ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

11-08-11

Faille téléphagique

Ca paraissait impossible, mais c'est vrai : j'ai découvert une faille téléphagique. Vrai de vrai. Et une énorme, en plus.

Une faille téléphagique ? C'est comme une faille spatio-temporelle, mais avec des séries. C'est absolument ahurissant, vous allez voir. Une vraie manifestation paranormale.

Je suppose que vous estimez bien connaître l'actualité des séries américaines. Chaque saison, vous savez quelle série va voir le jour sur votre chaîne préférée, et sur la plupart des autres. Vous lisez les articles, les news, les grilles, les récapitulatifs, tout ça. Vous décidez de n'en regarder qu'une partie, mais vous savez de quoi il s'agit. Pas vrai ? Quand arrive la rentrée, sur une chaîne populaire, surtout si c'est une chaîne du câble et qu'elle a ses afficionados convaincus qu'elle est au-dessus de la moyenne, vous savez ce qui va arriver sur les écrans américains, par exemple. Et même si ça ne fait pas longtemps que c'est le cas, disons que vous faites ça depuis au moins un ou deux ans.
Globalement on peut dire que vous savez de quoi on parle.

Alors prenons une chaîne. Disons... Showtime. Tous les amateurs de séries connaissent Showtime. On sait qu'il y a des séries comme Nurse Jackie, ou United States of Tara, même si on ne les regarde pas forcément. Et puis bien-sûr tout le monde connaît Dexter. Pas vrai ?
Nan, sans rire, Showtime, ça va quoi, on connait les séries de Showtime !
C'est pas comme si on parlait d'une chaîne obscure comme BET ou TBS, auxquelles personne ne s'intéresse et sur lesquelles la sphère téléphagique francophone reste muette. Là, bon, admettons, on pourrait dire que vous avez des lacunes, personne n'est parfait.
Mais Showtime ? Aha, Showtime ça va, Showtime on connait !

Et si je vous disais que non ? Qu'il y a une série de Showtime que vous ne connaissez pas ? Et qu'en plus, elle a été diffusée il y a moins d'un an ? Vous me riez au nez ?
Vous auriez raison. Ca a été ma première réaction aussi.

Ensuite, j'ai avalé ma langue. Parce qu'après vérification, j'ai découvert que LOOK existait bel et bien.

LOOK est une série de 11 épisodes diffusée d'octobre à décembre 2010 sur Showtime. C'est l'adaptation en série d'un film du même nom de Ron Rifkin. Et on y trouve notamment Claudia Christian, de Babylon 5. Et si vous avez vu passer un épisode de cette série, ou lu une review du pilote (de n'importe quel épisode en fait) ou déniché un bilan de saison, eh bah je vous tire mon chapeau, parce que moi j'ai rien vu de tel. Et là je viens de passer 30mn à chercher, et j'ai pas vu l'ombre d'une cagoule trainer.
Une faille téléphagique, je vous dis. Une série sur une chaîne connue et observée par tous, mais où une série est totalement passée inaperçue.

Du coup je vous encourage à aller visiter le site officiel de la série et à lire ce que Wikipedia nous apprend à son sujet. Ca donne encore plus envie de se donner des baffes pour être passé à côté.
Parce qu'en plus, c'est absolument brillant comme concept.

Une faille téléphagique, je vous avais prévenus.

LOOK

Et pour ceux qui... bah, non, pas de fiche, évidemment.

Posté par ladyteruki à 21:51 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-04-11

[DL] InSecurity

Si le générique d'InSecurity ne se prend pas au sérieux, il est quand même diablement réussi. Comme quoi on n'est pas obligés de bâcler le boulot même si on prend les choses à la plaisanteries. Moi, dés qu'on joue avec les couleurs, il faut admettre que je suis bon public, et là c'est quand même plutôt réussi, cette identité en trois couleurs. En fait ça m'a tellement plu, qu'il m'a fallu au moins dix visionnages amusés avant de réaliser qu'il y avait effectivement des extraits de la série tout au long du générique ! C'est vous dire si c'est bien fait.

InSecurity
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Quelque part, j'aurais voulu que Breaking In se fende de quelque chose d'aussi sympathique. C'est pas si compliqué que ça, finalement, de faire un bon générique, et de moins en moins on peut aller les chercher aux Etats-Unis, à part sur le câble et encore (il parait que celui, pourtant déjà mythique, d'United States of Tara, a disparu en saison 3 ; inutile de dire que ça me fâche plus qu'autre chose, avant même d'avoir eu le temps de me remettre à la série). Un générique n'a pas besoin d'être parfait pour être efficace, et ça le générique d'InSecurity, avec sa police toute moche et son côté potache, le prouve assez bien. Mais au moins on rigole et on écoute une chanson sympa, zut à la fin, pourquoi ça semble tant demander d'avoir simplement ça ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche InSecurity de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:22 - Médicament générique - Permalien [#]

03-08-10

Engagé

Picture it : Sicile, 1927.
Euh, non, pardon. Je vous ai dit que je finissais Les Craquantes ces derniers jours ?

Picture it : déjeuner dominical avec mes parents.
Dimanche, donc. Histoire de ne pas être obligée d'aller les voir chez eux, je les invite au restaurant japonais (c'est toujours marrant de regarder mon père demander une fourchette pour ses sushis pendant que je mange mon riz avec des baguettes). Et en plus, ça évite de faire la vaisselle.

Bref. En ce moment, lady est juste un peu occupée par : son nouveau boulot, ses nouveaux collègues, ses nouvelles attributions sur SeriesLive. Donc bien que lady essaye de parler de plein de choses, à un moment, c'était inévitable, lady commence à parler de séries du monde... difficile de déterminer si c'était le wasabi ou le sujet qui ont fait s'étouffer mon père.

Comme souvent lorsque je leur parle des séries que je regarde, je leur sers grosso-modo un résumé de ce que j'ai pu dire dans des posts récents : le fait de l'avoir posé noir sur blanc aide bien à définir les informations-clé qui seront intéressantes à ressortir dans une conversation avec quelqu'un qui n'a pas du tout suivi ce que j'en ai dit récemment. Donc j'évoque chaque pays déjà traversé (et celui de cette semaine, mais, ah ah, surprise ! je n'en dirai mot ici), et lorsque j'en viens à Israël, naturellement, je ressors mon couplet extatique sur la façon dont on ne peut dissocier la fiction israélienne de l'histoire d'Israël. On ne peut pas juste la regarder comme une fiction, c'est forcément une fiction d'Israël.

Et là, ma mère me dit : "oui, c'est une fiction engagée". Hmmmmnon. C'est pas engagé, ya pas de message politique. C'est juste ancré dans la réalité du pays. "Oui, mais si : c'est engagé quoi". Mmmmmais non. Non, là ça donne un côté revendication qui n'est pas exact. Engagée ? Ayrilik est engagée. Pas Mesudarim ou Srugim. Pourtant ces fictions ne sauraient être vues sans une vague conscience de leur origine ; il me semblerait difficile de faire passer ces séries pour américaines si elles venaient à être doublées par exemple (et, oh, oui, s'il-vous-plaît ! Doublez Mesudarim !).

MesudarimMessage

Mais j'ai depuis repensé à la réaction de ma mère. Je crois qu'instinctivement, elle voulait qu'on puisse tirer un message de ces séries (et des autres dont j'ai parlé, oui nan mais j'ai vu ton sourire narquois quand j'ai parlé de Naznaczony, ça va hein). Qu'on en retienne quelque chose qui dépasse la série elle-même. Et ça me semble une approche erronée de la fiction, du moins si elle est appliquée de façon systématique.
C'est pour ainsi dire une lubie dans ma famille. Quand on regardait un documentaire, ou parfois un film, surtout si c'étaient mes parents qui l'avaient choisi (et c'était le cas à 99% jusqu'à ce qu'un jour, ma sœur et moi apprenions à faire du lobbying, plus ou moins avec succès), à la fin, mon père ne manquait pas de demander : "alors, qu'est-ce que tu en as retenu ?", et je retenais surtout ce que j'avais ressenti, et pas vraiment de grande leçon sur la vie, la morale ou la dangerosité du monde extérieur (parce que, quand on regarde des reportages sur la délinquance, la violence, la drogue ou le métier de flic quasiment chaque semaine, quand c'est pas le travail des enfants, on peut pas vraiment dire que le message soit super positif). Alors il s'énervait et à partir de là, la suite m'appartient.

Mais enfin globalement, ça me semblait étrange de toujours vouloir tirer une leçon de tout. Surtout en matière de fiction. C'est bien d'essayer de réfléchir un peu sur ce qu'on a vu, et je m'efforce de le faire (quoique je ne sois pas aussi capable qu'Adam de Blabla-Series d'en tirer un enseignement philosophique), mais le ressenti a toujours sa place, et parfois il faut admettre que certaines séries se prennent pour cela, pour le ressenti, sans chercher à vouloir élargir au-delà des personnages. C'est notamment vrai dans le cas des séries asiatiques, qui s'intéressent plus à l'exploration de leurs personnages qu'à une situation généralisable dont il faut tirer un enseignement moral quelconque (si on le prend comme ça, 1 Rittoru no Namida devient incroyablement gnangnan, forcément !).

C'est à rapprocher, pour moi, de ces gens qui voudraient absolument qu'une série soit "réaliste". C'est ridicule. On ne demande pas United States of Tara d'être réaliste sur les personnalités multiples, ou à Nurse Jackie d'être réaliste sur le métier d'infirmière (des attentes d'ailleurs vite déçues). Pas plus qu'on ne demandait à Prison Break d'être réaliste sur la vie en prison, et ainsi de suite. Le principe de la fiction est de justement aller au-delà, d'explorer, par des extrapolations, des exagérations et des retournements de situation improbables, des thèmes intéressants, juste pour curiosité intellectuelle.
Les propos d'une bonne sœur que Jackie rapporte dans le pilote ("the people with the greatest capacity for good are the ones with the greatest capacity for evil"), montrent bien que la profession d'infirmière n'est qu'une excuse pour délivrer un personnage tout en nuances, effectivement capable de soigner, mais aussi capable de causer beaucoup de tort. C'est un combat intérieur entre le bien, le mal, et la zone de confort individuelle, que traite Nurse Jackie. Ce n'est pas une chronique hospitalière, pour ça, voir Urgences, et encore, il y aurait long à dire sur les quelques libertés prises avec le réel. Mais c'est le principe, et c'est tant mieux.

HugeMessage

Et quand Eclair dit qu'il regrette que Huge n'aille pas plus loin dans son exploration des problématiques de l'obésité, je dis que ce que traite Huge, c'est indubitablement le ressenti d'un obèse, et pas la politique nutritionnelle des fast-foods. Si Huge passe autant par les regards et par le non-dit, c'est parce que son sujet, c'est l'obèse, pas l'obésité. Le regard des autres, et non un regard sur le sujet. En cela, Huge est une série extraordinairement puissante, mais voilà, si on voulait une série qui condamne les politiques publiques sur la gestion de l'obésité et de la nutrition aux États-Unis, il fallait regarder une autre série, pas Huge dont ce n'est pas le propos central. Peut-être Gigantic, dont je n'ai pas encore réussi à dégoter un épisode ?
De la même façon qu'on ne regardait pas Ally McBeal pour sa critique du système judiciaire. Évidemment, ce sujet peut être effleuré plus ou moins volontairement par la série en question, mais il est quand même préférable de regarder The Practice pour une approche plus précise de ces problématiques.

Une fiction engagée à tout prix. C'est un peu comme une série historique fidèle à la chronologie à tout prix. Ça n'a qu'une valeur vraiment moindre à mes yeux. Je n'attends pas d'une série qu'elle remplace la lecture de journaux, de livres, ou les expériences réelles. Juste qu'elle serve de complément, pour le ressenti et l'approche de sujets que je n'aurais pas abordés de moi-même (par exemple parce que je n'ai pas d'infirmière dans mon entourage).
Une série n'a pas besoin d'être engagée pour être bonne. Même si ce peut être un plus, ce n'est pas essentiel.

Posté par ladyteruki à 11:21 - Série de valeurs - Permalien [#]

18-06-10

Instinct grégaire

Il se passe plein de trucs à mon boulot. On n'est pas là pour parler de ça, mais pour une fois, ces changements ont touché ma fibre téléphagique. Parmi ces changements : à peu près une nouvelle recrue chaque semaine. Et en discutant avec la petite nouvelle de cette semaine, c'est ma propre pratique de la téléphagie que j'ai été amenée à questionner.

Il s'avère que dans la conversation, j'ai mentionné les séries et qu'elle m'a lancé : "ah oui ? Moi aussi !". Je me suis donc livrée à une danse typiquement téléphagique (qui consiste en un mélange de polka, de line dance et d'imitation d'une télécommande), puis je lui ai demandé la phrase rituelle : "et toi, tu regardes quoi en ce moment ?".

Objectivement, le problème, ce n'était pas vraiment sa réponse. C'était ma réaction devant sa réponse à mesure qu'elle citait les titres de ses séries favorites :
- Supernatural
- Smallville
- Desperate Housewives
- Grey's Anatomy
...
Je crois que si elle avait cité One Tree Hill, je résiliais moi-même son contrat de travail (si j'avais ma propre boîte, vous pouvez en tous cas être sûrs que ce serait une clause de rupture).

Ce qui m'a ennuyée n'était pas le fait que je n'aime pas les séries en question (à l'exception de Supernatural dont je suis et reste convaincue, à la lecture du Blog de la Sorcière, que j'ai loupé quelque chose). Et je n'ai pas eu la moindre pensée pour le fait que c'étaient là des séries grand public (ça ne me vient à l'esprit que maintenant en essayant de penser à ce que ces titres ont de commun). Non, je l'ai immédiatement jugée à cause du peu d'estime que j'ai pour ces séries sur un plan intellectuel. Concrètement, si elle m'avait dit regarder des séries que je n'aime et/ou ne regarde pas (comme par exemple House, Lie to Me...), mais qui me semblent d'un niveau intellectuel correct, je n'aurais pas eu cette réaction.
Jugée. Le mot est lâché.

Ne me fixez pas d'un air si désapprobateur. On le fait tous.
Si la phrase qui revient systématiquement, quand deux téléphages se rencontrent, est : "et toi, tu regardes quoi en ce moment ?", il faut bien admettre que c'est moitié pour se trouver des points communs, moitié pour évaluer le téléphage en face. Dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es. Ou en tous cas j'en déciderai arbitrairement sur la seule base de ta vie téléphagique. On part du principe qu'on est ce qu'on regarde, notre réflexe est de brosser un portrait caricatural de notre interlocuteur sur cette seule information (parfois mise en corrélation avec son âge).

Je crois que dans l'esprit de tout téléphage, même si ce n'est pas très cool de l'admettre, il y a une hiérarchie plus ou moins acquise, qui varie selon nos propres préférences, sur tout un tas de paramètres, comme par exemple :
- l'amateur de VO se considère supérieur à l'amateur de VF
- l'amateur de dorama se considère supérieur à l'amateur de séries françaises
- l'amateur de séries du câble américain se considère supérieur à l'amateur de séries de networks
- l'amateur de drames complexes se considère supérieur à l'amateur de teenageries
- l'amateur de séries méconnues  se considère supérieur à l'amateur de séries populaires
- l'amateur de séries historiques  se considère supérieur à l'amateur de séries d'action
Et parfois inversement, et bien d'autres choses encore. Ce n'est peut-être pas exactement en ces termes, mais on a souvent tendance à diviser le monde de nos interlocuteurs téléphagiques en deux : ceux qui sont dignes d'intérêt, et ceux qui ne regardent que des merdes.

A ce comportement s'ajoutent en plus certaines animosités du genre "c'est à cause de ta série que la mienne a été annulée", et autres préjugés sur une série donnée (quelqu'un me cite Gossip Girl, il peut regarder aussi Breaking Bad et Mad Men, mon opinion sera quand même faite), et vous comprendrez combien les chances de se trouver des téléphages aux goûts équivalents, partageant les mêmes attentes en termes de divertissement et/ou d'exigence, relèvent de l'absurdement petit.

Allegorie
Téléphage apprenant que son interlocuteur regarde des bouses (allégorie)

Même si on ne regarde pas les mêmes séries, savoir qu'on regarde des séries d'un même "niveau" semble important.

Rendez-vous compte que sur la petite communauté de personnes fréquentant l'univers des séries télé (et ils ne sont pas si nombreux que ça, d'autant que certains a priori persistent), on en est encore à faire le tri entre le téléphage et le casual viewer (ce que j'appelle dans ces colonnes le télambda), puis à l'intérieur du groupe "téléphages", ceux qui regardent des trucs qui méritent qu'on les écoute en parler, etc... Bref, à l'intérieur d'une population minoritaire, nous nous créons instinctivement des minorités d'appartenance. Tout ça semble bien compliqué...

J'aimerais vous dire que j'ai fait le choix de la facilité, et que je me lie à toutes sortes de téléphages, et même à des télambdas prometteurs, mais ce serait mentir effrontément. Je dois à la vérité de dire que, lorsque ma collègue a cité ces titres, j'ai répondu : "Non ?! Même ça ? Même les saisons récentes ? Nan mais c'est pas sérieux, ça...".
Toute ouverte d'esprit que j'aimerais proclamer être, la vérité, c'est que je l'ai jugée !

...Et que depuis, je lui parle de Nurse Jackie, United States of Tara, et même un peu de Breaking Bad.
Je veux bien renoncer à me proclamer totalement tolérante envers ce qui m'apparait instinctivement comme le fond du panier téléphagique, mais c'est pas une raison pour abandonner le combat de la contagion...

Posté par ladyteruki à 21:57 - Contagion - Permalien [#]

22-03-10

God, make me good... but still not yet

Il y a quelques heures, j'accueillais United States of Tara avec joie et frustration, voilà donc l'autre partie de la bonne nouvelle du mois : revoilà aussi Jackie ! Non seulement ces deux séries ont figuré parmi mes rares coups de cœur de 2009, mais les voilà à présent liées l'une à l'autre par les grilles de Showtime, dans lesquelles elles figurent l'une à la suite de l'autre cette saison. Je me sens gâtée. Je le prends comme un cadeau qui m'est fait personnellement. Ravie au plus haut point.

Contrairement à United States of Tara qui entame sa saison dans la précipitation, Nurse Jackie prend son temps. Le résumé de la première saison, qui s'étend au début de l'épisode sur plus de 2mn, est assez éloquent à ce sujet : rien n'est laissé à l'abandon, tout est replacé dans son contexte (ya juste l'histoire du rat que j'ai toujours pas comprise, mais si ça ne figure pas dans le résumé, c'est que vraiment c'était anecdotique !). De sorte que, si vraiment vous avez été négligent, voire stupide, au point de ne pas avoir regardé la première saison, vous avez ici tous, absolument tous les éléments qui l'ont constituée. Et ces 2mn montrent bien que ladite saison n'a pas manqué d'enjeux...

Alors nous y voilà, on prend ses marques progressivement. Jackie est toujours sur la défensive par rapport à Eddie, qu'elle ne voit plus mais qui semble la hanter (on apprend au cours de l'épisode qu'elle ne répond plus à ses appels, ce qui est d'autant plus étonnant que 1/ c'est lui qui était furieux à la fin de la 1e saison 2/ il est censé ne pas avoir son numéro de portable habituel, or Jackie n'a plus qu'un téléphone dans ce season premiere). On a toujours su qu'avec Eddie, c'était plus qu'une simple histoire de sexe, et qu'en parallèle Jackie n'a jamais cessé d'aimer son mari ; c'est l'occasion de le rappeler avec cette première scène à la plage.

Les choses reprennent aussi leur place à l'hôpital, évidemment : Coop est toujours un petit adolescent attardé, Zoey réfléchit au ralentit mais a toujours bon cœur, Ellie est cynique mais toujours aussi attachée à la famille de Jackie, etc... Comme attendu, Momo a disparu du paysage et il n'y sera fait mention que très rapidement, histoire de donner un semblant de justification ; Thor semble en bonne place pour lui succéder dans le rôle du type avec qui on discute dans la chapelle sans trop vouloir en dire.

MakemegoodStillnotnow

Cet épisode très lent est dans la même ligne éditoriale que le pilote : on n'est pas aux pièces, ya pas le feu, occupons-nous tranquillement de placer chaque personnage avant d'aller plus en avant. C'est un rythme que j'aime chez Nurse Jackie, et il n'empêche absolument pas des scènes à la fois hilarantes et bien senties, permettant de jouer sur les problématiques habituelles, et notamment le problème d'abus de Jackie.

Rien dans ce premier épisode ne bouleverse l'ordre établi... avant que n'intervienne, évidemment, la fin de l'épisode. Avec Nurse Jackie, on n'a jamais travaillé à la hâte, et la nouvelle saison est dans la plus pure continuité. Si vous vous attendez à un coup d'éclat incroyable, vous n'avez toujours rien compris à la série et son ton de chronique. Si vous voulez retrouver tout ce petit monde à la fois attachant et détestable là où vous l'avez laissé, alors le début de la seconde saison s'annonce comme les retrouvailles auxquelles vous rêviez.
Moi, en tous cas, je me suis sentie comme en famille.

C'est bon que tu sois de retour, Jackie. Allez, c'est bon, tout est prêt, on peut y aller.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nurse Jackie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:54 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-03-10

Re-United

Au bout de quasiment un an, j'avais perdu l'habitude : avec United States of Tara, les épisodes sont toujours trop courts. Ce qui s'avère être aussi bien une bonne chose qu'une mauvaise. Je me rappelle avoir ressenti cette même circonspection à la fin du pilote, mais elle avait disparu avec le temps... et la revoilà !

Il faut du temps pour renouer avec la famille Gregson, d'abord parce que, pour eux aussi, le temps a passé : Kate en a fini avec le lycée, la relation de Charmaine semble durer (je sais ! moi aussi j'ai fait cette tête incrédule !), et Tara n'a pas eu à céder la place depuis trois mois maintenant (elle a en effet repris son traitement). On essaye donc de se remettre dans le bain tout en reconstituant le puzzle. C'est un épisode d'exposition qu'on nous offre là, finalement, car peu de personnages ne sont à reprendre là où ils en étaient restés. Seuls Max, solide comme un rock, et Marshall, guère plus avancé sur ses questionnements amoureux, ne subissent aucun décalage horaire.

On a l'impression de rencontrer Tara pour la première fois pendant cet épisode : elle est euphorique, passe son temps à plaisanter, on la sent en pleine renaissance. Elle reprend possession de sa vie, c'est agréable à voir. On aimerait profiter plus de la vraie Tara avant que, irrémédiablement, elle ne se fasse ensevelir à nouveau. La petite famille n'a pas l'air plus habituée que nous. On sent Max encore sur ses gardes. Il a évidemment raison : la quasi-hystérie de Tara annonce, avant même qu'il ne se produise quoi que ce soit, que tout n'est pas parfait dans le meilleur des mondes.

Mais si ce season premiere est aussi l'occasion de créer un évènement perturbateur, le problème est qu'il intervient bien trop vite. Oh, on se doutait bien que la bande de Tara n'allait pas restée terrée dans son trou médicamenteux bien longtemps, simplement on a tout juste raccroché les wagons que le train repart déjà... Qui plus est, deux nouveaux personnages entrent en scène, et si on prend le temps de plutôt bien cerner l'un d'entre eux, l'autre ne trouve pas le temps de se montrer crédible.

Le résultat est assez perturbant ; l'élément déclencheur de l'intrigue de la saison 2 aurait aussi bien pu intervenir dans l'épisode suivant, personnellement je me serais sentie moins bousculée par cette équation à rallonge "mettons-nous au courant de ce qui se passe chez les Gregson"+"rencontrons les nouveaux"+"voyons les choses basculer"+"accueillons un alias perdu de vue". Ça fait beaucoup.

Et puis, je trouve assez étrange que plus personne ne fasse mention au passé de Tara. Comme si, en apprenant que ce n'était pas le viol qui avait allumé la mèche, on n'avait plus du tout envie de comprendre comment elle est tombée malade, si j'ose dire. C'est assez curieux, quand même, que n'avoir aucune réponse semble couper court à tout questionnement sur l'origine du mal.

On sent que, de nouveau, United States of Tara a envie de dire beaucoup de choses, que les idées se bousculent mais qu'elles n'ont pas toutes la place de s'exprimer correctement. Nul doute que les épisodes à venir permettront de prendre le temps de délayer les intrigues qui méritent d'être passées à la loupe, mais en attendant, le résultat est un peu frustrant.

Re_United

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche United States of Tara de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:56 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-03-10

To be continued... United States of Tara

Depuis le temps ! Retour d'United States of Tara sur les écrans pour une seconde saison le 22 mars prochain...
Oh mais dites donc, déjà ? Il est donc plus que temps de se remettre dans le bain.

UnitedStatesofTara___1x01
1x01 - Tara, une mère de famille avec qui la monotonie du train-train quotidien n'existe pas...

UnitedStatesofTara___1x02
1x02 - On a tous quelque chose en nous de Bree...

UnitedStatesofTara___1x03
1x03 - Buck est de retour ; (toujours) pas de sexe pour Max ce soir !

UnitedStatesofTara___1x04
1x04 - Katie comme Tara apprennent à joindre l'utile à l'agréable... ou bien ?

UnitedStatesofTara___1x05
1x05 - Comment faire tourner une soirée de fête en fiasco... cherchez pas, c'est la spécialité maison.

UnitedStatesofTara___1x06
1x06 - Une preuve supplémentaire, si besoin était, qu'on ne choisit pas sa famille...

UnitedStatesofTara___1x07
1x07 - Qui aurait cru que Buck ferait un si bon booby-buddy ?

UnitedStatesofTara___1x08
1x08 - Le retour de cette bonne vieille Alice correspond à une virée en Enfer pour tout le monde... hasard ou coïncidence ?

UnitedStatesofTara___1x09
1x09 - Beaucoup d'adrénaline et quelques intéressantes découvertes...

UnitedStatesofTara___1x10
1x10 - Finalement Alice avait raison, la famille est bien sur le point d'accueillir un nouveau membre...

UnitedStatesofTara___1x11
1x11 - Tara intègre un programme afin d'explorer le traumatisme à l'origine de son état.

UnitedStatesofTara___1x12
1x12 - Le moment des grandes révélations est arrivé, et Tara va enfin comprendre ce qui s'est passé lorsqu'elle était en pension.

Eh bah voilà, c'était pas plus compliqué que ça... Vous avez plus que l'essentiel pour aborder la nouvelle saison sereinement à partir de lundi... ma mission accomplie, je repars donc vers de nouvelles aventures !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche United States of Tara de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:46 - To be continued... - Permalien [#]

16-03-10

Tout le monde en parle

Un site d'information qui propose des billets d'humeur. Un blog personnel qui propose des news. Les frontières entre l'information téléphagique et la subjectivité sont floues et plus personne ne cherche vraiment à rester sagement de son côté de la barrière. Il n'y a probablement jamais eu de barrière, en fait, juste, peut-être, éventuellement, des lignes un peu mieux dessinées au sol, mais pas respectées pour autant.
Et il n'y a, sur le principe, pas de problème avec ça.

Pourtant, parfois, certaines manifestations de ce fonctionnement me dérangent, juste un chouïa.
Et si j'y ai repensé récemment, c'est à l'occasion d'un post somme toute fort innocent d'une image de promo pour la série 100 Questions.

Voilà une série qui ne sera pas diffusée avant la fin mai, mais qui a commencé très en amont son opération de promotion, bien que sans grand panache. La photo de promo, en particulier, est sortie très tôt, et a été employée par un peu tout le monde (sauf certains qui avaient trouvé le moyen de faire main basse sur une capture du pilote).
Je n'ai d'ailleurs pas failli à la règle puisque, cherchant à compléter, à mes heures perdues (si-si, j'en ai encore quelques unes en dépit des dorama, des films... bref de tous les ajouts à mon calendrier téléphagique qui évolue en permanence depuis quelques mois), les fiches de SeriesLive, j'avais également ajouté cette photo de promo sur la fiche correspondante (parce qu'il faut le dire, sur la fiche de Better Off Ted, par exemple, ça n'aurait pas eu beaucoup de sens).
C'était en novembre, la date d'enregistrement du jpg sur mon ordinateur faisant foi (bon j'avoue tout, ok : sur l'ordinateur du boulot. Vous êtes qui, la police ?!).

Alors, où est le problème ? Bah ya pas vraiment de problème, c'est juste que quand, le 15 Mars, un site (mêlant déjà information objective et reviews subjectives) poste ladite photo de promo, avec pour seule légende "100 Questions - photo de promo", on pourrait être tenté de penser que, oui, la photo de promo vient de sortir. Que c'est de l'information.
Mais ça n'en est pas, précisément parce que la photo circule depuis des mois partout.

Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on peut légitimement penser que la personne, écrivant pour le site en question, s'est piquée de faire une recherche sur les séries à venir prochainement sur les écrans américains (c'est son droit le plus strict, si ce n'est, même, un devoir en tant que rédacteur pour un site faisant, entre autres, de l'information sur les séries). Ladite personne est tombée sur la photo, elle s'est dit : ah, bien, je vais la poster. On imagine.
Mais ce faisant, elle n'a pas informé (volontairement ou pas, c'est pas le sujet), elle a juste remis dans l'actualité une photo qui circule depuis des mois et des mois (et qu'est même pas spécialement jolie avec tout ça). Finalement, ce qu'elle a fait relève de la promo, en fait.

Il ne s'agit pas de dire que la photo promotionnelle vient de sortir (bon on n'est pas à la minute, si la photo datait d'une semaine ou deux, je n'aurais pas tiqué), juste de la publier sur exactement le même mode qu'une information récente, comme l'ont été avant elle sur exactement le même mode les photos promotionnelles des nouvelles saisons de Nurse Jackie ou United States of Tara. Qui, pour le coup, relevaient de l'information la plus pure et la plus réactive possible.
Comme ce site est coutumier de billets et reviews plus personnelles, je ne devrais pas être surprise outre mesure, mais la publication de cette photo promo de 100 Questions n'était accompagnée d'aucun commentaire ("bouh c'est pas original"/"j'adore cette photo"/etc...) laissant penser que le rédacteur officiait à titre plus personnel.

Mais du coup, voilà : cet acte si anodin a réveillé chez moi quelques interrogations profondément enfouies sur la limite entre le moment où nous faisons de l'information (exemple : quand je présente les nouveautés de la rentrée japonaise...) et quand nous faisons de la promotion (exemple : quand je glisse Better Off Ted dans un post qui n'a rien à voir avec la choucroute).

DefenseDafficher

A quel moment, par le simple fait de tenir un site ou un blog, commençons-nous à faire le jeu d'une certaine promotion (fut-elle minime) autour des séries dont nous parlons ?
Quand nous mentionnons une série sans raison immédiate et/ou apparente ? Quand notre review d'un épisode ou d'une série est positive ? Quand nous nous faisons le relai de la moindre broutille relative à une série qui a toute notre attention ?

C'est une question qui a son importance car ces actions ne sont jamais sans résultat sur le lecteur. Quand la chaîne ou la prod sort une info, puis une seconde, puis une troisième sur Glee, c'est déjà de la promotion. Alors forcément, quand par exemple moi, je parle d'une série donnée dans trois posts consécutifs, vous ne pouvez pas ne pas le remarquer. Et quand un rédacteur d'un site d'information consacre un post à la photo de promo d'une série, eh bien, on ne peut pas ne pas le remarquer non plus, et même si, à l'inverse de moi, vous n'y avez pas repensé ensuite, eh bien vous avez quand même encore entendu parler de 100 Questions et cela participe à la création d'une petite partie de votre cerveau qui se rappelle l'existence de cette série, et de son arrivée prochaine à la télévision américaine ; a contrario d'autres séries dont la photo de promo est sortie aussi, parfois un peu plus qu'une, comme ici dans le cas de Miami Medical, peut-être depuis au moins novembre aussi, et qui n'ont pas les faveurs d'un post ou d'une news, et dont vous n'avez même pas souvenir que la série va débarquer, du coup.

Ce n'est pas grave, en soi, évidemment. C'est juste une fois de plus où la limite se brouille.
Et une fois où on joue, un petit peu, avec notre perception de ce qui se passe dans le monde des séries. Je n'ai rien contre 100 Questions, et je n'ai pas non plus de biais positif envers Miami Medical. Mais d'un autre côté, il m'apparait un peu trop souvent à mon goût que les relais d'information semblent avoir, de leur côté, une mémoire tristement sélective sur les séries pouvant faire l'objet d'une mention, voire d'une news, soyons fous. Et du coup, vous, vous avez entendu parler une fois de plus de 100 Questions... y compris avec ce post.

Damned. On ne s'en sortira jamais.

Posté par ladyteruki à 12:53 - Point Unpleasant - Permalien [#]

03-02-10

Born again téléphage

Ah, ça, il faut le dire, j'ai été gâtée ces dernières semaines ! Noël et mon anniversaire étant séparés d'un mois tout juste, c'est en général le cas, mais là, je crois que j'ai battu des records... en partie parce que j'ai pris le parti de m'offrir des cadeaux de Noël et d'anniversaire moi-même (je vais quand même pas compter sur mes parents pour le faire !), en partie parce que mes amis m'ont vraiment choyée.
Et par mes amis, je veux dire vous. Là, vous. Oui vous. Voilà. Eh bah : merci. Je m'en remets pas ; vraiment.

Parce que du coup, il s'est passé un truc. Du moment où j'ai posé les coffrets dans ma Telephage-o-thèque, quelque chose s'est libéré en moi. En faisant l'acquisition, en deux mois, de la fin de Life, de la dernière saison disponible en DVD de Rescue Me... et d'une autre dont on va reparler très bientôt (oh que oui !), j'ai cessé d'attendre la suite de séries qui sont chères à mon cœur depuis un bout de temps. Puisque je les avais !

Vous le savez, 2009 a pour moi essentiellement été une année de deuil. Il a fallu laisser partir des séries auxquelles je n'étais prête à faire mes adieux, et c'était douloureux de faire une croix dessus. Ce sont les aléas de la téléphagie. Je ne suis d'ailleurs pas encore totalement remise, mais le fait d'avoir ces DVD a comme fait céder le barrage psychologique dans lequel je m'étais un peu enfermée. Je peux désormais aller de l'avant. Ces séries annulées trop prématurément à mon goût restent chères à mon coeur, sans aucun doute possible, mais un cap a été franchi, et plus rien ne me retient pour m'adonner avec passion à des séries qui, elles, sont bien en vie (pour l'instant...).

Et par voie de conséquence, j'ai commencé à penser aux séries que je compte acheter en DVD dés qu'elles seront disponibles en zone 2. Un signe qui ne trompe pas : je n'ai jamais cherché à graver les épisodes cagoulés. Mais là, c'est un pas supplémentaire, j'anticipe avec excitation leur sortie dans nos contrées (ou celles environnantes qui auraient la bonne idée de sortir les coffrets au plus vite). Je suis prête à commencer de nouvelles séries en DVD.

Voici donc les séries dont j'attends la sortie en zone 2 :

DVDzone2_UnitedStatesofTara   United States of Tara

Depuis la diffusion de la 1e saison, j'ai déjà regardé chaque épisode deux fois. Et je ne vous cache pas qu'un troisième round est plus qu'envisageable à l'approche de la saison 2 ! Je ne parviens pas à considérer la série comme une comédie. C'est plutôt un drame avec des situations rocambolesques, et ça me plait, ça met vraiment les personnages au défi. Or justement, malgré les rebondissements improbables (Kate et Brie qui s'offrent une balade impromptue, Charmaine et ses nichons de l'impossible, l'incendie de la cabane dans le jardin...), les personnages sont incroyablement réalistes et proches de nous. J'aime ce mélange.
DVDzone2_NurseJackie   Nurse Jackie

Avec Nurse Jackie, ce n'était pas gagné d'avance. Et pourtant, dés le pilote, la série su me faire oublier tout ce que je détestais chez Eddie Falco, pour n'en garder que le meilleur. Nurse Jackie est une série atypique, en cela qu'elle ne cherche pas à se trouver une narration efficace. On est quasiment dans la chronique de la vie quotidienne, il ne se passe pas forcément grand'chose de spécial, on laisse les personnages s'étirer et se mettre à l'aise, c'est extraordinairement apaisant comme rythme. Sans que jamais ce ne soit ennuyeux. Et puis, les contradictions de Jackie renvoient à quelque chose de tellement plus humain que la plupart des séries du moment...
DVDzone2_BetterOffTed   Better Off Ted

Pour quelqu'un qui a du mal avec les sitcoms, Better Off Ted apparait comme le phare dans la nuit des comédies du moment. Son sujet, son casting, ses dialogues, sa réalisation... tout est simplement impeccable. C'était un coup de coeur le premier jour, c'en est toujours un aujourd'hui. Le problème, c'est que dés que la série n'est plus devant mes yeux (comme très souvent dans le cadre de ce que je considère comme des comédies), je l'oublie. Un DVD me servirait de noeud à mon mouchoir...
DVDzone2_Glee   Glee

Ce n'est pas pour son scénario qu'on regarde Glee, mais pour son cast très sympathique et pour son ambiance pleine de bonne humeur. Je réserve naturellement mon jugement pour la seconde partie de la saison, mais la première partie ici présente m'apparait comme un must-have ! La force de cette série, ce n'est pas de flirter avec les cimes, mais de nous offrir un divertissement où chacun peut trouver son compte, et se régaler de musiques en tous genres. Pas la série la plus intellectuelle du lot, mais certainement celle que je suis sûre de rentabiliser une fois en DVD tant il est impossible de se lasser des numéros musicaux.
DVDzone2_Southland   Southland

Du drame, du vrai, qui fait mal. Avec Southland, je peux céder à mes penchants masochistes les plus sombres, j'ai l'impression que je ne serai jamais déçue. D'autant que vous le savez, j'ai toujours un faible pour les policiers en uniforme, les vrais perdants d'une décennie télévisuelle dédiée aux enquêtes mais pas aux policiers de terrain. La réalisation fait beaucoup en ce sens, pour donner une impression de proximité à la fois rassurante et angoissante. Et puis, en plus, cette première saison est vite regardée. On peut se faire ça en un weekend, c'est parfait pour un investissement en DVD.

Vous remarquerez que toutes ces séries n'ont actuellement qu'une saison, mais sont assurées d'une deuxième (Better Off Ted étant l'exception, puisqu'elle a déjà une seconde saison et n'est pas du tout assurée d'une troisième). Je suis prête à m'engager dans de nouvelles séries. C'est vraiment positif !

Je peux donc, en attendant que ces DVD sortent, profiter paisiblement de mes coffrets nouvellement acquis (merci merci merci !), et me réjouir devant ces séries que j'aime... mais en même temps, je ne suis plus en train de bloquer dessus.
2010, l'année de la résilience téléphagique ?

Posté par ladyteruki à 13:14 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

01-02-10

A mile in someone else's sofa

Lorsque je m'apprête à découvrir un pilote, ma technique est essentiellement la suivante : j'évite les trailers autant que possible (c'est de plus en plus souvent vrai), je ne lis aucune review avant d'avoir moi-même visionné l'épisode, je regarde le pilote, je me fais une opinion (c'est pendant cette phase que je rédige mon post s'il y a lieu), et ensuite, j'entame la phase de lecture.
Et plus la série me plaît, plus je lis. Dans le cas d'un Spartacus: Blood and Sand, mettons, au plus deux blogs suffisent (oh, maximum ; vraiment !). Dans le cas de United States of Tara, ce serait plutôt le contraire, il n'y a jamais assez d'opinions à confronter à la mienne.

Mathématiquement, il est donc logique que du coup, plus je lis d'opinions plus j'ai de chances de sortir de la sphère téléphagique dans mes lectures. Et c'est alors que j'épluche les avis des non-téléphages, ceux que j'appelle les télambdas, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas trop passionnés, ni caricaturalement benêts, le type de la rue en fait ; comme vous et moi mais avec une vie en-dehors de son écran, quoi.

Parfois je tombe des nues. Parfois je trouve ça rassurant. Parfois je découvre des points de vue auxquels je n'aurais jamais pensé. Mais c'est toujours intéressant, en définitive, de voir ce que peuvent penser les gens qui ne baignent pas dans nos références et nos exigences d'habitués. Il faut juste prendre l'habitude de ne pas penser qu'on a raison, et essayer de s'ouvrir à la possibilité que tout le monde ne pense pas comme nous, même si devant certaines réactions qui nous semblent incongrues, c'est parfois une certaine forme de sport cérébral !

Prenons un exemple... tiens, Nurse Jackie ; j'étais hébétée de lire les réactions sur des blogs d'infirmières. La plupart étaient absolument outrée par le portrait que Jackie faisait de la profession. Jamais je n'avais lu, dans les commentaires, une suite aussi ininterrompue de retours négatifs sur la série, voire carrément agressifs.
Comme vous le savez probablement, j'adore Nurse Jackie, mais ce n'était pas vraiment le problème. Le problème, c'est que ces exclamations vexées me semblaient totalement à côté de la plaque. Précisément parce que les télambdas ne comprennent pas forcément l'intérêt d'une série télé : il ne s'agit pas d'un publi-reportage, on n'y fait pas la promo ou la critique d'un métier. Nurse Jackie, c'est le portrait d'une femme qui est infirmière, pas d'une infirmière qui les représente toutes, et si ça me semblait si évident, ça ne l'était pourtant pas pour ces infirmières elles-mêmes, qui se sont senties attaquées.

Dans ce genre de cas, la téléphagie, c'est aussi ça. C'est essayer de se mettre à la place d'un personnage, et puis aussi, une fois de temps en temps, de se mettre dans le sofa d'un autre spectateur, et imaginer son ressenti.
Les infirmières avaient vu quelque chose qui m'avait échappé : Jackie est un mauvais exemple d'infirmière. Et ça m'avait échappé parce que Jackie est, à mes yeux, un excellent exemple d'être humain.

Dans le cas de United States of Tara, que j'évoquais plus haut, j'ai lu bien des critiques (et si vous vous souvenez, le pilote m'avait laissée dubitative), mais celle qui m'a le plus frappée, c'est celle d'un blogueur anglophone qui à l'issue du second épisode constatait : "It's becoming clear that this show is going to use its extreme (and impossible!) premise as a parable illustrating that all families are crazy in their own way, not just ours". En d'autres termes : il devient clair que cette série va utiliser ses prémisses extrêmes (et impossibles !) comme une parabole illustrant que toutes les familles sont folles à leur façon, et pas juste la nôtre.
L'auteur s'appuyait pour cela sur le générique, et notamment les paroles "I know we'll be fine, if we learn to love the ride" (paroles que j'avais interprétées comme faisant référence au travail de Tara pour se trouver elle-même au milieu de toutes ces identités).
Devant une telle lecture, je suis restée sur ma chaise, les bras ballants et la mâchoire sur le clavier. Il ne m'a en fait jamais semblé que la série tournait autour des liens familiaux. Elle tourne avant tout autour de Tara, de ses problèmes, et ensuite de la façon dont ça rejaillit sur sa famille. Il ne s'agit pas de démontrer quoi que ce soit, mais de... profiter du voyage aux côtés de Tara. C'est fou que quelqu'un ait vu ça dans les mêmes images que j'ai regardées.

Ce genre de lectures a souvent pour effet premier de nous faire nous exclamer : "mais... on a regarder la même série ?!", quand, en fait, il faudrait simplement dire : "on a regardé la même série, mais avec des yeux différents". Et ça rend le visionnage, finalement, encore plus enrichissant, si l'on en fait l'effort.

TelephagicDID

Posté par ladyteruki à 14:23 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]