaptation. Réponse à la fin de l'année, même si pour l'instant aucune date de diffusion précise n'a été fixée par Fuji TV.
* Mais avant cela, viendra la saison automnale nippone, qui comme c'est la tradition commencera début octobre. Quelques projets commencent à se dévoiler, parmi lesquels Soko wo Nantoka, destinée à la chaîne satellite NHK BS Premium, dans laquelle une ancienne hôtesse de club devient avocate dans une firme très modeste (Danni Lowinski, sors de ce corps !), utilisant ses contacts venus de son ancienne vie pour essayer de progresser dans la vie.
* Pendant ce temps, TBS prépare MONSTERS, une série d'enquête mettant en scène les acteurs/chanteurs Shingo Katori et Tomohisa Yamashita, dans ce qui semble destiné à reposer sur la structure des opposés qui se complètent ; la série est destinée à la case du dimanche à 21h.
* Du côté de Fuji TV, on a misé sur un trio de stars pour la série du mardi à 22h. Elle ne porte pas de titre, mais le générique n'en est pas moins alléchant : Hiroshi Abe (donc la carrière est longue comme le bras), Tomoko Yamaguchi et Aoi Miyazaki se disputent en effet le haut de l'affiche. Dans cette série mystérieuse, le couple formé par les quarantenaires Abe et Yamaguchi connaitra une crise grave et déchirante, qui sera exacerbée par l'apparition d'une mystérieuse jeune femme qui commencera à manipuler notre homme... Je ne sais pas pour vous mais ça rappelle énormément Utsukushii Rinjin. L'écriture comme la réalisation seront aux mains du cinéaste Hirokazu Koreeda. Le scénario est pour l'instant volontairement brumeux, le titre tenu secret, bref, comprenez que Fuji TV a l'intention de faire monter la sauce progressivement, et donc qu'elle considère que c'est son meilleur placement de la saison. Ce qu'on s'empressera de vérifier en temps voulu !
* Même chaîne, autres ambitions : Fuji TV prévoit enfin une série pour le samedi à 23h10 intitulée Koukou Nyuushi, et s'intéressera à la journée précédant un examen d'entrée au lycée (le juken), ainsi que la journée d'après. Un concept intéressant qui devrait également être l'occasion d'une intrigue proche du thriller, alors que l'examen d'un lycée important semble sur le point d'être perturbé par des évènements étranges. On y retrouvera l'actrice Masami Nagasawa (Last Friends, GOLD...) qui y interprétera une prof d'anglais, ainsi que Nao Minamisawa, Nakao Akiyoshi, Hidenori Tokuyama et Shigeru Saiki.

LaCQ

- MEXIQUE :

* La telenovela pour ados, vous le savez, l'essayer c'est l'adopter. Et même si MTV y est venue un peu plus tard que les autres (notamment par rapport à Nickelodeon qui s'est taillé la part du lion avec Grachi et consorts), elle ne saurait plus s'en passer, après le succès de Niñas Mal puis Popland. La preuve, le 3 septembre prochain, MTV Latin America fera débuter une nouvelle série, Último Año (désormais ajoutée au Pilot Watch). Tourné au Mexique, il s'agira d'un thriller de 70 épisodes qui nous plongera dans l'univers de lycéens très riches. Et, chose décidément très fréquente aujourd'hui, j'ai effectivement une bande-annonce pour vous, mais... elle ne vous apprendra pas grand'chose sur la trame de l'intrigue !

* De son côté, Televisa ne laisse pas sa part au chien, et a produit La CQ, une série pour adolescents qui a débuté lundi à 20h sur Cartoon Network dans plusieurs pays d'Amérique latine. C'est la première fois que la branche hispanophone de Cartoon Network se lance dans une série "live" originale. La comédie suit les aventures d'un groupe d'ados étudiant dans un établissement appelé Constantino Quijano (d'où les initiales "CQ") et ressemble assez, comme le montre la photo ci-dessus, aux comédies colorées à la Disney ou Nickelodeon qui ont pu naître aux USA.

DAG_saison2

- NORVEGE :

* Profitant de l'accalmie de l'été, les Komiprisen, récompensant les talents comiques norvégiens, seront remis le 25 août prochain. Evidemment, il y a des catégories télévisuelles, sans quoi je ne vous en parlerais pas. Ainsi, la dramédie DAG tire deux nominations (meilleure performance humoristique, et meilleur artiste masculin pour Atle Antonsen) et Lilyhammer n'en a qu'une (meilleure performance humorisitique également), les autres nominations allant généralement à des émissions à sketches et autres spectacles de non-fiction. Enfin, ce qui m'intrigue, c'est qu'avec tout ça (et à plus forte raison parce que DAG raffle déjà la mise aux Gullruten), je n'ai toujours trouvé aucune trace d'un renouvellement pour DAG (photo ci-dessus) pour une 3e saison. Curieux.

Moordvrouw

- PAYS-BAS :

* Peut-être vous souvenez-vous avoir entendu parler de la scandaleuse série Feuten dans ces colonnes. Si c'est le cas, l'annonce d'une nouvelle série de la même chaîne, BNN, destinée aux ados et jeunes adultes sans les prendre pour des amibes, pourrait bien vous mettre l'eau à la bouche : Smeris, une série dans laquelle deux flics que tout oppose font la paire contre leur volonté ; mais lorsqu'ils déclenchent par erreur une guerre des gangs, ils vont devoir accepter de travailler ensemble pour rétablir une semblant de quiétude dans les environs... Pas d'affolement, la diffusion de cette série n'est pas prévue avant 2014.
* Qualifiée de version masculine de Gooische Vrouwen (Jardins Secrets lors de sa diffusion en France), la nouvelle série de RTL4, Divorced, fait son chemin. Après son tournage au printemps, la série serait envisagée dans la grille de rentrée de la chaîne, même si aucune date ne semble arrêtée pour le moment. Il faut dire que cette dramédie, destinée à suivre la trajectoire de trois hommes divorcés alors qu'ils doivent composer avec leur nouvelle situation familiale, et qui s'installent ensemble pour mieux gérer la transition, est signée par l'équipe de Gooische Vrouwen, justement. Pas de date non plus pour le remake des Craquantes, également annoncé par RTL4, ou le biopic Achter het Raam, qui ne semblent pas prêts pour la rentrée. Mais je vous tiens au courant.
* RTL vient également de confirmer la commande d'une deuxième saison pour Moordvrouw, une série policière dont vous pouvez voir la photo ci-dessus, et lancée en janvier dernier après près de 2 années de confinement dans un fond de tiroir. Finalement, on dirait bien que la chance de la série a tourné, puisque, forte de ses audiences convaincantes, la série reviendra aux alentours de février 2013 pour 10 nouveaux épisodes. Quand on sait que la première saison a été produite courant 2009, ça va leur faire drôle de revenir bosser sur une nouvelle saison après tout ce temps...
* La chaîne éen aussi prépare sa grille pour la nouvelle saison, et a annoncé ses prochaines séries. De Vijfhoek sera un drama se déroulant dans un quartier de Bruxelles, et suivant la vie d'étudiants habitant un endroit cosmopolite où l'on parle néerlandais mais aussi français ; ils mènent tranquillement leur existence sans se préoccuper d'un projet de reconstruction du quartier, jusqu'à ce que le projet menace leur mode de vie... Ensuite, en décembre, la chaîne proposera Wolven, une série procédurale où les enquêteurs, une fois n'est pas coutume, se pencheront sur des affaires de fraude et de corruption. Sur un thème similaire, en décembre aussi, Salamander, écrite par Ward Hulselmans (scénariste de la série Witse), sera une série à mi-chemin entre la politique et le thriller, qui débute lorsque la panique s'empare des puissants après une série de cambriolage visant exclusivement leurs plus sophistiqués coffre-forts. Sauf que ceux-ci ne sont pas ouverts, non ; ils sont subtilisés ! Et avec eux, les documents parfois compromettants de hauts dignitaires de la politique et de la finance locale. Ne vous inquiétez pas si vous avez peur de ne pas garder tout le calendrier en mémoire ! Les dates appropriées ont été ajoutées au Pilot Watch dans la colonne de droite.
* Enfin, un rapide coup d'oeil à ce qui se passera sur les chaînes publiques. Nederland 3 (alias Ned3 pour les intimes) diffusera la deuxième saison de Penoza dans le courant du mois de novembre, c'est-à-dire que la diffusion devrait s'achever pile quand Red Widow débutera à la mideason américaine. De son côté, Ned2 proposera en septembre la nouvelle série De Geheimen van Barslet, une série mystérieuse se déroulant dans la bourgade tranquille de Barslet. Tranquille, vraiment ? Car dans cet étrange endroit, des miracles comme d'inexplicables tragédies peuvent se produire... Et si vous voulez y jeter un oeil, j'ai même une bande-annonce pour vous.

SilaWyzsza

- POLOGNE :

* Puisque Galeria, le nouveau soap de TVP1, n'a pas réussi à attirer l'attention des spectatrices (résumé des épisodes précédents ici), la chaîne devait trouver absolument une nouvelle idée pour prendre la relève après son annulation. TVP1 a donc lancé un immense concours, dégoté plus de 50 projets, et choisi celui qui lui semblait le plus prometteur pour sauver sa case horaire sinistrée par l'annulation de Plebanię. C'est Wszystko Przed Nami qui l'a emporté, une histoire dans laquelle un bâtiment historique de Lublin, abritant aussi bien un cabinet d'avocats qu'une auberge de jeunesse, sert de décor aux intrigues soapesques voulues "réalistes mais positives". Le tournage a lieu cet été en vue d'une diffusion en septembre.
* TVP prévoit également dans sa grille de rentrée une nouvelle série, Siła Wyższa (en photo), une comédie en 13 épisodes en single camera, se déroulant dans un monastère franciscain installé à côté d'un monastère bouddhiste. Les deux communautés se retrouvent en "concurrence" pour secourir les âmes locales...
* A l'occasion du Festival du Film comique de Lubomierz, qui doit se tenir demain, le prix de la meilleure série polonaise comique doit être décerné. Sont en lice : Rodzinka.pl (remake actuellement dans sa 3e saison de la série québécoise Les Parent), Ranczo (dont la 7e saison doit commencer au printemps) et le sitcom Świat Według Kiepskich (une série sur une famille dysfonctionnelle similaire aux Bundy de Mariés, Deux Enfants, et à l'antenne depuis 1999).

HBORussia

- RUSSIE :

* Après l'Amérique du Sud, l'Europe Centrale et les Pays-Bas, HBO a décidé de s'implanter en Russie. Les choses devraient aller même assez vite, puisque HBO Russia pourrait voir le jour avant la fin de l'année 2012. Mais une bonne nouvelle ne vient jamais seule : cette nouvelle chaîne serait d'emblée développée en partenariat avec Amedia, une société de production de fictions (elle produit actuellement l'adaptation à succès Zakrytaia Shkola). Rappelons que toutes les implantations internationales de HBO ne sont pas égales devant le phénomène des productions locales : en Amérique du Sud, cela fait plusieurs années que HBO Latino produit de [très bonnes] séries de façon constante (il faut dire que c'est un peu de la triche puisque plusieurs pays peuvent successivement fournir une fiction à la chaîne), tandis que HBO Central Europe n'a pour le moment produit que des remakes de BeTipul (en Roumanie, Tchékoslovaquie, Serbie et Slovénie), tout comme HBO Nederland. Une adaptation polonaise de la série israéelienne HaEmet HaEroma serait à l'étude, mais ça s'arrête là. Quant à HBO Canada, elle diffuse quelques fictions, à l'instar de Call Me Fitz ou The Yard, mais son cas est particulier puisque HBO Canada est en fait la dénomination regroupant deux chaînes câblées, The Movie Network (accessible dans l'est du pays...) et Movie Central (...à l'ouest), et que les deux chaînes coproduisent leurs séries originales. Les autres branches de HBO dans le monde, notamment en Asie, ne produisent aucun contenu original, et se contentent de diffuser les séries américaines du catalogue. Ce serait donc une sacrée fichue bonne nouvelle si HBO Russia pouvait d'emblée démarrer son existence avec un ou deux projets de séries !

JonasGardell

- SUEDE :

* Durant l'automne, SVT devrait diffuser une mini-série adaptée de Torka aldrig tårar utan handskar ("ne pas essuyer ses larmes sans porter de gants"), un roman de Jonas Gardell paru ce mois-ci sur le thème du SIDA dans les années 80. Le roman est le premier volet d'une trilogie dont les deux opus suivants devraient sortir d'ici l'été 2013, mais sont apparemment déjà écrits ; chaque volet a une thématique : d'abord l'amour, puis la maladie, et enfin la mort. "Ce n'est pas un texte sur l'homosexualité, c'est plutôt un livre sur notre histoire en tant qu'homosexuels", explique Gardell, qui s'est inspiré de son expérience à Stockholm pour retracer la façon dont le virus avait été perçu en Suède au moment de son apparition. La mini-série devrait aborder les trois thématiques, bien que seul un roman soit publié au moment de sa diffusion. Auteur, activiste mais aussi comédien de stand-up, Gardell a déjà vu plusieurs de ses écrits être adaptés en mini-série, comme En Komikers Uppväxt en 1992 ou De Halvt Dolda en 2009.

ASfur

- USA (mais qui louche sur la copie des voisins) :

* Il a été confirmé que le remake de la série israélienne Asfur (photo ci-dessus) était en bonne voie. En novembre dernier, John Wells avait acquis les droits de cette série à succès dans laquelle un groupe de copains, squattant une vieux dépôt de bus abandonné, tente de gagner de l'argent afin de ne pas être délogé par la municipalité, qui a mis en vente le terrain. L'adaptation de cette série, qui a fait les beaux jours du câble israélien pendant deux saisons (un total de 70 épisodes) diffusées en quotidienne, est désormais en développement pour FOX.
* On savait de longue date que c'était en projet : le remake américain de Bron/Broen se fera sur FX ; le feu vert a été donné pour un pilote. Rappelons qu'une deuxième saison de cette co-production entre le Danemark et la Suède est en cours, et qu'une adaptation est également prévue entre le Grande-Bretagne et la France. Dans la version US, le lien devrait se faire entre les USA et le Mexique, ce qui promet un fossé culturel bien plus ample que dans la série originale.
* Au royaume des bonnes idées, c'est A&E qui siège sur le trône : de toutes les adaptations stupides, celle-ci est probablement la plus futée, puisque la chaîne a confirmé la commande d'un pilote pour un remake de la série danoise Den Som Draeber. Mais oui ! Une série qui a été critiquée âprement, dont les audiences ont dégringolé et dont on a annulé la commande de la deuxième saison alors qu'elle avait déjà été passée, c'est super prometteur ! Quel exemple à suivre, forcément ça fait envie. Pis à l'heure de l'annulation de The Killing par AMC, ça relève vraiment de l'idée de génie, tiens. 

KurtlarVadisi

- YEMEN :

* Emoi après les atrocités commises par un Yéménite ayant juste un peu trop regardé la série turque Kurtlar Vadisi, une série turque lancée en 2003 sur SHOW et reprise deux ans plus tard par Kanal D, et qui a également donné naissance à des films. Kurtlar Vadisi s'intéresse à des opérations d'infiltration dans les milieux de la mafia ou du terrorisme ; violents aussi bien visuellement qu'idéologiquement (notamment imprégnés par un fort anti-sémitisme), la série, ses spin-offs et ses films ont plusieurs fois fait l'objet d'une forte polémique, son deuxième spin-off Kurtlar Vadisi: Terör étant même interdit de diffusion en Turquie (un seul épisode a réussi à être montré) et la déclinaison Kurtlar Vadisi: Filistin en Palestine (photo ci-dessus) n'ayant pas manqué d'attirer des réactions internationales. Dans le cas qui nous occupe, notre yéménite trentenaire a exécuté 4 hommes et 1 femmes, s'est retranché avec des armes et a fini, une fois à cours de munitions, par se rendre en expliquant ses actes par une volonté de copier ce qui s'était passé dans la série. Il y a résolument des fous partout, mais du coup cela a relancé l'éternel débat sur la violence à la télévision, et à plus forte raison à la télévision yéménite. Les autorités semblent pointer du doigt les importations turques, considérées entre autres "trop libérales" et "propres à détruire la jeunesse yéménite".

SeoulInternationalDramaAwards

- MONDE :

* Finissons avec ce que j'aime certainement le plus dans ce job : les nominations pour une récompense télévisuelle, ici les Seoul International Drama Awards. Regardez-moi ça comme c'est beau !
Dans la catégorie mini-série, sont nommées la saison 2 de Shinya Shokudou et celle de JIN, Boardwalk Empire, les séries françaises Kaboul Kitchen et Clash, le biopic russe Fiodor Dostoievski, la coproduction russe/ukraininenne Ballada o Bombere, la britannique Great Expectations, la saison 2 de Luther et... la saison 2 de Sherlock. A mon sens, c'est plié, mais bon, on sait jamais.
Du côté des séries au (parfois très) long cours, sont nommées : les coréennes The King 2 Hearts, BrainHaereul Poomeun Dal, Gongjooeui Namja, Cheonileui Yaksook et Ppurigipeun Namu, les turques Ezel et Fatmagülün suçu ne?, la colombienne La Promesa, l'américano-canadienne The Firm, et Gran Reserva, ainsi qu'une série chinoise dont j'ai été infichue de trouver le titre original, et dont le titre international est Home of People's Hearts. Dans tous les cas, les Coréens ont de toute évidence une longueur d'avance.
Outre ces nominations, il est possible de voter en ligne pour les prix du public, qui dispense beaucoup plus de choix dans chaque catégorie, dont par exemple l'irlandaise Love/Hate, l'islandaise Heimsendir, la norvégienne Hotel Caesar, l'américaine Castle, l'australienne Jack Irish (WTF ?! Qui peut voter en connaissance de cause pour ça, j'ai loupé la diffusion ou quoi ?!), la néo-zélandaise The Almighty Johnsons, l'argentine Graduados, l'espagnole Gran Hotel, l'égyptienne Lahazat Harega, la française Vous les femmes (que personnellement je ne connaissais pas), et bien bien d'autres. Les résultats seront annoncés le 30 août prochain.
Allez jeter un oeil, c'est assez incroyable, ça vient de quasiment partout (certains pays ont présenté beaucoup de séries, d'autres... moins), ça donne plein d'idées et d'envies, c'est délicieux, mon planning téléphagique vient de prendre 10kg.

* Au prochain épisode, on devrait avoir la liste des nominations pour le Festival de la fiction TV de La Rochelle : les nommés seront annoncés le 22 août prochain ; pour le moment, grâce à des indiscrétions sur les sites québécois, je sais juste que la série Vertiges a été nommée dans une catégorie internationale. Dans tous les cas, résultats le 12 septembre.

TheSpiral-logo

- EUROPE :

* Pour terminer, je l'avais tweeté (certes tardivement) mais ça ne fait pas de mal de le répéter, en particulier si vous ne me suivez pas encore sur Twitter : contrairement à ce qui avait initialement été avancé, arte va finalement bel et bien diffuser, à compter du 3 septembre, la série The Spiral en même temps que les autres pays européens qui ont coopéré sur le projet.
Rappelons pour ceux qui ont la flemme de relire les anciens posts que The Spiral (développée sous le nom de The Artists) est une série co-produite par Canvas en Belgique, TV3 au Danemark, YLE en Finlande, NRK en Norvège, Vara aux Pays-Bas, et SVT en Suède ; chaque chaîne apportant non seulement une partie des finances, mais aussi un ou plusieurs acteurs pour jouer l'un des rôles principaux dans cette série auto-proclamée "expérimentale".
Les acteurs sont : Viktoria Winge (Koselig Med Peis) pour la Norvège, Tuva Novotny (183 Dagar, DAG) et Donald Högberg pour la Suède, Tommi Korpela et Elmer Bäck pour la Finlande, Thure Lindhardt (Blekingegade) et Paw Henriksen pour le Danemark, Teun Luijkx pour les Pays-Bas, et enfin, Thomas Ryckewaert, Johan Van Assche, Johan Leysen et Lien Van De Kelder pour la Belgique.
Toutes les chaînes diffuseront en même temps les épisodes de cette série interactive, les spectateurs participant à l'intrigue pour essayer d'en démêler les fils.
Mais attention : le jeu interactif commence en amont de la diffusion, alors rendez-vous est donné dés le 21 août sur le site international de la série pour voir de quoi il retourne... Tout cela est de plus en plus excitant, vous ne trouvez pas ?

Pour patienter encore un peu, voilà la bande-annonce en anglais :

Voilà, c'est tout ! (dit-elle en dépit de son syndrome du canal carpien)

Tant que j'en suis aux effets d'annonce : dorénavant, les world tours seront repris par le fil actu du site Annuséries (avec un léger différé, les inédits sont toujours ici), donc n'arrêtez pas de venir me voir, mais sachez que ce récap' planétaire que je vous prépare sera désormais aussi publié là-bas, pour le plus grand plaisir de leurs visiteurs qui peuvent déjà y entendre parler de la Grand-Bretagne, du Canada ou de l'Australie, et qu'avec un peu de chance, on va intéresser à encore plus de séries méconnues sous nos latitudes ! Plus on est de fous...
Vous y trouverez également la bannière utilisée en début de post, pour plus de visibilité.

Alors, même en tenant compte de ce qui a inévitablement été oublié, admettez-le : que tout ça est BON !!!
Où vont vos préférences ? Dites-moi, je veux tout savoir !
Et puisque je vous tiens, n'hésitez pas à me dire : en fait c'est mieux avec sous cette forme compacte et alphabétique, les world tours, ou on continue comme avant ? Comme d'habitude, ce sont vos retours qui me permettent de vous tailler une rubrique sur mesure ! Et si vous remarquez une video qui ne marche pas, signalez-le moi...

Posté par ladyteruki à 17:08 - Love Actuality - Permalien [#]

10-05-12

What's up down under ?

Il y a quelques semaines, je vous avais proposé de faire le tour de ce qui nous attendait dans les mois à venir du côté de la fiction scandinave.
Eh bien aujourd'hui, si vous avez le temps pour une petite balade, je me suggère de vous emmener dans une promenade parmi les prochaines séries australiennes, qui ne manqueront pas de tenir une large place sur ce blog quand viendra le moment de leur diffusion puisque, vous le savez, j'ai développé ces dernières années une tendresse toute particulière pour ce pays dont les fictions ne me déçoivent (presque) jamais, comme peuvent en témoigner mes post exaltés sur Woodley, Outland ou encore Woodley. Pardon, je voulais dire Miss Fisher's Murder Mysteries.

Un petit avertissement cependant : certains projets que j'ai pu évoquer ces dernières semaines, comme la mini-série Carlotta avec Jessica Marais, mettons, ne figurent pas dans ce gigantesque récapitulatif qui ne couvre que les projets de séries prévus pour une diffusion en l'an 2012. Pour ce qui se passera au-delà... on aura le temps d'y revenir une autre fois !
Prêts ? Alors on est partis !

TrickyBusiness

Du côté du network Nine, d'abord, les festivités commencent dés la semaine prochaine avec le lancement, le 14 mai, de la nouvelle série Tricky Business. Dans cette série dramatique déjà fort comparée à Packed to the Rafters, mais empruntant aussi à une formule procédurale, on suivra une famille dont le coeur de métier est de procéder au recouvrement de dettes. Au casting, plein de visages bien connus des spectateurs australiens : Shane Bourne (City Homicide), Gigi Edgley (Farscape), Debra Byrne (The Secret Life of Us), Kip Gamblin (Home and Away), Antony Starr (Rush et prochainement dans Banshee) et Lincoln Lewis (Neighbours, SLiDE...).

Howzat

On attend maintenant la date de diffusion pour la mini-série Howzat!, lancée par Nine suite au succès public et critique de Paper Giants chez la concurrence. J'ai déjà eu l'occasion à plusieurs reprise de vous expliquer le challenge qui attend cette série qui va tenter de jouer sur la réputation de la série dont elle est officieusement le spin-off, en ayant toutefois pris de la distance avec son équipe créative ou le cast qui avait fait son succès. Howzat! sera diffusée en deux parties avec Lachy Hulme dans le rôle principal, celui du magnat des médias Kerry Packer.

Underbelly-logo

Difficile de mentionner les séries australiennes sans passer par Underbelly : Nine n'a aucun intérêt à laisser mourir la franchise, et celle-ci reviendra pour une nouvelle mini-série de 8 épisodes, quelque part pendant le second semestre 2012. Underbelly: Badness (c'est vous dire) continuera de s'intéresser à l'histoire criminelle de l'Australie, mais sera plus moderne qu'aucune autre série de la franchise à ce jour, puisqu'elle s'intéressera à la période 2001-2011, une période qui couvre la durée de l'enquête sur le parrain Anthony Perish, campé par Jonathan LaPaglia, qui profite de la gloire de The Slap pour se refaire une santé sur le petit écran australien.

L'un des rares projets de Nine en matière de dramédie s'appelle House Husbands ; la série s'intéressera en 10 épisodes à 4 pères au foyer, et sera produite par l'équipe de la série adolescente SLiDE. On nous promet d'apprendre à faire la connaissance avec des hommes qui découvrent qu'éduquer des enfants... ne signifie pas nécessairement qu'il faut cesser d'en être un soi-même.

BikieWars

Du côté de Ten, on n'est pas en reste. A l'instar des Underbelly (c'est d'ailleurs la même équipe), mais aussi de fictions comme Paper Giants, la mini-série Bikie Wars: Brothers in Arms s'intéressera à l'histoire récente de l'Australie en retournant en 1984, pour raconter l'affrontement entre deux bandes rivales de bikers ; la série démarre le 15 mai prochain, et nous permettra de retrouver Todd Lasance (Crownies), Luke Ford (Home and Away), Anthony Hayes (The Slap), Damian Walshe-Howling (Terra Nova) et Callan Mulvey (Hartley, Rush...). Voici la première bande-annonce...

Pour ce qui est des plans du network Ten pour la suite de l'année, on vient d'annoncer officiellement la mise en chantier d'une dramédie policière du nom de Mr & Mrs Murder, dans laquelle l'incontournable Kat Stewart et Shaun Micallef (tous deux au générique d'Offspring) incarneront un couple de spécialistes en nettoyage de scènes de crime, qui décident de mener des investigations trop complexes pour la police.

ReefDoctors

Reef Doctors est également au programme. La série, pensée plutôt comme un drama familial, suivra une mère célibataire qui dirige une équipe de médecins, dans une clinique travaillant dans une communauté près de la grande barrière de corail. La série devrait marquer le retour sur le petit écran de l'actrice Lisa McCune dans le rôle principal, qui n'avait plus travaillé depuis l'annulation de la série Sea Patrol.

PubertyBlues

Le projet le plus ambitieux de Ten pour 2012, c'est l'adaptation du roman Puberty Blues. Avec un cast à tomber par terre et les producteurs John Edwards et Imogen Banks, très en forme ces dernières années, nul doute que la série fera partie de celles qui comptent.
Le roman Puberty Blues, écrit à quatre mains, racontait quelques mois de l'adolescence de deux jeunes filles prises dans le tourbillon d'un groupe de surfeurs ; assez glauque et dur (on y parle, pêle-mêle, d'alcool, de drogue et de viols...), le roman avait fait l'objet d'une adaptation ciné très édulcorée dans les années 80. De par la moyenne d'âge du cast (cf. l'une des premières photos de promo, ci-dessus), on devine ici que la série devrait aussi aborder le point de vue des adultes, certainement des parents, ce qui est un ajout original et risqué par rapport au matériau d'origine. Il faudra garder l'oeil sur cette série dont on souffle qu'on pourrait la découvrir cet été.

H2O

Du côté des séries pour la jeunesse, Ten a aussi prévu de mettre du budget dans Mako Mermaids, spin-off de la série H2O (dans laquelle a débuté Phoebe Tonkin, aujourd'hui dans The Secret Circle). Le tournage de ces 26 épisodes d'une demi-heure a débuté mardi, et raconte comment trois jeunes sirènes tentent de défendre leur île magique... Lucy Fry (également au générique de Reef Doctors), Ivy Latimer (Home and Away, Love My Way) et Amy Ruffle, une inconnue, enfileront à leur tour les nageoires en plastique qui ont fait le succès de leurs aînées. Le budget total de cette production s'élève à près de 10 millions d'euros...

WinnersandLosers

Chez Seven, on y va plus doucement. La chaîne doit encore annoncer ses plans pour la série Winners & Losers, dont la saison 2 n'a toujours pas de date de démarrage. C'est d'autant plus étrange que tous les facteurs devraient être réunis pour faire de cette nouvelle saison un véritable succès : excellentes audiences l'an passé, cliffhanger, et le tournage date même de l'été 2011... On se demande ce qui retient le network.

Quant aux nouveautés, elles sont pour le moment un point sur l'horizon. A Place to Call Home, un feelgood drama produit par l'équipe de Packed to the Rafters, est en projet, mais pour l'instant sans date d'arrivée sur les écrans. On souffle  qu'un projet de Jane Turner et Gina Riley serait également en développement. Mais, attendez, ne seraient-ce pas les créatrices de Kath & Kim ? Un nouvel indice, peut-être, dans notre chasse au scoop sur le retour de la série...!
Seven a aussi en projet une série pour la jeunesse du nom d'In your dreams, dans laquelle deux adolescentes australiennes, les jumelles Samantha et Beth Haselton, font l'expérience d'un choc des cultures alors qu'elles passent des vacances avec leur lointaine famille excentrique dans un château allemand.

...Mais c'est bel et bien du côté du public que les projets sont les plus nombreux : le groupe ABC développe de plus en plus de séries australiennes, et on ne va pas s'en plaindre. Il faut dire que ce sont sur ses publiques épaules que reposent les principales subventions et obligations relatives au développement de la fiction nationale, et ABC1, notamment, a énormément de commandes en cours.

Ainsi, Devil's Dust, une mini-série en deux parties, s'intéressera-t-elle au scandale de l'amiante. On a vu il y a quelques semaines que le cast comporterait à nouveau Anthony Hayes (The Slap), ainsi que Don Hany (East West 101) et Ewen Leslie.

JackIrish

ABC1 toujours, qui nous prépare également Jack Irish, dont là aussi on a déjà eu l'occasion de discuter et qui signe le retour à la télévision australienne de l'acteur Guy Pearce (Mildred Pierce), accompagné par Anthony Hayes (décidément l'acteur de The Slap qui mène le mieux sa barque cette année), Damien Garvey (Terra Nova, Sea Patrol), Shane Jacobson et Roy Billing. Deux affaires d'une heure et demie chacune sont prévues, au cours desquelles ledit Jack Irish tentera de mettre la main sur des personnes qui font exprès de disparaitre pour échapper à leurs dettes. On nous promet un drame sombre, et cette première image de promo confirme effectivement cette prédiction.

Très attendue, mais pour des raisons différentes, Redfern Now est une série en projet depuis un bon bout de temps maintenant, et qui ambitionne d'être une fiction écrite, tournée et interprété par des australiens aborigènes (en tout, ils sont 250 à travailler sur le projet), avec pour seule aide extérieure, excusez du peu, le Britannique Jimmy McGovern (Cracker, Accused) qui en a supervisé l'écriture. La série s'intéressera à six foyers de Redfern, un quartier où se croisent tous les contrastes. Un projet qui prend en plus une saveur particulière alors que SBS s'apprête à lancer une chaîne publique à destination des aborigènes, et vient de débloquer 63 millions de dollars australiens (un peu moins de 50 millions d'euros) dans ce but...

ThisChristmas

Vers la fin de l'année, This Christmas (auparavant titrée New Christmas lorsqu'elle avait été annoncée) fera également son apparition. Cette comédie originale proposera six épisodes, dont chacun se déroule à une année d'écart alors que la famille Moody célèbre les fêtes de fin d'année. On trouve derrière ce projet Phil Lloyd (At Home With Julia) et Trent O’Donnell (Laid), qui ont déjà travaillé ensemble sur un épisode spécial Noël de Review with Myles Barlow, au concept similaire.
Ce projet de comédie est rejoint par un autre qu'on avait déjà abordé, Please Like Me, sur le difficile passage à l'âge adulte d'un jeune homme qui pensait prendre son indépendance et finit par retourner vivre avec sa mère divorcée, pour découvrir que les parents, c'est plus ce que c'était... Les deux séries jouissent chacune d'une commande de 6 épisodes d'une demi-heure.

Il se murmure également que la chaîne aurait mis en chantier The Time of our Lives, qui n'est pas du tout le soap auquel vous pensez, mais une gigantesque série chorale radiographiant la vie de protagonistes dans la trentaine et la quarantaine. Le développement de ce projet n'a cependant pas encore été confirmé officiellement, mais les mêmes murmures indiquent qu'on pourrait s'attendre à une diffusion dés la fin des Jeux Olympiques de cet été, ce qui serait très, très rapide.

La petite soeur ABC2 proposera de son côté un ambitieux projet de série multiplateforme, avec The Strange Calls : les épisodes diffusés sur la chaîne seront complétés par des webisodes, ainsi qu'une narration parallèle via Twitter et Facebook. On trouve au coeur de ce projet Toby Truslove (Outland) dans la peau d'un flic de la ville qui se retrouve muté dans une brigade de nuit d'une petite bourgade côtière, où il va se trouver confronté au paranormal... Les 6 épisodes de cette série étonnante ont été tournés entre février et mars dernier, et je vous avoue que la curiosité risque de l'emporter !

Rake

Au rayon des retours, ABC ramènera la dramédie légale Rake pour une deuxième saison. Le tournage a repris le mois dernier, donc il va falloir s'armer de patience... Et en parlant de patience, la comédie journalistique Lowdown revient pour une seconde saison, près de 2 ans après sa première diffusion ; on y retrouve Adaw Zwar, l'un des créateurs de la série Wilfred d'origine.

Tangle

Un tout petit mot sur le câble, vite fait parce que ce n'est pas encore là que ça se passe.
Outre la grande inconnue que représente le renouvellement de Tangle pour une quatrième saison (vu le budget dépensé par Showcase l'an dernier sur la mini-série Cloudstreet, la troisième saison était déjà un miracle), tous les regards sont tournés vers Wentworth, la série carcérale de FOXTEL dont je vous expliquais la genèse voilà deux mois. Très attendue, la série produite par Jo Porter (Packed to the Rafters) est pourtant baignée de mystère : on ignore le nombre d'épisodes commandés, la distribution, et ne parlons même pas d'une date de diffusion !


Ah, avant de vous quitter, juste un dernier mot pour vous signaler que la saison 2 de Laid a repris en ce mois de mai, pour ceux qui avaient accroché à cette comédie romantique morbide, et avec tout ça, vous êtes parés pour faire votre marché dans les prochaines séries australiennes de l'année !

Posté par ladyteruki à 18:24 - Love Actuality - Permalien [#]