ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-05-13

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie...

Vous connaissez la Rose d'Or ? Non, ça rien à voir avec la caverne du même nom...
Hier soir se tenait la cérémonie d'origine suisse, qui revenait sous une nouvelle forme, mais un même nom (bien que désormais suivi de la mention "a Eurovision award" qui indique le changement de direction aux plus étourdis parmi nous). Et comme vous me savez friande de cérémonies de récompenses internationales, vous vous doutez de la suite de ce post. Attention, un twist n'est cependant pas exclu...

Pour cette 52e édition placée sous le signe de la renaissance, pour la première fois, les prix n'ont pas été remis en Suisse, mais à Bruxelles ; ils n'ont pas non plus clôturé un festival, mais se sont inscrits dans le déroulement du 2013 Media Summit. Plein de changements, donc, enterrinés lors d'une soirée animée par la Néerlandaise Lucille Werner, et sous le haut patronage de la Princesse Astrid et du Prince Lorenz de Belgique, excusez du peu.
Et vous allez voir que le changement va encore plus loin...

RosedOr

Avec cette réorientation sont également venus des changements jusque dans les prix remis, et non des moindres : 6 Roses d'Or seulement sont remises.
La plus grande surprise est que les catégories relatives aux programmes scriptés se bornent à deux awards à présent, et pas forcément les plus évidents. Ainsi, exit les séries dramatiques, sayonara les mini-séries, adieu les séries pour la jeunesse, ciao les soaps et telenovelas ; même les téléfilms ont tiré leur révérence. Le transmedia est également aux abonnés absents.
Que reste-t-il dans le domaine du scripté ? Sitcom. Les cinq autres prix sont Comédie (ce qui inclut les émissions humoristiques, notamment à sketches), ainsi que Emission de jeu, Arts, Divertissement, et enfin Réalité et divertissement factuel, que je ne couvrirai pas ici parce que je ne traite que de fiction. Je suis assez d'accord, ça n'envoie pas vraiment du rêve.

C'est un peu décevant de la part d'un prix qui a su par le passé récompenser la qualité de fictions telles que la Sud-Africaine Hopeville, l'Espagnole Aguila Roja, la Sud-Coréenne Dream High, l'Allemande Krimi.de, ou la Britannique Skins. Ou la Française Sous le Soleil, mais convenons ici, maintenant, tous ensemble, de collectivement ignorer cette anomalie.
Bien-sûr, la Rose d'Or a une histoire très fluctuante en matière de prix, il faut le reconnaître ; à ses origines en 1961, une seule Rose d'Or était remise (avec une Rose d'Argent et une Rose de Bronze pour deux autres programmes moindres), et ce jusqu'en 2004 lorsque le festival de la Rose d'Or, auquel la récompense est adossée, se lance dans une réorientation. Depuis lors, c'étaient environ une douzaine de prix qui étaient remis aux oeuvres, plus des prix d'interprétation masculins et féminins, et un prix aux présentateurs d'émissions. Quelques "mentions spéciales" permettaient en outre de récompenser un deuxième titre pour une catégorie donnée  ; par exemple, en 2008, quand Skins avait emporté la Rose d'Or dans la catégorie Dramatique, un prix spécial dans la catégorie Dramatique avait été accordé à la série britannique The Street histoire de ne pas laisser ses bonnes actions impunies.
Mais vous le comprenez donc, par le passé, la Rose d'Or était plutôt ouverte aux changements s'ils permettaient à son jury d'être flexible et de souligner l'excellence de plus de programmes, plutôt que de moins.

Focalisons-nous donc sur les deux prix dédiés au scripté, en étouffant nos sanglots de téléphages contrariés.

WatAls-300

  

Meilleure comédie :
Wat Als? (Belgique)

Etaient également nommés les comédies à sketches Cardinal Burns et The Revolution Will Be Televised (Royaume-Uni).

Spy-300

   Meilleur sitcom :
Spy (Royaume-Uni)

Etaient également nommées The Thick of It et Twenty Twelve (Royaume-Uni).

Ce qu'on constate aussi, et qui est encore plus criant quand on voit les nominations dans les 4 catégories non-scriptées, c'est la prédominance du Royaume-Uni dans ces prix. On ne peut pas dire que les créations britanniques souffrent d'être méconnues. Cela ne veut pas dire qu'elles ne doivent pas être récompensées (l'an dernier, Black Mirror avait amplement mérité son prix !), mais qu'il y a aussi la télévision ailleurs !

Là encore, historiquement, la Rose d'Or, qui constitue son palmarès sur la base des dossiers de candidature spontanée (comme c'est le cas pour tous la plupart des festivals internationaux, par soucis évident de commodité), a des antécédents.
Beaucoup de séries et émissions britanniques ont, par le passé, été récompensées ; si on s'amusait à compter le nombre de Rose d'Or remises par pays, le Royaume-Uni serait plus que probablement sur le podium. Pour autant, le phénomène semble amplifié à présent... entre autres, tout simplement, de par le choix des prix supprimés que j'évoquais plus haut ! Eh oui, en décidant de ne plus récompenser les soaps et telenovelas, par exemple, la Rose d'Or a fait le choix d'écarter certains pays qui ne produisent peut-être pas un grand nombre de comédies (ou pas de nouvelles, l'Allemande Pastewka ayant déjà été récompensée, et une même production ne pouvant remporter un même prix deux fois).
Sans doute aussi que les productions britanniques sont, de leur côté, particulièrement pro-actives, et ont envoyé des dossiers en masse ; peut-être que bien des sociétés de productions dans d'autres pays pensaient que les prix de la Rose d'Or avaient disparu en même temps que le festival. Plein de raisons sont possibles, et ne s'excluent pas mutuellement.
...L'accumulation d'explications n'empêche pas de constater que la diversité fait cruellement défaut à ces prix à présent.

Pour toutes ces raisons, la Rose d'Or perd énormément de son intérêt pour le téléphage curieux. "Les prix de la Rose d'Or reconnaissent l'originalité, la qualité et la créativité [...] et encouragent l'excellence à la télévision", dit-on sur les communications officielles des récompenses. C'est sûrement vrai pour la reconnaissance, mais je ne sens pas trop où est l'encouragement dans ce palmarès.
Oui, j'ai fait un post sur une récompense... pour vous dire qu'elle a un peu perdu de son intérêt. Parfois, l'information est aussi cruelle qu'elle est ironique.

Posté par ladyteruki à 19:49 - Love Actuality - Permalien [#]

11-12-12

A fleur de peau

Contrairement à ce que semblent penser les Américains, les séries israéliennes ne valent pas que pour leur ambiance de thriller. On compte aussi de solides dramas et dramédies, avec un talent rare pour capturer des émotions vraies.
Par le passé, sur ce blog, quelques unes de ces séries ont été évoquées, parmi lesquelles Srugim, par exemple (un petit bijou que je vous recommande une nouvelle fois, en passant), ou d'autre beaux morceaux de bravoure comme Kathmandu, ou Nevelot. J'ai aussi eu l'occasion de jeter un oeil à un bout de pilote de Shvita (les plaisirs du streaming m'empêchant d'en voir le bout), et vraiment, on passe à côté d'une somme de séries incroyables de par le manque actuel de sous-titres (heureusement, vous pouvez consulter les posts évoquant ces séries en allant faire un tour parmi les tags). Un jour, peut-être...
...Peut-être pas si lointain pour certaines de ces séries, d'ailleurs.

Mais pour aujourd'hui, il faudra se contenter de VOSTM, mes amis. Pour autant, je crois la série du jour capable de parler de choses suffisamment universelles pour que la barrière de la langue ne pose problème que dans une infime minorité de scènes de son pilote, et je compte bien sur vous pour ne pas vous laisser rebuter pour si peu.
Oforia, puisque c'est son nom, a démarré le 30 novembre dernier sur la chaîne câblée HOT3, et il s'agit d'une série sur l'adolescence, mais dont on n'est pas bien sûr en la voyant qu'elle s'adresse tout-à-fait aux adolescents...

Oforia-Logo

Oh, il ne fait nul doute, lorsqu'on aborde Oforia, que son créateur Ron Leshem (journaliste et écrivain de son état) a vu Skins. C'est une évidence tant Skins a transformé la façon dont on aborde les séries sur les adolescents à la télévision, tentant de dépeindre de leur intimité comme leurs excès, si ce n'est même d'employer les seconds pour approcher la première. Et c'est aussi une évidence sur la forme, même si on doit plutôt celle-ci à la réalistrice Dafna Levin.
Mais comme beaucoup de grandes séries inspirées, Oforia nait des vagabondages de l'esprit de son créateur, à partir de ce que Skins a éveillé en lui ; il n'est pas question de simplement adapter officieusement ses méthodes ou son esprit : les problématiques abordées par Oforia dépassent la simple chronique. Oforia veut aller plus loin. Comme ses personnages, d'ailleurs.
Il faudra juste me pardonner si je n'ai pas retenu leurs noms, parce que, euh, en VOSTM et avec uniquement des sources en hébreu, j'atteins mes limites, je le confesse.

Ils ont une moyenne d'âge de 17 ans. Ils ne sont pas tous amis, loin de là. Certains ne se connaissent pas.
Ce qui les caractérise tous ? Le détachement. Les personnages d'Oforia vivent dans l'un de ces curieux mondes dans lesquels les adultes n'existent pas, au point qu'on serait en droit de se demander s'il n'y a pas un scénario à la Jeremiah là-dessous. Ce n'est pas un défaut, cependant ; l'absence absolument totale d'adultes ne se vit pas comme un travers de la série, mais simplement comme une partie de son propos. Livrés à eux-mêmes, les protagonistes n'ont donc rien qui les retient de plonger dans les excès.
Et c'est justement cet extrême détachement et la facilité des excès qui fait de ces personnages ce qu'ils sont.

Deux d'entre eux vivent ensemble ; l'un est un ancien enfant obèse devenu beau gosse avec l'âge, qui a décroché un rôle dans une telenovela adolescente et en tire un immense orgueil. Malheureusement pour lui, son orgueil est aussi profondément atteint par son manque de maturité sexuelle (il se soupçonne à vrai dire d'être impuissant, alors que ce n'est pas le désir qui manque) ; il vit avec son frère aîné de quelques années, un véritable jouisseur qui accumule les coups d'un soir et se préoccupe de l'éducation de son frangin comme des chemises qu'il ne prend pas le temps d'enfiler entre deux conquêtes.
Avec eux vit également l'un de leurs amis ; lui aussi a 17 ans, il est maigrichon et a un physique légèrement ingrat, mais il est aussi le petit chimiste de la bande, et prépare de nombreuses drogues dans un laboratoire qu'il a entièrement constitué dans la cuisine de la maison, en s'inspirant de videos trouvées sur internet ; une scène épique le mettra face à un gamin qui ne doit pas avoir plus de 12 ans, qui lui sert de revendeur, et auquel il dévoile sa panoplie : poppers, amphétamines, héroïne... les tiroirs débordent de substances non seulement prohibées, mais surtout, rarement propres à garder les pieds sur terre. Sauf que lui, la drogue, il la fabrique à la maison, mais il n'en consomme pas ; au contraire, il est plutôt raisonnable comme garçon, il ne boit même pas de bière et baisse les yeux lorsqu'il voit une fille impudique.
Il y a aussi cette fille. Elle est grosse, n'ayons pas peur des mots. Elle le sait. Tout le monde le sait. Elle va sur Chatroulette et personne ne prend même le temps de lui dire bonjour. Alors avoir une vie sexuelle, vous pensez. Sauf qu'elle a craqué sur un type, un inconnu (on va comprendre que c'est le fameux jouisseur), et qu'elle s'est mis en tête de coucher avec ce beau gosse ; sauf que voilà, elle n'a aucune expérience, et il le sait. Fort heureusement, elle a un meilleur ami gay qui vient d'emménager avec un couple de mecs trentenaires, et se tourne vers lui en dernier recours...
L'autre fille de la série est jolie, il n'y a aucun doute. Mais elle plane totalement. Son regard ne se fixe plus sur grand'chose, ou quand il le fait, c'est de façon blasée. Elle passe ses journées dans la petite piscine hors-sol sur le toit de son immeuble, aborbée dans la contemplation du ciel. Les garçons la rencontrent alors qu'ils viennent lui vendre de la drogue toute chaude sortie du four. Et pendant qu'ils trempent de longues heures dans la piscine, ils découvrent progressivement les marques à son poignet. Et elle s'en fiche, vraiment. Elle les aime, ces lignes sur son bras gauche, dans le fond ; ils racontent son histoire.
Et puis il y a ces deux garçons. Deux frères, sûrement. Ils sont partis pour l'Amérique du Sud. Ils cherchent quelqu'un. Une femme. Ils connaissent quelques mots d'Espagnol, mais clairement ils sont perdus. On n'est pas sûrs qu'ils puissent trouver.

A vrai dire, qu'ils n'aient pas de nom à ce stade pour moi est presque mieux que si j'étais capable de les nommer parfaitement. Ils sont ces personnages, et ils ne sont personne en particulier. Ils sont tout le monde.
En effet, pour la première fois depuis longtemps, et alors que je n'ai mais alors, aucun point commun avec ses personnages, j'ai regardé Oforia en ayant des bouffées de souvenirs remontant brutalement. Des bruissements, de vagues impressions, sont revenues par vagues, et pour moi dont les souvenirs sont essentiellement photographiques, retrouver l'espace d'une seconde une sensation, un sentiment, un état d'esprit, était à mon sens la preuve d'une vraie réussite de la part de l'épisode.

Oforia-Cast

Mais je vous l'ai dit, Oforia n'est pas qu'une simple chronique à la manière de Skins (d'ailleurs, les souvenirs que j'ai gardés du pilote de Skins sont ceux d'un épisode qui s'offrait aussi des moments de beauté et de poésie, et bien malin ou pervers celui qui en dénichera dans le premier épisode d'Oforia).
Oforia est l'histoire d'une pendule arrêtée. Pour ces quelques adolescents, on le comprend par une rapide scène à la fin du pilote, quelque chose s'est passé. Et ce quelque chose les a poussés dans une fuite. Dans Oforia, tout le monde cherche à s'échapper : de sa virginité, de son mal-être, mais surtout de soi-même. La série ne veut pas juste raconter les troubles d'adolescents parmi tant d'autres, elle veut expliquer pourquoi cela sont cassés, par quelque chose qu'ils tentent par tous les moyens d'occulter. Et si ce n'était pour cette scène... ils y parviendraient presque.

Le sentiment diffus et perturbant que tout cela distille n'est pas de l'ordre du thriller, pas du tout. Mais offre quelque chose d'infiniment plus feuilletonnant que le simple déroulé de la vie de ces personnages que quelque chose a figé et pourtant projetés ailleurs. Il s'agit d'explorer les manifestations de cette échappée, de comprendre les divers symptômes, sans vraiment saisir la cause. Quel est le mal qui ronge ces héros ? Pourquoi cette séquence de quelques secondes suffit-elle à rendre l'ensemble si étouffant ?

Pour le savoir (et, je l'admets, mise sur le trailer des épisodes suivants, diffusé à la fin du pilote), une fois n'est pas coutume quand je rédige un post sur le pilote, j'ai regardé le deuxième épisode, diffusée vendredi dernier. Il y a encore l'une de ces scènes, fugace, elle aussi. Mais juste un peu moins. Et suffisamment pour nous faire comprendre qu'Oforia ne prétend pas faire le portrait de jeunes, mais de ces jeunes.
Oforia, en dépit de sa capacité à parler de quelque chose dans lequel, je pense, on parviendra tous à reconnaître au moins un petit quelque chose, n'est pas une voix d'une génération ; c'est un drama intense qui a décidé de prendre les choses à rebours. De ne pas nous dire : "attention, là il y a eu un évènement terrible, et on va essayer de comprendre son incidence sur les personnages" mais qui au contraire nous donne à observer le fil de la vie de ces protagonistes, et de nous laisser l'occasion de deviner qu'il y a eu cassure. On en saura plus, les trailers de fin d'épisodes sont formels, sur ce qui s'est passé.
Quelques recherches sous Google permettent même d'en savoir un peu plus grâce à une bande-annonce sous-titrée en anglais, mais l'oeuvre d'Oforia n'est pas d'en faire le centre de son intrigue. C'est à un point tel qu'on dirait qu'elle refuse de se transformer en thriller, quand bien même elle en aurait tous les ingrédients.

Le plus fort, c'est qu'Oforia parvient à montrer toutes sortes de comportements ayant largement dépassé le stade de "borderline", sans jamais les juger. Du chimiste introverti à la petite grosse qui se rêve en fille facile, de l'accidentée de la vie au bogoss du quartier, la série nous apprend à les embrasser. On sait qu'ils sont cassés, irréparables sans doute, comme de jolis jouets neufs qu'on a maltraités dés le matin de Noël ; on les aime quand même. On souhaiterait juste comprendre (et pas simplement découvrir) pourquoi.

L'émotion permanente, mais pas exagérée, d'Oforia, son ton à la fois quasi-documentaire et profondément élégant, son choix trivial de montrer ses personnages dans toute leur nudité et leurs besoins naturels, et pourtant de les sublimer, sa façon de panacher les thèmes difficiles en parvenant à ne pas verser dans un pathos inutile, ses personnages pléthoriques et l'ombre qui planne, angoissante et pourtant diffuse, sur le background commun de ces héros, font d'elle un véritable coup de poing.

En fait, ça fait deux-trois heures que je tourne autour du pot, et que je me dis que, puisque j'ai réussi à trouver une bonne source pour dégoter les épisodes (pour cela, je vais vous donner l'astuce, il suffit d'un combo SuperDown + Download Helper, et je suis une téléphage comblée), je suis à ça de suivre une série israélienne sans sous-titres pendant l'intégralité de sa diffusion. Ce qui dans mon cas serait une première. Je ne suis pas obligée de prendre une décision ce soir, évidemment, je suis sans doute encore trop sonnée par la claque, mais... wow ! Oforia. Voilà une série qui n'a pas volé son nom.

Posté par ladyteruki à 21:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-05-12

Non-identifiée

"A quel personnage t'identifies-tu le plus ?"
C'est une question qui est régulièrement posée dans toutes sortes de discussions à teneur téléphagique. Mais je n'ai jamais de réponse. Je n'en ai jamais eu.
Ce qui s'en approche le plus pour moi, c'est de citer des personnages qui m'ont servi de modèle ou d'idéal à un moment donné, notamment vers la fin de l'adolescence. Mais je ne m'y reconnaissais pas, et ça ne m'a jamais effleurée.

Ca n'a jamais été un problème à mes yeux, d'ailleurs. Mais j'ai souvent observé que de nombreux téléphages, et quasiment tous les télambdas, cherchaient au contraire à s'identifier à des personnages ou des situations pour pouvoir les suivre, et c'est définitivement la différence que je ressens comme étant la plus prononcée dans ma façon de vivre ma téléphagie et celle de la plupart des gens que je connais.
Je ne regarde pas de la fiction pour qu'on y parle de moi, ce n'est pas ce que je recherche ; j'y cherche et trouve aussi bien du divertissement que de l'émotion brute, un exercice de style qui me permet de découvrir des thèmes originaux sur le fond ou une façon originale d'innover sur la forme, et je suis en quête, dans mes visionnages, d'énormément d'exotisme, pas juste au sens géographique (cette donnée-là dans ma consommation est plutôt récente, comparativement), mais au sens où regarder la télévision, depuis toujours, et aussi cliché que cela puisse paraitre, est pour moi une fenêtre sur le monde. L'idée est d'essayer de se glisser dans la peau d'un personnage qui mène une vie qui ne soit pas la mienne, et qui m'offre une opportunité de ressentir par procuration des choses que je ne vivrai jamais (et le plus souvent : tant mieux !), pas de trouver un personnage qui exprime des choses dans lesquelles je me retrouve. Les personnages qui m'intéressent sont ceux avec qui j'aurais envie de discuter dans la vraie vie, pour échanger des impressions ou des expériences, pas ceux qui me renverraient un miroir, car j'ai l'insupportable prétention de croire que je suis capable d'introspection sans ça.

Je regarde des séries pour savoir, pendant 45 minutes en moyenne, ce que c'est que d'être une mère de famille nombreuse mariée à un pasteur, le héros d'une guerre qui se déroulera quand j'aurai 82 ans, et une actrice sur le retour alcoolique. Et quand l'épisode est fini, je reviens à ma vraie vie, à mon vrai moi, et je me sens enrichie par ces expériences dans ma compréhension du monde et des gens, même de façon minime (ou carrément illusoire, car parfois, juste parfois, une série n'est jamais qu'une série).

L'absence d'identification n'a jamais été un problème à mes yeux. Cependant j'ai bien observé que c'était une position moyennement partagée, et que la plupart des téléphages cherchent au contraire l'identification, que c'est même une nécessité pour s'intéresser au sort d'un personnage.
C'est encore plus prononcé pour les publics adolescents, d'après mes observations. Et quelque part je le comprends, même si je n'en ai jamais fait l'expérience, parce que c'est une période où on a envie de penser qu'on n'est pas seul à faire certaines expériences, où on essaye de calibrer notre comportement sur une norme, et que les séries participent à cette norme à divers degrés.

Quand j'étais adolescente, la télévision était physiquement difficile d'accès en la présence de mon père, de sorte que lorsqu'il était au boulot, ma mère nous laissait nous jeter sur la télévision comme des affamées, et on regardait n'importe quoi qui soit diffusé pendant le créneau horaire. Et j'ai grandi à une époque où ces créneaux horaires étaient majoritairement occupés par des séries. C'est aussi simple que ça. Si j'avais eu 100% Mag à la télévision à l'époque, eh bien aujourd'hui peut-être que je suivrais la dernière tendance de scrapbooking à partir de boîtes de camembert, et on ne serait pas là à parler séries.
Je ne suivais pas de série en particulier parce qu'on n'était pas en position de faire des plans sur l'avenir, et les horaires de mon père étant ce qu'elles étaient, on n'était jamais sûres de regarder le lundi la suite d'un épisode diffusé le vendredi, mais globalement, il y avait quand même des séries qui avaient nos préférences, même dans ce contexte.

L'une d'entre elles était Angela, 15 ans. C'était la seule teenagerie que je regardais à l'époque. Plus tard, je suis passée à côté de Dawson, notamment, qui ne m'a jamais intéressée mais qui semblait émouvoir toute ma génération. A partir de là, c'était quand même bien foutu pour moi, j'ai quitté le nid familial pour aller vivre ma vie, et les histoires adolescentes m'ont encore moins captivée, même si je me suis intéressée à Coeurs Rebelles (surtout pour les histoires de viol et de drogue, soyons honnêtes) ou La Famille Green (que j'appréciais énormément pour y suivre trois générations de la même famille), donc pas vraiment en terrain adolescent au sens strict.

Angela

Cet après-midi j'ai revu plusieurs épisodes d'Angela, 15 ans, et cela faisait quelques années qu'une telle chose ne s'était pas produite. Comme je viens d'avoir 30 ans, et qu'à un ou deux ans près, j'avais alors l'âge d'Angela Chase, je pensais que je m'étais peut-être identifiée à elle et qu'en revoyant la série, j'allais retrouver l'adolescente que j'étais, ses émotions, ses questions.

Pas du tout. En regardant les épisodes, je me suis souvenue, de façon à vrai dire assez brutale, de ma propre adolescence ; c'était probablement un mécanisme de mémoire étrange qui me ramenait des images et des anecdotes de cette époque, par association d'idée ou quelque chose, je ne sais pas. Mais en tous cas ces souvenirs n'avaient rien de commun avec les expériences d'Angela, ou de ses amis ; non plus que ses relations avec ses amis, ou ses rapports à ses parents, ou même à sa frangine. Et ne parlons même pas de Jordan Catalano.

Je trouve toujours qu'Angela, 15 ans est la série adolescente la plus réaliste que je connaisse ; lors d'un débat, je ne sais plus qui m'avait dit, une fois, que c'était générationnel. Mais visiblement non, je ne m'y suis pas reconnue, et cette série n'était pas ma réalité. Et c'est certainement pour ça qu'elle compte parmi les rares séries adolescentes que je tiens en estime, parce qu'elle arrive à me sembler authentique malgré l'absence d'identification. Téléphagiquement, c'est ce qui fait sa valeur.
Mais humainement ? Cet après-midi, j'ai trouvé très triste de ne même pas être capable de m'identifier à Angela, 15 ans.

Si je n'y arrive pas avec cette série-là, alors avec laquelle ?
Alors ça m'a renvoyée à mon absence d'identification, et à mon problème avec les séries adolescentes en général. Est-ce que par hasard ces deux phénomènes seraient liés ?

Je n'ai jamais compris l'attrait de Dawson auprès des adolescents de ma génération (parmi lesquelles, notablement, mon ex petit-ami de l'époque). Par la suite, j'ai trouvé Skins, qui pourtant semblait parler aux adolescents de sa génération, très extrême et superficielle ; je me suis dit que j'étais simplement trop vieille pour que ça me parle et je suis passée à autre chose. Je n'ai pas insisté. Et la plupart des séries adolescentes, notamment Gossip Girl que j'utilise toujours comme exemple du pire, me semblent toujours mauvaises.
Ce soir j'ai aussi regardé le pilote de Clash, et là encore, j'ai trouvé que c'était un peu n'importe quoi, une sorte de fantasme de l'adolescence complètement déconnecté des vraies problématiques. Mais qu'est-ce que j'en sais, moi, des vraies problématiques d'ados ? J'ai 30 ans ! Alors peut-être que Clash voit juste, en réalité...

Et si au fond, le problème était simplement que je ne me retrouve pas dans ces personnages ? Que je n'ai trouvé aucune série adolescente qui me parle de l'adolescente que j'étais ? C'est peut-être ça, l'origine de mon soucis avec les séries adolescentes. C'est que je n'en trouve pas qui me parle de moi.
Il n'y a qu'une façon de régler ça : trouver une série avec un personnage auquel je m'identifie. Je ne sais pas si cette série existe. Je ne l'ai jamais cherchée. Mais ça ne m'attire pas du tout de me mettre à sa recherche, en fait.

Vous savez quoi ? Dans le fond, je préfère continuer à aller chercher des personnages qui ne me ressemblent pas, plutôt que de tenter de me réconcilier avec les séries adolescentes.
Mais je suis contente d'avoir l'opportunité de me poser ce genre de questions rien qu'en regardant des séries. Et finalement, c'est peut-être ça que je cherche le plus dans ma téléphagie.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Série de valeurs - Permalien [#]

25-02-12

Dans les choux

Pramface

Quand de jeunes Britanniques pas vraiment responsables se mettent à faire des bébés, je pense immédiatement à Threesome. Ce qui n'est pas forcément une bonne chose : difficile de se mesurer à l'un de mes coups de coeur de 2011.
Pramface n'emprunte pas vraiment le ton amusé, amusant et tendre de ladite comédie. Il faut dire que ses personnages sont plus jeunes, ses protagonistes viennent de milieu dont la différence est plus exacerbée (et en cela, la série rappelle plutôt 18 to Life), mais ce qu'elle décrit me fait plutôt penser à un épisode de Skins qui aurait "mal" tourné qu'à une série que j'aurais déjà pu apprécier.

On a donc deux adolescents qui, les examens de fin d'année étant enfin passés, qui se rencontrent à une soirée bien arrosée, et qui finissent au lit ensemble. La demoiselle ne manque pas de tomber enceinte, évidemment.

Je dis évidemment parce qu'entre le titre de la série et l'enchaînement prévisible des évènements, sans même parler des promos ou des résumés, on sait bien ce qui va se passer. Sauf que ça prend 25 minutes avant de se concrétiser. Le terme "épisode d'exposition" n'est donc pas vain, surtout qu'on a ici une série au format 30 minutes...

On enchaîne donc les clichés en attendant que ça se passe : relations avec les parents, copains un peu lourds ou un peu snobs, selon les cas, et toute cette sorte de chose. Non seulement l'intrigue est prévisible, mais la plupart des personnages et des situations le sont aussi (je pense notamment à la meilleure amie du héros, qui évidemment en pince pour lui mais n'en dira rien, qui va être aux première loges pendant la séquence-clé de cet épisode), ce qui n'aide pas. Et pour finir, le ton n'est pas très original non plus, la réalisation reste scolaire, les acteurs marchent sagement dans les clous.

Du coup c'est difficile de se captiver pour ce qu'il adviendra de ce couple-malgré-lui quand le reste est déjà vu, à mes yeux en tous cas, cent fois dans des séries adolescentes.
J'ai regardé Pramface avec la tenace impression que je n'étais pas dans la cible. C'est un problème récurrent quand je regarde des séries adolescentes, d'ailleurs parfois je le regrette, mais les faits sont là : ça m'empêche d'apprécier bien des séries. C'était le cas pour Pramface. Mais je n'ai pas l'impression que ce soit le seul facteur qui ait joué en sa défaveur.

Peut-être qu'avec un peu de temps, notamment une fois que la grossesse est en route, les choses peuvent se décanter, mais j'ai assez peu d'espoir...

Posté par ladyteruki à 21:57 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-01-12

I just want my 20 minutes back

Dans un moment de bravoure, j'ai finalement décidé de regarder l'aperçu pilote de la dramédie I just want my pants back. Pourquoi maintenant ? Eh bien, à l'approche de la diffusion à proprement parler de la série sur MTV, cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps, d'une part ; et d'autre part, si j'attends d'en avoir envie, je n'y arriverai jamais. Autant profiter que j'étais dans un moment d'abandon et de faiblesse et foncer.

Il faut dire qu'en dehors du titre, déjà pas spécialement excitant à mes yeux, la description qui m'avait été faite de la série était grosso-modo d'une sorte de How to Make it in America qui rencontre Skins et, euh, disons qu'étrangement ces deux séries ne figurent pas dans mon top 10 des séries que j'aime le plus regarder.
Ou dans mon top 200.

Devant ce premier épisode (apparemment légèrement tronqué), j'en suis arrivée à la conclusion que, si je suis capable de regarder Awkward. sans avoir envie de hurler combien tout cela me semble étranger, ça m'est absolument impossible avec I just want my pants back. Je peux rarement m'intéresser à des teenageries, vous le savez, et du coup c'est assez paradoxal pour moi de trouver Awkward. plus sympathique qu'I just want my pants back qui est normalement plus près de mes préoccupations de jeune célibataire dans une grande ville.

Mais voilà : ces histoires de coucheries, cette façon de vivoter sans but précis, ces amitiés d'adolescents attardés, eh bien ça m'énerve, reconnaissons-le. C'est incroyablement immature à mes yeux, ça n'est porteur d'aucune émotion pour la spectatrice que je suis, ça ne soulève aucun attendrissement ni même intérêt dramatique, et au bout du compte ça me semble tellement vide de sens que j'en aurais presque envie d'être désagréable.
Et si penser qu'une série qui suit les aventures d'un soir de jeunes à la tête creuse est totalement dénuée d'intérêt me fait passer pour une vieille conne, eh bien qu'il en soit ainsi, j'assume.

Ijustwantmy20mnback

Cette preview du pilote d'I just want my pants back, ce sont 20 minutes de ma vie qui sont perdues à jamais.
Et c'est emmerdant parce qu'à mon âge avancé, chaque minute compte.

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]


16-01-12

Home alone

Chaque année je vois de nouveaux téléphages apparaitre dans le paysage. Parmi eux, une part non-négligeable de "petits jeunes" qui ont découvert les séries télévisées entre 2004 et aujourd'hui, la génération Lost. Certains ont la soif de découvrir, d'autres pas du tout. On peut avoir une conversation avec eux et réaliser qu'ils n'ont jamais vu un épisode de X-Files de leur vie. On peut aussi avoir une conversation avec eux et s'apercevoir qu'ils ont tenté de regarder des séries qui a priori n'étaient pas vouées à se trouver dans leur champ de vision. De tout.
Et à chaque fois que je vois de ces jeunes spectateurs arriver, et commencer à se faire le relai de leur téléphagie, je réalise que les points de repère bougent. Que la téléphagie dont ils parlent ne sera de toute évidence jamais la même que la mienne. Qu'ils ont vécu leur adolescence devant Skins, pas devant Dawson (bon d'un autre côté pour moi ça n'a été ni l'un ni l'autre, mais vous saisissez l'idée). Que certaines séries qui me semblaient faire partie des "classiques", même quand je ne les ai pas aimées, leur sont étrangères et qu'ils ne voient pas le problème. Ils ont d'autres références et ça ne les étonne pas plus que ça.

Mais dans cette sorte de fossé des générations téléphagiques, ce qui s'exprime de plus en plus clairement, c'est qu'ils ont grandi dans un monde où tous les téléphages peuvent échanger entre eux, et où, quoi qu'on aime, on trouvera toujours quelqu'un avec qui partager notre passion pour une série donnée. Et moi-même, j'ai parfois tendance à oublier que ce n'est pas quelque chose de si évident, de par mon utilisation d'internet, notamment. On aimerait croire qu'aujourd'hui, on peut, quelle que soit la série qu'on apprécie, trouver son "âme soeur" téléphagique, et cela fait partie des charmes de notre époque.

Pourtant.
On oublie parfois, moi la première, que non seulement il a existé une époque pendant laquelle on pouvait être seul à regarder, suivre, aimer une série, sans jamais trouver avec qui deviser gaiement ou gravement à son sujet, mais ce genre de no man's land existe encore, de nos jours.
Au fond, on peut bien faire toutes les expériences de contagion qu'on veut, essayer de faire découvrir des séries qui a priori ne sont vues que par une poignée de personnes sur notre continent, ou passer le mot au sujet de fictions obscures de chaînes méconnues, il y a toujours un moment où on se sent juste très seul dans la vision qu'on a d'une série en particulier.

Cette séquence nostalgie vous a été proposée par House of Lies.

HouseofLoneliness

Parce que c'est assez dramatique cette sensation d'isolement que je ressens quand j'ai envie de parler de la série. Certes, je sais que je ne vais pas aller en discuter avec Florian, dont le biais anti-Showtime est célèbre dans toute la francophonie grâce à ses légendaires prises de position dans le SeriesLive Show. Mais j'ai un mal fou à trouver d'autres interlocuteurs qui en ont eu une bonne impression.

Pendant un moment, je m'étais même dit que c'était parce que j'avais eu une bonne impression sur le pilote, et que ça allait se calmer voire même disparaitre ensuite ; ça s'est déjà vu sur d'autres séries après tout, l'un des exemples récents qui me vient à l'esprit est Combat Hospital. Au bout d'un ou deux épisodes de plus, j'ai fini par me dire que, bon, le pilote n'était pas si mauvais que ce que d'autres semblaient bien vouloir le dire, mais il n'était pas non plus excellent au point de continuer à suivre la série.

Mais rien à faire. Là, je viens de regarder le second épisode, et je me suis marrée comme une malade. J'adore la dynamique de groupe, j'adore le cynisme ambiant, j'adore le côté délicieusement absurde de la vie professionnelle des protagonistes. Et j'adore la dynamique de groupe, aussi. Déjà dit ? Pas grave, ça vaut la peine d'être répété.
Pas l'ombre d'une déception. En fait, le pilote était pas mal, mais définitivement moins bon à mes yeux que l'épisode suivant, plus déjanté. Il y a toujours deux-trois trucs qui ne m'intéressent pas (en général connectés à la vie du personnage principal), et qui ne sont pas nécessairement du meilleur goût (tout ce qui est relatif à l'ex-femme du personnage principal), mais c'est totalement mineur au regard du reste, et notamment de mes véritables fous-rires. Au point de devoir mettre l'épisode en pause et m'éponger les yeux.

Je me sens très, très seule dans mon appréciation de House of Lies.

Comme avant d'être une téléphage sur internet. Sauf que je suis sur internet, et que je lis plein de gens qui en parlent, et qu'ils n'aiment pas du tout.
En pire, donc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche House of Lies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:33 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-11-11

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-12-10

Refaire / Défaire

On se plaint des remakes américains... mais, mes pauvres petits, c'est rien, ça. C'est une partie de plaisir, même ! Quand les Américains se piquent de refaire Skins, Being Human (brrrr...), ou commencent à lorgner vers Misfits... mais je dis allez-y. Mais c'est pas grave. Ya pire dans la vie !

Imaginez des Espagnols en train de lancer un remake des Craquantes, par exemple.
Ah, là ça rigole plus. Bah vous avez raison : il faudrait une loi pour interdire le remake de sitcom américain. Là, on est dans la criminalité internationale, là d'accord. Et je comprends mieux pourquoi ça faisait des semaines que j'avais cagoulé le pilote de Las Chicas de Oro sans y toucher. Ça s'appelle l'instinct de conservation. Mais puisque j'en étais à mettre la fiche à jour (j'ai pas fini mais ça commence à avoir de la gueule, si vous voulez y jeter un œil), je me suis dit que, bon, piske j'avais le pilote, hein ?

LasChicasdeOro

Le problème, c'est le "respect" de la série originale. Parce que justement, Las Chicas de Oro est un vrai remake, genre qui a récupéré les scripts des épisodes d'origine et fait un petit gloubiboulga avec les passages qui semblent les plus à propos, genre qui a casté puis relooké les actrices pour qu'elles soient la copie conforme de leurs aînées américaines (à l'exception de Doroti à qui il manque 20 bons centimètres, au bas mot), genre qui a reconstitué les décors presque fidèlement quitte à conserver le goût des années 80 pour les couleurs, genre qui place des rires enregistrés à intervalles réguliers parce que "ça fait sitcom américain". Tout y est, sauf... le cœur.
Je me rappelle mon effroi devant Maia Prekrasnaia Niania, il y a quelques mois. Je ne l'avais pas uniquement mis sur le compte de mon sentimentalisme et mon affection profonde vis-à-vis d'Une Nounou d'Enfer (ne riez pas, le Dieu de la Téléphagie seul sera mon juge !!!). Et étaient à blâmer exactement les mêmes travers.

Car dans le fond, remake ne veut pas dire copie carbone. Et si effectivement on retrouve tous les ingrédients des séries d'origine, le script, le look des personnages et tout... bah, le lien ne se crée pas. Alors je ne dis pas, ça divertit probablement sur le moment (surtout si on a la chance de comprendre l'intégralité des dialogues, je le conçois), et Maia Prekrasnaia Niania a été un beau succès de plusieurs saisons, et Las Chicas de Oro était regardée encore lundi soir dernier par 13,5% des spectateurs espagnols, ce n'est pas exactement un bide. Mais dans le fond, une fois ces séries achevées, ce qui restera dans les mémoires, c'est la série d'origine. Parce qu'elle est très exactement cela dans l'esprit des spectateurs, et surtout, de la production du remake : l'origine. Quoi que fassent les personnages à partir de là, ils ne sont jamais qu'une bouture repiquée.

Sérieusement, est-ce que les productions Russes ou Espagnoles (et je cite ces coupables uniquement parce que j'ai plus de place dans les tags, mais il y en a d'autres et parfois pas bien loin, n'est-ce pas Maguy ?) ne pourraient pas faire l'effort de créer leurs sitcoms pas drôles toutes seules, comme des grandes ? Bien-sûr que ça doit être plus simple à vendre à une chaîne, surtout quand le cahier des charges déjà prêt économise sur plein de choses, dont le travail de développement, mais sincèrement, c'est pas du boulot. C'est vraiment du produit de consommation pur, sans aucune ambition. L'émotion est totalement absente du résultat, même quand nos petites vieilles discutent de leurs expériences sur leur coin de canapé ; c'est déjà bien d'avoir gardé cette partie et pas juste les passages humoristiques, hein. Et on ne fait pas avancer la télévision de son pays en allant pomper celle des autres, pas de façon aussi littérale en tous cas.

Un remake pour défaire ce qui faisait le charme d'une série... c'est triste, franchement. Je suis sûre que par rapport, les remakes des séries dramatiques, même quand ils déçoivent, ne sont pas aussi révoltants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Las Chicas de Oro de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-11-10

Méfaits bien faits

Il y a longtemps, sur ce blog, il y avait un post en brouillon sur Skins. C'était il y a plus de 2 ans, donc ne vous excitez pas. Et il commençait ainsi :

C'est vrai que je suis sectaire. Nan mais je l'avoue sans honte, hein, je m'en rends compte et ne m'en cache pas : je suis sectaire. Je méprise instinctivement les séries européennes, par exemple. Ou les teen shows.
Alors du coup, quand on me dit "on ne sait jamais ; tente quand même Skins", je réprime un frisson et je me dis que c'est mal barré de toute façon.

C'est mignon à relire avec le recul....
Le reste du post était dédié, en substance, à la fois à chanter les louanges et mépriser le pilote, rapport au fait qu'effectivement, c'est toujours cent fois mieux pour un ado de regarder Skins que Gossip Girl (faire de cette série le porte-drapeau des teen shows que j'abhorre ruine probablement ma page de tags mais bon), mais que quand même, tout ça me semble bien excessif.

Il est probable que mon contentieux avec les teen shows ne se résoudra d'ailleurs jamais car mon adolescence a été franchement éloignée de toute forme de sortie, fête et/ou beuverie, ce qui explique, quand on va au fond des choses, le fait que je trouve ces séries peu représentatives, tout simplement parce qu'elles n'ont aucune chance de refléter ma propre expérience de cette période de la vie. Reste quand même que je voudrais bien qu'on arrête de montrer les jeunes dans les séries comme des personnages aussi excessifs car ce n'est quand même pas la norme que d'être un personnage de Skins ou de Gossip Girl. Et j'ai beau admettre que j'ai eu une adolescence franchement terne, vous ne me ferez pas dire, jamais, que ces séries représentent leur cible.

MisfitsBienFaits

Mais il y avait avec Skins quelque chose que j'ai retrouvé en début de semaine dans Misfits, c'est-à-dire une façon de dépeindre les portraits adolescents avec plus de justesse, à défaut de le faire également avec les situations dépeintes. En fait, s'il y a une nationalité qui jusqu'à présent me semble la plus à même de dresser des inventaires intéressants de la jeunesse, c'est certainement la Grande-Bretagne, ce qui nous ramène à l'idée de proximité évoquée précédemment.

Pourtant, les adolescents de Misfits sont extrêmes. Mais derrière les coucheries et les abus, il y a quelque chose de tout de même largement plus accessible pour moi, une fenêtre sur cette période où il me semble retrouver quelque chose de plus tangible que dans les séries précédemment citées... et toutes les autres, que nous regrouperons par commodité sous la bannière CW. Je retrouve dans Nathan le fanfaron quelque chose de vrai, tout comme dans les hésitations agressives de Kelly, le trop-plein d'assurance d'Alisha ou la réserve pathologique de Simon (désolée Curtis, tu es franchement le personnage inutile de la série).
Ce qui est formidable c'est que je ne regarde pas Misfits pour ses portraits adolescents. C'est un bonus. Mais quel bonus !

Posté par ladyteruki à 23:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

18-09-10

Je vous parle d'un temps...

On est nombreux à avoir commencé la saison du pied gauche. La faute à la CW (c'est toujours la faute à la CW) qui comme l'an dernier, nous a jeté ses séries sans grande exigence à la figure pour ouvrir le bal. Personnellement, je ressens, avec les pratiques de cette chaîne, une hostilité grandissante envers les séries dites "pour ados" (même quand elles ne me semblent pas appropriées pour eux), contentieux que j'espérais voir se régler avec le retour de Life Unexpected mais non.
Bref, je me sens de plus en plus une hostilité irrépressible, voire de principe, avec les séries à destination des téléphages plus jeunes que moi.

L'heure est à la réconciliation, mes amis. Et la rédemption vient du Canada.
Pendant ma semaine canadienne, j'étais tombée sur un article parmi tant d'autres sur les meilleures séries des années 90. Serez-vous surpris d'apprendre que ces séries avaient tous en commun d'être des séries pour la jeunesse et/ou pour les adolescents, ce qui à la réflexion est logique puisque, quand on fait un tel classement en 2010, en général, c'est pour faire appel à la nostalgie du spectateur, qu'on estime avoir la vingtaine ou, grand maximum, la trentaine. A vos calculatrices.

Me voilà donc à tomber sur Degrassi (ça va, je gère, je suis une téléphage à peu près éduquée), mais aussi plein de séries qui ne me disent rien du tout. Rapport au faut que, comme on l'a dit, les séries canadiennes, on les connaît mieux quand elles sont américaines. Mais fort heureusement, ce petit article était doté d'une multitude de petits extraits venus du Mal, et c'est ainsi que j'ai découvert l'existence de Ready or Not. Je suis peut-être totalement inculte, mais je n'avais jamais entendu parler de cette série jusqu'alors.
Devant ces quelques minutes de video, soudain, un pincement au coeur : se pourrait-il qu'une série sur l'adolescence me parle ?! Je devais en avoir le coeur net, aussi, comme vous l'imaginez, je suis passée par la case pilote et j'ai touché le jackpot.

Je cherche désespérément un équivalent à Ready or Not de nos jours. L'authenticité semble aujourd'hui une espèce totalement disparue dans les séries s'adressant à cette tranche d'âge (toutefois, je ne regarde pas Degrassi aujourd'hui, alors qui sait ?). Dans les années 90, on avait Angela, 15 ans, Degrassi, Ready or Not... j'en oublie forcément mais aujourd'hui, je n'en trouve même pas autant pour parler d'une tranche d'âge ultra-ciblée par les séries, et pourtant quasiment plus abordée. Où sont passés les adolescents de télévision d'autrefois (dit-elle en ayant pleinement conscience de parler comme une vieille peau réac) ? Comment les adolescents parviennent-ils encore à se reconnaître dans le portrait qu'on fait d'eux ? Ma génération de téléphage en avait l'opportunité, on dirait que la suivante a perdu ce droit, et n'a gagné que le droit de se taire et consommer du glamour en échange.

Et voilà. Je recommence avec mon plaidoyer pour des teen shows de qualité. Je suis désolée, je me rends bien compte que ça m'arrive cycliquement (en général à chaque début de saison, quand je suis dépassée par ce que je vois), mais après avoir vu Ready or Not, je trouve difficile d'oublier devant quelle télévision j'ai grandi, bien que j'aie découvert la série à presque 30 ans c'est comme si elle appartenait à un univers télévisuel qui avait été le mien à l'époque. Je reconnaissais une partie de mes questions, de mes joies, de mes peines, dans les séries qui m'étaient alors adressées. Et pourtant Dieu sait que je n'ai pas vraiment eu une adolescence dans la norme pour mon époque (mais c'est pas le sujet).

ReadyorNot

Le pilote de Ready or Not pose les bases d'un personnage universel, et je ne trouve pas d'universalité dans les séries que j'ai tenté de voir ces dernières années un équivalent. On m'avait d'ailleurs vendu Skins comme la série moderne se rapprochant le plus de cette étiquette, et je n'ai pas vu dans le pilote quoi que ce soit d'universel, mais bien, déjà, des cas particuliers, et si je peux me permettre, très particuliers.

Alors oui, j'ai vieilli, certainement. Et peut-être qu'en moins de 15 ans, l'adolescence a changé au point de ne ressembler qu'à ce que je vois dans les séries comme Skins, dans le meilleur des cas. Peut-être. Mais je reste persuadée qu'il y a de la place pour faire ce qu'on savait faire il y a encore pas si longtemps.
Et peut-être que dans le fond, j'espère qu'il y ait encore un public adolescent capable de s'identifier aux personnages d'une série comme celle-là. Peut-être que c'est surtout ça que j'ai envie de croire, quand je m'attendris devant Ready or Not et m'y retrouve sans avoir vraiment vécu ce que j'y vois.

Et pour ceux qui... I'm on it !

Posté par ladyteruki à 22:47 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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