ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-12

Vous avez un ancien message

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de Cracked intitulé Why Every '80s Sitcom Decided to Kill Off the Mom sur lequel j'ai d'ailleurs tweeté ; c'est lui qui m'avait donné envie de me replonger dans Punky Brewster, d'ailleurs.

Outre l'analyse de l'article en elle-même, plutôt intéressante, cet article sur les sitcoms des années 80 et leur portée sociale m'a laissé songeuse. L'auteur prend évidemment toutes les précautions, et nous explique qu'il ne s'agit pas de prétendre que TOUTES les séries de cette époque employaient cet outil de la maman absente pour raconter leurs histoires. Mais une quantité non-négligeable d'entre elles avait de toute évidence un point commun révélateur.
Alors, que dira-t-on des séries que nous regardons actuellement ? Que disent-elles sur notre société actuelle ?

Evidemment, avec le temps et les mutations de l'industrie télévisuelle, les choses sont un peu différentes. On n'est plus dans les années 80, voyez-vous.
Il y a chaque année plus de chaînes, et il y a chaque année plus de chaînes qui se lancent dans les fictions originales ; cette semaine, c'était encore le cas de Bounce TV, par exemple. Avec l'intensification des productions du câble, le panorama s'est diversifié. Il est déjà devenu compliqué de faire des généralisations par chaîne (ou alors à la louche : genre généraliser les séries de Showtime quand on peut y trouver aussi bien The Borgias que The Big C), alors comment faire des généralisations sur le message de ce que plusieurs dizaines de chaînes nous racontent sur notre époque ?

Evidemment, on peut quand même regrouper certaines séries dans des groupes.

On pourrait par exemple discuter de ce que toutes les séries policières cérébrales de la décennie des années 2000 disent sur notre besoin d'omniprésence policière, de rationalisme, et de besoin de mettre les méchants en prison grâce à des preuves irréfutables. Avec l'annulation d'une première série de la franchise des Experts, on peut d'ailleurs imaginer que ding dong, la sorcière est morte, et que cette page est en train de commencer à se tourner.

A part ce cas particulier qui concerne un genre à part entière, un "message" donné peut concerner quatre, cinq, parfois une demi-douzaine de séries, mais rarement plus. Par exemple je me souviens avoir trouvé lamentable qu'en période de crise, des séries comme Breaking Bad, Weeds et Lights Out s'évertuent à nous expliquer que "la fin justifie les moyens", en particulier lorsqu'un peu d'humilité pourrait parfois tout aussi bien arranger le problème financier des personnages (si ce n'est qu'on n'aurait pas de matériel pour une série ; bon, certes). Ces séries s'obstinaient à nous dire que le confort matériel primait sur tout, y compris le confort tout court. Qu'importe que vous soyez misérable, du moment que l'argent est là !
Mais, même en ajoutant Necessary Roughness et Hung à ce petit cercle, difficile de dire qu'il s'agit là d'un véritable ras-de-marée, aux proportions réellement emblématiques.

J'en étais à ce stade-là de ma réflexion quand je me suis souvenue de mon ressenti il y a quelques mois.
Plus précisément, quand Last Man Standing, Work It, How to be a Gentleman et Man Up! se sont succédées pendant cette saison. Toutes, loin de là, n'ont pas trouvé de succès immodéré. Mais leur message était clair : l'homme doit reconquérir son statut viril et dominant, sous peine de devenir une proie pour les méchantes femmes indépendantes. Sérieusement, la plupart de ces séries l'ont dit de façon encore plus explicite que ça dans leur pilote, je ne fais que paraphraser.
Contrairement au groupe précédent, qui concerne à grand'peine une demi-douzaine de séries dont la création est répartie sur plusieurs saisons, ces séries de machos (mais machos contrariés, érigés en victimes) ont vu le jour pendant la même saison. C'est pour cette raison que le message me semble assez significatif.

Du coup, peut-être qu'on regardera les séries comme Last Man Standing, dans quelques décennies, comme des signes d'un retour en arrière conservateur sur le rôle de l'homme et de la femme dans la société. Peut-être qu'un mec qui écrira dans trente ans sur un truc qui sera l'équivalent de Cracked aujourd'hui, nous expliquera que c'était lié à la situation financière de nos pays, et que d'ailleurs la plupart du temps, une crise économique s'accompagne d'un retour des vues conservatrices, et que ça n'a rien d'étonnant. Peut-être qu'il fera le lien avec les Personhood Laws et leur importance en pleine campagne présidentielle américaine.

Ou peut-être pas, d'ailleurs.
Je veux dire : peut-être qu'il y a toujours eu une demi-douzaine de séries machos par an, et je ne m'en aperçois que maitenant ? Peut-être que c'est moi qui deviens une chienne de garde qui prend la mouche facilement. Ca me fait peur autant qu'à vous, je vous rassure. Après tout, Ma Famille d'abord ne date certainement pas de cette saison.

Et puis, évidemment, qui peut prétendre avoir, aujourd'hui, le même recul sur les séries que nous avons actuellement sur nos écrans, que l'auteur de Cracked sur ces sitcoms des années 80 ?

BabyDaddy

Et pourtant, alors que je regardais le pilote de Baby Daddy, jeudi matin, je me disais que certaines choses étaient quand même bien intégrées. Dans ce (mauvais) pilote de (mauvais) sitcom, une fois de plus, on est supposés être hilares parce que trois mecs se retrouvent dans la terrifiante position de devoir s'occuper d'un enfant. Alors que quand même, quoi, soyons sérieux : ce sont des mecs !

Certes, le gag n'est pas jeune : il est directement inspiré de Trois hommes et un coufin, après tout. Et le jeune adulte irresponsable qui découvre son reflet dans le regard pétillant d'un bébé était déjà au coeur de Raising Hope.
Sauf que la famille Chance est dysfonctionnelle dans son ensemble ; sa dynamique ne repose sur aucune forme de sexisme. Tandis que les scénaristes de Baby Daddy ne se donnent la peine à aucun moment de faire semblant de partir du principe que l'équation hommes + enfant est incongrue. A un tel point d'ailleurs que leur amie Riley, lorsqu'elle entre en scène, prend immédiatement les choses en main afin d'éviter la catastrophe : c'est normal, c'est une gonzesse. Même si elle a le même âge qu'eux, il est logique qu'elle sache s'occuper d'un enfant.

Baby Daddy est, répétons-le encore une fois pour ceux qui auraient besoin de l'avertissement, un mauvais sitcom.
Mais, vous voyez, un mauvais sitcom non-sexiste se contenterait de glisser une phrase du genre "je me suis occupée de mes 712 frères et soeurs, je sais comment faire" vite fait bien fait. Ce ne serait pas drôle, mais ça aurait un sens.
Un mauvais sitcom sexiste laisse la chose inexpliquée, parce que l'explication, c'est qu'une femme sait s'occuper d'un bébé (elle sait même faire apparaitre un biberon comme par magie alors que deux des garçons sont partis en course pour en chercher). C'est intégré, comme je le disais, que la femme de l'équipe sache prendre les choses en main. Voyez, ce n'est pas drôle.. et ça a aussi un sens.

Alors, peut-être que je suis peut-être devenue une chienne de garde, ça se trouve. Ou alors de plus en plus de séries puent vraiment le sexisme à plein nez.
Remarquez que l'un n'exclut pas totalement l'autre, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 22:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-06-12

[DL] Coarcherna

Sur le fil du rasoir, vous avez trouver le 10e et dernier générique de notre jeu en moins de 24h, et à ce titre, je vous félicite. Mais évidemment, plus que vous féliciter, il s'agit ici de vous proposer le fameux générique bonus, le mystérieux 11e générique.

Pour changer un peu des destinations du reste du jeu, j'ai choisi cette fois de vous emmener en Scandinavie, plus précisément en Suède avec la dramédie Coacherna. Clairement inspirée du format de dramédies américaines, genre Showtime, Coacherna avait été diffusée par SVT dans une case jusque là plutôt habituée aux fictions d'une heure, un choix qui lui a permis de se retrouver pendant quelques semaines accolée à The Bic C à laquelle elle a temporairement servi de lead-in.
La série faisait également partie des nombreuses séries sélectionnées pour le festival de Monte-Carlo, mais elle en est repartie bredouille (je sais, je sais, mon dernier world tour commence à dater).

Coacherna
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'aime énormément le côté ésotérique du générique de Coacherna ; cartes, astres, et une mystérieuse clé (dont on se doute qu'elle serait plutôt la clé de notre subconscient) le disputent à de toutes aussi métaphoriques pièces de puzzle.
Mais, et vous me direz si vous partagez cette impression, bien plus que des coachs, ses héroïnes finissent par avoir un peu l'air d'être des voyantes ; cela colle probablement à Zelda (la seconde à apparaitre au générique), adepte de méthodes "alternatives", mais pas vraiment à Carolina et Nathalie. Ce n'est pas forcément un mal mais cela donne probablement une vision un peu déformée de la série.

Encore une fois, et il faut admettre que c'est le point fort de nombreuses séries scandinaves, le plus marquant dans le générique de Coacherna, c'est le thème musical. Si vous vous souvenez, les mêmes recettes avaient diablement fonctionné pour Rita et Lykke, par exemple, pour lesquelles les tags devraient vous permettre de vous rafraîchir la mémoire au besoin. Après écoute, cela devient très vite difficile de ne pas repenser à la chanson, à la fois légère et extrêmement prenante.

Félicitations pour avoir remporté ce générique à la dernière minute ou presque, et merci encore à tous d'avoir participé !

Posté par ladyteruki à 00:28 - Médicament générique - Permalien [#]

16-11-11

Rev-eries

Du plus loin que je me souvienne, je crois que j'ai toujours aimé les comédies en single camera.
Je n'ai strictement rien contre le sitcom, comme le prouveront les nombreux tags de ce blog rappelant les intégrales de Will & Grace, Roseanne, Reba, Les Craquantes, ou encore Three's company, ainsi que, naturellement, le culte que je voue au sol que foule Fran Drescher depuis bientôt 20 ans (mais en années-Fran ça n'en fait que 5).

Le problème qu'on rencontre de façon croissante depuis quelques années, c'est qu'entre une comédie en single camera et une dramédie, on ne fait plus trop la différence. C'est le reproche qui est adressé chaque fois qu'une série comme Nurse Jackie se pique d'être nommée/récompensée dans la catégorie comédies ; en réalité l'explication est historique (la dramédie est un genre qui n'a que 15 ou 20 ans maximum, et qui tire sa forme de la comédie en single camera). Et pour le coup, moi, ça ne me dérange pas, principalement parce que les histoires de genres sont quand même faites pour couper les cheveux en quatre. Qu'une série soit une dramédie, ou une comédie en single camera un peu trop sérieuse par moments, l'essentiel est le plaisir du visionnage qu'on en tire.
Je crois que c'est vraiment le genre télévisuel qui peut me réconcilier avec absolument tout.

...Même avec la Grande-Bretagne, dont vous n'êtes pas sans savoir que les accents me rebutent depuis de nombreuses années (mais depuis Threesome, je commence à trouver un certain charme aux particularités écossaises ou irlandaises, et j'ai un faible pour le parler de Christopher Eccleston, version Accused par exemple, alors qui sait, un jour peut-être je guérirai). Cet après-midi, j'ai tenté Rev., tout simplement parce que j'avais remarqué que la fiche manquait sur SeriesLive et que dans la foulée, j'ai regardé le pilote, ça ne mange pas de pain.
Vu la longueur des saisons, je me tâte un peu pour la suite, maintenant, pour tout vous dire.

Rev-eries
Rev., alors qu'elle est vendue comme une comédie, est pourtant assez sérieuse, et relève plus de la dramédie. Entre les déboires financiers et les doutes, le personnage principal ne se marre pas et nous, pas tellement non plus, mais il en émane une certaine légèreté tout de même. Plus incroyable, les personnages les plus outranciers, comme Mrs. Onyeka, sont les moins appréciables alors qu'ils sont résolument les plus orientés vers la comédie.

Mais en réalité, l'idée n'est pas de rire.

Le plus surprenant c'est que, quand on regarde une dramédie comme celle-ci, ou comme Nurse Jackie, The Big C, Wilfred ou Enlightened, on ressent un côté extrêmement "positif". On ne rit peut-être pas en réalité, mais à l'intérieur... comment vous dire ? Moi par exemple, j'ai l'impression d'avoir le cerveau qui sourit. Je ne le manifeste pas extérieurement mais je sens bien que ce n'est pas un drame que je regarde. Peut-être parce que c'est une façon farfelue de parler d'un thème qui ne ferait pas rire à la base, peut-être parce que le ton des personnages est détaché ou sarcastique, peut-être parce que les intrigues ne sont pas réalistes, peut-être parce que l'attachement émotionnel est provoqué plus ouvertement... je ne saurais pas l'expliciter précisément, mais en tous cas, il n'y a aucune chance pour que je confonde une dramédie avec un drama, même si elle ne me fait pas rire.

Du coup, peut-être que les reproches adressées aux dramédies-qui-ressemblent-trop-à-des-dramas viennent de ce que les spectateurs qui les formulent sont dans une logique de tout ou rien : si je n'ai pas ri, c'est que ce n'était pas une comédie. Donc que c'était un drama.
Rev. n'était pas une comédie, clairement pas. Mais ce n'était pas non plus un drama. Dans cette zone vraiment très très grise de la dramédie, elle avait simplement tout ce qu'il fallait pour être une bonne dramédie.
On va être honnêtes, je disais un peu plus haut que j'hésitais à regarder la suite. Bon, le choix me semble déjà fait, en réalité...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rev. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:15 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-10-11

A new start

On peut très bien regarder un épisode et l'aimer à la folie, tout en étant parfaitement conscient de ce que d'autres pourraient en dire. Je me rappelle m'être fait cette réflexion devant The Big C, par exemple ; série à laquelle il m'est impossible de ne pas faire référence aujourd'hui. C'est un cas typique de "si on n'est pas dedans, ça semble too much". Et quelque part ça me rend triste pour ceux qui n'ont pas pu se laisser faire par l'émotion et qui jugent de façon purement cérébrale.
Parce que dit comme ça, oui, une femme qui apprend qu'elle a un cancer et qui décide de changer les choses, et notamment elle-même, pour vivre mieux, ça peut paraitre ridiculement niais comme idée, genre téléfilm de l'après-midi. Mais en réalité, et ceux qui regardent The Big C le savent, ça va bien plus loin.

Alors de la même façon, Enlightened, je peux concevoir qu'on se dise que c'est un peu niais. Que cette bonne femme qui veut du changement dans sa vie, qui tout d'un coup veut être zen, et heureuse, et intérieurement bio, c'est trop gros, ou trop Bisounours, ou trop ridicule, ou que sais-je.
Et ça me rend triste pour ceux qui jugent Enlightened de façon purement cérébrale.

C'est peut-être parce que dans la vie, je crois qu'il y a deux sortes de personnes, et qu'à l'échelle téléphagique, oui, il y a deux sortes de spectateurs : ceux qui reconnaissent un élan dans Enlightened, fut-il porté à l'écran de façon outrancière pour des raisons dramatiques et comiques, et ceux qui n'y voient qu'une histoire parmi tant d'autres. Il y a ceux qui croient au changement, et il y a les autres.
J'avais un ex qui ne croyait pas qu'on ait une âme (j'ignore s'il le pense toujours), tout était chimique et mécanique. C'est en parlant de ça avec lui que j'ai compris qu'il y a des êtres que certaines choses ne toucheront jamais. C'était contraire à tout ce à quoi je croyais, et ça l'est en fait encore, et pourtant quelqu'un était convaincu que l'âme n'existe pas. Enlightened suscite le même genre de réaction chez moi : il y a ceux qui comprennent parce que ça touche à leur façon de voir la vie, et ceux qui sont extérieurs à ça. Ceux-là me trouvent sans doute stupide quand je pleure en souriant devant le pilote d'Enlightened. Moi j'ai l'impression qu'une de mes larmes est pour eux parce que je trouve triste que ça ne les touche pas. On ne se comprendra jamais, sur ce sujet, je présume. ils ne veulent pas vraiment me comprendre parce que ça leur semble trop ridicule. Je n'ai pas envie de les comprendre parce que j'aurais peur de me vider d'une certaine forme de sève. Le fossé est infranchissable parce que chacun de notre côté, nous regardons l'autre bord en hochant la tête...

Je crois au changement, parce que je n'ai appelé que ça de toute mon âme pendant 3 décennies. Et c'est un sacré hasard que le changement et Enlightened se produisent au même moment, mais cette étrange alignement d'étoiles ne fait que renforcer mon émotion devant la série, bien-sûr.

Dans une certaine mesure, depuis environ deux mois, je suis dans une phase où je suis comme Amy, avec un regard différent sur les choses ; une envie de me comporter différemment pour que mon regard neuf ne se ternisse pas ; la conscience aigüe que ce n'est qu'une question de point de vue, que les choses ne sont pas parfaites juste parce que j'ai décidé que je le voulais ; l'abrupte réalisation que ce n'est pas parce que je veux pousser le changement aussi loin que possible, que le monde autour est réellement différent.
C'est juste moi, juste mon regard, juste la façon dont j'ai soudain des lunettes qui me font voir le monde avec un filtre différent, mais c'est le même. Ce ne sont jamais que des lunettes qui changent mon regard, et jamais mon regard qui change le monde...
Ainsi, je regardais Amy se débattre avec sa nouvelle paire de lunettes, et je ressentais tout ce qui devait se passer en elle, comment les gens ne changent pas juste parce qu'elle a changé elle, comment on ne peut pas reprendre certaines choses à zéro et espérer que les autres étaient capables d'oublier aussi facilement qu'elle veut se convaincre d'avoir oublié. Comment les lunettes ne changent pas, pas vraiment, ce qui est à l'intérieur.

La lutte d'Amy contre elle-même, contre son entourage et contre le monde me touche, tout simplement parce que je crois au changement mais que j'ai aussi appris qu'il y a des limites à ce qu'on peut changer.
Depuis quelques semaines, j'ai chaussé mes propres lunettes, et je m'efforce moi aussi, de toute mon âme, de continuer à voir les choses avec ce regard-là, parce que comme Amy, j'ai aussi besoin d'y croire.

C'est un joli combat que va mener ce personnage, même si on peut penser qu'il est perdu d'avance. Et quand en plus on a l'impression de marcher au même pas que le héros, c'est une expérience inouïe.

Jamais auparavant je ne m'étais "identifiée" à un personnage. Ici, je ne m'identifie pas tant à Amy (j'ai réglé la majeure partie de mes probkèmes de gestion de la colère il y a plusieurs années maintenant) qu'à son parcours, et rien que ça, c'est déjà nouveau pour moi.

J'ai de la peine pour ceux qui ne croient pas à l'existence de l'âme, qui ne croient pas au changement, qui ne croient pas aux beautés d'un voyage comme celui que dépeint Enlightened. Mais plus encore, j'ai de la peine pour mon petit coeur quand je réaliserai avec Amy que ce ne sont que des lunettes. Pourtant je suis contente qu'une série m'offre de prendre ce chemin, et me propose de grandir avec moi pendant une période charnière de ma vie.

Parfois une série est bonne, et je vous recommande tout simplement de la regarder pour ce qu'elle est. Parfois j'ai conscience que tout le monde n'est pas moi, et que tout le monde n'aimera pas Enlightened, parce qu'une série n'est pas toujours qu'une série et que ce qui se passe à l'écran est au moins aussi important que ce qui se passe dans le téléphage. Aujourd'hui est l'un de ces posts. Enlightened n'est pas pour tout le monde.
Mais jamais aucune série n'a été autant pour moi.

OperationNewStart
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Enlightened de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:28 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-06-11

To be continued... The Big C

Le retour de la rubrique To be continued..., dont la mission sur cette Terre est précisément de vous permettre de vous rappeler ce qui a pu se produire pendant la première saison d'une série, à quelques jours de la seconde, et quand des mois et des mois les ont séparées. Le genre de rubrique dont on s'attend à ce qu'elle soit particulièrement active à la rentrée, et qui pourtant fait son retour en été, parce que voilà, il y a des perles comme The Big C qui méritent un petit coup de pouce.

La semaine prochaine, la série de Showtime revient. Enfin. Et cet été, nous allons connaitre la phase suivante de la maladie de Cathy. Pour n'en pas louper une miette, voici le récapitulatif de tout ce que vous avez vu l'été dernier, et avez déjà oublié.

TheBigC - 1x01
1x01 - Cathy, une femme comme les autres... pour le moment.

TheBigC - 1x02
1x02 - Elle veut son fils à la maison cet été, et rien ne l'arrêtera !

TheBigC - 1x03
1x03 - Même entourée, Cathy reste seule avec son secret.

TheBigC - 1x04
1x04 - Cathy continue de céder à ses irrationnelles impulsions, que même le spectateur a du mal à suivre.

TheBigC - 1x05
1x05 - Après avoir renoué avec l'être humain qui était en elle, Cathy retrouve la femme qui était en elle... bien cachée.

TheBigC - 1x06
1x06 - Oh, Marlene... Marlene dont on pensait jusque là qu'elle avait les pieds sur terre...

TheBigC - 1x07
1x07 - Encore raté.

TheBigC - 1x08
1x08 - Passé, présent et avenir se donnent rendez-vous à cette fête d'anniversaire.

TheBigC - 1x09
1x09 - C'est au tour de Paul de se réveiller.

TheBigC - 1x10
1x10 - Le moment de chercher la rédemption...

TheBigC - 1x11
1x11 - La phase nombriliste toucherait-elle à sa fin ?

TheBigC - 1x12
1x12 - Ne pas sous-estimer ce que prédisent les cartes.

TheBigC - 1x13
1x13 - L'insouciance des vacances est finie.

Comment allons-nous continuer en dépit de certains des changements qui ont eu lieu sur la fin de la saison ? Je ne veux pas spoiler ceux qui ne l'ont pas encore vue (mais dans ce cas, je vous encourage à planifier votre weekend de façon à rattraper votre retard), mais franchement, je ne sais pas à quoi cette saison va pouvoir ressembler.

Ca tombe bien, la première saison était totalement imprévisible aussi.
J'aime The Big C.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big C de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:00 - To be continued... - Permalien [#]


28-11-10

Dramédie : *****

Review

Certains pitches font galoper l'imagination. C'était le cas de Review with Myles Barlow, présentée comme une comédie satirique dans laquelle un homme présente une émission pour laquelle il effectue des reviews de... la vie. Un concept alléchant qui ouvrait bien des possibilités. En réalité, on est loin d'un concept fort : les reviews ne portent pas tant sur la vie que sur l'exagération de petits aspects anodins de la vie pour en faire un test forcément grinçant, parce que totalement à côté de la plaque.
Alors, si au final, le pilote de Review with Myles Barlow n'est pas nécessairement inoubliable, il est réussi, oui, mais à condition de ne pas s'imaginer qu'on va mettre la main sur une série révolutionnaire. Derrière le bon concept se cache une série finalement assez classique, dans son genre, descendant plus de la comédie à sketches que d'autre chose, ce n'est pas un ma, mais en tous cas ce n'est pas ce pour quoi je voulais m'embarquer.

J'attendais certainement quelque chose qui soit un peu émouvant. Quelque chose qui me donne un peu à réfléchir tout en riant, au minimum, disons. Cette série que j'avais commencé à imaginer pendant que je cagoulais existe peut-être, mais ce n'est pas Review with Myles Barlow. Peut-être que c'est un peu The Big C. Peut-être qu'elle n'existe pas et alors, si je peux me permettre, il est encore temps d'inventer, je sais pas moi, un personnage qui effectivement, au lieu de reviewer dans les domaines du cinéma, de la cuisine ou de l'art, rédige par exemple un blog (je sais combien les chaînes sont attachées à lier leurs séries au monde d'internet pour faire "hype") où il reviewe la vie et donne des notes à ses expériences drôles et moins drôles. Si un scénariste qui passe me lit, prenez l'idée, c'est cadeau, promettez-moi simplement d'en faire un truc bien.

Peut-être qu'il faut que j'arrête les dramédies. Elles déforment ma vision de la comédie, finalement.
Peut-être aussi que je pars du principe que toute série devrait être une dramédie. C'est un terme finalement assez récent que celui de dramédie, ou du moins, si contrairement à mon impression il ne l'est pas, il ne s'est vraiment développé à grande échelle que récemment, grâce au câble américain et notamment Showtime qui me semble être la chaîne à avoir réellement développé le genre, si genre il y a. Avant la dramédie, je connaissais déjà les comédies en single caméra, je pense que c'était une sorte de maillon manquant, et j'aimais déjà.
Ce qui me plaît, c'est de n'avoir pas à me contenter de rire, d'être émue aussi.

Oh, on me dira que toutes les comédies, du moins les meilleures, ont toujours incorporé une saine dose d'émotions à leurs intrigues, et que ça ne date ni des violentes disputes des dernières saisons de Will & Grace, ni de la romance homardesque entre Ross et Rachel dans Friends, ni des flashbacks nostalgiques voire carrément déchirants des Craquantes. Même la première saison du Mary Tyler Moore Show contenait quelques perles de mélancolie, et encore, je cite ces exemples uniquement parce que je n'ai pas vu d'épisode d'I Love Lucy depuis environ 10 ans, ça se trouve l'ambivalence est là depuis le premier jour.
Mais la vérité c'est que les comédies remplissent tout de même plutôt leur rôle de comédie la plupart du temps, et assez peu sont capables de trouver le bon équilibre. Loin de moi l'idée de leur reprocher d'être drôles, simplement, et c'est l'explication derrière mon allergie aux sitcoms récents dans leur grande majorité, elles trouvent trop souvent inutile de s'aventurer dans l'exploration du rire doux-amer.
D'où mon adoration pour la dramédie. C'est une comédie qui a réussi, à mes yeux.

De la même façon, une série dramatique trop sérieuse a tendance à me gonfler. Là encore, l'excès n'est pas forcément une force. S'il n'y a ni respiration dans l'ambiance parfois lourde de certaines séries, s'il n'y a pas un personnage un peu plus sympathique que les autres, j'ai tendance à regarder l'épisode, admettre gravement qu'on a là une bonne série dramatique, et tourner poliment les talons pour aller voir ailleurs. On n'est pas obligés de se prendre perpétuellement au sérieux pour faire un bon drame. Ce devrait être même interdit. Là encore, c'est un peu facile d'incorporer un personnage drôle pour être drôle, et de tomber à côté. Le drôle pour être drôle devrait être banni des drames comme des comédies. Il y a un équilibre à trouver.

Mais du coup, peut-être qu'en recherchant systématiquement des choses tristes qui font rire quand même, et des choses drôles qui rendent un peu triste, je finis par modifier mes attentes quand arrive une série que je ne connais pas et que je m'apprête à l'aborder sur la seule base d'un pitch. J'exige plus de mes séries que ça.
Une sorte de déformation para-professionnelle, je suppose.

J'aurais voulu, bon, peut-être pas pleurer devant Review with Myles Barlow. Mais en tous cas ne pas avoir l'impression qu'on attendait juste de moi de rire. Ce n'est pas exiger assez de moi en tant que spectateur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Review with Myles Barlow de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:43 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-11-10

Grandeur nature

TailleReelle

Voilà un peu plus d'un mois, j'ai fait un achat qui n'avait l'air de rien mais qui a révolutionné ma pratique téléphagique. Une fois de plus, ce genre de choses n'arrive pas de façon programmée.

Dans le magasin, ce jour-là, je comparais les prix et le BlackBerry qui ne m'obligeait pas à hypothéquer un rein n'était pas vraiment le plus récent de tous. Le vendeur me dit "non, sur celui-là vous ne recevrez pas la télé". C'est drôle. Je me souviens avoir été déçue. Je n'avais pas idée de ce que mon BlackBerry sans télé allait faire pour ma téléphagie. Ce n'est qu'après un peu d'utilisation que j'ai percuté : nul n'est besoin d'avoir la télé pour téléphager. Et c'est là que j'ai commencé ma nouvelle expérience.
Jusque là, mes trajets étaient divisés en deux activités : soit lire (et j'ai pas donné ma part au chien cet été quand il y avait tant de documentation à compiler), soit écrire (le post du jour s'écrivait en général à l'aller, avec relecture et peaufinage au retour, parfois même préparation du suivant). Mais depuis, j'ai commencé à mettre des épisodes sur mon BlackBerry et j'ai découvert que je pouvais tirer bien plus, bien, bien plus de ces trois heures quotidiennes.

Alors, si vous le voulez bien, je voudrais dresser un petit bilan de ce qui a changé...

1 - Les séries que je regarde

Instinctivement, j'ai très vite compris que je ne regarderais jamais Mad Men dans le train. Le choix des séries qui atterrissent sur le BlackBerry se fait d'après un paramètre : à quel point ai-je besoin de me concentrer sur l'épisode ? En gros, sont éligibles toutes les comédies, et tout ce qui me semble ne pas trop solliciter le cerveau. Parce que comme ça, ce n'est pas grave s'il y a du bruit dans le train, ou s'il y a une sonnerie de fermeture de portes toutes les 10 minutes. Bien-sûr, j'ai fait des exceptions, et ça a causé quelques aventures (j'y reviendrai), mais ces séries-là sont les premières à atterrir sur le BlackBerry. Et finalement, elles sont mécaniquement devenues celles que je regarde avec le plus de régularité.

2 - Ma pratique du sous-titre
Corollaire du précédent. Car l'écran que vous voyez ci-dessus... c'est du grandeur nature. Inutile de vous dire que les sous-titres, j'ai oublié, et désormais les séries non-anglophones ne se visionnent qu'à la maison. Ça provoque un clivage de fait (qui ne me plait pas toujours quand j'aurais bien envie de regarder certaines séries sans remettre à dans un ou deux jours ; et puis, rien que par principe) entre les séries diffusées dans une langue que je parle, et les autres, car les secondes dépendent de ma disponibilité devant mon écran chez moi, tandis que les autres peuvent se regarder n'importe où ailleurs (train bien-sûr, mais aussi salle d'attente, pause déjeuner...).

3 - Le nombre de séries vues par semaine
Faites le calcul vous-mêmes : quand la semaine compte 5 jours travaillés, je culmine à 15h de transports. Autant de temps passé à téléphager tout en ayant un boulot, même pour moi c'est inédit. Mais c'est une aubaine. Je pense qu'au final, je n'ai jamais suivi autant de séries en parallèle que depuis que j'ai le BlackBerry.

Il y a cependant un critère qui n'entre pas en ligne de compte, jamais : mon attachement à une série, à ses personnages, mon état émotionnel, bref, ce que j'ai envie de regrouper sous le terme générique de "mon ressenti potentiel". C'est pourtant pas faute de faire quelques expériences, hm, intéressantes à cause de ça : mentionnons l'épisode-clé de The Big C, grâce auquel je me suis mise à pleurer dans le train (oui-oui), ou l'épisode Tooth & Claw de Doctor Who où j'ai fait un bond de deux mètres sur mon siège deux secondes après la capture ci-dessus. Sans parler des yeux humides devant Raising Hope ici et du fou-rire pendant Outsourced.
J'ai peut-être l'air ridicule. Mais je préfère mille fois ça aux zombies (mot que je n'arrive plus à employer innocemment après deux épisodes de The Walking Dead... oh non, ceux-là, je ne vais pas les regarder dans le train, aucun risque !) qui regardent des trucs à côté de moi et qui restent le visage impassible, exactement comme s'ils observaient la petite aiguille d'une horloge. Je me rappelle de ce type qui regardait des épisodes de la 1e saison de Scrubs à côté de moi, il y a quelques mois. Il s'en est enfilé deux pendant le trajet (preuve qu'il ne détestait pas la séries), mais ne souriait même pas un peu, rien. Inexpressif. Intouché.
Alors quitte à passer pour un drôle d'énergumène, autant que je sois celui qui fronce les sourcils puis hoche la tête puis lance un petit rire discret, autant que je profite un max, autant que je ne brade pas le visionnage simplement parce qu'il y a des gens qui se blindent par peur de ce que penseront des inconnus dans le train.
Si dans un train vous croisez une jeune femme (habillée en violet) qui rigole toute seule devant son BlackBerry, ce sera moi, et je m'en fiche.

Eh oui, je découvre les joies de l'écran portable après tout le monde ou presque ! Mais peu importe. C'est un incroyablement bon investissement. J'ai l'impression que tant que j'habiterai à 1h30 de mon boulot, je n'aurai jamais plus de retard sur mon programme séries.
Ce qui est une impression erronée, on est d'accord.

Posté par ladyteruki à 17:27 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-10-10

Envers et contre tout

TheBigC

Peut-on aimer une série dont le personnage principal nous énerve au plus haut point ? Attention, je ne parle pas d'un personnage volontairement irritant, genre celui de Dr House, qu'on cherche à tout crin à nous rendre antipathique (jusqu'au moment stratégique où soudain il va nous apparaitre dans toute sa vulnérabilité, évidemment), mais bien d'un personnage qu'on ne cherche pas à nous présenter comme spécialement détestable, mais avec lequel, vraiment, on a beau essayer, mais on n'accroche pas.

Balayant toutes mes certitudes, The Big C est en train de m'apprendre que, oui, j'ai beau avoir le poil qui se hérisse chaque fois que Cathy fait quelque chose, j'aime toujours énormément la série. Certes un peu moins qu'au moment du pilote, mais c'est bel et bien la faute de son personnage central.

Je ne reproche rien d'autre à la série. Ni les axes qu'elle emprunte, ni les personnages qu'elle décrit, ni le cœur-même de ses intrigues. Les épisodes sont inégaux, certes, il y en a eu des moins bons que la moyenne, je ne le nie pas mais c'est vrai pour beaucoup de séries. Mais mon problème reste Cathy (et certainement pas Laura Linney). Je ne m'attendais pas à m'identifier à elle mais j'ai en tous cas un mal fou à la comprendre. Il me semble parfois que c'est voulu. Qu'on cherche à nous dire qu'on ne peut pas comprendre parce qu'on n'a pas le cancer, nous (la preuve, seule Marlene est dans la confidence).
Des choix incompréhensibles, l'impression que le personnage a complètement arrêté d'essayer de penser avec sa tête, l'accumulation de bêtises de plus ou moins grande importance, l'entêtement à refuser d'avancer sur le parcours de la maladie...

Vraiment, j'ai un mal fou avec Cathy. Je ne comprends simplement pas. Elle a complètement pété une durite, la pauvre femme. C'est aussi pour ça que je pense que c'est voulu. Peut-être que je suis naïve, mais j'ai l'impression que c'est ça le propos. Elle a lâché la rampe, perdu tout contact avec la réalité, elle est dans une phase pendant laquelle sa maladie le lui permet. Quand elle sera rappelée à la dure réalité des choses, elle fera de nouveaux choix, et ils me sembleront certainement plus sensés. Ils manqueront peut-être un peu plus de folie, admettons-le.

Je ne croyais pas cela possible, mais en dépit de la profonde incompréhension qui préside à tout ce que je ressens vis-à-vis de ce personnage, il s'avère que je continue de trouver la série bonne, j'aime les autres personnages, j'aime la façon dont les épisodes se déroulent, j'aime les dialogues... c'est juste avec Cathy que j'ai un problème. Ce qui pourrait sembler gênant vu qu'elle est présente dans chaque scène.

Et pourtant...
J'aime The Big C.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big C de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:53 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-10-10

The Telephsage Experiment : l'épilogue

Jour7_1

Mode lapin blanc : "en retard, en retard... je suis encore en retard !". A minuit UNE vous pouvez être sûrs que je tricotais toutes les cagoules possibles et imaginables. Comme on dit, j'ai pas laissé ma part au chien ! (d'façon j'ai pas d'chien)

Bien que très occupée, à quelques heures de mon départ pour Scénaristes en Séries, je ne vous cache pas que j'ai quand même fait un peu de place (notamment pendant les trajets) pour Raising Hope, Outstourced, The Good Wife, Better With You, Mike & Molly et The Big C. Ai-je besoin de préciser que ces séries figuraient justement sur ma liste d'urgences à rattraper ?
En fait et puis que le temps manquait, j'ai volontairement abandonné deux heures de sommeil pour m'envoyer quelques unes d'entre elles avant d'aller me coucher hier (nan mais tout va bien, je suis encore fonctionnelle avec 4h de sommeil...). Je suis atteinte et j'assume : toutes ces séries m'avaient manqué. Certaines plus que d'autres, c'est évident, on ne va pas se le cacher, mais quand même.

C'est assez incroyable d'ailleurs, l'effet que le manque a eu sur moi : alors que je fonctionne en général sur deux niveaux, un sur le suivi hebdomadaire et l'autre sur la monomaniaquerie ultime, le simple fait de savoir que je ne pourrais pas faire l'un m'a détournée de l'autre. Je n'ai dévoré aucune autre série avec assiduité pendant cette semaine, picorant ici et là, m'offrant des rediffs et des découvertes, mais jamais plus. On aurait pu penser que ça me libèrerait du temps pour une intégrale quelconque (ne serait-ce que Jack & Bobby que je veux me faire depuis, quoi ? des semaines ? des mois ?), mais pas du tout. Au lieu de me dégager du temps libre, l'absence de cagoulage m'a au contraire totalement mise en déroute.
Alors que soyons francs, on ne peut pas vraiment dire que je me sois prise en traitre et que j'aie lancé ce défi sans m'en avertir au préalable.

Parmi les tonnes de choses que j'avais cagoulées récemment, assez peu, en fin de compte, ont trouvé le chemin de mon écran (l'une des notables exceptions étant Doctor Who). Au lieu de mettre l'accent sur ce que j'avais déjà, le manque a mis l'accent sur ce que je voulais. Alors que là, étrangement, depuis que les affaires ont repris, je me surprends à repiocher allègrement dans ce que j'avais cagoulé juste avant que le défi ne commence... cherchez l'erreur.

J'en conclus donc que c'est une bonne chose de cagouler puisque ça nous évite de faire des stocks inutiles !
Bon, non, je me garderai bien d'émettre la moindre généralisation sur ce que cette expérience signifierait à grande échelle. Moi, ma consommation et mes obsessions, c'est un cas particulier, ça n'est pas universellement parlant. Quelqu'un qui par exemple ne suit pas "en sortie d'usine" autant de séries que moi ne réagirait sans doute pas de la même façon. Quelqu'un qui aurait peu de DVD non plus. On a tous notre façon de réagir. Notre rapport au cagoulage est différent, pour chacun d'entre nous. Certains cagoulent par flemmardise, d'autres par réelle passion ; et tout ce qu'il y a entre les deux, aussi. L'expérience était intéressante parce que j'ai testé mes propres limites (et ma volonté !), mais chacun réagirait différemment.
Pas d'inquiétude, je ne pousserai pas le vice jusqu'à vous encourager à faire la même chose.

Vous ne m'écouteriez pas de toute façon. C'est ce qui prouve que vous êtes aussi atteints que moi, d'ailleurs, amis téléphages.

Posté par ladyteruki à 23:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

04-09-10

[DL] The Big C

Calme, décontraction, fluidité et malice, sont les maîtres mots de ce générique aux couleurs vives mais sans violence pour la rétine. La musique est à l'avenant et donne furieusement envie de siroter un jus d'ananas (mais ce n'est peut-être que moi). En bref, voilà un générique estival au dernier degré, à apprécier calmement...

TheBigC
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais les plus observateurs parmi vous auront remarqué que le générique que je vous propose est intitulé "saison 1". C'est en effet ma conviction, comme je vous le disais il y a peu : The Big C va à mon avis tirer partie de son concept pour nous fournir des génériques variés. On imagine mal comment la saison qui se situera en hiver pourrait baigner, littéralement, dans une telle ambiance ! (même si a priori les travaux pour la piscine devraient reprendre en saison 3, si la série est cohérente avec elle-même). Pour l'instant, Cathy profite de la vie, mais peut-être qu'à l'automne les symptômes de la maladie l'empêcheront de flotter avec allégresse, qu'en hiver elle trainera frileusement autour de la piscine gelée, etc... chaque générique reflétant ainsi le thème de la saison, et une phase de la maladie.

Donc voilà, ce que je vous offre ici, tenez-le pour dit, c'est le générique de la 1e saison. Je ne sais pas encore à quoi ressembleront les suivants, mais il ne fait aucun doute dans mon esprit qu'ils ne ressembleront pas à ça.
J'aime The Big C.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big C de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:49 - Médicament générique - Permalien [#]


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