ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-08-12

Leave me breathless

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. Avec la diffusion de Go On cette semaine, le coup d'envoi officiel de ce challenge est donné, et nous allons donc nous livrer à cet exercice avec la plus grande application, et autant de régularité que possible. Surtout étant donné les circonstances, puisqu'internet n'a toujours pas été rétabli chez moi.
Du coup, à la fin de ce post, vous trouverez un icône sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Go On de whisper (je l'ajouterai lorsqu'il l'aura rédigée ; nous ne les posterons pas nécessairement de façon absolument simultanée), et ainsi lire nos deux avis sur un même pilote, que ce pilote nous ait fait le même effet ou non. Restez donc à l'affût, car sur nos deux blogs, la saison 2012-2013 va être traitée de façon exhaustive !

GoOn-OnAir

Il existe deux sortes de [bons] acteurs dans mon esprit : les "caméléons" et les "nuancés". A titre d'exemple, Lee Pace est un caméléon (il peut même devenir une femme si on le lui demande gentillement). Au contraire, Matthew Perry est du style nuancé : il semble toujours avoir le même personnage, et son travail est d'apporter de fines et subtiles touches de nuance, comme un peintre repasse encore et encore sur le même tableau et rajoute des couches de peinture pour en détailler la texture ou la couleur du ciel.
Les nuancés donnent souvent l'impression de s'interpréter eux-mêmes, et parfois c'est, après tout, peut-être vrai. Peut-être qu'ils ne veulent ou ne peuvent pas dépasser les limites de leur propre nature, et que pour eux, le métier d'acteur, c'est aller chercher dans leur rôle une occasion de se mettre à nu. Les nuancés sont d'ailleurs beaucoup plus enclins que les caméléons à créer des rôles pour eux-mêmes. Ils cherchent à s'explorer avant tout, ils ne sont pas dans une recherche d'altérité. Le choix n'est plus ni moins noble que d'aller se trouver un personnage radicalement différent de soi-même (et/ou du personnage précédent), et d'aller dénicher en soi de quoi devenir cette personne ; il participe simplement d'une démarche totalement différente.

Depuis qu'il a fait sien le personnage de Chandler Bing, Matthew Perry s'est en tous cas trouvé une image dans laquelle on a pu le retrouver de façon assez constante, de ses apparitions dans A la Maison Blanche à son rôle dans Mr Sunshine, en passant par ses rôles dans des longs-métrages. J'ai peut-être loupé l'exception qui confirme la règle, mais il y a quelque chose de brisé en Matthew Perry qu'il n'a pas peur d'incarner encore et encore dans ses personnages, et surtout, quelque chose dont il n'a pas peur de rire. Matthew Perry est de ces acteurs qui aiment appuyer là où ils ont mal pour que le public rient de leurs grimaces, plutôt que de donner le change. J'admire et je respecte énormément ça, cette sincérité apparente, c'est le genre d'élément qui fait que j'adore Rude Awakening ou Titus, d'ailleurs ; et la liste n'est pas exhaustive.
C'est une démarche faite de cohérence et d'authenticité, qui élimine la distance entre l'artiste et le spectateur (que cet artiste soit acteur ou scénariste, d'ailleurs), et les met à pied d'égalité de façon humaine, incitant le spectateur lui-même à laisser tomber ses défenses et devenir, à son tour, vulnérable.

Alors regarder Go On, cela va sans dire, c'est forcément regarder un peu plus Matthew Perry que Ryan King, son personnage. Les personnages des acteurs dits nuancés"sont toujours un peu plus transparents : on regarde au travers d'eux en guettant le moment où on verra passer la silhouette de l'acteur. On se figure toujours qu'on connait mieux les acteurs nuancés que les caméléons. A tort ou à raison, d'ailleurs ; qui peut dire ?
Et lorsque l'on repère Matthew Perry dans Go On, on a du mal à ne pas penser à Chandler Bing, Matt Albie ou Ben Donovan, pour exactement les raisons que je viens d'énoncer.

Mais regarder le pilote de Go On est aussi une façon de découvrir une nouvelle nuance de la palette, et à travers elle, un Matthew Perry qui va mieux. Il est mieux dans son corps, d'abord : sa présence est moins figée, plus légère ; il bouge plus, il a une gestuelle moins engoncée. Mais surtout, son personnage est moins lourd, lui aussi. Certes, Ryan King est un homme cassé (un de plus), qui a perdu sa femme il y a un mois à peine, et qui ne veut qu'une chose, reprendre son boulot de présentateur d'une émission de radio sportive pour aller de l'avant. Mais il ne porte pas son poids comme une nature, et cela se sent dans la façon qu'il a non seulement de s'accrocher au sport, que dans l'esprit de compétition dont il fait preuve.

Go On nous parle d'un homme qui refuse depuis un mois de faire son deuil. Et nous parle donc, de façon plutôt délicate, de deuil quand même, là où on peut dire que Bunheads (pour ce que j'en ai vu, j'ai dû faire une pause à cause de cette histoire de connexion) décide de mettre les pieds dans le plat sans détour et d'aborder la question très frontalement, notamment dans le second épisode, où les choses sont très directes. C'est une façon différente mais pourtant très intéressante d'aborder le sujet : Ryan veut éviter d'interroger son deuil mais, parce que son entourage professionnel estime que ce n'est pas sain, il y est contraint. Plus tard dans l'épisode c'est lui-même qui va s'y contraindre, d'ailleurs. Et finalement c'est un angle sous lequel aborder le deuil qui, tout en traitant un sujet difficile, permet à la fois sincérité et humour, et d'éviter toute pesanteur ; Go On est à ce titre plus une dramédie qu'une comédie, en dépit des gesticulations Matthewperriennes qu'on y trouve.

Comme quelques unes des plus grandes dramédies de l'histoire de la télévision, Go On allie donc gravité et attitude positive. Son personnage central n'est pas un triste sire, il ne nous fait pas rire malgré lui : il nous fait rire parce que lui-même a envie de rire, alors même qu'il a du mal à le faire. Le procédé est incroyablement cathartique. Ce genre de choses fait toute la valeur du travail d'acteur de Matthew Perry, c'est une nuance délicate par rapport au Matthew Perry qu'on a fréquenté (brièvement) dans Mr Sunshine, mettons. Les deux personnages sont incroyablement proches et pourtant, ce qu'ils inspirent est très différent.

C'est, d'emblée, une grande richesse pour Go On que d'avoir ce personnage à la fois tragique et léger. Mais la force supplémentaire de ce pilote tient dans la (très abondante) galerie de portraits, même si elle n'est pour le moment pas appréciable dans les détails, qu'offre le groupe de parole que Ryan King intègre. Sur le thème, plus large, de la perte et de l'abandon, divers profils se dessinent, jamais totalement tragiques, mais confinant rarement au clownesque (à l'exception d'un patient peut-être un peu caricatural, mais pas totalement antipathique, Mr K, et qui peut également avoir du potentiel lorsqu'on aura dépassé la première impression), avec un sens de l'équilibre qui permet de rire sans trouver qu'on est de mauvais goût, ni que la série l'est.
La loufoquerie ne cède jamais la place à la facilité, permettant à l'émotion d'être toujours un peu présente, sans que pour autant ce soient les grandes eaux en permanence.

Alors bien-sûr, il manque peut-être au pilote de Go On quelques petites choses pour pouvoir être qualifié de coup de coeur, notamment parce que Laura Benanti (à cause de laquelle il est difficile de ne pas penser à Starved, et d'ailleurs voilà une autre série à ajouter à la liste ci-dessus) et Matthew Perry mettent énormément de temps à trouver leur alchimie, et qu'on craint assez rapidement, de surcroit, que celle-ci ne se transforme en intrigue amoureuse de type will-they-or-won't-they.
Mais il se dégage de ce premier épisode une intensité qu'on n'est plus habitués à trouver sur une dramédie de network ; je crois d'autre part que la série a aussi hérité d'un petit quelque chose proche de l'esprit de Community, en cela qu'elle pourrait trouver le succès en piochant dans les profils névrosés des personnages loufoques qu'elle a mis en place. Ca se sent bien dans la scène de la compétition (ainsi évidemment qu'à la toute fin) : il y a du potentiel pour une série très libératrice, dans l'émotion comme dans le rire, et c'est plutôt bon signe pour son avenir.

En ce qui me concerne, ce premier pilote de la saison m'a vraiment mise de bonne humeur ; je serai ravie de surveiller l'évolution des épisodes suivants, pour voir si les qualités que j'y ai perçues ne faiblissent pas. Si Go On tient bien la direction qu'elle s'est fixée avec ce pilote, on pourrait bien tenir la meilleure dramédie de network depuis plusieurs années ; et par-dessus le marché, une excellente opportunité de tenir compagnie à Matthew Perry pendant toute une saison, ou plus. Rien ne me ferait plus plaisir que d'avoir l'illusion de comprendre et partager quelques blessures avec lui de cette façon...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:19 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-04-12

Remontées acides

Ce soir dans le SeriesLive Show, nous consacrons toute une rubrique à une série méconnue, Starved, diffusée par FX pendant l'été 2005. C'est une série dont je pense énormément de bien et dont j'ai déjà pu vous entretenir à l'occasion, mais puisque je me suis enfilé une intégrale afin de me rafraîchir la mémoire en vue de l'émission, je me suis dit que c'était une occasion en or de vous faire un petit bilan de la saison/série, après vous avoir parlé de son pilote voilà il y a quelques années.
Etant donné que depuis le décès de MegaUpload, les posts La preuve par trois ne fournissent plus de lien de cagoulage pour les épisodes traités,  maintenant c'est un peu l'horreur pour partager des épisodes sur le long terme ; je me vois donc contrainte de vous indiquer que l'intégrale de cette série est disponible sur Youtube. Chaque épisode est découpé en trois parties, en plus. Beurk, mais à défaut de mieux... En tous cas vous avez quelques heures pour aller vous faire une idée, et mieux comprendre de quoi on cause ce soir dans l'émission.

Starving

C'est sûr, Starved est une comédie bien particulière, puisqu'elle s'intéresse à quatre personnages qui ont des troubles alimentaires ; il y a Sam, qui cumule l'anorexie et l'hyperphagie, Dan, "simplement" hyperphage mais qui a atteint un stade d'obésité morbide, Adam, un boulimique, et Billie, qui est à la fois anorexique et boulimique. Que de charmants portraits, reconnaissons-le.
Ils assistent ensemble à des réunions des Belt Tighteners, un groupe de parole spécialisé dans les troubles alimentaires. Sauf que ces groupes ne sont pas basés sur l'écoute et l'entraide, comme peuvent l'être les Addicted Anonymous, mais au contraire reposent sur le blâme, et la dissuasion par l'aggression verbale.

La série étant créée par Eric Schaeffer, c'est évidemment lui qui interprète le rôle principal de Sam, un homme qui parvient à n'être jamais vraiment sympathique mais dont la manifestation des troubles est éminemment intéressante. En effet, il est également célibataire, et ses névroses alimentaires débordent énormément sur la façon dont il vit ses relations amoureuses ainsi que ses obsessions sexuelles. C'est certainement le personnage le plus fascinant de la série à cause de cela : il démontre bien la façon dont la nourriture et le sexe sont très liés dans nos imaginaires, et quand on entretient un rapport malsain à l'un, on a tendance à ne pas vivre le reste de façon bien plus saine.

Sam, en dépit du fait que ce soit un type assez insupportable et imbuvable (le terme "petit connard" peut éventuellement venir à l'esprit du spectateur...), est assez touchant parce qu'il cherche désespérément à vivre sainement, et que dans ce but, il adopte très vite les idées qu'on lui souffle.
Le problème c'est évidemment qu'il cherche une "formule magique" pour se sortir de ses troubles, au lieu de faire un travail plus difficile et plus lent, par exemple en suivant une thérapie (et pas juste aller se flageller chez les Belt Tighteners !) ou en intégrant un programme dans un institut médicalisé, pourrait-on imaginer. Donc en cherchant la solution qui va d'un coup de baguette magique tout résoudre, il devient une sorte d'éponge pour toutes les idées qui passent. Et il se destine aussi à l'échec car ce côté girouette ne peut jamais vraiment lui réussir. Par exemple, Dan lui recommande de faire des lavements ? Pouf, il fait des lavements ; c'est alors l'occasion de faire un transfert sur l'assistante médicale qui les lui procure, de façon à obtenir des lavements le soir après leur dîner ensemble (ah oui, Sam est un grand romantique). Mais quand ça ne marche pas comme il veut, il passe immédiatement à autre chose. Il va ainsi sortir avec une végétalienne et adopter son mode de vie extrême, simplement parce qu'elle lui a assuré qu'un brownie vegan n'avait presque pas de calories. Quand il prend du poids et qu'elle lui dit que, "presque pas", ce n'est pas "pas du tout" de calories, alors tout d'un coup on sent que son attachement pour elle s'est envolé.
Ainsi, tout s'imbrique toujours, avec lui... Et ne dure jamais vraiment longtemps parce qu'il ne lutte pas efficacement contre son trouble.

Sam prenant beaucoup de place dans la série, et l'unique saison de celle-ci étant très courte, on se prend à rêver des choses que les 7 épisodes de la série n'auront pas le temps d'explorer pendant la première saison.

Ainsi, Billie, chanteuse de son état, cache à son meilleur ami Sam que ses parents sont deux hommes, et évite depuis des années et des années de les lui présenter ; ses rapports avec l'un de ses deux pères sont de surcroît très houleux. Elle est elle-même plus ou moins bisexuelle (elle dit que "ses fans la préfèrent gay" mais couche aussi bien avec des hommes, sans en avoir l'air très heureuse, que des femmes), et l'un de ses pères prétend que son homosexualité n'est qu'une phase pour elle. Sa réponse consiste en général à boire (quelle émotion pour la fan de Rude Awakening que je suis d'assister au développement de cette intrigue...!), en plus de ses autres troubles alimentaires qui la poussent à peser absolument tout ce qu'elle mange, ce qui est supposé lui permettre de garder le contrôle de son besoin de se faire vomir (mais ce n'est pas beaucoup plus sain, reconnaissons-le). Bien qu'on ait le temps de prendre la mesure de tout ce qui préoccupe Billie, la résolution de ses problèmes avec son père, ainsi que la question de sa sexualité et de son alcoolisme, auraient à elles seules mérité une seconde saison.
Une histoire plutôt développée est celle de Dan, qui tout obèse qu'il soit n'en a pas moins une femme superbe à la maison qui ne demande qu'à lui faire un bébé. Lui, il aurait en fait dû rester célibataire, tant sa seule envie dans la vie est de rester au calme à manger devant des matches. Son état de santé est tel qu'un simple régime ne fonctionne pas (on verra d'ailleurs qu'en essayant de passer à un régime tout liquide, il va finir par mixer de la junk food...) et il a besoin de la pose d'un anneau gastrique, mais l'opération a plusieurs fois été reportée parce qu'il ne peut s'empêcher de tout gâcher en mangeant juste avant l'opération. Le déroulement de cette histoire semble osciller en permanence entre l'envie de progresser et le retour à la case départ, illustrant bien ce qui se passe dans la tête de Dan, mais on aurait aimé savoir ce qui se passe ensuite, quand son corps finit par ne plus pouvoir continuer ce petit jeu.
Le plus regrettable est probablement le problème d'Adam. Ses manifestations sont spectaculaires, à plus forte raison parce qu'en plus de vomir littéralement face caméra, elles entrainent un comportement auto-destructeur dans d'autres domaines de sa vie, notamment au travail. Mais même avec des explications vers la fin de la saison, le cas d'Adam restera assez superficiel, ce qui est dommage car, Adam étant quelqu'un de très secret et refermé sur lui-même, on n'a pas beaucoup d'occasions d'entrer dans sa tête autrement qu'avec des intrigues explicitées comme on les a pour les autres.
De mon point de vue, Starved avait encore beaucoup d'histoires à raconter, donc, en dépit du fait que bien des choses aient eu le temps d'être évoquées pendant sa brève existence, fait assez rare pour une série de ce format.

Mais la série a bien d'autres qualités. En décidant de choisir uniquement des adultes pour parler de troubles alimentaires, Starved parvient à dépasser l'écueil du cliché télévisuel sur les troubles alimentaires, et les rendent universels. On est à la fois dans l'outrance et dans l'absence de caricature, ce qui permet de ne pas se sentir excessivement concerné, tout en se remettant en question sur certaines de nos propres attitudes vis-à-vis de la nourriture. Est-ce vraiment sain ? Y a-t-il qui que ce soit qui ait un rapport totalement sain à la nourriture, de nos jours, après tout ? Comme le souligne Billie dans une démonstration, les dés sont pipés : les tailles des vêtements sont faussées, les médias déforment notre vision, et nous perdons tout sens des réalités. Et ce n'est pas faux, à bien y réfléchir.
Là où la série réussit son entreprise, c'est qu'elle rappelle ces facteurs extérieurs mais ne s'en sert jamais pour décharger les protagonistes de leur responsabilité dans leurs problèmes ; ils sont malades, c'est à eux de guérir ou au moins d'apprendre à ne pas être dominés par leur maladie, même si cette maladie est la résultante de facteurs extérieurs. Il y a un côté moins victimiste que la plupart des fictions traitant de ces sujets (et qui sont, en général, plutôt des unitaires de Lifetime, d'ailleurs).

La série ménage des moments légers et d'autres réellement dramatiques, usant du slapstick et du grotesque en plusieurs occasions, mais imposant aussi des passages (et notamment des fins d'épisodes) très oppressantes. A ce titre, Starved penche plutôt du coté dramédie que de la comédie pure et dure, mais quand elle tente l'humour, elle est dans une telle surenchère qu'on dépasse ce que la plupart des dramédies s'autorisent en la matière. Surtout qu'on parle du rapport que les personnages entretiennent à leur corps et leurs fonctions vitales, un sujet qui implique évidemment des choses assez graphiques et explicites...

Pour finir, certaines séries se déroulant à New York se contentent de prendre la ville comme elles auraient pris n'importe quel autre décor. Starved fait partie de ces fictions qui n'ont pas choisi New York : elle est éminemment New Yorkaise, c'est dans son ADN. L'atmosphère unique de la ville est palpable. Et cela sans en rajouter dans les prises de vue... Cela se manifeste aussi avec les quelques guests de la série, comme Darrell Hammond (tout droit issu de Saturday Night Live) ou Robyn Cohen (future créature de Gravity). On verra aussi Jenny Slate (une recrue très temporaire du Saturday Night Live) brièvement dans un rôle totalement muet dans le dernier épisode.
De par tous ces facteurs subtils, il semble impossible à la série de se dérouler ailleurs que New York ou, si ç'avait été le cas, la série en aurait totalement été changée. Cela ajoute probablement à son humour car le côté bobo que partagent de nombreux New Yorkais, la passion des habitants de Manhattan pour les modes ridicules (Carrie Bradshaw et ses copines nous l'ont prouvé à plusieurs reprises) et les possibilités de la ville jouent un rôle considérable dans les différentes options de "traitement" des protagonistes. Rien que les Belt Tighteners ont quelque chose de profondément New Yorkais.

Avant et pendant sa diffusion, Starved a... comment dire ? Partagé la critique. Il y a des sujets dont on a parfois du mal à rire, à plus forte raison dans une Amérique où l'obésité est une telle plaie, je suppose. Et je peux le comprendre. Mais à travers son humour pas très propre sur lui, Starved est aussi une série incroyablement honnête sur son sujet, comme pouvait l'être Huge, quelque part.
Starved est de toute évidence fondée sur un travail autobiographique, Schaeffer ayant lui aussi dû lutter contre des troubles alimentaires ; la série fait définitivement partie de ces petites séries qui resteront méconnues pour le grand public, mais qui apportent quand même énormément au téléphage, car elle ne fait pas de concession et s'autorise une sincérité totale, même quand c'est pas très ragoûtant. C'est le cas de plusieurs autres comédies ou dramédies qui ont pu me charmer par le passé, à l'instar de Rude Awakening (qui sera également citée dans le SeriesLive Show de ce soir !!!) ou Titus, vous le savez. Une série me plait rarement autant que lorsqu'elle veut rire de choses pas drôles... et Starved accomplit parfaitement sa mission sous cet angle.
Ce n'est pas le genre à vous donner, hm, l'eau à la bouche, mais c'est une vraie curiosité. A déguster uniquement en-dehors des repas, toutefois.

Posté par ladyteruki à 07:09 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

07-01-12

It's never funny in Philadelphia

Il y a bien longtemps maintenant que je guette les pilotes divers et variés dans l'espoir d'une certaine exhaustivité (hélas relative). Je me rappelle qu'il y a quelques années, j'avais repéré des comédies dont on ne parlait absolument pas les cercles téléphagiques que je fréquentais.
Je ne sais pas si le même phénomène vous est déjà arrivé, mais lorsque je découvre l'existence d'une série dont personne ne semble avoir connaissance autour de moi, je développe pour elle une certaine tendresse en attendant le début de sa diffusion ; j'ai envie de l'aimer parce que, eh bien, déjà qu'il n'y a pas grand'monde pour la connaître, alors si en plus je ne l'aime pas, c'est vraiment trop triste, non ? Et puis elle démarre et là je me fais une opinion. Parfois mon a priori positif fait que je l'aime un peu plus qu'elle ne le mériterait probablement, parfois je découvre que, si certaines séries sont totalement ignorées (plus ou moins volontairement), peut-être que ce n'est pas plus mal.

Ces comédies, donc, étaient Starved et It's Always Sunny in Philadelphia. J'étais vraiment contente de ma prise, parce qu'à l'époque je n'avais pas développé un goût vraiment prononcé envers les comédies et qu'en dénicher deux sur le câble allait, je l'espérais en tous cas, m'inciter à m'y mettre. Le fait qu'elles soient toutes les deux originaires du câble, et de surcroît, de la même chaîne, m'avait d'ailleurs portée à croire qu'elles auraient des points communs.

Le reste est entré dans l'histoire : It's Always Sunny in Phladelphia est toujours à l'antenne, quand Starved n'aura pas eu droit à plus d'une saison, la chaîne FX décidant qu'elle ne pouvait en renouveler qu'une.
Pas de chance, des deux, c'est Starved que j'avais le plus aimée. D'ailleurs ça fait des années que je vous en parle, et je vous avais même proposé le pilote. Alors que, comble de l'ironie, après la déconvenue devant le pilote d'It's Always Sunny in Philadelphia, je m'étais dépêchée d'oublier cette série.

AlwaysSunnyNeverFunny
Mais, comme je suis toujours à la recherche d'une nouvelle comédie (surtout après avoir dévorité les trois saisons de Titus en une semaine environ), j'avais demandé des suggestions sur Twitter, puis avais reçu l'idée de Delphine avec l'esprit ouvert : après tout, pourquoi ne pas redonner sa chance à It's Always Sunny in Philadelphia ? Les goûts changent avec les années, non ? Il y a eu suffisamment d'exemples au fil des années dans ces colonnes (notamment avec Friday Night Lights) pour que je ne refuse pas un revisionnage. Peut-être que, cette fois, j'allais accrocher ?

Eh bien pas toujours, hélas. Et It's Always Sunny in Philadelphia ne m'a pas arraché un sourire, quand bien même je sois devenue depuis plus familière avec les comédies.
J'ai été ravie d'y retrouver, sous la forme de guest, l'un des héros de Better Off Ted (ce qui ne m'avait pas frappée la première fois que j'avais vu le pilote, pour des raisons évidentes), mais c'est bien le seul moment de l'épisode pendant lequel j'ai pu être un tantinet de bonne humeur. Est-ce le sujet du racisme en particulier ? Est-ce simplement le type d'humour pour lequel la série opté ? Toujours est-il que j'ai été incapable de m'amuser.

Mais, replongée dans cet épisode que j'avais découvert voilà plusieurs années, et que j'avais associé à celui de Starved, je suis obligée d'admettre que j'ai très envie de revoir les épisodes de cette autre comédie. Je n'aurai donc pas tout perdu !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche It's Always Sunny in Philadelphia de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:37 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-04-10

Plus légère après Gravity

Il est un fait communément admis que j'ai un goût particulier (euphémisme) en matière de célébrités masculines. Oh, je peux faire genre "je suis pas si tordue que ça" et vous dire que Christopher Meloni est ZE man, la définition de la virilité et tout le bazar, et ce sera vrai, et une fois passé le fait qu'il n'a qu'une vingtaine d'années de plus que moi, vous me trouverez à peu près raisonnable. Mais il y a aussi les fois où je vais vous confesser de but en blanc que l'un des amours de ma vie, c'est Eric Schaeffer. Que j'aime cet homme d'amour depuis des années et des années, bien qu'en étant consciente de faire partie d'une minorité de gens qui le connaissent, et plus encore, qui l'apprécient.
Tout a commencé avec Century City, bien qu'il n'y ait été qu'acteur et n'ait pas tellement apporté sa griffe aux épisodes... et déjà combien sommes-nous à avoir vu Century City ? Mais alors, quand il a créé Starved ? Oh mais merde alors, ce type est un Dieu ! Et combien sommes-nous à avoir regardé ET Century City, ET Starved ?

Alors quand aujourd'hui, agrippée à mon clavier tandis que je suis en larmes et en joie tout à la fois, je m'apprête à vous parler de ma nouvelle série préférée, Gravity, quelque part, je pense que vous avez tout compris sur la raison qui m'a poussée à regarder le pilote de cette nouvelle série. Ou plutôt... non, vous n'avez pas encore toutes les informations en main. Au départ, les raisons étaient les suivantes :
- il va y avoir un pilote. Bon, ça c'est normal, c'est la raison qui me fait regarder tout et n'importe quoi. Je veux dire que si un jour une série parvenait à accomplir la prouesse d'être diffusée sans avoir de premier épisode introduisant l'intrigue et les personnages, ce serait le seul cas où je n'aurais pas spontanément envie de la voir. Et encore, parce que lancer une série sans qu'elle n'ait de pilote, c'est une expérimentation qui pique ma curiosité. Non, sérieusement, le simple fait d'avoir un pilote rend n'importe quelle série éligible, c'est tout. Je suis pilotovore, on n'y peut rien.
- Eric Schaffer. Il parait que plein de gens ne l'aiment pas. Pour ceux qui savent de qui il s'agit. Moi franchement, je vais vous dire, je m'en fous. J'ai lu ce papier d'une nana qui est sortie avec lui une fois ou deux, qui le décrit à mi-chemin entre le pauvre type et le parfait petit enfoiré New-Yorkais, bah : même pas peur. Eric, je t'aime. Je t'aime parce que quelqu'un qui porte en lui une série comme Starved, c'est un mec que je ne peux qu'aimer. Et que tu aies rejoint le projet Gravity, c'est une preuve de plus que je t'aime. D'amour. Je m'en fiche de ce que disent tes ex. Elles n'ont rien compris. Un mec qui a Starved ou Gravity dans la tête, il faut pouvoir assurer en face, c'est tout, et c'est pas la première pétasse qui est équipée pour assumer une relation avec un type comme toi. Toutes les femmes ne sont pas à la hauteur. Moi, Eric, je le suis. Passe me voir à l'occasion, tu verras ! (PS : moi au moins, je ne te quitterai pas pour Conan O'Brien... enfin... on en rediscutera si ça se présente, disons)
- une série sur le suicide. Sur le suicide, quoi ! Là il en faut dans le pantalon, là franchement c'est de la télévision. Le suicide, merde ! Des gens qui veulent mourir, mais que par définition on peut pas faire mourir, parce qu'on les paye pour être là toute une saison ! Voilà bien un thème qui fait appel à la souche téléphagique en moi, la raison pour laquelle je continue de regarder des séries après en avoir vu pourtant des tonnes. Oh je peux aller tuer le temps devant un Caprica ou un Geomsa Princess, mais dans la vraie vie, ce que je veux, ce que je veux vraiment, c'est une série qui me chope les entrailles et me les extirpe douloureusement, sans chercher à me ménager, sans chercher à me dire "oh ma petite chérie, tu es sûre, tu préfèrerais pas une série où les enquêteurs ils pensent rien qu'à relever des empreintes et interroger des maris jaloux, tu es sûre, parce que ça je sais faire, hein, ça c'est pas dangereux pour toi", non, moi je veux des séries qui me parlent à moi de choses difficiles et douloureuses, et qu'on ne me prenne pas pour une demeurée ou, au mieux, une poupée de porcelaine. Je veux des séries qui abordent des sujets sur lesquels on ne peut pas reculer, une fois que tu t'es embarqué dedans, tu es obligé d'être honnête et de ne pas toujours faire dans le très propre. Des thèmes où il n'y a pas de zone de confort possible, voilà ce que j'attends de mes séries depuis toujours, depuis Rude Awakening, et l'équation Eric Scaheffer + suicide, c'était une garantie que j'allais en avoir pour mon argent.

Donc l'attente de Suicide for Dummies, de Failure to Fly et finalement de Gravity me rendait toute extatique.

Gravity

Et puis.
Et puis, il y a 19 jours, il s'est passé quelque chose. J'arrive d'ailleurs toujours pas à croire que ça ne fait que 19 jours, comme je n'arrivais pas à croire que ça n'en faisait que 12 ou que 5. La douleur est encore là comme si je l'avais appris hier. Un suicide ; dans la vraie vie, si je puis dire. Et après avoir passé plusieurs jours à me déconnecter de ma téléphagie, à n'y voir plus rien qui trouve du sens (merci pour vos conseils, j'ai d'ailleurs commencé la première saison de In Treatment, on en reparle bientôt), j'ai progressivement réalisé que j'étais dans une zone d'attente. Et que c'était Gravity la clé.
J'ai approché ma propre mort, deux fois. L'une plus sérieusement que l'autre, en toute sincérité. Mais j'avais perdu ce contact morbide avec le suicide, et j'avais besoin de Gravity pour "comprendre" ou en tous cas lancer la compréhension. Juste pour poser les questions qu'une bonne série sur un sujet grave pose immanquablement. Et moi-même, je me suis enfermée depuis 19 jours dans un cercle morbide où j'essayais de me mettre dans sa peau, et Gravity m'a servi à me libérer de ça parce que des personnages en parlent à ma place.

Le pilote de Gravity n'évite pas quelques clichés, mais je pense qu'une bonne partie sont conçus pour faire partie de son charme, de la même façon d'ailleurs que Starved n'était pas exempte de maladresses ponctuelles qui ne desservaient pas un instant la série.
Pour d'autres passages, avant même d'avoir lu que mener la série à l'écran avait pris 3 années, je peux sentir qu'il y a eu des concessions qui rendent le propos un tantinet plus mesuré que prévu. Gravity voulait parler du désir de mort et du désir de vie, qui existent en chacun mais qui, selon le moment, ne nous apparaissent pas toujours dans les mêmes proportions. Sa bande-annonce aux airs de feelgood movie, c'était une de ces concessions. Comme le personnage du flic qui m'apparait comme un ajout pour rentrer dans un certain moule télévisuel permettant à la série de voir le jour.

Mais quand on dépasse ces clichés et cette intrigue pseudo-policière (qui au final n'en sera peut-être même pas une...), on trouve dans Gravity toute l'honnêteté qu'on était en droit d'attendre sur le sujet.

C'était une telle épreuve et un tel soulagement de regarder Gravity. Loin de mes conneries de fantasmes sur Eric Schaeffer ou de mes tendances pilotovores, loin de toutes les raisons plus ou moins bonnes pour lesquelles on regarde une série au départ, Gravity, c'est juste la raison pour laquelle je regarde des séries, et c'est juste celle dont j'ai besoin maintenant.
Merci.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gravity de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:01 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-11-08

It's not OK !

Et dire que ce n'est même pas encore Noël... pourtant voilà déjà un troisième post La preuve par trois en l'espace de trois jours (soit quatre en une semaine, mais on ne fait pas les comptes, n'est-ce pas ?).
C'est-à-dire aussi que, cette fois, je suis retombée sur une vieille pelote de laine, et je n'ai pas su résister. Starved fait partie de ces séries un peu trash que j'affectionne, justement parce que c'est un peu malsain (un peu ?!), pas forcément appréciable par tous mais définitivement couillu, et puis les acteurs sont bons (et je ne dis pas ça juste parce qu'Eric Schaeffer était dans Century City, ou si peu).

Je vous emmène dans un monde complètement pervers, où la nourriture y occupe une place démesurée... alors, c'est un conseil d'amie, ne mangez pas pendant la lecture de ce qui suit. Et encore moins une fois que vous aurez cliqué où vous savez.

Starved___1
Je n'ai pas de troubles alimentaires (enfin, euh... je ne crois pas ?!) mais je trouve qu'on compatit instantanément avec Sam dés la scène d'intro, où on peut voir ce pauvre bougre être complètement obsédé par son poids et sa silhouette. C'est la première chose à laquelle il pense au réveil et ça ne le quitte pas de toute la journée. Cette relation d'amour-haine avec la bouffe, qui conditionne tout ce qu'il fait (y compris son aventure avec la jolie Sarah), c'est hyper prenant. On y croit à fond ! C'est ptet aussi parce que le téléphage est un addict dans son genre, c'est vrai... mais ça fonctionne complètement. Et entre cynisme blasé et inquiète obsession, Eric Schaeffer nous permet de vraiment nous immerger dans ce monde complètement vicieux... en même temps il sait de quoi il parle, vous me direz.

Starved___2
Et n'allez pas dire que je ne vous avais pas prévenus ! Qu'on sache bien de quoi on parle : en soi, Starved n'est pas ce qu'on pourrait appeler une série "choc", elle n'est pas faite pour entrer dans la surenchère. On n'est pas dans la démonstration à coups de gourdin. En résumé, ce n'est pas une série de Ryan Murphy, c'est ça que je veux dire. Mais en même temps, la série ne se prive pas de quelques petites scènes un peu dures... à avaler, surtout si ça peut montrer l'absurdité de ces maladies alimentaires ; et on en a la preuve dés le pilote avec une exploration assez détaillée des moeurs alimentaires de chacun des personnages, comme dans la capture ci-dessus. Tout ça sans jamais vraiment s'éloigner d'une forme de comédie très pince sans rire, qui fonctionne à fond sur moi, je dois dire. Parce que franchement, le flic qui verbalise le livreur chinois en situation irrégulière juste pour lui confisquer son paquet de bouffe, c'est déjà énorme, mais après... nan, je n'en dis pas plus. Le charme et l'impact de Starved, c'est de se laisser surprendre par l'ampleur des dégâts chez les quatre protagonistes. Au juste, je ne sais pas lequel est le plus atteint, en fait !

Starved___3
Ce groupe de parole, c'est tout un poème ! D'ordinaire, ce genre de groupes, c'est plutôt un endroit où on s'épaule les uns les autres. On imagine bien les réunions des AA (sinon il y a toujours Rude Awakening... oui, quand même, j'étais obligée de citer Rude Awakening dans un pareil post !) avec les gens qui viennent dire qu'ils ont tenu le coup, ou qu'ils ont besoin d'aide, ou que c'est la faute de leur maman qui a jeté leur nounours à la poubelle quand ils avaient trois ans, ou je ne sais pas quoi. Eh bien là pas du tout, quand la fine équipe vient à ces réunions, c'est juste pour se flageller, se faire traiter de tous les noms, et se faire invectiver par la psy. Et vous pensez que ça marche ? Je ne suis pas convaincue... La psy, en plus, est un véritable régal. Je ne sais pas où ils ont été la pêcher, celle-là, mais elle est parfaite de bout en bout.
"It's not OK !".

Bon, vous êtes prévenus, je ne vous propose pas une comédie familiale, aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire. A ne pas mettre devant toutes les paires d'yeux... Mais d'un autre côté c'est vraiment une série comme je les aime, avec à la fois humour grinçant, pitch complètement hors-normes, personnages impossibles à aimer ni détester, et bien-sûr un certain goût de la prise de risque (à défaut de prise de poids). Pas étonnant avec un pitch pareil que Starved ait fait râler les râleurs avant même d'être diffusée (le sujet est sensible, mais c'est aussi ça qui fait la valeur de cette série, non ?). Et donc pas très étonnant que ce bijou dégueulasse n'ait pas duré bien longtemps.
Bon, que dire d'autre...? A table ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Starved de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 16:03 - La preuve par trois - Permalien [#]

11-02-07

C'est pas le Valedictorian de la saison...

Un bon petit pilote, ça ne peut pas faire de mal. Un pilote de sitcom, encore moins. Pourtant le pilote de In Case of Emergency n'était pas exactement ce que le médecin pouvait me prescrire de mieux.

Une fois de plus, on a droit à une bande de losers et leurs petits bobos... Oh, ça va, ne me faites pas pleurer ! Comment accrocher aux pauvres malheurs de tout ce petit monde (et, du coup, comment en rire ensuite) ? Entre le bouffeur compulsif (qui n'arrive pas à la cheville, pour ses problèmes de bouffe, du cast de Starved), le père divorcé, l'ex reine du lycée qui devient masseuse... et l'autre que j'ai déjà oublié mais qu'importe... on n'a pas une seule seconde envie de les prendre en sympathique. Les gags sont là, c'est sûr, certains sont même drôles, parfois, mais contrairement à ce qui fait à mon sens la force d'un bon sitcom, on ne s'attache pas aux personnages d'éternels perdants. Et on est loin de s'identifier à eux non : qu'est-ce qu'il reste ?

Vous voulez que je vous dise ? Le vrai loser, c'est Greg German qui n'est pas resté dans Eureka. Quoi qu'il en coûte, on ne laisse pas filer un rôle pareil. C'était presque du sur-mesure ; ici, il ne joue qu'un avatar de Richard Fish...

Sur le papier, l'idée que ces personnages avaient besoin de se reposer sur quelqu'un en cas de problème, en dépit de situations où ils semblaient être seuls, évoquait pourtant une sorte de tendresse touchante. D'ailleurs tous ceux qui ont ressenti la solitude se sont posé ce type de questions, il y avait matière à tisser de l'humour autour d'un canevas de réelle affection. Mais quelque part entre la tentative de suicide ratée et la décapitation d'une peluche, il ne restait plus beaucoup de tendresse pour ce concept pourtant intéressant.

Et c'est bien là que serait né le rire ! Si ces personnages avaient réellement donné l'impression de tenir à leurs liens les uns entre les autres ! Mais tout semble n'être dans ce pilote qu'une enfilade de concours de circonstances et de ressorts comiques usés. Rien ne lie vraiment les protagonistes dans les faits, et du coup, l'idée de départ n'a aucune prise.

Bien-sûr, je ne dis pas que toutes les histoires d'amitié, à plus forte raison sur des formats courts, devraient ressembler à Friends, surtout pas. Mais la forme d'amitié de nos 6 comparses avait quelque chose de moins artificielle, et plus palpable, que ce que le pilote de In Case of Emergency essaye d'instaurer, y compris dans ses premiers épisodes. Le plus dingue c'est que la relation qui se rapproche le plus de la complicité, c'est celle qui lie le héros à Kelly, alors que ce sont des personnages qui sont sensés ne pas s'être vus pendant des années, et s'être à peine fréquentés alors ! Le reste n'est que conventions scénaristiques pour avoir un noyau de personnages pas tous étrangers les uns aux autres... Quel gâchis. En ce qui me concerne, cette série peut aussi bien finir cette saison.

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche In Case of Emergency de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:39 - Review vers le futur - Permalien [#]


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