ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-13

Qui relèvera le défi ?

Autant ce #pilotmarathon a été l'occasion de regarder quelques formats plus courts aujourd'hui, autant je dois dire que, 1h25 devant un pilote, ça me semble quand même un peu difficile, à plus forte raison quand je sais que j'ai ce dossier plein de pilotes que je n'ai pas encore touchés !
Il faut dire qu'on n'est plus trop habitués à des pilotes de cette longueur, mais ce serait tragique de les mettre de côté pour cette raison. Alors, prêts ? Voilà ce que j'ai à dire d'une heure et demie de visionnage...

Defiance

Certains jours, on dirait qu'on l'attend comme le Messie, la série de science-fiction qui nous transportera vraiment. Evidemment, il y a des réussites comme Orphan Black ou Continuum, qui nous rappellent que la série de genre a encore quelques jolies réussites à son actif.
Mais quand je vous parle de science-fiction, ce n'est pas ce que j'ai envie d'évoquer ; j'ai envie de vous dire qu'on va trouver le nouveau Farscape ! Le prochain Battlestar Galactica ! Quelque chose qui captive autant qu'Invasion Planète Terre (la première saison) ou qui soit aussi intelligent que Babylon 5. On n'en est même pas à souhaiter trouver des séries qui inspirent autant que les franchises Star Trek et Stargate pour des décennies, non, on se contenterait même d'un reboot de SPACE 2063 ou d'Alien Nation (ce que d'ailleurs m'inspirent de loin Star-Crossed et surtout Almost Human, mais on aura tout le temps d'y revenir à la saison prochaine). A ce stade je suis presque prête à réclamer de l'Andromeda ou du Lexx, c'est vous dire l'ampleur de la crise.

Tout ce qu'on veut, c'est voir des aliens ! MAIS SURTOUT, ce qu'on veut, que la série ne pue pas du script.

Or, qu'avons-nous depuis quelques années ? Des Terra Nova (bon, ya pas d'alien, mais ya des dinosaures donc on va dire que ça compte), des V, ou des Falling Skies. Pour ce qui est du Messie, on repassera.

La tragédie des séries de science-fiction modernes, c'est hélas qu'on les comparera toujours à quelques unes, sinon toutes ces séries du passé. Parce que ceux d'entre nous qui ont grandi avec ces séries de science-fiction épatantes (ou qui, même s'ils sont nés juste un peu trop tard, se sont dépêchés d'en rattraper quelques unes de cette liste, et ils ont raison) savent que désormais il n'y a pas de retour en arrière possible. C'est comme avoir grandi en se gorgeant de caviar de la mer caspienne, pour finir par devoir se contenter d'oeufs de lump "marque repère" le restant de sa vie. C'est pas juste de nous faire ça. On a goûté au caviar de la mer caspienne !!!

Defiance, puisque c'est d'elle qu'il s'agit aujourd'hui, n'est pas mauvaise en soi. Vraiment, par rapport à d'autres, c'est plutôt décent, je vous assure. Et sur le coup, en regardant l'épisode, peut-être parce que je m'attendais à pire, j'étais plutôt contente de ce que je voyais. Il semblait y avoir un peu de tout dans cette série, mais au moins elle se donnait du mal. Et puis, on sent qu'au niveau de l'univers, quelque chose de dense a été pensé, comme le précise la timeline de la série (merci d'ailleurs à Maxx pour ce précieux lien).

Le problème c'est qu'en mangeant à un peu tous les râteliers, Defiance montre qu'elle n'a pas de projet précis. On ne lui demande pas d'avoir un plan sur 5 ans (tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Straczynski), mais enfin, un petit effort pour nous tracer une ligne claire, au moins désigner un horizon dans une seule direction, serait bien chouette, merci d'avance. Au lieu de ça, Defiance commence à la Mad Max, pour en cours de route bifurquer vers un drama plus classique (et au passage, flirter dangereusement avec le Terra Nova), en rajouter une couche de pseudo-Game of Thrones avec des familles qui complottent les unes contre les autres dans une lutte de pouvoir, passer trop de temps du côté du cop show pour totalement écarter toute suspicion, et finit dans un combat de nature quasi-militaire qu'il sera d'ailleurs difficile d'égaler dans chaque épisode, et dont les chances de répétitions sont donc minuscules. Ah, non, pardon, ce n'est pas tout-à-fait ce sur quoi elle finit : on a aussi droit à une conspiration.
Sur quoi peut-on donc se baser pour déterminer si on aime ou pas Defiance ?

Au lieu de faire en sorte que tout le monde et son chien y trouve son compte, peut-être aurait-il fallu faire des choix. Comme le dit Karen Walker (toujours d'excellent conseil en matière de télévision) : "this is like a pastiche of five other shows, like something written by a committee. They're trying to please everybody, but ironically, they've ended up... pleasing nobody !".
Et le problème est là : impossible de s'attacher à une série qui part dans tous les sens, quand bien même, sur le moment, c'est plutôt sympathique à suivre. Defiance a peut-être imaginé un monde riche, mais elle est incapable de nous dire ce qu'elle veut en tirer.

Si j'avais la mémoire courte, j'ose croire que je m'attacherais plus facilement à Defiance. Je n'en ai évidemment pas la garantie. Tout ce que je sais, c'est que j'ai envie, terriblement envie, chaque fois que je lance chacune des séries de science-fiction qu'on nous trouve (Revolution en est un parfait autre exemple), de ressentir de l'enthousiasme, et je pense que ça influe sur la façon dont je réagis au cours de l'épisode : j'ai vraiment envie que ça colle !
Il y avait une époque où j'aimais vraiment les séries de science-fiction. Ce temps-là reviendra-t-il ? Mon caviar me manque. VOILA un défi d'envergure pour la télévision. J'espère que quelqu'un le relèvera de mon vivant.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

13-09-11

Bienvenue chez moi

Dans le Top des séries que j'attends en cette rentrée, le numéro 1 est Homeland. Et pour tout vous dire, à partir du numéro 2, les titres ne coulaient pas de source et ont nécessité de la réflexion de ma part. Cela fait un an que je guette le projet, à cause du pilote de Hatufim, qui m'avait marquée. Pour quelqu'un qui se fait une règle d'or de ne jamais suivre les projets, ça en dit long.

Je reviendrai plus en avant sur la comparaison entre la série israélienne et son adaptation américaine (certainement pas remake) dans un post ultérieur, mais alors que je suis encore sous le coup du pilote, un peu tremblante et nerveuse, je dois dire, je tiens à vous dire ceci :

PREMIER COUP DE COEUR DE LA SAISON.

Homeland
Ce n'était pas une surprise, mais ce n'était pas gagné pour autant car le défi était grand. C'était donc un soulagement d'aimer autant ce premier épisode à peu près autant que je l'espérais.
D'ailleurs Homeland est pleinement consciente de sortir 10 ans pile après le 11 Septembre, ce qui prouve qu'elle avait connaissance du danger des axes empruntés. Certains relèvent un peu du cliché (mais ils sont dû au matériau d'origine, je pense, et donc j'y reviendrai). D'autres relèvent du génie et m'ont, litéralement, coupé le souffle.

Je raffole déjà du personnage de Carrie, dont j'apprécie qu'elle soit une vraie psychotique et pas une nana vaguement psycho-rigide. Je suis, comme toujours, follement amoureuse de la façon dont Damian Lewis dépeint le portrait d'un homme à la fois opaque et dont la fragilité nous semble offerte de façon presqu'indécente. J'aime le regard intelligent de Mandy Patinkin, toujours égal à lui-même. Et Morena Baccarin est splendide, plus qu'elle ne l'a jamais été, et montre, dans une terrible scène d'intimité, que l'expérience V ne l'a pas gâchée, peut-être même au contraire.
Tout le monde est en grande forme dans ce casting : merci, merci, merci, c'est un sans faute. Merci du fond du coeur de n'avoir pas loupé ça, d'avoir bien dirigé tout le monde, d'avoir parfaitement écrit les personnages pour que les acteurs s'y sentent à l'aise, c'est palpable, autant le jeu électrique de Danes n'appartient qu'à elle, autant le mutisme docile de Lewis est quasiment sa marque de fabrique ; chacun est parfaitement dans son rôle (à moins que ce ne soit l'inverse) et ça dépasse toutes mes espérances en la matière. Tout est en place pour que les performances soient épatantes (elles le sont déjà à quelques reprises) parce que les acteurs sont dans du sur-mesure. S'il n'y a pas un nouvel Emmy pour Danes à la clé alors je ne crois plus en rien.

Le scénario ne surprend pas trop pour le moment ; il y a deux sortes de pilotes, ceux qui innocent et ceux qui suivent les règles du jeu, mais c'est pour son bien que le pilote de Homeland suit précautionneusement le parcours balisé de l'épisode d'exposition, car dans le cas d'une conspiration, toute forme de précipitation décrédibilise l'histoire. On marche sur des oeufs et ça se sent dans certaines scènes. Dans d'autres, et parce que les personnages sont bien écrits, on sent un fort potentiel, mais dont la vocation n'est pas d'être développée maintenant.

Voilà. J'ai juste envie de vous dire ça, ce soir. Si j'en dis plus, je me répète, en variant éventuellement les qualificatifs élogieux, et encore. Parce que je suis encore sous le coup de l'émotion. Promis, au prochain post sur Homeland, j'écrirai avec mon cerveau.
Ah ah ah ! Dit-elle en se frottant les mains. Quelle saison épatante on va avoir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Homeland de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:34 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-08-11

Tombée de haut

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La première saison de Falling Skies est finie. Vous étiez prévenus, c'était la bonne ET la mauvaise nouvelle.
Parce que le problème c'est qu'en 10 épisodes, Falling Skies a prouvé qu'elle était capable du meilleur mais qu'elle n'avait l'intention que de fournir le pire.

FallingSkies-Back
La mythologie de Falling Skies met un temps infini à se mettre en place, point par point, et pourtant elle est captivante. Les harnais des gamins, la véritable nature des Skitters... et bien d'autres choses encore, sont des twists qui, à défaut d'être nécessairement surprenants, proposent d'aller plus loin qu'une bête invasion à laquelle il faut résister.

La série a de vrais thèmes à explorer, de réelles questions à poser. Mais voilà, elle évite l'exploration de ses thèmes au maximum. On a l'impression qu'en voulant faire quelque chose de grand public, avec de l'action, de l'angoisse, des attaques et des conflits internes (il est possible que ce soit légèrement redondant, oh, rien qu'un peu), on oublie d'emprunter les chemins qui sont dessinés, très lentement, en filigrane. Ah mais ma bonne dame, explorer les thèmes dés la saison 1, mais vous n'y pensez pas, on veut se faire renouveler, nous !
Et au final Falling Skies dégage des axes intéressants sans jamais s'y engager vraiment.

Ainsi on dramatise autour de conneries qui devraient avoir été réglées dans le pilote ou, au pire, le deuxième épisode : les douleurs des uns et des autres face aux êtres chers disparus, les remords et les rancoeurs éventuels, les luttes intestines au sein de la Résistance, et tout le bordel, ça devrait être envisagé vite fait, mais pas appuyé au point qu'au 10e épisode ce ne soit pas encore derrière. Le 2nd Mass est ensemble depuis un moment déjà, on n'a plus de raison d'assister à tout ça avec tant de détails, surtout quand ces sujets sont systématiquement entrecoupés de séquences longues comme le bras où on se demande ce qu'on va faire, ce qu'on va pas faire, comment on va le faire, comment on va pas le faire, est-ce qu'on va pouvoir le faire, qui va le faire, qui ne veut pas qu'on aille le faire, et qui va regarder faire. Une série avec des éléments de stratégie, je veux bien, mais ça s'appelle SPACE 2063 et on est loin des références aux grandes batailles de l'Histoire (un comble vu la formation du personnage principal). Mais Falling Skies continue de se perdre dans les méandres de ses questionnements sur l'action, et à cela, encore faut-il rajouter l'action elle-même.

Ca laisse peu de place à la dramatisation, donc. Et c'est terrible parce qu'il y a un potentiel fou.
La cruauté des humains en temps de crise ? Effleurée, merci Maggie, va faire accoucher des bonnes femmes maintenant. Les tractations avec les Skitters que certains poursuivent lâchement mais pour sauver leurs enfants ? Normal, on s'inquiète pas, on dézingue tout le monde et on n'en parle plus, Tom se pose même pas la question alors que depuis le début il nous a cassé les couilles avec Ben. La découverte que certains humains ont été parqués dans des camps ? Hm, oui, et alors, des camps, c'est pas du tout un truc qu'on peut utiliser à des fins dramatiques, allez, faisons comme si on n'avait rien entendu. Le fait qu'on ait découvert à quoi servaient les harnais des enfants ? Ouais c'est bien triste tout ça, mais on change rien, continuons de vouloir niquer du Skitter quand même (euh, allô, c'était votre meilleur axe de réflexion sur cette guerre !!!). La question de savoir ce qui définit ou non un humain ? Euh, non ça va, ya plus urgent, on a enlevé les harnais, tout est normal. Découvrir implicitement qui a créé les Mechs ? Bon bah ça va on va pas se mettre la rate au court-bouillon pour si peu.
C'est dingue ça quand même ! Mais si vous n'aviez pas envie d'en parler, mais fallait pas amener le sujet et pis c'est marre ! Quand j'ai pas envie d'élaborer sur un sujet à propos duquel je me sens pas à l'aise, je le mets pas sur le tapis, pour commencer !

Ah mais par contre, pour que bidule ait un faible pour machin, que trucmuche veuille se conduire comme un grand alors qu'il est haut comme trois pommes, ou que chose soit un méchant-devenu-gentil, là, ya du monde. Dramatisation à deux balles qu'on aurait aussi bien pu trouver dans n'importe quelle série sans qu'on ait besoin de droides qui font des bruits caverneux...
Moi, j'aurais investi dans une série comme celle-là, je regarderais mes souches de chèques et je me demanderais si ce pognon a si bien été dépensé que ça. On pouvait faire du soap sans payer le cachet de Steven Spielberg, aussi.

Alors je suis en colère parce que, à la limite, avec une mythologie inexistante, naze, ou mal définie (V nous a bien fait le coup après tout), ce serait pas grave, je me dirais ok, la série est pas géniale, c'est un divertissement de science-fiction et puis c'est tout. Mais là, il y a de la matière, simplement on ne veut pas l'employer, probablement parce qu'on a eu trop de sous pour ne pas s'en servir, et qu'on ne veut pas effrayer le télambda qui sera venu à la série précisément parce que Spielberg a son nom en gros au générique.
Donc je dis non. C'est pas possible. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et le sourire du Skitter, c'est pas jouable. A un moment faut se mouiller, si c'est dans le divertissement grand public on assume ; si c'est avec des intrigues en acier blindé, on accepte qu'on fera moins d'audiences, et puis c'est tout. Mais on ne peut pas bouffer à tous les râteliers, ça ne se peut pas.
J'aurais accepté de baisser mes exigences si le scénario n'avait pas, une fois de temps en temps, été porteur d'espoir. Mais Falling Skies n'assume même pas ça.

Donc Falling Skies aura été mon rendez-vous SF, placé sous le signe du "on sait jamais, ptet qu'à un moment ça va devenir bon", et ça n'a jamais été le cas en 10 épisodes. Fort heureusement, la déception n'a été vivace que pendant 8 semaines, me direz-vous.
Quant à savoir si je laisserai cette déception durer ne serait-ce qu'une semaine de plus l'année prochaine... tout dépend à quel point Terra Nova m'aura enthousiasmée ou déçue dans l'intervalle, en fait. C'est vous dire à quoi ça tient.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Falling Skies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-07-11

La question à 10 000 $

Loin de moi l'idée de prétendre que Falling Skies est une série épatante. Pour tout vous dire, si je devais choisir entre arrêter Single Ladies et arrêter Falling Skies, je choisirais probablement de continuer Single Ladies, c'est vous dire.

Mais force est de constater que la série pose quand même des bases intéressantes pour qui a envie, comme c'est souvent le cas avec ce genre de séries de SF, de se perdre en conjectures et d'imaginer mille hypothèses. Et si c'est pour découvrir plus tard que les scénaristes de la série avaient moins d'imagination que moi, eh bien, soit : je prends le risque. J'aurai quand même eu le plaisir de laisser mon cerveau vagabonder dans l'univers de la série le temps que ça aura duré. En compagnie de Noah Wyle qui plus est...

Alors, pour le geste sportif, et si vous n'êtes pas totalement négatifs envers la série (allez, quoi, vous avez bien toléré plusieurs épisodes de V, ou de Flash Forward, ou de The Event... d'accord, peut-être quand même pas The Event), venez vous amuser avec moi, j'ai une question à vous poser pour ouvrir la voie aux théories les plus barrées.

Comment on été construits les Mechs ?

Alors je rappelle qu'un Mech, c'est une merveille de technologie qui obeit aux ondes qu'envoient les Skitters. Bon pour rappel, nous, la reconnaissance vocale, on maîtrise pas complètement-complètement, hein. Et les Skitters, eux, ils déplacent des machines de guerre quasiment par la pensée. Donc un Mech, c'est beau, c'est chromé, c'est plein de loupiotes et de machins, c'est ça :

FallingSkies-Mech
Maintenant, j'aimerais attirer votre attention sur un petit détail anatomique des Skitters. Je parle pas simplement des 6 pattes arrière des Skitters (alors que les Mechs sont juchés sur deux pieds), qui ont été évoquées dans la série elle-même et qui ont leur importance, je suppose, sinon ça n'aurait pas été si longuement explicité. Mais je voudrais attirer votre attention sur leurs mains. Certes, les Skitters ont un pouce préhensile (l'un d'entre eux va même s'en servir pour tenter d'étrangler Tom, avant de se faire capturer), mais les deux autres doigts, bah déjà ne sont que deux, et ensuite ont une différence de longueur assez flagrante. Donc on va me faire avaler qu'un bidule dont les mains qui ressemblent à ça, peut construire un Mech ?

FallingSkies-SkitterFinger

Dernière petite remarque alimentant ma question : vous avez vu la gueule de leurs vaisseaux ? Ça ressemble plus à un gros tas de ferraille assemblé grossièrement qu'un truc carrossé, lustré, et plein de jolies lumières bleues.

KeepOnFalling

Si jamais la piste de réponse à cette question est que les Skitters n'ont pas construit les Mechs, ça devient intéressant...

Donc voilà, soit c'est le genre de choses qui feront de la série un bijou sur le long terme parce que la série aura une mythologie palpitante et complexe... soit ce sera ridicule, et dans dix ans on en aura encore des crampes aux joues à force de rire.
Votre théorie sur les Mechs ?

Posté par ladyteruki à 07:48 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

28-06-11

Générosité

Après trois épisodes de Falling Skies, je suis réticente à poster au sujet de la série. Ce démarrage me laisse circonspecte (et apparemment pas que moi, si l'on en croit les audiences !) et je ne suis toujours pas certaine de savoir qu'en penser à ce stade. J'ai le sentiment à la fois qu'une sorte d'instinct me pousse à regarder cette série juste parce que je voudrais croire, vu ses thèmes, qu'elle finira par me plaire, et en même temps j'ai, ponctuellement, l'impression qu'elle possède un peu de potentiel.
Mais, comme dans tout post écrit après avoir visionné plusieurs épisodes, je vais probablement devoir donner quelques spoilers à ceux qui ne s'y sont pas encore mis en essayant de démêler tout ça.

KeepOnFalling
Le problème c'est que le potentiel, ce n'est pas assez, quand on a passé le cap de 3 épisodes, et plus encore en ce qui concerne la SF, l'anticipation, et toute cette sorte de choses. C'était le problème de Caprica : beaucoup de potentiel dévoilé d'un coup, mais il n'était pas développé. Ici, à un degré bien moindre, on a le même genre de cas de figure : Falling Skies pose des éléments intéressants.

Déjà, difficile de ne pas apprécier le fait que la série démarre alors que l'invasion a déjà eu lieu, au contraire des deux versions de V ; on est plus proches du cas Alien Nation, pour rester dans les séries, ou de District 9 si on explore du côté des films (et quel film !). C'est un pari plus risqué qu'il n'y parait car, d'une part, ça veut dire que le gros de l'action et du suspense est déjà derrière nous, ce qui pour une série comptant sur l'adrénaline est quand même assez couillu, et d'autre part, ça implique une complexification des enjeux qui pourrait perdre le spectateur, que ce soit par impatience ou parce que les allusions à demi-mot peuvent parfois donner l'impression de se faire ballader. Dans le cas de Falling Skies, ce n'est même pas comme si ce facteur avait une incidence sur la mythologie, puisque celle-ci repose essentiellement sur les intentions des Skitters (c'est le nom de nos délicats invités) et pas vraiment sur la façon dont ils ont débarqué sur notre planète (ils ne se sont pas infiltrés, ils n'ont pas essayé de faire copain-copain, etc.), donc la série aurait pu choisir de nous montrer ce genre de choses, quitte à opérer un fast forward ensuite, mais non. Donc je trouve ça relativement courageux, surtout que ça a été raconté par des dessins d'enfants, finalement assez abstraits, donc chapeau, il fallait oser le faire. Ca semble légèrement cliché mais dans le fond, ce n'était quand même pas la solution de facilité.

On est donc directement branchés sur la survie, et j'avoue que c'est quand même ce côté post-apocalyptique qui me séduit le plus (comme il aurait pu me séduire si The Walking Dead avait proposé moins de dents et plus de scénarios). C'est toujours quelque chose de captivant que de voir comment une société s'organise quand les organes qui garantissaient son fonctionnement ont cessé de huiler les rouages de la machine, et c'est pas pour rien que j'écris moi-même sur le sujet, c'est le genre de sujet qui exerce depuis toujours une grande fascination sur moi.
Mais c'est aussi de là que provient la première des déceptions. Car quand on a vu les premiers épisodes de Battlestar Galactica gérer l'écrasement de l'humanité (brillante idée du décompte des survivants, parfaitement gérée, angoisse palpable que la civilisation soit réduite à néant, etc.), il est difficile de ne pas faire de comparaisons. La population est dispersée, forcément, et donc l'enjeu ne peut être porté comme dans Battlestar Galactica, et je ne m'attendais pas à un clone de toute façon, mais j'estimais qu'il n'était pas exagéré d'espérer ressentir le désespoir des survivants. Jusqu'à présent je ne l'ai pas ressenti une fois, et je trouve ça grave.
Car si les fictions post-apocalyptiques me fascinent, c'est précisément parce qu'elle explorent le désespoir d'une humanité vacillante mais qui doit trouver la force de subsister, et si possible la tête haute, sans se replier dans la bestialité. Ici, on a une proportion de survivants qui donne à peu près ça : 15% combattants armés, 85% pseudo-zombies.

La vague de désespoir tant attendue pourrait bien venir d'un élément peu traité dans les deux premiers épisodes, et vaguement développé dans le 3e opus (mais de façon artificielle). Pourquoi les Skitters ont-ils réduit les enfants en esclavage ? Et, plus précisément, pourquoi ne pas en avoir fait autant avec les adultes ? On se doute que la technologie mise en place pour le faire n'est pas anodine, or c'est elle qui est explorée, ainsi que ses usages, dans le 3e épisode, là où de toute évidence on voudrait bien que les protagonistes se posent les bonnes questions. Evidemment, on peut imaginer que, dans un état de stress post-traumatique, et alors qu'ils sont préoccupés par des questions triviales comme, oh, trois fois rien, manger et dormir, et puis ne pas mourir si possible, les survivants ne soient pas exactement dans une situation où ils se demandent "ah tiens, mais comment se fait-ce ?" et cherchent plutôt à récupérer leurs enfants.
Mais c'est quand même une idée absolument fabuleuse ! En prenant les enfants en otage (plus ou moins explicitement selon les épisodes), Falling Skies s'attaque à la notion-même de survie à long terme de l'humanité, et dans ce cas on est dans le voisinnage de l'ambiance de Children of Men (autre traumatique merveille, d'ailleurs), porteuse de nombreux éléments dramatiques pertinents, si bien exploités. S'attaquer aux enfants des hommes, c'est certainement ce que l'envahisseur pouvait faire de pire ; c'est bien vu, il faut continuer. Falling Skies tient ici ses plus prometteuses pièces de puzzle.

Intéressante aussi, la petite nana, Maggie je crois (j'ai pas encore bien intégré tous les noms), qui s'est faite violer par le gang de Pope. Plutôt que de simplement mettre en place des éléments de discordance à l'intérieur de l'équipe de survivants (qu'on a pu voir dans Lost, en tous cas que j'ai vus dans le peu d'épisodes regardés) reposant sur les habituelles rivalités d'influence, qui va prendre les décisions ou pas notamment (ici, la question est réglée par l'importance de l'armée dans la lutte pour la survie, et l'absence pour le moment d'un leader "civil" à l'intérieur du groupe), on a ici des questions plus réalistes sur ce qui peut réellement se passer lorsque certaines garanties sociales (la peur du gendarme) tombent. On aurait vu des émeutes et des pillages si on avait vu l'invasion alien, on voit ici d'autres sortes de crimes. C'est plutôt bien joué aussi, et encore fois, en amatrice un peu perverse de déchéance humaine à des fins de dramatisation, j'ai trouvé ça bien vu et intéressant.

FreedomFighter
Le problème, c'est à peu près tout le reste.
Axes prévisibles (qui en voyant Tom et son copain Mike partir bras dessus bras dessous récupérer UN gamin, et un seul, alors que tous les deux ont un gosse qui manque à l'appel, n'a pas vu venir la suite de l'épisode, y compris sa pâle excuse de cliffhanger ?), dialogues à mourir d'ennui, pontifications interminables autour de ce qu'il faut faire, ne pas faire, ne plus faire, mais qui reste lettre morte, scènes trop sucrées pour être autorisées aux diabétiques sur le mignon enfant qui fait du skate, le mignon enfant qui dort dans une chambre d'enfant, le mignon enfant qui fait un bisou à son papa qui va aller dézinguer du Skitter... Oh, hé, ça va bien non ? Vous faites aucun effort, ou bien ?

Le personnage de Tom, incarné par le toujours aussi parfait Noah Wyle (un peu trop au vu du reste du cast, mais, eh, c'est le seul à avoir son nom sur l'affiche pour une bonne raison, hein ?), est le stéréotype du gars qu'on a placé là pour être un héros drapé dans son immaculée excellence, il est bon père, bon combattant, homme éduqué...

Et surtout, il souffre du syndrome du background artificiel exposé dés le pilote dont je vous avais dit qu'on recauserait. Parce que comme par hasard, le type, il n'est pas juste attaché à, vous savez, vivre. Non, il faut que forcément il ait trois fils, l'un dont il souhaite préserver l'innocence aussi longtemps que possible, l'un qui risque sa vie à ses côtés à chaque fois qu'il y aura un peu de baston (cf. 3e épisode), et un dernier, capturé par les Skitters.
Vous allez voir que si tout d'un coup, il se déclare un autre méchant, genre une 2e race extraterrestre (comme Invasion Planète Terre l'avait fait en ajoutant les Kimeras et les Jaridians aux Taelons, mettons), il va se trouver un 4e fils caché pour aussi donner une raison à Tom d'aller mettre son nez par là.
C'est vraiment un procédé épuisant, et la preuve du peu de cas que la série fait de ses personnages. Leur construction est superficielle et cause un tort immense à la série. Aucune série ne devrait d'ailleurs nous infliger ce genre de personnage ; c'était le tort de ce bon vieux Joe dans Flash Forward, c'est le problème de la plupart des séries où l'enquêteur a une raison de mener une quelconque enquête, c'est, en fait, une plaie d'ampleur épidémique : pour qu'un héros fasse quelque chose, il faut forcément qu'il ait un background qui l'y force. Le mec, jamais il va faire quelque chose parce que c'est la chose à faire, il le fait parce que les scénaristes ne lui donnent pas le choix. C'est vraiment navrant de voir qu'une série avec une mythologie pour le moment si peu développée ne soit pas capable de mieux. Mais d'un autre côté, si Tom avait simplement voulu libérer des enfants parce que ce sont des enfants-esclaves, et pas parce que son fils est parmi eux, la moitié de ses échanges avec son fils aîné seraient tombés à l'eau et les scénaristes n'ont visiblement pas envie d'utiliser ce gosse pour autre chose que la personnification des élans auxquels Tom résiste, bravement, parce que ce type est fondamentalement raisonnable.

On ne croit pas un seul instant que Tom soit jamais en danger, d'ailleurs, parce qu'il est tellement évident qu'il est le héros qu'on ne s'en fait pas pour lui. Le danger est forcément désincarné face à un homme capable d'abattre tout seul un Skitter et de le ramener à la base à mains nues ! Et du coup, ce qu'il fait, son invincibilité apprente, fait qu'on ne peut pas s'identifier, et qu'on ne peut s'impliquer émotionnellement. Lui-même semble ne connaitre que deux états : la concentration sérieuse, et la fatigue silencieuse. C'est un bon petit soldat, notre professeur. Et du coup, on est tellement sûr qu'il va s'en tirer qu'on se fiche un peu de ses états d'âme : c'est un cercle vicieux, et d'autant plus dangereux que, dans une série constellée de scènes d'action, on a besoin de vraie dramatisation de temps à autres, sous peine de perdre l'équilibre.

Il en ressort une impression de retenue. Comme si, malgré toute les bonnes idées, l'équipe derrière Falling Skies avait plein d'ambition, mais avait décidé de rendre la série grand public, se perdant dans mille poncifs pour essayer de masquer le fait qu'à terme, elle a quelque chose à offrir. Les éléments qui font les bons côtés d'une fiction post-apocalyptique se trouvent donc étouffés par l'envie de ne pas trop donner, pas tout de suite, de commencer par offrir des bases classiques, du tangible, en semant quelques ingrédients qui seront développés une fois le spectateur happé par l'action. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, parce que cette avarice est palpable ; ça ne met pas du tout dans de bonnes dispositions, au contraire, de voir que le plus intéressant est zappé et que ne reste que le tronc commun de la plupart des fictions du genre. Pour le moment, Falling Skies est pingre : elle a les moyens, mais comme l'oncle Picsou, elle refuse de casquer.

C'est pourtant une question de générosité. Donnez-nous toujours plus, et nous pardonnerons toujours plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Falling Skies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:29 - Review vers le futur - Permalien [#]


01-01-11

To be continued... V

On a pas mal dit que Caprica en avait bavé en grande partie à cause de sa diffusion erratique. Vous voulez qu'on parle de celle de V ? C'est également le grand n'importe quoi qui a dominé. Peut-être que la SF serait moins en difficulté si les chaînes commençaient par diffuser ça proprement, vous ne croyez pas ? Moi, si.

Alors dans ces coups de temps-là, on est quand même bien contents d'avoir quelque chose pour se rafraîchir la mémoire, comme les posts To be continued..., par exemple. Je rappelle le concept pour ceux qui débarquent ; il s'agit de revenir sur les épisodes déjà diffusés de la série, sur la base de : une capture = un épisode = une phrase. Et tant que les chaînes continueront de laisser des mois et des mois se passer entre deux saisons (ou pire, deux morceaux de saison) cette rubrique aura, hélas, une longue vie devant elle... si les Visiteurs ne nous annihilent pas d'abord, donc.

VNewGen___1x01
1x01 - We are of peace. Always. You wish.

VNewGen___1x02
1x02 - La normalité, elle a fui à notre arrivée.

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1x03 -
S'il y a bien quelque chose que les Visiteurs ont compris, c'est le pouvoir de l'image.

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1x04 -
Et après ça on s'étonne qu'il y ait des gens qui se méfient des hôpitaux...

V___1x05
1x05 - Si vous ne craigniez pas encore les V's, sachez dorénavant que oui, ils ont le pouvoir de réaliser tous vos cauchemars les plus fous.

V___1x06
1x06 - Six épisodes pour en arriver là, quand même.

V___1x07
1x07 - Les Visiteurs débarquent, nous privent de nos emplois, se reproduisent à vitesse grand V... je vais vous paraître raciste mais c'est quand même pas normal, la Terre, tu l'aimes ou tu la quittes !

V___1x08
1x08 - Vu le mal qu'elle se donne, Anna a vraiment intérêt à avoir un but ultra-machiavélique, sans quoi tout ça aura vraiment l'air ridicule rétrospectivement...

V___1x09
1x09 - Et en plus, les Visiteurs ont aussi une sous-race d'assassins, quelles charmantes petites bêtes !

V___1x10
1x10 - Le premier épisode à remettre en question certaines évidences, et dans le même temps à offrir une vraie bonne scène dramatique.

V___1x11
1x11 - C'était sans doute la cruauté de trop.

V___1x12
1x12 - La plus belle des victoires...

J'aime mieux vous dire que là, vous n'avez plus aucune raison pour zapper la série, surtout que TFHein s'en est mêlée aussi. Donc autant vous prévenir, si les audiences ne remontent pas, ça va chier. Je pourrais même appeler Anna pour vous faire un suçon dont elle a le secret...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche V (New Gen) de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:54 - To be continued... - Permalien [#]

03-08-10

[Day 3] Entre plusieurs maux...

MemeDay_3

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche V de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-07-10

Russian roulette

Quand je sors d'une période de fringale, je suis prête à donner sa chance à n'importe quelle série ou à peu près (ferme exception soit faite des vampires). Chaque fois c'est pareil. Il me faut une nouvelle obsession. Et les plus inattendues sont les bienvenues : aujourd'hui, accro à un sitcom, demain, pourquoi pas fan de western ou addict à la science-fiction ?

RussianRoulette

Parce que là, justement, je sors d'une double intégrale Will & Grace et Les Craquantes (quoique, pour être sincère, Les Craquantes, il m'en reste quelques épisodes avant d'être vraiment à la fin) (l'affaire de deux jours, trois tout au plus) (je me demande combien de gens de ma génération ont vu cette série en intégralité, quand même), et je commence à chercher ce que je vais regarder après.

Non, si, bon, oui, effectivement. J'ai un planning auquel je pourrais me conformer. Sans déconner, vous m'avez déjà vue suivre un planning ? Beh non ! Parce que je fonctionne au coup de cœur. J'ai, concrètement, un certain nombre de tâches de fond, plus ou moins abouties, plus ou moins achevées, comme par exemple regarder V ou Royal Pains, mais je n'en suis pas au point de me dire, quand un épisode sort, qu'il faut que je l'aie vu dans les 24h. Ce sont deux choses totalement différentes, et regarder Huge semaine après semaine avec beaucoup de satisfaction ne suffit pas.
Les séries que je suis sont en général toutes autres que les séries sur lesquelles j'exerce ma tendance à la monomaniaquerie. Pour une raison en fait évidente : comment exercer cette tendance à la monomaniaquerie au rythme d'un épisode par semaine ?

D'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'on trouve un certain nombre de séries dans mes cartons, qui attendent une saison ou deux avant que je ne leur fasse un sort. C'est par exemple le cas de Brothers & Sisters pour laquelle j'attends au moins début 2011 pour m'y remettre, plus vraisemblablement la toute fin de la prochaine saison. Voilà bien le genre de série qui m'ennuie sur le long terme ; mais à fortes doses sur une courte période de temps, c'est absolument l'extase.

Le problème c'est qu'actuellement, ça pourrait donc tomber sur n'importe qui. Là, demain mettons, si je mets le pilote de Saving Grace, Roseanne, Eureka ou NCIS, j'ai de grandes chances de ne pas en décoller avant la fin de série ou, au moins, le dernier épisode disponible.
...Vous aurez évidemment relevé l'intrus dans cette liste, je ne suis quand même pas non plus totalement aux abois, au point de regarder un navet.

Donc j'ai un peu l'impression de jouer à la roulette russe, là. Parce qu'en tant que pilotovore, des pilotes, j'en vois, naturellement. Et c'est un peu flippant.
Heureusement, j'ai aussi plein de nouveautés à voir, ce qui limite les dommages (prochain post doramatique sur Mioka, d'ailleurs...), mais enfin, force est de constater qu'actuellement, je suis en manque de coup de coeur et que ça peut tomber sur absolument la première série venue, sans distinction de genre ou d'ancienneté ; à l'exception, on l'a dit, des vampires et des navets.

Quelque part ça ouvre de formidables perspectives : dans une semaine de ça, si ça se trouve, je serai en train de regarder une série dont j'ignore tout. Ou bien en train de me faire l'intégrale d'une série dont tout le monde parle et à qui j'ai finalement donné sa chance après un revisionnage (genre Supernatural). Ou bien de m'empiffrer d'épisodes d'une série que j'ai toujours snobée et qui tombe à pic, dans un instant de faiblesse.

Donc en gros, si là, vous voulez me fourguer une série que je n'aurais, sans ça, jamais regardée, c'est maintenant. Si vous avez une série que vous voulez absolument me faire voir, c'est le moment de se placer. Envoyez vos cagoules, vos liens, même simplement un lien vers la fiche de SeriesLive ou la page de Wikipedia, si vous voulez me faire regarder quelque chose avec attention, c'est le moment.
Au prochain coup de cœur, il sera trop tard, je serai à nouveau monomaniaque et n'y jetterai un œil que très indifférent...!

Posté par ladyteruki à 21:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

22-07-10

Avant, la SF était synonyme d'imagination...

Imagination

Bon, cette histoire de science-fiction, là... J'y ai repensé. Et plus j'y repense, moins je vois de raison de toujours s'en tenir aux mêmes histoires d'invasion extra-terrestre qui tourne mal pour nous. Et pourtant, s'il y a un genre où les possibilités sont infinies, ce devrait bien être la science-fiction.

Parce que oui, bien-sûr, je comprends que le truc des extra-terrestres qui nous tombent dessus subitement et qui comme par hasard ont dans l'idée de nous exterminer, ça renvoie à une peur ancestrale de "l'autre", le barbare qui peut débarquer à tout moment et détruire notre pauvre hutte en bois. J'entends bien.
Mais les extra-terrestres qui rappliquent sans prévenir comme des malpolis, juste pour nous dégommer, c'est quand même pas le seul scénario possible, ni dans l'absolu ni dans une série. Attendez, vous voulez vraiment me faire croire que les mecs, ils se font chier à prendre visage humain, à comprendre notre culture pour nous approcher, à apprendre notre langue (voire nos langues !)... et ils ont pas ouvert un bouquin de la baronne de Rothchild ?

Tenez, voilà ce qu'on va faire, on va prendre les paramètres de ce fichu scénario-type d'invasion, et on va en changer une partie. 'Zallez voir qu'on peut en ouvrir, des perspectives.

Alors ok, mettons qu'au lieu de se radiner sans prévenir, et de nous envahir aussi sec ; en s'apercevant que la Terre est habitée, les extra-terrestres réagissent plutôt comme suit :
" Oh dis donc, Zlotburg, viens voir l'écran de contrôle ! On dirait bien qu'il y a des gens, là en bas !
- Bah merde alors, mais tu as raison, Xordarr ! Vite, vite ! Appelons le reste de la flotte, lançons l'ordinateur pour qu'il collecte un maximum d'infos, et apprenons leur langue histoire de les amadouer !
- Wowowowow ! On se calme, Zlotburg. On va pas descendre tout de suite, comme ça, sans s'annoncer ! Réfléchis un peu à leur réaction : ils vont paniquer, devenir hostiles, peut-être même s'organiser en Résistance. Sans compter que c'est franchement impoli.
- Pas faux. Mais alors, qu'est-ce que tu proposes ? On grille le tout au laser en espérant qu'ils seront cuits à point ?
- Et ceux d'entre nous qui aiment leur viande saignante seront bien pénalisés...! J'ai une meilleure idée : regarde les renseignements qui commencent à sortir de l'ordinateur. Ça fait des dizaines de leurs années que ces rigolos envoient des signaux dans l'espace, laissent des informations sur leur culture un peu partout, et scrutent le ciel. Ils veulent se faire des amis ! Alors on va répondre à leurs envois... genre, euh, tiens : "Bonjour. STOP. Avons enfin trouvé d'où venaient tous ces gentils messages. STOP. Nous croyons être seuls et sans ami dans l'univers ! STOP. Peut-être pourrions-nous nous rencontrer dans quelques siècles autour d'un verre ? STOP. En attendant, cherche correspondant aimant la lecture et les balades sur la plage. STOP. Très cordialement. STOP."
- Et c'est tout ?
- Oui, c'est tout... Jusqu'à ce qu'ensuite, après quelques dizaines de leurs années, quand ils nous croient inoffensifs et gentils, on envoie un premier gars, un pionnier, un explorateur qu'il nous aura fallu longtemps pour envoyer laborieusement dans l'espace au prix de grands sacrifices et en dépensant toutes nos ressources naturelles. Et quand ils verront bien qu'il ne peut pas les envahir lui tout seul, on en envoie dix autres. Juste dix. Et ainsi de suite.
- Quel butor je fais ! Moi qui allais bêtement envoyer tous nos vaisseaux, démontrer notre supériorité, exposer notre technologie quasiment illimitée, et aborder le sujet de nos 5 estomacs !
- Voilà, et dans quelques uns de leurs siècles, tu verras, c'est eux qui inviteront notre civilisation, tous frais payés, chez eux ! Au bout du compte, quand on aura fait déménager toute la smala, LA, ce sera barbecue géant !
- Génial, je m'y vois déjààà !
- Non, Zlotburg, vois plus loin... Un jour, tes petits-enfants viendront pique-niquer sur cette planète.
- 'Tain c'est beau ce que tu dis."
Voilà ! Ne le trouvez-vous pas diablement malin et raffiné, ce Xordarr ? Avec lui, les choses prendraient une autre tournure ! On pourrait aussi bien poser des questions sur les humains qui se mettent à révérer des aliens, sur la complicité des médias ou des gouvernements, mais pas de la même façon. L'endoctrinement serait plus insidieux que lorsque des vaisseaux viennent assombrir le ciel de toutes les capitales du monde ! Franchement, comme je le vois, les extra-terrestres de V qui débarquent sans un bristol ni rien, montrent leur flotte énorme et nous disent qu'ils sont gentils, personne n'y croit. Quand je suis gentille, je commence pas par poser un flingue chargé sur la table pour détendre la conversation...

Bon, attendez, ya plein d'autres possibilités, encore. Voyons-en une deuxième.

Disons hypothétiquement que les extra-terrestres débarquent sans s'annoncer. On l'a dit, c'est grossier. Vous voulez me faire croire que nous serions là à les accueillir les bras grands ouverts alors qu'ils font preuve de pareille incorrection ?
Je ne sais pas si vous avez lu les infos récemment, mais on ne peut pas dire que la Terre soit très accueillante, comme planète. Et on n'est pas spécialement un peuple pacifique. Et si on veut absolument faire dans le misérabilisme d'espèce, prenons plutôt en pitié les extra-terrestres qui se piquent de débarquer... je sais pas, moi, aux Etats-Unis, sans passer par la douane. Vous pensiez que l'Enfer s'abattait sur vous quand vous vous déplaciez avec un coupe-ongles, attendez un peu de voir la réaction des autorités si vous avez un vaisseau intergalactique dans votre bagage de cabine ! Ou bien, si les extra-terrestres s'amusent à vouloir entretenir des relations diplomatiques avec le gouvernement belge. HA ! Quel gouvernement ?! Et je ne parle même pas de l'éventualité où ils s'amuseraient à survoler la bande de Gaza... Quelque chose me dit que le premier réflexe des humains locaux ne serait pas forcément de lever le nez vers le ciel en attendant un quelconque message pacifiste !
Alors, pourquoi une série ne déciderait-elle pas de décrire comment, à peine une tentacule posée sur le sol, les extra-terrestres se font massacrer par des humains irrationnels ? Et la tendance au comportement irrationnel, vous admettrez que c'est quand même un portrait plus réaliste d'une population qui est confrontée à l'impossible. Nous deviendrions leur pire cauchemar, en les employant comme tentacule d'œuvre gratuite dans nos usines, et en leur refusant des droits élémentaires...
Si la SF est un genre métaphorique (et je crois fermement qu'elle l'est), alors voilà une bonne occasion de traiter de sujets importants de façon détournée.
Oh, quoi ? Vous allez pas venir me raconter que le massacre et l'esclavage, c'est pas notre genre... Mouais, à d'autres.

Je sais pas moi, il y a plein de sujets possibles ! On a fait le tour de l'invasion qui cause notre perte, alors étudions aussi nos autres options !

Posté par ladyteruki à 23:03 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-07-10

Toujours la faute des autres !

Parfois j'ai l'impression qu'on a un peu fait le tour des séries fantastiques et de science-fiction. Je regarde les trucs qui sortent et je me dis : "sérieux, encore ?!". Et les mecs sont sérieux, en plus. Ils vont vraiment nous faire une série sur un bled paumé où se concentrent des phénomènes surnaturels, des vampires qui passent leur vie immortelle au lycée, ou, pire... l'invasion extraterrestre.

Là je suis en train de me prendre par la main pour finir V ; c'est pas que la série soit longue, c'est sûr, et c'est même pas que je ne l'apprécie pas. Mais j'en ai tellement marre de voir toujours les mêmes sujets être tournés dans tous les sens. Bien-sûr, V n'est que la partie visible de l'iceberg, et à la limite, comme c'est un remake, on pourrait arguer que j'ai beau jeu de râler, mais l'exemple ne s'arrête pas à V, ce n'est en fait que la goutte d'eau d'un vase qui n'en finit plus de déborder pour moi.

Toujourslafautedesautres

First Wave, Invasion Planète Terre, Invasion, Threshold... on aurait pu penser que depuis le temps, les séries sur l'invasion (soit pendant, soit après), on en aurait suffisamment vu pour avoir couvert le sujet. Du moins, les bases. Après on peut essayer d'être original, mais sur un tel sujet, ça me semble difficile. Parce qu'à chaque fois qu'il y a une invasion, PAF ! Il faut qu'on s'aperçoive tôt ou tard que les aliens cachent des intentions pas très honnêtes. Parfois on s'en rend vite compte parce qu'ils débarquent tous lasers dehors ; et puis parfois c'est plus insidieux, et je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, juste que, ça va, on le sait qu'au final les extra-terrestres sont tous des pourris.

C'est du racisme anti-extraterrestres, tout ça. Et ils peuvent pas se défendre parce qu'ils ont pas de lobby ! C'est vraiment petit.

Bref, si on veut absolument voir comment l'humanité se dirige elle-même vers sa propre perte, faut pas trop en attendre de la télévision. Au cinéma, j'ai l'impression que c'est plus fréquent ; il faut dire que la proportion films/séries de SF doit jouer. Pourtant, si on veut faire dans l'anticipation (vous avez remarqué comme ces séries ont l'habitude de se dérouler juste dans deux ou trois ans, grand maximum ?), voilà un sujet en or.

Mais la science-fiction, à la télé, est totalement déresponsabilisante vis-à-vis de l'humanité ! C'est constamment la faute des autres. C'est la faute des extra-terrestres si on va tous crever ! C'est la faute des extra-terrestres si j'ai menti à ma petite amie ! C'est la faute des extra-terrestres si je trahis mes semblables !
Mouais. 'Zont bon dos, les extra-terrestres.

La science-fiction a toujours été un genre idéal pour explorer l'humanité et ses zones d'ombres, parce que c'est un genre métaphorique parfait pour aborder plein de sujets de société ou de questions sur la nature humaine. C'est encore mieux dans le cas des invasions "propres" à la Invasion Planète Terre ou V parce qu'en plus les extra-terrestres prennent une forme humanoïde qui permet de dire des choses des humains sans que les humains qui regardent la série ne se sentent exagérément concernés. C'est un genre magique, la science-fiction, j'aurais tellement voulu y être plus réceptive, mais j'ai grandi dans une famille qui méprisait la science-fiction et je crois que dans le fond, j'en ai toujours quelques restes, même quand je m'achète des piles de bouquins Star Trek ou que je m'achète un DVD de Babylon 5 par-ci par-là. Dans le fond, je crois que je ne serai jamais à fond dedans.

Mais peut-être aussi qu'effectivement, je ne suis pas aidée. Peut-être que pour traiter de sujets intéressants, il faudrait un peu décoller des thèmes usés jusqu'à la corde.
Pis peut-être qu'il faudrait essayer de se préoccuper des vrais coupables, de temps en temps.

Et c'est là qu'intervient ma découverte coup de cœur de la journée. C'est pas une série. C'est un thème. Je me baladais sur Wikipedia, je cliquais un peu partout et n'importe où, j'ai le droit. Et là, VLAN ! Je tombe sur ça : Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité. Merde alors.
Ça n'arrivera jamais. Rien qu'à cause des gonzesses qui semblent peupler mon entourage, ça n'arrivera absolument jamais. Il y aura toujours des gens pour vouloir faire des enfants quoi qu'il arrive. Mais c'est pas la question. La question, c'est que ça fait un sujet absolument génial pour une série d'anticipation !

Imaginez : au lieu de nous sortir le refrain habituel sur les vilains extra-terrestres qui nous tombent sur le coin du nez quand on s'y attend le moins, et commencent à essayer de nous effacer de la carte galactique à l'insu de notre plein de gré, eh bien là, gros twist : c'est nous qui essayons désespérément de nous éteindre ! Mais c'est absolument génial ! C'est du jamais vu ! C'est couillu ! C'est plein de bonnes idées sur la façon d'explorer les problèmes de notre société SANS parler de notre société actuelle, c'est le propre de l'anticipation !
Il faudrait suivre la mise en place du processus par les autorités, voir les gens désespérés essayer de quitter la planète pour fonder une colonie ailleurs, là où on pourrait polluer sur plusieurs générations tranquillement, il y aurait des gens qui se serviraient dans les ressources de la Terre comme si demain n'existait pas (et demain n'existerait effectivement pas), les gens se sentiraient coupables quand ils auraient des enfants par faute d'inattention. On pourrait explorer de façon inversée les politiques natalistes de certains pays, et puis ce thème si à la mode qu'est l'écologie.
'Pis imaginez en quoi consisterait l'action de la Résistance...

Bon, je dis pas qu'il faut uniquement cette idée-là pour me charmer, évidemment. Mais les possibilités sont tellement plus vastes que les aliens qui nous colonisent pour nous tuer et/ou nous manger... Bon, plus simple, un truc tout con : on a pensé à ce que les extra-terrestres ne soient pas armés de mauvaises intentions ? Pas depuis Alien Nation, quand même...
Alors bon, quand je vois qu'il y a Falling Skies qui va nous tomber dessus dans quelques mois, je soupire, si vous voulez, parce que je sais bien que je vais regarder (je veux dire, bon, ya Noah Wyle, quoi...), mais sérieusement, là, je pique du nez.

Scénaristes, faites une bonne action, trouvez un truc un peu nouveau à nous proposer.
C'est pas parce que les séries policières des networks ne le font pas qu'il ne faut pas essayer.

Posté par ladyteruki à 22:33 - Série de valeurs - Permalien [#]


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