ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-06-13

Apathique qui, comme Ulysse...

Avec tous ces pilotes dont on s'est régalés dimanche, venus des quatre coins de la planète, on en oublierait presque qu'il y a des choses à déguster par chez nous. Dans le cadre du défi de pilotes avec whisperintherain, et aussi parce que je poursuis ma tentative de réconciliation avec la fiction française (une quête qui ressemble parfois au tonneau des Danaïdes), me voilà donc aujourd'hui à vous parler d'Odysseus, qui commence dans quelques minutes sur arte. Vous avez pile le temps de lire la review, et ça commence ! Alors ne perdons pas notre temps en introductions, voulez-vous ?

Odysseus-arte

Il était grand temps qu'une chaîne française s'essaye à une fresque historique (ou assimilée) de l'ampleur d'Odysseus.
De nombreuses chaînes de par le monde ont bien compris que ces séries ont tous les ingrédients pour séduire divers publics ; en Espagne, des succès comme Hispania montrent qu'il y a énormément de potentiel pour faire une fiction à la fois accessible et intéressante (les Espagnols ayant, il est vrai, élevé la série historique mainstream au rang d'art), et de la Grande Bretagne au Japon, en passant par l'Australie ou le Brésil, il existe assez peu de contrée qui n'ait pas SA grande série historique populaire du moment.
Le concept n'est d'ailleurs pas si nouveau pour arte : en diffusant Rome et The Tudors, elle avait trouvé de plutôt bonnes représentantes de ce qu'il est possible de faire afin de cultiver à la fois une certaine forme de culture... et une forme de ture tout court, disons. En tous cas, sortir des fictions historiques à la papa (ou à la Dayan) proposées par France Télévisions ne pouvait qu'être une bonne idée, et ce n'est pas l'inspiration qui manquait en la matière.
A ces déjà très bons augures (ah, erreur de mythologie, au temps pour moi), encore faut-il ajouter qu'arte se donne énormément de mal pour faire remonter le niveau des fictions parmi les chaînes non-payantes ; Ainsi Soient-Ils était par exemple une bonne surprise de l'automne 2012.
Du coup, Odysseus, de par son ambition intrinsèque, celle, plus large, d'une chaîne et, osons le dire, les espoirs d'un pays tout entier (ne venez pas me raconter le contraire, j'ai vu les pilotes de Tiger Lily et Caïn), avait intérêt à assurer derrière.

Sur pas mal de choses, c'est le cas, d'ailleurs. Le pilote (puisqu'aujourd'hui, je ne poste que ma traditionnelle review de pilote) d'Odysseus est, pour commencer, plutôt pas moche. On peut prétendre que ce n'est pas important, mais s'il y a bien un genre qui ne peut pas avoir l'air cheap et tourné pendant des RTT à la Baule, c'est la série en costumes ! De ce côté-là, Odysseus tient bien ses promesses, même si ce n'est pas forcément de façon ultra impressionnante ; on est fixés assez rapidement, il n'est pas question dans cet épisode d'exposition de nous en mettre plein les yeux pour nous éblouir avec des reconstitutions gigantesques en technicolor. C'est pas Westeros, ici ! L'absence de faste dans les décors souligne, qui plus est, la volonté de dépeindre un royaume en crise. Mais, ponctuellement, notre épisode inaugural nous tout de même offre quelques moments de bravoure, à l'instar de cette séquence dans le temple d'Artémis qui laisse augurer de très bonnes choses pour l'avenir. C'est en tous cas la preuve que le sens esthétique et l'inspiration ne sont pas absents de la série, à défaut d'en être des traits caractéristiques.
D'autre part, fonctionnant comme un ensemble show équilibré, ce premier épisode nous présente des personnages divers ; alors qu'on aurait pu craindre que l'attente du retour hypothétique d'Ulysse nous force à passer le plus clair de notre temps avec Pénélope et Télémaque, il apparait rapidement que les enjeux sont beaucoup plus variés, offrant une vue de la Grèce antique vue aussi bien à travers les yeux des puissants, des citoyens tout-venants, et des esclaves. Aucun axe ne s'annonce, à ce stade, comme particulièrement fascinant, et moins encore inédit, pour la téléphage peu réceptive aux fictions en costumes que je suis, mais il faut admettre qu'on a en tous cas pas le temps de s'ennuyer ; cette partie de la narration souligne, en outre, la volonté de curiosité dont arte s'est toujours réclamée ; quitte à réécrire l'Histoire, autant le faire de tous les points de vue possible.

Mais, hélas, vous le savez, aucune review de pilote n'est jamais dénuée de critique. Sauf celle d'Orphan Black, peut-être. Mais Orphan Black, c'est spécial.
Le premier, et non des moindres, est qu'Odysseus, au stade de son pilote, souffre de quelques défauts tous français, hélas, comme son rythme et la mollesse de certains de ses acteurs. Ces défauts vont de paire mais ne font pas tout à fait un ; il est possible à une série de manquer de rythme et d'avoir pourtant un cast parfait, mais je ne suis pas en mesure de vous dire ça au stade du pilote, pas en vous regardant dans les yeux en tous cas. Tout le monde n'est pas forcément à blâmer, mais le propre d'un ensemble show est que la série est aussi bonne que le plus médiocre des acteurs de la distribution. Et il y a un ou deux acteurs qui m'ont un peu fait serrer les dents, il faut le reconnaître. En face de ça, il y a aussi des personnages bien portés, à défaut d'être forcément les plus riches scénaristiquement, mais le pilote compte quelques minutes épouvantablement longues.
Le blâme en revient, en partie, il est vrai, au propre d'un épisode d'exposition. Tout le monde connaît l'Odyssée, tout le monde connaît l'histoire de Pénélope, et certains éléments pourraient être présentés de façon un peu plus dynamique sachant cela ; d'autres séquences, ayant pour but de poser à plat les motivations de chacun, semblent incontournables sur le fond mais sont totalement dispensables sur la forme. Quand en plus l'acteur a une diction hâchée d'écolier récitant du Prévert, ça devient vite de la torture.

Mais, bizarrement, ce n'est pas ce que je retiendrai de plus contrariant avec ce premier épisode, mais plutôt la façon dont ce premier épisode semble se complaire dans une certaine neutralité. Les mondes antiques seraient d'ordinaires plutôt propices à stimuler l'imagination, mais cela semble dramatiquement manquer à cette présentation presque objective de faits s'alignant les uns après les autres, presque froidement.

Outre le fait qu'Odysseus a fait le choix d'écarter une bonne partie des questions d'ordre sexuel (probablement aux fins de conserver le créneau en primetime), se cantonnant à quelques représentations dénudées de notre nouvel ami Télémaque (un TRES sympathique garçon), il est légèrement déstabilisant de voir que le seul sang qui coulera dans ce premier épisode sera celui d'un sanglier. C'aurait pu être une profession de foi que de décréter qu'il s'agissait de montrer un peuple antique comme aussi civilisé que le nôtre plutôt que comme des brutes répondant à leurs instincts, mais ça semble n'être pas tout-à-fait le cas, sans quoi ces comportements à peu près dignes (bon, ça ripaille quand même un peu, faut bien s'occuper pendant 20 ans) seraient compensés par une certaine élévation intellectuelle ou spirituelle qu'on ne retrouve pas. L'invocation des Dieux, proche du syndrome de Tourette dans ce premier épisode, aurait pu être développée en dévoilant un système de croyances raffiné par exemple, ce n'est pas le cas.
On a l'impression que la volonté de faire quelque chose de diffusable en première partie de soirée a plutôt résulté en des coupes sombres dans le scénario plutôt que débouché sur une vraie réflexion sur la façon dont cet univers fonctionnait.

Mon plus gros reproche s'adressera cependant à l'histoire et au point de vue choisis : le sort d'Ithaque en attendant le retour improbable de son roi. Quelle jolie métaphore à filer que voilà, lorsqu'un period drama peut se piquer de raconter comment un royaume va surpasser une crise à la fois matérielle (il n'y a plus rien à manger, ou presque, sur l'île) et morale (il n'y a plus de roi, plus personne en qui espérer un changement).
Ce n'est pas que j'attende beaucoup de suspense de la part d'une fiction tirée d'une des histoires les plus célèbres au monde, évidemment, et on sait tous ce qu'il advient d'Ulysse, le roi dont tous attendent le retour ou la preuve de la mort. Mais là encore, rien ne laisse présager qu'Odysseus va se saisir de cette occasion pour dire quelque chose. Prendre une position. Faire autre chose que nous dire "sacrée Pénélope, elle a trouvé une super combine". D'ailleurs, on ne se dit même pas "sacrée Pénélope", parce qu'il est assez difficile de sympathiser avec elle, ou tout autre personnage ; l'émotion est, je le répète, assez absente de cette mise en place objective des protagonistes et de leur problématique respective.

Il manque un peu de vie, en somme, dans cette fresque. Mais l'espoir ne fait cependant pas tout-à-fait défaut, aussi nous retrouverons-nous très bientôt pour un post de bilan...

Challenge20122013

Je suis contente de moi, j'ai pas placé ma blague sur le fait qu'il manque ma Zotrienne préférée dans la série ; c'est pas l'envie qui m'en manquait pourtant.

Posté par ladyteruki à 20:30 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-06-11

Opération mise à jour

Et encore : à mon avis, il en manque, mais la moitié est déjà dans des cartons. J'ai donc enfin mis à jour la rubrique Diagnostic COLLECTION, et je vous avoue que les chiffres sont clairs : je suis totalement timbrée. Après l'ajout d'une vingtaine d'items, on compte à présent 99 coffrets dans cette rubrique, et je le répète, il en manque probablement. C'est ma faute, j'avais qu'à le faire au fur et à mesure. D'ailleurs je ne suis qu'à moitié étonnée de ne pas avoir mis la main sur la saison 3 des Tudors, que dans le doute je n'ai pas fichée. Mais à mon avis on a atteint la centaine un peu plus tôt ce mois-ci.

JesuisleHenriVIIIduDVD

Je sais, je sais. Au juste, je sais pas si je dois en être fière ou être atterrée.

Bon, quelques observations :
- on sent bien que, de la même façon que je suis capable de regarder le pilote d'une série, de l'apprécier et de ne jamais poursuivre, tout ça sans me heurter le moins du monde, il y a un sentiment d'inachevé qui se détache de certaines séries présentes dans cette indexation. Pour ma défense, j'ai vraiment une mémoire de merde et il me faut des mois et des mois à aller et venir à la FNUC pour réaliser que je n'ai toujours pas pris le coffret de la saison 3 de Gilmore Girls.
- cela dit, dans le même ordre d'idée, je voudrais bien savoir avec qui il faut coucher pour avoir la suite de certaines séries, dont Une Nounou d'Enfer, un exemple totalement au pif mais qui me révolte. L'éditeur aurait-il découvert que lancer les coffrets d'une série multi-rediffusée n'était pas rentable ? Eh bah je m'en fous, fallait y penser avant, moi je veux quand même la suite. J'ai pas à payer les pots cassés, au contraire tout ce que je veux c'est me payer les trois dernières saisons. Qu'après on vienne pas se plaindre du téléchargement parce que ça va bien, hein.
- surtout que plus j'ai de budget (et plus je remarque des affaires), plus j'achète des coffrets non parce que j'aime les séries mais parce que je veux étoffer ma collection avec des séries pour lesquelles je pars du principe que je les regarderai plus tard (et yen a quelques autres sur ma liste, d'ailleurs). Ce qui prouve bien que nous autres, téléphages, les vrais, les purs et durs, au nom de la culture téléphagique et de notre passion pour les séries dans leur ensemble, et pas juste par fandom pour un titre en particulier, on est capables de dépenser à hauteur de ce qu'on est capables de cagouler. Désolée pour ce paragraphe militant m'enfin si les cinéphiles et les mélomanes sont moitié comme nous, franchement, ya pas de soucis à se faire pour l'industrie de l'entertainement.
- sur un ton plus triste : toujours pas de coffret Koselig Med Peis dans cette liste ; ça me navre, mais comme la carte bancaire que j'avais empruntée n'a pas fonctionné au moment de la commande, il faut que je trouve une bonne âme dans mon entourage pour m'avancer l'argent et relancer la commande auprès du site norvégien. Un de mes collègues m'avait dit oui mais il est depuis parti en congés, donc patience (l'un de mes ex aussi avait accepté mais fallait lui envoyer un chèque par la Poste, c'était plus fastidieux). C'est un peu chiant, mais ensuite on pourra vérifier ce que vaut le site en question. C'aurait quand même été plus simple si NRK avait livré en France, mais on refera pas le monde, hein.
- en parlant de carte bancaire... j'ai découvert un truc, je sais pas si vous connaissez, ça s'appelle PCS et c'est Mastercard qui fait ça. En gros, c'est une carte bancaire rechargeable, comme les cartes téléphoniques (mais à l'ère du portable, qui utilise encore des cartes téléphoniques ?), sans engagement, sans donner votre nom et, j'ajoute, sans même nécessité d'être majeur (c'est ptet écrit quelque part dans la notice mais très franchement, son intérêt c'est aussi que les parents puissent la confier pour un montant limité à leur progéniture). Disons que c'est comme Moneo mais en mieux, parce qu'au moins les commerçants l'acceptent :P Donc maintenant que je suis armée d'une simili-carte bancaire (puisque par conviction personnelle, je n'en prends pas auprès de ma banque), je peux vous dire que les achats, ça va swinguer ! Ca m'évite de demander à mon entourage de passer commande à ma place (hélas, comme elle est non-nominative, elle ne fonctionne pas sur le site norvégien évoqué plus haut, qui exige un nom de détenteur), et je peux enfin commander sur les sites qui n'acceptent ni Paypal ni les chèques, donc en import. D'ailleurs Capitu est déjà dans l'avion à l'heure où nous parlons, et la prochaine étape, c'est SPACE 2063 (alleluia). Le post sur ma découverte d'Amazon ? J'aime autant vous dire que ce n'était qu'une preview. Donc ça va y aller, dans les prochains mois, à mesure que je m'habituerai à l'emploi de cette nouvelle carte. Fort à parier que, même si elle pose quelques limites (et finalement c'est ptet bien mieux comme ça !), elle va énormément élargir mon horizon et donc ma collection. Stay tuned.
- du coup ça m'ouvre aussi plein de possibilités pour les séries du Monde. Parce que ça c'est quand même la grande nouveauté de cette collection, depuis quelques mois (le bal ayant été ouvert par Borgen, bien qu'il se soit agit d'un cadeau), et avec la facilitation de l'import, forcément, ma collection va s'enrichir de titre étrangers que jusque là j'essayais d'ignorer pour ne pas me faire du mal. En fait, j'avais demandé Borgen comme cadeau parce que c'était trop compliqué de l'acheter moi-même mais à présent plus rien ne s'opposera, ou si peu, à ce que je procède par moi-même pour ce genre d'acquisitions compliquées. Ce qui veut dire que des "tests" comme celui de Mesudarim, où je vous dirai ce que je pense du prestataire et naturellement aussi de la série, pourraient bien avoir lieu à l'avenir. Ptet dans leur propre rubrique, à voir. Enfin disons que concrètement (et 10 ans après tout le monde, j'en suis consciente), là je suis en train de revoir ma façon d'envisager l'achat. Jusque là, l'achat en import, c'était uniquement dans les rayons de la FNUC, là on commence à causer sérieusement, et les conséquences seront certainement très enrichissantes. Au figuré, hein, l'enrichissement...

Quiquenveut
Pour finir, et après je vous laisse partir fouiller là-dedans (n'hésitez pas à réagir sur ces anecdotes si le coeur vous en dit), il apparait qu'il y a ou aura des doublons dans cette collection. On peut le voir avec Boston Justice : maintenant, je n'ai plus usage des deux premières saisons. De la même façon, je prévois de m'acheter l'intégrale de Roseanne en import et donc de me débarrasser des éditions françaises. Et d'ailleurs c'est le coffret des 3 premières saisons de Roseanne qui m'a inspiré une petite réflexion sur la façon de m'en débarrasser. J'ai payé ces trois saisons à 70€ et des poussières le coffret, et il semble illusoire d'espérer en tirer un prix décent aujourd'hui (surtout maintenant qu'on sait qu'il n'y aura jamais la suite en France, et que les coffrets individuels se trouvent à présent pour une quinzaine d'euros pièce, faites le calcul ; je suis même tombée sur la saison 1 à 12€99 dans ma librairie pas plus tard que la semaine dernière).
Et puis, je ne manque pas d'argent. Cette collection en témoigne pour moi, je suis dépensière en matière de DVD (et d'ailleurs c'était ça le message quand j'ai ouvert cette rubrique, montrer que toute cagouleuse acharnée que je sois, je ne suis pas une mauvaise bête et que quand je peux acheter, je le fais, encore faut-il que les DVD soient à ma portée).
Alors je pense que je vais tout simplement vous proposer de me les échanger avec un truc qui ne vous sert plus non plus et qui pourrait me plaire, ou bien même les donner si ça intéresse quelqu'un, et vous n'aurez qu'à me dédommager pour les frais de port. Ca me semble moins prise de tête et comme ce sont quand même deux bonnes séries, je me dis que je fais une bonne action, en particulier pour Roseanne qui gagne à être vue, et comme chacun sait, pallier au manque cruel de culture, c'est un truc que j'aime bien faire.
Donc voilà, je termine mon intégrale de Roseanne d'abord (je suis encore dans la saison 3), et après viendront les vacances et un déménagement (si Dieu le veut), pas nécessairement dans cet ordre d'ailleurs, donc en septembre on fera un point sur tout ça, et j'organiserai sérieusement les envois adéquats. Dans l'intervalle, vous pouvez commencer à réfléchir à ce qui vous semble ne plus vous faire usage, si vous avez envie de troquer...

Allez, je vous fiche la paix, la rubrique est à vous maintenant.

Posté par ladyteruki à 22:09 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

28-05-11

Si j'avais un lingot, j'achèterais le jour, j'achèterais la nuit...

Eh bah je sais pas si c'est de regarder les millionnaires de Mesudarim (aw, pauvre Erez dans le 2e épisode !) ou juste le fait que j'aie trainé une ou deux heures dans les méandres d'Amazon la nuit dernière (je ne le fais jamais parce qu'Amazon n'accepte pas les chèques, mais là, j'avais une carte bancaire dans les mains), mais je me sens d'humeur matérialiste aujourd'hui...

COLLECTION
Opération COLLECTION (détail) (en bordel)

Chaque fois que je traine mes guêtres dans une FNUC, j'en ressors à la fois avec les bras chargés (je rappelle quand même que ça fait 10 ans que le personnel de ce genre d'établissements s'excuse en me voyant de n'avoir pas de caddie...), et pourtant avec un grand sentiment d'insatisfaction. Parce que pour chaque coffret Misfits embarqué avec enthousiasme, pour chaque Nurse Jackie acheté le jour de sa sortie, pour chaque The Tudors payé rubis sur l'ongle pour n'en pas louper une miette... il y a tous les coffrets qui ne rentrent pas avec moi. Parce qu'ils ne le peuvent pas. Et finalement je crois que c'est aussi ça qui me retient un peu d'achats fous genre "oh une intégrale de Will & Grace à 52€ la saison, c'est une affaire !", vous voyez ? L'impression d'un manque d'alternatives.

Posséder entre mes petites mimines une carte bancaire, cette nuit, avec un verre de whisky-fraise à la main (bah quoi, c'est de la fraise, c'est donc girly !), m'a servi d'électrochoc. Soudain il ne s'agit pas d'éviter le site d'Amazon parce que de toute façon on ne pourra rien y acheter. Ecumant page après page la rubrique import zone 1 des séries télé, je crois avoir réalisé pour la première fois que je passais quand même à côté de plein de trucs. Notamment qu'il n'est pas nécessaire de payer 52€ une saison de Will & Grace. Mais aussi, et c'est sans doute le pire, que tous les DVD qu'inconsciemment je semble chercher du regard dans les rayons de la FNUC (ou, quand je me sens d'humeur dépensière, dans le catalogue de CDiscount, que je ne consulte que quand une rentrée d'argent me brûle les doigts, et pour acheter des séries qui ne me plaisent que de loin et me semblent tout de même nécessaires dans ma telephage-o-thèque, genre les deux premières saisons de Lost), et qui n'y sont pas, parce qu'ils ne sortent pas sur notre territoire et ne font pas partie des "hits" qu'on place sur le rayon import, et qu'on trouve en fait tellement facilement sur Amazon, enfin disons, facilement si on arrive à trouver le moyen de naviguer dans leur arborescence un peu obtuse, bref, toutes les séries que vous et moi n'avons pas le réflexe d'acheter parce qu'on ne nous en parle pas, mais qui sont là ! Alors oui, je pourrais acheter la saison 1 de Parenthood quand elle sortira, et de vous à moi ça se produira probablement d'ici quelques semaines, mais maintenant, je ne peux plus ignorer qu'il y a des coffrets autrement moins évidents qui sont tout aussi faciles d'accès, et ça change tout dans mon rapport à la dépense téléphagique.

Cette nuit, je m'en suis sortie avec une intégrale de Yes Minister et un coffret dont j'ignorais même l'existence, EZ Streets, ce qui a coincidé avec le moment où j'ai constaté avec la plus grande émotion que c'était une des premières fiches que j'avais faites sur SeriesLive, et que je n'en avais jamais vu l'ombre d'un épisode (triste réalité, mes amis : ça arrive souvent). Pour moins de 30€, j'ai échappé au pire, finalement.
Mais je découvre, oh, dix ans après tout le monde quoi, les vertus de l'achat en ligne AVEC UNE CARTE BANCAIRE.

Et soudain, s'acheter une intégrale des Craquantes ne relève plus de la fantaisie téléphagique, mais d'une potentielle réalité, comme un horizon immense. Ajoutons à cela la perspective de pouvoir acheter plus facilement des séries en import étranger genre Capitu (que j'ai toujours dans un coin de tête), et franchement, ça devient flippant. Je préférais quand mon monde était un peu plus petit, finalement !
On ne devrait jamais changer de boulot.

PS : que ceux qui trouvent qu'il est honteux que la rubrique Diagnostic COLLECTION n'ait pas connu de mise à jour depuis au moins un an et demi se manifestent, si je vous sens intéressés, je m'en chargerai la semaine prochaine. Mais si c'est juste pour moi, ça sert à rien : les DVD que j'ai, je les connais hein !

Posté par ladyteruki à 12:59 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

06-05-11

Aleksandra, marquise des anges

Bientôt trois semaines d'existence pour la rubrique Séries du Monde, et les choses prennent leur rythme. Comprenez que je commence à avoir le rythme. Mettre à jour les grilles, les audiences, faire des news, ajouter des fiches... je trouve un cycle pour chaque chose.
Du coup, je peux aller chercher dans ma liste les séries qu'il me reste à ficher, et cette liste fait plusieurs pages d'un cahier. Progressivement, je peux prendre le temps de les cocher... et me voilà à ficher, chose rare, une série turque qui a démarré au début de l'année, et que j'ai dénichée sur les bons conseils du Wikipedia anglophone, pourtant avare d'ordinaire en séries récentes du Moyen-Orient.

Cette série, c'est Muhtesem Yüzyil, et en faisant la fiche, je me suis demandé ce qui m'empêchait d'aller cagouler l'épisode et y jeter un oeil. Je ne comprends pas que ce ne soit toujours pas un réflexe. Alors me voilà, au beau milieu de la nuit, en train de parcourir les sites turcs (il y a une première à tout) pour trouver le fichier de mes rêves, et vous savez quoi, ce n'était même pas vraiment difficile à trouver, ce qui devrait me servir de leçon.
Après la douloureuse expérience d'Ayrilik cet été, ça faisait vraiment du bien de regarder Muhtesem Yüzyil. J'avais besoin d'être réconciliée, en fait, avec les fictions de ce pays.

MuhtesemYuzyil
Pas vraiment une fresque historique, Muhtesem Yüzyil, mais ça m'arrangeait parce que j'ai regardé sans sous-titres (mais où sont les sous-titres des séries du Moyen-Orient ? Je cherche encore). Ne comprenant que les passages en russe (enfin non, ptet pas du russe, mais en tous cas c'était assez proche pour que je pige un peu les dialogues), j'ai été ravie d'assister à ce qui m'a semblé être la version turque des Tudors. Oui messieurs-dames, no less.

Un beau jour de 1520, Süleyman apprend qu'il vient d'hériter de la couronne de l'Empire Ottoman. Il a 26 ans (d'accord, il en fait 40, mais officiellement il en a 26) et il devient l'homme le plus puissant de la région à son époque. Ceci fait il va donc s'installer au palais impérial avec sa mère et toute sa suite (dont son meilleur ami qui deviendra son Grand Vizir), et en profite pour faire venir sa concubine Mahidevran et leur fils. Tout cela est charmant. Mais il y a un "mais".
Car le jour-même du couronnement de Süleyman Ier, un navire rempli d'esclaves débarque, avec à son bord, une sublime créature du nom d'Aleksandra, une chrétienne dont les parents ainsi que le mari et la fille ont été méchamment trucidés avant qu'elle ne soit enlevée, non sans une certaine idée derrière la tête... Car, étant sublime, elle est immédiatement sélectionnée pour faire partie du harem de notre Empereur.

MuhtesemYuzyil_Tricheuse
Eh oui, c'est un malin, notre Empereur. Loin de se faire chier comme Henry (un contemporain, d'ailleurs) à révolutionner l'Etat pour pouvoir divorcer, il a tout simplement un harem. Certes l'idée n'est pas de lui et s'explique culturellement, mais c'est ce qui va largement lui simplifier l'existence.
Manque de chance, Mahidevran est d'une sensibilité plus occidentale, dirons-nous. Et elle pensait qu'avoir engendré un rejeton (de sexe masculin, qui plus est) allait lui garantir l'accession au trône. C'est sans compter sur Aleksandra qui, après avoir joué les rebelles pendant une saine période de temps, est résolue à s'approcher de l'Empereur. Mettant ses nombreux atouts en avant (moi-même, je n'ai pas été insensible à la crinière rousse et aux grands yeux verts), elle est prête à tout pour devenir l'épouse de l'Empereur, chose pourtant impensable pour une esclave.

En entrant plutôt dans la couche de l'Empereur Süleyman Ier que dans son bureau, Muhtesem Yüzyil affiche donc sa proximité avec les thématiques de The Tudors, auquel le spectateur occidental ne pourra pas ne pas penser. Mais la série a le bon goût (qui s'explique, là encore, probablement par sa cible) de ne pas en rajouter dans le sulfureux, sans pour autant jouer les prudes. C'est finalement plus sensuel qu'autre chose, comme résultat, notamment vers la fin du pilote quand Aleksandra fait ses premiers pas au harem avant de finalement rencontrer l'Empereur.
Il y a pourtant un peu de politique, car certains conseillers de Süleyman complottent dans leur coin, et qu'une partie, certes courte, mais intéressante, de l'intrigue, nous parle des rapports de l'Empire Ottoman avec la chrétienté (un passage que je n'ai pas compris s'est déroulé au Vatican, par exemple, d'ailleurs tourné en italien et doublé en turc, procédé intéressant).
C'est donc une histoire équilibrée qu'on a ici, ni totalement consacrée aux coucheries et complots à la cour, ni trop sérieuse comme souvent c'est ma crainte lorsqu'il s'agit de séries historiques. Les acteurs sont solides, pour ce que j'ai pu en voir ; notre Süleyman est un peu monolithique mais ça fait un peu partie de la fonction, quelque part, et puis quelque chose me dit qu'il ne restera pas longtemps insensible à Aleksandra (je triche, j'ai lu un peu plus que ce que l'épisode ne disait).

MuhtesemYuzyil_Allegeance
Côté production, si on sent bien qu'il n'y a pas les moyens de The Tudors, pour reprendre mon exemple, le résultat est TRES honnête. Costumes superbes, décors incroyables, et effets spéciaux presque irréprochables mais suffisamment rares pour ne pas entacher le résultat final... Muhtesem Yüzyil est une bonne surprise en ce qui me concerne. Si j'étais masochiste, j'irais regarder la suite, mais sans sous-titres faut rien exagérer ; cela dit, entre une certaine dose d'exotisme et des thèmes familiers parce qu'universels, j'aurais presque été tentée de poursuivre. Mais en tous cas, expérience positive à l'appui, je vais certainement continuer à fouiller par-là...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Muhtesem Yüzyil de SeriesLive.
Si parmi vous il y a des téléphages turcs qui se cachent, je refuse pas qu'on m'indique quelques autres titres.

Posté par ladyteruki à 23:02 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-12-10

Fight de Noël

L'après-Noël. L'heure du bilan, qu'on l'admette ou non.
A quel point cette année mes parents se sont-ils moqués de moi ?

On se souviendra par exemple de la déception qui avait suivi Noël 2008 lorsque mes parents n'avaient pas voulu m'offrir la 1e saison de Pushing Daisies en dépit d'une campagne pourtant soutenue. L'obstination s'était poursuivie l'année suivante avec mon anniversaire, lorsque la mascarade a pris des proportions épiques. Mes parents sont donc, c'est un fait établi, particulièrement mauvais avec les cadeaux. Ils se font une règle d'essayer de rendre l'échange de cadeau aussi désagréable et frustrant que possible.
Cette année ils avaient battu tous leurs records en ayant le culot de m'annoncer qu'il refusaient que sur ma liste figurent DVD, CD ou livres. Retenez bien cette instruction, elle aura son importance pour la suite de ce post.

Pas de DVD, CD ou livre ? Est-ce qu'on s'est déjà rencontrés ? On se connaît ou...? Je ne veux pas dire que je ne veux que ce genre de choses, mais le simple fait d'interdire leur présence sur une liste de Noël donne un goût sacrément amer dans la bouche : si un cadeau de Noël ne sert pas à faire plaisir aux gens qu'on est censés aimer, alors à quoi bon ? Aussi avais-je indiqué de façon très sèche : RIEN. Je ne veux rien. Si vous voulez à ce point éviter de me faire plaisir, alors économisez-vous quelques euros, ne m'achetez rien.
"Les gens qui veulent me faire plaisir n'ont pas besoin de liste, et ceux qui ne veulent pas me faire plaisir n'ont pas besoin de m'offrir quelque chose", avais-je en substance indiqué dans un SMS cassant.

Mais pour mes parents, ne rien offrir était un aveu d'échec. Il ne serait pas dit qu'ils seraient ceux qui n'offriraient rien. Mais cette fois, ils étaient seuls sur ce coup, pas de liste sur laquelle s'appuyer... le bras de fer pouvait commencer.

Alors, voici comment les choses ont fini hier soir :
- de ma sœur et mon beau-frère, une énorme boîte de pain d'épices au chocolat et la saison 3 des Tudors
Verdict : sans faute. Et sans liste.
- de mes parents... suspense... un livre !
Mais attention, pas n'importe quel livre ! Un livre qui ferait plaisir à tout le monde par les temps qui courent... sauf moi.

WolfsbaneandMistletoe

Et non contents de m'offrir le truc le plus bateau au monde, ils m'ont offert un truc qui parle de dents.
J'attire tout particulièrement votre attention sur le petit sticker qui prouve combien ils me connaissent bien :

Sookie

Voyant bien qu'ils avaient largement perdu la partie à Noël, ma mère m'a demandé une liste pour mon anniversaire... et j'ai le droit d'y inclure des DVD, CD et livres, vraiment, ce que je veux...
Ça va saigner : j'ai commandé ceci. Et. C'est. Tout.

Bilan du retour de la vengeance dans très exactement un mois !

Posté par ladyteruki à 15:04 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


23-05-10

Rituels

C'est tellement ridicule que j'hésite à en faire un post ; mais je me demandais si j'étais la seule à avoir une sorte de rituels devant certains génériques ?

L'une des raisons pour lesquelles on aime qu'une série qu'on regarde ait un générique (ou un truc équivalent qui fasse illusion pendant une dizaine de secondes), c'est parce que c'est en quelque sorte le comble du comble téléphagique : regarder une série, de par sa récurrence semaine après semaine sur nos écrans, crée un lien affectif, et retrouver un générique semaine après semaine renforce ce lien affectif. C'est encore plus familier que les personnages, parce que les personnages ne font pas la même chose d'un épisode à un autre, alors que le générique est le même (sauf cas particulier comme Weeds).

Le moment du générique, c'est le moment où l'on est certain d'être là où on devrait être, le cérémonial de retrouvailles par excellence. Ça et, quand on a de la chance, de la musique sympa et de jolies images. Le générique d'une série, c'est cet instant de communion avec l'univers que vous êtes venu chercher, le moment où la téléphagie s'exprime pleinement, le sentiment à la fois de confort (c'est ma série !) et d'excitation (que réserve ce nouvel épisode ?) à son maximum.

Et donc, personnellement, devant certains d'entre eux, j'ai tendance à développer des petits rituels, que j'aime la série ou non, c'est plutôt la force de l'habitude couplée avec un thème musical qui s'y prête plus ou moins. Par exemple :
- applaudir pendant le générique de Friends
- taper des mains pendant le générique de Fraggle Rock ou Green Acres
- lancer "bang" à la fin du générique de The Big Bang Theory
- scander "come on, come on" pendant le générique de Rescue Me
- et, depuis quelques jours, claquer des doigts à la fin du générique de 30 Rock
Ce qui en soi n'est pas dramatique pour beaucoup vu que la série est finie, sauf que j'ai une playlist de génériques que je joue régulièrement...

Il ne s'agit pas de chanter le générique en chœur (comme je le fais par exemple pour Une Nounou d'Enfer ; il faut quelques années de pratique pour parvenir à ce résultat, ne le faites pas sans la présence d'un adulte pour vous superviser), y compris quand il n'a pas de paroles (je ne vous raconte pas le nombre de fois où j'ai fait des vocalises plus ou moins tolérables devant Invasion Planète Terre, Battlestar Galactica ou The Tudors...) mais d'avoir un petit signal que je fais sans même m'en rendre compte, épisode après épisode, toujours au même moment et sans raison apparente.

Plus généralement, il m'est arrivé très souvent de m'apercevoir que, pendant que défile le générique que, pour des raisons évidentes, jamais je n'aurais l'idée de regarder en avance rapide, je fais la même moue qu'un personnage, ou le même geste, de façon synchronisée. Je faisais ça déjà quand je regardais MacGyver étant gamine, alors ça ne pouvait pas s'arranger...

C'est que le générique est tellement devenu un rituel qu'on connait sur le bout des doigts, et la playlist n'aide pas évidemment, qu'on finit par se l'approprier totalement. Et que, d'une certaine façon, ces petites habitudes ridicules (que je ne fais presque pas lorsque je ne regarde pas les séries concernées en compagnie d'autres spectateurs... hélas pour ma dignité, j'ai dit "presque") nous permettent de reconnecter les liens qui s'étaient légèrement distendus entre deux épisodes.
Le générique, c'est vraiment un cérémonial à part entière, et pas juste une video qui permet à la série de tout de suite donner le ton sur son univers, ou une carte de visite. C'est l'équivalent téléphagique de "eh, comment tu vas, je suis trop content(e) de te retrouver !".

Alors, juste pour savoir si je dois me faire enfermer, je suis la seule à avoir ces petits rituels, ou pas ?

RituelsPaiens
Je viens de réaliser que je n'ai jamais posté ce générique. Stupeur.

Posté par ladyteruki à 23:12 - Médicament générique - Permalien [#]

29-01-10

Du sang et des larmes

Pour rendre une fiction historique accessible, il vous faut :
- plein de beaux jeunes hommes
- 10kg de muscles à chaque bras
- des costumes bien tape-à-l'œil
- un budget décor d'une somme indécente
- surtout pas trop de tissus
- quelques visages connus au second plan

Après Rome et The Tudors, on n'arrête pas le progrès, voici que Starz lance Spartacus: Blood and Sand. Entre parenthèses voilà une chaîne qu'il faut vraiment surveiller du coin de l'œil, qui semble mettre les bouchées doubles depuis quelques temps, bien qu'avec des effets très variables.
Si vous pensiez que déjà The Tudors usait un peu de facilité pour appâter le chaland, vous n'avez sans doute rien vu. La promesse que fait Spartacus, c'est vraiment les jeux du cirque version télé : un réjouissement populaire le plus primal possible, avec des pectoraux où que le regard se pose, des jeunes gens qui transpirent très beaucoup, et des histoires de coucheries. Pour faire plus sérieux, on aura sans doute quelques références à l'histoire antique, enfin, tant que ça ne gêne pas trop aux entournures, bref, c'est très basique.

Je m'émouvais que certains genres soient moribonds à la télévision. Le péplum semble bomber le torse ces dernières années au contraire (sans doute pour suivre son vague revival au cinéma). Je ne sais pas encore si c'est une bonne nouvelle mais comme pour tout courant prenant de l'ampleur, on va assister aussi bien à la création de bonnes choses (Rome) que de plus triviales (Spartacus), et il faudra faire le tri. Mais si j'ajoute aussi la mini-série Empire, je trouve que le genre a quand même une présence régulière dans les grilles, même si c'est à court terme.

D'une façon plus générale, cela encourage les fictions historiques à sortir des stéréotypes guindés des décennies précédentes, pour s'essayer à plus de modernité dans le ton. Parfois ça donne un résultat un peu trop "tout public" au goût de certains, mais on sent que le genre fait des efforts. Ses auteurs se donnent du mal pour ne pas juste refaire un vieux truc avec des acteurs d'aujourd'hui. En fait, outre-Atlantique, on parvient à faire ce qu'Un Village Français n'a pas réussi à accomplir : revisiter une période dont on a l'impression que l'industrie audiovisuelle a fait le tour cent fois, avec un ton personnel.
Alors évidemment, il y a à prendre et à jeter, mais au moins on a quand même des opportunités, c'est plus que pour bien d'autres genres.

Personnellement, cette façon un peu fanservice d'envisager le péplum, ça ne me dit rien sur le papier. Évidemment, il faudra voir ce que ça donne. Mais une fois de plus, l'originalité vient du câble, alors que pourtant on ne peut pas dire que les moyens y soient pharaoniques. Enfin, romains, pour le coup. Et pourtant, tout ça a forcément un coût supérieur à la plupart des fictions lambda pouvant être tournées à peu près n'importe où et dans n'importe quelles fringues, pour commencer. Et puis, ne serait-ce qu'en huiles de massage pour faire saillir les muscles, ça doit coûter bonbon. Mais le câble ne s'en laisse pas compter, et nous propose du choix. Sur les networks, c'est steak frites ou salade. Sur le câble, le menu est complet (et le steak est  garanti pur muscle, donc).

Alors, j'ai vraiment essayé. Je voulais vraiment donner sa chance à Spartacus: Blood and Sand, je le jure. Hélas cent fois hélas, le post que vous êtes en train de lire ne concernera que les 12 premières minutes du pilote, conformément à l'adage téléphagique qui dit que la curiosité s'arrête là où commence le masochisme.
Spartacus: Blood and Sand m'a agacée. Pire, il m'a déçue, puisque j'avais essayé d'en attendre un petit quelque chose. Comme quoi, il faut toujours croire en son instinct.

Des 12 premières minutes de Spartacus, voilà donc la review...

Spartacucul

Tout commence par un combat dans une arène, auquel celui qui sera le héros de notre aventure assiste depuis les souterrains de l'arène. On sait que c'est le héros parce qu'il a l'air tout chafouin et tristoune. Il n'a donc de ce spectacle que la version audio, et sincèrement, il ne perd pas au change. Le combat qui fait rage est en effet un festival d'effets de ralenti, d'éclaboussures ajoutées numériquement, et de décors qui, de façon ostensible, n'existent pas.
Ah, quelqu'un a un nouvel ordinateur avec lequel jouer !

Dans ses catacombes, notre bonhomme nous fait une scène d'angoisse : il vient de réaliser qu'il joue dans un navet. On le comprend. On compatit.
Et ça va empirer très vite.

Flashback : notre pauvre ange de robuste douceur aux yeux bleus (syndrome The Listener, quasiment) se souvient des jours heureux, au pays, du temps béni où il déclarait la guerre aux barbares plus moches et plus sales que lui (c'est dire). A l'époque il pouvait se taper sa femme quand il le voulait, ah c'était le bon temps, surtout qu'elle était un peu la femme idéale : toujours partante pour le sexe, dotée d'un certain sens de l'initiative... mais pas trop de caractère non plus. Et une cuisse ferme comme tout - mais on y reviendra.

Notre barbare s'apprête donc à aller guerroyer, et je crois que le summum du cliché a été atteint lorsque, après qu'une nuit de folle passion ait été consommée en guise de torrides adieux (j'ai tiré cette phrase d'un Harlequin), il va trouver son épouse au petit matin sur une colline voisine, parce qu'elle est anxieuse à propos de la guerre.
Vu que d'une part, on a déjà vu le petit barbare aux yeux tendres dans l'arène (saloperie de flashback, serais-tu devenu l'ennemi juré de tous les pilotes qui se respectent ?!), et que d'autre part, on sait pertinemment que sinon il n'y a pas d'histoire, il semble assez évident que notre chevelu héros ne va pas rentrer au bercail de si tôt. Son destin est scellé lorsqu'il noue un ruban crasseux autour de la cuisse impeccablement photoshoppée de sa mie afin qu'elle garde toujours sur elle l'odeur de son rustre de mari (ô joie, rappelons qu'on est en 400 avant l'invention du savon).

Mais si cette scène est aussi atroce, ce n'est pas seulement en raison de sa mièvrerie over the top, mais aussi à cause du décor lui-même. Tourné sur fond vert (ou bleu, on s'en fout), il est la preuve insolent que, non, tout le monde ne peut pas accomplir des miracles avec un petit budget. Écoutez, c'est bien simple : le décor flotte. Je ne sais pas pour vous mais j'en avais le mal de mer. C'est extrêmement contrariant parce qu'au bout de quelques secondes de nausée, on ne voit plus que ça. Un problème qui, bien que récurrent dans les quelques minutes que j'ai regardées, est des plus criants dans cette scène.

Mes phalanges enfoncées dans la souris, j'ai réprimé l'envie de tout arrêter à ce moment.
Rétrospectivement, j'aurais sans doute mieux fait.

Arrive donc une scène de baston, diantre, c'est déjà la deuxième en moins de 10 minutes, avec plein de slow motion qui gicle de partout, un vrai carnage ! A la suite de quoi on se retrouve, tenez-vous bien, avec une troisième scène de baston, largement moins épique je vous l'accorde, où notre barbare aux yeux bleus défend l'honneur de sa femme (comme il a été mentionné plus tôt par ses soins que les femmes de son village se faisaient régulièrement violer, il ne doit pas en rester grand'chose, mais bon).

Et c'est là que la conclusion s'est imposée à moi. Spartacus: Blood and Sand a été écrite pendant la grève des scénaristes ; par des geeks, d'après ce que je me suis laissé dire.
J'ai donc arrêté les frais, stoppé le pilote, et fait quelque chose qui ne s'était pas produit depuis Tokyo DOGS : j'ai décidé de laisser tomber définitivement. Et puis j'ai lancé un épisode de Rescue Me, et tout de suite, ça allait mieux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (bof, culture, culture...) : la fiche Spartacus: Blood and Sand de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-11-09

Un épisode vous manque, et votre canapé est dépeuplé

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de dorama que je vais vous entretenir. Cachez votre déception.
Il faut dire que le post de mercredi sur My Tele is Rich m'a un peu foutu le cafard (j'en profite pour glisser un lien vers ce blog encore jeune, mais déjà nécessaire). Non pour la crise de foi en elle-même, mais pour la mention faite à Flash Forward, abandonnée dés son automnale nouveauté.

Depuis l'apparition du pilote dans ces colonnes, je n'ai eu de cesse d'aller dire à qui voulait l'entendre que Flash Forward, ce n'est pas aussi décevant (pour ceux qui en attendaient quelque chose) qu'on veut bien le dire. Qu'il faut donner une chance à cette série, surtout qu'on est certains qu'elle a tout le temps qu'elle veut pour aller jusqu'au bout de son concept.

Pourtant, à la vérité, je n'ai regardé que 3 épisodes de Flash Forward, et je ne me presse pas tellement pour en regarder d'autres. Je les cagoule, mais je n'y touche pas.
Et ma fringale nippone n'a que très peu de rapport avec cet état de fait, ne désignons pas les faux coupables.

Le post de My Tele is Rich sus-cité m'a fait prendre conscience, moi aussi, que cela m'arrivait avec de plus en plus de séries : ne pas poursuivre l'aventure. Alors que, soyons clairs, je le pourrais. Mais il y a toujours un petit grain de sable qui grippe la machine pour une raison bête. Quelques exemples :
- Flash Forward : je faisais partie des enthousiastes, après le pilote. On aurait presque pu penser que c'était la série que j'avais le moins détestée en cette rentrée, entre ma passion pour Joe Fiennes, les quelques personnages vraiment touchants, les petites énigmes posées par les flash forwards... Et pourtant, un jour, j'ai cagoulé le 4e épisode, je l'ai rangé dans le bon dossier, et je n'y ai plus jamais retouché. Pire, il a été très vite rejoint par l'épisode suivant. Je ne suis même pas fâchée, ni rien ! C'est juste comme ça.
- Sons of Anarchy : c'est à n'y rien comprendre, avec cette série. Lorsque le pilote était sorti il y a des mois de ça, j'étais ravie (sans trop savoir pourquoi). Je me léchais les babines en me disant que j'allais adorer. J'avais découpé le générique avec empressement (voir les tags), m'en était régalée, et me réjouissais de me bloquer un moment pour attaquer le pilote. Puis, plus rien. Mais rien de rien. Pendant des mois. Quand enfin M6 m'a prise par la peau du... cou pour m'y mettre, effectivement, le pilote, et les épisodes suivants, m'ont plu. Mais absentez-vous un vendredi soir, et tout bascule. Je n'ai pas cherché à rattraper mon retard (j'ai du mal à cagouler quelque chose que j'ai commencé à suivre à la télé, j'avoue), et je ne pense pas m'y remettre. Désormais tous mes espoirs sont dans le DVD...
- Dexter : de pire en pire, ces exemples. C'en est déprimant. J'étais super enthousiaste sur Dexter au début. Encore une rencontre donc ce blog a été témoin. Et puis plus rien. Pour une raison des plus mauvaises (hélas), j'avais arrêté. Mais, aha ! Je me suis procurée le DVD en import belge, et j'étais repartie de plus belle. Patatras, voilà que se déclare mon aversion pour les coffrets qu'on finit sans avoir une autre saison à dévorer, et j'ai arrêté, à quelques mètres de la ligne d'arrivée de la saison 1. Au début ça m'agaçait. J'en parlais. Aujourd'hui plus du tout. La saison 2 ? Oui, oh, un jour, ça viendra forcément.

Telephanarchy

Ce ne sont que trois des nombreux exemples d'abandons malheureux que j'ai expérimentés ces trois ou peut-être quatre dernières saisons. Il y a évidemment une constellation de raisons à cela : ma passion pour les pilotes, mon envie de découvertes incessantes, mes fringales ponctuelles (deux saisons de The Tudors ici, une intégrale de Reba par-là...), ma tendresse envers les séries plus vieilles que moi (faut vraiment que je me bloque un moment pour vous parler de That Girl), et évidemment, mon engagement chaque fois plus intense sur la voie du dorama asiatique (parce que si vous croyez que je ne regarde que ce dont je vous parle ici...!).
Mais il y a aussi des raisons plus étranges. Dés qu'un petit quelque chose dse passe (ne pas être le vendredi devant la télé, ne pas avoir le DVD, cagouler l'épisode avec 48h de retard sur sa publication), l'envie s'est envolée.

C'est assez effrayant. Et le post de My Tele is Rich a réveillé ces inquiétude. Je n'ai, au fond, rien contre ces séries. Vraiment rien. Mais c'est comme si leur heure était passée. C'est en fait le plus triste de l'histoire : je les aime bien, mais elles ne me manquent pas. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la téléphagie...

Posté par ladyteruki à 17:27 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

23-10-09

Le bon roi Tsunayoshi n'avait pas mis sa culotte à l'envers

On parlait de séries historiques... mais ce weekend, Tenchijin n'a pas été ma seule série en costumes. D'ailleurs c'était intéressant de comparer les deux (quand mon cerveau fatigué ne les mélangeait pas, les décors étant, il faut le dire, parfaitement semblables).

Ooku, car c'est de cette série qu'il s'agit, a une longue histoire de présence à l'écran qui remonte à la fin des années 60. Vous comprendrez donc que je n'aie pu découvrir que la 5e et (actuelle) dernière saison. Le concept de la série (qui comme beaucoup de dorama à multiples saisons au Japon, ressemble plus à une franchise) est de se pencher uniquement sur la vie de palais de l'ère Tokugawa, pendant plusieurs périodes de cette époque. Plutôt que d'aborder les éternelles guerres, les conquêtes, etc... Ooku se préoccupe donc des intrigues de cour. Mais sans claustrophobie.

La saison 5 que j'ai donc découverte a pour sujet la cour de Tsunayoshi, un puissant qui n'est pas impuissant, si vous voyez ce que je veux dire. Ses appétits sexuels n'ont rien à envier à ceux de ce bon Henri VIII, de deux siècles son aîné, et comme lui, ce chaud lapin tire dans tous les coins de son palais, et au-delà. En plus d'une épouse (qui ne lui fait pas tellement usage si ce n'est à des fins de représentation), il a également une maîtresse officielle qui lui a donné un héritier (ne vous excitez pas, cette saison d'Ooku est de deux ans antérieure à The Tudors). Et puis, quand il se déplace chez ses vassaux, ils aime bien goûter aux spécialités locales, aussi.

Pendant que l'épouse bafouée au vu et au su de tous est amenée à fermer les yeux devant tous ces batifolages, la concubine et la mère du shogun Tsunayoshi sécurisent l'avenir du rejeton royal, et le roi continue de butiner un peu partout l'air de s'en battre le coquillard comme jamais.

Mais bien des choses vont changer au ooku, lorsque le roi commence à aller rendre visite à l'un de ses vassaux les plus soumis, Makino, au prétexte d'aller y jouer du no (elle a bon dos la culture...). Le soir venu, aaaaah, c'est pas tout ça mais j'irais bien me coucher, oui seigneur, vous prendrez bien une courtisane à emporter, le maître de maison présente donc au prince les plus belles filles de la région ; mais sa majesté n'ayant jamais réussi à la monter et la trouvant encore fraîche, il préfère plutôt l'épouse de son hôte Makino, pas tellement consentante donc qu'il viole séance tenante, là, comme ça ce qui est fait n'est plus à faire. Mais bon, comme le gars, il est un peu shogun si vous voulez, on ne peut rien lui dire, sauf si on a envie de voir sa tête séparée de son corps par une lame trop habile.

Alors, chaque fois que, poussé la passion du théâtre, le souverain pointe son... hm... nez, dans la demeure de Makino, l'épouse de celui-ci doit se plier à son caprice, contente ou pas c'est le même tarif. Sauf que l'humiliation la conduit finalement à se suicider. Notre shogun pas traumatisé pour un sou opte alors pour la solution de secours, et commence à faire de l'œil à la fille de Makino (moi je dis ya un truc freudien là-dessous), mais qu'est-ce qu'ils ont dans cette famille de si érotique ? Makino, tout vassal docile qu'il soit, a quand même un problème avec 1/ le fait que le shogun ait sauté sa femme 2/ le fait que sa femme se soit tuée à cause de lui 3/ un point de détail : sa fille est déjà mariée. Mais Tsunayoshi est d'une implacable logique : suffit qu'elle divorce. Pas con en effet, zut de zut. "Tiens pis, l'a qu'à venir vivre au ooku, pendant que j'y pense", ajoute le bon seigneur qui a de la suite dans les idées. On se doute qu'au bout d'un moment, le kilométrage juste pour s'envoyer en l'air, ça commençait à lui courir sur l'azuki.

Mais tout l'intérêt d'Ooku, c'est que la douce fille a comme des envies de vengeances maintenant qu'on a provoqué la mort de sa mère, le déshonneur de son père et accessoirement le divorce d'avec l'homme qu'elle aimait.

Voilà, Ooku c'est tout ça (et un peu plus), et franchement, avec les mêmes costumes et les mêmes décors que Tenchijin, on est dans une toute autre approche de la série historique, quand même. Le cast à majorité féminine, la lutte des classes, les intrigues de cour, les vengeances, les amours... on est dans quelque chose de plus romancé, plus proche, de la série dramatique que de la série purement historique. Limite soap. Et franchement c'est jouissif. Si j'arrive à mettre la main dessus, j'avoue que je ne serais pas contre l'idée de finir la saison. Voire, soyons fou, en aborder une autre si elle est du même acabit.
Oui, moi, la fille qui n'aime pas les fictions qui se passent dans le passé. C'est vous dire à quel point je me suis amusée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ooku de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:04 - Dorama Chick - Permalien [#]

21-10-09

Samurai no Waltz

Mais où étiez-vous passés ? Je vous ai dit que je voulais vous raconter mon weekend téléphagique, et vous, vous partez avant la fin ? Ah bah bravo la curiosité, hein !
Surtout qu'en vous parlant de Tenchijin comme je m'apprête à le faire, je vais aborder un nouveau genre télévisuel, aussi bien pour vous que pour moi : le jidaigeki (et plus précisément son cas particulier le taiga).

Tenchijin

Je dois dire que, jusqu'à présent, j'entretenais une relation à la fois de fascination et de méfiance vis-à-vis des séries en costumes made in Japan. Pour ce qui est de la méfiance, elle est à mettre au compte de mon aversion pour les séries historiques en général, quelle que soit leur provenance, The Tudors (et dans une moindre mesure Rome) m'ayant sortie de ma démarche habituelle, qui consistait à voir qu'il y avait une série historique, à constater qu'elle avait l'air très bien foutue, et à faire un détour scrupuleux pour l'éviter soigneusement.
Pour ce qui est de la fascination, elle est le cas particulier de mon admiration envers la capacité qu'on les Japonais à mettre leur passé au présent. Littérature, musique, télévision... ils cultivent leur culture en plus de leur capacité à piocher dans celle des autres pour souvent panacher le tout, et ça ne les choque pas d'utiliser des trucs qui ont des siècles pour divertir le public (tous les publics, d'ailleurs) aujourd'hui. Je prends toujours un exemple musical pour expliquer l'objet de mon enthousiasme à ce sujet. Prenez une chanson récente... mettons, Starlight Waltz. On y trouve 2 DJ electro, une chanteuse de bossa nova, et des arrangements à grand renfort de folklore d'Okinawa. C'est magique ! Si, absolument, c'est magique et je le prouve : c'était quand la dernière fois qu'un artiste français s'est pris à mixer des musiques actuelles avec des airs de bourrée ou avec des gros morceaux de biniou dedans ? CQFD. En France, notre patrimoine historique ne fait ses apparitions dans les sphères télévisuelle ou musicale que lorsqu'on veut brandir l'étendard de la culture. Mais dans la popculture, point, et le divertissement encore moins.

Et Tenchijin ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas un casting de vieux croûtons ou d'acteurs sur le retour qu'on y trouve : Satoshi Tsumabuki (Orange Days, Lunch no Joou), Hiroshi Abe (Shiroi Haru), Misako Tanaka (14 Sai no Haha, Aishiteru ~Kaiyou~)... il ya du beau monde, de l'acteur aimé, de l'acteur primé. Bref, quand la NHK a lancé ce projet, elle n'a pas fait ses petites affaires dans son coin pour fournir à trois mémés leur lot de dorama historique habituel, non, la chaîne à pensé à tout le monde, parce que la série historique, ça ne doit jamais être barbant, sinon on a manqué son objectif. Bah désolée, moi, ce genre de démarches, ça me fait palpiter le cœur. Et pendant ce temps, d'aucuns se gargarisent d'exception culturelle...

Alors, bon, après, sortie de ses bonnes intentions, Tenchijin reste (du moins je l'imagine, c'était ma première série du genre) assez conventionnelle. Mais cependant, pas chiante. Bon, juste un peu longue... le pilote d'1h15, personnellement je l'ai senti passer (pis ma cagoule aussi parce que punaise, à 1,35 Go la bestiole...). Je vous trompe pas sur la marchandise, vous voyez.
Mais pas un instant je n'ai eu d'envie suicidaire. Beaucoup des acteurs sont bons (les Japonais ont juste un problème récurrent avec leurs enfants-acteurs, je pense que ce fait est dû à la nature-même de leur industrie télévisuelle, mais en-dehors de ça rien à redire), ce n'était pas filmé à la va-vite, les costumes sont ce qu'on en attend, bref, c'est de la bonne fresque historique.

Et puis, en dépit de son conventionnalisme, Tenchijin reste divertissant, et c'est ce que j'ai envie de considérer comme essentiel. Exacte ou pas sur la réalité historique (et personnellement je considère que ce n'est pas un prérequis), la série présente des personnages solides, je pense par exemple à celui de Hiroshi Abe qui tient très bien la route : c'est un homme de son temps, guerrier et un peu ombrageux, mais en même temps un homme avec des principes et une certaine rigueur morale. La série retraçant son histoire, on s'attend aussi à ce que le personnage du samurai Naoe prenne de la profondeur avec le temps, puisque la série commence alors que le personnage a 5 ans, et que son initiation aux règles de vie des samurai va se faire en parallèle de la construction de son amitié avec son jeune maître.

Tenchijin, avec son cast impressionnant (help ! par où commencer ?), son ambition de retracer plusieurs décennies de la vie de son samurai de héros, et sa distance (car cela reste factuel, on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ni grandir un personnage), est la définition-même de la fresque historique télévisuelle.
Je soupçonne qu'il y en ait eu d'autres aussi bonnes avant.
Mais j'ai tendance à penser que ça mérite tout de même 1h15 d'attention, quitte, comme j'ai choisi de le faire, à ne pas y consacrer plus de temps ensuite ; il faut dire que 47 épisodes, c'est beaucoup pour l'allergique à la fiction historique que je continue d'être. Mais vous le voyez, je me soigne.

Et pour ceux qui manquent cruellement d'hommes aux cheveux longs : la fiche Tenchijin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Dorama Chick - Permalien [#]


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