ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29 décembre 2012

Belle à en mourir de jalousie

C'est en cherchant le pilote de la série pour la jeunesse Dead Gorgeous pour le boulot que je suis tombée sur celui du drama Drop Dead Gorgeous ; ce sont des choses qui arrivent. Comme je ne suis pas une malpolie, j'ai donc regardé celui de Drop Dead Gorgeous ! Sérieusement, vous m'avez déjà vue refuser de tester un pilote ? Bilan des opérations, me voilà avec une nouvelle série dans mon planning !
Comment on en est arrivés là ? Pour mieux comprendre ce phénomène, revenons sur ce pilote...

DropDeadGorgeous

Lancée en 2006 par BBC Three, Drop Dead Gorgeous raconte comment une jeune adolescente, Ashley Webb, est découverte complètement par hasard par un bel après-midi, et comment elle devient mannequin. Jusque là, rien de très affolant ; j'irai même jusqu'à dire que sur le papier, il n'y a aucune raison de regarder Drop Dead Gorgeous plus qu'il n'y en avait de s'infliger The Beautiful Life.
Mais ce qui fait toute la différence, c'est que Drop Dead Gorgeous est profondément authentique, à la fois dans sa façon de développer l'histoire, et dans le ton qu'elle emploie pour le faire. Bien que passant par quelques clichés vraisemblablement incontournables, le pilote va entièrement se dérouler du point de vue de la famille d'Ashley, plus que d'Ashley elle-même, permettant ainsi à la fois aux personnages et surtout, aux spectateurs, de garder les pieds sur terre. On ne cherche pas ici à vendre du rêve, mais plutôt à se demander ce qu'il se passerait si une adolescente parmi tant d'autres se voyait offrir un embryon d'opportunité.

Les Webb sont en effet un couple de la classe moyenne complètement normaux, habitant une modeste barraque toujours en bordel avec leurs trois enfants, et travaillant dans des boulots assez peu glamour (elle travaille dans une cantine scolaire, il est garagiste). Les deux filles ainées, Ashley et Jade, s'entendent à merveille ; il faut dire que Jade est une adolescente très assurée, assez fière de ce à quoi elle ressemble, et qu'Ashley de son côté est un peu renfermée et toute disposer à laisser sa soeur jouer la star de la famille ; elles ont aussi un petit frère qui se situe dans ce que mes parents avaient coutume d'appeler "l'âge con", avec lequel elles se chamaillent régulièrement. Rien que de très classique, donc... jusqu'à ce qu'un jour, alors qu'elle sont en train de papoter dans un troquet, Jade et Ashley sont approchées par une découvreuse qui promet que l'une des filles pourrait tout-à-fait faire carrière dans la mode. Mais cette fille, c'est la grande et élancée Ashley ; Jade est trop petite pour le mannequinnat. Imaginez la claque, un peu.

A partir de là, le pilote de Drop Dead Gorgeous va donc consciencieusement surveiller la façon dont les choses évoluent : le premier coup de fil, la viste d'un manager venu d'une agence locale pour signer Ashley, le premier contrat...
Les choses vont assez vite mais, l'épisode durant la bagatelle de 56mn, on aura aussi le temps de vivre, aux côtés des parents Webb, les questionnements inhérents à la situation : faut-il laisser Ashley s'embarquer là-dedans ? Et sa santé ? Et ses études ? Et sa soeur ? Et on n'y connait rien !
Ces parents modestes se retrouvent à prendre des décisions qu'ils n'avaient pas prévues ; et une fois qu'elles sont prises, encore faut-il les assumer, car entre accepter qu'Ashley signe hypothétiquement avec une agence, et le moment où il faut accompagner celle-ci en plein milieu de la journée à un photoshoot calé dans l'urgence, il y a une différence.
Toute la famille se retrouve changée par la nouvelle vie d'Ashley ; il y a les copines qui sont super fières, les "ennemies" au lycée à qui on peut maintenant river le clou, bien-sûr, mais il y a aussi le fait que le partage des tâches à la maison a changé maintenant que Pauline, la mère, suit Ashley dans tous ses engagements pour veiller sur elle, et que c'est le père, Terry, qui doit assumer la préparation du dîner, par exemple. Ce n'est pas grand'chose en théorie, mais dans l'intimité de cette petite famille, c'est vraiment déstabilisant, même si tous s'adaptent, dans un premier temps, de bon coeur.

Enfin, non : pas tous. Le personnage de Jade, en particulier, est au moins aussi important dans la série que celui d'Ashley ; profondément blessée par le fait qu'elle n'ait pas été considérée plus belle que sa soeur (ou, au pire, aussi belle), elle va passer une bonne partie de ce pilote à être à la fois ravie pour sa frangine, jalouse, et en même temps, peinée par les retombées sur sa propre vie, qu'il s'agisse d'aider un peu plus à la maison pour les tâches ménagères ou de voir que son petit copain regarde Ashley bien différemment maintenant qu'il sait qu'elle est prise en photo par des professionnels. Jade va donc se retrancher à la fois dans un comportement passif-agressif, et régulièrement envoyé des piques à sa soeur sans raison valable apparente, et aussi souffrir secrètement. On sent vraiment l'adolescente meurtrie au dernier degré, qui n'est pas mauvaise par nature et qui donc aimerait se réjouir sincèrement pour ce qui arrive à sa soeur et meilleure amie, mais qui n'y parvient pas tout-à-fait et qui a besoin de l'exprimer d'une façon ou d'une autre (ce sera donc les remarques assassines en public, et les larmes quand elle est seule). Qui plus est, depuis qu'Ashley fait l'objet de tant d'attentions, Jade, qui était auparavant la petite reine des abeilles de son entourage, devient aussi, progressivement, transparente. Alors certes, cette opportunité va faire des merveilles pour la confiance en soi d'Ashley, qui en avait bien besoin, mais elle va aussi causer du tort, on le sent bien dans cet épisode, à sa soeur, désormais obligée de vivre dans son ombre... quand bien même Ashley se contente pour le moment de faire quelques photos de maillots de bain pour une pub dans les pages locales.

Outre des personnages très touchants (essentiellement Jade et Pauline, très présentes dramatiquement), Drop Dead Gorgeous, c'est aussi voire même avant tout une façon de filmer la famille Webb qui est incroyablement tangible. Rarement une série aura été capable de me donner l'impression d'être aussi réaliste. Si vous êtes comme moi et que, quand vous pensez au quotidien dans votre famille, dans votre enfance, vous vous souvenez des dîners préparés vite fait dans une poëlle, de la lumière un peu jaune de la cuisine le matin au petit déjeuner, des bisbilles avec la fratrie sur le canapé après l'école, les disputes mais aussi les silences, les conversations qui sont un peu creuses mais qu'on a forcément, juste parce qu'on vit ensemble... bref, de tout ce qui n'est jamais montré dans 99,999% des séries sur le quotidien des personnages, et qui forme pourtant 99,999% de leur quotidien, eh bien c'est ça, ce que tient Drop Dead Gorgeous.
D'une façon rare et difficile à expliquer, la série parvient à vous donner l'impression de partager tout ce qui constitue les banalités triviales de la vie de famille, de la vaisselle qu'on n'a pas envie de faire à grand'mère qui regarde ses feuilletons à la télé, alors que, quand même, la vie de la famille Webb n'a justement plus grand'chose de banal...

C'est ce qui rend la série profondément attachante, finalement, bien plus que son sujet. En choisissant de rester extrêmement humble, et de s'intéresser dans le détail à la façon dont vit et fonctionne cette famille, Drop Dead Gorgeous instaure immédiatement, plus encore qu'une mécanique d'identification (même si effectivement les Webb pourraient être absolument n'importe quelle famille, donc la vôtre), une ambiance de proximité et d'authenticité.
En fait c'en est même destabilisant, parce que dans les premières minutes du pilote, je passais mon temps à attendre qu'il se passe "quelque chose", je sais pas, un truc important et tragique, genre Ashley devient immédiatement une superstar, ou les Webb refusent qu'elle signe et Ashley doit faire des photoshoot en secret, ou Ashley se fait violer pendant une prise de vue, ou Ashley meurt et Jade doit prendre sa place, ou j'en sais rien !!! Mais quelque chose de gros, quoi. C'est triste à dire : je suis encore trop formatée par les séries américaines ! Mais progressivement, j'ai compris que ce n'était pas ce dont parlait Drop Dead Gorgeous, et qu'on n'était pas sur la CW ou même ABC Family. Et ça m'a plu, quand je l'ai compris.

Bon alors, cette histoire de poursuivre la série, donc, que j'évoquais plus haut. Oui, je vous l'accorde, c'est pas exactement le moment, avec le marathon Jack & Bobby, les reviews entamées qu'il faut que je finalise, et tout et tout... plus le fait que j'ai décidé de refaire un challenge ciné en 2013. C'est clair, ça tombe mal. Mais pour ma défense, les deux saisons de Drop Dead Gorgeous durent respectivement 4 et 6 épisodes... donc je devrais m'en sortir. Et pour être tout-à-fait franche avec vous, j'adore quand ce genre de coup de coeur me tombe dessus, donc je râle surtout pour la forme. Qu'est-ce qu'on fait, on se retrouve pour un bilan de la série quand j'ai fini ?

Voilà et maintenant, un vote à main levée : combien de fois, en lisant le titre de Drop Dead Gorgeous, avez-vous pensé à Drop Dead Diva ? Soyez pas timides, dites-le moi franchement ; en ce qui me concerne, au cours de la rédaction de ce post, mon clavier a fourché trois fois.

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29 septembre 2010

Annulations : une rétrospective

C'est cette histoire de Lone Star qui me met à l'envers. C'est même pas la série elle-même, c'est le geste : deux épisodes et pis j'annule. Ça, ça me met hors de moi.
Alors pour me divertir l'esprit et parce que vraiment j'avais rien à faire (à part quelques news, des articles, et euh, c'est quoi déjà l'autre truc que je devais faire ? Ah oui, dormir), je me suis dit qu'on allait s'offrir une petite rétrospective des séries qui, à défaut de se distinguer pour autre chose, ont eu l'honneur d'être honorées du titre de "première nouvelle série annulée de la saison". J'en ferais bien un article pour SeriesLive mais si vous saviez la liste des brouillons que j'ai déjà là-bas...

lonestar 2010~2011 - Lone Star
beautiful_life 2009~2010 - The Beautiful Life
DoNotDisturb_MEA 2008~2009 - Do Not Disturb
VivaLaughlin_MEA 2007~2008 - Viva Laughlin
Smith_MEA 2006~2007 - Smith
(mais si on pinaille ce serait The Singles Table et Waterfront, annulées avant d'être lancées)
HeadCases_MEA 2005~2006 - Head Cases
Hawaii_MEA 2004~2005 - Hawaii
TheBrotherhoodofPolandNH_MEA 2003~2004 - The Brotherhood of Poland, New Hampshire
ThatWasThen_MEA 2002~2003 - That Was Then
BobPatterson_MEA 2001~2002 - Bob Patterson
TheTroublewithNormal_MEA 2000~2001 - The Trouble with Normal

Voilà, on se sent tous beaucoup mieux, non ?

Posté par ladyteruki à 22:44 - 3615 My (So-Called) Life - Commentaires [3] - Permalien [#]

09 septembre 2010

Ô rage, ô désespoir, ô jeunesse ennemie

La seule raison pour laquelle The CW s'est mise à lancer ses séries avant tout le monde (ou presque), j'en suis convaincue, c'est pour nous plonger dans le plus profond désespoir. La saison commence, on est euphoriques parce que tout semble possible, et vlam ! Nos espoirs sont réduits en bouillie comme s'ils étaient de la cervelle de spectateur de TFHein. Comment voulez-vous ne pas sombrer dans la dépression après ça ? Comment garder encore espoir en la télévision moderne ? Comment ne pas être convaincu qu'il n'y a plus rien à espérer et que l'horizon téléphagique se couvre de noirs nuages qui obscurcissent le ciel à jamais ?
Hm. C'est trop ?

Nan mais comprenez-moi : j'ai littéralement pleuré devant Hellcats. Littéralement.
Il y a deux scènes devant lesquelles j'ai même eu l'impression de pleurer des larmes de sang tant c'était douloureux. C'est tellement nul qu'on se dit que c'est forcément du second degré. Et il y a eu, subrepticement, quelques secondes pendant lesquelles je me suis dit : "ah non, mais ça va, ils n'y croient pas vraiment". J'avais besoin de le croire, vous comprenez ?
Mais au final, tout est tellement stupide, tellement facile, tellement décérébré, tellement... oh mon Dieu, tellement The CW. En pire.

Hellcats

Vous savez, avec Life Unexpected, je m'étais dit que peut-être, juste peut-être, la chaîne avait compris qu'elle n'était pas obligée de faire dans l'affligeante nullité en permanence. Que montrer des jeunes filles bien roulées en train de se trémousser et de faire des effets de chevelure, ça avait fait son temps. Que franchement, les personnages inconsistants (elle se moque des cheerleaders mais elle va donner le meilleur d'elle-même dans la seconde qui suit, elle se fritte avec la petite capitaine et ensuite devient sa meilleure amie...), les acteurs au talent abyssal (mais Gail O'Grady a stocké le sien dans ses nouvelles pommettes alors tout va bien), les scénarios remplis d'excuses (ça alors je suis nue dans les douches mixtes, bien-sûr la méchante a entendu quel était mon point faible...), les scènes interminables de remuage de popotins (sans échauffement, sans entrainement, plus miraculeux que quand les petits de Glee chantent juste sans jamais répéter)... que tout ça, franchement, on en avait fait le tour.
Sérieusement, j'ai honte pour les adolescents à qui on fait regarder ces conneries. Ça provoque la même réaction d'indignation et de colère que l'an dernier devant The Beautiful Life, voire même, pire, parce qu'à côté, The Beautiful Life n'était pas aussi gratuite, c'était presque du Walt Disney à côté des plans sur les fesses qui remuent !

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je... J'arrive plus à penser. Je viens de me taper le pilote de Hellcats, au nom du ciel !
Le salut de ma journée dépendra de Terriers. C'est dire si parfois, téléphagiquement, la vie tient à peu de choses.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hellcats de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:37 - Review vers le futur - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 juillet 2010

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'adolescent

Ah, ça va nous changer ! Pour toutes les fois où j'ai tempêté contre les séries américaines à destination des adolescents, aujourd'hui, ça va être un peu différent. Presque, j'ai dit presque, une compensation. Parce que dans un monde télévisé où, chaque année, on nous fourgue un nouveau Hidden Palms, 90210, Gossip Girl ou The Beautiful Life, ce sont des séries comme One Tree Hill qui semblent les plus à même de servir de référence réaliste sur le quotidien des ados, c'est dire si on est pas dans la mouise.
Heureusement, on dirait que c'est en train de changer. Ou en tous cas, j'accueille à bras ouverts le retour de la nuance. Avec l'arrivée de Life Unexpected à la mi-saison, et maintenant, cet été, Huge, on est peut-être en train de retrouver une télévision plus en phase avec la réalité de son public adolescent (pourtant goinfre parmi les goinfres de la téléphagie). J'ai envie de dire qu'il serait temps.

HUGE

Dans Huge, l'obésité est au centre de tout et pourtant, elle n'est qu'un prétexte. Car à travers l'inconfort des jeunes personnages, on retrouve le malaise qu'expérimentent les adolescents quand leur corps semble ne plus vraiment leur appartenir. Derrière l'artifice du surpoids (un cas particulier de ce problème), c'est un thème universel que Huge aborde, celui d'une période de la vie où, de toute façon, on a du mal à aimer son corps, mais où le regard des autres nous pousse à dépasser cet inconfort et ces complexes pour s'épanouir en tant que (presque) adulte.
La problématique du surpoids n'est pas anodine, je n'ai pas dit ça. Dans une Amérique qui qualifie l'obésité de ses jeunes d'épidémie, évidemment pas. Mais sans avoir connu ce problème, on n'a pas de mal à compatir avec les personnages. Pour cela, l'écriture fait beaucoup, mais également la réalisation, qui, s'attardant dans les regards, les plans sur les mains, et les attitudes gauches des uns et des autres, laisse la place au non-dit, celui qui n'exprime pas un poids mais une émotion sincère et reconnaissable entre mille.

Difficile de ne pas retrouver un certain nombre de qualités présentes dans Angela, 15 ans, dans cette nouvelle série de Winnie Holzman. Les personnages se cherchent tout en ayant déjà une idée assez précise de leur identité. Ils voudraient juste réussir à trouver l'équilibre entre le regard des autres et celui qu'ils se portent, parfois accusateur, parfois complaisant. Finalement, ce camps de vacances pour les gros leur permet à la fois de s'assumer, au milieu de leurs semblables (ce que la scène d'ouverture exprime nettement) et de changer, ou du moins essayer.

Pourtant, le personnage central n'a rien de commun avec celui d'Angela. Will serait plutôt l'héritière de Rayanne, à mi-chemin entre la rébellion effrontée et le désespoir camouflé sous des tonnes d'arrogance. Fini les voix off, Will dit tout haut ce qu'elle pense, parfois bravache, et ne se prive pas de faire connaître son avis, ou l'avis qu'elle voudrait avoir. On sent immédiatement la contradiction entre les complexes et blessures, et le côté rentre-dedans et fort en gueule du personnage, le rendant immédiatement humain, c'est-à-dire ni adorable, ni insupportable. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu un personnage de ce genre ? Il y a quelque chose de courageux dans la façon dont dés le départ, on nous donne la possibilité de voir au-delà des stéréotypes.

D'ailleurs, pour un épisode d'exposition, le pilote de Huge parvient à éviter un bon nombre d'écueils. En-dehors de la douce Becca, aucun personnage n'est unidimensionnel. Les garces deviennent des victimes, les outsiders des bullies, etc... Côté personnel adulte (et forcément mince), on retrouve la même ambivalence, pas forcément explorée en profondeur mais il faut quand même admettre qu'en 42mn, il s'en dit, des choses, et on a le temps de voir un spectre de nuances particulièrement prometteur.

Non, le pilote n'est pas un chef d'œuvre, évidemment. Ça reste une série adolescente, et une série de ABC Family de surcroît. Mais quand le petit slogan "a new kind of family" est apparu au coin de l'écran, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il y avait quelque chose, sinon de nouveau, au moins qui était réapparu après bien des années d'absence. Il ressort des regards en coin et des attitudes de façade quelque chose d'honnête et authentique qui m'avait franchement manqué.

Le pari est sincèrement osé de lancer une telle série à une période où personne ne veut se prendre la tête, et encore moins se voir renvoyé à ses fragilités, avec en plus un casting loin d'être sexy (à l'exception de la petite Hasselhoff qui est juste lumineuse), mais personnellement, quelle que soit la saison et quel que soit l'attrait des acteurs, quand l'histoire est bonne, l'interprétation solide et la réalisation impeccable, on n'a pas besoin de me le dire deux fois. Allez hop, Huge vient de passer dans mon programme de l'été.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Huge de SeriesLive.

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19 janvier 2010

Trop attendue

Ce post s'adresse à vous tous qui, comme moi, avez été adolescents pendant la seconde moitié des années 90... vous vous souvenez ? Ce qu'on a pu ressentir devant Felicity, Dawson et/ou Young Americans ? Pour ma part, je gardais beaucoup de distance avec ces séries pour adolescents (et TF1 ne m'a pas permis d'approfondir la question Felicity qui aurait pu être la seule exception), mais même moi je l'ai perçu à un moment. Oui, le fait est qu'on l'a tous ressenti, à un moment ou à un autre, devant l'une de ces séries ou leurs équivalents, à des degrés divers.
Cette impression de proximité. Quelque chose nous parlait. Quelque chose s'adressait à nous sans (trop) nous prendre pour des crétins. Ne simplifiait pas le monde exagérément. Ne se contentait pas de nous divertir. Ces séries n'étaient pas juste écrites pour que nous les regardions, elles étaient écrites pour que nous y trouvions un petit quelque chose. Peut-être même un peu de nous.

Je pensais sincèrement cette époque totalement révolue. Elle s'est éteinte avec Joan of Arcadia et Everwood, pensais-je. Et pour être sincère, ça ne me faisait ni chaud ni froid, j'avais déjà amplement passé l'âge de me sentir touchée de plein fouet par ces séries, et même quand j'en avais l'âge, elles étaient loin d'avoir sur moi l'impact qu'elles avaient sur mes ami(e)s.

Sont apparues, graduellement, par ordre croissant d'indigence, The OC, One Tree Hill, Gossip Girl, 90210 et autres Hidden Palms, et je me disais : je suis bien contente de ne pas être une ado. Bien contente de ne pas chercher dans le paysage télévisuel quelque chose qui me parlerait, parce que, punaise, qu'est-ce que je serais déçue ! Les années semblaient ne passer que pour apporter moins de sens aux séries pour ados. Qu'est-ce que je les plains, les ados. C'est déjà pas facile d'être ado, mais quand on voit en plus les séries qu'ils se coltinent... pas gâtés, les pauvres. Au mieux, ils devraient être aussi furieux que je le suis de ce qu'on leur fourgue.
Et d'ailleurs, un peu plus tôt cette saison, je m'en étais émue à nouveau avec l'arrivée de The Beautiful Life, qui ne remontait toujours pas le niveau.

Et puis, tout le monde a commencé à parler de Life Unexpected. Et de vous à moi j'ai évité du mieux que j'ai pu ce qu'on en a dit, ce qu'on en a vu, ce qu'on en a espéré. Car de toute évidence, tout le monde en espérait beaucoup. Quand les trailers sont apparus, wow ! Je lisais les réactions et j'avais l'impression que tout le monde attendait l'arrivée de cette série comme celle du Messie. The WB redescendue sur Terre... On pouvait presque entendre les larmes d'émotion et d'espoir rouler sur les joues des gens.
C'est dangereux de trop en attendre d'une série. C'est déjà pas très sain d'attendre grand'chose de la CW, alors...

MuchExpected

Et pourtant, après avoir, ce soir, regardé le pilote de Life Unexpected, je dois reconnaître que je comprends sur quoi repose cet espoir, et qu'a priori il est relativement fondé. Mais que ce poids qui pèse sur les épaules de la série est peut-être trop lourd à porter quoi qu'il arrive. Life Unexpected parvient à avoir ce petit quelque chose de "vrai" qui semblait s'être évaporé mystérieusement des teenageries modernes. Certainement parce que dans le fond, Life Unexpected n'est pas conçu comme une teenagerie. Son personnage principal est une adolescente, certes, mais son discours est plutôt adulte, et surtout c'est à la génération de ses jeunes parents que la série s'adresse (la présence de Kerr Smith, transfuge de Dawson, et de Shiri Appleby, venue de Roswell, sont deux choix de casting assez révélateurs de la véritable cible de la série). Des adultes pas trop adultes, mais résolument plus des ados. D'ailleurs, on comprend avec ce pilote que ce n'est pas l'adolescence de Lux qu'on va suivre, mais bien la façon dont les deux parents vont grandir, enfin, et totalement. Et pourtant quelque chose dans le ton de cette série fait que, si j'étais adolescente aujourd'hui, je ressentirais ce que j'ai ressenti jadis devant Felicity.

Mais voilà le cœur du problème : je ne suis plus adolescente. Et vous, mes camarades qui avez été adolescents au cours de la seconde moitié des années 90, non plus. Et c'est là que le problème se pose finalement. C'est que nous avons passé l'âge. Ça ne nous appartient plus vraiment, cet univers. Les moins téléphages d'entre nous ont gardé Dawson dans un coin de leur cœur et sont passés à autre chose. Les plus téléphages d'entre nous, bien qu'éventuellement passés par des Skins et consorts, ont depuis grandi aussi, et ont découvert des Experts, des Dexter, des Mad Men même, et j'en passe. Nous vivons dans un autre monde et nous aimerions que Life Unexpected nous ramène à notre prime jeunesse, alors que nous ne guettions pas encore nos premiers cheveux blancs et que nous ne payions pas encore d'impôts. Mais c'est un miracle que Life Unexpected, malgré son pilote plutôt solide, ne peut accomplir. C'est trop lui demander.
D'autant que Life Unexpected n'est pas une série épatante. Elle est juste correcte. Quelque part ce devrait être le minimum syndical, mais nous avons tellement baissé le niveau de nos attentes !

Il faudrait pouvoir prendre cette série pour ce qu'elle est : une série divertissante mais pas abrutissante. C'est déjà bien. Mais je crains qu'après les semaines, voire les mois passés, cela ne lui soit refusé. Tout le monde attendait Life Unexpected comme la série qu'elle ne pouvait être. Celle qui nous rappellerait ce que nous avons ressenti il y a une dizaine d'années de ça. Mais même la meilleure des séries ne le peut pas. Alors, une série correcte...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life Unexpected de SeriesLive.

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18 septembre 2009

Ephémère

Il n'y a pas grand'chose de plus réjouissant qu'un nouveau pilote (à part peut-être regarder un nouveau pilote avec un milk shake à la fraise). Mais comme plusieurs d'entre nous se damnent à le dire depuis quelques jours, les pilotes de la CW font figure d'exception à cette règle, et sont d'une pénibilité difficilement surmontable pour le spectateur (allant jusqu'à faire tourner le lait dans les milk shakes).

Entre côté cour The Beautiful Life, la série dont on a beaucoup parlé tout l'été mais dont on n'a pas dit un mot, un peu attendue au tournant en ce qui me concerne, genre "si vous n'avez que votre pseudo-scandale à raconter, je vais pas faire de quartier".
Après avoir regardé l'épisode hier soir, je peux vous dire que ça va saigner.
Mais pour plus de pédagogie, considérons plutôt les pour et les contre d'une telle série.

TheBeautifulTab

Voilà, c'est pas plus compliqué que ça. Et même là ça reste encore très relatif, certains contre sont des contre++, par exemple j'ai eu une envie de distribution de baffes façon Obélix concernant l'intégralité de la population féminine.

Il y a eu deux moments qui m'ont donné de l'espoir, mais l'espoir est une salope comme on va le voir. Déjà, à un moment, j'ai ri (j'ai regardé autour de moi immédiatement, et personne n'avait remarqué, même les chats dormaient, tout va bien il n'y a pas de témoin) d'une mini-réplique sans prétention mais au timing efficace lorsque Barbie et Ken sont en train de tomber amoureux dans les couloirs glacials de l'agence de mannequins ; une fois. Et ensuite, quand il s'est avéré que le personnage de Barton avait eu un bébé, et que, je dois dire, je n'avais pas trop envisagé cette possibilité (il est très possible que ç'ait été le seul mérite du feuilleton Barton cet été : créer un l'effet de surprise sur ce petit twist), j'ai pensé, l'espace d'un instant, qu'on allait enfin causer sérieusement et que finalement la série avait peut-être un petit truc à dire.
Mais très vite il s'est avéré que non, je vous l'ai dit, l'espoir est une salope, les intrigues sont restées indigentes, Barbie et Ken sont plus sirupeux que la garniture d'un pancake, les personnages sont leur propre caricature, et je t'enverrais tout ça au resto vite fait bien fait.

Pour que The Beautiful Life ait des chances de me plaire, il aurait fallu, pour synthétiser, que la série ne soit pas si visiblement affublée de la malédiction CW. On va dire que je m'acharne mais c'est vrai ! Cette malédiction qui consiste à systématiquement prendre un sujet qui permettrait de faire preuve de cynisme (à défaut de mieux) et qui finalement s'embourbe dans une contemplation maladive pour le physique des acteurs et une admiration malsaine pour leur mode de vie fastueux et irréaliste, à chaque fois, ça casse tout.

J'ai l'air de dire qu'une série sur le monde de la mode ne devrait qu'en brosser un portrait vitriolé, et c'est plus ou moins ce que je dis : beaucoup d'éléments de The Beautiful Life permettraient d'en faire une sorte d'Action! du monde du mannequinat, et j'aimerais énormément une chose pareille, même sans les répliques de Peter Dragon ce serait formidable d'en arriver déjà là, à un portrait, moins plan-plan que d'ordinaire, d'une industrie qui marche sur la tête mais en est fière. Mais au lieu de ça, The Beautiful Life fait ce que tout le monde a fait avant, "oh le mannequinat c'est beau, on porte des superbes robes de couturier et tout le monde il est tellement beau et on peut y trouver l'amuuur si on reste vrai et honnête et sincère et gentil et on se fait des amis même si des fois on est en compétition et attention aux dangers mais nous comme on est vrai et honnête et sincère et gentil on sait les éviter et même faire chanter les méchants pour gagner à la fin au nom de la mère célibataire et de l'orphelin". Mais qui y croit encore ? A part les quelques jeunes filles qui tenteront la prochaine édition du concours Elite et reviendront pleurer dans le giron de maman pour peser plus de 45kg ? Et encore ?

PerfectGirl

On pourrait, un jour, espérer que la CW ne prenne pas les ados pour un troupeau de bœufs, qu'elle n'insulte pas leur intelligence (si, si-si, certains sont intelligents, j'en ai vu), et qu'elle dise que la gentille blonde qui vient du trou du cul de la Bible Belt ne va pas prendre Manhattan d'assault et ravir le cœur de toute la profession par son seul charme gauche, et en parallèle faire chanter des vilains photographes et déjouer les pires des complots. Ça n'existe pas, et ça ne leur arrivera pas, à ces ados. Alors tant qu'à faire une série sur le monde de la mode, autant être critique, et mordant. Si vous pensez qu'un ado ne peut pas tolérer le mauvais esprit et la critique, c'est que soit vous êtes trop vieux, soit il y a un problème avec les ados qui constituent votre audience.
Mais, parlant d'audience, je remarque que justement, le public d'une telle série ne se bouscule pas au portillon pour voir les interminables défilés sur les podiums dans des tenues vomies par un arc-en-ciel nauséeux. Les audiences de The Beautiful Life disent clairement que les ados se contrefichent complètement qu'on les enfume avec des rêves factices. Ce qui me les rend infiniment plus sympathiques, tout de suite.

Oui, The Beautiful Life fait partie de ces séries qui me mettent en colère. Toute rouge.
Une fois l'épisode fini, je me suis retrouvée dans le noir, un peu fatiguée, un peu vidée de ma sève. J'avais eu raison de regarder ça un soir de semaine, finalement. En étant crevée, j'avais l'impression de m'être mise au niveau de sollicitation intellectuelle voulu par les scénaristes. Je me sentais très lasse. Je me suis surprise à rêver d'une série qui s'appellerait The Beautiful Life parce que tout le monde serait si beautiful dedans que ça ne toucherait plus personne, et que tout le monde ne ferait attention qu'à la personnalité des gens parce que, puisque tout le monde rentre dans un Versace en 36 et fait 1m80 sans les talons aiguille, à quoi bon se soucier de l'apparence ? Un monde où étrangement les haines et les passions seraient différentes, un vrai parti-pris scénaristique, une sorte de bulle dans le monde, une envie de détourner les codes, de dire autre chose.
Là j'ai su qu'il était amplement temps de me coucher. J'ai laissé trainer mes cheveux défaits sur l'oreiller, j'ai remonté les couvertures jusque sous mon menton, j'ai caressé distraitement mon chat roulé comme un jambon à mes côtés, j'ai fermé les yeux et j'ai instantanément oublié l'existence de The Beautiful Life.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Beautiful Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:18 - Review vers le futur - Commentaires [6] - Permalien [#]

04 septembre 2009

HOME MADE Kazoku

Ah, la famille ! On y revient toujours. Dans le fond c'est forcément là que ça a commencé.
D'ailleurs, c'est vrai : la fiction japonaise, c'est quasiment par les comédies familiales que ça a commencé. Le genre home dorama a été lancé avant bien d'autres, dés les débuts de la télévision nippone, avec une particularité qu'on appelle le kitchen sink, c'est-à-dire que tout se passe dans la cuisine (à l'époque c'était techniquement plus pratique d'avoir un seul décor, et ça permettait des histoires entre belle-mère et bru qui tentent de cohabiter, les histoires de belle-doche c'est universel !). Les Japonais, qui décidément ont tant en commun avec nos amis iliens les Britanniques qui en avaient fait leur marotte télévisuelle aussi, ont lancé ce type de dorama avant même les histoires d'amour et autres triangles impossibles, dans les années 50, en même temps que les séries d'enquêtes (les deux étant au tout début filmés en direct).
C'était le paragraphe à peu près instructif du jour.

Donc, fort d'une longue tradition de home dorama, le Japon se doit d'en créer encore de temps à autres, histoire de ne pas perdre la main, et c'est toujours ça que ces saloperies d'adolescents n'auront pas. Aujourd'hui le genre est largement moins en vogue, ou alors on le transforme pour le mettre au goût du jour, genre Oniyome Nikki, et les home dorama typiques ont quasiment tous disparu.
Tous ? Non ! Car la chaîne TV Asahi résiste... en même temps c'est vrai que c'est la même chaîne qui a plus ou moins abandonné l'idée de s'adresser à une clientèle qui ne sait pas servir de Fixodent. M'enfin quand même.

Alors laissez-moi vous présenter Oishii Gohan (délicieux riz/délicieux repas), une série que pour tout vous dire, j'ai regardée parce que je le pouvais, sans lire une seule ligne à son sujet. J'ai vu le nombre de cagoules actives, j'ai foncé, des fois c'est aussi simple que ça, et on a vu récemment que ça me faisait de bonnes comme de mauvaises surprises. Aujourd'hui, c'est une bonne surprise, c'est indiscutable.

Il s'agit de l'histoire d'une famille qui, 15 ans après une brouille qui les a séparés (et dont on ne nous dit pas l'objet), se retrouve à cohabiter à nouveau dans la même maison. Le personnage-phare en est le patriarche, un homme dur et pas très avenant qui tient un magasin de riz dans une ville assez traditionnelle et conservatrice, et qui y travaille seul avec son employé dévoué, la maison étant par ailleurs entièrement vide. Mais lorsque pépé commence à avoir des ennuis de santé, l'employé Gorou va demander au fils de la famille, Shinpei, un écrivain tokyoite entre deux emplois dirons-nous, de bien vouloir tenir le magasin pendant que le vieux est à l'hôpital. Sauf que d'une part, pépé n'est pas au courant, et d'autre part, le fiston jure que dés que son père est sur pied, il retourne à Tokyo sans même le voir.
N'importe qui à ce stade aura deviné que ça ne va pas tout-à-fait se passer comme ça.
Mais tout cela est vu avec le regard de la femme de Shinpei, Tae, qui n'a jamais su pourquoi la famille s'était disloquée 15 ans en arrière et qui essaye de rabibocher père et fils, ce qui donne beaucoup de fraîcheur à cette comédie familiale.

Deux choses.
D'abord, il faut avouer que Tae est adorable. Elle donne l'impression de vrombir dans tous les sens avec bonne humeur. On sent déjà dés sa première scène que sa relation à son fils (le petit Shouta) est pleine de complicité et de tendresse, mais de toutes façons on verra ensuite qu'elle est toujours agréable à vivre (sauf quand elle cuisine où là, c'est un bourreau qui s'ignore), qu'elle est pleine de vie, et franchement, un personnage si positif, c'est un bonheur.
Ensuite, ce qui est vraiment génial, c'est que si chacun a fait sa vie de son côté, la génération de Shinpei est pétillante à voir interagir : il y a la fille aînée, Madoka, qui a la langue bien pendue, Shinpei donc, l'auteur au chômage ("j'avais trouvé une super idée mais c'est quelqu'un d'autre qui écrit le livre"), et enfin Kaede, la frangine gothique. On sent que même si leurs rapports sont distendus, en tous cas ils ne se sont pas perdus de vue. Lorsqu'ils réinvestissent la maison familiale pendant que leur père est à l'hôpital, on s'amuse de les voir tous ensemble, à la fois en train de ressortir quelques vieux souvenirs comme s'ils essayaient de se raccrocher à quelque chose qui n'est plus, et en même temps prendre du plaisir à passer du temps ensemble sans se soucier de rien. Il y avait pendant la scène du déjeuner dans la maison (un déjeuner improvisé) une atmosphère vivante qui donnait l'impression qu'on avait atterri au milieu d'une vraie famille.
Et enfin, la petite famille évolue dans une maison splendide (un jour je vais finir par ouvrir un album pour les captures des logements les plus chouette, ça vous tenterait ?), et ils passent leur temps à parler de vieilles chansons des années 70 et de nourriture (quand ce n'est pas l'avaler tout court). En même temps, quand on vend du riz, c'est normal quelque part, mais vraiment, ça m'a donné envie, tout ça.

Bon d'accord, ça fait trois. Mais de vous à moi, quand une série s'appelle Oishii Gohan (avec une ambiguïté sur le sens du mot gohan puisqu'il veut aussi bien dire riz que repas ; culturellement ça a du sens, je ne vous fais pas un dessin), il va nécessairement y être question de riz et de bouffe. Et là, comment vous dire ? J'étais assise face à l'écran et mon chat, assis à mes pieds, jouait avec ma langue.
Hm ? Quoi ? Non, vraiment ? Bon, d'accord, puisque vous insistez, je vous fais des captures.

OishiiGohan_1

OishiiGohan_2

OishiiGohan_3

OishiiGohan_4

OishiiGohan_5

OishiiGohan_6

Faaaaaaaim.

Bon, donc voilà, Oishii Gohan, c'est l'essence-même des repas de famille, des rires, des disputes, des vieux dossiers, et de la bouffe. J'ai regardé ce pilote en ayant l'impression d'assister à un Brothers & Sisters, mais en moins pété de thunes, quelque part, plus humble. Les comparaisons avec la série américaine ne s'arrêtent d'ailleurs pas là, mais je vais pas tout vous spoiler non plus.

Sans compter un truc qui me plaît énormément, c'est qu'à chaque épisode, on nous ressort une vieille chanson que la famille écoutait quand tout allait bien, et alors croyez-moi, ces chansons japonaises qui ont entre une et deux décennies, c'est du bonheur en barres. Je sais qu'on n'est pas nombreux en Occident à en raffoler, mais personnellement j'adore ça, et même moi qui n'en écoutait pas il y a 20 ans (même pas il y a 5 !), ça me rend toute joyeuse et nostalgique de voir ça, surtout que la famille déconne en écoutant les vieux vinyles, et que ça participe énormément à l'ambiance de la maisonnée.

D'ailleurs le titre de chaque épisode de la série fait référence à un plat familial et une chanson rétro, ça vous donne tout de suite le ton.

Donc maintenant que je vous ai fait pareille présentation, où je vous ai pour ainsi dire vendu un autre Lunch no Joou à découvrir, quand même, écoutez, c'est bien simple, si ce post-là, il ne vous met pas l'eau à la bouche, alors je rends mon tablier et je me mets à reviewer un par un tous les épisodes de The Beautiful Life cette saison.
Soyez chics, les gars, me laissez pas tomber sur ce coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Oishii Gohan de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:24 - Dorama Chick - Commentaires [1] - Permalien [#]

07 août 2009

Le drama, ça suffit pas

Ça commençait à faire quelques temps que je n'avais pas râlé. Tout le monde s'inquiétait. Rassurez-vous, bonnes gens, ma mauvaise humeur se trouve ravivée par une pseudo-affaire qui m'a bien mis les nerfs en pelote.

Accusé, levez-vous ; sur le banc de la défense, The CW s'apprête à plaider la légitime défense. L'accusation porte sur la niaise Mischa Barton, asperge devenue concombre de son état. Les faits ? Mlle Barton cherche tellement à échapper au papparazzi qu'elle stimule leur intérêt en s'en cachant. Le verdict : peut-on rétablir la peine de mort, s'il-vous-plait ?

Il y a des précédents à cette exposition médiatique : le crêpage de chignon en coulisses de Grey's Anatomy, l'addiction de David Duchovny dans Californication, bref, que des choses passionnantes.

Dans le temps, une série se suffisait d'elle-même pour captiver le public. Du moins, j'aime à le croire. Aujourd'hui, lorsque le scénario fait défaut, on ajoute une pointe de drama en-dehors du drama... cherchez l'erreur. Serez-vous étonnés d'apprendre, chers membres du jury, que les séries concernées par ces pseudo-scandales sont le plus souvent des séries dont le scénario pêche par indigence, et qu'on pourrait en conclure que moins l'intrigue est passionnante, plus les ficelles pour y intéresser les spectateurs artificiellement sont grosses et grasses. La rixte sur Grey's Anatomy a commencé à l'automne 2007 et ce n'est qu'avec le départ de TR Knight il y a quelques semaines qu'on y a enfin trouvé une conclusion, c'est vous dire à quel point on pataugeait dans le n'importe quoi.

Pour la saison 2009-2010, il faudra donc s'y résoudre : The Beautiful Life n'aura pas de scénario mais plein de rebondissements !

Posté par ladyteruki à 23:15 - Point Unpleasant - Commentaires [2] - Permalien [#]


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