ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-01-13

L'hiver est là (et tant mieux)

Eh oui, on est repartis pour une nouvelle saison nippone ! Ce que le temps passe vite, j'aurai à peine eu le temps de dire du mal de la précédente...! Comme toujours, ce récapitulatif, s'il se veut aussi complet que possible, peut éventuellement n'être pas totalement exhaustif, parce que, eh bien, bon, mon Japonais est un peu rouillé et toute cette sorte de choses. Pour autant, je crois que l'aperçu que je vous offre ce soir est quand même assez détaillé pour qu'on puisse tous se faire une idée de ce qui nous attend.

Le coup d'envoi de la saison hivernale a été donné il y a quelques heures (20h, heure locale, pour être précise), ainsi que c'est la tradition en ce mois de janvier, par le dorama annuel de la NHK, du nom de Yae no Sakura. Une cinquantaine d'épisodes sont prévus et espèrent bien être l'un des gros succès de 2013, puisque les jidaigeki de la NHK sont souvent les fictions qui forment les meilleures audiences de la chaîne publique, et parfois les meilleures audiences de la télévision japonaise, quand tout se passe vraiment bien.
Comme souvent, il s'agit d'un biopic romancé basé sur les incroyables actions d'une figure historique, en l'occurrence, une femme. Et vous allez voir que pendant un an, Yae no Sakura va rappeler les spectateurs nippons à beaucoup d'humilité...

Mais ne grillons pas les étapes, et repassons la grille japonaise du trimestre au peigne fin.

En quotidienne  
   

MomeruKadoniwaFukuKitaru

- Momeru Kado ni wa Fuku Kitaru / モメる門には福きたる (Fuji TV)
L'histoire : ou comment une apprentie avocate à la vie personnelle un peu brouillonne tente de faire ses premiers pas dans le métier, sous la tutelle d'une avocate de la vieille école avec laquelle elle ne s'entend pas.
L'avis : construite comme une buddy comedy entre deux femmes avocates, cette nouvelle série daytime ambitionne aussi d'être un procedural, et apparemment même une comédie romantique puisque l'héroïne commence le pilote en se réveillant dans le lit d'un homme marié.
> A partir du 7 janvier à 13h30
   
Lundi  
   

Hanchou-Saison6-300

- Hanchou / ハンチョウ (TBS) - saison 6
L'histoire : retour de la série policière Hanchou, alors que l'équipe de Tsuyoshi Azumi est promue au titre d'unité expérimentale afin de remuer un peu les méthodes figées du reste de la police métropolitaine.
L'avis : j'aime comment le pitch de la saison sert magnifiquement d'explication à son existence : faire du neuf avec du vieux, parce que c'est dans les vieux pots et toutes cette sorte de choses.
> A partir du 14 janvier à 20h
   

BibliaKoshodounoJikenTechou-300

- Biblia Koshodou no Jiken Techou / ビブリア古書堂の事件手帖 (Fuji TV)
L'histoire : dans une librairie spécialisée dans l'occasion, une jeune femme discrète mais experte en livres est capable de découvrir tous les secrets qui se cachent entre leurs pages...
L'avis : basée sur des romans (évidemment), cette petite série pourrait se présenter comme un procedural à l'ambiance un peu à part. A surveiller.
> A partir du 14 janvier à 21h
   

ShuudenBYEBYE-300

- Shuuden BYE BYE / 終電バイバイ (TBS)
L'histoire : un homme rate le dernier train et n'a aucun moyen de rentrer chez lui. En une nuit, il va faire diverses expériences extraordinaires de la vie nocturne autour de la gare...
L'avis : j'aimerais énormément ce pitch si le trailer ne laissait pas présager une comédie assez lourde.
> A partir du 14 janvier à 00h20
   
Mardi  
   

LASTHOPE-300

- LAST HOPE / ラストホープ (Fuji TV)
L'histoire : un médecin de génie, capable de diagnostiquer les gens mieux que personne et doté d'une empathie incroyable, est un excentrique un peu lunaire qui a un secret... dont il pourrait bien lui-même ignorer l'existence.
L'avis : c'est intéressant cette espèce de anti-Dr House-mais-pas-trop, on reconnaît bien là le talent des grandes chaînes nippones pour recycler des concepts sans en avoir l'air.
> A partir du 15 janvier à 21h
   
   

Saki-300

- Saki / サキ (Fuji TV)
L'histoire : derrière ses apparences d'infirmière modèle et attentionnée, Saki est une briseuse de ménage. Ses nouvelles cibles sont des hommes mariés très en vue...
L'avis : la série repose sur l'idée que Saki n'est pas un être vraiment bon ni mauvais (les hommes dont elle brise le couple considèrent même qu'elle n'est pas responsable de leur déchéance et sert juste de déclencheur), qui rappelle un peu une certaine Jackie, en plus pervers. J'aime déjà.
> A partir du 8 janvier à 22h
   

ItsukaHinoAtaruBashode-300

Itsuka Hi no Ataru Basho de / いつか陽のあたる場所で (NHK)
L'histoire : deux femmes qui se sont rencontrées en prison, une fois sorties, tentent de revenir à la vie civile avec l'espoir de faire du passé table rase.
L'avis : la réinsertion fait généralement de belles histoires dont je suis friande. Et vu qu'Aya Ueto s'est bien améliorée ces dernières années, ça peut carrément valoir le coup de jeter un oeil.
> A partir du 8 janvier à 22h
   

ShoteninMichirunoMinoUeHanashi-300

- Shotenin Michiru no Mi no Ue Hanashi / 書店員ミチルの 身の上話 (NHK)
L'histoire : Michiru est une petite provincialeavec un gentil petit ami et sans histoire... si ce n'est qu'elle entretient une liaison avec un Tokyoite de passage. Lorsqu'elle suit celui-ci à Tokyo sur un coup de tête, et gagne au loto peu de temps après, sa vie change du tout au tout. Mais c'est peut-être aussi le moment de découvrir le vrai visage de ses proches.
L'avis : pas franchement de quoi s'affoler pour ce petit thriller qui ne fait montre d'aucune originalité.
> A partir du 8 janvier à 22h55
   

KodomoKeishi-300

Kodomo Keishi / コドモ警視 (TBS)
L'histoire : après avoir été transformé en enfant par une organisation criminelle, un enquêteur décide d'entrer à l'école primaire afin d'y enquêter sur diverses affaires, des tricheries pendant les contrôles au vol de l'argent du déjeuner. Une enquêtrice se fait passer pour une instit afin de le soutenir.
L'avis : spin-off de la série Kodomo Keisatsu (souvenez-vous), cette série devrait faire, vu son pitch, l'objet d'autant d'attention dans ces colonnes.
> A partir du 22 janvier à 00h55
   

Mercredi

 
   

ShareHousenoKoibito-300

- Share House no Koibito / シェアハウスの恋人 (NTV)
L'histoire : réalisant que sa vie morne et solitaire de gentille petite employée de bureau pourrait la conduire à mourir seule, une jeune femme décide d'emménager dans une colocation pour mettre du piment dans sa vie. Elle se retrouve alors au centre d'un triangle amoureux avec deux hommes, dont un marié.
L'avis : ah, j'oubliais, l'autre homme est un extraterrestre. Ouais, tout d'suite, hein...
> A partir du 16 janvier à 22h
   
Jeudi  
   

KasoukennoOnna-300

- Kasouken no Onna / 科捜研の女 (TV Asahi) - saison 12
L'histoire : suite des aventures de l'une des rares légistes de la télévision nippone.
L'avis : je vais être totalement honnête avec vous, je n'ai même jamais eu la curiosité de voir s'il existait l'ombre d'un sous-titre pour cette série. Pourtant, depuis le temps...
> A partir du 10 janvier à 20h
   

Otomesan-300

- Otomesan / おトメさん (TV Asahi)
L'histoire : une femme qui a énormément souffert à cause de sa belle-mère se promet d'être gentille avec sa bru. Mais elle soupçonne progressivement que celle-ci ait des intentions cachées et finit tout de même par lui être hostile, ce contre quoi personne ne s'interpose. Que veut vraiment l'épouse de son fils unique (si seulement elle veut quelque chose) ? Qui dans la famille saura faire le bon choix ?
L'avis : c'est rare que TV Asahi diffuse le jeudi soir une série non-procédurale. Et en plus j'aime bien le concept. Mon Dieu, je vais regarder une série du jeudi de TV Asahi ! Rien ne m'avait préparée à cela.
> A partir du 17 janvier à 21h
   

Apoyan-300

- Apoyan / あぽやん (TBS)
L'histoire : engagez-vous, rengagez-vous qu'ils disaient ! Sauf qu'au lieu d'être tour operator, Keita est envoyé dans un agence de voyages d'un aéroport pour aider les voyageurs qui ont un problème. Entre les collègues pas fiables et les femmes (ici en majorité) avec lesquelles il est impossible de s'entendre (...euh, of course ?!), sauf une (ah, j'y suis), Keita va pourtant découvrir l'importance de la relation clients.
L'avis : voilà, et puis après vous vous étonnez de devoir expliquer aux gens pourquoi vous regardez des séries japonaises.
> A partir du 17 janvier à 21h
   

SaikounoRikon-300

- Saikou no Rikon / 最高の離婚 (Fuji TV)
L'histoire : Kousei est en train de divorcer de sa femme Yuuka, avec laquelle il est profondément incompatible (mais hélas il leur aura fallu endurer 2 ans de mariage pour le découvrir). C'est à ce moment-là que son ex de l'époque de la fac réapparait. Elle s'est depuis mariée avec un type qui continue d'avoir des aventures, et n'est pas non plus heureuse en ménage...
L'avis : *humph* *humph* ...vous sentez cette odeur ? Ca sent pas un peu, chais pas, dans le fond de l'air... comme une romcom sud-coréenne ?
> A partir du 10 janvier à 22h
   

OtatsukeyaJinpachi-300

- OtatsukeyaJinpachi / お助け屋★陣八 (NTV)
L'histoire : Jinpachi Kurumaya est le riche héritier d'une famille d'Oosaka, qui découvre qu'il a hérité d'un business "secret" de sa famille, consistant à secourir les gens dans le besoin. Il est aidé pour cela d'une geisha costaude et d'un ancien médecin.
L'avis : qu'est-ce que c'est que cette chose, encore ?! J'imagine bien les salarymen bourrés rentrer chez eux un soir, tomber là-dessus, et se dire "nan mais merde, faut que j'arrête mes conneries avec l'alcool".
> A partir du 10 janvier à 23h58
   
Vendredi  
   

Kaen-300

- Kaen / 火怨 (NHK BS Premium)
L'histoire : dans ce dorama historique, un guerrier valeureux mène de nombreux combats, même s'il en comprend de moins en moins le sens...
L'avis : j'ai jeté un oeil aux photos de promo, et tout ce que j'ai envie de dire, c'est : les années 90 ont appelé, même elles ne veulent surtout pas récupérer ce dorama tout pourri. Mais après, vous connaissez mon biais envers la plupart des séries historiques.
> A partir du 11 janvier à 20h
   

Dorama-NoPhoto

- Ooka Echizen / 大岡越前 (NHK BS Premium)
L'histoire : un biopic retraçant la vie du magistrat éponyme qui a géré les affaires administratives et judiciaires d'Edo au 18e siècle. Son humanité et son sens de la justice en ont fait une légende.
L'avis : à noter qu'une série du même nom (et forcément avec le même sujet) avait été diffusée par TBS entre 1970 et... 1999 ! L'un des jugements de ce personnage historique est absolument délicieux : à un marchant qui prétendait que sentir ses plats était du vol, Ooka Echizen a réclamé le paiement de l'odeur de ses plats par le son des pièces équivalant à son prix. Perfection.
> A partir de mars 2013 à 20h
   

YakouKanransha-300

- Yakou Karansha / 夜行観覧車 (TBS)
L'histoire : en emménageant dans un endroit huppé, Mayumi pensait que sa vie allait changer pour le mieux, mais entre sa fille qui tourne mal et les maltraitances verbales du voisinnage, ce n'est pas le cas. Il y a en revanche une famille où tout semble aller bien, mais un jour, le père est assassiné, puis l'un des fills disparait. Cependant, la police se demande progressivement si cela signifie que c'est le fils le coupable...
L'avis : et au pire, si cet excellent pitch ne donne pas les résultats espérés, il restera toujours les revisionnages d'Utsukushii Rinjin.
> A partir du 18 janvier à 22h
   

NobunaganoChef-300

- Nobunaga no Chef / 信長のシェフ (TV Asahi)
L'histoire : un grand chef français se retrouve envoyé dans le passé, où il devient le chef personnel du grand Oda Nubunaga.
L'avis : subtil, le coup du JIN cuisinier, très subtil.
> A partir du 11 janvier à 23h15
   

MahoroEkimaeBangaichi-300

Mahoro Ekimae Bangaichi / まほろ駅前番外地 (TV Tokyo)
L'histoire : dans un petit village (fictif), deux hommes font un bout de chemin de leur vie ensemble, et vivent de petits boulots en tous genres. Ils ne s'entendent pas, mais curieusement, ils sont devenus inséparables.
L'avis : des fois je me demande s'il n'y a pas des scénaristes qui m'espionnent pour ensuite écrire une série sur-mesure pour moi. Et castent ensuite Eita dans un des rôles principaux pour être sûrs que j'ai bien compris le message.
> A partir du 11 janvier à 00h12
   

Samedi

 
   

Dorama-NoPhoto

Kyokuhoku Rhapsody / 極北ラプソディ (NHK)
L'histoire : dans un hôpital de Hokkaido à l'agonie, un jeune médecin idéaliste voit l'arrivée d'une nouvelle responsable à la fois comme le dernier espoir pour sauver l'établissement, et le début de nombreuses concessions avec ses valeurs.
L'avis : moi qui cherchais une série médicale nippone qui m'intéresse, je viens d'être exaucée. Et il y aura Eita (ça accrédite la thèse de mon appartement sur écoute). Accessoirement, le pitch rappelle un peu une partie d'Osozaki no Himawari.
> En mars
   

NakunaHarachan-300

Nakuna, Hara-chan / 泣くな、はらちゃん (NTV)
L'histoire : elle est ouvrière et sa vie est morne, mais Echizen dessine un personnage, Hara-chan, pour se changer les idées. Sauf qu'un jour... Hara-chan découvre qu'il est sorti du cahier dans lequel il était dessiné ! Et sa dessinatrice Echizen est un peu amoureuse de lui...
L'avis : j'ai beau retourner ça dans tous les sens, il n'y a aucune façon de rendre ce pitch moins niais qu'il n'en a l'air, je le crains.
> A partir du 19 janvier à 21h
   

NeoUltraQ-300

Neo Ultra Q / 新·奥特Q (WOWOW)
L'histoire : dans un futur proche, des créatures monstrueuses débarquent ! Un professeur en psychologie, une journaliste et le patron d'un bar font équipe afin de percer leur mystère... approchant aussi bien le monstre qui tombe amoureux d'une adolescente à celui qui organise le commerce entre notre planète et la sienne.
L'avis : ils fument quoi chez WOWOW ? Ca a l'air d'être drôlement fort.
> A partir du 12 janvier à 21h
   

MadeInJapan-300

Made in Japan / メイドインジャパン (NHK)
L'histoire : une entreprise à la dérive n'a plus que 3 mois devant elle avant de fermer boutique. Trois hommes vont tenter de la remettre sur pieds en créant une cellule de crise, mais un ancien employé aujourd'hui embauché par une compagnie chinoise lance un produit concurrent sur le marché afin de les écraser.
L'avis : de plus en plus de pitches de la NHK sont très audacieux, et l'audace, j'aime ça chez une chaîne publique. Si la série est aussi solide qu'elle semble patriotique, ça me va (mais on y reviendra sans doute).
> A partir du 26 janvier à 21h
   

KaramazovnoKyoudai-300

Karamazov no Kyoudai / カラマーゾフの兄弟 (Fuji TV)
L'histoire : basée sur l'oeuvre de Dostoievski, cette série s'intéresse à trois frères très différents.
L'avis : à l'origine, cette adaptation était un manga lancé en 2009. Mais n'ayant lu ni le roman russe, ni le manga japonais, je ne sais quoi attendre de cette version.
> A partir du 12 janvier à 23h10

   

NagekinoBijo-300

Nageki no Bijo / 嘆きの美女 (NHK BS Premium)
L'histoire : convaincue d'être laide, une jeune femme obèse passe ses journées à troller sur internet et se remplir de junk food. Un jour, elle découvre un blog sur lequel trois beautés s'épanchent sur leurs problèmes. Mais par un curieux retournement de situation, en voulant les harceler, elle se retrouve à vivre avec elles.
L'avis : certains meurent d'une excès de gras, moi ce sera d'une overdose de clichés. Triste fin.
> A partir du 12 janvier à 23h15

   

Shinryouchuu-300

Shinryouchuu / 心療中 (NTV)
L'histoire : les chroniques d'un conseiller qui accueille dans son bureau les adolescents souhaitant se confier à lui.
L'avis : entre le pitch maigrichon et l'absence de vraie photo de promo, c'est difficile de déterminer si la série vaudra le coup d'être tentée. Regardera ? Regardera pas ? Surtout qu'il y a plein de membres de boys bands pour jouer les ados (...ça serait donc plutôt non, alors ?).
> A partir du 12 janvier à 01h50

   
Dimanche  
   

YaenoSakura-300

- Yae no Sakura / 八重の桜 (NHK)
L'histoire : surnommée la "Jeanne d'Arc de la période Edo", Yae Niijima est une jeune femme qui, en dépit des efforts de sa mère pour la rendre féminine, va devenir une guerrière légendaire, mais aussi l'épouse d'un homme influent. Entre ses batailles (on dit qu'elle s'est barricadée avec 500 femmes pendant un siège pour défendre son palais), l'utilisation d'armes à feu, un voyage aux Etats-Unis, Yae n'en aura jamais assez. Elle deviendra aussi une des toutes premières infirmières volontaires pendant la guère russo-japonaise.
L'avis : et sinon vous, vous avez fait QUOI de votre vie ?
> Depuis ce soir à 20h
   

dinner-300

- dinner / dinner (Fuji TV)
L'histoire : un chef pointilleux et insupportable est embauché, en dépit de son tempérament détestable, pour son expertise, afin de sauver un restaurant à la dérive.
L'avis : you had me at "restaurant". Oui ça a pris un peu de temps, mais bon (eh, connaissant les Japonais, il aurait pu être recruté dans un lycée, hein, donc méfiance).
> A partir du 13 janvier à 21h
   

Tonbi-300

- Tonbi / とんび (TBS)
L'histoire : Yasuo Ichikawa est un homme peu intelligent et au tempérament vif, mais qui, depuis la mort de son épouse, est devenu un papa-poule pour son fils unique Akira, qu'il éduque avec l'aide de ses amis et voisins... mais alors que celui-ci s'apprête à entrer à l'université, Yasuo lui révèle le secret de la mort de sa mère.
L'avis : le plus intéressant est qu'on suivra son fils à 4 âges différents de la vie d'Akira, la série commençant en 1962.
> A partir du 13 janvier à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Mayonaka no Panya-san / 真夜中のパン屋さん (NHK BS Premium)
L'histoire : l'histoire d'un étrange boulanger dont l'échoppe n'ouvre qu'à minuit...
L'avis : un boulanger ? C'est sûr, pas un restaurateur qui n'a pas de menu ? Ah bon. J'ai cru.
> Etait prévue pour avril mais serait apparemment avancée à cette saison
   

OnnatoOtokonoNettai-300

Onna to Otoko no Nettai / 女と男の熱帯 (WOWOW)
L'histoire : en 2005, une bombe a explosé dans un restaurant de New York, faisant plusieurs blessés et morts. En 2012, une journaliste blasée reçoit une information selon laquelle le veuf d'une victime serait de retour au pays pour préparer sa vengeance...
L'avis : mais euh, elle a l'air chaude, cette affiche, dites-moi ! Je veux dire, euh : bon pitch. Ahem.
> A partir du 20 janvier à 22h
   

xxxHolic-300

xxxHolicxxxHolic (WOWOW)
L'histoire : Kimihiro est un adolescent qui peut voir des esprits... ce dont il se passerait bien. Il tombe sur une étrange femme qui lui promet de le soulager de ce don, s'il l'aide dans ses étranges affaires avec divers personnages parfois bien étranges.
L'avis : y a-t-il des experts en manga pour nous éclairer sur l'intérêt de ce projet ? Merci par avance.
> A partir du 24 février à 22h

Quant au asadora Jun to Ai, qui a démarré en octobre, il effectue également son second semestre de diffusion tous les matins.
Avez-vous remarqué à quel point la chaîne NHK BS Premium (la petite soeur de la NHK sur le satellite) a décuplé ses efforts ces derniers temps en matière de séries ? Je crois que je n'ai jamais mis autant de séries de cette chaîne dans un récap de saison !

Une fois de temps en temps, il y a un pitch qui vous donne des frissons. Moi je dis qu'il est possible de tomber amoureuse d'un pitch, voilà. Peut-être que ce n'est pas une "décision" très informée, mais ça me suffit. Aujourd'hui, je suis tombée follement amoureuse du pitch de Mahoro Ekimae Bangaichi... jusqu'à ce que je voie la photo de promo. Et donc maintenant je suis aussi très amoureuse de ce poster super cool et plein de sérénité. Je l'adore tellement, d'ailleurs, ce poster, que si vous cliquez, vous l'aurez en plus grand ; eh ouais chuis comme ça, moi.
C'est juste trop parfait : l'histoire (vous savez combien j'aime les histoires d'amitié masculine), le cast (Eita a la côte d'ailleurs cette saison, la vache !), la photo de promo et donc probablement l'ambiance... je craque. IL FAUT que je voie cette série. Donc je vais vous en reparler. Je ne regarde pas beaucoup de VOSTM asiatique mais, s'il le faut, on en passera par là ! Je dois jeter un oeil à Mahoro Ekimae Bangaichi coûte que coûte. Considérez-vous prévenus.

MahoroEkimaeBangaichi-BIG
A part çaaa, euh... Voyons voir. Qu'est-ce qui est tentant parmi les nouveautés de ce trimestre ?
Eh bien, pas mal de choses, il y en a vraiment pour tous les goûts en plus ! Mentionnons ainsi Made in Japan, Yakou Karansha, Saki, Itsuka Hi no Ataru Basho de, Otomesan, Kyokuhoku Rhapsody et dinner (parce que je suis faible). Je sais plus, j'ai évoqué Mahoro Ekimae Bangaichi ? Bon et évidemment, les pitches de la pluplart des séries WOWOW me font de l'oeil, même si Neo Ultra Q a l'air quand même méchamment décalée.
J'ai aussi très envie de voir Tonbi ; la série est inspirée du roman éponyme, et surfe sur le succès de la mini-série en deux partie de la NHK également appelée Tonbi, laquelle avait reçu une Nymphe d'Or lors du dernier festival de Monte-Carlo dans la catégorie mini-série, cet été. Vu que je n'ai pas vu la mini-série, et étant donné la popularité de l'histoire, il semble inévitable de jeter un oeil. Qui plus est, j'aime bien les photos de promo (faut croire qu'aujourd'hui je suis particulièrement sensible à ce genre de choses, parce que c'est aussi le cas d'Onna to Otoko no Nettai !). Mais évidemment, ça dépendra de la bonne volonté des sous-titreurs...
Quant aux autres séries sur lesquelles je me tâte, mentionnons Biblia Koshodou no Jiken Techou ou Mayonaka no Panya-san, mais j'aurai peut-être besoin de me laisser convaincre.

Comme le veut la tradition, maintenant, c'est votre tour de me dire ce qui vous met l'eau à la bouche parmi ces nouvelles séries ! Et si vous ne mentionnez pas Mahoro Ekimae Bangaichi, je ne vous en voudrai presque pas, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 23:10 - Dorama Chick - Permalien [#]

04-11-12

Hit them where it hurts

De Henry VIII à Süleyman Ier, les amours des princes fascinent, et font de formidables sujets de séries ; quel que soit le pays, ce qui se passe dans la couche d'un roi ou d'un empereur a forcément des conséquences politiques, sur son royaume et sur la façon dont il est tenu. C'est précisément la raison pour laquelle une série telle que Ooku a tenu 5 saisons sur Fuji TV (ces 5 saisons s'étendant sur 37 années !), montrant à différentes époques comment les femmes peuplant le ooku, c'est-à-dire le gynécée du shogun, jouissaient d'un immense pouvoir politique, bien qu'officieux.
Mais cette fois, TBS a décidé de faire quelque chose de différent, avec une uchronie appelée Ooku ~Tanjou, résolue à renverser les rôles. Suivez-moi, si vous le voulez bien, dans les couloirs du palais, afin de découvrir ce que cette série historique pas comme les autres tente de réaliser...

OokuTanjou-580

Nous sommes au XVe siècle, plus précisément en 1634, et c'est la cour du shogun Iemitsu Tokugawa qui occupe le palais d'Edo, la capitale. Le pays est en proie à une terrible épidémie de variole, qui décime en particulier les hommes jeunes, si bien que très vite le shogunat commence à manquer de bras.
Alors que l'épidémie frappe depuis deux ans déjà, Arikoto Madenokouji, troisième fils d'une famille noble, se sent appelé par la prêtrise, et décide de consacrer sa vie à Bouddha, et donc à soigner les malades et administrer les derniers sacrements. C'est un coup dur pour cette maison qui a déjà perdu ses deux premiers fils, d'autant qu'Arikoto est un homme d'une grande éducation et un excellent guerrier, mais enfin, la vocation c'est la vocation, on ne peut rien faire contre. Avec la bénédiction de son père, Arikoto prend donc l'habit, bien décidé à consacrer sa vie à la privation et la prière. Arikoto est en effet voué à accomplir de grandes choses puisque trois années plus tard, il devient le chef du Temple Keikoin. C'est en allant présenter ses respects au shogun que l'existence d'Arikoto va entrer en collision avec le cours de l'Histoire.

La première partie de l'épisode, qui résume ces évènements, est en toute honnêteté un peu longuette. Elle le paraîtrait d'ailleurs sans doute tout autant pour un spectateur plus lettré que moi en histoire nippone, car il apparait très tôt que ce pan du pilote n'a pas pour objectif de resituer la série dans son contexte historique du tout, mais plus d'établir une chronologie globale de la maladie qui frappe le Japon ; il s'agit aussi d'établir le personnage d'Arikoto, qui s'annonce comme le focus central de la série, et avec lequel nous faisons connaissance : son immense patience, sa sagesse, et son lien avec deux autres moines qui l'accompagnent. C'est à travers ce prisme que nous allons dorénavant observer les éléments. Et observer, il n'y a en vérité que cela à faire tant cette phase d'exposition ne recèle aucun intérêt ni sur le plan intellectuel, ni sur le plan émotionnel, le visage particulier de Masato Sakai (souvenez-vous) n'aidant pas vraiment.
Au bout d'un peu plus d'un quart d'heure de ce régime, les choses s'agitent enfin. Arikoto et ses deux moines, qui pensaient faire une petite visite de courtoisie vite fait au shogun et puis après on n'en parle plus, se retrouvent privés de sortie, incapables de circuler comme bon leur semble dans les rues d'Edo. Pire encore, une énigmatique femme de la cour, Kasuga no Tsubone, semble faire preuve d'un empressement suspect à l'égard d'Arikoto. Pourquoi Kasuga no Tsubone est-elle si déterminée à les maintenir entre les murs du palais ? Protéger le chef d'un temple des ravages de l'épidémie est-il son seul soucis ? Certainement pas. Et Arikoto va progressivement comprendre que le but de Kasuga no Tsubone est de l'enjoindre à quitter l'habit, notamment cette fâcheuse histoire de chasteté, et redevenir un civil... Dans un monde qui manque dramatiquement de jeunes hommes vaillants, je vous laisse relier les points entre eux.

Le bras de fer qui s'engage entre Arikoto et Kasuga no Tsubone est le passage le plus fascinant de cet épisode. Après que le pilote se soit montré si bavard (car il l'est, croyez-moi, il l'est !), cette passe d'armes à mots couverts est intéressante. Derrière les apparences polies, se trame en fait quelque chose très violent : Kasuga no Tsubone est quand même en train de faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu'Arikoto soit dépucelé au plus vite, et content ou pas content, c'est le même tarif. Pas une fois le terme de viol ne sera évoqué, même pas vraiment sous-entendu, mais c'est quand même bien de cela qu'il s'agit. La vieille femme va jusqu'à employer des prostituées afin de divertir Arikoto et ses deux acolytes, et malgré cela, elle peine encore à toucher au but. La violence de l'enjeu est d'ailleurs parfaitement rendue lors du dénouement de ce duel.
La confrontation entre le jeune moine et la vieille courtisane étant un temps fort de cet épisode, je ne vous dis donc pas qui a fini par avoir le, hm, dessus dans cette affaire ; c'est réellement le point culminant de ce pilote, même s'il faut un peu le mériter, au regard des longues scènes qui le précèdent.

Toute cette agitation peut sembler bien vaine, au bout du compte, au spectateur qui aurait raté le début d'Ooku ~Tanjou ; c'est là que l'exposition s'avère précieuse. En gardant bien à l'esprit que le pays est à court de jeunes hommes, et à cette condition seulement, les 43 premières minutes de l'épisode ont du sens. Sinon, il faut attendre péniblement qu'Arikoto soit introduit dans les salons du shogun, et qu'il découvre l'explication de toute cette mascarade.
Et donc là attention, il va y avoir du spoiler à partir de là et jusqu'à la fin du post.

Devant les yeux ébahis d'Arikoto, qui n'est pas aussi malin qu'on voudrait nous le faire croire parce qu'on avait quand même un peu flairé le truc, le shogun qui apparait, au lieu d'être un homme de 37 ans, est une jeune adolescente mal dégrossie, particulièrement tyrannique, et... eh bien, pas exactement officiellement sur le trône.
Enfin, Ooku ~Tanjou nous expose son sujet dans cet acte final : le shogun a succombé à l'épidémie il y a plusieurs années, mais seule une poignée de personnes au sein du palais est au courant ; un homme a pris sa place, prétendant, aidé par une cagoule empêchant son identification, que la maladie l'a affaibli, mais qu'il règne toujours. Pendant ce temps, la seule progéniture du shogun, une fille illégitime qu'il a eue avec une femme qu'il a violée un soir (décidément charmantes, les moeurs de la Cour), est une adolescente qui ne peut prétendre accéder au trône, vu que c'est une femme, mais qui doit urgemment enfanter d'un descendant masculin qui puisse accéder au pouvoir. Dans l'intervalle, Kasuga no Tsubone officie comme régente, peuplant le ooku uniquement d'hommes susceptibles de féconder la royale adolescente. Et devinez quel rôle la vieille carne a l'intention de faire tenir au bel Arikoto ?

OokuTanjou-Titles

Au bout d'une heure, on le tient enfin, le sujet d'Ooku ~Tanjou ! On aura un peu souffert, mais on y est !
Car c'est bien d'une inversion des rôles qu'il s'agit, dans laquelle les hommes du ooku sont désormais à la merci d'une souveraine pas spécialement inquiétée de leur sort. Le portrait qui est fait de la jeune héritière est en effet loin de la jeune noble grâcieuse et effacée ; élevée comme un homme, elle n'a que mépris pour ceux qui peuplent son harem, et fait usage de violence sitôt que ses moindres caprices ne sont pas exaucés. C'est un pur produit du shogunat qu'Arikoto s'apprête à côtoyer, et il y a assez peu de chances pour qu'une idylle se noue entre eux ; à la place, Arikoto est réduit au rang de simple "graine", et doit s'apprêter à vivre de cette façon pendant bien des années, car dans l'éventualité où la jeune fille tombe enceinte, encore faut-il que ce soit d'un garçon, et même là, il faut attendre qu'il ait l'âge d'accéder au pouvoir.
Dans un monde dominé par des femmes, et en première ligne la terrifiante Kasuga no Tsubone, qu'adviendra-t-il du Japon ?

Eh bien curieusement, Ooku ~Tanjou n'a pas l'intention de réécrire l'Histoire. Et dans les dernières séquences de l'épisode, on assistera, pour la première fois depuis que le pilote a commencé, à une véritable remise dans le contexte historique. Les grandes décisions pour lesquelles l'empereur Iemitsu Tokugawa est entré dans l'Histoire sont en effet conservées... sauf que dans la version d'Ooku ~Tanjou, ces décisions n'ont pas été prises par lui, mais par Kasuga no Tsubone, afin de couvrir au maximum la mascarade qu'elle a mis en place au sein du palais du shogun. La vie au-delà des murs du palais est donc sensiblement la même que dans l'Histoire japonaise telle que nous la connaissons, ce n'est que le microcosme de la Cour, et en particulier du ooku, qui se trouve bouleversée.
Ooku ~Tanjou n'a aucune intention d'imaginer ce qui se passerait pour le pays si le shogun était une femme ; c'est au départ ce que je pensais et je trouvais l'idée intéressante. Non, la série a pour but de renverser les rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes au sein du palais royal, et de voir comment l'inversion des rapports de force et de violence fonctionne. L'idée est à vrai dire intéressante aussi, mais encore faut-il qu'elle soit correctement exploitée, car elle est moins évidente à appréhender.

Dans le fond, que cherche à dire Ooku ~Tanjou sur les passions de la cour du shogun ? Il faudra l'exprimer plus clairement que dans ce pilote un rien longuet, et dont les forces en présence auront du mal à répéter leurs joutes à chaque épisode. J'espère que la scénariste (Yumiko Kamiyama, déjà auteur de Utsukushii Rinjin) a une vue à long terme de tout cela, mais côté spectateur, c'est pour le moment très flou.
Les intrigues de cour seront-elles différentes si ce sont des hommes qui tirent les fils en coulisse ?
En tous cas pour le moment, c'est une femme qui continue de prendre officieusement les décisions, preuve que les changements n'ont pas vraiment eu lieu dans la dynamique du ooku... et du coup je me demande un peu quelle est l'utilité de cette inversion de rôles.
Après tout, Kasuga no Tsubone l'a bien sélectionné, son mâle reproducteur : il est bel homme (enfin, c'est ce qu'on nous dit, mais euh, bon je présume que les goûts et les couleurs...), il est intelligent, mais surtout il est quand même assez docile. Ce n'est pas pour rien qu'elle n'a pas été chercher un samurai, mais un moine bouddhiste inoffensif (bien qu'on nous dise qu'il sait manier l'arme, bon, admettons), qu'elle pourra relativement contrôler. C'est évidemment dans son intérêt de prendre ce genre de cobaye, mais côté spectateur, ça manque un peu de piquant ; à choisir j'aurais aimé voir comment un homme habitué à traiter les femmes dans l'esprit de son époque peut gérer le renversement des rôles (même si celui-ci se limite aux murs du palais).

Il n'empêche que pour quelqu'un qui a du mal avec les séries historiques, et je ne vous ai jamais caché que c'était mon cas, cet angle permet d'apporter un peu d'originalité dans un contexte autrement très codifié.
Une chose est sûre, en dépit de ses longueurs et de son exposition inteeerminable, Ooku ~Tanjou a le potentiel pour être une série originale, à défaut d'être forcément passionnante de bout en bout du point de vue de sa forme. Et au pire, sur un modèle similaire, on pourra toujours tenter en décembre ce qu'Onna Nobunaga accomplira avec un concept similaire, puisqu'une deuxième uchronie sur les questions de genre débarquera alors, sous la forme d'une mini-série.
...Il se passe un truc dont je suis pas au courant, en ce moment, au Japon ?

Posté par ladyteruki à 21:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-05-11

Mères au foyer désespérées

Il m'aura fallu un peu tâtonner, mais j'ai trouvé le premier dorama solide de la saison printannière.
Et pourtant le sujet était casse-gueule, car peu de séries japonaises peuvent se vanter de se frotter au monde de la petite enfance et/ou de la maternité sans mièvrerie. Pour nous sauver tous, voilà donc Namae wo Nakushita Megami, une série qui ne payait pas de mine et donc le pitch laissait présager du pire comme du meilleur. Souffrez donc que je coupe court au suspense : l'option retenue, c'est le meilleur.

Namae
Pourtant, tout commence plutôt mal, par une scène d'enlèvement. En fait, la scène est très bien filmée, mais elle est quand même un peu cliché : celle d'un enfant qui se perd dans la foule et qu'une femme profite pour enlever ; tout cela sans voir un seul visage, avec un côté suspense un peu irritant, car à la base, on n'attendait pas un thriller sur l'enlèvement d'enfant, mais bien un catfight entre mères au foyer qui se font la guerre par enfants interposés.
Si elle agace, cette scène surprenante va en fait donner le ton : la série ne joue pas dans un registre doucereux, mais va en permanence tenter de nous déstabiliser. Et la plupart du temps, elle y parviendra, en fait.

La phase suivante est dédiée à nous faire croire au conte de fées moderne de la femme épuisée par ses responsabilités de mère alors qu'elle mène une vie professionnelle intense, et qui va se ranger (à la demande subtile mais appuyée de son époux) pour s'installer dans un nouveau quartier et devenir une mère au foyer comme tant d'autres. La charmante Yuuko n'est visiblement pas sûre que cette vie soit pour elle, elle a même encore le souhait de travailler, mais elle se dit qu'une vie meilleure, parce que plus simple, l'attend dans leur nouvel appartement.
Et c'est là que la voix off entre en jeu. Elle est importante cette voix off parce qu'elle est l'un des deux héritages majeurs du pilote de Desperate Housewives, que la prod de Namae wo kNaushita Megami a de toute évidence étudié avec intérêt. Je ne suis pas en train de vous dire, toutefois, qu'on assiste ici à une ressucée. Je crois plutôt que, de la même façon que Borgen a étudié A la Maison Blanche, et que Koselig Med Peis a étudié Six Feet Under, pour affiner leur rendu respectif, Namae wo Nakushita Megami a pioché dans le pilote de Desperate Housewives quelques idées sous-exploitées et a décidé d'en faire bon usage.

A la façon d'Utsukushii Rinjin, c'est du statut social de la mère au foyer dont va finalement parler la série, sous couvert de rebondissements provoqués par les aspects thriller, là aussi.
Car l'héroïne, Yuuko, s'apprête à découvrir qu'autour de la classe de maternelle de son fils, il existe une sorte de société secrète constituée par l'élite des mamans de la classe, et qu'une fois qu'on approche ce club très fermé, on n'en sort pas indemne. Apprenant à ses dépens qu'on n'éduque pas un enfant pour le rendre heureux, mais pour s'attirer l'admiration et la reconnaissance sociale de ses pairs, Yuuko va vite déchanter sur le monde si paisible qu'elle pensait intégrer en quittant le monde professionnel.

Car elle a raison, Yuuko : quand on pousse trop son enfant, c'est plus souvent une question d'ego que d'autre chose. Et derrière les sourires de façade et les après-midi passés à un thé à la main, toutes ces mamans ne rêvent que d'une chose, exister aux yeux des autres mères. Quoi qu'il faille faire pour cela.
Les personnages que rencontre Yuuko ont ainsi chacune leur envie de paraitre, leur image soigneusement pensée et affinée, jusqu'à la caricature de soi-même, même s'il fallait en crever de chagrin une fois seule. Torture infligée au nom des applaudissements qu'on attend de la part d'une communauté de gonzesses dont on sait très bien que, une fois le dos tourné, elles se lâcheront sur votre compte comme vous l'avez fait sur le leur, mais qu'importe. Pourvu de recevoir des félicitations par devant, qui se soucie de ce qui se dit par derrière...

Adieu le monde convivial d'Utsukushii Rinjin, ici c'est le nid de serpent. Et Yuuko, qui n'est pas une oie blanche mais qui ne pense pas à mal, va certainement s'offrir encore de belles déconvenues d'ici le final. Elle n'est pas assez méfiante, ça se sent. Et les alliées qu'elle pense trouver au sein de ce groupe, on le devine, ont certainement des intentions cachées, elles les cachent simplement mieux que d'autres qui paraissent plus antipathiques à Yuuko.
Pourtant, les mères qui semblent les plus vicieuses à l'égard de Yuuko sont aussi celles qui ont, certainement, le plus de souffrances inexprimées. En reine des abeilles, Reina Motomiya est par exemple parfaite en apparence, avec cette façon qui semble toute japonaise d'humilier les gens en restant la plus polie du monde, et pourtant c'est aussi le personnage le plus touchant du groupe. Il y a là les bases pour une exploration glaciale de plusieurs questions, et on sent d'ailleurs dés le pilote que la série va s'y engouffrer sans tabou, comme en témoigne le message que laisse Reina sur internet, le seul endroit de la planète où elle peut être anonyme, donc où elle peut cesser de faire semblant.

Eh oui, ce que dit Namae wo Nakushita Megami, et c'est la première fois que c'est aussi criant dans un dorama que je vois, c'est aussi que le rêve doré de la maman qui prend soin de son enfant et qui est heureuse ainsi, il a vécu. L'illusion tombe en lambeaux pendant tout l'épisode, et plus particulièrement à la fin du pilote, où il se prend une bonne claque. C'est même violent pour le spectateur, parce que même si on se doutait qu'il se passait des choses pas très claires, on n'aurait pas imaginé que l'héritage de Desperate Housewives soit aussi celui-là.

Cependant, le dorama Namae wo Nakushita Megami n'est pas exempt de défauts, à ce stade. La réalisation, notamment, pose problème : on sent une volonté d'essayer de sortir des poncifs du genre, de trouver un rythme et une réalisation nerveuse mais permettant aux échanges de garder leur rythme lent, mais les effets semblent plus surchargés qu'autre chose, c'est notamment visible à la toute fin du pilote où il y a lâchage sur les plans tournés dans tous les sens et les effets de filtres. Ca partait d'une bonne intention, mais après tout s'il y a bien quelque chose à retenir de Namae wo Nakushita Megami, sur la forme comme sur le fond, c'est qu'il faut se méfier des bonnes intentions. Ponctuellement, la réalisation en fait donc trop et c'est très dommage, car la plupart du temps ça reste tout de même très correct.
Et puis, il y a encore et toujours le rôle du mâle. Si on me disait que Fuji TV ne s'attend pas à ce que la série soit regardée par un seul père, je ne serais pas plus choquée que ça. Là encore, comme dans Utsukushii Rinjin, les pères sont trop loin, trop déconnectés de ce qui se passe dans la vie de leur épouse. ils sont soit des dangers potentiels, soit des gens extérieurs aux préoccupations des mères et ne comprennent rien à rien. Même si d'une certaine façon je conçois que ce soit aussi une réalité, j'aimerais que se développe une relation moins caricaturale dans les prochains épisodes, et il ya suffisamment de couples pour qu'au moins un me donne satisfaction à un moment ou à un autre. Même celui de Yuuko est à ce stade trop caricatural.

Mais je l'ai dit, Namae wo Nakushita Megami, parce qu'elle a décidé de ne pas faire de quartiers, et parce qu'elle fait preuve d'une certaine ambition, montre qu'elle a du potentiel. Je serai donc devant ce printemps, et ne saurais que trop vous conseiller d'en faire autant si vous voulez voir de gentilles maman se planter quelques poignards dans le dos.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Namae wo Nakushita Megami de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Dorama Chick - Permalien [#]

02-04-11

Le bonheur des uns...

C'est vrai, c'est vrai : je ne consacre pas de posts à des saisons entières. Ou disons qu'aucun de mes posts ne s'intitule ou ne comporte de tag [Bilan de saison]. Tout simplement parce qu'en général, lorsque j'ai vu une saison, je ne ressens pas nécessairement le besoin d'en faire un bilan (même si ça s'est quand même déjà produit), une rétrospective, appelez cela comme vous voulez. De la même façon, on ne trouve pas sur ce blog de review épisode par épisode mais plutôt des posts, çà et là, consacrés à un épisode ou une suite d'épisodes qui m'ont marquée, fait réagir ou déclenché une forme de réflexion ou une autre. Mes visionnages s'inscrivent dans l'intégralité de ma consommation téléphagique, et pas en tant que série prise individuellement (ce qui explique également qu'il soit rare que je ne mentionne qu'une série dans un post, les tags sont assez parlants à cet égard).
Je conçois que ce soit un peu étrange, quand la plupart des autres blogs téléphagiques sont si structurés. Simplement ça me semble impossible : parce que je ne me sens pas assez rigoureuse, parce que je ne me sens pas assez régulière, parce que je n'aime pas donner de spoilers dans un post (j'essaye d'éviter mais quand on parle de toute une saison, comment faire ?), et parce que tout simplement je n'aime pas m'obliger à me concentrer sur une saison comme s'il s'agissait d'une entité à part entière.

Mais je vais essayer de vous proposer quand même, une fois de temps en temps, en tous cas plus souvent qu'avant, une vue d'ensemble résultant du visionnage d'une saison et/ou d'une série, quand l'humeur s'y prêtera ou que je le jugerai possible.

En l'occurrence, pendant cette saison hivernale, je vous ai peu voire pas parlé de dorama, rapport au fait que déjà la saison était assez peu appétissante dans l'ensemble, et aussi parce qu'elle a coïncidé avec une forte baisse de ma motivation, qui s'est traduite par plein d'autres conséquences pour mes visionnages, et donc ce blog.
Alors je me suis dit que j'allais me pousser un chouilla à vous parler quand même un peu d'Utsukushii Rinjin, un petit thriller de Fuji TV que j'ai achevé cette nuit, et au générique duquel on pouvait retrouver Yukie Nakama, plus belle que jamais et bien plus à son avantage que dans Untouchable. Série dont d'ailleurs j'ai fait un post de bilan de saison. Voyez, ça m'arrive !

UtsukushiiRinjin
La genèse de cet angoissant face à face commence un après-midi d'été, en banlieue éloignée de Tokyo, alors qu'un petit garçon échappe à la surveillance de sa mère, laquelle se lance à sa recherche, sans succès. Lorsque son mari rentre à la maison, tous les deux sont appelés au poste de police afin d'identifier le corps d'un petit garçon retrouvé noyé dans une mare. Fort heureusement, ce n'est pas le leur : Shun est vite retrouvé, perché dans un arbre dont il n'avait pu redescendre. Un an plus tard, pourtant, cet incident donne toujours des angoisses et des cauchemars à sa mère, Eriko, qui l'a d'ailleurs inscrit à un cours de natation. Dans le doute, voyez.

Nous sommes donc un autre soir d'été et la voisine d'Eriko, Kana, s'apprête à déménager pour Oosaka avec son mari. C'est la fin d'une ère pour Eriko, Kana, et leur amie Mayumi, trois trentenaires inséparables qui vont devoir s'ajuster à cette situation nouvelle. Car si Mayumi et Eriko emmènent toujours leurs enfants respectifs à la garderie et à la piscine, désormais les choses ont vraisemblablement changé. Dans l'ancienne maison de Kana, c'est vite le défilé de nouveaux occupants potentiels, avant que la très belle et très douce Saki finisse par y poser ses valises ; une nouvelle tête qui tombe à point nommé pour Eriko, qui rapidement se lie d'amitié avec elle.
Saki emménage seule, mais explique être l'épouse d'un Américain travaillant au loin. Elle n'a pas d'enfant, mais elle les adore, c'est évident, et très vite elle se rapproche de Shun, offrant prestement d'aider Eriko, elle aussi seule à la maison puisque son mari Shinji travaille à Oosaka, et ne revient que, de temps à autres, le weekend. Isolées dans leurs deux maisons voisines mais un peu éloignées du reste de la ville, les deux femmes se lient et échangent, outre des coups de main, des confidences.

Bon, à partir de là, pour les spoilers, je ne peux plus rien promettre.

C'est sur cette base que s'épaissit le mystère Saki, qui dés sa première apparition, donne tout de suite le ton. Elle est à la fois terrifiante (mais bien-sûr on ne saisit pas totalement pourquoi) et absolument délicieuse. C'est la voisine idéale. Elle est charmante, toujours serviable, et une compagne parfaite pour une maman solitaire. Mais elle file quand même grave les jetons.
Naturellement ce n'est pas si simple. L'intérêt de Saki pour Shun est trop pressant, trop tactile, trop malsain. Et très vite le spectateur (ainsi qu'un observateur proche de tout ce petit monde, mais en retrait) en vient à se demander si Saki n'est pas la mère de l'autre petit garçon, celui qui est vraiment mort noyé. Et alors qu'on pensait avoir affaire à une femme dérangée et donc dérangeante qui souhaite "simplement" faire main basse sur le petit garçon qui a survécu, il s'avère rapidement que son objectif est plus sournois encore, alors qu'elle se rapproche à la fois d'Eriko à Tokyo, et de Shinji à Oosaka.

Parlons d'abord chiffons : au niveau de la réalisation, Utsukuhii Rinjin est dans la moyenne supérieure de la plupart des séries grand public. On est loin d'être dans une recherche esthétique poussée, mais force est de constater que la réalisation y est maîtrisée, et qu'elle s'agrémente de quelques bonnes idées franchement fascinantes. Il y a une scène pendant laquelle Saki décrit à Eriko la vision irréelle de lucioles sur un lac du Myanmar, qui s'avère absolument enchanteresse de simplicité et de grâce. D'autres petites trouvailles (comme une façon sérieusement épatante d'amener un flashback) ponctuent avec une subtilité bienvenue les épisodes pour leur donner ce fameux "petit supplément d'âme" qu'on attend tous d'une production propre. En bref c'est élégant, mais pas plus, rien de bluffant, juste de quoi améliorer l'ordinaire de vos yeux.
Ajoutez à cela une excellente bande-son (à l'exception de la chanson de fin d'épisode, assez efficace dans un autre contexte mais ici un peu trop teintée hip hop, qui donne l'impression que Fuji TV a acquis les droits juste parce qu'avoir les Tohoshinki pour signer un générique de fin, c'est vendeur), avec un thème assez classique pour un thriller, mais efficace, et une petite chanson lyrique pleine de légèreté mais devenant vite intrigante de par sa récurrence, et vous obtenez un résultat bien plus que décent.

Et maintenant, passons au coeur du sujet.
D'abord, si Utsukushii Rinjin fait un si bon travail, c'est parce qu'on construit un cadre sécurisant dans lequel la banlieue où vivent Eriko et ses amis est un petit coin verdoyant, presque un village, dans lequel tout le monde se connaît et où les mamans forment une communauté soudée qui se retrouve à la sortie de la garderie, à la piscine, au supermarché, au café... Bref, de vraies femmes au foyer pas du tout désespérées, qui forment une véritable communauté, fiable, solide, rassurante, chaleureuse. Les rapports cordiaux, et/ou de bon voisinage, permettent à chacune de ne pas avoir à vivre sur ses gardes : quand Eriko ne peut pas emmener son enfant à la piscine, Mayumi s'en charge, et quand Mayumi est indisponible, on peut toujours demander à... Saki. On s'invite à prendre un thé, un café, ou, s'il est un peu tard, on s'encanaille avec un verre de vin, pour tromper la solitude ou tout simplement vivre en bonne intelligence, mais en préservant en permanence les apparences, sans rien montrer de ses doutes ou ses craintes aux visages qu'on côtoie pourtant depuis des années. C'est en cela que l'arrivée de Saki s'inscrit à la fois dans une véritable mission d'infiltration, et à la fois dans une démarche totalement différente, car très vite elle pousse Eriko à se confier à elle, à lui confier son enfant, bref à brûler les étapes de la confiance.
Mais en tous cas, on sent que tout ce petit monde est parfaitement fréquentable, gentil, serviable, mon Dieu des voisins comme ça on en rêve, pas vrai ? Des gens bien.
D'ailleurs, si la série comporte essentiellement des tête-à-tête et des face-à-face, elle s'avère incroyablement efficace, et donne l'apparence de la spontanéité, dans les scènes de groupe. Dés qu'il y a quatre ou cinq personnages minimum, on a l'impression d'assister à des vraies rencontres de voisins, d'amis ou de famille, comme le dernier dîner de Kana et son mari à Tokyo avant de déménager, ou la petite fête familiale lorsque la mère de Shinji sort de l'hôpital. C'est toujours très vivant, et j'ai vraiment eu le sentiment que ça participait beaucoup à la construction de l'ambiance de la série, et à l'abaissement des défenses d'Eriko. Les échanges entre deux personnages seulement donnent vite une impression plus claustro, plus lourde, et plus rigide.
En cela, les expressions parfois figées de Rei Dan ou Yukie Nakama jouent parfaitement leur rôle, et le côté obséquieux du jeu de Nakama est parfaitement à sa place. Je l'avais déjà observé dans Untouchable, où sous des dehors extrêmement polie, elle s'attachait à extirper la vérité de ses interlocuteurs, mais cela avait souvent quelque chose de caricatural. Ici, quand les acteurs se détendent (à mesure que la série progresse en fait), ça se sent, mais on sent aussi que c'est pour appuyer sur quelque chose, servir mieux l'histoire. Ça m'est en tous cas apparu comme totalement voulu là où ça pouvait sembler forcé dans d'autres séries, ou disons, dans le cas de Nakama, du moins, puisque je connais un peu mieux ses méfaits. Comme Aya Ueto dans Nagareboshi, Yukie Nakama m'a semblé en grand progrès.

Utsukushii Rinjin met aussi à plat les rapports à l'intérieur d'un couple. Je vous dirais bien qu'on entre dans leur intimité, mais il n'en ont pas, si tant est qu'ils en aient eu une. Car bien qu'Eriko et Shinji vivent à des kilomètres l'un de l'autre, leur relation est finalement celle d'un couple normal : les années ont passé, désormais l'un se consacre à son travail, et l'autre à son foyer. Leurs contacts sont ceux, distants, de deux personnes qui sont devenues de "familiers étrangers", comme de nombreux couples avant eux. Et si Eriko sent sur ses épaules le poids des charges du quotidien peser un peu plus de par l'absence physique de son mari à la maison, en tous cas l'absence émotionnelle est-elle acquise et tenue pour normale par l'un comme par l'autre, dans une sorte de vie commune silencieuse où personne ne parle d'autre chose que des petites questions quotidiennes, et certainement pas de ce qui le travaille intérieurement. Ce statu quo, constat blasé d'une vie de couple comme tant d'autres, ne survivra pas à l'arrivée de Saki. Au milieu de tout ça, les problèmes soulevés progressivement par la présence de Saki dans leur vie vont poser une grosse question : le mutisme de leur couple est-il la cause ou la conséquence de leur éloignement ? Finalement, chacun a sa petite vie, ses habitudes, et c'est pas plus mal comme ça. Et surtout, ce que Saki provoque, on a un peu l'impression qu'une autre aurait pu le provoquer, simplement Saki y met bien plus d'habileté que la petite secrétaire qui travaille avec Shinji et le convoite, mais pas assez subtilement pour le charmer.
L'air de rien, c'était la première fois que je voyais un dorama passer autant de temps à détailler le quotidien d'une mère au foyer japonaise. On sent bien que l'existence d'Eriko ne serait pas tellement différente avec son mari à la maison ; mais aussi qu'elle est, en quelque sorte, dans des fonctions de représentation. Elle doit donner une bonne image du foyer, de son mari, de sa vie de femme, de sa vie de mère, de sa vie de belle-fille, et finalement on touche avec Utsukushii Rinjin au coeur de ce qui constitue le culte des apparences, dont on sent bien que, s'il est très fort au Japon, il n'est pas exclusif à ce pays. Des apparences dont, une fois de plus, Saki va se servir à la fois pour s'intégrer dans la vie de ses "proies", et pour sortir du lot, devenant la voisine sympa, la confidente attentive, la maman parfaite, la belle-fille idéale, la maîtresse rêvée, alors qu'elle n'est de toute évidence rien de tout cela, mais qu'elle connait parfaitement les codes.

Le problème c'est que la série s'ingénie justement un peu trop à jouer de ces codes, et là c'est sûr, ya du spoiler dans ce paragraphe.
La plupart des épisodes reposent sur le principe qu'on va voir comment Saki se fond encore mieux dans le décor pour mieux faire le mal, mais en définitive, le spectateur est mis dans la position d'attente. On a bien compris que Saki était un scorpion dangereux, mais on attend qu'elle frappe et le coup d'aiguillon ne vient pas. Ses motivations s'éclairent progressivement, mais pas tellement l'objet de sa vengeance : en veut-elle à l'intégrité physique du petit Shun ? Ou plutôt au couple d'Eriko et Shinji ? Ou simplement au petit bonheur simple d'Eriko ? Variant sa cible mais ne frappant jamais vraiment, Saki est un personnage qui dépense tout son capital "terreur" en regards par en-dessous et en manipulations sournoises, mais qui semble au bout d'un moment assez inoffensif. Alors quoi, elle va embarquer Shinji dans une relation extra-conjugale ? La belle affaire, il faudra attendre l'épisode 7 pour qu'enfin le pot aux roses soit découvert par Eriko ! Sur 10 épisodes ça fait beaucoup. Et dans ce cas pourquoi avoir passé tant de temps à cajoler le petit et le mener sur des sentiers borderline ? Il est évident que Saki voudrait être Eriko, ou plutôt avoir sa vie (devenir l'une permettant à ses yeux d'obtenir l'autre), mais on a l'impression que pour entretenir un suspense de façon artificielle, la série veut nous raconter la même histoire dans chaque épisode, au lieu de la faire évoluer de façon sensible et régulière. A cet égard, Utsukushii Rinjin aurait gagné à être raccourcie d'au moins, disons, trois épisodes, pour condenser un peu l'action ; l'ambiance d'un thriller est importante, mais le thriller ne peut non plus se résumer à son ambiance.

Après, cela n'empêche pas Utsukushii Rinjin de faire un excellent travail dans ce qu'elle dit de son personnage central qu'elle détaille avec une grande précision (Saki, et non Eriko, car comme chacun sait, dans un thriller, le plus délectable, ce n'est pas de voir le danger, mais de le lire sur le visage de la victime) et dont elle décrit bien les problèmes psychologiques. Le thème de la mort d'un enfant, du deuil par sa mère, est très bien transcrit, et l'enfilade de scènes au cours desquelles on revient dans le passé pour montrer comment Saki a vécu la mort de son petit est impeccable de désespoir. Qui ne deviendrait pas un peu fou après une pareille expérience ?
Et puis, à la toute fin de l'ultime épisode, on est bien obligé de reconnaître que le thème de la série est aussi plus dense que cette simple histoire de perte d'enfant, de vie qu'on voudrait voler, de revanche sur le deuil. C'est amusant parce que d'un côté ça semble assez soudain (le dernier épisode était gonflé à bloc de rebondissements, dont quelques uns plutôt inattendus), et de l'autre, je suis bien obligée d'admettre que j'aurais dû m'écouter quand, dans le pilote, je me suis dit "mais ça va pas la tête de dire ça ?!". Voilà, en gros, le suspense s'était construit sur quelque chose d'effectivement trivial, mais parfaitement puissant. Et absolument, profondément, définitivement... TERRIBLE. Joli coup.

En fin de compte, l'histoire d'Utsukushii Rinjin est bonne, très bonne même, elle met juste trop de temps à se dérouler. Le thème est bon, la réalisation est bonne, le cast est bon, seulement voilà, ça dure juste un peu trop longtemps pour être parfait de bout en bout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Utsukushii Rinjin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:12 - Dorama Chick - Permalien [#]

02-01-11

¡Arriba! ¡Arriba!

L'année commence, la saison nippone aussi (depuis quelques heures), il était donc grand temps que j'en finisse avec ma flemmingite des fêtes de fin d'année et que je me préoccupe un peu de vous parler de ce qui nous attend pour la nouvelle saison nippone. Naturellement, un bilan circonstancié apparaitra prochainement sur SeriesLive afin de jeter un regard d'ensemble à la saison automnale qui vient de s'écouler.
Mais comment résister à l'envie de parler de ce qui nous attend ? On est une pilotovore, ou on ne l'est pas, que voulez-vous...

Quotidienne


- Sakura Shinjuu (Fuji TV)
L'histoire : La romance contrariée d'un japonais et d'une coréenne sur fond de distillerie dans le fin fond du Japon.
L'avis : On retrouvera une actrice coréenne dans ce soap romantique assez peu alléchant de mon point de vue...
>  Du lundi au vendredi à 13h30 à partir du 5 janvier

Lundi


- Taisetsuna Koto wa Subete Kimi ga Oshiete Kureta (Fuji TV)
L'histoire : Deux professeurs qui sont sur le point de se marier voient leur histoire bouleversée lorsque l'un d'entre eux a une aventure... avec une élève.
L'avis : Je note que Fuji TV tente de changer un peu le principe de base de ses romances du lundi soir pour nous offrir ce qui a tout l'air d'être une radiographie d'un couple qui se détruit. Ou d'un triangle amoureux, si on est pessimiste.
>  Le lundi à 21h à partir du 17 janvier

Mardi


- CONTROL (Fuji TV)
L'histoire : Une enquêtrice à la vie personnelle chaotique fait équipe avec un professeur en psychologie pour résoudre des crimes particulièrement violents.
L'avis : J'ai arrêté d'écouter à partir du mot "enquêtrice".
>  Le mardi à 21h à partir du 11 janvier

- Quartet (TBS)
L'histoire : Une unité spéciale est lancée, avec des jeunes au lourd passé travaillant pour la police en s'infiltrant dans divers milieux peu recommandables...
L'avis : Oui, moi aussi j'ai vu 21 Jump Street. En tous cas j'adore le look de Saki Fukuda pour la promo, pour ce que ça vaut.
>  Le mardi à 01h à partir du 18 janvier

- FAKE (NHK)
L'histoire : Une quarantenaire célibataire à la vie personnelle en jachère a le don de distinguer le mensonge de la vérité...
L'avis : J'avoue n'avoir pas trop compris dans quelle mesure ce don va être employé : enquêtes ou pas ? Le personnage principal bossant dans une fac, ça semble assez flou. Mais c'est ce qui conditionnera mon intérêt pour la série.
>  Le mardi à 22h à partir du 4 janvier

- Shijuukunichi no Recipe (NHK)
L'histoire : Après avoir divorcé de son mari, une femme retourne vivre chez son père, qui vient de perdre son épouse. La maison devient progressivement le point de chute de plusieurs personnes au parcours très différent.
L'avis : J'avoue que côté drame, ça peut valoir le coup de tomber sur cette espèce d'auberge espagnole. J'aimerais bien voir ce que ça va donner...
>  Le mardi à 22h à partir du 15 février

- Utsukushii Rinjin (Fuji TV)
L'histoire : Le face à face de deux femmes, l'une célibataire et mystérieuse, l'autre mariée et heureuse... l'une étant sur le point de gâcher la vie de l'autre.
L'avis : Ah, des séries pour rappeler aux spectatrices nippones que le célibat c'est le mal, il en faut une par saison, c'est contractuel.
>  Le mardi à 22h à partir du 11 janvier

Mercredi


 - Misaki Number One! (NTV)
L'histoire : Une hôtesse de club nocturne très populaire prend en charge un poste d'enseignante suite à une promesse faite à un ancien professeur.
L'avis : Mais faut arrêter avec ces personnages aux professions improbables qui deviennent profs, on-s'en-bran-leuh ! C'est quoi cette obsession typiquement nippone ?
>  Le mercredi à 22h à partir du 12 janvier

Jeudi


- Gaikoukan Kuroda Kousaku (Fuji TV)
L'histoire : Officiant dans plusieurs pays du monde, un diplomate, aidé de sa coéquipière, doit veiller au bien des Japonais vivant à l'étranger.
L'avis : Ah tiens, c'est un peu plus original que la moyenne, tout ça. J'espère qu'il ne sera pas trop question de terrorisme (contrairement à ce que certains résumés laissent penser) et qu'on aura une série un peu plus intelligente que la moyenne. Faut en profiter, pour une fois qu'un pitch permet à une série de ce genre d'aller plus loin que d'ordinaire... ce serait dommage.
>  Le jeudi à 22h à partir du 13 janvier

- Honboshi (TV Asahi)
L'histoire : Ancien psychologue, un détective semble capable de distinguer quand une personne ment, et quand elle dit la vérité, rien qu'en l'observant.
L'avis : Si FAKE ne s'en charge pas, c'est donc Honboshi qui tentera de repomper les idées de Lie to Me. Comme c'est excitant.
>  Le jeudi à 20h à partir du 20 janvier

- Jidankoushounin Gouta Keshi (NTV)
L'histoire : Un diplomate s'est recyclé comme négociateur et utilise ses compétences acquises dans sa carrière précédente pour, avec l'aide de son assistante, libérer les personnes prises en otage.
L'avis : Euh... QUOI ?! Deux diplomates la même saison, le même soir, sur deux chaînes concurrentes ? Heureusement que celle-ci a l'air plus tournée vers l'action, sinon ça serait franchement gros.
>  Le jeudi à 23h58 à partir du 6 janvier

- Kokuhatsu (TV Asahi)
L'histoire : Un avocat qui ne travaille que comme commis d'office se bat pour établir la vérité, sans se soucier d'être payé. Pourtant, c'est ce même tempérament qui a causé la mort de son épouse, le mettant en froid avec sa fille.
L'avis : Autant j'aime particulièrement la perspective de s'envoyer un legal drama japonais derrière la cravate cette saison, autant le background du personnage ne me rend pas la série très sympathique. Mais bon, yaura Miki Maya...
>  Le jeudi à 21h à partir du 13 janvier

Vendredi


- Akuto (TV Asahi)
L'histoire : Une équipe de flics que rien n'arrête, et surtout pas la morale, voit arriver un nouveau chef de service particulièrement droit dans ses bottes.
L'avis : Oui, moi aussi j'ai vu The Shield.
>  Le vendredi à 21h à partir du 21 janvier

- Bartender (TV Asahi)
L'histoire : Un barman de génie, qui a remporté le plus éminent concours en la matière en Europe, tente de faire carrière au Japon.
L'avis : Wow. Ca c'est du pitch. Ça me fait tout chaud à l'intérieur, un truc aussi bateau qu'on essaye quand même de nous vendre. Sérieux, faut des couilles pour baser une série sur... rien.
>  Le vendredi à 23h15 à partir du 4 février

- Heaven's Flower (TBS)
L'histoire : En 2060, dans un monde dévasté où plus rien ne pousse, une froide tueuse à gages fait la rencontre d'un policier.
L'avis : Série d'anticipation + romance + casting improbable = must see de la saison. Au moins le pilote. C'est vraiment trop bizarre pour être ignoré.
>  Le vendredi à 00h20 à partir du 14 janvier

- LADY (TBS)
L'histoire : Après avoir été formée par le FBI, une profiler prend ses fonctions dans la police japonaise.
L'avis : Une série avec un titre comme ça, je me sens obligée de regarder, même si j'ai un mauvais pressentiment.
>  Le vendredi à 22h à partir du 7 janvier

- URAKARA (TV Tokyo)
L'histoire : Des chasseuses de prime sexy ont pour modus operandi, au lieu d'abattre leurs cibles, de les faire tomber amoureux.
L'avis : Le groupe féminin de pop coréenne KARA se colle à la série douteuse de TV Tokyo cette saison. Bah c'est du joli.
>  Le vendredi à 00h15 à partir du 14 janvier

Samedi


- Deka Wanko (NTV)
L'histoire : Une jeune recrue de la police à l'odorat particulièrement développé surnommée Wanko ("clébard") résout des enquêtes.
L'avis : Vous pensiez que c'était miteux ? Attendez d'apprendre que le personnage considère un chien policier comme son adversaire le plus féroce. Mon Dieu, même moi je peux pas défendre ça.
>  Le samedi à 21h à partir du 15 janvier

- Shakking 2 (WOWOW)
L'histoire : Après avoir emprunté une somme folle, un homme, aidé de son entourage, commence à monter des plans invraisemblables pour extorquer de l'argent à des gens malhonnêtes, et rembourser ce prêt avec leur argent sale.
L'avis : C'est grave si j'ai pas vu le premier ? Je vais ptet essayer de me pencher dessus, j'aime bien ce que je lis.?
>  Le samedi à 12h à partir du 8 janvier

- TARO no Tou (NHK)
L'histoire : Un biopic dédié à un artiste contemporain, né dans une famille d'artistes.
L'avis : A ma connaissance, les biopics sont rares au Japon, j'espère donc pouvoir suivre celui-là.
>  Le samedi à 21h à partir du 26 février

Dimanche


- Dr. Irabu Ichirou (TV Asahi)
L'histoire : Médecin à la carrière en déroute, méprisé par tous, le Dr. Irabu Ichirou est un personnage immature et bizarre, avec une étrange obsession pour les piqûres.
L'avis : Des... piqûres ?! Ah non alors ! Aucune chance que je regarde une série d'horreur !
>  Le dimanche à 23h à partir du 30 janvier

- Gou (NHK)
L'histoire : Le destin hors du commun d'Oeyo, également connue sous le nom de Gou, une jeune femme amenée à épouser le second shogun de l'ère Tokugawa.
L'avis : Pas facile de passer derrière Ryoumaden, mais c'est le 50e taiga de NHK, ça se fête !
>  Le dimanche à 21h à partir du 9 janvier

- Fuyu no Sakura (TBS)
L'histoire : Un homme dans la trentaine, solitaire, qui s'occupe de sa mère dans un bled paumé, fait la rencontre d'une femme mariée quarantenaire venue se ressourcer en cherchant des cerisiers qui fleurissent en plein hiver.
L'avis : Plus sirupeux que ça, ça va être difficile, j'ai chopé une carie rien qu'en lisant le résumé.
>  Le dimanche à 21h à partir du 16 janvier

- School! (Fuji TV)
L'histoire : Après avoir passé 20 dans le bâtiment, un homme accepte de devenir enseignant dans l'établissement où il a étudié.
L'avis : J'en ai marre des gens qui s'improvisent prof !!! *pleure* *se roule par terre en hurlant* *tape des pieds*
>  Le dimanche à 21h à partir du 16 janvier

- The Music Show (Fuji TV)
L'histoire : Un drama reproduisant l'ambiance en temps réel (et de façon apparemment "interactive") d'un télé-crochet musical.
L'avis : Par le créateur de The Quiz Show. J'ai hâte, putain, vous avez pas idée. Le pilote a été diffusé il y a quelques heures, j'essaye quand même d'attendre les sous-titres avant de me ruer dessus...
>  Là, maintenant, aujourd'hui, ça a commencé à 23h30 !

HeavensFlower

Outre The Music Show, qui, entre autres de par la parenté assumée avec The Quiz Show, me semble original et alléchant, il y a quelques dorama qui attirent mon attention, dont Heaven's Flower (en espérant que ce soit mieux que Clone Baby qui occupait la case précédemment), Shakking 2, TARO no Tou, Akuto mais seulement si c'est vraiment hardcore, et Shijuukunichi no Recipe. Le reste... on verra bien. On a souvent des surprises après tout, et il faudra notamment voir ce que donnent nos deux diplomates.

Bon, et puis, les vacances que je m'étais auto-octroyées sur SeriesLive touchant à leur fin, je vous invite à aller jeter un œil régulièrement dans la rubrique Séries du Monde où on parlera de toutes ces séries-là et bien d'autres...

Posté par ladyteruki à 17:04 - Dorama Chick - Permalien [#]


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