ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-07-12

Little tricks

En matière de séries procédurales, on a fait à peu près le tour de toutes les spécificités et de tous les symptômes qui pourraient donner du cachet à un personnage, du trait de caractère extrême aux TOCs, en passant par les traumatismes passés, une addiction ou un handicap physique. L'idée motrice est toujours la même : montrer que ce qui fait le défaut d'une personne dans sa vie sociale et/ou affective constitue également sa plus grande qualité en milieu professionnel.
Et comme les séries, notamment américaines, ont tendance à aimer nous montrer des workaholics, tout cela compose bien évidemment la formule idéale à l'heure où la série d'enquêtes tient encore le haut du pavé. Il faut se dire que ce n'est plus qu'une question de temps maintenant que la franchise des Experts a pris un premier coup, mais en attendant, ça reste la norme. Voire la solution de facilité, selon votre point de vue sur ces séries.

Alors du coup, quand TNT, qui n'est pas vraiment connue pour son sens de l'innovation en matière de fictions, nous annonce une nouvelle série avec une mec qui est schizophrène ET professeur en neurosciences, et qui aide l'une de ses anciennes élèves, aujourd'hui agent du FBI, à résoudre des enquêtes, le plus survolté des téléphages esquisse tout juste un bâillement blasé et retourne à quelque chose de plus captivant, comme par exemple compter les masques à l'effigie de présidents des États-Unis dans des séries de HBO.

Et pourtant je suis bien obligée de reconnaître que le pilote de Perception, je ne l'ai pas laissé dormir sur mon disque dur bien longtemps. Autant je peux parfois laisser reposer un épisode pendant plusieurs semaines, lorsqu'il s'agit d'une série policière, histoire d'attendre le bon moment pour me lancer et éviter toute sensation de rejet violent, autant, Eric McCormack, c'est un véritable laissez-passer pour atterrir en haut de ma liste de priorités. A ce stade, j'en suis même au point où, ayant le choix entre finir cette fichue seconde saison de Game of Thrones (je vous ai raconté combien c'était laborieux, de visionner Game of Thrones, cette saison ? Faites-moi penser à y revenir) et entamer le pilote de Perception, tenez-vous bien, JE CHOISIS PERCEPTION. Et pendant une micro-seconde j'ai même envisagé de me remater un ou deux épisodes de Trust Me, incorrigible que je suis. On peut pas lutter contre le pouvoir d'Eric McCormack.

Perception

De toute évidence j'avais donc un biais positif envers Perception, bien que totalement déraisonné. Heureusement que je regarde tous les pilotes de la création qui me passent à portée de main, sinon on croirait que je me suis mise sur la série pour de mauvaises raisons. Mais euh, bon, on va dire que c'est l'été, je viens de commencer un boulot ultra-crevant, alors j'ai le droit, hein.

Est-ce ce biais qui a joué en faveur du pilote de Perception ? Sans doute un peu.
Mais j'avoue avoir été surprise par la façon de traiter la maladie du personnage principal. C'était touchant et intéressant.
Bien-sûr on n'échappe pas à quelques clichés, notamment dans la façon de mettre en scène la façon dont Daniel Pierce réfléchit, qu'il s'agisse d'anagrames ou simplement de la façon de voir des apparitions qui le renseignent sur des éléments de son subconscient. Le "twist" de fin d'épisode était à ce titre prévisible très tôt dans l'épisode, mais c'est sans gravité parce que ce qui charme, outre l'incroyable regard de McCormack, c'est que ces petits revirements ne constituent pas de véritables retournements de situation voués à nous impressionner et nous surprendre absolument, mais simplement à peindre un portrait plus large du personnage central ; la façon qu'a Daniel de réagir à la toute fin d'épisode, totalement dénuée de surprise ou même de tristesse, est à ce titre éloquente, et fait partie des multiples éléments qui me donnent une grande confiance dans la série pour ne pas me mener en bateau mais simplement m'offrir un personnage intéressant à suivre.
Ce qui serait intéressant également serait de creuser cette histoire de perception, et d'insister sur le point de vue parfois décalé du professeur Pierce. Le passage pendant lequel son ancienne élève, et désormais collègue, saute du deuxième étage d'un immeuble pour appréhender un suspect en fuite, aurait été un très bon exemple de tout ça, pour montrer que parfois, les manifestations de la maladie de Pierce sont un peu plus subtiles qu'une apparition à part entière.

Le plus décevant dans ce pilote relève probablement du traitement des autres personnages, justement, dont la fliquette Kate. C'est bien simple, ils sont tous totalement secondaires, et Kate, avec son visage d'adolescente, ses bonnes manières constantes, et son petit ton de première de la classe, est transparente au plus haut point, face à un homme qui représente tout ce que le cerveau peut être de brouillon, complexe et perturbé. Le contraste pourrait fonctionner mais au lieu de ça, il met en lumière l'absence totale d'aspérité du personnages, tout juste relevé par quelques anecdotes (genre justement quand elle saute du deuxième étage) qui sont supposées nous montrer qu'elle a peut-être plus d'un tour dans sa manche. Rien à faire, elle parait désespérément fade quand même. Et que faut-il dire de l'assistant de Pierce, qui n'a rien du tout d'une Sharon Fleming alors qu'il vit pourtant avec Pierce, et se trouve donc dans la position idéale pour avoir des interactions avec son mentor ! C'est vraiment désespérant, et il faut absolument que ces personnages (ainsi que le recteur de l'université, interprété par Geordi La Forge...) soient développés, sans quoi le déséquilibre pourra vite sembler gonflant (c'est d'ailleurs un problème récurrent dans pas mal de séries procédurales reposant sur cette formule).
En revanche, j'ai été intriguée par le personnage, rencontré très fugacement, de l'aphasique Jimmy, que j'ai trouvé intéressant pour la façon dont, une fois de plus, sa condition lui sert d'atout, et même touchant le temps de sa brève apparition ; il permet en plus aux scénaristes des petits tacles politiques sans lourdeur mais amusants.

D'ailleurs, le premier épisode de Perception est aussi, l'air de rien, l'occasion d'entendre plusieurs personnages évoquer des théories "conspirationnistes". Sans ni les discréditer totalement, ni vraiment leur accorder trop d'importance, la série donne ainsi la parole à une frange de la population américaine qui réagit, peut-être à l'excès, à l'intervention du gouvernement dans leurs affaires (entre autres).
Sans aller jusqu'à soupçonner l'existence de grands complots extra-terrestres (un sens qu'on attribue souvent au terme de conspiration dans les séries, héritage de quelques visionnages de X-Files en trop), il s'agit d'un état d'esprit qui n'a pas souvent droit de citer dans une fiction, et qui n'est pas pris au ridicule ici, pas totalement : il est clair que, si le personnage de Pierce adhère à ces théories, c'est en partie parce que sa schizophrénie favorise ce comportement, mais il partage ces convictions avec d'autres personnes tout-à-fait "normales". On peut donc s'attendre à l'avenir que ses vues sur le gouvernement ou les grandes corporations interviennent régulièrement dans sa façon de considérer les enquêtes, ce qui est certainement le point de vue le plus original pour une série d'enquêtes procédurale depuis un bon bout de temps, plus encore que la schizophrénie elle-même.

Pour ce qui est de l'enquête elle-même, justement, de par le fouillis qui règne dans la cervelle de notre professeur, elle est assez chaotiquement menée, ce qui permet, à défaut d'être réellement impressionné par la tournure des choses, de ne pas avoir l'impression de connaitre tout par coeur, ou au moins, pas dés les premières minutes de l'affaire. On a tant vu de procedurals que chaque minute de sursis avant que ne vienne l'impression d'avoir déjà tout vu cent fois est bonne à prendre. Il ne s'agit pas, là non plus, de hurler au génie et de trouver que Perception révolutionne la face de la télévision, mais ça reste très honnête. Ce n'est évidemment pas le plus captivant dans cet épisode, mais il faut faire avec, et on a vu pire, largement pire.

Alors dans le fond, Perception n'est pas la série qui va vous river à votre écran semaine après semaine, mais elle ne s'en tire pas si mal étant donné les circonstances.
Avec quelques petits trucs bien vus, à défaut d'être ambitieux, elle parvient à vous jouer suffisamment de tours pour que votre cerveau n'ait pas totalement l'impression d'assister encore et toujours à la même série policière, et c'est finalement tout ce qu'on lui demande après plus d'une décennie d'invasion de séries d'enquêtes. Et quand en plus, c'est McCormack le prestidigitateur, eh bien...

Posté par ladyteruki à 23:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-02-10

Le théorème de "pas encore ?!"

Parenthood

Ça fait des semaines, voire des mois, que tout le monde anticipe l'arrivée de Parenthood... eh bien moi, ça ne commence à prendre que maintenant. Et encore : très lentement. Peut-être que j'ai arrêté d'avoir hâte que telle ou telle série commence. Peut-être que ne plus suivre de très près l'actualité des projets fait que je ne suis plus dans cette boucle où la première news crée une attente qui est entretenue par les suivantes. Peut-être tout simplement que je n'ai plus la moindre confiance dans les pitches.
Toujours est-il que Parenthood, c'est une nouvelle série comme une autre, un pilote que je pourrai bientôt découvrir, comme je le ferais de toutes façons.

Mais déjà, quand Nick a publié les affiches de promo, j'ai commencé à me dire : "tiens mais au fait, c'est que ce serait presque alléchant, c't'affaire !". Drôles, tendres, bien pensées (bien qu'assez éloignées de mes préférences en la matière) ces affiches ont titillé un peu ma curiosité, je suis bien obligée de le reconnaître. Ce qui tombe bien, c'est leur objectif.
M'enfin bon, l'échéance paraissait encore lointaine.

Et puis, quand j'ai ajouté la date du series premiere dans mon petit "Pilot Watch" (z'avez ptet remarqué ce ptit truc récemment ajouté dans la colonne de droite et qui permet de garder un oeil sur les prochains pilotes que je vais dévorer), j'avoue que ça m'a quand même fait un petit quelque chose. Tout d'un coup, le pilote semblait approcher à grands pas. Et j'ai commencé à me dire que cette échéance qui se rapprochait, c'était quand même drôlement chouette.
En d'autres termes, j'ai commencé à anticiper l'arrivée de Parenthood.

Ce n'est pas non plus comme si j'avais eu une révélation quant à l'existence de ce projet. J'ai beau ne pas me frotter à l'actualité de trop près, j'étais au courant de l'arrivée de cette série, j'étais au courant des soucis autour de la santé de Maura Tierney, j'étais au courant de son remplacement par Lauren Graham... Mais je pense que ce qui a participé à l'effet de surprise, quelque part, c'est de voir tous ces visages connus sur les affiches de promo.

Lauren Graham, Peter Krause, Monica Potter, Craig T. Nelson, Bonnie Bedelia, Erika Christensen, Mae Whitman... plein de visages connus (certains plus que d'autres, certes).

Il s'avère que j'ai un théorème personnel sur les acteurs qu'on connait bien et qui se retrouvent en nombre dans une série. Ce n'est pas un théorème infaillible, loin de là, mais enfin, régulièrement elle me donne des preuves de sa justesse, et bien qu'il arrive que le contraire aussi se produise, je garde la conviction que mon théorème est juste. Ledit théorème est donc le suivant :
Quand une nouvelle série est lancée, plus il y a d'acteurs qui ont précédemment connu la gloire dans des séries, plus il y a des chances que la série se plante.

Un casting prestigieux ne me semble jamais être un gage de réussite. Je veux dire : un acteur de renom, bien. Deux, bon, passe encore. Mais les 3/4 du générique, c'est mauvais signe d'office.
Ma conviction, c'est qu'à toutes autres caractéristiques égales par ailleurs, entre deux séries, celle qui a le plus de chances de tenir bon, c'est celle qui a un casting majoritairement peuplé d'inconnus.

Alors après, quand je dis inconnus, je ne veux pas forcément dire que les acteurs sont des débutants qu'on n'a jamais vu ailleurs. Mais il faut que la majorité d'entre eux n'ait pas eu de rôle marquant jusque là. Les rôles précédents étaient des seconds rôles, ou des guests ; et plus le CV est chargé de premiers rôles antérieurs dans des séries ayant marqué les esprits, plus c'est mauvais signe.
J'ai l'impression persistante (mais là encore ce n'est peut-être qu'une impression ; reste que je ne peux m'en défaire) qu'un casting composé de personnes ayant marqué les esprits est une sévère entrave à la réussite d'une nouvelle série. Une nouvelle série doit révéler des talents inconnus de la majeure partie du public. C'est à la fois sa vocation et sa meilleure chance de survie.

Alors quand je vois Peter Krause et son omniprésence à la télé ces dix dernières années (Six Feet Under, The Lost Room, Dirty Sexy Money), Lauren Graham et son front estampillé Gilmore Girls (d'ailleurs dés qu'on lit un article sur Parenthood, c'est terrible, le nom de Lorelai Gilmore revient instantanément quelque part dans le texte), Monica Potter qu'on a vue absolument partout (Boston Justice, Trust Me...), je réprime un frisson.

Parce que, facteur aggravant s'il en est, mon petit théorème se complète d'un axiome complémentaire : plus l'acteur a été vu récemment à la télévision, plus c'est dangereux.
Quand on est un acteur de télévision, il faut savoir faire profil bas pendant une saine période de temps, se faire oublier, et ensuite revenir dans la course. C'est aussi pour ça que Dieu a inventé le cinéma, le théâtre, les apparitions en guest et les économies à la banque : pour laisser passer un peu de temps. C'est la seule option qui permette encore de sauver les meubles : adopter la technique dite "Richard Dean Anderson", et laisser passer quelques années ou une décennie (idéalement deux) sans se faire remarquer avant de reprendre un rôle principal. Et entre MacGyver et Stargate SG-1, la magie de l'axiome complémentaire avait opéré, et personne n'avait l'impression persistante de voir Angus franchir la porte des étoiles en treillis (et c'était, du coup, pas du tout choquant de le voir se servir d'une arme).

Et c'est ça le secret.
Parce qu'autant au cinéma, c'est fatiguant de voir toujours les mêmes, mais pas dangereux pour le succès d'un film, autant repointer le bout de son nez dans un rôle important à la télévision dés qu'on a quitté le précédent, c'est mission suicide pour les audiences.

Il ne faut pas oublier que la caractéristique principale de la télévision, c'est le long terme ; du moins est-ce la règle générale, mettons de côté les annulations intempestives pour les besoins de la démonstration.
Donc, on s'invite non pas 1 fois 1h30, mais 15 ou 20 fois 1h00 dans la vie du spectateur chaque année. Dans l'esprit de celui-ci, il n'y a plus du tout de différence entre le personnage et l'acteur. L'un est nécessairement identifié à l'autre (d'où les acteurs qui se font appeler dans la rue par le nom de leur personnage, ou les cris d'orfraie des spectateurs quand un même personnage est recasté pour remplacer son premier interprète, à raison d'ailleurs). Indissociables pendant plusieurs années !

Puis, la série s'arrête. Le spectateur en regarde d'autres. On ne lui rafraîchit plus la mémoire toutes les semaines à la même heure. Petit-à-petit, les personnages ont le droit à l'oubli. L'acteur a le droit de prendre une seconde peau. Lentement, très lentement. Surtout ne rien brusquer ! Attendre encore. Faire autre chose. Ne pas raviver le souvenir. Tout changer, ou tout faire ailleurs.
Et là, seulement là : revenir.

C'est à ce seul prix qu'une série avec le casting de la trempe de Brothers & Sisters (que Parenthood, dans la configuration de cast, me rappelle beaucoup) peut réussir à ne pas éveiller chez le spectateur un lourd sentiment de "ah non, pas encore ?!". Avec la technique "Richard Dean Anderson", et une saine dose de visages inconnus (ingrédient que Parenthood ne me donne même pas l'impression d'avoir).

J'ai un mauvais pressentiment sur cette série, et je ne souhaite que de me tromper.
Mais je suis désolée, pour Lauren Graham, et pire encore, pour Peter Krause, il n'y pas encore prescription.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parenthood de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:49 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

28-03-09

Want Ted

Vous savez ce qui est bien quand arrive la période des pilotes ?
Les pilotes.

Vous savez ce qui est bien quand commence à passer la période des pilotes ?
Les épisodes suivants.
Deux épisodes de Better Off Ted en moins de 72h ? Je peux me tromper, mais je sens qu'il se passe quelque chose. Pas entre Ted et moi (Jay est pas du tout mon genre, mais on peut essayer d'en reparler dans quelques années s'il insiste) mais entre la série et moi, c'est un fait indéniable.

C'est pourtant vrai qu'on pourrait imaginer que des gens (on ne sait pas qui, juste des gens) n'en penseraient pas que du bien.
Il y aura les gens qui penseront que Portia de Rossi est trop Nelle dans ce nouveau rôle de Veronica. Alors là, je m'en bats l'oeil comme c'est pas permis, et comme c'est rarement arrivé. A peu près autant que de savoir avec qui Paris Hilton couche ne ce moment, pour vous donner une échelle. Le rôle est génial, elle y est géniale, moi je vois pas ce qu'on pourrait demander de plus. Qui mieux que Nelle Subzero Porter pouvait interpréter ce rôle de patronne glaciale et sans humour, mais définitivement drôle, franchement, pas la peine de faire le tour de Hollywood pendant des heures en espérant tomber sur la perle, ça semblait carrément évident. Il y a les acteurs-caméléon, et les acteurs-Lassie chien fidèle, c'est un fait établi, et il faut savoir utiliser l'un ou l'autre selon les circonstances, et ici je vois mal qui d'autre on aurait pu choisir pour ce rôle.
Il y aura des gens qui penseront que le personnage de Ted est, a contrario, très basique, et peut-être même qu'il manque un tantinet de charisme, qu'il est trop lisse et propre sur lui. Mais n'avions-nous pas justement besoin d'un type de ce genre pour réussir à entrer dans le monde timbré de Veridian Dynamics ? Le faire par ses yeux blasés, mais pas complètement aveugles, est un équilibre idéal entre la position radicale de Veronica, la patronne qui a un job à faire mais pas une once de sens éthique, et Linda, la jolie petite employée en révolte permanente mais silencieuse contre la société, une autre position radicale si on y pense. D'ailleurs, pour être bien certains que Ted ait de la consistance, on lui a rajouté un ange d'épaule en la personne de sa fille (qui manque un peu dans le second épisode, mais juste un peu, tout va bien).
Il y aura aussi des gens qui s'attendront à se taper sur les cuisses alors que, merci de l'avoir noté, Better Off Ted est une série drôle, mais pas un sitcom. Ce n'est pas pour rien que certains ont fait le choix de la single camera ! Il ne s'agit pas d'applaudir à chaque réplique écrite pour être drôle, il faut aussi savoir se réjouir des silences, des regards, des effets de montages, de la voix off qui fonctionne bien (fait suffisamment rare ces dernières années, où le procédé a été über-utilisé, pour être souligné), etc... Oui, ça demande un peu de gymnastique intellectuelle de ne pas attendre qu'on vous brandisse le panneau "RIEZ MAINTENANT" pour profiter pleinement de la série, mais c'est un coup à prendre et on finit par s'habituer à ces subtilités.

Bon, vous voyez, quoi que les gens pensent de mauvais sur Ted et son équipe, ils ont tort, de toute évidence.
En plus, il y a plein d'autres petits détails qui font que Better Off Ted est un pur délice. La fausse pub d'entrée, par exemple... et ce même si c'est en échange du sacrifice de ce qui aurait certainement été un générique intéressant... c'est simplement sans prix, ce sublime hommage à Working ! (mes tags m'informent que je ne vous ai jamais parlé de Working, ça me désole au plus haut point ; sitôt ce post fini je fonce fouiller ma telephage-o-thèque pour ressortir un épisode à vous présenter... les fouilles peuvent prendre quelques jours, rapport au classeur noir, alors ne retenez pas votre souffle)
Et plus qu'une série simplement drôle, Better Off Ted est aussi une série qui ne se contente pas d'aligner les gags, mais bien de suivre ses intrigues : la cryogénisation d'un de leurs employés (oui mais juste un... pour le moment) en est l'exemple, eh bien, criant (j'étais obligée de la faire, celle-là).

Veridian

Non, vraiment, il faudrait être bien pinailleur pour ne pas apprécier cette série, jonglant avec talent entre légèreté et critique soc-... non, je ne vous fais pas l'affront de faire mine de psychanalyser Better Off Ted, franchement on a tous compris le message, mais qu'il soit décliné semaine après semaine en de multiples petites mesquineries cyniques est un plaisir dont on ne peut que se repaître à l'avance.
Fini les comédies gentillettes, on dirait, entre le summum du désabusé avec Trust Me, et le zénith de l'immoralité avec Better Off Ted, 2009 sera sans illusion sur le monde de l'entreprise, et le monde tout court, ou ne sera pas. C'est ça, être dans l'air du temps !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Better Off Ted de SeriesLive.
Mais bien-sûr, The Inside, c'est là que j'ai rencontré Jay !!! Je me disais bien qu'il m'était familier...

Posté par ladyteruki à 17:58 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-01-09

Ba-dum-ba

Ce qu'il y a de bien quand on regarde un pilote avec des a priori à la fois positifs et négatifs, c'est qu'on est sûr d'être surpris ! Exemple... une nouvelle série avec Eric McCormack : bonne idée. Autre exemple... une nouvelle série sur la publicité : déjà vu. Donc, là, c'est la preuve par l'exemple. Ou par trois. Au choix.

TrustMe___1
Allez, on y a tous pensé... le milieu de la publicité, par les temps qui courent, ça fait forcément penser à Mad Men. La classe des années 60 en moins, qui plus est. C'est vrai qu'en ce sens, Trust Me vous fait bien sentir qu'on va parler de pub à tous les coins de rue, difficile de faire comme si on n'avait pas compris. Alors d'accord, vous voulez jouer à ça, alors comparons : ici, ce sont des duettistes qui officient et tentent de nous faire croire qu'ils sont des génies de la pub ; sauf que mis dos à dos avec ne serait-ce que le coup d'éclat de Don Draper dans le pilote de Mad Men, à deux, les personnages principaux de Trust Me ne lui parviennent pas à la cheville. Nan, faut le dire, ils n'ont pas son talent dans la publicité. Mais en échange, ils sont plus sympathiques. C'est une question de choix : l'intelligence ou la drôlerie. Bon bah, Trust Me a choisi.

TrustMe___2

Eric, Eric, Eric... peut-on lui résister ? J'avoue n'avoir lancé ce pilote que parce qu'il y était. Oh, il est dans toute la série ? Hm, bon, bah, puisqu'il le faut, je regarderai toute la série, hein, tant pis. Mais heureusement, le tandem avec Thomas Cavanagh marche parfaitement, non seulement du côté des personnages tels qu'ils sont écrits, mais du côté du charisme des deux acteurs, aussi, de ce qu'ils dégagent. On croit sans problème à ce qui lie (et sépare) les deux protagonistes et, ce qui fait que leur petit numéro marche si bien quand ils s'engueulent ou se rabibochent, c'est bien l'alchimie entre les deux gaillards qui les interprètent. Mais, oui, j'ai une préférence pour Eric, oui... il est comme le vin, le fromage et Sean Connery : meilleur avec le temps.

TrustMe___3
J'adore voir ce genre d'amitié masculine à l'écran. J'ai dit "amitié", rho, tout de suite... D'ailleurs, si elle n'était pas si sympathique, je ne pense pas qu'on accrocherait autant sur le reste, puisque le retournement de situation ultime (je veux pas vous spoiler mais le pilote finit bien) est ultra-prévisible, et manque un peu d'inspiration. Comme dans beaucoup de séries basées sur les duos (c'est un peu plus courant avec les sitcoms que les séries dramatiques, il est vrai), ce sont les interactions qui font tout le piment des épisodes, on le sent dés ce pilote, et ici c'est vraiment sur l'antagonisme/la symbiose entre les deux copains que tout repose pour le moment. On ne peut même pas dire que les autres collègues de bureau aient beaucoup de diversion à offrir si jamais ce tandem ne se montrait pas convaincant à un moment ou à un autre. Il faut dire que Monica Potter est une telle tête à baffes, aussi... moitié exprès, moitié parce que l'actrice est comme ça, je pense. Donc bon, il y a Eric, Thomas, et le reste très loin derrière. Il faudra s'y faire !

Donc voilà, Trust Me, c'est divertissant, c'est sympa, ça fait marrer et ça fait sourire (comment ça, "pléonasme" ?), ça fait beaucoup de bons points en apparence, mais aucun qui ne rende pour le moment la série inoubliable. Il en faudra un peu plus pour en faire un classique, mais ne vous inquiétez pas, je surveille pour vous...

Tiens, ça me fait penser, je ne pense pas avoir déjà regardé Ed...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Trust Me de SeriesLive.
favicon

Posté par ladyteruki à 22:48 - La preuve par trois - Permalien [#]

Sick Sad World

Quand quelqu'un est malade à en crever, en général, il se bourre de médicaments et de bouillon, puis il attend que ça passe. Quand un téléphage est malade à en crever, il se bourre de médicaments et de séries, puis il attend que ça passe. C'est physiologique, on fonctionne différemment.
Ma condition physique m'y contraignant, j'ai donc passé les derniers jours à comater méchamment devant la télé... Je ne comprenais pas tout, mais qui s'en soucie ?

Après avoir étudié le cas 30 Rock pendant une poignée d'épisodes (j'ai commencé à rire franchement à partir du 5e épisode ; allez, à la fin de la saison je pourrai peut-être sincèrement en penser du bien), et même à la suite d'un instant d'égarement devant une rediff de 7 à la Maison un peu avant le déjeuner, mon pharmacien m'a ravitaillée et, là, on a pu aborder les choses sérieuses.

Les choses sérieuses, c'étaient :
- le pilote de Friday Night Lights
- le pilote de Trust Me
- le pilote de Life
- deux épisodes de United States of Tara
- un revisionnage de Doctor Horrible’s Sing-Along Blog
-
et plus d'épisodes du Coeur a ses Raisons que la dignité ne me laisse l'avouer
Ok, je commence par vous parler de quoi ?

Qu'est-ce que c'est cool d'être malade, quand même...! Mais comment font les gens qui ont la grippe et qui ne sont pas téléphages ? Ca reste un mystère pour moi...

Posté par ladyteruki à 22:39 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


  1