ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-07-13

Terebi matsuri

Le mois de juillet est arrivé, c'est donc le moment de faire notre point trimestriel sur les séries nippones de la saison. Les festivités estivales ont commencé depuis quelques jours, l'occasion de faire le point sur tout ce que vous pouvez découvrir dés maintenant... Enfin, moyennant sous-titres naturellement.
Mais de toute façon, rassurez-vous : la plupart des dorama de l'été ne démarrent qu'à partir de lundi, ce qui signifie que nous sommes parfaitement dans les temps pour ce petit aperçu de ce que la télévision japonaise nous réserve pour les trois mois à venir.

En quotidienne  
   

AsunoHikariwoTsukame-saison3-300

- Asu no Hikari wo Tsukame / 明日の光をつかめ (Fuji TV) - saison 3
L'histoire : pour le troisième été (certes non-consécutif), retour dans le centre/la ferme qui accueille des jeunes ayant des problèmes à régler.
L'avis : ça devient une jolie petite tradition, cette série. Je commence à avoir des remords de n'avoir jamais essayé d'y jeter un oeil.
> Depuis le 1er juillet à 13h30
   
Lundi  
   

NamonakiDoku-300

- Namonaki Doku / 名もなき毒 (TBS)
L'histoire : un homme qui travaille dans l'agence de relations publiques de son beau-père, doit gérer un dossier délicat quand le chauffeur de le paternel décède dans d'étranges circonstances.
L'avis : si vous êtes comme moi, votre intérêt est passé de "wow" en début de phrase, à "déception pénible" en fin de descriptif. On the plus side, Miki Maya est au générique.
> A partir du 8 juillet à 20h
   

SUMMERNUDE-300

- SUMMER NUDE / サマーヌード (Fuji TV)
L'histoire : 3 ans après avoir été plaqué par celle qu'il croyait être l'amour de sa vie, une photographe à succès a tout plaqué et vit dans une petite ville côtière où il bosse sur des mariages. C'est là qu'il assiste à la façon dont une jeune mariée est plaquée devant l'hôtel.
L'avis : ah, chouette, une romance entre deux personnes que rien n'était supposé lier, ça c'est original. Avec un triangle amoureux en sus, vous l'aurez compris au vu de cette affiche.
> A partir du 8 juillet à 21h
   

TenmasangaYuku-300

- Tenma-san ga Yuku / 天魔さんがゆく (TBS)
L'histoire : un froussard patenté a le don de voir les esprits, ce qui ne l'arrange guère. Les choses empirent quand il hérite de l'agence spécialisée dans l'extermination de fantômes, mais il développe sa propre technique pour gérer ses affaires...
L'avis : who you gonna call ? En ce qui me concerne, je ne décrocherai pas le téléphone.
> A partir du 15 juillet à 00h28
   
Mardi  
   

KyuumeiByoutou24Ji-300

- Kyuumei Byoutou 24 Ji / 救命病棟24時 (Fuji TV) - saison 5
L'histoire : suite de la série médicale certainement la plus proche de mériter le titre de "Urgences japonaise". Cette saison, c'est aux problématiques liées au don d'organes (et notamment une nouvelle loi, passée en 2010, après la saison 4 diffusée en 2009) que la série s'attaque.
L'avis : un jour je trouverai des sous-titres pour le pilote de cette série. Un jour. En attendant, je continue d'entretenir une relation d'amour-haine avec sa page Wikipedia.
> A partir du 9 juillet à 21h
   
   

Starman-300

- STARMAN / スターマン (Fuji TV)
L'histoire : abandonnée par son mari car jugée trop instable, une mère de trois enfants les élève seule, jusqu'au jour où elle tombe sur un inconnu souffrant d'amnésie, dont elle tombe éperdument amoureuse. Elle lui annonce alors qu'il est son mari et qu'il doit élever leurs enfants avec elle.
L'avis : normal, vous feriez pareil. J'aime bien la douce dinguerie de cette histoire sur le papier, même si je crains que ça ne finisse en romance bête et simple. Faut voir.
> A partir du 9 juillet à 22h
   

Gekiryuu-300

Gekiryuu / 激流 (NHK)
L'histoire : 20 ans après la disparition d'une de leurs camarades pendant une expédition scolaire, 5 amis d'enfance se retrouvent suite à un mystérieux email qu'elle leur a envoyé...
L'avis : eh, si une série japonaise me propose une version adulte et bouclée en un trimestre de Pretty Little Liars, que les choses soient claires, je ne vais pas bouder mon plaisir.
> Depuis le 25 juin à 22h
   

Mercredi

 
   

KeishichouSousaIkka9Gakkari-300

Keishichou Sousa Ikka 9 Gakkari / 警視庁捜査一課9係 (TV Asahi) - saison 8
L'histoire : série policière - blablabla - nouvelle saison - trucmuche.
L'avis : n'insistez pas, vous savez tout ce qu'il y a à savoir.
> A partir du 10 juillet à 21h
   

Shomuni2013-300

- SHOMUNI 2013 / ショムニ 2013 (Fuji TV) - saison 4
L'histoire : Shomuni est le nom du service-dépotoir où les assistantes qui ont été jugées inefficaces par l'entreprise Manpo finissent par échouer. Alors que les entrerprises sont en pleine mutation à cause de la crise, l'une des assistantes emblématiques du Shomuni revient...
L'avis : cela faisait 11 ans que les spectateurs nippons n'avaient pas vu Shomuni. Il s'agit ici à moitié d'un reboot, mais à moitié seulement, car il reprend la même héroïne. Je me demande s'il faut absolument avoir vu le début ?
> A partir du 10 juillet à 22h
   

Woman-300

- Woman / Woman (NTV)
L'histoire : après la mort de son époux, une femme élève seule, bien que difficilement, ses deux enfants. C'est le moment que choisit la grand-mère pour réapparaitre dans leur vie, 10 ans après avoir fui avec son amant.
L'avis : il se passe quoi avec les parents célibataires, cette saison ?
> Depuis le 3 juillet à 22h
   

KodokunoGourmet

- Kodoku no Gourmet / 孤独のグルメ (TV Tokyo) - saison 3
L'histoire : retour du VRP le plus jalousé de la télévision nippone. Qui aurait cru que la profession aurait fait tant rêver ?
L'avis : faaaaaaim.
> A partir du 10 juillet à 23h58
   
Jeudi  
   

KyotoChikennoOnna-300

- Kyoto Chiken no Onna / 京都地検の女 (TV Asahi) - saison 9
L'histoire : après avoir passé des années à travailler sur des affaires avec son bon sens de mère de famille, un procureur voit l'oisillon quitter le nid, remettant en question la façon dont elle va gérer ses dossiers...
L'avis : une intéressante idée pour donner un nouveau souffle à la série, mais comme je ne la suis pas (et à mon avis vous non plus), je ne sais pas si ça compte pour grand'chose.
> A partir du 18 juillet à 20h
   

DOCTORS-saison2-300

- DOCTORS / DOCTORS (TV Asahi) - saison 2
L'histoire : deux ans après avoir révolutionné les mentalités à l'hôpital Dogami, le chirurgien Sagara doit gérer de nouveaux défis alors que la direction de l'établissement est sur le point de changer de main.
L'avis : il semblerait que les chaînes fassent la part belle aux hôpitaux cette saison, ce qui nous change du poulet. Je les en remercie donc.
> A partir du 11 juillet à 21h
   

Pintokona-300

- Pintokona / ぴんとこな (TBS)
L'histoire : deux adolescents évoluant dans le monde du kabuki rivalisent sur scène pour les beaux yeux d'une jeune fille éprise pour ce genre théâtral.
L'avis : je suis toujours admirative des multiples façons dont les arts traditionnels parviennent à ne pas être "un truc ringard de vieux" dans de nombreux pays, dont le Japon. Après, je ne mise pas ma chemise sur les scénarios de cette dramédie, mais qu'importe dans le fond.
> A partir du 18 juillet à 21h
   

OhMyDad-300

- Oh, My Dad!! / オー・マイダッド!! (Fuji TV)
L'histoire : à 42 ans, Kenichi se dédie à la recherche, négligeant tout le reste en espérant retrouver la gloire internationale qu'il a connue à l'université. Résultat : sa femme l'a quitté, le laissant élever seul leur fils de 5 ans. Sauf qu'il se débrouille si bien qu'ils deviennent SDF.
L'avis : j'aimerais qu'on fasse plutôt des séries sur ces parents qui se barrent parce que leur conjoint est instable... ET QUI LAISSENT LES GOSSES. Cela dit, ça fait effectivement un beau sujet de série (en dépit de quelques traces de romance bateau pour sauver le tout par la force de l'amuuur).
> A partir du 11 juillet à 22h
   

MachiIshaJumbo-300

- Machi Isha Jumbo!! /町医者ジャンボ!! (NTV)
L'histoire : le médecin d'une petite bourgade décède subitement, laissant sa fille, infirmière fraîchement diplômée, lui chercher un remplaçant. C'est alors que débarque un enfant du pays, parti depuis 10 ans, qui prétend que la clinique lui appartient. Mais quelles sont ses véritables raisons pour revenir maintenant ?
L'avis : c'est pas l'originalité qui nous écrase.
> Depuis le 4 juillet à 23h58
   

AkuryouByoutou-300

- Akuryou Byoutou /悪霊病棟 (NTV)
L'histoire : une jeune femme qui a toujours été sensible au paranormal commence à travailler dans un hôpital où des phénomènes étranges se déroulent. Pire : elle est accusée d'en être la cause.
L'avis : difficile de ne pas penser (avec un frisson de terreur) à COMA. C'est une bonne chose... sauf si comme moi vous êtes froussard.
> Depuis le 4 juillet à 00h58
   
Vendredi  
   

YoidoreKotoji-300

Yoidore Kotoji / 酔いどれ小籐次 (NHK BS Premium)
L'histoire : un guerrier vieillissant est attaqué par un assassin qui avait emmené avec lui un jeune enfant pour tromper sa vigilance. Après avoir tué l'assassin, le guerrier se retrouve avec l'enfant, qu'il décide d'éduquer.
L'avis : une jolie variation historique sur le thème décidément très à la mode cette saison du parent célibataire.
> Depuis le 21 juin à 20h
   

NaruyouniNarusa-300

- Naruyouni Narusa. / なるようになるさ。 (TBS)
L'histoire : un homme d'affaires prend sa retraite, et sa femme désire prendre enfin le temps de monter le restaurant qu'elle a toujours rêvé de créer. Alors qu'il la regarde gérer le personnel qui a plein de difficultés hors du travail, notre homme réalise qu'il a encore beaucoup à apprendre.
L'avis : pourquoi a-t-on besoin de vivre cette histoire à travers les yeux de l'homme, et non de son épouse qui lance un restaurant arrivée à l'âge de la retraite ? C'est elle qui gère le personnel, leurs histoires, et c'est quand même l'homme le héros ?
> A partir du 12 juillet à 22h
   

KeibuhoYabeKenzou-300

- Keibuho Yabe Kenzou / 警部補 矢部謙三 (TV Asahi) - saison 2
L'histoire : il est stupide, vraiment stupide, mais pour une étrange raison, ce flic parvient à régulièrement sauver la veuve et l'orphelin.
L'avis :ça doit captiver ceux que ça intéresse.
> Depuis le 5 juillet à 23h15
   

LIMIT-300

- LIMIT / リミット (TV Tokyo)
L'histoire : lorsque leur bus a un accident et qu'elles se retrouvent perdues dans les montagnes, un groupe de filles populaires doit tenter de survivre. C'est alors que leur vraie nature ressort...
L'avis du scénariste : "euh, oui, j'ai vu Battle Royale et The Hunger Games, pourquoi cette question ?". Hin-hin.
> A partir du 12 avril à 00h12
   

Taberudake-300

- Taberudake / たべるダケ (TV Tokyo)
L'histoire : une beauté n'est intéressée que par la nourriture. Bien qu'elle ne consacre pas son attention aux autres, pour une étrange raison, on se sent toujours bien en sa compagnie.
L'avis : what the flan au caramel ?!
> A partir du 13 juillet à 00h52
   

Samedi

 
   

SaitouSan-Saison2-300

- Saitou-san / 斉藤さん (NTV) - saison 2
L'histoire : une mère de famille qui tient tête à tous ceux qui ne se suivent pas les règles de la société emménage dans un nouveau quartier alors que son fils entre à l'école primaire.
L'avis : et devinez quoi ? Non, elle n'est pas mère célibataire. Mais tout comme, puisque son mari bosse tellement qu'il n'est jamais à la maison.
> A partir du 13 juillet à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Nanatsu no Kaigi / 七つの会議 (NHK)
L'histoire : l'employé d'un sous-traitant travaillant pour un grand groupe soulève un lièvre lorsqu'il découvre la vérité qui a été camouflée par sa hiérarchie sur un produit rappelé.
L'avis : maintenant que NHK a découvert qu'on pouvait décliner les pitches à la Soratobu Tire indéfiniment, plus personne ne peut les arrêter. A moins qu'un employé de la chaîne découvre la gigantesque machination qui se trame derrière ces séries...?
> A partir du 13 juillet à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Meoto Zenzai / 山田くんと7人の魔女 (NHK)
L'histoire : dans les années 20, une jeune femme, contre l'avis de ses parents, décide de se sortir de la pauvreté en devenant geisha. Elle devient très populaire, et cela lui permet de rencontrer de potentiels bons partis...
L'avis : j'essaye de réfléchir si j'ai déjà regardé des séries sur les années 20 au Japon. Et non. Donc ce sera à tenter.
> A partir du 24 août à 21h
   

YamadakuntoShichininnoMajo-300

- Yamada-kun to Shichinin no Majo / 山田くんと7人の魔女 (Fuji TV)
L'histoire : la première de la classe et le rebelle du lycée se retrouvent, tout-à-fait par hasard, l'un dans le corps de l'autre. Ils découvrent qu'il leur suffit de s'embrasser pour procéder à l'échange aussi souvent qu'ils le souhaitent. Sauf que chaque baiser invoque des sorcières...
L'avis : j'ai les yeux tellement écarquillés qu'ils viennent de rouler par terre.
> A partir du 10 août à 23h10
   

DoubleTone-300

- DOUBLE TONE /ダブルトーン (NHK BS Premium)
L'histoire : chaque nuit, deux femmes qui ne se connaissent pas, mais répondant toutes deux au nom de Yumi, rêvent l'une de la vie de l'autre. De plus en plus intriguées et effrayées par certains éléments, craignant qu'il ne s'agisse de rêves prémonitoires, elles commencent à tenter de trouver du sens à ces rêves, et pour cela, remontent la piste de la vie de l'autre.
L'avis : on peut difficilement faire plus alléchant comme pitch. Comme le veut l'expression consacrée : want.
> Depuis le 29 juin à 23h10
   

KamenTeacher-300

- Kamen Teacher / 仮面ティーチャー (NTV)
L'histoire : Kamen Teacher est le nom d'un programme qui consiste à masquer les professeurs et les encourager à punir corporellement les élèves. L'un des profs les plus prometteurs, Gouta Araki, commence à remettre ce procédé en question ; il est muté dans une nouvelle classe difficile qui va le mettre au défi.
L'avis : ça devait arriver : à force d'imaginer des profs toujours plus originaux, les scénaristes japonais ont fini par en faire des personnages sortis de Kamen Rider. N'imp.
> A partir du 6 juillet à 00h50
   
Dimanche  
   

HanzawaNaoki-300

- Hanzawa Naoki / 半沢直樹 (TBS)
L'histoire : Naoki Hanzawa, l'employé atypique d'une banque, reçoit l'ordre d'organiser un prêt non-sécurisé d'une somme indécente à une compagnie qui a des soucis financiers. Cette dernière met la clé sous la porte peu après ; Hanzawa est accusé d'être responsable de la perte de cette somme par la banque. A lui de réussir à démêler cette sombre affaire financière pour prouver son innocence...
L'avis : après WOWOW et NHK, si TBS s'y met aussi... eh bah, euh, tant mieux.
> A partir du 14 avril à 21h
   

Casteilla-300

- Casteilla / かすてぃら (NHK)
L'histoire : dans les années 50, la famille Sano, qui vivait de façon aisée, connait un revers de fortune qui la force à déménager et abandonner la plupart de ses habitudes. Mais, entouré de sa famille aimante, le jeune Masashi va tout de même tenter de vivre son amour pour le violon malgré les difficultés...
L'avis : NHK a parfois de riches idées ; et puis parfois, elle lance des séries dont tout le monde sait que ce ne sont pas des succès. Je vous laisse deviner...
> A partir du 7 juillet à 22h
   

FurueruUshi-300

- Furueru Ushi / 震える牛 (WOWOW)
L'histoire : un flic décide de rouvrir une affaire trop vite classée à son goût, sur un braquage qui a conduit à la mort d'un gangster et d'un vétéran en apparence sans relation. La maison du vétéran a été cambriolée peu après, et le gangster semblait lié à une entreprise de boucherie. Il est aidé pour cela par une journaliste qui enquête sur les problèmes sanitaires de la boucherie...
L'avis : il y a vraiment de tout dans ce pitch. Presque trop. Gardez-en pour d'autres séries, les gars !
> Depuis le 16 juin à 22h
   

PANtoSOUPtoNekoBiyori-300

- PAN to SOUP to Neko Biyori / パンとスープとネコ日和 (WOWOW)
L'histoire : après la mort de sa mère, une jeune femme reprend la modeste brasserie que celle-ci tenait. Elle n'y sert que deux choses : du pain, et de la soupe. Elle est progressivement adoptée par un chat qui s'installe dans le restaurant, et par les habitants du coin.
L'avis : une présentation atypique qui laisse espérer quelque chose d'original... mais pas forcément très rythmé. C'est bien, j'ai tout mon temps. *s'assied*
> A partir du 21 juillet à 22h

Outre ces nouveautés, rappelons qu'Amachan et Yae no Sakura, sur la NHK, poursuivent leur diffusion. De façon intéressante, WOWOW diffuse également une série chinoise historique se déroulant 2 siècles avant JC, Chu Han Chuan Qi (sous le titre Kouu to Ryuuhou King's War) ; j'avais déjà vu des séries sud-coréennes sur cette chaîne du câble, comme c'est le cas depuis mai pour la série d'investigation Yoo Ryung ; mais une série chinoise, c'est la première fois que j'en remarque une. 'Puis vaut mieux pas se louper, il y en a pour 80 épisodes ! Enfin, voilà, juste pour dire : tiens, tiens.

LIMIT

Bref, en-dehors de ça, je trouve que c'est l'une des saisons les plus équilibrées depuis longtemps. Mais j'admets avoir un biais favorable envers toutes ces séries médicales qui, tout d'un coup, se retrouvent brutalement considérées comme populaires ! Il y a souvent de bonnes choses dans les séries médicales, que les séries policières ont du mal à égaler ; ce n'est peut-être pas très juste d'opposer deux genres de cette façon, mais enfin, c'est le ressenti général que j'ai à la lecture de ces grilles. Après, on peut discuter.
Qui plus est, la saison semble avoir trouvé un juste milieu entre les séries renouvelées (souvent alors qu'elles n'ont pas vu de diffusion depuis au moins deux ans ou plus), et les séries totalement inédites. Il y en a vraiment pour tous les publics cet été, ça fait vraiment plaisir à voir.

Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête ! Entre les séries fondamentalement alléchantes, comme Akuryou Byoutou, LIMIT, Gekiryuu ou DOUBLE TONE, et celles au charme plus subtil comme Oh, My Dad!!, PAN to SOUP to Neko Biyori, Hanzawa NaokiNanatsu no Kaigi, Furueru Ushi, Woman, STARMAN, plus quelques séries pour lesquelles c'est un peu le coup de poker, style Namonaki Doku ou SHOMUNI 2013, on aura pas trop de tout un été pour découvrir tous les pilotes qui nous tentent !
Et vous, qu'est-ce qui vous a mis l'eau à la bouche ?

...Je veux dire, à part la mention de Kodoku no Gourmet ? D'ailleurs je pense que, rien que d'en parler, ce soir ça va être menu japonais.

Posté par ladyteruki à 20:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

17-06-13

N'est pire aveugle...

En tant que téléphage, il y a certaines choses qui m'énervent (oui ça va être un post Point Unpleasant, annonçons tout de suite la couleur).
En tant que téléphage curieuse de la télévision de tous les pays, il y en a quelques unes qui me font littéralement hulkenrager en particulier ; on pourrait citer mon mépris le plus profond pour les titres de séries traduits, ajoutons-y, parce que ce sera mon sujet du jour, la façon dont certains stéréotypes sont perpétués de façon systématique lorsqu'il s'agit de la fiction de certains pays.

La télévision du monde arabe est, je le concède bien volontiers, difficile d'accès pour l'observateur occidental, je m'en suis déjà fait l'écho par le passé.
Il faut dire que l'occidental en question n'est pas du tout dans la cible de la télévision du monde arabe, qui se fiche éperdument de savoir si elle est comprise par-delà sa zone d'existence. Très peu de chaînes arabes proposant des fictions (vous l'aurez compris, j'exclus par cette phrase Al-Jazeera) ont une version anglaise, ou même une version anglaise de leur site. Les infos sur la télévision du monde arabe sont difficiles d'accès, ou alors par bribes, à quiconque ne parle pas l'arabe. Et puis, bien-sûr, il y a le fait que la télévision du monde arabe ne compte absolument pas sur des exports en-dehors du monde arabe... ou alors dans le monde musulman (les Indonésiens vous passent le bonjour).
La télévision du monde arabe, pardon d'insister, se contrefiche totalement de son image à l'extérieur de son marché.
Ca ne m'empêchera pas de vous proposer d'y jeter un oeil à l'occasion du Ramadan, stay tuned.

Est-ce une raison pour la réduire aux mêmes poncifs, encore et toujours ? La tentation est grande mais elle devrait être évitable. De temps à autres, j'aimerais qu'une série égyptienne, une série syrienne, une série marocaine fassent les titres (même pas les gros, juste des titres) dans la presse occidentale pour d'autres raisons que pour pointer du doigt les extrêmismes.

LahazatHarega

Où sont, par exemple, les articles sur Lahazat Harega (en photo ci-dessus), la série médicale égyptienne inspirée d'Urgences, le premier drama médical du pays, et première série égyptienne, aussi, à être filmée en HD ; où sont les articles sur la façon dont elle est tournée, sur sa production tourmentée par le climat politique, ou simplement sur son renouvellement pour une saison 4 ? Là, il n'y a personne. Mais si vous parlez l'Espagnol, l'Italien, le Chinois, le Turc, le Kazak ou l'Ouzbek, vous pouvez voir le pilote en version doublée, elle est pas belle la vie ?
Par contre, pour raconter, encore et toujours, les mêmes anecdotes sur les télévisions arabes, ressasser les mêmes clichés, revenir inlassablement sur les mêmes preuves de l'existence d'un islamisme radical, là, pas de problème, on trouve des articles en masse, en nombre, et en quantité. Et encore je vous mets pas tous les liens. Ouaip, pour nous parler de Café Show/Coffee Shop (rien à voir avec une romcom coréenne), par exemple, là il y a du monde.

Qu'est-ce que Café Show/Coffee Shop ? Bon, bougez pas, je vous explique l'histoire.

Café Show/Coffee Shop est une comédie qui sera lancée le mois prochain (rappelons pour la forme qu'environ 80% des séries arabes sont diffusées pendant cette période faste... pour les chaînes de télévision) sur la chaîne égyptienne Al-Hafez. La série, qui comptera 15 épisodes, se déroule intégralement dans un café de la ville du Caire, mais ça vous l'auriez deviné. Et, comme au Café du Commerce en France, c'est l'endroit où l'on se retrouve pour parler de tout, de rien, de l'économie, de la politique, des valeurs qu'on partage...
Assez inoffensif en apparence. Alors qu'est-ce qui fait que Café Show/Coffee Shop nous parvient ? Au point d'ailleurs de se trouver, fait rare pour une série arabe, des titres anglicisés dans la presse anglophone. Note : à vrai dire, le site d'Al-Hafez ne semble pas encore en faire mention, donc on n'a QUE des titres anglicisés ; je fais donc, faute de mieux, une entorse à ma règle des titres non-traduits, mais dés que j'ai mon info, je reviens corriger ce post. J'ai perdu une bataille, mais pas la guerre !

Eh bien, il n'y aura pas une seule femme dans la série, PAS UNE. Le cast de Café Show/Coffee Shop est exclusivement masculin, du rôle le plus majeur au plus insignifiant.
'Voyez, s'il s'était agit d'une romcom coréenne, on aurait un peu plus ri, pour une fois...

Si vous me lisez depuis quelques temps (ou qu'au minimum vous avez jeté un oeil à mon article du 8 mars dernier sur la télévision polonaise), vous n'êtes pas sans savoir que ce genre d'idées n'est pas pour me plaire : je nourris de nombreuses convictions féministes. Pour autant, même si loin de moi l'idée de trouver que cette "trouvaille" de la chaîne Al-Hafez est une bonne chose, devant la levée de bouclier de la presse en ligne depuis quelques jours qu'a été découverte l'existence de Café Show/Coffee Shop, je suis un peu obligée de protester.

D'abord sur le principe : une série n'est pas obligée d'avoir des personnages des deux sexes. Il y a des séries occentales qui s'en passent très bien ; celles qui n'ont pas de personnage féminin ne peuvent simplement pas prétendre être féministes, par exemple, voilà tout. De même qu'une série sans mixité raciale aura du mal à faire croire qu'elle est inclusive. Mais ce n'est pas une impossibilité en soi - et une nouveauté non plus, de nombreuses séries américaines jusque dans les années 60 mettaient en scène presqu'exclusivement des hommes. Bon, j'exagère : dans les westerns, il y avait quand même des femmes attachées sur les rails de temps en temps pour se motiver ; un coup d'oeil au générique de Bonanza rappelle cette réalité : les femmes dans les séries, ça n'a pas toujours été une évidence.
Ensuite, parce qu'une série qui se déroule dans un café égyptien... a autant de chances d'être fréquenté par les femmes que le Ponderosa. La série Café Show/Coffee Shop a précisément choisi un lieu qui est, de façon culturelle, exclusivement masculin. Alors, on peut contester la démarche, c'est sûr, mais on ne peut pas contester la réalité du lieu choisi. Les femmes ne sont pas exclues de la série ; elles le sont d'abord du lieu. Est-ce la mission d'une série de remettre en question la fréquentation du café, a fortiori si elle est un mosalsal (une diffusée pendant le Ramadan), période peu propice aux révolutions contre les traditions ? A l'impossible nul n'est tenu.
Et enfin, parce que parlons de la chaîne Al-Hafez. La chaîne salafiste Al-Hafez est une chaîne du satellite qui compte en tout et pour tout un studio d'enregistrement (et ça se voit quand on mate les émissions de la chaîne sur Youtube), et qui a vu le jour suite aux manifestations du 25 janvier 2011 ; pas franchement une institution, donc. Al-Hafez a vu le jour pour soutenir les Frères Musulmans, et diffuse dans son unique studio des cours de lecture du Coran, ou, pendant ses émissions, donne l'antenne à des chroniqueurs (on aura du mal à les appeler journalistes) qui traitent de divers noms d'oiseaux les "infidèles" qui ne seraient pas assez respectueux des textes religieux ; des propos injurieux qui sont régulièrement pointés du doigt dans les autres médias, et qui ont aussi déjà été condamnés par la Justice égyptienne. Que la chaîne Al-Hafez, dont la vocation première, voire unique, ait pour vocation de répéter à longueur de programmes des propos conservateurs, pour ne pas dire réactionnaires, et d'appeler à l'application stricte de la Charia, n'est donc pas vraiment une grande surprise quand on a le contexte. Et quand l'un des dirigeants de la chaîne explique : "tout est une question d'offre et de demande, et actuellement il y a de la demande pour cette forme plus propre d'art dans notre société. [...] La politique de notre chaîne est que nous ne montrons aucune femme du tout, de façon à les honorer, comme le dicte l'Islam", peut-on vraiment dire qu'on est surpris ? S'attend-on à autre chose de sa part ? Chais pas, vous pensez qu'on va voir un True Blood sur FOX News à la saison prochaine ?

Une série comme Café Show/Coffee Shop n'est pas exactement le fer de lance de la télévision moderne en Egypte, ou le monde arabe en général. Mais ce constat s'impose, je pense, à tous ; à plus forte raison depuis qu'un membre des Frères Musulmans est devenu Président l'été dernier.
Ce qui me révulse en revanche, c'est que ce soit le seul type de programmes venu d'Egypte qui nous parvienne. J'aimerais énormément que les téléphages parlant l'arabe partagent leur passion pour la télévision en Anglais (ou soyons fous, en Français). Ils sont chaque année, pour le Ramadan, des millions et des millions à s'enthousiasmer pour ces séries : c'est bien qu'il s'en trouve pour les aimer. Alors... SHARE THE LOVE ! Ca nous changera.
Et je persiste à croire que c'est pour la bonne cause.

Dans l'intervalle, il faudra sûrement lire encore pas mal d'articles sur les séries égyptiennes, les séries syriennes, les séries marocaines qui nous confortent dans notre conviction d'avoir une télévision plus ouverte, plus tolérante, plus progressive. Allez, ça fait du bien au moral, je suppose.
D'un autre côté, je me dis ça pour la troisième année consécutive, chaque année, à partir du mois de mai quand je commence à préparer mon article sur les séries du Ramadan. Hashtag #opportunistefatiguée.

Posté par ladyteruki à 17:42 - Point Unpleasant - Permalien [#]

09-06-13

Aveu d'impuissance

Le #pilotmarathon touche progressivement à sa fin, et il est clair maintenant que je n'aurai pas de temps pour tous les pilotes que je voulais voir aujourd'hui. Et j'avais pourtant fait du tri. Mais je soupçonnais que The Fosters me mettrait du baume au coeur, et ai préservé sa place dans mon planning. Résultat ? Eh bah résultat, c'était une bonne idée... enfin, peut-être pas pour vous qui allez devoir lire cette review à présent.

TheFosters

Depuis ce matin que le #pilotmarathon a commencé, j'ai plaisanté, j'ai décortiqué, j'ai râlé... mais je n'avais pas encore pleuré. Grâce à The Fosters, c'est désormais chose faite, et à vrai dire je ne sais pas si la série méritait tant que ça que je m'épanche. The Fosters n'a pas vraiment les atouts d'une grande. Mais voilà, c'est une série familiale sur la famille.

Depuis quelques mois, c'est quelque chose de douloureux pour moi. Je ne voulais pas en parler, et pour tout dire, je ne voulais pas en parler avec moi-même. Pendant un temps, ça m'a même détournée des séries, je ne pouvais plus rien regarder, avec ou sans histoires de famille. Approcher une série a, pendant plusieurs semaines, été absolument impossible. Et alors qu'aujourd'hui je regarde tant de pilotes, je sais aussi que j'en laisse passer énormément depuis le printemps, où les choses n'ont vraiment pas été faciles pour moi. La reprise avec l'univers des séries a été très difficile.
Très lente aussi. Pendant un moment j'ai vaguement tenté de reprendre les séries que j'avais mises en pause, les marathons que j'avais commencés, mais la vérité c'est que même ça, c'était au-dessus de mes forces. Je me suis réfugiée, avec énergie, dans des marathons Brothers & Sisters et The Cosby Show, pourtant. Paradoxalement, les thèmes qui m'avaient détournés de la télévision, qui me faisaient mal, me permettaient d'y revenir quelques mois plus tard.
C'est laborieux, encore. Il y a des jours où je regarde plusieurs épisodes du Cosby Show avec une irrationnelle jalousie. Mais j'en regarde tout de même plusieurs. Parce que la famille fait partie de ces thèmes, pour moi, qui sont à la fois pénibles et incontournables. Une famille, on en a tous une ; quand bien même elle ne fait pas forcément partie de notre vie, et de la même façon, les séries familiales, même quand je voudrais ne pas en voir, je suis attirée par elles.
En ce moment, Brothers & Sisters m'offre une famille de papier glacé, soapesque mais délurée, dont les dispute quasi-systématiques se font toujours en dérapage contrôlé. Et à côté de ça, la tendresse, la patience, l'intelligence de The Cosby Show, c'est mon family porn à moi, comme d'autres raffolent de food porn.

Je suis une victime facile pour une série centrée sur une famille. Les familles dysfonctionnelles me fascinent : ne dit-on pas que chaque famille malheureuse l'est à sa façon ?
Mais je suis encore plus une cible facile à atteindre quand la série porte sur une famille aimante. Je me fiche que les personnages suintent de bons sentiments ; j'ai quand même regardé, au plus fort de ma dépression il y a quelques années, les 5 premières saisons de 7 à la Maison exactement pour cette raison. C'est ma science-fiction à moi. Je me repais dans ses scénarios improbables. Dans ces scènes qui, il y a encore peu, me semblaient impossibles. Plus inimaginable que des phasers aux yeux de l'adolescente que j'ai été ? Un dîner pendant lequel personne ne pleure. Il m'arrive encore parfois, même plus de 15 ans après, d'être surprise par la façon dont un parent de télévision réagit sans violence (voir aussi : la batte de baseball), et pourtant, je suis plutôt fonctionnelle, comme adulte, aujourd'hui. Même en sachant qu'il y a des tas de familles plus équilibrées que la mienne de par le monde, j'ai toujours cette fascination pour les fois où les parents vont se comporter gentillement. Et je me gave de ces images, régulièrement. Je suis fâchée avec elles, mais j'en ai un tel besoin. Ca compense pour les cauchemars et les flashbacks ; un peu. Quelques minutes.

Alors devant la douceur de The Fosters, je plie une fois une plus. Je peux me vanter d'être quelqu'un d'un peu exigeant téléphagiquement, de temps à autres ; mais devant une série sur une famille pleine de bonnes intentions comme The Fosters, tout esprit critique s'envole.
The Fosters a le charme supplémentaire d'avoir pensé à m'inclure, comme l'avait fait The OC il y a quelques années (qu'est-ce que j'avais aimé les premiers épisodes de The OC, avant qu'elle ne me lâche et se détourne progressivement des troubles de Ryan pour s'orienter vers ses affaires de coeur). Un personnage qui ne connait pas les dîners où on ne pleure pas se trouve dans ce décor un peu trop joli, un peu trop beau pour y croire. Je ne sais pas comment ce personnage est perçu par la plupart des gens qui regardent ces séries ; pour moi, c'est la plus sûre façon d'entrer dans la série et de m'y glisser comme sous un duvet chaud, l'exact même procédé qui fait que le Dr Carter nous fait entrer aux Urgences. Mon avatar dans un monde impossible. Et quand ce personnage se craquèle, laisse échapper une larme ou simplement une petite émotion qui dit qu'il est touché par cette famille qui l'accueille et lui montre qu'on n'a pas toujours à avoir peur de la maison, je ne sais pas résister. Je ne sais pas non plus garder les joue sèches.

Je n'ai aucune force pour avoir du recul devant une série comme The Fosters. J'ai envie de dire que je l'apprécie alors qu'honnêtement, je ne sais pas si elle le mérite, avec son intrigue en coton et ses personnages super gentils. Mais je m'en fiche !
Est-ce que je regarde toujours la télévision pour de bonnes raisons ? Sans doute pas. Je la regarde pour plein de raisons, et l'une d'entre elles, l'une des premières d'entre elles, c'est que je cherche dans mes séries une catharsis. A la fois appuyer sur la plaie qui n'en finit pas de me faire savoir qu'elle ne veut pas cicatriser, et soulager un peu la douleur ; temporairement, artisanalement.

De vous à moi, je crois que je sais très bien que The Fosters n'est pas une grande série, n'est même pas spécialement une bonne série. Mais elle a fonctionné sur moi parce qu'elle m'a saisie par mon talon d'Achille.
Et je suis supposée vous en écrire une critique ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-04-13

Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

BlogFestivalSeriesMania
Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.

- Introduction : c'est quoi la créativité ?


Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks

Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble

Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

   

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?

Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...

...Le remake

Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

   

...Le spin-off

Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

   

...Le prequel

Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

   

...Le "formatage"

Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

   

...L'adaptation

Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

   

Le "syndrome de la photocopie" et le monde

...La domination des Etats-Unis

Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.

Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.

"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

   

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?

Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.

...La créativité en France

Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

   

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie

L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.

...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.

Posté par ladyteruki à 12:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-11-12

[DL] Paramédicos

Très honnêtement, les génériques de séries médicales/d'intervention sont rarement très originaux. Bien-sûr, ça ne les empêche pas d'entrer dans les annales et de devenir inoubliables, à l'instar de celui d'Urgences, mais globalement, c'est un peu toujours la même chose : on suit les médecins/infirmers/ambulanciers/pompiers sur leur lieu d'intervention, embarquant avec eux un équipement si possible volumineux, intervenant sur des victimes sans visage, sauvant des vies avec bien des filtres bleus et/ou rouges. D'ailleurs, ça n'est pas vraiment propre aux américains, car même le générique de Gyne reprenait les mêmes codes (même s'il choisissait de le faire avec une chanson pop/reggae pour varier quand même un peu les plaisirs), si vous vous souvenez.

Après tout, le principe de ces génériques, c'est de mettre en valeur les courageux héros qui sauvent des vies. On a besoin de voir leurs visages, pas ceux des anonymes qu'ils traitent ; on a besoin de voir leurs actions, de se glisser dans leur blouse (surtout s'il s'agit de Noah Wyle... j'ai dit ça à voix haute ?), de vivre les évènements à leurs côtés, de comprendre ce que cela implique pour eux. Dés le générique, ces séries veulent faire monter l'adrénaline et/ou l'émotion pour que nous nous mettions aux côtés des urgentistes de tous poils.
Mais Paramédicos, une nocturna Mexicaine qui s'achèvera jeudi prochain, a décidé de porter sur tous ces clichés un regard un peu neuf. Le générique de la série n'a pas un concept plus original que les autres, mais c'est l'angle abordé qui fait tout. Jugez plutôt.

Paramedicos
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dés la première image, alors que le générique n'a pas vraiment commencé et que s'affichent à peine des logos, dont celui de la Croix Rouge qui a participé à la production de la série, Paramédicos dit déjà sa différence. C'est même un peu destabilisant dans un premier temps. Mais, traitant cette première image comme le début de sa narration, le générique va nous raconter une histoire. Et une seule.
Décider de suivre une seule intervention, c'est déjà révolutionnaire en soi, quand on y pense. Peu de génériques médicaux le font, tout simplement parce que trouver des images de plein de sauvetages/opérations différents, issus d'épisodes variés, permet de ne piocher que ce qui est le plus émouvant, le plus à même d'impressionner. Mais Paramédicos ne mange pas de ce pain-là, et va suivre un cas, et un seul, du moment où un accidenté reprend connaissance sur la chaussée jusqu'au moment où il va arriver à bon port, aux urgences.

Mais ce qui fonctionne certainement le mieux dans ce générique, c'est que la perspective dominante est celle du patient. La camera subjective regarde les actions des personnages à travers le regard perdu et sans doute un peu choqué de l'accidenté. Et curieusement, ce procédé permet de tout de même montrer l'héroïsme du personnel médical, mais sans leur attribuer de visage, sans clairement définir leur personnalité. On est là, dans l'urgence, la même qui fait que tout d'un coup les portes battantes du Chicago County s'ouvrent sur un personnel médical affairé. Sauf qu'ici, ce qui importe, c'est le sort du patient, pas la réussite du médecin. Les actes médicaux sont les mêmes, les ressorts sont les mêmes... sauf que regarder l'intervention en étant dans la peau (abimée) du patient change tout. Et c'est diablement efficace, du coup.

Paramédicos est pourtant, sur le contenu, une série assez classique dans le genre médical, suivant de nouveaux ambulanciers alors qu'ils viennent de finir leur formation auprès de la Croix Rouge et qu'ils entrent dans la cour des grands. Dans le genre, on a difficilement fait plus classique, si j'en juge par le pilote. Malgré cela, avec ce générique énergique et capable d'apporter un regard différent, Paramédicos parvient à se vendre avec une touche d'originalité en plus.
Le générique, qui plus est, souligne combien la réalisation de Paramédicos est importante : on trouve dans la série, pendant les scènes d'intervention (dont celle qui ouvre le pilote) au moins autant de filtres et d'angles léchés que dans un épisode des Experts. C'est quelque chose que le générique, avec son sens de la couleur et du montage, retranscrit très bien.

C'est à ce genre de techniques qu'on reconnaît une série qui sait appâter le spectateur, qui a compris qu'il fallait innover pour attirer l'attention (la garder étant un sujet différent). D'ailleurs, Paramédicos a reçu cette semaine un Pantalla de Cristal, un prix remis à l'occasion du festival du même nom, dont la vocation est de mettre en valeur des productions indépendantes mexicaines ; les récompenses concernent également les campagnes publicitaires et les stratégies marketing, et justement, la production de la série a été saluée pour son travail en matière de promotion digitale et sa dimension sociale (au sens "interactif" du terme). Comme quoi, quand on y met les formes...

Posté par ladyteruki à 21:54 - Médicament générique - Permalien [#]

24-10-12

Abuse me

Un mot sur les épisodes de ce début de 4e saison de The Good Wife, qui semblent mettre quelques spectateurs mal à l'aise. Que ce soit via Twitter, sur des sites que je lis (parfois n'ayant aucun rapport avec les séries), ou même suite à un passage sur Tumblr, j'ai vu passer des commentaires allant de lassés à effarés, quant à l'intrigue de Kalinda.
Ce que je n'ai pas souvent lu, ce sont des propos positifs en réaction à cette storyline. Je veux bien que vous me donniez les liens à côté desquels j'ai pu passer, mais en attendant, je voulais dire un petit quelque chose sur cette histoire, parce qu'elle m'a beaucoup plu.

Naturellement, à partir de la capture, c'est le festival du spoiler, hein, vous l'aurez compris. Pas de bol pour ceux qui suivent la diffusion française. Aha, non je déconne ; yen a qui font ça ?!

AbuseMe

Pour ceux qui roupillent dans le fond mais font semblant de suivre la manoeuvre, en revanche, ou encore ceux qui ont un disque dur tellement chargé le lundi matin qu'étrangement la nouvelle saison de The Good Wife passe à la trappe depuis plusieurs semaines à leur corps défendant, voilà un petit résumé de ce qui se passe.
On savait que Kalinda avait un mari quelque part dans le monde, et qu'elle évitait consciencieusement de le croiser parce qu'elle le considère dangereux ; or le voilà qui réapparait dans sa vie, ce qui évidemment n'augure pas du meilleur pour elle. Leurs retrouvailles se font dans la violence, et vas-y que je tente de t'étouffer, et vas-y que j'en ai autant à ton service. Mais en parallèle de cette violence, il y a aussi du sexe débridé.
Clairement, on est dans la représentation extrême de quelque chose d'extrême, je crois qu'on sera tous d'accord.

Si j'en crois mes lectures, on peut relever deux types de griefs pour le moment.
D'une part, il y a l'ennui. Parce qu'apparemment, on peut s'ennuyer d'une intrigue secondaire qui se déroule dans seulement deux épisodes et demi d'une saison qui pour le moment compte quatre épisodes diffusés (celui de dimanche n'a en effet accordé aucune seconde à cette intrigue ; je suppose que ça a dû en soulager quelques uns). Et parce qu'apparemment, si on traite une intrigue comme celle-ci sur un peu de longueur, ça sent trop l'insistance ; évidemment on aurait sauté à la gorge des scénaristes s'ils avaient bradé ça en un épisode, mais passons.
D'autre part, il y a l'inconfort, voire le dégoût. La phrase qui revient le plus souvent, avec ses variations, est : "ce n'est pas la Kalinda que nous connaissons/aimons/désirons" (rayez la mention inutile, oops il n'y en a pas). Comment une femme aussi forte que Kalinda peut-elle se laisser ainsi marcher sur les pieds ? Pourquoi ne se débarrasse-t-elle pas de l'époux maltraitant comme elle l'a fait tant de fois par le passé avec d'autres gêneurs ? Ce dégoût s'accompagne aussi d'un "problème" de forme, puisque jamais la série (pourtant pas spécialement frigide jusqu'à présent) n'avait été aussi loin dans sa description des moeurs de l'un de ses personnages.

J'avoue que si je comprends un petit peu, disons, intellectuellement, ces arguments, je suis incapable de partager ces opinions. La relation abusive entre Kalinda et Nick m'a semblé très adroitement écrite, et même, touchante, par moments.

Kalinda, on le sait, a toujours vécu dans le rapport de forces. C'est ce qui la fait, pardonner le terme, bander. Qu'il soit mental, avec plusieurs de ses conquêtes et notamment féminines ("je te prends et je te jette, ensuite tu me diras combien je t'ai blessée et on recommencera"), ou physiques, par exemple avec Blake, avec lequel on retrouvait d'ailleurs énormément de schémas d'attraction-répulsion qu'on constate avec Nick.
La seule différence, c'est que comme les chats, quand Kalinda a décidé qu'on allait cesser de jouer, c'est vraiment fini, et les souris ont intérêt à flairer le vent tourner et détaler sans insister. Kalinda aime bien fixer la limite elle-même : elle ne se fait jamais débarquer d'une relation, même superficielle ; c'est toujours l'inverse. C'est elle qui s'en va, surtout si elle sent qu'elle va s'attacher. On l'aime aussi un peu pour ça, l'air de rien, pour cette façon indépendante et fière de jouer toujours en solo, dans le fond, ou d'arrêter les frais quand elle sent que justement il se passe un truc qui dépasse les joutes verbales et le sexe sans conséquence. De savoir poser ses limites (même quand elles sont arbitraires), de les assumer, et de les imposer aussi aux autres, avec une batte de baseball s'il le faut.
Avec Nick, il est évident qu'elle a du mal à dire stop. C'est justement une première. On devine qu'elle a sans doute mis énormément de temps à se barrer la première fois, et si l'intrigue dure deux épisodes et demi (une éternité, donc ?) c'est justement pour nous dire que cette fois, il ne lui suffit pas de claquer la porte, parce que Nick n'est pas comme les autres, il a un pouvoir sur elle. En fait, techniquement, c'est même l'inverse, au sens où les comportements que nous avons observé de la part de Kalinda par le passé découlaient justement du syndrome chat échaudé ; cette storyline étant l'occasion de revenir indirectement sur les causes du comportement du personnages dans les saisons précédentes, et de l'expliquer et l'approfondir.

Ce pouvoir, à quoi est-il dû ? Aucune idée. C'est également ce qui est avancé par certains comme un problème dans cette relation.
Qu'on ne soit pas capables de le voir en tant que spectateurs est un choix qui semble logique. Les scénaristes de The Good Wife pourraient choisir de l'expliciter, pour nous rassurer sur Kalinda : elle voit quelque chose chez cet homme qui justifie, à un certain degré au moins, son attachement à lui. Mais tout justement, s'ils choisissaient de le faire, les scénaristes rendraient Nick un poil sympathique, un poil seulement... mais ce serait déjà un poil de trop. Nous ne voulons pas voir Nick avec les yeux de Kalinda, surtout pas. L'idée est de décrire cette relation abusive pour nous montrer l'abus, pas le justifier. Il s'explique mais ne doit pas se comprendre, sous peine de perdre son effet d'une part, et surtout, devenir complètement malsain.
J'irai même jusqu'à dire que le concept de cet arc est précisément de nous faire prendre du recul vis-à-vis de Kalinda, et de nous faire dire : "ok meuf, là, stop, désolé mais je peux plus te suivre sur ce coup".
Parce que jusqu'à présent, on l'a sans doute un peu trop regardée en héroïne, d'ailleurs, même quand elle faisait des choix contestables, et que juste une fois, il s'agit de ne pas la trouver complètement badass, de se dire qu'elle a pété une durite. Ce n'est peut-être pas fidèle à l'image que nous souhaiterions conserver de Kalinda, mais c'est une façon humaine de s'attarder sur l'approfondissement de ce personnage, parfois un peu too much. Pardon Kalinda je t'adore, pardon, je retire ce que j'ai dit.

Il a été dit également que Nick était, à l'arrivée, beaucoup plus inoffensif que ce qu'on nous avait décrit notamment pendant la saison 3. Kalinda avait en effet à plusieurs reprises, pendant la saison précédente, signifié plus ou moins explicitement son inquiétude quant au retour du mari dans sa vie, ainsi que son apparition perverse dans celle d'Alicia. Et au final, Nick n'est effectivement pas un gros dur capable de faire de la concurrence au pires des mafieux, mais plutôt un petit connard.
Mais c'est parce que nous avons appris à nous fier à l'objectivité, voire la froideur de Kalinda, que nous avions pris sa description pour argent comptant. Or, dés ce début de saison, on sent bien que lorsqu'il s'agit de son cher époux, Kalinda lâche complètement la rampe : transparente au boulot (quand elle fait l'effort de s'y présenter), l'esprit ailleurs, obsédée par lui, elle n'est clairement pas dans son état normal. Il n'est pas dangereux en général, il ne va pas faire égorger quiconque lui déplaît ; il est dangereux pour Kalinda. Parce qu'il a une emprise sur elle que nul autre n'a. Qu'elle le craint alors qu'elle ne craint personne. C'est justement parce qu'elle est Kalinda, un personnage fort, indépendant, quasi-indestructible (elle s'est pris de méchants coups par le passé), qu'elle tombe dans une relation comme celle-là avec Nick. Pas parce qu'il a le pouvoir de détruire qui lui chante, mais parce qu'il a le pouvoir de la détruire elle. Elle le voit comme le grand méchant loup parce qu'il est capable de faire s'écrouler sa maison de paille à elle. Et le pire c'est que les techniques de Nick n'impressionnent effectivement qu'elle, comme en témoigne son manque de motivation pour s'en prendre à Alicia : du moment qu'il a Kalinda, il ne cherche à nuire à personne d'autre.
D'ailleurs, si Nick ne s'en est pas pris à Alicia, se contentant de l'effrayer, c'est précisément parce qu'il n'est pas dangereux en général, mais seulement pour une proie, Kalinda, qu'il a tenté d'atteindre par tous les moyens à sa disposition. Il ne s'agit pas de faire de Nick une sorte d'anti-Peter, un homme surpuissant et charismatique, s'imposant par son autorité naturelle ou un pouvoir de nuisance incontesté ; il s'agit de montrer que le rapport de force se déroule uniquement entre Kalinda et Nick.

Alors au final, pourquoi j'applaudis des deux mains (quitte à écraser mon cornet de crème glacée) cette intrigue ?
Parce que rarement une situation d'abus aura été dépeinte dans une série, et moins encore avec autant d'intelligence. Parce que l'abus auquel nous assistons n'est pas tant physique (Kalinda n'a pas arrêté pour autant de se rebiffer, et de rendre coup pour coup ou presque), que psychologique. On est dans l'incroyable description d'un ascendant, d'une emprise. Essayons de réfléchir vite fait au nombre de séries qui ont traité le sujet (en-dehors de quelques procedurals abordant le problème... en vue de le résoudre en 45 minutes), et voyons combien l'ont fait en profondeur, en voulant nous expliquer où était la perversion, en voulant nous raconter la complexité de ce problème.
Elle est précisément là, la perversion. Dans le fait que la victime de l'abus n'est pas une faible femme influençable par le premier venu, en quelque sorte "née pour être victime". Par le fait qu'elle est bloquée dans une zone où elle pourrait partir, mais où elle ne le peut pas. Dans le fait que la victime tente d'attirer l'attention du dominant par tous les moyens, avec ce que cela comporte de conséquences négatives, parce que l'excitation des conséquences positives est la plus forte.
Cela ne signifie évidemment pas que c'est une description fidèle de toutes les situations d'abus au sein d'un couple. Mais c'est une description fidèle de nombreuses d'entre elles, qui jusque là n'avaient pas été explicitées à la télévision, et qui pourtant permettent de sortir de la caricuture, du takafoktu, et des autres évidences lorsqu'on parle de violence au sein du couple.

Evidemment, je mentirais si je faisais comme si cette intrigue ne me touchait pas personnellement. Parce que j'ai vécu deux situations abusives, l'une en tant qu'enfant, l'autre en tant que femme, et que dans ces deux relations, les rôles n'étaient pas forcément les mêmes. Dans l'une, oui, j'étais la victime facile, celle qu'on montre dans Urgences juste avant d'appeler les services sociaux, et c'est une situation facile à décrire dans une fiction... et facile à appréhender également pour une personne extérieure à ce phénomène. Dans la seconde, c'était plus compliqué. Parce qu'effectivement je me trouvais des excuses pour ne pas partir (certaines avaient même l'audace d'être valables). Parce qu'effectivement je provoquais une partie des évènements (et du coup ça rendait beaucoup plus facile la culpabilisation, voire même le sentiment de mériter ce qui m'arrivait ensuite). Parce que j'avais besoin que cette personne consacre autant de temps et d'attention à mon existence qu'elle en représentait à mes yeux, et que la forme m'importait peu. Bref, c'est compliqué.
Alors oui, je suis contente qu'une série se pique d'aborder ce sujet, qui nécessite de la nuance et du temps pour être correctement exploré.

Et je trouve que The Good Wife fait un travail remarquable pour montrer que subir des mauvais traitements, ça n'est pas nécessairement une situation blanche ou noire. Mais pour expliquer cela, il faut du temps, il faut une sensation de malaise, il faut suivre les actions répétées des deux parties en jeu, qui se cherchent, qui se provoquent physiquement (que cela se concrétise dans la pratique par de la violence ou du sexe est finalement assez indifférent aux premiers concernés), qui tentent de s'accapparer l'attention pleine et entière de l'autre, et, dans le cas de deux personnalités fortes, qui vont changer constamment la polarité dominant/dominé histoire de prolonger les effets de cette relation perverse. Mais aussi qui, tout simplement, prouvent qu'on n'en a pas moins de caractère juste parce qu'on est dans une relation abusive, et qu'on veut quand même parfois poser des limites, or l'enjeu est de montrer ce n'est pas possible dans pareil contexte, que le pouvoir qu'on cède à l'autre nous dépossède de la possibilité de garder le contrôle. C'est la différence entre une relation sado-masochiste et une relation abusive, en somme (au temps pour les comparaisons maladroites avec Fifty Shades of Grey évoquées par certains).
"Si tu arrêtes de vouloir t'imposer à moi, c'est que tu t'es lassé, donc tu t'en vas ; or personne ne me quitte, je m'en vais. Sauf que là je ne le peux pas/plus. Alors on continue, mais parfois ça va trop loin". Et ainsi de suite.

Les détracteurs de cette intrigue ont raison, dans le fond.
Ce n'est pas voir Kalinda sous un angle flatteur. Ce n'est pas voir une intrigue dans laquelle nous ayons envie de sympathiser avec la victime. C'est un peu chronophage comparé à, vous savez, les centaines d'autres intrigues originales de ce début de saison (ah, on me dit dans l'oreillette qu'on parle encore de potentielles coucheries de Peter, au temps pour moi). Et c'est extrême.
Mais ce sont pour toutes ces raisons que les scénaristes font du très bon boulot avec cette intrigue. J'espère qu'ils ne vont pas faire machine arrière comme avec certaines autres belles idées par le passé, qui n'ont abouti à rien de concret (relation d'Alicia et Will, arrivée d'Eli Gold dans le cabinet, sort de Cary Agos...), et qu'ils vont aller au bout de ce qu'ils avaient en tête de nous dire avec cette intrigue. A ce titre, l'épisode de dimanche m'a donné quelques sueurs froides.

Oui, ça fait mal de voir Kalinda diminuée comme ça, parce qu'on la tenait en haute estime. Mais moi, quand les séries me font du mal, j'aime ça. Chers scénaristes, abusez (de) moi...

Posté par ladyteruki à 11:40 - Série de valeurs - Permalien [#]

05-10-12

It's not who you've slept with...

A peu près chaque semaine, des DVD débarquent dans ma boîte aux lettres. Je fais mes commandes en général au même moment du mois (coups de tête non inclus), et ensuite, ce sont les délais de livraison qui font le reste, et jouent au Père Noël. J'avoue que je ne me lasse pas de la sensation de découvrir chaque semaine minimum un nouveau paquet dans ma boîte, à plus forte raison quand il s'agit de deviner d'où il vient sans regarder les cachets de la poste (sinon c'est tricher). "C'est peut-être Intersexions... ou Capadocia ? Non, c'est trop tôt pour Capadocia... quoique ?".

Aujourd'hui, la surprise était de taille : ma première série sud-africaine ! Une série dont j'avais entendu parler depuis bien longtemps, qui me rendait curieuse, et qui semblait être un véritable phénomène dans son pays d'origine : Intersexions. Vous pensez bien que ce n'est pas un DVD qui a eu le temps de prendre la poussière, et j'ai donc regardé le pilote presque le soir-même !

Intersexions

En préambule de ce visionnage du pilote d'Intersexions, plein de questions, pourtant.

D'abord, il s'agit bel et bien de ma toute première série sud-africaine. J'ai lu énormément de choses, consulté des sites et des bases de données à n'en plus finir, écumé le web à la recherche d'un petit épisode de soapie égaré par mégarde... depuis maintenant deux ans, je suis attirée par plein de séries sud-africaines, et je n'avais réussi à mettre la main sur aucune ! Quelle frustration ! Le problème, j'ai remarqué, quand je découvre ma première fiction d'un pays donné, c'est que grosso-modo, elle donne le ton pour la suite. J'aurais commencé le Brésil sur une telenovela, j'aurais peut-être fui, mais j'ai été déflorée par Capitu et l'empreinte est là à vie, avec un biais favorable à peu près quoi qu'il arrive. Le danger était donc d'être non seulement écoeurée de mon acquisition faite à l'aveugle, qui pouvait potentiellement me déplaire, mais aussi de toute la fiction sud-africaine dans son ensemble, parce que la première impression compte énormément. Ce qui aurait été gênant parce qu'il y a plein de choses qui piquent ma curiosité ! C'est donc, de façon injuste mais inévitable, toute la fiction sud-africaine que je m'apprêtais à jauger ainsi.
Autre problème : en-dehors de son pitch et quelques news, je n'avais aucune idée du niveau de production de la série en particulier, de la qualité du jeu des acteurs, et même pas... de la langue ! Rappelons que l'Afrique du Sud reconnait (j'ai vérifié) 11 langues officielles, dont l'Afrikaans sur lequel je vous avoue que je suis pas trop-trop au point, et que je n'ai trouvé nulle part l'information me permettant de savoir dans quelle langue la série était tournée. Il était à peu près évident qu'il s'y trouverait soit une piste, soit des sous-titres anglais (ce sur quoi je vais revenir), mais la langue de tournage était une grosse inconnue. Et quand il faut aussi apprivoiser une nouvelle langue (vous en avez fait l'expérience avec Srugim), on ajoute encore un niveau de difficulté.
En corollaire du problème de la langue, il y avait tout bonnement les questions culturelles. L'ex-élève française que je suis n'a été préparée à rien ou si peu en matière de culture africaine ; bon, quelques rudiments d'Histoire (Nelson Mandela essentiellement), mais à part ça ? L'Afrique du Sud, un pays plutôt conservateur en matière de moeurs, ou au contraire plus libéré ? Dans une série sur les relations amoureuses et a fortiori sexuelles, quels sont les rôles accordés à chacun dans un couple, par exemple ? Puisque je n'en savais rien, il allait falloir s'adapter...
Mais ce n'est pas tout : ensuite, je ne connaissais la série que de réputation, mais justement, qui dit qu'une série produite par une chaîne publique, en partie avec l'argent de l'institut John Hopkins, et afin de parler du HIV et du SIDA, allait me plaire ? C'est un sujet quasi-pédagogique, j'aurais pu m'ennuyer comme un rat mort. J'étais donc attentive mes réactions, me demandant si le sujet n'était pas trop aride, ou si, au contraire, il n'allait pas me rebuter. Pas de méprise : je suis toujours amatrice de drama, mais il y a drama et message-d'information-et-de-prévention-déguisé-en-drama, si vous voyez ce que je veux dire...
Bon et puis, enfin, venait la qualité de la série elle-même. Outre tout ce que je viens de citer, il y avait tout simplement la question de regarder ce pilote comme un pilote, pas comme un échantillon... Et concilier tous ces points n'était pas forcément une évidence a priori !
Cela faisait donc bien des défis à relever.

Résultat ? Eh bien ce pilote m'a très agréablement surprise.
Apparemment conçue comme une anthologie, Intersexions commence lorsque Mandisa se prépare à épouser Kabelo, lequel est un homme d'une générosité qui n'a d'égale que la profondeur de son porte-monnaie, et la traite comme une princesse. Mais alors que Mandi et sa meilleure amie Cherise se réjouissent de cette journée parfaite (surtout que leur firme de relations publiques a également décroché un gros contrat), elles entendent à la radio que DJ Mo, un animateur de radio très populaire, annonce publiquement avoir le SIDA et être sur son lit de mort. Le visage décomposé de Mandisa dit tout : elle a vraisemblablement eu une histoire avec lui.
Comme en deux minutes, l'exposition est rondement menée (Mandisa et Cherise discutent du mariage à venir, puis Mandisa parle brièvement à Kabelo au téléphone), on sait pas mal de choses : que Kabelo est donc riche, qu'il adore sa future épouse, que celle-ci mène une vie professionnelle bien remplie avec Cherise, mais aussi que Mandi n'est plus vierge (elle promet des choses coquines à son fiancé au téléphone avec un air entendu). On ne trouve donc pas déplacé qu'elle ait connu d'autres hommes avant son futur mari dans ce contexte, on y est même très bien préparés, de sorte qu'on tombe quasi-immédiatement des nues lorsqu'on apprend, là, avant même la 3e minute (générique compris), que l'ex de Mandisa est sur le point de mourir du SIDA.

Là où notre héroïne va nous surprendre, c'est que, contre l'avis de Cherise, elle ne dit rien à son promis (lequel va mal interpréter son émotion pendant la cérémonie, forcément), même alors qu'elle n'est pas sûre d'être elle-même en bonne santé. Les jours qui suivent le mariage, celui-ci n'est absolument pas consommé, Mandisa ayant toujours une bonne excuse.
La façon dont la culpabilité la ronge peut paraitre un peu longue par moments, mais elle est aussi assez bien vue. Bloquée dans une situation où elle ne cesse de s'angoisser, mais où elle est incapable de dire ou faire quoi que ce soit, Mandisa n'a ainsi absolument pas pris rendez-vous pour se faire tester. Il y a une sorte de cocktail déni/dépression qui me semble assez compréhensible ; on sent bien l'horreur que la jeune femme ressent, et en même temps son impossibilité à prendre le risque qu'on lui confirme qu'elle a raison d'avoir peur. C'est un passage de l'épisode qui nous donne l'occasion de nous attarder énormément sur le visage de l'héroïne (qu'elle a fort joli mais c'est pas le sujet), déchiffrant toutes les nuances de l'angoisse, tandis qu'elle camoufle tant bien que mal sa terreur à son époux. Quand elle réalise qu'elle est peut-être enceinte, évidemment, ça ne s'arrange pas... et la réaction ravie du mari sera de courte durée, vous vous en doutez.

Intersexions-Mariage
La mariée est extatique.

A la fin de 24 minutes de torture, Mandisa se prend finalement par la main et va faire les tests. J'avoue que cette scène a été un peu baclée puisque l'infirmière qu'elle rencontre lui explique, en gros, le concept de la série, mais que toute l'attention de la camera est focalisée sur les réactions de Mandi. Difficile de compatir et d'apprécier le message en même temps. Pourtant le dialogue est bon, c'est la réalisation qui ne le met pas en valeur :
"Doctor, I don't sleep around. All the men I've slept with can be counted in one hand.
- It's not only about who you have slept with. What is important is : do you know who your previous lovers have slept with ?".
L'épisode se conclut sur cette interrogation effrayante (qui peut vraiment être certain de savoir y répondre ?), un tremplin vers ce qui sera, si mes sources sur la série ne m'ont pas trompée, le maillon suivant de la chaîne. Après tout, le générique n'énonce-t-il pas brutalement cette réalité moderne : "In sex, there are no strangers" ?

Ah oui, parce que finalement, je ne vous ai pas dit : Intersexions est en anglais. Souvent. Disons, pendant un mot sur trois ? Les dialogues sont en effet un panachage de langues que je ne prétendrai pas avoir reconnus.
Fort heureusement, les épisodes sont d'office sous-titrés en anglais (ouf !). Je suis donc d'autant plus ravie d'être certaine d'absolument tout comprendre...

Justement, passons si vous le voulez bien à la "review" de mon dealer en DVD du jour. N'ayant pas trop d'inspiration, j'ai opté pour à peu près la première solution que me proposait Google lorsque je faisais la recherche pour les DVD de la série, et c'est tombé sur kalahari.com. Parfois je vous avoue avoir l'impression de vivre dangereusement, mais bon, c'était un coup à tenter, il faut bien une première fois à tout, même quand personne ne peut vous recommander un service pour l'avoir utilisé. Eh bien dorénavant, chers amis, je suis cette personne qui vous recommande kalahari. Le choix n'est pas très vaste, les DVD pas toujours bien rangés (par exemple on ne trouve pas Intersexions parmi le listing des séries locales... whoops !), les descriptions techniques très épurées, mais au final, ça fonctionne. Commandé le 8 septembre dernier, les délais annoncés étaient un rien optimistes (9 jours... soit les délais prévus pour la livraison sur le territoire sud-africain). J'ai donc commencé à compter les jours, et le DVD est arrivé aujourd'hui. Niveau délai c'est pas tellement ça, donc, mais ça ne veut pas dire que ça vienne de kalahari. Niveau emballage, rien à redire : Amazon ne ferait pas mieux. Carton ultra épais, DVD parfaitement arimé, rien à redire (d'ailleurs l'éditeur lui-même est d'une intéressante prévenance, glissant une rondelle de papier entre le DVD et le boîtier afin de minimiser encore le risque que le DVD tourne sur lui-même pendant le transport et/ou se raye contre le boîtier). Alors au final, en-dehors du presque mois de délai, franchement, ça va.
Bon, côté prix maintenant, parce que je sais ce que c'est. Le DVD d'Intersexions était en promo ce jour-là : 165,75 rands, au lieu de 188,95 rands en ce moment (environ 3€ de différence... il n'y a pas de petit profit !). Ironie du sort, les frais de port à l'international étaient plus cher que le DVD lui-même (ce sont les risques du métier), soit 180 rands tout rond. J'ai donc payé au total 345,75 rands, soit 33,04€ euros ; étant donné que je considère qu'une saison en-dessous de 35€, frais de port compris, est une affaire, vous me voyez donc comblée. Kalahari, je ne viendrai plus chez eux par hasard !

Encore une belle aventure téléphagique en perspective, donc, j'ai hâte de remonter les maillons de cette chaîne et comprendre comment chaque personnage, est relié, souvent sans le savoir, aux autres, même si c'est à cause d'une terrible maladie. Le SIDA est, comme chacun sait, un fléau qui fait particulièrement rage en Afrique, mais il ne fait aucun doute que la thématique de la transmission du virus, du passé sexuel de chacun, et des précautions à prendre ou des vérités à annoncer, n'a rien de typiquement local, bien au contraire. On connait tous quelqu'un. Ou quelqu'un qui connait quelqu'un. Ou on a tous eu au moins une frayeur.
Le sujet, sans être traité avec pathos pour le moment (on est loin des derniers épisodes de Corky et de [dit-elle en sanglotant rien qu'à cette pensée] la mort de Jesse, car Intersexions fait le choix d'être plus mesuré et de prendre de la distance), est on ne peut plus actuel et universel. Peut-être même vais-je réaliser au cours de ce visionnage qu'il y a des évidences qu'à force d'être inondés de messages de prévention, on a mis de côté avec les années (ce serait ironique si ça se produisait) !
Après tout, combien de fois les séries nous parlent-elles du VIH ou du SIDA sur la durée, toutes nationalités confondues ? Il y a eu des intrigues d'Urgences, je suppose quelques unes dans Dr House, ça semble inévitable, et évidemment Kamisama, Mou Sukoshi Dake, mais le pari d'Intersexions est d'explorer un terrain sur laquelle peu de séries s'aventurent, et donc, d'exploiter un sujet sur lequel les téléphages ne sont pas incités à réfléchir ou même ressentir des choses très souvent. Pour quelqu'un qui aime les séries dramatiques, l'occasion de trouver de nouveaux sujets est donc parfaite, car le potentiel effleuré dans le pilote peut conduire à énormément d'histoires intéressantes autant que touchantes. Et puis, peut-être qu'un peu de pédagogie ne serait pas plus mal, pour une petite remise à niveau...!

Le format particulier d'Intersexions (il ne s'agit certainement pas d'une comédie, et même pas d'une dramédie, mais le pilote dure 24mn montre en main) s'adaptera en plus très bien à un visionnage "bouche-trou", par exemple lorsqu'il ne reste que quelques minutes à épisode US pour terminer de cagouler et que je ne veux pas me lancer dans quelque chose de trop long en attendant. Que des avantages que je n'avais même pas prévus !

Du coup, pour un coup d'essai...! Je recommande de tenter Intersexions (méfiez-vous des videos mises en ligne par SABC sur Youtube... c'est la toute fin de la saison 1 !), et pour vous prouver ma bonne volonté, je vais même vous dire : si au moins 5 personnes disent en commentaire ci-dessous être intéressées par le pilote... j'exaucerai leur voeu. Vous avez toutes les cartes en main pour vous décider...

Posté par ladyteruki à 01:43 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

21-06-12

[DL] The Clinic

Chose promise, chose due : vous vouliez découvrir le générique de la série irlandaise The Clinic, eh bien c'est fait ! Bon, il a fallu le mériter, mais on n'a rien sans rien en ce bas monde...

Voici donc le générique tel que présent dans le pilote de la série, mais comme le cast change pas mal au cours des 7 saisons, je pense qu'il doit exister plusieurs versions. Je vous dirai ça quand j'aurai fini la saison 1.

L'une des plus grosses surprises pour moi a été de constater que le générique de The Clinic mettait en avant autant les noms des acteurs que ceux des personnages. C'est d'autant plus important que le cast, j'ai eu l'occasion de vous le dire en parlant du pilote, est pléthorique, que le personnel de la clinique court sans cesse dans tous les sens, se présente de façons très variées, et du coup, le générique s'avère très vite être un outil fantastique lorsqu'il s'agit d'aborder la série.

TheClinic
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Vous pouvez le voir, ce générique est très différent de celui de la plupart des séries médicales, déjà parce qu'il n'est pas bleu. L'air de rien, c'est une nuance qui est importante, au propre comme au figuré.

La principale raison de sa différence est probablement son orientation plus dramatique, puisqu'ici, les personnages ont la priorité sur le contexte médical. Les portraits se succèdent, généralement pris dans le feu de l'action mais en même temps, comme ce sont des photos, ils n'ont pas l'effet que peut avoir, par exemple, celui d'Urgences. Mais de toute façon, comme ici il s'agit d'une clinique et non d'un service médical où l'on traite en majorité des cas critiques, on n'a pas besoin de retranscrire une ambiance de précipitation.
On peut également considérer que le choix de montrer l'aspect médical presque uniquement à travers des radios est également là pour souligner le côté dramatique, le fait qu'on entre dans l'intimité de ces gens pour voir ce qui se passe en eux, et pas pour saluer leurs prouesses médicales

Il en ressort une impression douce-amère, mettant en avant des personnes avant d'être des soignants, et un côté assez nostalgique qui provient probablement du thème musical.

Sachez pour ceux qui sont intéressés que si ce post obtient plus de 10 commentaires, je ferai un post La preuve par trois pour le pilote de la série. A vos claviers !

Posté par ladyteruki à 00:59 - Médicament générique - Permalien [#]

10-06-12

Rien à sauver

Le défi était grand, en entendant parler pour la première fois de Saving Hope, de ne pas faire de rapprochement avec Grey's Anatomy. Personnellement je n'ai jamais réussi à m'ôter de la tête combien il ne pouvait être un hasard que des histoires de coeur se déroulent dans un hôpital ; le twist du personnage en état de locked-in syndrome étant à mes yeux plus un point de vue qu'un véritable axe narratif. Sans compter que j'ai toujours trouvé un petit air de ressemblance entre Durance et Pompeo.
C'est le problème que j'ai quand je suis un projet depuis longtemps : je forme des idées préconçues à son sujet. Vous comprenez mieux pourquoi j'essaye de me tenir à distance de ce genre de choses, à présent !

Alors du coup, le pilote de Saving Hope n'était pas franchement celui que j'attendais le plus cet été. Mais c'était un pilote, alors... ce qui devait arriver, arriva.

SavingHope

Le problème c'est que Saving Hope a l'air de vouloir faire son maximum pour me détromper, sans vraiment trop savoir comment faire.

Et ça se voit dés l'entrée en matière du pilote, qui après nous avoir montré l'accident qui va plonger l'un de ses personnages centraux dans le coma et l'autre dans la tourmente, décide de faire marche arrière pour nous ramener 12 heures plus tôt, dans une sorte de compte à rebours avant... avant ce qu'on a déjà vu, et plus encore. Si encore la scène d'ouverture de Saving Hope s'était contentée de montrer le début de l'accident de voiture, sans nous dire tout de suite qui en réchappait indemne ou pas, bon, passe encore (quoique très franchement, combien de téléspectateurs se calent les fesses devant le pilote d'une série sans en connaître au minimum le pitch ?).
Mais là où est le suspense ? En admettant que parfois, ce retour en arrière ait encore une utilité véritable au-delà de son aspect gadget (et après tout ça se produit encore), à quoi cette petite boucle narrative est-elle supposée servir à Saving Hope en particulier ? Qu'est-ce qui empêchait de raconter le déroulement des choses dans leur chronologie réelle ? Non seulement le rewind est un outil totalement suremployé dans de nombreux pilotes, mais en plus dans celui-ci, il n'apporte rien du tout, ni d'un point de vue émotionnel, ni d'un point de vue narratif.

Qui plus est, après que l'héroïne principale se trouve prise dans une telle zone de turbulences, il devient impossible de s'intéresser aux cas médicaux. D'un autre côté, vous me direz qu'ils n'ont rien de captivant ; mais de toute manière je ne suis pas sûre qu'on puisse encore beaucoup innover, après 15 années d'Urgences, dans le domaine. Le véritable problème c'est que chaque fois qu'Alex s'approche d'un patient, ou même de son ex, qui bien évidemment est réintroduit en grandes pompes dans sa vie, on a envie de lui hurler qu'elle a quand même d'autres choses dont se préoccuper.

Pendant ce temps, son cher et tendre, Charlie, arpente les couloirs de l'hôpital en nous affligeant d'une voix-off qui, là aussi, est un procédé suremployé dont on a déjà bien soupé ces dernières années. On ne peut pas dire qu'il apporte quoi que ce soit aux intrigues, que ce soit lorsqu'il rencontre un patient décédé dans un couloir ou bien lorsqu'il commente l'aspect professionnel du métier de chirurgien, exactement comme un certain docteur Grey de notre connaissance (oh, c'est donc là que se loge l'originalité, ce n'est pas la nana qui officie comme narratrice ! Brillant ! Révolutionnaire !).

Pour beaucoup de séries nord-américaines, on a tendance à aborder le pilote en ayant, plus ou moins consciemment, la curiosité de savoir comment le pitch peut être étiré sur plusieurs saisons, parce que nous avons été éduqués à penser qu'une série se doit de se prolonger sur le très long terme. Les networks ont d'ailleurs la fâcheuse manie de ne pas savoir lâcher un succès et à le faire artificiellement durer en raison des exacts même réflexes. Je trouve souvent que c'est un tort, peut-être en raison d'une déformation due à de nombreuses séries asiatiques n'ayant vécu qu'une saison et ne s'en portant pas plus mal.
Ici, la question n'est pourtant même pas de définir comment Saving Hope peut durer plusieurs saisons. Dans le cas ici présent, la problématique est pire encore : même avec l'aide de la bande-annonce de l'épisode suivant, j'ai du mal à me figurer comment tout cela peut nous tenir pendant 13 épisodes. Toute une saison comme ça ?
En faisant abstraction de l'omniprésence des filtres de couleur (que ne renieraient pas les célèbres séries produites par Bruckheimer), de l'effet de lens flare permanent (et réellement aveuglant de mon point de vue, j'en arrivais à regarder certaines scènes en plissant les yeux), et des intrigues médicales vides, que reste-t-il à Saving Hope qui justifie de tenir l'antenne pas moins de 13 semaines ? Comment jouer sur le pathos suffisamment longtemps sans perdre ses derniers lambeaux de crédibilité ?

Alors, à part le plaisir de retrouver Michael Shanks à l'écran, il n'y a pas la moindre bonne raison pour poursuivre Saving Hope au-delà du pilote... A moins de vraiment avoir très peu d'estime de soi, et d'estimer que regarder une série qui ne fonctionne que par l'utilisation de poncifs soit divertissant, auquel cas je ne peux plus rien pour vous.

Posté par ladyteruki à 20:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-04-12

In good faith

GCB

Imaginez un monde où on retrouve des accents du Sud de l'Amérique, de la musique country et une actrice de Pushing Daisies. Ca fait beaucoup d'arguments en faveur de GCB !
Pour autant, il ne faut pas croire que j'étais d'emblée acquise à la série. Le thème soapesque proche de Desperate Housewives, avec toutes ces femmes riches, belles sous condition d'avoir le bon éclairage, et ayant bien trop de temps libre pour rester honnêtes bien longtemps, avait tout pour me repousser. J'ai d'ailleurs lâché Desperate Housewives assez vite, parce que je trouvais ça stérile et que j'étais proprement incapable de m'intéresser longtemps aux retournements de situation factices. Sans parler des personnages légèrement hystériques.

Après tout, on trouve des accents du Sud en bien d'autres endroits y compris dans des séries (mon préféré est et reste celui de Reba, le plus prononcé que j'aie jamais entendu à la télévision), j'ai de la musique country à ma disposition sans m'infliger une mauvaise fiction, et quant à l'actrice de Pushing Daisies eh bien, comme le prouve mon Piemarathon, je peux la retrouver dans Pushing Daisies quand je veux.
Ok GCB, il va donc falloir faire mieux que ça.

Hélas les choses se sont bien mal engagées lorsque Leslie Bibb a commencé à... je ne sais pas trop ce qu'elle faisait, mais je n'oserais pas appeler ça jouer la comédie. Donc juste pour être sûre, euh, petite vérification : confirmez-moi un truc, elle est actrice, pas vrai ? Elle était mauvaise comme ça, dans Urgences ? Dans Popular ? Chais pas, c'est la doubleuse qui lui sauvait la mise ou bien ? En tous cas ça pose question.
Et c'est d'autant plus embarrassant qu'elle est supposée être l'héroïne de la série et qu'elle occupe l'écran une grande, très grande partie du temps. Vraiment j'en étais gênée pour elle.

GCBiches

Heureusement, pour compenser la vacuité de la prestation de Bibb, elle a face à elle des gens qui font tout le charme de la série. C'est par cette panoplie de personnages d'importance variable, mais toujours savoureux, que GCB remplit son contrat de divertissement qui fonctionne plutôt que de punition collective.
Évidemment, Kristin Chenoweth est en grande forme. Elle l'est toujours plus ou moins mais la place qu'on lui laisse pour s'épanouir est variable (dans Glee par exemple, elle pouvait chanter mais pas vraiment donner le meilleur d'elle-même dans d'autres domaines). Ici elle est en TRES grande forme, et elle est, en réalité, la force motrice de ce pilote. Carlene me rappelle un peu Dallas, dans Suburgatory, mais en version peste patentée... et pourtant diablement attachante, parce que même insupportable, la Cheno est une crème, c'est dans son ADN.

Le mérite ne lui en revient pas exclusivement, pourtant. Très vite, la venimeuse Cricket, l'embarrassante Sharon (interprétée par dont j'admire déjà l'accent depuis Rodney ; ce qui admettons-le est certainement la seule chose à admirer dans cette comédie pathétique) et Heather la fausse-peste, vont prouver qu'elle sont plus que des faire-valoir pour Carlene, et vont apporter chacune des scènes très sympathiques à ce pilote, même si elles sont moins en verve. Mais au-delà de ça, même les petits rôles fonctionnent pour le moment très bien : Blake le mari qui mène une double-vie, Ripp, celui qui forme un fantastique tandem avec Carlene, ou encore, dans une moindre mesure certes, la mère d'Amanda (j'avoue que je m'attendais à ce qu'elle soit plus haute en couleur, mais ce n'est que le pilote).
On a la vraie sensation de découvrir toute une société, un microcosme gangrené par les apparences, et c'était nécessaire ; il faut vraiment que ça continue comme ça. Comme Suburgatory a essayé d'en décortiquer les mécanismes, il est d'ailleurs très futé de la part de GCB de ne pas trop chercher à expliciter de côté-là des choses et de nous laisser l'observer sans appuyer dessus ; la réalisation et les stylistes se chargent de ce boulot sans que le scénario ne s'apesantisse sur la démonstration de force, et c'est bien joué, cela évite l'impression de déjà vu.

D'ailleurs, plutôt que de parler uniquement de riches oisifs comme peuvent le faire Desperate Housewives et Suburgatory, GCB a l'excellente idée, bien qu'évidemment elle lui ait causé pas mal de tort aux États-Unis (c'est d'ailleurs surprenant d'apprendre que la Pologne, pays chrétien s'il en est, fait par exemple partie des premiers pays à en avoir acheté les droits ; la série y est diffusée depuis la mi-mars !), d'orienter sa critique vers la contradiction entre les valeurs chrétiennes et leur non-application par les horribles pestes de la clique de Carlene.
Le sujet est abordé au travers de tout un champs lexical très efficace, et de nombreuses références bibliques utilisées avec malice parsèment l'épisode. Je n'ai pas eu l'impression que c'était très offensant, mais c'est vrai que d'une part, je suis athée, et que d'autre part, le simple fait de montrer des teignes en indiquant clairement quelle est leur religion peut, je le comprends, défriser ceux qui voudraient renvoyer une image immaculée de leur communauté. Ce ne sera pas pour cette fois, mais je crois que les égratignures sont suffisamment superficielles pour que cela ne porte pas préjudice à la série sur le long terme, on se rend vite compte que c'est fait en toute bonne foi, sans méchanceté, mais quand même pour souligner une certaine hypocrisie qui existe, il faut l'admettre. Et puis, le personnage le plus explicite quant à cette thématique, Carlene, est interprété par une Chenoweth que je crois foncièrement incapable de blasphème. A l'instar de Suburgatory qui veut rire sans cruauté, je pense que GCB a su trouver le ton qu'il fallait pour servir son propos sans tomber dans la caricature agressive.

GCBack

Plusieurs scènes de cet épisode inaugural sont plutôt sympathiques, surtout à mesure qu'Amanda commence à se rebiffer (du coup sur la fin, même si son jeu n'est pas franchement génial, au moins elle a de la répartie), ce qui laisse augurer du meilleur pour la suite.
Là où GCB pèche encore un peu, c'est sur ses dialogues, qui manquent encore un peu de mordant sur la longueur, se concentrant sur quelques passages-clés (en général en présence de Kristin Chenoweth mais pas uniquement). Il faudra vraiment que la série accentue la causticité de ses répliques, et pousse son concept le plus loin possible. Il s'agit de mettre tout en oeuvre pour montrer des personnages aussi malveillants que possible : c'est sa planche de salut. Sans cela, la série aura l'air de faire dans la provoc en toc.

Car vous l'aurez compris, je me suis quand même bien amusée devant le pilote de GCB, avec, en bonus, des accents géniaux (pour une native de Chicago, Marisol Nichols se débrouille d'ailleurs plutôt bien !), de la musique country en pagaille, et une actrice de Pushing Daisies.
C'est bizarre, parce que c'est pas du tout mon anniversaire.

Posté par ladyteruki à 13:24 - Review vers le futur - Permalien [#]