ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-12

Vous avez un ancien message

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de Cracked intitulé Why Every '80s Sitcom Decided to Kill Off the Mom sur lequel j'ai d'ailleurs tweeté ; c'est lui qui m'avait donné envie de me replonger dans Punky Brewster, d'ailleurs.

Outre l'analyse de l'article en elle-même, plutôt intéressante, cet article sur les sitcoms des années 80 et leur portée sociale m'a laissé songeuse. L'auteur prend évidemment toutes les précautions, et nous explique qu'il ne s'agit pas de prétendre que TOUTES les séries de cette époque employaient cet outil de la maman absente pour raconter leurs histoires. Mais une quantité non-négligeable d'entre elles avait de toute évidence un point commun révélateur.
Alors, que dira-t-on des séries que nous regardons actuellement ? Que disent-elles sur notre société actuelle ?

Evidemment, avec le temps et les mutations de l'industrie télévisuelle, les choses sont un peu différentes. On n'est plus dans les années 80, voyez-vous.
Il y a chaque année plus de chaînes, et il y a chaque année plus de chaînes qui se lancent dans les fictions originales ; cette semaine, c'était encore le cas de Bounce TV, par exemple. Avec l'intensification des productions du câble, le panorama s'est diversifié. Il est déjà devenu compliqué de faire des généralisations par chaîne (ou alors à la louche : genre généraliser les séries de Showtime quand on peut y trouver aussi bien The Borgias que The Big C), alors comment faire des généralisations sur le message de ce que plusieurs dizaines de chaînes nous racontent sur notre époque ?

Evidemment, on peut quand même regrouper certaines séries dans des groupes.

On pourrait par exemple discuter de ce que toutes les séries policières cérébrales de la décennie des années 2000 disent sur notre besoin d'omniprésence policière, de rationalisme, et de besoin de mettre les méchants en prison grâce à des preuves irréfutables. Avec l'annulation d'une première série de la franchise des Experts, on peut d'ailleurs imaginer que ding dong, la sorcière est morte, et que cette page est en train de commencer à se tourner.

A part ce cas particulier qui concerne un genre à part entière, un "message" donné peut concerner quatre, cinq, parfois une demi-douzaine de séries, mais rarement plus. Par exemple je me souviens avoir trouvé lamentable qu'en période de crise, des séries comme Breaking Bad, Weeds et Lights Out s'évertuent à nous expliquer que "la fin justifie les moyens", en particulier lorsqu'un peu d'humilité pourrait parfois tout aussi bien arranger le problème financier des personnages (si ce n'est qu'on n'aurait pas de matériel pour une série ; bon, certes). Ces séries s'obstinaient à nous dire que le confort matériel primait sur tout, y compris le confort tout court. Qu'importe que vous soyez misérable, du moment que l'argent est là !
Mais, même en ajoutant Necessary Roughness et Hung à ce petit cercle, difficile de dire qu'il s'agit là d'un véritable ras-de-marée, aux proportions réellement emblématiques.

J'en étais à ce stade-là de ma réflexion quand je me suis souvenue de mon ressenti il y a quelques mois.
Plus précisément, quand Last Man Standing, Work It, How to be a Gentleman et Man Up! se sont succédées pendant cette saison. Toutes, loin de là, n'ont pas trouvé de succès immodéré. Mais leur message était clair : l'homme doit reconquérir son statut viril et dominant, sous peine de devenir une proie pour les méchantes femmes indépendantes. Sérieusement, la plupart de ces séries l'ont dit de façon encore plus explicite que ça dans leur pilote, je ne fais que paraphraser.
Contrairement au groupe précédent, qui concerne à grand'peine une demi-douzaine de séries dont la création est répartie sur plusieurs saisons, ces séries de machos (mais machos contrariés, érigés en victimes) ont vu le jour pendant la même saison. C'est pour cette raison que le message me semble assez significatif.

Du coup, peut-être qu'on regardera les séries comme Last Man Standing, dans quelques décennies, comme des signes d'un retour en arrière conservateur sur le rôle de l'homme et de la femme dans la société. Peut-être qu'un mec qui écrira dans trente ans sur un truc qui sera l'équivalent de Cracked aujourd'hui, nous expliquera que c'était lié à la situation financière de nos pays, et que d'ailleurs la plupart du temps, une crise économique s'accompagne d'un retour des vues conservatrices, et que ça n'a rien d'étonnant. Peut-être qu'il fera le lien avec les Personhood Laws et leur importance en pleine campagne présidentielle américaine.

Ou peut-être pas, d'ailleurs.
Je veux dire : peut-être qu'il y a toujours eu une demi-douzaine de séries machos par an, et je ne m'en aperçois que maitenant ? Peut-être que c'est moi qui deviens une chienne de garde qui prend la mouche facilement. Ca me fait peur autant qu'à vous, je vous rassure. Après tout, Ma Famille d'abord ne date certainement pas de cette saison.

Et puis, évidemment, qui peut prétendre avoir, aujourd'hui, le même recul sur les séries que nous avons actuellement sur nos écrans, que l'auteur de Cracked sur ces sitcoms des années 80 ?

BabyDaddy

Et pourtant, alors que je regardais le pilote de Baby Daddy, jeudi matin, je me disais que certaines choses étaient quand même bien intégrées. Dans ce (mauvais) pilote de (mauvais) sitcom, une fois de plus, on est supposés être hilares parce que trois mecs se retrouvent dans la terrifiante position de devoir s'occuper d'un enfant. Alors que quand même, quoi, soyons sérieux : ce sont des mecs !

Certes, le gag n'est pas jeune : il est directement inspiré de Trois hommes et un coufin, après tout. Et le jeune adulte irresponsable qui découvre son reflet dans le regard pétillant d'un bébé était déjà au coeur de Raising Hope.
Sauf que la famille Chance est dysfonctionnelle dans son ensemble ; sa dynamique ne repose sur aucune forme de sexisme. Tandis que les scénaristes de Baby Daddy ne se donnent la peine à aucun moment de faire semblant de partir du principe que l'équation hommes + enfant est incongrue. A un tel point d'ailleurs que leur amie Riley, lorsqu'elle entre en scène, prend immédiatement les choses en main afin d'éviter la catastrophe : c'est normal, c'est une gonzesse. Même si elle a le même âge qu'eux, il est logique qu'elle sache s'occuper d'un enfant.

Baby Daddy est, répétons-le encore une fois pour ceux qui auraient besoin de l'avertissement, un mauvais sitcom.
Mais, vous voyez, un mauvais sitcom non-sexiste se contenterait de glisser une phrase du genre "je me suis occupée de mes 712 frères et soeurs, je sais comment faire" vite fait bien fait. Ce ne serait pas drôle, mais ça aurait un sens.
Un mauvais sitcom sexiste laisse la chose inexpliquée, parce que l'explication, c'est qu'une femme sait s'occuper d'un bébé (elle sait même faire apparaitre un biberon comme par magie alors que deux des garçons sont partis en course pour en chercher). C'est intégré, comme je le disais, que la femme de l'équipe sache prendre les choses en main. Voyez, ce n'est pas drôle.. et ça a aussi un sens.

Alors, peut-être que je suis peut-être devenue une chienne de garde, ça se trouve. Ou alors de plus en plus de séries puent vraiment le sexisme à plein nez.
Remarquez que l'un n'exclut pas totalement l'autre, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 22:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-04-12

Génération à poil

"I don't think you understand how big of a mess we're in. My disability checks are barely covering our bills, much less all of this. What did we think when we remodeled this kitchen ?
- Things were really good then ! And they're gonna get good again, I've got some really promising leads.
- Riley, you don't get it.
- Oh I get it, it's all we talk about anymore ! I just wanted one day of fun for our family.
- And what ? You want me to just fake it ?! I've had zero luck finding a job, and I got you out there, running around, jacking up our credit cards with another shopping spree !
- Now that is not fair. I got that jacket 70% off, I had to trumple it all over town, and would you please settle down ? Kyle, it's your birthday...
- I can't. Allright, I tried, I can't. The bank called again about our mortgage. This is not exactly where I expected to be at 33."
(Kyle et Riley Parks, The Client List - 1x01 : The Rub of Sugarland)

Ce dialogue ouvre (ou quasiment) le pilote de The Client List. C'est une longue conversation amère d'un couple étouffé par les contrainte financières. En filigrane, on sent la crise, on sent la question du chômage, on sent le problème du pouvoir d'achat, on devine la peur de la privation.
Elle m'a interpelée, peut-être même irai-je jusqu'à dire qu'elle m'a choquée, parce qu'elle est incroyablement longue, détaillée, et qu'elle a cette façon d'en rajouter alors qu'on a très bien compris à chaque intervention de Kyle que la situation financière n'était pas au beau fixe. On peut y voir l'absence de subtilité du scénario. Je n'ai pas eu l'impression que c'était la seule raison. D'ailleurs par la suite le scénario sera encore moins subtil et modifiera les raisons de l'agonie financière de Riley ; en réalité ce passage est un choix et pas une obligation pour prouver que l'héroïne est dans la panade. Mais ceci n'est pas un post sur le pilote de The Client List ; plutôt sur les questions qu'il soulève, même si c'est en partie involontaire.

GenerationaPoil

Lifetime nous a offert par le passé des séries comme Beach Girls, Drop Dead Diva, Rita Rocks, ou la mini-série Maneater (que, sérieusement, j'ai été infichue de trouver à ce jour, et croyez-moi ça m'agace, mais qui avait l'air quand même bien plus légère). Sans aller jusqu'à dire que le constat social en était totalement absent, ne serait-ce parce que des séries comme Strong Medicine ou The Protector, de par leur genre (respectivement médical et policier), finissaient toujours au moins par effleurer quelque chose. Mais le fait est qu'on n'avait pas cette impression de désespoir dans les séries précédentes de la chaîne.
Pour moi, Lifetime était un peu le dernier bastion de l'angélisme à la télévision américaine. Les téléfilms de Lifetime, que je regardais pas mal à une époque, commençaient presque toujours dans une famille heureuse, équilibrée, sans gros trouble financier ; c'est seulement après que quelqu'un découvrait qu'il avait le cancer, qu'une jeune fille était frappée d'anorexie ou qu'un voisin commençait à être trop pressant. L'héroïne (puisque dans 99% les téléfilms de Lifetime ont une héroïne, naturellement) allait traverser le pire, parfois avec sa famille, parfois sans (bah oui, si les petits ont été kidnappés !), mais on partait d'une situation positive, et on visait le happy end.

Plus largement, depuis de nombreuses années maintenant, des séries comme Weeds, Hung, ou Lights Out ont pris l'initiative de parler de personnages qui vivent un revers personnel qui leur amène des déboires financiers. On était encore à un stade où on pouvait se dire : "ok, c'est pas très marrant, mais ptet que si ces gens ne s'accrochaient pas à leur ancien niveau de vie, ils pourraient voir un peu plus vite le bout du tunnel". D'ailleurs je vous ai dit tout le bien que je pensais de la façon dont ces séries traitaient le problème.
Là j'ai comme le sentiment qu'on vient de passer une étape de plus dans la morosité ambiante : l'économie est pourrie et les temps sont durs. Pas de perspective, pas d'espoir ; que la galère, encore et toujours. Nous n'avons rien de rien, disent ces personnages, et surtout Kyle. Trente ans, et complètement à poil.

Je ne pensais pas dire ça d'une série de Lifetime, mais cela reflète énormément ce que je peux lire dans la presse quant à ma génération (eh oui, les Parks, héros de The Client List, ont mon âge... enfin, dans le scénario) ou ce que je peux entendre autour de moi.
Génération foutue.

Mais il y a eu d'autres générations qui ont connu la crise avant, et quelques unes avaient la télé. Sauf que leurs séries ne semblaient pas vouloir dire ce désarroi de la même façon ; voulaient-elles vraiment le dire d'ailleurs, je n'en suis pas systématiquement convaincue. J'en ai regardé quelques unes qui commençaient à dater, comme The White Shadow par exemple, qui date de la fin des années 70, et même si on y parle de problèmes sociaux, il y reste de l'espoir ; le constat n'est pas idéal, mais on n'en ressort pas avec l'impression que c'est foutu. Personne ne tient un tel discours. Une décennie plus tard, quand Roseanne parle des petits de ce monde qui ont du mal à joindre les deux bouts, elle en rit, par exemple ; elle ne fait pas qu'en rire, mais elle tourne les choses avec humour tout de même ; pour autant personne dans Roseanne ne pense sincèrement que les choses vont devenir extra, le sens des réalité persiste, et hormi la dernière saison surréaliste, la plus grosse réussite des Conner sera de parvenir à ouvrir leur propre sandwicherie, preuve qu'on ne parle pas non plus d'un happy ending de type 7 à la Maison. C'est réaliste sous un certain angle, mais le recul de la fiction est présent, offrant une porte de sortie, une soupape de sécurité. C'est ce qui faisait l'intelligence aigue des premières saisons de la série, d'ailleurs.
Ce sont là les exemples les plus parlants qui me viennent à l'esprit, mais beaucoup d'autres séries ont parlé de problèmes d'argent et/ou de pauvreté, par le passé, y compris énormément de comédies. Les choses n'avaient pas l'air despérérées. Voire même : foutues. Les générations précédentes semblaient moins fermées à l'idée de conserver un petit peu d'optimisme dans leurs séries, même si ça ne leur évitait pas toujours d'aborder certains problèmes.

J'entends bien que le principe de The Client List est justement de montrer une femme tellement aux abois que, Enfer et damnation, il n'y a rien d'autre à faire, elle va devoir progressivement se prostituer. L'idée est donc évidemment de bien montrer qu'elle n'a pas d'autre choix, que la situation est trop catastrophique pour emprunter les solutions "ordinaires", ou même simplement pour faire preuve de patience dans l'espoir que les choses s'arrangent.
Mais cette conversation avait un ton amer et j'ai trouvé qu'elle donnait un ton bien différent à cette fiction, même si par ailleurs celle-ci ne brillait pas par son originalité. Ou la qualité de son interprétation. Ou bien d'autres choses encore (quelle chance, Riley n'a besoin de pousser les attouchements plus loin qu'avec des gravures de mode...). The Client List aurait pu être l'une de ces fictions, et il y en a eu plein je le disais, qui commencent quand tout va bien et qui nous promettent un happy end, le reste n'étant qu'une façon d'éprouver l'héroïne pour nous divertir ; je n'ai pas vu le téléfilm qui a donné naissance à la série, mais peut-être que c'est de là qu'elle tient son côté désoeuvré, ou peut-être qu'au contraire ce téléfilm employait-il une formule plus classique. En tous cas, cette série-là a fait le choix du pessimisme pur et dur.

Un pessimisme qui est devenu la règle... C'est moi qui ai le moral dans les chaussettes, ou bien de plus en plus de séries de nos jours, sous couvert de "réalisme", ont décidé de ne plus voir les choses qu'en noir ? Notre génération semble tellement foutue que regarder des séries nous lister des problèmes financiers par le détail passerait presque pour la norme.
Vous savez ce qu'elles disent de nous, ces séries ? Qu'on n'y croit plus.

Posté par ladyteruki à 18:39 - Série de valeurs - Permalien [#]

02-04-12

Beats me

Le post Comme au cinéma du jour ne va pas être tout-à-fait habituel. D'ordinaire, même quand j'ai été voir le film au cinéma (ce qui n'est déjà pas systématique), je me dépêche de cagouler le film en rentrant, déjà parce que j'aime bien m'en repasser des bouts quand j'écris mon post, ensuite parce que ça me permet d'en tirer un extrait à vous montrer, et c'est sans parler des captures évidemment. Là, euh... comment vous expliquer ? J'ai déjà eu du mal à trouver une salle qui le projetait. Voilà voilà. Et sur internet, c'est déjà la croix et la bannière de trouver autre chose que le trailer en VOSTF, voyez, ça donne bien le ton.
Qu'est-ce qu'on fait ? On en parle quand même ? ...Ouais, allez. Pour le fun.

Par contre du coup je vais pas me priver de vous spoiler, parce qu'à ce stade on sera tous d'accord que ça n'a plus d'importance (d'autant que ce film a peu de chances de sortir un jour en DVD). Surtout vu la teneur de ce que j'ai à en dire.

C'est quoi le nom du film ? 30 Beats
C'est plutôt quel genre ? Moite
Qui on connaît là-dedans ? On ne va pas se mentir, j'avais décidé d'aller le voir parce que ça fait trois ans que ce film est dans la filmo de Lee Pacesur IMDb. Ah non mais j'en fais aucun mystère, hein. A ses côtés, on peut cependant remarquer Paz de la Huerta (Boardwalk Empire) et Justin Kirk (Weeds). A noter qu'on fait la connaissance également de Condola Rashad, fille de ; le cast est très international puisqu'on trouve en sus une actrice française (Vahina Giocante), une autre lithuanienne, Ingeborga Dapkunaite (qui est d'ailleurs apparue dans un Wallander britannique) et un acteur péruvien (Jason Day).
Ça date de quand ? 2009
En résumé, de quoi ça parle ? D'un été à New York.

30Beats

En moins résumé, de quoi ça parle ? Il n'y a pas UNE histoire, mais un enchaînement d'anecdotes interconnectées, formant une immense chaîne humaine à travers New York.
Et ça finit comment ? En bouclant la boucle.

Pourquoi c'est bien ? Parce que les enchaînements de ce genre, globalement je suis bon public : partir d'un point A et arriver au point Z en passant par plein de maillons, je trouve ça sympa. Je suis de toute façon le genre de personne qui n'attend pas systématiquement qu'un film ou même une série aient un but, et je me satisfais très bien d'une sorte d'anthologie de petites historiettes sans conséquence ni mythologie. L'effet patchwork, en somme, n'est pas un défaut de fait à mes yeux. Et du coup je me suis plu à suivre cette camera qui suit un personnage jusqu'à ce qu'il en rencontre un autre puis décide de suivre celui-là. Dans une grande ville comme New York, ça fonctionne encore mieux parce que les possibilités de la ville sont infinies (rappelez-vous Six Degrees). Alors du coup, il faut juger le film par "rencontre", et pas sur son ensemble. Il y a ainsi des "rencontres" qui m'ont plu, et d'autres qui étaient franchement nulles, n'ayons pas peur des mots. Mais ça, c'est l'affaire du paragraphe suivant.
Pourquoi c'est pas bien ? Comme je le disais, certaines histoires sont dénuées de tout intérêt (je pense par exemple au dépucelage de la première femme à débarquer à l'écran). Mais ce n'est pas dramatique, en soi : l'effet de patchwork fait que ce n'est pas grave et que du moment que l'histoire suivante fait passer le goût, peu importe que celle-ci laisse une sensation amère. Non, le vrai problème de 30 Beats, c'est essentiellement... ses dialogues. Et c'est un vrai problème, parce qu'on a dépassé le stade de la fadeur pour arriver à l'impression très désagréable d'avoir des dialogues vraiment, vraiment mauvais. Genre écrits dans un anglais niveau sixième, pas plus d'une cinquantaine de mots de vocabulaire à tout péter, des phrases très courtes, sujet-verbe-complément, aucune musique, aucune poésie, limite des tweets, mais sans la richesse du procédé. Et ce n'est pas tout. Une partie des acteurs n'y croit pas un seul instant ; donc en plus d'être certains des pires dialogues que j'ai jamais entendus, ils sont aussi récités de la façon la plus monocorde possible. C'est particulièrement frappant au début du film (les interprètes variant, on a au moins l'avantage d'assister aux efforts de quelques uns d'entre eux). Ce n'est hélas toujours pas tout. Le soucis c'est qu'en plus, Alexis Lloyd a fait le choix de ne montrer aucune scène de sexe. Oui, dans un film sur les rencontres sexuelles ; c'est courageux. Sur le papier ce n'est pas un choix répréhensible, d'ailleurs, c'est même un parti-pris tout-à-fait explicable par le fait que le film parle avant tout de rencontres et de désir ; mais vu que les dialogues virent au cauchemar dans 90% du film, l'accumulation de ces défauts bien précis devient problématique. Autant dire qu'on a l'impression d'assister à un film porno à l'envers : que des dialogues à la con, aucune scène de cul. Hm, c'est embêtant !

Ah, les joies du cinéma ! Si j'étais une MST et que je voulais bosser dans le milieu du cinéma, voilà le genre de film dans lequel je voudrais percer.
La réplique qui tue : Etant donné ce que je vous ai dit des dialogues de 30 Beats, je crois qu'on a tous compris que c'était là une bataille perdue. Voire même : pas livrée.
La scène qui tue :
Arrivé à, disons, je sais pas, la moitié du film environ ? L'une des protagonistes rend visite à son chiropracteur. Lequel est tellement habile de ses mains qu'il lui donne un orgasme rien qu'en lui massant les tempes, alors que dans sa rencontre précédente, elle était convaincue d'être d'une part, totalement frigide depuis son opération du coeur, et d'autre part, de mourir si jamais elle venait à ressentir un orgasme. Alors vous comprenez bien que quand son chiropracteur la fait hurler de plaisir (et il en est le premier gêné, le pauvre), elle n'a qu'une envie, lui bondir dessus. Chose qui n'entre pas vraiment sur la fiche de soins dudit chiropracteur. On a donc une longue scène de désir désespéré d'un côté, et de "merci Madame, mais non merci, rangez vos seins je vous prie" de l'autre, qui se caractérise par le seul moment du film où j'ai ri, le chiropracteur expliquant qu'il a moyennement envie d'être poursuivi pour s'être tapé une patiente, et ladite patiente, qui a de la suite dans les idées, décidant de rédiger séance tenante une décharge. C'était drôle parce que le praticien a en plus la bonne idée de sortir un truc du genre "vous ne contrôlez pas mon désir juste avec une décharge", et c'était bien de mettre en relief une vraie "rencontre" qui tourne mal, parce que jusque là, 30 Beats était un peu le drive-in du sexe, il suffisait de commander pour recevoir, à quelques détails près (eh oui faut être précis dans sa commande, c'est le seul inconvénient). Plus que de parler, comme l'avait fait la "rencontre" précédente, d'une histoire où il n'y pas de concrétisation pour une raison X ou Y (le fait que la jeune femme se pense frigide), on a une véritable exploration d'une partie de la signification du désir, celui qui devient frustration. Et c'est finalement quelque chose qu'on voit peu au cinéma, en particulier dans les films qui parlent autant de sexe comme celui-ci, où on a l'impression que tout le monde peut se taper absolument tout le monde comme il le souhaite, ce qui est illusoire et même pas intéressant dramatiquement. Vraiment c'était un passage qui donnait un vrai relief à la suite de "rencontres" de 30 Beats, un propos qui apportait quelque chose de neuf. Bon par contre ensuite le chiropracteur se la tape, donc la conclusion est vaine, mais la scène était sympa. C'est un pur hasard si cette "rencontre" met en scène Lee Pace d'ailleurs, car son interprétation rappelle énormemént Ned le Piemaker (en même temps chronologiquement ça se tient), et sa "rencontre" suivante sera moins bien. Donc, après en avoir discuté avec moi-même, ça vient vraiment de la scène, je peux l'affirmer.
Et comme j'ai pas d'extrait à ma disposition, bah voilà le trailer. Pardon, j'ai honte.

Une note ? CagoulesCagoules
Mwahaha... Nan ça me fait un peu rire, pardon, mais à ce stade normalement vous comprenez pourquoi je pense. Au pire, ça va devenir plus clair avec le bilan.
Bilan : A la base, j'allais voir ce film sans trop y croire, admettons-le. Il est de notorité publique que les romances, déjà, m'indiffèrent ...dans le meilleur des cas. Donc bon. Je savais que mon but dés le départ était d'ajouter ce film à ma petite étude sur Lee Pace, puisque comme vous le savez il est le seul acteur dont je décortique chaque apparition parce que quelque chose dans son jeu me fascine. De la même façon que j'ai regardé des horreurs comme Marmaduke ou When in Rome sans y croire, je suis allée voir 30 Beats sans a priori très positif, il faut le dire. Mais je veux une vision d'ensemble, alors tant pis.
Je crois pourtant qu'en dépit de ses défauts, 30 Beats aurait pu être un bon film ; mais dans d'autres conditions. Avec de vrais dialogues, pour commencer (ça changerait tout, en fait). Avec un cast qui ait un peu foi dans ce qu'il fait également, la motivation de certains personnages étant visiblement invisible autant aux spectateurs qu'aux interprètes, c'est net. Et je vous dis ça sans la moindre attaque ad hominem, vous savez que c'est pas mon genre de rappeler que Paz de la Huerta joue en permanence comme si elle était droguée au dernier degré (ou qu'elle fournissait une mauvaise imitation de Marilyn Monroe... ou les deux, en fait). Oh que non, je suis au-dessus de ça !
Pourtant au fond, le film soulève des thèmes intéressants, dans son domaine ; je ne sais pas s'il les doit tous à La Ronde, la pièce dont il est inspiré et que je ne connais pas, mais force est de constater que les thèmes soulevés ont du potentiel. Mais ils n'ont bien que ça. Par exemple, l'un des personnages fait appel à une dominatrix hors de prix (ce qui est d'autant plus gênant qu'il travaille pour un politicien), et est désemparé lorsqu'elle lui apprend qu'elle a décidé de tout arrêter pour ouvrir une galerie d'art ; la réaction du client était fascinante et j'aurais aimé qu'on y passe plus de temps. Par le jeu de la chaîne de "rencontres", on suit ensuite cette dominatrix dans un rôle de prostituée plus classique alors qu'elle a pour mission de déniaiser un jeune homme, fils de l'un de ses clients réguliers, et l'échange est savoureux, puisque dans leur cas on entend leurs pensées (ça n'arrive pas systématiquement, et heureusement parce qu'il y a quelques fois où ça se produit et où les dialogues rendent l'effet risible). Or le jeune homme ne sait pas du tout qu'il s'agit d'une relation tarifée et tente maladroitement de charmer une femme dont il ignore qu'elle lui tombera de toute façon dans les bras. C'était une scène qui, avec de meilleurs dialogues, aurait été proprement hilarante et douce-amère à la fois. Un homme qui a couché avec une jeune actrice découvre que celle-ci, quand elle lui a foutu un vent la veille alors qu'il voulait la revoir, a couché avec une femme, et l'interroge de façon obsessionnelle sur son orientation sexuelle ; la crise de jalousie (alors que lui-même n'est, on le comprend bien, qu'un plan cul qui s'accroche) aurait pu être intéressante. Une femme contacte l'un de ses plans cul mais finit par lui faire une scène parce qu'il ne respecte pas les règles du jeu du plan cul, et ils finissent par énoncer ensemble les règles qui permettent à un plan cul de fonctionner ; ce sont les règles qu'on entend dans le trailer, même si dans le film elles sont toutes dites par cette femme. Ce système de règles, souvent implicite, méritait d'être exploré, peut-être même de s'étendre à une autre "rencontre" (en fait le film manque d'auto-références, sans doute, car à l'exception d'une remarque sur les cicatrices, on n'obtiendra aucun effort en la matière). Une "rencontre" plus classique, entre un client d'hôtel et une standardiste, où la séduction se produit uniquement par téléphone (et où on comprend qu'en fait la première "rencontre" téléphonique a déjà eu lieu le soir précédent), méritait également d'être étirée, au lieu de se conclure de façon ridicule (mais j'y reviendrai, au ridicule). Bref il y a des choses qui méritaient d'être dites, puis élaborées. Peut-être faire un film de 2h et non 1h30, qu'est-ce que j'en sais moi ? Mais en tous cas il y avait clairement du potentiel, simplement le film dont je vous parle n'est pas tout-à-fait 30 Beats, car 30 Beats n'a pas su tirer partie de grand'chose.
Je dirais aussi que la conclusion du film est atteinte de ce mal du "ç'aurait pu". Lorsque le jeune homme mentionné ci-dessus perd son pucelage avec une prostituée payée secrètement par son père (d'ailleurs, ironie : il ne se souvient pas se l'être tapée : il s'est cogné la tête dans le feu de l'action) vient se confesser à sa meilleure amie... qui n'est autre que l'ex-pucelle du début du film, on nous fait soudain glisser vers quelque chose d'étrangement cohérent, et bien que j'aime l'effet de patchwork, j'ai apprécié ce revirement (même si on le voyait venir avant qu'il ne soit explicité). Soudain, on comprend que cette suite de "rencontres" avait une sorte de but cosmique, rapprocher ces deux jeunes gens qui réalisent pour la première fois que, n'étant plus puceaux, ils peuvent coucher ensemble (euh, oui, bon, c'est une logique qui en vaut une autre), et qui finissent le film en étant ensemble, main dans la main, sur un banc, sous-entendant par là que leur "rencontre" à eux va durer. Et l'idée est bonne, dans le fond, même si un peu niaise (nan mais moi je trouve tout niais alors bon, ne vous fiez pas à mon avis), parce que cela dépeint quelque chose qui finalement on n'avait pas tellement exploré : l'idée de l'après. Tout le monde avait vécu comme si toute "rencontre" se devait d'être passagère, et là ça apporte une dimension complémentaire inattendue. Maheureusement la scène est très bavarde et le côté "ah bah j'ai réfléchi on va coucher ensemble" est grotesquement amené...

Ma dernière critique, pourtant, s'adresse moins à 30 Beats qu'à tous les films de son genre : cette impression d'être totalement en décalage avec ce qu'est vraiment le sexe et la rencontre amoureuse de nos jours. Deux de ses personnages sont puceaux à 18 ans, par exemple. A Manhattan ? J'ai peine à le croire ! A côté de ça la "rencontre" entre le chercheur et la médium est totalement surréaliste : le type y va pour se faire tirer les cartes et finit par... ne me laissez pas finir cette phrase, le jeu de mots serait sordide. Mais en plein milieu de la séance de cartes, tout d'un coup la médium lui propose de faire un truc complètement nouveau qui va révolutionner son âme, et dans le plan suivant, il est à poil dans une baignoire à s'enduire d'onguents de provenance suspecte. QUI FAIT CA ? Je m'attendais à ce que la nana lui mette la honte de sa vie pour s'être désapé aussi facilement et avoir accordé toute sa confiance à une médium, alors que deux secondes plus tôt il insinuait fortement que le tarot c'était de la foutaise, mais la scène n'est jamais venue. Dans une autre "rencontre", un jeune homme qui est tombé amoureux (dixit) d'une belle inconnue à laquelle il n'a jamais parlé décide de la suivre jusque chez elle, et se fait repérer au passage (en même temps il ne fait pas ça très discrètement), puis il va lui acheter des fleurs et un citron (longue histoire, je vous épargne les détails), et revient tout cool pour venir toquer à sa porte. Et la fille ouvre la porte. QUI FAIT CA !? A MANHATTAN !? Elle lui ouvre, le fait monter chez elle, et lui demande s'il est un stalker. MEUF, POURQUOI T'AS OUVERT SI TU TE POSES LA QUESTION ?! ...Je vais vous dire moi pourquoi : parce que ce ne sont que des prétextes. Comme Sex & the City (dont la parenté est lointaine et pourtant étrangement palpable, peut-être à cause du thème du sexe, peut-être parce que la ville joue un grand rôle dans les deux), l'idée est de trouver le moyen de mettre un homme et une femme (minimum) dans une situation où on va ensuite les obliger à se mettre face à leurs tourments. On ne savait pas comment en parler alors, bon, on trouve un moyen. Et c'est ridicule. Personne ne fait ça. Qui fait ça ? Vous, vous faites ça ? Moi je connais personne qui fait ça ! Et parfois c'est tellement déconnecté de la réalité qu'on ne peut pas ne pas marquer l'arrêt et se dire que franchement, c'est n'importe quoi. Le prérequis c'est quand même qu'on s'identifie aux tourments abordés pendant la "rencontre", or si on ne croit pas un instant aux circonstances dans lesquelles elle se produit, eh bien tout le principe est faussé.
Ce défaut n'est pas propre à 30 Beats, pas du tout, mais je ne crois pas avoir déjà eu l'occasion de l'exprimer dans ces colonnes, alors voilà.

Reste quand même que 30 Beats n'est pas un film exceptionnel. La vérité, il faut le dire, c'est que ce n'est même pas un bon film. Encore fallait-il le voir pour le savoir, au moins c'est fait.

Posté par ladyteruki à 22:09 - Comme au cinéma - Permalien [#]

12-01-11

Can't cash this

LightsOut

Plus on parle de crise, plus on voit émerger un sous-genre de la série dramatique qui se rapporte, à mes yeux, à une sorte d'apologie de la prostitution. Sûr que Hung en est l'exemple le plus explicite, mais pour moi, les héros de Weeds, Breaking Bad, et maintenant Lights Out n'en sont pas bien loin. Pour eux aussi, la question est : qu'êtes-vous prêt à sacrifier pour maintenir votre niveau de vie ?
Votre santé mentale et votre intégrité physique ? Deal.

Il n'y a pas grand'chose dans Lights Out qu'on n'ait déjà vu ailleurs : un cocktail détonnant de détresse financière exagérée au nom de la fierté (merde, commencez par déménager dans une maison plus petite, pour commencer), de déchéance physique et d'échéance médicale (histoire de faire mine de n'avoir plus rien à perdre), de pathos familial (papa ne m'écoute pas, ma petite femme semble aveugle aux réalités de la vie, je dois protéger ma progéniture de toute forme de vérité), et même un peu de médicaments, parce que vous savez quoi, on est sur le câble, nos personnages ont forcément un pilulier. Mais ça, ce n'est pas grave. Ce n'est pas ce qui m'ennuie le plus dans Lights Out.
Derrière son côté viril et ses muscles au kilo, derrière le regard bovin de son personnage central et la carrure de titan qu'il traine péniblement de scène en scène, il n'y a rien d'autre que cette seule question : qu'êtes-vous prêt à sacrifier pour donner le change ?

Dans la mascarade sociale de ces séries, c'est l'apparence qui prime. Garder sa maison gigantesque et continuer de donner l'impression qu'on a assuré, mais bouffer ses dents et passer des soirées en miettes sur le canapé pour paradoxalement pouvoir préserver une illusion de dignité. Ce qui n'est pas beau à voir, ce n'est pas le visage boursoufflé par les coups, c'est tout simplement ce qu'un homme est prêt à piétiner pour qu'on ne puisse pas le prendre en défaut. Laisser tomber la cuirasse est hors de question, c'est tellement plus facile de s'en prendre plein la gueule mentalement et physiquement.
Tout ça pourquoi ? Parce qu'il faut avoir son propre manoir pour montrer qu'on a réussi ?
Ces séries disent qu'on vit dans une société consumériste en crise, mais que c'est pas grave, on va continuer à faire illusion. Plutôt crever qu'admettre qu'on a fait fausse route.

Mais justement, vous comprenez, les spectateurs adorent ça ! Ils adorent voir ce grand type s'en prendre plein la tronche pour payer l'école privée de ses filles ! Ils adorent parce que c'est métaphoriquement ce qu'ils font quand ils ont deux boulots, alors ça leur permet de relâcher la pression et se trouver un boxeur de fiction pour personnifier tout ça une heure par semaine. C'est tellement impossible de ne pas plaindre ce grand gaillard plein de muscles, cette espèce de bête à qui son propre cerveau fait des tours et tord même l'espace-temps, comme les spectateurs quand ils ont encore oublié d'acheter du lait avant de rentrer ! Patrick prend les coups pour eux, et ils sont délestés d'un peu de fatigue de devoir faire des sacrifices aussi.

Mais vous savez ce qui serait encore mieux ? Qu'on arrête d'attendre que nos personnages de fiction se prennent nos coups métaphoriques dans la gueule à notre place. Qu'on arrête de plaindre les personnages qui font des choix irrationnels au nom de la fierté. Qu'on arrête de cautionner quand un personnage préfère crever qu'avouer qu'il a mal géré les choses. Qu'on arrête, surtout, bordel, de se dire que c'est noble de préférer se faire détruire au nom d'un apparent confort de vie, quand il suffirait de faire des sacrifices un peu moins couteux mais forcément moins spectaculaires pour garder son intégrité physique et mentale, et, peut-être, rebondir plus tard.

Je suis désolée, je ne peux pas regarder Lights Out sans trouver scandaleux cette justification du tout et n'importe quoi financier.
Si tu penses réellement que te payer une maison immense avec salle de gym perso vaut la peine de te faire exploser la tronche, si tu crois sincèrement qu'envoyer tes filles en école privée justifie de les priver potentiellement de père plus tôt que prévu, si tu estimes que payer les études de ta femme compense le fait de te la mettre à dos, alors tu sais quoi, je ne veux pas pleurer sur ton sort. On ne peut pas s'endetter bêtement et ensuite venir faire la pauvre bête en se plaçant face à la caméra avec un air piteux pour m'attendrir, ça n'est juste pas possible.
Tu sais ce qui serait franchement super courageux de ta part, Patrick ? Que tu déballes tout à ta femme, que vous fassiez les comptes posément, et que vous recommenciez tout à zéro, plus petit, plus humble. Ça c'est une aventure que je veux bien suivre. Mais te voir me dire, en filigrane, que même si tu dois te déglinguer, tu continueras de pourvoir aux besoins extravagants que la société t'a dicté d'avoir ? Non, ce n'est pas héroïque, et non, ça ne me tire pas une larme. Tu n'as que ce que tu mérites, Patrick. Tu as bien gagné ton Enfer perso.

C'est le fardeau de ceux qui ont tout voulu, tout de suite, que tu portes là. Et très franchement, c'est pas ta faute, mais t'es le loser doré de trop dans ma télévision.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lights Out de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-08-10

Choquer en douceur

Provoquer la réflexion et/ou la réaction, c'est le but de beaucoup de séries qui pour cela n'hésitent pas à parfois employer les grands moyens. Parfois jusqu'à la démesure... Mais les effets de style et la surenchère ont, avec le bon mélange de talent et d'intelligence, le mérite de faire plus que divertir, sans oublier de divertir.
Et puis bien-sûr, il y a les séries qui cherchent juste à choquer pour choquer, heurter la bonne morale ou les certitudes de certains spectateurs en espérant ainsi acquérir une identité propre, une étiquette un peu trash qui permet de sortir de la masse de séries qui chaque année déferlent sur les écrans.

Laissez-moi vous présenter maintenant la méthode douce. La méthode qui, au lieu de chercher à faire dans le révolutionnaire et/ou le scandaleux, provoque exactement les mêmes réactions. Laissez-moi vous parler de Sin Tetas No Hay Paraíso, une telenovela colombienne qui...
Ah, je sens que j'ai perdu 15 lecteurs rien qu'avec cette phrase ! C'est un tort, parce que, si vous n'avez jamais entendu parler de la série, vous allez en être pour vos frais : loin des stéréotypes sur la telenovela romanesque voire sirupeuse, cette série parle de thèmes absolument terribles, et totalement d'actualité.

Sin Tetas No Hay Paraíso ("pas de nichons, pas de paradis") suit le parcours de Catalina, une adolescente de 17 ans qui ne veut pas vivre dans la pauvreté. Jusque là ça va. Mais vous savez quelle est, selon elle, la recette miracle pour la richesse ? Se payer des implants mammaires en se prostituant. Eh ouais. La jeune fille est en effet convaincue qu'elle ne pourra améliorer son sort que si elle a un décolleté de rêve.

Et pourtant, Sin Tetas No Hay Paraíso joue la totale en matière de telenovela : la réalisation, les acteurs, les décors, les couleurs, tout y est. C'est, effectivement, ce qu'on attend d'une telenovela, à la nuance près que dans les 5 premières minutes l'adolescente est déjà en train de faire le tapin, et que son mac vend ses filles à un trafiquant. Dans la demi-heure qui suit, attention au spoiler après la virgule, la gamine va également se faire violer.
Alors, pour la telenovela chamallow, on repassera.

SinTetas

Finalement, vous savez quoi ? C'est du génie. Utiliser les codes d'une fiction confortable et tout public, pour aborder un sujet super sensible, et éminemment complexe, avec des revendications sur les classes sociales, le culte de la beauté, la prostitution... Des dialogues en apparence simplistes (je veux dire par là que moi qui n'ai jamais appris l'espagnol, je les comprends dans les grandes lignes, ce qui est quand même un signe), des personnages visiblement unidimensionnels, aucun effort particulier dans le choix des acteurs ou la réalisation (il faut voir l'interprète de Catalina pleurant son mascara jusque sur le menton pour comprendre qu'on n'a pas hérité ici d'un génie de l'art dramatique ni même d'une maquilleuse subtile), et pourtant, un propos remarquablement acéré.

En face de ça, il y a beaucoup de séries qui se gargarisent d'effets de style, et au final ne touchent que le public qui était suffisamment ouvert au départ pour ne pas se laisser distancer. Je pense à des séries comme Weeds ou Breaking Bad, qui ont quelque chose à dire je suppose (c'est ce que j'ai perçu sans être totalement convaincue), mais dont le propos se perd par désir de faire de la fiction haut de gamme. Mais si c'est pour s'adresser seulement à une élite, quel est l'intérêt ?
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Toutes les séries "simples" (par opposition aux séries "intelligentes") ne sont pas forcément capables d'accomplir ce que fait Sin Tetas No Hay Paraíso, avec son sujet couillu. Sin Tetas No Hay Paraíso n'a pas l'air de pousser bien loin, mais elle fouille tout de même son sujet, dans une sorte d'inventaire d'apparence tout public. Beaucoup de séries se contentent d'être tout public et ne placent pas le moindre message ni propos. Mais ici, il y a quelque chose de véritablement courageux dans la démarche, et on sent que la vulgarisation est voulue. En ça, c'est du génie.

Pour le reste, je l'ai dit : réalisation, jeu et mise en scène... ça vaut pas tripette. Mais on s'en fout, c'est le genre de série à regarder pour culture perso, et pas pour avoir un coup de cœur téléphagique. Quoique, on sait pas, ça peut aussi arriver... si vous êtes déjà fan de telenovela et que vous voulez essayer la taille légèrement au-dessus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sin Tetas No Hay Paraíso de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:10 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

23-05-10

Rituels

C'est tellement ridicule que j'hésite à en faire un post ; mais je me demandais si j'étais la seule à avoir une sorte de rituels devant certains génériques ?

L'une des raisons pour lesquelles on aime qu'une série qu'on regarde ait un générique (ou un truc équivalent qui fasse illusion pendant une dizaine de secondes), c'est parce que c'est en quelque sorte le comble du comble téléphagique : regarder une série, de par sa récurrence semaine après semaine sur nos écrans, crée un lien affectif, et retrouver un générique semaine après semaine renforce ce lien affectif. C'est encore plus familier que les personnages, parce que les personnages ne font pas la même chose d'un épisode à un autre, alors que le générique est le même (sauf cas particulier comme Weeds).

Le moment du générique, c'est le moment où l'on est certain d'être là où on devrait être, le cérémonial de retrouvailles par excellence. Ça et, quand on a de la chance, de la musique sympa et de jolies images. Le générique d'une série, c'est cet instant de communion avec l'univers que vous êtes venu chercher, le moment où la téléphagie s'exprime pleinement, le sentiment à la fois de confort (c'est ma série !) et d'excitation (que réserve ce nouvel épisode ?) à son maximum.

Et donc, personnellement, devant certains d'entre eux, j'ai tendance à développer des petits rituels, que j'aime la série ou non, c'est plutôt la force de l'habitude couplée avec un thème musical qui s'y prête plus ou moins. Par exemple :
- applaudir pendant le générique de Friends
- taper des mains pendant le générique de Fraggle Rock ou Green Acres
- lancer "bang" à la fin du générique de The Big Bang Theory
- scander "come on, come on" pendant le générique de Rescue Me
- et, depuis quelques jours, claquer des doigts à la fin du générique de 30 Rock
Ce qui en soi n'est pas dramatique pour beaucoup vu que la série est finie, sauf que j'ai une playlist de génériques que je joue régulièrement...

Il ne s'agit pas de chanter le générique en chœur (comme je le fais par exemple pour Une Nounou d'Enfer ; il faut quelques années de pratique pour parvenir à ce résultat, ne le faites pas sans la présence d'un adulte pour vous superviser), y compris quand il n'a pas de paroles (je ne vous raconte pas le nombre de fois où j'ai fait des vocalises plus ou moins tolérables devant Invasion Planète Terre, Battlestar Galactica ou The Tudors...) mais d'avoir un petit signal que je fais sans même m'en rendre compte, épisode après épisode, toujours au même moment et sans raison apparente.

Plus généralement, il m'est arrivé très souvent de m'apercevoir que, pendant que défile le générique que, pour des raisons évidentes, jamais je n'aurais l'idée de regarder en avance rapide, je fais la même moue qu'un personnage, ou le même geste, de façon synchronisée. Je faisais ça déjà quand je regardais MacGyver étant gamine, alors ça ne pouvait pas s'arranger...

C'est que le générique est tellement devenu un rituel qu'on connait sur le bout des doigts, et la playlist n'aide pas évidemment, qu'on finit par se l'approprier totalement. Et que, d'une certaine façon, ces petites habitudes ridicules (que je ne fais presque pas lorsque je ne regarde pas les séries concernées en compagnie d'autres spectateurs... hélas pour ma dignité, j'ai dit "presque") nous permettent de reconnecter les liens qui s'étaient légèrement distendus entre deux épisodes.
Le générique, c'est vraiment un cérémonial à part entière, et pas juste une video qui permet à la série de tout de suite donner le ton sur son univers, ou une carte de visite. C'est l'équivalent téléphagique de "eh, comment tu vas, je suis trop content(e) de te retrouver !".

Alors, juste pour savoir si je dois me faire enfermer, je suis la seule à avoir ces petits rituels, ou pas ?

RituelsPaiens
Je viens de réaliser que je n'ai jamais posté ce générique. Stupeur.

Posté par ladyteruki à 23:12 - Médicament générique - Permalien [#]

10-04-10

Traversée du désert

Que se passe-t-il dans la tête d'une personne qui va mourir ? Breaking Bad se refuse à y répondre dés le pilote, et lance même une improbable piste pour détourner notre attention de cette question.
C'est une des choses qui m'avait gênée, la première fois que j'avais regardé ce même épisode. A l'instar de Weeds (bien que, naturellement, ce soit sur un ton radicalement différent), on prend une situation assez banale, et on en fait un cas abracadabrant. Comme si on voulait absolument éviter d'aborder frontalement les questions qui fâchent. Peut-on un seul instant s'identifier à de tels personnages ? En tous cas, je ne le conçois pas.

Pourtant, et c'est la magie de la téléphagie pourrait-on dire, j'ai regardé cet épisode avec un œil nouveau, il y a quelques jours, après qu'on m'ait annoncé qu'un de mes proches a également un cancer. Un proche qui s'avère être dans la cinquantaine et père de famille. Si là, l'identification ne joue pas à plein, je ne sais plus ce qu'il me faut !

BreakingRealBad

Breaking Bad, c'est donc l'histoire d'un pétage de plomb, quand la limite est franchie et qu'on sait qu'on n'a plus rien à perdre.
Mais pour la première fois, j'ai aussi réalisé que Breaking Bad parle d'un désespoir plus criant encore que celui qu'on peut ressentir face à une mort certaine et inéluctable.

On n'attend pas de Walter qu'il se "batte" contre son cancer, comme dans un téléfilm de Lifetime où il lui faudrait tolérer semaine après semaine les inévitables glaires ensanglantées et se réjouir des petites victoires mesquines sur la mort. Mais au moins, on pourrait imaginer que notre condamné pense un peu à la vie avant de se lancer dans sa folle aventure. Mais Walter ne pense pas qu'il devrait profiter de la vie, il ne pense pas à ce qu'il aimerait faire avant de partir, il ne tente même pas de passer plus de temps avec ceux qu'il aime.

Non, son premier réflexe, et à l'issue du pilote, son seul réflexe même, c'est de penser à l'argent qui manquera aux siens quand il ne sera plus.

C'est un constat sombre au possible de l'existence qu'il a menée jusque là. Au moment de faire face à la mort, au lieu de penser à la vie, il pense à la survie. Il n'est évidemment pas exclu que cela se fasse plus tard dans la série, mais que ce soit le mouvement instinctif de Walter est révélateur d'une certaine vision du monde.

Avant même de basculer dans son improbable fantaisie, celle qui me rebutait tant la première fois (et qui me crispe encore un peu, je dois bien l'admettre, car je trouve ça un peu lâche), Breaking Bad envoie un message clair, ou plutôt un message sombre, sur la vie : la vie, c'est nul. C'est nul parce qu'on trime, et qu'on est frustré, et qu'on a l'impression d'avoir tout raté, et qu'en plus après il faut mourir. Pire encore, Walter White ne partage son fardeau avec personne. Il se lance, certes, dans sa périlleuse entreprise avec un partenaire, mais il ne confie à personne ce qu'il vient d'apprendre. Là encore, je comprends bien que ce soit pour les scénaristes une façon de poser un enjeu qui par la suite, trouvera un développement dans un sens ou dans un autre (Walter se confiant à quelqu'un, ou quelqu'un s'en apercevant malgré les tentatives de Walter pour cacher son état, ou l'état de Walter devenant impossible à camoufler...), mais il est assez net que la vision du monde par Breaking Bad est celle d'une souffrance solitaire qui ne trouve aucun répit, ni en soi-même, ni auprès des autres.
Pas étonnant qu'une bonne partie de l'épisode se déroule dans le désert, après tout. C'est exactement ce que Walter White semble vouloir faire de ses derniers instants.

On dit qu'on vit et qu'on meurt seul ; Walter White a l'air bien résolu à vivre sa mort tout seul.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Breaking Bad de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:26 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

05-02-10

Promo-ted

Depuis quelques semaines, j'ai développé un nouveau fétiche télévisuel. Rien qui ne puisse choquer votre maman, ne vous inquiétez pas. Mais à force de chercher pour SeriesLive des photos pour compléter les fiches, j'ai commencé à comprendre pourquoi parfois, les "promo posters" pouvaient avoir de l'intérêt, question sur laquelle je ne m'étais jusqu'alors jamais penchée, sans doute parce que je m'efforce généralement de ne pas me laisser toucher par la promo précédant l'arrivée d'une série, et qu'ensuite, plus personne ne voit l'intérêt de faire tourner lesdits posters 6 mois après que la diffusion ait commencé.
Ainsi donc, je suis devenue, quasiment du jour au lendemain, un excellent public pour les posters promotionnels.

MAIS ATTAFION ! Il ne faut pas que ce soit du n'importe quoi, une photo prise à la va-vite, un truc tout con. Trouver une photo sympathique de Lost pour le post On Air d'hier n'a par exemple pas été une sinécure (et comme vous pouvez le constater, j'ai abandonné l'espoir de trouver une photo de promo qui soit originale, sachant que je voulais éviter de vous fourguer la cène pour la 712e fois). Il y a des séries qui font vraiment leur promo comme des cochons. Alors je me suis dit que j'allais vous proposer un florilège des promo posters que j'ai vus jusqu'à présent, sachant que d'une part, j'en oublie forcément, et que d'autre part, je ne prétends pas avoir vu tous les promo posters de la Création.

Généralement, mes promos préférées relèvent d'un travail à la fois sur la forme (jeu de couleurs, perspectives, etc...) et la façon de mettre en avant le concept de la série ou la personnalité des protagonistes présentés. Un truc tout joli pour la gloire, ça ne me fait ni chaud ni froid. Il faut que ça m'évoque quelque chose en lien direct avec l'histoire de la série.

Rien ne m'énerve plus que de rassembler les acteurs dans un décor (ou pire, dans un studio quasiment nu) et les faire prendre la pose sans rien en tirer d'autre qu'une espèce de photo de classe à 20 000$ le tirage (au bas mot). Jeu auquel j'ai remarqué que la plupart des séries criminelles étaient très douées... par exemple je n'ai pas pu trouver un seul poster promotionnel de NCIS qui vaille la peine que je pose les yeux dessus. Desperate Housewives a fait des tentatives mais en général ça reste quand même dramatiquement basique, voire carrément laid. Parmi les mauvais élèves, j'ai aussi envie de citer V New Gen (trop littéral), Flash Forward (franchement décevant) ou encore Heroes (ce qui me semble être un comble).

Mais plus encore, pour me séduire, il faut que l'infographie s'en mêle. Dans le domaine du poster promotionnel, il faut user et abuser des filtres, avoir la main lourde sur l'outil brush, et/ou rajouter des éléments improbables. C'est un peu maintenant ou jamais.

Exemple :

Bof...   Voui !
PromoPoster_DrHouse_Non   PromoPoster_DrHouse_Oui

Il est bon de noter que j'ai sciemment pris pour exemple Dr House, dont les posters promo sont de façon quasiment constante extrêmement bons. Mais je suis certaine de ne rien vous apprendre...
Passons donc à mes favoris... Et comme dirait Nakayomi : en cliquant, c'est plus grand.

The Riches
(je n'ai pas résisté à l'envie
de la mettre sur la fiche de SeriesLive,
même si le format imposé, 300*200px,
ne se prête pas forcément à un rendu optimal)
  PromoPoster_TheRiches
 
Scrubs
(là aussi très constant dans la qualité
de ses promo posters en général)
  PromoPoster_Scrubs
     
Nurse Jackie
(tellement bon que j'en ai fait
mon très à propos fond d'écran au boulot.
J'aimais déjà énormément celle qui sert
désormais de cover au DVD)
  PromoPoster_NurseJackie
 
Better Off Ted
(comme je l'aime beaucoup,
vous avez déjà pu le voir ici)
  PromoPoster_BetterOffTed
 
Nip/Tuck
(certaines sont plus réussies
que d'autres, trop vulgaires.
Celle-là, elle l'a.)
  PromoPoster_NipTuck
     
Dexter
(bien plus efficace que celle
avec le jus de fruit !)
  PromoPoster_Dexter
     
Weeds
(je préfère cette campagne
aux promos de type pin-up, qui,
bien que réussies, sont peu originales)
  PromoPoster_Weeds
     
Friends
(c'est un peu plus vieux,
mais c'est un classique !
Je me demande si Friends
n'a d'ailleurs pas été le précurseur
en la matière ?)
  PromoPoster_Friends
   
Chuck
(je ne suis pas fan de la série,
mais là ça donne envie !)
 

PromoPoster_Chuck

Ce ne sont que quelques unes parmi tant d'autres, évidemment, des affiches qui ont attiré mon regard, mais ce sont certainement les meilleures. Mais la présence majoritaire de séries du câble dans ce petit best of ne peut pas non plus être un hasard. Probablement que les séries les plus originales sur le fond ont plus de chances de l'être également sur la forme ?

En tous cas, si vous en connaissez d'aussi sympas, n'hésitez pas à faire tourner en mettant les liens en commentaire !

Posté par ladyteruki à 14:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-09-09

Sois vieille et tais-toi ?

The New Adventures of Old Christine, In the Motherhood,  Weeds... qu'est-ce que ces séries nous ont appris ? Rien, visiblement, puisqu'avec Cougar Town nous allons à nouveau tenter de compatir à la vie décidément tragique dans une gigantesque maison cossue de banlieue friquée. Et dire qu'à une époque je trouvais le contexte de Desperate Housewives original.

Cougar
Cougar Town - parce que rien ne fait autant pitié qu'une femme encore fraîche dans une maison avec piscine

Dans le rôle de la pauvre femme à plaindre : Crouteney Cox et son sourire qui fait peur aux enfants. Et tout-à-fait entre nous, si la toute première scène du pilote était sympathique sur le papier, quand on voit l'actrice, on se dit que ce ne sont ni ses bras, ni son ventre, ni ses cuisses, qui devraient l'inquiéter sur l'âge de son corps. En même temps elle ne peut pas être aussi repoussante que Christa Miller (dommage d'avoir commencé à tourner l'épisode alors que son visage était encore en chantier), mais quand même.

Bon, après avoir dit toutes les horreurs que j'avais en tête sur les actrices (et encore, je suis magnanime, j'épargne Busy Philipps et sa bouche de suceuse), venons-en aux faits. Et ils sont à peine plus glorieux : Cougar Town est un vrai crève-cœur. Pensez donc : une femme encore belle, avec un métier qui semble marcher, une superbe maison, des amies qui se battent pour elle, une très sympathique relation avec son fils, bref vraiment très à plaindre dans la vie, se retrouve dans la situation où... euh... rien. Il ne lui arrive rien à cette pauvre femme. Ça doit être pour ça qu'on a droit à tout un épisode sur... euh... bah rien non plus. On sent bien qu'on essaye de nous dire qu'elle a vraiment trop pas de chance mais on ne parvient pas à comprendre pourquoi. Si la moitié des femmes de son âge se trouvaient dans sa situation, elle remercieraient le ciel. J'ai le sentiment de me répéter mais, franchement, je trouverais beaucoup plus drôle une femme de cet âge qui se retrouverait divorcée, pas trop d'argent et/ou pas trop le look, et qui chercherait à quand même être épanouie dans sa vie de femme, plutôt qu'une nana qui n'a rien trouvé de mieux que de se plaindre alors qu'elle a tout ce qu'il lui faut, il lui suffit d'arrêter de râler.
Ah, je sais pourquoi j'ai l'impression de me répéter : j'ai déjà évoqué Une Maman Formidable comme parfait contre-exemple, et ça tient toujours.

Non, vraiment, ça me fatigue. La réalisation et les dialogues ont beau être relativement honnêtes, on n'y croit pas un seul instant, on n'a pas du tout envie de s'apitoyer sur le sort de l'héroïne, ça fatigue d'entendre ces complaintes débiles qui ne reposent sur rien. Moi ça me met les nerfs en pelote plutôt qu'autre chose.
Franchement, faut changer de disque, là, je sature.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cougar Town de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

26-05-09

[DL] Weeds

Il parait (je m'en vais vérifier ça de ce pas maintenant que je me suis trouvé des raisons de regarder la série) que le générique de Weeds est pour le moins... versatile. Bon. Bien. Je vous confirme ça bientôt bientôt, je suis en train de cagouler le second épisode, on verra bien. En attendant, voilà le premier.

Weeds_pilote
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

La musique, bon, bof, surtout la voix, mais hein, on est d'accord qu'on s'en fiche vu le contexte. Tiens, ça me fait penser : je suis la seule à trouver que la pub pour Canal Satellite est un beau repompage ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous fumez quoi pour avoir déjà oublié que je viens d'en parler ?) : la fiche Weeds de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:18 - Médicament générique - Permalien [#]