ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-06-13

Aveu d'impuissance

Le #pilotmarathon touche progressivement à sa fin, et il est clair maintenant que je n'aurai pas de temps pour tous les pilotes que je voulais voir aujourd'hui. Et j'avais pourtant fait du tri. Mais je soupçonnais que The Fosters me mettrait du baume au coeur, et ai préservé sa place dans mon planning. Résultat ? Eh bah résultat, c'était une bonne idée... enfin, peut-être pas pour vous qui allez devoir lire cette review à présent.

TheFosters

Depuis ce matin que le #pilotmarathon a commencé, j'ai plaisanté, j'ai décortiqué, j'ai râlé... mais je n'avais pas encore pleuré. Grâce à The Fosters, c'est désormais chose faite, et à vrai dire je ne sais pas si la série méritait tant que ça que je m'épanche. The Fosters n'a pas vraiment les atouts d'une grande. Mais voilà, c'est une série familiale sur la famille.

Depuis quelques mois, c'est quelque chose de douloureux pour moi. Je ne voulais pas en parler, et pour tout dire, je ne voulais pas en parler avec moi-même. Pendant un temps, ça m'a même détournée des séries, je ne pouvais plus rien regarder, avec ou sans histoires de famille. Approcher une série a, pendant plusieurs semaines, été absolument impossible. Et alors qu'aujourd'hui je regarde tant de pilotes, je sais aussi que j'en laisse passer énormément depuis le printemps, où les choses n'ont vraiment pas été faciles pour moi. La reprise avec l'univers des séries a été très difficile.
Très lente aussi. Pendant un moment j'ai vaguement tenté de reprendre les séries que j'avais mises en pause, les marathons que j'avais commencés, mais la vérité c'est que même ça, c'était au-dessus de mes forces. Je me suis réfugiée, avec énergie, dans des marathons Brothers & Sisters et The Cosby Show, pourtant. Paradoxalement, les thèmes qui m'avaient détournés de la télévision, qui me faisaient mal, me permettaient d'y revenir quelques mois plus tard.
C'est laborieux, encore. Il y a des jours où je regarde plusieurs épisodes du Cosby Show avec une irrationnelle jalousie. Mais j'en regarde tout de même plusieurs. Parce que la famille fait partie de ces thèmes, pour moi, qui sont à la fois pénibles et incontournables. Une famille, on en a tous une ; quand bien même elle ne fait pas forcément partie de notre vie, et de la même façon, les séries familiales, même quand je voudrais ne pas en voir, je suis attirée par elles.
En ce moment, Brothers & Sisters m'offre une famille de papier glacé, soapesque mais délurée, dont les dispute quasi-systématiques se font toujours en dérapage contrôlé. Et à côté de ça, la tendresse, la patience, l'intelligence de The Cosby Show, c'est mon family porn à moi, comme d'autres raffolent de food porn.

Je suis une victime facile pour une série centrée sur une famille. Les familles dysfonctionnelles me fascinent : ne dit-on pas que chaque famille malheureuse l'est à sa façon ?
Mais je suis encore plus une cible facile à atteindre quand la série porte sur une famille aimante. Je me fiche que les personnages suintent de bons sentiments ; j'ai quand même regardé, au plus fort de ma dépression il y a quelques années, les 5 premières saisons de 7 à la Maison exactement pour cette raison. C'est ma science-fiction à moi. Je me repais dans ses scénarios improbables. Dans ces scènes qui, il y a encore peu, me semblaient impossibles. Plus inimaginable que des phasers aux yeux de l'adolescente que j'ai été ? Un dîner pendant lequel personne ne pleure. Il m'arrive encore parfois, même plus de 15 ans après, d'être surprise par la façon dont un parent de télévision réagit sans violence (voir aussi : la batte de baseball), et pourtant, je suis plutôt fonctionnelle, comme adulte, aujourd'hui. Même en sachant qu'il y a des tas de familles plus équilibrées que la mienne de par le monde, j'ai toujours cette fascination pour les fois où les parents vont se comporter gentillement. Et je me gave de ces images, régulièrement. Je suis fâchée avec elles, mais j'en ai un tel besoin. Ca compense pour les cauchemars et les flashbacks ; un peu. Quelques minutes.

Alors devant la douceur de The Fosters, je plie une fois une plus. Je peux me vanter d'être quelqu'un d'un peu exigeant téléphagiquement, de temps à autres ; mais devant une série sur une famille pleine de bonnes intentions comme The Fosters, tout esprit critique s'envole.
The Fosters a le charme supplémentaire d'avoir pensé à m'inclure, comme l'avait fait The OC il y a quelques années (qu'est-ce que j'avais aimé les premiers épisodes de The OC, avant qu'elle ne me lâche et se détourne progressivement des troubles de Ryan pour s'orienter vers ses affaires de coeur). Un personnage qui ne connait pas les dîners où on ne pleure pas se trouve dans ce décor un peu trop joli, un peu trop beau pour y croire. Je ne sais pas comment ce personnage est perçu par la plupart des gens qui regardent ces séries ; pour moi, c'est la plus sûre façon d'entrer dans la série et de m'y glisser comme sous un duvet chaud, l'exact même procédé qui fait que le Dr Carter nous fait entrer aux Urgences. Mon avatar dans un monde impossible. Et quand ce personnage se craquèle, laisse échapper une larme ou simplement une petite émotion qui dit qu'il est touché par cette famille qui l'accueille et lui montre qu'on n'a pas toujours à avoir peur de la maison, je ne sais pas résister. Je ne sais pas non plus garder les joue sèches.

Je n'ai aucune force pour avoir du recul devant une série comme The Fosters. J'ai envie de dire que je l'apprécie alors qu'honnêtement, je ne sais pas si elle le mérite, avec son intrigue en coton et ses personnages super gentils. Mais je m'en fiche !
Est-ce que je regarde toujours la télévision pour de bonnes raisons ? Sans doute pas. Je la regarde pour plein de raisons, et l'une d'entre elles, l'une des premières d'entre elles, c'est que je cherche dans mes séries une catharsis. A la fois appuyer sur la plaie qui n'en finit pas de me faire savoir qu'elle ne veut pas cicatriser, et soulager un peu la douleur ; temporairement, artisanalement.

De vous à moi, je crois que je sais très bien que The Fosters n'est pas une grande série, n'est même pas spécialement une bonne série. Mais elle a fonctionné sur moi parce qu'elle m'a saisie par mon talon d'Achille.
Et je suis supposée vous en écrire une critique ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-09-11

Passer de FNL à The Good Wife, puis à ça, quelle déchéance...

HartofDixie

Rarement une photo de promo aura-t-elle aussi bien représenté une série que celle de Hart of Dixie. C'est exactement la position dans laquelle j'ai regardé l'épisode, affligée et obligée de soutenir ma tête pour ne pas m'endormir, et j'avais une grande envie de faire mes valises. Même le slogan est assez révélateur de ce que j'ai pensé du pilote...

Bon, je crois que c'est assez clair, je vais tirer à boulets rouges sur cette pénible série. Principale coupable : Rachel Bilson. Je n'ai vu The OC qu'en VF mais je commence à penser énormément de bien de la comédienne de doublage qui a réussi à insuffler un semblant de personnalité dans la façon dont la pauvre fille récite platement ses répliques. En fait ptet même que j'aurais dû attendre la VF de Hart of Dixie, pour bien faire.
On devrait tout de suite être du côté de Zoe, vis-à-vis de sa mère, vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas d'elle... au contraire, on est d'accord avec tout ce petit monde, elle est insupportable et nous non plus, on ne veut pas d'elle. Le personnage est supposé être snob ? Il est surtout méprisant, et notre jeune docteur semble un peu s'en foutre de tout. Elle est venue parce que, bon, elle pouvait pas faire mieux, mais Bilson n'y croit pas elle-même et incarne son personnage de façon à nous faire sentir que même elle est là contre son gré. J'ai rarement vu quelqu'un mettre autant d'application à repousser les spectateurs autant que les personnages. C'est un miracle qu'il n'y ait personne pour lui retourner une baffe.

Ah, si seulement il n'y avait que le talent troublant de Rachel Bilson pour rendre une héroïne supposée craquante complètement antipathique... Or, non, les scénaristes en font autant avec leurs intrigues. Cette histoire de triangle amoureux, par exemple. Genre la nana est là depuis moins de 24h mais elle craque déjà pour un type qui BIEN-SUR est fiancé, mais elle trouve le moyen de flirter avec un autre gars après s'être mise minable avec un carton de vin blanc. Et devinez pourquoi son papa ne lui parlait pas et pourquoi sa maman veut à tout prix la décourager de devenir médecin ? Et pourquoi on lui a légué la moitié d'un cabinet médical ? On dirait que les scénariste ont une check-list de clichés et qu'ils s'embourbent dans les stéréotypes les uns après les autres, n'ayant pas le coeur de trouver leurs propres histoires.
Et quand il y a un truc vaguement original (une intrigue médicale, en plus), c'est fait sans la moindre émotion. Et là-dessus arrive Bilson qui a l'air de vouloir exprimer l'envie d'être partout ailleurs sauf ici. T'en fais pas ma grande, de mon côté de l'écran c'était la même.

Un pilote désagréable au possible, poussif, sans intérêt, sans émotion, sans rien d'autre que l'impression que même quand j'essaye de regarder une série de la CW sans a priori négatif, il faut absolument que celui-ci se charge de me convaincre que tout ce qui vient de cette chaîne est détestable, pour une raison ou une autre. Le SEUL truc qui ne m'a pas déplu dans Hart of Dixie, c'est la musique, et encore, je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle m'a plu parce que c'est cliché et plaqué. C'est insupportable. Ya rien à sauver.
Dire que j'ai reporté mon visionnage du premier SNL de la saison pour ça.

Ah, et c'est quoi ce prénom ? LEMON ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais je n'irais pas jusqu'à le leur reprocher dans ce cas précis) : la fiche Hart of Dixie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-01-10

Trop attendue

Ce post s'adresse à vous tous qui, comme moi, avez été adolescents pendant la seconde moitié des années 90... vous vous souvenez ? Ce qu'on a pu ressentir devant Felicity, Dawson et/ou Young Americans ? Pour ma part, je gardais beaucoup de distance avec ces séries pour adolescents (et TF1 ne m'a pas permis d'approfondir la question Felicity qui aurait pu être la seule exception), mais même moi je l'ai perçu à un moment. Oui, le fait est qu'on l'a tous ressenti, à un moment ou à un autre, devant l'une de ces séries ou leurs équivalents, à des degrés divers.
Cette impression de proximité. Quelque chose nous parlait. Quelque chose s'adressait à nous sans (trop) nous prendre pour des crétins. Ne simplifiait pas le monde exagérément. Ne se contentait pas de nous divertir. Ces séries n'étaient pas juste écrites pour que nous les regardions, elles étaient écrites pour que nous y trouvions un petit quelque chose. Peut-être même un peu de nous.

Je pensais sincèrement cette époque totalement révolue. Elle s'est éteinte avec Joan of Arcadia et Everwood, pensais-je. Et pour être sincère, ça ne me faisait ni chaud ni froid, j'avais déjà amplement passé l'âge de me sentir touchée de plein fouet par ces séries, et même quand j'en avais l'âge, elles étaient loin d'avoir sur moi l'impact qu'elles avaient sur mes ami(e)s.

Sont apparues, graduellement, par ordre croissant d'indigence, The OC, One Tree Hill, Gossip Girl, 90210 et autres Hidden Palms, et je me disais : je suis bien contente de ne pas être une ado. Bien contente de ne pas chercher dans le paysage télévisuel quelque chose qui me parlerait, parce que, punaise, qu'est-ce que je serais déçue ! Les années semblaient ne passer que pour apporter moins de sens aux séries pour ados. Qu'est-ce que je les plains, les ados. C'est déjà pas facile d'être ado, mais quand on voit en plus les séries qu'ils se coltinent... pas gâtés, les pauvres. Au mieux, ils devraient être aussi furieux que je le suis de ce qu'on leur fourgue.
Et d'ailleurs, un peu plus tôt cette saison, je m'en étais émue à nouveau avec l'arrivée de The Beautiful Life, qui ne remontait toujours pas le niveau.

Et puis, tout le monde a commencé à parler de Life Unexpected. Et de vous à moi j'ai évité du mieux que j'ai pu ce qu'on en a dit, ce qu'on en a vu, ce qu'on en a espéré. Car de toute évidence, tout le monde en espérait beaucoup. Quand les trailers sont apparus, wow ! Je lisais les réactions et j'avais l'impression que tout le monde attendait l'arrivée de cette série comme celle du Messie. The WB redescendue sur Terre... On pouvait presque entendre les larmes d'émotion et d'espoir rouler sur les joues des gens.
C'est dangereux de trop en attendre d'une série. C'est déjà pas très sain d'attendre grand'chose de la CW, alors...

MuchExpected

Et pourtant, après avoir, ce soir, regardé le pilote de Life Unexpected, je dois reconnaître que je comprends sur quoi repose cet espoir, et qu'a priori il est relativement fondé. Mais que ce poids qui pèse sur les épaules de la série est peut-être trop lourd à porter quoi qu'il arrive. Life Unexpected parvient à avoir ce petit quelque chose de "vrai" qui semblait s'être évaporé mystérieusement des teenageries modernes. Certainement parce que dans le fond, Life Unexpected n'est pas conçu comme une teenagerie. Son personnage principal est une adolescente, certes, mais son discours est plutôt adulte, et surtout c'est à la génération de ses jeunes parents que la série s'adresse (la présence de Kerr Smith, transfuge de Dawson, et de Shiri Appleby, venue de Roswell, sont deux choix de casting assez révélateurs de la véritable cible de la série). Des adultes pas trop adultes, mais résolument plus des ados. D'ailleurs, on comprend avec ce pilote que ce n'est pas l'adolescence de Lux qu'on va suivre, mais bien la façon dont les deux parents vont grandir, enfin, et totalement. Et pourtant quelque chose dans le ton de cette série fait que, si j'étais adolescente aujourd'hui, je ressentirais ce que j'ai ressenti jadis devant Felicity.

Mais voilà le cœur du problème : je ne suis plus adolescente. Et vous, mes camarades qui avez été adolescents au cours de la seconde moitié des années 90, non plus. Et c'est là que le problème se pose finalement. C'est que nous avons passé l'âge. Ça ne nous appartient plus vraiment, cet univers. Les moins téléphages d'entre nous ont gardé Dawson dans un coin de leur cœur et sont passés à autre chose. Les plus téléphages d'entre nous, bien qu'éventuellement passés par des Skins et consorts, ont depuis grandi aussi, et ont découvert des Experts, des Dexter, des Mad Men même, et j'en passe. Nous vivons dans un autre monde et nous aimerions que Life Unexpected nous ramène à notre prime jeunesse, alors que nous ne guettions pas encore nos premiers cheveux blancs et que nous ne payions pas encore d'impôts. Mais c'est un miracle que Life Unexpected, malgré son pilote plutôt solide, ne peut accomplir. C'est trop lui demander.
D'autant que Life Unexpected n'est pas une série épatante. Elle est juste correcte. Quelque part ce devrait être le minimum syndical, mais nous avons tellement baissé le niveau de nos attentes !

Il faudrait pouvoir prendre cette série pour ce qu'elle est : une série divertissante mais pas abrutissante. C'est déjà bien. Mais je crains qu'après les semaines, voire les mois passés, cela ne lui soit refusé. Tout le monde attendait Life Unexpected comme la série qu'elle ne pouvait être. Celle qui nous rappellerait ce que nous avons ressenti il y a une dizaine d'années de ça. Mais même la meilleure des séries ne le peut pas. Alors, une série correcte...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life Unexpected de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:01 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-01-09

Que sont-ils devenus ?

Le net fourmille de cadavres presque exquis. C'est ce qui en fait un endroit si merveilleux. Presque, aussi.
Avouons-le, le temps de présence sur internet est proportionnel au nombre de choses qu'on y laisse. Je suis prête à parier que vous tous, comme moi, vous avez laissé trainer dans un coin un premier site, un premier blog, des conneries... mais qui disent quelques petites choses sur vous. Et en particulier, sur le téléphage que vous avez pu être à l'époque.
En général, c'est là qu'on rigole.
Mais, bon, pas de ça ici, hein, on ne juge pas, ici. La preuve : vous m'avez tous accueillie avec beaucoup de compréhension lorsque je vous ai avoué certains de mes horribles penchants hier, pendant ce qui restera gravé dans les mémoires comme la Journée de la Honte Téléphagique.

On tombe parfois, au fil de nos errances, de lien en lien, sur de vieux sites, de vieux blogs, des conneries... mais ceux des autres.
Ils ne sont pas morts, tous ces gens-là ! Mais dans ce cas, que sont-ils donc devenus ?

Alors laissez-moi vous présenter Laure.
Qu'est par exemple devenue Laure, qui, il y a environ 4 ans encore, était fan de Dawson ?

Laure avait commencé son blog sous divers mauvais auspices : déjà, elle l'avait lancé sur Skyblog, ce qui semble condamnable en soi mais passons. Mais surtout, elle l'avait démarré ledit blog alors que la série était déjà finie aux USA... et en France ! Et on notera qu'avec tout ça, elle n'avait rien à dire dés le second post... Je ne me moque pas, je constate que le blog est parti de loin : certes, en mettant une image par post, c'est pas bien compliqué (vous voyez : , je médis), mais le blog a quand même tenu sur un an et demi (soit plus de 600 posts si mes calculs sont exacts), autant dire qu'il s'agit ici d'une durée record que sans doute la plupart des blogs conçus par un dimanche après-midi pluvieux ne peuvent qu'envier. A plus forte raison sur cette plateforme.

Laure nous donne cependant un bon indice sur ce qu'elle est téléphagiquement devenue : on peut voir s'opérer une transition vers... une nouvelle teenagerie. C'est là qu'on voit qu'internet est quand même un pays merveilleux... Laure a donc ouvert un nouveau blog (c'est la tradition ; plus encore sur cette plateforme) sur son couple favori dans One Tree Hill et, osons le dire, c'est au moins aussi intéressant que le premier, mais on sent que l'auteur expérimente, on sent qu'il y a des efforts pour créer plus de contenu, avec des extraits de dialogues, des posts qui ne se résument plus à des photos, bref, internet a éduqué la téléphage, ou la téléphage a éduqué son coin d'internet, on ne sait pas trop mais c'est juste beau. Et en fait, ça aussi, c'est un indice sur qui est notre téléphage cobaye.

L'histoire ne finit pas là puisque quelques mois plus tard, Laure laisse tomber ses chouchous de One Tree Hill pour ouvrir un autre blog (encore la tradition) qui a dû servir très brièvement, ou qui a subi un sacré nettoyage de printemps, au choix, à titre non-téléphagique cette fois, et qui renvoie vers un autre blog, perso lui aussi, mais où on distingue nettement un avatar animé de Skins. Retenez votre souffle, ce n'est pas fini, on va essayer de la suivre encore un peu... parce qu'il y en a encore un autre (saloperie de tradition), perso aussi mais cette fois c'est Misha Barton de The OC qui se présente sous nos yeux, dans un layout qu'on sent comme étant plus abouti (surtout vu la plateforme). Et ça a l'air de s'arrêter là... pour le moment ?

Récapitulons ce que nous savons téléphagiquement de Laure (car il n'y a que ça qui nous importe dans ces colonnes) : nous savons qu'elle a aujourd'hui 17 ans, ce qui veut dire qu'elle a commencé sa carrière de bloggueuse téléphage autour de l'âge de 14 ans, par là. Qu'elle était une teenager alors et qu'hélas pour elle, et je compatis, c'est pas encore tout-à-fait fini. Qu'elle regardait des teenageries alors, et qu'elle en regarde encore aujourd'hui.

Et pourtant, quelque chose a changé, vous serez tous d'accord avec moi pour le reconnaître ?

Vous savez comment je connais Laure ?
Je crois bien que je ne la connais pas.
On s'est ptet croisées sur un forum ou un autre ça se trouve, en fait on ne peut pas le savoir, mais dans ce cas précis, j'ai atterri sur son blog sur Dawson simplement parce que j'avais ce concept de post en tête, que j'ai fait une recherche au pif dans Google (skyblog Dawson) simplement parce que je cherchais à trouver un blog d'apprentie-téléphage amourrachée d'une série jugée bien souvent comme peu crédible par les téléphages aguerris que nous sommes, et que j'ai voulu voir. Il m'a suffit de suivre les liens pour la suite. C'est tombé sur elle. Ca aurait pu tomber sur une autre.

Laure et moi n'avons pas le même parcours téléphagique, loin de là. Mais j'ai reconnu quelque chose en elle tout de même, et c'est exactement ce que je suis partie chercher quand j'ai commencé ce post : l'idée d'une évolution de nos goûts, et surtout de la façon de les appréhender.
On commence par se prendre la révélation de plein fouet et on gesticule dans tous les sens pour dire notre admiration, notre enthousiasme, notre envie de partager même si on n'a rien de plus à ajotuer que ce qui a été si parfaitement dit dans la série qui nous a percuté. Et puis on tempère. On intègre un certain nombre de concepts. On a du mal à laisser partir la première série... quelques années plus tard on a parfaitement compris que c'était le cycle de la vie, et on passe à autre chose. Parfois dans le même style, parfois pas vraiment... On a envie de dire plus, et puis au bout d'un moment, cela fait simplement partie du quotidien. On veut dire tout et rien, on apprend à dire un peu moins de rien... On modifie ses exigences. Pas du tout au tout, mais...
Il faut bien reconnaître que de Dawson à Skins, il y a quand même plus qu'un pas : une démarche.

Merci à Laure pour cette grande leçon de téléphagie appliquée, donc.
Laissez-moi vous présenter Virginie...

Posté par ladyteruki à 17:32 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-08-08

Bah reste caché, merci

Quand on va voir la fiche de SeriesLive pour Hidden Palms (oui, aujourd'hui je commence par le lien, j'avais envie ; ça doit être parce qu'aujourd'hui je fais mon post de bon matin je suppose), on peut voir plusieurs commentaires enthousiastes (premier sursaut du sourcil droit) clamant que la série est à la croisée des chemins entre The OC et Desperate Housewives (second tic nerveux).
Hé bah ! Heureusement que je n'ai pas eu la mauvaise idée de lire ces commentaires avant de voir le pilote, parce que j'aurais été mise de bien méchante humeur !

The OC, ah, la référence... Il y a 10 ans, tout ce qui relevait de près ou de loin du domaine fantastique avait droit à une comparaison avec, allez, au choix, Buffy ou X-Files. On parlait d'ados et c'était Dawson le modèle (ou pas). Aujourd'hui, sitôt qu'on parle d'ados riches au-delà de toute décence, paf ! On fait un rapprochement avec The OC. Signe des temps, quoi... C'est si pratique, les raccourcis, pourquoi s'en priver ? Quand en plus votre interlocuteur connaît le nom de pas plus de 10 séries, maximum, au moins on est sûr d'avoir des références en commun. Quant à l'analogie avec Desperate Housewives, pour ma part je cherche encore les similitudes ! Une chose est sûre, ce n'est pas au niveau du ton second degré que ça se passe, vu que tout dans Hidden Palms indique que la série se prend le plus possible au sérieux, sans humour ni volontaire (pas bon), ni involontaire (pire !).
Nan mais, à mon avis, ya un mec qui, une fois, a fait bêtement la comparaison (sans avoir vu l'une ou l'autre des séries mentionnées, voire même aucune), et depuis tous les kikoolol reprennent connement les noms qu'on leur a donnés. Je ne vois que ça.

Car oui, je peux dire que regarder le pilote de Hidden Palms, samedi, relevait du pur masochisme. A vrai dire, je m'en doutais un peu ; lorsque j'ai eu la possibilité de cagouler la chose par le passé, j'avais décidé de faire l'impasse dessus, donnant la priorité à d'autres, et je me savais bien inspirée sur ce coup, instinctivement. Et on a beau dire, c'est une bien belle chose que l'instinct ! Ahlala, je n'avais pas perdu autant de temps que devant une série depuis East Bound and Down. Mouais, c'est pas si vieux, je sais, mais justement, ça m'énerve de gâcher mon été devant pareilles conneries.
Mais notez bien qu'on n'est pas du tout dans le même registre, cela dit.

Stylistiquement, graphiquement, scénaristiquement, Hidden Palms est une merde laaaaaargement plus aboutie, je me dois de le reconnaître. M'enfin ça reste une merde, on est bien d'accord.

Le truc qui me frappe le plus dans le pilote (et le petit bout que j'ai regardé de l'épisode suivant ; eh, franchement, qui osera dire que j'ai pas donné sa chance à cet étron ?), c'est la structure de ses scènes. La prod a bien compris que son public d'ados avait la capacité d'attention d'un poisson rouge, parce que pas une scène n'excède une minute ! Il y a le temps pour, en moyenne, trois répliques, quatre au maximum, et ZOU ! Scène suivante.
Je ne dis pas : ça pourrait être une bonne idée... à la condition que ces scènes soient un tant soit peu connectées. Mais il y a systématiquement, entre chacune, des ellipses temporelles plutôt perturbantes, car quasiment jamais expliquées, ou alors, très mal. Exemple : le personnage principal échange trois piques avec sa mère, et la scène d'après, il fait du gringue à sa (future) copine près d'une piscine, et là on coupe sur une fête où se trouvent parents et fiston, sauf que c'est pas du tout le gala de charité dont on a parlé quelques scènes plus tôt, non, ce serait trop facile, et là-dessus on file dans le laboratoire de Gil Grissom chez la petite voisine faire-valoir qui a eu une introduction de 15 secondes de temps d'antenne ya 20mn de ça, et qu'on avait pas revue depuis. Bon, je vous dis ça de mémoire, hein, c'est pas forcément ces scènes-là dans cet ordre, mais c'est en tous cas comme ça que ça se passe. Donc tout ça, avec une moyenne d'une minute par scène, je vous rappelle !
Ce pourrait être un parti-pris artistique, mais non, à regarder, ça donne juste une impression bordélique de superficialité constante. Ou une impression superficielle de bordel constant. Ou... enfin, vous saisissez l'idée. Imaginez une série où, d'une minute à l'autre, le cadre, l'action, et le ressenti des personnage peut changer du tout au tout sans transition ni logique, et vous obtenez Hidden Palms.

Partez pas, j'ai pas fini la lapidation, il me reste quelques cailloux...

On pourrait décider, là, ici, maintenant, qu'après tout cet effet de style raté n'est qu'un défaut mineur qui ne devrait pas nous empêcher de profiter de l'intrigue.
Ha, ya donc une intrigue !!!
En tant que téléphage, je m'attends à ce qu'une série en ait une, voire même plusieurs, donc j'ai donné le bénéfice du doute à Hidden Palms. Le premier quart d'heure, on se dit "bon, ça ce sont les scènes d'exposition, patience". Le quart d'heure suivant, on est plus sceptique : "à un moment ils vont bien être obligés de nous dire ce qu'on fait là, non ?". Et puis là, interviennent de façon magique un suicide étrange et... ha bah non. Rien d'autre. Apparemment on n'aura droit à rien de plus que la possibilité éventuelle et pour le moment fantasmée qu'un meurtre a eu lieu dans la chambre du personnage principal.
Et. C'est. Tout.

Mais en même temps, comment offrir plus quand on est déjà dans un autre type de défi : montrer un maximum de décors différents pour bien montrer que a) on est chez les riches, b) on a loué des super décors qui déchirent. Payer un scénariste en plus, ç'aurait été signer l'arrêt de mort du chef comptable (et un suicide de plus aurait été un suicide de trop, vous en conviendrez). Occupée à nous montrer que, hein, t'as vu, dis, t'as vu, je peux filmer 10 scènes dans la maison d'un personnage sans qu'on reconnaisse que c'est le même endroit, la prod de Hidden Palms a totalement oublié de nous intéresser à cette histoire de suicide/meurtre. Au point que lorsqu'il y a des révélations, elles tournent autour des coucheries et rien d'autre, par manque d'imagination certainement. Normal, on est au soleil, là où les gens ne pensent qu'à baiser (puisque d'après les réactions récurrentes des personnages, tout ça c'est la faute du soleil, bon admettons, qu'est-ce que j'y connais au soleil, j'habite Paris).

Vous pensez que j'ai déversé tout mon fiel ?
Allons, vous ne me connaissez pas mieux que ça ?

Il reste encore le plus important : les personnages. Enfin, importants en général, pas dans ce cas précis.
Quand j'étais petite, ma grand-mère récupérait les sacs plastiques pour s'en servir comme de poubelles (elle avait connu la guerre, feue ma chère grand'mère, alors elle avait le sens pratique). Et les sacs qui étaient destinés à devenir poubelle était fourrés dans une sorte de besace en tissu que ma grand'mère appelait le "sac à sacs" (l'idée lui a honteusement été piquée ensuite). Eh bien, Hidden Palms, c'est un peu ça : un grand fourre-tout de contenants à merde.
Comme les scènes n'ont aucun lien direct entre elles, les personnages, forcément, sont d'une folle inconsistance, et inconstance aussi du coup. Un moment le héros déprime, la seconde d'après il rencontre une voisin intrigant, la seconde encore après il batifole sous les arroseurs automatiques avec une inconnue (certainement la scène et les répliques les plus ridicules de tout le pilote). Je rappelle que le mec sort de désintox et que son père s'est flingué, hein...
Il n'y a pas vraiment de personnages, en fait, il y a... des gens. Des gens qu'on pose dans une scène, puis dans une autre, et encore une autre, un peu comme si on faisait jouer des poupées de cire dans une vitrine, et ce ne sont en fait que des prétextes pour que la prod se la pète grave avec ses décors. Vous savez, quand vous étiez ado et que vous vous faisiez des films, peu importait que les choses aient l'air plausibles, l'essentiel c'était qu'à la fin le mec de vos rêves vous invite au bal de promo (et franchement, que les bals de promo n'existent pas en France, c'était un détail mineur), ou que la fille qui vous faisait triper enfile un bikini rachitique (et si pour ça fallait inventer une menace bactériologique dont le virus ne vise que les vêtements en coton, et bah vaille que vaille, c'était pas grave). Eh bah là c'est pareil : on veut une scène où une fille joue seule à un concours de tshirt mouillé sur un practice de golf ? Eh bah on fait ça. Ça n'a pas de sens mais on s'en fout. Ça fait bien. Ça fait de l'action.
Ce devait être l'horreur à jouer. En même temps, Dieu merci, les acteurs sont tous plus navrants les uns que les autres, ça nous évite d'être déçus par leur potentiel gâché.
On pourrait aussi arguer qu'il y a des personnages sensés être importants qu'on ne voit quasiment pas, comme la petite voisine qui vit dans le laboratoire de Gil Grissom. Le héros la croise deux secondes le temps de lui demander son nom au tout début du pilote, ensuite on ne la revoit plus (en plus elle a la mauvaise idée de pas avoir un physique qui se retient et d'être blonde comme la pétasse principale), et tout d'un coup, on l'avait complètement oubliée, mais le héros débarque chez elle. J'ai même pas compris, sur le coup, qu'on n'était pas chez la nana qu'il cherchait à choper. Mais en tous cas comme rôle de merde, ça se pose là !

Bon, je crois que j'en ai fait le tour. C'est pas certain mais ai-je vraiment envie d'y réfléchir plus en avant ? Hidden Palms est pire qu'une série popcorn : c'est une série maïs transgénique. C'est génétiquement modifié pour plaire aux plus cons ados, mais il vaut mieux pas en manger si vous voulez être tranquille. D'façons ya strictement rien à grailler là-dedans, tous les acteurs sont moches. Comme pas trop laide, ya ptet, à la rigueur, la pauvre Gail O'Grady qui s'est commise là-dedans, mais elle n'est plus de première fraîcheur.
Franchement, vous avez mieux à faire, non ? Moi en tous cas, je sais ce que je ne ferai pas samedi !

Et pour ceux qui... oh bof, vous avez déjà un lien là-haut, c'est bien nécessaire ? Bon, c'est bien parce que c'est la tradition. Pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hidden Palms de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:20 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]


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