ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

12-10-12

Countrypolitan

Pour certains pilotes de notre challenge de la saison, il faut bien l'admettre, whisperintherain et moi trainons un peu la patte. "De quoi ? The Neighbors ? Oui, euh, plus tard, la review, hein, ya plus urgent". Et puis pour d'autres, il n'y a pas besoin de nous le dire deux fois. C'est en tous cas vrai pour moi ce soir, avec le pilote de Nashville.
Comme toujours, sitôt que whisper aura posté sa review, vous trouverez au bas de ce post un lien pour comparer nos deux points de vue... je serais surprise que sur cette série, il soit le même, d'ailleurs.

Nashville

Il manquait résolument une série sur l'industrie musicale à la télévision. Si cette série existe et que je l'ai loupée, n'hésitez pas à me le dire, mais là où il y avait des Action! et des Entourage pour le monde du cinéma, des Episodes ou des The Comeback pour la télévision, il nous manquait une fiction se déroulant dans le monde des labels et des concerts, de la même façon qu'un peu plus tôt cette année, Smash nous avait permis de pénétrer dans les coulisses de Broadway.
Oh, je ne dis pas que le sujet n'a jamais été abordé à la télévision, mais seulement au milieu d'une foule d'autres choses, je pense par exemple aux cas vus dans The L.A. Complex (plutôt dans le monde du rap) ou Single Ladies (dans l'univers du hip hop). Mais c'était en passant, au milieu de plein d'autres choses, et jamais avec l'idée de radiographier le milieu, mais surtout de suivre l'évolution d'un personnage, si possible au bas de l'échelle, et tentant de percer dans le milieu... mais entre autres choses, sa vie sentimentale prenant généralement le dessus, et l'aspect chorale des séries sus-mentionnées se faisant un devoir de noyer cette intrigue sous mille autres.

Alors imaginez ma surprise quand il s'est avéré qu'une telle série était en préparation, et qu'elle avait l'intention de se dérouler dans le milieu du seul genre musical que j'écoute en provenance des USA : la country ! On voudrait me séduire qu'on ne s'y prendrait pas mieux.

Et effectivement, Nashville est une véritable plongée, d'entrée de jeu, non seulement dans la vie des artistes qu'elle dépeint, mais aussi dans les bureaux du label inventé pour la série. Et c'est tout-à-fait le genre de choses que je voulais qu'une série fasse ! Dépasser la création de stars fictives pour réellement passer le milieu au crible, ne pas juste balancer des chansons mais vraiment nous dire comment on fait un album, ou comment on organise un concert. Le fait que ce soit dans le milieu de la country était un plus-produit évident pour moi, mais ça ne faisait pas tout. Je ne voulais pas simplement faire le plein de chansons à la fin d'un épisode, je voulais que le contexte soit exploité autant que possible. Nashville réussit très bien ce passage au microscope, à plus forte raison dés le pilote où il aurait été facile de ne pas tout de suite entrer dans les coulisses pas franchement sexy de la vie de son héroïne principale Rayna James, et de rester en surface.
Paradoxalement, là où Nashville me ravit le plus, c'est dans son utilisation de la musique. On l'entend, en définitive, assez peu : Nashville se fait un devoir d'être une série sur la musique et non une série musicale, c'est clair dans ses intentions d'entrée de jeu, et j'apprécie cette profession de foi qui consiste à ne pas tomber dans la facilité. Sur une échelle de Glee à Smash, je vais vous dire : Nashville, dans l'utilisation de la musique qui pourtant est son sujet, se situe à Smash+2, si vous me suivez. L'épisode se fait une règle de ne montrer aucune chanson entière, car on n'est pas là pour ça ; les chansons utilisées comme soundtrack pour les scènes relèvent plus du jingle que du product placement ; et quand on entend pour la première fois une chanson dans son intégralité, cela sert le scénario avant tout.
Nashville est comme les gens du Sud : elle ne triche pas, elle ne nous embobine pas. Elle ne veut pas que nous passions la journée à fredonner des chansons originales ou des reprises. Elle ne veut pas que, dans nos coeurs et/ou dans les bacs, Rayna remplace Reba, ou que Juliette remplace Taylor. Elle ne veut pas nous vendre des CD. Fair and square.

Evidemment, la tentation est grande, justement, pendant ce pilote, de chercher des ressemblances ; le jeu est un peu d'essayer de deviner si untel (ou plutôt unetelle) a été passé au vitriol à travers le portrait d'un personnage. C'est tout-à-fait volontaire et la séquence d'ouverture du pilote n'en fait absolument aucun mystère, dans le look de ses personnages (notamment celui de Juliette) comme dans la façon de présenter leur personnalité. Parfois, je soupçonne que connaître un peu la scène country me pousse même à lire un peu trop certaines correspondances (Deacon Claybourne, cette ressemblance avec Brad Paisley, c'est voulu ou...?), ce qui nuit finalement au plaisir de regarder de la fiction : il ne s'agirait pas de la réduire à une simple parodie. C'est un peu le danger... mais je crois que peu de spectateurs français courent ce risque !

La seule chose qui m'agace, c'est cette façon, déjà vue dans Smash, de miser sur l'opposition de deux femmes. En pratique, ça fonctionne parce que la rivalité n'est pas au sens le plus strict, et se double d'un conflit de générations. Sur le principe, ce côté catfight (magistralement illustré par leur première rencontre ; disons-le sans rougir : l'échange était très bon) me chiffonne un peu. Evidemment, comme dans la plupart des milieux musicaux, ce sont les femmes qui dominent la scène, et sont depuis des décennies sont des ambassadrices de leur courant musical, de leur maison de disques, d'une industrie ; il était donc quelque part assez évident de mettre deux femmes dos à dos. Mais les opposer systématiquement, même si cela a du sens dans le contexte, me semble un peu facile quand même. J'espère que Rayna et Juliette sauront évoluer à partir de cette position initiale par la suite, et nous offrir un peu plus que des jalousies féminines légèrement cliché.
Mais ces deux personnages sont si hauts en couleurs que c'en est tout de même un spectacle divertissant, à plus forte raison parce que les positions de chacune sont moins stéréotypées au départ que dans Smash : aucune n'est une ingénue naïve, aucune n'est une amère revancharde. D'ailleurs personne n'a de rêve de gloire, dans Nashville : seulement une carrière.
Et ainsi, chacune arrive avec sa personnalité explosive, et une idée bien arrêtée sur ce qu'elle vaut et ce qu'elle veut, et même si elle ne prend pas un départ, dans ce pilote, absolument mirobolant, Rayna ne se positionne ni comme une victime, ni même vraiment comme un underdog. Gloire en revient d'ailleurs à Connie Britton qui, même quand elle en fait un chouilla trop, parvient à insuffler énormément de dignité et de force à son personnage, et ne pas basculer dans la caricature. A l'inverse, Hayden Panettiere attendra la toute fin de l'épisode pour se décrisper un peu et offrir un peu de nuance, parce que le scénario l'y pousse (mais à l'impossible nul n'est tenu) ; la palette de réactions du personnage dépendra vraisemblablement de l'écriture et non de l'actrice, mais j'ai bon espoir d'arriver à un personnage un peu moins plaqué qu'à première vue.
De fait, mon agacement quant aux jalousies féminines a de grandes chances de s'estomper si les choses tournent bien.

En revanche, ce qui ne suscite chez moi aucune réaction d'hostilité, mais juste une vaste et tiède indifférence, c'est l'aspect politique. La mairie de Nashville, euh, bon, on s'excuse hein, mais à une époque où on a la mairie de Chicago sur une autre chaîne, on a un peu du mal à se passionner pour tout cela. Nashville ne tient pas du tout la comparaison avec les tractations de Boss et du coup je ne vois même pas pourquoi elle se frotte à pareils thèmes.
Ce qui en revanche pique mon intérêt, c'est le parallèle que cette situation politique crée entre Rayna et Juliette, qui finalement, toutes les deux, aimeraient couper les ponts avec un parent mais sont privées de cette possibilité, entre autres de par leur célébrité. C'est une idée intéressante, à plus forte raison parce qu'il est très rare qu'une femme de l'âge de Rayna soit, dans une série, placée dans une situation de ce genre avec ses parents (en général, les séries estiment qu'autour de 30 ans, ces choses sont réglées), et comme c'est un sujet qui me touche en partie (oui, enfin, vous savez, sans l'histoire de la célébrité !), je suis prête à m'accomoder des questions politiques flasques, si elles nous permettent d'étayer le côté familial de la question, qui recèle de mon point de vue un potentiel dramatique prometteur.

Au final, Nashville est à l'image de ce que j'aime dans la country : il ne s'agit pas que des mélodies (au fond, en-dehors de quelques hits mémorables, beaucoup de ballades se ressemblent un peu, notamment chez les artistes mineurs), ce sont les paroles qui font tout. Et c'est finalement ce que ce pilote accomplit, qui démontre que la forme n'est là que pour enjoliver le fond, mais pas le reléguer au second plan. Je place énormément d'espoirs dans les paroles de Nashville, et me délecterai donc des aléas de sa mélodie parfois peu originale, car j'ai l'impression qu'elle a plein de choses à dire. Il manquait simplement à ce pilote, très complet et chargé d'éléments d'exposition, de prendre le temps pour l'émotion, qui n'a pointé son nez mutin qu'en deux passages furtifs de l'épisode.
Mais si Nashville parvient à faire battre mon coeur au rythme des tourments de ses personnages, la série s'attachera mon indéfectible soutien.

Et d'ici la semaine prochaine, je sais déjà quoi écouter...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-10-12

lady's world tour - Escale n°17

-- World Tour --

Pas facile tous les jours de trouver de quoi alimenter ce blog, je vous le dis. Des fois, il ne se passe tout simplement rien dont on puisse parler ! Pas une news, pas un pilote, et ne parlons même pas des projets, R.A.S. ! Comment voulez-vous écrire des world tours dans ces conditions ? C'est une torture.
Mais comme je vous aime bien, je me suis forcée un peu.

Skwizas

- AFRIQUE DU SUD :

* Après deux années d'absence, les petites grand'mères de Skwizas reviennent pour une seconde saison. Dans cette comédie, les héroïnes un peu âgées n'ont plus à s'occuper de leur famille, et peuvent se concentrer sur la façon la plus plaisante de passer leurs journées car pour elles, l'âge est dans la tête. SABC2 a décidé de ramener cette comédie diffusée à l'origine pendant l'été 2010, même si, le temps de développer cette nouvelle salve d'épisodes, il a fallu procéder à quelques changements dans la distribution ; les spectateurs pourront donc constater qu'une mamie qui est partie, et une autre qui accueille sa nièce. La nouvelle saison de Skwizas débarque samedi 14 octobre à 19h.

Rake

- AUSTRALIE :

* C'était la semaine des bonnes nouvelles pour Rake ; outre le projet d'adaptation aux USA, la série était également officiellement renouvelée pour une troisième saison par la chaîne publique ABC1. Une annonce qui ne relève cependant pas de la surprise, puisque l'équipe de la série fondait de solides espoirs en un renouvellement.
* Parfois, même quand une chaîne n'annonce pas clairement ses renouvellements, on peut les deviner : c'est ce qui se passe quand des fonds sont alloués à certaines productions. Chez Film Victoria, on vient d'accepter de subventionner plusieurs séries d'ABC, la plus importante étant probablement la dramédie morbide Laid, qui obtient ainsi une troisième saison. Deux séries obtiennent aussi une seconde saison : la série pour la jeunesse Dead Gorgeous, lancée en 2010, et la comédie twentysomething, qui avait pourtant disparu des radars après sa diffusion à l'automne 2011. D'autres projets de nouveautés d'ABC ont également reçu leur argent de poche : la comédie It's a Date, et les séries The Athletes et Small Boy (dont on suspecte qu'il s'agirait du projet A Better Man de SBS sous un nouveau titre). Comme ces projets n'ont pas encore été annoncés par le groupe public, il faudra attendre un peu avant d'en savoir plus sur les pitches de ces séries.
* Et puis, le développement de la série carcérale Wentworth, pour l'opérateur câble et satellite FOXTEL, s'est poursuivi tout l'hiver, et on sait enfin quels sont les acteurs principaux retenus pour cette version réimaginée de la série culte Prisoner. Seront donc au générique : Danielle Cormack (...actuellement dans Rake), Nicole Da Silva (Rush, East West 101), Celia Ireland (Laid), Catherine McClements (Rush, Brigade des mers), Kate Atkinson (Offspring), Leeanna Walsman (Underbelly: Badness) et une nouvelle dans la profession, Shareena Clanton. Les 10 épisodes de Wentworth doivent apparaitre sur SoHo (le nouveau nom de la chaîne W depuis cet été) en 2013 ; le tournage commence la semaine prochaine à Melbourne et devrait durer 4 mois.
* Et puis, le 16 octobre démarrera The Strange Calls, un projet transmédia de SBS annoncé depuis plusieurs mois, dans lequel une petite ville côtière va être le théâtre d'évènements surnaturels. Les 6 épisodes de la série sont complétés par des webisodes, ainsi que des intrigues complémentaires à suivre sur Facebook et Twitter. Mais dés le 9 octobre, une preview sera accessible sur le site de VOD public iView. On y retrouvera Toby Truslove, héros d'Outland un peu plus tôt cette année.

Flashpoint-DVDAllemand

- CANADA anglophone :

* On n'en parle pas souvent dans ces colonnes, mais Flashpoint est LA série canadienne du moment. Ah ouais, vous ne me croyez pas ? Alors vous croirez peut-être ceci : cette semaine, elle est devenue la première série canadienne depuis 16 ans à remporter la case horaire (ô combien convoirée) du jeudi à 22h. La première. En 16 ans. Dans l'intervalle, seules des séries américaines ont réussi à être leader. Pas mal, non ? La série est en effet regardée par 1,45 million de spectateurs, volant ainsi la vedette à la diffusion d'Elementary sur Global (1,38 million de spectateurs). Ah non mais oui, ok, je vois d'où vient la méprise : quand je disais "LA série du moment", je ne parlais pas forcément de qualité...
* De son côté, Citytv a mis en route la production de Seed, une série qui, si vous suivez les world tours régulièrement, vous rappellera El Donante : il y est question d'un homme qui découvre que sa contribution à une banque du sperme a donné naissance à de nombreux enfants... très nombreux ! Alors qu'il découvre l'existence de ces enfants, il apparait également dans la vie de leurs parents, ce qui n'est pas toujours très bien accueilli. En tout ce sont 13 épisodes qui ont été commandés, et qui mettront en vedette Adam Korson et Carrie-Lynn Neales, des acteurs jusque là abonnés aux rôles aussi captivants que "Hipster #1" dans 2 Broke Girls ou "Test Technician" dans The LA Complex. La diffusion devrait commencer début 2013.

Unite9-Cellules

- CANADA francophone :

* Promis, on ne parlera pas d'Unité 9 à absolument chaque world tour. Enfin on verra. Mais je me devais de vous informer (n'est-ce après tout pas ma mission ?) des audiences épatantes de la série... qui a battu cette semaine son propre record ! Eh oui, ce sont pas moins de 1,38 million de spectateurs qui étaient présents ce mardi pour suivre la série (rappel : ils étaient 1,2 million la semaine précédente). Ca en dit long sur le bouche à oreille positif que rencontre la série. A raison. Et si vous avez besoin d'encore une raison pour vous lancer dans le visionnage d'Unité 9, eh bien ma review du pilote est justement ici. A noter qu'Ève Landry, qui interprète Jeanne dans la série, est actuellement à Cannes dans le cadre du MIPCOM (j'accepte les chèques et les bons au porteur, je suis sûre qu'il est encore temps de trouver une place de train).
* Le scénariste de la série Les Invincibles travaille actuellement sur un nouveau projet original : Saison Deux, c'est son nom, raconte les tribulations de deux auteurs travaillant sur la série imaginaire Les dessous de la justice, et qui, en dépit du succès public rencontré, doivent faire face à des critiques lapidaires dans la presse. Ils décident donc de se mettre en quatre pour que la deuxième saison de leur série mette tout le monde d'accord... Une idée de série originale, dont nous pourrons juger par nous-mêmes à partir du deuxième semestre 2013. En espérant que la série soit bonne, parce que sinon ce serait une fichue ironie.
* On connaissait la petite chaîne qui monte, voilà maintenant le service de VOD qui monte. Netflix n'en finit plus d'étendre ses centres d'intérêt : après l'installation en Scandinavie, maintenant c'est un partenariat avec Radio-Canada qui est mis en place. Les séries La Galère, Les Parent et Les Invincibles, justement, s'ajouteront donc au catalogue de séries de Netflix, et d'autres fictions devraient suivre d'ici la fin de l'année.. La VOD n'est pas un problème pour nombre des fictions québécoises (le catalogue du site tout.tv, par exemple, est en effet très bien fourni), mais Radio-Canada estime qu'il est de son devoir de mettre ses séries à disposition sur le plus grand nombre de supports possibles. J'aime bien leur façon de penser. Au Canada, l'abonnement illimité à Netflix coûte moins de 8 dollars par mois.

Cobre

- CHILI :

* Lundi, une nouvelle nocturna démarrait sur MEGA : Cobre, une série historique située en 1927 et parlant, comme son titre l'indique, de cuivre. Il s'agit en effet des luttes de pouvoir autour d'une mine de cuivre, entre deux frères qui tentent de maintenir l'exploitation et un riche entrepreneur qui cherche à les en déposséder. Malheureusement, le lancement de cette saga n'a pas captivé les foules (bien qu'elle ait obtenu un meilleure score que Solita Camino, dont on parlait la dernière fois). La série est diffusée chaque lundi à 22h30 et il s'avère qu'il y a une bande-annonce ; qu'est-ce que je fais, je vous la montre ?

Graduados-Promo

- COLOMBIE :

* L'une des séries les plus regardées en Argentine en 2012 s'appelle Graduados. Depuis son lancement en mars dernier, la série totalise en moyenne 25% de parts de marché sur Telefe chaque soir de semaine à 22h00. Il s'agit d'une comédie, dans laquelle, 20 ans après avoir quitté le lycée, d'anciens élèves se retrouvent et réalisent qu'ils ont encore des affaires à régler les uns avec les autres ; un concept facile à décliner à l'envi. Pas étonnant dés lors que d'autres pays s'intéressent au format. RCN Colombia et Fox Telecolombia sont les premiers sur le coup, et ont décidé de co-produire une version pour la Colombie. En fait les deux sociétés de production semblent vouloir aller très vite, puisqu'ils en sont déjà à la phase casting...

Forbrydelsen-III

- DANEMARK :

* Sur DR1, la troisième saison de Forbrydelsen se porte... oui, on peut le dire, plutôt bien. Pour le season premiere, pas moins de 1,6 million de Danois étaient réunis devant leur écran, ce qui représente 60% des spectateurs ! Alors ouais, franchement, on se plaint pas. Profitez-en tant que ça dure : cette saison est la dernière. Fort heureusement, l'attente ne devrait pas être trop longue puisque BBC4 diffusera cette saison dés le mois de novembre (je ne suis pas sûre qu'une diffusion d'une saison scandinave à la télévision britannique ait déjà été aussi rapide, d'ailleurs...).

GranHotel-DowntonHotel

- ESPAGNE :

* Gran Hotel faisait son retour mercredi sur Antena 3... avec un petit coup de mou par rapport à la saison précédente. Seulement 2,82 millions de spectateurs ont suivi le season premiere, alors qu'ils étaient 3,44 millions en décembre dernier, lorsque la première saison s'était achevée. Mais n'allez pas mettre cette baisse de régime sur le compte d'un désamour, du moins pas nécessairement : c'est aussi un peu la faute d'Antena 3 qui, pensant tenir une série très populaire, avait placé la série face à... la version espagnole de The Voice. Ah oui, brillante idée, vraiment.
* Et puis notre feuilleton "la grosse panique de TVE" continue, alors que la chaîne publique est obligée d'envisager des licenciements afin de se maintenir à flots. Ce sont 70 exécutifs de la chaîne qui vont donc devoir quitter la chaîne, laquelle a pour objectif de se séparer de 28% de sa direction afin de pouvoir faire des économies.

LOnoreeIlRispetto

- ITALIE :

* La troisième saison de la série L'Onore et il Rispetto s'est achevée sur Canal 5 ce mardi soir sur un record : 6,6 millions de spectateurs ont regardé le 6e et dernier épisode de la saison ! Mais même si les saisons de L'Onore et il Rispetto (une saga qui se déroule dans les années 50) sont courtes, pas d'inquiétude : la saison 4 est déjà en production.

rté

- IRLANDE :

* ...mais pas que. rté, BBC Northern Ireland et BBC Scotland lancent en effet un appel à projets pour des sociétés de production indépendantes, afin de mettre en développement des séries pouvant intéresser à la fois l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Ecosse. Une somme substencielle sera également allouée au projet retenu à l'issue de cette initiative. Les programmes soumis à cette appel à projets devront "refléter les liens" entre les différentes zones géographiques concernées. C'est le tout nouvel outil d'e-commissioning de rté qui accueillera tous les projets, pour lesquels la date butoir du 9 novembre est fixée.

TennoHakobune

- JAPON :

* Et un nouveau dorama pour WOWOW, un ! Après un passage par le thriller avec Double Face cet automne, la chaîne câblée revient aux drames sociaux avec Ten no Hakobune, une série qui se déroule dans le monde de l'aide humanitaire internationale et dont le tournage est actuellement en cours dans les Philippines. Nanami (incarnée par Miki Mizuno, déjà vue dans Soratobu Tire), une jeune femme qui s'est engagée pour intervenir après un tremblement de terre, va ainsi découvrir un monde où les dessous de table, le détournement d'argent et les manoeuvres politiques empêchent les aides de parvenir correctement aux populations dans le besoin. C'est Taeko Asano (Last Friends) qui est responsable du scénario de cette série dans laquelle l'argent, mais aussi le sexe, deviendront des enjeux... On pourra la découvrir à partir du 9 décembre sur WOWOW.

Hellfjord

- NORVEGE :

* Ah bah alors ça, ça fait plaisir ! Alors que la nouveauté de NRK, Hellfjord, était initialement annoncée plutôt pour novembre, devinez quoi ? Elle débarque finalement dés ce mardi 9 octobre sur la chaîne publique ! Il est possible que l'un des facteurs ayant participé à cette hâte soit la projection de la série à l'occasion du Fantastic Fest fin septembre, à Austin (Texas), où la série a apparemment rencontré un vif enthousiasme et d'excellentes critiques. Hellfjord, vous le savez, se réclame de l'héritage de Twin Peaks et met en scène un policier venu de la ville, d'origine pakistanaise qui plus est, se retrouve brutalement muté dans une petite ville de province un peu bizarre qui cache un secret... Au total, 7 épisodes sont prévus, et j'espère qu'on pourra mettre la main dessus !

Ned2

- PAYS-BAS :

* Ned2 se prépare à diffuser en janvier une nouvelle série, Het Imperium, dans laquelle, pour une fois, au lieu des meurtres et d'autres crimes de sang, on suivra des affaires relatives aux criminels en cols blancs et leurs fraudes. La série s'intéressera à deux hommes, Ger van Woerkom et Theo Frijn, qui ont lancé une affaire dans l'immobilier en 1995, et qui ont depuis engrangé des millions... mais en 2007, ils sont arrêté pour fraude à hauteur de plusieurs millions d'euros... Het Imperium suivra donc leur procès en se basant sur le roman De Vastgoedfraude, de Marc et Roeland Linssen ; d'ailleurs, si Het Imperium rencontre le succès, d'autres de leurs ouvrages pourraient être adaptés à l'avenir. La mini-série en 4 épisodes est prévue pour janvier prochain.

MiAmorElWachiman

- PEROU :

* La chaîne péruvienne ATV a lancé cette semaine une nouvelle série, intitulée Mi amor, el wachimán. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'une telenovela mais d'une mini-série, bien qu'il y soit question d'une romance entre une jeune femme d'un quartier huppé et le gardien qui fait des rondes dans ledit quartier huppé afin de gagner sa vie. Lancée à 21h ce lundi 1er octobre, la série a immédiatement pris la tête de sa tranche horaire. Ce qui fait un peu de peine quand on voit à quoi elle ressemble...

Magdalena

- PHILIPPINES :

* Dans les Philippines, il y a une communauté non-négligeable de musulmans. Alors, au vu des évènements qui ont secoué cette communauté à travers le monde, ces dernières semaines, GMA-7 a décidé de ne pas lancer sa nouvelle série Haram (qui signifie "interdit"), qui devait parler d'une romance entre une jeune musulmane et un soldat catholique. La chaîne se réserve la possibilité de tout de même diffuser la série plus tard, mais préfère éviter la polémique actuellement.
* La chaîne GMA 7 tient pourtant l'une de ses line-up les plus puissantes depuis longtemps. Le 8 octobre prochain, elle lancera Magdalena, une nouvelle série qui rejoint un block appelé "Afternoon Prime", qui capitalise généralement d'excellentes audiences. Magdalena raconte l'histoire d'une jeune femme, Lena, qui doit travailler pour soutenir financièrement sa famille, mais dont la beauté est aussi sa pire ennemie, et sa naïveté se retournera contre elle lorsqu'elle sera contrainte de devenir escort girl. La série rejoint donc ce block de fin d'après-midi, où se trouvent déjà Sana Ay Ikaw Na Nga depuis le mois dernier (l'histoire d'une jeune fille qui reçoit de l'acide au visage et qui, défigurée, perd l'homme qu'elle aimait), et  sera rejointe à la fin du mois par Yesterday's Bride (ou quand une jeune future mariée perd la mémoire dans un accident de voiture et ne reconnait pas son promis). Cette programmation surpuissante devrait une fois de plus permettre à GMA 7 de trouver le succès, aussi pas étonnant qu'elle fasse une promo soutenue de ce trio de choc :

* Et puis, demain également, mais dans une autre tranche horaire, GMA 7 décidément très en forme lancera une version philippine de la série sud-coréenne Coffee Prince 1 Ho Jeom, tout simplement sous le titre de Coffee Prince. De nombreuses séries coréennes sont diffusées chaque année aux Philippines, mais assez peu obtiennent une adaptation ; cela faisait depuis 2008 que GMA 7 planchait sur le sujet !

Hatufim

- RUSSIE :

* Tout le monde regarde les Emmy Awards, et la meilleure preuve, c'est que la société de production russe Weit Media a acheté les droits de Hatufim afin d'en produire une version locale pour une chaîne qui reste pour le moment à annoncer. Plusieurs chaînes de par le monde ont acheté les droits de Hatufim (dont arte en France), mais il n'y avait pour le moment qu'une adaptation aux USA. 
* Et puis sur Perviy Kanal, c'est un autre remake qui se prépare :celui de la série espagnole Los mysterios de Laura. Le tournage a commencé pour cette nouvelle série d'enquêtes, qui devrait apparaitre sur la chaîne publique début 2013.

Portkod

- SUEDE :

* En cette rentrée, SVT proposera Portkod 1321, en photo ci-dessus, une websérie de 10 épisodes qui s'intéresse à deux adolescentes qui sont forcées de cohabiter le temps d'un été alors que leurs parents, tombés follement amoureux, sont partis en voyage de noces. Si au début elles se regardent en chiens de faïence, elles vont finir par vivre côte à côte les tourments de leur été... La série commence le 16 octobre sur SVT Play, et le trailer est plutôt engageant...
* Et puis ce soir, la comédie Solsidan revient sur les écrans suédois. La saison 3 débarque à 21h alors que les saisons 4 et 5 sont déjà dans les tuyaux. Bah oui : TV4 avait commandé 3 saisons d'un coup l'an dernier. Nan mais comme ça c'est fait et on en parle plus, quoi.

MujeresAsesinas

- USA qui a bon goût :

* Au chapitre des remakes de séries étrangères actuellement en développement, on compte donc les australiennes Rake (si vous avez suivi) et The Slap, mais aussi l'argentine Mujeres Asesinas (déjà adaptée dans plusieurs pays d'Amérique latine ainsi qu'en Italie).

DoctorWho
- DIVERS :

* Les coproductions internationales sont de plus en plus fréquentes, mais jusqu'ici, il y a généralement eu des "familles" de pays qui collaborent régulièrement ensemble : des pays d'Amérique du Sud, par exemple, ou d'Europe (ou encore l'Allemagne et l'Australie, sur des séries pour la jeunesse) ; qui plus est, c'était plus souvent le fait d'un accord entre sociétés de production qu'autre chpse. Eh bien apparemment, les choses vont encore un peu évoluer puisque les Gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni ont signé un traité de co-production, permettant au fruit de futures collaborations de trouver un écho dans les deux pays. Les productions bénéficiant de ce pacte auront ainsi droit à des réductions d'impôt au Brésil, ou des subventions au Royaume-Uni, pour vu de répondre aux critères de cet accord. Au total, 18 millions de livres sont ainsi allouées sur une année à l'aide financière qui sera offerte aux productions tombant sous cet accord. Je n'ai pas trouvé les détails des conditions à remplir pour pouvoir empocher ce royal butin, mais c'est suffisamment alléchant pour qu'on entende rapidement parler d'une production sautant sur cette belle occasion, et on en saura alors certainement plus !
* Et puis les Australiens, un peu jaloux des épisodes de la série qui se sont déroulés aux USA ces derniers temps, ont décidé de lancer une campagne afin de faire venir la production de Doctor Who dans leur pays. Rappelons que l'Australie est particulièrement férue de la série, et que les spectateurs peuvent suivre la série dans les heures qui suivent sa diffusion au Royaume-Uni (voir le lien au bas de ce post). Pour ceux qui ont envie de jeter un oeil ou même mettre la main à la pâte, la pétition est ici.

Pour finir, ah, génial, parfait, formidable, je vais être obligée de reprendre Moone Boy : la délicieuse Amy Huberman rejoint en effet la deuxième saison de la série de Chris O'Dowd. 'Zavez qu'à voir, je savais même pas que la série avait été renouvelée.


C'est tout pour aujourd'hui mais je compte sur vous, comme pour chaque world tour, afin que vous me disiez ce qui vous a le plus intéressés. Et veuillez m'excuser, ça fait deux/trois semaines que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour, mais je m'y attèle très prochainement... vous me pardonnez ?

Posté par ladyteruki à 19:28 - Love Actuality - Permalien [#]

28-03-12

lady's world tour - Escale n°6

BlackMarch

Il vous avait manqué, le world tour ? Je m'en doutais un peu.
Le revoici après une dizaine de jours d'absence, et il y a du lourd. On ne va pas se mentir, le world tour du jour va faire une longue escale en Australie et au Canada ; il s'y est passé plein de trucs ces derniers jours ! Fort heureusement, ce ne sera pas tout, et je vous réserve aussi des destinations autrement plus exotiques... D'ailleurs, vous savez quoi ? On va commencer par des soaps, ça nous fera du changement.

BadeAchheLagteHain

- INDE : sex sells (NOT)
Les critiques indiens commençaient à s'affoler, alors que plusieurs séries commençaient à montrer de plus en plus de scènes "chaudes". Alors bon, pour mémoire, rappelons qu'un simple baiser est déjà bien souvent le temps fort d'une série indienne, le moment où les spectatrices ont soudainement des bouffées de chaleur, où les forums s'affolent, où les spectateurs innocents détournent les yeux. Je caricature, mais à peine, vraiment. Dans la culture télévisuelle indienne, le terme liplock est un véritable déclencheur de fantasmes, tout simplement parce que la société indienne est encore très conservatrice (insérez ici une référence narquoise au Kama Sutra). Alors, vous pensez, des scènes au lit ? Les critiques n'en pouvaient plus et glosaient déjà abondamment, interviews d'experts à l'appui, sur les dérives de la télévision... C'est là qu'intervient Bade Achhe Lagte Hain, un soap qui a démarré au printemps de l'année dernière et qui raconte, en gros, le mariage d'un homme ayant la quarantaine bien sonnée à une femme ayant une toute petite trentaine, qui tombent amoureux après avoir contracté un mariage de raison. Quand le couple s'est retrouvé dans une scène au lit la semaine dernière, sous l'impulsion des scénaristes qui espéraient bien faire un gros coup d'audiences... eh bien les audiences ont méchamment dérapé, pour la première fois dans l'histoire de la série, et la tentative d'attirer le public avec un peu de sensationnalisme a lamentablement échoué. Tiens, est-ce que Game of Thrones passe en Inde ? Je me demande bien comment la série est reçue, si c'est le cas.

- AFRIQUE DU SUD : retour sur investissement
Décidément c'est la série noire chez les soaps. Vous vous souvenez peut-être d'Inkaba, la toute première telenovela sud-africaine lancée par la chaîne Mzansi Magic plus tôt ce mois-ci. Eh bien, les nouvelles ne sont pas très bonnes, car les audiences ne sont pas du tout au rendez-vous ; pire encore, la critique n'est pas extatique non plus, beaucoup trouvant que les intrigues font plutôt "vieux soapie des années 90". Pour une série supposée innover, c'est quand même ballot. A côté de ça, Inkaba est quand même partie pour 208 épisodes sur Mzansi Magic (un an tout pile de diffusion, en fait), donc il va falloir faire quelque chose à un moment... Pour le moment, la chaîne n'a en tous cas rien décidé, mais comme les épisodes ne sont pas tournés très longtemps à l'avance, on va peut-être assister à des changements rapidement, à l'instar du soapie Isidingo qui avait exécuté la moitié de ses personnages au bout de 2 mois d'antenne afin de repartir du bon pied (et plus de 3000 épisodes plus tard, l'Afrique du Sud n'imagine plus de télévision sans Isidingo, pari réussi donc). Surtout que Mzansi Magic, une chaîne toute jeune (elle est apparue en 2010) a dépensé l'équivalent d'1,77 millions d'euros dans la production de contenus originaux, plutôt que de se contenter de remplir les grilles avec des séries importées. C'est bien, ça doit lui faire plaisir de voir les résultats.

- ALLEMAGNE : ZDF revient sur ses pas
Je n'en parle pas souvent dans ces colonnes et c'est un tort (juste une fois avec Majka, je crois ?), mais la telenovela, ça marche aussi relativement bien à l'Est de nos frontières (mieux qu'en Afrique du Sud en tous cas...!). Disons qu'il y a des hauts et des bas, mais clairement, le format s'est fait une place dans les grilles. ZDF, par exemple, propose ce genre de séries l'après-midi ; et même si malheureusement, les séries Lena, Liebe meines Lebens et Herzflimmern n'ont pas du tout eu le succès escompté ces derniers temps, ce qui est un euphémisme pour dire que c'étaient des flops, la chaîne ne se décourage pas. Elle a annoncé que Wege zum Glück - Spuren im Sand ("le chemin du bonheur - empreintes dans le sable") arriverait dans ses programmes à compter sur 7 mai prochain, à 16h15. C'est un total de 240 épisodes qui a été commandé, et vous allez voir que le titre de cette nouvelle série n'est pas anodin du tout. En effet, en 2004, ZDF avait lancé la toute première telenovela allemande, Bianca, Wege zum Glück ("Bianca, le chemin du bonheur"), qui avait donné lieu à un spin-off de 2005 à 2009, Wege zum Glück. ZDF l'avait donc transformé en soap classique, puis avait fini par l'annuler au terme de 4 saisons quand les audiences avaient décliné. Avec cette nouvelle série, où les protagonistes principaux seront des amis qui se connaissent depuis l'enfance, mais qu'une tragédie a séparés, ZDF revient donc aux fondamentaux... L'occasion de vérifier si une franchise aimée par le public peut sauver la case de l'après-midi de la chaîne.

PaperGiants
- AUSTRALIE : divorce consommé
Allez, chose promise chose due, on passe par l'Australie, où l'actrice Asher Keddie a confirmé sa non-participation à Howzat!, la mini-série qui avait été lancée suite au succès de Paper Giants au printemps dernier. En soi, la nouvelle n'a rien d'incroyablement surprenant, car le personnage interprété Keddie, j'ai nommé Ita Buttrose, était essentiellement lié à l'aventure du magazine CLEO et pas tellement aux tentatives de Kerry Packer de s'aventurer dans le domaine sportif, mais cela prouve bien que la production de Howzat! sera radicalement différente de celle de Paper Giants. On rappellera à toutes fins utiles (on a déjà pu en discuter dans le SeriesLive Show) que le personnage de Kerry Packer lui-même sera interprété par un acteur différent dans Howzat! ; du coup le divorce est bel et bien consommé, et cela montre bien que miser sur le succès de Paper Giants pour lancer Howzat! en coupant cependant les ponts avec la mini-série d'origine est une tâche ardue. On verra bien comment Howzat! finira par s'en sortir, mais il est certain qu'en ne reprenant aucun des deux acteurs qui ont fait le succès de la mini-série de départ, la production prend un parti-pris à la fois compréhensible et décevant. Autant dire que rien n'est joué pour cette production, et que ce sera un peu quitte ou double.

- AUSTRALIE : ABC1 mise sur la famille
On poursuit nos folles aventures australiennes avec deux séries qui sont entrées en production ces derniers jours pour ABC1 : la comédie New Christmas, et la dramédie Please Like Me. Ce que j'adore c'est que ya quelques semaines, les chaînes ont fait part de leur plans pour 2012, et résultat le mois suivant on annonce d'autres nouveautés ; on peut vraiment compter sur personne. J'vous jure, hein... Alors faisons les présentations : prévue pour 6 épisodes, New Christmas s'intéresse à la famille Moody, une famille dysfonctionnelle, comme on dit, où les liens ne sont pas très forts. L'idée est de voir comment cette famille qui n'a pas trop l'esprit de famille célèbre la fête la plus familiale de toutes : Noël, vous l'aurez compris. Le personnage principal, Dan, revient donc tous les ans à Noël dans cette famille alors qu'il voudrait être à peu près n'importe où ailleurs ; apparemment le concept est de montrer 6 Noël différents dans la vie de Dan Moody. Ambiance pourrie, cadeaux ratés, secrets familiaux dévoilés au plus mauvais moment, en gros New Christmas promet de montrer tout ce qu'il faut faire pour rater ses fêtes de fin d'année. Alors du coup devinez quoi, la série sera diffusée pour Noël, évidemment ! Quant à Please Like Me, qui comptera elle aussi 6 épisodes prévus pour le courant de l'année 2012, elle s'inspirera du spectacle de stand-up du comédien Josh Thomas (qui y tiendra également le rôle principal), dans lequel il partageait ses réflexions sur le fait de grandir, de réaliser que les parents ne sont pas des héros mais des gens ordinaires voire même parfois décevants, et de se lancer dans la vie sans savoir vraiment qui on est ni ce qu'on veut. Et alors pardon, mais ce qui fait la différence, c'est que ce sera réalisé par Matthew Saville, qui a signé des épisodes de The Slap (les épisodes de Harry et Connie) ainsi que Cloudstreet ...vous la sentez monter l'excitation téléphagique ?! Voilà qui fait de cette série un must-see immédiat à mes yeux. Rendez-vous plus tard cette année, donc.

- AUSTRALIE / CANADA : prouve que tu existes
Prêts pour une petite dernière ? Hélas, c'est une mauvaise nouvelle pure et dure, celle-ci. La série de science-fiction pour la jeunesse intitulée Resistance, commandée par ABC3, et co-produite par Persistence Productions avec la boîte canadienne Shaftsebury Films, connait un retard à l'allumage. La série a été commandée pour 26 épisodes à la fin de l'année 2011, et son tournage devait commencer rapidement ; à l'origine, 23 semaines de tournage devaient commencer dés la fin octobre/début novembre. Le budget était alors très impressionnant : l'équivalent de 10 millions d'euros ! Finalement on apprenait en décembre que la commande était passée à 13 épisodes seulement, et que le tournage avait été repoussé à février. Maintenant, SyFy US a décidé de lever l'option qu'elle avait posée sur l'achat de la série en vue d'une diffusion, et les choses empirent encore un peu. La production se cherche de nouveaux financements pour au moins se lancer dans le tournage... ABC3 jure ses grands dieux que la série n'est pas abandonnée pour si peu, mais c'est quand même pas très bon signe. Resistance se présentait comme une série très ambitieuse, mélange auto-proclamé d'Alias et de Buffy, dans un univers où notre survie ne repose plus qu'un groupe de résistants adolescents, aidés par un millionnaire qui leur a dédié sa fortune afin d'améliorer leur équipement et leurs armes. Ces jeunes sont notre dernier espoir face à l'invasion extraterrestre... Et l'espoir, aussi, des 450 personnes impliquées dans la production de cette série ; la South Australian Film Corporation a injecté de l'argent dans la production afin d'essayer de sauver ces emplois en attendant de voir si la production parvient à soulever les fonds nécessaires.

Claude Legault, parce que l'esthétisme sur un blog, c'est important <3

- CANADA : BFF
Vous n'aimez pas ça, vous, quand on parle de séries québécoises ? Moi, si. Ah, qu'il me tarde que le Black March s'achève pour qu'on réaborde la question d'Apparences ! Et du pilote de Vertiges, qui a commencé il y a peu sur Séries+. Et justement, Séries+ vient d'annoncer la mise en chantier de son projet pour 2013 : Mon meilleur ami. On y retrouvera Claude Legault (miam, souvenez-vous de Minuit, le soir et plus récemment 19-2) et David La Haye (l'enflure dans Mirador) qui seront des amis pour la vie... jusqu'à ce qu'une séance d'escalade laisse l'un des deux paralysé. Mais quand le meilleur ami commence à se rapprocher juste un peu trop de la femme du paralysé, ce dernier décide de se venger... Eh oui, encore un thriller, mais quand c'est bon, on ne se lasse pas, et en l'occurrence, c'est le réalisateur d'Apparences qui s'y colle, avec la même société de production que Minuit, le soir, on ne va donc pas faire les difficiles. Par contre, on ne s'excite pas : Séries+, c'est une série originale par an en moyenne (souvenez-vous, l'an dernier c'était Malenfant), donc Mon meilleur ami est prévu pour l'hiver 2013...

- CANADA : ils sont de retour... Nin ? Si !!!
Vous en avez rêvé, Télé-Québec l'a fait : l'incroyable duo qui vous a donné mal aux côtes à force de rire devant Le coeur a ses raisons, j'ai nommé Marc Labrèche et Anne Dorval, va se réunir une nouvelle fois à la télévision ! Ils seront en effet cet automne au générique de la série Les Bobos, une comédie fonctionnant sur le principe d'une série à sketches comme Un gars, une fille, passant au vitriol plusieurs bourgeois bohème. D'autres comédiens devraient se joindre à eux dans l'aventure, mais leurs noms sont inconnus à l'heure actuelle. Un bonheur n'arrivant jamais seul, Marc Brunet, créateur et scénariste du Coeur a ses raisons, sera également de la partie ; c'est la nouvelle directrice des programmes qui, à peine arrivée dans ses fonctions en janvier, s'était promis de ramener tout ce petit monde sur sa chaîne. On comprend aisément pourquoi !

Lynch_promo

- AMERIQUE DU SUD : la mort lui va très bien
Vous vous souvenez de Lynch ? Mais si ! Lynch, la série sud-américaine qui me tentait énormément ! Eh bien on dirait que je n'étais pas la seule. Pour un coup d'essai, c'était un coup de maître : la première production 100% originale de Moviecity (la chaîne s'était inspirée du modèle de sa co-production avec FOX, Kdabra, qui avait fait ses preuves) a battu tous les records. Un peu avant la diffusion à la télé, elle avait commencé par mettre le pilote en ligne sur son site de VOD Moviecity Play, et le nombre de vues avait explosé : 40% de connexions en plus par rapport à la semaine précédente ! Deux jours plus tard, le pilote de Lynch diffusé sur Moviecity avait, selon le communiqué de la chaîne, dépassé les performances de la diffusion de Spartacus, sa meilleure audience pour une fiction à ce jour. La chaîne est donc excessivement satisfaite de son aventure. Hélas pour Moviecity, pour le moment, seulement 13 épisodes de Lynch sont prévus, mais la chaîne a annoncé avoir plusieurs projets en vue, ce qui veut probablement dire que Moviecity vient de devenir une chaîne à surveiller pour les téléphages hispanophones, d'un coup d'un seul. Et notez au passage que le matériel promotionnel est un peu plus alléchant à mesure que le temps passe. Elle est pas super cool, cette photo, sérieux ? Et cette video de promo, elle fait pas envie, des fois ? Bon, rendez-vous est pris post-Black March pour se mettre en quête du pilote de Lynch, je crois qu'on est tous d'accord.

- ESPAGNE : deux projets et demi pour Telecinco
On en profite pour rester dans les fictions de langue hispanique, avec deux projets de Telecinco qui n'ont rien de commun. A part Telecinco, donc. La chaîne s'aventurera d'abord dans le registre de la comédie (tiens, tiens...) avec Familia, qui se concentrera sur 3 soeurs, Carlota, Malena et Natalia, qui à l'approche des 30 ans vont tenter d'aborder cette nouvelle phase de leur vie et les changements qui vont avec. Problèmes familiaux avec leur père, leur boulot ou bien-sûr les hommes, tout devrait y passer, mais uniquement sous l'angle de la comédie ; on y retrouvera entre autres l'actrice Alexandra Jiménez (issue de la comédie Los Serrano mais également la version espagnole de Cheers, qui a tourné court). Clairement, la chaîne vise ici un public plutôt féminin, et la production s'annonce comme relativement onéreuse. Il s'agit du second projet le plus risqué de la chaîne, et l'autre est également destiné plus spécifiquement aux femmes : Telecinco a également en projet depuis la toute fin 2011 l'adaptation de la série Ghost Whisperer, sous le titre de El Don de Alba. Mais Telecinco n'a pas l'intention de se la jouer Téva, et elle a annoncé cette semaine un autre projet, bien différent : El Principe sera un thriller situé dans un quartier de Ceuta en proie à la délinquance, l'échec scolaire, et au trafic de drogue. Mêlant le quotidien difficile d'un policier des stups et affaires de coeur, la série est en projet depuis l'automne 2011 et a subi de nombreux changements ces derniers mois, y compris au niveau des personnes attachées au projet ; il semblerait par exemple que l'acteur José Coronado soit de la partie pour le moment. Actuellement, Telecinco la décrit comme la digne héritière de Sin Tetas No Hay Paraíso, une adaptation espagnole qu'elle avait diffusée sous la forme de série hebdomadaire en transformant la telenovela colombienne du même nom, en 2008. On verra bien ce que ça donne pour El Principe maintenant qu'elle lui a donné le feu vert... normalement les choses devraient être plus claires à mesure que le projet se concrétise.

- EGYPTE : préparatifs du Ramadan
On commence à voir apparaitre quelques nouvelles concernant les séries du prochain Ramadan, et c'est tant mieux ! En fait, des nouvelles, il y en a un peu toute l'année, mais généralement dans des langues que je ne parle pas, voyez-vous. Du coup quand j'en trouve une qui me soit compréhensible, même si elle est succincte, je lui saute dessus, parce que pour changer, quand on parle d'un projet, on ne parle pas d'un mini-scandale à des fins essentiellements politiques. C'est de la vraie information téléphagique, au moins. Apprenez-donc que le réalisateur Wael Fahmi Abdel Hamid prépare actuellement une série en collaboration avec l'auteur Tark Badawi. Le projet, intitulé Nousa, proposera aux spectateurs d'aborder les problèmes que rencontrent les habitants d'un quartier très populaire, à travers les yeux d'une jeune fille qui y réside. On devrait également voir des interactions entre les habitants dudits quartier et des hommes d'affaires, une idée intéressante dont j'attends de voir si je trouve plus d'infos à son sujet, mais qui a du potentiel pour sortir de la simple chronique et porter, comme ça a l'air d'être souvent le cas avec les séries du Ramadan, un regard sur la société dans son ensemble. Pendant que le scénariste et le réalisateur mettent les derniers détails au point, le tournage devrait commencer courant avril. Je suis impressionnée par la rapidité de ce projet, quand je lis d'autre part qu'un chanteur vient de refuser son premier rôle à la télévision, en déclinant l'offre de Youssef Maati qui lui proposait de tenir le rôle principal d'une série qu'il prépare pour... le Ramadan 2013. Il y a encore tant à apprendre...

- SCANDINAVIE : prêt à réserver votre billet d'Eurostar ?
Pour le grand final, je vous ai gardé le meilleur... Attention les yeux : le distributeur britannique Nordic Noir, que vous avez peut-être remarqué pour les sorties DVD nombreuses qu'il fournit alors qu'il n'a que quelques mois d'existence, a décidé d'organiser le tout premier festival dédié à la fiction scandinave (film et télévision confondus). Carrément. Il n'y a pas encore de date mais ce devrait avoir lieu cet automne ; vous pensez bien que je guette toute information plus précise dés qu'il s'en profile une ! Je soupçonne une invasion de téléphages amateurs de fiction scandinave en Grande-Bretagne ce jour-là... pas vous ?

Bon, et puis je crois que tout le monde est au courant pour la saison 2 de The L.A. Complex, mais juste un mot pour dire : yaaaay ! Sérieusement, en voilà une nouvelle qu'elle est bonne, non ?

On arrête là ? Non ? Vous en voulez une dernière pour la fin ? Attention ya du scoop : M6 aurait acheté les droits de la série espagnole Gran Hotel en vue d'une adaptation. Je n'ai trouvé que des sources espagnoles à ce sujet, cependant, et pour tout vous dire l'attachée de presse de M6 ne peut ni me le confirmer... ni même l'infirmer. Bon. On en saura sans doute plus avec le MIP TV début avril, où plein de choses vont être plus facilement officialisées ; en tous cas je l'espère. En tous cas, comme le veut l'expression consacrée : vous l'avez lu ici en premier ! :P

Non, non, n'en réclamez pas plus, c'est tout pour aujourd'hui ! Et puis après tout, j'ai consacré un long post hier à la prochaine saison japonaise, donc si vous êtes en mal d'infos de la planète, eh bien vous avez plein d'idées de découvertes pour le mois prochain à votre disposition...

PS : j'en profite pour saluer l'arrivée du nouveau-né de Whisper ! Félicitations, c'est un blog !

Posté par ladyteruki à 22:46 - Love Actuality - Permalien [#]

01-03-12

Surrendering to destiny

BlackMarch

Parmi mes plans pour Black March, il y avait la perspective d'un marathon Wonderfalls, ainsi qu'un autre pour Pushing Daisies. Pour le second, c'est quelque chose que j'avais déjà cent fois reporté l'an dernier, avant de me promettre que je m'en chargerais au premier trimestre 2012 ; on peut donc dire en quelque sorte que le Black March s'est porté à ma rescousse.
Mais pour Wonderfalls, cela venait à la fois du fait que quelqu'un m'a demandé mon avis, de la réalisation brutale que je n'avais jamais vraiment parlé de la série ici (seulement en passant), et que ça ira plus vite à regarder que Pushing Daisies et que donc c'était plus simple de commencer par là. Sans compter que, chronologiquement, ça fait sens.

Donc voilà, le Black March a commencé aujourd'hui, je ne télécharge plus rien pendant un mois (ça va être un peu compliqué je pense, et on aura l'occasion d'en reparler, notamment pour se soutenir entre nous), et, ce qui devait arriver un jour ou l'autre se produit dés aujourd'hui : je vais commencer par mon marathon Wonderfalls.
Ne vous en faites pas, on ne passera pas le mois à parler uniquement de cette série, on peut très bien parler de séries très variées tout au long de ce mois sans télécharger !
Je n'ai d'ailleurs pas vraiment l'intention de faire un post par épisode, comme ce peut être le cas pour le Ozmarathon ; je voulais simplement donner le coup d'envoi de cette intégrale, et parler du pilote, parce que (je ne sais pas si je l'ai déjà évoqué ou pas) j'aime bien les pilotes. Et celui-là, notamment, a pas mal de mérite...

Wonderfalls_Pilot

Alors, d'abord et avant tout, je suis obligée de vous dire que j'ai été sciée de retrouver, certes dans un très petit rôle, l'interprète d'Alicia dans The L.A. Complex. Je crois que c'est une actrice à laquelle je n'avais jamais fait attention avant (elle a un peu un physique passe-partout, il faut bien le dire), bien qu'elle n'ait pas chômé y compris dans des séries où j'ai pu la voir, mais là tout d'un coup ça y est, je l'ai repérée, et je me suis dit que le monde était résolument petit.

Bon, cette parenthèse étant faite, il faut quand même admettre que ce n'est pas un épisode dans lequel on a beaucoup l'opportunité de s'intéresser à beaucoup de monde en-dehors de Caroline Dhavernas. Il est d'ailleurs grand temps que quelqu'un lui redonne un rôle à sa mesure plutôt que d'aller provoquer des épidémines de facepalm dans des trucs du genre d'Off the Map.
Il y a un côté George Lass chez son personnage, qui s'explique facilement je suppose (bien qu'on ne puisse pas dire que ce soit un genre de personnage présent dans TOUTES les séries de Fuller, si vous me suivez), et qui rend Jaye extrêmement sympantipathique. La galerie de personnages autour d'elle ne manque pas de couleurs, entre ses parents, sa meilleure amie et son love interest potentiel, mais clairement c'est Jaye qui occupe le devant de la scène, et les éclipse régulièrement.

Cela dit le reste du cast est aussi génial qu'au premier jour. D'autant que quand j'avais lancé la série, à l'époque, c'était uniquement par intérêt envers la présence de Kari Matchett (elle et moi, ça remonte à Invasion Planète Terre... avis aux spectateurs de Ringer, son personnage s'y appelait Siobhan, d'ailleurs, comme quoi ça ne date pas de cette année, ce prénom dans les séries), et quand je vois que depuis, j'adore Katie Finneran (que j'avais été si contente de retrouver dans The Inside, mais certainement pas dans I hate my teenage daughter), évidemment il y a Lee Pace, bref, c'est fou de se régaler devant la liste des noms au générique à présent, avec le recul.

Wonderfalls pose d'abord et avant tout des questions autour de la folie (ce n'était pas vraiment un thème pour George Lass) dans ce premier épisode, et les pensées jetées au détour des excellents dialogues pleins de tonus sont souvent d'une intelligence aigue à ce sujet.
Derrière son cynisme se cache une vraie angoissée, et pourtant le spectateur ne considère pas un seul instant que Jaye puisse réellement être folle, on accepte immédiatement la possibilité que, oui, un lion en cire puisse donner des conseils, ou plus réalistiquement, des ordres, à Jaye ; elle est, avec sa charmante famille, la seule à remettre sa santé mentale en cause, pas les spectateurs. C'est ce double-jeu (parler de folie sans en faire de démonstration trop criante) qui fonctionne pour Wonderfalls et qui permet de rentrer dans son univers loufoque ; on prend à la fois la peur de la folie au sérieux, et en même temps, on est convaincus que tout ça a une bonne raison d'être. Jaye a-t-elle une mission, peut-être d'ordre karmique, à accomplir, afin d'enfin trouver une utilité auprès de ses pairs ? Ou est-il simplement question de se bouger et d'avoir des éléments fantastique pour la pousser à sortir de la vie si peu trépidante avec laquelle elle s'est enfermée avec juste un peu trop d'enthousiasme ? Le pilote se garde bien d'y répondre et laisse la place aux deux possibilités.

C'est un vrai bon pilote, peut-être pas aussi épatant au niveau de la réalisation qu'on pu l'être ceux de Dead Lile Me et évidemment Pushing Daisies, mais en gardant un ton relativement réaliste avec quelques pointes surréalistes, l'épisode accomplit sa mission, celle de nous balancer dans un univers étrange mais pas trop, où les choses peuvent aussi bien appartenir au fantastique qu'au contenu d'un dossier psychiatrique. En gros, c'est par-fait !

Ah, vraiment, d'avoir revu le pilote, là comme ça, je suis encore plus contente de me lancer dans ce revisionnage !

Posté par ladyteruki à 23:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-02-12

Audition (Time 2 Rock)

Permettez que je revienne un peu sur notre SeriesLive Show de vendredi consacré aux séries qui parlent de célébrité, parce que c'est un thème qui revêt énormément d'intérêt à mes yeux.

C'est l'une de mes marottes, depuis quelques années, que de lire des autobiographies de personnes célèbres ; quand je réussis à avoir un peu de budget hors-achats DVD, je suis toujours contente de m'en offrir une, et à vrai dire s'il n'y avait pas la question des finances, je ne serais même pas vraiment regardante sur son auteur (genre je serais même capable d'acheter celle de Sela Ward qui a l'air plus niaise qu'un épisode de 7 à la Maison) (et j'ai regardé 5 saisons de 7 à la Maison).

Si je veux être honnête, je me dois de préciser que les biographies m'importent peu, je les vois plus comme des fictions et je n'aime pas (plus) lire de fiction ; ce que je recherche entre autres dans l'autobiographie, c'est la façon dont la personne va se dépeindre, souvent involontairement, et prendre du recul (ou pas) sur son parcours. La façon dont la personne se dépeint est alors aussi importante que ce qu'elle cherche à exprimer, on est dans un magnifique mariage entre l'être et le paraitre ; il me semble avoir lu le terme de "personal storytelling" pour désigner ce phénomène, si je ne m'abuse.
En prime, j'éprouve une vraie fascination pour un certain nombre de thèmes qui sont alors soulevés, dont notamment la façon dont les gens se construisent hors et dans la célébrité.
Mais comme mon adoration pour A Chorus Line a pu aussi le démontrer, je ne dédaigne pas non plus les chroniques un peu misérabilistes d'années de vaches maigres, et les sempiternelles errances professionnelles quand on commence au bas de l'échelle. Ca fait partie du package que de lire Brett Butler nous raconter comment elle vivait sans argent en passant de comedy club en comedy club, car même si on trouve rarement dans ces passages des observations originales, ils permettent de mieux saisir la réalité des choses.

Du coup, on était vraiment dans un thème qui a toute mon attention, cette semaine ; on nous permet d'explorer plein de choses et qu'avec The L.A. Complex et Smash, on a deux séries en ce moment qui se chargent plutôt bien de nous parler d'un certain nombre de sujets relatifs à ces trajectoires.

AuditionTime2Rock

Dans ce contexte, jusque là, j'avais tenu mes distances avec les blogs de personnes travaillant dans le show business. Principalement parce que, ignorance is bliss, j'en connaissais assez peu (en gros je garde un oeil sur celui de Sherilyn Fenn et ça s'arrête là) mais je n'avais jamais spécialement fait la démarche d'en chercher même si j'ai évidemment eu vent du Masked Scheduler (suite à l'annulation de Lone Star) et que j'avais lu un post d'un showrunner de The Sarah Connor Chronicles qui se rapportait à la fameuse "bulle". Mais disons que spontanément, voilà quoi.
Même sur Twitter, je suis finalement assez peu de célébrités, les parquant en général dans une liste que je consulte une fois l'an.

Mais quelque part entre le hasard de mes préparations de l'émission et des recherches dans le cadre d'un world tour à venir, je suis tombée sur quelques blogs qui ont piqué mon intérêt, et qui cristallisent tout ce qui m'intéresse dans les autobiographies.

Si vous vous intéressez aux VRAIES coulisses de la célébrité, et pas juste aux gossips, je vous recommande notamment The Working Actress. Une fois qu'on a dépassé l'envie de décrypter qui elle est (elle a un rôle secondaire dans un show qui est un hit cette saison), on découvre une chronique globalement honnête, l'anonymat aidant, du quotidien d'une actrice pas super connue, mais qui commence à se défendre.
Plus gaie sur la forme mais incroyablement plus triste sur le fond, il y a The Actor's Diet, où le quotidien d'une actrice américano-asiatique qui ne travaille pas beaucoup et qui explique chaque jour tout ce qu'elle mange, ça vire à l'obsession, même quand elle interview d'autres acteurs (genre Keiko Agena, Daniel Dae Kim...) il y est question de bouffe, de régime... Mais je crois que ça dit quelque chose de très important aussi, tout en évitant le ton de tragédie grecque qu'on pourrait imaginer dans pareil cas.
Un peu plus artificiel (parce que tenu à plusieurs mains, notamment) mais pas moins intéressant : Backtage Unscripted est écrit par des acteurs pour des acteurs et a ses vertus.
Voilà pour mes découvertes récentes.

Cependant, parmi les blogs plus connus, je voudrais attirer votre attention sur ce post de Ken Levine, qui dit aussi quelque chose qu'on a sans doute besoin de savoir sur la pilot season, même si le post lui-même date un tantinet.

C'est sûr, il n'y a pas encore de série qui dise ces choses-là, mais on s'en approche quand même plus avec The L.A. Complex et Smash qu'avec les Hannah Montana et consorts, qui ont fait croire à toute une génération de préados que la célébrité, ce n'était que de l'amusement.

Et si vous avez des recommandations, n'hésitez pas.

Posté par ladyteruki à 20:35 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-01-12

Akai ito

Touch

En dépit de mes bonnes résolutions, il m'est parfois difficile d'aborder une série sans la moindre idée préconçue. Pour moi, l'inconvénient essentiel de Touch, c'était Kiefer Sutherland que je trouve monolithique au possible ; or l'argument majeur de Touch, c'était quand même de ramener Sutherland sur les petits écrans, là où personnellement je ne regrettais pas spécialement son absence.
Si bien que, c'est idiot, mais c'est tout juste si j'avais percuté que le pilote serait diffusé aux USA le soir de mon anniversaire.
C'était en réalité un bien joli cadeau et je m'apprête à vous parler de son déballage aujourd'hui. Tant pis, je dirai du mal d'Alcatraz une autre fois.

Fait aggravant, sur le papier, Touch aurait pu faire partie de cette famille de séries désagréables. Vous savez ? Celles dotées d'un mystère insupportablement étirable à volonté, et de plein de petites trappes en cours de route pour nous donner l'impression qu'on n'a encore rien compris, ce que je déteste et qui aurait tendance à me donner envie de haïr les séries feuilletonnantes, ce qui est un comble quand je déteste déjà pas mal de procedurals.
Loin de moi l'idée de nier qu'il y a un côté assez cosmétique dans certains choix de l'intrigue de ce pilote ; l'utilisation, une fois de plus, et surtout une fois de plus cette saison, du 11 septembre, par exemple, est un brin irritante ; pour moi qui suis intéressée par la popculture japonaise sous diverses formes depuis un quinzaine d'années, et qui me suis donc attachée au pays dans une certaine mesure, je regrette par exemple un certain nombre de clichés sur le Japon, tout comme je regretterais probablement ceux sur l'Irak si je connaissais mieux ce pays (il y en a d'ailleurs un qui m'a un peu fait tiquer) ; et surtout je n'ai pas pu m'empêcher de noter que le pilote de Touch partage avec celui de Heroes la volonté de connecter des gens sur des territoires divers et variés, afin de nous faire adhérer au principe d'interconnexion. On pourrait presque parler de "patte" Kring si son CV avant Heroes comportait la moindre trace de ce type d'éléments.

Mais, pour rester sur l'analogie, le pilote de Touch réussit là où celui de Heroes avait échoué, en essayant de ne pas forcément construire une intrigue un peu artificielle sur le long terme reposant sur du suspense et des questions laissées en suspens. En fait, Touch est moins une série de ce genre qu'une série dramatique reposant sur des éléments fantastiques, en tous cas à mes yeux. Si je devais faire une comparaison, ce serait moins avec les mythologies plus ou moins abouties, à la Heroes, qu'avec le sens des connexions de Six Degrees.

Le pilote de Touch propose, c'est certain, plusieurs retournements de situation destinés à impressionner le spectateur qui n'avait probablement vu arriver qu'une partie des éléments, ou qui ne les tenait pas forcément dans le bon ordre.
Mais le principe de suspense est en réalité vite vicié quand on a vu l'introdudction, reconnu certains visages (parmi lesquels celui de ce bon Titus Welliver que c'est toujours un plaisir de retrouver, série après série, 15 ans après Brooklyn South), et compris le sens général du fameux red thread of fate, une symbolique utilisée dans de nombreuses séries asiatiques, notamment au Japon où un dorama lui doit même son nom, et qui est le plus souvent associée aux sentiments amoureux, trouvant ici une relecture différente mais cohérente. L'épisode ne se fonde pas tant sur ce suspense que sur ce qu'il peut apporter sur ses personnages, à court et à moyen terme.

Du coup, c'est vraiment la tonalité dramatique qui est le mieux mise à son avantage... Kiefer Sutherland arrive même à exprimer une émotion, ce qui est une quasi-révolution !
Les intrigues s'interconnectant ont plus à voir avec l'émotion qu'avec un énorme mystère, un potentiel cataclysme ou une quelconque prophétie auto-réalisatrice amenée à couvrir toute une saison (ou plus). Il n'est pas question ici de dire que Jake a un pouvoir incroyable qui, s'il est détecté et compris, peut sauver la Terre, la Nation, ou qui que ce soit d'autre ; il n'est même pas garanti que ce don le sauve de sa propre condition. Il s'agit plutôt de mettre en lumière quelque chose qui me semble plus subtil : les conséquences que peuvent avoir des personnes sur la vie d'inconnus complets, et Jake en est à la fois le récepteur universel et le déclencheur, un témoin et un embrayage. Je trouve le concept magnifique et porteur de quelque chose de nouveau, et de riche.

Pour moi, à ce stade, le potentiel de la formule de Touch est de nous montrer, moins que les connexions entre les personnages vus dans le pilote, des instantanés de la vie de diverses personnes qui vont être liées pendant 45mn entre elles, d'une façon en apparence minime, et légèrement à Martin et Jake qui vont intervenir de façon quasi-impercerptible afin de participer au grand rouage de la vie (avec l'aide du professeur et de l'assistante sociale). Et puis sans doute, une fois de temps en temps, réimpliquer un personnage qui a compté dans leur vie, comme le pompier, pour faire avancer leur histoire familiale et explorer leurs souffrances respectives.
C'est comme ça que je le sens pour le moment, et le second épisode peut très bien me détromper. Mais comme je suis friande de ce type d'instantanés, du concept du red thread of fate, surtout tel qu'envisagé ici, que la charge émotionnelle me ravit, et que j'ai passé un moment très intense devant ce pilote, pour le moment, comptez-moi parmi les afficionados de la série.

Après Smash, The L.A. Complex, Bomb Girls, Äkta Människor, Apparences, et quelques autres évoqués dans les posts récents, le mois de janvier 2012 est un bonheur sans cesse renouvelé, bourré à craquer d'excellentes surprises et de pilotes renversants. Je pensais sincèrement que Smash serait mon plus gros coup de coeur de la mid-season mais force est de constater qu'on a encore plein de bonnes choses qui continuent d'arriver. Mon petit coeur de téléphage n'est pas configuré pour tenir le choc, donc promis, on parle très vite d'Alcatraz pour équilibrer tout ça !

Posté par ladyteruki à 13:31 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-01-12

Halte aux complexes

Canada, you're on fire !
Après Bomb Girls, et dans une moindre mesure Apparences et Arctic Air, la mid-season s'annonce très convaincante pour les Canadiens. Et si The CW vient d'acquérir les droits de la série The L.A. Complex, c'est parce que la chaîne américaine aimerait être capable de proposer des séries maison de cette trempe et qu'il n'y avait tout simplement pas de question à se poser.

Complex

The L.A. Complex a réussi à capturer tout ce que j'aime dans le mythe hollywoodien, sans aboutir à un résultat qui manque de sympathie ou de "réalisme", et surtout pas de chaleur humaine. Les héros de la série sont, certes, tous frappés du sceau du tout-le-monde-il-est gentil (le côté tout-le-monde-il-est-beau était sous-entendu par le sujet de départ), mais il ne s'agit pas de raconter des parcours qui vont nécessairement bien se dérouler, ou conduire à la gloire, ou rendre heureux. C'est comme ça que j'aime mes histoires sur le monde du show business.

Il y a quelques semaines, je vous parlais de ma déception en réalisant qu'il m'était impossible de trouver une série qui parle de la vie des danseurs comme le fait A Chorus Line. Il y a une danseuse dans The L.A. Complex, d'ailleurs. Mais sans se limiter à la danse, je retrouve dans la série retranscrit plutôt bien l'ambiance que je cherchais dans ce style de fictions ; la somme de travail, d'espoirs, de désillusions, d'échecs que cela représente que de chercher à percer dans cet univers, trop souvent dépeint, dans les séries adolescentes notamment, comme un milieu où comme par hasard on va venir vous chercher parce qu'on a découvert ce que vous valez (parfois alors que vous-même ne le saviez pas !).
Sans pour autant être une série déprimante, sombre et glauque, The L.A. Complex tire admirablement partie des éléments négatifs de la vie de ces jeunes (et moins jeunes). Il en résulte à la fois l'illusion du réalisme et l'impression d'une certaine fraîcheur, puisque l'idée n'est pas non plus de s'écarter trop d'un esprit de camaraderie (typique des séries destinées à cette tranche d'âge) entre les différents personnages.

Peut-être que, dans le fond, le rêve hollywoodien, ce ne sont pas les séries américaines qui peuvent en parler le mieux. Souvenez-vous de The Assistants (ou glissez un oeil dans les tags et prenez un air intelligent) : c'était un peu le même topo. Dans ces deux séries canadiennes, même si la forme varie beaucoup, l'idée reste la même de montrer un envers du décor à la fois sympathique, enjoué et coloré, et de tout de même rappeler ce que c'est que de s'escrimer à survivre dans ce milieu quand on vient de débarquer, plein d'espoirs prêts à se faire écraser.
C'est sans doute un peu sadique de ma part, mais c'est exactement ce que je cherche dans une fiction qui s'apprête à me parler d'un milieu supposément glamour comme peut l'être l'industrie du divertissement.

Oui, peut-être que ce sont ceux qui cherchent à percer à L.A. qui parlent le mieux de ce qu'on peut ressentir quand on est un outsider qui essaye d'entrer dans la boucle hollywoodienne. Après tout, la série est canadienne, et elle ne s'appelle pas The L.A. Complex pour rien.

Et pour ceux qui... eh non.

Posté par ladyteruki à 17:29 - Review vers le futur - Permalien [#]