ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-07-11

Le poing levé

Tout a commencé il y a un peu moins d'un mois et demi, sept semaines, en fait. Nous voici arrivés 222 épisodes plus tard, et j'ai fini mon intégrale de Roseanne. Ce fut toute une épopée qui a notamment comporté un achat de l'intégrale, des semaines de délice, et une dernière semaine où j'ai bien souvent été à la torture, mais j'y reviens en temps utile.

Et avant de vous faire un petit post de bilan (je sais bien, je n'ai jamais le réflexe d'en faire et il faudrait que je prenne le temps de vous reparler de Cloudstreet, par exemple, ou de mon revisionnage de The No. 1 Ladies' Detective Agency, mais je n'ai simplement pas pris le pli...), je voudrais revenir sur cette expérience incroyable qui consiste à assister à la fin d'une série. En ces temps d'annulations souvent intempestives (même quand on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour les éviter), on a tendance à oublier. Et puis, suivre une série sur plusieurs années, et s'envoyer l'intégrale en quelques semaines, ça transforme aussi le regard qu'on a ce sur final. Bref, on a parfois tendance à oublier ce que c'est que de voir grandir une série et la voir se préparer à disparaître, et à le faire en quelques heures.
Pour tout vous dire je suis encore ébranlée. Des personnages qu'on avait appris à aimer, qui s'en vont sans espoir de retour, ce n'est pas un spectacle dont on sort avec le sourire.

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Pourtant comme je l'ai dit, ces 7 semaines ont été des véritables montagnes russes. C'est le danger des intégrales : le visionnage condensé fait qu'on voit mieux la plupart des choses. Parfois c'en sont de bonnes, on repère des références, des petits rappels, des marques de continuité qui nous auraient échappé si on avait laissé passer une semaine entre deux épisodes. Et puis parfois, il s'agit de mauvaises choses, et ça rend les choses douloureuses à regarder.

Il y a 7 semaines et 9 saisons de ça, Roseanne (re)commençait comme un sitcom honteusement drôle. Pas de famille dysfonctionnelle ici, mais un personnage central et un parti-pris atypiques, et des revendications à la pelle. Parce que la mission première de la série n'a jamais été de simplement faire rire, mais de faire rire pour faire passer la pilule d'une masse de prises de position assumées et pas forcément bien vues, Roseanne se devait d'avoir d'excellents dialogues, et elle a longtemps brillé par leur verve sans fioriture. La série met en scène des personnages qui sont peut-être pauvres, peut-être pas très éduqués, peut-être pas sortables... mais définitivement intelligents (sauf Mark). Jamais ses personnages ne sont pris à défaut de ce côté, leur répartie ne les diminue jamais, les saillies ne sont pas là pour les tourner en ridicule. C'est donc un univers où il n'existe pas de gag à proprement parler, mais plutôt des vannes constantes et échangées allègrement par tout le monde. Et avec tout le respect que je dois à de nombreux sitcoms qui pourtant m'ont fait rire, c'est une qualité qu'on trouve rarement dans ce genre où le rire vient avant tout du ridicule.

Mais outre le fait qu'elle ne prend pas ses personnages pour des imbéciles, la série a aussi décidé de choisir ses sujets avec intelligence, décidant par là de ne pas prendre ses spectateurs pour des imbéciles. C'est l'angle social dont se prévaut tant la série.
Les premières saisons (ça s'atténue fortement lorsque Roseanne et Jackie tentent de monter leur propre affaire) sont consacrées à des intrigues vues peu ou pas du tout ailleurs, et quand elles ont un pitch de départ similaire, elles ne sont jamais traitées selon les canons du genre et surprennent toujours. La série ne nous emmène pas où tant d'autres sont allées : ainsi, quand Roseanne quitte son travaille à l'usine, elle paye le prix de sa démission et ne trouve pas de travail tout de suite. Les cordons de la bourse familiale se resserrent et elle passe plusieurs épisodes à vivoter d'un boulot de vendeuse d'abonnements par téléphone. Ainsi, chaque décision quant à l'avenir de la petite famille ne se décide pas pour nous faire rire ou provoquer un changement, mais avec toujours un oeil sur le point d'horizon, et les étapes réalistes qui se produiront forcément si un changement intervient. Le plus souvent, dans les premières saisons, ces changements sont de l'ordre professionnel et n'interviennent ni par hasard, ni de façon miraculeusement résolue. S'imprime vite un schéma, qui je pense doit être moins évident pendant un visionnage hebdomadaire, de format feuilletonnant subtil.

Ce qui est fascinant c'est aussi la façon dont ces choix sont conduits. La famille Conner ne prend jamais de décision mûrement réfléchie, ou presque, et ne se dit pas qu'il faudrait peut-être se montrer raisonnable et/ou essayer de faire quelque chose pour redresser la barre (comme on a vu plusieurs fois le faire les familles de séries comme Malcolm). Ce sont des impulsifs, ils payent le prix de leur choix, et la série ne leur trouve pas d'excuse autre que "c'était comme ça qu'on le sentait". Impossible de voir Roseanne traiter son job, en apparence parfait, dans un salon de coiffure, sans se dire que la pauvre femme a perdu la tête. Mais à aucun moment la série ne cherchera à lui donner à se justifier. Les choix de Conner, quels qu'ils soient, leur appartiennent entièrement, comme s'ils n'avaient que faire de ce que le spectateur en pensera, drapé dans son assurance de savoir ce qui est le mieux pour les personnages, ou comment il faudrait se conduire pour arranger les choses. Les Conner sont pauvres et parfois semblent tout faire pour le rester, mais c'est parce que dans le fond, ce sont des indépendants, et il y a certaines choses qu'ils ne feront jamais juste pour pouvoir payer les factures.

Derrière cette apparente désinvolture repose donc une grande part de volonté de rester libre des carcans sociaux. Les nombreuses démonstrations de Roseanne pour prouver que c'est elle qui porte la culotte, et qu'elle n'est pas une femme soumise, en sont une autre manifestation.

Au-delà du constat social, ou plutôt de la déclaration de guerre contre l'ordre social, Roseanne est aussi une série qui parle du rapport parent/enfant avec une sincérité désarmante, et la volonté là encore de ne pas donner de leçon. Parce que les parents eux-mêmes en sont bien incapables. Ils ne veulent pas tenir leurs enfants, ils ne veulent même pas leur inculquer quoi que ce soit, ils les laissent vivre même si après, pour parvenir à ce qu'elle veut, cette manipulatrice de Roseanne finir par tenter de tordre leur volonté. Mais les Conner ne peuvent jamais vraiment contrôleur leurs enfants et, sur le long terme, cela se prouvera de nombreuses fois.

J'ai dit que Roseanne était un personnage manipulateur : ce n'est pas là son pire défaut. Bruyante, désagréable, constamment en quête du contrôle total (qu'elle n'exercera jamais vraiment parce qu'elle est trop électron libre pour se contraindre elle-même à exercer longtemps son pouvoir de coercition sur la famille et les amis), cette femme qui est, comme le titre de la série l'indique clairement, au centre de tout, est aussi le personnage le plus détestable du lot, celui qu'on a envie de baffer par moments, celui qui semble toujours manquer de coeur ou de finesse pour apprécier ce qu'elle a. Ajoutez à cela que Roseanne Barr (or whatever) n'est pas la meilleure des actrices, et de loin ; fort heureusement, John Goodman est un homme de grand talent qui sauve chaque scène et porte Barr autant de fois que nécessaire.
C'était en tous cas assez osé de réussir à rendre le personnage si antipathique et en même temps de le rendre incontournable, jamais totalement haïssable parce que, admettons-le, il a aussi quelques unes des meilleures répliques.

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La réputation de Roseanne la précède : il est de notoriété publique (téléphagiquement publique, disons) que sa fin est une erreur de la nature. Après bien des rires et des épisodes engloutis avec gloutonnerie, je suis arrivée dimanche à la saison 9. On m'avait dit que c'étaient les trois dernières qui étaient moins bonnes, et la 7 comme la 8 se montrant appréciables (même si franchement moins abouties), je partais avec une relativement bon a priori sur la question.

C'était sans compter sur notre ennemi à tous, téléphages de bon goût : le saut de requin. Tremblez ! Roseanne effectue un jump the shark de toute beauté, exécuté avec autant de souplesse qu'une baleine et autant de doigté qu'un manchot. Et tout ça, en nous regardant droit dans les yeux avec défi, l'air de dire que c'est comme ça et puis c'est tout, à prendre ou à laisser.
Plusieurs fois je vous avoue que l'envie ne m'en a pas manqué ! Tout laisser, peu importe la loyauté qu'on ressent instinctivement envers une série qu'on a suivie assidûment et à fortes doses pendant 8 saisons dévorées en une courte période de temps.

Insupportable, le premier quart de la saison va détruire tout ce que la série avait mis en place avec tant d'intelligence, d'audace et de bonne humeur incisive. La saison tombe totalement à plat. Les cosplay quasi-permanent est insultant. Le défilé complètement gratuit des guests est insupportable. Les intrigues tiennent sur du papier à cigarette (un cas d'école : l'épisode dans le train). Ne sont à sauver que quelques épisodes (déjà initiés dans des saisons précédentes, maintenant plaqués sans le moindre remords sur une intrigue moribonde) qui servent d'hommages aux grandes comédies de la télévision américaine, comme Gilligan's Island, That Girl, I Dream of Jeanie, et bien d'autres (on retrouve la même volonté dans Une Nounou d'Enfer, qui n'a jamais renié ses influences).

C'est une abomination, et il n'y a pour cela qu'une personne à blâmer : John Goodman. Chaque fois que Dan disparaît pendant la saison, c'est une torture que de voir les intrigues se déverser dans le tout à l'égoût. Chaque fois que Goodman accepte de se coltiner Roseanne Barr, certes l'alchimie est diminuée entre eux (rarement vu une série où les tensions se ressentent autant à l'écran), mais les intrigues reprennent des couleurs.

Tout ça pour s'achever sur une fin de saison encore radicalement différente, totalement sentimentale, avec des gags plats mais beaucoup d'émotion tirée d'une intrigue qui prend une tournure incroyablement dramatique. Impossible alors de rester de marbre même si on s'étonne un peu, dans le fond, de s'être autant éloigné de la comédie (mais avec le talent des meilleurs tear-jearkers). S'ajoutent à cela de nombreuses mais très fines touches du type "bouclage de boucle", comme autant de rappels des premières saisons et/ou des gimmicks de la série, qui complètent parfaitement l'effet recherché lorsqu'on aborde la saison finale d'une série qu'on connaît sur le bout des doigts.

Hélas, Roseanne se clôt sur un dernier affront, la scène finale du dernier épisode nous inflige encore quelques blessures en balayant d'un revers de la main (comme une vengeance de la créatrice de la série) les éléments auxquels on s'était le plus attachés.

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Pleine de surprises, bonnes comme mauvaises, Roseanne est une série qui change radicalement la face du sitcom. On peut ne pas en aimer les recettes, on peut en déplorer l'évolution finale, on peut adresser des reproches et beaucoup seront fondés.
Mais on ne peut lui enlever le caractère proprement révolutionnaire de son ton et de son propos dans ses premières saisons, et la galerie de personnages épatante qu'elle développe (la série se montre très fidèle à nombre d'entre eux, qui n'apparaissent ni ne disparaissent jamais vraiment de façon soudaine dans la vie des Conner, et s'applique à nous montrer comme normale la réapparition de certains d'entre eux, témoignant d'une forme de tendresse à laquelle j'ai rarement assisté dans une série).

Même fâchée, même en larmes, je finis ces 7 semaines de visionnage avec la conviction d'avoir assisté à une des plus grandes comédies de l'histoire de la télévision. Au moins au début.

Pour vous en assurer, je vous invite donc à ne pas hésiter à tenter le pilote de la série, qui devrait compter parmi les épisodes vus de tout téléphage qui se respecte. Tout le monde ici sait comment tirer le meilleur d'un post La preuve par trois, dites ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

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27-11-09

Who's that girl ?

Archives   Cet article est issu des archives inédites de ce blog.
Date initialement prévue pour sa publication : 17 Juillet 2009

Comme vous le savez, je ne suis jamais la dernière lorsqu'il s'agit d'utiliser la télévision comme machine à remonter le temps. Je presse un bouton, et hop ! Direction les années 90 ! Hop ! Les années 80 ! Hop hop ! Voici That Girl !
Et comme les voyages, c'est plus sympa à plusieurs, montez, je vous emmène. Eh oui, c'est le retour de La preuve par trois !

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That Girl
... je mange mon chapeau si vous avez déjà vu cette série. Pourtant, en voilà un pitch intéressant ! Une actrice essaye de percer à New York. Oui, hm, bon, bref. Mais si dans les années 2000, That Girl aurait été trash, avec des coucheries, des scandales, du vitriol... en revanche, dans les années 60, That Girl s'est révélé être une série pleine de légèreté, de finesse et de drôlerie. Son personnage, Ann Marie, est avec le recul une gentille jeune femme toute sage. Mais on devine que pour son époque et son milieu (elle a grandi dans une banlieue pavillonnaire, modeste et humble), elle fait figure de rebelle en cherchant de la sorte à devenir actrice. Autant dire saltimbanque ! Heureusement, son caractère définitivement adorable fait d'elle un personnage assez conventionnel tout de même. C'est tout le charme de That Girl : une charmante contradiction sans prétention, ni réellement anticonformiste, ni tout-à-fait conventionnelle.

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La vie d'Ann Marie se divise en deux. D'une part, ses parents, dans leur petite vie, leur petite maison, leur vision un peu courte. Et d'autre part, sa carrière, son appartement, son agent, son job d'appoint. Toute la magie de That Girl consiste en une démonstration par l'exemple, et pas par le discours, des différences entre ces deux mondes. Et si évidemment, l'un apparait au spectateur moderne comme étant plus rétrograde que l'autre, la série se garde bien de jamais en désigner une comme étant la moins bonne. Ann Marie semble ressentir un profond respect pour ses parents ; elle sait d'où elle vient, elle a, ancrée en elle, cette culture des classes moyennes. Et son désir de devenir actrice est toujours concilié au maximum avec ces racines. Quant à sa carrière, elle la gère (le présent épisode est démonstratif à ce sujet) avec un mélange de candeur et de lucidité, et ne tombe pas dans les excès qu'on pourrait imaginer. De là, deux façons de voir les choses : Ann Marie est-elle trop enfermée dans les valeurs dans lesquelles ses parents l'ont élevée pour mener une vraie vie d'artiste ? Ou a-t-elle réussi à se créer son propre chemin, celui où elle revendique son indépendance sans rompre avec les générations plus âgées de son entourage ? Il me semble quant à moi que, au lieu de s'aventurer dans un féminisme forcené et revendicatif, Ann Marie applique le féminisme à la lettre : elle fait très exactement ce qu'elle veut de sa vie. Et ce qu'elle veut, c'est à la fois conserver son identité et vivre à sa guise. Le meilleur des deux mondes !

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Comédie pleine de charme, That Girl, c'est aussi une romance dont les balbutiements nous apparaissent rapidement, mais en parvenant à éviter les écueils que percutent de nombreuses trames amoureuses aujourd'hui. Marie et son agent Don sont en effet promis l'un à l'autre, ça crève les yeux. Et les deux bougres en semblent tout-à-fait conscients. Signe des temps ? Marque de leur caractère ? Les tourtereaux prennent leur temps. Ils ne vont ni se sauter au cou, ni courir l'un après l'autre, ni passer d'occasion manquée en sous-entendu préliminaire, non, rien de ce genre. La relation est fraîche, ils construisent leur relation un jour à la fois. C'est aussi, d'ailleurs, une possibilité d'avenir qui s'ouvre devant Ann Marie...

L'optimisme, la franchise, l'innocence de That Girl, sont très rafraîchissants. Avec un personnage central qui ne prêche pour rien de spécial, mais illustre les dilemmes d'une génération de femmes (au moins), la série parvient à être encore d'actualité, et à éviter la mièvrerie. That Girl est un double pari sur l'avenir : celui d'une jeune femme avec certaines valeurs et des ambitions à concilier, et celui d'une série dont la saveur se goûte probablement mieux sur le long terme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche That Girl de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:11 - La preuve par trois - Permalien [#]

15-11-09

Un épisode vous manque, et votre canapé est dépeuplé

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de dorama que je vais vous entretenir. Cachez votre déception.
Il faut dire que le post de mercredi sur My Tele is Rich m'a un peu foutu le cafard (j'en profite pour glisser un lien vers ce blog encore jeune, mais déjà nécessaire). Non pour la crise de foi en elle-même, mais pour la mention faite à Flash Forward, abandonnée dés son automnale nouveauté.

Depuis l'apparition du pilote dans ces colonnes, je n'ai eu de cesse d'aller dire à qui voulait l'entendre que Flash Forward, ce n'est pas aussi décevant (pour ceux qui en attendaient quelque chose) qu'on veut bien le dire. Qu'il faut donner une chance à cette série, surtout qu'on est certains qu'elle a tout le temps qu'elle veut pour aller jusqu'au bout de son concept.

Pourtant, à la vérité, je n'ai regardé que 3 épisodes de Flash Forward, et je ne me presse pas tellement pour en regarder d'autres. Je les cagoule, mais je n'y touche pas.
Et ma fringale nippone n'a que très peu de rapport avec cet état de fait, ne désignons pas les faux coupables.

Le post de My Tele is Rich sus-cité m'a fait prendre conscience, moi aussi, que cela m'arrivait avec de plus en plus de séries : ne pas poursuivre l'aventure. Alors que, soyons clairs, je le pourrais. Mais il y a toujours un petit grain de sable qui grippe la machine pour une raison bête. Quelques exemples :
- Flash Forward : je faisais partie des enthousiastes, après le pilote. On aurait presque pu penser que c'était la série que j'avais le moins détestée en cette rentrée, entre ma passion pour Joe Fiennes, les quelques personnages vraiment touchants, les petites énigmes posées par les flash forwards... Et pourtant, un jour, j'ai cagoulé le 4e épisode, je l'ai rangé dans le bon dossier, et je n'y ai plus jamais retouché. Pire, il a été très vite rejoint par l'épisode suivant. Je ne suis même pas fâchée, ni rien ! C'est juste comme ça.
- Sons of Anarchy : c'est à n'y rien comprendre, avec cette série. Lorsque le pilote était sorti il y a des mois de ça, j'étais ravie (sans trop savoir pourquoi). Je me léchais les babines en me disant que j'allais adorer. J'avais découpé le générique avec empressement (voir les tags), m'en était régalée, et me réjouissais de me bloquer un moment pour attaquer le pilote. Puis, plus rien. Mais rien de rien. Pendant des mois. Quand enfin M6 m'a prise par la peau du... cou pour m'y mettre, effectivement, le pilote, et les épisodes suivants, m'ont plu. Mais absentez-vous un vendredi soir, et tout bascule. Je n'ai pas cherché à rattraper mon retard (j'ai du mal à cagouler quelque chose que j'ai commencé à suivre à la télé, j'avoue), et je ne pense pas m'y remettre. Désormais tous mes espoirs sont dans le DVD...
- Dexter : de pire en pire, ces exemples. C'en est déprimant. J'étais super enthousiaste sur Dexter au début. Encore une rencontre donc ce blog a été témoin. Et puis plus rien. Pour une raison des plus mauvaises (hélas), j'avais arrêté. Mais, aha ! Je me suis procurée le DVD en import belge, et j'étais repartie de plus belle. Patatras, voilà que se déclare mon aversion pour les coffrets qu'on finit sans avoir une autre saison à dévorer, et j'ai arrêté, à quelques mètres de la ligne d'arrivée de la saison 1. Au début ça m'agaçait. J'en parlais. Aujourd'hui plus du tout. La saison 2 ? Oui, oh, un jour, ça viendra forcément.

Telephanarchy

Ce ne sont que trois des nombreux exemples d'abandons malheureux que j'ai expérimentés ces trois ou peut-être quatre dernières saisons. Il y a évidemment une constellation de raisons à cela : ma passion pour les pilotes, mon envie de découvertes incessantes, mes fringales ponctuelles (deux saisons de The Tudors ici, une intégrale de Reba par-là...), ma tendresse envers les séries plus vieilles que moi (faut vraiment que je me bloque un moment pour vous parler de That Girl), et évidemment, mon engagement chaque fois plus intense sur la voie du dorama asiatique (parce que si vous croyez que je ne regarde que ce dont je vous parle ici...!).
Mais il y a aussi des raisons plus étranges. Dés qu'un petit quelque chose dse passe (ne pas être le vendredi devant la télé, ne pas avoir le DVD, cagouler l'épisode avec 48h de retard sur sa publication), l'envie s'est envolée.

C'est assez effrayant. Et le post de My Tele is Rich a réveillé ces inquiétude. Je n'ai, au fond, rien contre ces séries. Vraiment rien. Mais c'est comme si leur heure était passée. C'est en fait le plus triste de l'histoire : je les aime bien, mais elles ne me manquent pas. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la téléphagie...

Posté par ladyteruki à 17:27 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-06-09

Joue-la comme Cabrel

Il n'y a pas grand'chose qui m'énerve autant que les "c'était mieux avant". Ah, si, je sais : les "c'est mieux maintenant".
L'un comme l'autre sont profondément invalides à mes yeux. Et, comme je dis à mon chat lorsqu'il me harcèle alors qu'il reste des croquettes dans la gamelle : "argument non-recevable". C'est rien que des conneries, tout ça (pardon my French).

Il n'y a pas de raison qu'une décennie soit meilleure qu'une autre, la seule chose qui a changé, c'est l'attention portée aux fictions télé, en général comme en particulier (et encore, ça dépend des fictions de quel pays on parle). Vous aviez quel âge lorsque vous êtes réellement devenu téléphage ? C'est la condition de tout.

Ce n'était ni mieux ni pire, avant. Exactement comme aujourd'hui, il y avait de bonnes choses, et de moins bonnes. Je ne m'érige pas en experte, mais j'ai la chance d'être suffisamment curieuse pour comparer, au moins à mon échelle.

Depuis des mois et des mois, je vous parle de séries quasiment néanderthalienne, genre Three's company, Gilligan's Island ou The White Shadow. Je n'en ai pas parlé faute de temps mais j'ai aussi eu l'occasion de tester les pilotes de That Girl, Land of the Lost, ou encore I Dream of Jeannie. Du noir et blanc, du papier peint marronnasse, et tout ce qui s'ensuit. On a aussi effleuré d'autres séries anciennes via le jeu des génériques, dont j'ai tenté une bonne partie des pilotes, comme Police Woman, Logan's Run ou Honey West. J'en oublie forcément.

Et dans tout cela, il y avait du bon (je continue de suivre Three's company avec plaisir, lorsque mon emploi du temps téléphagique me le permet), du moins bon mais pas catastrophique (That Girl) et du déplorablement barbant (Quincy). de la même façon que cette saison passée nous aura apporté aussi bien Nurse Jackie, Better Off Ted... que Roommates. Du bon comme du mauvais. On pourrait aussi dire qu'il y en a pour tous les goûts, si on voulait faire dans le politiquement correct.

Alors pourquoi comparer des époques ? (fussent-elles séparées d'une seule décennie, parfois... car les plus passéistes d'entre nous ne sont pas forcément ceux qu'on croit)

C'est vrai que de décennie en décennie, et ça me semble difficile à nier, la télévision a évolué, sur la forme, le fond, l'industrie, les moyens, la promo, la reconnaissance publique, et tout le reste. Stylistiquement et esthétiquement, on peut au premier coup d'oeil reconnaître l'époque d'une série (bon, à l'année près, je ne peux pas, cela dit).
Mais scénaristiquement ?

L'histoire et le propos du Prisonnier n'ont pas vieilli (j'attends de voir le remake avant de m'avancer jusqu'à dire qu'il n'était pas nécessaire, cependant). L'humour de Three's a company fonctionne toujours. Le personnage de That Girl est aussi vif et charmant qu'à son apparition.
Sitôt qu'on fait abstraction de ce qui marque l'âge des séries, on s'aperçoit qu'un grand nombre d'entre elles sont intemporelles... Et elles n'ont pas besoin d'être aussi travaillées et/ou conceptuelles que Le Prisonnier pour toujours émouvoir ou interroger le spectateur qui leur donne leur chance.

Alors, bon. Si vous avez envie de dire que "c'était mieux avant" ou "c'est mieux maintenant", c'est votre droit le plus strict. On est sur internet, dans un pays libre (pour l'instant ?), vous faites comme vous voulez.
Mais pas ici.
Les plus bornés d'entre vous sont priés de prendre la porte... ou, s'ils consentent à un effort, à visiter les posts relatifs aux séries citées dans ce post, pour commencer.
Ah, la magie des tags...

Posté par ladyteruki à 07:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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