ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-12-11

Dodging the bullet

L'autre jour, je ne sais plus où je flânais précisément, mais il s'agissait en gros de la page IMDb d'une série qui n'avait finalement jamais été retenue. Dans les commentaires, quelqu'un posait LA question qui me hante depuis bien longtemps maintenant, à savoir : qu'advient-il du pilote de cette série une fois que le couperet est tombé, et un autre contributeur répondait... attention, les âmes sensibles vont avoir un choc : rien. L'épisode est détruit.
Faisons une pause pour que tout le monde reprenne possession de lui-même.
Moi-même ça m'a demandé quelques minutes, je ne vous le cache pas. J'ai été prise d'un vertige renversant en pensant à tous ces pilotes détruits, introuvables, à jamais disparus, inaccessibles. Du travail pour rien. Jamais de postérité. C'est d'une brutalité qui me donnerait quasiment envie de pleurer, et par quasiment je veux dire que c'est sûr et certain et que je ne refuse pas qu'on me passe un mouchoir, merci.

Dans ces colonnes, les pilotes de type "unsold" ont souvent eu droit à une jolie place, parce que, eh bien, j'aime les pilotes, j'aime les découvertes, et que je ressens un sentiment de perte même quand une série que je ne regardais qu'en dilettante est annulée au bout de 15 ans alors, bon, coeur brisé pour coeur brisé, autant tenter des séries qui n'auront jamais dépassé le stade du pilote. Ainsi, des séries ont été évoquées ici, et je vais les mentionner à nouveau pour que vous puissiez tirer partie des tags : Pretty Handsome, Faceless, Nikki & Nora, Babylon Fields, Prodigy... J'en oublie sans doute. Et j'aimerais pouvoir mettre The Miraculous Year dans cette liste (ah c'était ptet sur cette fiche IMDb que j'étais, tiens, puisqu'on en parle).
La plupart du temps, je regarde ces pilotes invendus parce que, bon, déjà c'est pas poli de refuser un pilote, vous connaissez ma ligne de conduite à ce sujet, ensuite parce que toute découverte est toujours bonne à prendre, qu'il y a toujours quelque chose d'intéressant à trouver dans un pilote et ce même (surtout ?) s'il n'y a pas eu suite, mais aussi parce qu'il faut quand même bien admettre que ça fait toujours plaisir de faire une belle prise, et les pilotes que nous ne sommes pas supposés voir, c'est un de ces trésors cachés qui font aussi du bien à l'ego du téléphage. Soyons honnêtes, hein, il y a une part de "moi je fais partie de la minorité qui a vu" qui fait plaisir ; je ne sais d'ailleurs pas pourquoi je me gâche ce plaisir en venant ensuite vous en faire des posts et vous inciter à regarder aussi, héhé...! Je ne suis sans doute pas assez élitiste à mon goût.

Enfin voilà, tout ça pour dire que le pilote de série non-commandée, c'est un plaisir sur lequel je ne crache pas, jamais. Aussi quelle n'était pas ma surprise de voir la "publicité" autour de 17th Precinct, y compris sur The Hollywood Reporter. La façon dont ce pilote a mystérieusement échappé à la destruction puis, encore plus mystérieusement, trouvé le chemin du streaming puis, mystérieusement toujours, été évoqué par des sites qui d'ordinaires sont suffisamment "sérieux" pour ne pas parler d'épisodes leakés à tous bouts de champs, ça m'a surprise. Je trouve ça intrigant. Comprenez que j'ai de sérieux soupçons quant à la finalité de cette étrange apparition sur internet, dans la joie et l'allégresse de tous, y compris ceux qui d'ordinaire font mine de ne pas avoir remarqué que des videos de ce genre se promènent sur internet. En un mot comme en cent, il me semble que, quelque part, quelqu'un vient de nous donner une opportunité. Petite, fragile, intangible, sans doute. Mais une opportunité. A nous d'être nombreux à nous en servir.

...Si toutefois cela en vaut la peine. On en vient donc à l'objet de mon post : que vaut le pilote de 17th Precinct ?

17thPrecinct
Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous n'ignorez pas que j'ai pris les séries poulardières en grippe il y a plusieurs saisons maintenant. Depuis Les Experts, on a eu le temps de faire trois fois le tour de la question à cloche-pied. Chaque année on a droit à une, deux, trois séries policières procédurales où le héros est un enquêteur-pas-comme-les-autres-qui-a-une-faculté-particulière-pour-résoudre-les-enquêtes, ce qui fait que finalement, ils deviennent tous des enquêteurs comme les autres. On a parfois des pitches plus originaux, ponctuellement, et même de temps à autres des séries policières non-procédurales genre Southland, mais l'impression d'overdose est bel et bien présente et je ne pardonne plus rien depuis environ 5 ans dans le domaine.
Qui plus est, même si j'ai énormément apprécié Battlestar Galactica (je devrais me faire un marathon, tiens, ça me permettrait d'enfin voir la fin), je n'ai pas de tendresse particulière envers ses acteurs. Je suis contente quand je les vois, mais je ne les suis pas absolument. Idem pour Ron D. Moore que je n'en suis pas à considérer comme un Dieu vivant. David E. Kelley, là, d'accord, mais Moore...

Ce qu'il y a de bien quand on ne part pas avec un a priori positif, c'est que ça laisse plein de place aux bonnes surprises.

Le pilote de 17th Precinct commence pourtant assez mollement. Un crime, du sang, l'impression d'avoir mis les pieds dans un procedural comme tant d'autres. Arrivent alors nos deux enquêteurs (James Callis et Jamie Bamber), et la série s'amuse alors avec ses effets spéciaux. Un sourcil levé, l'autre froncé, on attend sans trop savoir sur quel pied danser comment cette histoire de magie ne va pas complètement tout gâcher. Il faut quand même voir que les mecs peuvent reconstituer le déroulement du crime dés les premières minutes du pilote, donc ça laisse circonspect dans un premier temps. La chose n'est pas facile à gérer, mais elle est brillante en réalité. Car quand arrive l'équivalent du coroner dans le monde de 17th Precinct, et que Tricia Helfer se la joue mi-Charmed, mi-Pushing Daisies (croisement contre nature s'il en est, pourtant), on découvre que la richesse de l'univers de cette série va justement lui permettre de respirer vis-à-vis des codes du procedural, tout en profitant de la popularité du genre.
Par-dessus le marché, outre les trois transfuges de Battlestar Galactica, on va retrouver Eamonn Walker (Oz !) dans la peau d'un commissaire de police doté d'un don de vision, Stockard Channing (évidemment restée dans les mémoires téléphagiques pour A la Maison Blanche) dans le rôle d'une vétérante qui va devoir prendre en charge une jeune recrue particulièrement prometteuse incarnée par Matt Long (The Deep End)... Le casting est précieux, les idées excellentes se succèdent. Elles parviennent à mêler à la fois des éléments conventionnels de la série policière telle qu'on en a bouffé ces dernières années, tout en apportant définitivement d'excellents twists. Mais attendez, n'allons pas trop vite. Il va se passer plusieurs minutes pendant lesquelles le pilote va lentement établir chaque personnage, sans trop en dire toutefois. C'est un passage un peu lassant car on va vite comprendre que l'intérêt de la série ne réside que très partiellement dans ses personnages.

C'est une fois tous ces personnages introduits que la bascule s'opère véritablement. On entre alors dans ce monde étrange grâce à l'instauration simple, rapide, mais nette, d'une véritable mythologie, tout en donnant l'opportunité à "l'enquête du jour", ainsi qu'à "l'enquête secondaire" (toutes deux des classiques de la structure d'une série procédurale), de dévoiler les étrangetés de l'univers de 17th Precinct. Les deux affaires utilisent, sans être trop tape-à-l'oeil, les propriétés de ce monde où toute chose est régie par la magie.
On comprend que le fonctionnement de la vie de chacun, au quotidien, est différente, à Excelsior (c'est le nom de la ville, ç'aurait donné un bien meilleur titre de série d'ailleurs). Il y a quelque chose d'assez mystique, d'ailleurs, dans la façon dont la magie est perçue à la fois comme utile et sacrée ; c'est presque animiste et cela se ressent sans être trop explicité, avec énormément de subtilité. Petit-à-petit, on commence à prendre la mesure des rouages de cet univers où la magie est à la fois quelque chose en quoi l'on croit, et que l'on utilise. Et on comprend que les valeurs de cette société s'en trouvent modifiées (comme l'indique les verdicts des procès montrés ou mentionnés dans l'épisode). Ce n'est pas juste une façon de dire, "ah ouais, pour changer on va faire de la magie", il y a réellement une sorte d'éco-système qui se construit pendant ce pilote.

Quand on pensait avoir plutôt bien pris ses repères dans l'univers de 17th Precinct, c'est là qu'on est frappé par un ultime retournement de situation, fou, incroyable, puissant, et terriblement cohérent avec ce que nous dit le pilote depuis ses premières images, pourtant. La mythologie, lentement mise en place par le truchement du personnage d'Eamonn Walker, commence à prendre un sens différent, déjà. On regarde Matt Long avec des étoiles dans les yeux (et pas uniquement en raison de la couleur de ses pupilles) et on attend de grandes choses de Stockard Channing.

Soudain, là, à cet instant, le souffle coupé, on se rappelle que 17th Precinct est un pilote "unsold".
Je ne nierai pas qu'il y a une part de frustration à l'issue du visionnage de ce pilote. Mais il y a une part de satisfaction intense à l'idée d'avoir vu un pilote plus que solide. Pas génial, mais carrément bon, quand même.

On ne m'ôtera pas de l'idée, pas avant un bon moment en tous cas (le temps me donnera tort, ou raison, ou tort), que la sortie de ce pilote, à un moment où plein de monde peut le voir, sur des sites de streaming où il pourrait être retiré et où il ne l'est pas, repris par des sites d'information sur le milieu de l'audiovisuel sans la moindre protestation des ayant-droit, a une raison d'être.
Peut-être que 17th Precinct a encore une chance d'éviter la mise à mort. Peut-être que nous pouvons nous aussi exercer un petit tour de magie. Peut-être que cette fois, nous avons ce pouvoir. Juste peut-être.
Pour certains pilotes "unsold", l'effort n'en vaut pas la peine. L'espoir n'a pas lieu d'être entretenu. Mais j'ai aimé le pilote de 17th Precinct et je ne pense pas être la seule. Et si vous le regardez, il ya de grandes chances pour que vous l'aimiez. Pour que vous en parliez. Pour que vous twittiez quelque chose à l'intention de @nbc. Pour que... Qui peut dire ? Un monde où la magie existe... ça en fait, des possibilités.

Et pour ceux qui... Eh bah non. Du coup.

Posté par ladyteruki à 19:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-07-11

En petite vertu de la loi

Crownies

"When I first came here, you advised me to have a glass of champagne every night, so I could have a glass after a case without it looking like a celebration. Because prosecuting isn't about winning or losing, you said, we're not representing the victim, we're not obliged to feel for the victim or feel we have to give our best for them, but we do, David. We do."
(Janet King, Crownies - 1x01)

Si comme moi, vous êtes coutumier des legal dramas, Crownies ne vous surprendra pas vraiment. Je comprends pourquoi ABC1 en a commandé directement 22 épisodes : ça se mange sans faim ! Le produit est parfaitement calibré, la formule a été testée et approuvée par le passé, il n'y a, à vrai dire, pas tellement d'enjeu (et du coup je m'explique mal les audiences très tièdes de son lancement).
Mais on ne regarde pas toujours une série pour son originalité. En fait, il y a des tonnes de séries qu'on regarde tout en sachant qu'elle empruntent des sentiers balisés, et pour autant on ne les trouve pas moins agréables. C'est le cas de Crownies, qui rappellera de nombreuses séries du même genre, parmi lesquelles The Deep End, à la différence notable qu'on a ici affaire à des procureurs et non des avocats travaillant en cabinet.

La structure est donc la même : un groupe de jeunes (et bien-sûr beaux) procureurs se lance dans le métier, et en apprend les avantages et les inconvénients au fil de leurs expériences. Fort heureusement, le poncif du "j'arrive dans mon nouveau boulot" nous a été épargné, et nos jeunes sont déjà bien intégrés dans les bureaux du procureur lorsque commence le pilote, qui suit la journée précédant le pot de Noël du bureau (je vous avoue que même en travaillant dans le public, jamais je n'ai vu un pot de Noël à thème comme celui-là ; je commence à me dire que j'aurais dû passer les concours de la magistrature, plutôt). Se mêlent donc des préoccupations décontractées, des répliques amusantes et des taquineries entre collègues du même âge, et les véritables cas légaux auxquels nos jeunes (et nos moins jeunes) sont confrontés.

De ce côté-là, on est un peu dans la demi-teinte. La répartition est très irrégulière dans le premier épisode, bien que s'arrange avec le deuxième (c'étaient en effet deux épisodes qui étaient proposés pour la soirée de lancement ; en l'absence d'une séparation nette entre le deux, je vais donc traiter dans ce post des deux épisodes).

Ainsi, c'est surtout la belle rousse Erin qui est au centre des attentions scénaristiques avec deux affaires similaires que son mentor l'encourage à ne pas mener au procès. Mais la rouquine a encore un petit coeur qui bat sous sa peau de porcelaine (ai-je mentionné que la créature en question est un ravissement pour l'oeil ?) et elle persiste malgré tout. Le côté idéaliste de la jeune femme est assez classique mais donne une touche humaine aux intrigues, ce qui fait plaisir vu le ton badin de beaucoup d'autres axes du pilote.
Les autres affaires sont assez rapidement survolées, entre Ben qui se voit confié un dossier très important et top secret, mais dont le contenu sera vite balayé par le scandale entourant le trajet du dossier lui-même (en fait, c'est l'axe que va emprunter, à ce qu'il semble, une bonne partie de la saison, l'occasion de donner aussi de bonnes scènes au personnage de Janet, cf. citation ci-dessus), Lina qui bosse sur une affaire touchante mais qui touche à sa fin (la plaidoirie a eu lieu avant le début du pilote, on est en attente d'un verdict), et Tatum dont je ne suis pas certaine d'avoir compris à quoi elle sert sinon être blonde et ravissante.
Par contre, si l'on en sait peu sur le déroulement des dossiers de Richard dans un premier temps, on a droit à une suite de petites scènes très touchantes mettant en exergue la difficulté que c'est pour lui de devoir faire de la paperasse sur des affaires glauquissimes. On ne le verra pas les traiter, les plaider, les régler ni quoi que ce soit, on n'est même pas sûrs qu'il fasse autre chose que remplir des cases (le passage devant un juge se fera, par contre, pour le 2e épisode, avec un dossier n'ayant rien à voir, et ce sera un epic fail de toute beauté), par contre l'accumulation de dossiers ignobles est très bien rendue. Richard, épuisé, supplie qu'on lui donne autre chose que des crimes sexuels, n'importe quoi. "De la drogue, pourquoi pas ? J'adore la drogue !" s'exclame-t-il en espérant en finir avec les plaintes pour viol et inceste. Le pilote lui donne assez peu de scènes, ce qui souligne son tempérament doux, effacé et raisonnable, mais ces petites touches sont un plus considérable pour présenter à la fois le personnage et les réalités de la profession.

Alors après, je ne vous le cache pas, il y a un peu de fesses. Et encore, moins que ce que le trailer laissait présager. C'est vraiment le côté le moins agréable de la série, qui donne l'impression que les histoires de coucheries devaient être explicitées un peu plus souvent qu'à leur tour pour plaire au public (je ne serais pas étonnée si c'était en fait le truc qui avait refroidi le public, pas forcément habitué à ça dans une série légale). Non que ces scènes soient épouvantablement explicites (même s'il y a un peu de racolage dans la façon de profiter de la plastique impeccable de Tatum, et dans une moindre mesure Erin et Lena), mais enfin, voilà, ça fait un peu remplissage grossier pour faire jeune et hype et attirant.
Je n'en ai pas vu l'intérêt, même dans le cadre du fameux axe tournant autour du dossier qui ne doit pas sortir du bureau du procureur (et qui bien-sûr va se retrouver dans la presse). Je me fiche un peu de qui couche avec qui, surtout dans le cas de Lena où vraiment j'ai pas compris du tout l'intérêt de la scène. Et si untel couche avec unetelle, la drague est tellement évidente en amont (cf. Ben, Julie et le bonobo ; regardez, vous comprendrez) que c'était pas la peine de montrer après que ces deux-là avaient concrétisé tant c'était évident. C'est en ça que la gratuité a tendance à titiller les nerfs ; j'espère qu'on se passera de ces scènes à l'avenir maintenant qu'on a compris les dynamiques (notamment du côté de Tatum où on n'a vraiment pas besoin qu'on nous mette le nez dessus pour percevoir ce qui se passe), mais j'ai comme un doute.
Je vous rassure, ça ne baise pas non plus dans tous les coins, mais ça manque de subtilité, voilà tout.

Dans la légèreté ambiante de la série (l'omniprésence de Tatum, alors que concrètement je n'ai aucun souvenir de l'avoir vue bosser dans aucun des deux épisodes, et l'arrogance permanente de Ben, y contribuent fortement), le drame est donc exploré avec prudence. Et après tout ce n'est pas plus mal : il ne s'agit pas de jouer les montagnes russes. Bien que j'aime beaucoup quand une série légale nous offre des moments bouleversants dans une affaire, je dois reconnaître qu'il est plus équilibré de ne pas partir dans du drame trop sombre vu la tonalité générale des autres scènes. D'un autre côté il n'y a pas de gag à proprement parler non plus, pas de gros délire, pas de bizarrerie incroyable ; c'est vraiment de la dramédie pure, parfaitement à mi-chemin. On apprécie ou pas, mais il n'empêche, c'est plaisant d'avoir su trouver le ton juste.

Certains personnages sont donc plus appréciables que d'autres, plus approfondis que d'autres, plus agréables visuellement que d'autres (plusieurs des acteurs sont des anciens, même de façon fugace, du soap Home and Away ; alors après c'est vrai aussi que l'interprète de Ben était dans Cloudstreet, ça n'augure en rien de leur talent, mais enfin les moches courent pas les couloirs du bureau du procureur, quoi)...
Rien de révolutionnaire dans la série Crownies, c'est certain. Mais un légal drama agréable, porté par un cast sympathique et une écriture qui n'a pas à rougir, ça fait toujours plaisir.

Je ne sais pas encore si je tiendrai la longueur (j'ai tendance à avoir de plus en plus du mal avec l'âge), et donc j'ignore si je regarderai Crownies au rythme de sa diffusion ; récemment j'ai eu un peu de mal à continuer Winners & Losers pour cette raison. Je préfère mes séries australiennes avec une douzaine d'épisodes, que voulez-vous ? Mais ça ne retire rien à son plaisant mérite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Crownies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:02 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-03-10

F*ck me, I'm anonymous

Vous avez toujours rêvé de travailler à Hollywood ? Même si ce n'est que pour rester dans l'ombre des plus grands ? Histoire de voir enfin l'envers du décor par vous-même ? Quitte à acheter le PQ de votre idole ?

The Assistants va vous en faire passer l'envie. Et comme ce n'est pas la série que vous regardée en premier cet été quand elle est apparue sur la chaîne du câble The N (qui depuis a déjà eu le temps d'être rebaptisée TeenNick, je suis la seule à avoir du mal à suivre ?), je me suis dit qu'un post La preuve par trois ne serait pas du luxe.
Je m'efforce même de regarder des séries canadiennes maintenant, je suis en net progrès...

TheAssistants___1
D'abord et avant tout... oui c'est la gamine qui jouait une surdouée dans un vieil épisode de Stargate SG-1. Avec quelques années de plus, comme votre don d'observation vous aura poussé à le remarquer.  Et quand je vous dis que c'est le visage qui m'a semblé le plus célèbre de tout le pilote, je pense que vous comprenez mieux pourquoi vous n'aviez pas entendu parler de The Assistants plus tôt. Au juste, je ne sais pas trop si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Évidemment, on serait sur un network, je trouverais honteux qu'on n'ait pas réussi à boucler le moindre petit guest. Même Action! et son ton corrosif avaient réussi quelques belles prises, alors bon... Mais ça peut aussi être vu comme un avantage étant donné que cette vue du monde de l'industrie cinématographique est éloignée des stars et des paillettes ; c'est d'une autre population qu'on parle ici, ceux qui ont les mains dans le cambouis jusqu'au coude, et qui ne fréquenteront jamais le gratin. Enfin, à la vue de ce pilote, on l'imagine bien comme ça disons.

TheAssistants___2
J'ai beaucoup aimé cette storyline -bien plus que celle de la petite nouvelle qui doit accomplir une tâche impossible dés son premier jour- parce qu'elle est à la fois très réaliste sur la hiérarchie du milieu, et très fantaisiste dans son déroulement et sa conclusion. On se dit qu'une telle méprise, si elle devait éventuellement se produire, ne durerait pas cinq minutes, mais ici, c'est le cas, et finalement c'est la plus belle prouesse de l'épisode, on y croit sans y croire un instant.
Le personnage de l'assistante un peu bitchy avec les dents qui rayent le parquet n'est pas très nouveau en soi, des nanas comme ça on en a des douzaines chaque année (on en parlait encore il y a peu pour The Deep End), mais l'ambition dévorante de Rigby fonctionne bien, et j'avoue que je ne saurais expliquer au juste pourquoi. Peut-être tout simplement parce qu'on s'attend à ce que l'univers du cinéma ne soit pas peuplé de naïfs petit Bisounours comme Gillian, mais plutôt de personnages peu scrupuleux à toutes les marches de l'escalier de la gloire. C'est résolument le meilleur personnage de la série si j'en crois le pilote (je n'ai pas encore décidé si je regarderais la suite).

TheAssistants___3
Beaucoup de scènes de cet épisode consistent principalement en des scènes humoristiques (ou, parfois, essayant de l'être) mais complètement déconnectées du contexte. La mini-intrigue avec le message du répondeur est par exemple sans intérêt. Cela dit, c'est pire encore pour le 4e assistant qui est totalement inexistant et n'est là que pour un malheureux numéro de drague à deux balles, et encore, totalement avorté.
D'ailleurs la séparation entre les personnages est tellement consommée qu'on se demande un peu comment et pourquoi tout ce petit monde décide de sympathiser dans l'ultime scène du pilote, alors qu'il était évident d'une part, que les quatre assistants étaient plus ou moins en concurrence, et d'autre part que personne ne s'était adressé la parole de tout l'épisode ou quasiment. On a un peu l'impression que tout n'est pas décidé dans ce premier épisode : amis ou ennemis ? Un peu des deux et on verra plus tard.

Alors bon, je ne vais pas vous mentir, et vous l'aurez d'ailleurs deviné, The Assistants ne commence pas sur les chapeaux de roue. Et s'avère un peu trop consensuel pour être qualifié de bijou méconnu, c'est clair. Mais justement. En décidant que, bon, on peut parler de Hollywood sans tout de suite sortir le vitriol et le fouet, bref en s'adressant à un public préférant le divertissement à la satire, la série fait aussi un choix, celui d'utiliser un univers donné, mais pas trop, pour faire passer un bon moment. Tout simplement.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... ah bah v'là autre chose.
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Posté par ladyteruki à 21:27 - La preuve par trois - Permalien [#]

19-02-10

New high or new low ?

Les opinions restent partagées au sujet de Life Unexpected. Tantôt c'est l'ennui blasé qui domine ("ça n'a pas déjà été dit à l'épisode précédent, ça ?"), tantôt c'est l'attendrissement bon enfant ("oh, Baze est vraiment trop puéril..."). Quand je lis des reviews, la série ne réunit que sur un point : c'est pas révolutionnaire.
Mais sur le reste, c'est plus flou.

Un reproche que je lis souvent est qu'on nous sort systématiquement les violons avec l'enfance pas jouasse de Lux. Et il faut reconnaître qu'il ne se passe pas un épisode sans qu'on nous rappelle que sa vie était trop dure avant, un coup de "tu t'rends pas compte c'est la première fois que j'ai des parents", une louche de "je veux juste essayer d'être normale pour changer", etc... Je conçois totalement que ce soit un peu usant alors que ça ne fait que 5 épisodes que la série sévit. Et pourtant, je m'inscris en faux.

En suivant les tags, vous verrez que j'étais relativement tiède au moment du pilote. Mais, de la même façon qu'on se contente d'un The Deep End par les temps qui courent, j'ai continué à regarder Life Unexpected. Et vous savez pourquoi ? Justement pour ça. Parce que Lux en a bavé et qu'à chaque épisode, il y est fait mention.

Pour moi c'est justement une force : ne pas avoir fait des 16 premières années un prétexte cantonné au pilote, mais d'en parler encore et encore, parce qu'il y a un réel traumatisme chez l'adolescente, et que c'est ce qui préside à toutes ses actions. Si dans le prochain épisode, il n'y est pas fait mention, là je commence à m'inquiéter. Parce qu'on est dans une série de la CW et que je me dirais qu'on a basculé dans quelque chose de trop gentillet, d'irréparablement niais. Tant qu'on parle, même brièvement, de l'enfance en foyers de Lux, je considère que la série fait son travail de garder les pieds sur terre. C'est ce qu'on attend d'elle, que Life Unexpected propose quelque chose de plus en prise avec le réel que la plupart des autres séries de la chaîne. Du jour où elle arrête, elle perd sa seule spécificité.

En fait, ça pose la question de ce qu'on attend d'un drama comme celui-là.
Dans une série peu feuilletonnante comme le sont la plupart des dramas policiers et pseudo-policiers du moment (au fait, prenons quelques secondes pour nous réjouir de l'annulation de Past Life !), évidemment, le problème ne se pose pas. Dans des séries avec des orientations définies, comme en ce moment Lost ou Dexter, avec des résolutions d'intrigues à l'horizon, il n'y a pas cette préoccupation non plus, les objectifs sont ciblés, on y arrive un épisode à la fois.
Mais un drama comme celui-ci ? Concrètement, qu'espère-t-on ? Depuis le début, il ne s'agit pas de poser les bases d'une intrigue qui va se démêler progressivement, mais juste de donner les éléments d'une situation dans laquelle on va voir évoluer les personnages. On attend donc des personnages qu'ils soient explorés en long, en large et en travers, et on teste leurs réactions à diverses situations, au fil des épisodes, essentiellement dans ce but. En cela, Life Unexpected se rapproche plutôt de la dynamique d'un dorama, où on se contrefiche pas mal de l'histoire et où il s'agit surtout de dresser des portraits humains auxquels le public s'identifie et/ou s'attache.

Mais voilà, les spectateurs n'adhèrent pas forcément à ce genre de séries. On a probablement un peu oublié ce que c'était que ces séries-chroniques, il faut le dire franchement. Les séries dont Life Unexpected est considérée comme l'héritière proposaient déjà pas mal ce genre de choses, mais on l'a dit, elles avaient quasiment disparu des écrans, on pensait leur race totalement éteinte et Life Unexpected, avouons-le, n'est pas toujours aussi convaincante, mais elle se place dans la même logique.

Or, il y a les spectateurs qui adhèrent au concept du "lâchons les personnages dans une situation donnée et faisons un bout de chemin avec eux" (concept qui implique nécessairement qu'on passe et repasse sur les actes fondateurs de leur personnalité, comme ici les expériences en foyer malheureuses de Lux)... et ceux qui préfèrent savoir où on va, et pas la peine d'approfondir trois ans le personnage pourvu que l'intrigue avance. Mais je ne suis pas du tout convaincue qu'il faille attendre de Life Unexpected ait une intrigue. Et je trouve que dans son genre, elle s'en passe plutôt bien.

BazeUnexpected

Il suffit de voir à quel point le personnage le plus réussi de la série à ce jour, celui de Baze, en fonctionnant sur le même principe que celui de Lux, en remet une couche à chaque épisode sur son vécu, et s'est ainsi enrichi incroyablement avec les épisodes. On passe, on repasse, et on rerepasse sur son côté immature, et on réalise que le personnage est un peu plus dense à chaque fois. Comparativement, c'est justement ce qui manque à Cate (enfermée dans un rôle prédéfini et qu'on se garde bien de regarder de trop près), et c'est ce qui en fait le personnage le plus chiant du trio principal.

Donc voilà, concrètement, le nœud du problème de Life Unexpected. Problème qui donc à mes yeux n'en est pas un : tout le principe de la série, c'est de détailler ses personnages épisode après épisode. Et la découverte de détails passe par l'exploration des éléments de départ de ces personnages.
Mais ça ne plaira pas à tout le monde, de la même façon que Life Unexpected, avec sa manie de clôturer ses épisodes de façon un peu sirupeuse (au point de préférer nous laisser sans nouvelle de Bug à la fin de l'épisode 5, plutôt que de ne pas finir sur un happy end), n'est pas destinée aux cœurs les plus endurcis et aux obsédés de l'intrigue à rebondissements.
Il faut juste savoir dans quoi on s'embarque !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life Unexpected de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-02-10

Métempsycose

Oh dites donc, vous tombez à pic. J'étais justement sur le point de parler de la nouvelle série de CBS, Past Life.

PastLife

Comment ça, "ça ne passe pas sur CBS" ? Mais si. Ah mais j'insiste. Vous voulez des preuves ? OK, passons donc en revue les critères pour qu'une série de 45mn soit diffusée sur CBS :

Intrigues policières  
Check
Postulat étayé de façon plus ou moins scientifique  
Check
Équipe d'enquêteurs avec le quota de jeune, vieux, belle blonde...
Check
Absence de scénario au profit d'un pitch déclinable à l'envi  
Check

Après ça, ceux qui insisteront pour dire que Past Life est une série de la FOX seront de mauvaise foi.
Quoique, je vous le concède, avec ses Bones, ses Fringe et ses Lie to Me, on a bien compris que la FOX, à l'exception de Glee, n'est capable que de diffuser des ersatz de CBS.

Il faut le reconnaître, Past Life est d'une banalité navrante dans le contexte actuel. Inutile d'espérer. La série se conforme à tous les codes du genre policier en vogue en ce moment : les deux personnages antagonistes comme partenaires, le truc qui fait qu'ils ne résolvent pas les enquêtes comme tout le monde (pour certains c'est un don d'observation, pour d'autres la capacité à déceler le mensonge... bah eux, c'est la réincarnation), les flashbacks (très important les flashbacks, surtout à l'ère de Lost, c'est devenu un passage obligé), etc.
Il y a 10 ans, Past Life aurait peut-être eu une chance de plaire, mais aujourd'hui on n'en a plus rien à carrer d'une telle série ; on vomit le pitch, on régurgite les personnages, on gerbe la dynamique générale.

Alors parlons-en, de réincarnation, parce que c'est vraiment de ça dont il est question ici.
C'est comme si aujourd'hui, les séries n'étaient achetées par les chaînes que lorsqu'elles parviennent à mélanger le plus possible d'éléments familiers au spectateur : alors, on revisiterait des évènements du passé, comme dans Cold Case, il y aurait deux enquêteurs principaux qui n'ont pas du tout le même avis sur la réincarnation, comme dans X-Files, et ils enquêteraient, comme dans toutes les autres séries qu'on sort depuis 10 ans, merci encore Les Experts, merci beaucoup.
C'est plus un pitch, c'est une recette de cuisine.
Et comme toute recette de cuisine, même en suivant à la lettre, le résultat n'est pas garanti. Ni sur le plan qualitatif, où le manque d'âme se ressent cruellement (ironique dans le cas d'une série sur la réincarnation...), ni sur le plan quantitatif, puisque les audiences, d'après ce que je vois, ont été désastreuses. Eh bah c'est bien fait. Continuez à nous sortir de séries de ce genre, et je continuerai de militer pour la déculottée. C'est du foutage de gueule et rien d'autre.

J'ai failli m'étrangler quand le personnage sceptique (bah oui, qui d'autre ?) commence à envisager que la réincarnation ne soit pas pure foutaise (mais que reste-t-il pour les autres épisodes ?), et sort cette phrase : "It's like you spend your whole life playing this game and suddenly someone changes the rules" (merci à LiveDash qui fournit d'ailleurs des transcripts, ça m'a évité de devoir regarder à nouveau l'épisode pour écrire cette phrase moi-même). Prise dans le contexte de la télévision, cette sortie fait rire jaune.
Il serait temps que quelqu'un change les règles du jeu, au contraire.

On en a marre. Moi en tous cas j'en ai marre, pas vous ? C'est juste honteux de continuer à ressuciter les scripts et nous fourguer ça quand des perles ne voient jamais le jour, ou se font annuler. Hein, Faceless, hein ? Où est passée la commande de Faceless pendant ce temps, par exemple ?

Alors une fois, juste une fois, est-ce qu'on peut arrêter d'invoquer les esprits des pitches complètement morts, et essayer de faire quelque chose d'un peu nouveau ? Pas étonnant que finalement, je me contente en ce moment de séries comme The Deep End. Toute étincelle de vie scénaristique, la plus petite soit-elle, est bonne à prendre en comparaison de ces pâles zombies de séries policières.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Past Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-02-10

127 millions de consommateurs

Ah, l'idéalisme des jeunes gens qui entrent dans la profession juridique...!
Hein ? Quoi ? Non. Non-non rassurez-vous. Ceci ne sera pas un deuxième post sur The Deep End cette semaine. J'ai pitié de vous. Non, à la place, je vais vous parler de série nippone.
Ah, tiens, étrange, il ne reste plus qu'un lecteur...?
Nan mais arrêtez, les gars. J'ai pas encore parlé de série asiatique en Février, quoi, zut à la fin ! Revenez et cultivez-vous, c'est un ordre !

Je m'apprête en plus à vous parler d'une série qui a commencé en janvier au Japon, Tokujou Kabachi!!, dont si vous vous souvenez, j'avais déjà un peu causé. Tokujou Kabachi!! occupe la case horaire délaissée par JIN et, je vous prie de le croire, c'est un sacré défi. Et pour s'éviter des problèmes, la série a simplement décidé de ne rien avoir en commun avec son prédécesseur. Rien.

TokujouKabachi

Tokujou Kabachi!! se propose donc de suivre les déboires d'un notaire-conseil, le genre qui remplit la paperasse juridique pour vous quand vous avez eu un petit litige de rien du tout. Mitsuhiro, c'est son nom, est l'un d'entre eux, et son intervention permet à ses clients d'éviter de bien fâcheuses expériences, tout en ne passant pas par la case tribunal. Un rôle idéal pour ce défenseur du faible, ce chevalier en armure prêt à secourir la veuve et l'orphelin.

En toute logique, cet idéalisme forcené s'apprête à être salement malmené au cours de la série, et les réjouissances commencent dés le pilote, où l'on s'assure que notre petit gars va bien retenir la leçon : un bon notaire est un notaire vicelard. Au menu : d'abord, Mitsuhiro va se faire dépecer vivant par son opposante dans une affaire, ensuite, son mentor lui-même va lui asséner une claque magistrale (au propre comme au figuré). Sous la pluie, pour ne rien arranger.

Contrairement à The Deep End ou Hokaben, oeuvrant dans le même créneau, il ne s'agit pas ici de partager le douloureux parcours initiatique du héros, mais d'en rire voire carrément de s'en réjouir. D'ailleurs dans l'histoire, Mitsuhiro a plus l'air d'un abruti fini que d'un notaire à qui je confierais mon dossier, il faut le dire. Abruti ascendant Bisounours, même.

Au contraire, son adversaire, la glaciale Misuzu, nous tire quelques sifflets admiratifs. Afin de prendre la mesure de son talent (qui n'a visiblement d'égal que son absence de scrupules), le pilote nous propose de faire sa connaissance de façon ludique, avec une première affaire n'ayant rien à voir avec Mitsuhiro, histoire de se faire plaisir. Misuzu s'y montre à la fois brillante et redoutable. C'est impressionnant et l'objectif est atteint, le personnage parfaitement brossé.
A la suite de quoi, les scénaristes reprennent leur Mitsuhiro et le jettent en pâture à la cynique notaire, et là, on se marre un peu moins parce que franchement, elle a beau jeu de la lui faire à l'envers, rapport au fait que le gars, je l'ai dit, est quand même un abruti fini.

Le mérite de Tokujou Kabachi!!, c'est avant tout de ne pas prendre son sujet au sérieux. Procédé également connu sous le nom de "c'est n'iiiiimporte quoi !". Musique loufoque omniprésente, effets un peu grossiers, couleurs dans tous les sens, acteurs surjouant constamment (à l'exception de Maki Horikita qui campe une Misuzu toute en nuances), rythme effréné... Le pilote e Tokujou Kabachi!! assume totalement son ton de comédie, c'est un festival. Une façon assez futée de ne pas avoir besoin d'être trop pointu sur les subtilités juridiques, en passant, mais au moins le divertissement marche à plein régime pour qui apprécie la comédie grosses tatanes.

La vraie bonne idée de ce pilote, c'est de ne pas avoir cherché à boucler l'affaire qui oppose Mitsuhiro et Mizusu à la fin du temps règlementaire. Mitsuhiro perd un premier round, soit. C'est prévisible mais totalement cohérent vu le profil des deux combattants. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et ça fait un peu plaisir, quand même, de voir se développer ce fil rouge fait de revanches et de retours à l'envoyeur.

Globalement, il n'y a pas grand-chose de plus à retirer de ce premier épisode.
Éventuellement, très éventuellement, on pourra picorer çà et là quelques petits détails sur le système juridique nippon, rien de fascinant pour le spectateur occidental, mais pourquoi pas. Après tout, Tokujou Kabachi!! ne va aborder des points de droit que très anecdotiques au regard des grandes problématiques abordées dans la plupart des séries se déroulant dans un tel univers, comme les compensations et dédommagements divers, le remboursement de dettes, les possibilités de rétractation pour un achat...
Initiative amusante à ce sujet : des questions (vraisemblablement tirées d'un quelconque quizz édité par 60 Millions de Consommateurs) sont posées à plusieurs reprises ; l'idée, c'est que les téléspectateurs y répondent par téléphone, et que le gagnant est appelé une fois le pilote fini, par les deux acteurs principaux, en direct ! Il a alors le privilège de les avoir directement en ligne, et de gagner quelques menus cadeaux. Une façon sympathique de la part de TBS d'essayer d'augmenter les audiences, décourageant ainsi les fans des acteurs (extrêmement bankable par ailleurs) d'enregistrer leur épisode pour le regarder plus tard... ou pire, de le télécharger. 'Zont le mérite d'essayer, ces Japonais.

Bilan, Tokujou Kabachi!! n'est franchement pas une série incontournable. On est loin de JIN, comme vous le voyez. Mais si vous cherchez un divertissement presque totalement décérébré sur un thème d'ordinaire pris très au sérieux, la Justice, alors la série est probablement faite pour vous.
Moi, j'ai regardé le pilote entre midi au boulot, ça m'a vidé la tête complètement, c'était finalement pas si mal. Et c'est après tout une qualité qui en vaut une autre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tokujou Kabachi!! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

10-02-10

Profond, profond... n'exagérons rien

Vous connaissez ma blague préférée sur les avocats ? J'ai déjà dû vous la citer mais qu'importe, elle est vraiment de circonstance quand on sait que ce post va parler de The Deep End.
Un bateau coule avec 100 avocats à son bord, que reste-t-il ? ...Un immense espoir.

TheDeepEnd

Les avocats et moi, c'est une longue histoire d'amour, et je ne saurais dire exactement quand et comment elle a commencé. Mais pour sûr, ça fait plus d'une décennie que c'est la lune de miel. Ah, les heures passées devant Ally McBeal, The Practice ou encore L.A.Law ! S'il n'était pas si laid et si instable, David E. Kelley serait probablement mon héros. Autant les flics, ça me gave, autant des avocats, il n'y en a jamais assez dans ma télé. Pis si je continue à cagouler activement comme je le fais, un jour j'en rencontrerai peut-être un en vrai ? Ahem.

Alors oui, bon, d'accord. Toutes les séries avec des morceaux d'avocat dedans ne me font pas forcément de l'effet. On se souviendra par exemple du désastre Raising the Bar, j'ai eu du mal à aller au bout du pilote et parfois j'en fais encore des cauchemars.

The Deep End ne part pas d'un pied particulièrement original, looooooin de là : il s'agit de montrer les premiers pas dans le métier de quelques jeunes avocaillons à peine sortis de l'université, intégrant un prestigieux cabinet. Bon ça va, on les connait, hein. Il va naturellement y avoir l'idéaliste, celui qui a les dents qui rayent le parquet (ici, c'est une jolie blonde riche), la petite chose discrète... A un moment, couleurs de cheveux à part, j'avais l'impression d'assister à un mélange entre Code Blue (pour la brochette de newbies stéréotypés) et Hokaben (pour le contexte, et encore plus le cas pro bono).
C'est une nipponohile convaincue qui vous le dit, en toute amitié et le plus cordialement du monde : quand on compare une série japonaise avec une série américaine, c'est bien ; l'inverse est par contre mauvais signe. Très mauvais signe. Un corbeau mort sur le pas de votre porte est un meilleur présage, en gros.
Donc le pilote commence et je me dis : "aïe, c'est mal barré".

Les poncifs s'accumulent, mais chose curieuse, l'ennui ne plane pas. Raison numero uno : le cast. Très bon cast. Billy Zane, qui fait son Billy Zane. Clancy Brown, qui a vieillit mais tient encore bien la distance. Matt Long, faut le nourrir ce petit, il a bien mérité son steak. Etc, etc, etc. Raison numero duo : un excellent rythme. C'est un peu surfait en apparence, mais en tous cas il n'y a pas la moindre scène pour meubler. Ça va vite, ça va très vite, on va pas passer la nuit sur la présentation des personnages mais on va pas zapper la question non plus, alors mettez votre ceinture et accrochez-vous parce que dans 45mn, vous maîtrisez la question et attention, yaura une interro sur table la semaine prochaine.
En quelques minutes, celui qui passait pour l'ange de la petite bande démontre qu'il peut mentir sans ciller à une veuve, le petit con qui fout son pénis partout fait preuve d'une honnêteté quasiment à toute épreuve, la bitchasse blonde a un gros problème œdipien et, ô merveille, la petite chose toute timide démontre dés le premier épisode qu'elle en a dans le pantalon. Bref ça bouge, les personnages ne sont pas totalement unidimensionnels, c'est bien foutu.

Alors évidemment, The Deep End, ce n'est pas The Practice. Les dilemmes moraux et les interrogations des petit loupiots ne vont pas vous fendre le cœur ou remettre quoi que ce soit en question. On n'est pas dans ce type d'exigence. Non, concrètement, The Deep End sera un bon divertissement, voire éventuellement un très bon avec de la chance (mais il lui manque peut-être un petit quelque chose pour le moment, un truc qui dit "hé, j'ai une personnalité bien à moi" comme les hallus d'Ally McBeal ont pu le faire), et ça ne va pas plus loin en ce qui concerne le pilote. Mais enfin, c'est pas pour autant qu'il faut bouder son plaisir. Même si la fin de l'épisode fait redouter que les coucheries prennent plus d'importance qu'il ne faudrait (attention à l'épidémie de grezanatomisme !), ce premier épisode est prometteur. Ce qu'il promet ? Une détente qui ne soit pas abrutissante. C'est bien, déjà !

Pour tout vous dire, arrivée à cette période de l'année où la plupart des nouveautés de la saison sont déjà sorties (pas toutes heureusement), j'ai jugé qu'il était salvateur de revoir mes standards à la baisse. C'est pas franchement la meilleure raison de regarder une série, mais actuellement, en trouver une tout court relève parfois de l'exploit...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Deep End de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:05 - Review vers le futur - Permalien [#]


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