ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-04-09

IL est de retour

On continue notre petit voyage dans l'univers des médias vus par eux-mêmes... En toute sincérité, je n'avais pas prévu de passer la semaine sur ce thème, mais bon, une chose en entrainant une autre : je regarde une série, ça me fait penser à une autre... et de fil en aiguille je me suis dit : "pourquoi pas ?". Donc voilà, ça tombe cette semaine : rien que des posts pour parler des médias américains traités par la fiction ! Je suis aussi surprise que vous, mais voilà, c'est comme ça.

Bon alors, vous allez me dire : on a vu Sports Night, on a vu le Larry Sanders Show, on a déjà parlé de 30 Rock, tous dans des posts La preuve par trois d'ailleurs (cf. tags pour le vérifier), bon, on a un peu fait le tour du sujet, non ?

Non. Car après l'émission sportive, le talk show tardif, et le divertissement hebdomadaire, il reste encore autre chose : l'émission d'information pure. Parce que l'émission d'information, aux States, c'est toute une culture, vous voyez. Le summum de la ringardise et l'ambition dévastatrice qui parviennent à fusionner en coulisses, pour donner comme résultat à l'écran de sublimissimes émissions au contenu calibré pour flirter avec l'entertainement, sans jamais vraiment en être, mais sans jamais être tout-à-fait de l'information non plus.
Bienvenue, donc, dans cet univers, avec aujourd'hui Back to You.

BacktoYou___1
Le personnage principal est tout-à-fait le genre de gars qu'on s'attend à retrouver dans pareil univers : il a les dents qui rayent le parquet, il est complètement egocentrique, il accorde une importance immense à l'image qu'il renvoie... sauf qu'en fait, bien-sûr, il a raté un tournant de sa vie. Il était présentateur sur une chaîne locale, il est parti "vers de plus verts paturages", pour au final revenir dix ans plus tard la queue entre les jambes après avoir pété les plombs en direct (le phénomène des videos virales précipitant quelque peu sa chute dans le précipice de la célébrité). Le revoilà donc, revenant en perdant, mais se comportant en vainqueur qui a tout vu et tout fait, dans la chaîne qui l'a fait connaître, et il y retrouve ses anciens collègues qui, forcément, n'accueillent pas son arrivée avec les meilleurs sentiments. A commencer par son ancienne partenaire, autrefois faire-valoir à ses côtés, et aujourd'hui devenue présentatrice à part entière. Les années ont passé et elle n'a pas l'intention de retourner en arrière...

BacktoYou___2
C'est d'ailleurs du rapport entre ces deux personnages que naissent les meilleurs dialogues : sous les dehors d'une convivialité de bon teint, toute professionnelle, tout simplement, se camoufle en fait une animosité remontant à des années en arrière. Le petit enfoiré qui tente de donner l'impression qu'il nous joue le retour du fils prodigue se fait recevoir par une harpie bien décidée à ne pas lui céder un pouce de terrain, parce qu'elle, elle est restée là pendant tout ce temps.

BacktoYou___3
Sauf qu'une révélation (que, j'avoue, je n'avais pas vue venir) va venir bouleverser ce pitch pour le moment très habituel. Je vous spoile ou pas ? Disons simplement que les choses ne sont pas telles qu'elles en ont l'air. Non, ce n'est pas sur une seule rivalité professionnelle (bien que ce soit aussi un peu le cas) que repose la tension très électrique dans le bureau de l'émission. Il ya 10 ans, notre héros est parti et a laissé bien plus derrière lui qu'il ne le pensait. Voilà, je ne vous en dis pas plus, mais vous verrez que ce petit twist donne un peu de piment à ce qui aurait pu être un pilote extrêmement convenu. Je ne suis pas en train de clamer que ce retournement de situation tient du génie, mais ça varie un peu de ce qu'on a pu voir plus tôt, métissant ce sitcom en milieu médiatique avec un autre genre, voire, et c'est finalement assez rafraîchissant de ce point de vue. Et puis cela donne une épaisseur au personnage principal qui, il faut le dire, tenait jusque là de la caricature et gagne ici en intérêt (toutes proportions gardées).

Tiens, pour ceux que les séries à vocation médiatique intéressent, on a aussi vu par le passé Pepper Dennis, je viens de m'en souvenir. Mais vous allez voir que la semaine n'est pas finie et que j'en ai encore un peu en réserve...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Back to You de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 19:36 - La preuve par trois - Permalien [#]

28-04-09

Live from...

Tiens bah, puisque j'en parlais hier, on va aborder le Larry Sanders Show. Parce que je dois vous le dire, cette série, c'est très exactement le genre de série dont j'ai entendu parler pendant des lustres, le plus souvent en termes extrêmement flatteurs, par des personnes dont on aime à penser qu'elles font autorité dans le milieu... et puis pourtant, bah allez savoir pourquoi, mais ça ne passe pas.
Et comme j'ai mentionné la série récemment, j'ai ressorti son pilote d'une vieille cagoule histoire de me rafraîchir la mémoire à son sujet. Bon bah toujours pas. Si, il y a bien eu un moment où j'ai, comment dire, eu une sorte de mouvement musculaire au coin de la bouche, mais je pense pas qu'on puisse qualifier ça de sourire, c'était plutôt un réflexe nerveux, besoin de sommeil sans doute.

Non, rien à faire, le Larry Sanders Show, je ne comprends pas pourquoi j'en avais lu tant de bien. Attendez, non, vous savez ce qu'on va faire ? On va essayer de voir ça ensemble, pour être sûrs. Vous me direz ce que vous en pensez, vous aussi. On verra bien.

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Avec sa bonne tête de vainqueur, son sourire niais (eh, ça y est, je sais d'où François Hollande tient sa légendaire mimique !), et sa dégaine pas vraiment sex, personnellement, j'ai un peu de mal à imaginer Larry en star de la télé. Fort heureusement, et contrairement à ce qu'on croit sur la télévision américaine, on peut être un puissant laideron et quand même y faire fortune, et ce même sans qu'il s'agisse de fiction (vous avez vu la gueule à Leno ? que tous ceux qui trouvent Letterman attirant lèvent la main ! et à part moi, ça branche qui, un quarantenaire rouquin ? CQFD). Et donc même si à la base, il ne paye pas de mine, on comprend que Jerry Sanders est tout-à-fait à sa place ici, il gère bien, on dirait qu'il a fait ça toute sa vie (ce qui, venant d'un habitué du stand-up comme Garry Shandling, n'étonne qu'à moitié côté interprétation). Bref, en tant qu'hôte de l'émission, il est bien à sa place, tout en ayant ce genre de visage qui raconte des blagues avant même que l'homme qu'il affuble n'ait prononcé le moindre gag. Donc à la base, pour un animateur télé, le perso a tout bon pour s'attirer la sympathie du public, non ?

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Le problème c'est qu'en fait, on s'attend à ce que Larry, comment dire ? Mérite sa place dans ce milieu ? Qu'il bosse dur. Qu'il se creuse la tête pour son monologue. Qu'il soit malin et qu'il ne soit pas aussi à côté de ses pompes qu'il en a l'air. Or c'est le cas. Il suffit de voir sa relation avec son producteur Artie : c'est pas un producteur, c'est un chien pour aveugles, ce pauvre gars. Non, ça fait de la peine. Larry est absolument incapable de s'exprimer sans avoir recours à ce compère pour faire la traduction, parfois même dire tout simplement ce que lui-même n'aura pas les co*illes de dire à son interlocuteur. Et ça franchement, si ça peut paraître drôle au début, on a vite fait de s'en lasser. On se dit que finalement, pourquoi ce mec-là anime une émission en late night plutôt que n'importe quel autre clampin ? Qu'est-ce qu'il a de si spécial, cet asocial, pour atterrir sous le feu des projecteurs ? Comment il peut maîtriser son émission devant les caméras, et être une telle brêle dés que le boyant rouge s'éteint ? C'est simplement inconcevable ! Du coup, de potentiellement très sympathique, Larry devient vite très irritant.

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Toujours complètement à la ramasse, incapable de s'adapter au moindre élément nouveau, alors qu'il travaille quand même dans l'un des médias où la réactivité compte le plus... ce type est là, il traine ses guêtres dans les couloirs du studio, fait des petites plaisanteries à la Chandler Bing parce qu'il est mal à l'aise et a du mal à communiquer avec notre espèce autrement. Plus l'épisode avance et plus c'est lamentable.
Si ce mec en avait dans le pantalon, il défendrait ses convictions ("je veux pas faire de pub dans mon émission"), il monterait au créneau, foncerait dans le tas (no offense, Miss Parrish), et taperait du poing sur la table, mais là, non, rien. Il cherche son producteur du regard... MAIS C'EST PAS TA NOURRICE ! Virez-moi ce guignol ! Si au moins ses blagues étaient vraiment drôles, mais ce sont justes celles d'un homme complètement insécure ! Comment ce mec a pu avoir un tel succès ? Et sa femme, comment il peut se taper Meghan Gallagher, non, attendez, ça marchera pas, ça. Plus le pilote avance, plus on se demande ce que le personnage fait là, et nous aussi, par la même occasion. Il fait de la peine. Le même genre de peine que j'ai ressentie devant The Comeback, vous voyez ? Ca fait pitié.

Comme il est de coutume de prendre trois captures, et pas une de plus, il ne sera donc pas fait mention du chien de Larry, ni de l'éxquise présence de Jeffrey Tambor au sommet de son art dans une publicité pour du jardinage, stop voilà, j'ai rien dit. Les règles sont les règles, et vous me connaissez, je n'oserais les transgresser.

Nan mais, en vérité, je ne pense pas que le Larry Sanders Show soit mauvais, c'est pas ça.
Contrairement à, oh, mon Dieu, tant de séries, comment toutes les citer ? Enfin, n'importe laquelle des abominations que j'ai eu l'heur de traiter ici peuvent servir d'exemple, piochez-en une de votre choix.
Eh bien contrairement à cette série, le Larry Sanders Show n'est pas pitoyable, pas mauvais, pas mal réalisé, pas peuplé d'acteurs au QI d'huître... c'est même pas ça le soucis. Le soucis, c'est juste que j'ai pas réussi à trouver ça drôle, parce que son personnage n'a rien à offrir, en somme.

Mais en fait, le pire, c'est que maintenant que j'ai revu ça, je réalise combien Conan me manque... Encore plus d'un mois avant le début du Tonight Show, je vais jamais tenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Larry Sanders Show de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 13:20 - La preuve par trois - Permalien [#]

27-04-09

Il va yavoir du spoooort !

Il suffit parfois d'une impulsion minime pour enfin vous pousser à faire quelque chose que vous avez toujours su que vous feriez un jour. C'est en tombant par hasard sur la fiche, et parce que de toutes façons en ce moment je m'arrange pour combler mes lacunes et que la fenêtre à cagoulage était ouverte juste à côté, que je me suis dit "ça y est, cette fois j'y vais".

Cette fois, et j'ignore comment j'ai attendu mais je savais avant même de me lancer que j'aurais tort, et j'en suis sûre à présent, je regarde Sports Night. Allez, vous savez quoi ? Je vous emmène.

SportsNight___1
On en a déjà parlé avec notamment Friday Night Lights, mais je ne suis pas tellement attirée par les séries sportives. Cependant, Sports Night est avant tout une série qui parle d'une émission de télévision sur le sport, et ça fait toute la différence. Evidemment il me manquera de temps à autres des références (quoique, j'ai saisi l'allusion à OJ Simpson...) mais je crois que l'essentiel n'est pas tellement dans le choix du sujet de l'émission que dans le reste. D'ailleurs, comme le Larry Sanders Show quelques années plus tôt, et comme plus tard 30 Rock ou Studio 60 on the Sunset Strip (d'ailleurs le tandem formé par les deux personnages principaux de Sports Night m'y a pas mal fait penser), le feront ensuite avec des émissions de divertissement... ce n'est pas tant le sujet que la passion qu'on y insuffle, ainsi le regard glissé en coulisses, qui importe. Les premières minutes de l'épisode sont électrisantes, et donnent immédiatement le ton. J'ai presqu'envie de dire qu'on sait qu'on regarde du Sorkin dés les premiers instants, en fait. Ca parle, très vite, en mélangeant le travail et le personnel à une vitesse fulgurante, c'est tout de suite rythmé, bizarre, amusant, taquin et futé, on est scotché, en fait non seulement j'ai envie de le dire mais je vais le crier : c'est du Aaron Sorkin, aucun doute là-dessus !

SportsNight___2
Je savais que dans la série je retrouvrais Sabrina Lloyd (Sliders), Peter Krause (Six Feet Under) et Felicity Huffman (Desperate Housewives), mais j'ignorais que j'allais aussi y retrouver Robert Guillaume (Soap)... et plus étonnant encore Joshua Malina (A la Maison Blanche) ! Sa scène d'introduction (il a même droit à deux scènes d'introduction, si on veut chipoter) est absolument géniale ! Les personnages ont tous droit à d'excellents dialogues, et j'avais aimé la réunion un peu plus tôt par sa dynamique (qui ne laissait aucun répit, aucune envie de regarder l'heure ou même s'il reste du milk shake à la fraise), mais là on décroche vraiment la palme, on rit aux éclats, c'est juste excellent. D'une façon générale (et l'avenir l'a prouvé) le casting est tellement excellent qu'à aucun moment le spectateur ne se sent délaissé, tous les personnages même mineurs sont formidables et permettent de toujours mettre de l'ambiance même quand, en définitive, il ne se passe pas grand'chose.

SportsNight___3
Je disais plus haut que le choix du sport n'était pas forcément important. En fait, ce n'est pas tout-à-fait vrai, et cette scène où toute la rédaction de l'émission assiste émerveillée à un exploit en direct (hautement symbolique, en plus, et ce à plusieurs égards) montre bien que le sport reste l'un des rares domaines qui savent parfois inspirer les gens au-delà de toute rationalité. Je n'aime par exemple pas ces imbéciles qui se sentent obligés de klaxonner dans la rue pendant des heures le soir parce que leur équipe favorite a gagné je-ne-sais-quel championnat, mais il faut quand même bien avouer que seul le sport est capable d'enthousiasmer autant des personnes très différentes avec autant de puissance. Et moi qui n'aime pas spécialement le sport pour le sport, j'ai ressenti le même enthousiasme que toute l'équipe à ce moment-là, et je pense qu'en cela, le sujet du sport est bien choisi, il pose des questions sur la passion, le feu sacré, l'esprit de corps... et en face, tout ce que cite Casey à un moment, c'est-à-dire le business du sport, les pseudo-scandales qui l'entourent, etc.

Et c'est ainsi que même quelqu'un comme moi est tombé sous le charme de Sports Night, et a entrepris d'en découvrir la suite. Tout va bien, je n'ai que deux saisons à regarder, finalement. Parce que, en fait, vous savez quoi ? Qui a besoin de dormir quelques heures par semaine quand on peut recevoir une telle décharge d'adrénaline ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sports Night de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 07:13 - La preuve par trois - Permalien [#]


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