ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-08-12

Perspectives d'avenir

SemaineRusse

Eh oui, c'est déjà le dernier jour de notre semaine consacrée aux séries russes ! C'est finalement passé très vite.
Mais avant que ce blog ne retrouve un programme "normal" (c'est-à-dire moins thématique), je voulais vous parler des prochaines séries qui seront diffusées par les principales chaînes nationales russes. Parce que parler de séries appartenant au passé (et/ou parlant de lui) c'est une chose, mais c'est quand même le propre de la téléphagie que de se tourner vers l'avenir !

La Russie elle aussi quelques projets à l'horizon pour les prochaines semaines, que je vous propose de découvrir avec moi en ce dimanche soir.

Kulinar

Pour commencer, il y a d'abord Kulinar. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, il ne s'agit pas d'une fiction sur l'univers de la gastronomie mais d'une série policière dans laquelle Felix Maline, un chic type qui habite une petite bourgade, passe pour une mec sans histoire, divorcé, père d'un petit garçon, féru de cuisine... Sauf que l'ami Felix travaille secrètement pour le ministère de l'Intérieur, au bureau des investigations et des interventions. Il s'est fait une spécialité de toujours préparer minutieusement ses dossiers, auxquels d'ailleurs il donne toujours des noms de codes issus de l'univers de la cuisine, ce qui justement lui vaut le surnom de "Kulinar".
Créée par Michal Makarenko et Andrei Ivanov (également réalisateurs), Kulinar a déjà été diffusée en Ukraine au printemps dernier, et compte un total de 20 épisodes. La série commence le 2 septembre sur REN TV.

De son côté, NTV projette de fêter en fanfarre le bi-centenaire de 1812 les 1er et 2 septembre prochains. Hein ? Quoi, il s'est passé quoi en 1812 ? Eh bien Napoléon a planté l'une de ses plus célèbres campagnes : c'est la retraite de Russie. Et ça, c'est un grand motif de fierté nationale, et donc l'occasion de nous sortir une série historique sur la question : Otetchestvenaia. Velikaia ; on y retrouvera l'un des acteurs principaux des deux saisons de la série Pabieg (c'est l'adaptation de Prison Break dont on parlait dans un world tour récent). La mini-série en deux épisodes sera présentée dans le cadre d'une soirée d'information, au cours de laquelle, encadrée par des explications du journaliste Alexei Pivovarov, elle ressemblera plus à un docu-fiction qu'à une série à part entière.

NTV diffusera également à compter du 15 septembre la série Karpov, une série policière sur un flic qui est mis en retraite forcée mais qui n'a pas assez d'argent pour vivre. Il s'engage alors comme agent de sécurité pour un entrepôt, un boulot pas très reluisant, mais il découvre que son expérience de flic peut lui permettre de trouver des criminels avant même qu'ils ne s'en prennent à l'entrepôt qui lui a été confié... En tout, 32 épisodes sont prévus pour cette série policière. Et, une fois n'est pas coutume, les Ukrainiens ne découvriront pas la série avec énormément d'avance puisqu'elle ne sera lancée en Ukraine que le 3 septembre. Bon, mais avec de l'avance quand même, vous le voyez. Faudra d'ailleurs que je tente d'élucider ce mystère récurrent à l'occasion.

Enfin, un drama legal est également au programme de NTV, intitulé Petrovitch, du nom évidemment de son héros, un procureur qui, euh... nan, juste ça apparemment. C'est pas un procureur avec des tics ou un trait particulier, il est procureur et apparemment ça suffit. En tous cas, devinez quoi, j'ai même une bande-annonce pour vous, et elle dure 3 minutes, excusez du peu !

NTV lancera également la 12e saison de la série policière Ulitsy Razbityr Fonari, une série assez classique lancée en 1998 et se déroulant dans un commissariat où l'on traite essentiellement les homicides.

Rossiya 1 n'est pas en reste ; la chaîne a dans ses manches un projet d'adaptation du roman Jizn i Soudba (Vie et Destin), une immense fresque souvent comparée à Guerre et Paix, s'intéressant à la bataille de Stalingrad. Ce projet très secret (les décors reconstituant les années 40 ont été intégralement construits dans des souterrains) n'a pas encore de date de lancement, mais il serait prévu pour l'automne quand même d'après ce que je lis.

ZemskyDoktor

Toujours sur Rossiya, les spectateurs russes ont pu retrouver Zemky Doktor, une "série" médicale. On y suit Olga Samoilova, une chirurgienne à la carrière prometteuse qui, à la mort de son mari, décide de plaquer sa vie citadine et de s'installer dans un cabinet à la campagne pour recommencer sa vie à zéro. Zemky Doktor n'est pas exactement une série : à l'origine, c'était un téléfilm diffusé en 2010, et qui, à la surprise générale, avait rencontré un grand succès. Rossiya vait donc décidé d'y apporter une suite. Rossiya a commencé par une rediffusion la semaine dernière, avant de proposer les aventures inédites du docteur Samoilova.

Sur Perviy Kanal, une mini-série de 8 épisodes devrait bientôt commencer, intitulée Uravnenie so Vsiemi. Dans ce drame, une mère de famille décide de se dénoncer à la place de son fils qui, conduisant en état d'ivresse alors qu'il enterrait sa vie de célibataire, a perdu le contrôle de sa voiture. Tandis que son fils, grâce à son sacrifice, peut poursuivre sa vie et notamment se marier, l'héroïne est jetée en prison et fait le dur apprentissage de la vie derrière les barreaux. Le tournage d'Uravnenie so Vsiemi, réalisé par Rauf Kubayev, a nécessité la construction d'une prison complète dans les locaux d'une base militaire abandonnée.

Et puis, je suis tombée complètement par hasard sur une annonce sur les nouveautés de la chaîne satellite Mat i Ditia, dédiée aux mamans (et à leurs enfants, si on en croit son nom), et qui proposera plusieurs soaps étrangers mais aussi une comédie originale, Diet Life (Дети Лайф, "diet" étant le mot russe pour "enfant", rien à voir avec les régimes), une série à sketches. Diet Life explorera des thèmes bien connus par les parents et notamment les jeunes parents, comme le recrutement d'une nouvelle nounou, les mères qui comparent leur bébé, ou les engueulades de couple à cause des enfants. Originalité supplémentaire, la chaîne propose à ses spectatrices de postuler pour figurer dans des sketches de la série, et/ou pour soumettre des anecdotes dont les scénaristes pourraient s'inspirer. Des morceaux d'épisodes sont déjà en ligne sur le site de Mat i Ditia, où l'on constate qu'une fois de plus l'écueil des rires enregistrés n'a pas été évité.

Alors voilà, notre semaine russe est donc finie. Si vous avez peur d'avoir loupé une partie de cette semaine à thème (notamment parce que d'autres articles sont venus s'intercaler), voici un récaptilatif des posts de cette semaine pas comme les autres :
- Destination Russie, avec quelques repères,
- Exporting Ducon, sur le documentaire de Philip Rosenthal suivant son aventure au coeur des remakes russes de sitcoms US,
- Nos voisins les Voronine, l'occasion de faire un petite exercice de comparaison entre un épisode de sitcom russe et l'original américain,
- [DL] Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany, un petit générique d'une des séries russes de la franchise Law & Order,
- Jugement dernier, une review d'un des rares pilotes de série russe ayant des sous-titres en Français,
- et It's all just a little bit of history repeating, un tour d'horizon sur les très, très nombreuses séries historiques russes.

Et malgré tout ça, il reste encore beaucoup à dire, je m'en aperçois à présent.
Mais même si j'aurais voulu prendre le temps de vous parler de plein d'autres choses encore (vous faire une review sur la très énigmantique Tcherkizona, par exemple, ou approfondir la question des adaptations, mais plutôt du côté drama, je suis d'ailleurs tombée sur une très intéressante interview à propos de Pabieg dont on aurait pu discuter), je trouve qu'on a quand même appris plein de nouvelles données sur la télévision russe. Elle nous est juste un peu moins méconnue aujourd'hui qu'il y a une semaine, et c'est déjà un pas en avant !

Alors voilà, j'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à commenter les posts qui vous intéressés, et plus généralement, à me donner vos impressions sur cette semaine thématique. Si je vous sens intéressés, j'en organiserai d'autres pour voyager vers d'autres pays une prochaine fois !

Posté par ladyteruki à 22:19 - Love Actuality - Permalien [#]

03-03-12

We are the 80s

BlackMarch

C'est bien souvent pour des raisons assez fallacieuses (genre : pas de vraie source d'information sur le long terme) qu'on ne vous parle pas beaucoup de télévision russe. C'est un tort que je m'en vais aujourd'hui réparer, et profitez-en bien, on ne sait pas quand sera la prochaine fois.

Pour que des news nous parviennent au sujet de la fiction russe, il faut qu'il se soit VRAIMENT passé quelque chose. Des séries russes, il y en a, pourtant, comme vous le prouvera rapidement un clic dans les tags de ce post, se référant à Kak ia Vstretil Vashu Mamu, Interny, Maia Prekrasnaia Niania, Shkola... ou plus anciennement Vyzyvaem Ogon na Sebya. Je vous l'accorde au vu du nombre de tags que je peux vous suggérer, je ne parle pas de télévision russe souvent non plus. C'est un tort. Faudra que je tente un post sur le pilote de Tcherkizona un jour, tiens.
Le problème c'est donc que pour le moment, c'est pas facile-facile de mettre le grappin sur des infos les concernant, ces séries, même si elles existent, preuve en est faite. La Russie est un peu comme les pays arabes avec ses fictions : pas très motivée quand il s'agit de sortir de son cercle linguistique. Et entre nous soit dit, puisqu'on est en petit comité, le matériel promotionnel des séries russes est souvent très moche et pas très attractif (il parait que dans la plupart des pays occidentaux, le jaune est considéré comme une couleur cheap, eh bien en Russie apparemment non, à commencer par la chaîne STS). Et je le prouve.

Vosmidesiatye
Aujourd'hui on donc va parler de Vosmidesiatye (soit, donc, Восьмидесятые si vous savez déchiffrer le Russe ou que vous voulez vous y mettre, un titre de série à la fois ; eh, faut bien commencer quelque part), une dramédie qui, comme son nom l'indique, se déroule dans les années 80. Si je vous le dis.

Et si j'ai entendu parler de Vosmidesiatye, lancée le 30 janvier dernier sur STS (qui a diffusé ses 12 épisodes d'une demi-heure en quotidienne, à 19h30), c'est parce qu'elle a fait des audiences assez spectaculaires en prime time où elle a atteint des scores record le soir du pilote, du genre 23% de parts de marché en général, et 20% sur la cible ô combien privilégiée des 14-44 ans. La série a permis à STS de prendre la pôle position dans cette case horaire aussi bien sur la région de Moscou qu'au niveau national, et c'est apparemment un exploit parce que mes sources soulignent toutes ce fait (pour ce que j'y connais en audiences russes, hein, je vais pas m'amuser à contester...). Avec Dnievnik Doctora Zaitsevoi, une comédie romantique en milieu médical, la série a ainsi permis à STS d'améliorer sensiblement ses audiences de ce début d'année, notamment sur la tranche des 16-54 où la chaîne est passée 2e (il semblerait que la chaîne occupait la 4e place sur la même période en 2011).

Bon tout ça c'est bien gentil mais ça ne nous dit pas grand'chose de l'intérêt de Vosmidesiatye, à plus forte raison parce que Dnievnik Doctora Zaitsevoi se ramasse des remarques lapidaires sur l'une des rares sources anglophones que j'ai trouvée à son sujet, et que, de toute façon, c'est bien connu, les audiences ça ne nous dit rien sur la qualité intrinsèque d'une série. J'ai donc pris sur moi de cagouler le pilote de Vosmidesiatye, que je me suis ensuite mis sous le coude en attendant le Black March, et, eh bien, on est en mars.

Sur fond de bande-son très typique des années 80, limite stéréotypée, Vosmidesiatye suit Vania Smirnoff, un jeune étudiant qui, en 1986, quitte le foyer de ses très modestes parents, et commence à prendre son indépendance en s'installant dans le dortoir de son université. Outre le temps qu'il passe avec son copain Sergei et son nouveau camarade de chambre Boris, il y découvre aussi l'amour, ou du moins essaye, avec la très jolie (ce sur quoi je suis assez d'accord) Inga, une jeune femme un rien prétentieuse, mais pas méchante, venue d'un milieu aisé et qui a connu la vie à l'Ouest.
Evidemment ses sentiments ne sont pas partagés, sinon ce serait trop facile. Cela devrait se compliquer, à en croire le site officiel de la série, quand une dénommée Katia va débarquer dans la série, mais dans le pilote, pas de Katia en vue.
A la différence socio-culturelle, il faut ajouter que Vania est l'un de ces personnages qui cumulent maladresse et poisse. Dans le pilote, cela s'illustre par exemple alors que la fac entière se retrouve pour célébrer l'installation dans les dortoirs de l'université, et que notre Vania se retrouve coincé dans un ascenseur avec la gardienne de l'immeuble (aisément) quincagénaire, pendant que ce dragueur de Sergei approche Inga. On est pas dans la comédie grossière à laquelle on pourrait s'attendre dans pareille situation caricaturale, mais on ne peut pas dire que les troubles de Vania soient hilarants ou touchants non plus. Cela dit, la conclusion de la scène mettant en parallèle Vania tentant de sortir de l'ascenseur avec l'aide de la gardienne, et Sergei approchant Inga m'a fait sourire un instant.

Peut-être qu'en réalité, l'intérêt de Vosmidesiatye tient dans le fait que la famille Smirnoff ne se résume pas à Vania. On passe ainsi du temps avec ses parents, qui, tout en essayant de prendre leurs distances avec leur fils aîné qui le leur réclame de façon un peu violente (limite crise d'adolescence en retard), continuent leur petite vie avec leur plus jeune fils Misha, âgé d'environ 5 ou 6 ans. Ca n'a rien d'épatant en soi, entre le dîner avec Kolia (l'oncle de Vania) ou les aventures pour déménager les affaires de l'étudiant, mais ils sont assez touchants quand même, ces deux-là, et surtout, ils ont un côté ordinaire qui permet de se mettre plus facilement dans la peau d'un Russe des années 80.

Difficile de nier dans tout ça que Vosmidesiatye vaut principalement pour son côté nostalgique plutôt que par ses intrigues ; mais sa nostalgie, la série la tire de quelque chose de relativement réaliste, et c'est une plutôt bonne nouvelle. Le plus grand mérite de la dramédie est probablement d'essayer d'associer son propos un peu simpliste et idéalisé sur les années 80, auquel on s'attendait forcément un peu, avec une envie de ne pas non plus en rajouter dans les stéréotypes tels qu'une série américaine se plairait sans doute à les montrer, à grand renfort de couleurs flashys, ou de tenues et de coiffures impossibles. Il faut dire qu'évidemment, la situation des deux pays à ce moment-là n'est pas la même, mais enfin, idéalisme nostalgique pour idéalisme nostalgique, ça aurait quand même pu être pire.
Le choix de montrer des personnages en général pas très riches permet ainsi de rappeler des détails qui, à coup sûr, feront sourire les Russes qui, comme Sergei, ont eux aussi utilisé de l'eau sucrée pour remplacer le gel pour les cheveux, par exemple.

En cela Vosmidesiatye accomplit quand même bien sa mission de voyage dans le temps, et ça se sent au niveau de la photographie.

Pas facile d'avoir un peu d'intimité à la maison On est d'accord, donc : Inga est mignonne Sergei, charmant copain au demeurant, mais ptet un peu trop justement Vue de l'ascenseur Papa et Maman Smirnoff

Alors au final, Vosmidesiatye n'est pas une immense réussite qui va vous convaincre que la télévision russe regorge de merveilles (pourtant il y en a, forcément il y en a !), mais c'est quand même une petite série honnête, un divertissement familial pas abrutissant même s'il ne promet rien, au vu de son pilote, de révolutionnaire.
Suffisamment sympatique en tous cas pour faire des audiences extraordinaires, après tout, et finalement peut-être que, si ça ne nous dit rien sur les qualités d'une série en termes de narration, d'interprétation ou de production, ça signifie quand même un peu quelque chose.

Posté par ladyteruki à 21:39 - Review vers le futur - Permalien [#]
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