ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-10-11

Le blues du businessman

En ce moment, allez savoir ce que j'ai, j'ai envie de comédies. Pas d'incompréhension entre nous : j'aime bien avoir ma dose hebdomadaire de drama, et ne croyez pas que je ne me rue pas sur les épisodes de Homeland ou PanAm lorsqu'ils sortent, en fait j'ai même replongé dans The Good Wife, trop longtemps abandonnée, mais voilà, j'ai envie de comédies. Et les épisodes de Suburgatory ne sont pas diffusés en quotidienne, alors...

...Alors, j'ai ressorti mes vieilles cagoules. Et cet aprem, je me suis envoyé le pilote de According to Bex (j'avais même oublié que je l'avais, cette cagoule-là !), les deux premiers épisodes de Committed, dont je me suis rendue compte qu'elle me fait toujours autant rire (on pourrait qu'avec le temps et les comparaisons, je deviendrais blasée, mais non)... et le pilote de Jake in Progress.
On ne se connaissait pas à l'époque, et je n'ai encore jamais vraiment parlé de cette série, alors, tiens, vous savez quoi ? Pour changer des pilotes de toutes nouvelles séries en arrivage direct des USA, je vais vous causer de Jake in Progress. Et Boss ? Boss, une autre fois.

JakeinProgress
Mon souvenir de la série était, en toute honnêteté, assez flou. Ouais, en gros, je me souvenais de John Stamos, quoi.
Ce n'est pas difficile de s'en souvenir. En gros, John Stamos interprète John Stamos. Un rôle de composition, donc. Il doit avoir l'air charmant, charmeur, même, et... c'est à peu près tout. Mais on ne demande jamais plus à John Stamos, son sourire émail diamant et ses légères pattes d'oies suffisent. Il est ornemental, John Stamos, et dans le bon emploi (celui qui ne lui en demande pas trop), il ne fait pas honte à sa profession. On le met dans une série parce qu'il est agréable à regarder et qu'il ne joue pas mal ; normal, il ne joue pas. Mais au moins il n'est pas mauvais. Et il a ces yeux verts qui font craquer les femmes depuis pas loin de trois décennies, alors...

Donc non, Jake in Progress ne nous fait pas redécouvrir le génie comique méconnu qui se cache sous la peau hâlée de Stamos, c'est certain.

Pour autant le pilote n'en est pas moins agréable, et cela principalement en raison d'un acteur dont je ne comprends pas qu'il n'ait jamais eu son propre show, tant il éclaire systématiquement les scènes de chaque série dans laquelle il se pointe même temporairement : Rick Hoffman. Je me rappelle avoir détesté l'adorer dans The $treet il y a de cela 10 ans, et rien n'a changé depuis. Ce mec est énorme, et même s'il a de bonnes scènes à présent dans Suits, elles ne lui permettent jamais d'accéder à son plein potentiel. Le terme de "scene-stealer" a été inventé pour des gars comme lui, il n'arrête pas. Même quand il surjoue il est génial.
Lui aussi incarne souvent le même genre de personnages, mais il parvient à leur donner une énergie singulière qui fait que même quand ils ont comme point commun d'être des chieurs, on les apprécie à des degrés différents. On peut dire qu'il a une palette d'enfoiriture très subtile, en un sens. En tous cas ça fonctionne à tous les coups.

Hoffman est un peu la star du pilote : ce sont les scènes avec lui qui sont vraiment drôles, notamment quand il est dans sa cage.
Toute la première partie de l'épisode est de toute façon dénuée de toute forme d'humour, en particulier chaque fois qu'Ian Gomez (futur Cougar Town) ouvre la bouche.

Le concept de Jake in Progress, palpable dans cet épisode et perdu ensuite dans les méandres d'une jungle de post-its d'exécutifs, était à la base de montrer en temps quasi-réel le rendez-vous arrangé entre Jake, célibataire endurci, et Kylie, une romantique qui ne croit pas aux histoires d'un soir.
Et ce concept aurait pu marcher... avec un couple intéressant. C'est encore plus patent quand on regarde Committed le même jour : Marni et Nate ont une personnalité débordante (c'est le moins qu'on puisse dire), tandis que Jake et Kylie sont aussi plats que l'électroencéphalogramme d'un scénariste de Whitney (et, non, ceci n'est pas une vanne déguisée à l'encontre des oeufs au plat de Mädchen Amick). Ici, les deux personnages ont un passif (ils ont couché ensemble mais Jake, en bon baiseur en série qu'il est, ne s'en souvient pas), mais pour le reste, il n'y a pas de matière.
C'est sans doute parce qu'à la base, Jake in Progress n'ambitionnait pas d'être une comédie, mais plutôt une dramédie. N'empêche que ça laisse carrément froid de voir ces deux-là interagir.

Alors c'est pas plus mal, du coup, que le concept ait été abandonné ensuite. Ca ôte évidemment de l'originalité à la série qui se contente ensuite d'être "la série où John Stamos fait son John Stamos en attendant l'annulation" (et elle a mis plus de temps qu'attendu à arriver), permettant à l'acteur de faire ses yeux de cocker battu (non, pas n'importe quel chien battu, absolument un cocker) en nous chantant une version moderne du blues du businessman (trop d'argent, trop de top models...), mais au moins Jake in Progress n'est pas une suite de scènes sans intérêt interrompues ponctuellement par Hoffman pour éviter au spectateur de se pendre avec le câble de la télé. Il faut admettre que la série a échappé au pire pour aller se réfugier dans le passable de ce côté-là.

Mais c'est un pilote sympathique, cependant, parce que très rythmé, mais quand même un peu faible. Et puis comme je le disais, quand John Stamos fait son John Stamos, eh bah il bouge, il sourit, il minaude un peu, il fait je sais pas quoi, mais il occupe l'écran. Alors ça passe.
Wow, j'ai toute la première saison sur mes cagoules, dites-donc... Qu'est-ce que je fais, je me l'envoie quand même, ou...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jake in Progress de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:40 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

19-08-09

L'homme-concept idéal

Il y a des séries dont on sait d'avance qu'on n'y accrochera pas, parce que leur pitch est contraire à nos convictions. C'est un peu comme quand un communiste regarde The $treet, en fait. Alors quand je découvre une série intitulée "l'homme idéal", je fronce les sourcils et je me fais une raison : entre nous, ça ne va pas marcher.
Pour faire un pilote de Zettai Kareshi, il vous faudra une héroïne charmante mais malheureuse en amour, transformée en célibataire complètement aux abois (ce qui rejoint hélas ma complainte sur le célibat à la télévision), et devenue complètement par hasard (c'est toujours par hasard... bis) la cliente-pilote d'une étrange société qui lui promet de lui fournir le petit ami idéal, avec piles et batteries car c'est un robot. Donc forcément, ça laisse sceptique.

D'ailleurs quand on a vu Kimi wa Pet, ledit Zettai Kareshi a un sérieux goût de redite : un garçon bizarre fait son entrée dans la vie d'une célibataire qui doit cohabiter avec lui, ce qui va changer sa vie. Qui plus est, on retrouve aussi ici l'idée de l'homme soumis aux désidératas de la femme, sauf qu'au lieu de se prendre pour un toutou, le petit ami idéal peut se ranger dans sa boîte (il est aussi livré avec une fonction de mise en veille). Bah quoi ? C'est qu'un appareil d'électro-ménager après tout !
Les japonaises m'ont l'air d'avoir un sérieux contentieux à régler, si j'en crois ces séries...

ZettaiKareshi

De toutes façons, il est hyper mal pensé, ce produit. Pas près du tout pour une commercialisation à grande échelle. Notre robot est quand même du genre à lancer à Riiko, là, comme ça : "Eh, Riiko, je t'aime, si on faisait l'amour ?". Le module de psychologie féminine n'est clairement pas au point, hein... Sans compter que vu la finesse du programme, le sexe avec ce robot, ça doit méchamment manquer de préliminaires !
Notre robot n'ayant clairement pas lu le même magazine que Fred (ceux qui comprendront l'allusion comprendront pourquoi j'ai trop honte pour en dire plus), il n'a pas non plus compris que ce qui marche avec les filles, c'est de paraître inaccessible et, surtout, oh oui surtout, de ne pas être trop collant. Or là, le robot, c'est de la glue sur pattes, ce qui a pour prévisible effet de rendre sa propriétaire complètement dingue. Alors d'accord, si avoir un robot-namoureux à la maison, ça reste relativement utile pour rendre d'autres mecs jaloux (surtout si on a coché le physique "mannequin" dans le bon de commande), ou quand il y a un sprint à piquer en quinze secondes chrono et que ce sont les seules jambes bioniques à 20km à la ronde, le reste du temps, avouons-le, c'est carrément pas gagné. Surtout sur la japonaise typique qui n'est pas trop une grande fan de la promiscuité.

M'enfin je sais pas, moi, ça semble pourtant évident dés la première seconde : l'homme parfait a pour principale qualité de ne pas être parfait ! Ce sont ses défauts qui le rendent attirant, attachant, qui font qu'on le garde à la maison (et qu'on ne le fait pas dormir dans les waters...).
Ça semble tomber sous le sens, et c'est ce qui rend Zettai Kareshi assez longuet à regarder. Heureusement, la prestation plutôt bonne de son duo de tête d'affiche (et surtout le robot, duquel je m'attendais à une prestation plus banale) sauve un peu notre affaire, m'enfin si le pitch ne vous séduit pas, sachez qu'il n'y aura pas grand'chose pour récupérer le coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Zettai Kareshi de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Dorama Chick - Permalien [#]

06-07-07

Nine Lives

Ce week end, je n'avais pas le net, alors pardonnez le retard... Pourtant il s'est passé quelque chose ! Ce week end, j'ai découvert The Nine !!!

Même quand on cagoule en avant-première, il faut parfois faire des choix. Depuis deux ans, j'ai tellement de mal à suivre le rythme que, hélas, j'ai appris à faire des choix. En l'occurence et si je me souviens bien, je crois que c'est Heroes qui a fait une queue de poisson à The Nine, et je suis passée à côté de cette série lorsqu'elle est apparue.

Alors, voilà ce que j'en aurais dit il y a plusieurs mois : GENIAL !!! Un peu d'action (pas trop), mais surtout d'excellents personnages, des intrigues intriguantes (sic), et de très bons éléments comme par exemple le lien étrange qui se tisse entre les ex-otages... Tout ça m'a beaucoup plu.

Oui, mais voilà. Toute à la pointe que soit France 2 qui s'est montrée plutôt réactive sur ce coup-là, The Nine n'est plus une bonne série, c'est une série annulée. Alors voilà ce que j'en dis aujourd'hui : pourquoi regarder une série dont on sait qu'on ne connaîtra pas la fin ? Pourquoi se poser les questions qu'on veut que le spectateur se pose (pourquoi un tel volte-face de la part de Lizzie ? pourquoi Felicia a perdu la mémoire ? pourquoi se sent-elle si proche d'un des braqueurs ? et j'en passe...) si on sait qu'on n'aura pas les réponses ?
Aussitôt le second épisode achevé, la tension retombée, j'ai instinctivement pris de la distance avec la série. C'était pour mon bien. Oui, elle est bien, mais j'hésite à regarder la suite.

Evidemment, loin de moi l'idée de blâmer France 2 à ce sujet puisqu'il y a de fortes chances que la chaîne ait fait l'acquisition de la série avant même qu'elle soit annulée... difficile de lui reprocher de ne pas garder la série dans ses cartons (surtout qu'elle est bonne. Pas extraordinaire, ce n'était pas la série du millénaire, mais ça restait très bon) non plus. On va quand même pas demander aux chaînes de se tirer dans le pied !
Mais il reste que cette diffusion met la chaîne comme le spectateur dans l'embarras (pour des raisons différentes, of course).

Finalement, j'aurais suivi The Nine de façon extatique si j'avais cagoulé dés la première diffusion, et c'est même là toute l'ironie, c'est qu'elle aurait quand même été annulée, et j'aurais été frustrée... Bref en gros, le résultat serait le même. Mais à présent mon enthousiasme est entamé, et j'hésite. J'ai vraiment aimé ce que j'ai vu, mais je sais que je serai aussi très déçue de ne pas avoir de véritable dénouement à cette série, et frustrée quand je verrai les épisodes avancer en sachant pertinemment qu'ils ne mèneront nulle part. Pour d'autres séries qui sont amputées trop tôt d'une fin de saison, ça n'est pas toujours grave, mais ici, la structure-même de la série est forcément mise à mal.

Ce doit être pour cela qu'aux Etats-Unis, ce genre de série n'est finalement jamais rediffusée, contrairement à la France (je me rappelle encore du traitement qui a été fait de The $treet, pour ne citer que celle-là). Pour ne pas entretenir la frustration.
Mais bon, peut-on décemment militer pour la réincarnation de cette série à la télévision, alors que justement on ne s'y attache pas pour les raisons énoncées plus haut, ce n'est pas très réaliste non plus...
Quel gâchis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Nine de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:41 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]


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