ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-13

Qui relèvera le défi ?

Autant ce #pilotmarathon a été l'occasion de regarder quelques formats plus courts aujourd'hui, autant je dois dire que, 1h25 devant un pilote, ça me semble quand même un peu difficile, à plus forte raison quand je sais que j'ai ce dossier plein de pilotes que je n'ai pas encore touchés !
Il faut dire qu'on n'est plus trop habitués à des pilotes de cette longueur, mais ce serait tragique de les mettre de côté pour cette raison. Alors, prêts ? Voilà ce que j'ai à dire d'une heure et demie de visionnage...

Defiance

Certains jours, on dirait qu'on l'attend comme le Messie, la série de science-fiction qui nous transportera vraiment. Evidemment, il y a des réussites comme Orphan Black ou Continuum, qui nous rappellent que la série de genre a encore quelques jolies réussites à son actif.
Mais quand je vous parle de science-fiction, ce n'est pas ce que j'ai envie d'évoquer ; j'ai envie de vous dire qu'on va trouver le nouveau Farscape ! Le prochain Battlestar Galactica ! Quelque chose qui captive autant qu'Invasion Planète Terre (la première saison) ou qui soit aussi intelligent que Babylon 5. On n'en est même pas à souhaiter trouver des séries qui inspirent autant que les franchises Star Trek et Stargate pour des décennies, non, on se contenterait même d'un reboot de SPACE 2063 ou d'Alien Nation (ce que d'ailleurs m'inspirent de loin Star-Crossed et surtout Almost Human, mais on aura tout le temps d'y revenir à la saison prochaine). A ce stade je suis presque prête à réclamer de l'Andromeda ou du Lexx, c'est vous dire l'ampleur de la crise.

Tout ce qu'on veut, c'est voir des aliens ! MAIS SURTOUT, ce qu'on veut, que la série ne pue pas du script.

Or, qu'avons-nous depuis quelques années ? Des Terra Nova (bon, ya pas d'alien, mais ya des dinosaures donc on va dire que ça compte), des V, ou des Falling Skies. Pour ce qui est du Messie, on repassera.

La tragédie des séries de science-fiction modernes, c'est hélas qu'on les comparera toujours à quelques unes, sinon toutes ces séries du passé. Parce que ceux d'entre nous qui ont grandi avec ces séries de science-fiction épatantes (ou qui, même s'ils sont nés juste un peu trop tard, se sont dépêchés d'en rattraper quelques unes de cette liste, et ils ont raison) savent que désormais il n'y a pas de retour en arrière possible. C'est comme avoir grandi en se gorgeant de caviar de la mer caspienne, pour finir par devoir se contenter d'oeufs de lump "marque repère" le restant de sa vie. C'est pas juste de nous faire ça. On a goûté au caviar de la mer caspienne !!!

Defiance, puisque c'est d'elle qu'il s'agit aujourd'hui, n'est pas mauvaise en soi. Vraiment, par rapport à d'autres, c'est plutôt décent, je vous assure. Et sur le coup, en regardant l'épisode, peut-être parce que je m'attendais à pire, j'étais plutôt contente de ce que je voyais. Il semblait y avoir un peu de tout dans cette série, mais au moins elle se donnait du mal. Et puis, on sent qu'au niveau de l'univers, quelque chose de dense a été pensé, comme le précise la timeline de la série (merci d'ailleurs à Maxx pour ce précieux lien).

Le problème c'est qu'en mangeant à un peu tous les râteliers, Defiance montre qu'elle n'a pas de projet précis. On ne lui demande pas d'avoir un plan sur 5 ans (tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Straczynski), mais enfin, un petit effort pour nous tracer une ligne claire, au moins désigner un horizon dans une seule direction, serait bien chouette, merci d'avance. Au lieu de ça, Defiance commence à la Mad Max, pour en cours de route bifurquer vers un drama plus classique (et au passage, flirter dangereusement avec le Terra Nova), en rajouter une couche de pseudo-Game of Thrones avec des familles qui complottent les unes contre les autres dans une lutte de pouvoir, passer trop de temps du côté du cop show pour totalement écarter toute suspicion, et finit dans un combat de nature quasi-militaire qu'il sera d'ailleurs difficile d'égaler dans chaque épisode, et dont les chances de répétitions sont donc minuscules. Ah, non, pardon, ce n'est pas tout-à-fait ce sur quoi elle finit : on a aussi droit à une conspiration.
Sur quoi peut-on donc se baser pour déterminer si on aime ou pas Defiance ?

Au lieu de faire en sorte que tout le monde et son chien y trouve son compte, peut-être aurait-il fallu faire des choix. Comme le dit Karen Walker (toujours d'excellent conseil en matière de télévision) : "this is like a pastiche of five other shows, like something written by a committee. They're trying to please everybody, but ironically, they've ended up... pleasing nobody !".
Et le problème est là : impossible de s'attacher à une série qui part dans tous les sens, quand bien même, sur le moment, c'est plutôt sympathique à suivre. Defiance a peut-être imaginé un monde riche, mais elle est incapable de nous dire ce qu'elle veut en tirer.

Si j'avais la mémoire courte, j'ose croire que je m'attacherais plus facilement à Defiance. Je n'en ai évidemment pas la garantie. Tout ce que je sais, c'est que j'ai envie, terriblement envie, chaque fois que je lance chacune des séries de science-fiction qu'on nous trouve (Revolution en est un parfait autre exemple), de ressentir de l'enthousiasme, et je pense que ça influe sur la façon dont je réagis au cours de l'épisode : j'ai vraiment envie que ça colle !
Il y avait une époque où j'aimais vraiment les séries de science-fiction. Ce temps-là reviendra-t-il ? Mon caviar me manque. VOILA un défi d'envergure pour la télévision. J'espère que quelqu'un le relèvera de mon vivant.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-09-12

You say you want a revolution

Vous n'êtes évidemment pas sans savoir que whisperintherain et moi-même avons un défi en cette rentrée, regarder les pilotes de toutes les séries de la saison. Je dois dire que j'apprécie la façon dont graduellement on est en train d'augmenter le niveau du côté américain : tout a commencé avec un pilote de dramédie (Go On), puis plusieurs comédies-ou-à-peu-près, et là, on tient le pilote d'un des dramas les plus attendus de l'année. Ou en tous cas, avec un buzz monstre.
Difficile de résister bien longtemps à l'attrait du pilote diffusé en avant-première, et me voici donc ce soir à vous parler de Revolution ; sitôt que whisper aura écrit sa propre review de cet épisode, vous trouverez donc un lien au bas de ce post pour aller la consulter, et ainsi comparer nos deux points de vue.

Revolution

Des quelques séries devant lesquelles j'avais envie de me caler les fesses cette saison aux USA, Revolution arrivait numéro 2 sur la liste, et je pense que pas mal d'autres téléphages doivent l'avoir dans leur ligne de mire.

Je n'en savais pourtant pas grand'chose : le pitch, et encore. Et j'avais aperçu une photo de promo, aussi, mais sans retenir aucun nom ni visage. Et évidemment je savais pour Abrams. Voilà, c'est tout.
Comme c'est désormais mon habitude, j'avais soigneusement évité les bande-annonces, les résumés, ne parlons même pas des reviews... écoutez je suis même pas certaine d'avoir lu une seule news sur Revolution depuis le SeriesLive Show où on avait causé projets. C'est vous dire.
Mais en fait, plus je prends garde à éviter le buzz autour d'une nouveauté américaine, plus en général ça veut dire que j'essaye d'intimer à l'univers entier l'ordre de ne surtout pas me gâcher la surprise. J'avoue que c'est encore pire pour la science-fiction, parce que c'est un genre tellement mal servi ces dernières années, que quand une série au concept original débarque, j'ai envie d'en déguster chaque minute du pilote pour m'imprègner de son ambiance.
A la limite, tomber sur une news ou une video portant sur, mettons, The Mob Doctor, c'est pas grave ; j'ai rien contre la série a priori, mais je m'en remettrai facilement. Par contre gâchez-moi le plaisir de la découverte du pilote de Revolution, et on va avoir un problème. Me ruiner l'effet de surprise d'un pilote de SF peut être très dangereux pour la santé.

Alors au final, me voilà, trépignant d'impatience devant le pilote de Revolution, m'installant sur mon fauteuil comme un gourmet se met à table, espérant faire un festin mais bien consciente qu'à partir du moment où je presse le bouton "play", il peut se passer n'importe quoi.

C'est donc très exactement ce que j'ai eu. N'importe quoi.

Laissez-moi résumer les principaux points de discorde avec le pilote de Revolution : une séquence d'introduction ayant la légèreté d'un pachyderme, des situations présentées brièvement comme pour se débarrasser, des personnages qui n'existent que par leur situation et pas par leur personnalité, des scènes de baston à vocation de pur remplissage, et pour finir, une fin bien agaçante juste pour essayer de t'attraper de justesse et t'obliger à revenir.
Je crois que je n'avais pas vu un tel défilé de bonnes idées très mal exécutées depuis... Falling Skies. Falling Skies ! On vit dans un monde où Falling Skies a l'air d'être le modèle à suivre de quelqu'un ! On marche sur la tête.

En fait, mon contentieux avec le pilote de Revolution est en deux parties.
D'une part, il y a le fait que, comme c'était d'ailleurs le cas pour Terra Nova (qui appartient également à la grande famille des déceptions de SF récentes), j'ai ressenti presque comme une insulte que l'introduction serve plus de prétexte que d'autre chose. Punaise, rendez-vous compte : tout est coupé, le monde tel qu'on le connaît s'est totalement affaissé en quelques minutes, des avions tombent du ciel au nom de Dieu ! et pendant ce temps les personnages se regardent dans le blanc des yeux, ou mangent des glaces. Des glaces, quand même, m'enfin mais c'est pas possible de voir ça ! Pourquoi pas offrir un skateboard à un enfant aussi ? Ah, oops, déjà fait. Où est le sentiment de désolation ? Où est la terreur de la perte du monde connu ? Où est la désorientation qui a forcément suivi parce que tout ce qui semblait pouvoir se présenter à partir de là ne serait que chaos pendant un bon moment ? Non-non, les mecs ils regardent leur congel dégivrer. Laissez-moi vous dire que c'est pourri, voilà. Parce que même si vous n'avez pas l'intention d'utiliser cette époque (et/ou la plupart de ces personnages) par la suite, c'est quand même important d'être capable de saisir l'émotion d'une séquence pareille. Si la civilisation s'arrête brutalement, que des avions tombent du ciel sur la gueule des Américains, et que vous n'arrivez qu'à écrire "mange ta glace avant qu'elle ne fonde, ce sera la dernière", je sais pas, je suggère de devenir chauffeur de taxi ou courtier en assurances, faut arrêter l'écriture.
Donc ça c'est une chose. Mais la seconde, je crois que c'est l'absence totale de foi que Kripke semble avoir en son histoire. On a droit à tout : le retour à la terre (oh bah oui, tiens, un ptit arrière-goût écologique dans une histoire pareille, on n'allait pas le laisser s'échapper comme ça), l'héroïne orpheline qui doit se battre seule contre tous, le vilain méchant qui bosse pour un encore plus vilain méchant... On croirait que le scénario a été écrit en suivant des pointillés, un peu comme un enfant colorie un dessin sans dépasser les traits. Alors oui, hein, c'est bien propre. Mais qu'est-ce qu'on s'emmerde. Rien n'existe par soi-même dans ce monde-là, tout n'est que clichés sans âme mis bout à bout. Et le pire c'est que le scénariste n'est même pas pris de remords, on a l'impression de le sentir ; moi en tous cas je l'ai vraiment perçu comme ça : l'acte rassurant d'un scénariste qui se complait dans les facilités.
Je dis ça aussi un peu par jalousie, parce qu'être payé à écrire ça, c'est quand même un peu le job de rêve, et puis ça laisse du temps pour les loisirs.

Alors oui, peut-être que finalement, le plus beau cadeau qu'aurait pu me faire Revolution (outre avoir un autre scénariste, voire même aussi un autre producteur parce qu'Abrams et moi on n'a jamais été franchement potes), ç'aurait finalement été de ne pas faire ce bond en avant de 15 ans, pas tout de suite, peut-être en saison 2 qui sait, mais en tous cas de profiter un peu de cette superbe opportunité de faire une vraie série post-apocalyptique et pas une espèce de série de fantasy sans ambition, où comme par hasard on est revenus à l'âge de pierre, sauf ceux qui ont des super-pouvoirs.
Le seul truc qui ne m'a pas donné des envies de meurtre, c'est que le cast, bien que souvent transparent, n'est pas totalement miteux. Et par cast je veux dire l'héroïne centrale, incarnée par Tracy Spiridakos, qui a même réussi à m'émouvoir un peu à un moment. Ce qui n'était pas gagné, osons le dire.

Des quelques séries devant lesquelles j'avais envie de me caler les fesses cette saison aux USA, Revolution est donc, c'est le moins qu'on puisse dire, une déception. Je n'ose même pas vous dire ce qui est en première position, je commence déjà à angoisser.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 00:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-05-12

She'll be back

Canada-logo

Il y a une douzaine d'années, j'étais encore une téléphage raciste, et ne jurais que par la télévision américaine. Je ne voulais entendre parler de rien d'autre, et je n'avais que mépris pour les séries venant des autres pays de la planète. Mais alors que Canal+ a commencé à diffuser des séries de science-fiction comme Starhunter et Invasion Planète Terre, j'ai commencé à considérer que le Canada avait un domaine d'expertise : la science-fiction. A cette époque marquant le tournant entre la fin des années 90 et le début des années 2000, c'était en effet dans la SF et le fantastique que l'on voyait le plus souvent apparaitre, tout au bout du générique de fin, un logo avec la fameuse feuille d'érable.
Depuis lors, je suis bien obligée de reconnaître que je n'ai pas toujours été tendre avec les séries de genre canadiennes, à l'instar de Lost Girl dont je ne vous ai jamais caché qu'elle m'insupportait. Mais j'ai quand même gardé cette sorte de foi dans la fiction canadienne à ce sujet. Sans compter que tant d'auteurs et d'acteurs canadiens travaillé sur des séries US de science-fiction ou fantastiques (qui elles-mêmes ont souvent choisi le territoire canadien comme attache géographique), que cela semble presque naturel de retrouver certains visages et de leur accorder ma confiance.

Inutile de vous dire que quand le pilote de Continuum a commencé sur le visage de Tony Amendola, on était déjà quasiment en terrain conquis. Et pourtant ce premier épisode a tellement plus à offrir qu'une foule de noms et de visages connus des amateurs de science-fiction (Amendola, Davis, Webster, Knudsen, Doig... j'ai aussi brièvement cru reconnaître Janet Kidder), tant son univers se pose immédiatement comme incroyablement cohérent, et palpitant.
Dans un genre qu'ils semblent avoir fait leur, les Canadiens ont trouvé le moyen de doser dans cet épisode inaugural l'action (un ingrédient fondamental de leur petite recette secrète) et la réflexion avec un bon sens de l'équilibre.

Continuum

Parmi les éléments qui m'ont le plus enthousiasmée, le monde de Kiera en 2077, qui occupe un bon tiers de l'épisode de l'épisode, est captivant. J'étais d'ailleurs soulagée, à la fin du pilote, d'assister à un "flashback" s'y déroulant : c'est la promesse que cet univers ne sera pas tout-à-fait abandonné (ce qui était mon plus gros regret à propos de Terra Nova, en-dehors bien-sûr du fait que je regardais Terra Nova) et sera exploité, vraisemblablement à des fins mythologiques.

Mais ce qui est certainement la plus grande réussite de Continuum, c'est d'avoir imposé, en dépit d'un épisode rythmé, rempli d'action et de choses à mémoriser pour pénétrer son univers dense, un personnage féminin central complexe, et suffisamment émouvant. Loin de n'être qu'un prétexte à l'intrigue, comme certaines séries ont un peu tendance à le faire, Kiera est immédiatement un personnage dont le background et les sentiments jouent une grande part dans l'émotion de l'épisode. En dépit de son grand sens de la Justice et du devoir, elle n'est pas froide et n'a rien d'une machine (c'est important pour le personnage principal d'une série qui n'aurait pas existé sans la franchise Terminator...), ses sentiments vis-à-vis notamment de son fils ne paraissent pas plaqués, et il se dégage quelque chose de très, très bouleversant de sa première conversation avec Alec, lorsqu'elle découvre où elle est tombée et quelles sont ses chances de se tirer de là vite fait.

Continuum-Kiera

Alec est d'ailleurs un poème à lui seul. Outre sa charmante petite cachette dans la grange, il est prometteur à bien des égards, notemment un que la fin du pilote se charge de nous dévoiler avec beaucoup d'intelligence (nous poussant d'ailleurs à pousser un "ah" de soulagement, puisqu'en voyant cette scène on en comprend mieux une autre). J'ai également apprécié qu'il semble, a priori, géographiquement très éloigné, ce qui nous garantit une relation purement virtuelle pendant un bon moment entre ce deux-là. De surcroît, au lieu d'être l'habituel geek qui a raté sa vie, Alec a tout l'air de vivre dans une famille plutôt saine et qui l'encourage, et à ce titre on peut dire que c'est une véritable première dans la façon de faire le portrait d'un geek de télévision.

Les possibilités technologiques offertes par les attributions de Kiera (la combinaison, contrairement aux apparences, n'en étant pas la plus précieuse ; l'histoire des souvenirs téléchargeables me semble bien plus intéressante, notamment parce qu'il y a une scène qui mérite quelques explications dans ce que regarde Alec dans cet épisode) ouvrent la voie, également, à des axes intéressants, non seulement dans la façon de résoudre les "affaires policières", mais aussi pour explorer le personnage et son background.

Continuum-WTC

Pour le moment, la seule chose qui semble un peu brouillonne tient dans les motivations de Liber8. De ce côté-là, j'avoue que c'est internet qui a permis d'améliorer ma compréhension des tenants et des aboutissants de cette partie de l'intrigue, tant leur portrait m'a semblé un peu caricatural. Evidemment, lorsque les deux tours se sont effondrées au tout début du pilote, il semblait clair que l'analogie terroriste allait entrainer, certainement, quelques dommages collatéraux. Mais peut-être qu'il nous manque un personnage faisant partie (ou infiltré) dans cette organisation pour mieux lui donner du relief. Avec un peu de bol, on reverra peut-être Tony Amendola.
L'avantage c'est que même si, dans le pire des cas, on a droit à un épisode centré sur chaque criminel, la saison comptant 10 épisodes et les criminels n'étant qu'au nombre de 7, cela nous laisse de l'espoir pour éviter une trop forte proceduralisation. On devrait donc pouvoir affiner la question.

Cependant, ce qui est le plus important pour une série de science-fiction, c'est probablement... tout le reste. Ce que la série a à dire ; de la même façon que Caprica voulait parler d'éthique ou que Falling Skies a refusé de parler de la condition humaine. Et de ce côté-là, j'avoue qu'il y a pas mal d'espoir, plus en tous cas que je n'aurais pu l'imaginer avant de lancer le pilote. La question du rachat des gouvernements par de grandes corporations, qui est à l'origine de l'univers dans lequel vit Kiera, part notamment d'un constat à la fois social, politique et économique intéressant par les temps qui courent.

Si cela est développé, Continuum a des chances de devenir plus qu'une bonne série de SF : une GRANDE série de SF.
Et nous savons tous combien ces choses-là sont devenues rares de nos jours.

Posté par ladyteruki à 01:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-11-11

Désenchantée

Desenchantee

Il y a eu une période pendant laquelle on a connu une crise du générique. Il m'arrive d'en discuter parfois avec d'autres téléphages et de les entendre en parler au passé, comme si c'était résolu. Je n'en suis pas si convaincue. Cette saison nous a apporté très peu de nouveaux génériques, en particulier sur les networks, qui semblent avoir totalement abandonné.
Les rares à être apparus n'ont pourtant rien à envier à leurs aînés. Suburgatory (qui entre parenthèses est la preuve qu'on peut faire quelque chose de sympathique en 9 secondes), Homeland, Boss... autant de séries qui ont su, chacune à sa façon, tirer un avantage de leur générique pour apporter une nouvelle dimension à leurs épisodes, Homeland portant même cela au rang d'art puisque le générique vient même compléter l'exploration de l'un de ses personnages principaux, au lieu de simplement présenter la série ou lui apporter une signature.

Mais je crois que ce qui me fâche plus encore, c'est quand une série reposant en grande partie sur des effets spéciaux ne se donne pas la peine de fournir un générique. C'est la seule chose que je n'ai jamais vraiment pardonnée à Pushing Daisies, bien qu'appréciant les deux petits écrans que la série a proposé pendant sa brève existence. Et c'est ce que je n'arrive pas à tolérer chez Once Upon a Time, Terra Nova... on verra bien ce que décide Grimm.

On en regarde pas Once Upon a Time pour sa mythologie complexe, ses dialogues au cordeau et ses prestations d'acteur impressionnantes. On le regarde, comme un gentil divertissement qu'elle est, comme une série qui a pour avantage premier de faire rêver. Ne serait-ce qu'un peu. Et je vous le demande, où est le rêve dans un malheureux panneau de quelques secondes ? Je serais même prête à mieux accepter un diaporama des différents posters promotionnels plutôt que ce bête écran sans saveur.
Encore moins que les autres, les séries fantastiques ou de science-fiction n'ont pas le droit de se priver de générique. Déjà à titre symbolique, mais aussi parce qu'elles ont un univers à générer et que cela passe par un générique, aussi absurde que ça puisse paraitre au premier abord. On a besoin de se remettre dans le contexte irréel de ce genre de séries. On a besoin de lancer notre imaginaire, qui a vagabondé et s'est même bien souvent mis en veille entre deux épisodes qu'une semaine sépare, parfois plus. C'est encore moins pardonnable à une série de genre.

Alors, cause ou conséquence, je l'ignore, mais mes séries préférées de la rentrée ont quasiment toutes un générique (PanAm et Enlightened faisant exception, mais curieusement, mon attrait pour ces séries est plus fragile en cas d'épisode plus faible, alors que j'ai tendance à pardonner très facilement à Suburgatory, par exemple).
Oh et au fait je confirme : Once Upon a Time ne m'a vraiment pas accrochée au terme de son deuxième épisode. Rapport ou coïncidence, à votre avis ? Ce qui est certain, c'est que ne pas voir de générique m'a mise dans de mauvaises dispositions pour les minutes suivantes. D'ailleurs, cette semaine, Raising Hope m'a semblé plus drôle, et je me demande si le retour du générique (uniquement le temps d'introduire une modification de statut, à tous les couos) n'y est pas pour quelque chose. Voyez ? C'est fou l'influence que peut avoir un générique.

Posté par ladyteruki à 23:09 - Médicament générique - Permalien [#]

08-10-11

Room for improvement

Des listes, je n'en fais pas assez souvent. Pourtant j'aime bien ça, ça permet de fixer correctement ses idées. Ou d'établir des objectifs clairs, dans le cas qui nous préoccupe.
Car ce soir, je vous propose les 10 choses qui pourraient rendre Terra Nova intéressante. Vous savez, juste pour qu'on n'ait pas l'impression chaque semaine d'assister à un remake de Jurassic Park. Pour faire quelque chose de vraiment original, quoi.

Alors, voilà, je m'intéresserais beaucoup plus à Terra Nova...

10 - si les acteurs commençaient à jouer.
9 - si les scénarios commençaient à être moins linéaires.
8 - si les Sixers faisaient vraiment un truc dangereux pour Terra Nova, et pas juste venir demander des médicaments.
7 - si des personnages (par exemple des Sixers) renvoyaient des dinosaures dans le futur, comme ça, juste pour voir.
6 - si on apprenait que les dinosaures sont en fait aussi intelligents que les humains, genre ils peuvent s'envoyer dans le passé pour tenter d'éviter leur extinction.
5 - s'il devenait impossible d'envoyer de nouveaux humains dans le passé et que ceux-là doivent se débrouiller pour se multiplier ou ce qu'ils veulent.
4 - si les humains arrêtaient d'avoir de la technologie illimitée.
3 - si tous les adultes mouraient et que les gamins devaient tenter de survivre à Terra Nova, Jeremiah-style.
2 - si les humains se mettaient à chasser les dinosaures, par exemple pour leur viande ; c'est vrai, pas toujours les mêmes, quoi.
1 - si les mecs de Terra Nova apprenaient à dompter les dinosaures.

DinoRiders
D'accord, pour la plupart d'entre nous, le point n°10 est le plus important, mais je pense que si la série répondait à un autre de ces points, je saurais me dispenser du n°10, et peut-être même du 9, pas vous ?

Posté par ladyteruki à 21:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

04-10-11

C'est finalement si simple de séparer le bon grain de l'ivraie...

La rentrée américaine est finie.
...Bon d'accord, je suis un peu alarmiste. Mais pas complètement : le plus gros des nouveautés de la saison est derrière nous. Il y aura encore des pilotes dans les semaines à venir (en fait, si on y réfléchit, des pilotes il en vient tous les mois), et je ne me plains pas parce que la rentrée japonaise est là, même si je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus. Je ne vais certainement pas manquer d'occupations.
Mais quand même, une excitante page téléphagique se tourne avec le début du mois d'octobre.

Je reconnais ce moment un peu mélancolique au fait que c'est à cette période que mes disques durs saturent et que je commence à faire de la gravure parmi mes cagoules.

C'est d'ailleurs le moment idéal de faire le point sur les séries qu'on va suivre, et les autres. Car parfois, un pilote, sans être mauvais, n'est pas bon au point qu'on poursuive l'aventure. Forcément, plus on regarde de séries de la planète, plus il faut savoir doser l'énergie et l'enthousiasme qu'on est prêt à mettre dans une nouvelle série, et je l'ai appris à la dure cette année en commençant plusieurs fois des séries que je n'avais en réalité pas vraiment envie de suivre pendant 10, 15, 20 épisodes ; en général je m'en aperçois parce que les épisodes s'entassent dans un dossier et que je n'ai aucune envie d'écouler le stock (ça me l'a par exemple fait pour Winners & Losers qui, pour me plaire, n'aurait pas pas dû excéder la durée de 5 épisodes) (par contre j'aurais signé volontiers pour 20 épisodes de The Yard, à titre de comparaison).

Donc, bilan. Enfin, bilan des premières semaines de la saison, mais allez, bilan quand même.

PanAmForever

En fin de compte, je poursuis pour le moment 2 Broke Girls. Je sais pas trop pourquoi. Je ris pas vraiment, c'est un peu mon Mike & Molly de cette année (ce qui tombe bien puisque j'ai laissé tomber Mike & Molly).
En revanche, après le deuxième épisode d'A Gifted Man, j'hésite : après un pilote touchant, ce second opus nous a fourni tout ce qu'une série médicale peut offrir de plus cliché. Je pense que le troisième épisode sera décisif.
Petite baisse de régime aussi (mais moins grave) pour PanAm qui reste cependant sur mon planning. Je regrette que The Playboy Club ne puisse pas l'accompagner, j'apprécie réellement cette série même si elle ne révolutionne pas la face du monde. Dommage que la série se fasse annuler sans même qu'on puisse voir la suite des épisodes produits (PS : pour un historique d'une décennie de séries annulées plus vite que leur ombre, je vous renvoie au post de l'an dernier faisant suite à l'annulation de Lone Star).
Et bien-sûr, j'ai fermement l'intention de poursuivre Homeland et Suburgatory, mais là, je ne juge que sur un seul épisode.
Je ne me suis pas encore décidée pour Terra Nova et Up All Night, les jours qui passent ne jouant en pas en leur faveur. Toutes les autres séries appartiennent déjà au passé à mes yeux.

Ce n'est pas si difficile de faire du tri, en définitive : je repère les séries qui ne m'ont pas séduite à la rapidité avec laquelle leur pilote arrive sur une rondelle pour mes archives.

Posté par ladyteruki à 23:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-09-11

Le petit dinosaure et le wall-e des merveilles

TerraNova

Quand j'étais petite, Spielberg, c'était un nom qui en jetait. Ca évoquait de grandes productions intelligentes mais sans être rébarbatives, de grands films devenus des classiques (même si je n'en avais pas vu la plupart), et un goût certain pour les effets spéciaux qui ont l'air naturels (par opposition à ce que peut évoquer le nom de Michael Bay). Du bon divertissement.
Quand j'étais adolescente, Spielberg, c'était un nom qui inspirait le plus grand respect. C'était Band of Brothers. C'était la grâce et le chaos tout à la fois. C'était la marque de l'excellence. Et dans une moindre mesure, il n'y a pas si longtemps, cette excellence se retrouvait dans The Pacific.
En 2011, Spielberg est un nom creux.

Quand il est associé à une série, on dirait qu'il n'y a plus rien à en attendre. Bien-sûr, quand son nom est associé à un projet, ce n'est pas toujours au même titre, objectivement je le sais bien, mais normalement on s'attendrait à ce qu'il cherche à produire quelque chose d'aussi bon que s'il le réalisait lui-même, parce qu'il a une réputation à maintenir. Mais non. Après Falling Skies, voilà Terra Nova. Et les mots me manquent pour vous exprimer combien je suis déçue par quelqu'un en qui j'avais confiance.

Ce qui s'est passé, c'est que déjà, j'ai adoré l'univers du début du pilote. Je n'étais même pas certaine de voir de quel monde les humains de Terra Nova arriveraient, et j'ai découvert un endroit noyé dans le chaos, certes caricatural en ces temps où plus personne ne recule devant des scénarios catastrophe pour le futur de notre planète, mais définitivement porteur de sujets que j'aimerais un jour voir une série aborder (PS : il est question d'adapter à nouveau du Asimov pour le cinéma ; les enfants, c'est pour la télévision qu'il faut l'envisager !). Rien que la question de minimiser la population de toute la planète est intéressante (rappelez-vous, j'ai déjà évoqué des sujets similaires), ce serait captivant plutôt que d'en faire un vulgaire prétexte qui sera balayé au bout de quelques minutes de pilote. Mais bon, pendant ce temps je me dis qu'il n'y a toujours pas de série qui fasse ce que j'écris avant que qui que ce soit ne le lise, alors c'est tout bon pour moi dans le fond.
Enfin voilà, grosse déception finalement parce que l'univers de Terra Nova qui m'a plu, c'est celui que les personnages quittent. Mais d'ici à ce qu'une chaîne ait le courage de ne pas forcément tomber dans le message d'espoir sur l'avenir, et de nous montrer une série d'anticipation où on soit dans la merde et où, plutôt que de fuir les problèmes, il faille les gérer, c'est pas demain la veille.

L'autre gros problème de ce pilote, c'est que chaque fois qu'il y est question de dinosaures, on a l'impression que le script de la scène a été pompé dans le premier Jurassic Park (j'ai même pas vu les suivants), accouchement du triceratops en moins, mais patience, c'est une série après tout. Les gentils herbivores à qui on donne à manger, le vilain carnassier qui s'attaque aux gens dans la voiture, c'est INSUPPORTABLE. Et la promo qui disait qu'on n'avait jamais rien vu de pareil, eh bah, manquent pas de toupet les marketeux de la FOX.
C'est tellement vu et revu que moi, la scène de la bagnole (la scène inteeeeeeerminable de la bagnole, devrais-je dire), je l'ai regardée en mangeant et vous pouvez-me croire, pas un instant je n'ai eu la fourchette en suspens. Terra Nova, la première série d'action et de suspense avec laquelle les cardiaques ne risquent rien ! C'est pas avec des scènes qu'on a l'impression de connaître par coeur qu'on va se mettre en émois...

Les gens qui avaient regardé les promos de Terra Nova et suivi le projet semblaient surtout craindre un côté trop gentillet, trop familial. C'est vrai qu'il y a deux personnages franchement chiants (les deux filles : l'une parce qu'elle n'est là qu'à titre de prétexte, on l'a dit, et l'autre parce que son super-cerveau n'aura de l'intérêt que plus tard dans la série, je le sens bien comme ça, et qu'en attendant il va falloir se la taper quand même), mais tout à fait entre nous, s'il y avait une meilleure alchimie dans le cast, à commencer par les parents, ça ne serait pas tellement un problème. Mais comme de toute façon leur dynamique est vite balayée d'un revers de la main derrière des histoires clichés (voir aussi : adolescent récalcitrant), on n'aura pas le temps d'apprécier le fait que cette famille est unique et qu'il y a une bonne raison de la suivre.
On va vite découvrir que les personnages ne cherchent pas à sortir de la caricature, aucun. C'est vrai pour notre petite famille et pour les autres. C'est assez assomant, dans l'ensemble. Et du coup la série n'est pas vraiment gentillette, pas autant que les personnes dont j'avais lu les réactions semblaient le craindre, mais ça reste très unidimensionnel. Evidemment, ce n'est qu'un pilote (il faudrait mettre ce disclaimer chaque fois qu'on parle d'un pilote même si ça devrait tomber sous le sens), cela dit on a vite le sentiment que la série ne se cherche pas du tout de ce côté-là, de la même façon que le ton de Falling Skies était très similaire et n'a jamais eu l'envie ensuite d'aller vers quelque chose de plus complexe et développé. Il faudra vraisemblablement en faire notre deuil : il n'y a guère de place pour la nuance dans les personnages qui peuplent ces séries.

Parce qu'il faut bien vivre, Terra Nova introduit rapidement une petite mythologie avec les Sixers, ce groupe dissident qui ne va pas manquer de venir foutre le bordel du côté de Terra Nova, et ce dés le pilote. Le problème ce n'est pas que cette mythologie soit introduite dés le pilote (surtout vu qu'il a une durée double), c'est qu'elle soit aussi développée pendant la seconde partie alors qu'on méritait un meilleur traitement. Les spectateurs étaient en droit d'avoir leur content d'installation, de visites, et pourquoi pas, d'initiation avec les filles quand elle vont à la journée d'orientation (mais les scénaristes eux-mêmes reconnaissent que ce sont des boulets vu qu'à chaque fois qu'il se passe quelque chose, elles ne sont pas dans le coup), pour comprendre comment fonctionne Terra Nova, comment les gens y vivent, comment la colonie fait pour s'agrandir, etc... D'ailleurs un truc tout bête mais, est-ce réellement une colonie ? Je n'ai pas bien compris leurs objectifs : les gens qui sont envoyés dans le passé, ils sont supposés faire quoi ? Se multiplier ou pas ? Comment ils espèrent faire venir les milliards d'autres êtres humains à ce rythme ? EN 7 ans, il n'y a eu que 10 missions ? Mais euh, je sais pas, ça les panique pas un peu ?

Bon et tant qu'on en est à poser des questions... J'ai compris l'histoire des timestreams (même si la réponse à cette question a tardé à être explicitée), mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi avoir choisi de revenir 65 millions d'années en arrière. Je veux dire, oh, les mecs, vous le saviez qu'il y avait des dinosaures à l'époque, non ? Vous pouviez pas préférer les origines de l'Homme, tout simplement, une fois que les grands lézards avaient débarrassé le plancher ? C'était quand même plus tranquilou.
Réflexion faite, ça a peut-être été dit à un moment où je finissais mes pâtes, absorbée dans la contemplation de ma sauce à la tomate faite maison. C'était tellement captivant, ce pilote...

Enfin bon, pour le moment, je ne suis pas convaincue par cette fable écologique avec des morceaux de gros monstres dentu dedans (un peu comme si Jurassic Park s'était invité chez Wall-e), mais un peu à la façon de Falling Skies, j'ai envie de voir ce que ça va donner parce qu'il peut y avoir un ou deux thèmes intéressants s'ils sont biens développés (ils ne le seront pas, et ce sera tant pis pour moi, mais je DOIS le vérifier par moi-même). Ce ne sont pas forcément les aspects que je redoutais le plus qui se sont avérés plombants, mais plutôt l'impression que derrière les moyens colossaux, il n'y a pas beaucoup d'âme. Encore et toujours le même problème des mecs qui, parce qu'ils ont plein de fric pour s'en donner à coeur joie sur la forme (et je le leur concède, pour l'instant ça a plutôt de la gueule), pensent qu'ils sont dispensés de construire quelque chose de vraiment puissant sur le fond.
Je conçois qu'on donne dans le "grand public", mais il fut un temps où il n'était pas impossible de proposer plusieurs niveaux de lecture pour que tout le monde ait son content. C'est aujourd'hui devenu rare, et les deux séries accolées au nom de Spielberg cette année l'ont prouvé.
En 2012 viendra l'heure de Smash. Avec un peu de bol, il va se resaisir. Mais si, vous allez voir. Il faut y croire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Terra Nova de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:00 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-08-11

Tombée de haut

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La première saison de Falling Skies est finie. Vous étiez prévenus, c'était la bonne ET la mauvaise nouvelle.
Parce que le problème c'est qu'en 10 épisodes, Falling Skies a prouvé qu'elle était capable du meilleur mais qu'elle n'avait l'intention que de fournir le pire.

FallingSkies-Back
La mythologie de Falling Skies met un temps infini à se mettre en place, point par point, et pourtant elle est captivante. Les harnais des gamins, la véritable nature des Skitters... et bien d'autres choses encore, sont des twists qui, à défaut d'être nécessairement surprenants, proposent d'aller plus loin qu'une bête invasion à laquelle il faut résister.

La série a de vrais thèmes à explorer, de réelles questions à poser. Mais voilà, elle évite l'exploration de ses thèmes au maximum. On a l'impression qu'en voulant faire quelque chose de grand public, avec de l'action, de l'angoisse, des attaques et des conflits internes (il est possible que ce soit légèrement redondant, oh, rien qu'un peu), on oublie d'emprunter les chemins qui sont dessinés, très lentement, en filigrane. Ah mais ma bonne dame, explorer les thèmes dés la saison 1, mais vous n'y pensez pas, on veut se faire renouveler, nous !
Et au final Falling Skies dégage des axes intéressants sans jamais s'y engager vraiment.

Ainsi on dramatise autour de conneries qui devraient avoir été réglées dans le pilote ou, au pire, le deuxième épisode : les douleurs des uns et des autres face aux êtres chers disparus, les remords et les rancoeurs éventuels, les luttes intestines au sein de la Résistance, et tout le bordel, ça devrait être envisagé vite fait, mais pas appuyé au point qu'au 10e épisode ce ne soit pas encore derrière. Le 2nd Mass est ensemble depuis un moment déjà, on n'a plus de raison d'assister à tout ça avec tant de détails, surtout quand ces sujets sont systématiquement entrecoupés de séquences longues comme le bras où on se demande ce qu'on va faire, ce qu'on va pas faire, comment on va le faire, comment on va pas le faire, est-ce qu'on va pouvoir le faire, qui va le faire, qui ne veut pas qu'on aille le faire, et qui va regarder faire. Une série avec des éléments de stratégie, je veux bien, mais ça s'appelle SPACE 2063 et on est loin des références aux grandes batailles de l'Histoire (un comble vu la formation du personnage principal). Mais Falling Skies continue de se perdre dans les méandres de ses questionnements sur l'action, et à cela, encore faut-il rajouter l'action elle-même.

Ca laisse peu de place à la dramatisation, donc. Et c'est terrible parce qu'il y a un potentiel fou.
La cruauté des humains en temps de crise ? Effleurée, merci Maggie, va faire accoucher des bonnes femmes maintenant. Les tractations avec les Skitters que certains poursuivent lâchement mais pour sauver leurs enfants ? Normal, on s'inquiète pas, on dézingue tout le monde et on n'en parle plus, Tom se pose même pas la question alors que depuis le début il nous a cassé les couilles avec Ben. La découverte que certains humains ont été parqués dans des camps ? Hm, oui, et alors, des camps, c'est pas du tout un truc qu'on peut utiliser à des fins dramatiques, allez, faisons comme si on n'avait rien entendu. Le fait qu'on ait découvert à quoi servaient les harnais des enfants ? Ouais c'est bien triste tout ça, mais on change rien, continuons de vouloir niquer du Skitter quand même (euh, allô, c'était votre meilleur axe de réflexion sur cette guerre !!!). La question de savoir ce qui définit ou non un humain ? Euh, non ça va, ya plus urgent, on a enlevé les harnais, tout est normal. Découvrir implicitement qui a créé les Mechs ? Bon bah ça va on va pas se mettre la rate au court-bouillon pour si peu.
C'est dingue ça quand même ! Mais si vous n'aviez pas envie d'en parler, mais fallait pas amener le sujet et pis c'est marre ! Quand j'ai pas envie d'élaborer sur un sujet à propos duquel je me sens pas à l'aise, je le mets pas sur le tapis, pour commencer !

Ah mais par contre, pour que bidule ait un faible pour machin, que trucmuche veuille se conduire comme un grand alors qu'il est haut comme trois pommes, ou que chose soit un méchant-devenu-gentil, là, ya du monde. Dramatisation à deux balles qu'on aurait aussi bien pu trouver dans n'importe quelle série sans qu'on ait besoin de droides qui font des bruits caverneux...
Moi, j'aurais investi dans une série comme celle-là, je regarderais mes souches de chèques et je me demanderais si ce pognon a si bien été dépensé que ça. On pouvait faire du soap sans payer le cachet de Steven Spielberg, aussi.

Alors je suis en colère parce que, à la limite, avec une mythologie inexistante, naze, ou mal définie (V nous a bien fait le coup après tout), ce serait pas grave, je me dirais ok, la série est pas géniale, c'est un divertissement de science-fiction et puis c'est tout. Mais là, il y a de la matière, simplement on ne veut pas l'employer, probablement parce qu'on a eu trop de sous pour ne pas s'en servir, et qu'on ne veut pas effrayer le télambda qui sera venu à la série précisément parce que Spielberg a son nom en gros au générique.
Donc je dis non. C'est pas possible. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et le sourire du Skitter, c'est pas jouable. A un moment faut se mouiller, si c'est dans le divertissement grand public on assume ; si c'est avec des intrigues en acier blindé, on accepte qu'on fera moins d'audiences, et puis c'est tout. Mais on ne peut pas bouffer à tous les râteliers, ça ne se peut pas.
J'aurais accepté de baisser mes exigences si le scénario n'avait pas, une fois de temps en temps, été porteur d'espoir. Mais Falling Skies n'assume même pas ça.

Donc Falling Skies aura été mon rendez-vous SF, placé sous le signe du "on sait jamais, ptet qu'à un moment ça va devenir bon", et ça n'a jamais été le cas en 10 épisodes. Fort heureusement, la déception n'a été vivace que pendant 8 semaines, me direz-vous.
Quant à savoir si je laisserai cette déception durer ne serait-ce qu'une semaine de plus l'année prochaine... tout dépend à quel point Terra Nova m'aura enthousiasmée ou déçue dans l'intervalle, en fait. C'est vous dire à quoi ça tient.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Falling Skies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:17 - Review vers le futur - Permalien [#]