ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-09-12

Chère Mindy

Puisque vous savez que whisperintherain et votre serviteur ont décidé de regarder tous les pilotes de la saison, je ne vais pas vous mentir : on est un peu débordés, là. Avec NBC qui sort tous ses pilotes avant même leur diffusion, les pilotes australiens qui nous tombent toutes les semaines, et la Grande-Bretagne qui ne chôme pas, on est en train de prendre la mesure du défi, je vous l'avoue. Cela dit c'est hyper stimulant, et c'est aussi pourquoi la rentrée est toujours un moment fascinant !
Au programme aujourd'hui, le pilote de The Mindy Project, et naturellement vous trouverez au bas de ce post un lien pour aller jeter un oeil sur ce que whisper en dira le moment venu.

TheMindyProject

Chère Mindy,

Tu sais... au fait, je peux te tutoyer ? Je ne te connais pas, je n'ai regardé qu'un seul épisode de The Office de toute ma vie, mais j'ai l'impression qu'on est déjà de vieilles copines. Ça ne t'ennuie pas ? Bon.
Tu sais, disais-je, tu m'es sympathique, et le plus drôle c'est que j'ignore pourquoi. Peut-être parce que la progression de ta carrière me donne instanément confiance en toi, et qu'une comédienne qui a passé du temps à écrire me rend moins méfiante (quoique ; ne pas oublier que Whitney Cummings écrit aussi). Peut-être parce que depuis Neela Rasgotra, j'ai un léger faible pour les femmes typées indiennes. Ou tout simplement, je trouve que t'as une bonne tête. Une tête de fille à la fois rigolote et futée. Tina Fey en moins imbue d'elle-même. Voilà, ça doit être ça. Pour résumer, je t'ai à la bonne.

Evidemment, on n'a pas trop de centres d'intérêt communs. Bon, ça arrive. Personnellement, les comédies romantiques m'épuisent. Dés la première image. Leur côté narcissique, d'abord ("moi je veux ci, moi je mérite ça, qu'est-ce que je fais bien, qu'est-ce que je fais de travers, je suis jolie même quand je pleure, et ma robe, tu aimes ma robe ?"), et puis l'impression d'assister encore et toujours à la même chose. Mais je suis une grande cynique, c'est peut-être un peu ça aussi.
Je vais te le dire franchement, ça m'effraie même un peu. Parce que ton ex se marie (et que, bon, ok, tu as été arrêtée pour ivresse sur la voie publique et quelques autres menues infractions), tu décides brusquement de changer. De trouver "le bon", parce qu'à 31 ans, tu ne peux plus te comporter comme une ado attardée. De mettre de l'ordre dans ta vie un peu brouillonne pour la partager avec quelqu'un. Ça m'effraie parce que faire tout ça pour quelqu'un qui n'est pour le moment réduit qu'à un concept, ça me semble démesuré. Mais hey, après tout, ta raison n'est pas moins bonne qu'une autre ; un personnage qui tente de se changer sera toujours intéressant à suivre.

Mais justement, je crois que la raison pour laquelle je t'aime bien, dans le fond, c'est que tu es capable d'avoir ces préoccupations qui me sont totalement étrangères (se marier, avoir 6 enfants...) et de quand même me les rendre accessibles. Tu n'es pas une romantique ridicule qui rêve de jolis garçons en restant campée devant ses films des années 80 et en attendant le prince charmant. Tu es une femme à qui il manque juste un peu d'autonomie et d'assurance à mon goût, mais qui a une vie professionnelle, sociale, et surtout sexuelle bien remplies ; tu n'es pas dans la passivité, on ne te marche pas impunément sur les pieds, et tu n'as rien d'une ingénue naïve. Tu es juste une de ces personnes avec qui je n'ai pas grand'chose en commun, mais avec qui ça me plairait quand même de passer un peu de temps.

Et puis je sais pas... Je te dis : je ne te connais pas. Et pourtant j'ai l'impression que The Mindy Project, c'est tellement toi. Il y a quelque chose de sincère et d'honnête dans ton personnage, dans son rapport notamment aux personnages masculins, dans le vocabulaire qu'elle emploie, et même dans les vêtements qu'elle porte (ou ses coussins).
D'ordinaire, c'est toujours un peu casse-gueule, les comédiens qui se trouvent, ou pire, s'écrivent, un rôle sur mesure juste pour avoir une série à leur nom (Whitney Cummings ?), sans se fouler à inventer un personnage nouveau ; mais je sais pas, pour toi ça passe. Tu as quelque chose de frais quand même.

Peut-être parce que ton personnage est capable de prendre du recul. Peut-être parce qu'elle est capable de sous-entendre que les films romantiques qu'elle récite comme des psaumes ne sont pas toujours de bon conseil, ou qu'ils l'induisent en erreur. Mais surtout parce qu'elle vit quand même sa vie, qu'elle se tape un mec super mignon avec lequel elle n'a pas d'attaches, et qu'elle a du répondant. Oui, surtout ça.

Du coup, même en étant épouvantablement girly, même en ayant des préoccupations qui me dépassent, même en étant situé dans un univers qui pourrait confiner au stéréotype sexiste (la femme qui veut se marier et avoir des enfants... et qui est comme par hasard gynéco), ton Mindy Project, il n'est pas tout-à-fait universel, même si je ne doute pas un seul instant que bien des femmes célibataires s'y retrouveront, mais il ne me donne pas l'impression d'un club fermé au sein duquel je n'aurais pas ma place. Je peux y entrer, j'y suis bien accueillie, et j'ai envie de rester.

Alors chère Mindy, merci. Même en employant des clichés de romances qui en général m'insupportent, même avec un but dans l'existence qui m'est totalement étranger, tu m'as fait regarder un pilote de dramédie romantique le coeur léger. J'étais disposée à rire. Je l'ai fait de bon coeur une ou deux fois. J'ai aimé les scènes moins déjantées, aussi. Je l'aime bien, ton Mindy Project.
J'ai hâte qu'on devienne de bonnes copines. On ira boire un verre ensemble le vendredi soir ; je sais déjà que je te verrais les vendredis soirs, ça semble parfait. Surtout que je t'aime bien aussi quand tu es pompette.

Sérieux, Mindy, je sens que c'est le début d'une grande histoire. Peut-être pas celle que tu espérais mais, bon, c'est déjà ça, hein.

Bien à toi,

lady

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:53 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-01-12

Mr. Dismissed

Il sera dit que ce dimanche sera canadien ! Mais cette fois, on va changer de registre et s'intéresser à une comédie, Mr.D, qui a débuté en début de semaine. Pour être honnête, la teneur du post va également changer de ton par rapport aux deux précédents.

MrD
"Mr. D", en fait Mr. Duncan, c'est un prof de sport qui a assuré plusieurs remplacements, mais qui n'a trouvé de post permanent qu'en tant que prof d'Histoire. Il intègre la Xavier Academy, un collège privé, dans un domaine où il est donc totalement incompétent. Il se retrouve également à coacher l'équipe junior de basket féminin, nous permettant de constater ses ravages aussi bien en salle de classe qu'en salle de gym.

Le problème, c'est que Mr. D est un pauvre con. Sérieux, ya pas d'autre mot. Il est arrogant, il se prend pour le copain des élèves, le mec super cool de la salle des profs, l'expert en sport, le beau gosse... il a tous les travers. Il est insupportable. Son comportement est systématiquement du style tête à claques.

Le pilote est donc entièrement dédié à un seul objectif: vous le faire détester. Pas une seule fois il ne se montrera touchant, comme peuvent l'être d'autres personnages écrits pour être détestables, non, le but est uniquement d'agacer le spectateur un peu plus à chaque nouvelle scène, dans l'espoir paradoxal qu'il n'éteigne pas sa télé avant la fin de l'épisode mais qu'il lui vienne quand même une grosse envie de meurtre.
Je vous avoue que c'est vraiment quelque chose qui échappe totalement à ma compréhension. On n'est pas tout-à-fait dans un système humiliant comme dans des séries du type The Comeback, dont j'ai déjà pu parler, mais la dynamique est quand même assez proche puisqu'il est absolument impossible d'apprécier le héros de quelque façon que ce soit, et qu'il n'offre aucune forme d'aspérité à laquelle on puisse s'attacher. Ca me rappelle un peu mes souvenirs brumeux du pilote de The Office, sauf que là on n'arrive à le trouver pathétique, au mieux, que dans les "bons" moment. La grosse différence étant qu'on n'est pas dans une logique de mockumentary ce qui a au moins le mérite d'être original.

Au final, Mr. D est surtout le portrait d'un pauvre gars qui va persister dans sa bêtise, avec en plus, assez peu d'occasions pour les personnages l'environnant de vraiment exprimer l'exaspération du spectateur. Les rôles secondaires pourraient en effet être intéressants (le surveillant psychorigide, la prof sérieuse qui a des vraies angoisses de prof, la secrétaire du collège qui flirte avec tout ce qui bouge...) mais n'ont pas l'opportunité de vraiment se développer, et ne réagissent que de façon assez brève à leur insupportable interlocuteur, sans lui river le clou ni vraiment le mettre face à ses défauts (ce qui, en l'occurrence, constituerait l'humiliation, quasi-absente de cette étrange comédie comme je l'ai dit). Une curieuse comédie, vraiment.

C'est vraiment le genre de série que je recommande à ceux qui aiment les séries susmentionnées. Sans quoi... sans quoi eh bien, vous êtes un peu comme moi, et ça va vous mettre mal à l'aise. Zetes prévenus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : pas de fiche. Pour changer.

Posté par ladyteruki à 19:02 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-11-11

Alors n'y allons pas par quatre chemins

Il faut toujours se méfier des souhaits. Un jour vous clamez partout que vous aimeriez bien vous mettre un peu plus à la comédie britannique...
...et puis vous tombez sur Life's too short et vous comprenez votre douleur.

Episodesaretoolong

Ah alors ça, j'aime autant vous dire que la journée de la gentillesse, c'est fini, hein. Parce que quand je vois des atrocités pareilles, je ne me sens plus gentille du tout, ni envers la série, ni envers les lecteurs, ni envers moi-même. Tout-à-fait, j'ai eu des pulsions morbides devant cet épisode, en fait j'ai ressenti l'envie de m'énucléer avec une pelle à tarte.

Il faut dire qu'entre les accents British (bon, ça, c'est un problème que j'ai, à la limite on va dire que c'est ma faute ; à la limite), l'humour pas drôle, et les blagues à la con sur la taille de l'acteur, déjà j'étais servie. Je soupçonne aussi que Gervais ait choisi Warwick Davis d'abord pour la renommée sur le déclin, ensuite pour les blagues pourries avec les nains (la seule qui m'a fait vraiment rire c'est celle sur la chanson que le nain ne connait pas), et surtout pour qu'on se sente un peu mal de cracher sur la série, en raison de ce sentiment que nos parents nous ont tous appris : la peur de dire du mal des handicapés et assimilés. Bah même pas peur.
Rien qu'avec tout ça, Life's too short partait très, très mal.

Mais surtout. HORREUR. Un mockumentary.
Je vous ai raconté il y a peu comment un mockumentary m'a traumatisée à vie. Personnellement, entre The Comeback et Life's too short, pour moi c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il y en a juste un qui a rétréci au lavage. A part ça c'est quand même la même chose, d'où mes glapissements de terreur devant le pilote de Life's too short, et pas uniquement à cause de la pelle à tarte.

Comme je suis une personne studieuse, j'ai aussi tenté Extras, que je n'avais pas vue, et j'ai vite compris pourquoi. Mockumentary. Et ptet qu'un jour je me collerai à la version britannique de The Office, un jour où je me hais à un tel point qu'être hantée par les souvenirs du pilote de la version américaine ne suffisent plus à augmenter me punir. Saloperies de mockumentaries, allez tous brûler en Enfer. C'est vraiment infâme ce goût que peuvent avoir des fictions pour se rapprocher au plus près de la télé réalité. Si je voulais de la télé réalité, je regarderais de la télé réalité. D'autant qu'il n'y a aucune surprise, peu ou pas de character development, dans ce genre-là. C'est le genre soit de l'humiliation sempiternelle, soit du soulignement infini de le contraste entre les actes et les paroles. C'est tout. Il n'y a jamais plus loin.

Le seul mockumentary que je tolère est Modern Family. Je ne le trouve pas tellement drôle non plus, mais il a le mérite de ne pas me retourner l'estomac parce qu'il y a un côté un peu plus affectif. C'est vraiment l'exception qui confirme la règle.

Rien que d'en parler je suis fâchée. Alors parlons d'autres choses, de choses drôles, de séries sympas. Pour continuer dans la vague comédies de cette semaine, il y a par exemple le SeriesLive Show, où vous apprécierez mon professionnalisme et mon sens de la retenue dans le traitement de la news sur Life's too short.
Le nombre de séries misérables que cette émission m'aura fait regarder, quand même. Parce que l'air de rien, sans SeriesLive Show, il n'y aurait jamais eu de traumatisme The Walking Dead...

Posté par ladyteruki à 22:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-09-11

Live from...

Ca fait quelques temps que je ne vous avais pas embêtés avec ça, pas vrai ? Ce soir, SNL revient et je vous avoue que c'est à la fois une joie et une petite angoisse. Il faut dire que le cast n'aura connu aucun changement majeur cette année : Bobby Moynihan est devenu un castmember à part entière, mais à part ça les featured players sont les mêmes (le sang frais fait pourtant beaucoup de bien), il n'y a pas eu de gros départ parmi les comédiens réguliers, et même le host de ce season premiere donne dans le business as usual puisque c'est Alec Baldwin qui démarre la saison. Je ne me plains pas de sa présence, mais vu que la saison 36 n'a pas fait partie des meilleures, c'est quand même dommage de rester sur ce genre d'acquis.

Au moins, on joue la sécurité pour ce lancement de saison et ça devrait être un plaisir de retrouver la bande de SNL, c'est ce qu'il faut se dire (j'espère qu'avec la semaine de finalisation de mon déménagement je pourrai le regarder sans trop devoir attendre).

Comparativement je suis beaucoup plus méfiante quant à la venue de Melissa McCarthy. Je sais bien qu'elle a été bookée avant son Emmy (officiellement ?), et qu'il y a eu le succès Bridesmaids, mais croyez-en quelqu'un qui a regardé toute la première saison de Mike & Molly, et qui ne sait toujours pas pourquoi : elle est loin d'être hilarante, d'avoir ce truc qui déchire qu'un host doit avoir pour tenir toute l'émission sur ses épaules, surtout quand le cast a tendance si facilement à se reposer sur l'invité en question, on a pu voir l'an dernier combien ça leur arrivait facilement. J'ai donc tendance à penser que ça relève quand même plus de la promo facile que de l'envie de trouver des gens vraiment drôles pour présenter l'émission.

Oui, je commence cette nouvelle saison de Saturday Night Live avec un petit a priori, qui en fait est un héritage de l'an dernier quand je n'avais même pas regardé l'émission avec Ed Helms (mais le fait qu'il ait été invité à présenter l'émission est révélatrice maintenant que le season premiere de The Office est passé).

En attendant, je regarde quelques uns des sketches que je me suis découpés, pendant mes voyages en train. Reconnaissons-le, il n'y en a pas beaucoup issus des émissions de la saison 36 ; beaucoup d'émissions finalement assez tièdes, pas mauvaises, juste un peu trop scolaires.
Allez, il faut se dire que la 37 sera mieux.

Dans un accès de passéisme qui pourtant ne me ressemble pas, j'avoue craquer sur les extraits des vieilles émissions, comme celui-ci. Faute de temps, c'est pas sous-titré, désolée.

SNL-SexEd

Posté par ladyteruki à 21:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-08-11

Dream job

Retour au boulot après un weekend de trois jours, et alors que mon patron rentre de vacances. Adieu au pendu, au baccalauréat et à tout ce qui a occupé la 1e quinzaine d'août, pendant laquelle il n'y avait rien à faire. Fin de la rigolade. Les affaires reprennent.
Et pourtant je n'y suis pas allée à reculons, ni les épaules basses. En-dehors du fait que je dois me lever un peu tôt à mon goût, ça ne me dérange pas du tout.

Je me demande comment ça se fait.
Parce qu'on ne peut pas dire que les séries donnent beaucoup envie de bosser.

DreamJob
Déjà parce qu'on ne voit pas souvent les personnages travailler, en vrai. Dans les séries américaines, quasiment pas du tout. Dans les séries nippones, juste de quoi montrer une certaine image d'Epinal (ressemblant furieusement à un clip dans de nombreux cas).

Il y a l'école Roseanne ou Working Class. Des séries qui montrent à peu près régulièrement des personnages en train de bosser, mais pas vraiment de façon motivante. Ces personnages-là n'aiment pas leur travail, ils sont bloqués dedans pour payer leurs factures, et c'est tout. Motivation : zéro. Evidemment ya pas d'excitation intellectuelle folle à servir des sandwiches ou assembler des bouts de plastique à la chaîne, mais bon, les personnages ne sont pas obligés de se plaindre de leur boulot à longueur de temps non plus. Je sais bien que Roseanne est un cas particulier, et que la série repose sur ça pour soutenir son propos autant que Mariés, Deux Enfants, mais dans ce cas précis, admettons-le, le personnage principal n'aime pas le travail TOUT COURT. Quel que soit le boulot, ça ne va que si Roseanne peut ne rien faire (et dans ce cas-là elle se plaint que le patron est un emmerdeur, ou les clients, ou les collègues...). Mais ça fait quand même pas mal de mécontents si on ajoute les George de Dead Like Me et tous les jeunes travaillant à un moment ou un autre de la série dans un fast food quelconque (Buffy, this one's for you).

Ce n'est pas mieux dans l'immense majorité des séries comiques ou dramatiques. Quand un personnage a une profession, il n'y pose pas les pieds. Si, au début d'un épisode jusqu'à ce qu'on l'appelle et que l'intrigue commence, à la Parenthood, ou quand il y a une petite intrigue à tirer de ses relations de travail, genre Monica dans Friends. On ne le verra jamais aller au boulot et y passer du temps juste parce que ça fait partie de sa vie (8 à 10h par jour seulement, en plus). On part probablement du principe que ça va ennuyer le spectateur. Je trouve au contraire que ce serait, une fois de temps en temps (je ne dis pas dans TOUTES les séries), une bonne façon d'explorer le personnage, son caractère, son background même. Mais c'est comme si on cherchait des personnages auxquels s'identifier le plus possible, sauf sur le boulot. On ne veut pas entendre parler de travail. Les personnages gagnent leur vie par l'opération du Saint Esprit. C'est comme si une cigogne venait leur apporter leur chèque à la fin du mois.

Pour finir, il y a les séries se basant sur un univers professionnel, et là, difficile d'échapper à l'univers du travail ! Mais quand on y regarde de plus près, ces séries-là ne parlent pas souvent du monde du travail lui-même.
Déjà il faut retirer toutes les séries policières, qui parlent en général seulement des enquêtes elles-mêmes, et pas de l'ambiance de travail, des rapports avec la hiérarchie ou tout simplement de l'accomplissement qu'on ressent ou non (à l'exception de la franchise Law & Order, et encore, à des degrés divers selon la série). Ces angles sont le plus souvent cantonnés à 2mn dans un épisode trois ou quatre fois par saison, et après on n'en parle plus. Dans Les Experts, c'est ce qu'on décide de considérer du character development, faut de mieux dans 99% des épisodes (et puis soudainement arrivent les sweeps ou la fin de l'année, et là on s'inquiète un peu et dans ce cas le character development s'intéresse à la vie pseudo-personnelle d'un personnage ou deux).
Les séries médicales ou judiciaires ont souvent ce même problème, en particulier sur le long terme ; la première et éventuellement la deuxième saison parlent du degré de fatigue des personnages, de leur engagement dans le travail, de l'impact des cas rencontrés sur leur moral, et puis au bout d'un moment, bon, on repart sur les histoires persos, ça va bien maintenant. Et puis admettons-le, combien d'entre nous vont devenir chirurgien ou avocat ? Tout ça, c'est par soucis de dramatisation, mais pas du tout parce que le milieu va soudainement nous sembler familier. C'est une espèce d'exotisme de proximité : les personnages vont travailler, mais ils ne font pas un travail dans lequel la majorité de la population va se reconnaître.
Restent donc les séries qui sont bien obligées de passer du temps au travail. Et on doit reconnaître que ce sont le plus souvent des comédies qui s'en chargent le mieux, genre évidemment The Office, Outsourced ou Better Off Ted, ce qui n'est pas fait pour donner vraiment envie de bosser.

Je sais que je suis épouvantablement réac, je le sais, mais au nom du ciel, mais quelle série faut-il regarder pour apprendre à aimer le travail ? Pour apprécier ses collègues ? Pour montre ce que c'est vraiment que de démarrer ? Je n'en vois aucune.
L'autre jour sur Twitter, l'une des personnes que je suis, apparemment assez jeune et venant de commencer dans un nouveau boulot, disait sa déception d'avoir fait une bourde pour son premier jour. Je trouverais ça cool que, de la même façon que des séries accompagnent les ados pendant leurs vie au collège ou au lycée, et même à la fac, dans des situations diverses (en cours, en famille, entre amis, au sport...), il y en ait une que cette personne puisse regarder pour se dire "nan mais, des bourdes, on en fait tous en début de carrière, ça ira mieux avec le temps". Et pas forcément en mettant en jeu la vie d'un patient ou en envoyant un innocent en prison.
Des séries pour apprendre à explorer des choses variées, il y en a plein. Il y a des séries qui parviennent à me donner envie de vivre différemment, de vivre une histoire d'amour, de vivre des aventures, de vivre ailleurs... pour donner une idée sensible du monde du travail, je suis désolée, yen a pas.

Quand tu es personnage de série, ton boulot, soit tu le détestes parce qu'il est minable, soit tu t'y adonnes corps et âme parce qu'il fait partie des "nobles" professions qui dirigent la société. C'est comme si tous les spectateurs étaient des mères juives qui veulent que leur personnage favori soit médecin, ou avocat (parce que POTUS, c'était déjà pris), sinon c'est la misère.

Quand j'étais ado, je regardais Friends en me disant qu'avoir 30 ans, c'était avoir des dates et se retrouver entre copains. Je ne me disais pas qu'avoir 30 ans, ça pouvait être analyste financier (ou peu importe la profession qu'exerçait Chandler, d'ailleurs le flou autour de sa profession en dit long). En fait, je fais mentalement le tour des séries que je regardais, que mes camarades regardaient, que ma soeur regardait... pas moyen de trouver une seule série qui essaye de donner envie d'aimer le boulot. Ce ne devrait pourtant pas être une fatalité.

Alors je sais bien. Une série n'a pas forcément pour rôle d'être pédagogique, et je suis la première à le dire. Mais sans aller jusque là, pouvoir se reconnaître dans le monde du travail, ça peut être l'objet d'une série dramatique sans aller jusqu'au prêchi-prêcha. Et d'ailleurs à l'origine, les séries policières avaient pour vocation de donner une bonne image des flics aux spectateurs, et ça a bien marché. Pourquoi on ne ferait pas la même chose avec des séries sur le monde du travail au lieu de toujours caricaturer ce que c'est que de bosser dans un milieu qu'on n'aime pas ?
D'ailleurs ça me donne l'impression que la plupart des séries s'adressent aux adolescents tant qu'ils vont en cours (collège, lycée, fac), puis ensuite, propose des personnages dans le monde du travail, comme s'ils y étaient entrés le plus naturellement du monde. Il n'y a rien entre les deux ?

Et puis, allez, je me doute... Les séries vont quand même pas prêcher contre leur paroisse ! Les gens qui aiment bosser, je suppose qu'ils ne sont pas censés aimer les séries, ils n'en regardent pas ; normal, ils sont au boulot ! Non ? C'est pas la logique ? On dirait que ça l'est, en tous cas. La symbolique derrière tout ça me laisse perplexe.
Je devine bien que les gens ne regardent pas forcément des séries pour qu'on leur rappelle leur quotidien pas marrant. Mais ça dépend des séries, parce qu'il y a aussi des gens capables de regarder Oz pendant plusieurs saisons, comme quoi les choses pas marrantes, quand c'est bien fait, ça peut être captivant. Je refuse de croire que tous les gens qui regardent des séries le font uniquement pour se vider la tête, ou alors il faut m'expliquer le succès de plein de séries. Parfois on veut du glamour, parfois on veut se sentir concernés. C'est le cas pour plein de thèmes : la famille, l'amour, l'amitié, l'argent...

Mais jamais je ne me sens concernée professionnellement dans une série. Jamais je ne me dis que ça me concerne et que ça reflète quelque chose de vrai (quitte à ensuite le détourner à des fins dramatiques). Parce que je fais partie de ces gens qui aiment bosser, qui apprécient (la majorité) de leurs collègues et même leur boss, et que les séries ne veulent pas parler de ça, des gens qui aiment bosser non pas parce qu'ils font un métier incroyablement utiles à la société (médecin, avocat, flic, reaper...), mais parce qu'ils ont l'impression de s'accomplir eux-mêmes. C'est gratifiant de gagner sa vie (quand on le peut), et c'est gratifiant de savoir qu'on fait quelque chose d'utile ou à peu près.
Où est la série qui me rappelle ce que c'est que de commencer dans un métier ? D'apprendre progressivement les codes implicites de la vie au travail ? De gagner son premier salaire ? De vivre en communauté dans un bureau, un service ou une entreprise où les gens s'entendent bien ? Je trouverais ça vraiment cool qu'une série me rappelle que bosser, ce n'est pas juste un boulet que je dois trainer pour payer mon loyer, mais aussi une façon d'être quelqu'un, d'exister. Je ne fais pas le métier le plus passionnant de la Terre. Je ne fais même pas le métier que j'aurais voulu. Je ne suis certainement pas considérée comme un pilier de la Nation quand je le fais. Mais ça fait quand même du bien de se sentir utile, et d'être payée à quelque chose que je sais bien faire. Pourquoi aucune série ne m'encourage jamais à ressentir ça ? Pourquoi le boulot, c'est soit le bagne si c'est un "vrai" métier, soit un sacerdoce si c'est un métier "utile" à la communauté ? Il devrait y avoir quelque chose au milieu.
Quel genre de message les séries envoient-elles sur le travail ?

Je regardais Julie Taylor commencer à penser à son avenir. Ca fait une saison, un peu plus, que je vois la plupart des personnages de Friday Night Lights envisager leur avenir. Mais aucun de ces personnages n'a envie de travailler dans quoi que ce soit, ils n'ont aucune envie, aucun objectif. Je ne suis pas très étonnée qu'ensuite ils pètent un câble pour avoir livré la pizza de trop et qu'ils prennent le large. Je ne suis pas très étonnée qu'ils plaquent l'université au bout de deux cours. Moi aussi j'aurais envie de tout plaquer si j'avais l'impression que ma vie ne rimait à rien. Est-ce que dans la série, personne ne va leur expliquer qu'il y a un travail qui pourrait leur plaire ? Une alternative aux dead-end jobs, et un but derrière les heures passées le cul vissé sur les bancs de la fac ? Ils ne résoudront pas forcément d'enquête complexe, ne feront pas nécessairement un triple pontage coronarien dans le couloir des urgences avec un stylo-bille, et ne remettront pas forcément la Constitution en question devant une haute Cour. Mais il y a quand même quelque chose d'autre entre ça et faire des petits boulots sans intérêt, non ?

C'est la réac en moi qui dit ça, et je le sais bien. Mais je me dis que s'il existait une, juste une série comme ça, qui donne envie de mener sa vie professionnelle au mieux, de comprendre ce qu'on peut tirer d'un boulot au niveau personnel et humain, et pas juste financier pour subventionner les cafés au Central Perk... je sais pas, on pourrait peut-être aussi en sauver quelques uns de l'autre côté de l'écran. Vous savez ? Côté canapé.

Posté par ladyteruki à 21:42 - Série de valeurs - Permalien [#]


11-12-10

A book by its cover

Librarians

Ni vraiment drôle, ni franchement ratée, The Librarians est une bien étrange série. Tous les éléments de la comédie en single camera sont réunis, mais il en ressort quelque chose à mi-chemin entre la maladresse et le mauvais goût qui empêche de vraiment rire.

LE bon point, c'est d'avoir évité le mockumentary tout en conservant l'élément qui sous-tend en général le genre. La caméra suit le fonctionnement d'une bibliothèque municipale, dirigée par un personnage grotesque, une directrice convaincue d'être dans son bon droit mais pourtant en représentation constante, crispée à l'idée de ne pas donner une image parfaite.
Le fait de ne pas être en mode mockumentary ne donne que plus de poids au personnage, qui apparait comme d'autant plus névrosé. C'est donc la directrice de la bibliothèque qui fait tout le travail dans The Librarians, car les autres personnages, au stade du pilote, ne sont pas très développés (bien que l'histoire de l'employée Dawn soit expliquée avec suffisamment de détails pour ne pas avoir l'impression que ce personnage en fauteuil roulant n'est qu'un gadget comique bon marché). Elle est profondément raciste, incroyablement imbue de sa personne, et c'est un petit chef désagréable et condescendant au possible, et le pire, c'est qu'elle en est plus ou moins consciente parce qu'elle maquille ses propos pour avoir l'air polie et serviable. Une hypocrisie qui ne laisse personne dupe mais qui lui donne l'impression de faire illusion.

Le personnage est bon, à défaut d'être drôle. Et c'est certainement pour cela que seules les scènes où on la retrouve valent le coup, les autres protagonistes ayant tendance à ne pas s'imposer et rester assez binaires.

Je l'ai dit, plusieurs éléments du mockumentary se retrouvent dans le pilote de The Librarians, notamment parce que le personnage central interprète un rôle ; sauf qu'au lieu de le faire pour une caméra, il le fait en permanence et pour tout le monde, ce qui conduit assez logiquement à accentuer sa névrose ; la scène d'intro donne finalement une assez bonne idée sur l'état psychologique de ce personnage. Mais du coup, on est dans quelque chose d'un peu humiliant pour ce personnage qui va devoir, ça semble inévitable à ca stade, devoir encore et encore faire des pieds et des mains pour avoir l'air de tout maîtriser quand elle a du mal à se contenir elle-même.

C'est la raison essentielle pour laquelle je ne poursuivrai pas The Librarians, comme je n'ai pas poursuivi The Office qui m'avait fait le même effet : chaque épisode semble voué à reprendre la même structure, en étant dénué d'une histoire suffisamment solide pour faire avaler la pilule. Je peux avoir tort et je suppose que pour durer trois saisons (la saison 3 s'est finie il y a quelques jours), The Librarians a bien du trouver une parade à ce problème, mais voilà, moi ça me bloque.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Librarians de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:17 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

23-06-10

[DL] The Office

Oui, encore un générique, c'est parce que je continue à la fois mon exploration du monde des sitcoms et ma grève du post intéressant (je sais que ce n'est pas votre faute, mais je fulmine encore un peu, tonnerre de Brest !). Hier, revisionnage du pilote de The Office. On pourra pas dire que je n'y mets pas de la bonne volonté, quand même, hein...
...Par contre on peut pas dire non plus que ma persévérance porte ses fruits. Je me suis ennuyée. Steve Carrell est gros et ennuyeux. Les autres n'ont même pas de nom à mes yeux. Dés les premières images les personnages sont cernés facilement, on n'a aucune envie de les voir répéter leurs mimiques indéfiniment. Rien n'est drôle.

TheOffice
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

D'accord, The Office n'est pas un sitcom, mais chaque fois que je tente de me faire conseiller une comédie marquante des années 2000, on me la cite, alors bon, je me suis dit que peut-être, ou bien, vous savez, si seulement... Bah non.
The Office est encore et toujours synonyme de pénibilité, de lourdeur, de répétitivité à mes yeux. Je sais bien que pour beaucoup je blasphème, mais je me suis infligé ce pilote deux fois à plusieurs années d'écart, je crois qu'on peut dire que l'affaire est pliée. Désolée, ce ne sera pas ma comédie des années 2000.

En revanche, le générique se tient. Eh, c'est déjà ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (à ce stade c'est inquiétant) : la fiche The Office de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:15 - Médicament générique - Permalien [#]

12-03-10

You know what this song reminds me of ?

Même si depuis quelques semaines, j'ai tendance à poster un petit quelque chose tous les jours, je garde une tendresse particulière pour les posts du vendredi. Parce que même si, un jour, on imagine, ne paniquez pas c'est juste une idée en l'air, enfin on sait jamais, mais ne vous alarmez pas inutilement hein, si un jour donc, je ne pouvais plus poster en quotidienne, il resterait toujours les posts du vendredi.
Le vendredi, ici, c'est tout simplement sacré.

Alors pour mon dernier post SNL de la semaine, promis promis c'est le dernier, je voulais partir dans une sorte de feu d'artifices. With a bang, comme on dit. Pardon pour l'anglicisme mais enfin, j'ai traduit et sous-titré pas mal de videos cette semaine, alors bon, ça m'est un peu resté.
Et justement, en parlant de videos sous-titrées, aujourd'hui je vais vous en proposer non pas une, mais plusieurs. Cinq, en fait.
Ces cinq sketches font partie d'une série de sketches ou plutôt, disons, d'une franchise de sketches. Je vous en ai déjà parlé, ce sont les "Song Memories".

Le principe de ces sketches est le suivant : quatre copains (3 membres de SNL : Jason Sudeikis, Bill Hader et Will Forte ; plus l'invité) se retrouvent et écoutent une chanson, qui leur rappelle à chacun un souvenir bien précis.

Le canevas est toujours le même : les quatre copains se retrouvent à l'occasion d'une quelconque rencontre due à leur virile amitié (soirée entre potes, voyage entre potes, célébration entre potes...), l'invité met une chanson, et dans l'ordre, Jason, Bill, Will et l'invité y vont chacun de leur anecdote, entrecoupant leur conversation de passages où ils entonnent le refrain de la chanson en chœur. Les anecdotes en question relèvent de thèmes récurrents : le sexe pour Jason, la famille et plus particulièrement son père pour Bill, le boulot pour Will. Pour l'invité c'est plus fluctuant.
Immanquablement, le sketch finit sur la reprise d'un passage de Pulp Fiction... enfin, c'est Wikipédia qui nous le dit, moi j'ai jamais vu ce film. Mais ça me semble plutôt cohérent.

Quand on voit l'un de ces sketches séparément, comme ce fut au départ mon cas (j'ai été déflorée avec celui de Zach Braff), c'est amusant au plus haut point de toutes façons.
Mais pris l'un à la suite de l'autre, les Song Memories prennent toute leur saveur. C'est quasiment une série ! Personnages réguliers, gimmicks... La structure étant exactement la même, ça permet en plus des variations amusantes (comme dans celui avec Paul Rudd qui pour une fois se passe dans une voiture), tout en gardant les mêmes mécanismes.

Bref, sous forme d'anthologie, ça a encore plus de croustillant.
A un tel point que j'ai consenti à regarder une émission où Ashton Kutcher était l'invité (à part lui et Megan Fox, je les regarde sans sourciller, quitte à le regretter ensuite comme pour celui avec Michael Phelps, mais enfin, là, ça m'a quand même demandé un effort de volonté).

Alors voilà, aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vais ni plus ni moins vous proposer les 5 sketches des Song Memories, sous-titrés en français.

Ah, avant de commencer, un dernier avertissement : rappelons à toutes fins utiles que Saturday Night Live, c'est une émission qui passe tard le soir. Ce n'est pas une émission tous publics. Ce n'est pas toujours très familial. Et les Song Memories, eh bien, vraiment, c'est particulier. Ce n'est pas toujours très politiquement correct, voire même pas du tout. C'est même parfois franchement dégueulasse.
Mais vous savez quoi ? Je crois que je les aime à cause de ça, ces sketches. C'est pour toutes les fois où je me dis que j'aurais bien aimé être un mec avec une bande de potes comme ça (dit-elle en tapant précautionneusement sur son clavier pour ne pas abimer son vernis) et où l'humour un peu gras typique d'une mâle assemblée me manque un peu. Donc vous voilà prévenus, c'est pas des blagues aussi gentillettes que ce que j'ai pu poster durant les jours précédents.

Allez, je ne vous fais pas plus attendre, pour la dernière fois cette semaine, en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

Song Memories 1 - Rainn Wilson (The Office)
SNL_SongMemories_1

Song Memories 2 - Zach Braff (Scrubs)
SNL_SongMemories_2

Song Memories 3 - Ashton Kutcher (That 70s Show)
SNL_SongMemories_3

Song Memories 4 - Paul Rudd (Friends)
SNL_SongMemories_4

Song Memories 5 - Bradley Cooper (Kitchen Confidential)
SNL_SongMemories_5

Voilà, rideau, c'est fini, promis je vous embête plus, mon esprit téléphagique est déjà parti ailleurs et le prochain post sera consacré à autre chose. Mais si ya des amateurs, j'ai quelques autres sketches que j'ai découpés et que je peux aussi essayer de sous-titrer, si ça vous intéresse.
Tain c'est presque dommage de les laisser sombrer dans l'oubli, ces sketch. Allez, finalement je vais créer un tag SNL. C'est une première pour une non-fiction sur ce blog, mais là, quand même.

Posté par ladyteruki à 02:37 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

06-01-10

Profession de mauvaise foi

Je ne sais pas comment les scénaristes choisissent les professions de leurs personnages, mais ça me tape véritablement sur les nerfs.
Nan, c'est même pire que ça : je sais comment ils les choisissent. Ils ne les choisissent pas.

Il ne faut pas avoir remporté 25 Emmy Awards pour décréter qu'un type qui va enquêter sur un phénomène étrange va être agent du FBI. Évidemment, s'ils avaient un peu d'imagination, les scénaristes concernés trouveraient un peu mieux que ça, genre, le gars, en vrai, il est toiletteur pour chiens, mais il décide de connaître la vérité quand même, même si c'est pas facile vu qu'il n'a pas la logistique pour ça, parce que le mec, tout toiletteur pour chiens qu'il soit, il se pose des questions. Mais non, il faut qu'il travaille au FBI, et que par-dessus le marché son boss ait décrété qu'une cellule spéciale allait être créée ici, avec lui dedans, parce que même si c'est arrivé partout sur la planète, le gars, il est le seul qui peut résoudre l'affaire ! Mais c'est d'une facilité !!! Où est-ce que ces mecs ont appris à écrire ?
D'ailleurs, entre nous soit dit, je trouve que c'est une insulte à tous les toiletteurs pour chiens, quelque part. Comme s'il tombait sous le sens que seul un agent du FBI se pose les bonnes questions, et ait l'intelligence nécessaire pour se mettre en quête de réponses. Et en prime, c'est lui qui a les visions assorties parce que, bien-sûr, seul un agent du FBI de par le monde peut mener ces investigations à leur terme !

D'accord, Flash Forward n'est pas forcément le meilleur exemple de choix de profession pour un personnage principal, pour la bonne raison que ce n'est que l'un des très nombreux éléments de l'histoire qui donne l'impression d'avoir été tiré au sort dans un chapeau (oui, je suis moins positive sur Flash Forward après avoir passé plusieurs semaines sans regarder d'épisode, et à plus forte raison pour avoir voulu m'y remettre ensuite. Merde, je lui ai donné sa chance à Joseph à cette série, faut pas pousser).

Mais d'une façon générale, les scénaristes ne se creusent quand même pas beaucoup. Dans toute série dramatique voyant le jour en ce moment, il faut d'ailleurs remplir le quota de flic/enquêteur/agent du FBI, ainsi que l'autre quota de scientifique/médecin/savant quelconque. A noter que dans Flash Forward, pour rester dans mon rageur exemple, on a décroché le jackpot : la combinaison est magique à un tel point que ces deux professions sont celles de personnages mariés l'un avec l'autre. C'est dire.

Après avoir passé une décennie à encenser tout cequi pouvait être scientifique et/ou capable de mener des enquêtes, on serait en droit d'espérer que les scénaristes se seraient lassés. Après tout, je me suis bien lassée, moi ! (et c'était il y a 5 ans, au bas mot)
Alors, même si je comprends bien que c'est autant un problème lié au fonctionnement des chaînes de télévision (a fortiori des networks) qu'à la créativité des auteurs, je me demande quand même si, de par le monde, il existe d'autres professions que flic ou médecin (et toutes les variations de l'un à l'autre) dont on pourrait juger qu'il n'est pas indigne de parler.

Oui, oui bien-sûr, qu'il en existe. Il y a les pompiers, les gérants de pompes funèbres, les publicitaires, les hommes politiques, les profs de chimie, les journalistes... Du côté japonais de la barrière, on trouve foison d'hôtesses de l'air, de cuisiniers et de pâtissiers, d'instituteurs, de serveuses, de fleuristes, et même, ô joie, des freeters. Et évidemment une énorme proportion d'employés de bureau, parce que les scénaristes doivent à la vérité de reconnaître qu'une énorme proportion de la population active citadine mène cette passionnante existence qu'est la vie de bureau, chose qu'en Occident on ne traitera que dans The Office, parce qu'on y est obligé par le titre.

Mais au fond, j'ai toujours un soupir lorsque, comme par hasard, la profession du personnage principal est en lien direct avec les évènements qui lui tombent sur le coin du nez. Franchement, faire tourner une série sur les déboires professionnels de quelqu'un, c'est une chose (et souvent une bonne), mais placer le protagoniste dans une situation où, comme par hasard, sa profession lui donne une longueur d'avance sur le reste de l'univers pour faire face à une péripétie quelconque, ça, c'est vraiment une attitude de feignasse.
Nan sans rire, quelqu'un peut me conseiller une bonne série avec un toiletteur pour chien qui résout des enquêtes ou soigne des gens ?

PanoplieComplete
But I'd still hit it...

Posté par ladyteruki à 13:48 - Point Unpleasant - Permalien [#]

11-04-09

La récréation est terminée

Il faut sans doute apprécier The Office pour apprécier Parks & Recreation, mais le problème, d'une part, c'est que je n'aime pas The Office (je me souviens vaguement avoir bâillé devant le pilote, il y a des siècles... pas spécialement envie de m'en souvenir, donc je n'en ferai pas l'effort), et d'autre part, je n'aime pas du tout Amy Poehler.
C'est comme ça. Elle a un visage mal aimable. Elle n'est pas drôle. C'est une bonne comédienne, j'imagine, mais elle n'est pas drôle. Et elle est blonde. Donc ça passe pas.

Non, le problème, c'est quand même beaucoup la forme, et donc le rapport avec The Office. C'est, au choix, de la comédie de bas étage, ou une bâtardisation entre la fiction et la real tv... J'imagine que tout a déjà été dit à propos de la formule de The Office, cela dit. Je n'y ai prêté qu'une oreille très peu attentive, de toutes façons.

Je vois très difficilement comment on peut construire une série entière sur un tel concept. Toute une série sur le fait que les personnages sont autres que tels qu'ils aiment à se décrire face à la caméra... la belle affaire, je vois assez mal ce que peut promettre ce genre de principe. Une fois qu'on a compris que la blondinette a les dents longues mais n'a pas les moyens de ses ambitions, on a fait le tour de la question, point barre. Partant de là les surprises sont minimes : combien de fois va-t-on se farcir ce genre de choses ? Humiliation, démonstration simultanée et répétée tant d'impuissance que d'orgueil... The Comeback, The Office, de nombreuses séries sont déjà passées par là, et je n'ai pas tenu devant bien longtemps. Alors c'est pas pour signer pour une nouvelle session...

Je ne serai pas de ceux qui s'étonneront des audiences, du coup. Mais je ne serai pas non plus de ceux qui compareront Poehler à Tina Fey, simplement parce que toutes deux sont des anciennes de Saturday Night Live (Damon Wayans a hélas prouvé que c'était pas un problème pour réussir à vendre sa série, par exemple). Je pense que ça n'a rien à voir avec Poehler (à part dans mon cas), mais avec l'effet de redite, voilà tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parks & Recreation de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:18 - Review vers le futur - Permalien [#]


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