ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-06-12

[DL] Bunheads

D'après mes standards, tout ce qui dure plus de 10mn et comporte des plans plus variés que le simple titre de la série, peut être considéré comme un générique. Mais le terme "opening credits" n'est peut-être pas applicable au générique de Bunheads, qui ne propose le nom d'aucun de ses acteurs, scénaristes ou producteurs pendant cette petite video.

Il y avait pourtant assez de temps pour le faire, puisque Bunheads nous gratifie d'un petit thème musical et d'un mini-clip de 23 secondes, ce qui par ces temps de vaches maigres en matières de génériques pourrait presque passer pour un record absolu (d'ailleurs celui de Pretty Little Liars, sur la même chaîne, dure 3 secondes de moins). Que cette brièveté ne vous abuse pas : on est loin des panneaux tous simples, ou même de l'enchaînement de photos (style diaporama à la Suburgatory) de beaucoup de séries. Bonus supplémentaire, les images ne sont pas tirées de la série, ce qui témoigne d'un véritable effort pour nous offrir un petit quelque chose qui vaille la peine d'être évoqué dans cette rubrique.

Bunheads
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mes craintes pour ce générique ont presque toutes été devancées : Bunheads dévoile ici un générique plein de charme, d'élégance et de légèreté, qui retranscrit finalement assez bien son esprit. Qui plus est, j'apprécie le choix d'une musique aussi emblématique de l'univers du ballet, tout en lui apportant une tonalité plus moderne, plus vive, plus neuve. Le résultat, bien différent de ce qu'on pouvait imaginer en gardant Gilmore Girls à l'esprit (mais à un moment, il faut bien couper le cordon), ne manque pas de charme, je crois qu'on en conviendra tous.
On peut par contre trouver une source d'étonnement dans le fait que Kelly Bishop en soit totalement absente alors qu'il parait certain que sa présence dans la série n'est pas secondaire.

J'en profite pour passer un appel : passé le pilote, je n'ai jamais pris la peine de cagouler les épisodes suivants de la plupart des séries récentes made in ABC Family (genre Jane by Design, Switched at Birth et autres The Lying Game), ont-elles un générique ?

Posté par ladyteruki à 00:26 - Permalien [#]

16-05-12

Ingénieuse duplicité

On a déjà eu l'occasion de le dire : si les séries américaines n'hésitent pas à employer le format de séries étrangères (et avec les annonces des upfronts, on le voit bien cette semaine alors que les networks nous promettent des Red Widow, des Mistresses ou des Family Tools), le reste de la planète ne se prive pas non plus de piocher allègrement dans le patrimoine télévisuel étasunien, en grande partie pour adapter des sitcoms (avec les résultats que l'on sait) ou éventuellement des séries à teneur soapesque (un courant plus modéré et pour le moment essentiellement limité à des séries ABC).
Il y a un pays qui, pourtant, semble n'en avoir rien à battre de ce qui se passe à l'étranger, et qui n'achète jamais ses scripts aux USA. Ce pays, c'est le Japon. Pour être honnête, ce pays n'achète pas beaucoup de scripts aux autres pays non plus (et les tentatives récentes d'adaptation, genre Ikemen Desu ne, se sont soldées par de cuisants échecs). Et évidemment il n'est pas le seul (la Corée du Sud a bien assez à faire avec ses propres formats à décliner à longueur d'année pour aller en plus se piquer d'adapter des scénarios américains). Mais les faits sont là : le Japon vit en apparente autarcie télévisuelle.

Apparente seulement, car les Japonais ont, depuis bien longtemps et dans bien des domaines, déployé une grande habileté lorsqu'il s'agit de faire mine de ne pas regarder ce qui se fait ailleurs... mais de quand même prendre la température. Des dorama comme MR. BRAIN, par exemple, en pleine vague procédurale américaine, l'ont bien montré : les chaînes nippones savent très bien ce qui se passe à l'étranger. Il suffit de prendre les concepts qui semblent intéressants et d'en faire absolument ce qu'on veut à partir de là, sans être lié par le matériau original. Le parfait compromis.

Aussi, quand un projet tel que W no Higeki voit le jour sur les grilles de ce printemps, inutile de préciser que son existence n'est pas sans rapport avec celles de Ringer ou The Lying Game. Certes le roman d'origine date des années 80 et n'en est pas à sa première adaptation (la dernière était un simple SP en 2010), mais qu'il ressurgisse en ce moment est la clé de l'énigme.
C'est ce qui permet en fait à W no Higeki, comme toutes les séries nippones au pitch un tantinet dans l'air du temps, de ne pas être une simple copie d'une formule qui marche, et de démarrer immédiatement avec une identité propre, évoquant des analogies vagues mais pas de comparaisons strictes. C'est la preuve de la supériorité du système japonais d'inspiration sur la technique de l'adaptation pure et simple...

WnoHigeki

Lorsque je vous ai parlé pour la première fois de W no Higeki, j'étais un peu circonspecte quant à la raison qui pourrait pousser une femme riche et sans problème dans la vie à emprunter la vie de toute évidence misérable de son sosie. Eh oui vous l'aurez compris, je n'ai pas vu les adaptations précédentes de W no Higeki.
C'est en réalité dans cette raison que repose l'intérêt majeur de ce dorama.

Voyez-vous, puisqu'on en est à faire des comparaisons avec Ringer et The Lying Game, les histoires de vies qu'on échange, ces derniers temps, c'était plutôt un phénomène subi. En fait, c'étaient sur ces facteurs que reposait la trame du mystère dans le pilote de ces séries. Mais de pilote à pilote, c'est W no Higeki qui a trouvé un moyen d'employer le même pitch de l'échange d'identité (déjà usé jusqu'à la corde, comme en témoignait Shoufu to Shukujo en 2010) en rendant l'affaire moins unilatérale : certes, l'initiative vient de l'une des parties, qui joue un rôle plus actif, mais les deux jeunes femmes seront suivies à temps à peu près égal par le spectateur.
Les éléments sont à part ça très similaires et très classiques, notamment le fait que l'une des héroïnes soit riche et héritière d'une grande famille (Mako), et l'autre pauvre et orpheline (Satsuki) ; mais surtout, bien que partageant de toute évidence quelques renseignements nécessaires au processus d'échange, une donnée immuable de ce genre de fictions est que l'arrivée dans la vie de l'autre comporte des tonnes de découvertes et de maladresses d'importance variée. Ainsi la riche Mako débarque au night-club où travaille Satsuki en continuant de parler comme une bourgeoise, tandis que Satsuki n'est pas du tout rompue aux exigences protocolaires de sa nouvelle famille. Rien de plus normal ici, pour ne pas dire ennuyeux. On pourrait croire qu'un plan si ingénieux ait été mieux préparé, mais non, surtout pas, sans quoi on perdrait 80% des scènes du pilote.

Mais grâce à son principe de bilatéralité, W no Higeki est bien obligée de trouver une raison pour que les deux héroïnes aient autant envie l'une que l'autre de changer de vie. Et quand on est jeune, riche et sans soucis, il faut bien reconnaitre que les raisons sont un peu limitées. Que peut bien vouloir la sage Mako dans la vie désastreuse de Satsuki ?!

D'autant que le premier épisode, histoire de rajouter à la fois du pathos et des enjeux, nous montre une Satsuki qui se prostitue et qui, n'étant pas payée, finit par tuer son goujat de client pour récupérer la monnaie, enclenchant ainsi une enquête policière certes superflue d'un point de vue narratif (comme si on avait besoin d'un enquêteur pour découdre le mystère de l'échange, quand l'entourage respectif de Mako et Satsuki peut très bien porter ce rôle de l'intrigue, et ne s'en prive pas), mais qui ajoute un enjeu : celle qui sera considérée par la police comme étant la vraie Satsuki s'expose à... euh, vous savez que la peine de mort a encore cours au Japon ? Voilà.
Alors franchement, pardon de me répéter, mais qu'est-ce qui peut bien motiver Mako ?

La réponse est, je vous le disais, la clé de l'intérêt de W no Higeki. Car si sur le point de vue du mystère, il n'y a rien que la série puisse faire dans ce pilote qui n'ait déjà été employé par les séries qui l'ont précédée, si le suspense est quasi-inexistant et si, très franchement, l'intrigue policière n'apporte strictement rien à notre affaire, W no Higeki brille par son choix dramatique : Mako veut échapper à son grand-père incestueux, comportement d'ailleurs largement accepté par sa riche famille dans laquelle on ne parle pas de ces choses-là, on les accepte et on se tait. C'est cet élément de l'intrigue, exposé quasiment d'entrée de jeu histoire de ne vraiment pas nous prendre pour des idiots en laissant planer le doute, qui fait la force de ce pilote, lui donne sa substance, lui retire toute option de médiocrité. Car non seulement cet inceste est une raison plus que suffisante pour que Mako se tire de sa vie idyllique quoique codifiée à l'extrême, mais en plus cela ajoute une véritable problématique pour Satsuki, non parce que celle-ci est une oie blanche mais parce que celle-ci ne fait elle-même pas grand cas de sa vertu au regard de l'enquête policière dirigée contre elle.

Ainsi, une fois de plus, un dorama a su s'inspirer des clichés du genre, des séries américaines du moment, et des éléments classiques de nombreux thrillers, sans se contenter d'enfoncer des portes ouvertes. W no Higeki ne révolutionne pas la face du monde, à plus forte raison parce que son cast n'est pas extraordinaire et sa réalisation n'accomplit aucun prodige, mais ce qu'elle fait, elle parvient à le mener à bien sans ennuyer puissamment le spectateur.
Une qualité bien nippone qui est forcément vitale quand on a quatre saisons par an, et qu'on ne peut quand même pas débarquer avec des concepts systématiquement originaux pour chacune des trente séries qui naissent chaque trimestre...

Posté par ladyteruki à 13:37 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-09-11

La comédie des apparences

Ringer

Souvenez-vous, c'était le bon temps. Il y a encore quelques semaines, on regardait le pilote de The Lying Game avec un petit sourire narquois, genre "de toute façon Ringer fera mieux à la rentrée". Nous étions alors jeunes, innocents, pleins d'illusions, et nous n'avions pas encore vu le pilote de Ringer. Comme je le disais, c'était le bon temps.

Là, à ce stade, j'ai même pas envie de me plaindre du jeu de Sarah Michelle Gellar. C'est vous dire la gravité de la situation. J'étais prête à m'attirer les foudres de Tony en parlant de son visage inexpressif, mais l'envie m'en est coupée. En fait, je m'attendais à ce que Gellar soit ce qu'il y aurait de moins enthousiasmant dans Ringer, et il s'avère qu'à la place, j'ai des griefs bien plus forts contre le scénario lui-même, ce qui n'est pas sans provoquer une sorte de terreur dans mon esprit. Donc je ne ferai pas de blague à base de "SMG accomplit le tour de force d'interpréter 2 personnages avec 1 seule expression", j'ai même plus envie d'en rire, je suis bien trop sous le choc de ce pilote, et pas dans le sens où je l'étais hier de celui de Homeland.

A la prévisibilité (mais parfois, dans un pilote, il faut savoir reconnaître que celle-ci est nécessaire) s'ajoute dans le premier épisode de Ringer une catastrophique impression de vide.

L'épisode est bien réalisé, il y a des sous mais pas affichés de façon tape-à-l'oeil comme dans Revenge (qui de toute façon en avait visiblement moins, ou bien n'a pas su les utiliser pour éviter d'avoir l'air cheap), à la base le cast n'est pas catastrophique et plein de sympathiques visages (avec, pour les téléphages éduqués, la joie d'assister à une reunion d'acteurs de Century City ; vivement qu'ils aient des scènes ensemble !), alors qu'est-ce qui cloche, au nom du ciel ?
Ce qui ne va pas, c'est que personne n'y croit et surtout pas les scénaristes. Ils nous filent cliché après cliché parce qu'ils s'en foutent un peu. Ils ont probablement comme instruction d'écrire une série où SMG fêterait son retour sur la CW et se disent que les gens ne viennent que pour voir ça. Ils n'ont, admettons-le, pas totalement tort, parce que 90% des gens qui vont regarder Ringer vont précisément y venir parce que SMG est dedans ; elle serait l'héroîne de n'importe quelle série de la rentrée, on ferait pareil. Eh bien les scénaristes en semblent conscients de façon si aigue qu'ils ne cherchent rien à faire de spécial.

Et c'est ainsi que Ringer devient un pilote rigoureusement similaire à celui de The Lying Game, avec les mêmes histoires de jumelle pauvre et de jumelle riche, de vies échangées, de tromperies, etc... La seule différence, c'est l'âge des protagonistes. C'est tragique d'assister à ça ; on se dit que la prod de Ringer ne pouvait pas savoir que The Lying Game faisait la même chose pendant ce temps-là, enfin j'espère que non, je décide de considérer que non, et que par un coup du sort (peut-être une nouvelle preuve d'habileté de la part d'ABC Family), la version teen a débuté avant la version "adulte".
Mais quand bien même, l'épisode est sans énergie.

On s'est tous doutés depuis le début que la soeur n'était pas morte, pour commencer. Et dans le fond ça doit être le cas de Bridget aussi vu le peu de difficultés qu'elle a à vivre son deuil. Immédiatement prise dans des intrigues stupides de la 5e Avenue, qui couche avec qui, qui cache des trucs à qui, etc., Bridget suit sagement et sans résistance le scénario qu'on connaissait tous avant de voir le pilote, le scénario qu'on connaissait avant de voir The Lying Game, le scénario qu'un téléfilm de l'après-midi sur M6 nous a probablement appris dans les années 90, si ce n'était pas un soap des années 80. On sait tous que la jumelle va réapparaitre. C'est le propre d'une soeur jumelle dans une série, non ? Et Bridget le sait, les scénaristes le savent, et ne font rien pour nous surprendre.

Quelle jolie petite comédie nous jouons tous, me suis-je dit pendant ce pilote. Eux font semblant de nous livrer la série évènement de la rentrée de la CW, et nous faisons semblant de la regarder. Et personne n'y croit vraiment.
A ce stade, comment blâmer SMG de ne pas se donner du mal ? Je suis dans un tel état de déception que je suis même prête à ne pas dire qu'elle n'aurait de toute façon pas pu faire mieux. Voyez, je suis trop en colère contre le fade pilote de Ringer pour user du moindre sarcasme contre Gellar. C'est vraiment pas bon signe.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ringer de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-08-11

Truth be told

LyingGame-Duo

- OK, parlons de notre grille cet été. Qu'est-ce qu'on a ?
- Bah, patron... on a Pretty Little Liars qui fonctionne bien.
- Ah, parfait ! De bonnes audiences en perspective, ça ! Bien bien bien. Et côté nouveautés ?
- Bah, patron, on en a parlé entre nous et... on pensait...
- Voilà patron : ptet qu'on pourrait éviter de programmer un truc du genre de Huge, vous voyez ?
- Ouais, c'est un peu antisexy, patron, pendant ce temps-là, la CW elle-...
- Ah non alors, je ne veux pas entendre parler de la CW !
- Mais patron, je croyais que c'était le modèle qu'on essayait de suivre ?
- Mais absolument pas ! Pas du tout ! On est ABC Family, au nom du ciel, on a un standing !
- ...?
- Un peu.
- ...
- En tous cas on fait pas du Gossip Girl où tout le monde couche avec tout le monde.
- Ah, d'accord !
- Oui c'est plus clair comme ça !
- Vous m'avez fait peur patron !
- Ce qui nous ramène à notre question : comment on peut continuer de rivaliser avec la CW sans nous départir de notre excellente réputation ?
- Bah ya toujours Pretty Little Liars...
- On l'a dit, ça.
- Non mais, je veux dire, on pourrait...
- Faire un spin-off ?
- Lancer un prequel ?
- Commander un reboot ?
- Ca va, on n'est pas NBC non plus.
- Non patron, c'est vrai patron.
- Nan mais moi je pensais... on pourrait faire une autre série du même genre, mais sans dire que c'est pour faire un truc du même genre.
- Comme CBS avec les séries policières ?
- Oui, patron, quelque chose comme ça.
- Intéressant.
- On pourrait tout simplement faire adapter un bouquin pour ados !
- Ah ouais, elle écrit plein d'autres bouquins, Sara Shepard, la nana qui a écrit Pretty Little Liars ! Ca s'appelle The Lying Game.
- Trop fort, il y a le même mot-clé dedans, il n'y a plus qu'à reprendre les mêmes et recommencer !
- ...Attendez, attendez, je récapitule. On aurait des ados aussi ?
- Oui !
- Et il y aurait un secret ?
- Oui !
- Et ça servirait de prétexte à faire toutes les intrigues habituelles sur qui sort avec qui, qui est l'ennemie de qui et qui s'entend plus ou moins bien avec les parents de qui ?
- OUI !!!
- Eh bah vendu ! Vous voyez, c'était pas compliqué. Passez-moi les coups de fil nécessaires, dans 6 mois je veux cette série prête à être diffusée.
- Hé. Dites. Patron ?
- Hm ?
- Et l'an prochain, on fait quoi ?
- Comme tous les ans, Johnson. Tenter de conquérir le public adolescent en recyclant nos recettes ! D'ailleurs, quelqu'un a déjà adapté The Visibles, ou pas ?
- Euh, je sais pas patron, je crois pas qu'on ait acheté les droits.
- Bon, prenez-moi rendez-vous avec un avocat, on va directement acheter Shepard et puis c'est marre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Lying Game de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Review vers le futur - Permalien [#]


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