ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-04-12

Génération à poil

"I don't think you understand how big of a mess we're in. My disability checks are barely covering our bills, much less all of this. What did we think when we remodeled this kitchen ?
- Things were really good then ! And they're gonna get good again, I've got some really promising leads.
- Riley, you don't get it.
- Oh I get it, it's all we talk about anymore ! I just wanted one day of fun for our family.
- And what ? You want me to just fake it ?! I've had zero luck finding a job, and I got you out there, running around, jacking up our credit cards with another shopping spree !
- Now that is not fair. I got that jacket 70% off, I had to trumple it all over town, and would you please settle down ? Kyle, it's your birthday...
- I can't. Allright, I tried, I can't. The bank called again about our mortgage. This is not exactly where I expected to be at 33."
(Kyle et Riley Parks, The Client List - 1x01 : The Rub of Sugarland)

Ce dialogue ouvre (ou quasiment) le pilote de The Client List. C'est une longue conversation amère d'un couple étouffé par les contrainte financières. En filigrane, on sent la crise, on sent la question du chômage, on sent le problème du pouvoir d'achat, on devine la peur de la privation.
Elle m'a interpelée, peut-être même irai-je jusqu'à dire qu'elle m'a choquée, parce qu'elle est incroyablement longue, détaillée, et qu'elle a cette façon d'en rajouter alors qu'on a très bien compris à chaque intervention de Kyle que la situation financière n'était pas au beau fixe. On peut y voir l'absence de subtilité du scénario. Je n'ai pas eu l'impression que c'était la seule raison. D'ailleurs par la suite le scénario sera encore moins subtil et modifiera les raisons de l'agonie financière de Riley ; en réalité ce passage est un choix et pas une obligation pour prouver que l'héroïne est dans la panade. Mais ceci n'est pas un post sur le pilote de The Client List ; plutôt sur les questions qu'il soulève, même si c'est en partie involontaire.

GenerationaPoil

Lifetime nous a offert par le passé des séries comme Beach Girls, Drop Dead Diva, Rita Rocks, ou la mini-série Maneater (que, sérieusement, j'ai été infichue de trouver à ce jour, et croyez-moi ça m'agace, mais qui avait l'air quand même bien plus légère). Sans aller jusqu'à dire que le constat social en était totalement absent, ne serait-ce parce que des séries comme Strong Medicine ou The Protector, de par leur genre (respectivement médical et policier), finissaient toujours au moins par effleurer quelque chose. Mais le fait est qu'on n'avait pas cette impression de désespoir dans les séries précédentes de la chaîne.
Pour moi, Lifetime était un peu le dernier bastion de l'angélisme à la télévision américaine. Les téléfilms de Lifetime, que je regardais pas mal à une époque, commençaient presque toujours dans une famille heureuse, équilibrée, sans gros trouble financier ; c'est seulement après que quelqu'un découvrait qu'il avait le cancer, qu'une jeune fille était frappée d'anorexie ou qu'un voisin commençait à être trop pressant. L'héroïne (puisque dans 99% les téléfilms de Lifetime ont une héroïne, naturellement) allait traverser le pire, parfois avec sa famille, parfois sans (bah oui, si les petits ont été kidnappés !), mais on partait d'une situation positive, et on visait le happy end.

Plus largement, depuis de nombreuses années maintenant, des séries comme Weeds, Hung, ou Lights Out ont pris l'initiative de parler de personnages qui vivent un revers personnel qui leur amène des déboires financiers. On était encore à un stade où on pouvait se dire : "ok, c'est pas très marrant, mais ptet que si ces gens ne s'accrochaient pas à leur ancien niveau de vie, ils pourraient voir un peu plus vite le bout du tunnel". D'ailleurs je vous ai dit tout le bien que je pensais de la façon dont ces séries traitaient le problème.
Là j'ai comme le sentiment qu'on vient de passer une étape de plus dans la morosité ambiante : l'économie est pourrie et les temps sont durs. Pas de perspective, pas d'espoir ; que la galère, encore et toujours. Nous n'avons rien de rien, disent ces personnages, et surtout Kyle. Trente ans, et complètement à poil.

Je ne pensais pas dire ça d'une série de Lifetime, mais cela reflète énormément ce que je peux lire dans la presse quant à ma génération (eh oui, les Parks, héros de The Client List, ont mon âge... enfin, dans le scénario) ou ce que je peux entendre autour de moi.
Génération foutue.

Mais il y a eu d'autres générations qui ont connu la crise avant, et quelques unes avaient la télé. Sauf que leurs séries ne semblaient pas vouloir dire ce désarroi de la même façon ; voulaient-elles vraiment le dire d'ailleurs, je n'en suis pas systématiquement convaincue. J'en ai regardé quelques unes qui commençaient à dater, comme The White Shadow par exemple, qui date de la fin des années 70, et même si on y parle de problèmes sociaux, il y reste de l'espoir ; le constat n'est pas idéal, mais on n'en ressort pas avec l'impression que c'est foutu. Personne ne tient un tel discours. Une décennie plus tard, quand Roseanne parle des petits de ce monde qui ont du mal à joindre les deux bouts, elle en rit, par exemple ; elle ne fait pas qu'en rire, mais elle tourne les choses avec humour tout de même ; pour autant personne dans Roseanne ne pense sincèrement que les choses vont devenir extra, le sens des réalité persiste, et hormi la dernière saison surréaliste, la plus grosse réussite des Conner sera de parvenir à ouvrir leur propre sandwicherie, preuve qu'on ne parle pas non plus d'un happy ending de type 7 à la Maison. C'est réaliste sous un certain angle, mais le recul de la fiction est présent, offrant une porte de sortie, une soupape de sécurité. C'est ce qui faisait l'intelligence aigue des premières saisons de la série, d'ailleurs.
Ce sont là les exemples les plus parlants qui me viennent à l'esprit, mais beaucoup d'autres séries ont parlé de problèmes d'argent et/ou de pauvreté, par le passé, y compris énormément de comédies. Les choses n'avaient pas l'air despérérées. Voire même : foutues. Les générations précédentes semblaient moins fermées à l'idée de conserver un petit peu d'optimisme dans leurs séries, même si ça ne leur évitait pas toujours d'aborder certains problèmes.

J'entends bien que le principe de The Client List est justement de montrer une femme tellement aux abois que, Enfer et damnation, il n'y a rien d'autre à faire, elle va devoir progressivement se prostituer. L'idée est donc évidemment de bien montrer qu'elle n'a pas d'autre choix, que la situation est trop catastrophique pour emprunter les solutions "ordinaires", ou même simplement pour faire preuve de patience dans l'espoir que les choses s'arrangent.
Mais cette conversation avait un ton amer et j'ai trouvé qu'elle donnait un ton bien différent à cette fiction, même si par ailleurs celle-ci ne brillait pas par son originalité. Ou la qualité de son interprétation. Ou bien d'autres choses encore (quelle chance, Riley n'a besoin de pousser les attouchements plus loin qu'avec des gravures de mode...). The Client List aurait pu être l'une de ces fictions, et il y en a eu plein je le disais, qui commencent quand tout va bien et qui nous promettent un happy end, le reste n'étant qu'une façon d'éprouver l'héroïne pour nous divertir ; je n'ai pas vu le téléfilm qui a donné naissance à la série, mais peut-être que c'est de là qu'elle tient son côté désoeuvré, ou peut-être qu'au contraire ce téléfilm employait-il une formule plus classique. En tous cas, cette série-là a fait le choix du pessimisme pur et dur.

Un pessimisme qui est devenu la règle... C'est moi qui ai le moral dans les chaussettes, ou bien de plus en plus de séries de nos jours, sous couvert de "réalisme", ont décidé de ne plus voir les choses qu'en noir ? Notre génération semble tellement foutue que regarder des séries nous lister des problèmes financiers par le détail passerait presque pour la norme.
Vous savez ce qu'elles disent de nous, ces séries ? Qu'on n'y croit plus.

Posté par ladyteruki à 18:39 - Série de valeurs - Permalien [#]

13-08-11

NTSF:SD:SUV::OK

NTSFSDSUV

Grâce à Maxx, j'ai découvert aujourd'hui une série dont j'ignorais tout, ce qui est probablement mon activité téléphagique préférée de tout l'univers. Merci à lui, donc.
Car quand une série se pique de tirer à boulets rouges sur des séries genre Les Experts, après qu'on ait bouffé des séries policières pendant plus d'une décennie et qu'on continue de nous en fourguer par pelletées à chaque season, mid-season, summer season et tout le toutim, ça fait du bien.

Donc, je me suis envoyé les 4 premiers épisodes de NTSF:SD:SUV::, ce qui n'est d'ailleurs pas lourd de conséquences parce que les épisodes font moins d'un quart d'heure. Une véritable affaire, cette découverte.

NTSF:SD:SUV:: se moque de tout ce qui fait le charme des séries policières (ou pas), comme les acronymes, les blagues à la con, les scènes de fin où tout le monde se réunit pour dire que c'est fini et que tout va bien, les scènes avec un portable, les gros SUV, les scientifiques, les scènes d'action à la con, les méchants à la con, les morts à la con, bref, les séries à la con, parce que franchement, les procedurals, c'est pas souvent intelligent (et chaque fois qu'on en sort un nouveau, il faut avouer qu'il est encore plus crétin que les précédents, et malgré ça on continue de nous flanquer à chaque saison des Past Life et des The Protector, preuve que tout le monde n'apprend pas forcément des erreurs).
Donc pour moi qui ai développé ces dernières années une allergie profonde aux séries de ce genre (à un tel point que je n'ai même plus la force de regarder New York Unité Spéciale que pourtant j'aimais à une époque), c'est parfait.

Les blagues sont pour le moins potache. Le budget est... modeste, dirons-nous. Les acteurs ? On ne leur demande pas de nous faire du Hamlet. Mais on s'en fout. On s'en fout parce que déjà, si on voulait une série qui se prend au sérieux, on regarderait tout justement Les Experts. Et puis, vu que ça dure un peu plus de 10mn, disons qu'on a un bon rapport qualité/temps.

La parodie n'occupe pas tout le temps d'antenne : en général, les histoires sont surtout matière à déconner, et seules certaines références ou répliques relèvent de la parodie. Ce n'est pas très grave. Mais il faut quand même admettre que je préfèrerais voir le côté parodique plus accentué, comme pour me venger des heures de souffrance devant les séries visées.
Et puis comme le soulignait Maxx en me vendant la série, il y a pas mal de guests donc ça fait quand même bien plaisir.
NTSF:SD:SUV:: est donc un bon petit divertissement sans prétention mais sympathique, qui gagne à être connu. Je recommande, et j'irais même jusqu'à dire que c'est nécessaire par les temps qui courent, et ce, jusqu'à ce qu'on soit débarrassés des procedurals qui envahissent nos petits écrans.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NTSF:DS:SUV:: de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-08-11

Y a-t-il un pilote ?!

L'impensable s'est produit. Ce soir je voulais me regarder un gentil petit pilote, vous savez, normal, la routine, on est mercredi, mon pilote du mercredi, rien d'extravagant. Eh bien croyez-le ou non mais dans mon dossier si clairement nommé -- Pilotes -- (pour qu'il apparaisse en premier), il n'y avait RIEN. Si, le pilote de The Nine Lives of Chloe King et celui de Necessary Roughness, des conneries comme ça, vous voyez. Des trucs que j'ai déjà vus et qu'il faut que j'archive. Mais prêt à être regardé ? Pas l'ombre d'un pilote.

Comment cela a-t-il pu se produire ? Revoyons l'action au ralenti.

FriendswithBenefits
D'abord, j'ai bien fait tous mes devoirs ces derniers temps. Friends with Benefits, The Protector, Against the Wall... si c'était un pilote, je l'ai vu. On est d'accord que ça ne m'engage pas à aimer, hein. Sauf erreur de ma part, ya aucune série américaine qui m'ait échappé récemment, et du côté nippon, vu que je suis un tantinet plus sélective, au pire c'est en cours de cagoulage. Donc pas de pilote.
Après, il y a plein de séries que je suis de façon hebdomadaire. Par définition, aucune d'entre elles n'a commencé ces derniers jours. Donc pas de pilote.
Facteur agravant, parmi les séries que je regarde cet été, on en trouve qui ont achevé leur piteuse première saison ces derniers jours, comme Falling Skies et Single Ladies, ya pas de quoi se vanter mais en tous cas, tout est vu. Donc pas de pilote.

Mais surtout, ces derniers temps, mon potentiel de cagoulage est complètement phagocyté par Friday Night Lights. C'est pas comme pour Roseanne, mon obsession téléphagique précédente : j'avais l'intégrale en DVD, pendant ce temps-là, il pouvait s'en passer des choses sur mon chez moi informatique, ça gênait pas. Là, à raison d'une saison par semaine, l'espace est restreint.
Ce qui veut dire que contrairement à d'habitude, je n'ai pas été flaner ici et là pour dénicher des pilotes, je n'ai pas testé de vieille série pour la beauté du sport, je n'ai pas décidé de redonner sa chance à un pilote mal-aimé il y a quelques années, non. Donc pas de pilote.
Et pis bien-sûr, la rentrée, c'est dans plusieurs semaines, alors malgré ce que les news, les promos, les annonces et les petits spoilers tentent de nous faire croire, non, ya encore rien à voir. Donc pas de pilote.

Pas de pilote, bordel. Les mots me manquent pour exprimer mon désarroi.
Donc voilà, soyez chics, proposez-moi des idées de pilotes. Vous avez accès à tous les tags sur les séries que j'ai pu évoquer un jour sur ce blog, vous connaissez mes goûts (les vampires sont naturellement persona non grata, par exemple), donc je vous en prie, venez à mon secours, sans ma dose hebdomadaire de pilotes, je me sens défaillir...

Si c'est comme ça, je vais me mater un film, tiens. En priant pour que ce soit mieux que Sucker Punch.

Posté par ladyteruki à 23:27 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

02-08-11

Vraiment !?!

Really
Vraiment, Lifetime ? Vraiment ?
Vous êtes en train de me dire que, pour une fois que je peux regarder un pilote de Lifetime (parce qu'entre nous soit dit, je cherche encore ne serait-ce qu'un extrait de la mini-série Maneater), c'est une série policière ? Vraiment ? VRAIMENT ? Alors c'est vrai, j'aurais pu m'énerver pour The Protector. Mais vu que je ne suis pas les projets de très près, et que le titre était assez transparent, on va être clairs, je ne m'attendais pas à autre chose.
Mais voilà. Against the Wall, c'est un titre ouvert, plein de promesses, capable de tout. C'est un titre derrière lequel il peut se passer n'importe quoi. Et vu que je cagoule TOUS les pilotes sans chercher à discuter sur le pitch que je ne lis même pas, vous comprenez bien que je me régalais par avance d'une nouvelle série. Dramatique. Dramédique. Comique. M'en fous, tout sauf policier. Vraiment.

Alors on pourra arguer que l'enquête n'est pas vraiment le noeud de notre problème. Elle n'est pas si omniprésente dans le pilote que j'aie envie d'aller m'immoler par le feu devant les bureaux de Bruckheimer pour avoir susciter cette fichue mode de la série policière. Vraiment. Against the Wall est avant tout une histoire d'immaturité, d'une femme qui ne se prend pas en charge, qui n'a aucune indépendance, et qui, par un choix qui n'en est même pas un, va bien être obligée de couper le cordon avec popa-moman. Je veux bien.

Mais merde, yavait pas moyen de raconter cette histoire avec autre chose que de la flicaille ? Vraiment ? Et alors que les familles de flics, Blue Bloods a réussi avec succès à les mener à l'écran toute la saison passée ? Vraiment ?

Vraiment, Lifetime !?! Incroyable.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Against the Wall de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:40 - Review vers le futur - Permalien [#]