ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-06-13

Même pas peur

Il est de notoriété "publique" que je suis facilement impressionnable. Les quelques posts dans lesquels j'ai évoqué The Walking Dead le confirment, en cas de doute. Et du coup, c'était pas trop mon année, entre The Following, Hannibal, Hemlock Grove et autres Bates Motel, sans parler de la nouvelle saison d'American Horror Story, j'avais de grandes chances pour dormir lumières allumées pendant une bonne partie de la saison. Jusque là, en-dehors de The Following (dans laquelle le plus atroce était sûrement le scénario), je ne m'étais pas trop risquée à aller regarder ce qui s'était fait dans le domaine du gore et/ou de l'horreur. Mais à la faveur du #pilotmarathon, j'ai décidé de me prendre en main, et me voilà à toquer à la porte du Bates Motel...

BatesMotel

C'EST TOUT CE QUE T'AS, NORMAN BATES ?
Evidemment, je m'attendais à bien pire : c'est le propre des petites natures. On commence à nous dire que quelque chose est malsain, on nous le vend comme sûrement un peu choquant, et on nous rappelle que c'est prequel d'un célèbre film d'épouvante (que je ne me suis, pour les mêmes raisons, pas amusée à regarder ; déjà pas courageuse, alors téméraire...), et tout de suite on se fait des idées. On prend des précautions. On programme une touche d'appel rapide pour les urgences. On pose des miroirs autour du bureau pour garder un oeil sur la porte d'entrée. On camoufle un ours en peluche près de l'écran de l'ordinateur. Ce genre de menus détails auxquels on reconnaît les chochottes comme moi, quoi.
...Et finalement, en-dehors, attention au spoiler après la virgule, d'une scène de viol insoutenable (j'aime à penser que c'est le propre d'une scène de viol, à la rigueur), vraiment ça s'est très bien passé.
Fin du spoiler.

Ah, je ne dis pas qu'on s'éclate, dans Bates Motel. Faut ptet quand même pas pousser. Mais enfin, même la relation mère-fils malsaine, finalement, on s'y fait. C'est atroce à dire, mais une fois qu'on a compris la dynamique entre les deux personnages, on ne voit même plus qu'à moitié le problème.
D'ailleurs, maintenant qu'on en parle, je crois que ma tolérance aux familles profondément dysfonctionnelles est inversement proportionnelle à ma tolérance aux scènes de violence, à la réflexion. Pas encore décidé de ce qui était pire...

Mais enfin, voilà, finalement, en-dehors d'une scène un peu difficile (et je doute qu'il s'en passe une comme ça à chaque épisode, en plus), j'avoue mal comprendre l'intérêt de Bates Motel. Encore une fois, je n'ai pas vu le film, et ça m'aiderait sans doute à saisir des enjeux que je ne vois pas pour l'instant (sans même parler des références qui apparemment pullulent dans ce premier épisode, d'après ce que j'ai cru lire çà et là), mais sans avoir vu le film, je me dis que je ne comprends pas le soucis.
Peut-être que le soucis devrait venir d'une séparation entre Norman et Norma, d'une fissure, d'une rupture brutale. Mais comme ceux-ci passent leur temps à se réaffirmer leur tendre romance mère-fils, bon, non, je les trouve finalement plutôt pépères.

Ah ah ah, c'est tout ce que t'as, Norman Bates ? Si c'est comme ça, je commence Hannibal !
...Arrêtez-moi, je vais me faire du mal.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 16:44 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-04-13

Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

BlogFestivalSeriesMania
Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.

- Introduction : c'est quoi la créativité ?


Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks

Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble

Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

   

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?

Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...

...Le remake

Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

   

...Le spin-off

Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

   

...Le prequel

Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

   

...Le "formatage"

Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

   

...L'adaptation

Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

   

Le "syndrome de la photocopie" et le monde

...La domination des Etats-Unis

Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.

Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.

"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

   

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?

Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.

...La créativité en France

Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

   

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie

L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.

...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.

Posté par ladyteruki à 12:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-12-12

[DL] Unité 9

Un peu plus tôt cette semaine, alors que je livetweetais l'écoute de ma playlist de génériques sur mon smartphone depuis le boulot (oui c'est plutôt calme cette semaine, ahem), amdsrs m'a suggéré de mettre ladite playlist en ligne sur 8tracks.
Ce que j'ai fait.
Naturellement, ce ne sont que les versions audio (rippées directement depuis les version video que je me découpe précieusement dés que l'occasion s'en présente), ce qui est forcément un peu décevant surtout pour les plus réussis visuellement, mais tout de même : il y a à l'heure où je vous parle un peu plus de 215 titres dessus, pour un total d'écoute de presque trois heures, ce qui, pour un genre musical dont les chansons durent une poignée de secondes en général, n'est quand même pas trop mal.
Bon, depuis, je commence à rajouter d'autres génériques (les premières que j'avais mises en ligne étaient celles de ma playlist "vitale", mais j'en ai évidemment plein d'autres, comme le savent ceux qui consultent régulièrement la catégorie Médicament générique de ce blog), et il y en aura encore plein d'autres. Etant nouvelle sur 8tracks, je ne suis pas encore très au point quand il s'agit de tagger les chansons (je voulais les annoter pour préciser le pays et l'année mais ça n'a pas l'air de beaucoup marcher), mais la playlist est tout de même fonctionnelle dans l'intervalle, alors servez-vous, les gens, c'est fait pour ça. On me souffle dans l'oreillette que les génériques sont récupérables avec Jdownloader, également.

Et pour les génériques video, n'hésitez pas à me réclamer des reuploads pendant les fêtes, profitez-en !

Alors ! Pour fêter le fait que je vous ai mis des génériques audio de toute la planète à disposition, je me suis dit que j'allais vous mettre... un générique video à disposition. Et pas n'importe lequel, celui d'un de mes coups de coeur de 2012, j'ai nommé Unité 9. Alors j'ai un peu zappé deux ou trois épisodes mais promis, en 2013 je me mets à jour. En attendant n'hésitez pas à vous y mettre, car quitte à me répéter, cette série est excellente.

Unite9
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Tout-à-fait entre nous maintenant...
Chaque fois que je l'entends, j'ai l'impression d'avoir affaire à The Walking Dead, pourtant. Alors je sais, je sais bien : je suis particulièrement traumatisée par The Walking Dead, comme les tags ci-dessous vous en informeront si vous cliquez dessus. Et pourtant, les premières notes me glacent immédiatement, parce que j'ai l'impression que c'est The Walking Dead.
Non pas que je me détende une fois que je réalise que c'est d'Unité 9 qu'il s'agit, car la série n'est pas exactement du genre qui fait chaud au coeur. Mais les faits sont là, ce générique est très, très mauvais pour mon pauvre petit coeur fragile.
Sans compter que même esthétiquement, dans cette prison en apparence vide et abandonnée, je vois des similitudes, mais peut-être que je devrais envisager de consulter à propos de cette histoire de The Walking Dead...? En tous cas, vous me direz si vous avez vu cette parenté aussi entre les deux génériques, je compte sur votre avi objectif.

Ouais, en fait je suis pas fan du générique d'Unité 9. Mais c'est le générique d'une des meilleures séries de l'automne, alors on fera avec.
J'ai pensé à vous dire qu'il fallait regarder Unité 9, ou pas ? Je m'en voudrais d'oublier de vous le signaler.

Posté par ladyteruki à 21:33 - Médicament générique - Permalien [#]

20-12-12

The end is nigh

Ok, que tout le monde respire un grand coup : pour le moment, tout va bien !
Les internautes néo-zélandais et australiens sont toujours actifs, le monde n'est donc pas encore plongé dans l'Apocalypse.

Bon, je vous accorde que ça se trouve, l'Apocalypse ne tombera que le 21 décembre à minuit, heure guatémaltèque, hein ; mais disons qu'on peut commencer à se dire que tout ça est une affaire à peu près classée. Je vais quand même garder ma hache près de mon lit, mais en me disant que les zombies ne débarqueront pas forcément cette nuit.
Bien.
Donc ça, c'est fait.

Cependant la question de l'Apocalypse est intéressante, même si elle ne tombe pas un 21 décembre, parce que, eh bien, il y a des tas de personnages de fiction dont on se demande s'ils en mourraient.
Eh non, ce n'est pas nécessairement une évidence !

Highlander

Prenez Duncan McLeod, par exemple. On ne pense plus à ce bon vieux Duncan McLeod, alors que Highlander a quand même égayé les fins d'après-midi de M6 pendant de nombreuses années. Et pourtant, eh bien, pour Duncan McLeod, le deal c'est qu'il est immortel, sauf si on lui coupe la tête. C'est comme ça. Si l'Apocalypse consiste en un nouveau Déluge, par exemple, il est plutôt peinard. Vous allez me dire : ça ne marche pas, Duncan McLeod est devenu mortel dans Highlander: The Source. Soit. Mais la question vaut pour tous les immortels... dont L'Immortelle, Amanda, dont, pour autant qu'on sache, l'immortalité est toujours bel et bien valide.
Mais plus drôle encore, rappelons que les immortels ne se révèlent l'être que si la personne meurt une première fois. C'est-à-dire que quelque soit la façon dont l'Apocalypse s'abat sur le monde... certains d'entre nous vont y survivre et découvrir qu'ils sont immortels. Et à partir de là, non seulement le monde sera probablement détruit voire même invivable (genre si c'est une boule de feu qui s'abat sur notre monde ou qu'une guerre nucléaire explose dans les prochaines heures), ce qui en soi n'est déjà pas marrant à supporter, mais en plus, les autres survivants voudront leur trancher la tête pour déclencher un Quickening ; que du bonheur en perspective, donc.
Dans un registre proche, je pense aux vampires de Buffy et donc Angel. Théoriquement, il faut impérativement leur planter un pieu dans le coeur pour les tuer (ou décapiter, pour ne pas changer, d'après ce que je lis), ce qui explique la fascination des vampires pour les Apocalypses quasi-annuelles de Sunnydale : ils ne risquent rien. A plus forte raison si l'atmosphère de la planète devient irrespirable, puisque les vampires du Whedonverse ne respirent pas (bon, ils fument, mais ils ne respirent pas). Ce qui veut dire que pendant que nous périrons dans d'atroces souffrances, des créatures comme Spike auront droit à la vie éternelle (qu'elles partageront donc avec les immortels, ce qui veut dire que les arts martiaux ne s'éteindront pas avec notre civilisation).

La question se pose d'ailleurs de façon similaire pour les loup-garous puisque, comme chacun sait, seule une balle en argent tirée dans le coeur vient à bout de ces effroyables bestioles. Bon, je ne suis pas très versée en mythologie Teen Wolf (seulement en mythologie Le loup-garou du campus, ce qui d'ailleurs me fait me sentir très vieille), mais a priori ça signifie que plein de lycéens nous survivront. Là encore la perspective est terrifiante, vous en conviendrez !

En revanche, certains autres personnages de télévision ont assez peu de chances d'en réchapper, si jamais l'heure venait à sonner.
Ainsi, comptons parmi les victimes : les sorcières de Charmed et Ma Sorcière Bien-Aimée, les personnages de conte de fée de Once Upon a Time, les mutants de Heroes (dans le cas de Claire Bennet, tout dépend de la façon dont la fin du monde se manifeste, puisque les scénaristes ont déclaré qu'elle pourrait être incinérée ou décapitée) ou de Mutant X, les X-5 de Dark Angel, et bien d'autres.

Quant aux personnages humains, que vous soyez amateur de comédie, de drama, de thrillers conspirationnistes ou dramédie politique, de séries policières, juridiques ou musicales... ils sont tous morts, n'espérez même pas, et inutile d'entrer dans le détail. Quel que soit votre personnage préféré du moment, il y passe, point barre.

Enfin, quelques inconnues subsistent.
D'abord, les personnes touchées par Ned dans Pushing Daisies sont-elles immortelles ? On peut supposer que oui, au sens où elles ne vieillissent pas : on sait que Digby n'a pas pris une ride depuis que Young Ned l'a ressucité ; cependant, rien ne dit qu'une maladie, un accident ou une mort violente n'auraient pas de tragique conséquences. Le cas n'a jamais clairement été abordé. Qui peut être certain que, par exemple, Chuck ne serait pas frappée par une épidémie foudroyante ? Elle reste humaine.
Dans un autre domaine, quid des humains "améliorés" ? Super Jamie, L'homme qui valait trois milliards, et Michael Wiseman de Now & Again, par exemple, sont tellement tunés qu'il est tout-à-fait possible qu'une de leurs options leur permettre de survivre ; dans le cas d'une zombie apocalypse, mettons. D'ailleurs Michael Wiseman est un cerveau greffé dans un corps bionique, ça se trouve même une attaque de zombie ne peut rien sur lui (si, comme l'explique The Walking Dead, les zombies sont en fait des victimes d'une maladie contagieuse provoquant la dégénérescence du cerveau), il y a sans doute toutes sortes de protections pour que le cerveau ne soit absolument pas atteint en cas de morsure.
Enfin, un petit tour par nos amis les extra-terrestres, de l'ado de KYLE XY à Alf en passant par les visiteurs de V et les voisins de The Neighbors : nous n'avons que trop peu d'éléments sur la biologie de ces créatures pour pouvoir avancer ; même dans le cas des héros de Roswell, nous n'avons aucune donnée concluante (le seul cas de décès est celui d'un personnage hybride/alien).
Bon, j'ai arrêté 666 Park Avenue en cours de route (d'autant que, hein), mais on se situe où, avec les Doran, dans la mythologie de cette série-là ? Mortels ou pas ?
Une dernière interrogation pour finir : qu'adviendra-t-il des glisseurs de Sliders ? Si c'est l'Apocalypse, est-ce que ça signifie que c'est l'Apocalypse dans tous les mondes parallèles, ou existe-t-il une dimension dans laquelle l'Apocalypse va se produire ? Si tel est le cas, ils ont peut-être une chance... à condition de se trouver dans le bon monde au bon moment.
Il y en a sans doute d'autres, je vous laisse lever ces lièvres en commentaire.

De toute façon, je sais pas pourquoi on s'inquiète, le Docteur va venir empêcher l'Apocalypse, comme d'habitude, ça se trouve il est même déjà à l'oeuvre pendant qu'on plaisante.
Bon, circulez, demain, vous le voyez, yaura vraiment rien à voir.

Posté par ladyteruki à 16:33 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-12-12

Morons to the left

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Et si on interdisait les séries aux imbéciles ?

Je pose simplement la question. Voilà : le débat est sur la table, après... Mais admettez qu'elle est alléchante, cette idée, certains jours.

Avant de vous enflammer, laissez-moi développer. Je suis entièrement POUR essayer d'élargir les horizons des gens. L'élitisme, c'est pas mon genre ; au contraire, mon idée de la téléphagie, c'est la contagion. Ca ne m'intéresse pas de rester dans l'entre-soi et de partager entre une petite minorité les perles parmi les perles, en savourant l'idée que la vaste populace passe totalement à côté, et que de toute façon, présenter ces séries au grand public serait comme donner du caviar aux cochons. Absolument pas. Et je crois que ce blog en est quand même la preuve. Essayer de partager le plus possible de découvertes, d'ouvrir nos horizons à tous (et le Dieu de la Téléphagie sait que j'ai moi-même des progrès à faire en ce domaine), et faire en sorte d'aiguiser le goût télévisuel de chacun, sont un peu, comment dire ? Mes raisons d'être sur cette planète. Too much ? Bon.

Cependant, les jours où je suis un peu en pétard, parce que les gens, il faut le dire, si, oui, quand même, admettez-le, sont cons, eh bien ces jours-là, j'ai quand même envie de disqualifier tous les imbéciles de la planète d'une quelconque forme d'accès à des séries. Oui, même à NCIS ou Whitney, pas d'exception.
Des jours comme celui-là, par exemple :

MoronsToTheLeft
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. On ne leur interdirait pas la télévision. Ca va, on est civilisés, quand même ; et puis on vit dans une société de consommation et on a besoin que ces gens regardent la télé. Qu'ils nous la subventionnent, en somme : eux regardent les programmes débiles pleins de pubs ridicules, et comme ça, nous, on se paie une saison de plus de Go On, ou des épisodes de Mockingbird Lane, entre gens raffinés.
Mais à partir de maintenant, on leur interdit les séries. Point barre. Bon, il leur reste quand même toute la télé réalité et la scripted reality, c'est pas mal déjà, non ?! Ca en fait, des heures en perspective à se vider la cervelle comme des auto-Hannibal Lecter ! Et tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes...
Bon, les médisants pourraient dire que c'est déjà un peu ce qui se passe, avec le public des networks d'une part et le public des séries câblées de l'autre. Mais non, parce qu'il y a encore trop de séries accessibles aux vrais crétins sur les networks !

Donc, je voudrais qu'on aille plus loin, et qu'on interdise les fictions à ceux qui n'en saisissent pas le concept. En gros, quand un crétin défonce sa copine avec un 22 long rifle pour avoir dit "mais d'abord, je te ferais dire, c'est pas possible qu'un projet secret de l'armée puisse transformer la population en zombies", boom, privé de séries ; quand un catho intégriste s'exclame que "mais Ainsi Soient-Ils, c'est pas vraiment comme ça que ça se passe au Vatican !", paf, on lui supprime son autorisation de séries ; quand un mec sort un flingue et mitraille plusieurs dizaines de personnes dans un endroit public parce que soi-disant il voulait imiter une série... non, on fait un peu plus que lui interdire les séries. Mais on le fait quand même, hein !?

Je disais un peu plus tôt qu'on les interdirait même de NCIS ou de Whitney. Mais j'ai envie vous dire : en priorité, il faut leur interdire ces séries-là ! D'une part, c'est pas comme si spontanément, les plus imbéciles parmi la population se tournaient vers Boss ou Shinya Shokudou, non plus. Déjà.
Et puis, c'est vital d'interdire aux imbéciles de regarder des imbécilités, parce que dans les cas les plus extrêmes, la santé de chacun d'entre nous en dépend ; alors qu'une créature douée d'un minimum d'intelligence qui regarde NCIS ou Whitney, il n'y a qu'elle, son mauvais goût et le temps qu'elle perd que ça regarde. C'est dommage, mais personne n'en dépend, en somme. J'aimerais vous proposer une utopie où les gens intelligents ne regardent que des séries intelligentes mais d'une part je regarde Malibu Country, et d'autre part, les critères pour estimer l'intelligence d'une série varient trop d'une personne à l'autre pour que ce soit un idéal qu'on puisse seulement s'autoriser à imaginer, ne parlons même pas de le mettre en place. Et puis bon, on a tous droit à une petite pause de temps en temps, zut hein.

Mais je crois qu'on commencerait tous d'un bon pied si on décidait, là, ce soir, je sais pas, si vous avez dix minutes on peut peut-être voter une motion ou quelque chose, que désormais, les gens vraiment pas équipés intellectuellement, on les décharge de la pression d'avoir affaire à une série. C'est aussi pour leur simplifier la vie après tout, je veux dire, c'est la chose humaine à faire.

Alors après vous allez me dire : "mais alors, comment on détermine que quelqu'un est trop stupide pour avoir le droit de regarder des séries ?"... Oui bon alors, bon, oui, évidemment, si on entre dans les détails techniques, forcément ça se complique, aussi, hein, ah ça, je dis pas le contraire !
Mais on pourrait déterminer une grille de lecture simple, avec des petites cases à cocher. Je sais pas, du genre : "a tendance à ne pas comprendre la différence entre la réalité et la fiction", ça me semble une base sur laquelle on sera tous d'accord, non ? Je vous le concède, c'est un peu épineux dans le cas de toutes ces adolescentes qui ont un crush monstrueux sur un personnage fictif, mais on peut rajouter une question de sécurité, du style : "ce mélange entre la réalité et la fiction est-il juste en rapport avec quelques expériences masturbatoires au stade de la puberté ?", et si la case est cochée, on peut laisser une dérogation pendant une année supplémentaire, et après on refait un bilan, pour aviser.
Je suis sûre qu'on peut s'arranger.

Ce que je veux dire, c'est que pour que les téléphages ne soient pas associés à des crétins, il faut qu'on se prenne en main en tant que communauté d'être dotés d'un minimum de capacités de réflexion. Oh bon, oui, oui c'est un peu totalitaire sur les bords, bon, d'accord, mais admettez que si les gamers faisaient le tri parmi ceux qui ont le droit d'acheter des jeux video, et la minorité d'absolus abrutis qui n'est pas en mesure de composer sur le plan intellectuel avec un simple jeu de shoot'em up, les amateurs de jeux video auraient bien meilleure presse !

Il faut qu'on s'y prenne maintenant, tant qu'on peut à peu près contenir le truc ! Parce qu'une fois qu'absolument tout le monde consommera ses séries sans passer par la télévision, ce sera trop tard et totalement hors de contrôle !
Qui est avec moi ? Allez, chiche, on le fait ! Non je ne suis pas folle, lâchez-moi, où vous m'emmenez ?

Posté par ladyteruki à 22:05 - Point Unpleasant - Permalien [#]


24-11-12

Ah, si j'avais les tripes...

Halloween, c'était il y a près d'un mois. A ce moment-là, il était fort opportun de parler de bestioles dégueulasses un peu partout ; pour ma part, j'ai sorti ma carabine et tiré au gros sel sur plusieurs d'entre eux depuis mon balcon (eh, pas de jugement, chacun s'amuse comme il peut ce soir-là), c'était de saison. Hélas pour moi, certains monstres occupent ma vie même le reste de l'année.

Lorsque The Walking Dead a débuté, c'était à l'occasion de Halloween (on avait fait un SeriesLive Show spécial sur les horreurs diverses et variées, zombies, vampires, CW, etc., je m'en souviens comme si c'était hier, ce genre de traumatisme ne s'oublie pas), et quand vient Halloween, depuis, il m'est impossible de ne pas penser au moins une fois à cette série. Peut-être avec une bonne thérapie et un hypnotiseur de talent, je pourrais me débarrasser de ce réflexe, mais en attendant, ça fait deux années de suite que ça me le fait. Je lis également les réactions des uns sur Twitter, quelques articles çà et là, enfin grosso-modo, il m'est très difficile d'oublier que The Walking Dead existe.
Au bout d'un moment, à force de lire des retours, d'entendre dire que des fois il se passe même des trucs pas trop mal (apparemment, le personnage de Carl a l'air d'avoir de bons moments par exemple, ce qui me surprend vu le souvenir que j'en ai), alors je me dis : tant qu'à y penser, ce qui semble de toute façon incontournable, autant regarder. Ca se trouve, on sait pas, cette terreur stupide des zombies pourrait me passer.

Pourtant je devrais savoir que non.
J'ai quand même regardé une saison entière de The Walking Dead, et même le season premiere de la saison 2, et je sais bien, de par le nombre d'heures que j'ai passé dans mon lit, les yeux sur la porte, à guêter le moindre bruissement dans le couloir, aux nombre de fois où je suis passée devant la porte d'entrée et où je me suis demandé si un zombie m'entendrait passer s'il était de l'autre côté, au nombre de fois où j'ai essayé de calculer combien de temps je tiendrais si j'étais enfermée dans mon appart et que je devais vivre uniquement avec mes réserves ; à ces détails et mille autres, je sais bien que non, non regarder The Walking Dead ne crève absolument pas l'abcès : ça entretient ma peur ridicule et infondée des semi-humains qui mangent d'autres humains. Mon Dieu, rien que de l'écrire...

Sijavaisdestripes

Pourtant parfois, je me dis que j'aimerais bien regarder une série comme celle-là, ça me changerait de ce que j'ai d'ordinaire dans mon programme téléphagique, qui actuellement n'est composé que de comédies et de dramas.
Et puis ça doit être cool d'avoir dans son programme plusieurs séries qui durent plus de deux saisons. Là, j'ai pas trop l'habitude, en-dehors de The Good Wife et Raising Hope. D'ordinaire mes séries préférées se font annuler bien avant ça. C'est d'ailleurs une malédiction qui fait un peu peur aussi, mais différemment.
Sans parler du fait qu'il y a des gens qui regardent la série dans ma timeline et que ça serait sympa d'avoir un nouveau sujet de conversation avec eux. Je regarde quand même très peu de séries à vocation "sociale", et le fantastique et la SF restent les genres qui s'y prêtent le mieux, faut pas se leurrer. Ou alors il faut m'indiquer où se trouvent les comptes Twitter où l'on peut disserter à n'en plus finir des épisodes de Nashville !
Et puis peut-être aussi que je me dis que, si d'autres arrivent regarder cette série sans passer le reste de la nuit avec les yeux écarquillés dans le noir, bah j'aimerais bien aussi en faire l'expérience, à mon tour, de ce concept de se faire peur devant une fiction POUR SE MARRER (les gens sont fous). Moi... je me marre jamais quand je vois ces abominations-là ! Je voudrais bien voir ce que ça fait.
Ah, si je n'étais pas une chochotte...

Bon allez, c'est pas grave. En matière de morts vivants, je pourrai toujours me tourner vers Les Revenants. Et puis là, pas sûr qu'ils boustiffaillent des humains, en prime.

Posté par ladyteruki à 23:08 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

18-11-11

Alors n'y allons pas par quatre chemins

Il faut toujours se méfier des souhaits. Un jour vous clamez partout que vous aimeriez bien vous mettre un peu plus à la comédie britannique...
...et puis vous tombez sur Life's too short et vous comprenez votre douleur.

Episodesaretoolong

Ah alors ça, j'aime autant vous dire que la journée de la gentillesse, c'est fini, hein. Parce que quand je vois des atrocités pareilles, je ne me sens plus gentille du tout, ni envers la série, ni envers les lecteurs, ni envers moi-même. Tout-à-fait, j'ai eu des pulsions morbides devant cet épisode, en fait j'ai ressenti l'envie de m'énucléer avec une pelle à tarte.

Il faut dire qu'entre les accents British (bon, ça, c'est un problème que j'ai, à la limite on va dire que c'est ma faute ; à la limite), l'humour pas drôle, et les blagues à la con sur la taille de l'acteur, déjà j'étais servie. Je soupçonne aussi que Gervais ait choisi Warwick Davis d'abord pour la renommée sur le déclin, ensuite pour les blagues pourries avec les nains (la seule qui m'a fait vraiment rire c'est celle sur la chanson que le nain ne connait pas), et surtout pour qu'on se sente un peu mal de cracher sur la série, en raison de ce sentiment que nos parents nous ont tous appris : la peur de dire du mal des handicapés et assimilés. Bah même pas peur.
Rien qu'avec tout ça, Life's too short partait très, très mal.

Mais surtout. HORREUR. Un mockumentary.
Je vous ai raconté il y a peu comment un mockumentary m'a traumatisée à vie. Personnellement, entre The Comeback et Life's too short, pour moi c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il y en a juste un qui a rétréci au lavage. A part ça c'est quand même la même chose, d'où mes glapissements de terreur devant le pilote de Life's too short, et pas uniquement à cause de la pelle à tarte.

Comme je suis une personne studieuse, j'ai aussi tenté Extras, que je n'avais pas vue, et j'ai vite compris pourquoi. Mockumentary. Et ptet qu'un jour je me collerai à la version britannique de The Office, un jour où je me hais à un tel point qu'être hantée par les souvenirs du pilote de la version américaine ne suffisent plus à augmenter me punir. Saloperies de mockumentaries, allez tous brûler en Enfer. C'est vraiment infâme ce goût que peuvent avoir des fictions pour se rapprocher au plus près de la télé réalité. Si je voulais de la télé réalité, je regarderais de la télé réalité. D'autant qu'il n'y a aucune surprise, peu ou pas de character development, dans ce genre-là. C'est le genre soit de l'humiliation sempiternelle, soit du soulignement infini de le contraste entre les actes et les paroles. C'est tout. Il n'y a jamais plus loin.

Le seul mockumentary que je tolère est Modern Family. Je ne le trouve pas tellement drôle non plus, mais il a le mérite de ne pas me retourner l'estomac parce qu'il y a un côté un peu plus affectif. C'est vraiment l'exception qui confirme la règle.

Rien que d'en parler je suis fâchée. Alors parlons d'autres choses, de choses drôles, de séries sympas. Pour continuer dans la vague comédies de cette semaine, il y a par exemple le SeriesLive Show, où vous apprécierez mon professionnalisme et mon sens de la retenue dans le traitement de la news sur Life's too short.
Le nombre de séries misérables que cette émission m'aura fait regarder, quand même. Parce que l'air de rien, sans SeriesLive Show, il n'y aurait jamais eu de traumatisme The Walking Dead...

Posté par ladyteruki à 22:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-11-11

Time and again

S'il est communément admis, bien qu'avec plus ou moins de mal selon les interlocuteurs parfois bornés, que tout le monde ne perçoit pas une même série de la même façon (ce qui rend instantanément l'usage des commentaires d'un blog plus passionnant), on sous-estime un peu d'autres sensations à géométrie variable en téléphagie.
La perception du temps en est une. Pas simplement parce que nous nous nourrissons uniquement d'images qui sont la photographie d'instants appartenant forcément au passé, mais simplement parce que, de par notre passion, nous modifions juste un peu la façon dont nous pensons notre rapport au temps.

AlaRecherche


Le degré de distortion temporelle que nous expérimentons tous, c'est celui qui apparait quand on découvre un épisode pour la première fois (mais vous pouvez l'avoir ressenti avec un film, un clip ou une publicité, également).
Lorsqu'on découvre les images pour la première fois, on a tendance à avoir l'impression que la video est plus longue, alors que si on la regarde une seconde fois peu de temps après, on trouve qu'elle passe plus vite. Mais il est vrai que je n'ai jamais fait le test avec un épisode de Derrick... Il y a probablement un phénomène cognitif derrière tout cela, d'ailleurs, venant du fait, je présume, que nous analysons avec plus d'intérêt une scène que nous découvrons pour la première fois, alors que si nous la connaissons déjà, notre cerveau s'économise sûrement la peine de l'étudier en détail (c'est probablement la même raison que celle qui fait que lorsque vous relisez une dissertation ou un post pour la 10e fois, vous ne voyez plus les fautes d'oretographe).
Cette perception faussée du temps n'a toutefois pas de conséquence grave, au contraire, c'est un petit arrangement avec le réel pour mieux profiter d'une intrigue donnée.

Cependant, il y a plus vicieux : la façon dont nous concevons le temps à cause des diffusions. Et c'est là que notre cerveau finit par nous jouer des tours.
Déjà, rien que les minutes précédant la diffusion d'un épisodes semblent tordues : elles sont à la fois plus lentes en raison de la publicité qui nous fait attendre, et en même temps, rien n'est jamais prêt : on n'est pas encore en face de l'écran, le téléphone a sonné ou on nous a appelé dans une autre pièce, on a oublié le jus d'orange pulpé à la cuisine, on a froid aux pieds et le plaid est au lavage, le chien réclame ses croquettes, enfin ya toujours quelque chose, quoi, et du coup c'est la précipitation de peur de manquer l'épisode, comme si le temps s'était accéléré juste pour nous narguer.
Outre l'effet de ralentissement du temps évoqué ci-dessus, on rappellera également que pendant l'épisode, le monde est supposé se mettre en pause, et ne reprendre la marche de son (à peu près) bon fonctionnement que 45 minutes plus tard.

Mais le plus fou, c'est que notre perception de la semaine dans sa totalité peut se trouver affectée par les diffusions. Même quand on ne les suit pas à la télé, d'ailleurs, on n'est pas totalement affranchis de l'emprise du temps : le simple fait de suivre la diffusion US nous asservit tout de même au calendrier, puisque vous n'avez pas le choix et êtes obligés d'attendre que l'épisode suivant soit diffusé. Mais ce calendrier est détendu comme un pull trop porté : aux coudes, par exemple, il est plus lâche ; et ainsi on se retrouve dans la situation absurde où la semaine revêt un caractère totalement déformé.
A titre personnel, par exemple, ma semaine commence très fort avec l'attente des séries du dimanche (PanAm, Homeland, The Walking Dead parce que ça va pas bien dans ma tête, The Good Wife que j'ai reprise, peut-être bientôt Hell on Wheels ?), suivie d'un lundi tout aussi fort en émotions (avec Enlightened, Threesome même s'il n'y en a plus pour long, Death Valley, et 2 Broke Girls). Ces deux jours sont des jours où les épisodes semblent se précipiter, où il n'y a jamais assez de temps pour rien. Et puis, vient la suite de la semaine. Un vaste désert d'ennui où les seules oasis sont Suburgatory, Reed between the Lines (avec, Dieu merci, DEUX épisodes), et maintenant Boss. Ces 5 jours-là, les jours ne passent pas, c'est interminable, je me rabats sur des vieux pilotes, des intégrales, du rattrapage, et le temps passe incroyablement plus lentement, c'en est désespérant. Pour le weekend, je me réserve en général également The Slap, histoire de meubler. Et la semaine suivante, ça recommence (enfin presque, tenant compte des fins de saisons et des hiatus, d'ailleurs Threesome va incroyablement me manquer).

Mais là où la distortion est flagrante, et où on sent bien toute la subjectivité de la chose, c'est que ma semaine ne ressemble qu'à ma semaine, selon la sélection de séries que je regarde. Un téléphage ne regardant que des comédies verrait probablement la semaine avec un regard totalement différent. En fait, personne n'a la même sensation de la semaine qui passe, car personne n'a exactement le même programme hebdomadaire que moi. Nous passons le même temps à respirer pendant ces 7 jours, et pourtant, aucun de nous ne vit la durée de cette semaine de la même façon.

Et ainsi, chaque téléphage forge lui-même son temps sur mesure, souvent sans même y penser. Tout cela... simplement parce que nous regardons des séries. N'y a-t-il pas là quelque chose de prodigieux ?

Alors j'avais juste envie, curieuse comme je suis, de vous demander : à quoi ressemble votre semaine téléphagique ?

Posté par ladyteruki à 17:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-10-11

[DL] The Fades

Il parait que ce weekend, c'est Halloween. Pardon si je ne saute pas de joie à l'idée que se trimbalent dans les rues de hordes de vampires et de zombies, hein...
Enfin bref, il semblait donc naturel d'attendre ce weekend maudit entre tous pour commencer The Fades, dont la première saison vient de s'achever outre-Manche, partant du principe que tant qu'à se filer les jetons bêtement devant une série, autant le faire en une seule fois.

TheFades
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Déjà, rien qu'avec le générique, j'étais servie. On a droit à la panoplie complète des trucs qui filent les chocottes, surtout côté musical où on jurerait avoir déjà entendu cet air dans à peu près n'importe quelle anthologie fantastique des années 90.
Mais plus angoissant encore, certaines images sont flippantes au dernier degré. Pas uniquement parce que la créature qui jaillit de Dieu sait où nous ramène à quelque peur instinctive et primale, mais bien parce que ces bestioles sont absolument répugnantes, et jaillissent de quelque chose d'organique qui instille immédiatement une vraie sensation de malaise.

Le générique de The Fades lui sert extrêmement bien de carte d'identité, car on retrouvera dans le pilote ce sentiment de malaise mêlé à l'horreur qui n'est pas accessible par la plupart des séries tentant de nous faire peur (sauf si on ressent un gros malaise devant l'obstination de The Walking Dead à insister sur son triangle amoureux, mais il sera d'un autre ordre je pense). Bien-sûr on n'y trouve pas le même quota de créatures de cauchemar au mètre carré, mais le sentiment général reste le même...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Fades de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:00 - Médicament générique - Permalien [#]

21-10-11

Le but et le moyen

"Bon bah c'est une série de Showtime, quoi".
C'est le genre de chose que j'ai la sensation d'entendre de plus en plus souvent. Avant, on faisait déjà des généralités sur une chaîne : CBS et ses séries policières sorties d'une chaîne de montage, la CW et ses merdes dédiées aux ados volontaires pour se faire trépaner, ABC et son goût pour les annulations absurdes...
Et ça donnait déjà des réflexions du genre "je ne voyais pas du tout cette série sur cette chaîne", alors que, bah écoutez les petits, justement, elle y est, c'est donc bien que si.

Mais j'ai l'impression que de plus en plus, on inverse cette façon de penser en décrétant qu'une chaîne ne peut jamais faire que la même chose.
Ainsi, pendant The SeriesLive Show, au cours de la saison passée, ai-je pu entendre régulièrement une petite phrase qui n'avait l'air de rien, mais qui sur le long terme m'a paru agaçante ; par exemple à l'occasion de laquelle l'un de mes camarades avançait que The Walking Dead n'avait rien d'une série de AMC. Ecoutez, si une série sur la survie (hautement improbable) en milieu zombie n'est pas à sa place sur AMC, je ne refuse pas qu'on me dise sur quelle chaîne et nulle part ailleurs elle s'imposait comme une évidence. Évidemment, HBO, FX et Spike (en supprimant le budget sport) auraient pu le faire en toute légitimité, mais je ne vois pas en quoi AMC est moins autorisée à passer ce genre de commande. Après tout la politique de fictions de la chaîne a l'âge de Mad Men (occultons Remember WENN et The Lot que, osons le dire, personne n'a vues), et on ne peut même pas dire que Le Prisonnier (New Gen) soit du même tonneau que Breaking Bad, ni Breaking Bad de Rubicon. Ajoutez à ça The Killing qui est, en plus, un remake de séries étrangère, et non une création originale (voyait-on AMC donner dans le remake ?), et vous avez tout compris. Rien ne fait spécialement sens. Il n'y a pas un ton unique. Il n'y a pas une volonté unique. L'idée est d'aller chercher la qualité sous toutes ses formes, qu'elle emprunte un ton grand public (The Walking Dead) ou s'adresse à une audience plus restreinte (Mad Men).
Et entre parenthèses, parfois ça marche, et ça donne une vraie série de qualité qui enthousiasme la critique, et parfois ça ne marche pas, dans le sens où la série laisse les observateurs circonspects et/ou reste trop confidentielle.

On pourrait le faire de beaucoup de chaînes, d'ailleurs. Car si sur HBO, le mot d'ordre est également censé être la qualité, rappelons qu'elle revêt des formes très variées (euphémisme), de Boardwalk Empire à True Blood en passant par Entourage, Bored to Death et East Bound and Down (notez bien que je n'entre même pas sur le terrain de mon avis personnel sur ces séries ; mais si vous y tenez, il y a les tags).

Bien-sûr, il y a des points communs, et je ne nierai pas que pour Showtime, il est facile de généraliser à partir du fait que les séries sont souvent centrées sur un personnage féminin (d'ailleurs SNL ne s'est pas gêné l'an dernier pour le signaler, oubliant de façon fort pratique ce bon Dexter dans sa démonstration), mais ça ne fait pas tout. Et le ton ? Et le sujet ? Bien que j'aime ces deux séries, jamais il ne me viendrait à l'idée de comparer Nurse Jackie à The Big C, par exemple. A contrario, il vient à l'idée de tout le monde comparer Enlightened à The Big C. Oups, pas la même chaîne.

Alors on étiquette. Showtime ne peut faire que des séries de gonzesses (oups Dexter), HBO ne peut faire que des séries de qualité (oups True Blood), CBS ne peut faire que des séries policières (oups The Good Wife)... "Ouais nan mais là lady, c'est facile, moi aussi je peux le faire et trouver une exception, n'empêche, c'est quand même vrai en général".

Eh bien non, pas en général, si on y réfléchit. Peut-être que dans le fond ça souligne surtout une chose : la perception que nous, nous avons de l'identité d'une chaîne.
Par exemple, j'en parlais dans les commentaires cet aprem avec Tony sur un autre post, mais pour moi, ABC est le network des annulations scarifiantes. Pourtant j'ai été peinée, il y a quelques mois encore, par des extinctions sur d'autres chaînes, à l'instar d'Outsourced sur NBC, mais il reste assez criant pour moi qu'ABC a annulé des séries comme Pushing Daisies (obviously), Samantha Who, Better Off Ted... Pour d'autres que moi, ces annulations seront passées plus en douceur, là où d'autres auront marqué, faisant d'une autre chaîne l'ennemi à abattre.
Alors du coup cette perception varie d'un spectateur à une autre.

HomelandisDashow
Et c'est pour ça que toujours un peu irritant quand j'entends l'un de mes comparses du SeriesLive Show attaquer Showtime au pied de biche de façon systématique, parce que j'ai l'impression que cette généralisation empêche d'aborder toute nouveauté avec un oeil neuf. Il n'y a pas que du bon sur Showtime, et je ne regarde certainement pas toutes les séries de Showtime, mais je trouve étrange qu'on veuille juger une série à l'aune de la chaîne sur laquelle elle est diffusée. Je n'ai même pas envie de défendre Showtime, ou ABC, ou NBC, ou CBS, ou AMC, ou que sais-je. Je ne vois pas plus l'intérêt de les "sauver" en bloc que des les dénigrer systématiquement.
Je trouverais simplement plus juste qu'on juge une série sur ce qui est diffusé, et non sur qui la diffuse.

Voilà, c'était le coup de gueule du jour, mais avouez : ça faisait longtemps.

Posté par ladyteruki à 23:02 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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