ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-12-12

Pour le meilleur, et rien que le meilleur

Quand je vous disais qu'il me restait des pilotes dans un coin, je ne plaisantais pas : j'en ai PLEIN ! Et d'ailleurs tant mieux, parce que la vie sans pilote m'est inconcevable. Place cette fois à une nouveauté lancée le mois dernier par la chaîne câblée TBS ; comme toujours, sitôt que mon camarade whisperintherain aura rattrapé son retard, un lien apparaitra au bas de ce post pour que vous puissiez comparer nos points de vue sur ce pilote.

WeddingBand

C'est une plutôt bonne saison que nous fait TBS, et le fait est suffisamment rare pour être noté. Après Sullivan & Son (dont je reconnais aisément qu'elle ne plaira pas à tout le monde ; mais franchement, à qui peut plaire Men at Work en comparaison ?!), la chaîne a lancé une série du nom de Wedding Band, lançant pour la première fois dans une série d'une heure depuis le pénible Glory Daze. C'est d'autant plus une prouesse que TBS ne commande que des comédies, et que Wedding Band était commandée à l'origine comme une comédie d'une heure, une façon d'aborder le format assez exceptionnelle ; force est de constater que le pari est réussi.

Vous connaissez le terme de "tear jerker" ? Eh bien Wedding Band est un méchant "smile jerker". Je n'avais pas réalisé à quel point c'était devenu rare ces derniers temps de sourire de bout en bout pendant une série, et plus encore une série d'une heure, mais c'est bel et bien ce qui s'est produit devant ce pilote. J'en suis ressortie avec une banane incroyable !

Il me faut préciser, à ce stade, que je suis extrêmement friande d'amitiés masculines à l'écran (quand elles sont bien écrites), bien que je regrette qu'on soit si rarement capables de trouver un équivalent parmi les amitiés féminines. En gros, une amitié entre mecs (ou mixte) est souvent écrite de façon plus vraie, plus sincère, quand une amitié entre femmes passe par tous les archétypes possibles et simplistes qu'on connait depuis au moins Carrie Bradshaw et sa clique ; ça va quand une série les emploie, on peut décréter que cela fait partie de son style, mais quand tout le monde s'y met, c'est insupportable tant c'est cliché.
La bande de potes de Wedding Band (ah ah) a ce petit quelque chose de sincère, de chaleureux et de vibrant qu'ont les meilleures bandes de potes ; sans aller jusqu'à avoir le sens aigu de l'authenticité de Men of a Certain Age (certainement la meilleure série sur une amitié masculine de ces dernières années), la comédie d'une heure est capable de trouver ce petit quelque chose qui rend non seulement ses personnages sympathiques de façon indépendante, mais surtout, en groupe. La dynamique fonctionne très bien, immédiatement, et cela permet immédiatement de ne pas prendre le monde dans lequel ces quatre gars évoluent pour un truc absolument ringard et miteux.

Parce qu'osons le dire, être dans un groupe qui joue dans les mariages et autres fêtes, c'est quand même bien ringard. Les personnages n'en ayant qu'une conscience vague (ils se trouvent ringards par rapport à d'autres groupes spécialisés également dans les évènements familiaux, mais pas forcément dans l'absolu), il était nécessaire que les spectateurs se placent immédiatement dans un état d'esprit similaire, afin de ne pas les prendre pour des losers : ils ne se ressentent pas vraiment comme tels. Tommy, Barry, Eddie et Stevie font quelque chose qu'ils aiment, et qui leur apporte une vraie satisfaction personnelle ; c'est d'ailleurs tout l'objet de la fabuleuse introduction du pilote, alors que Stevie intègre le groupe et que les trois autres lui donnent les règles qui permettent à la fois de faire passer le meilleur moment possible à leur public, et comment eux aussi passer un super moment (si possible, pour ceux d'entre eux qui sont célibataires, en trouvant une jolie demoiselle d'honneur à charmer à peu de frais). Cette introduction fonctionne parfaitement, parce qu'elle condense toute l'optimisme de la série, toute la joie débridée des personnages pour leur activité, et en même temps, possède un rythme parfait, ponctué par plusieurs chansons qui terminent de donner au tout un tour incroyablement convivial et festif.
Ce qui m'a aussi plu dans Wedding Band, c'est que ces mecs-là, ils ne font pas vraiment le boulot de leurs rêves ; ils sont parfaitement conscients, d'une part, que c'est une sorte de sous-rêve (ça se sent bien pour Tommy qui se rêve en rockeur le reste de la semaine, ou dans leur réaction quand Stevie leur explique qu'il préfère jouer avec eux que d'apparaitre sur des albums de stars), et surtout parce que c'est uniquement leur job du weekend, ils ont une vie à côté, mais qu'ils l'aiment et s'y donnent à fond (à l'instar de Barry et son inventivité débridée dés qu'il s'agit de rajouter des effets spéciaux à leur numéro). Pour quelqu'un qui tente de commence à tenter de vivre un peu de sa passion depuis cet automne, cet angle m'a particulièrement touchée ; c'est avec une belle énergie qui se dégage du point de vue des héros sur leur métier secondaire. Clairement, ils ne peuvent pas tout-à-fait en vivre, mais c'est ce qui les fait vivre...

Dans tout cela, l'intrigue de ce premier épisode n'est pas forcément des plus originales, mais elle se laisse regarder. L'ex de Tommy (la seule à l'avoir plaqué, ce qui en dit long sur ce tombeur) vient le voir pour lui annoncer qu'elle va se marier, et qu'elle aimerait qu'il joue à son mariage (QUI FAIT CA ?!), l'occasion à la fois d'en apprendre un peu plus sur ce personnage, de l'étoffer un peu (ce qui est fort utile car cela le sort de son cliché ; espérons que par la suite chaque personnage fasse l'objet d'une intrigue similaire même s'ils ne sont pas mariés à Megan Fox dans la vie) et d'offrir quelque chose d'un peu plus dramatique, ou disons, dramédique, que si la fine équipe se contentait d'arpenter les mariages pour faire de la musique et se taper les demoiselles d'honneur. Bien que ne prenant pas du tout son intrigue au sérieux, comme le prouveront les développements épiques de cette mésaventure, Wedding Band prouve aussi qu'elle a du coeur et la capacité de faire un peu plus que jouer au clown, et c'est appréciable à voir. C'est aussi l'occasion de voir à quel point les liens entre les personnages sont forts (à travers la façon dont Eddie tente de mettre Tommy en garde contre lui-même), bien que cet angle-là ne soit pas forcément le plus important de la storyline. Mais enfin, les ingrédients sont là pour faire la démonstration, fort utile dans ce pilote, que Wedding Band a aussi du coeur, même si elle prend tout sur le ton de la plaisanterie.

Enfin, ce qui termine de donner un tour positif à ce premier épisode, c'est qu'outre les quatre personnages masculins, la série met en place deux autres, féminins (les organisatrices de mariage de Rutherford Events) également hauts en couleur, et permettant de sortir un peu du cercle des quatre copains. Cela augure aussi de frictions à venir qui ne manqueront pas d'apporter du piquant et des rebondissements, évitant à Wedding Band de plonger dans la routine grâce à ces deux figures qui se posent comme des employeurs un peu à part. C'est plein de potentiel, d'autant que le personnage de Rachel, plein d'insécurités, fonctionne vraiment dans chacune de ses scènes (celui de Roxie Rutherford, pour l'instant plus froid, un peu moins, mais nul doute que cela peut changer). En dépit de la tournure que prend la toute fin du pilote (et encore), il semble assez clair qu'il ne sera pas vraiment question avec ces deux femmes, au fil de ces multiples mariages, de questions amoureuses, a contrario de ce que faisait The Wedding Bells il y a quelques années en arrière, employant les mariages pour parler des émois de ses héroïnes.
Imaginez ça : une série qui se passe dans des mariages, mais qui ne fait pas de la comédie romantique son argument principal ! Comment ne serais-je pas charmée ?

Avec son cocktail de bonne humeur, ses personnages sympathiques et sa belle énergie, Wedding Band m'a donné une énergie folle ! J'avais vraiment le sourire du début à la fin, ce qui, pardonnez que je me répète, est éminemment rare par les temps qui courent. Ce n'est évidemment pas une révolution à bien des égards (concept, narration, etc.), mais c'est définitivement une série qui peut rapidement se tailler une place de choix dans l'emploi du temps de tout téléphage aimant passer un moment positif avec une vraie bande conviviale de personnages attachants. Je m'attendais, en toute franchise, à un résultat bien différent, moins équilibré sans doute, et au final, sans aller jusqu'à avoir un coup de coeur, je dois dire que je suis charmée.
Je n'ai pas encore abordé le deuxième épisode, mais soyez sûrs que ça ne va plus tarder !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 11:14 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-04-09

La vérité est sous leurs yeux

Un peu plus tôt cette semaine avec The Wedding Bells, on parlait de la façon dont il parait impossible de rater une série où pourtant des noms qui nous sont connus, voire même des visages, ont travaillé, mais force est de constater que même ce genre de choses n'empêche pas de passer à côté de séries qu'on aurait pourtant eu toutes les raisons de découvrir il y a des siècles.
Sans que cette fois ce ne soit la faute du quizz démoniaque de Serieslive (ou alors, très indirectement, vous savez ce que c'est : on clique ici, puis là, puis encore là, et pouf ! On tombe sur un pilote par hasard), je découvre donc aujourd'hui The Chronicle, et non, je vous arrête tout de suite : rien à voir avec les chroniques pitoyables d'une quelconque Sarah Connor.

Quand je tombe de la sorte sur un pilote que je ne cherchais pas particulièrement mais dont je ne sais rien, naturellement, mon premier réflexe est de lancer le cagoulage, et de poser les questions ensuite. C'est donc pendant que m'étaient livrée The Chronicle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une série américaine, diffusée sur Sci-Fi, et où on retrouvait en coulisses Silvio Horta (Jake 2.0, Ugly Betty), mais aussi David Janollari et Robert Greenblatt, qu'on connait principalement parce qu'on voyait leurs noms au générique de Six Feet Under (mais Maggie Winters est sur ma liste de découvertes prochaines aussi, cela dit).
Sans compter qu'on trouve au générique rien moins que Jon Polito, l'exquise Rena Sofer, etc...
Et là je me dis que, quand même, je devrais avoir honte.

Le postulat de départ est assez simple : les torchons juste bons à tapisser la litière de votre chat, et faisant leurs gros titres sur des évènements surnaturels totalement improbables... eh bien ils sont tous vrais. Si, tous. Même celui avec les triplées siamoises. Le journal World Chronicle rapporte donc cette vérité si étrange et improbable sur le monde dans lequel nous vivons : il s'y passe effectivement des choses incroyables, même si tout le monde pense que ce sont des foutaises.

Sauf que The Chronicle, ce n'est ni une redite vaguement déformée de X-Files, ni même une tentative du même genre que Freakylinks dont le parti-pris était d'essayer de donner des frissons. Ici, on prend les choses avec plus de légèreté et d'humour. Je dirai même que le personnage qui finalement est le plus sérieux à propos de tout ça, c'est le personnage principal, Tucker, qui débarque dans ce monde avec incrédulité et est plus facilement inquiété par les évènements que les autres membres (il lui arrive même de s'évanouir). Tout le reste de la rédaction est en revanche habitué à tout cela, ça ne les inquiète pas du tout qu'ils soient les seuls à parler de cette vérité, c'est au contraire un petit monde bien rôdé au surnaturel et au mystérieux. D'ailleurs, l'équipe rédactionnelle compte une voyante, une jeune femme enlevée par des aliens (plusieurs fois), etc... Toutefois, si la série se permet de prendre le sujet avec légèreté, on n'est quand même pas dans un sitcom. C'est cet équilibre entre les tons qui permet à The Chronicle d'être amusant sur un sujet pourtant usé jusqu'à la corde, sans toutefois virer à la caricature comique.

The Chronicle n'est pas en soi une série révolutionnaire. Le personnage principal qui débarque dans un univers loufoque au sein duquel il lui faudra réviser un peu son jugement sur le monde afin de pouvoir continuer à travailler, les tentatives de lui ouvrir les yeux, les personnages tous plus bizarres les uns que les autres, sont des thèmes que le fantastique a déjà abordé plusieurs fois, et même d'autres genres. Mais bien réalisée, sympathique, et témoignant d'une envie d'innover dans le domaine du fantastique (tout en sacrifiant à un certain nombre de passages obligés du genre), The Chronicle s'avère très divertissante, et beaucoup moins abêtifiante, en plus, que des séries partant de postulats proches, s'essayant aussi à la légèreté, mais ce faisant, ayant oublié d'engager un scénariste, et que je ne citerai pas pour ne froisser personne. Hein, Special Unit 2 ? Rien que pour ça, ça valait quand même le coup de donner sa chance à ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Chronicle de SeriesLive. Tiens, si j'avais TF6 j'aurais découvert cette série plus tôt, apparemment.

Posté par ladyteruki à 19:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

23-04-09

Pas Digsby ni Pigsby, mais Bigby

Jusqu'où ira mon dévouement téléphagique, quand même ? Toujours dans ma démarche, cette semaine, d'être un peu moins ignorante (au moins côté séries, le reste c'est un autre problème), je continue de me cultiver, ou d'au moins essayer, sur des séries dont j'ignore tout, parfois même jusqu'à l'existence.

Donc aujourd'hui, la séance de rattrapage porte sur une série dont le personnage se nomme... Ned !

Respirez, tout va bien, je vais pas vous ressortir mes obsessions en matière de tarte, il s'agit d'une série de Nickelodeon intitulée Ned ou comment survivre aux études (j'adore les titres qui font trois kilomètres, c'est si accrocheur, et en plus ça me pourrit bien la vie niveau tags), qui vu ses caractéristiques n'avait que peu de chances d'attirer mon attention. Quand je tombe dessus, ou si j'ai lu des articles, ou que ça semble fonctionner aux States, des fois je teste quand même un pilote ici ou là... mais enfin, ma priorité ne va pas aux séries typiquement destinées à faire partie du catalogue de K2DA ensuite, si vous voyez ce que je veux dire.
Par exemple, on en a déjà parlé ya des siècles, mais j'avais testé Hannah Montana ya des lustres de ça ; on n'a pas eu le temps d'en parler mais j'ai tenté iCarly aussi (parce que Miranda Cosgrove était dans je-ne-sais-plus quel classement des gamines les plus prometteuses du moment, avec la sempiternelle Abigail Breslin... dont je suis étonnée qu'elle n'ait pas encore son propre show, celle-là, d'ailleurs). Bref, vous voyez le genre. Sinon, je ne m'amuse pas à regarder ces séries-là aussi. D'façons je ne suis pas dans leur public-cible, alors ça vaut sans doute mieux pour tout le monde...

Dans le cas qui nous préoccupe, le pitch me laissait perplexe : une série sur les sempiternels malheurs larmoyants des pré-ados, dans le cruel univers du collège... bon, ça va, on a déjà vu. Si c'est juste pour utiliser l'effet de style du petit gars qui s'adresse à la caméra, et entre parenthèses Malcolm reste quand même la référence en la matière (Malcolm ou comment survivre à la famille, bigre, voilà un titre qui en jette !), histoire de changer vaguement la forme, l'équipe derrière Ned et Stacey et Chuck et ses amis pouvait s'épargner cette peine.

Mais en fait, Ned ou comment survivre aux études a quand même un peu plus à apporter au genre. Sa fantaisie n'est pas sans rappeler Parker Lewis ne perd jamais, même si évidemment, il ne parvient pas à être aussi pétillant que son auguste aîné. Le personnage central, Ned Bigby (mais c'est fini d'appuyer là où ça fait mal, oui ?!), est sympathique, ses deux larrons ont du répondant et fournissent ce qu'il faut d'opportunités comiques, le rythme est très soutenu et l'épisode foisonnant de petites scènes, si bien qu'on a du mal à croire qu'il se passe tant de choses en une vingtaine de minutes.

Mon bémol ira au fait que je n'ai pas non plus trouvé ça infiniment drôle. C'est bien foutu, mais on ne se marre pas comme on peut le faire devant certaines séries comiques. Je sais, je ne suis pas dans la tranche d'âge visée, on l'a déjà dit, mais je ne pense pas qu'on puisse trouver la série exceptionnellement drôle. C'est un divertissement, et c'est un divertissement qui n'est pas non plus niais, donc c'est bien. M'enfin ne nous excitons pas, si vous êtes passés à côté, franchement, vous n'avez pas besoin de vous flageller pour si peu. Disons que je suis moins amusée que pour The Wedding Bells, et moins fâchée que pour Modern Men, en gros, pour vous donner un repère.
Mais c'est sympa, cette semaine de découvertes improbables. Allez, je continue ! Avec quelle autre série le quizz de SeriesLive m'a-t-il collée, ces derniers temps, voyons-voir...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ned ou comment survivre aux études de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:12 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

22-04-09

Pardonnez-leur, ils ne savent toujours pas ce qu'ils font

Je commence à songer (presque) sérieusement à créer une catégorie "A cause de ce fichu quizz".
Aujourd'hui, une nouvelle séance de rattrapage était au programme : même motif et même punition que pour The Wedding Bells, parce que j'ai été infoutue de répondre correctement à une question. Selon le désormais célèbre adage : prends-moi 5 pts une fois, honte à moi, prends-moi 5 pts deux fois, je te cagoule ça.

Me voici donc en train de me demander où je pouvais bien trainer mes guêtres au printemps 2006 pour être passée à côté du Grand Retour à la Télévision de Sa Majesté Jane Seymour (et surtout, sans que ce soit dans un téléfilm de Lifetime...), qui dans sa rousse splendeur avait su illuminer les midis de mon adolescence grâce à l'extraordinairement sublissime Dr Quinn, mais je trouve presqu'insultant de le préciser.
Et puis alors attention : le GRTSM Jane Seymour sexy. Sacrée Jane, toujours là où on ne l'attend surtout pas !!!

C'est dans ces cas-là (quand je me prends masochistement la tête sur le quizz de SeriesLive) que je me dis que s'il y a un Dieu de la Télécommande quelque part, j'espère qu'il me prêtera vie suffisamment longtemps pour que je continue de rattraper le temps perdu (on ne sait comment d'ailleurs), afin de découvrir ces séries qui ont réussi à passer entre les mailles de mon filet téléphagique. Il y a d'ailleurs une prière qui s'y rapporte, vous la connaissez certainement : "Mon Dieu, donnez moi le temps de regarder les séries que je ne peux ignorer, le courage de regarder toutes les séries dont je n'ignore pas l'existence, et la sagesse de savoir celles qui sont à ajouter à la liste". Je la récite tous les soirs en nettoyant les bandes de mon vieux magnétoscope.

Bref je me suis donc attaquée au pilote de Modern Men, et je me dois de vous avouer qu'il faut parfois beaucoup de foi pour être téléphage. C'est un sacerdoce, on ne le dira jamais assez. Car pour vous la faire courte, Modern Men entre dans la catégorie "si j'avais su j'aurais pas v'nu". Mais je ne savais point, donc j'y suis allée sans savoir dans quoi je me lançais.

Le concept de la série (parce qu'il n'est pas forcément inutile de rappeler le concept d'une série qui a vécu brièvement il y a quelques années de ça en n'ayant pas trouvé le moyen de vraiment faire parler d'elle) c'est que trois copains, genre trentenaires à la mentalité d'adolescents attardés (comment ça ils le sont tous ? eh bah c'est pour ça que je préfère les quarantenaires, et toc !), réalisent que leur vie amoureuse ne les satisfait plus, et qu'il faut tenter une autre approche. Ils entreprennent donc de consulter un coach ou plutôt, devrais-je dire, une coach, qui pourrait les tuyauter sur la façon d'aborder la gent féminine et en obtenir parfaite satisfaction. Sachant qu'évidemment, sinon c'est pas drôle (enfin, heu...), les trois gaillards ont trois types d'attente différents concernant la gent féminine. Il y a le pauvre neuneu qui se fait plaquer par sa copine (eh mais j'la connais elle, elle s'était déjà commise dans le pilote de Four Kings ! Avec un personnage très similaire, d'ailleurs, maintenant que j'y pense...), celui qui nique tout ce qui porte une jupe mais ne comprend pas que ça ne plaise pas aux filles de se faire jeter ensuite, et le divorcé qui a du mal à tourner la page.

Comme toujours dans ce type de séries (qui rappellera aussi un peu Off Center au niveau de la dynamique des garçons), les mecs sont stéréotypés à fond, leurs préoccupations sont très nombrilistes, on dirait qu'il n'ont pas de travail, rien d'autre à foutre que de se retrouver entre potes pour parler de leurs affaires de coeur/cul, bref ils ont quinze ans, mais dans un appartement trop grand pour que son loyer soit abordable dans une grande ville comme Chicago.
Je sens qu'à la lecture de ce simple paragraphe, vous avez déjà compris ce qui se revèlera être le problème majeur de ce pilote...

Mais là où le spectateur commence à être pris d'une brutale envie de meurtre (non pas que ce ne soit pas moral, la Bible Téléphagique ne précise rien à ce sujet ; c'est juste que je ne sais pas si on arrive à cagouler facilement de nouvelles séries en prison et là ça deviendrait embêtant, quand même), c'est quand le peu de choses qui pourraient apporter du piquant, à savoir les échanges avec la coach, sont réduits à leur strict minimum. La Grande Jane Seymour avait sans doute demandé à être payée au mot prononcé.
Du coup, ces rares scènes qui seraient presque drôles, quasiment bien écrites, qui nous laisseraient croire qu'un scénariste a été impliqué dans le processus de création du pilote, ce qui serait une sacrée bonne nouvelle, quand même... eh bien on n'en verra presque pas. Et c'est là qu'on fait drôlement la tronche, quand même, parce qu'entre parenthèses, c'est pas pour les trois autres clampins qu'on était venu, c'est Seymour la bankable du lot, d'ailleurs ils sont moches, les trois autres, et pas drôles. Leur jeu manque de personnalité. Vous remplacez par n'importe quel autre acteur de la même tranche d'âge et ça fait la même chose, pour un peu (sauf avec Lee Pace, je suis sûre que le rôle de Tim aurait eu bien plus de saveur... faudrait qu'il tente un sitcom, un jour, ce petit Lee, avant de n'être plus assez frais et être cantonné aux rôles de papa dans une famille de banlieue...). Donc ça n'arrange rien.

Sur le fond, j'avoue que vraiment, je ne comprends pas tellement pourquoi ces hommes sont proclamés "modernes", alors que justement, le seul personnage à avoir une vision moderne et lucide des relations homme-femmes, c'est un second rôle interprété par la toujours pétulante Marla Sokoloff, et qu'elle a, en tout et pour tout, trois répliques. Et j'exagère à peine. Vraiment.

Au mieux, ils vont devenir modernes ; il ne serait pas trop tôt, en 2006. Mais la modernité, ne serait-ce pas, finalement, de faire leur âge ? D'arrêter d'attendre qu'une figure matriarcale leur dise ce qu'ils doivent faire de leur vie ? Qu'ils arrêtent de se regarder le... nombril (bien-sûr) et qu'ils se creusent un peu plus les méninges par eux-mêmes ? Qu'enfin, tous ces mecs de télévision (et j'ai aussi envie d'ajouter le pathétique The Big Bang Theory Club dans les comparaisons) commencent à se prendre en main s'ils veulent parvenir à quelque chose à avec nous, plutôt qu'à chercher des astuces auprès d'un tiers ?

Car enfin, mais c'est pas possible, ça ! Etre célibataire, d'abord c'est pas une tare, mais en plus ça se soigne si on y met du temps et de l'énergie ! Sauf qu'une série comme celle-ci dit exactement tout le contraire, finalement, que le célibat de ces trois garçons est si insurmontable qu'ils ont besoin d'une coach pour s'en tirer, et qu'en plus si elle ne les recevait pas dans son cabinet pour les coacher à rythme régulier, ils seraient complètement nuls. M'enfin il faut arrêter les excuses bidons, messieurs ! Comment vous croyez qu'on fait, nous ? On se prend la tête, certes, mais on le fait avec élégance et on finit par arriver à nos fins : ne dit-on pas que ce que femme veut, Dieu le veut...?

Mais comme le pardon est prêché ardemment dans la religion téléphagique, je trouverai cependant une excuse à ce pilote : c'est qu'on sent bien que 20 minutes, c'était trop juste pour faire les présentations de rigueur.
Le rythme est plutôt soutenu, les lieux et les personnages changent sans arrêt pour avoir bien le temps d'explorer les causes et conséquences sur chacun des trois gugusses, mais même comme ça, on n'a que le minimum, à savoir une introduction des personnages et du contexte, et pas beaucoup de temps pour se livrer à des expérimentations de quelque ordre que ce soit. En gros, là, on a le minimum syndical, pour les extras et les heures supp', yavait pas la place, quoi.

Donc j'ai un peu envie de dire que mon opinion ne devrait être définitive sans avoir vu un second épisode, chose que je l'avoue, je ne suis pas motivée pour faire, mais peut-être qu'il faudrait que je me force quand même un peu. A voir. Si j'ai du temps à perdre. Si j'ai rien de mieux à faire. Ho, un DVD de The Practice ! (c'est sans doute la faute de Sokoloff...)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Modern Men de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:03 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

[DL] The Wedding Bells

Bon alors, je suis assez mitigée sur ce générique. On va donc commencer par la bonne nouvelle : la chanson est très enlevée, parfaitement assortie à la série, et, j'ai envie de dire : on sent tout de suite que c'est créé par David E. Kelley, aussi. La chanson, bien. Bonne note. Si je devais donner des notes aux génériques, ce que je ne fais pas, certes. Mais bonne note. Limite félicitations du jury. En plus, un vrai générique de 30 secondes, on va pas non plus commencer à râler.

TheWeddingBells
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ah, tiens, si, je vais quand même râler. Vous vous attendiez à quoi d'autre de ma part ? Car c'est là la dure vérité, j'ai aussi des doléances à adresser à ce générique : son extrême pauvreté graphique. Vous allez me traiter de gonzesse (et vous aurez raison), mais moi je trouve que tant qu'à faire une série sur le thème du mariage, autant y aller plein pot. La lettrine pour les noms des acteurs, c'était un début. Mais juste un début ! Il fallait pousser le concept plus loin : montrer ça sous la forme de faire-part, ou de photos dans un album-souvenir de mariages (avec des cotillons collés dans les coins et une jarretière en souvenir, par exemple), ou je sais pas moi, au minimum, un joli cadre autour des images. Parce que là, nous coller simplement des extraits, c'est pas très glorieux, quand même. Nan, enfin, c'est pas du boulot, c'est ni fait ni à faire... Une bonne chanson de générique, c'est bien, m'enfin ça fait pas tout...

Il est vraiment pas doué pour ces génériques, Kelley, j'ai remarqué. Il n'y a bien que The Practice qui ait du mérite. Tiens, d'ailleurs faudra que je vous le file à l'occasion, je vois que je ne l'ai pas encore fait et c'est un oubli qui se doit d'être réparé au plus vite.
Enfin bon, pour The Wedding Bells en tous cas, on peut parler d'un nouveau plantage en la matière ; un peu come Boston Public dont la musique était là aussi excellente, et visuellement, c'était très pauvre. Estimons-nous déjà heureux que dans celui de The Wedding Bells, les personnages ne se contentent pas de parler en marchant, de marcher en parlant, et ainsi de suite, comme c'est, je le répète, le cas de beaucoup de séries donc Kelley s'est rendu coupable par le passé. Comment un homme qui aime autant la musique et qui travaille pour la télévision peut-il négliger autant l'aspect de ses génériques, ça me dépasse ?!
Bon allez, fini de palabrer, je vous libère. Faites-moi juste penser à vous donner le générique de The Practice.

Et pour ceux qui manquent de culture : la fiche de The Weddings Bells de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:18 - Médicament générique - Permalien [#]

Un peu cloche

"Une nouvelle série de David E. Kelley !!! Je vais me jeter dessus !"
Ce serait une réaction plutôt logique de ma part quand on sait à quel point j'aime The Practice (c'est vrai aussi que je n'ai vu que les premières saisons mais c'était pour des raisons purement circonstancielles), ou combien je peux prendre plaisir à un bon Boston Justice ou Boston Public (mais pas Boston Common, rien à voir avec la choucroute). Eh bah pourtant, ça ne m'a pas cet effet il y a deux ans quasiment tout pile quand a surgi The Wedding Bells, preuve que vraiment, c'est pas mon genre de suivre les oeuvres de telle ou telle personne à la trace (il suffit de voir le temps que ça me prend pour vous vendre Amber Tamblyn pour le vérifier, cela dit). Je vous avais bien dit que j'étais pas du genre à être fan...

Mais comme le quizz de SeriesLive m'a mise au pied du mur, m'humiliant une fois de plus en me retirant 5 points à une question insidieuse, pour ne pas m'énerver devant mon PC devant certaines questions finalement simples si on prend la peine de s'informer, me voilà un peu contrainte et forcée de me cultiver un peu. Ce quizz me rendra folle, mais ça on l'a déjà établi dans le post précédent. Et je n'ai pas fini de vous le prouver, d'ailleurs.

Alors me voilà hier en train de m'envoyer le pilote de The Wedding Bells, sans effet "waouh c'est un nouveau Kelley", et sans non plus l'extrême inverse genre "si j'ai pas regardé à l'époque c'est que je devais avoir une bonne raison" ; juste en attendant de voir ce que ça peut bien donner.

En plus, à la base, The Wedding Bells est un peu plus originale que la moyenne, ce qui fait du bien. C'est aussi bien une idée nouvelle en général que dans le cas de Kelley en particulier, donc que des raisons de s'en réjouir ! Ce n'est pas une série policière de plus dans les grilles, et ce n'est pas une série judiciaire de plus pour le créateur. A la limite on ne s'étonnera pas que ça n'ait pas marché, en fait.

Pour ceux qui comme moi ont apparemment loupé un épisode (ou plutôt 5), voilà un petit cours de rattrapage : les soeurs Bells ont repris l'entreprise familiale gérant le Wedding Palace (d'où le titre de la série, mais où vont-ils chercher des jeux de mots si subtils ?), où sont organisés, je vous le donne en mille, des mariages, c'est bien votre cas n'est pas tout-à-fait désespéré en anglais. Sauf qu'évidemment les mariages ont tendance à poser problème, et il en va de même pour les tempéraments des trois sœurs ainsi que des trois mâles de l'entreprise, à savoir le photographe (qui, si ce n'est encore fait et ça m'étonnerait de lui, donnera envie à Nakayomi de découvrir la série), le chanteur du groupe qui anime les soirées de mariage, et le mari de l'une des trois sœurs (qui fait à peu près tout ce que les autres ne veulent pas faire). Rien à voir avec le pouvoir des trois : rien ne sauvera jamais un mariage de la débâcle, ni les sœurs de la discorde, puisqu'elles se cherchent en permanence des poux dans la tête (mais n'est-ce pas là la définition d'une frangine ? Spéciale dédicace à la mienne !).

On partait donc d'un petit pitch sans prétention mais quand même bien rafraîchissant dans le contexte ambiant.
Le cast est en plus relativement appréciable. Bon, personnellement je n'ai pas autant de louanges à chanter sur Michael Landes que d'autres personnes de ma connaissance, et Teri Polo ne m'est pas spécialement sympathique, mais l'ensemble fonctionne bien, c'est léger, drôle, et les guests (en tous cas pour le pilote) sont plutôt bien choisis (même si j'ai été infoutue de trouver Renée Taylor qu'IMDb m'avait pourtant promise, ya eu arnaque ; mais au moins les sœurs Tom formaient un super tandem, Brandon Quinn vieillit de façon presque potable, et surtout j'ai bien été contente de retrouver Delta Burke, plus hautaine que jamais).
Bref c'est très vivant et enlevé, le rythme est impeccable, les sœurs sont pétillantes, les situations rocambolesques mais les gags (si on peut parler de gags, vu que ce n'est quand même pas un sitcom) fonctionnent bien, et à un moment c'était presque pertinent ces regards sur le mariage, même si ce n'était pas absolument révolutionnaire. C'est pas ce que Kelley a pu faire de plus profond, mais en tous cas c'est pas un ratage complet.

J'ai même envie de dire que certains personnages tirent très finement leur épingle du jeu, sortent légèrement des poncifs du genre sans non plus révolutionner la face du monde (j'adore la façon dont systématiquement le photographe parvient à dénouer toutes les tensions dans la clientèle, c'est juste magique). Et puis pour une fois qu'on parle de mariage sans se contenter de sortir bêtement les violons, en prenant ça à l'humour (ça m'a rappelé un épisode de Gilmore Girls à un moment !), ça faisait franchement du bien, plutôt que les tartines de "c'est le plus beau jour de ma vie gnagnagna" (je pense à peine à Charlotte York et son Trey), non, sérieux, en fait plus j'y pense plus je me suis amusée. Zut alors !

Du coup, me voilà à me dire : tiens, et si je regardais la suite ? Quatre épisodes, ça ne peut pas me tuer... sauf si mettre la main dessus me prend trois plombes, c'est vrai. Comme de toutes façons ce n'est pas le genre de série pour laquelle on va se couper les veines parce qu'elle reste inachevée (je dis ça mais je me suis pas coupée les veines pour le Piemaker, non plus... j'ai juste fait une orgie de tartes pendant 6 mois, rien de grave en somme), ça ne me fera pas de peine une fois les 5 épisodes achevés, et j'aurai passé un bon moment quand même. Donc ça vaut quand même bien le coup, non ?

Et puis c'est le printemps, si je regarde pas des trucs légers et pas prise de tête maintenant, quand le ferai-je ? (surtout que l'été est traditionnellement consacré pour moi aux rediffs et remises à niveau avant la rentrée) C'est à se demander pourquoi ça n'a pas marché. Cette série avait pourtant beaucoup d'atouts dans sa manche, puisqu'elle est elle-même sortie au printemps !

Je me sens un peu bête d'être passée à côté de ce sympathique divertissement il y a deux ans. Je sais pas trop ce qui s'est passé mais c'était... cloche de ma part de ne pas lui prêter plus d'attention. Comme si un peu de bonne humeur et de fantaisie dans ce monde, ça pouvait se refuser par les temps qui courent...

Et pour ceux qui manquent de culture : la fiche de The Weddings Bells de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:12 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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