ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-08-13

Une première fois à tout

A force de voir ma timeline sur Twitter évoquer de vieilles séries (Mission: Impossible pour gehenne, The Mary Tyler Moore Show pour Jéjé...), j'ai eu envie, moi aussi, de me replonger dans des vieilleries. Ca faisait un bout de temps, pas vrai ?
Voyage aujourd'hui en 1950, avec un épisode de la série Beulah.

Tout comme pour Life with Elizabeth, dont nous avons parlé il y a quelques mois, peu d'épisodes nous sont parvenus de la série Beulah. Alors que 87 épisodes au total ont été produits, nous dit Wikipedia, seulement 7 d'entre eux ont survécu aux aléas du temps et d'une conservation peu scrupuleuse. Sur ces 7 rescapés, 4 sont sortis en DVD, qu'une fois de plus j'ai acheté sur un coup de tête en voyant leur prix dérisoire.

Née à la radio en 1945, mais basée sur un personnage apparu en 1939, la comédie Beulah va s'installer sur les écrans de CBS cinq années plus tard. L'histoire de Beulah est assez caractéristique de nombreuses séries de son époque, même si les exemples qu'on connaît le mieux ne sont pas nécessairement des comédies (je pense au soap Guiding Light ou la série policière Dragnet). C'est un peu toujours le même principe qui est au centre de la démarche : on a quelque chose qui marche bien sur un média, on le transporte dans un autre histoire de minimiser la prise de risques.
Ainsi donc, un soir de 1950, voilà Beulah qui débarque sur les écrans américains, diffusée en quotidienne et en noir et blanc. Sauf que la grande différence, c'est qu'il s'agit de la toute première série de network à avoir pour héroïne principale une femme de couleur.

Beulah

...En théorie. Car quand on regarde le premier épisode du DVD de Beulah (dont on ne saurait décider, vu les circonstances, qu'il s'agit du pilote), que voit-on ? Qu'être l'héroïne d'une série recouvre des réalités variables, et qu'il y a une grande différence entre "avoir une série à son nom" et "être souvent à l'antenne dans une série".

L'épisode commence quand la famille Henderson, qui emploie Beulah, se trouve devant un dilemme : les temps sont durs (et Madame vient de s'acheter un nouveau chapeau), il faut donc faire des économies. Monsieur Henderson (Harry de son prénom) décide que désormais, on se passera des services du jardinier : c'est toute la famille qui mettra chaque samedi la main à la pâte ou, plus vraisemblablement, à la terre. Son épouse et son fils acquiescent, moins par enthousiasme que parce que, et je paraphrase à peine, c'est Harry qui tient les cordons de la bourse et qu'ils ont besoin de lui être agréable pour que plus tard il subventionne leurs caprices.
Les Henderson se partagent donc les tâches avec entrain, qui l'arrachage de mauvaises herbes, qui l'arrosage, qui la pelouse ; dans tout ça, Beulah s'affaire en cuisine à préparer un succulent repas, et ne saurait intervenir que pour le strict minimum.
Mais voilà que les choses changent bien vite car, le samedi venu, Beulah est approchée séparément par le fils, la mère, et pour finir le patriarche de la famille Henderson : chacun a une obligation à laquelle naturellement il ne saurait faire défaut, et demandent à Beulah d'accomplir leur tâche à leur place. La pauvre femme se retrouve donc à devoir maintenir à elle seule l'état du jardin des Henderson, et très vite, il apparait que non seulement elle n'est pas au point (elle aura une mésaventure avec la tondeuse) mais en plus, elle a le dos tellement cassé, le samedi soir venu, qu'elle offre aux Henderson un bien piètre dîner. Désireux de sauver leurs dîners du samedi soir, ils tentent donc de trouver une solution et proposent à Beulah... de changer le menu. Ah, euh, pardon, vous pensiez qu'ils allaient vouloir sortir Beulah de la situation douloureuse dans laquelle ils l'ont plongée, et assumer le jardinage qu'ils prétendaient assumer eux-mêmes ? Vous êtes mignons. Je ne vous raconte pas la fin de l'épisode, mais franchement, difficile pour le spectateur d'aujourd'hui d'esquisser ne serait-ce qu'un sourire ou même un rictus devant Beulah.

Au final, notre héroïne n'aura qu'une scène de l'épisode qui lui sera vraiment consacrée : celle pendant laquelle, bien qu'armée de bonnes intentions et décidée à donner un coup de main sans compter ses efforts, elle va tout de même se rendre ridicule, voire même aggraver le problème. Mieux que rien ? Admettons.
D'autres scènes mineures la mettent en scène, mais soit elle est en présence des Henderson (c'est généralement évité autant que possible cependant), soit elle est en compagnie d'autres personnages de couleur, à savoir son amie (et employée des voisins) Oriole et Bill, l'homme à tout faire. Ces deux personnages sont à eux seuls problématiques. Ils se caractérisent uniquement par le fait qu'ils ont envie d'échapper au maximum aux corvées, soulignant certes que Beulah, elle, a le sens du devoir et des responsabilités, mais, parce qu'ils sont "hauts en couleurs" (pardon pour l'expression), ils volent la vedette à l'héroïne. Le fait qu'Oriole soit interprétée par Butterfly McQueen, qui incarnait Prissy dans Autant en emporte le vent, avec son inoubliable timbre suraigu qui a transpercé des générations de tympans, détourne totalement l'attention de Beulah, par exemple.

Mais avouons-le, les dialogues reviennent essentiellement aux Henderson. Ce sont eux qui occupent l'espace, comme les scènes dans leur salle à manger, où Beulah ne fait généralement que passer pour les servir, tandis qu'ils ont toutes sortes de discussions entre eux ; ils incluent le moins possible Beulah aux discussions, et moins encore aux décisions, même la concernant. Leur employée a beau avoir une série à son nom, ce sont eux qui s'expriment le plus dans l'épisode, et qui ont le pouvoir de décision.
On n'est pas ici dans le cas de figure d'une série dans laquelle l'employée est plus maligne que ses employeurs, et finit par trouver une solution à leurs problèmes. Beulah met en scène une bonne nature qui fait tout ce qu'on lui dit sans trop râler, quitte à pâtir des conséquences auxquelles les patrons n'avaient pas songé (ou auxquelles ils n'ont pas eu envie de songer, parce qu'après tout, quelle importance pour eux ?).
Beulah est présentée par CBS comme une série autour d'une femme noire, mettant en avant ses dons culinaires et la façon dont elle fait tourner la maison. Oui : mais pas parce qu'elle y prend la moindre décision, uniquement parce qu'elle est la seule à... y faire quelque chose. Se gargarisant de mots et de sourires polis, les Henderson font des choix qui sont irréalistes ou tout simplement peu réfléchis, c'est en cela, et en cela seulement, que Beulah leur est supérieure : quand elle sera confrontée aux conséquences, elle mettra à jour le fait que ses patrons n'ont pas nécessairement été très fins. Mais elle ne le leur fera pas remarquer, et ne saurait en prendre avantage. Enfermée dans une certaine humilité imposée par sa classe (et certainement ses origines, Beulah ayant l'âge d'être née juste après la Guerre de Sécession).
Et pour répondre à votre question, oui, j'extrapole en imaginant que c'est le cas de toute la série, mais je n'ai pas besoin de faire un gros effort d'imagination.

Inutile de dire que sans aller jusqu'à prétendre que Beulah a de forts relents d'esclavagisme, en tous cas, on est en plein dans une expression du racisme ordinaire de la moitié du 20e siècle.
Mais après tout, rien là de très surprenant. Les prémices de Beulah étaient racistes : quand la série radiophonique The Martin Hurt & Beulah Show démarre, c'est un acteur blanc, Martin hurt, qui prête sa voix au personnage ! Un magnifique cas de blackface sans face, quelque part. L'émission est un spin-off d'une autre série radiophonique, enregistrée en public dans laquelle Hurt avait pris l'habitude de commencer chaque épisode en tournant le dos aux spectateurs ; une partie de l'humour du personnage reposait sur le fait que les spectateurs découvraient APRES que Beulah se soit exprimée... qu'un homme blanc venait en fait de parler ! Ha ha ha, que c'est drôle. Dans les années 50 en tous cas, il faut croire que ça l'était. Ce n'est que plus tard, après la mort soudaine de Martin Hurt, que l'émission prendra le titre de The Beulah Show, et même là, c'est encore un acteur blanc qui prend le relai. Finalement, ce n'est que deux années après la création de la série radiophonique qu'une femme noire incarnera Beulah, et ce sera l'actrice Hattie McDaniels qui y parviendra (elle incarnera Beulah plus tard dans la série télévisée).
Au long de ses 87 épisodes, ce sont 3 "Beulah" différentes, 4 "Bill" et 2 "Oriole" qui vont se succéder... en l'espace de deux ans (les autres personnages changeront également de façon régulière). Les raisons ne seront pas toujours d'ordre raciales, mais on peut par exemple citer Percy Harris (premier "Bill" de la série) qui citera précisément ce motif pour quitter Beulah ; son successeur Dooley Wilson invoquera le même motif à la fin de la saison 1. La National Association for the Advancement of Colored People élèvera aussi la voix contre les représentations faites par la série d'un monde, à bien des égards, un peu trop noir et blanc.
A noter qu'au final, la version radio durera jusqu'en 1954, soit deux ans de plus que la série télévisée Beulah.

Il faut se remettre dans le contexte des années 40/50 : dans un pays où la ségrégation occupait encore une part non-négligeable de la vie quotidienne, les noirs et les blancs ne se mélangeaient pas. Pour imaginer une situation dans laquelle les deux communautés interagissaient, ne serait-ce que de façon minimale, il fallait en passer par la seule relation qu'on connaissait à l'époque : des patrons blancs, des employés de maison noirs.
Et surtout, toute façon d'incarner un personnage de couleur à l'époque devait impérativement se conformer à la vision des blancs. En prêtant d'abord sa voix à Beulah, Hattie McDaniels avait refusé d'incarner un personnage stupide comme ses deux prédécesseurs ; elle parvient même à faire ajouter une clause à son contrat lui permettant d'accepter les scénarios qui lui seront proposés, ou de les refuser. Elle ouvrira ainsi la voie à la version télévisée, dans laquelle Beulah n'est pas idiote : elle est juste totalement servile.

Croyez-le ou non, c'était un progrès, bien que petit. En étant "seulement" soumise à ses employeurs blancs, mais sincèrement dévouée à leur bien-être et profondément attachée à eux, Beulah rentre dans un des rares stéréotypes de l'époque qui soit réellement aimé par le public : la "Mammy" ronde et joviale (Hattie McDaniels en campe par exemple une similaire dans... Autant en emporte le vent). D'ailleurs, ce stéréotype était tellement inflexible et incontournable, pour s'attacher l'affection du public, qu'Ethel Waters (la première actrice à incarner Beulah à la télévision avant que McDaniels ne reprenne le rôle) fut obligée de prendre du poids pour rentrer dans le moule, car elle était initialement plutôt mince ; à la suite de quoi elle souffrira de problèmes de santé liés à son obésité pendant le restant de sa vie.
Malgré tout cela, mieux valait que ce personnage soit campé par une femme noire que par un homme blanc, à une époque où, vous l'aurez compris, le blackface ne choquait pas le public blanc, les producteurs blancs, les exécutifs blancs, les annonceurs blancs. Dans une interview, McDaniels ironisera sur la situation, alors qu'on lui demande si elle est vexée par le rôle qu'elle tient : "Why should I complain about making seven hundred dollars a week playing a maid ? If I didn't, I'd be making seven dollars a week actually being one". Il n'y avait pas des centaines d'options : dans les années 40, quand les premières protestations se sont faites entendre sur les représentations des populations de couleur à la télévision, la première réaction des studios fut... de supprimer ces rôles.

Cela n'excuse évidemment pas l'ambiance fortement raciste de Beulah ; mais ça l'explique. Et ça permet aussi de se remettre dans le contexte d'une époque où être un acteur de couleur à la télévision (ou plus spécifiquement, être un acteur noir, on ne parlait pas encore beaucoup d'acteurs hispaniques par exemple) recouvrait une réalité complexe qu'on a eu vite fait d'oublier. Il ne s'agit pas de dire que, comparativement, les acteurs de différentes minorités sont aujourd'hui bien lôtis et devraient arrêter de se plaindre, pas du tout ; en revanche, ils reviennent de très loin.

Je n'ai pas forcément trouvé Beulah très drôle. C'est embêtant : c'est un sitcom. Et c'est embêtant parce qu'à la base, je regarde une vieille série pour le plaisir de regarder une vieille série, pas pour une leçon d'histoire. Mais voir cet épisode m'a permis de réfléchir et de lire sur toutes sortes de choses, et c'est bien plus que ce que bien d'autres séries parmi ses contemporaines m'ont permis de faire. A défaut de plaisir téléphagique, j'aurais donc tiré quelque chose du visionnage de cet épisode.

Beulah sera la dernière série à la télévision américaine à avoir pour "personnage principal" une femme noire, jusqu'à l'arrivée de la série Julia... en 1968. Mais un autre progrès aura encore été accompli à ce moment-là : l'héroïne éponyme de la série sera une veuve qui élève seule son fils, tout en travaillant dans un hôpital.

Posté par ladyteruki à 17:58 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

28-11-10

Dramédie : *****

Review

Certains pitches font galoper l'imagination. C'était le cas de Review with Myles Barlow, présentée comme une comédie satirique dans laquelle un homme présente une émission pour laquelle il effectue des reviews de... la vie. Un concept alléchant qui ouvrait bien des possibilités. En réalité, on est loin d'un concept fort : les reviews ne portent pas tant sur la vie que sur l'exagération de petits aspects anodins de la vie pour en faire un test forcément grinçant, parce que totalement à côté de la plaque.
Alors, si au final, le pilote de Review with Myles Barlow n'est pas nécessairement inoubliable, il est réussi, oui, mais à condition de ne pas s'imaginer qu'on va mettre la main sur une série révolutionnaire. Derrière le bon concept se cache une série finalement assez classique, dans son genre, descendant plus de la comédie à sketches que d'autre chose, ce n'est pas un ma, mais en tous cas ce n'est pas ce pour quoi je voulais m'embarquer.

J'attendais certainement quelque chose qui soit un peu émouvant. Quelque chose qui me donne un peu à réfléchir tout en riant, au minimum, disons. Cette série que j'avais commencé à imaginer pendant que je cagoulais existe peut-être, mais ce n'est pas Review with Myles Barlow. Peut-être que c'est un peu The Big C. Peut-être qu'elle n'existe pas et alors, si je peux me permettre, il est encore temps d'inventer, je sais pas moi, un personnage qui effectivement, au lieu de reviewer dans les domaines du cinéma, de la cuisine ou de l'art, rédige par exemple un blog (je sais combien les chaînes sont attachées à lier leurs séries au monde d'internet pour faire "hype") où il reviewe la vie et donne des notes à ses expériences drôles et moins drôles. Si un scénariste qui passe me lit, prenez l'idée, c'est cadeau, promettez-moi simplement d'en faire un truc bien.

Peut-être qu'il faut que j'arrête les dramédies. Elles déforment ma vision de la comédie, finalement.
Peut-être aussi que je pars du principe que toute série devrait être une dramédie. C'est un terme finalement assez récent que celui de dramédie, ou du moins, si contrairement à mon impression il ne l'est pas, il ne s'est vraiment développé à grande échelle que récemment, grâce au câble américain et notamment Showtime qui me semble être la chaîne à avoir réellement développé le genre, si genre il y a. Avant la dramédie, je connaissais déjà les comédies en single caméra, je pense que c'était une sorte de maillon manquant, et j'aimais déjà.
Ce qui me plaît, c'est de n'avoir pas à me contenter de rire, d'être émue aussi.

Oh, on me dira que toutes les comédies, du moins les meilleures, ont toujours incorporé une saine dose d'émotions à leurs intrigues, et que ça ne date ni des violentes disputes des dernières saisons de Will & Grace, ni de la romance homardesque entre Ross et Rachel dans Friends, ni des flashbacks nostalgiques voire carrément déchirants des Craquantes. Même la première saison du Mary Tyler Moore Show contenait quelques perles de mélancolie, et encore, je cite ces exemples uniquement parce que je n'ai pas vu d'épisode d'I Love Lucy depuis environ 10 ans, ça se trouve l'ambivalence est là depuis le premier jour.
Mais la vérité c'est que les comédies remplissent tout de même plutôt leur rôle de comédie la plupart du temps, et assez peu sont capables de trouver le bon équilibre. Loin de moi l'idée de leur reprocher d'être drôles, simplement, et c'est l'explication derrière mon allergie aux sitcoms récents dans leur grande majorité, elles trouvent trop souvent inutile de s'aventurer dans l'exploration du rire doux-amer.
D'où mon adoration pour la dramédie. C'est une comédie qui a réussi, à mes yeux.

De la même façon, une série dramatique trop sérieuse a tendance à me gonfler. Là encore, l'excès n'est pas forcément une force. S'il n'y a ni respiration dans l'ambiance parfois lourde de certaines séries, s'il n'y a pas un personnage un peu plus sympathique que les autres, j'ai tendance à regarder l'épisode, admettre gravement qu'on a là une bonne série dramatique, et tourner poliment les talons pour aller voir ailleurs. On n'est pas obligés de se prendre perpétuellement au sérieux pour faire un bon drame. Ce devrait être même interdit. Là encore, c'est un peu facile d'incorporer un personnage drôle pour être drôle, et de tomber à côté. Le drôle pour être drôle devrait être banni des drames comme des comédies. Il y a un équilibre à trouver.

Mais du coup, peut-être qu'en recherchant systématiquement des choses tristes qui font rire quand même, et des choses drôles qui rendent un peu triste, je finis par modifier mes attentes quand arrive une série que je ne connais pas et que je m'apprête à l'aborder sur la seule base d'un pitch. J'exige plus de mes séries que ça.
Une sorte de déformation para-professionnelle, je suppose.

J'aurais voulu, bon, peut-être pas pleurer devant Review with Myles Barlow. Mais en tous cas ne pas avoir l'impression qu'on attendait juste de moi de rire. Ce n'est pas exiger assez de moi en tant que spectateur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Review with Myles Barlow de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:43 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

22-09-10

Fat guy, not skinny wife

Le sitcom. L'art de prendre une idée la plus simple possible et d'en rire le plus longtemps possible. Surtout un sitcom de Chuck Lorre...

J'ai de moins en moins d'atomes crochus avec le sitcom. La comédie en single camera lui a ravi mon cœur voilà longtemps. Il y a quelques mois, j'ai pourtant eu une petite fringale (intégrale de Lucky Louie, Will & Grace et des Craquantes, première saison du Mary Tyler Moore Show...), dont on aurait pu penser qu'elle me réconcilierait avec le sitcom. Eh bien du tout.
Ou peut-être que je suis surtout fâchée avec Chuck Lorre, depuis qu'il nous a flanqué The Big Bang Theory dans les pattes.

Pourtant, Mike & Molly s'annonce comme une petite comédie bien différente de l'humour "masculin" de Lorre dans lequel j'ai du mal à me retrouver (moi qui aime l'univers viril de Men of a Certain Age, pourtant... non, visiblement mon contentieux est avec Lorre). Peut-être ce qu'il y a de plus proche, au stade du pilote, de la comédie romantique à l'asiatique, cette nouvelle série nous montre comment un couple a priori peu destiné au romantisme télévisuel va lentement se former.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu : Mike comme Molly ne sont pas des personnages qui d'ordinaire auraient fait l'objet d'une comédie romantique. N'importe où ailleurs (et les emplois précédents des acteurs en attestent), ils seraient les faire-valoir, les bons gros copains qui servent de caution humoristique. Tu es gros, ton histoire d'amour ne peut être complexe, elle doit forcément toucher à l'absurde niaiserie qui sied à ton rang d'obèse.

Ce qui unit Mike et Molly, c'est que tous deux souffrent de blessures d'amour-propre, mais sont dotés d'un sens de l'humour qui appelle la tendresse, et qui y réagit, également. C'est très touchant de les voir tous les deux faire leur monologue devant le groupe des OA, avec à la fois un regard lucide sur leurs souffrances, et en même temps une façon de se mettre en scène visant à dédramatiser leur surpoids. C'était touchant et c'est ce qui les a touchés l'un chez l'autre, en fait. On sent immédiatement dans les yeux de Molly combien elle est charmée que ce mélange d'humour et de tristesse soit si franc dans le discours de Mike. Il faudra attendre plus tard dans l'épisode pur qu'elle ait l'opportunité de lui en faire une démonstration similaire (bien que le charme de Melissa McCarthy fasse son oeuvre bien en amont de façon à nous la rendre instantanément sympathique).
Et très franchement, j'étais tout autant charmée. Car cet humour est le mien. Je ne l'emploie peut-être pas sur mon poids, mais sur mes (autres) fêlures et mes (nombreux) problèmes existentiels, si ; et en cela, les deux personnages de Mike & Molly respirent la sincérité. Ils ne sont pas juste gros, ils dépassent vite leur carrure pour installer deux personnalités pétillantes et remuantes. La mise en place de ces deux personnages est bonne, là-dessus, ya pas à dire.

Mais comment faire, maintenant ? Comment raconter cette romance sans épuiser les clichés sur les gros-qui-au-fond-sont-comme-tout-le-monde ? Le problème de Mike & Molly, c'est, sans jeu de mot, son format (et Chuck Lorre), car de la même façon que les blagues éculées sur les geeks de The Big Bang Theory sont usantes alors que le concept pourrait être marrant, l'histoire d'amour entre nos deux rondouillards pourrait être touchante quand elle semble vouée à la répétition à l'envi de plaisanteries sans avenir.

Mike & Molly en dramédie ? Quand vous voulez. Je trouve les personnages principaux suffisamment attachants pour ça (et ce serait facile de transformer les irritants personnages secondaires pour en faire de meilleurs atouts, notamment dans la famille de Molly). Mais en sitcom, non, je passe mon chemin. Surtout avec Chuck Lorre aux commandes.
Mais si j'en crois la Vanity Card de ce premier épisode, lui-même ne parie pas un pet de lapin sur la longévité de sa série. C'est pas plus mal : après avoir vu Melissa à l'oeuvre dans le film The Nines, je suis en mesure de dire qu'il ne la mérite pas.

MikeMolly

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mike & Molly de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:30 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-07-10

Juste pour rire ?

Les 6 premiers mois de l'année n'ont pas été drôles. Pas en-dehors de l'écran, en tous cas. Problèmes au travail, décès, maladie... Si vous ne le savez qu'à demi-mot, vous n'avez cependant pas pu ne pas vous en apercevoir, parce que mes visionnages et donc mes posts l'ont reflété.
Après le décès de freescully, c'est là que ça a été le plus difficile pour moi, personnellement et, du coup, téléphagiquement. Je n'avais plus envie de rien, plus foi en rien, il n'y avait plus de souffle téléphagique en moi pour me pousser vers quelque chose, ni pour exprimer mon ressenti ni pour m'en éloigner même temporairement. C'est certainement là que j'ai eu la plus grosse crise de foi téléphagique de toute ma vie, quand la téléphagie n'a pas réussi, pour la première fois, à m'apporter quelque chose (on reviendra sur les autres prochainement, d'ailleurs, parce que Livia a soulevé des choses très intéressantes récemment à ce sujet).

Et puis, aussi impossible que ça puisse paraître quand on voit tout en noir, les choses ont lentement repris leur cours. D'abord par une période pendant laquelle je regardais, consciemment ou non, uniquement des choses tragiques, dramatiques, déprimantes, tout ce qu'on veut.
Ensuite, il y a eu la période sitcoms. J'en suis toujours là.

Pêle-mêle, sont arrivées (ou revenues) sur mon écran des séries comme Lucky Louie, Les Craquantes, 30 Rock, Rude Awakening, The Mary Tyler Moore Show, Will & Grace... sans compter toute une tripotée de pilotes, tentés ou retentés pour voir, pour essayer de trouver un truc qui me fasse rire ; plus une grosse phase SNL qui risque bien de reprendre à la rentrée, plus j'en vois et plus je veux en voir. Au train où vont les choses, je vais avoir fini mes séries en cours fin juillet (sauf The Mary Tyler Moore Show qui semble prendre des plombes à cagouler et que du coup j'ai pris l'habitude de regarder à raison "seulement" de deux épisodes par semaine environ).

A l'occasion de ce périple aux frontières de la série comique (toutes n'étaient pas forcément des sitcoms purs et durs), je me suis posé des questions sur ce qui, fondamentalement, a motivé ces visionnages : l'humour est-il intemporel ? Peut-on encore rire lorsqu'on nous a trop répété qu'une série est drôle ? Peut-on rire de quelque chose qu'on ne trouvait pas drôle avant ? Peut-on rire de ce qu'on ne trouve plus drôle ? La triste réalité gâche-t-elle le plaisir de rire ?

En voilà une autre : devant une série humoristique, doit-on vraiment rire tout le temps ?

Techniquement, revenons sur les bases. Un sitcom (pour situation comedy) est censé être drôle. C'est sa raison d'être et je crois qu'on va tous tomber d'accord là-dessus sans trop pinailler. Et il suffit de voir le nombre de comiques de stand-up (puisqu'on parlait de stand-up il n'y a pas si longtemps) ou les habitués de l'improvisations qui obtiennent un rôle principal ou secondaire dans des sitcoms pour comprendre de quoi le genre se nourrit, si besoin était d'aller aussi loin.
Je suis sincèrement admirative de beaucoup de ces acteurs et scénaristes, capables d'être drôles pour vivre. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.

Mais je me demande si mon problème avec beaucoup de comédies actuelles, et plus particulièrement les sitcoms (et qui avant ces derniers mois ne semblait pas trouver de remède), ce n'est pas la pression qu'on ressent à "devoir" rire. Bien-sûr personne ne me pointe un flingue sur la tempe pendant les épisodes, et en fait, personne ne vérifie que j'ai bien ri à tel ou tel gag, soyons francs. Mais je ressens tout de même une obligation, due aux rires enregistrés (ou pas), de réagir d'une façon codifiée à de nombreuses répliques et mimiques. Il ne m'arrivera rien si je ne ris pas, pourtant, je soupire en me disant que j'aurais dû rire. Et que je ne l'ai pas fait.

A bien y regarder, les comédies qui fonctionnent avec moi sont toujours celles qui offrent plus que du rire facile, qui me permettent de me lier aux personnages. Par rire facile, j'entends en fait : "on rit, et on n'a que ça à faire". Des séries comme Ma Famille d'abord (qui reste pour moi le symbole de ce qu'un sitcom peut faire de pire), ça ne marche jamais avec moi. Parce que, au fond, qui sont ces gens ? Existent-ils pour autre chose que se balancer des blagues à longueur de temps ?
Je suis finalement beaucoup plus exigeante pour les comédies que pour les séries dramatiques en terme de character development. Si le personnage n'est qu'une façade plaquée dont je dois rire, ça ne me suffit pas, il faut que je discerne quelque chose d'un peu plus dense derrière.

Et du coup, pour cela, le personnage ne peut pas être drôle en permanence. Parmi mes épisodes préférés dans la plupart des comédies que j'aime, que trouve-t-on ? Les épisodes les plus tristes. Ce n'est pas un hasard, c'est bien parce que je refuse de croire qu'il y a des personnages qui peuvent rire en permanence, et que moi-même, je ne le peux pas même avec la meilleure volonté du monde.
J'aime quand une comédie se permet des incursions dans le dramatique. C'est bien plus courageux qu'une série dramatique s'essayant à l'humour (j'ai envie de dire que c'est aussi bien plus optionnel, alors qu'une série dramatique ne peut pas se permettre de se passer de respirations plus légères).

Vous voulez un exemple ? Je vous ai pas mal parlé de Will & Grace récemment, et même moins récemment avec le pilote... J'attaque en ce moment la saison 4. Dans cet épisode, Grace vient de se faire plaquer par son petit ami, alors qu'elle venait de réaliser qu'elle voulait passer sa vie avec lui. Elle déprime au point de ne plus quitter le lit, et rapidement, ses trois amis tentent de la remuer et l'en faire sortir (Karen en arrive même à lui faire une déclaration enflammée). Elle a failli reprendre du poil de la bête mais elle tombe sur un message sur le répondeur qui lui permet de comprendre que son ex s'est déjà trouvé quelqu'un d'autre, et Grace redescend donc au plus bas. Elle ne se nourrit plus, ne se lave plus, se passe des diapositives à n'en plus finir...
Voilà la conclusion :

BedBathBeyond

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Mais je suis ravie d'avoir le choix.

Posté par ladyteruki à 07:11 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

30-06-10

Prison ferme

Franchement, j'ai hésité. Avant de parler plus en avant de Capadocia, fallait-il attendre que j'en aie vu un peu plus ? Après tout, ça se fait, sur certains blogs téléphagiques.
Et puis, comme cette semaine, je vais plutôt finir la 3e saison de Will & Grace et la 5e des Craquantes (oui le temps passe vite, mais c'est parce que le cagoulage du Mary Tyler Moore Show a un peu ralenti alors, ça s'équilibre, quoi...), parce que je suis de particulièrement bonne humeur en ce moment (sauf quelques petites ratées çà et là), donc autant ne pas remettre ça aux calendes grecques, pas vrai ?

Ok, alors. Pour ceux qui n'ont pas cliqué la dernière fois, bien que manquant cruellement de culture, laissez-moi d'abord vous résumer grosso-modo ce dont parle le pilote de ma toute première série mexicaine. Voilà donc le pitch (tiens, comment on dit pitch en espagnol ?).

Imaginez une prison pour femmes. Murs délabrés, cellules surpeuplées, trafics de drogues, le bazar habituel... Imaginez maintenant que des groupes d'intérêt privés aient l'intention de faire du business grâce à cette manne de main d'œuvre corvéable à merci. Problème : tant que la prison existe sous sa forme actuelle, c'est-à-dire gérée par l'État, impossible de faire entrer l'argent dans les caisses, il faut donc que la prison telle qu'elle existe pour le moment soit fermée, au profit de l'établissement pénitentiaire/l'usine que lesdits groupes d'intérêt viennent de faire construire. La technique employée est effroyablement simple : provoquer une émeute qui prouvera inefficacité du système actuel. L'un des lobbyistes va donc, avec le concours d'une gardienne de la prison, mettre le feu aux poudres, à la suite de quoi, la nouvelle prison pourra ouvrir. Fermer. Enfin, vous saisissez l'idée.

Capadocia

Le pilote de Capadocia est l'épitome de l'épisode d'exposition. Au point que seules les 10 dernières secondes se passent dans la nouvelle prison expérimentale. Et pourtant, pas l'ombre d'une lenteur, pas le moindre temps mort. Une heure d'émotions fortes non-stop, en fait.

Si les comparaisons avec Oz semblent s'imposer d'elles-mêmes, à plus forte raison parce que Capadocia est une série HBO Latino, elles sont toutefois limitées, si on s'en tient au seul pilote. Capadocia parle autant de politique en-dehors de la prison que de ce qui se passe entre les murs, quand Oz était quand même bien claustro.

En fait, Capadocia dresse le portrait de deux univers de violence, alors que, dans un monde idéal, la violence devrait justement en être absente.

D'une part, l'extrême violence des femmes, qui s'exprime tout au long de l'épisode, mais avec plus de force, évidemment, pendant l'émeute. Dans la société mexicaine (comme dans beaucoup d'autres...), la femme est censée être l'épouse aimante, la mère attentive. Capadocia nous rappelle que la violence physique et la haine ne sont pas l'apanage des hommes. Il n'y a pas d'un côté la brute sanguinaire et de l'autre la docile bobonne. La brutalité, voire la bestialité, n'est pas réservée au monde masculin, et n'importe laquelle d'entre nous peut potentiellement basculer. Ce constat est terrible, mais il a aussi, quelque part, quelque chose de féministe : dans le fond, homme ou femme, nous n'en sommes tous pas moins humains, c'est-à-dire imparfaits et victimes de nos pulsions.

D'autre part, le seconde univers est dominé par la cupidité des hommes d'affaires. Un monde que l'on imagine, dans l'idéal du moins, raffiné, sophistiqué. En fait, sous les sourires, les politesses, les cocktails et les brunchs de travail, se cache une autre sorte d'ignominie. Capadocia oppose ces deux mondes de vice, et on se pose la question : qui est le vrai criminel, ici ? Celles qui sont victimes d'une société qui ne leur pardonne rien et les pousse dans leurs retranchements, ou ceux qui, sans jamais se salir les mains, sont prêts aux pires bassesses par pur intérêt ?

Des femmes cruelles entre elles dans un monde dominé par des hommes sans scrupules.
Triste constant que celui de Capadocia.

Seuls deux personnages, au vu du pilote, semblent faire exception à leurs mondes respectifs : l'avocate spécialisée dans les droits de l'Homme, idéaliste mais déterminée dans sa lutte, est profondément pacifiste. Elle veut régler les problèmes sans violence, et de l'intérieur du système. Et puis, il y a le gouverneur de Mexico, un homme politique intègre qui refuse les pots de vin, et souhaite, apparemment avec sincérité, que l'État soit plus juste dans sa gestion du problème pénitentiaire.
Incidemment, tous les deux ont été mariés l'un avec l'autre, et je ne serais pas surprise que ce lien qui semble aujourd'hui dissous (avec leur divorce) les rapproche à l'avenir, au moins sur un plan idéologique.

La violence de Capadocia n'est pas que visuelle, bien que l'horreur soit à son comble pendant l'émeute. Elle est essentiellement psychologique, et c'est celle de toute une société. Le constat pessimiste de ce pilote est sans appel, et on ne se fait aucune illusion sur ce que sera la vie de ces femmes dans la toute nouvelle prison.

Par-dessus le marché (parce que bon, pourquoi se contenter d'être bon quand on peut atteindre l'excellence ?), Capadocia propose aussi une galerie de portraits qu'on devine complexes, et dont le pilote donne une idée générale assez nette mais ouverte à l'évolution.

Pour moi, les deux personnages les plus marquants sont la Negra et Bambi.
Gardienne au regard sévère et pas forcément très franc, la Negra est l'allumette qui met le feu aux poudres. Un personnages dont on comprend qu'elle possède un don d'observation très aiguisé, et une excellente compréhension de ce qui se joue dans la tête de chacune de ses prisonnières. Ce n'est pas une brute, ce n'est pas une crapule, c'est juste, à sa façon, une autre victime du système. Sa réaction face à l'émeute est douloureuse et forte à la fois, pas étonnant que ce soit elle qui ouvre le pilote ; nul doute qu'entre culpabilité, sens du devoir et cupidité, son évolution aura quelque chose de complexe et d'authentique.
Mon autre sifflet d'admiration ira à Bambi, une petite carcasse frêle au regard fuyant, qui abrite l'esprit d'un démon. Pendant tout le pilote, ce personnage est impressionnant, principalement grâce à l'interprétation qui en est faite. Entre servilité et désir de revanche, intelligence aigüe et instinct animal, sang-froid glacial et panique découse, Bambi est un personnage superbe dont on ne demande qu'à voir l'évolution. Quelle facette de sa personnalité l'emportera ? Y a-t-il un espoir de rédemption pour elle, ou ne peut-elle que descendre plus profond vers la racine du mal ? Son œil est capable de capter la plus délicate des beautés, sa main de produire la plus terrifiante des horreurs. Elle veut s'en sortir, mais elle veut aussi posséder la Colombienne... Ce qui se joue avec Bambi, c'est un peu une allégorie de la condition féminine en prison.

Les personnages, l'intrigue, les thèmes... tous les ingrédients sont présents pour que Capadocia soit une série captivante. La réalisation est en plus parfaitement maîtrisée, de bout en bout.
J'ai déjà cagoulé la suite et, croyez-moi, je vais en user. Dussé-je aller ensuite en prison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive.
Oh, une série mexicaine sur SeriesLive, je me demande s'il va bientôt y en avoir d'autres...

Posté par ladyteruki à 19:46 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

19-06-10

I know what you'll do next summer

Pour 100 points : quelles sont les séries dont j'engloutis avec gourmandise les épisodes par pack de 2 par jour, minimum ? Le système est bien rôdé : je cagoule les épisodes par couples, et pendant que deux séries arrivent, j'en regarde une troisième. C'est juste parfait...
Allez, un indice.

SitcomGalore_TheMaryTylerMooreShow SitcomGalore_LesCraquantes SitcomGalore_WillandGrace

Si vous êtes vraiment nuls aux devinettes, ne vous en faites pas, la réponse est dans les tags, au bas de ce post.

Regardez-moi ça si c'est pas magnifique : trois décennies de sitcom. Il m'en manque juste une pour la décennie 2000, et ce serait parfait. Mais là bizarrement, les coups de cœur sont rares (d'un autre côté est-ce que je cherche vraiment ? Non, cette trinité est uniquement due au hasard, quand on y pense).

Je crois qu'une fringale comme ça, de trois séries en parallèle, c'est quand même inédit en ce qui me concerne. Je dépasse toutes mes espérances... Les médecins pensaient que je ne guérirais jamais de la téléphagie, ils avaient oublié de préciser que mon état allait empirer ! Et j'aime que les trois séries soient d'époque différentes, de contextes différents... en fait elles me semblent magnifiquement diversifiées pour me garantir un menu téléphagique sain et équilibré. Et il n'y a franchement pas de risque de les mélanger.

Mais le plus étonnant ça reste encore que je regarde non seulement trois séries d'un coup, mais surtout trois séries qui s'avèrent être du sitcom pur jus. Je pensais être blasée côté sitcoms, eh bah comme quoi faut jamais jurer de rien.

Toutes les trois partagent un grand sens du rythme, et surtout une alchimie parfaite entre les personnages. Je suis épatée par le côté vivant de la première (même quand on a l'habitude de regarder des vieilleries, il s'en trouve encore quelques unes pour nous surprendre et nous rappeler que non, c'est pas parce qu'une série est plus vieille que nous qu'elle va nécessairement être guindée et prévisible), la chorale parfaite de la deuxième (pour en être à finir la 5e saison, je pense qu'on peut dire sans se tromper que j'accroche vraiment sur les personnages), et les dialogues pétillants de la troisième (j'avais oublié à quel point, j'ai eu bien fait revoir le pilote l'autre jour, ça m'a motivée pour une intégrale, je me sens bien partie pour 8 saison, là).

Donc si quelqu'un peut me conseiller une série ayant commencé dans les années 2000 qui ait autant de charme, de malice et d'intelligence, moi je suis toute ouïe. En attendant, souffrez que je m'éclipse pour m'envoyer la fin de la saison de...
...euh...
Toutes.

Je pense qu'au vu de cette triple fringale, mon été est tout tracé.

Posté par ladyteruki à 21:10 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-06-10

[DL] The Mary Tyler Moore Show

Si je devais faire une liste des séries que j'ai le plus souvent vues citées comme références, The Mary Tyler Moore Show serait sans aucun doute dans le tiercé de tête (sans doute juste derrière I Love Lucy). Malgré cela, en France, rares sont les opportunités de combler ses lacunes, aussi ai-je pris le taureau par la cagoule et décidé de m'y mettre.

Alors que j'aborde tristement la 5e saison des Craquantes, consciente qu'une fois la 7e passée, c'est fini, je me mets doucement à la recherche d'une autre comédie datée pour prendre le relai, et la perspective de retrouver Betty White à partir de la saison 4 n'est peut-être pas totalement étrangère à cette décision. Pour toutes ces raisons et quelques autres (je trouve que Mary Tyler Moore a un air de ressemblance fou avec quelqu'un que j'ai connu...), me voilà devant le pilote.
Si vous vous montrez motivés, je me mettrai peut-être un coup de pied dans l'arrière-train pour en faire un La preuve par trois, tiens.

TheMaryTylerMooreShow
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Je ne sais pas pour vous, mais ce générique, je le connaissais depuis longtemps... ou plutôt je connaissais la chanson, elle aussi souvent réemployée, une référence à elle seule. Mais là je dois avouer que c'est finalement très touchant. Je vous l'ai dit et répété, les personnages qui tentent de changer de vie, ça me touche, et le générique capture à la perfection cette impression.

Et maintenant : Persons Unknown. Anxiété. Curiosité.
..Conclusions demain !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Mary Tyler Moore Show de SeriesLive.
PS : utiliser cette police pour le logo du site, et n'avoir pas de fiche pour cette série, c'était vraiment un comble...

Posté par ladyteruki à 21:39 - Médicament générique - Permalien [#]


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