ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-11-12

Tous au bestiaire

Il existe des concepts de séries totalement débiles. Plein. Et plus on fait du kilométrage téléphagique, plus on en a de preuves potentielles.
Mais je crois que le type de concepts qui emporte la palme, ce sont les animaux qui parlent. Depuis les années 90, ce n'est plus acceptable que des séries prétendent pouvoir utiliser un argument comme l'animal qui parle (chien, chat, cheval...) tout en conservant un minimum de dignité. Non qu'avant, cela ait donné d'extraordinairement bons résultats, mais à un moment, on ne peut plus admettre que pareilles choses se produisent.
Adieu Mr. Ed, adieu Darwin, adieu Salem ; cette pratique appartient à un autre âge.

Bon, en toute franchise, les séries avec des animaux, c'est rarement une idée qui fonctionne de toute façon à l'heure actuelle, même quand l'animal n'a aucun vocabulaire. Et je vous dis ça avec toute la tendresse du monde sachant que quand j'étais enfant, je regardais Skippy, Flipper (la version avec Jessica Alba), L'étalon noir et Rintintin Jr.. Mais à un moment, il faut arrêter les dégâts.
L'utilisation d'un animal est issue de la grande tradition des séries "familiales" (au sens péjoratif du terme) dans lesquelles on choisit un animal généralement pelucheux (mais pas toujours), en tous cas mignon, qui est capable de venir en aide aux humains d'une façon ou d'une autre, soit parce que l'animal exerce un métier touchant au secourisme (je me demande toujours où est Wally la baleine-pompier, pourtant), soit simplement parce que sa présence est thérapeutique.
Les séries avec les animaux s'accompagnent systématiquement d'un héros jeune (enfant et/ou adolescent) qui puisse enfouir son nez dans la fourrure/crinière de l'animal (voire nageoire si on n'a pas mieux sous la main) et y déverser ses larmes ainsi que les problèmes qu'il a sur le coeur. C'est ce qu'on prétendra être des moments "d'émotion", quand le spectateur, lui-même jeune, peut imaginer avoir un ami au pelage soyeux (ou la nageoire dorsale lisse) qui représente le confident dont il a toujours rêvé. Même si l'animal ne capte rien, rapport au fait qu'il ne parle pas plus humain que l'enfant parle la moufette rayée, voire pis encore si en plus la bestiole est affublée d'un travers débilitant supplémentaire, genre strabisme léonin.
Sous un autre angle, c'est un peu pathétique ; mais faisons mine de trouver le concept émouvant tout de même... Il arrive que parfois ce soit relativement bien fait, comme avec Caitlin Montana, mais enfin, bon, ça fait un peu pitié quand même que l'unique chose qui soit écrite pour faire rêver le spectateur, c'est que la seule créature à même de comprendre le héros (= l'avatar du spectateur dans la série) soit une bestiole incapable de résoudre une simple équation à deux inconnues, passer un appel longue distance, ou se retenir de se lécher le derrière en public.

Le problème c'est que ces séries ont systématiquement un travers : elles sont répétitives au plus haut point. Quand Timmy est tombé dix semaines d'affilées dans un puits, et que cette bonne vieille Lassie a une fois de plus, bravement et patiemment, amené les secours pour le tirer de là alors que très franchement il suffirait de condamner l'accès au puits une bonne fois pour toutes, on commence un peu à s'ennuyer ferme.
Seul La Double Vie d'Eddie McDowd avait tenté de contourner le problème avec un pseudo-fil rouge. D'ailleurs on en revient à cette histoire de bestiau bavard.

Il faut bien l'admettre, à l'heure où les séries s'éloignent de ces pitches simplistes, y compris pour les séries "familiales" où de toute façon la série d'aventure n'a plus beaucoup de succès, on n'a plus trop l'occasion de constater l'ampleur des dégâts. On serait même tentés de s'en réjouir, si ce n'était pour une vague trace de nostalgie.

Et pourtant, il y a encore des gens pour créer une série qui s'appelle Dog with a Blog, dans laquelle un chien parle... et tient un blog. Si-si.
Oui mais le chien est-il sur Instagram, voilà la vraie question ?

DogwithaBlog

N'écoutant que mon courage, un mal de crâne carabiné, et la prescription de marijuana à laquelle j'ai eu recours pour me mettre dans l'ambiance de Malibu Country, j'ai donc décidé de ce soir de cagouler le pilote de cette série Disney. Que je n'ai pas encore regardé parce que rien que son existence me laisse pantoise.
Comment un courant télévisuel disparu depuis belle lurette, ou ayant réussi à en donner l'illusion en tous cas (la fin de La Double Vie d'Eddie McDowd n'a que 10 ans) peut-il trouver le moyen revenir sur les écrans sans provoquer l'hilarité générale, en particulier chez les décideurs des chaînes ?

D'ailleurs, en parlant de ça, à quoi peut ressembler une séance de pitch à laquelle des exécutifs prêtent sérieusement l'oreille à une série dont le sujet tient de façon extensive dans son titre... à moins que ce ne soit l'inverse.
Et songez : il a fallu pas moins de DEUX créateurs pour cette série ! Le premier coupable, Philip Stark, ayant comme plus haut fait de guerre l'écriture de moins d'une vingtaine d'épisodes de That 70s Show, l'autre ayant derrière lui une carrière de plusieurs décennies couvrant des sitcoms aussi divers que Roseanne, Girlfriends ou I'm with the band (déjà Disney). Donc ces deux types, pas franchement tombés de la dernière pluie, réunis très sérieusement devant des types en costards qui hochent la tête : "hm, oui, intéressant, et pourquoi c'est drôle ?"... et qui finissent par acheter le truc ! Ca semble surréaliste.

Mais surtout, qu'est-ce que ça dit du monde de la télévision, dans une industrie qui semble en perpétuelle mutation et qui s'en enorgueillit tant, que nos chères têtes blondes (enfin les vôtres, en fait, moi je me suis bien gardée d'en faire !) regardent des séries qui, à peu de choses près, reposent sur les mêmes principes que des séries qu'on a progressivement arrêté de faire il y a 20 ans ?
Vous le savez, je ne suis pas fan des séries musicales pour (pré)ados, qui ont fait les beaux jours de la décennie précédente et ont participé à la pression sociale sur la célébrité à portée de tous, si ce n'est obligatoire pour tous. Mais au minimum, ces séries apportaient quelque chose de nouveau dans le panorama télévisuel, à défaut que ce soit quelque chose de forcément impressionnant. Là j'ai l'impression d'un retour en arrière : "Hannah Montana va se marier, on se replie, on se replie, infirmieeeeeer !".

C'est inquiétant au sens où les spectateurs qui regardent ces séries paresseuses sont les spectateurs de demain. Bien-sûr une bonne proportion d'entre eux regardera en priorité les futurs équivalents de Gossip Girl, et ceux-là on ne pourra pas les sauver, ils sont perdus.
Mais quel goût téléphagique donnons-nous à la génération qui vient si nous leur montrons des séries pour la jeunesse qui reprennent des vieilles recettes, alors que beaucoup des séries pour les jeunes adultes et les adultes tentent au contraire d'aller de l'avant et de repousser les horizons ? Il parait paradoxal que les séries pour les futurs spectateurs soient aussi peu imaginatives, et que celles adressées à la génération juste après le soient énormément, au niveau du contenu, du concept, ou simplement du format, comme on peut le voir avec le renouveau du soap, totalement rénové par l'inspiration des telenovelas, ouvrant la voie à des séries qui n'ont peut-être rien de nouveau à dire, mais tentent au moins de le dire différemment.
Or rien de tout cela ne semble se produire quand on tombe sur le pitch de Dog with a Bog.

Alors je sais pas... est-ce qu'à votre avis il y a une chance que Dog with a Blog fasse quelque chose d'un tantinet original, sur le fond, la forme ou le format ? Rien qu'une toute toute petite ?
Ouais, hein. C'est bien ce que je me disais. Bon, je me lance. Espérons que j'en sorte vivante. Si je ne suis pas de retour dans 48h, envoyez-moi une tortue de secours.

Posté par ladyteruki à 23:11 - Série de valeurs - Permalien [#]

13-01-12

Are you there, shitty sitcom? It's me, NBC

Cela vous paraitra probablement étrange de la part de quelqu'un qui aime lire des autobiographies, mais peu de choses m'énervent autant que les séries ostensiblement commandées pour s'intéresser au passé d'une personne célèbre. Je trouve que c'est un manque effroyable d'imagination, une technique de vache à l'ait insupportable. Everybody Hates Chris, par exemple, n'est pas drôle ET épouvantablement égocentrique. Are you there Chelsea? : même chose.

Vodka

On est d'accord qu'il y a des nuances, et/ou des exceptions. Et jamais vous ne me verrez reprocher à Rude Awakening ou Titus leurs vertus biographiques, ce sont même de véritables plus à mes yeux, amplement commentés dans ces colonnes. Mais derrière la démarche de ces derniers, il y a moins la volonté de mettre la personnalité en avant, qu'une réelle expérience (et une vision de l'humour toute personnelle). Are you there Chelsea? est au contraire totalement artificielle, aussi bien dans son sujet que dans sa façon de le traiter. On n'y décèle aucune personnalité, ce qui est un comble !

Ce genre de série m'évoque, au mieux, les 712 pitches de films et de séries qui, chaque année, se déroulent à Hollywood ou New York ; dans ces séries-là, systématiquement, le personnage principal est une scénariste qui ne parvient pas à vendre son projet et fait des petits boulots (The Minor Accomplishments of Jackie Woodman), le personnage central est un humoriste divorcé à la vie personnelle en déroute (Louie), le héros est un acteur sur le retour (The Paul Reiser Show), etc... Les mecs ne se fatiguent même pas à faire semblant de se trouver un contexte un peu original, une profession imaginaire, un itinéraire bis. Ils s'interprètent eux-mêmes, à un tel point qu'on se demande si ce ne serait pas plus simple de se lancer dans une émission de télé réalité... (quoique, Fat Actress et The Comeback dansaient sur la ligne de démarcation entre les deux).

Ces travers autobiographiques, Are you there Chelsea? en fait la démonstration sans que, toutefois, la célébrité qui en est à l'origine ne passe devant la caméra, ce qui permet de faire mine de prendre de la distance. Ce devrait donc être une plutôt bonne nouvelle.
Le problème que j'ai, et qui m'empêche de trouver que c'est une bonne idée, c'est que je trouve que de toutes les actrices de la création, Laura Prepon est probablement la moins drôle. Depuis That 70s Show, j'ai toujours l'impression qu'elle est incapable d'interpréter la moindre scène sans se tordre de rire, et très franchement, une actrice qui rit avant d'avoir prononcé la moindre blague drôle, ça me coupe tout, un vrai tue-l'amour. Mais plus tard, j'ai aussi découvert qu'elle ne m'apparait pas plus crédible dans des rôles plus sérieux, genre October Road. Elle n'est donc pas drôle, pas touchante, et dans une série sur une nana qui veut reprendre sa vie en main, l'un comme l'autre font gravement défaut.

Il est vrai que pour ne rien arranger, Are you there Chelsea? n'a pas vraiment hérité des meilleurs dialogues de la création. On est dans la veine de 2 Broke Girls, la passion pour les vannes débitées d'un air mutin par Kat Dennings en moins (ce qui est quand même le seul véritable à-peu-près-atout de ladite comédie), c'est sans âme.

Eh oui, sans âme. J'aimerais pouvoir retrouver ce sentiment que j'ai quand je revois des épisodes de Rude Awakening, où l'alcoolisme et la vie de débauche sont vus avec un humour véritable, personnel, et en même temps touchant quand l'occasion se présente. J'aimerais pouvoir dire qu'une autre série est capable de faire quelque chose de bien sur un thème similaire. J'aimerais pouvoir vous dire que, wow, c'est vraiment drôle et original ! Mais non, c'est du sitcom bête et méchant, sans aucune plus-value.

Nan mais alors ok, si on veut la jouer comme ça, à faire des autobiographies à la con parce qu'on n'ose pas faire des trucs plus originaux par frilosité, alors d'accord. Je vous annonce donc la sortie de ma biographie, Are you there, strawberry milkshake ? It's me, lady, prochainement dans toutes les bonnes librairies. Les droits d'adaptation sont à céder.

Quand à la prière au Dieu du sitcom pourri, on l'a vu avec How to be a Gentleman, Whitney et Work It, tous les networks le prient, en ce moment. Pour l'heure, je n'ai pas encore regardé Rob!, mais je vous avoue mon très relatif optimisme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Are you there, Chelsea de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-07-11

T'ar ta gueule à la récré

TheYard

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu quelque chose d'autant original, impertinent et futé que The Yard, la série canadienne qui a démarré il y a peu sur le réseau de HBO Canada.

Rares sont les séries à parler des pré-ados avec intelligence, de nos jours, sans leur infliger de se plonger dans un bain de couleurs flashys ou les gaver de rêves de gloire à la chaîne. The Yard est l'exception qui confirme la règle, pour la bonne raison qu'elle ne leur est pas adressée. Mais rien ne les empêche de se ruer dessus, naturellement.

Le pilote de The Yard se présente comme une série sur les gangs, à la notable différence que son contexte n'a rien à voir avec Emerald City, mais plutôt avec la cour de récré que nous avons tous plus ou moins connue. Les personnages s'y comportent à la fois comme des racailles et comme des enfants, mais sans jamais tomber dans la caricature ni de l'un ni de l'autre. Je vous rassure, on n'a pas ici de gamin qui vendent de la coke et se comportent comme les terreurs qu'on nous dépeint occasionnellement quand on veut qu'on ait peur de la nouvelle génération de gosses, mais des gosses qui, à leur niveau, tentent de garder le contrôle de leur univers à leur façon.

Ainsi, dans ce mockumentary (qui, pour une fois, ne m'a pas semblé indigeste), le héros est Nick, une jeune garçon qui gère la cour de recré comme un chef avisé, avec sa petite bande constituée de son meilleur ami Johnny, convaincu d'être magicien, ses frères JJ l'intello et Adam le gamin, et enfin Suzi, une fille qui estime qu'il n'existe aucun problème qu'on ne puisse résoudre par la violence. Il use de son influence pour veiller à ce que tout se passe bien, sachant que les besoins fondamentaux des élèves pendant la récré sont de pouvoir jouer et manger leur goûter.
Il y a bien-sûr une bande rivale, celle de Frankie et ses balourds de frères Porkchop et Micky. Par un accord plus ou moins tacite, Frankie et les siens dirigent la cafétaria, à l'intérieur de laquelle ils peuvent faire la loi ; mais la cour de recré appartient à Nick et sa bande. Sauf que bien-sûr, cela ne va pas sans quelques luttes de territoire et d'influence.

De prime abord, The Yard dresse donc des portraits attachants de gamins qui sont à la croisée de deux mondes, quand on n'a pas encore une vision totalement réaliste des choses mais qu'on n'est quand même pas tombé de la dernière plue. Quand les choses en apparence si anodines pour les adultes commencent à prendre de l'importance. Les dialogues sont à l'avenant : ils sont truffés de grossièretés mais en même temps témoignent d'un regard encore très enfantin sur les choses qui constituent l'univers des personnages.

Mais surtout, The Yard fonctionne comme une impeccable caricature du monde adulte (au corps défendant de ses héros). Ce premier épisode nous familiarise avec l'économie de la cour de recré, basée exclusivement sur l'échange de cartes à jouer. Mais cela prend des proportions épiques lorsque les explications de Nick et sa bande sur le fonctionnement de ce système commencent étrangement à rappeler le fonctionnement du capitalisme à part entière. Tout y est : comment le système s'est installé dans la cour de recré, comment il régule la micro-société (la fille populaire sort avec l'ex-nerd devenu richissime), et on a même droit à une savoureuse liste de tarifs pour divers objets de première nécessité. Mieux encore, nos protagonistes vont, sans le comprendre ni le nommer, recréer des effets de spéculation sur le marché de la carte à jouer, qui vont prendre un tour tragi-comique avant la fin de l'épisode, taclant au passage Hannah Montana.

C'est pas que je cherche absolument à vous vendre cette série. Mais je me sens obligée d'ajouter que la B.O. est impeccablement calibrée pour apporter un peu des deux univers (enfantin et adulte) à l'ambiance de la série, et visuellement, on est dans le même genre d'équilibre.
Mais surtout, le cast est très bon. La comédie, c'est vraiment un genre difficile pour des enfants qui ont soit du mal à conserver leur sérieux (d'un autre côté, même les adultes de That 70s Show n'y sont pas souvent parvenus...), et la dramédie plus encore. Mais ici, les acteurs sont hilarants sans rien en laisser paraitre, ce qui est parfait ; même les rôles les plus secondaires deviennent un régal dans les mains de ces petits bonhommes, comme celui d'Ashok.

Qui plus est, là où le mockumentary pourrait être lourd, il donne un éclairage équilibré et hilarant sur l'intrigue. Bien-sûr, il faudra voir comment ça fonctionnera avec le temps, car c'est forcément plus appréciable dans un épisode d'exposition, mais pour le moment le résultat est sans reproche.

Alors, bon. Je ne voudrais pas insister, je m'en voudrais de me montrer trop pressante. Mais c'est excellent. Vraiment, vraiment brillant. Et je dis pas ça souvent. Bon d'accord, je l'ai dit récemment pour Roseanne mais dans un tout autre registre. Non, attendez, je ne l'ai même pas dit comme ça pour Roseanne. Donc je persiste : The Yard est absolument brillant. Si vous voulez vous targuer d'être un peu téléphagiquement cultivé, il faut au moins avoir vu le pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Yard de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:16 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-03-10

You know what this song reminds me of ?

Même si depuis quelques semaines, j'ai tendance à poster un petit quelque chose tous les jours, je garde une tendresse particulière pour les posts du vendredi. Parce que même si, un jour, on imagine, ne paniquez pas c'est juste une idée en l'air, enfin on sait jamais, mais ne vous alarmez pas inutilement hein, si un jour donc, je ne pouvais plus poster en quotidienne, il resterait toujours les posts du vendredi.
Le vendredi, ici, c'est tout simplement sacré.

Alors pour mon dernier post SNL de la semaine, promis promis c'est le dernier, je voulais partir dans une sorte de feu d'artifices. With a bang, comme on dit. Pardon pour l'anglicisme mais enfin, j'ai traduit et sous-titré pas mal de videos cette semaine, alors bon, ça m'est un peu resté.
Et justement, en parlant de videos sous-titrées, aujourd'hui je vais vous en proposer non pas une, mais plusieurs. Cinq, en fait.
Ces cinq sketches font partie d'une série de sketches ou plutôt, disons, d'une franchise de sketches. Je vous en ai déjà parlé, ce sont les "Song Memories".

Le principe de ces sketches est le suivant : quatre copains (3 membres de SNL : Jason Sudeikis, Bill Hader et Will Forte ; plus l'invité) se retrouvent et écoutent une chanson, qui leur rappelle à chacun un souvenir bien précis.

Le canevas est toujours le même : les quatre copains se retrouvent à l'occasion d'une quelconque rencontre due à leur virile amitié (soirée entre potes, voyage entre potes, célébration entre potes...), l'invité met une chanson, et dans l'ordre, Jason, Bill, Will et l'invité y vont chacun de leur anecdote, entrecoupant leur conversation de passages où ils entonnent le refrain de la chanson en chœur. Les anecdotes en question relèvent de thèmes récurrents : le sexe pour Jason, la famille et plus particulièrement son père pour Bill, le boulot pour Will. Pour l'invité c'est plus fluctuant.
Immanquablement, le sketch finit sur la reprise d'un passage de Pulp Fiction... enfin, c'est Wikipédia qui nous le dit, moi j'ai jamais vu ce film. Mais ça me semble plutôt cohérent.

Quand on voit l'un de ces sketches séparément, comme ce fut au départ mon cas (j'ai été déflorée avec celui de Zach Braff), c'est amusant au plus haut point de toutes façons.
Mais pris l'un à la suite de l'autre, les Song Memories prennent toute leur saveur. C'est quasiment une série ! Personnages réguliers, gimmicks... La structure étant exactement la même, ça permet en plus des variations amusantes (comme dans celui avec Paul Rudd qui pour une fois se passe dans une voiture), tout en gardant les mêmes mécanismes.

Bref, sous forme d'anthologie, ça a encore plus de croustillant.
A un tel point que j'ai consenti à regarder une émission où Ashton Kutcher était l'invité (à part lui et Megan Fox, je les regarde sans sourciller, quitte à le regretter ensuite comme pour celui avec Michael Phelps, mais enfin, là, ça m'a quand même demandé un effort de volonté).

Alors voilà, aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vais ni plus ni moins vous proposer les 5 sketches des Song Memories, sous-titrés en français.

Ah, avant de commencer, un dernier avertissement : rappelons à toutes fins utiles que Saturday Night Live, c'est une émission qui passe tard le soir. Ce n'est pas une émission tous publics. Ce n'est pas toujours très familial. Et les Song Memories, eh bien, vraiment, c'est particulier. Ce n'est pas toujours très politiquement correct, voire même pas du tout. C'est même parfois franchement dégueulasse.
Mais vous savez quoi ? Je crois que je les aime à cause de ça, ces sketches. C'est pour toutes les fois où je me dis que j'aurais bien aimé être un mec avec une bande de potes comme ça (dit-elle en tapant précautionneusement sur son clavier pour ne pas abimer son vernis) et où l'humour un peu gras typique d'une mâle assemblée me manque un peu. Donc vous voilà prévenus, c'est pas des blagues aussi gentillettes que ce que j'ai pu poster durant les jours précédents.

Allez, je ne vous fais pas plus attendre, pour la dernière fois cette semaine, en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

Song Memories 1 - Rainn Wilson (The Office)
SNL_SongMemories_1

Song Memories 2 - Zach Braff (Scrubs)
SNL_SongMemories_2

Song Memories 3 - Ashton Kutcher (That 70s Show)
SNL_SongMemories_3

Song Memories 4 - Paul Rudd (Friends)
SNL_SongMemories_4

Song Memories 5 - Bradley Cooper (Kitchen Confidential)
SNL_SongMemories_5

Voilà, rideau, c'est fini, promis je vous embête plus, mon esprit téléphagique est déjà parti ailleurs et le prochain post sera consacré à autre chose. Mais si ya des amateurs, j'ai quelques autres sketches que j'ai découpés et que je peux aussi essayer de sous-titrer, si ça vous intéresse.
Tain c'est presque dommage de les laisser sombrer dans l'oubli, ces sketch. Allez, finalement je vais créer un tag SNL. C'est une première pour une non-fiction sur ce blog, mais là, quand même.

Posté par ladyteruki à 02:37 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-07-09

[DL] Grosse Pointe

C'est assez amusant de voir où remontent les tags de la plupart des séries de notre jeu des génériques actuel. Pour une majorité de ces séries, j'ai annoncé très clairement la couleur dés les premiers émois de ce blog. Et quand on sait que Grosse Pointe est une série amenée à vitrioler la production de Beverly Hills, et surtout, que la série a été créée par Darren Star qui lui-même s'est compromis dans Beverly Hills, on se rend compte qu'on ne PEUT PAS louper ça.

GrossePointe
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Je tiens d'ailleurs à tirer mon chapeau à France Télévisions qui, à une époque, a vraiment eu quelque chose dans le caleçon en diffusant tard des séries humoristiques comme That 70s Show, The Brian Benben Show, The Closer (l'autre), Trois hommes sur le green ou justement Grosse Pointe. Je me suis payée les plus riantes insomnies de ma vie avec cette programmation !!!
Pour vous donner le ton, juste avant le générique, on entend le dialogue suivant entre les deux producteurs de la série :
"Le patron de la chaîne est au téléphone, il veut vous parler.
- Ca doit être à cause de la nouvelle qu'on a engagée. On aurait jamais dû le faire sans avoir leur aval !
- Du calme... je te rappelle que tu as devant toi le génie qui a dit que Felicity devait se couper les cheveux."

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grosse Pointe de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:06 - Médicament générique - Permalien [#]


12-01-09

Histoires de générations

En son temps, j'avais bien aimé American Dreams, et il m'est arrivé de rire devant That 70's Show. Il ya quelques mois je vous parlais aussi de Swingtown qui est appréciable. Mais de la même façon que je suis tombée amoureuse de Three's company, je garde une préférence pour les retours dans le passé involontaires, ces voyages qu'on fait parce qu'on regarde une vieille série, et non parce qu'on nous emmène dans un passé forcément idéalisé.
Family Ties m'a permis ce voyage et je l'ai goûté avec la même joie que je goûte d'autres vieilleries d'un autre temps : avec le plaisir de se dire qu'il y a plusieurs décennies, la série était d'actualité.

Dans les grandes lignes, disons que Family Ties est à la fois un sitcom familial typique (querelles entre enfants et conflit gentillet avec les parents sont à l'origine de la plupart des dialogues), mais que la vraie originalité de ce show, c'est sa coloration politique, ou plutôt son arc-en-ciel politique. Les parents sont des hippies sur le retour, avec de bonnes vlaeurs démocrates, progressistes, et se voulant ouverts à la diversité, alors qu'en parallèle, leurs fils Alex est un républicain engagé et fier de l'être, avide de reconnaissance sociale et désireux d'arborer un certain niveau de vie.
Note : SeriesLive nous dit que c'est également le cas de Mallory, mais cet aspect ne m'est pas apparu comme flagrant dans le pilote. Au contraire, elle semble plutôt neutre voire apolitique, a contrario de son frère Alex, comme on l'a dit, mais aussi de la petite soeur Jennifer qui m'a tout l'air d'être une révolutionnaire en culottes courtes, comme papa et maman mais avec un caractère un peu teigneux en prime.

La bonne idée c'est donc évidemment de confronter cette palette d'opinions les unes aux autres, dans un bel esprit de melting pot comme on n'oserait même pas espérer d'en voir dans une fiction française aujourd'hui (c'était un tâcle gratuit, je le reconnais), chacun devant cohabiter avec les convictions des autres.
C'est d'autant plus intelligent que les parents ne se sont pas vu octroyer le rôle de conservateur aux dents longues : comme ce sont eux les plus cools, leur défi est à la fois de faire preuve de fermeté auprès de leurs enfants (notamment les ados), mais aussi, d'être des personnages très ouverts et tolérants en toute circonstance. Donc plutôt que d'avoir les parents typiques dont l'argumentation se cantonnerait à "tu ne sortiras pas, un point c'est tout, monte dans ta chambre", on a ici des personnages qui souhaitent laisser un espace de parole et d'opinion à leurs enfants, tout en essayant de leur transmettre quelque chose. C'est ce genre de choix (ainsi qu'un très bon casting) qui font de Family Ties une série qui va au-delà des poncifs de sitcoms familiaux.

Du coup, on l'aura compris, c'est la discussion qui règne en maître dans les rapports parents/enfants, loin des âneries autoritaires, voire arbitraires, à la Ma Famille d'Abord, cet archétype du sitcom familial raté et pitoyable.

Contrairement à ce que je craignais, les références vieilles de presque deux décennies n'ont pas été trop nombreuses ni insurmontables. Du coup, Family Ties est une série quasiment intemporelle, et je suis sûre qu'elle toucherait n'importe quelle génération.

Oh Seigneur, je vais devoir regarder la suite maintenant. Pourquoi y a-t-il tant de séries intéressante et seulement 24h dans une journée ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Family Ties de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

29-11-08

[DL] That 70s Show

J'ai toujours aimé le générique de That 70s Show. Il est tellement plein de vie, de bonne humeur et de musique que, franchement, je vois mal comment ne pas l'aimer. Il a juste connu des variations qui font que d'une saison sur l'autre, je l'aime parfois un tout petit peu moins, mais à part ça c'est un vrai plaisir.

That70Show
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'ai vu qu'une intégrale de la série venait de sortir aux States et je me suis demandé, l'espace d'un instant, si ça me plairait. MAis je dois dire que non. That 70s Show fait, typiquement, partie de ces séries qu'on regarde quand on tombe dessus, on se tape sur les cuisses, et... c'est tout. Je ne m'imagine pas me dire "ah, ça commence dans 5 minutes, j'arrête tout et j'allume la télé". Alors investir dans du DVD n'en parlons pas. Et même pas cagouler. Non, That 70s Show, c'est sympa, mais finalement sans plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche That 70s Show de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:30 - Médicament générique - Permalien [#]

28-11-08

[GAME] Rires et chansons

Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire ce weekend ? J'ai peur de m'ennuyer, et je suis sûre que vous le craignez aussi. Il fait froid, mais on est encore à près d'un mois de Noël, bref rien d'excitant dans l'immédiat. Par exemple, demain, je suis censée aller dans une FNUC pour faire des emplettes de Noël, et ne pas dépenser un sou pour moi. Déprimant, non ?
Si seulement il existait un moyen de s'amuser, sur ce blog... je sais pas moi, n'importe quoi, même si c'est pas grand'chose... un jeu par exemple ? Surtout que, quelque part dans la journée, alors que ce post n'était qu'en brouillon en attendant que finissent mes uploads, on m'en a fait la demande...

Qu'à cela ne tienne, retrouvons dans la joie et la bonne humeur le jeu des génériques pour une nouvelle session dont le thème sera des génériques de séries qui me mettent de bonne humeur. Le sujet est vaste, je vous l'accorde, mais vous êtes tellement doués qu'il faut bien relever encore un peu le niveau, sinon où est le challenge ?
Les règles du jeu restent les mêmes, mais je les rappelle pour ceux qui feraient partie de mon arrivage volumineux de visiteurs de ces deux dernières semaines : aucun de ces génériques n'est déjà présent dans le flacon, et, si vraiment vous pédalez dans la semoule, je peux donner des indices en commentaire, il suffit de demander après plusieurs tentatives infructueuses.

1 - Une série avec de la peluche > Greg the Bunny
2 - Une série pas du tout de notre époque > Jack of All Trades
3 - Une série qui peut pas le faire toute seule > Scrubs
4 - Une série troglodyte > Fraggle Rock
5 - Une série un peu enfumée > That 70s Show
6 - Une série avec un dragon > Action!
7 - Une série héroïque > The Middleman
8 - Une série où il n'y a pas besoin de frotter la lampe > Code Lisa
9 - Une série animée dont je n'ai encore jamais parlé ici > Robot Chicken
10 - Une série qui s'est forcément inspirée des Ropers > Mariés, Deux Enfants

Allez, vous pouvez le faire, et j'adresse un message personnel : l'un d'entre vous peut décrocher un pilote que, je crois, il a très envie de voir, si vous trouvez dans un effort de groupe les 10 séries avant dimanche soir...
Je reviens demain en fin de journée sitôt la FNUC pillée, dans l'intervalle, rendez-moi fière !

Posté par ladyteruki à 20:19 - Games On - Permalien [#]

10-10-08

Deux homards

Contrairement à bon nombre de filles déçues par la gent masculine, je n'ai jamais fantasmé sur le fait d'avoir un meilleur ami gay. Un ami est un ami, quelles que soient ses pratiques sexuelles (au début, j'avais pas prévu de le formuler comme ça, mais après j'ai commencé à concevoir que peut-être parmi vous se cachent des mineurs, et peut-être même des mineurs n'ayant pas encore une idée précise de leurs pratiques sexuelles à venir...).

Mais il faut quand même bien reconnaître que la perspective d'une relation à la Will & Grace est quand même drôlement alléchante. Et encore, peut-être est-elle encore trop ambiguë pour être parfaite.

Enfin bref, tout ça pour dire : attention, ya un second pilote en rubrique La preuve par trois aujourd'hui !!! Eh oui, trois captures, trois scènes, trois commentaires !

Will et Grace sont, définivement, ce que Phoebe Buffay appellerait des "homards" (on va voir ceux qui suivent).
C'est-à-dire deux êtres voués à passer leur vie à se tenir par la pince... c'est mignon, parfois trop fusionnel, mais définitivement le point fort principal de la série, le liant qui fait réellement la différence, qui, tout justement, a fait la différence pour Friends. La preuve en images, comme on dit.

WillandGrace_1
En guise de scène d'ouverture, ce dialogue téléphonique si intime qui nous plonge immédiatement dans la totalité de la relation entre les deux personnages principaux. C'est imparable, on a droit à tout : la tendresse, les blagues, les allusions sexuelles, et même deux répliques sur Urgences !!! ("Eriq LaSalle vient de sourire"/"Vraiment ?!"/"Non.") Parce qu'en plus ils sont téléphages ? Ce serait trop beau. Non, disons simplement que ces deux-là ont en plus des références popculture qui sont un véritable rafraîchissement, en plus de tout le reste. Bref cette introduction est d'une efficacité renversante, sans être artificielle, d'ailleurs dés le pilote, les deux interprètes sont d'un naturel assez incroyable dans leur relation, qui semble tout de suite très vraie. La scène où Will et Grace jouent avec leurs amis est évidemment éloquente à ce sujet.
PS : le coin télé chez Will est un paradis pour téléphage. Confortable, élégant, presque confidentiel, aussi... en un mot comme en cent, parfait. Comme je le disais récemment (en fait c'est ce qui m'a amenée à revoir le pilote), l'appart de Will est de toutes façons superbe.

WillandGrace_2
Will & Grace, c'est aussi... Karen. Si ces deux-là n'étaient pas le centre de toutes les attentions scénaristiques les plus intéressantes, définivitement, elle serait l'héroïne de la série. Quand j'ai vu le pilote pour la première fois, en VO, je suis aussi complètement mais complètement tombée amoureuse de sa voix. Ladite voix plus le look à la fois classique et sexy... tout-à-fait mon genre. J'aurais presqu'envie d'être lesbienne pour des nanas comme ça ! En plus, le personnage est excellent, exubérant et pince sans rire à la fois, tout en humour grainçant. Tout le monde trouve Jack hilarant, bah pas moi, moi c'est Karen et juste Karen. Jack lui sert juste à lancer des gags quand les deux homards font bande à part.

WillandGrace_3
Ya un truc quand même, qui m'agace prodigieusement, c'est quand les acteurs ont l'air de se marrer plus que nous. C'est exactement pour ça que je suis allergique à That 70s Show par exemple : je déteste voir les acteurs se marrer avant la fin de leur blague. Ce doit être super si on est sur le tournage, dans le public, d'avoir ce petit plus, cette connivence, mais quand on est devant l'écran, on n'a pas envie de ça. Or c'est un gros problème dans cette série, qui se produit très souvent notamment quand Debra Messing est dans le coin. Parfois c'est même un tue l'amour. Mais bon, on ne peut pas lui en vouloir de trouver la série drôle, juste lui en vouloir de ne pas nous laisser le découvrir en temps voulu.

Vous l'aurez compris, c'est un excellent pilote, même si Debra Messing est... disons, l'actrice qu'elle est, ça ne gâche pas le plaisir de voir ce couple hors du commun évoluer avec brio. On sent tout de suite très bien la relation entre nos deux héros, et Jack reste distrayant tandis qu'on se repait du charisme de Karen, bref un épisode idéal pour ouvrir la série, qui nous laisse complètement prendre la mesure de ce qui nous attend.
Ah vous auriez dû me voir, complètement en larmes, quand la série s'est finie. C'était pas joli à voir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (et je sais qu'il y en a, mais je ne les forcerai pas à se dénoncer !) : la fiche Will & Grace de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 16:51 - La preuve par trois - Permalien [#]

02-06-08

V'nez frapper à notre porte !

Chose promise, chose due : la tant attendue (au moins par mon chat... pensez, ça faisait plus d'un an que j'en avais parlé) critique de Three's company.
Bon, rappel des faits : j'étais émue à l'idée de penser que cette série était antérieure à ma naissance, qu'on y trouvait Suzanne Somers avant sa période aérobic, John Ritter avant la période où il n'était plus, et plein d'autres bonnes choses encore. Choses qu'on ne soupçonne pas nous autres, téléphages français, qui sommes passés à côté de cette série pour une raison tout-à-fait floue en ce qui me concerne, si une chaîne arrive à trouver une justification qui tienne la route, je veux volontiers l'entendre.

Bon, mais hormi ce doux sentimentalisme, qu'est donc Three's company ? Encore une histoire de triangle amoureux ? Une vulgaire comédie sur les rapports de bons voisinages ? Une ode au papier peint maronnasse ?

Vous n'y êtes pas du tout. Three's company est avant tout une série sur la libération des moeurs. Eeeeeh ouais !

Tout part dans le pilote d'une beuverie au cours de laquelle Eleanor, l'une des trois co-locataires du délicieux logement où se déroule l'intrigue (cf. papier peint maronnasse) enterre sa vie de jeune fille alors qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux. Du moins l'apprend-on dans l'épisode car la série commence sur le lendemain de la fête. L'alcool n'a pas été parcimonieusement versé, les maux de crânes sont légion, et il y a un homme qui dort dans la baignoire. Nos délurées co-locataires restantes vont donc apprivoiser le bonhomme, qui, miracle, sait cuisiner (pas elles) et semble être un remplaçant parfait à Eleanor.

Ah oui ya quand même un hic, et il n'est pas juste dû aux lendemains de fête, c'est que le propriétaire des filles est un peu de la vieille école, alors l'emménagement d'un garçon ne serait pas super bien vu. Qu'à cela ne tienne, elles vont le faire passer pour gay ! Elles ont juste oublié de le prévenir. Ce qui ne l'arrange pas, vu qu'il craque volontiers pour l'une d'entre elles...

Ce qui est bon, dans Three's company, bon déjà ça ne risque pas d'être la déco (glurps), mais c'est qu'on est dans les années 70, et qu'on y est vraiment. Ce n'est pas une série qui essaye de revenir à l'époque des pattes d'eph artificiellement (voir aussi That 70s show), en essayant de recréer dans un tube à essai audiovisuel l'atmosphère d'une époque et de ses moeurs, non Three's company est une série qui a débuté en 1977 et qui est tout simplement de son temps ! Et là c'est intéressant !

C'est intéressant de voir des filles célibataires tentant de vivre ce qu'on qualifierait aujourd'hui de "normalement". De voir une autre femme, Mme Roper, qui en dépit des apparences, est également plus libérée qu'il n'y paraît de prime abord lorsqu'on voit la vie qu'elle mène, et qui affiche une liberté de ton assez incroyable. Il y a aussi, bien-sûr, Jack, qui se retrouve dans la situation compliquée de devoir se faire passer pour gay en permanence auprès de M. Roper, et qui...

Oui, ça c'était puissant aussi. Pour paraître gay, Jack... ne fait rien. Il ne fait pas le maniéré. Il n'en rajoute pas dans les stéréotypes (ou très rarement). Il ne change rien, en fait, à celui qu'il est. Et, ce qui est dingue, c'est que la plupart du temps, le proprio n'en conclut rien ! Il essaye au contraire de respecter Jack pour ce qu'il est (enfin, ce qu'il n'est pas, quoi), et même s'il a vraisemblablement une opinion bien à lui sur l'homosexualité (parce que de la génération précédente), M. Roper n'hésite pas à le traiter d'égal à égal, sans trouver étrange que sa propre nièce embrasse goulûment Jack un soir dans son salon ! C'est sans aucun doute lui la pauvre victime... Ca vous fait pas du bien, à vous, de vous dire que dés les années 70, on pouvait être un homosexuel de télévision (même si là, c'était à temps partiel pour le personnage de Jack) sans en faire des tonnes et être spécialement flamboyant ?

Eh bah moi j'ai trouvé que ç'avait ajouté au plaisir de mon visionnage de la série. Sincèrement, ça a donné du corps à ce petit sitcom... qui autrement était quand même bien troussé, avec des dialogues souvent très finement écrits, ce qui ne gâche rien. Avec des comédiens très sympathiques, en plus ! Vraiment tout bon !

Bref, Three's company, c'est bon, mangez-en, allez-y de ma part... même si pour ça il faudra peut-être enfiler votre cagoule.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Three's company de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:31 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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