ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17 septembre 2011

How does that make you feel ?

Même quand aucun pilote n'a été diffusé dans les 12 dernières heures, j'arrive encore à trouver des sujets de conversation, et pas uniquement parce que je repousse les posts sur Whitney et Free Agents (US), puisque sauf erreur de ma part ce sont les deux pilotes déjà sortis que je n'ai pas encore traités ici. C'est que, la rentrée, ça ne se passe pas seulement aux USA, après tout ! Et au Canada, une très sympathique dramédie vient de faire ses débuts, alors avant de m'attaquer à Whitney... je veux dire, au post sur Whitney, mon clavier a fourché... je vais faire un détour par nos amis de CBC.

Il y au un truc qui en comédie, est hyper risqué, c'est la thérapie (et l'échec qualitatif, à mes yeux en tous cas, de Web Therapy ou Head Case en est la preuve, sans compter qu'en dehors du cast de la série, encore que, je dois être la seule à me souvenir du pilote de The Trouble with Normal). Parce que c'est limite trop facile de rire de gens étiquetés dés le départ comme "fous" d'une part, et parce que, dés qu'on touche à un truc un chouilla sensible, bah on n'a plus envie d'en rire, aussi. Pourtant Michael: Tuesdays and Thursdays y parvient avec beaucoup de talent, sans doute parce que c'est une dramédie et donc qu'elle s'autorise des moments moins tournés vers l'hilarité.

MichaelTuesdaysandThursdays

Si la scène d'intro nous montre une jolie séance de thérapie à la fois drôle et touchante, le générique nous met toutefois immédiatement au parfum : la série est focalisée sur le point de vue du psy. Cela nous permet de voir toutes les sances, le mardi et le jeudi donc ; et puis on voit aussi tout le reste, et notamment la raison pour laquelle il travaille pendant 15 ans avec Michael un homme atteint d'une névrose effectivement bien ancrée. Car notre psy, David, ambitionne d'écrire un "self-help book" en se basant sur les méthodes qu'il expérimente sur Michael, et qui relèvent autant de la parole que d'exercices pratiques sur le terrain (ce qui d'ailleurs nous donne une très jolie scène). Sauf que naturellement, Michael n'est pas au courant, lui essaye simplement d'avancer et de gérer une névrose qui s'avère parfois quasiment handicapante.

Patient et composé devant Michael, David nous révèle également, hors-séance, des fragilités qui nous seraient invisibles sinon. Et là on est dans une méthode assez intéressante, qui n'est pas sans rappeler celle employée par In Treatment : le faire parler à un tiers. Ce tiers, ce ne sera pas son propre thérapeute mais son éditrice, une femme qui elle aussi n'est pas complètement nette (mais en fait, tout le monde dans l'univers de Michael: Tuesdays and Thursdays est un peu barré et d'ailleurs ça fait bien plaisir qu'il n'y ait pas de personnage pour se poser en repère de la "normalité") qui veut absolument qu'il lui parle de lui, de choses persos, et soyons honnêtes on n'est pas très surpris de voir la réaction de David au bout de plusieurs tentatives de son éditrice pour le faire causer.

Comme la directrice de la maison d'édition l'indique à David (celui-ci essayant de tourner son livre en un journal de son expérience avec Michael, ce qui n'est pas le deal de départ) : il ne vaut que grâce aux étrangetés de Michael. C'est vrai narrativement aussi car c'est dans les scènes avec Michael qu'il y a le plus d'intérêt, de par les échanges, souvent rapides et assez bien sentis, Michael n'étant pas du tout contrôlé par son psy, auquel il rabattra le caquet à un moment avec plus d'assurance qu'on ne l'aurait cru capable de produire.
Pourtant, le voir patauger gentillement dans sa vie perso (rien qui fasse de lui un cas pour la science) permet à David de devenir plus appréciable pour le spectateur. En chroniquant ainsi ses préoccupations, assez terre-à-terre finalement, on lui ajoute une dimension nécessaire et en même temps on relativise les échanges avec Michael. Je crois que c'est la première fois devant une série avec un psy que je me dis sincèrement que le psy devrait aussi expérimenter certains de ses conseils sur lui-même !

Ce qui est intéressant, enfin, dans Michael: Tuesdays and Thursdays, c'est la relation qui se développe entre les deux hommes, et qui en fait ne date pas du pilote : David vient parfois aider Michael quand l'une de ses névroses l'empêche d'avancer dans la vie, se comportant alors plus comme un ami. Mais David a aussi besoin du regard de Michael, et s'attache à lui un peu comme à un enfant. J'avoue que j'imagine déjà ce que ça donnera quand ces deux-là devront cesser les séances (après tout, au départ, David avait proposé à Michael de travailler avec lui 15 ans, et là on y est). L'air de rien, dans la vie de David, la seule constante actuellement, c'est la venue de Michael deux fois par semaine. Il est en train de lui apprendre à être indépendant mais je ne sais pas à quel point lui peut se passer de son "patient", plutôt son protégé.
Michael commence d'ailleurs à se demander combien de temps durera cette thérapie, signe en général que l'oiseau n'est pas loin de quitter le nid. Ce sera une déchirure à la fois touchante et avec un grand potentiel humoristique, en tous cas gauche, maladroit et embarrassant, ce qui est le style d'humour choisi par la série.

Personnellement, Michael: Tuesdays and Thursdays est une comédie qu'effectivement j'apprécierais bien de voir le mardi ET le jeudi ; mais il faudra se contenter d'un épisode par semaine...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... euh... nan mais j'ai pas fini mon déménagement je vous ferai dire.

Posté par ladyteruki à 21:44 - Telephage-o-thèque - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 décembre 2010

Communauté de pas bien

Ça va, ça va. Je m'y mets. Pas la peine de devenir désagréable. C'est toujours pareil avec les reviews de séries qui franchement m'ennuient : je reporte, je reporte, et puis au final il faut m'engueuler pour que je m'y mette. C'est pas comme quand j'ai de la matière pour faire un truc vraiment méchant, ou au contraire quand j'ai un coup de cœur. Non, quand je m'emmerde, bah j'y peux rien, je traine en chemin.
Ça me rappelle un peu l'époque où j'avais des devoirs à faire. Dieu merci aujourd'hui, j'ai un travail qui me libère de ce genre d-... ah, non, tiens.

Ouais, alors donc, voilà : j'ai fini par regarder le pilote de Community. Encore.
La tonalité de cette intro devrait vous avoir donné une bonne idée de mon ressenti, mais non, je vais en rajouter une couche. Parce que maintenant que je m'y suis mise, à ce post, vous allez avoir droit à la totale. Nan mais.

Community

Rappelez-moi pourquoi j'ai regardé Community, déjà ? Ah oui. Parce que la majorité d'entre vous (mais pas tous, et je dois dire que ça me rassure) me l'aviez recommandé. C'est quand même la base du principe de la rubrique, et disons que globalement, si ya des réactions pour, j'ai tendance à les suivre, partant du principe que si vous avez daigné poster un commentaire, contrairement à vos habitudes (ahem), c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Si vous trouvez que c'est un raisonnement pervers c'est très simple, il suffit de commenter sous d'autres posts que ceux de la rubrique La une est à VOUS.

Le problème, c'est que, vous voyez, j'ai vu ce pilote il y a quelques semaines à peine (une fringale de Doctor Who est passée par là avec une intégrale, puis repartie, bref il y a un mois, même pas), et que je l'ai déjà oublié. C'est vraiment symptomatique d'un problème, en ce qui me concerne, parce que je rappelle quand même l'air de rien que je suis capable de vous résumer quasiment scène par scène des pilotes absolument anonymes du genre de The Trouble with Normal des années après, et en n'ayant vu l'épisode concerné qu'une fois (et même de me souvenir d'une tirade ou deux, mais je triche, relire le cahier vert de temps à autres doit quand même aider sur ce dernier point), alors que Community, regardé deux fois depuis sa diffusion, dont une ya un mois, eh bah je suis infoutue de me rappeler de quoi que ce soit.

Si ce n'est ceci : les personnages me font légèrement braire. Le stéréotype m'use juste un tantinet. Il y a légèrement foutage de gueule, et ce n'est même plus tout-à-fait vraiment drôle.
J'essaye d'euphémiser la violence de mon ennui total devant ce recyclage, je sais pas si ça marche, vous me direz.
C'est épuisant de voir, encore et encore, les mêmes choses revenir. Je me souviens d'ailleurs que ma source d'énervement numéro un pendant la rentrée de la saison 2009-2010, c'était justement que ma résistance au stéréotype s'était largement amenuisée, voire atteint un record d'inexistence

Le problème, en fin de compte, c'est que Community revêt tellement peu d'intérêt, semble n'avoir aucune caractéristique particulière, que ça me met de mauvaise humeur de ne rien ressentir devant le pilote.
Je veux bien ressentir de la colère parce que le scénario est bidon, ou les personnages incroyablement outranciers, ou parce que les gags sont miteux. Je l'ai ressenti avant et je le ressentirai encore, je pense, pendant les saisons à venir, chaque fois qu'une série sera franchement médiocre, de la même façon que je ressens cette même colère chaque fois que la CW sort une nouvelle série (c'était gratuit, j'avoue). Mais quand je m'ennuie, c'est encore plus insupportable que quand une série fait insulte à mon intelligence. L'ennui, c'est résolument le pire. Avec les vampires.

Certes, c'est mon ressenti au vu de ce seul pilote, j'en conviens. Mais ne revenons pas sur l'éternel débat des vertus de la patience en téléphagie, il me semble avoir déjà plusieurs fois expliqué mes arguments, qui tiennent finalement en une maxime, à bien y réfléchir : je veux bien persévérer, mais encore faut-il que j'entrevoie du potentiel à le faire. Or, là, nenni. Je veux bien me forcer devant un Doctor Who, l'expérience a prouvé que j'y avais vu des points positifs et que donc ça ne m'a demandé, finalement, qu'un peu d'effort. Mais si je dois me forcer à continuer un peu Community alors que je traine lamentablement les pieds rien que pour en faire un post, et que j'ai toutes les peines du monde à me rappeler d'un seul gag, d'une seule tirade, d'une seule scène (bon, si, ya un moment où ils sont dans la bibliothèque, mais alors ce qu'ils s'y disent et ce qu'ils y font...?), c'est quand même la limite de ma bonne volonté.

Je ne dis pas que Community est une mauvaise série. Je m'en garderais bien, vu que je suis incapable de me souvenir du pilote après l'avoir vu deux fois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Community de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:57 - Telephage-o-thèque - Commentaires [4] - Permalien [#]

29 septembre 2010

Annulations : une rétrospective

C'est cette histoire de Lone Star qui me met à l'envers. C'est même pas la série elle-même, c'est le geste : deux épisodes et pis j'annule. Ça, ça me met hors de moi.
Alors pour me divertir l'esprit et parce que vraiment j'avais rien à faire (à part quelques news, des articles, et euh, c'est quoi déjà l'autre truc que je devais faire ? Ah oui, dormir), je me suis dit qu'on allait s'offrir une petite rétrospective des séries qui, à défaut de se distinguer pour autre chose, ont eu l'honneur d'être honorées du titre de "première nouvelle série annulée de la saison". J'en ferais bien un article pour SeriesLive mais si vous saviez la liste des brouillons que j'ai déjà là-bas...

lonestar 2010~2011 - Lone Star
beautiful_life 2009~2010 - The Beautiful Life
DoNotDisturb_MEA 2008~2009 - Do Not Disturb
VivaLaughlin_MEA 2007~2008 - Viva Laughlin
Smith_MEA 2006~2007 - Smith
(mais si on pinaille ce serait The Singles Table et Waterfront, annulées avant d'être lancées)
HeadCases_MEA 2005~2006 - Head Cases
Hawaii_MEA 2004~2005 - Hawaii
TheBrotherhoodofPolandNH_MEA 2003~2004 - The Brotherhood of Poland, New Hampshire
ThatWasThen_MEA 2002~2003 - That Was Then
BobPatterson_MEA 2001~2002 - Bob Patterson
TheTroublewithNormal_MEA 2000~2001 - The Trouble with Normal

Voilà, on se sent tous beaucoup mieux, non ?

Posté par ladyteruki à 22:44 - 3615 My (So-Called) Life - Commentaires [3] - Permalien [#]

17 juillet 2008

Pourquoi sommes-nous téléphages ?

Bonjour, je suis lady, et je suis téléphage.

Aujourd'hui, le psy de mon groupe de thérapie, les AA (les Appeurs Anonymes) m'a conseillé de passer à l'étape 7 de notre programme. Il dit que je suis prête.

Le cheminement de notre programme est strict, mais je m'en sors bien. Je vous résume le chemin que j'ai parcouru jusqu'à présent :
- le plus dur, c'était l'étape 1 : détruire mes cartes de fidélité pour chaque grande surface culturelle (c'est d'autant plus dur que les cartes étaient plastifiées)
- l'étape 2 n'était pas mal non plus : demander le pardon de tous ceux qui ont pâti de mon addiction (par exemple quand je leur raccrochais au nez à la fin de la pub...)
- aha, la 3 par contre, c'était facile : ne plus acheter de DVD de séries ! (c'est peut-être parce que je suis tombée au chomdu à ce moment-là... d'ailleurs il faut que je me surveille, c'est en train de revenir)
- pour l'étape 4, il a fallu que je fasse l'inventaire de toutes les séries que j'avais regardées ; j'ai bien commencé mais on m'a autorisée à poursuivre les autres étapes en parallèle, histoire que je progresse avant la fin du siècle
- le pallier suprême, c'était l'étape 5, décisive : il m'a fallu passer une semaine complète sans regarder de série (je n'ai jamais passé autant de temps sur internet que cette semaine-là, mais ne vous inquiète pas, je règle ça avec mon autre groupe de thérapie !)
- l'étape 6 exigeait de moi que je jette symboliquement une enregistrement de mon choix, et je jure que c'est complètement par hasard que j'ai jeté cette VHS à la bobine fondue que j'avais conservé ces 10 dernières années !
Donc, voilà, j'avance dans ma guérison, et j'en suis arrivée à l'étape 7, peut-être celle qui est le plus tournée vers l'introspection : je dois me demander pourquoi je suis téléphage.

Et vous ? Vous vous êtes déjà posé la question ?
Attention, je ne vous demande pas pourquoi dans le sens "qu'est-ce qui vous y a conduit", on sait tous très bien comment ça commence : d'abord on tient le DVD d'un copain, ensuite on essaye, après tout, tout le monde le fait, et puis on regarde une série, puis deux, puis trois, et on ne s'arrête plus. C'est sournois parce que c'est complètement passé dans les moeurs de regarder des séries, et on se laisse embringuer sans même s'en rendre compte...

Bon, bref, mon travail à faire, avant la prochaine réunion de mon groupe de thérapie, je dois me demander non pas comment tout a commencé, mais bien pourquoi je continue. Il y a probablement autant de raisons que de téléphages, mais tentons tout de même d'esquisser une carte du Tendre de la téléphagie, d'accord ?

Dans les raisons qui font qu'on est téléphage récidiviste, on distingue trois groupes de raisons : celles qui sont liées à la personnalité du téléphage, celles qui sont liées au contenu des séries qu'il regarde, et celles qui sont liées à la forme-même des séries. Ces trois grandes familles se combinent à volonté, selon aussi les opportunités... eh oui, un exemple : lorsque j'étais jeune, je n'avais pas la possibilité matérielle d'être téléphage, et du coup, cette composante de mon existence s'est mise en stase jusqu'à ce que j'aie à la fois le mobile et l'opportunité de devenir la téléphage déviante que je suis à présent (mais j'ai donné pas mal de signes avant-coureurs, qui, s'ils avaient été repérés, auraient permis que je sois soignée à temps).

Il y a donc, pêle-mêle...
Celui qui regarde par ennui ; c'est ce qu'il a trouvé de mieux en zappant et il y est resté.
Celui qui regarde par habitude.
Celui qui a envie de penser à autre chose.
Celui qui aime un genre en particulier, et qui peut ainsi avoir son fix régulièrement.
Celui qui espère des "émotions fortes" (scènes d'action, larmes faciles...).
Celui qui a envie de vivre par procuration des existences différentes de la sienne.
Celui qui aime les belles histoires.
Celui qui a envie de découvrir d'autres points de vue.
Celui qui a besoin de trouver une ailleurs une résonance à ce qui lui arrive.
Celui qui aime avoir un rendez-vous régulier.
Celui qui aime se poser des questions.
Celui qui aime se remuer les méninges.
Celui qui aime passer un bon moment en famille ou entre amis.
Celui qui a envie de comprendre ce qui se dit à la machine à café.
Celui qui apprécie de prendre le temps de voir se développer une intrigue ou un personnage.
Celui qui n'a pas la possibilité d'aller souvent au cinéma.
Celui qui succombe à la mode.
Celui qui veut être mis à rude épreuve.
Celui qui veut rire.
Celui qui veut se moquer.
Celui qui aime le popcorn.
Celui qui a déjà beaucoup aimé une série qui s'est finie et qui cherche un remplaçant éperdument.
Celui qui a soif de découvertes.
Celui qui suit le parcours d'un autre.
Celui qui est curieux.
...Et en plus de ceux qui cumulent plusieurs raisons, il y a aussi tous les autres !

Au regard de ce rapide tour d'horizon, je serais plutôt celle qui a envie de ressentir un maximum d'émotions différentes (parfois afin d'exorciser les miennes, parfois parce qu'il y en a que je n'ai pas l'occasion de ressentir), si possible dans le registre le plus difficile à encaisser, de découvrir des univers et/ou des modes de vie et de pensée à mille lieues de ma propre existence, et surtout, oui, surtout, j'ai besoin d'alimenter ma soif de nouveauté et d'éclectisme, étant une versatile gourmande de nature. Ne surtout pas l'étancher, juste la nourir, l'apaiser en l'entretenant...
Et vous, alors, pourquoi êtes-vous téléphage ?

PS : la rédaction de ce post m'a donné envie de revoir le truculent pilote de The Trouble with Normal. Damned, je dois faire la fiche SeriesLive d'abord, on dirait !

Posté par ladyteruki à 22:28 - 3615 My (So-Called) Life - Commentaires [2] - Permalien [#]


  1