ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

20-05-10

Not live from New York

Ça fait depuis samedi soir que la saison de Saturday Night Live s'est finie. Wow, c'est moi où ça manque sérieusement d'air autour de ce blog ? Je sais pas, je me sens comme oppressée... non ? Que moi ? Bon bah je continue. J'en étais où ? Oui : SNL ne reviendra pas avant septembre. Ouh et puis, il fait lourd aussi, non ? Quelqu'un peut ouvrir la fenêtre ? Je le ferais bien mais je pense que si je bouge, je vomis. Ah non je me sens pas bien là. Punaise, je sais pas si c'est la grippe carabinée que j'ai réussi à choper hors-saison ou quoi, mais la vache, je déguste. On disait quoi ? Ah, j'y suis, pas de SNL avant l'automne. Oh écoutez j'ai des bouffées de chaleur et des frissons en même temps, je vais pas pouvoir continuer...

En attendant que j'aie fini de cagouler quelques vieux épisodes qui mettent trois plombes à cagouler parce qu'ils n'intéressent que moi (les joies du c2c, cagoule to cagoule), me voilà donc en pleine crise de manque parce que SNL, a pu. C'est emmerdant parce que je suis en pleine période monomaniaque. J'avais réussi à m'en sortir après avoir passé le mois de mars à faire une autre fixette monomaniaque (qui avait eu pour résultat une semaine spéciale remplie de sketches), et je pensais que je m'étais calmée. Le problème c'est que plus je vois de vieux épisodes, pire c'est. Et là, comme je vais manquer d'inédits ET de vieux épisodes parce que je commence à avoir fait le tour de toutes les cagoules disponibles, on va commencer à entrer dans la phase de désintoxication forcée.
Je déteste cette phase.

La désintoxication est d'autant plus difficile que rien ne la justifie. La monomaniaquerie SNL ne met pas ma santé en danger, et presque pas ma santé mentale. C'est vrai que j'ai cité SNL 712 fois ces derniers jours, sur ce blog comme à mon entourage (celui qui s'est montré résistant à mes microbes, du moins), mais à part ça, quel est le problème, hein ? J'ai ramené une clé USB remplie d'extraits et de sketches à une amie l'autre jour et on a passé au moins 3 heures devant, c'est vrai, mais je l'ai pas forcée, et elle pouvait arrêter quand elle voulait ! C'est simplement pas juste d'essayer de me faire arrêter !

Et surtout, la désintoxication téléphagique a une particularité : au lieu d'un sevrage complet, c'est le sevrage d'une seule émission qu'il faut opérer, et il faut trouver par quoi on la remplacera. Et c'est toujours là que ça coince. Parce que si on aime tel programme ou tel autre en ce moment, c'est, d'une part, parce qu'il répond à un besoin (après avoir passé un mois absolument pourri de chez pourri, avec au programme de ma vie des décès, des cancers et d'autres joyeusetés du même acabit, pour changer j'ai envie de me marrer), et c'est, d'autre part, parce qu'on pense qu'il n'a pas son égal. Si on pensait qu'il a son égal, on regarderait déjà l'égal, et on ferait une obsession dessus aussi.

Donc tout le défi est de réussir à remplacer une addiction par une autre en attendant qu'arrive la rentrée.
Vu que nous sommes en mai, à chaque série qui finit sa saison, je sais que nous sommes plus nombreux dans ce cas... et ça ne me réconforte pas le moins du monde. Cet état de fringale insatiable avant des mois et des mois est un état que je ne souhaite à personne. Même pas à des gens qui aiment les vampires. Même si ce serait pas mal qu'ils arrêtent de nous casser les cou*lles avec leur promo à coups de gourdin pour la saison 3.

Inutile de dire que dans l'état de monomaniaquerie où je suis rendue (je me trimbale avec une clé USB de sketches de SNL, je pense que tout est dit...), bien des barrières mentales sont tombées.

A l'heure où je vous parle, j'ai regardé en moins de 24 heures toute la première saison de 30 Rock, et j'envisage sérieusement de me lancer dans la deuxième. C'est marrant parce que je regarde 30 Rock uniquement quand je suis malade... hasard ou coïncidence ? Hm, je ne crois pas aux coïncidences...

Vu ma piètre opinion sur Tina Fey comme sur ma première expérience de la série (à qui j'avais pourtant donné, dans ma bonté, 6 épisodes pour me convaincre la première fois, donc j'avais quand même persisté avant de conclure que je n'aimais), je ne vous en voudrai pas si vous prévenez les services psychiatriques.
Et pourtant, eh oui, 21 épisodes en 24 heures. Heureusement que c'est une comédie de 20mn et que je suis alitée, quand même, sinon ce serait effrayant.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ou qui, du moins, ne sont pas capables de le nuancer.

Pis si j'ai fini les 4 premières saisons pour la rentrée de l'automne, ya des chances que tout ça finisse même avec un post To be continued..., par-dessus le marché. D'façons il est pas exclu que j'attrape un rhume quelconque quand le temps va se rafraîchir alors, euh, bon.

Il y a encore beaucoup de choses qui me chiffonnent dans 30 Rock, la moindre n'étant vraiment pas l'omniprésence de Tina Fey. Elle a ses bons moments, mais elle en a aussi beaucoup où elle est très irritante, parfois juste parce qu'elle est là, parfois parce que franchement elle se la pète un peu, la petite mère. En général, dans un épisode, les passages que où je me détends le plus sont ceux tournant autour de ses collègues (à la notable exception de Tracy qui m'énerve encore plus qu'elle), ce qui est quand même assez symptomatique. Le problème ne tient même pas dans le personnage lui-même mais dans la façon de tout ramener à lui en permanence.

Alors que pardon, mais j'avais espéré que 30 Rock parlerait de télévision. Or, dans un nombre incalculable de fois, on parle relativement peu du show. Et je crois qu'en fait c'est de là que vient ma déception d'origine avec la série, et qui reste un vrai casus belli : j'attends plus de cet univers. Du vitriol, de la caricature, de la dénonciation, plus de références... et plus de pédagogie, aussi. Comment Tina Liz monte-t-elle son show hebdomadaire ? Quelles sont les choses qui lui font obstacle ? Comment se déroule la semaine, l'émission, l'après-émission ? Au final on n'a qu'assez peu d'éléments là-dessus. Comme on passe un temps énorme à se préoccuper des soucis de célibataire de cette pauvre Liz (qui, soit dit en passant, a par contre très bon goût en matière d'hommes, je tiens à le préciser parce que c'est pas souvent dans les séries que je peux dire ça), ainsi qu'à nous faire comprendre à quel point son boulot est hyper stressant et l'empêche de s'épanouir dans sa vie personnelle (j'adore les tirades régulières sur l'amitié qu'elle nous sort, c'est d'une hypocrisie quand on voit qu'elle ne pense qu'à ses petits tracas), l'émission passe systématiquement au second plan. Passé un tiers de la saison environ, les coulisses deviennent carrément un gadget et plus du tout le moteur de la série. Le moteur, c'est Tina/Liz. Take it or leave it.

J'ai lu que 30 Rock, avant de parvenir à l'antenne, était passée par plusieurs stades de recalibrage et de réorientation avant de voir le jour. Ce qui est finalement assez révélateur des faiblesses de la série, finalement.
D'un pitch qui n'avait rien à voir avec une émission de divertissement (ce devait être au départ un journal télévisé), on est passé à un très évident SNL-like, sauf qu'on refuse de se mouiller pour parler vraiment de SNL ou du système des émissions du même type. Par la même occasion, j'ai aussi appris qu'il existait quelque part un pilote avec Rachel Dratch dans le rôle de Jenna, je paierais cher pour voir ça. Bref.
Parmi ces différentes étapes, apparemment, il y en a une qui était plus orientée vers le show (et où il était même envisagé de mettre à disposition de vrais sketches du TGS sur le site de NBC), et ça c'était exactement ce qui m'aurait plu, pour le coup. Avoir un équilibre entre la semaine folle des personnages, et le résultat final. Or là, plus la saison avance, moins on en voit.

Mais oui mais si on prend un thème, j'aime autant qu'on l'exploite !
Au-dessus de Tina Fey, il doit y avoir un network executive bien plus doué encore que le fictif Jack Donaghy, parce qu'à chaque fois qu'on tient un sujet sur les coulisses du show, Tina le laisse s'échapper et transforme sa série potentiellement piquante sur le milieu qu'elle cherche à dépeindre en Ally McBeal du monde télévisé. C'est très décevant de voir qu'à chaque fois qu'on pourrait faire quelque chose de couillu, on en revient toujours aux états d'âme de Liz qui a quand même, il faut le noter, le bon goût de ne pas rentrer chez elle à pied dans les rues de New York avec du Vonda Shepard en fond sonore. C'est déjà ça. Mais sinon, tout le reste est similaire : personnages déjantés mais vraiment pas productifs, univers dont on ne cherche pas à tirer quoi que ce soit mais juste à utiliser comme prétexte, discordes internes et affaires de cœur...C'est très agaçant.

Je sais bien que dans les grandes lignes (Saturday Night Live) comme dans les petites (l'épisode impliquant le late Late Show de Conan O'Brien), on implique des émissions de la même chaîne, et qu'on n'a pas envie de se tirer dans le pied, mais si c'est pour rester dans un registre de lèche-bottes, c'est pas la peine. Dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de prendre le milieu de la télévision pour sujet si c'est pour que Liz fasse trois épisodes sur un mec qui est... comptable ! Pour réemployer ses termes : ça ne marche que dans Ugly Betty, ça ! (et encore, ça ne marche plus)

Parmi les éléments qui m'ont fait rester devant l'écran, outre mon état de santé qui m'y a littéralement clouée, il y a quand même quelques bonnes nouvelles et c'est, en fait, ce que je n'avais pas vu la première fois que j'ai regardé les 6 premiers épisodes de la série (qui pourtant, du point de vue de l'exploitation du contexte télévisuel, sont les plus aboutis).

Le principal atout de 30 Rock, c'est la présence d'Alex Baldwin. Mais à bien y penser, ce qu'on aime chez son personnage de Jack Donaghy, c'est d'avoir l'impression d'y retrouver un Baldwin à la fois fidèle à lui-même, et en même temps complètement caricatural. Et on s'aperçoit alors que c'est le cas de la plupart des autres personnages qu'on connaissait : Tina/Liz, Jane/Jenna, et bien évidemment Tracy/Tracy. En fait, la première saison de 30 Rock exploite ses personnages aussi bien qu'elle aurait dû exploiter son contexte ; on sent un parallèle solide avec la réalité, et en même temps outrancier, qui rend grand service à chaque personnage. Et certainement simplifie la vie de ses interprètes, mais qu'importe.

J'attendais de 30 Rock un peu plus de piquant, il est vrai, mais ce que les dialogues n'apportent pas de ce côté-là, on le retrouve sans aucun doute dans le rythme, parfaitement maîtrisé. Sur 21 épisodes, pas un ne présente de longueur, de dialogue un peu superflu, de moment où on a le temps de se demander où sont passés les mouchoirs. C'est l'un des atouts de la série sur sa forme. On ne se rend même pas compte qu'il ne se passe rien, on est trop occupés à rebondir d'une rapide scène à une autre rapide scène, ce qui accentue l'impression de se faire servir des dialogues futés, ce qu'ils ne sont pas toujours. Mais quand ils ne le sont pas, le rythme entretient l'illusion.

Du coup, quand on réussit à passer la barrière psychologique que représente l'omniprésence de Tina Fey, on réalise donc qu'on tient une série correcte, voire un peu plus. Je n'y vois toujours pas le phénomène que beaucoup de ses fans cherchent à dépeindre, mais je comprends quand même que ça soit divertissant.

Évidemment, il aurait été naïf de croire que j'allais retrouver avec 30 Rock ce qui me manque quand je ne regarde pas SNL. D'autant qu'il est évident que pendant tout phénomène de désintoxication téléphagique, on est dans l'impossibilité totale d'avoir un coup de cœur équivalent à celui qu'on vient de quitter sous la contrainte. Je savais que je n'aimerais pas autant 30 Rock que Saturday Night Live, déjà parce que j'avais vu 6 épisodes de la série l'an dernier et que je savais quand même à peu près à quoi m'en tenir, et aussi parce que le contexte ne s'y prête pas du fait de la désintoxication. Pourtant, si je me suis tournée cette semaine vers 30 Rock pour de mauvaises raisons, je pense que la comparaison lui a aussi profité dans le sens où son sujet proche (bien que sous-exploité) m'a permis de lui donner une vraie chance. Quand on se désintoxique téléphagiquement, c'est rare de trouver des circonstances de ce genre pour le faire en douceur.

Je n'ai donc pas changé d'avis sur 30 Rock, il s'est juste un petit peu adouci, et c'est déjà pas mal.
Maintenant, la grande question, c'est : est-ce que je tente la même chose avec Parks & Recreation ? L'obstacle est ici différent parce que le lien avec SNL est seulement Amy Poehler (yikes !), et qu'en plus il s'agit d'un mockumentary. Mais tant qu'à donner une seconde chance à des séries, autant profiter de l'appel d'air créé par le vide que laisse SNL...?
Rha punaise, 'va falloir tenir jusqu'en septembre. Si je survis à ma grippe, en revanche je ne suis pas convaincue de survivre à ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 30 Rock de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:19 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

14-05-10

Lettre ouverte... à tout le monde

Comment mentionné récemment, il y a une sorte de snobisme parmi les blogueurs téléphagiques lorsqu'il s'agit de séries étrangères. C'est un snobisme rampant qui consiste à ne parler que de séries américaines (souvent la série canadienne anglophone y est assimilée), voire si on a de la chance, les séries britanniques. Les plus aventureux s'offrent parfois un frisson avec une série australienne de temps à autres. Et globalement ça s'arrête là. Je dis snobisme, je pourrais dire fainéantise, ça dépend de mon humeur.
Je connais bien ce snobisme pour l'avoir pratiqué très longtemps, considérant qu'en-dehors de la fiction américaine, point de salut. Alors on me le fait pas.

On connait cette même tendance dans la presse spécialisée dans les séries télé, qu'elle soit au format papier ou informatique, beaucoup de sites pourtant français persistant pendant longtemps à regarder le monde comme s'ils étaient américains, les américains ayant eux-mêmes une ouverture sur le monde particulièrement limitée (c'est d'ailleurs ce qui les pousse à faire des remakes de séries qui sont déjà dans leur langue...). Donc on se prend pour un spectateur américain lambda, si je puis dire, et on se dit que vraiment, la fiction télé, c'est l'Amérique ou ce n'est point.

Et donc ça parle d'actu (américaine), de pilotes (américains), de jolies actrices (américaines), de projets (américains). On fait des dossier et des trucs et des machins, et c'est toujours du même pays qu'il s'agit, la note d'exotisme provenant d'autres pays anglo-saxons que j'ai cités plus haut. Que ce soit pour les choses les plus complexes ou les plus banales (alors que pardon, mais des photos de jolies comédiennes japonaises, c'est pas ça qui manque, surtout qu'elles passent leur temps à faire des photoshoot pour des magazines).

On va être clairs : je n'ai jamais vu qui que ce soit faire un récapitulatif de la saison allemande ou d'une nouveauté en matière de telenovela brésilienne.
Ce sont des pays où, visiblement, il nous apparait comme évident que le seul but de la fiction locale est soit de faire des remakes de séries américaines, soit de nourrir les décideurs américains pour faire leur propre remake (Ugly Betty parvenant d'ailleurs à répondre aux deux caractéristiques). En-dehors de ça, la fiction ne semble pas exister dans ces pays, ni les autres. Si ça ne parle pas une langue anglophone, c'est qu'on n'y fait pas de la télévision. Ça rejoint un peu ce que nous laissent penser les émissions de fin d'année lorsqu'il y a un zapping "télés du monde" et qu'irrémédiablement la seule émission de télé japonaise qu'on y voit, c'est un jeu débile où quelqu'un se casse la figure ou fait un truc décalé, évidemment, sous-entendu : il n'y a rien d'autre à voir chez ces cons de nippons.

Ah, si : le magazine Générique(s) s'est bien encanaillé une fois à parler de séries étrangères, un numéro où à ma grande surprise, nulle mention n'était faite du Japon et de la Corée du Sud, pourtant deux secteurs télévisuels en ébullition, surtout la Corée qui s'exporte incroyablement bien en ce moment, et de la Chine uniquement pour sa version d'Ugly Betty ; mais bon, pourquoi pas, mais c'est bien tout.

Moi-même, ça m'a pris pas mal de temps de m'affranchir d'un tel mode de pensée. Toute sensibilisée que je sois à la culture japonaise depuis mes 15 ans (à l'époque j'ai commencé plutôt par un trip culture traditionnelle et littérature contemporaine, puis il y a eu les mangas et l'animation pendant un an ou deux avant de revenir aux fondamentaux), j'ai mis à peu près 8 ans à venir à la musique japonaise, 10 ans à venir à la télévision du même pays, 12 pour oser m'intéresser à la Corée... je sais bien ce que c'est. J'arrive à bientôt 30 ans et j'en suis encore à pousser les limites de ma propre curiosité (pas encore vraiment touché à Taïwan, par exemple, en-dehors de deux pilotes ; et concernant le reste du monde, j'ai par exemple encore beaucoup de mal avec la Grande-Bretagne).
La curiosité, ça prend du temps, dans tous les sens du terme.

Mais enfin, même sans parler d'Asie, qui est une culture à part et qui ne parle pas à tout le monde...

Pourquoi n'y a-t-il personne pour parler de séries africaines, ou indiennes, ou sud-américaines, ou que sais-je ? Qu'on n'ait pas la même curiosité que moi, je le conçois... Mais qu'on n'en ait aucune ?

Bien-sûr qu'il y a une difficulté pour voir ces séries.
Bien-sûr qu'il y a la barrière de la langue (encore que, tout dépend de vos propres origines... sur tous les foyers possédant un accès aux chaînes du bassin méditerranéen, on ne va pas venir me raconter qu'aucune série du cru n'est diffusée en France ? Sinon comment j'aurais découvert Kasamh Se, d'ailleurs ?).
Et bien-sûr beaucoup de blogueurs téléphagiques aiment la facilité. Sinon comment expliquer les 712 reviews par semaine de Desperate Housewives ? Ce sont des blogueurs et ils aiment leurs statistiques comme n'importe qui d'autre, après tout. Je vois bien les miennes baisser dés que la rubrique s'appelle Dorama Chick (c'est mécanique, pour ainsi dire) et je le conçois, cette rubrique ne s'adresse pas au grand public.
Mais une fois de temps en temps, quand même ? Regarder un peu ailleurs... non ?

Car bien-sûr qu'il y a des séries étrangères ailleurs. Et d'ailleurs tout le monde tombe des nues quand un Un, Dos, Tres ou un Destin de Lisa déchaîne les passions et attire le spectateur, fût-il lambda. "Oh tiens bah merde alors, des fictions européennes ? Que les gens regardent ? Sérieusement ? On l'avait pas vue venir celle-là. On n'y croyait pas vraiment quand on l'a programmée", semblent dire les décideurs devant ces découvertes ahurissantes.

Mais vous croyez que depuis Un, Dos, Tres, l'Espagne ne produit plus de fiction maison ? Vous croyez même que le Destin de Lisa/Bruno/Hilda, c'est tout ce que les scénaristes allemands peuvent faire ?

Regardez-moi le nombre de pays qui produisent potentiellement des séries (et n'attendons quand même pas de Wikipedia anglophone qu'il les recense toutes, bien que le nombre de séries indiennes listées en ses colonnes soit par exemple impressionnant, même si facilement explicable).
Regardez-moi ça !
Et une fois de temps en temps, ça tuerait les blogueurs de choisir un pays ou deux dans cette liste, et d'en parler ? Ça me révolte autant que ça me décourage.

Après, je ne suis pas non plus en train de vous dire qu'aucun blogueur téléphagique ne parle de séries asiatiques. J'ai essayé de les pister, ces gens-là. Ils ne sont pas légion, mais surtout dans leur immense majorité, ils ne parlent QUE de séries asiatiques. Et là c'est l'excès inverse...
En-dehors de ça, peu, très peu de pluralisme auprès des blogueurs téléphagiques. Pour ne pas dire aucun.
Je suis par exemple navrée pour Speedu d'Analyses en séries qui n'a pas réalisé qu'il pourrait coller parfaitement à sa ligne éditoriale avec des séries asiatiques (entre les jambes illusoirement interminables des actrices coréennes, les pitches des séries de TV Tokyo genre Shimokita GLORY DAYS, et les séries d'action genre IRIS...).

Mais surtout, vous savez ce qui me tue ? C'est que toutes les sources d'information en matière de séries asiatiques soient anglophones. Bon, maintenant il y a un peu SeriesLive (où je fais mon possible, c'est-à-dire souvent pas assez vu l'ampleur de la tâche), mais sinon ? Toutes mes news basées sur des infos occidentales, je vais les chercher sur des sites et des blogs anglophones (quand j'ai vraiment du temps je cherche des news en VO, je m'éclate, mais c'est un autre sujet). Et quand je vois ces ressources, je me dis "mais où est l'équivalent français ? où se cache la curiosité des téléphages français ?".
Elle n'est pas dans cette poche. Pas dans celle-là non plus. Je suis pourtant presque sûre qu'elle est quelque part.

J'aimerais bien vous dire que SeriesLive va faire ce bond vers la curiosité, au moins pour ce qui est de l'Asie dont je suis la rédactrice spécialisée.

Il y a eu, en public et en privé, des appels qui m'ont été lancés dans ce sens, des lecteurs de SeriesLive qui ont remarqué les news, les 280+ fiches série (dont il n'existait pas plus d'une trentaine avant que je n'arrive en août dernier, la plupart déjà envoyées par mes soins à Eske et Maxx ; je confesse n'être pas spécialement mécontente du boulot effectué), les incalculables fiches personnalité, les articles de fond, etc... et qui ont appelé de leurs vœux quelque chose de plus franc dans ce domaine. Certains ont proposé un sous-site à part (je ne suis pas favorable à cette idée, mais pourquoi pas), d'autres juste qu'une section "séries du monde" sur le site serait suffisante (j'avoue que cette possibilité me plairait et ouvrirait des horizons). Mais rien. On me dit qu'on va en parler et étudier ça et il n'en sort jamais rien de concret.
Les news, les fiches série, les fiches personnalité, les articles de fond continuent d'être noyés dans la masse, parce que la direction de SeriesLive me donne régulièrement un petit nonos à mordiller, genre "ah c'est bien ce que tu fais, on va te donner tous les accès, on va te permettre de faire des choses", mais le peu qui a été fait il y a quelques mois a disparu rapidement sans explication, plusieurs des accès promis n'ont jamais été donnés, etc...
Mais bon, il y a à intervalles réguliers quelqu'un de l'équipe dirigeante pour me dire que le boulot accompli est visible et qu'on me remercie pour ça, alors je continue d'attendre qu'on me permette de pousser plus loin.
C'est toujours mieux que ce que Critictoo m'a permis : je pouvais faire des reviews (j'en avais déjà envoyée une ou deux, peut-être même trois, qui n'ont jamais été publiées alors qu'après réécriture, elles avaient été jugées conformes) et j'avais été plutôt bien accueillie... à la condition de donner mon prénom. J'ai refusé car j'ai une politique intraitable sur le sujet : j'écris sur internet sous mon pseudo, et rien d'autre. Après cette réponse, plus jamais personne ne m'a adressé la parole, même pas pour me dire qu'on allait arrêter là, parce que sur Critictoo, si tu n'as pas de prénom, tu n'as pas le droit d'écrire de review sur les séries asiatiques, et tu n'as même pas droit à un mail pour te dire que tu es virée. Bon, ils ont maintenant quelqu'un qui s'en charge, quelqu'un avec un prénom, au moins l'Asie n'a pas complètement disparu de Critictoo, c'est déjà ça.

La curiosité, ça prend du temps, je l'ai dit, mais surtout, la curiosité, ça s'apprend. Et à l'heure où internet nous permet de découvrir avec moins de difficultés des horizons insoupçonnés jusque là (je n'ai pas dit qu'il n'y avait plus de difficulté du tout, mais quand même moins que quand j'ai commencé à être une téléphage acharnée dans les années 90), je trouve absolument révoltant que ceux qui ont le pouvoir de rendre les gens curieux, c'est-à-dire les blogueurs téléphagiques et les sites téléphagiques, renâclent tant à tenter l'expérience, surtout quand il existe un vivier de rédacteurs motivés (plus motivée sur la fiction coréenne et téléphagiquement cultivée en général que Livia, par exemple, je ne connais pas tellement).

On continue de rester chacun chez soi, ceux qui regardent des séries asiatiques et ne parlent que de ça, ceux qui regardent des séries américaines et ne parlent que de ça, et un triste no man's land au milieu.

Et comme dans la rubrique Point Unpleasant, j'ai coutume de parler de ce qui ne me plait pas, je pensais nécessaire de signaler que, vraiment, ce comportement me chiffonne. M'attriste. Me révulse. Me révolte.

Si vous ne le faites pas par curiosité, faites-le par dépit : il parait que Desperate Housewives est de plus en plus décevante, et vous ne savez pas encore ce que vous regarderez une fois Lost fini. Alors...?

Eternally

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais qui veulent y remédier : le groupe "Dorama" de SeriesLive. Qui commence un peu à avoir les coutures qui craquent, mais bon, on fait avec ce qu'on a.

Posté par ladyteruki à 11:29 - Point Unpleasant - Permalien [#]

25-04-09

La vérité est sous leurs yeux

Un peu plus tôt cette semaine avec The Wedding Bells, on parlait de la façon dont il parait impossible de rater une série où pourtant des noms qui nous sont connus, voire même des visages, ont travaillé, mais force est de constater que même ce genre de choses n'empêche pas de passer à côté de séries qu'on aurait pourtant eu toutes les raisons de découvrir il y a des siècles.
Sans que cette fois ce ne soit la faute du quizz démoniaque de Serieslive (ou alors, très indirectement, vous savez ce que c'est : on clique ici, puis là, puis encore là, et pouf ! On tombe sur un pilote par hasard), je découvre donc aujourd'hui The Chronicle, et non, je vous arrête tout de suite : rien à voir avec les chroniques pitoyables d'une quelconque Sarah Connor.

Quand je tombe de la sorte sur un pilote que je ne cherchais pas particulièrement mais dont je ne sais rien, naturellement, mon premier réflexe est de lancer le cagoulage, et de poser les questions ensuite. C'est donc pendant que m'étaient livrée The Chronicle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une série américaine, diffusée sur Sci-Fi, et où on retrouvait en coulisses Silvio Horta (Jake 2.0, Ugly Betty), mais aussi David Janollari et Robert Greenblatt, qu'on connait principalement parce qu'on voyait leurs noms au générique de Six Feet Under (mais Maggie Winters est sur ma liste de découvertes prochaines aussi, cela dit).
Sans compter qu'on trouve au générique rien moins que Jon Polito, l'exquise Rena Sofer, etc...
Et là je me dis que, quand même, je devrais avoir honte.

Le postulat de départ est assez simple : les torchons juste bons à tapisser la litière de votre chat, et faisant leurs gros titres sur des évènements surnaturels totalement improbables... eh bien ils sont tous vrais. Si, tous. Même celui avec les triplées siamoises. Le journal World Chronicle rapporte donc cette vérité si étrange et improbable sur le monde dans lequel nous vivons : il s'y passe effectivement des choses incroyables, même si tout le monde pense que ce sont des foutaises.

Sauf que The Chronicle, ce n'est ni une redite vaguement déformée de X-Files, ni même une tentative du même genre que Freakylinks dont le parti-pris était d'essayer de donner des frissons. Ici, on prend les choses avec plus de légèreté et d'humour. Je dirai même que le personnage qui finalement est le plus sérieux à propos de tout ça, c'est le personnage principal, Tucker, qui débarque dans ce monde avec incrédulité et est plus facilement inquiété par les évènements que les autres membres (il lui arrive même de s'évanouir). Tout le reste de la rédaction est en revanche habitué à tout cela, ça ne les inquiète pas du tout qu'ils soient les seuls à parler de cette vérité, c'est au contraire un petit monde bien rôdé au surnaturel et au mystérieux. D'ailleurs, l'équipe rédactionnelle compte une voyante, une jeune femme enlevée par des aliens (plusieurs fois), etc... Toutefois, si la série se permet de prendre le sujet avec légèreté, on n'est quand même pas dans un sitcom. C'est cet équilibre entre les tons qui permet à The Chronicle d'être amusant sur un sujet pourtant usé jusqu'à la corde, sans toutefois virer à la caricature comique.

The Chronicle n'est pas en soi une série révolutionnaire. Le personnage principal qui débarque dans un univers loufoque au sein duquel il lui faudra réviser un peu son jugement sur le monde afin de pouvoir continuer à travailler, les tentatives de lui ouvrir les yeux, les personnages tous plus bizarres les uns que les autres, sont des thèmes que le fantastique a déjà abordé plusieurs fois, et même d'autres genres. Mais bien réalisée, sympathique, et témoignant d'une envie d'innover dans le domaine du fantastique (tout en sacrifiant à un certain nombre de passages obligés du genre), The Chronicle s'avère très divertissante, et beaucoup moins abêtifiante, en plus, que des séries partant de postulats proches, s'essayant aussi à la légèreté, mais ce faisant, ayant oublié d'engager un scénariste, et que je ne citerai pas pour ne froisser personne. Hein, Special Unit 2 ? Rien que pour ça, ça valait quand même le coup de donner sa chance à ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Chronicle de SeriesLive. Tiens, si j'avais TF6 j'aurais découvert cette série plus tôt, apparemment.

Posté par ladyteruki à 19:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

20-02-09

Fake Blood

Si l'achat de la plupart des coffrets DVD ne nécessite pas un long processus de sélection préalable (selon le schéma : "série que je veux > coffret en bon état > étiquette au montant le plus bas des fois qu'une vieille promo traine > série que je prends" et hop, étagère suivante), en revanche le coffret de Jekyll requiert un minimum d'attention avant le passage en caisse. Pourquoi ? Étudions ce cas étrange d'un peu plus près.


En théorie, le coffret
devrait ressembler à ça...
Ooooh, que c'est beau.
Bon, on est d'accord, c'est la théorie.
Parce qu'en pratique, en fait,
ce serait plutôt ça...
Jekyll Hyde

Bon sur ma photo on n'a pas le détail, mais on voit bien que dans le coin en bas à gauche, c'est pas catholique, quoi.
Avec un infographiste, ça a l'air plus propre, tout de suite. Dans la réalité, on a l'impression qu'il y a eu du sang, et que depuis... depuis il s'est cristallisé en un drôle de truc (j'ai pas l'habitude de garder du sang séché à la maison mais je dirais a priori que ça ne forme pas de petit cristaux blancs).

Le génie qui a pondu la royale idée de la poche de sang n'avait sans doute pensé qu'à la tête que ça aurait le premier jour sur la gondole de la FNUC, et pas nécessairement à la gueule que le DVD finirait par faire au bout de plusieurs mois coincé entre un DVD de Derrick (franchement, ya des gens qui ont besoin de se refaire cette série en DVD ? J'hallucine) et Jericho (euh, même question ?). Donc la poche de sang cristaux de sel, tout de suite, ça fout moins les chocottes.
Mais il y a pire. En rayon, sur certains DVD, le sang s'est cristallisé sur le côté du package. Oui, tout va bien, quand on tient le DVD le sang a juste l'air de se maintenir de façon verticale. C'est du sang magique ! Ce doit être le sang de Claire, ya un truc pas clair là-dedans. Tout ça parce que les coffrets ont été stockés n'importe comment dans les tiroirs de la FNUC... Avouez que ça le fait pas trop.
Du coup, ce qui était une excellente idée au départ devient assez laid (un peu comme LOST, si vous voulez...).

En général, je suis très peu attentive aux packages. Je cherche rarement l'édition limitée de la mort qui tue avec des bonus en veux-tu en voilà, oh tiens ya un poster limité à 50 000 exemplaires dedans, je m'en fiche. Franchement. Que le package soit inventif ou pas, ça ne fait pas faillir d'un iota ma décision première d'acheter ou pas un coffret. Nan mais sans blague, s'il est pas beau mais que vous adorez la série, vous allez quand même l'acheter, on est d'accord ? Avec le cagoulage, aujourd'hui, si on vient en magasin, on sait très bien comment ça va finir, donc la question ne se pose pas juste parce que le titre est en relief ou si ya un super sticker en 3D made in Chocapic sur le boîtier (Heroes, this one is for you).
Si, évidemment, quand je vois la gueule des DVD de V, je dis "ah ouais, bonne idée", mais ça ne change rien à la décision d'achat telle que prise lorsque j'ai vérifié que mon chéquier et ma carte FNUC étaient dans mon sac avant de partir. Quand je vois la forme des DVD de Stargate, en forme de porte des étoiles, effectivement, je me dis que bon, c'est assorti. Mais l'appareil de Betty Suarez sur le coffret d'Ugly Betty, ça ne change rien au fait que ce coffret est sur ma liste secondaire (sachant que la liste primaire est déjà bien longue).

Le seul truc qui me fait vraiment, vraiment plaisir, c'est les boitiers en dur. Le coffret métal d'un Jekyll ou d'un Band of Brothers (enfin, je l'ai pas eu en édition métal, celui-là, mais je constate), la bonne grosse boîboîte en plastique jaune, rouge ou bleu vif d'un Star Trek... Ca c'est de la boîte. Là d'accord. Ca pèse lourd dans le sac FNUC, ça cogne le mollet sur le chemin du retour, là on parle la même langue. On peut les empiler sans craindre d'abimer le carton au premier effondrement félin. C'est tactile, c'est pratique, c'est tout ce que j'aime.
Mais le reste du temps, franchement, on s'en fout.

Surtout si ça ne supporte pas le poids des ans comme les cristaux de sel de Jekyll.

Note : non c'est gentil de vous proposer mais je vais le garder quand même, j'ai déjà vu la série deux fois (yavait une rediff en nocturne le weekend dernier), je me sens prête.

Posté par ladyteruki à 22:18 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

16-01-09

Des séries dans le rétroviseur

Être pilotovore, ça a des avantages : je découvre plein de séries en permanence, sans chercher à savoir au préalable quel âge elles ont, qui y joue et quel a été leur succès. C'est l'un des bons côtés de cet état de fringale téléphagique permanent. Mais, hélas, être pilotovore a aussi des inconvénients : comme on ne peut décemment pas regarder toutes les séries qu'on a commencé à découvrir via le pilote, on développe un certain sens critique qui fait que, si le pilote n'a pas convaincu, il y a un maigre espoir qu'on donne sa chance ne serait-ce qu'au second épisode.
C'est un inconvénient dont je vous ai déjà entretenus, je pense, et que je n'ai eu à regretter que pour Boston Justice et Side Order of Life. Le pourcentage de ratées de cette technique est donc infime.

Mais aujourd'hui, je me suis remise en question... c'est pourtant tout bête. J'ai vu le générique de Friday Night Lights et je me suis dit : "une série avec un aussi bon générique ne peut pas être tout-à-fait mauvaise". Ce qui est faux, on le sait, mais le fait est que j'ai douté.

Alors du coup je me suis demandé : quelles sont les séries que j'ai bazardées vite fait de ma liste, genre après le pilote ou, pire, pendant, et auxquelles je devrais peut-être donner une seconde chance ?

Il y aurait probablement Friday Night Lights. C'est une série dont les plus anciens d'entre vous se souviendront peut-être que j'en ai parlé au tout début de ce blog, et qui ne m'avait pas convaincue. Principalement parce que c'était une série de sport, qu'en plus ça sentait la teenagerie à des kilomètres, et que ça me semblait surfait. En soi, la réalisation nerveuse n'était pas tellement ce qui m'avait découragée, mais c'était sans âme. Cependant, quand on voit le générique, on a peine à croire qu'il n'y ait pas d'âme dans Friday Night Lights. Et puis, quand on lit aussi un certain nombre de choses, on se dit qu'on a peut-être jugé trop vite. Que peut-être que Friday Night Lights n'est pas juste une teenagerie sportive. Vraiment, ça m'a mis le doute. Je sais que je devrais avoir foi en mon jugement mais, enfin, parfois, il faut peut-être quand même se dire qu'il y a anguille sous roche.

Il y aurait aussi, vraisemblablement, 30 Rock, dans cette liste. C'est même encore pire pour cette série que pour Friday Night Lights : je ne peux même pas dire que je n'ai pas aimé, je n'ai jamais regardé ! Quand elle est sortie, mon planning débordait de nouveautés, j'ai reporté à plus tard, et plus je reportais, plus tout le monde en parlait, ça m'a gavée, j'ai laissé tomber. J'adore Alec Baldwin mais là, c'est au-dessus de mes forces. C'est le même genre de raisons qui font que j'ai pris Ugly Betty sur le tard et que, même si la série me fait rire, spontanément, je ne pense jamais ni à la cagouler ni à la suivre sur TF1, ce qui fait que tout ça va finir en DVD un jour ou l'autre. Avouez que c'est idiot. Tout le monde en dit tellement de bien, et Tina Fey est vraiment une charmante créature (quand je la vois chez Conan, elle m'amuse bien, c'est même pas comme si je ne pouvais pas la blairer en plus), mais rien à faire, plus tout le monde en parle, plus j'ai une overdose par avance. J'ai regardé les 2 premières minutes, même pas, et à chaque fois j'ai une telle impression de déjà vu (parce que tout le monde en cause partout), que du coup je laisse tomber. C'est terrible. Je me sens mal, vraiment. Je suis sûre de passer à côté de quelque chose. Je le sens.

Il y aurait peut-être même Supernatural. Et pourtant je me suis infligé les deux premiers épisodes de Supernatural quand M6 les a diffusés dans la Trilo, donc en toute logique je sais de quoi je parle, mais là, et c'est le contraire de 30 Rock en somme, chaque fois que je lis les reviews de la Sorcière, je me dis que j'ai dû louper un truc. C'est obligé. Quand je la lis, j'ai ce même sentiment que quand je lis un Trekkophile qui parle de Star Trek : j'ai l'impression de n'avoir pas vu quelque chose qui lui crevait les yeux. Et pas juste sur la plastique de Jensen Ackles (trop jeune pour mes goûts persos), mais vraiment, elle a l'air de s'éclater et je ne comprends pas pourquoi moi, j'ai eu envie de me pendre avec mon intestin grêle quand j'ai testé le début de la première saison. Ca dépasse tellement l'entendement que des fois je me dis que je vais revoir le pilote. Ouais, ça va aussi loin que ça. Flippant, hein ?

La vraie question pour ces séries et quelques autres, c'est : est-ce que j'ai jugé ces séries trop vite, ou est-ce que plus simplement ce sont des séries sur lesquelles on va juste être d'accord pour dire que je ne suis pas d'accord avec le reste de la planète ?
Parce qu'il y en a, des séries pour lesquelles j'assume de ne pas être d'accord avec le reste de la planète, et je ne vais pas jusqu'à me les refarcir, je ne l'envisage même pas un instant. Quand on me parle de Doctor Who, je prends un air très poli, je hoche la tête, et je ne me mets pas la rate au court-bouillon pour si peu. Idem quand tout le monde se lève pour Chuck : on va être clairs, dés fois je tombe dessus sur TF1 quand j'allume trop tôt pour voir New York SVU, bah je m'en formalise pas : je coupe le son et je guette le générique de fin, sans autre forme de scrupule. Et vous croyez que je me flagelle quand on me vante les mérites de How I met your mother ? Eh, j'suis pas obligée d'avoir aimé, et je vais pas m'en rendre malade.

Mais ya deux/trois séries comme ça, vraiment, je ne peux pas juste hausser les épaules et lancer un nouvel épisode de Roseanne en sifflotant, parce que, tout simplement, je n'en ai pas le coeur net.
Ca vous est déjà arrivé, à vous, ce pressentiment d'être passé à côté d'une série laissée au bord de la route ?

Posté par ladyteruki à 13:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


05-01-09

Nomi Malone est... Déesse !

J'y vais ou j'y vais pas ?
Proclamant solennellement que le 5 janvier restera dans les annales comme le jour où j'ai abandonné toute estime de moi-même, je vous livre exceptionnellement un post Comme au cinéma précipité, parce que je viens de m'apercevoir que vous pouvez voir le film dés ce soir sur M6 (c'est normal, ils le diffusent environ tous les ans, parfois même plus souvent).
Et que c'est un de mes préférés.

C'est quoi le nom du film ? Showgirls
C'est plutôt quel genre ? Prétexte
Qui on connaît là-dedans ? Kyle MacLachlan (Twin Peaks, Sex & the City, Desperate Housewives...), et Elizabeth Berkley (Sauvé par le gong), mais aussi Gina Gershon (Snoops et plus récemment un peu de  UglyBetty), Robert Davi (Profiler), Alan Rachins (L.A. Law, Dharma & Greg), ouh tant de monde, j'ai la tête qui tourne.
Ça date de quand ? 1995, à l'époque j'avais 13 ans, je me suis rattrapée depuis...
En résumé, de quoi ça parle ? D'une nana qui débarque à Las Vegas et qui se dit que c'est plus marrant de danser topless là plutôt que, mettons, en Alaska. Allez comprendre.

Showgirls___1 Showgirls___2 Showgirls___3 Showgirls___4 Showgirls___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Nomi Malone débarque à Las Vegas sans un radis et y entreprend une carrière de danseuse dans un nightclub sordide (où d'ailleurs elle entreprend les clients). Mais comme Nomi est avant tout danseuse et pas tapineuse (si elle le dit, pourquoi ne pas la croire ?), elle tente sa chance pour faire partie de la revue topless du fabuleux Stardust, chez qui son amie Molly travaille comme couturière. Comble de chance, elle est embauchée. Comble de chance, elle devient la doublure de la star du show. Comble de malchance pour celle-ci, Nomi est ambitieuse...
Et ça finit comment ? Avec du rouge à lèvres partout sur le menton.

Pourquoi c'est bien ? Vous m'avez lue ? J'ai dit Kyle MacLachlan, putain ! Merde, quoi ! Je vous le dis en quelle langue ? Bon, sinon il y a du téton frétillant, beaucoup de maquillage, de fringues et de musique cheap (l'adjectif s'accordant à tous les noms l'ayant précédé), et puis, voilà. Franchement, ça se raconte pas un film pareil. Je veux dire : on part d'un scénario qui, on le pense disons, ya des théories sur ce point en tous cas, voulait parler d'une histoire d'amour entre deux femmes, mais aussi une histoire d'ambition et d'arrivisme, sorte de métaphore sur le monde du showbusiness, bref qui voulait emprunter des thèmes intéressants et qui en a fait... bah, un porno soft, quoi.
Pourquoi c'est pas bien ? Profondeur des dialogues ? Bof. Complexité de l'intrigue ? Rebof. Développement des personnages ? Je vais me répéter, mais bof. On l'aura compris, c'est pas pour ses qualités cinématographiques qu'on regarde Showgirls. Et alors ?

Ah, les joies du cinéma ! Quand le film est sorti, Kyle MacLachlan assumait tellement qu'il a prétendu tout un tas de choses (c'était pas le même script que celui qu'on lui avait envoyé, le montage avait dénaturé ses scènes, etc...) et s'est désolidarisé du film, qu'il a soudainement jugé trop vulgaire. On parle d'un mec dont la principale scène est de fucker Elizabeth Berkley dans une piscine (en-dehors de celle où elle lui fait un strip-tease intégral, évidemment). Que dire d'autre des joies du cinéma...?
La réplique qui tue : Une réplique, vous entendez ça ? Ils veulent des répliques ! Comme si les dialogues valaient quoi que ce soit non, soyons sérieux un instant.
La scène qui tue : Mais elles tuent toutes, les scènes ! Yen a pas une pour relever les autres et c'est en ça que c'est divin ! Allez, je vous mets une numéro du Stardust, même les non-anglophones comprendront tout ce qu'il y a à comprendre !

Showgirls___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
S'il ne devait y avoir qu'un seul guilty pleasure au monde, ce serait celui-là. Tout est naze, mais c'est ça qui en fait un des meilleurs films au monde.
Bilan : On le regarde pour de mauvaises raisons (le générique), on reste devant pour des raisons bien plus inavouables encore (les nichons), on le reregarde sous des prétextes fallacieux (c'est des billes en verre ou des perles de culture qu'on jette sur la scène, je me souviens plus ? je ferais mieux de vérifier...), mais inutile de dire que, de toutes façons, on regarde Showgirls, et en ce qui me concerne, quand je perds un disque dur qui le contient, c'est le premier truc que je récupère. Ouais, bas les masques, et vive feu le Stardust (j'étais en deuil quand ils l'ont démoli, ce casino, le rêve de toute ma vie était d'y aller !), les ongles ultra-peints et les piscines. Loana et Jean-Edouard ont tout appris de Showgirls, on ne me l'ôtera pas de l'idée. Et pis franchement tout est grand dans ce film, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, les péripéties, le faux couple censé représenter l'image parentale dans le show business, on ne nous épargne rien, même pas une scène de viol en réunion où c'est réaliste jusque dans les bruitages... non, ce film est une jouissance de tous les instants, vraiment. Foncez.
Ah, et rappelons aussi le plus grand mystère de ce film : Pamela Anderson est crédité au générique et de toutes les fois où j'ai regardé ce film, pas une fois je ne l'y ai vue. Je vous laisse la chercher ce soir.

Allez, vite, ça va commencer !
Quand je pense que j'ai failli planifier de regarder Esprits Criminels ce soir, nan mais le délire quoi... hiiii, je l'ai pas encore vu ce film en 2009, chouette chouette chouette !!!

Posté par ladyteruki à 21:59 - Comme au cinéma - Permalien [#]

25-11-08

I like to be in America !

Approchez, Mesdames et Messieurs, approchez ! La récession guette (pardon, "l'austérité"), mais chez lady, il y a des promos toute l'année, et il y en a pour tous les budgets ! J'en veux pour preuve le produit phare du jour, un produit de crise, typiquement : fiable, constant, un rien prévisible mais tellement rassurant...
Et à l'approche de l'hiver, c'est un produit un peu exotique aussi, avec un côté ensoleillé qui fait toujours plaisir, avouons-le, quand chaque matin nous nous levons dans l'obscurité pour aller au charbon !

Aujourd'hui, dans A vendre, joli, pas cher, je vous donne donc l'opportunité de faire un placement sécurisé, en fait, d'investir dans l'avenir sans le moindre risque, en vous faisant plaisir. Vous pouvez me citer combien de secteurs d'activité dont on peut dire la même chose par les temps qui courent ? C'est bien ce que je pensais. Du coup, si vous n'ouvrez pas votre porte-monnaie pour ce produit-là, autant le dire, vous ne l'ouvrirez jamais.

Aujourd'hui, à vendre, jolie, pas cher : America Ferrera.

1) Fiche produit
Soyons clairs : encore une fois, je vous propose du frais, pas du faisandé. America Ferrera n'a pas 25 ans, mais elle a déjà derrière elle une carrière opulente.
Car elle est généreuse, mais elle est pressée, America. Elle a entamé des études en relations internationales (que dans sa précipitation elle a laissées inachevées), s'est dépêchée de se lancer dans la carrière d'actrice par tous les moyens possibles (téléfilm Disney, film indé...), tout ça pour décrocher en à peine 4 ans de boulot à Hollywood un premier rôle, évidemment, dans la série Ugly Betty, et là cher ami téléphage, je ne vous apprends rien j'espère.
Mais force est de constater que du coup, America Ferrera, pour la plupart d'entre nous, c'est uniquement Ugly Betty. Heureusement, cette vente flash exceptionnelle est pour moi l'occasion de vous parler un peu mieux de ladite denrée, même si, reconnaissons-le, c'est bel et bien ce rôle qui lui a apporté les douze statuettes qu'elle a ramenées à la maison ces dernières années. Eh oui, douze récompenses, dont du Golden Globe et du Emmy, et je ne parle même pas des nominations ! C'est un gage de qualité qui ne ment pas, mieux qu'un label rouge estampillé sur les fesses !

2) Fonctionnalités

Je vous le disais : avec America Ferrera, on est dans la constance. Vous avez aimé le produit une fois, vous l'aimerez toujours. C'est comme un tailleur Chanel : in-dé-mo-da-ble. Avec juste une petite odeur de taco en plus... Parce que je ne vais pas vous mentir : quand America Ferrera joue un rôle, c'est soit celui d'une hispano, soit celui d'une grosse, soit celui d'une grosse hispano. Le travail de composition n'est donc pas exactement son fort, mais on ne peut que louer pareille régularité ! Et finalement c'est là que réside tout son art : America interprète presque toujours le même type de personnage, mais jamais le même personnage. Et ça, c'est très fort. Parce que même si ses personnages sont proches, même si certains scénarios présentent de confondantes similarités, America parvient à changer d'identité.
Ajoutons aussi qu'il y a quelque chose de presque militant dans son choix de rôles : en choisissant des emplois qui n'hésitent pas à expliciter des thèmes tels que l'acceptation de ses imperfections physiques, et/ou la culture populaire hispanique un tant soit peu rétrograde, on sent qu'America Ferrera a trouvé le moyen, en disant les mots des autres, de dire quelque chose de précis. Sur elle, probablement, mais aussi sur toutes celles qui se reconnaissent en elle (c'est pas pour rien qu'elle a été primée dans des évènements hispaniques). Un militantisme d'ailleurs affiché au civil lorsqu'elle prend position pour des solutions responsables vis-à-vis de l'immigration clandestine, et après ça on s'étonnera de son apparition dans La Misma Luna !
L'actrice assume totalement son âge, aussi. Son premier rôle principal était celui d'une jeune fille de 18 ans ? Eh bien elle avait justement 18 ans, tout simplement. Et qui dit sortie de l'adolescence et entrée dans le monde adulte, dit aussi toutes les hésitations sexuelles attenantes, et croyez-moi quand America joue une adolescente rondouillette qui ressent ses premiers émois, elle va jusqu'au bout. Je connais des actrices répondant bien plus aux (tristes) canons de beauté de notre époque, avec une expérience professionnelle au moins aussi longue que la sienne, et qui ont eu moins de scènes connotées voire explicites qu'elle ! America ne recule devant rien, et certainement pas devant les scènes un peu plus corsées qu'à l'ordinaire quand ça s'impose (d'où la liberté prise avec le titre de ce post). Et je ne sais pas pour vous, mais je trouve que pour une nana qui taille au-delà du 44 et qui vit à Hollywood, c'est carrément courageux, quand même, de s'exposer ainsi, et de parvenir à retranscrire cela avec sensibilité, sans verser dans le voyeurisme glauque. Mais comme je l'ai dit, elle sait choisir ses projets !
Et pour mieux le comprendre, je rappelle donc les incontournables : Real Women Have Curves, là où tout a commencé, How the Garcia girls spent their summer, le même mais en plus brut de décoffrage, The Sisterhood of the Traveling Pants 1 et 2, pour laisser un peu le côté latino au profit du côté ado (et profiter de la présence à l'écran de 3 autres très bons produits qui mériteraient sans doute que je me penche sur leur cas !), La Misma Luna, même si son rôle y est mineur, parce que c'est juste un bon film, et évidemment Ugly Betty, plus léger, beaucoup plus léger, mais c'est presqu'insultant de devoir vous le signaler. Faites l'impasse sur Gotta Kick it up!, rendez-vous service, et si vous trouvez les autres films de sa discographie, faites-moi signe, je n'ai pas réussi à mettre la main dessus !
Allez, je ne vous laisse pas partir sans votre échantillon de circonstance ; il y en a un peu plus, je laisse ?

America
Du rabb' ?

3) Tarif en vigueur
Couverte de récompenses, choyée comme un coq en pâte dans la série dont elle porte le rôle titre avec une grâce humble, America a le vent en poupe et c'est aussi ce qui lui permet de choisir soigneusement à qui elle fera les honneurs de sa présence. Courtisée ? Je n'irai pas jusque là, car avouons-le, sa petite fixation sur les rôles qui lui ressemblent pourrait bien lui porter préjudice sur le long terme, mais tout justement, c'est ce qui rend le produit si abordable ! C'est de la qualité, approuvée de multiples fois, et en même temps elle ne prend pas la grosse tête et n'a pas encore toutes les raisons de le faire, alors pourquoi se priver tant que c'est dans vos moyens ?
Je vous l'ai dit, et je le redis : America Ferrera, c'est du solide, et c'est du produit qui vieillira bien, en plus, sans se soucier de la première ridule ou du premier bourrelet, et qui se concentrera sur l'essentiel. Alors pourquoi attendre ? Vous aussi, dés maintenant, composez le 555-8569-LADY (+33 depuis la Belgique et la Suisse), et offrez-vous, pour les fêtes, votre petit rayon de soleil personnel ! Simple, sans artifice, agréable et fiable : un placement qui fera la différence !

Allez, ne vous faites pas prier, en plus c'est pour la bonne cause, pour qu'on arrête de voir toutes ces maigrichonnes à la télé.

A vendre, joli, pas cher : America Ferrera. Je ne vous le redirai pas.

Posté par ladyteruki à 17:35 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

15-06-07

Fin de l'embargo sur Galactica

Eh oui, mon homme a finalement eu raison de mes défenses. Il faut dire qu'il m'a eue à l'usure, à force de réclamer la fin de la 2e saison de Battlestar Galactica par ici, soupirer quand je propose de regarder autre chose par là... j'ai tenu plusieurs mois mais là, ça y est, je dépose les armes.

J'ai d'abord essayé de gagner du temps : "mais on a plein d'autres choses à voir, plein de séries pour lesquelles je dois t'attendre pour regarder la suite : Dexter, Heroes, Veronica Mars, Ugly Betty... ça peut bien attendre non ?" Bon bah, non. "Et sans compter que ya deux trois pilote que je voudrais bien te faire voir en ce moment, la fin de Profit que tu n'as jamais vue et, bon, c'est pas génial en ce moment mais Grey's Anatomy est toujours en cours, les épisodes de New York Unité Spéciale chaque samedi, suivi de tes deux épisodes de la série originale, et puis souvent, House le mercredi, ne parlons même pas de la saison 2 de Desperate Housewives que je n'ai toujours pas vue et qui arrive la semaine prochaine !!!" Toujours pas. Avouez que pourtant ce n'est pas les occasions de téléphager qui manquent par les temps qui courent sans qu'on ne finisse ce pauvre petit coffret de Battlestar Galactica qui ne demande rien à personne, si ce n'est rester dans les rayons de la telephage-o-thèque jusqu'à ce que son petit frère de la saison trois soit enfin là. J'ai même tenté les esquives plus sournoises : "On regarde aussi Babylon 5 en ce moment, tu veux qu'on se mélange dans les intrigues ou quoi ???". Ouais, c'est de la mauvaise foi, mais il fallait quand même que j'essaye, vous comprenez ?

Résultat après des semaines de lutte acharnée, j'ai déployé le drapeau blanc. Ok, ok, finissons-la cette saison deux, mais si par malheur la troisième n'atterrit pas dans mon lecteur DVD au moment-même où elle sort, je ne réponds plus de rien.
Pour gagner un peu de temps (j'angoisse qu'on finisse ce coffret comme au premier jour) on a quand même revu deux épisodes, histoire de bien faire trainer le plaisir... mais au fait, finalement, cette seconde partie de saison deux, elle vaut quoi ?

Est-ce le recul ? Sont-ce réellement deux-trois intrigues plus faiblardes ? Avons-nous un peu perdu la foi ? Certaines histoires semblent tirer parfois un peu les grosses ficelles, et notamment la prise d'otage sur Cloud9, et le troisième commandant du Pegasus qui meurt dans des circonstances pitoyables (cela dit la scène où il préfère faire du dépannage depuis le poste de commandement au lieu de... commander... valait son pesant de cacahuètes), du coup difficile d'adhérer aux dernières intrigues en date.

Nan en fait, j'ai ma théorie... On relâche un peu la tension : un triangle amoureux a été aboli avec la mort de... rha comment il s'appelle l'assistant de Roslin déjà ? Je suis prête à mettre ma main au feu qu'on le reverra pourtant ! Bref. D'autre part, les Adama père et fils sont de moins en moins en conflit, le vice-président complètement loco a l'air de fumer un peu moins de moquette ces derniers temps (j'ai pas dit que ça le rendait moins dangereux, juste moins saoûlant)... Sharon 2.0 va avoir son petit bébé sans plus trop faire de vagues. Bien, bien... Il va y avoir un cliffhanger à se fracasser le crâne contre les murs, hein, pas vrai ? Mais si allez, ça se sent... c'est pour ça que là, on a l'impression que c'est un peu mou du genou, c'est voulu...

Soyons honnête, en fait, que la fin de la saison deux soit à en tomber raide, je m'y attends de toutes façons vu la manière dont la première saison s'est achevée. Battlestar est une série à laquelle on n'a rien à apprendre sur ce terrain-là. Mais je dois dire que, si j'étais prise dans le tourbillon des diffusions hebdomadaires, ce stratagème conserverait deson effet, tandis qu'ici, il a un effet décourageant, de la même façon que se mutiler le cortex cérébral avec trois Grey's Anatomy à la suite dans une même soirée a des effets plus que nocifs (surtout vu le niveau de la saison... c'est bien simple, mardi soir, c'était plus amusant de s'engueuler que de regarder les deux derniers épisodes, c'est pour vous dire !).

Ca semble assez évident, mais laissez-moi appuyer dessus tout de même vu que j'en ai eu la réaffirmation poignante cette semaine : beaucoup de séries ne sont faites pour être regardées "à la carte", soit en DVD, soit en raison d'une diffusion... comment qualifier ce procédé ? Erratique ? Grotesque ? Humiliant ? A double-tranchant ? Ah, je sais : une diffusion à la française !
Si une série doit être vue, chaque semaine, régulièrement, un épisode à la suite, c'est qu'elle est construite pour cela ! 'Tain ça paraît tout con mais oui ! Un épisode à la fois. Un par semaine. Vouloir chercher plus, de par le recours au DVD, ou à cause d'une diffusion à la française, c'est faire du tort à sa construction, et courir le risque de tomber dans l'un ou l'autre de ces travers qui guettent le téléphage : l'overdose ou le désintérêt. Et puisqu'on la regarde, la série, ce n'est pas ce que l'on veut, n'est-ce pas ?

Pour être un téléphage raisonnable qui goûte avec délice chaque série comme il se doit, il faudrait... eh bien, être raisonnable. Bon, euh, pas facile-facile, ya pas d'option B ? Si, vivre aux States avec une diffusion (presque toujours) respectueuse du rythme naturel d'une série. Merde alors, il va falloir apprendre à être raisonnable si je veux profiter correctement de Battlestar Galactica... parce que déjà que cette série n'est pas diffusée sur du hertzien, mais si elle l'était ce serait de toutes façons un problème.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Battlestar Galactica de SeriesLive (profitez-en, les fiches des prequels sont en ligne depuis peu).

Posté par ladyteruki à 23:26 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

25-03-07

Super naturel

Où est passée cette sacrée fichue recommandation du CSA demandant aux chaînes de télé de franciser le nom de ses séries étrangères ? Il y a deux ans environ, on ne parlait plus que de ça. Tout le monde frissonnait à l'idée d'un "Perdus", d'un "L'anatomie de Grey" (les Espagnols, par exemple, n'y ont pas coupé) ou d'un "Ménagères désespérées". Et on se disait tous "putain, ce truc, c'est vraiment débile, ils nous font chier avec des conneries alors que pendant ce temps certaines diffusions sont toujours aussi calamiteuses". Oui on était très vulgaires, mais il faut dire qu'on était fâchés.

Vous vous rendez compte ? D'après ce qui se disait à ce moment-là, seuls les noms propres et noms de lieux ne seraient pas touchés par la francisation des titres de séries. On était à deux doigts de subir l'affront fait aux séries d'animation japonaise. Certains d'entre nous en étaient déjà à imaginer des prénoms de personnages francisés également. C'était la panique.

Et puis en fait, en ce moment, je n'en finis pas de me laisser encore surprendre par la programmation en France de Desperate Housewives (dont la seule prononciation est l'une des rares justifications de la francisation des noms de séries), LOST (sous-titré Les Disparus mais personne ne l'appelle jamais comme ça, évidemment), Grey's Anatomy, Commander in Chief ou encore Supernatural, plus près de nous. Il me plaît à penser que ça énervait les chaînes autant que nous.

Il faut dire qu'à l'heure où les séries sont célèbres avant même d'arriver sur notre territoire national, sous des appellations anglophones faisant 15 fois le tour du net avant que les chaînes ne pensent à leur prêter attention, il est un bien meilleur calcul de préserver cette appellation d'origine (et trajectoire) contrôlée plutôt que de la rebaptiser et recommencer la promo à zéro.

Mais alors, quid de ladite recommandation ? A-t-elle été mise à la corbeille par le CSA ? Nenni, elle est toujours , mes amis, là et bien là, les chaînes télé doivent franciser leurs noms de programmes... mais l'alinéa IV de la chose nous explique simplement que "trois dérogations sont toutefois prévues par la loi : les titres d'émissions dont ces sociétés ont acquis les droits de diffusion et dont la conception leur échappe ; les titres constitués d'un terme étranger dont il n'existe aucun équivalent en français ; les titres qui ont été déposés à titre de marque avant le 7 août 1994". Concrètement. Ouais, donc en fait, on fait ce qu'on veut niveau séries. Et donc tout le monde a tremblé pour rien, TF1 a sous-titré le titre de LOST pour le plaisir ou quasiment, etc...

Mais en y réfléchissant, pourquoi sommes-nous si accrochés à ces titres, pour la plupart d'entre nous ? Qu'une chaîne tente de préserver le travail de communication déjà effectué outre-Atlantique (et ailleurs) autour de cette série, ça se comprend, mais quelles sont nos raisons, à nous téléphages, pour espérer que les titres seront traduits seulement si des vies doivent en dépendre ?

Est-ce parce que sur les sites, les forums et les blogs, nous parlons actuellement de Dirt, The Riches et autres Ugly Betty (et non pas d'Ordure, Les Richards et Betty la Laideron) et que nous n'avons pas envie de changer nos habitudes ? Ca se tient.
Est-ce parce que nous nous voulons puristes en appelant une série par son nom original ? Après tout, pourquoi traiter les séries différemment, par exemple, d'une "oeuvre" musicale ? Personne ne songerait à appeler la chanson de Nelly Furtado "Mangeuse d'homme", ni parler du premier album des ridicules Tokyo Hotel en le nommant "Crie (aussi fort que tu peux)". Ca se tient.
Est-ce par sentimentalisme, parce que nous nous sommes appropriés la série (et son univers) sous ce nom ? Ca se tient.

Par curiosité, pour la beauté de l'étude scientifique rigoureuse pourrait-on dire, j'ai fait une enquête sur 1 téléphage, et je me suis sondée pour savoir comment j'appelais les séries que je regarde. Et je penche pour la 3e possibilité (bien que je persiste à penser que les deux premières sont toutes aussi valables) :
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion française, je l'appelle par son titre local (ex : New York Unité Spéciale, Les Experts...). Même en apprenant rapidement le nom original, je ne change pas mes habitudes.
- exception à la règle ci-dessus : lorsque vraiment j'ai développé un certain niveau d'addiction et/ou d'affection (ex : Fran pour Une Nounou d'Enfer, Corky pour Corky, un enfant pas comme les autres
...).
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion américaine, je l'appelle par son titre original (ex : bah, il suffit de voir ce blog !). Même lorsque je finis par regarder la série en France (car il est rare que je m'en empêche) je ne m'adapte pas au nom choisi par la chaîne en France.
C'est ainsi que je finis par mélanger les titres originaux aux titres adoptés par le diffuseur français dans mes posts divers et variés, comme l'un d'entre vous ne s'est pas gêné pour me le faire remarquer. Comme vous, non ?

Les chaînes françaises (qui décidement sont meilleures en marketing qu'en diffusion) l'ont bien compris et ne suivent donc pas la directive, ou alors seulement si vraiment, elles ont un peu trop châtouillé le CSA ce mois-ci et que ce n'est pas le moment de s'attirer un blâme pour une connerie pareille, ma foi, si ça peut aider à faire passer les écarts sur d'autres sujets, on peut bien sacrifier un titre de série à l'occasion.

Du coup, même quand ce serait super facile de franciser un titre, on ne s'en donne plus la peine. Inutile de dire que la directive, le CSA peut s'en faire un sandwich et se la manger.

Où j'essaye d'en venir ?
Nulle part. C'était juste une petite réflexion, comme ça, le dimanche soir. Faut dire qu'il n'y a rien d'intéressant, côté séries, à cette heure-ci.

Posté par ladyteruki à 20:12 - Point Unpleasant - Permalien [#]

11-02-07

BETTY BEAUTY

Au risque de passer une fois de plus pour aussi sectaire que je le suis : j'aurais dû m'en douter, la version allemande est bien au-dessous de la version américaine. Mais naturellement !!! Ca allait sans dire !

Cette semaine, en tombant sur un épisode (en fait un et demi) du Destin de Lisa sur TF1, je me suis soudain décidée à regarder le pilote d'Ugly Betty. Comprenez-moi bien : c'est pas que j'aie des a priori d'aucune sorte que ce soit (moi, du moment que c'est américain, je suis pleine de bonne volonté...) mais c'était une des séries de la rentrée que je ne me résignais pas à tester. Peut-être parce que je savais que c'était adapté d'une série brésilienne à l'origine, ou peut-être parce que voir tout le foin qu'on en faisait m'a découragée... ou peut-être parce que les prémisses de la série me faisaient un peu trop penser au livre/film Le Diable s'habille en Prada. Allez savoir. C'était simplement au-dessus de mes forces.
Oui donc, ok, j'avoue : j'avais de multiples a priori. Et alors, ça vous arrive jamais, à vous, peut-être ???

Effectivement, pendant un bon tiers du pilote, on retrouve les éléments du livre/film sus-nommé, c'est un peu pesant mais les décors somptueux du magazine MODE aident grandement à faire passer la pillule. Le harcèlement dont Betty se trouve ensuite être la victime désignée donne un ton tout autre à la série : au lieu de faire passer notre miss pour la dernière des gourdes (prends ça, Lisa !) elle acquiert un côté très touchant, et se révèle juste être quelqu'un de simple (au sens le moins péjoratif possible du terme) dans un monde puant. Ne pas simplifier à l'exagération les choses est exactement ce dont on a besoin pour accrocher sur Ugly Betty tout en étant capable de prendre certaines choses à la légère comme il se doit.

La relation patron/employée qui se tisse est également un grand moment de cet épisode ; plus que la base sur laquelle repose la série allemande (pour ce que j'en ai vu), elle donne réellement envie de voir comment les choses vont tourner ensuite, comment le boss complètement nul et incapable, et infichu de bosser, va, sous l'impulsion de notre Betty, commencer à faire quelque chose de sa vie, et donc de son magazine... et donc de Betty ! Du moins est-ce l'une des ouvertures de ce pilote. Ca, et bien-sûr les multiples jalousies que leurs deux postes suscitent, chacun à leur niveau.

Voilà donc une bonne surprise, et même, elle est double, puisque d'une part je ne m'attendais vraiment pas à une série de cette qualité (surtout après avoir vu cette fiche version allemande), et d'autre part, même en profitant de la comparaison, avec ces éléments, le résultat n'était quand même pas garanti. En prime, petit cadeau pour la fan de Gina Gershon qui se cache en moi (bien cachée, mais pas suffisamment pour m'empêcher de regarder inlassablement Showgirls), la présence de celle-ci, en caricature physique d'elle-même, et avec un accent pourri hilarant. Merci pour le bonus !

Et merde, encore une série sur laquelle il me faudra tenter de rattrapper mon retard... Fais chier tiens. Au moins, Le Destin de Lisa ne me laisse aucune sorte de cas de conscience.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ugly Betty de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:46 - Review vers le futur - Permalien [#]


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