ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

18-08-12

Eternel commencement

On dit que "loin des yeux, loin du coeur". Ce n'est pas toujours vrai en matière de téléphagie.
Ainsi, il y a des séries auxquelles je pense très souvent ; mettons, au moins une fois par mois ce qui, vu le nombre de séries que je vois passer, visionnages, tests de pilotes et lecture de news inclus, est plus significatif qu'il n'y parait. Et en général j'y pense en ces termes : "rha, faudra que je prenne le temps de me faire un marathon, un de ces jours". The Starter Wife est de ces séries-là, et inutile de dire que le marathon Will & Grace, pendant l'été 2010, et le visionnage de Smash, cette année, n'ont rien arrangé à notre affaire. C'est le Messing effect.

Alors, pendant que je n'avais plus internet chez moi, et profitant que les DVD étaient à un prix ridicule, j'ai décidé de me faire une intégrale.

TheStarterWife-Promo

Le ton de la mini-série est léger mais pas à l'extrême, parfait pour l'été ; permettant très vite, de surcroît, de s'attacher à Molly Kagan (interprétée par Debra Messing, donc), personnage sympathique par excellence qui est grandement aidé par le fait que son mari Kenny est incarné par Peter Jacobson, l'empaffé parfait.
En fait, j'avais oublié à quel point j'adorais The Starter Wife en redécouvrant le pilote, que je n'avais pas revu depuis sa diffusion initiale, voilà donc 5 ans. Entre nous, je suis à peu près sûre de l'avoir aimé encore plus cette fois-ci. Est-ce parce que les personnages m'étaient, dans le fond, déjà un peu familiers ? Toujours est-il qu'il m'a semblé ressentir très tôt l'impression d'amitié sincère entre ces personnages.

Il y a dans l'entourage de Molly des personnalités qui s'imposent immédiatement comme extrêmement fortes.
Cricket, d'abord, la meilleure amie, la confidente, qui soudain doit mettre de la distance avec Molly parce que son mari a besoin de rester en bons termes avec Kenny. Leur relation, à la fois sincère et abimée par le divorce des Kagan, n'est pas tellement exploitée ; pour des raisons évidentes, peu de scènes mettront Molly et Cricket dans une situation commune au début de la mini-série, montrant ainsi plutôt ce qui les sépare que ce qui devrait les réunir. Mais dés que les deux femmes partagent quelques instants, leur amitié est palpable.
A côté, Joan l'alcoolique et surtout Rodney le gay flamboyant font figure de seconds rôles, bien qu'étant plus présents à l'écran. Joan, visiblement plus âgée que le reste de la bande, et occupée par la cure de désintox forcée où l'a inscrite son mari Pappy, est du genre un peu acariâtre, sarcastique et tête de mule, mais Judy Davis nous offre de grandes scènes lors des séances de thérapie où son personnage ment comme un arracheur de dent.
Rodney, qui doit sa plastique parfaite à Chris Diamantopoulos, est plutôt le soutien inconditionnel de tout un chacun, l'ami gay indeffectible, un peu idéalisé, qui est là pour faire des blagues, servir des cocktails et parler des extravagantes demeures de stars qu'il redécore quand on veut se changer les idées. Mais son lien avec Molly et Joan est tangible (un peu moins dans le cas de Cricket), et du coup ça fonctionne quand même.

En-dehors de ces personnages se dirigeant généralement vers le cap de la quarantaine (sauf dans le cas de Joan qui l'a visiblement franchi il y a un bout de temps), la mini-série aborde aussi le contexte dans lequel les personnages évoluent : la haute-société de l'industrie cinématographique.
Et il faut admettre que, dans sa façon de décrire l'univers hollywoodien, The Starter Wife met relativement souvent dans le mille (ou ce qui semble être le mille pour quelqu'un qui n'a jamais vécu dans ce milieu). L'idée est de mettre l'accent non pas sur le glamour, mais l'absurdité de ce glamour, une nuance qui permet à la fois à la mini-série d'être dans la débauche de soleil, de belles demeures, de grandes fêtes et de tenues de grand couturier, et de prendre tout ça avec détachement voire même, parfois, sarcasme.
Molly a navigué pendant des années dans cet univers dont désormais elle est exclue, simplement parce que son mari a décidé de demander le divorce ; si les épisodes mettent assez peu en avant, finalement, ce que représente le concept de "starter wife" (la femme avec laquelle on a démarré dans la vie, qui a essuyé les plâtres, mais avec qui on n'a pas l'intention de la finir), en revanche le thème de la mise au ban est parfaitement intégré aux histoires.

Désoeuvrée, Molly va se tourner vers Lou, le patron de Kenny, un producteur surpuissant à Hollywood qui fait partie des rares à ne pas lui tourner le dos, voire même à manifester un intérêt sincère envers elle.
Ce qui fonctionne immédiatement, c'est que Molly et Lou sont sur la même longueur d'ondes, probablement parce que Debra Messing et Joe Mantegna sont exactement sur le même registre. Leurs scènes à l'écran font des étincelles. Et puis, ce personnage de producteur au bout du bout, qui n'en peut plus d'être si puissant qu'il se sent aussi étranger à Hollywood que peut l'être, malgré elle, Molly, est diablement efficace, et sort des poncifs sur les producteurs tel que celui que nous sert Kenny (et qu'on peut retrouver avec Peter Dragon dans Action!). Lou est, avant d'être le mec le plus important de toute la Californie, un être humain, chose que tout son entourage a oublié. Quand il dit qu'il aimerait qu'on oublie son anniversaire au lieu de lui envoyer des cadeaux fastes mais impersonnels juste pour cirer ses pompes, il est magnifique. Il faudrait, à n'en pas douter, plus de personnages comme Lou dans les séries parlant du monde hollywoodien.

Les premiers épisodes vont montrer comme Molly, qui est démolie par la séparation d'avec son mari (essentiellement parce qu'elle ne l'a pas vue venir et qu'elle l'a apprise alors qu'il l'a appelée au beau milieu de la nuit pour la prévenir), tente de se retrouver, à la fois en tant qu'être humain et que femme. De ce côté-là, Messing donne d'ailleurs vraiment le meilleur d'elle-même. La séquence dans la salle de bains, par exemple, pendant laquelle elle se redécouvre, n'a rien à envier à celle du pilote de Cougar Town dans lequel Courteney Cox fait l'inventaire de ses preuves de vieillesse.
Comme toujours, Debra Messing apporte un regard tendre, mais jamais emprunt de sentimentalisme, à son personnage ; même pathétique elle reste toujours touchante, et même touchante, elle ne sombre jamais dans les violons. La voix-off de Molly est d'ailleurs plus conçue comme l'expression de ses monologues intérieurs, que pour décrypter la narration des épisodes ; le personnage est dans une quête, il cherche une identité qu'il a perdue lorsqu'il s'est marié, et c'est ce que tente de décrire la mini-série The Starter Wife. Au-delà du monde hollywoodien, c'est une vraie série sur le divorce.

Plus tard, et notamment une fois les surprises de Lou passées, la mini-série The Starter Wife mettra plutôt l'accent sur les amours de Molly, avec Sam, un séduisant clochard brisé par la mort qu'il a provoquée voilà quelques années, et qui n'a rien de commun avec l'univers tape-à-l'oeil dans lequel Molly évolue. Les questionnements amoureux, s'ils ont (en particulier à mes yeux) assez peu d'intérêt, ont tout de même le mérite de ne pas être totalement abrutissants.

Mais la bonne idée de The Starter Wife, c'est aussi de ménager quelques séquences impromptues totalement déjantées, comme le début du pilote qui nous montre toute la petite bande plongée dans l'univers du Magicien d'Oz, un vrai bonheur fait de métaphores parfaites sur la mariage, le divorce, ou plus rarement la vie hollywoodienne.

TheStarterWife-Fantasy

Lorsque le second DVD de la mini-série est parvenu à son terme, j'étais à la fois ravie et fâchée. Je venais de me rendre compte qu'en fait, je m'étais arrêtée là et n'avais jamais vu la suite. Ca tombait donc super bien : j'avais également commandé la première saison ! Alors j'ai rempilé.

C'est donc à ce moment-là que j'ai déchanté. La première saison de The Starter Wife n'a rien à voir avec la mini-série du même nom.

Déjà parce que les changements de casting sont énormes. Evidemment, on devine qu'entre la mini-série et la première saison, les acteurs concernés avaient de nouveaux engagements et qu'il n'ont pu revenir à The Starter Wife, mais ça n'empêche pas que ça fait barrage lorsqu'on commence les nouveaux épisodes.
Il y a d'abord Miranda Otto, ici kelleyrisée alors que son amitié, sa présence, avaient formé un axe assez important de la mini-série. Qui plus est, vu l'esprit de franche camaraderie "adulte" (par opposition aux amitiés d'adolescents attardés à la Friends ou New Girl) qui régnait précédemment, c'est une véritable perte qui affaiblit énormément la structure de la série ; mais on va y revenir plus tard. Le problème touche aussi des personnages moins importants, du genre de Lavender ; la jeune femme, incarnée par la toujours parfaite Anika Noni Rose (partie entretemps sous le ciel du Botswana pour tourner The No. 1 Ladies' Detective Agency), apportait une vraie force à la mini-série, et ne sera remplacée que sur le point de vue des quotas (avec l'apparition de Liz) mais pas du tout pour ce qui est de l'aspect plus pragmatique du personnage, vu que Lavender était la seule à avoir les pieds sur terre.
Le SDF Sam a également été écarté ; c'est expliqué en 10 secondes au début du premier épisode de la saison, et point barre. Tout juste s'il y est fait mention ensuite : plus tard, quand Molly pense à son bagage amoureux et qu'un homme en caleçon rouge apparait, le visage un peu masqué, dans une séquence fantasmée, ce sera la dernière fois que sera mentionné celui dont elle était pourtant follement amoureuse pendant la mini-série. C'est tout, merci Sam, et à la revoyure. Un peu brutal, non ?!

On peut aussi observer des remaniements de distribution qui, s'ils s'expliquent, n'en sont pas moins difficiles à avaler. Le plus gros d'entre eux : adieu Peter Jacobson. L'épouvantable époux de Molly prend désormais les traits de David Alan Basche, dont on jurerait qu'il a 10 ans de moins, et qui change totalement le rôle : de pauvre connard, Kenny devient juste un type un peu paumé, limite attendrissant.
Cela à dessein, d'ailleurs. Car dans cette saison, qui fait des affaires amoureuses de Molly l'une de ses priorités, l'héroïne rencontre Zach, un nouvel homme dont elle s'éprend, mais ne parvient pas vraiment à mettre son mari Kenny de côté (elle y avait pourtant fort bien réussi dans la mini-série). Devenu plus séduisant dans cette saison, le personnage de l'ex ne choque plus vraiment comme enjeu amoureux potentiel : il est séduisant, après tout, avec sa mine déconfite et ses manières un peu automatiques de s'imposer à Molly parce qu'ils sont habitués l'un à l'autre. C'est un tort : en réalité, c'est très difficile à avaler quand on vient de voir la mini-série, mais le nouvel acteur permet d'avoir l'impression d'avoir un nouveau personnage. Kenny se transfigure, et n'a de commun avec le personnage de la mini-série qu'une chose : il a un passé avec Molly, qui ne demande qu'à redevenir futur.

Dans sa quête d'elle-même, Molly se montre également moins touchante. Certes, elle essaye comme elle peut de s'affirmer par l'écriture. Mais tout a changé, comme pour devenir plus "bankable". Ainsi, dans la mini-série, Molly écrivait-elle des livres pour enfants ; mais ici, son projet est bien différent. Sans vouloir trop en dire, on ne peut qu'admirer l'ironie que prend la carrière de Molly dans l'écriture. Il faut voir sa réunion avec des producteurs (dont David Shatraw, ex-Tommy de Titus, bien atteint par le poids des ans et des kebabs) pour comprendre à quel point la série a changé. Au lieu de permettre à Molly de prendre le contrôle de sa vie, sa carrière d'auteur symbolise son retour en grâce dans la société hollywoodienne.
Ce phénomène se ressent aussi de par l'utilisation très lourde des soliloques, Molly devenant une narratrice plus classique, et ses monologues  n'apportant pas beaucoup de valeur ajoutée aux épisodes.

L'esprit des séquences fantasmées a, pour finir, totalement changé. Désormais ces scènes sont systématisées, et reprennent de façon assez peu imaginative des standards de la culture cinématographique, à l'instar de la scène du décroisage de jambes de Basic Instinct (qui compte probablement parmi les scènes les plus référencées de l'histoire, non ? Allons donc, songez qu'il y en avait déjà une parodie dans Une Nounou d'Enfer !) ou la scène de fin de Casablanca. L'exercice de style n'a pas de tort sur le principe, mais en répétant, épisode après épisode (et presque systématiquement dans la scène d'ouverture), la même figure imposée, The Starter Wife perd énormément de son charme fantasiste.

TheStarterWife-BasicInstinctLa saison de The Starter Wife était condamnée AVANT que Cibrian ne se pointe, c'est dire.

Et puis les intrigues de cette saison sont un peu aléatoires. Il n'y a pas de plan : les réorientations en cours de route sont fréquentes et touchent à peu près tout le monde.

Ainsi, Joan commence à travailler dans le centre de désintoxication où elle avait fait sa cure avortée ; une mission intéressante, qui l'amène à faire des changements dans sa vie. Mais ces changements, non-assumés scénaristiquement, connaissent des rebondissements parfaitement inutiles. Les deux derniers épisodes tourneront même la chose à la caricature, ce qui fait que la crise de la, hm, disons cinquantaine, de Joan, est totalement tournée en ridicule alors qu'elle avait commencé sous des auspices plutôt favorables.
Le nouveau personnage de Liz s'avère quant à lui totalement stérile. Les intrigues sont encore plus changeantes le concernant et ça vire franchement au soap de bas étage. Et comme dans tous les soaps de bas étages, l'amitié avec les personnages principaux finit par sembler être un prétexte, quand le reste du temps, les personnages blacks restent entre eux.
Le seul à tirer convenablement son épingle du jeu est Rodney. Il s'est trouvé une belle intrigue, quoi que pas forcément très approfondie quand les tribulations de Molly prennent trop de place, dans son histoire pourtant assez cliché avec l'acteur de films d'action Felix qui refuse de sortir du placard, afin de ne pas endommager sa carrière (une histoire qui avait été vue dans Action!, mais cette comédie n'avait pas pour vocation de prendre le sujet au sérieux). Même si dans sa valse hésitation, Rodney va longtemps nous faire mariner, le personnage n'en est pas moins touchant et les développements qui le concernent lui donnent plus d'épaisseur que dans la mini-série. Avec ce character development réussi, Rodney devient le personnage qui aura le plus évolué entre la mini-série et la saison, et probablement l'un des plus attachants.

Mais en choisissant de donner plus de gravité à des personnages comme Joan et Rodney, et en accordant également du temps à ce nouveau personnage de Liz, The Starter Wife met ici l'accent sur l'éclatement entre les personnages. Leurs scènes ensemble démontrent une parfaite alchimie ; Rodney et Molly, en particulier, sont extrêmement attachants. Mais le problème c'est que l'atmosphère qui régnait dans la mini-série a totalement disparu. A ce problème narratif, il faut encore ajouter un autre plus circonstanciel : au lieu de se retrouver toujours au même endroit (dans la mini-série, il s'agissait de la maison sur la plage de Joan, habitée le temps de l'été par Molly et sa fille, mais aussi Lavender et sa mère, Joan à son retour de cure, Rodney, et même occasionnellement Sam), les personnages mènent ici chacun leur vie. La nouvelle maison de Molly est très présente, mais les autres n'y viennent quasiment jamais. L'absence d'un décor commun pour les tourments séparés de chacun n'aide pas cette impression d'éclatement, donc.

Alors au final, cette intégrale de The Starter Wife, une déception ? Bah pas vraiment... mais je suis bien forcée de reconnaître que finalement la mini-série se suffit à elle-même, à plus forte raison si on veut rester sur une bonne impression.
Et puis, 16 épisodes en compagnie de Debra Messing, franchement, il y a pire, et elle reste lumineuse, charmante et adorable de bout en bout, se donnant à fond pour les scènes fantasmées (la voir grimée en Lara Croft sera probablement l'un de mes meilleurs souvenirs de l'été, surtout quand on connait la taille de soustale de Messing, qui n'a jamais fait de mystère de ce côté-là) et parvenant toujours, malgré tout, à rester la Debra Messing que l'on aime.
Enfin je sais pas pour vous, mais moi oui. Alors non, pas de regret.

Mais il y a des chances pour que mon DVD de la saison prenne quand même un peu la poussière sur le long terme...

Posté par ladyteruki à 19:36 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

21-01-12

Gypsy queens

Smash-promo

Comme, peut-être, vous avez pu le déceler de façon incroyablement subtile via quelques uns de mes posts cette semaine ou sur Twitter, il est une série qui fait battre mon coeur en ce moment, un pilote qui m'a charmée, un coup de coeur qui m'est tombé dessus. Smash est LE pilote de la mid-season (qui pourtant, on l'a vu, n'est pas mauvaise) à mes yeux. Et pourtant, je l'ai tenté un soir où j'étais de particulièrement mauvais poil et où, considérant mes attentes, rien n'était gagné d'avance.

Cinq minutes s'étaient écoulées quand j'ai su que j'adorerais Smash. Le déclic s'est produit à cet exact instant :

Thatswhathesaid

Eh oui c'est tout simple mais l'atout premier de Smash à mes yeux a été d'assister au processus créatif à l'origine de ce qui allait devenir un projet pour Broadway tout en laissant de la place à quelque chose d'humain et sympathique, d'attachant, en somme.
C'est d'ailleurs assez incroyable de voir comment Debra Messing, qui n'est pas toujours ultra-convaincante dans les rôles purement comiques (on a pu le voir avec Ned & Stacey ou bien-sûr Will & Grace) peut se montrer incroyablement parfaite dans des rôles dramédiques comme celui-ci ou bien The Starter Wife, dont j'ai maintenant très envie de me faire une intégrale comme si je n'avais que ça à faire. Son alchimie avec Christian Borle est impeccable et donne immédiatement de l'âme au lancement de l'épisode. Borle, de son côté, n'est pas en reste, et nous montre immédiatement un personnage de Tom très humain. Et surtout, on prend très vite la mesure de son attachement à Ivy. Les liens entre ces trois-là sont tout de suite très tangibles, et rendent le lancement de l'épisode facile à apprécier. La dynamique avec Ellis, l'assistant, se montre très vite tangible également.
Il me faut encore ajouter que le cast est intégralement excellent. Pas un maillon faible dans cette équipe talentueuse. C'est un vrai plaisir d'y trouver, notamment, Anjelica Huston, qui aurait pu interpréter un personnage bien plus froid et rigide et qui se montre elle aussi parfaitement humaine.

C'étaient donc là les points-clés lorsque j'ai commencé l'épisode. Très vite, évidemment, le personnage de Karen prend de l'ampleur. Il est évident qu'en approfondissant son histoire Cendrillonnesque, l'épisode fait tout de suite le choix de la mettre plus en avant qu'Ivy, de sorte que le conflit ultérieur de la série est rapidement explicité, voire peut-être même tranché. J'aimerais qu'on entre autant dans la vie d'Ivy que dans celle de Karen, au moins pour le moment... Les sujets abordés via son personnage ne sont pas nécessairement de la plus grande originalité (coucher pour réussir ou pas, le regard des parents, etc...), et elle peut sembler "trop" innocente, mais elle n'en devient pas antipathique, au contraire, et surtout, elle apparait comme indubitablement talentueuse.

Smash fonctionne aussi très bien comme hommage à Marilyn Monroe. Il ne s'agit pas que d'un prétexte ou d'une facilité, comme cela aurait pu être le cas ; on ressent un vrai enthousiasme envers le sujet (encore une fois, notamment grâce au personnage de Julia, définitivement une force motrice de la série).

Le plus gros défi de Smash, à une époque où Glee nous fourgue des chansons toutes les 3 minutes faute d'avoir autre chose à montrer, était sans doute du côté des numéros musicaux. Leur présence est ici entièrement intégrée dans le cadre professionnel ; il ne s'agit pas d'avoir un personnage qui va subitement entonner une chanson pour exprimer ses sentiments ou simplement prouver qu'il a du coffre. La démarche, notamment en fin d'épisode, est certes de dresser un parallèle entre la carrière de Marilyn et les espoirs des deux interprètes potentielles, mais il n'est pas question de faire pousser la chansonnette gratuitement.
Même si on peut être légèrement surpris de la rapidité avec laquelle les numéros sont composés et parfaitement aboutis (le processus est évidemment accéléré à des fins dramatiques), à aucun moment on a l'impression que Smash est une série musicale, c'est une série qui, étant donné son objet, est vouée à contenir des numéros de chant et de danse, mais qui ne les surexploite pas et ne se repose pas dessus. Ce n'est pas sa nature, en fait, pas vraiment.
Au vu du trailer, d'excellentes chansons nous attendent d'ailleurs à l'avenir, de la même façon que le final de l'épisode est magnifique.

Au stade du seul pilote, Smash s'annonce comme une réussite à la fois sur le plan qualitatif et sur le plan de l'attrait pour le grand public. Le juste milieu est parfaitement trouvé entre une fiction attachée à délivrer d'une part quelque chose de sérieux et cohérent, de bien écrit et bien interprété, et d'autre part, capable de devenir, sinon culte, au moins particulièrement enthousiasmant pour une audience large. A ce titre, Smash n'est pas une série telle que, au hasard, HBO aurait pu en commander pour parler de Broadway ; elle n'a sans doute pas les qualités requises pour que la critique, unanime, la traite comme un bijou, en tous cas pas dés le premier épisode. Mais elle a de grandes forces derrière son appeal général, et avec un peu de persistance, elle peut contenter aussi bien un public exigeant que des gens qui viennent juste se remplir les oreilles de chansons le lundi soir.
Puisque je suis correspond à la cible dans les deux cas, vous imaginez bien que j'ai pris un pied phénoménal devant ce pilote (que j'ai déjà regardé 4 fois, comme ça a tendance à arriver de plus en plus quand un pilote me ravit), et que mon enthousiasme sans borne n'est pas prêt de se tarir. On en reparlera donc, à n'en pas douter.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Smash de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-07-10

So little time, so much to do

Cette semaine, je n'étais pas en vacances, et pourtant je n'ai pas travaillé. Ce sont les joies de la vie en cabinet ministériel : quand un ministre saute, il faut se trouver un nouveau boulot. Et encore, ça, finalement, c'était facile, et en fait en une semaine, ç'aura été plié. C'était la minute ladymnistration.
Mais du coup, je me suis retrouvée avec une semaine relativement libre sur les bras (si l'on soustrait les entretiens et les quelques sorties qui étaient prévues), et c'était peut-être le plus gros défi : savoir comment j'allais téléphagiquement l'occuper.

Il fallait me voir lorsque je suis rentrée de mon dernier jour de boulot, à la fin de la semaine dernière : j'avais pleeeeein de projets. Un peu comme une gamine à qui on annonce qu'elle pourra passer une semaine dans un parc d'attraction : "et je vais enfin me refaire l'intégrale de Jack & Bobby que je voulais me faire, et je vais revoir The Starter Wife, et je vais finir Will & Grace, et je vais regarder un film ou deux, et je vais trier mes génériques, et je vais faire plein de fiches, et je vais rédiger les trois articles que j'ai en projet pour SeriesLive, et je vais ranger mes classeurs sur la documentation téléphagique que j'ai entassés depuis plusieurs semaines, et je vais essayer de glisser une petite intégrale de The No. 1 Ladies' Detective Agency, et je vais finir la saison de V que j'ai un peu snobbée, et puis ya plein de pilotes qui vont tomber...!"
Ah, elle était enthousiaste, la lady, ya pas à dire. Elle avait un planning dans la tête, ça allait être tout-à-fait idéal, des vacances avant les vacances, le pied total.

Hier, j'essayais au moins de ranger mes génériques (le problème c'est qu'à chaque fois qu'un disque dur me plante, je les recagoule sans forcément bien les nommer), et je suis tombée sur le générique de Mad Men. "Aaaargh", me suis-je étranglée, "yavait ça aussi : j'ai acheté le coffret de la saison 1 et il est toujours sous blister !".

No1

Bilan.
Eh bah, bilan, bien-sûr, j'ai rien fait de tout ça. Si, j'ai fait quelques fiches sur SeriesLive, je suis relativement à jour dans mes pilotes occidentaux (mais en Asie je suis à la bourre), et puis j'ai attaqué l'avant-dernière saison de Will & Grace... mais à part ça ? Les classeurs de documentation téléphagique jonchent mon bureau, je n'ai eu le temps que pour un article sur SeriesLive, et je ne parle même pas des séries que je voulais regarder, je comprends pas comment je me suis débrouillée mais j'ai pas du tout touché à la moindre d'entre elles.
Tout ça c'est la faute de la crémaillère de ma sœur ce weekend, c'est des heures que j'aurais pu mettre à profit et en fait rien du tout.

Non, bon, ne blâmons pas les faux coupables. La vérité c'est qu'évidemment, ce programme était bien trop gros pour tenir en une semaine. Mais j'étais tellement contente de cette période de temps libre imprévue, et j'ai l'impression d'en avoir si peu profité ! Admettons-le, faire des fiches de séries étrangères prend un temps fou, parce qu'il s'avère (je sais, c'est choquant au plus haut point) que je ne parle ni espagnol, ni hindi, ni hébreu, ni... bah, estonien. Alors forcément ça prend un temps fou de croiser les informations, les traductions automatiques, les quelques sources anglophones... rien que trouver les noms de certains acteurs peut prendre une demi-heure ! Je ne suis pas vraiment étonnée.
Juste déçue.

Aaaargh ! Si peu de temps, et tellement à faire ! La téléphagie est une frustration sans nom.
Ce serait cool si je pouvais me faire virer de mon nouveau boulot, aussi. Ça me laisserait du temps...

Posté par ladyteruki à 17:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-07-07

Week end de défonce

Ce week end, je cède totalement à ma téléphagie et j'entame un rail de séries que je n'ai pas eu le temps de reniffler cette semaine (pourtant déjà bien chargée, avec en moyenne un pilote chaque soir, plus ce que je regarde déjà par ailleurs, plus les autres trucs que j'aime bien faire même si c'est un peu du gaspillage de temps, comme manger, dormir... walou !!!).

Au menu :
- Bionic Woman (je me prépare à être très agréablement surprise)
- Damages (je voulais le regarder hier soir mais j'ai par inadvertance oublié de désinstaller Civilization IV...)
- Lipstick Jungle (après tout, si le trailer de Cashmere Mafia a su m'intéresser et me donner l'illusion d'un spin-off de Sex & the City, je vois pas pourquoi bouder Lipstick Jungle qui est fait des mêmes ingrédients !)
- Meadowlands (j'ai pas encore réussi à me résoudre mais je suis sûre de trouver de la motivation entre deux autres pilotes, dans un appel d'air on va dire)
- Side Order of Life (complètement refroidie par certaines reviews lues çà et là)
- State of Mind (j'ai galéré pour en voir le bout, c'est la moindre des choses même si je ne pars pas très optimiste)
- The Sarah Conor Chronicles (avec mon homme car je pressens que ça va lui plaire)
- The Kill Point (je me rappelle même plus de quoi ça doit causer, on verra bien)

Dans l'intervalle, les pilotes de Cavemen (arf arf arf, il me faut cette grosse daube ! à l'aide, mon homme déteint sur moi !!!) et The Big Bang Theory seront à ma merci, et sans doute même aurai-je la possibilité de regarder le second épisode de Mad Men, du moins si les choses conservent leur rythme...

Et, si j'ai le temps (par exemple cette histoire de sommeil c'est des foutaises et je suis sûre de pouvoir tout-à-fait m'en passer), je regarderai la fin de The Starter Wife que j'avais un peu délaissée. Idéalement, il faudrait aussi que je trouve du temps pour finir la 1e saison de KYLE XY, Heroes, Eureka et Dexter, sachant que pour les trois derniers j'attends que mon homme lui-même libère du temps (mais hélas je crois que Painkiller Jane a eu le dessus sur sa bonne volonté).
Mémo perso : ne pas louper NY SVU demain soir, même les rediffs me font toujours autant plaisir... Ainsi que dimanche, un bout d'Urgences pour entretenir la machine, parce que je ne sais pas y résister et que Neela embellit à chaque saison, et surtout The Nine...

J'ai la tête qui tourne, c'est normal docteur ?

Posté par ladyteruki à 18:12 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-06-07

[DL] The Starter Wife

Je me sentais coupable de ne vous mettre que huit secondes de générique pour Traveler alors voici celui, déjà plus imaginatif, de The Starter Wife, dont la structure devrait toutefois vous en rappeler (au moins) un autre. Ou bien au minimum, la dernière image de Molly sortant de l'eau devrait vous évoquer un petit quelque chose...

TheStarterWife_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Bizarrement, en plus du générique pour lequel l'inspiration est la plus évidente, j'ai aussi pensé à celui d'Une Nounou d'Enfer en le voyant. La présence de Peter Marc Jacobson, probablement ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (j'en ai parlé il y a quelques heures à peine, vous étiez où ?!) : la fiche The Starter Wife de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Médicament générique - Permalien [#]

Desperate Staterwife

Certaines séries ont le défaut de tout de suite vous en évoquer une autre. Cette année, ce n'est pas étonnant outre mesure qu'on ait des relents de Desperate Housewives régulièrement, toutes les chaînes ont leur remake dans la grille. D'ailleurs je vous ai déjà parlé de Army Wives... eh bien voilà, tout le monde a sa variation sur le même thème. La bonne nouvelle, c'est que la ménagère de moins de 50 ans américaine va enfin se reconnaître dans les séries de cette saison, où le jeunisme prend un sacré uppercut.

C'est Debra Messing qui se commet dans The Starter Wife, objet du post d'aujourd'hui. Arrêtons-nous d'ailleurs sur ce choix de casting : Debra est une plutôt bonne comédienne, et surtout elle est bien bankable, du coup voilà un show taillé sur mesure pour elle. D'abord parce qu'il est léger : nous n'avons pas trop de scènes exagérément dramatiques, même quand elles seraient en droit de l'être, vu que Debra est plus douée dans l'humour (il suffit de voir sa prestation déplorable dans Prey) que dans la tragédie. Ensuite, pas de gags : le temps perdu à refaire inlassablement les prises d'une série qui n'est pas tournée en public est ainsi gagné, et ce, juste parce qu'elle fait partie de ces comédiennes incapables de dire une tirade drôle sans exploser de rire (c'était évident dans Will & Grace mais aussi dans Ned & Stacey). Que reste-t-il ? Un rôle doux-amer qui lui va comme un gant, donc, et qui lui permet d'être efficace.

D'ailleurs bien des choses sont efficaces dans The Starter Wife : le scénario, qui en dépit d'un pilote d'1h30, ne possède pas un temps mort, pas une petite digression ; les dialogues, dont on ne peut pas dire que la prod' ait fait son soucis majeur, du coup au lieu d'être excellents, ils sont efficaces... et enfin les acteurs, qui rentrent tous sagement dans leurs petites boîtes, sans chercher à nous épater, juste à servir l'histoire. Bref, une bonne machine bien huilée qui prouve que devant et derrière la caméra, tout le monde sait ce qu'il fait. C'est du travail bien brossé.

Inutile de vous faire une dessin : il manque donc un éclair de génie à cette série, le truc qui crée le coup de coeur, la seule raison pour laquelle vous allez accrocher à la série plutôt que de simplement la regarder si vous tombez dessus en zappant. The Starter Wife n'est pas une série qui vous fait tomber en pâmoison, c'est juste une bonne série, ce qui, certes, est déjà pas si mal. Elle ne possède pas un casting à tomber raide, juste un bon casting. Son générique n'est pas épatant, juste marrant. Sa bande son n'est pas amusante, elle est... ah bah non, là c'est pire, c'est la B.O. de Desperate Housewives. On oublie la musique.

Alors, pourquoi regarder The Starter Wife ? La réponse n'est pas une énorme affirmation enthousiaste, du genre de "oh mon Dieu c'est trop génial il faut absolument regarder c'est énorme", en fait c'est plus subtil que ça, et c'est la raison pour laquelle The Starter Wife n'aura sans doute pas le succès du DH dont elle s'est si visiblement inspiré.
Je pense que le charme classieux de Debra Messing (toujours sublimissime et altière, c'est le rôle qui le veut mais on a la classe ou on l'a pas), les décors hollywoodiens (cette maison sur la plage, je pourrais tuer pour y emménager vous savez ???), et les mille petites intrigues des uns et des autres (certaines commençant assez tardivement comme les problèmes d'argent du quota gay) ont leur intérêt, leur charme, et peuvent toucher une partie du public qui appréciera cette sobriété et cette sorte de subtilité. En plus, ces éléments peuvent gagner en impact à mesure que la série vieillira et larguera les amarres.

Et puis, quand bien même de nombreux éléments de la série sont très conventionnels, scolaires pourrions-nous dire éventuellement, on ne peut que se prendre d'affection pour le personnage de Molly : c'est un personnage extrêmement attachant, finement drôle (pour les raisons énoncées plus haut, elle ne fonctionne pas par tirades étincelantes mais par l'accumulation de petites attitudes charmantes et amusantes), bref plein de qualités que toutes les Desperate Housewives, non plus que beaucoup de leurs clônes, n'ont pas à ce point, optant plus souvent pour la comédie franche. Un équilibre très féminin, pas du tout caricatural, finalement assez naturel : voilà la force de ce personnage, et donc de la série.

Arriverai-je à me préoccuper des déboires de Molly pendant longtemps ? Déjà, 1h30, ça ne m'a pas semblé si long que ça, c'est déjà bon signe, surtout venant de quelqu'un qui est paramétré pour avoir envie de zapper au bout de 45mn. Certains personnages de second ou troisième rang ont piqué ma curiosité aussi, certaines interactions de Molly avec ces personnages sont intéressantes, le final est touchant sans jouer les violons, bref il y a finalement des raisons... comment dire ? Raisonnables ? De donner sa chance à The Starter Wife. Au moins une chance. Vous aviserez ensuite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Starter Wife de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:27 - Review vers le futur - Permalien [#]


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