ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-11-11

Souriez, vous êtes gentils

Comme aujourd'hui, en France, il parait que c'est la journée de la gentillesse (eh bah si ça a les mêmes effets que la journée de la femme, on n'est pas encore rendus), il est de mon devoir patriotique de me plier à la lubie du jour et de ne pas me montrer désagréable.

Vous le savez, il m'arrive, quand une série m'a donné l'impression d'être vraiment pathétiquement merdique, de ne pas hésiter à le dire sur ce blog, en des termes plus ou moins crus, selon mon humeur, et en maintenant un semblant d'équilibre entre le besoin impérieux de vous mettre en garde et l'envie de mettre la série en charpille avec humour.
Mais tout cela n'est pas très gentil, n'est-ce pas ? Aujourd'hui ne sera donc pas l'une de ces journées.

En conséquence, voici une liste de séries sur lesquelles je ne vais pas écrire aujourd'hui, afin de pouvoir rester gentille.
Bones
Frasier
Gossip Girl
Legend of the Seeker
Life's too short
NCIS

The L Word
Tout le monde aime Raymond
Whitn-... Question 2 Hop-hop-hop ! Je sens qu'on dérape, là. Si je dois être gentille, le simple fait d'établir cette liste n'est pas très très gentil, et limite, même, méchant, on peut le dire. Si, on peut. Donc non, pas de liste.
Je vais essayer d'être gentille pour de vrai. Donc je vais trouver des choses gentilles à dire sur l'une de ces séries. Tiens, en voilà une bonne idée.

Ce que j'apprécie dans Gossip Girl, c'est la profondeur des intrigues et le fait que les personnages renvoient aux adolescents qui les regardent une image intelligente et constructive de cette période de leur vie.
Oui enfin c'est pas la journée du mensonge, non plus. Attendez, donnez-moi encore une chance, je suis sûre que je peux y arriver.
Ce que je trouve de bien dans Tout le monde aime Raymond, c'est que la série s'est arrêt-... nan vous avez raison, je sais pas le faire.

Bon bah écoutez, je suis désolée. Pour la journée de la gentillesse, ici, on est fermés.
On se retrouve demain.

SorryWereClosed

Posté par ladyteruki à 19:21 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-07-11

The X Word

C'est en cagoulant mes épisodes de Noah's Arc que je suis tombée sur Exes & Ohs. Encore une série dont personne ne s'est dépêché de parler, et pourtant il s'agit d'une co-prod entre Showcase au Canada et LOGO aux USA, et dont la 2e saison vient de démarrer. Mais faut pas compter sur mes sources habituelles sur le Canada pour m'en parler, apparemment. Vous comprendrez que je fasse un peu la tête de devoir à un hasard total de découvrir une série pourtant pas spécialement confidentielle.

On ne peut pourtant pas vraiment dire que je sois spécialement friande de séries lesbiennes. Déjà niveau séries gay, sortie du pilote de Queer As Folk qui est un absolu classique pour moi (comment ça lequel ? Mais le britannique, évidemment), je n'en regarde pas souvent, d'où d'ailleurs le statut très exceptionnel de Noah's Arc ce weekend (c'était vraiment circonstanciel plutôt qu'autre chose), et pourtant j'aime les hommes. Mais alors des lesbiennes...
Mais enfin, zut à la fin, un pilote reste un pilote et j'aime pas me priver. Vous me connaissez.

Il faut aussi que je vous raconte quelque chose sur une expérience téléphagique traumatisante : le soir où j'ai découvert The L Word. Je n'en parle pas souvent parce que j'ai fait plusieurs années de thérapie pour réussir à occulter ce souvenir. J'avais attaqué le pilote sans idée préconçue, simplement en sachant que les réactions positives avaient été nombreuses. Mais l'étalage de vulgarité avait eu vite raison de moi. Ai-je regardé ce premier épisode jusqu'au bout ? Je le crois mais n'en suis pas sûre. C'était vraiment à la limite de l'écoeurement... Le monde dégageait une aura malsaine ce soir-là, et désormais dans ma tête, The L Word est associée à la folie de ce monde décadent. M'en souviendrai toute ma vie de cette soirée-là ; je l'ai finie, recroquevillée dans un coin de mon lit, en me disant qu'il y a des soirs où le monde est moche.
Alors les séries de lesbiennes, allez savoir pourquoi, mais depuis lors, ça m'attirait encore moins. Déjà c'est pas mon univers mais si c'est pour le retranscrire avec un mauvais goût prononcé, franchement je m'épargne le voyage.

ExesandOhs
Dans ce contexte, Exes & Ohs (parce que XOXO, fallait y penser) se révèle être en fait une gentille comédie rafraîchissante. Certes, après avoir passé ces dernières semaines devant du Single Ladies ou du Noah's Arc, bien que sporadiquement, mes standards avaient quand même bien baissé, mais d'un autre côté je n'attends pas vraiment de révélation ébouriffante dans ce registre amoureux qui généralement a plutôt tendance à me rebuter (la seule romance que je trouve réellement transcendante est celle de Pushing Daisies, et ça tient plus à la réalisation et aux inventions autour de l'interdiction de se toucher, qu'aux enjeux amoureux eux-mêmes et notamment le triangle avec Olive).

Alors Exes & Ohs, dans cette pluie de références, ça se situe où ? En fait, ça m'a fait penser à une version lesbienne de 30 Rock. Dans le sens où, mentalement et physiquement, Jennifer, l'héroïne de Exes & Ohs ressemble déjà énormément à Liz Lemon, et en plus on a une comédie qui s'ingénie à placer cette héroïne dans des situations embarrassantes (mais pas humiliantes) qui la rendent juste ce qu'il faut de pathétique et de sympathique aux yeux du spectateurs.
A cela s'ajoute une galerie de portraits pas lourdingue, puisque les copines de Jennifer sont relativement en retrait (ce qui permet de ne pas avoir trop le temps de se plaindre de leur côté un peu stéréotypé), mais tout de même divertissante et diversifiée.
Et puis surtout, LA bonne idée de la série, c'est le personnage de Sam, qui plus est parfaitement castée en la personne de la ravissante Marnie Alton, une raison à elle seule de devenir lesbienne, fraîche, drôle, ravissante, ah zut je l'ai déjà dit, pétillante, pleine d'énergie et de naturel. Et ravissante.
Jennifer et Sam forment un parfait binôme, un duo à la fois dynamique (les éternels opposés) mais pas trop déséquilibré (si sur le papier, Jennifer serait plutôt genre Charlotte York, et Sam... Samantha Jones, dans les faits ça donne quelque chose de moins radical), et du coup leurs échanges fonctionnent bien.

Exes & Ohs prend aussi le parti pris de ne pas trop se préoccuper de sexe : il ne s'agit pas vraiment d'en parler, et pas plus d'en montrer. Un peu comme Noah's Arc, l'idée est avant tout de parler romance, et le reste viendra ou pas. Il faudrait regarder les épisodes suivants pour s'en assurer (pour le moment, je ne suis pas sûre de le faire, mais j'avoue l'envisager), mais a priori c'est pas une priorité de la série (en fait, MOINS que Noah's Arc qui aimait quand même bien en rajouter dans le eye candy pour gays en manque de gros muscles huilés, d'abdos en acier forgé et de fessiers rebondis ; ici il n'y a pas un nichon qui dépasse, rien). On peut trouver ça niais mais, vu mon expérience avec The L Word, j'étais pas déçue. Et puis pourquoi parler de lesbiennes devrait-il forcément conduire à voir des lesbiennes s'exhiber ?
Voyez, c'est à ça qu'on voit que ce blog est tenu par une femme hétérosexuelle à presque 100%, c'est que pour les mecs ça m'a pas dérangée (bien que les montagnes musculeuses de Noah's Arc ne soient pas mon genre), alors que les lesbiennes pas trop démonstratives d'Exes & Ohs étaient pile ce que je voulais en voir. Ce serait intéressant de savoir ce qu'une femme lesbienne en penserait, ce qu'un homme hétéro en penserait, etc...

Mais enfin, bon, les personnages de Jennifer et Sam dégagent un fort potentiel de sympathie, l'intrigue de ce premier épisode était pas trop mal, et on sent qu'il y a une volonté derrière (clairement affichée par le titre du court-métrage dont la série est inspirée) de parler des règles du jeu en matière de relations sentimentales dans le monde lesbien, puisqu'apparemment le fonctionnement diffère. Et j'avoue que j'étais pas mécontente de tomber sur Heather Matarazzo, quittée il y a quelques jours à peine puisqu'elle était dans les tous derniers épisodes de Roseanne (décidément le monde est petit en ce moment !) dans un rôle qui lui sied parfaitement, même s'il faisait partie de ceux qui étaient peu développés.
Donc bilan positif pour ce pilote, pas de quoi changer la face du monde, mais un bon petit moment. Et puis la première saison ne compte que six épisodes, alors franchement, je pense que la décision va être vite prise. Enfin, j'ai d'autres chats à fouetter, et je pense qu'à un moment je vais avoir besoin d'avoir quelque chose de plus solide à me mettre sous la dent, quand ma convalescence de mon intégrale de Roseanne, justement, sera finie, mais bon. Franchement, je me ferai plus facilement six épisodes de Exes & Ohs que de The L Word.

Faites-moi penser à vous filer le générique à l'occasion, il n'est pas extraordinaire lui non plus, mais il a un petit quelque chose de sympathique qui rend les personnages tout de suite très agréables. Faut que je vous en reparle.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Exes & Ohs de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:46 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-05-09

[DL] The L World

Je ne vous en parle pas souvent mais comme il s'avère que c'est dans la droite lignée de mon post d'hier (et que tout ça va finir en semaine spéciale gay, à tous les coups, si je continue comme ça) et que j'ai le générique, on va pas faire les médisants simplement parce que je ne n'aime pas la série (ou plutôt son pilote, qui a réussi à me dégouter de la série à un tel point qu'elle n'a même pas été ne serait-ce qu'une fraction de secondes dans mon rétroviseur). On va se contenter de dire que le générique, lui, est bon. Eh, faut le prendre avec philosophie, ya des séries qui n'ont même pas ça.

TheLWord
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

L'anecdote qui fait rire (ou pas) : The L Word est diffusé au Japon sous le titre de L no Sekai, soit... The L World. L'abus de L est mauvais pour la santé, à consommer avec modération. Ou en prenant des cours d'anglais.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The L Word de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:24 - Médicament générique - Permalien [#]

11-05-09

Those were the gays !

Woah, attendez, que je sois certaine d'avoir bien compris... il existe quelque part dans l'univers une série gay dont Nakayomi n'a pas encore parlé ? J'ai forcément loupé quelque chose au moment de ma recherche, c'est pas possible.

Alors permettez que je vous présente à Noah's Arc, série américaine de deux saisons, dont à l'instant précis je suis sûre que d'aucuns se demandent comment diable ils ont pu ne pas en entendre parler plus tôt. C'est pourtant une jolie histoire que je m'en vais vous raconter ici, car le pilote de Noah's Arc a été tourné de façon entièrement indépendante (= attention, c'est cheap), avant de remporter un franc succès en festival et sur le circuit indépendant (je ne savais même pas qu'il existait un circuit indépendant pour la télé jusqu'à ce que Wikipedia me le dise) et de finir par se voir offrir une carrière télévisuelle presque digne de ce nom. Presque parce que, bah, je répète, qui ici en a entendu parler ? Normal, reprenons les choses au commencement : qui connait la chaîne LOGO ? C'est bien ce que je pensais.

J'ai attaqué le pilote de Noah's Arc sans a priori : c'est pas parce qu'une série est labellisée "gay" qu'elle est forcément nulle. Je veux dire par là que tout le monde n'est pas Dante's Cove, quoi (d'un autre côté Dante's Cove est sorti en DVD même en France alors, bon, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres à partir de là...).

Mais c'est hélas à ce stade qu'on bascule dans la tragédie, quand ce post se change en mauvaise nouvelle de plusieurs milliers de caractères sur votre écran. Bah croyez bien que j'en suis désolée.
Parce qu'une chose était sûre, en tous cas : c'est que je n'avais pas besoin de Wikipedia pour m'expliquer que la série fait amateur. Notamment au niveau du jeu des acteurs. C'est d'une fluidité assez spéciale, quand même... Non, n'y voyez pas là un jeu de mot. Disons que tout ce petit monde a autant de talent à eux tous à l'écran qu'un ongle incarné de Miley Cirus, ce qui est pas loin d'être la pire insulte que j'aie en stock... Et puis, comme ils sont bourrés de talent, ils sont aussi d'un naturel épatant... ou pas. Car chaque personnage est stéréotypé au possible, et c'est assez vite lassant. Le scénario n'aide pas, je vous l'accorde. Mais les acteurs, ils s'embourbent, les pauvres.

Alors d'un côté, il me faut quand même l'avouer, c'était largement moins chiant que The DL Chronicles (rien à voir avec ce que vous pensez... ni avec ça non plus) qui par rapport, se prenait beaucoup plus au sérieux, peut-être aussi parce qu'un thème commun aux deux séries, l'homosexualité dans la communauté afro-américaine, poussait à un peu plus de militantisme que dans Noah's Arc, qui a décidé de tout simplement nous servir un Sex & the City gay, black, et situé à Los Angeles (donc oui, ça n'a plus grand rapport avec Sex & the City, je l'admets, mais j'ai trouvé la séance de drague sur le canapé assez ressemblante), bref de ne pas chercher à démontrer ci ou ça, dénoncer un problème de société ou un cas particulier de la condition homosexuelle, mais juste de raconter des histoires où tous les personnages sont gays, blacks, et avec des T-shirt fashion parce qu'il faut pas déconner non plus.
The DL Chronicles, on va faire d'une pierre deux coups, était l'occasion de montrer du doigt les hommes qui n'assument qu'à moitié leur sexualité pour de bêtes raisons culturelles, ce qui n'empêchait pas, dans mon souvenir (mais le test du pilote remonte à des mois de cela... cela dit j'ai ptet un générique quelque part, faut que je regarde), quelques léchouilles d'usage dans ce type de fiction. Mais à trop vouloir dénoncer une certaine omerta, The DL Chronicles devenait épouvantablement rasoir avant même que le pilote soit fini, ce qui, dans une série comportant quelques scènes à peu près affriolantes, est quand même désolant. Voilà, ça, c'est fait, comme ça on n'aura pas à y revenir.

D'ailleurs on retrouve aussi la même politique côté sexe que dans la célèbre série de HBO : laaaaargement moins explicite que Dante's Cove, Noah's Arc se contente de pitits bisous mouillés, de torses nus (et épilés, pffff...), et deux trois parties de jambes en l'air surtout pas trop choquantes, alors que bon, c'est pas comme si on imaginait que le public n'ait pas vu la chose venir dés les premières scènes du pilote. Bref, rien d'affolant à l'horizon, bien que je ne sache dire s'il s'agit là d'un bon ou d'un mauvais point pour la série. C'est sûr que ça lui évite de tomber dans le racolage facile, mais d'un autre côté, vu que côté scénario c'est le vide intersidéral, et que les performances d'acteurs ne valent pas tripette, il ne reste plus grand'chose à regarder.

Louable était pourtant l'intention de Noah's Arc de simplement nous divertir gentillement, mais son manque de moyens (conduisant à un casting au rabais, à commencer par l'interprète de Noah qui a VRAIMENT besoin d'une chirurgie des lèvres TTU, car, non, retrousser les babines au lieu de sourire, ça n'est pas du tout sexy quand on se cogne le bout du nez avec) et ses personnages épouvantables exténueront jusqu'au plus courageux d'entre vous. Quoique, quand on s'est tapé les 3 saisons de Dante's Cove, on peut tout tenter. Donc si vous n'êtes pas Nakayomi et sa légendaire ouverture d'esprit sur les séries mal gaulées, faites au plus simple : lisez la fiche Wikipedia, ptet la fiche sur tv.com histoire de, et puis hop-là, considérez-vous éduqués. C'est bien d'être curieux, mais on ne vit qu'une fois, alors ne perdez pas votre temps, en plus attention les yeux, le pilote est double, ça fait 45mn de votre vie que vous ne reverrez pas, moi je vous dis ça, c'est un conseil d'amie, hein.

Au pire, je dois envoyer une salve de fiches à SeriesLive la semaine prochaine, bah, revenez sur le post, et vous aurez un lien vers un condensé de mes recherches, quoi. Voilà, c'est aussi simple que ça. Sauf Nakayomi qui, j'en suis sûre, a déjà lancé les recherches qui s'imposent pendant que je papotais, pour vérifier de ses propres yeux, un vrai Saint Thomas. Sacré toi, va.

Non, mais faut bien avouer quand même : entre Dante's Cove (qui ajoutait au fanservice le fantastique de basse extraction), The DL Chronicles (et son cast morose) et Noah's Arc (avec ses personnages à peine tapettes), on ne pourra pas dire que j'ai pas donné à leur chance à des séries sur le sujet. Autre que Queer As Folk, que tout le monde connaît forcément, mais, pardon : Queer As Folk, ya Aidan Gillen dedans, je peux pas en dire du mal. Oui, j'ai pas l'air comme ça, mais je m'éduque.
Bon, je pense que j'ai fait le tour des séries à thème gay, j'ai d'ailleurs aussi exploré le côté lesbien de la chose avec Nikki & Nora et The L Word, donc on va dire que le sujet est clos jusqu'à nouvel ordre, ok ? A moins que...
Et sinon, qui veut du générique ? J'ai de quoi faire la semaine, là...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Noah's Arc de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:06 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

18-07-08

L'impératif progressiste

Sujet que déjà, je voulais aborder il y a des lustres lors que j'ai abordé la série Les Ahem! du Bonheur (je ne voudrais pas encourager Google à m'amener des gens à propos de cette série !). Pourquoi donc le faire aujourd'hui ? Vous allez vite comprendre que c'est en lien direct avec une série dont je vous ai parlé récemment, ainsi que plusieurs réactions lues çà et là.
Lorsque j'ai lancé cette rubrique Série de valeurs, qu'est-ce que je vous ai dit ? Qu'elle servirait, entre autres, à se demander si on peut regarder une série sans se reconnaître dans les valeurs qu'elle véhicule. Aujourd'hui, je reviens là-dessus, parce que la question s'est posée de façon très frappante avec l'arrivée de The Secret Life of the American Teenager ; mais ce post n'est pas rédigé que pour cette seule série, cela dit.

Quand une série part d'un postulat à connotation vaguement politique, par exemple, nombreux sont les téléspectateurs, surtout français, à n'attendre d'elle qu'un point de vue le moins possible conservateur. J'ai failli dire "de gauche", la bonne blague, la gauche aux Etats-Unis, ça n'existe quasiment pas (et en France à peine plus ces derniers temps...). Mais spontanément, le spectateur français a tendance à être pro-démocrate, et donc progressiste. Et il attend que les séries venues des Etats-Unis le soient aussi, et s'offusque lorsque ce n'est pas le cas.

Pourquoi ?
Pourquoi sitôt qu'un série a le malheur de représenter la frange républicaine de la population (c'est vrai, ils n'ont jamais eu que le dernier mot aux deux dernières présidentielles, après tout, pourquoi auraient-ils une télévision qui s'adresse à eux ?), crie-t-on à la bienpensance ?

Déjà, distinguons deux situations : quand le postulat d'une série s'adresse au public de droite conservatrice, quand il s'adresse au public de droite conservatrice chrétienne.
Si c'est "juste" la droite, le spectateur français encaisse à peu près sans trop ruer dans les brancards. Disons qu'on peut être de droite et ne pas forcément mériter le bûcher. On critique, mais on tolère. Mais adressez-vous à la droite chrétienne, et vous allez voir ce que vous allez prendre ! Le téléphage français fondra sur vous comme un hibou sur une souris imprudente.

Du coup, on a un peu l'impression qu'à entendre ledit public téléphage français, une série se doit d'être la plus modérée possible sur un certain nombre de sujets de société pour avoir ses chances en France. Et surtout qu'elle doit, soit prôner l'athéisme, soit si elle parle de religion, souligner son excessivité (puisqu'évidemment, tout pratiquant est forcément excessif).

Petit Frenchies, what's wrong with you ?!
Vous êtes pour la diversité.... à condition qu'on en exclue les positions d'une partie de la population ? Un personnage est contre l'avortement, et boom, la série est immédiatement taxée de "bienpensante", ou, insulte suprême, de "moralisatrice" ! Encore une fois à confondre laïcité et athéisme, pas vrai ?

Mais d'abord qui vous oblige à appliquer la prise de position d'un personnage de séries ? Pourquoi le prenez-vous comme une critique de votre mode de vie ? On ne peut pas simplement dire que ce personnage a ses propres opinions, qui n'ont ni plus ni moins de valeur que d'autres, et à cet égard, il a le droit de les exprimer dans une série ? Ca ne semble pas acceptable parce que...? Ca vous semble offensant parce que...?
Vous regardez des séries américaines, mais vous refusez d'y voir toutes les sortes d'américains : les conservateurs chrétiens n'ont droit qu'à votre mépris. C'est d'autant plus vrai que dés qu'une série s'adresse directement à eux, elle est souvent qualifiée de naïve ou de prêcheuse, au choix, alors que, qui est naïf ? Celui qui croît à des valeurs chrétiennes, ou celui qui pense qu'une série sur la même longueur d'ondes que la frange la plus conservatrice du public américain ne peut avoir aucune vertu par elle-même ? La série est immédiatement disqualifiée, traitée parfois d'évangéliste, alors que ça ne nous vient pas à l'esprit de dire qu'une série parlant de la vie sexuellement libérée de célibataires cherche à pervertir ceux qui veulent rester vierge jusqu'au mariage, par exemple ! Pourquoi ça ne marcherait que dans un sens ? Pourquoi les séries s'éloignant d'un certain carcan moral sont-elles considérées comme "normales", au détriment des autres qui dissimuleraient forcément une sorte de perversité : soit prosélyte, soit appliquant une vue déformée du monde
Petit Frenchies, êtes-vous aussi arrogants que vos voisins le disent, pour proclamer la supériorité de votre mode de vie ? (lui-même pas aussi uniforme qu'il vous plaît de le penser)

D'abord, expliquez-moi pourquoi on fait des séries féministes (applaudies pour l'image qu'elles donnent des femmes), des séries pour des communautés ethniques (dont on salue la faculté à faire progresser les mentalités), des séries pour communauté sexuelles (qui sont contentes de s'y reconnaître)...? C'est bien qu'on y trouve de l'intérêt, et d'ailleurs, même sans être dans son public cible ! Ou alors affirmez-moi qu'aucun hétérosexuel ne regard The L Word, et qu'aucun blanc ne rit devant Ma Famille d'Abord, et je me tais.
Et maintenant dites-moi pourquoi on ne pourrait pas faire la même chose pour des communautés religieuses, en présentant un ou plusieurs personnages ayant des convictions conservatrices sur la vie, la mort, le sexe, la famille... tout en ayant de l'intérêt pour qui ne partagerait pas ces valeurs ? Hein ? Dites ? Expliquez ? "Ce n'est pas qu'on ne peut pas, c'est que ça ne s'est jamais produit". Aaaaah bon ? Pourtant l'athée convaincue que je suis a su dénicher des épisodes respectables de la série Les Ahem! du Bonheur, il y a quelques temps de ça. On y parlait même (une série de network, s'adressant à cette bonne vieille ménagère, et peut-être même sa smala) de la situation politique en Chine, et de torture. Combien de séries connaissez-vous qui ont abordé le sujet, qui plus est autrement que de façon abstraite ?

Je m'interroge réellement sur les raisons qui font qu'on peut s'autoriser à discréditer systématiquement ce type de séries. Je ne dis pas que j'ai la réponse, juste mes opinions. Ca se trouve il y a de très bonnes explications à pareils comportements, simplement je n'en vois aucune. Ca ne rend pas une série moins bonne (ni meilleure) de piocher dans la culture chrétienne pour ses valeurs ou ses intrigues !
Mon opinion serait peut-être qu'il faudrait parfois songer à s'ôter les œillères qu'on porte. Evidemment, personne ne vous force à vous identifier à une série "bienpensante" à tout crin, mais au moins ai-je envie de vous demander, à l'avenir, de tout de même donner une chance sincère à ces séries. Pourquoi partir du principe qu'elles ne peuvent illustrer qu'un point de vue ? Et quand bien même, pourquoi partir du principe que ce point de vue est mauvais, même si ce n'est pas le vôtre ? Pourquoi décider de réduire votre univers sous prétexte que ces séries-mêmes seraient réductrices ? C'est un peu étrange comme comportement... On ne peut pas partir du principe que toutes les opinions sont valables et méritent qu'on leur donne les laisse s'exprimer dans diverses séries ?

Posté par ladyteruki à 22:38 - Série de valeurs - Permalien [#]


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