ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-02-13

Jour sans fin et voie sans issue

En tant que téléphages, nous sommes habitués à considérer qu'il est impératif qu'il arrive quelque chose aux personnages des séries que nous regardons ; assez peu de place est faite, à bien y réfléchir, à de simples chroniques, et moins encore à des oeuvres purement contemplatives. Les séries où il "ne se passe rien", ou si peu, sont pourtant, sur un plan dramatique et/ou esthétiques, très réussies, encore faut-il avoir la patience de les suivre. C'est presque, d'ailleurs, un défi, que de trouver cette patience, tant nous sommes conditionnés à attendre du rythme, des retournements de situation, du grand spectacle narratif ; et pourtant, la récompense est immense si on prend le temps de simplement observer des personnages dans leur milieu naturel.
Une fois de temps en temps, ces séries-là font un bien fou ; c'est la raison pour laquelle j'avais, d'ailleurs, adoré The Café, son goût pour l'observation des gens et des choses simples, son rythme très lent et sa photographie apaisante. Je ne m'en remets pas que la sortie du DVD passe son temps à être reculée, d'ailleurs, elle était quand même supposée sortir initialement en même temps que celui de Threesome, et je n'en peux plus d'attendre la saison 2 ; ça sent mauvais ou c'est une impression ?

Demain, la chaîne Eurochannel diffusera le premier épisode de la mini-série anthologique Prosperity, un ovni en quatre parties diffusé en 2007, largement salué dans son pays natal, l'Irlande, et nommé dans la catégorie mini-série à l'occasion du Festival de Monte-Carlo en 2008 (elle a perdu au profit de la mini-série américaine John Adams, forcément qui peut lutter contre une série de HBO qui a déjà reçu des Emmy Awards et des Golden Globes...?).
Mais fort heureusement, il est d'ores et déjà possible de découvrir le premier épisode sur Dailymotion, et puisque la série est proprement introuvable sans cela, inutile de dire que je ne me suis pas fait prier pour faire une entorse à ma règle d'éviter le streaming comme la peste, et je me suis donc mise devant le pilote de Prosperity.

Prosperity

Et comme je vous le disais en préambule, Prosperity est dans une démarche purement descriptive. Son principe ? Suivre quatre personnages, chacun n'ayant a priori rien en commun, pendant une seule journée, à raison d'un personnage par épisode (sachant qu'évidemment, ils vont plus ou moins se croiser pendant cette journée).

Le premier épisode est consacré à Stacey, une adolescente de 17 ans qui a un bébé de quelques mois, Lorna, et qui va passer l'épisode à... tuer le temps. Elle vit dans un bed and breakfast un peu miteux où logent de nombreuses mères célibataires, dont elle est obligée de sortir en journée, et n'a rien d'autre à faire que de trainer au centre commercial du coin en attendant de pouvoir réintégrer sa chambre. En-dehors de ça, c'est tout. Ah, si, de temps en temps, elle va collecter ses allocations, ou bien elle retrouve une copine... La vie de Stacey n'a rien d'enviable, donc.
A expliquer, ce n'est évidemment pas glamour ; à regarder non plus à vrai dire. Le concept de Prosperity laisse assez peu de place à une intrigue fascinante, et son intention n'était de toute façon pas là. Nous allons suivre la laborieuse journée de Stacey, au contraire, et non pas attendre qu'il lui arrive quelque chose mais plutôt attendre qu'elle ressente quelque chose, qu'elle exprime quelque chose. N'importe quoi.

Il faut dire qu'on a affaire ici à une adolescente à la fois blasée et meurtrie, qui a eu un enfant très jeune avec son petit ami (Dean ; nous aurons la chance de faire sa charmante connaissance pendant l'épisode), qui a quitté le domicile de sa mère, n'entretient pas non plus de relations avec sa soeur aînée, bref, qui a toutes les raisons de s'être endurcie, d'avoir pris de la distance avec tout et tous, et qui trimbale sa poussette pendant toute la journée absolument sans but, sans attache... sans avenir.
Le ton froid, hâché de ce premier épisode est percutant ; il nous emmène dans un monde où il n'y a pas d'espoir, pas de lendemain. Pour Stacey, chaque journée ressemblera, à peu de choses près, à celle-ci. Il n'y a rien à espérer de l'avenir, il n'y a qu'à attendre l'heure de rentrer dans la chambre, le jour où on pourra toucher les allocs, le moment où on pourra aller boire une bière, peut-être. Stacey s'exprime par monosyllabes, désabusée, cassée, et pourtant pas vraiment triste ; il faudra attendre la fin de l'épisode pour lui extirper une confession. Mais ça n'empêche pas ce premier épisode de Prosperity d'être poignant, bien au contraire ; cette journée sans fin est terriblement émouvante, parce qu'on prend conscience de quelque chose dont Stacey est parfaitement au courant : rien ne peut vraiment lui arriver. Elle vit, fantômatique, dans une zone où elle existe sans exister, où elle fait des rencontres et où en même temps tout glisse sur elle. C'est un peu moins d'une heure à expérimenter en sa compagnie et, dans le fond, c'est important de prendre le temps de mesurer cela.

Car dans le fond, c'est de cela que veut parler Prosperity. De tous ces anonymes sans avenir qui se croisent dans un quartier populaire, qui ont perdu une guerre qu'ils n'ont même jamais menée. Eurochannel explique que Prosperity, filmée avant la crise, est une sorte de signe avant-coureur de la fin du miracle économique irlandais, mais les protagonistes de Prosperity, on les croise dans plein de villes d'Europe, dans plein de banlieues ou de quartiers populaires, ils n'ont rien et n'auront jamais rien, crise ou pas crise. Et ils le savent.

Les prochains épisodes de Prosperity ne raconteront pas nécessairement la même apathie, mais, on peut le sentir à travers les pistes données par cet épisode, ils raconteront d'autres formes de désillusion. Ce n'est pas forcément très drôle, mais c'est aussi ça, la fonction d'une série dramatique.
Si ça m'est techniquement possible, e serai sans faute devant les trois autres épisodes, je ne manquerai l'immersion pour rien au monde.

Posté par ladyteruki à 23:58 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

14-04-12

La vie, tout simplement

Depuis quelques mois, j'essaye d'être plus rigoureuse dans la planification de mes objectifs téléphagiques. Comme je réagis essentiellement aux coups de tête et aux coups de coeur, il faut parfois une vigilance soutenue pour ne pas bêtement se laisser emporter par une découverte ou une nouveauté qui pourrait me faire mettre de côté certaines séries. Et alors que la saison actuelle est pour moi une corne d'abondance de ravissement, comme j'ai déjà pu vous le dire, il s'agit aussi de ne pas se reposer sur les acquis (notamment avec la tendance que j'ai à revoir certains épisodes ou certaines scènes qui m'ont énormément plu). Bref, d'essayer, dans ma fringale constante et ma tendance à la monomaniaquerie, de trouver le moyen d'être raisonnable.
Et il me semblait déraisonnable de n'avoir pas vraiment donné leur chance à la plupart des séries britanniques récemment. A part Pramface, je n'ai le souvenir d'en avoir tenté aucune de ma propre initiative ; et on m'en a recommandé chaudement plusieurs pour lesquelles j'attendais en quelque sorte le bon moment.

Pour Call the Midwife, le bon moment est venu. Et s'est prolongé sur 6 épisodes incroyablement bons aussi, un bonheur ne venant jamais seul.

Midwife-Title

Call the Midwife commence avec l'arrivée d'une jeune sage-femme dans le quartier de Poplar, dans l'Est de Londres, peu après la Seconde Guerre Mondiale. Mais le terme de "quartier populaire" ne commence même pas à décrire l'état dans lequel se trouve cet endroit surpeuplé. Si les vêtements et les débris ne nous indiquaient pas que nous sommes dans l'après-guerre, on croirait que la série se déroule au début du siècle : la pauvreté est partout, dans le monde ouvrier de Poplar, entassée dans des bâtiments délabrés dont les cours et les rues sont baignées par la brume du port voisin.

La formule de la jeune recrue qui arrive, innocente et encore pleine d'illusions, est un grand classique des pilotes, et la voix-off est un autre procédé sur-utilisé de nos jours ; mais étrangement cela fonctionne très bien dans ce contexte. On a sans doute un peu besoin, nous aussi, d'apprendre à nous familiariser avec Poplar, et d'ailleurs je confesse une ignorance absolue quant à l'état du Londres d'après-guerre. Le portrait qui est fait de l'endroit est à vrai dire saisissant. En fait, on aimerait y passer plus de temps, et parfois même (sacrilège !) sacrifier quelques unes des minutes accordées à d'autres angles pour mieux comprendre l'histoire de nombreux habitants de Poplar. Évidemment, Call the Midwife n'est pas là pour nous parler des traumatismes de la guerre ou de l'après-guerre, mais pour nous parler de sage-femmes et donc de femmes enceintes, de bébés, de pères... cependant certains aspects de la vie de tout ce petit monde m'étaient tellement inconnus que j'aurais aimé en savoir plus. Les workhouses, notamment, évoquées à plusieurs reprises, ont piqué ma curiosité sans vraiment la rassasier ; tout ça va finir sur Google, à n'en pas douter, mais il n'empêche, j'aurais apprécié que la série explore plus ces sujets.

La raison en est simple : si les premiers épisodes (notamment en répétant dans le deuxième épisodes la formule du "nouvelle arrivant") trouvent un juste équilibre entre les cas médicaux/sociaux rencontrés et la vie des infirmières, la série prend progressivement la fâcheuse habitude de passer de plus en plus du temps dans la vie privée de ses héroïnes, ce qui forcément rogne un peu sur le reste. C'est le seul blâme que j'aurai à adresser à Call the Midwife : s'attacher à ses protagonistes principales au point d'en oublier parfois sa vocation première.
Pour autant, il est des personnages dont on a du mal à ne pas dire du bien de bout en bout, même quand la série s'attarde un peu trop dans leur vie privée. Camilla, alias Chummy, en est le plus frappant exemple. Portée par une Miranda Hart qui trouve le moyen à la fois d'être totalement fidèle à elle-même et de se transcender, la sage-femme Chummy est émouvante, drôle, et capable d'une évolution incroyable pour un personnage qui n'est présent que pendant 5 épisodes (sur une saison qui n'en compte que 6). Le mérite en revient autant à l'écriture qu'à l'interprétation, mais le travail conjoint des deux fait de Chummy un héroïne cent fois plus attachante que ne peut l'être Jenny Lee, pourtant narratrice.

Les rues de Poplar Miracles de la vie Comment donner de la noblesse à un tear-jerker Jenny Lee, héroïne un poil austère L'un des rares aspects feuilletonnants d'origine médicale Poplar, ce quartier riant

Mais si j'ai l'air de médire çà et là, ne croyez pas que je sois déçue. En réalité, j'avais envie que Call the Midwife parle plus des cas rencontrés et de la vie à Poplar, tout simplement parce que quand la série le fait, c'est avec le plus magistral brio. Dans ce quartier où la population semble livrée à la pauvreté, la maladie et la crasse, on a l'impression d'être à la croisée de deux mondes : la première moitié du siècle, consacrée aux guerres, se termine, et le progrès peut reprendre. La médecine et la couverture sociale apportent énormément à de tels endroits, et on assiste aux balbutiements de leurs bénéfices pour les plus démunis. La série va, en de nombreuses reprises, attirer notre attention sur le paradoxe de l'exercice des professions médicales à Poplar : on y manque de moyens, mais on y fait résolument de grands progrès tout de même dans le soin apporté notamment aux femmes.
Ainsi Call the Midwife va nous parler aussi bien de l'amélioration des chances de survie des prématurés, des débuts de la contraception, ou encore d'avortement, mais sans jamais en faire de la matière à une démonstration ou l'objet d'une quelconque revendication.
Comme les nonnes de Poplar, Call the Midwife se garde bien au contraire de porter le moindre jugement. C'est d'ailleurs incroyablement reposant. Les histoires ne se finissent pas toujours bien : on fait avec ce qu'on a. Et on n'a pas grand'chose. Mais qu'elles se finissent dans le bonheur ou la tragédie, on y trouve toujours quelque chose de profondément humain. Il faut dire qu'on garde en permanence à l'esprit (peut-être de par les uniformes et les décors, sans doute aussi à cause des chants) qu'on est dans un contexte très religieux. Mais religieux dans le "bon" sens du terme, dans son expression quotidienne ; il n'y a aucune forme de prosélytisme dans cette série. Pour l'athée que je suis, c'est probablement la religion la plus agréable à la télévision : celle qui ne s'invite pas de votre côté de l'écran, mais qui offre un contexte, un mode de vie et de pensée, qui apportent une sorte de beauté paisible à la série.

Dans cette atmosphère parfaitement sereine, les séquences médicales, principalement les accouchements, deviennent presque choquants. On dit souvent que quand un homme en voit un autre se prendre un coup dans les parties, il a immédiatement l'impression de partager sa douleur ; je crois que j'ai ressenti quelque chose de similaire pendant les accouchements de Call the Midwife. Sans être très graphiques (bien que plus que la plupart des fictions dans lesquelles j'ai pu assister à un accouchement ; le juste milieu est trouvé avec une précision incroyable), ces scènes parviennent à retranscrire à la fois la difficulté de l'exercice pour la sage-femme, et la douleur de la patiente.

Midwife-Pramfaces

Il y a quelque chose de parfaitement sincère et humble dans Call the Midwife, quelque chose qui relève de l'excellente narration mais aussi de l'infinie tendresse un peu contemplative qu'ont certaines séries pour les simples choses de la vie ; ou quand prendre le temps de parler d'Histoire à travers une multitude d'histoires anonymes devient un art.
C'est une qualité qu'on ne retrouve totalement, d'après mon expérience, que dans les fictions de deux pays : la Grande-Bretagne et le Japon. Il doit y avoir quelque secret, caché sur le sol de ces deux pays îliens, qui leur donne le don de rendre le quotidien tellement palpable et télégénique. Dans l'attention portée aux histoires, dans l'affection palpable aux protagonistes, dans le sens aiguisé du détail, dans le choix des musiques ou dans les dialogues, se loge une qualité qu'on ne retrouve que dans des séries britanniques et des dorama. Entre The Café et Shinya Shokudou, il y a la moitié d'une planète, et pourtant une parenté énorme, partagée par Call the Midwife.

Et du coup chaque épisode est l'occasion d'une émotion permanente. Chaque instant est à la fois simple, réaliste, et en même temps terriblement touchant ; parfois parce que c'est triste, parfois parce que c'est joyeux, très souvent parce que c'est quelque chose entre les deux. J'ai passé quasiment chaque minute avec les larmes aux yeux ou roulant sur mes joues, il était impossible de faire autrement et je n'ai même pas eu envie de les refouler.

Midwife-Promo

On regarde Call the Midwife comme on écoute sa grand'mère raconter des anecdotes : les coudes posés sur les genoux, le visage lové dans le creux des mains, les yeux rivés à l'écran et avec un petit sourire fasciné. Et les pommettes humides, donc.

Posté par ladyteruki à 17:16 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-04-12

Wait for it

La patience n'est pas mon trait de caractère le plus proéminent. Disons-le comme ça. En revanche, j'ai une nette propension à la monomaniaquerie.
De ce fait, actuellement (et ça empire depuis depuis une semaine) il y a une chose à laquelle je pense absolument chaque jour que le Dieu de la Téléphagie fait : acheter le coffret DVD de House of Lies. C'est vraiment le coffret DVD que je veux absolument acheter en ce moment. Pour me faire une intégrale, d'une part. Et pour le posséder, aussi, soyons clairs.
Non parce qu'on peut dire plein de choses des DVD : qu'on les achète pour prouver qu'on soutient la série, qu'on n'est pas que des téléchargeurs, parce qu'on a très envie de regarder une vieillerie qu'on ne voudrait pas oublier, ou parce qu'on veut se préparer à l'arrivée de la saison suivante, mais il existe un motif bien moins avouable. Les téléphages sont très matérialistes.

Oh, eh, non, hein, pas de ça avec moi, comme si j'étais la seule à avoir quelques DVD pas déballés dans ma collection, achetés par pur appât de la possession matérielle.
Enfin, non, je n'ai plus de DVD sous blister... je les ai tous ouverts au moment de mon déménagement, parce que je savais que les amis qui m'aidaient à bouger et/ou qui venaient à ma crémaillère allaient regarder ma collection et poser des questions. Mais vous voyez très bien ce que je veux dire. On les veut, on les achète, et puis...? Et puis il y a toujours autre chose à regarder.
Soyons clairs : je parle de téléphages, de passionnés, de gens qui ont toujours envie de plus. Pas du type qui a adoré Twin Peaks, qui va acheter le coffret et se faire une joie de le déballer, le regarder rapidement et le ranger ensuite, puis retourner vaquer à ses occupations. Je vous parle de ceux qui ont une pile "à regarder" à côté de leur écran, une véritable corne d'abondance en réalité.
Et ceux-là achètent, même si ce n'est pas pour regarder dans l'immédiat, parce qu'ils veulent posséder le DVD. Ca n'arrive pas systématiquement, mais ça arrive.

C'est pour moi le cas de House of Lies actuellement. Je pourrais me faire l'intégrale par un autre moyen, c'est clair. Mais en réalité je veux le DVD pour aucune autre raison que le fait que je veux l'avoir entre mes mains.

Waitforit

Problème. Pour le moment, Showtime n'a pas annoncé de coffret DVD pour House of Lies. Ca peut se produire bientôt. Ca peut ne pas avoir lieu avant des semaines, des mois. Peut-être même que quand l'annonce va enfin paraitre, elle portera sur une sortie dans près d'un an. Après tout c'est bien ce qui s'est produit pour le DVD de Game of Thrones qui est sorti juste avant la saison 2. Et ne me lancez pas sur les cas Threesome et The Café.
J'avoue que je ne comprends pas encore très bien les différentes stratégies en matière de sorties de DVD. Probablement parce que j'avais plutôt l'impression qu'il n'y avait pas de règle en la matière tant les choses semblent erratiques.

De mon point de vue, il est infiniment plus logique de sortir le coffret le plus vite possible après la diffusion de la saison incriminée. Genre à J+7, en attendant que la VOD ait porté ses fruits, mettons. Ou éventuellement le mois suivant, imaginons, si jamais la production du DVD requiert je ne sais trop quel travail complémentaire... comme les bonus, éventuellement ? C'est vrai que je ne regarde jamais les bonus mais peut-être que pour enregistrer les commentaires, tout ça, il faut le temps de se retourner ; bon, accordons-leur jusqu'à un mois pour peaufiner le tout, même s'il n'est pas interdit d'imaginer que cela s'est fait, en prévision, avant la diffusion du final de la saison.
Mais pourquoi certaines séries ont cet honneur et pas d'autres ? Qu'est-ce qui semble si handicapant ?

Ce serait quand même infiniment plus logique, parce qu'au moins, le spectateur est dans le feu de l'action ; la saison vient de s'achever, on imagine qu'il l'a aimée (sinon il n'achètera pas le DVD, de toute façon), son enthousiasme est gonflé à bloc, il en a parlé autour de lui et veut peut-être même montrer les épisodes à son entourage... Au nom du ciel pourquoi le faire attendre ? C'est le moment où le fan de la série est le plus irrationnel ! Quel genre de business font tourner ces gens qui ne prennent pas avantage d'un fan irrationnel, au juste ?!

Cannell_TheComeback

Je me doute bien ; il n'y a pas des masses d'autres explications. Mais c'est tellement absurde.
Encore, pour une série dont on n'est pas certains de la ramener, quand on en est encore à négocier ou même à se tâter en relisant les courbes d'audience, bon, la prudence est compréhensible. Mais pour une série déjà renouvelée, il n'y a pas de raison d'hésiter : la sortie devrait être automatique à l'issue de la diffusion, histoire de traire la vache à lait autant que possible. Ce devrait être AU-TO-MA-TI-QUEUH. Après tout, si quelqu'un veut acheter le DVD dans 6 mois, libre à lui ! Alors que dans le cas inverse, il n'y a pas d'option.
Mais ça se trouve il y a une véritable bonne raison derrière tout ça. Autre que : "je profiterai de la promotion de la prochaine saison pour marketer le coffret DVD parce que je suis cheap". Dans le fond, je ne suis pas experte en marketing, je vois les choses uniquement du point de vue de l'acheteur (et un acheteur un peu particulier, comme je le précisais plus haut) ; on peut estimer que c'est le point de vue qui compte, que le client a toujours raison, qu'on nourrit tout ce petit monde quand même nan mais ho, que la loi de l'offre devrait suivre la demande, etc... mais je comprends que ce point de vue ne soit pas universel.
Et puis ça a marché pour Game of Thrones après tout ; ou comment une série qu'on a tous eu envie de cagouler dix fois pendant son absence fait des ventes du tonnerre de Dieu juste quand commence sa deuxième saison...

Alors en attendant, bah je vais dépenser mon argent ailleurs, bien-sûr, la Terre ne cesse pas de tourner et mon portefeuille de se vider. Mais c'est tellement absurde de devoir attendre. Qui peut dire si dans 6 mois, j'aurai envie d'acheter le DVD de House of Lies avec le même empressement ? Dans 6 mois, il peut s'être passé tant de choses. Tant d'autres DVD peuvent pointer leur nez. Tant d'autres coups de coeur...
Il y a plein de séries comme ça : sur le coup je me promets de les acheter, elles me manquent déjà, je me repasse des épisodes et/ou des extraits, ou bien j'ai envie de les montrer ; et puis quand sort le DVD j'ai dormi depuis et j'oublie d'aller l'acheter. Si je fais un effort de concentration, je peux par exemple avoir le coffret d'Outsourced qui me revient en mémoire. Tout un été d'attente, c'est très long en téléphagie, surtout quand la rentrée arrive et qu'une série en remplace une autre...
Pourquoi tous ces gens de l'industrie de l'entertainment pensent toujours qu'on n'a qu'eux à l'esprit ?

Mais non, il faudra que je surveille les annonces, que je retienne la date de sortie, que... Rha j'vous jure, hein, faut vraiment être persistant pour faire les choses légalement.

Posté par ladyteruki à 07:16 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

10-02-12

lady's world tour - Escale n°2

Parce qu'il se passe des choses tous les jours dans le monde, le world tour revient pour une deuxième session cette semaine.
Mais aussi parce que, admettons-le, il y a parfois des infos qu'on laisse passer. Ce fut mon cas par deux fois, l'un bien moins excusable que l'autre, et voici donc la séance de rattrapage... Mea culpa, mea maxima culpa.

IlTredicesimoApostolo

- ITALIE : doux comme les scores d'un apôtre
On peut se risquer à dire que c'est une réussite : Il Tredicesimo Apostolo ("le 13e apôtre") a achevé mardi soir sa diffusion triomphale. La série en 12 épisodes, proposée par Canale 5, a réuni plus de 6,6 millions d'Italiens (ça nous fait 24% de parts de marché, ça se défend quoi). C'est certes un peu moins que le pilote (7,5 millions de spectateurs, 26,4% de parts de marché), témoignant d'une petite baisse d'intérêt de la part du public en cours de route, mais les taux d'écoute étaient remontés à l'approche du final, et ça reste donc un bon score. Du coup la chaîne a rapidement annoncé la mise en chantier d'une deuxième saison ! Lancée le 4 janvier dernier, Il Tredicesimo Apostolo, diffusée en hebdomadaire (mais à raison de deux épisodes à la suite), est une série fantastique dans laquelle un religieux enquête sur des évènements étranges pour déterminer s'ils sont avérés et s'ils relèvent du domaine du miraculeux.

- GRANDE-BRETAGNE : une deuxième tournée de café
C'est quand même l'une des deux bonnes nouvelles de la semaine au Royaume-Uni en ce qui me concerne : The Café va avoir une deuxième saison ! C'est sûr, on ne parle pas d'une série dont tout le monde cause (dommage pour ce tout le monde qui passe à côté), mais c'est quand même une vraie info qui fait plaisir, tant The Café est un ovni au rythme, au ton et à la narration à part. La série reviendra avec 8 épisodes, soit deux de plus que sa première saison diffusée à la toute fin de l'année 2011 sur Sky1. Il semblerait cependant que notre retour à Weston-super-Mare ne soit pas prévu avant 2013.

- GRANDE-BRETAGNE, the joy that keeps on giving : et de 4 !
Si vous avez entendu un cri de joie, c'est normal. Comedy Central UK a confirmé la mise en chantier d'une saison 2 pour Threesome (mais, précise-t-on, sans changer le titre en Foursome). Et ça c'est quand même super super super youpi chouette, non ? En gros, mes deux coups de coeur britanniques de la fin 2011 se voient pourvus d'une saison 2, donc bonheur. Tatatatata, je ne veux rien entendre sur "oh mais la première saison se suffit à elle-même", c'est une bonne nouvelle, point barre. Merci à Jo (que j'avais convertie à la saison 1) de me l'avoir fait remarquer, parce qu'en plus j'avais pas vu la news passer. Dans la même veine, j'en profite pour le préciser parce que je ne l'avais pas remarqué non plus, la série sortira en DVD... en novembre prochain. C'est la presque bonne nouvelle du jour, disons.

InDeriva
- ROUMANIE : deuxième saison en thérapie
Intéressant, et qu'est-ce que vous ressentez ? În Derivă, adaptation locale de BeTipul (qui a déjà donné In Treatment aux USA ou encore In Therapie aux Pays-Bas), est la première commande originale pour HBO Central Europe, dont la chaîne roumaine est l'un des avatars locaux. La petite soeur de HBO est actuellement en plein boom, et tente de diversifier son offre. Il faut quand même admettre que la présence de HBO dans ces pays leur permet déjà d'accéder au catalogue HBO dans des délais record (là en ce moment, il y a déjà du Luck, par exemple...), mais d'un autre côté, les chaînes de HBO Central Europe ont cumulé un certain retard en termes de fictions maison par rapport à HBO Latino, par exemple. Voilà donc venue l'heure de la revanche puisque la chaîne roumaine se félicite de l'excellente réception publique et critique de sa série originale, diffusée pour la première fois en décembre 2010 (pourquoi se presser). A noter cependant que cette nouvelle saison comportera 35 épisodes, contre 45 pour la saison précédente. J'ignore par contre si la version polonaise (certes apparue plus tard), Bez Tajemnic, profite du même sort.

- BRESIL : longue vie au roi
La ferveur envers les séries historiques ne connait pas de frontière ! L'une des séries du moment au Brésil, c'est Rei Davi, une "mini-série" en 29 épisodes (tout est relatif) revenant sur l'histoire biblique de David, deuxième roi d'Israël. Rede Record a lancé la diffusion de cette grosse production (25 millions de reais, une paille) le 24 janvier dernier, mais avant de sauter sur vos moteurs de recherche favoris, sachez qu'on est loin d'avoir affaire à une série de Luiz Fernando Carvalho... Visiblement ça n'a pas l'air de trop gêner les spectateurs, puisque la série totalise 30% de parts de marché environ chaque semaine, et ce en dépit du fait que Record ait décidé de diffuser le pilote deux fois de suite. Juste pour être sûre...

- EGYPTE : jupe courte contre mémoire courte
Ca m'attriste toujours un peu de ne trouver que ce genre de news, ou presque, lorsqu'il s'agit de pays arabes. Mais c'est pas une raison pour vous en priver. Le tournage d'une série adaptée du roman Dhat devant l'université Ain Shams a été interrompu hier par des étudiants islamistes, protestant contre la longueur (ou absence de) des jupes des actrices. Devant les risques de débordements, le directeur de la faculté d'ingénierie a demandé à l'équipe de la série de plier les gaules et gentillement se trouver un autre endroit pour filmer, s'estimant incapable d'assurer la sécurité du matériel ou du personnel de la production. L'ironie, amère mais tout de même, de la situation, est que le roman Dhat se déroule dans les années 70, à une époque où les jeunes femmes portaient des jupes courtes, et il s'agissait donc de reconstituer des tenues d'époque ; mais visiblement, les jeunes ingénieurs d'Ain Shams ne sont pas très calés en Histoire.

MissFisherMurderMysteries
- AUSTRALIE : suite de la tournée des popotes
On parlait de deux networks lors de notre premier world tour, voici venu le tour d'ABC et de SBS qui annoncent la couleur pour 2012. Le groupe public ABC, pour commencer, a démarré la saison avec The Straits (qu'on a déjà pu évoquer dans ces colonnes), et proposera dans quelques jours Miss Fisher’s Murder Mysteries avec la merveilleuse Essie Davis (ci-dessus). On pourrait penser que c'est déjà pas mal, mais évidemment, ce n'est pas tout. Ainsi, les deux volets de Jack Irish, et Redfern Now, la série a/de/pour/dans/avec des aborigènes, et supervisée par le britannique Jimmy McGovern, devraient enfin arriver sur les écrans (ça fait un bout de temps qu'on en parle), et accessoirement la chaîne a commandé une tripotée de téléfilms. Rappelons également que Crownies va subir de grands changements, se débarrassant pour tout ou partie de ses angles soapesques pour se recentrer sur les aspects légaux ; ces transformations aboutiront plutôt à un spin-off qu'à une saison 2, et on ignore pour le moment à quel point les acteurs ou même le titre vont être réemployés. Dans un registre plus nouveau (parce que pour le moment, ce n'est rien qu'on ne savait déjà), 12 épisodes ont été commandés pour The Doctor Blake Mysteries, l'histoire d'un flic qui, en 1959, vient reprendre le cabinet médical de son père. Du côté de SBS, les choses sont moins riantes : la chaîne a annoncé il y a peu avoir annulé Dusty, une série qui était en développement mais pour laquelle elle n'a plus les moyens d'aller au bout de la commande ; vu qu'il faudrait se lancer dans un autre projet de A à Z, la chaîne a très peu de chances de proposer une série australienne en 2012 hormis Danger 5, une série d'espionnage originale inspirée de l'univers pulp qui arrivera à la fin du mois. On attend aussi de connaître le sort de Housos, qui pour tout vous avouer m'est indifférent.

- COLOMBIE : les Walkers sont de retour
Comme souvent lorsqu'il s'agit de projets sud-américains, j'ai un petit temps de retard sur les news, mais c'est pas grave. Fin janvier, RCN a annoncé travailler en partenariat avec Disney pour lancer une version colombienne de... Brothers & Sisters ! Il faut dire qu'A Corazón Abierto, la version colombienne de Grey's Anatomy après passage au format telenovela, et impliquant les mêmes coupables, a été un carton d'audiences dans son pays d'origine, et dans toute l'Amérique latine. La série a même été renouvelée pour une saison 2 qui devrait être diffusée dans le courant de l'année, ce qui n'est pas une pratique courante à la base. Alors forcément, vu les résultats obtenus avec A Corazón Abierto, RCN mise sur cette nouvelle adaptation pour reproduire un succès similaire... On verra bien ce que ça donne !

- DANEMARK : une bonne leçon
Ce moment embarrassant, quand vous avez un peu l'impression d'avoir été en boucle sur la Scandinavie depuis plusieurs semaines, que vous avez écumé les sites que vous connaissez, dont les sites officiels des chaînes, que vous avez déniché des infos supers sympas sur des trucs qui vont se faire dans longtemps... et que vous passez à côté du lancement d'une série, là, cette semaine. Voilà voilà. Rita, lancée hier soir sur TV2, rappelle donc que nous avons encore tous beaucoup à apprendre sur la télévision étrangère et qu'une vie n'y suffit pas ! C'était la première fois depuis son succès Laerkevej que la chaîne lançait une série le jeudi soir à 20h (depuis l'automne 2009 donc), et le pilote a été regardé par 904 000 Danois. Un bon départ, donc, pour cette enseignante plutôt charismatique, d'autant que les critiques sont plutôt enthousiastes. Le lien de parenté entre les deux séries ne s'arrête pas là, puisque c'est le même scénariste, Christian Torpe, qui en est à l'origine.

...A noter également que, faisant directement suite à ce qu'on disait plus tôt cette semaine, la série espagnole La Fuga vient d'être déplacée dans les grilles de Telecinco, passant du mercredi (où elle était opposée à la comédie Con el culo al aire, qui malgré son succès public semble ulcérer la fédération espagnole de camping) au mardi soir, où désormais sa compétition sera Terra Nova sur Cuatro, Toledo sur Antena3 et The Mentalist sur laSexta.

Allez, c'est fini pour le world tour cette semaine... maintenant, c'est votre tour, je compte sur vos réactions !

Posté par ladyteruki à 19:44 - Love Actuality - Permalien [#]

23-12-11

Home away from home

Eh bien voilà. The Café s'est conclue... sans vraie conclusion, d'ailleurs. D'une façon qui lui ressemblait bien, finalement. Difficile de vous dire combien cette séparation m'est difficile. Ces derniers mois, je me suis attachée à des séries assez variées, mais jamais à ce point ; en fait c'est un peu toujours le cas, mes découvertes téléphagiques sont souvent les unes aux antipodes des autres et c'est ce que je recherche d'ailleurs, mais je crois que The Café faisait vraiment figure d'ovni dans le paysage.

LeavingTheCafe
Imaginez un peu. Des accents imbitables. Une série sans histoire ni fil rouge. Seulement 6 épisodes. Et surtout, ce ton contemplatif, et cette ambiance si banale...

Mes lectures comme certains de mes contacts sur Twitter ont souligné les liens de parenté entre The Café et The Royle Family. Je vous avoue qu'après avoir vu le premier épisode de The Royle Family, j'ai quand même du mal à trouver le point commun. Nan, si, évidemment, il y en a, mais disons que ce n'est pas ce qui a fait que je me suis attachée à The Café. Il manquait dramatiquement au pilote de The Royle Family l'atmosphère de rêverie, l'atmosphère de convivialité... ce petit truc qui fait que je me suis tout de suite sentie au chaud avec The Café, que j'ai voulu m'y installer semaine après semaine et regarder moi aussi la vie des gens se dérouler tranquillement, presque l'air de rien.
C'était vraiment une expérience que je n'ai pas retrouvée avec The Royle Family. L'impression d'être à la fois hors du temps et dans la vraie vie, de partager réellement des joies et des peines, le quotidien, d'avoir rendez-vous avec une communauté accueillante, même si personne n'avait rien de spécial et qu'il ne leur arrivait rien de spécial. J'ignore ce que cela dit de moi, mais le rythme lent des épisodes, les dialogues à la fois tendres et anodins, les personnages anonymes et tellement proches...

Non, The Café n'est pas très excitante à première vue, elle n'a pas les fameux "enjeux" qui sont devenus si importants de nos jours aux yeux des spectateurs affamés de sensationnel, c'est juste le fil de la vie de quelques personnages qui se déroule sous nos yeux. Un endroit où on se sent dorlotté, où rien de mal ne peut arriver, où en fait rien n'arrive vraiment si on veut pousser un peu, où on peut juste mettre l'univers en pause et savourer le moment en bonne compagnie.
J'étais bien, à Weston-super-Mare. J'étais vraiment bien, vous savez. Je voudrais y rester. En fait, je vous avoue que j'ai même commencé à regarder comment je pourrais y aller vraiment...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Café de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:07 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-12-11

Vous souvient-il ?

Tous les téléphages ont expérimenté une forme ou une autre de nostalgie.
Parfois, cela prend la forme d'une série devenue, au gré des années puis des décennies, fondatrice de tout le rapport que le spectateur a aux fictions télé dans leur ensemble. Ou bien, moins glorieux, parfois cette nostalgie se transforme en une forme de passéisme qui incite à dire, souvent à tort, que les séries, c'était mieux avant. Parfois c'est tout simplement se souvenir du détergent au citron quand votre mère passait la serpillère le dimanche soir, et que vous leviez les pieds d'un air absorbé, tout en regardant le Disney Channel. Parfois c'est le souvenir encore vif d'un épisode qui vous a ému sincèrement, et vous pouvez presque décrire la densité de l'air autour de vous au moment précis où vous l'avez regardé. Parfois c'est un souvenir doux, d'autres fois plus amer.
La nostalgie, quel que soit le degré de facilité avec lequel nous lui cédons, est une part de notre parcours à tous.

Je regardais un calendrier cet après-midi, et j'ai ressenti une bouffée soudaine, presque violente, étouffante, de nostalgie. J'ai regardé ce calendrier et réalisé que le mois de novembre s'était échappé si vite, et que j'avais essentiellement passé ce mois de novembre à avoir le coeur qui bat pour une série britannique, Threesome, à laquelle il faut une solide dose de volonté pour échapper si on lit ce blog de façon régulière. Une autre a d'ailleurs pris la relève, The Café, qui vraisemblablement sera mon coup de coeur du mois de décembre, sauf surprise (et après tout, il y a TOUJOURS des surprises dans mon quotidien téléphagique). C'est alors que j'ai eu un petit pincement au coeur à l'idée que, l'an dernier, mon mois de novembre avait également été très britannique.
Novembre 2010. Le mois où j'ai découvert, puis dévoré, puis délaissé, les 5 "premières" saisons de Doctor Who.

C'était il y a à peine un an.
Et cela fait une éternité.

Depuis que j'ai découvert la série, mon Docteur est parti, un autre a pris sa relève avant de disparaitre à son tour et céder la place à un nouveau. J'ai regardé, depuis, la 6e saison au même rythme que le reste des Whovians, avec ses deux parties, et ses épisodes parfois éprouvants en termes d'action surboostée ou d'émotions décuplées.

Et pourtant, tout-à-l'heure, devant mon calendrier, en repensant au mois de novembre 2010 et à ce mois de découverte, avec ce que cela inclut de hauts et de bas, de bons souvenirs et d'autres moins bons, bref, de sentiments mêlés comme on n'en vit qu'avec des intégrales auxquelles on se lie, devant mon calendrier, cet après-midi, je me suis surprise à murmurer...

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Comme si ce n'était pas elle que j'avais suivie au printemps et à l'automne. Comme si j'attendais son retour depuis près d'un an. Comme si soudain je réalisais que je l'ai délaissée et que les épisodes sont sans doute quelque part, n'attendant qu'un clic de ma part pour corriger cet égarement.

Soudain tous les souvenirs remontent. Fichue nostalgie.
Le Docteur danse, le Docteur faire une promesse qui se perd dans le crépitement d'un feu de cheminée, le Docteur enregistre un message fragmentaire, le Docteur s'extasie devant la fin du monde, le Docteur court dans la bibliothèque silencieuse, le Docteur hurle de rage envers les Daleks, le Docteur s'illumine à l'idée que tout le monde a survécu, le Docteur va applaudir Shakespeare, le Docteur dit adieu sur une plage... Les grands moments, les petits moments, les petites joies, les grandes peines, tout me revient, comme appartenant à une autre époque, une autre ère, et le Docteur me manque, sous presque toutes ses formes, il me manque terriblement, et je ne sais plus vraiment ce qu'il est advenu de sa série.
J'ai une envie terrible d'aller revoir ces épisodes, ou mieux encore, d'en découvrir de nouveaux...

...Avant de me raviser et réaliser que je les ai vus, les nouveaux épisodes. Je les ai vus. Et ce n'est plus vraiment la même chose. Je n'ai pas de nostalgie. Je n'ai pas de lien affectif. C'est une série que je regarde mais c'en est une autre. Il y a des bons moments, évidemment, quelques uns. Mais ce n'est pas la même série, non, on parle d'une autre, moi je parle de Doctor Who vous comprenez ?

J'ai senti mes doigts se crisper sur le calendrier, et mon coeur se serrer brièvement comme quand j'apprends l'annulation d'une série qui me plaisait bien et avec laquelle je pensais vivre encore quelques aventures.

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Quelle misère.

VousSouvientIl

Posté par ladyteruki à 23:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-11-11

Le refuge

Qu'on ouvre un journal, qu'on passe une semaine au boulot, ou simplement qu'on se retrouve en butte à l'un des mille problèmes bénins mais cumulatifs du quotidien, on a souvent l'impression que le monde nous éprouve sans cesse par une insupportable complexité. Les nouvelles sont mauvaises, les débats sont incendiaires, les préoccupations du quotidien vont gorger les rangs des multiples problèmes de société qui semblent s'entasser à l'infini. Le monde est tellement complexe. Il n'est ni noir ni blanc, mais il comporte tant et tant de niveaux de gris. Il s'y passe des choses douloureuses, ou incompréhensibles, ou simplement insolubles. Les gens s'opposent. Les valeurs sont inconciliables. Les idées s'ignorent mutuellement. Le monde est fichtrement gris et terne et désagréable.

Je ne connais pas de meilleur remède à ce genre de vague à l'âme qu'un bon épisode. Et aujourd'hui, je ne connais pas de meilleur remède que le pilote de The Café, qui a débuté hier à la télévision britannique. Ou quand un coup de coeur anglais remplace l'autre.

The Café est tout ce qu'on peut espérer de paisible, de serein, et de doux. Et de bleu.

TheCafe
Son personnage central, Sarah, passe le plus clair de l'épisode assise dans le café auquel le titre de la série fait bien évidemment référence, plus absorbée dans la contemplation de la jetée que dans ses écrits - mais c'est comme ça que ça marche. C'est là qu'elle regarde le temps et les gens passer. C'est là qu'elle échange quelques mots avec sa mère, qui tient l'endroit, et sa grand-mère, dont la fonction principale est de s'assurer que le fauteuil près de la baie vitrée ne parte pas avec la prochaine marée tout en tricotant Dieu sait quoi. C'est là qu'elle salue ses proches, les visages familiers de cette petite ville où elle est venue se ressourcer, dans une forme de complicité affectueuse mais simple qui la lie aux amis d'enfance, aux amis des parents, aux visages venus cent fois se faire fourguer un muffin un peu sec au fil des années.

The Café est le monde du connu. L'inconnu est loin ; les douleurs et les tristesses ont été refoulées hors du champs de vision ; les questions et les problèmes ont été boutés par-delà le point d'horizon. Le temps s'égrenne simplement, dans une sorte de naïveté méditative. On ne fait pas semblant de ne pas avoir de problème en jouant les insouciants ; on les a simplement éliminés du quotidien, du moins en grande partie parce que les affaires du café ne vont pas fort. Mais rien ne semble grave. Rien ne semble terrible. Rien ne semble réellement important si ce n'est ajouter filer des muffins un peu secs et regarder le vent fouetter la jetée en attendant que passe un visage connu, un visage aimé, souvent les deux.

Les trois protagonistes s'échangent quelques petites piques sans méchanceté, se taquinent, se questionnent, dans la rondeur de leur café en forme de bulle, seul sur la jetée, sans vraiment se soucier de rien.
Il n'y a pas plus zen que le pilote de The Café, avec ses personnages absorbés dans leur quotidien d'une perfection en apparence assez quelconque. On croirait presque que tout est simple, devant le pilote de The Café, que le bonheur est à un muffin un peu sec de là où nous nous trouvons. Que suivre des yeux le trajet du petit train touristique de la côte suffit à oublier tout ce qui pourrait nous rendre la vie un peu compliquée. Que le ressac va emmener avec lui toutes les petites mesquineries et les disputes. Qu'au prochain véhicule qui se stationnera de l'autre côté des baies vitrées, apparaitra forcément un visage avenant et bien intentionné.
The Café, avec ses scènes douces, tendres, légèrement amères ou drôles par moments, mais toujours caressantes, se pose comme un véritable refuge télévisuel pour tous ceux qui veulent échapper aux nuances de gris du monde. J'y ai déjà réservé une table.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Café de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:44 - Review vers le futur - Permalien [#]