ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-12-12

Mon cher cancre

Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.

Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.

Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.

Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.

Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.

Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.

Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !

Partners-0Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !

Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.

Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?

...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

10-12-12

Agent zéro zéro

Ah, une petite vieillerie, ça faisait longtemps !
Puisqu'en ce moment je suis à fond dans les séries d'espionnage, j'en ai profité pour tenter le pilote de Get Smart, qui se situe plutôt du côté des comédies. Etant donné que les dramas sérieux sont généralement la norme sitôt qu'on parle d'espions et d'agents secrets (seule la notable exception de la pétillante The War Next Door me vient à l'esprit, et je n'avais pas encore testé Karei Naru Spy), un peu de changement m'a fait le plus grand bien après Covert Affairs ou Hunted.

La première chose qui m'a surprise... c'est le format. Allez savoir pourquoi, je m'étais convaincue que les épisodes de Get Smart duraient plutôt dans les 45 minutes. De toute évidence, j'avais oublié que les années 60 étaient beaucoup moins flexibles sur les questions de format, par rapport à aujourd'hui, où les dramédies sont venues brouiller les lignes. A cette époque, une comédie faisait presque toujours 25 minutes, à prendre ou à laisser. C'est dommage, j'en étais presque déçue en fait ; j'aurais apprécié volontiers un épisode plus long.

Mais revenons aux fondamentaux. Get Smart narre les aventures de Maxwell Smart, un espion répodant au nom de code 86. Il est considéré, pour des raisons qui échappent au commun des mortels, et au spectateurs aussitôt 2 minutes d'épisode révolues, comme l'une des valeurs sûres de son agence appelée CONTROL, ce qui aurait tendance à jeter un lourd discrédit sur celle-ci, si vous voulez mon avis.
L'ennemi juré de Smart, c'est la terrible organisation KAOS, une sorte de ligue de superméchants si j'ai bien compris. Mais en réalité, cela importe peu : les aspects mythologiques sont assez inutiles dans le contexte d'une comédie.

GetSmart

Dans le pilote, voici donc Smart envoyé sur une nouvelle mission : un savant a été kidnappé, et la formidable machine destructrice qu'il avait inventée a été dérobée. A charge pour Smart de rétablir l'ordre dans le chaos (ah ah) qui pourrait résulter de ce mauvais coup de KAOS, et de sauver le scientifique par tous les moyens. Pendant tout l'épisode, en réalité, le mystère sera absent. Qui a permis à KAOS de pénétrer le laboratoire du savant ? On le saura en quelques secondes alors que le complice de KAOS lancera des oeillades appuyées et machiavéliques à la camera sitôt Smart le dos tourné. Mais dans le contexte de Get Smart, on s'en fiche ! Cela ne fait que souligner l'incompétence pathologique de Smart.

Soyons honnêtes, Maxwell Smart n'est pas simplement un gros nul (c'est comme ça qu'il parvient à être attachant). Comme beaucoup de héros de son temps, il est aussi profondément naïf et fondamentalement malchanceux. Par exemple, quelles étaient les chances que la phrase secrète qu'on lui a donnée afin de reconnaître l'agent 99 dans un lieu public, soit précisément celle qui fait les gros titres des journaux ce jour-là ? Bon, alors disons que la poisse n'arrange rien. Car peu de personnages de séries méritent moins leur patronyme que Smart, vous allez le voir.
Heureusement, il peut compter pendant cette mission sur deux autres agents, un qu'il connaît et avec lequel il a justement demandé à retravailler, l'agent K-13, qui accessoirement est un chien, et la fameuse agent 99. Dont Smart va réaliser à peu près à mi-épisode qu'elle est une femme. Je vous le disais, ce n'est pas une flèche. C'est l'agent 99 qui a l'esprit suffisamment vif pour conduire la mission (et l'agent K-13 pour lui sauver la vie), et qui va orienter Smart dans la bonne direction.
Du côté de la dynamique entre les personnages, ma déception vient en réalité de 99, de la part de laquelle j'attendais un peu plus. Elle est visiblement supposée être plus maligne et plus débrouillarde que Max Smart, mais, peut-être parce que ce ne sont que les années 60 (quoique, c'est l'époque de Chapeau Melon et Bottes de Cuir), ou peut-être parce qu'il ne s'agit que du pilote, elle n'en est pas au point où elle est assez mise en avant. Je m'attendais à ce qu'à plusieurs reprises, ce soit elle qui se porte au secours de son coéquipier, mais elle est quand même là dans le rôle du faire-valoir.

Le plus ennuyeux vient probablement des rires enregistrés ; plus que l'image en noir et blanc, ou que le type d'humour de la série, c'est ce qui rend la série moins appréciable pour le spectateur moderne (en l'occurrence une spectatrice qui pourtant, n'a pas de problème pour regarder une série un peu ancienne). Get Smart vieillit assez mal de ce point de vue, et c'est dommage car sur le reste, l'épisode reste plaisant, et j'ai même rie deux ou trois fois à voix haute, ce qui n'arrive pas si souvent. Même les gags un rien prévisibles pourraient fonctionner un peu mieux sans ces rires qui donnent l'impression de regarder le gentillet Ma Sorcière Bien-Aimée.
Le fait que Get Smart donne, au stade de son pilote, tous les signes de la série absolument pas feuilletonnante (l'époque veut aussi ça, je vous l'accorde), n'est pas très rassurant sur les capacités de la série à s'améliorer sur certains aspects. Quel besoin d'améliorer le personnage de 99, par exemple, si d'épisode en épisode on peut reprendre la même formule encore et encore ?

Pour culture téléphagique, il me semblait important, dans ma période "séries d'espionnage", de regarder Get Smart. Mais ce n'est pas une série que son pilote m'encourage à regarder ensuite. Il y a des séries parmi ses contemporaines qui méritent bien plus qu'on leur consacre du temps. Cependant, j'ai passé un bon moment, et si vous avez une petite demi-heure à tuer, je recommande de tout de même tenter le coup.

Et au fait, quelqu'un a vu le film avec Carell et Hathaway ? Ca vaut quoi ? Je crains le pire...

Posté par ladyteruki à 22:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

22-05-12

Le Diable en costume

Depuis un bout de temps maintenant, je vous parle de plusieurs pays scandinaves. Reviennent en général la Suède, le Danemark et la Norvège ; en revanche, la Finlande et l'Islande sont un peu les grands oubliés. Il faut dire qu'en-dehors de la série finlandaise Alamaailma Trilogia, découverte à l'occasion de Scénaristes en Séries (qui hélas ne possède pas de sous-titres anglais dans sa version DVD, et qui n'a pas semblé impressionner arte pourtant en pleine fringale scandinave, ce qui fait que je vais devoir me contenter du souvenir du pilote), il y a assez peu de séries qui me passionnent dans ces deux pays.
A côté de ça, j'avoue avoir encore du mal à trouver mes marques pour trouver des infos de façon aussi abondante que dans le triangle Suède/Danemark/Norvège, ce qui n'aide pas. Mais c'est aussi une question d'intérêt personnel, je ne vais pas vous mentir.

En Islande, en particulier, la trilogie dramédique Næturvaktin-Dagvaktin-Fangavaktin a fait plus que ne pas m'attirer : c'est un vrai souvenir traumatique. Le pilote de Næturvaktin était très pénible, j'ai carrément laissé tombé la trilogie après ça. Pourquoi se forcer après tout ? Ensuite, le récent Heimsendir, sur lequel j'ai un oeil depuis que j'en ai parlé sur SeriesLive, respire tellement l'hystérie que franchement, j'ai préféré purement et simplement passer mon tour. On comprendra que c'était toujours un peu la faute des mêmes, vu que la même équipe créative a commis les 4 séries ; mais comme ce sont les séries islandaises les plus "connues", forcément, ça l'aide pas.
A cause de quelques petites expériences malheureuses comme celles-là, je n'avais pas, comme ça pu être le cas pour Livia (avec Pressa, puis plus récemment Tími Nornarinnar) ressenti une forte attraction envers ce petit pays, en dépit des choses qui peuvent titiller ma curiosité chez la fiction islandaise... Du coup c'était une histoire qui était vouée à trouver une issue favorable un jour ou l'autre, ma curiosité n'attendant qu'une occasion de se déclarer, à la faveur d'une série qui attirerait réellement mon attention.

C'est grâce au site Shopicelandic que les choses se sont finalement décantées. La plupart des DVD de séries vendus par le site sont en effet disponibles avec des sous-titres anglais, et je n'ai plus eu qu'à faire mon marché. La bande-annonce de Réttur m'a convaincue il y a plusieurs mois de cela, j'ai passé commande dés que ma banque m'a enfin fait parvenir ma toute première carte bancaire fin avril, et hop, l'aventure islandaise pouvait enfin commencer aujourd'hui !

Lancée en janvier 2009, Réttur, écrit par Sigurjón Kjartansson (Livia vous a déjà parlé d'une autre de ses séries, Pressa), a la particularité d'être le tout premier legal drama d'Islande, avec la promesse d'un univers sombre qui ne pouvait que me régaler. Et c'est donc au terme de bien des tourments que je vais vous parler de la première saison de Réttur, qui est aussi la toute première série islandaise à m'avoir convaincue.
Eh bah voilà, à force de patience, on a fini par s'entendre, chère Islande !

Réttur

Il est évident d'entrée de jeu que le héros de Réttur, c'est Logi Traustason (mais entre nous on pourrait aussi bien l'appeler Gregory House ou Tom Jackman, parce que c'est un peu la même famille de psychopathes, tout ça). Le pilote commence d'ailleurs sur les chapeaux de roue, nous le présentant immédiatement comme une personnalité centrale de la série ; cela s'atténuera ensuite pour éviter de virer au one man show. Il faut dire que la tentation est forte, tant le personnage de Logi est riche, et vous allez le voir, je ne taris pas d'éloges à son propos.

Homme à l'intelligence aiguisée, il n'a aucun problème avec la perspective de se mettre à dos tout le monde et n'importe qui, en vérité le plus fou, c'est qu'il donne l'impression d'être parfaitement ravi d'être considéré comme le Diable en personne. Cela lui donne l'opportunité de pouvoir fermer le clapet de quiconque lui barre ne serait-ce qu'un peu le passage, sans ressentir la moindre culpabilité, et il en joue, l'animal.
Il faut dire que Logi se traine une réputation sordide : condamné pour meurtre il y a 25 années, il a purgé sa peine avant de devenir... avocat. Dans le genre, pour donner mauvaise réputation à une profession qui n'avait pas besoin de ça, on a rarement vu pire. Avec une verve cinglante que n'aurait pas renié le héros Dr House, Logi s'impose donc, où qu'il aille, puisque de toute façon on n'aurait pas manqué de lui adresser des regards en biais voire même des attaques à peine voilées. Il a décidé de tirer partie de sa morbide notoriété, et n'est pas ébranlé, d'ailleurs, quand elle se retourne contre lui. C'est assez finement joué, cette façon que la série a d'établir à la fois de façon progressive (le noeud du problème, à savoir la condamnation pour meurtre, n'est pas évoqué avant un bon tiers du pilote) tout en rendant évidente l'arrogance sans méchanceté de son héros. C'est simplement un ambitieux, en fait... mais les ambitieux avec une mauvaise réputation ne sont jamais vraiment aimés. Ajoutez à cela que notre ami est un alcoolique repenti mais pas trop, et vous obtenez là un personnage divin. Ou diabolique, c'est selon.
Notre homme a en plus la particularité d'être bon dans ce qu'il fait, et c'est donc encore plus dérangeant. Il gagne tous ses procès, les accusés se l'arrachent (il est tout-à-fait conscient que les coupables ont tendance à le croire de leur côté), et en deux ans, il s'est taillé la part du lion dans l'univers de la Justice. Sauf que... il n'est pas partenaire dans son cabinet actuel. Et ça, ça l'emmerde puissamment, le Logi, surtout que quand il le fait remarquer à sa hiérarchie, on l'envoie bouler au prétexte que lorsqu'il était à son compte il y a encore deux ans de ça, Logi a mis son propre cabinet en banqueroute (ah oui, ya ça aussi). Mais pas gêné pour deux sous, notre avocat terrible décide d'aller frapper chez la concurrence pour proposer ses services (surtout qu'il est convaincu d'être sur le point de décrocher la plus grosse affaire de meurtre du moment), et sans même attendre la réponse, prend ses quartiers dans les bureaux. Il est comme ça, Logi. Et donc il est forcément épatant.

Et c'est comme ça qu'on se retrouve dans le cabinet Lög & Réttur ("loi et droit"), qui comporte deux partenaires : Brynhildur, une avocate à l'apparence froide, et Hörður (là j'avoue avoir été bien contente du copier/coller), un petit bonhomme pas forcément très confiant. Vous vous doutez bien que Logi s'imagine n'en faire qu'une bouchée, lui si assuré, et d'ailleurs il passe très vite avec eux un savoureux contrat qui ne manque pas d'exsuder l'arrogance qui est si caractéristique de notre héros.
A partir de cette succulente installation, inutile de préciser qu'à ce stade vous êtes prêts à suivre les aventures du cabinet jusqu'au bout de l'Enfer (après tout c'est probablement l'adresse de Logi).

Juste après Allan Kriegman de The War Next Door, voilà un personnage dont on se ferait volontiers tatouer le nom à même la peau. Pardon d'insister, mais de toute façon, avec pareilles caractéristiques, Logi Traustason ne pouvait qu'attirer les femmes... et mes amis, je ne suis qu'une faible femme.
Ou bien qu'une faible téléphage, car les richesses de ce personnage sont tout simplement inépuisables, et quand je vois un épisode aborder le problème de la relation de Logi à la famille de l'homme qui l'a tué, je ne peux qu'applaudir la façon dont le drame est si bien réintroduit dans un personnage qu'on aurait failli, dans un moment d'égarement, prendre pour un inconséquent.

Alors forcément, comparativement au génie du personnage central, il faut assurer en face avec les autres personnages. Fort heureusement, l'équilibre très vite trouvé du côté de Brynhildur, qui s'avère rapidement être un personnage capable aussi bien de soutenir les coups d'éclat de Logi, que de lui lâcher la bride quand c'est pas la peine de nous le brusquer. Du côté de ce pauvre Hörður (prononcer "heurdur"), c'est plus aléatoire, le personnage ayant quelques bons moments, mais le character development restant désespérément plat.

Et puis surtout, à côté de ça, forcément les intrigues paraissent moins complexes. Mais elles sont simples, pas simplistes, et ça fait toute la différence.
Dans Réttur, l'essentiel n'est pas tant de trouver des enquêtes très difficiles à résoudre, que de suivre lentement le procédé qui permet de mettre en évidence toutes les parties en présence dans le cas rencontré, puis de comprendre comment chaque protagoniste fonctionne. L'intrigue principale du pilote, en particulier, est vite résolue par le spectateur (voire un peu trop), probablement parce que l'exposition prend déjà pas mal de temps dans l'épisode. Ca s'intensifie dans les épisodes suivants, mais sans jamais verser dans une vision policière des procès en cours ; lesquels, d'ailleurs, n'occupent en définitive qu'une petite partie de l'épisode, sur la fin. En fait, les séquences de conciliation tiennent exactement la même place dans les épisodes que les procès eux-mêmes, ce qui est assez parlant.
On n'est donc pas du tout dans la même vision que des séries américaines équivalentes, même si la structure est tout de même assez proche, et le spectateur est plutôt supposé venir trouver du drama que du legal à proprement parler.

Réttur a aussi la particularité d'introduire dés le pilote une intrigue criminelle en fil rouge dont on ne suspecte pas tout de suite l'importance. C'est d'ailleurs très puissant ce qui se passe de ce côté-là, car d'affaire lointaine, et médiatique, on va progressivement basculer dans quelque chose de beaucoup plus sombre.

La récurrence, d'ailleurs, des médias, est traitée avec beaucoup d'intelligence. Ce n'est pas un thème majeur de la série mais il souligne quand il le faut les intrigues, en mettant les avocats et/ou la partie civile face aux cameras, en utilisant des couvertures de magazines, en relatant un fait divers à la façon d'un reportage, ou en filmant une interview. Du coup, de temps à autres, c'est l'opinion publique qui est ramenée implicitement dans les débats, d'une part pour nous rappeler que la vision que le citoyen lambda a de l'affaire est limitée, mais aussi pour nous impliquer, puisque tous les procès auxquels nous assistons sont tranchés par des juges et non des jurés.
Cela permet, l'espace d'un instant, de changer l'angle sous lequel nous considérons les affaires ainsi exposées, et c'est finement joué.

Cela ne veut pas dire que Réttur est une série totalement sombre, dramatique ou déprimante. Certains épisodes sont plus légers et permettent d'aérer cette saison, ce qui est franchement bienvenu, sans pour autant que la série s'offre des épisodes humoristiques (même si un procureur rencontré par Brynhildur au cours d'une affaire est franchement barré, mais bien, quoi, limite du niveau d'un personnage de Kelley !). Mais en tous cas, des pauses sont ménagées dans certains épisodes afin de nous laisser souffler avec des choses moins étouffantes. Il faut dire aussi que l'ambiance du cabinet L&R évolue en cours de saison, et les échanges entre les différents avocats trahissent aussi une évolution plus subtile, qui se traduit par des discussions plus enlevées.
Je soupçonne même que cela fasse partie de la stratégie de la série que de nous faire croire que l'ambiance s'éclaircit à un moment donné, pour mieux nous impacter à certains moments ; c'est notamment le cas avec les évolutions de ce satané Logi qui semble parfois se ramollir, et qui en fait n'a pas du tout surmonté ses démons, mais a simplement décidé de pactiser avec eux pour ne pas les laisser le déstabiliser. C'est d'ailleurs fascinant de voir un tel personnage être à la fois aussi terrifiant, et être en même temps sincèrement sympathique, non parce qu'on le prend en pitié ou qu'il a des failles qui le rendent attendrissant, mais parce qu'il n'est pas foncièrement mauvais, juste monstrueux. Ca n'a pas l'air clair dit comme ça, mais ça a du sens devant Réttur, promis. Et je me rends bien compte que je parle beaucoup de Logi, mais c'est vraiment un personnage saisissant...

Les bureaux de Lög & Réttur De temps à autres, de beaux tableaux pour nous surprendre Lentement, les avocats s'apprivoisent Tout le monde aime Logi Un oeil sur la lucarne

Du côté de la réalisation, pour changer un peu de sujet, il faut dire que si Réttur est une lointaine cousine de la franchise Law & Order (notamment dans sa façon d'annoncer visuellement et musicalement les séquences juridiques clé de l'épisode), elle se trouve très vite une identité propre. D'un point de vue esthétique, c'est relativement classique : les plans sont propres (un peu froids, mais à dessein), et la camera, si elle aime bien adopter un angle original pour une prise de vue ou une autre (ce qui aboutit parfois à de beaux tableaux, j'en conviens), ne s'aventure pas trop à exécuter des prouesses. Ce n'est tout simplement pas son objectif. On se retrouve avec une série qui n'a pas une apparence scolaire du tout, mais qui tient quand même énormément à sa simplicité sobre, et s'y attache autant que faire se peut.

Côté musical c'est un peu la même chose. Le "thème" de la série, très simple, se révèle vite très prenant. En quelques notes, il installe très bien l'ambiance froide, un peu étouffante, nécessaire, et sa récurrence au cours des épisodes, pour ponctuer une scène ou simplement servir de marqueur pour attirer notre attention sur le fait que la procédure suit son cours, se fait en douceur, sans virer à l'obsession. Mais c'est pour ainsi dire le seul moment où on remarque seulement qu'il y avait de la musique dans l'épisode, tant le reste est transparent.

Ce cocktail confère à Réttur une atmsophère feutrée, sobre, mais qui au besoin peut faire son petit effet, sans jamais paraitre pingre. C'est, il faut le dire, très réussi. Comme quoi, le mieux est vraiment l'ennemi du bien...

Comme il est désormais la coutume quand j'achète des séries en import (ailleurs que sur un quelconque Amazon de la planète), je voulais vous toucher deux mots sur Shopicelandic, vu que, s'il est souvent nécessaire de cagouler pour découvrir une série (et je n'hésite pas à vous expliquer comment opérer), on peut aussi acheter, et en l'occurrence c'est dommage de se priver d'un accès légal quand pour une fois il existe. C'est pas comme s'il y avait une chance que Réttur soit un jour achetée par une chaîne française, si ?
Alors voilà le deal : Shopicelandic, je suis plutôt satisfaite. Certes, l'emballage est un peu minimaliste comparé aux cartons épais d'Amazon (ici, une simple enveloppe à petites bulles), mais il n'y a aucune raison de se plaindre. Commandé le 11 mai dernier, mon colis a pris l'avion en prioritaire le lendemain, pour arriver en ce début de semaine (j'ai pas ouvert ma boîte, c'était peut-être hier, peu importe) sans une égratignure. Tout ça pour la modique somme de 33,34€ (le DVD en coûtait 27,73). D'après mes standards, voilà qui reste raisonnable, même si je reconnais qu'en terme de quantité d'épisodes/prix, ça reste un peu juste, puisque rappelez-vous, chaque saison comporte 6 épisodes. Après c'est vous qui voyez, évidemment... Moi, comme d'habitude, je vous contente de vous expliquer ce qui est possible ou pas.

J'ai peine à croire que tout ce que je vous raconte ici se déroule en seulement 6 épisodes ! Et pourtant, c'est bien vrai : tout ça, et bien plus encore, est à découvrir dans Réttur.

En tous cas de mon côté, c'est dit : le temps de laisser cicatriser mon compte bancaire, et je m'attaque à la seconde saison. Surtout après un cliffhanger comme celui-là...

Posté par ladyteruki à 22:11 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-01-12

[#Ozmarathon] 3x07, rien ne va plus

Avouez, notre Ozmarathon vous avait manqué. Mais ô joie, le revoilà et, d'ailleurs, le season finale devrait être pour la fin de la semaine, donc ne vous éloignez pas.

Ozmarathon-3x07

En attendant c'est un bien étrange épisode qu'on a là, surtout si on le compare à la façon dont les deux saisons précédentes ont préparé leur final. Il faut dire que la saison a elle-même été assez différente des précédentes, avec assez peu de scènes choc, et des intrigues essentiellement dramatiques mais moins radicales que pendant la saison 2.

L'épisode n'en est pas moins bon, pourtant. Et cela en raison de 3 ingrédients majeurs : d'une part, la conclusion de plusieurs intrigues dont on avait besoin qu'elles cessent d'occuper le terrain ; d'autre part, des échanges intéressants mettant en lumière l'évolution d'un grand nombre de personnages ; et pour finir, et on peut dire que le meilleur était littéralement à la fin, une excellente scène pleine d'émotions et d'adrénaline qui donne envie de revenir.

Les intrigues mineures, ou devenues telles à force de trainer en longueur, je ne m'attarderai pas tellement sur chacune pour des raisons évidentes : la plupart, on est contents qu'elles parviennent à leur terme.
La confrontation Alvarez/Rivera fait pschitt, par exemple, parce qu'on s'attendait à ce qu'elle surprenne. Mais elle ne manque pas d'émotion : Alvarez confessant subitement à ce parfait inconnu qu'est Rivera ce qui le tourmente, sans jamais afficher l'air contrit qu'il a si souvent arboré, était en fait assez touchant de franchise et même libérateur. Miguel vient peut-être d'en finir avec son schéma de victime, d'ailleurs... Bon, espérons que la porte n'est pas trop grande ouverte pour une seconde entrevue, on a vu à peu près tout ce qu'il était possible d'en tirer.
J'ai eu la sensation que les divers quoique rapides échanges entre Ryan et Cyril O'Riley autour de la question de la boxe ont été, quelque part, réglés. Certes, la finale des matches eux-mêmes est prévue pour la prochaine fois, et je me languis de voir ces scènes disparaitre car elles ont rarement apporté un grand plus. Mais dans la conversation entre les deux frères, il était incroyablement touchant de voir Ryan faire une fois de plus son serpent, attrapant au vol la moindre occasion de gagner du fric (et donc d'améliorer la vie des O'Riley à Em City), et de réaliser que Cyril n'avait jamais voulu que l'imiter, comme un petit garçon copie son grand frère. C'était une jolie conclusion, il m'a semblé, à leurs diverses prises de bec, et une façon de solidifier encore le ciment de leur relation, si prenant depuis l'apparition de Cyril dans une saison précédente, et qui s'exprime de façon si fugace d'ordinaire (on le verra dans la scène de fin de l'épisode).
La partie de chasse de Chris Keller avec Sister Pete trouve également une conclusion, et une bonne. Après avoir été quasi-infaillible pendant près de 3 saisons, notre chère soeur aura finalement trouvé une façon intéressante d'évoluer. La scène avec le père Mukada était très puissante, même si sa conclusion était (comme cela arrive dans Oz) légèrement théâtrale.
Encore plus important, le pseudo-mystère autour de la mort du père de Clayton Hughes est enfin résolu. Avec toujours aussi peu de panache que dans la plupart des intrigues liées à Leo Glynn dont le seul point fort avec les saisons est vraiment d'être l'arbitre entre McManus et Devlin. Ca n'avait pas le moindre intérêt et on nous a quand même bien baladés avec cette intrigue, donc bon débarras.
Adieu, également, mais sur une note plus nostalgique, à Nappa, le seul à avoir su redonner aux Italiens de la classe, et qui se voit abandonné par les siens de la plus cruelle façon qui soit. C'est triste, mais d'un autre côté c'est la conclusion logique de l'épisode précédent, et ce n'est pas plus mal que l'épisode ne s'attarde pas là-dessus.

Heureusement, il y a des choses autrement plus captivantes dans cet épisode. Et notamment, des confrontations directes ou indirectes qui ne manquent pas de piquant.

Dans son parcours laborieux pour essayer d'expliquer à la Terre entière que, non, il n'est pas dirigé par ses organes génitaux (et je dois dire que je suis moi-même moyennement convaincue après la déclaration nullissime qu'il nous sort dans les vestiaires), Tim McManus nous gratifie d'une succession de scènes en apparence totalement inintéressantes. Le palot ridicule roulé par Diane Wittlesey à Timmy en est l'illustration : ces histoires-là ont vraiment été pénibles depuis toujours dans la série, et la ballade de Diane et Tim compte probablement parmi les love stories les plus insupportables d'Oz. Mais ce qui est intéressant, c'est plutôt ce que cette intrigue insupportable porte en son... sein.
On a d'une part un Tim McManus qui a totalement perdu la confiance de Glynn. On parle d'un mec qu'on n'a jamais vu devoir supplier pour retrouver son cher Em City après l'émeute, qui a quand même été, dans les grandes lignes, majoritairement soutenu par le directeur de la prison, et qui, là, comme ça, d'un coup, vient de perdre toute crédibilité aux yeux de Glynn. C'est très très fort comme déchéance, bien plus que la question de la presse.
Et pourtant cette question de presse est fondamentale. Parce qu'elle exprime aussi les promesses d'Adebisi, qui s'était juré de renverser McManus, et qui a trouvé une excellente façon de le faire. Une fois de plus, notre brute épaisse nous rappelle qu'elle a un cerveau en parfait état de marche ! Adebisi est vraiment la révélation de cette saison, son parcours est incroyable quant on voit quelles ont été ses fonctions au début de la série, et ce plan machiavélique pour utiliser les accusations de Claire Howell contre McManus et de les reprendre à son compte, tout en mettant Wangler en péril plus que lui si le mensonge venait à être découvert, c'est de la trempe d'un plan de Ryan O'Riley, rien de moins. Magnifique.
Dans ses errances, McManus va nous apporter une dernière scène intense. Depuis son arrivée, Shirley Bellinger s'est distinguée par sa duplicité étrange, jamais vraiment malfaisante, jamais totalement innocente. Son attachement à Richie Hanlon (qui lui manque apparemment autant qu'à moi) et son étrange relation à distance avec Adebisi, ses névroses nymphomanes et sa sincère gentillesse désintéressée avec de nombreux personnages, ont fait d'elle l'un des meilleurs personnages de la série en très peu de temps. Fascinante, la créature étrange s'est imposée dans le panorama pendant cette saison en ayant au moins une scène d'interactions avec la moitié des personnages intéressants d'Oswald ! La voilà qui rencontre Tim McManus en plein scandale sexuel, et on ne doute pas un instant, en retenant notre souffle, que cela va être épique. Et ô combien, en vérité, même si ce n'est pas du tout pour les raisons qu'on aurait pu imaginer. Jouant comme toujours de sa féminité caricaturale, de son goût prononcé pour tout ce qui tactile, et de sa voix douce, elle attrape Timmy dans ses filets en un rien de temps. Je ne crois pas un spectateur de la série capable à ce stade de ne pas parier qu'elle aussi va conduire McManus dans une situation embarrassante. Et pourtant, au milieu du bordel que constituent leurs vies respectives, étonnamment, Shirley Bellinger et Tim McManus se sont trouvés. Pas à un niveau amoureux, mais clairement, ce sont deux âmes qui se connectent immédiatement. Les interrogations de Bellinger sur son mode d'exécution, posées avec la candeur dérangeante qui lui est propre, sont reçues avec un rire, et une réponse toute aussi désarmante de spontanéité tordue par McManus. Leur échange est déroutant au possible dans la façon dont ces deux-là échangent, subitement, alors qu'ils se voient pour la première fois, sur les diverses façons de mourir. Tim McManus lance ses propositions comme on suggèrerait une idée de resto pour une soirée, Bellinger boit ses paroles et répond sur le même mode, et en réalité, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'aurais regardé cette conversation pendant des heures, et en même temps j'avais des noeuds dans l'estomac et espérais qu'elle se finisse vite. Perturbant au plus haut point. La conclusion de cette entrevue me rend malade, par contre, pour d'autres raisons, que j'aurai hélas tout le temps d'expliquer ultérieurement...

Mais surtout, LE grand évènement, c'est les suites de la confrontation entre Beecher et Schillinger. A la façon d'Alan Kriegman et Kennedy Smith dans The War Next Door, ces deux-là ne finissent jamais leur éternelle danse de la mort. ET C'EST TANT MIEUX.
Sauf que désormais, Beecher n'est plus seul. Et je crois qu'il ne l'avait lui-même encore jamais vraiment réalisé.
C'est d'abord en s'associant avec Kareem Saïd, devenu un exclu, un outsider, qu'il s'est trouvé un partenaire magnifique. Quand je compare avec la première saison qui, vous vous en souvenez peut-être, m'avait tant fait piaffer d'impatience, j'admire l'évolution de Beecher. Il a, en cette fin de saison, atteint un stade absolument superbe, un mélange d'imprévisibilité dangereuse et de sagesse confondante. Brisé plusieurs fois, toujours remis sur pieds, Beecher est un phénix incroyable qui m'impressionne énormément dans sa quête de spiritualité qui, si elle s'est déclarée tard dans la saison, est totalement cohérente, et lui permet de nouer des relations avec un homme aussi fou et avisé que lui, Kareem Saïd, le prophète déchu. Le tandem marche incroyablement bien. Il n'y a rien à jeter dans les regards, la complicité silencieuse, le respect visible que les deux hommes échangent. Ils sont véritablement à pied d'égalité, Kareem ne cherche pas à tout crin à avoir de l'ascendant sur Beecher et Beecher accueille sa présence comme un ermite accepte la présence d'un autre. A certains instants dans l'épisode, j'ai juste envie de les regarder interagir et deviser pendant des heures et de mettre en pause tout le reste.
Mais ce n'est pas le cas et au bout du compte, je ne m'en plains pas. Car leur connivence les enferme dans une bulle fragile que tout le monde a pu remarquer. Beecher repousse l'aide de Chris Keller comme s'il se fichait totalement de ce que pourrait donner une agression qui semble vouée à se produire, et c'est la preuve d'une inconscience totale autant qu'une phénoménale capacité à accepter les coups du sort.
Beecher et Saïd vont donc, à parts égales, s'inciter l'un l'autre à aller chercher la rédemption en offrant et demandant pardon, et ce sont ces actes gratuits qui vont, paradoxalement, déclencher la séquence finale de l'épisode. Ou comment chacun trouve sa place, tant bien que mal, dans une configuration nouvelle.
La confrontation entre Beecher, venu en Paix, et Schillinger, qui a cette incroyable faculté à toujours se libérer mentalement de la responsabilité de ses actes (en l'occurrence en tenant Beecher pour responsable de la mort d'Andy), donne une immense bagarre dans laquelle, instantanément, interviennent les Muslims, les Aryens, mais aussi un Chris Keller qui, bien qu'une fois de plus repoussé par Beecher une scène plus tôt (il était temps que leur relation soit adressée sous cet angle, d'ailleurs), nous prouve que son petit coeur tordu bat la mesure au rythme de celui de Beecher, et nous arrache un sourire ému. De toutes les histoires amoureuses d'Oz, la ballade de Beecher et Keller est, elle, sans défaut, parce que ses personnages sont impressionnants pris à part, et surprennent en permanence dans leurs choix et leurs interactions.
Au final, comble de l'ironie, Beecher et Schillinger se retrouvent avec des blessures jumelles, traités côte à côte à l'hôpital de la prison. A qui le prochain coup, et comment ?

On sort de l'épisode troublé à l'idée de ne pas trop savoir ce que nous donnera la conclusion de la saison dans pareilles circonstances. Il semble presque clair que tout est dit, tout est parfait en l'état. Alors, à ce stade, le season finale ne peut que nous surprendre.
Rendez-vous dans quelques jours pour le grand final, donc.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Plus on est de fous - Permalien [#]

17-11-11

This place really sucks

Cela fait littéralement des années que je vous parle de cette série. Ses épisodes ont longtemps été introuvables sur le net, comme peuvent encore l'être, hélas, ceux de The War Next Door. Mais un jour, Dieu créa Hulu. Le reste est entré dans l'Histoire. Enfin, dans mon ordinateur en tous cas. Et donc, ce soir, je vous propose le pilote de Manhattan, AZ, l'une des comédies méconnues qui m'ont fait tomber en téléphagie lorsque l'une de mes amies avait Jimmy, voilà déjà quelque chose comme 10 ans.

ManhattanAZ - 1
La voix-off, c'est un procédé dont on a soupé depuis quelques années. Alors pourquoi Manhattan, AZ est-elle différente en dépit du fait qu'elle utilise elle aussi cet outil ? Parce que la voix-off, qui est celle du héros le Shérif Henderson, est en total décalage avec les images. Ainsi, le pilote s'ouvre sur notre bon Shérif nous expliquant comment était sa vie avant, et surtout, quel est le drame qui l'a décidé à partir pour Manhattan, Arizona : le décès de sa femme. Et alors qu'il nous raconte combien il était atteint par cette tragédie, on le voit par exemple regarder un match à la télé... C'est juste un exemple. Mais c'est, surtout sur le long terme, ce qui rend l'intro de Manhattan, AZ hilarante à mon sens, l'impression que le héros est un abruti fini au regard exagérément positif sur la vie, ce qui l'empêche d'être atteint par les mauvais côtés, profondément naïf alors qu'il est quand même flic, et je trouve que de ce côté-là, le pilote fait un travail admirable sur ce plan. Ce monologue d'intro est certainement le meilleur de toute l'histoire des monologues en voix-off. Rien que pour cette intro, il faut avoir vu Manhattan, AZ.

ManhattanAZ - 2
Mais pas seulement, car le pilote propose aussi une galerie de personnages autour du Shérif Henderson qui sont tous savoureux. Le maire imbu de sa personne, Jake Manhattan (oui, il a nommé la ville d'après son propre nom, ça vous donne une idée de la taille de son ego), est délicieux de cynisme ; c'est un homme qui ne pense qu'à lui, son confort perso, sa gloire perso, et après lui le déluge ; mais tout cela derrière une attitude en apparence sympathique, détendue et franche. D'ailleurs il ne s'en cache pas et c'est aussi ça qui lui donne toute sa saveur : il est malhonnête, mais d'une manière étrangement sincère... Il y a aussi Atticus, qui est un ado rebelle mais qui est en même temps un certain repère de normalité dans cet univers déjanté. La phrase de la fin du pilote, "This place really sucks", est d'ailleurs l'une des citations "cultes" de la série, un gimmick à elle seule. Mais surtout ce sont des personnages plus intelligents que Henderson, comme à peu près tout le monde à Manhattan y compris les cactus, et cela accentue encore l'humour qui émane de la façon dont Henderson raconte les histoires, généralement en comprenant l'inverse de ce qui se passe, ou en prêtant systématiquement de bonnes intentions à chacun.

ManhattanAZ - 3
Si Manhattan, AZ est aussi un festival de mauvaise foi, c'est pour sa scène finale, juste avant le générique. A l'image de certaines séries des décennies antérieures, les acteurs s'y succèdent pour expliquer la "morale" de l'histoire, jouant alors leur propre rôle. Le comble du bonheur, c'est quand Brian McNamara s'en charge lui-même, parce qu'au lieu du bénêt positif qu'il interprète dans le reste de l'épisode, il devient alors outrageusement condescendant envers le public, et le contraste est une fois de plus délicieux. C'est le moment pendant lequel les acteurs nous expliquent la vie, en général une morale incroyablement évidente, genre Disney (ici "il ne faut pas couper les appendices des animaux de compagnie"), mais avec un ton puant et des remarques qui rappellent quel milieu décadent Hollywood peut être. Mais ce laïus se finit, invariablement, par les mots "Nous le savons parce que nous travaillons à la télévision. Nous savons mieux que vous".

Dans ce festival de second degré, de doubles-sens, d'absurde et de mauvaise foi, il est impossible de ne pas être hilare. Et ce, en dépit de l'absence quasi-totale de gags à proprement parler. Pour avoir vu la série en intégralité à l'époque où j'avais un accès quasi-illimité à Jimmy (il est vrai qu'elle n'a duré qu'une saison), je vous assure que c'est un bijou dans son genre. Tout téléphage un peu curieux se doit de tenter le coup tant son ton est différent de la plupart des comédies, même en single camera.
Croyez-moi. Je sais mieux que vous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Manhattan, AZ de SeriesLive.
favicon

Posté par ladyteruki à 23:27 - La preuve par trois - Permalien [#]

09-11-11

Nauseated

Pas de méprise. J'apprécie toujours autant Enlightened. Le trajet d'Amy est long, fastidieux, et je l'apprécie justement pour ça, ainsi que pour la contradiction entre ce qu'Amy voudrait accomplir, le discours qu'elle tient, et les résultats concrets. C'est une quête intérieure qui ne se résoud pas comme par miracle et j'apprécie de voir ça.

Ce qui me dérange juste un peu, au bout de 5 épisodes soit à mi-parcours, c'est l'habitude qu'ont pris les épisodes de montrer au moins une fois Amy se faire humilier, quel qu'en soit son degré de conscience. Ca arrive à chaque épisode. Et ça me plonge à chaque fois dans un énorme inconfort.
Cette sensation de malaise n'est pas sans me rappeler ce que j'ai pu ressentir devant The Comeback, une "comédie" de triste mémoire en ces lieux. Outre le fait que la forme du mockumentary ne me fait quasiment jamais rire, je me rappelle très nettement m'être sentie nauséeuse après que chaque, absolument chaque épisode nous plonge Valerie dans une situation non seulement embarrassante, mais humiliante, le mockumentary accentuant la sensation désagréable de voyeurisme. J'ai pourtant donné sa chance à cette série en regardant sept ou peut-être huit épisodes (ça commence à dater), ce qui pour moi est un absolu record du nombre de "secondes chances" que je puisse donner à une série qui dés le pilote m'avait plongée dans l'embarras. J'ai essayé de m'intéresser à Valerie, j'avais envie de pouvoir penser qu'une série avec Lisa Kudrow me plairait, j'étais contente de retrouver ce bon vieux Damian Young que j'aimerai jusqu'à la fin de ma vie uniquement pour son rôle dans The War Next Door, mais pas une fois je n'ai réussi à trouver The Comeback drôle. Quand j'ai finalement lâché la série, écoeurée au dernier degré, je ressentais physiquement un malaise devant l'obstination maladive du personnage à se lancer tête baissée dans une situation qui allait forcément l'humilier.
C'est, l'air de rien et sans exagérer, l'une de mes pires expériences de téléphagies et l'un de mes plus mauvais souvenirs devant une série (et pourtant j'ai regardé le pilote du Siqueur).

Et plus jamais je n'ai réussi à trouver Kudrow drôle, c'était fini ; j'ai commencé à voir Valerie Cherish systématiquement à sa place.

Si je développe autant sur The Comeback, et mon mini-traumatisme sur cette série, c'est avant tout pour vous expliquer combien l'humiliation d'un personnage, à plus forte raison si elle est répétée d'un épisode à l'autre, m'indispose terriblement. Ca me plonge dans un dégoût à la fois du personnage, de la série, et de moi-même, pour accepter de regarder ne serait-ce qu'une seconde de plus. C'est certainement la raison pour laquelle je n'arrive pas à regarder de la télé réalité en le prenant comme un guilty pleasure scripté, je vois l'humiliation avant tout et ça me dégoûte instantanément.
Et du coup, voir le personnage d'Amy dans Enlightened passer par des situations similaires, c'est une expérience affreuse.

Fort heureusement, si The Comeback reposait essentiellement sur ces situations d'humiliation, Enlightened n'en fait pas une fin en soi. C'est ce qui me permet de continuer d'apprécier la série, même quand je sens arriver la scène où inexorablement mon estomac va se retourner et où je vais avoir furieusement envie de tout arrêter. On sent que ça fait partie du parcours d'Amy, quand ces scènes ETAIENT le parcours de Valerie. Je suis contente de la nuance, elle me convient.

Humiliating
Car bien-sûr, la rédemption que cherche Amy ne peut pas se faire facilement. Elle est obligée d'apprendre "the hard way", et ce ne sont pas des leçons qu'on apprend vite. Cette partie-là est sensée et je m'y accroche.
Mais je pense que les douleurs pourraient s'exprimer autrement. Plutôt que de s'engueuler avec son ex devant un public médusé, Amy pourrait se prendre la même claque en privé, et revenir sur terre quant à sa relation avec Levi tout aussi durement. Mais systématiquement, la scène revient, et vraiment c'est peu dire que de qualifier d'inconfortable l'état dans lequel je me trouve quand je vois qu'encore une fois, le sourire de Laura Dern va se faner en un rictus ignoble sous le coup de la surprise et la mortification.
Je pourrais littéralement supplier Mike White de ne plus me faire des coups comme ça à chaque fois.

On n'apprend pas ses leçons uniquement par l'humiliation, mais aussi par la souffrance, la colère et l'abandon. Des choses qu'on trouve dans Enlightened, en plus, c'est le plus fou. Mais certains spectateurs parmi nous, même si je suis consciente que nous sommes probablement moins nombreux qu'il y a une décennie, ne veut pas voir son personnage se faire humilier chaque semaine.

Maintenant si vous le permettez, il faut vraiment que j'aille m'allonger, parce que ça y est, j'ai l'estomac qui se retourne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Enlightened de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

09-04-11

The Spy Next Door

La seule chose dont je me rappelais, à propos de Breaking In, avant d'en lancer le pilote, c'était d'avoir lu Dieu sait où qu'il s'agissait d'un InSecurity américain. Certes, je m'intéresse à peu de projets, préférant généralement l'effet de surprise, mais en plus je vous avoue que je confondais un peu avec Breakout Kings. Et quand on voit la gueule du pilote de Breakout Kings, eh bah ça donne pas envie de pousser plus loin les investigations !

BreakingIn
Je ne sais plus qui a avancé cette analogie avec InSecurity, donc, mais on fait difficilement plus exact. En cela que Breaking In reprend un thème similaire (quoique pas absolument le même non plus), que c'est assez efficacement troussé... mais que ça manque quand même d'âme. On s'y amuse vaguement des blagues, mais sans grande conviction. Tout ça n'est pas naturel, il n'y a pas de fantaisie, et si peu de réelle originalité !
Bien-sûr, InSecurity n'est pas parfaite non plus, loin de là. Mais son humour est aussi teinté d'une sorte de sincérité touchante, comme pour nous dire que ce qu'on va voir n'est pas hilarant, mais c'est pas grave, on n'a jamais voulu nous épater, juste nous faire passer un bon moment sans se prendre la tête. Breaking In se donne au contraire un mal fou. Trop de mal. Christian Slater et les grosses cylindrées donnent l'impression qu'il faut en rajouter pour nous impressionner, or c'est tout le contraire : qui peut le plus, peut le minimum. Je serais impressionnée si la série acceptait de se passer de cette esbroufe.

Il y a toutefois de bonnes idées, notamment dans le renversement d'un certain nombre de clichés. Et pour un investissement assez limité de 30 minutes par semaine, je pourrais bien tenter de rester, pour voir si ce sont ces bonnes idées qui vaincront, ou si les "petites scènes à gros moyens", ni drôles ni utiles, mais sortant l'artillerie lourde, l'emporteront sur l'humour, pour faire de Breaking In un festival de blagues beauf autour des voitures, des outils high-tech et des filles belles mais dangereuses.

Peut-être aussi que Breaking In, dans le paysage des comédies américaines en single camera, était une trop grosse prise de risque, et que c'est cette crispation qu'on ressent dans le pilote. Comme s'il avait fallu penser à ajouter artificiellement tout un tas d'éléments permettant à la série de ne pas sembler trop imperméable au public, comme s'il fallait faire ces concessions pour obtenir la commande d'une saison. Accordées à contre-coeur, elles donnent l'impression d'un manque de naturel qui a peut-être une chance de s'estomer ensuite. C'est ce sur quoi je mise quand je dis que je tenterai peut-être encore un peu le coup, mais s'il n'y a pas de changement, alors vraisemblablement ça n'aura rien à voir avec des concessions.

J'ai envie, donc, de laisser une chance à Breaking In. Son côté totalement barré mais un peu particulier me rappelle, dans une moindre mesure, les univers étranges de The War Next Door ou Manhattan, AZ. Il y a quelque chose de décalé dans ces séries qu'on ne trouve pas chez les autres du même format. Un côté un peu kamikaze, peut-être, et une espérance de vie à l'avenant... Le pilote de Breaking In m'a moins fait rire que les séries sus-mentionnées, qui sont de véritables classiques de ma téléphage-o-thèque, mais j'ai quand même envie de tenter le coup. Mais si je ne suis pas convaincue après le deuxième épisode, par contre...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Breaking In de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:32 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-01-11

Le Canada a peur

InSecurity

Au juste je ne saurais pas vraiment dire ce que cette série me rappelle. Je sais juste que devant le pilote d'InSecurity, j'ai eu une grosse bouffée de nostalgie amusée, comme si j'avais regardé ce genre de séries quand j'étais plus jeune. C'est sans doute le cas dans le fond même si assez peu d'exemples me viennent à l'esprit (en fait là tout de suite, je bloque sur The war Next Door et Voleurs de Charme, mais il y en a nécessairement eu d'autres).

Le principe d'InSecurity n'est pas de faire de l'humour en soulignant qu'on fait de l'humour. Mais ce n'est pas non plus d'être extrêmement subtil non plus. Du coup ça fonctionne bien parce qu'on n'a pas l'impression de se faire prendre pour un bœufs, sans pour autant être trop sollicité intellectuellement. C'est sans doute la recette que devraient appliquer la plupart des comédies, ce serait déjà un bon objectif pour pas mal d'entre elles. Mais ça fonctionne essentiellement parce qu'on est en single camera, il faut l'admettre.

On se retrouve donc avec une équipe de bras cassés qui a tous les symptômes de l'équipe de bras cassés, avec quelques fulgurances par-ci par-là mais surtout de gros cas, et pas mal de scènes où l'on enfonce un peu le clou mais sans aller jusqu'à l'overdose. Non, InSecurity ne s'amuse pas à faire de la haute voltige, l'humour n'est ni fin ni original, mais en tous cas, les objectifs que la série s'est fixée, elle les tient. C'est drôle, un peu parodique, et très franchement les personnages sont sympas, même s'ils gagneront vraisemblablement, avec le temps, à s'étoffer de quelques frivolités les rendant plus attachants et barrés qu'ils ne le sont. On attend des dialogues un peu plus mordants, un personnage de méchant franchement charismatique, des bourdes énormes... oui, ce qui plait dans le pilote d'InSecurity ne plait que parce que c'est un pilote, pour la suite il faudra faire mieux, mais on pardonne parce que ce n'est que le coup d'envoi et qu'il faut réussir le difficile exercice de présenter un univers dans lequel, pour la première fois depuis longtemps, les enquêteurs sont totalement nuls. On n'avait plus vraiment vu ça depuis une décennie !

Au final, je mets plus volontiers InSecurity sur ma liste des comédies à suivre hebdomadairement qu'un pénible The Big Bang Theory. Ca ne mange pas de pain, ce sera parfait dans le train, et ça change un peu. Au-delà de ça...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche InSecurity de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

20-01-10

La première camisole de l'année, ça se fête !

Aussi difficile que ce soit à croire, et je sais combien vous allez tomber des nues... la rubrique Tell Me You Google Me n'avait pas vu la lumière depuis janvier 2009. Et personne ne me dit rien ? Mais si on ne peut même plus compter sur son lectorat pour se faire tirer les oreilles, on ne peut plus compter sur rien !!!
M'bref.
Voilà donc le palmarès depuis le début de l'année...

- Dorama Powa !
Eh bah je vais vous dire, ça fait plaisir. Enfin en tous cas l'intention y est, et c'est déjà pas mal. Parmi les requêtes, on note (et j'irai jusqu'à dire que c'est proportionnel avec l'augmentation de posts dans ce sens ces derniers mois) pas mal de demandes portant sur des séries japonaises. Sauf que ça ne pouvait évidemment pas se faire sans casse...
city hall drama (ça commence à dater, mais soit)
futatsu no spica (c'est marrant, c'est avec cette série pourtant moyenne que tout a recommencé pour moi cet été)
Akakabu Kenji Kyoto-hen drama (je vois qu'il y en a qui sont renseignés)
-Ichi rittoru no namida (le signe moins a probablement un sens qui m'échappe)
real clothes drama spoiler (c'est pas pour l'épaisseur de l'intrigue que vous risquez grand'chose)
Majisuka Gakuen (les fans des AKB48 sortent du bois)
serie like Shimokita glory days (ah pardon, en fait je voulais le mettre dans le paragraphe suivant)

- The internet is for porn
...Enfin, c'est en tous cas ce que bien des internautes semblent croire. Les hormones démangent en toutes saisons, et la meilleure preuve en est le défilé de recherches suivantes :
sm femme offerte au chien (voilà, merci, maintenant il ne me reste plus qu'à me pendre)
teens voyeurs (on est à la limite de la légalité, là)
extrai de scene de nue integrale au cinema (c'est ça oui, faisons mine de croire que c'est pour se documenter sur le cinéma)
cougars suceuses (je me méfierais quand même des dents à votre place, les félins on ne peut jamais prédire ce qu'ils vont faire...)
déesse fait un strip-tease (désolée, le vigile à l'entrée du Mont Olympe trouve que vous n'avez pas suivi le dress code : toge et pouvoirs mythologiques de rigueur)
stop célibat (un nouveau panneau routier ?)
miley cirus nus. (déjà qu'il ne reste pas grand'chose à l'imagination...)

- Ils sont parmi nous, ils sont téléphages, et ils ont un plan
Là, enfin, ça fait sens. On parle séries. Je me sens plus en confiance. D'accord, ce ne sont pas forcément les séries pour lesquelles on trouve beaucoup de posts (mais plutôt quelques tags, glissés comme ça, dans la conversation), mais enfin, bon, quand même, il y a un net progrès.
quels series de vampire regarder ? (sans déc', c'est à moi que vous l'demandez ?)
M6 diffuse rome (il n'est pas interdit de rêver)
lincoln heights sitcom (moi aussi j'ai mis beaucoup de temps à comprendre ce qu'était un sitcom, l'héritage AB Prod sans doute)
regarder vampire diaries (non, non)
maison superbe galactica caprica (ah oui, je vois tout-à-fait de laquelle vous parlez, et si vous connaissez un agent immobilier...)
est-ce que albert ingalls est mort de sa leucémie (le doute subsiste, à vous d'en décider selon votre degré de sadisme)
la serie ou un homme peut faire revenir les morts (hélas, l'homme ne peut pas faire revenir la série d'entre les morts)
qui a composé le générique de the mentalist (oh, de l'humour, j'aime !!!)

- On ne sait toujours pas si on habite dans la même dimension...
Nan, mais vraiment. L'idée même de faire ce genre de requêtes apparait comme tirée d'une série de science-fiction, pour moi. Quels sont les êtres qui ont ce genre de préoccupations, et qui cherchent sur Google la réponse à leurs questions les plus tordues ? Pire encore, pourquoi les moteurs de recherche les dirigent-ils sur moi, ces aliens ?!
surcils ideal homme (ce n'est pas l'épaisseur des sourcils qui compte etc...)
Je veux parler icarly (parler français serait pas mal pour commencer)
you gougle (infirmièèèèèèère !!!)
filme beite maloone (on lui dira, on lui dira)
je vous avouerai (le suspense de cette requête est in-sou-te-na-bleuh)
un homme dit je vais finir par tomber amoureux (j'aime bien la façon que cette formulation a de sonner comme une menace)
jeu virtuelle de deviner a lequel je pense (double challenge parce qu'il faut aussi comprendre l'intitulé)

Eh beh punaise, quand on voit ce qu'on voit, et qu'on lit ce qu'on lit, on se dit qu'on aurait pu être mentalement bien plus atteint.

Allez, pour la route, le Top Cagoule de la première quinzaine de janvier, avec les requêtes portant sur le téléch-... ahem, l'achat légal de DVD. Mais si.
- La Famille Green
- Hero Corp
- Wolf Lake
- The War Next Door
La plupart font quand même plaisir, je trouve. Et pour The War Next Door, sachez que je suis totalement d'accord, l'absence de... DVD pour cette série relève du crime contre l'humanité.

Posté par ladyteruki à 07:11 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

10-07-09

Nous n'avons pas les mêmes valeurs

En excavant certaines de mes vieilles VHS pour en extraire les génériques que vous avez vus ces derniers jours (et encore, il m'en reste d'autre à vous proposer !), j'ai repensé aux séries que je regardais, il y a des années. Et à voir vos commentaires, je réalise qu'il n'est pas forcément évident que nous les ayons en commun. J'étais pourtant partie du principe que, du moins pour une majorité, elles avaient été vues par la plupart des téléphages français.

Pourquoi "français" ? Parce que, ce que Jesse, La Famille Green et Brooklyn South, entre autres, ont en commun, c'est d'avoir été diffusées sur des chaînes hertziennes et à des heures d'écoute très fréquentables (a contrario par exemple de Millennium, mettons). Comparativement, les réactions sur The War Next Door, Leaving L.A. ou Rude Awakening me semblent plus cohérente : tout le monde n'a pas eu accès à Jimmy ou Série Club.

C'est vrai qu'il y a 10 ans, nous n'étions pas tous téléphages. Que la priorité n'était pas nécessairement d'écumer les programmes télé. Et comme personnellement, je vivais ma consommation télé sous embargo, je peux aussi comprendre que vouloir ne soit pas toujours pouvoir.
Mais ça m'interpelle quand même un peu. Attendre la TNT pour découvrir Jesse, alors qu'une chaîne hertzienne publique diffusait la série dans le même type de tranche horaire que Friends... ce n'est pas un reproche, hein, mais c'est quand même un peu bizarre pour moi.

A peu près à la même époque, il y avait Ally McBeal, Charmed, Buffy, et ceux-là, tout le monde les avus, étrangement. Mes souvenirs de cette époque ne sont pas flous au point d'avoir oublié combien la presse spécialisée ET généraliste nous bourrait le mou avec une poignée de quelques séries, devenues, un peu artificiellement, complètement incontourables. Pour avoir reçu le prix de "la squatteuse du rayon magazine" en 2000, 2001 et 2003 (je me suis laissée surprendre en 2002), je ne me rappelle que trop bien les 712 millions de couvertures avec Sarah Michelle Gellar, dans toutes les tenues et les positions imaginables (plus quelques autres). Je comprends bien qu'avec un tel matraquage médiatique, même le dernier des clampins au fin fond du Gers regardait la série.
Mais si je conçois qu'on cède parfois à la pression médiatique et qu'on regarde une série précisément parce qu'on sent que si on ne le fait, on se mettra à vivre hors du monde, j'avoue avoir du mal avec l'idée que des séries moins médiatisées, mais pourtant très accessibles, soient quasiment méconnues, même pour ceux qui disent aimer les séries. D'autant qu'à l'époque, "la chaîne des séries" avait justement su galvaniser les foules à propos de ce format.

Aujourd'hui, j'ai tendance à mieux comprendre les écarts de références qui existent dans la communauté téléphagique, cela dit.
Avec l'omniprésence d'internet dans nos modes de consommation, nous pouvons choisir nos "classiques" beaucoup plus librement que lorsque nous étions dépendants uniquement de la télévision. Plus rien ne vous empêche de regarder l'intégrale de Three's company (et je ne vous encouragerai jamais assez à y jeter au moins un œil), et de considérer que cette série est une référence pour vous. Avec internet, les profils téléphagiques peuvent se diversifier et, pour ce que j'en vois, c'est progressivement le cas en effet. Si des LOST, des Desperate Housewives et autres House tiennent encore le haut des pavés médiatiques, nous nous autorisons de plus en plus à leur échapper, et ainsi nous construisons notre culture téléphagique personnelle, la nôtre, et rien que la nôtre. Le réseau des connexions entre téléphages devient plus complexe, et c'est tant mieux. On va trouver de moins en moins de téléphages qui auront vu exactement les mêmes séries.
De par le cagoulage (gloire, gloire !) et le streaming (honte, honte !), nous pouvons décider de regarder des séries qui autrement nous seraient inaccessibles, et ainsi nous cultiver à la carte. C'est juste magique, je ne le dirai jamais assez.

Mais j'avoue que pour moi, il reste très mystérieux que nous ayons attendu la prolifération d'internet pour nous construire nos propres références téléphagiques, et étendre notre culture à des titres moins médiatisés.
Heureusement qu'internet est là pour éduquer le téléphage.

Posté par ladyteruki à 21:03 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]