ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-10-09

Samurai no Waltz

Mais où étiez-vous passés ? Je vous ai dit que je voulais vous raconter mon weekend téléphagique, et vous, vous partez avant la fin ? Ah bah bravo la curiosité, hein !
Surtout qu'en vous parlant de Tenchijin comme je m'apprête à le faire, je vais aborder un nouveau genre télévisuel, aussi bien pour vous que pour moi : le jidaigeki (et plus précisément son cas particulier le taiga).

Tenchijin

Je dois dire que, jusqu'à présent, j'entretenais une relation à la fois de fascination et de méfiance vis-à-vis des séries en costumes made in Japan. Pour ce qui est de la méfiance, elle est à mettre au compte de mon aversion pour les séries historiques en général, quelle que soit leur provenance, The Tudors (et dans une moindre mesure Rome) m'ayant sortie de ma démarche habituelle, qui consistait à voir qu'il y avait une série historique, à constater qu'elle avait l'air très bien foutue, et à faire un détour scrupuleux pour l'éviter soigneusement.
Pour ce qui est de la fascination, elle est le cas particulier de mon admiration envers la capacité qu'on les Japonais à mettre leur passé au présent. Littérature, musique, télévision... ils cultivent leur culture en plus de leur capacité à piocher dans celle des autres pour souvent panacher le tout, et ça ne les choque pas d'utiliser des trucs qui ont des siècles pour divertir le public (tous les publics, d'ailleurs) aujourd'hui. Je prends toujours un exemple musical pour expliquer l'objet de mon enthousiasme à ce sujet. Prenez une chanson récente... mettons, Starlight Waltz. On y trouve 2 DJ electro, une chanteuse de bossa nova, et des arrangements à grand renfort de folklore d'Okinawa. C'est magique ! Si, absolument, c'est magique et je le prouve : c'était quand la dernière fois qu'un artiste français s'est pris à mixer des musiques actuelles avec des airs de bourrée ou avec des gros morceaux de biniou dedans ? CQFD. En France, notre patrimoine historique ne fait ses apparitions dans les sphères télévisuelle ou musicale que lorsqu'on veut brandir l'étendard de la culture. Mais dans la popculture, point, et le divertissement encore moins.

Et Tenchijin ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas un casting de vieux croûtons ou d'acteurs sur le retour qu'on y trouve : Satoshi Tsumabuki (Orange Days, Lunch no Joou), Hiroshi Abe (Shiroi Haru), Misako Tanaka (14 Sai no Haha, Aishiteru ~Kaiyou~)... il ya du beau monde, de l'acteur aimé, de l'acteur primé. Bref, quand la NHK a lancé ce projet, elle n'a pas fait ses petites affaires dans son coin pour fournir à trois mémés leur lot de dorama historique habituel, non, la chaîne à pensé à tout le monde, parce que la série historique, ça ne doit jamais être barbant, sinon on a manqué son objectif. Bah désolée, moi, ce genre de démarches, ça me fait palpiter le cœur. Et pendant ce temps, d'aucuns se gargarisent d'exception culturelle...

Alors, bon, après, sortie de ses bonnes intentions, Tenchijin reste (du moins je l'imagine, c'était ma première série du genre) assez conventionnelle. Mais cependant, pas chiante. Bon, juste un peu longue... le pilote d'1h15, personnellement je l'ai senti passer (pis ma cagoule aussi parce que punaise, à 1,35 Go la bestiole...). Je vous trompe pas sur la marchandise, vous voyez.
Mais pas un instant je n'ai eu d'envie suicidaire. Beaucoup des acteurs sont bons (les Japonais ont juste un problème récurrent avec leurs enfants-acteurs, je pense que ce fait est dû à la nature-même de leur industrie télévisuelle, mais en-dehors de ça rien à redire), ce n'était pas filmé à la va-vite, les costumes sont ce qu'on en attend, bref, c'est de la bonne fresque historique.

Et puis, en dépit de son conventionnalisme, Tenchijin reste divertissant, et c'est ce que j'ai envie de considérer comme essentiel. Exacte ou pas sur la réalité historique (et personnellement je considère que ce n'est pas un prérequis), la série présente des personnages solides, je pense par exemple à celui de Hiroshi Abe qui tient très bien la route : c'est un homme de son temps, guerrier et un peu ombrageux, mais en même temps un homme avec des principes et une certaine rigueur morale. La série retraçant son histoire, on s'attend aussi à ce que le personnage du samurai Naoe prenne de la profondeur avec le temps, puisque la série commence alors que le personnage a 5 ans, et que son initiation aux règles de vie des samurai va se faire en parallèle de la construction de son amitié avec son jeune maître.

Tenchijin, avec son cast impressionnant (help ! par où commencer ?), son ambition de retracer plusieurs décennies de la vie de son samurai de héros, et sa distance (car cela reste factuel, on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ni grandir un personnage), est la définition-même de la fresque historique télévisuelle.
Je soupçonne qu'il y en ait eu d'autres aussi bonnes avant.
Mais j'ai tendance à penser que ça mérite tout de même 1h15 d'attention, quitte, comme j'ai choisi de le faire, à ne pas y consacrer plus de temps ensuite ; il faut dire que 47 épisodes, c'est beaucoup pour l'allergique à la fiction historique que je continue d'être. Mais vous le voyez, je me soigne.

Et pour ceux qui manquent cruellement d'hommes aux cheveux longs : la fiche Tenchijin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Dorama Chick - Permalien [#]

26-08-09

Prison Fake

C'est pas que j'aie ressenti une certaine pression, mais disons qu'une certaine série m'avait été chaudement recommandée. Quelques jours plus tard, je repêche, noyé dans un océan de pilotes nippons, le premier épisode de Shiroi Haru que j'avais déjà eu le temps d'oublier ; j'en ai donc profité pendant que je le tenais.

Il n'a pas fallu bien longtemps pour que je comprenne d'où venaient les recommandations. En fait, il a suffit que le personnage principal à peine sorti de prison claque tout son pognon dans son premier repas de liberté pour que je sois entière acquise à sa cause. Et qu'il se baffre à s'en rendre malade tellement manger dehors représentait tant pour lui. C'est peut-être un détail pour vous, etc. Il y avait un grand sentiment de "ça, c'est fait" suite à cette scène : Haruo aurait pu faire n'importe quoi, j'étais avec lui. Et plus l'épisode avançait, plus je le trouvais drôle, touchant, tragique, bref, plus je m'attachais (non, pas comme ça, c'est pas mon style les grands tous secs).

Le problème de Shiroi Haru, toutefois, c'est qu'en dehors de l'immmmmmense sympathie qu'on ressent pour son héros, le reste est d'une banalité sans nom.
Gnagnagna je suis un ex-yakuza qui voulait s'acheter une conduite, gnagnagna j'ai tué un homme pour payer les soins de la femme que j'aimais et qui était malade, gnagnagna elle est morte mais je le découvre qu'au bout de 9 ans, gnagnagna elle a laissé une petite fille derrière elle... Plein de gnagnagna partout. Affreux. L'angoisse.
Et pire que tout, il y avait le : gnagnagna la petite fille que je sais pas qu'elle est ma fille et elle non plus, elle m'adore déjà. Ouh pinaise, retenez-moi je vais faire un malheur.

Alors d'accord. Je sais. J'ai tendance à regarder des dorama aussi parce que je trouve qu'on y déniche plein d'histoires touchantes. Entre autres. Mais quand même pas mal pour ça. Par mon téléphagique masochisme, je recherche ce genre de choses. Mais là, c'était juste trop. D'un personnage si bien parti (et si bien interprété), on en arrive à une intrigue dégoulinante de chamallow fondu. Le chamallow fondu c'est bon, hein, sur un ptit feu de bois et tout... mais c'est vite trop. Et après on a mal au cœur. On se sent nauséeux. On regrette le dernier coup de dents. Ohlala, ça va pas passer tout ce sucre.

J'sais pas si c'est supposé s'arranger avec le temps, mais pour le moment, la rédemption du ce grand délinquant tout sec, ça sonne creux pour moi. Ya un côté cheap qui vraiment ne passe pas. Il me faut ajouter aussi que le reste du cast est désespérément transparent. Ce qui n'aide pas.
Trois Television Drama Academy Awards pour Shiroi Haru ? Oh, si Mei-chan no Shitsuji a pu en glaner deux, pourquoi pas, tant qu'on y est... Mais là, non. Sans moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Shiroi Haru de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:18 - Dorama Chick - Permalien [#]
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