ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-12-12

But is it local ?

En ce moment, vous avez pu le voir, je n'ai pas trop eu le temps pour des world tours (mais ils vont revenir, n'en doutez pas), qui demandent énormément de recherches. Cependant, quand au cours de mes lectures régulières, je tombe sur une info qui m'intéresse, j'essaye de prendre le temps de revenir quand même dessus sur ce blog (c'est comme ça qu'on a parlé de la Turquie la semaine dernière, par exemple).
Aujourd'hui est un jour comme celui-là, et je vous emmène pour une petite réflexion qui nous fait passer par le Danemark.

Au Danemark, le final de Desperate Housewives était diffusé mercredi sur TV2.
Mais ce n'est pas l'info du jour.

DesperateHousewives-FinalTV2

L'info du jour, c'est que la directrice du groupe public TV2, Merete Eldrup, a annoncé ce jeudi qu'après Desperate Housewives, c'était fini : la chaîne TV2 ne diffuserait plus du tout de séries américaines en primetime.
Vous avez bien lu.

Et attendez un peu d'entendre ses raisons : "C'est un projet auquel nous réfléchissons depuis plusieurs années, parce qu'il y a de plus en plus de compétition en primetime, et que tout le monde diffuse de plus en plus de programmes danois. En parallèle, les séries américaines s'adressent de plus en plus à une niche. Un show aussi rassembleur que par exemple Friends est difficile à trouver aujourd'hui. Les séries sont de plus en plus segmentées".

Evidemment, pour nous Français, de telles déclarations sont hallucinantes, tant nos chaînes conçoivent difficilement de mener le combat des grilles sans une série américaine en primetime. Encore ce lundi, c'était The Mentalist, une série américaine donc, qui rafflait tout sur son passage au niveau des audiences (8,8 millions de spectateurs sur TF1, contre pas plus de 3 millions chacune pour France2 et M6, qui occupaient respectivement la 2e et 3e place dans les audiences de la soirée), preuve que la dominance des séries américaines en primetime dans l'Hexagone ne sera certainement pas remise en cause avant un bon bout de temps encore.

Cela fait des années que l'on sait que la plupart des pays européens font leurs meilleures audiences avec des séries locales qu'avec des séries importées (principalement américaines), et que la France fait figure d'exception dans ce panorama. On peut d'ailleurs se demander si considérer qu'une série est intrisèquement moins fédératrice parce qu'elle est américaine, se justifie, d'ailleurs (c'est sans doute à rapporter à la politique d'acquisitions, aussi).
Mais qu'une chaîne, publique de surcroît, décide de totalement abandonner les fictions importées en primetime (DR1 le fait, la BBC le fait, et c'est à peu près tout en Europe, sauf erreur), est quand même assez rare. Qui plus est, l'objectif affiché est d'être plus compétitive ! Imaginez ça ! La motivation de la chaîne n'est pas de se plier à une plus grande mission de service public qui consisterait à favoriser la création locale (tâche dont à l'heure actuelle DR1 s'accomplit mieux que TV2, d'ailleurs), ou, c'est intéressant à souligner, de relever le niveau qualitatif des programmes en supposant, comme on serait parfois tenté de le dire, qu'une production américaine est forcément un peu plus bête qu'un noble programme bien de chez nous, non. Il s'agit de faire des audiences en primetime. Avec des productions locales.

TV2 n'en a pas fini pour autant avec les séries américaines, et en conserve dans ses grilles. Mais ces séries, que la chaîne juge donc segmentantes, seront confinées à des cases horaires elles-mêmes segmentantes, comme l'après-midi, la seconde ou troisième partie de soirée, et ainsi de suite.
A l'heure actuelle, dans le catalogue de TV2, en-dehors de Desperate Housewives désormais achevée, on trouve par exemple Blue Bloods, Sons of Anarchy, Cold Case, et des bonnes rediffs de Friends ou Un gars du Queens.
Il n'est évidemment pas question d'arrêter la diffusion de ces séries, mais de leur trouver un créneau qui fédère uniquement leur cible ; l'ironie suprême pour l'observateur français est de voir que Cold Case était considérée, en France, comme au contraire très fédératrice et pas du tout "de niche". On prend bien la mesure du fossé culturel... Par contre il semble évident que le choix de TV2 d'acheter les droits de Sons of Anarchy est assez cohérent avec l'idée qu'une série américaine est destinée à une niche !
A titre comparatif, TV2 Zulu, plus orientée vers la comédie et/ou le public plus jeune, a des acquisitions du genre de Modern Family, 2 Broke Girls, Flight of the Conchords, Hung, Beauty and the Beast, Skins, South Park, American Dad, et j'en oublie ; TV2 Zulu sert aussi à rediffuser les séries US de TV2 "classique" (c'est ainsi le cas pour Sons of Anarchy, par exemple, dont les épisodes ont droit à deux diffusions par semaine en ce moment grâce à ce système).
D'ailleurs, si Eldrup évoque Friends, c'est que le groupe TV2 fait subir à la comédie un sort similaire à celui qu'on lui connait en France : Friends est en effet diffusée (sous son titre local de Venner) par TV2, TV2 Zulu, et leur petite soeur TV2 Charlie, à peu près toute l'année, par deux chaînes sur trois du groupe au moins, à n'importe quelle semaine donnée ; preuve qu'il y a des mécanismes qui sont universels. Mais la décision de TV2 consiste à ne pas jouer de ce genre de techniques à l'avenir, justement, pour le primetime, et de se pousser à aller plus loin que de "jouer la sécurité".

Cette décision annoncée cette semaine par la présidente du groupe ne veut pas nécessairement dire que des séries danoises inédites seront diffusées chaque jour en primetime par TV2, évidemment : il ne faut rien exagérer.
DR1, considérée comme le parent riche de la télévision publique danoise, ne peut pas se le permettre, alors on imagine mal comme TV2 le pourrait. Au Danemark comme ailleurs, la télé réalité, par exemple, parvient à quelques belles audiences (à l'instar de Strictly come dancing, dont TV2 a les droits danois sous le titre de Vild med Dans) ; sinon il reste toujours les reportages, les compétitions sportives (TV2 diffuse par exemple des matches de handball en ce moment) et les films. On ne parle pas d'une absolue révolution des grilles, soyons clairs, mais simplement de la place de la fiction américaine, au profit de la fiction nationale, dans les grilles d'une chaîne danoise... et c'est déjà pas mal !

Difficile de nier que les indubitables succès publics (et critiques, et financiers...) de DR1 comptent parmi les raisons qui ont incité le groupe TV2 à se lancer dans l'aventure du tout-danois en primetime.
Une autre raison, c'est que, plus tôt cette année, Rita (rappelez-vous) s'est avérée être un incroyablement bon investissement pour TV2. Entre les bonnes audiences, les bonnes critiques, les nominations et récompenses, la vente de droits de diffusion, et même des droits d'adaptation (la chaîne Bravo va en effet avoir sa propre version aux USA), c'est forcément incitatif. Quand une chaîne est payée de retour après avoir fait l'effort d'une série originale en primetime, forcément, ça aide. A titre de comparaison, en 2011, sa série Den Som Draeber n'avait pas remporté un aussi franc succès.
Et puis, rappelons que le "Media Agreement" de 2012-2014, voté il y a quelques semaines, comprenait un volet d'aide au financement (qui a justement déjà présidé à la création des hits de TV2 Rita et Lærkevej) s'élevant à 30 millions de couronnes danoises, ce qui veut dire que TV2 ne se lance pas non plus à l'aveugle dans son objectif de mise en valeur de la fiction originale.
Tout indique que la décision s'appuie sur énormément de facteurs positifs, et que ces facteurs ne sortent évidemment pas de nulle part.

En annonçant très officiellement sa décision (au lieu de simplement faire sa programmation sans séries US en primetime, mais sans le faire remarquer), TV2 montre bien qu'un pas est franchi, et que, en fait, du point de vue de la communication, c'est un plus auprès du public que de faire valoir sa décision, et que cela peut être un plus auprès du public. Là encore, on est à mille lieues de voir une chose de ce genre se passer sous nos latitudes dans un avenir immédiat !

Alors voilà, sur TV2, on se prépare à une nouvelle ère... et ça va être intéressant à observer !
Ah, et je vous prépare un post pour parler encore de fiction Scandinave d'ici quelques jours, alors restez dans le coin...

Posté par ladyteruki à 15:55 - Love Actuality - Permalien [#]

22-11-10

Tell me you hate me

Parfois je me dis que j'ai raté ma vocation : j'aurais dû travailler dans une FNUC. Rayon DVD de séries, ça va de soi. Je sais bien, je ne peux pas être partout, à la fois à essayer d'écrire des news et des articles (quand j'ai le temps), créer des fiches dans une base de données et conseiller les gens dans le rayon DVD. Il faut faire un choix. J'ai, accessoirement, choisi la solution qui me permet de rester les fesses assises et au chaud, un réflexe typique de téléphage, mais passons.

Chaque fois, je dis bien chaque fois que je fais dans une FNUC, il y a des gens qui trainent dans les rayons et sortent des absurdités. C'est vous dire le nombre de conneries que j'entends. Et dans ces cas-là, je sais pas si c'est que moi mais j'ai envie d'aller piquer un tabouret aux employés de la FNUC, me planter au beau milieu du rayon, et répondre aux gens. J'y peux rien, ça m'énerve. Vous pourriez rester impassible quand vous entendez ce genre de choses, vous ?

La configuration est généralement la suivante : A traine B dans le rayon des DVD de séries, au prétexte qu'il a besoin de "voir quelque chose", mais en réalité avec la ferme intention de faire le malin parce que, regarder des séries, ça fait cool. Le problème c'est que pour avoir cool, on peut sortir des conneries au kilomètre sans sourciller mais on ne peut pas, jamais, au grand jamais, hésiter un instant pour réfléchir à ce qu'on va dire. Ce qui fait qu'aux oreilles du non-néophyte, A cherche à briller devant B mais démontre devant le téléphage T qu'il n'est vraiment pas l'astre le plus brillant de la constellation. Florilège.

"Ah oui, le Mentaliste, c'est le mec qui fait comme les Experts là". Chaque fois qu'un spectateur confond deux séries policières, un directeur de marketing de TFHein gagne ses ailes.
"J'aimerais bien trouver le DVD de ma série préférée, tu sais, comment elle s'appelle, là ?" Eh bah si ça c'est votre préférée, qu'est-ce que ça doit être pour les autres.
"Je connais bien ça, c'est un genre de Desperate Housewives" Je vous épargne la prononciation pour insister sur le fait que le coupable désigne du doigt un coffret de Desperate Housewives. Si, il a osé.
"Ah j'ai vu la saison 5 de ça, ça devient trop nul après". Vous l'aurez deviné, la saison 4 est en cours de diffusion aux USA.
"Faut que tu voies cette série-là, tout le monde regarde ça aux States". Heroes ? A fond. T'as raison mon gars, plus c'est gros plus ça passe.
"T'as pas vu le DVD de Sunset Beach, je voulais vraiment l'acheter pour qu'on le regarde ensemble. C'est trop fort c'est avec des dessins animés". Pris la main dans le sac !!! Tu veux faire croire que tu regardes South Park et en fait tu te mets à parler de soap, franchement, arrête le massacre, en plus j'ai mal aux côtes à force de rire.
"Ya rien d'intéressant. Moi tu vois quand je trouve pas ce pour quoi je suis venu, j'achète pas n'importe qu-... ah tiens, ils ont sorti la dernière saison de Gossip Girl ?" Tu connais l'histoire de Paf la crédibilité ?
"Ah je me souviens de ça quand ça passait à la télé". Ne jamais prononcer cette phrase au rayon import, ya une chance sur deux de désigner une énormité.

Allez, s'il vous plait, soyez gentils. La prochaine fois que vous trainez un(e) ami(e) au rayon séries de la FNUC, et que vous voyez une créature violette rôder depuis une heure dans les rayons, faites une faveur à tout le monde et, au lieu de sortir une connerie plus grosse que vous, posez la question. Je ne mordrai pas, presque pas, d'façon j'aime pas les dents.

Nan mais à part ça je suis pas passée à la FNUC fêter mon nouveau job. Franchement, ce serait mal me connaitre.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Point Unpleasant - Permalien [#]

02-08-10

Yen aura pour tout le monde

Eh bah voilà. Je vais encore passer pour une snob. Boh, allez : un peu plus, un peu moins...
Mais voilà : j'ai beau trouver qu'internet soit une chose merveilleuse quand on est téléphage, j'ai en revanche tendance à considérer qu'internet est mauvais pour ceux qui ne le sont pas.

Et en fait, c'est ça la conclusion que je tire du post d'Eclair, que je n'avais pas forcément bien interprété la première fois que je l'ai lu. Il faudrait en fait dissocier ce qu'internet apporte de façon individuelle, et ce qu'internet apporte aux "masses" (terme à ne pas prendre de façon aussi péjorative que la moyenne).

Avec internet, tout le monde se sent autorisé à avoir un avis.
Et à la base j'aurais envie de dire que c'est merveilleux. Quand je croise des téléphages passionnés mais discrets, j'ai tendance à les encourager à prendre la parole, à discuter, débattre, et si possible ouvrir leur propre blog, car l'accès à la multiplicité des points de vue est un des gros avantages d'internet. C'est encore plus vrai pour les filles qui semblent toujours plus sur leur réserve, dans ce milieu, mais c'est déjà un autre débat.
Néanmoins, le problème, c'est qu'internet a ouvert la téléphagie aux quatre vents, et que dans le courant d'air s'est engouffrée une masse de gens qui à la base, n'ont rien de téléphages, ils se contentent de voir ce qui passe à la télé quand ça passe, et ne cherchent pas à aller plus loin. Sur internet, ils parlent de ce qu'ils ont vu, souvent avec l'enthousiasme de celui qui est passionné essentiellement par manque de points de comparaison, leur avis manque cruellement de nuance et la seule information qu'ils cherchent, c'est celle qui porte sur ce qu'ils connaissent : les dates de diffusion, la vie des acteurs qu'ils voient sur leur écran...

Ceux-là, c'est ceux que j'appelle sur ce blog des télambdas.
Ils sont légion. Le phénomène des séries télé leur a donné accès à une offre immense mais dans laquelle il ne font pas de tri, ils laissent d'autres le faire pour eux. Pour eux, ce n'est jamais qu'une question d'offre et pas vraiment de demande, ils prennent ce qui vient, quitte à regarder une rediff des Experts Brisbane pour la 50e fois ou un épisode de The Mentalist dans le désordre. Du moment qu'on peut voir. Du moment qu'on peut participer. Du moment qu'on peut avoir l'impression d'en être.
Leur nombre augmente à une vitesse vertigineuse, à mesure que l'offre se multiplie. Ils consomment, uniquement. Les plus courageux, mais on est déjà dans les strates les plus prometteuses, ouvrent un skyblog. Parfois, d'un ou deux, on parvient à faire un téléphage un peu plus réfléchi et posé, quelqu'un avec un sens critique et l'envie d'aller plus loin. A ceux-là on peut montrer une série qui n'est pas encore arrivée en France, un truc de Showtime ou AMC qui fait peu parler de lui ici, une série britannique éventuellement, si le germe Doctor Who a préparé le terrain, merci à France 4.

Mais dans leur immense majorité, les télambdas sont un peu comme une mule refusant d'avancer, mais pas décidée non plus à reculer : ils veulent regarder la télé mais surtout, qu'on ne les dérange pas dans le confort de leur vague appréciation distante du sujet.

MuleduPape

Ce sont hélas des télambdas qui s'expriment sur les forums et les commentaires d'un certain nombre de sites et blogs. On ne peut pas les en empêcher : c'est internet, et tout le monde a droit à la parole sur internet. C'est le principe, et la démocratie d'internet n'apprécie pas qu'on pose des limites.

Mais parfois, juste parfois, j'aimerais que sur lesdits sites et blogs, ces télambdas se posent une question vitale avant d'intervenir : "quelle est ma légitimité à intervenir ?".

Le télambda se croit souvent être autorisé à nous gratifier de ses commentaires et ses réflexions. Il n'a pourtant qu'une connaissance très limitée de ce milieu, mais eh, les séries sont un phénomène populaire et tout le monde a le droit de parler sur internet, alors pourquoi pas lui ?
Il y a ceux qui s'intéressent, se renseignent, se posent des questions et ont la bonne idée d'en poser à voix haute. Ceux qui tâtonnent, qui n'ont pas encore tout compris de certains points du système de diffusion ou de la réalité d'un tournage, mais qui participent avec ce qu'ils savent et s'améliorent progressivement.
Et puis, parmi les télambdas, il y a un énorme creuset de trolls potentiels, des mecs qui ne comprennent rien à rien mais c'est pas ça qui va les arrêter.

Je ne crois pas un seul instant qu'il faille museler ces intervenants là. Mais je pense que s'ils ne font pas l'effort de se renseigner un peu avant d'ouvrir une fenêtre de commentaire, et qu'ils finissent par prouver leur complète ignorance avec fierté, voire même une arrogance revendicative, on devrait aussi, en tant que personnes censées fréquentant une communauté informée, avoir le droit (le devoir ?) de leur faire fermer leur clapet et les réduire au silence jusqu'à ce qu'ils acquièrent, à défaut d'une maîtrise suffisante de leur sujet, au moins le talent de savoir quand ils sont à leur place, et quand ils n'y sont pas.

Oui, internet, c'est vrai, est particulièrement nuisible lorsqu'on fréquente ce genre de malotrus qui ne connaissent rien à rien mais qui en sont ravis. Internet a créé le télambda. Et le pire, c'est que certains sont complètement fermés à la moindre ouverture d'esprit. La liberté d'expression, j'en viens à penser qu'il ne faut s'en servir que si on jouit d'un certain nombre de capacités intellectuelles...

Mais pour tous les autres : bienvenue. Si vous y mettez du vôtre, vous allez vraiment vous éclater. Et si vous avez envie d'en savoir plus sur quelque chose, que vous voulez découvrir l'inconnu ou poser des questions, sérieusement, du fond du cœur, je suis à votre disposition.

Posté par ladyteruki à 15:41 - Point Unpleasant - Permalien [#]

14-07-10

Sunny with a chance of boring

Ah l'été ! Oui, l'été, cette saison-même pendant laquelle tout est différent. Nouvelles séries, nouveaux univers, nouveaux horizons inexploités... et puis, plein de séries qu'on aurait aussi bien pu voir le reste de l'année. Comme The Glades, par exemple. Bon alors, en fait, c'est simple, si vous aimez les séries policières pas trop compliquées pendant la saison "normale", mais que vous en avez marre des mêmes villes encore et toujours, eh bien voici The Glades qui se passe sous le soleil de la Floride. Moui, comme Les Experts Tbilissi, bon. Nan mais, tout de suite, je vous sens négatifs, là... Bref The Glades, c'est la même chose que d'habitude, mais pas au même endroit que d'habitude, et ça c'est exactement ce qu'on cherche dans une série d'été, n'est-ce pas ?
Non ?
Ah. Vous non plus, hein...? Bon. Je pressens le post ravageur.

TheGlades

Chez A&E, on est des petits malins. On a bien compris que s'il fallait braconner sur les terres des networks, c'était pendant les vacances, quand les séries qui rameutent du peuple sont en hiatus. Et c'est probablement la raison derrière l'achat de The Glades, qui picore à tous les râteliers. Par exemple, le coup du flic pas très conventionnel et qui tape sur les nerfs de tout le monde, mais super doué, on ne nous l'avait pas fait du tout avec The Mentalist. Oh mais pardon ! Là c'est différent, car Jim Longworth a la particularité de... de... eh bien, il pose des questions. Vous admettrez que c'est pas courant, pour un flic. Bon, et il se repose sur les preuves aussi. Aha ! Ça c'est très anticonformiste ! Sans compter que, pour capitaliser sur une mode dont je parlais récemment avec Memphis Beat, on a ajouté un truc qui fait vaguement couleur locale, puisque le premier crime se déroule au coeur des Everglades, et que vu le titre de la série, on devine que ça ne va pas s'arrêter là. C'est bien, ça donne l'impression de voyager tout en contenant les spectateurs locaux, c'est vraiment la marotte télévisuelle du moment, ça.

Mais dans le fond, le téléphage averti a vite une overdose de tous ces éléments tellement familiers. Et l'intrigue peu stimulante n'arrange rien à l'affaire : il suffit de voir comment les rebondissements s'enchaînent sans nous émouvoir, comment les personnages nous désintéressent totalement de leur vie, comment les pistes explorées ne suscitent pas le moindre intérêt. Alors, forcément, quand survient le petit retournement final, on n'en a plus rien à faire, surtout que ça semble passablement cliché. Pour résumer : si je m'étais intéressée à l'épisode, je l'aurais probablement vu venir, mais je n'en étais même pas là.

Reste Jim qui cabotine, et cabotine, et cabotine encore ; et il a raison d'en faire des tonnes, la série ne tient que sur ça, sur ces quelques passages pendant lesquels le héros va se rendre indubitablement irritant, mais tellement drôle finalement. Essentiellement parce qu'on n'est pas convaincus qu'il se rende compte du niveau de ridicule de son manège pour se rendre intéressant. Mais on le sait que tu es le héros de la série, on le sait Jim, cesse d'en faire des tonnes, tu vas te la taper la petite Kiele !

Je veux bien que l'été soit une période pendant laquelle on se détend, et pendant laquelle on accepte d'être juste un peu moins regardants. Je regarde Royal Pains et (presque régulièrement) Drop Dead Diva, au nom du ciel, vous pensez que je ne le sais pas ? Mais enfin, soyons clairs... la saison d'été a vu le jour pour qu'on évite les rediffusions, alors est-ce vraiment raisonnable de nous fourguer des polycopies pareilles ? Je vous le demande.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Glades de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:06 - Review vers le futur - Permalien [#]

14-06-10

Pas sage

Rubicon, ou l'art de nager à contre-courant sans en avoir l'air. Une série pas sagement paramétrée pour cueillir le spectateur sans effort. Une série pas sage.

Rubicon, c'est la série qui s'en fout si son personnage n'est pas sexy ni expressif et qu'il a les yeux clos à force de manquer de sommeil. Rubicon, c'est la série qui s'en fout si elle donne l'impression d'être tournée en Allemagne de l'Est. Rubicon, c'est la série qui s'en fout d'être lancée au cœur de l'été et de proposer uniquement de la pluie et de la neige pour ses décors. Rubicon, c'est la série qui s'en fout si t'as pas de respiration un peu plus légère pour te reposer le cerveau entre deux scènes tendues. Rubicon, c'est la série qui s'en fout si t'as pas fait attention, elle le répètera pas. Rubicon s'en fout de n'être pas facile d'accès, et si t'es pas content c'est le même tarif. Rubicon, c'est la série qui emmerde le spectateur au QI d'huître qui jusque là a cru qu'une série intellectuellement stimulante, c'était The Mentalist.

Voilà pour la profession de foi et, franchement, à ce stade j'ai l'impression que tout est dit. Derrière son aspect le plus repoussant possible (que je soupçonne d'être volontairement décourageant histoire de faire un premier tri parmi les spectateurs), Rubicon possède une grande finesse et une grande intelligence, dont elle partage les manifestations avec son personnage principal (un type apathique dont on sent bien qu'il a l'air plus âgé qu'il ne l'est vraiment) : Will Travers un génie, mais un génie suffisamment doué pour ne pas ressentir le besoin de prendre la pose toutes les 5 minutes et lancer un trait d'esprit pour se faire applaudir. Rubicon et Will ont ceci de commun qu'ils sont tellement intelligents qu'ils n'ont plus besoin d'en faire étalage. A vous de faire attention aux détails, à vous de rester aux aguets, et c'est finalement tellement plus satisfaisant de se dire qu'on a tenu tout le long sans faillir, alors que l'épisode a tenu le rythme sans vous laisser une seconde de répit.

Pas d'humour, pas d'action, pas d'affectif... ce pourraient être des repoussoirs puissants (mais au moins, ceux qui se lancent dans Rubicon savent tout de suite à quoi s'en tenir ; à titre d'exemple, quelqu'un comme Naka saura immédiatement que ça ne lui correspond pas, tout le monde sait immédiatement à quoi s'en tenir), mais ce sont aussi les meilleures qualités de ce pilote.

Ou plutôt : de cette moitié de pilote. Car le pilote complet, il fait deux heures et on a rendez-vous avec lui le 1er août. Nul doute qu'il devrait éponger un peu de la frustration qu'on ressent lorsque le sneak preview diffusé hier soir s'achève.
Ce premier morceau de pilote, s'il pose bien les bases de la série, et son univers d'espionnage aux relents de guère froide, laisse un peu sur notre faim au moment certainement le plus capable de nous donner des perspectives concrètes sur les questions qu'on va probablement de poser pendant toute la saison. Ça va, ça va j'ai compris, je reviens le 1er août !

De la même façon qu'il y a 3 ans, Mad Men, lancée en plein été, faisait figure d'original au milieu des grilles dominées par le soleil, Rubicon joue la carte de l'anti-conformisme, et n'hésite pas à jouer avec les époques. Vraiment, si on n'avait pas cité le 11 Septembre, j'aurais juré qu'on était sur la fin de la guerre froide. Dois-je préciser que passée la surprise, j'ai trouvé cet élément formidable ? Dans les services d'intelligence du American Policy Institute, on ne combat pas les terroristes, on se contente d'essayer d'avoir un temps d'avance sur eux, et pour cela, il faut décrypter, réfléchir, des heures et des heures sans avoir la garantie de comprendre. Dans un bureau de gratte-papiers dont la vie est tout sauf excitante, on voit à quoi ressemble le véritable travail derrière la sécurité nationale. Pour un Jack Bauer, combien de Will Travers, dans la vraie vie ? Ce n'est pas glamour, ce n'est pas rythmé, mais c'est fondamentalement plus utile qu'un barbouze qui croit pouvoir tout régler avec un flingue et un portable.

Lente, froide, terriblement angoissante par ses silences, Rubicon n'est pas faite pour tout le monde, ne vous caresse pas dans le sens du poil et n'a pas la prétention de s'en cacher. Mais c'est un délice que d'atterrir dans ce milieu prometteur.
La première partie du pilote posait avant tout l'ambiance ; maintenant, pour attaquer le vif du sujet, rendez-vous le 1er août.

Rubicon_PasSage

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rubicon de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:01 - Review vers le futur - Permalien [#]


26-05-10

Génériques d'ici et d'ailleurs

On a connu une époque trouble en matière de génériques ; à peu près à la même période, deux phénomènes ont semblé nous envahir. D'une part, les génériques ont été raccourcis, voire ont carrément disparu pour devenir de vagues logos, et d'autre part, en traversant l'Atlantique, les génériques ont commencé à avoir un interprète francophone. Quelques Faf la Rage plus tard, il semblerait que sur la seconde tendance, on soit tirés d'affaire. Sur la première, ça dépasse nos compétences nationales, mais on commence à retrouver l'espoir aussi.

Pourtant, au Japon, on continue à trouver des génériques "faits maison", en général non pas à la place du générique principal mais en changeant celui de fin, et alors que The Mentalist a débuté sur la chaîne câblée Super! Drama TV ce soir, la série policière de CBS est la dernière en date à succomber à cette tendance. Détail original : c'est un duo comique, W COLON (un nom comme celui-là, ça ne s'invente pas), qui est chargé du générique. Comique, The Mentalist ? Mouais. Pas convaincue. Drôle de choix. Mais je n'ai pas encore entendu le résultat final, alors ne jugeons pas précipitamment...

JPThemes_Mentalist

Mais du coup, cela me donne l'opportunité de vous parler de quelques génériques japonais de séries que vous connaissez, et ça, ça n'a pas de prix.

Alors du coup je vous arrête tout de suite : non, les génériques japonais des séries américaines, ça n'a pas grand'chose à voir avec les génériques des séries d'animation, lesquels ne sont pas représentatifs en matière de musique japonaise, j'en profite pour le signaler. En tous cas, sachez que dans ce post, il se cache peut-être une découverte agréable. Moi j'dis ça...

USJP_LOST


LOST (titre US et titre JP) saison 1 par CHEMISTRY - Here I Am


LOST (titre US et titre JP) saison 2 par Yuna Ito - losin'


LOST (titre US et titre JP) saison 3 par Crystal Kay - Lonely Girl

JPThemes_PrisonBreak


Prison Break (titre US et titre JP) saison 1 par EXILE - EVOLUTION


Prison Break (titre US et titre JP) saison 2 par Namie Amuro - Top Secret

JPThemes_Damages


Damages (titre US / titre JP : Damage) saison 1 par BECCA - Perfect Me


Damages (titre US / titre JP : Damage) saison 2 par MiChi - RaiN

 Il y en a probablement d'autres, mais le but de ce blog n'a jamais été de faire dans l'informatif...
Alors, verdict ?

Posté par ladyteruki à 20:29 - Médicament générique - Permalien [#]

24-02-10

Ma came

"Je suis un alcoolique. Je ne prends pas qu'un seul verre. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse prendre qu'un seul verre, je ne comprends pas qu'on puisse laisser un demi-verre de vin sur la table, je ne comprends pas qu'on puisse dire "merci, ça suffit"... Comment peut-on se lasser d'une telle sensation ? Comment ne pas avoir envie de la ressentir plus longtemps ? Moi mon esprit ne fonctionne pas comme ça."
(Leo McGarry, A la Maison Blanche - 3x10 : Bartlet pour l'Amérique)

Bon, je vais être franche avec vous, je viens tout juste de découvrir l'existence des PRISM Awards, via la news du site Le plus en séries. Et encore, même là c'est un hasard, puisque je ne lis jamais ce site d'ordinaire (vu que je ne pratique pas les sites qui ne proposent que des news). Pourtant, le sujet me captive, mais enfin force est de constater que ce n'est pas l'award le plus discuté sur les sites et blogs consacrés aux séries. En tous cas, c'est comme ça que j'ai appris qu'il y avait d'autres personnes que moi qui trouvaient qu'on ne parlait jamais assez de personnages au comportement addictif. Vous voulez qu'on recompte le nombre de fois où je vous ai parlé de Rude Awakening ? Voilà, CQFD.

RudeAwakening

Pour ceux qui, comme moi pour le coup, manquent cruellement de culture, voilà un bref topo : les PRISM Awards sont remis aux œuvres traitant de la consommation abusive de substances comme l'alcool, les drogues, le tabac, les médicaments... Ce qui, en gros, constitue le cast de ma série idéale, si vous voulez. Il n'y a pas que les séries qui peuvent être récompensées, mais comme je suis téléphage avant tout (bien que je fasse des expériences), je vais faire comme si.

Donc comme toujours dans ces cas-là, j'ai fait un peu de lecture, histoire de rattraper mon retard, et je dois reconnaître que bien des séries récompensées font déjà depuis longtemps partie de mon tableau de chasse. Alors je vous ai préparé un petit florilège de mes vainqueurs préférés...

1997 - Winner
Une Maman Formidable - 4x12 : Un Noël mouvementé
Je ne pense pas avoir vu cet épisode mais il faut quand même dire que la série n'a jamais reculé devant les thématiques sur la boisson. Rappelons qu'à la base, l'héroïne Grace est une ancienne alcoolique, qui a cessé de boire quand elle s'est séparée de son ex-mari, qui la battait sous l'effet de la boisson. Oui, c'est un sitcom, pourquoi cette question ?

2001 - PRISM Commandation
Rude Awakening - 3x02 : Putain de soirée
L'absence de cette série dans le palmarès des PRISM Awards aurait été un scandale. Et pour avoir vu cet épisode, plusieurs fois qui plus est, je peux vous garantir que ça méritait franchement de gagner un trophée. Voir Billie s'engueuler avec son miroir dans la salle de bains, alors qu'un type l'attend dans la chambre pour s'envoyer en l'air afin de pouvoir gagner sa dope, franchement, tout le monde n'aurait pas osé. Faudrait que je me le revoie, cet épisode, puisqu'on en parle.
Titus - 2x19 : L'intruse
C'est pas forcément le meilleur épisode de la série. Et je pense qu'il y en a d'autres qui valent au moins autant sur cette thématique que ce petit épisode avec une ado mal embouchée. Je pense notamment à l'épisode d'intervention, au cours duquel la famille Titus tente d'aider le patriarche... à se remettre à boire. L'effet de cynisme fonctionnait bien mieux.

2002 - Winner
The Division - 1x22 : Dérive
Je n'ai pas encore abordé cette série ici (il faut dire que sa réputation discrète et ses diffusions rares n'aident pas), mais il y a bien des choses que j'avais aimée dans The Division, et notamment le personnage de Jinny, alcoolique notoire qui mettait régulièrement sa carrière voire sa vie en péril à cause de son addiction. Le personnage était un peu une Billie Frank sans l'humour, très touchante mais en même temps beaucoup moins facile à prendre en affection, ce qui est quand même vrai de la plupart des alcooliques, disons-le.

2005 - Meilleur arc - Winner
Jack & Bobby - La rentrée / Le discours de minuit / Frères ennemis
Ah bah, en voilà une autre de série méconnue et hélas trop peu traitée y compris dans ces colonnes. En plus, ça irait vite de se la refaire, cette série, je vais y repenser sérieusement, tiens. Il faut dire que tout un axe tournait autour du fait que la mère de Jack et Bobby avait du mal à se passer de son herbe, chose que même son fils adolescent ne vivait pas aussi bien qu'on le croit. Ce n'était pas tant la qualité d'écriture de cet axe que la prestation de Christine Lahti qui impressionnait beaucoup. Non mais vraiment, plus j'y pense plus je me dis que je vais ptet me refaire une cure de Jack & Bobby.
Le Protecteur - Hallucinations / Amende honorable
Avant The Mentalist, il y avait Le Protecteur. L'acteur principal était tout aussi bon à baffer, mais au moins ça s'expliquait par le scénario, puisque Nick Fallin était pris la main dans le sac de dope dés le pilote, et ce petit avocat riche se trouvait à prendre en charge des affaires pro bono pour le service de l'enfance de la ville. Je me souviens avoir dévoré cette série sur TF1, et avoir eu plusieurs fois des envies de meurtre à cause de ce crétin de Nick, complètement apathique. Mais le fait est que du coup, son addiction était un acte fondateur de la série et de nombreuses intrigues personnelles.

2006 - Meilleur arc - Winner
Reba - Help Wanted / Hello, my name is Cheyenne / Where there's smoke / Best lil'l haunted house in Texas
Outre plusieurs mentions, la série a remporté en 2006 une victoire méritée. L'axe de l'alcoolisme est d'autant plus impressionnant que Reba est un sitcom familial qui très souvent (même si pas toujours) se cantonne au politiquement correct, avec des intrigues classiques et un dénouement où tout est bien qui finit bien. Et là, Cheyenne qui devient alcoolique, vlan. C'est du lourd. Et si au début, la série a réagi par l'humour, au final le traitement a bien mérité cette récompense.

2008 - Meilleur arc - Nomination
Rescue Me - Coups de blues / Les héros du 11 Septembre / Amende honorable / Dieux et fantômes / Un match, une vie
Il est difficile de parler d'alcoolisme sans mentionner Rescue Me ! Je n'ai pas encore vu ces épisodes (mais maintenant que j'ai le DVD ça ne devrait plus tarder) mais je ne doute pas, s'ils sont dans la même veine que ce que j'ai déjà vu, qu'ils retranscrivent des problématiques sur l'alcoolisme de façon très honnête.

2009 - Meilleure performance dans un drama - Winner
The Cleaner - Benjamin Bratt
Sincèrement, je suis déçue. The Cleaner, bien qu'ayant parfois reculé devant l'obstacle, a quand même le mérite d'avoir fondé une série toute entière sur le principe de l'addiction et de la façon dont on peut s'en libérer. Ou tout du moins essayer. L'effort est colossal, même si légèrement opportuniste venant d'une chaîne qui diffuse en parallèle de la real tv sur le même sujet. En tous cas ça méritait plus qu'un simple coup de chapeau à Bratt. Pour 2010, The Cleaner n'est nommé que pour un épisode (cf. Le plus en séries). C'est pas normal non plus...

TheCleaner

Vous aurez noté que pour une ou deux récompenses attribuées ("winner"), les PRISM Awards soulignent aussi d'autres efforts ("PRISM commandation"), moindres mais notables tout de même, et régulièrement on trouve des séries comme Les Anges du Bonheur ou Promised Land dans ces citations, ce qui n'étonnera que ceux qui n'ont pas encore lu mon plaidoyer pour réhabiliter ces deux séries, dont pour une fois on va se rappeler l'existence. Urgences a également été de nombreuses fois cité par les PRISM Awards, à raison puisqu'entre les patients et les intrigues de Carter ou Abby, on peut dire que la série a su explorer cette thématique plusieurs fois, avec le talent qui était le sien.
Récemment, j'ai eu envie de redonner sa chance à Saving Grace qui m'avait déçue, mais bon, le temps passe et parfois on change d'avis, ou simplement on est plus réceptif. Vais ptet m'occuper de revoir ce pilote quand j'aurai fini ma rétrospective Jack & Bobby...?

Mais globalement, les séries qui abordent plus spécifiquement ces problèmes d'addiction sont souvent en bonne place parmi mes préférences. En fait, je crois que si je suis sensible à ce sujet, c'est essentiellement parce que je m'y retrouve ; d'une addict des séries aux addicts de séries, il n'y a pas loin, après tout...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme moi avant de me pencher sur le sujet) : la liste des gagnants des PRISM Awards.

Posté par ladyteruki à 00:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

13-01-10

Par principe

Il n'est pas besoin d'aimer une série pour se battre contre son annulation.
En fait, j'irai même jusqu'à dire qu'en matière de séries, je suis farouchement pro-life, et que toute série mérite d'être sauvée (même celles qui ne sont encore qu'à l'état de projet), que je la regarde ou non. Le jour où Les Experts Guadalupe sera annulée, ce sera forcément triste, malgré tout le mal que j'ai dit de cette série, de ses 712 spin-off et des multiples copies plus ou moins honteuses qu'elle a essaimées la décennie précédente. Ce sera triste, parce que ce sera une annulation. Point barre. Partant de là, aucune série ne devrait jamais être annulée. Oui, même si son état est grave, voire désespéré, et que beaucoup de monde envisage l'euthanasie, moi j'ai quand même un problème avec ça.

Quand une série menace de se faire annuler, et que les fans mettent en place des moyens pour tenter de la sauver, j'ai, instinctivement, envie d'aider. Même si je ne regarde pas la série.

Parce que concrètement, même si je ne regarde plus Les Experts Guadalajara depuis, allez, 8 ans on va dire, quel tort ça me fait que la série soit toujours à l'antenne ? Aucun, en fait. Malgré tout ce que j'ai à reprocher à pareille série, son existence n'enlève rien à la mienne. Alors pourquoi lui vouloir du mal ? Pourquoi souhaiter sa disparition ? Il n'y a pas de raison.

La plupart du temps, je ne souhaite pas la disparition d'une série, tout-au-plus me laisse-t-elle indifférente, et si on me fait part d'une action pour la sauver, je me dis que ça ne me coûte rien de signer une pétition, ou faire passer un mail, ou un tweet, ou peu me chaud. Ça prend deux secondes. Qu'est-ce que 2 secondes sur mon programme téléphagique ? Les mauvaises langues diront que c'est la durée du générique de The Mentalist, par exemple... autant dire : rien.
Alors bon, évidemment, il y a parfois des séries dont on se réjouit de la disparition, ne nions pas l'évidence. Mais seulement une fois que c'est fait, parce qu'il est indécent de se réjouir du sort d'une série sur le déclin.

Et sincèrement, je m'attends de votre part à la même position de principe.

Aussi, je n'ai aucun doute sur le fait que vous avez déjà remarqué que, depuis quelques jours, dans la colonne de droite, un logo à la gloire de Better Off Ted a fait son apparition de façon à attirer votre attention sur l'existence de savebetteroffted.com qui s'emploie avec fougue à tenter l'impossible pour ladite série, afin de lui éviter le pire. Sachant qu'on a affaire à ABC, on ne sera jamais trop nombreux sur ce coup-là (est-il nécessaire de rappeler quelle série fleurant bon la tarte ABC a fauché il y a à peine un an ? Vous ferai-je cet affront ?).

BetterWithTed

Mais bon, dans l'éventualité (hautement improbable, et j'en suis consciente) où cela aurait échappé à votre pourtant irréprochable sagacité, sachez que vous pouvez décider d'aposer votre signature au bas de la pétition qui a été lancée il y a quelques jours à peine. Mieux encore, vous pouvez rappeler cette salvatrice adresse à tous vos correspondants.
Les plus fous parmi vous, qui auraient 140 caractères à dépenser, peuvent même faire la promotion de tout cela sur Twitter. Ajoutant, ça tient du délire, les hashtags suivants afin de participer à l'effort de guerre : #betteroffted #saveted et #veridiandynamics ! Si par un coup du sort, vous aviez un groupe Facebook, vous pourriez même envisager de rejoindre le groupe "Save Better Off Ted", dans la foulée.

bettern

Au bout de ces 30 secondes de travail acharné, et votre conscience pour vous, vous pourrez éventuellement envisager de découvrir la série si, par un hasard incroyable, vous n'y aviez pas encore jeté un oeil. Mais même ça, ce n'est pas obligé.
Vous aurez déjà fait perdurer les valeurs qui sont les nôtres, à nous téléphages. C'est beau d'avoir des principes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais ont quelques minutes à consacrer à leur progression personnelle en ce domaine) : la fiche Better Off Ted de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:03 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

09-10-09

Dépit amoureux

Séries, je vous aime. Voilà, c'est dit. Je vous aime toutes, et chacune séparément. Bon d'accord peut-être pas toutes, mais je vous aime. Sauf que l'amour est une chose bien compliquée. Ce n'est pas toujours facile d'aimer.

Et en cette rentrée, chères et belles séries, mes sentiments pour vous sont mis à rude épreuve... Suite à une déception sentimentale, je pressentais vaguement que les choses ne seraient pas faciles en cet automne, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point ! Car le problème, c'est qu'il n'y a pas grand'chose pour faire battre mon cœur. Il n'y a pas de coup de foudre. Je crois beaucoup au coup de foudre téléphagique, pourtant ; c'est un évènement magique qui, lorsqu'il s'est produit, m'a apporté beaucoup de bonheur par le passé.

Mais voilà : la chair est triste, hélas ! et j'ai vu tous les pilotes. Si j'ai entrepris de faire un bout de chemin avec The Good Wife, ou Flash Forward, c'est essentiellement par dépit amoureux.

Je me demande d'ailleurs si je suis bien la seule. Je soupçonne que les audiences de The Good Wife (à l'instar, l'an passé, de celles de The Mentalist, dont la stratégie rodée et proprette est assez proche) soient essentiellement dues à un report d'intérêt. Je suis avec toi par défaut. S'il y avait mieux je serais ailleurs, mais il n'y a pas mieux. Je pourrais trouver pire, franchement... mais le coeur n'y est pas.

Le téléphage a beaucoup d'amour à donner. Parfois, il ne sait juste pas à qui s'offrir... Alors il se présente devant une série qu'on ne peut, décemment, pas qualifier de mauvaise, il lui offre un bouquet de fleurs sans conviction, et la sort pendant quelques semaines, sans flamme. Il garde à l'esprit que si jamais se présente un coup de coeur soudain, il partira sans crier gare. Une histoire triste dont personne ne ressort grandi...

"Sympathique", "efficace", "divertissante"... autant de qualificatifs qui, ne nous y trompons pas, ne veulent pas dire "je t'aime". Et pourquoi pas "gentille" aussi ? Qualifier une série qu'on regarde de la sorte, c'est pire que de ne lui accorder aucun regard. Mais que serait un téléphage découvrant qu'il n'a plus de série à aimer avec passion ? Une âme en peine ? Une télécommande solitaire ? Un nostalgique bloqué ? Un passéiste déçu ?

Alors, voilà, pour le moment, je me contente de dire : "je t'aime bien". Pour le moment. Mais sache qu'à tout instant, je me réserve le droit de te plaquer et de m'enfuir loin avec la prochaine série qui saura ravir mon coeur. C'est la dure loi de la téléphagie. Le téléphage ne sait pas rester seul. Il aurait peut-être dû mieux guérir de la rupture avec son ex, aussi...?

En attendant mieux, donc, je flirte avec The Good Wife et Flash Forward. Fort heureusement, l'amour est aveugle, je ferai donc mine, encore pour quelques semaines, de ne pas voir que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre...

Posté par ladyteruki à 11:09 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-04-09

[DL] The Mentalist

The Mentalist est comme beaucoup de choses cette saison : si on se donnait juste un peu plus de mal, ça serait bien. Au lieu de quoi c'est juste moyen mais, comme il y aussi beaucoup de médiocrité cette saison, alors du coup, les gens trouvent ça pas si mal (relisez, vous verrez, ça a du sens).
Et côté générique, c'est exactement le même problème : il est pas mal ce petit thème musical ! Oui, mais il est petit. Et surtout, ya rien à voir. C'est presque comme dans une tragédie grecque, ce générique, quelque part.

TheMentalist

Alors là attention, c'est concept. Pour montrer que Mister Jane pense "out of the box", on montre... des noms dans des boîtes. Non, en fait, je ne suis même pas sûre que la production ait réfléchi aussi loin en concevant le générique. Mais on se console en se disant que c'est le cas... Non, ça vous console même pas un peu ? D'un autre côté, je ne vous blâme pas...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Mentalist de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Médicament générique - Permalien [#]


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