ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-03-13

Teriyaki season

L'arrivée du mois d'avril s'accompagne, comme c'est la tradition, d'une nouvelle saison télévisuelle nippone. Joie et allégresse ! En conséquence, c'est l'heure du tout aussi traditionnel post récapitulatif des nouveautés de la saison, qui, comme chacun sait, se veut long mais ne saurait prétendre à une parfaite exhaustivité, l'erreur étant humaine et toute cette sorte de choses.
Le coup d'envoi a été donné dimanche avec une série du câble, Sodom no Ringo, mais les festivités ne devraient réellement commencer d'ici une huitaine de jours. On est donc carrément dans les temps.

Sans plus attendre, voyons donc ce que nous réserve la télévision nippone pendant les 3 prochains mois !

En quotidienne  
   
Amachan_300 - Amachan / あまちゃん (NHK)
L'histoire : dans la région de Touhoku (n'est-ce pas), une adolescente devient progressivement le symbole de la renaissance de son patelin alors qu'elle se dédie à la pêche aux coquillages.
L'avis : une série quotidienne écrite par le scénariste Kankurou Kudou, 'scusez du peu. Ca compense... vaguement !
> A partir du 1er avril à 8h15
   
HakuinoNamida_300 - Hakui no Namida / 白衣のなみだ (Fuji TV)
L'histoire : un daytime drama en trois volets (un par mois) dans la 1ere partie duquel une femme enceinte développe un cancer du sein, laissant à son mari la charge de la maisonnée.
L'avis : apparemment les 2e et 3e parties seront annoncées ultérieurement, je me demande si la série sera plutôt anthologique ; ça serait une innovation intéressante.
> A partir du 1er avril à 13h30
   
Lundi  
   
Kakushou_300 - Kakushou / 確証 (TBS)
L'histoire : une nouvelle série policière dans laquelle l'enquêtrice d'une division de 3e zone décide de s'emparer d'affaires destinées à une unité plus performante.
L'avis : cop overdose.
> A partir du 15 avril à 20h
   
Galileo_saison2_300 - Galileo / ガリレオ (Fuji TV) - saison 2
L'histoire : 5 ans après la saison 1, la série d'enquêtes menées par un physicien et une détective fait son retour.
L'avis : Yaaay.
> A partir du 15 avril à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Houkago GROOVE / 放課後グルーヴ (TBS)
L'histoire : une jeune femme qui avait lâché ses études et intégré un gang retourne dans le droit chemin et devient enseignante avec une vision pédagogique bien à elle... mais la matière dont elle est chargée est sa pire terreur.
L'avis : une tentative courageuse d'apporter des variations à un pitch vu cent fois. Pas sûre que ça suffise.
> A partir du 22 avril à 00h20
   
Mardi  
   
KamoKyotoheIku_300 - Kamo, Kyoto he Iku. / 鴨、京都へ行く。 (Fuji TV)
L'histoire : une jeune femme carriériste travaillant pour le Gouvernement à Tokyo hérite de sa défunte mère... d'une auberge traditionnelle en bien mauvais état à Kyoto.
L'avis : ces histoires de femmes qui réapprennent le plaisir de gérer une maisonnée (fut-elle un hôtel) au lieu de mener une carrière ambitieuse, ça vend vraiment du rêve.
> A partir du 9 avril à 21h
   
   

KasukanaKanojo-300

- Kasuka na Kanojo / 幽かな彼女 (Fuji TV)
L'histoire : un prof peu passionné par son métier, et capable de voir des fantômes (qu'il n'aime pas non plus) va progressivement changer au contact d'une revenante pas comme les autres.
L'avis : bah oui mais s'il avait fait partie d'un gang dans sa jeunesse, il verrait la vie autrement. Aussi.
> A partir du 9 avril à 22h
   

DainiGakushou-300

- Dai ni Gakushou / 第二楽章 (NHK)
L'histoire : deux femmes qui se destinaient à une carrière dans la musique classique se retrouvent par hasard 17 ans après avoir joué dans le même orchestre. Elles ont des vies radicalement différentes... et sont cruellement jalouse de l'autre.
L'avis : ç'aurait été intéressant si, cliché parmi les clichés, la série ne promettait pas de baloter l'époux de l'une là-dedans.
> A partir du 16 avril à 22h
   

Mercredi

 
   

IryuuSousa-300

- Iryuu Sousa / 遺留捜査 (TV Asahi) - saison 3
L'histoire : l'enquêteur lisant la vérité dans les objets inanimés est de retour, et c'est à toute la téléphagie que ça joue un mauvais tour.
L'avis : et tuer la poule aux oeufs d'or ?! Soyons sérieux. Bon, d'accord : aux oeufs d'argent, mais quand même.
> A partir du 17 avril à 21h
   

KazokuGame-300

- Kazoku Game / 家族ゲーム (Fuji TV)
L'histoire : l'arrivée d'un tuteur dans une famille dysfonctionnelle, qui leur change la vie.
L'avis : apparemment l'adaptation TV/le remake du film éponyme de... 1983. Rien, pas même les décennies, n'arrête les repompeurs des chaînes, et c'est un fait universel.
> A partir du 17 avril à 22h
   

KumonoKaidan-300

- Kumo no Kaidan / 雲の階段 (NTV)
L'histoire : sur un îlot déserté de l'archipel, il n'y a plus de médecin. Un homme va commencer à exercer la médecine illégalement pour rendre service aux derniers habitants.
L'avis : j'ai vraiment un truc avec les histoires de périphérie abandonnée. Ca date de Ruri no Shima, je pense. Dommage qu'on nous prépare aussi un triangle amoureux plus classique outre cette douloureuse question.
> A partir du 17 avril à 22h
   

MeshibanaKeijiTachibana

Meshibana Keiji Tachibana / めしばな刑事タチバナ (TV Tokyo)
L'histoire : les aventures, adaptées d'un manga éponyme, d'un flic qui est incollable sur la cuisine populaire.
L'avis : un autre de mes péchés mignons ? Les séries de bouffe. Même s'il est suprêmement pourri, rien ne se mettra entre un pilote de série de bouffe et moi. RIEN, vous entendez.
> A partir du 10 avril à 23h58
   
Jeudi  
   

Keiji110kg-300

Keiji 110 kg / 刑事110キロ (TV Asahi)
L'histoire : un petit planton sans importance, mais doté d'un 6e sens lorsqu'il s'agit de comprendre de quoi ont besoin les gens, est subitement promu chef d'une division d'enquêtes.
L'avis : c'est bien, ça nous change de euh non pardon.
> A partir du 25 avril à 20h
   

Doubles-300

- Doubles / ダブルス (TV Asahi)
L'histoire : une nouvelle unité d'élite est créée afin de gérer les crimes les plus violents du district le plus soumis à la criminalité, mais ce pourrait aussi être un simple coup médiatique. Deux hommes y sont affectés et tentent de surmonter leur différence pour résoudre des enquêtes.
L'avis : le nombre de fois où des chaînes nippones ont tenté de nous ressuciter BOSS sans ressuciter BOSS, avec quelques menues variations (ici buddy cop show), je compte même plus.
> A partir du 18 avril à 21h
   

SennyuuTanteiTokage-300

- Sennyuu Tantei Tokage / 潜入探偵トカゲ (TBS)
L'histoire : après une tragédie dans laquelle il pense avoir une responsabilité, un enquêteur de talent s'est retiré de la police, devenant détective privé en dilettante. Aidé de son assistante, il finit pourtant par aider à nouveau la police.
L'avis : Monk... sans les TOCs. Qu'est-ce qu'on s'éclate.
> A partir du 18 avril à 21h
   

LASTCINDERELLA-300

- LAST CINDERELLA / ラスト シンデレラ (Fuji TV)
L'histoire : une jeune femme qui ne cherche ni à être belle ni à trouver l'amour va quand même finir par changer d'avis.
L'avis : parce que nan mais ho. Et aussi parce qu'elle se comporte tellement comme un garçon qu'il lui pousse une barbe. I SHIT YOU NOT. Vous la sentez arriver, la review féministe outrée ? Moi aussi, donc rendez-vous est pris.
> A partir du 11 avril à 22h
   

DetarameHero-300

- Detarame Hero / でたらめヒーロー (NTV)
L'histoire : un bon à rien se retrouve, à la mort de sa soeur, responsable de son neveu qu'il ne connait pas, mais qui possède des bonbons magiques qui donnent des superpouvoirs à notre incapable. Avec l'aide d'un ami policier, il devient donc un vigilante...
L'avis : "tu regardes toujours tes séries japonaises débiles ?"/"rha, mais elles sont PAS déb-... ahem, nan tu sais quoi, oublie".
> A partir du 4 avril à 23h58
   
Vendredi  
   

TsumawaKuno-300

- Tsuma wa, Kuno / 妻は、くノ一 (NHK BS Premium)
L'histoire : dans ce dorama historique, un astronome jusque là rêveur tombe sous le charme de la compagne qui lui est attribuée. Mais peu après leur mariage, elle disparait dans d'étranges circonstances.
L'avis : un homme passionné par les étoiles, une femme ninja... les séries historiques nippones remontent dans mon estime ces derniers temps, et celle-ci participe au mouvement.
> A partir du 5 avril à 20h
   

TAKEFIVE-300

- TAKE FIVE / TAKE FIVE (TBS)
L'histoire : il y a 20 ans, Masayoshi Homura et son équipe de voleurs, surnommés les "TAKE FIVE", ont décidé de se ranger. Mais voilà que Homura, devenu professeur, reçoit une étrange incitation à voler une célèbre toile...
L'avis : hm, si ça n'est pas procédural, ça pourrait être intéressant d'assister à un Ocean's 5 en version japonaise...
> A partir du 19 avril à 22h
   

OtenkiOneesan-300

- Otenki Oneesan / お天気お姉さん (TV Asahi)
L'histoire : une météorologue surdouée (elle a eu son diplôme à 11 ans) utilise sa connaissance de la météo, du climat et même de l'astronomie pour résoudre des enquêtes.
L'avis : laissez-moi réfléchir...
> A partir du 12 avril à 23h15
   

VampireHeaven-300

- Vampire Heaven / ヴァンパイア・ヘヴン (TV Tokyo)
L'histoire : deux femmes vampires mises au rebut de leur vampirique société tombent toutes les deux sous le charme d'un humain. PAR CHANCE ! Quand elles jouent de la musique, l'envie de lui aspirer le sang disparait.
L'avis : il y a contradiction dans les termes.
> A partir du 12 avril à 00h12
   

MinnaESPerDayo-300

- Minna! ESPer Dayo! / みんな!エスパーだよ! (TV Tokyo)
L'histoire : un lycéen se réveille un jour en découvrant qu'il a des pouvoirs de télépathie. En fait, il réalise que tout son patelin a des pouvoirs surnaturels...
L'avis : adaptation d'un manga dont je me demanderais bien ce qu'il vaut, si l'heure de diffusion de la série ne me donnait déjà une idée de la réponse.
> A partir du 12 avril à 00h52
   

Samedi

 
   

Dorama-NoPhoto

- Ooka Echizen / 大岡越前 (NHK BS Premium)
L'histoire : un biopic retraçant la vie du magistrat éponyme qui a géré les affaires administratives et judiciaires d'Edo au 18e siècle. Son humanité et son sens de la justice en ont fait une légende.
L'avis : à noter qu'une série du même nom (et forcément avec le même sujet) avait été diffusée par TBS entre 1970 et... 1999 ! L'un des jugements de ce personnage historique est absolument délicieux : à un marchant qui prétendait que sentir ses plats était du vol, Ooka Echizen a réclamé le paiement de l'odeur de ses plats par le son des pièces équivalant à son prix. Perfection.
> A partir du 30 mars à 20h
   

35SainoKoukousei-300

- 35 Sai no Koukousei / 35歳の高校生 (NTV)
L'histoire : une femme de 35 ans reprend, étrangement, le chemin du lycée. Si elle tente de se fondre dans la masse, c'est évidemment impossible, d'autant qu'elle semble richissime.
L'avis : une nouvelle variante de l'adulte qui intervient dans les problèmes d'ados, puisque la chose qui fait sortir notre lycéenne ménopausée de ses gonds est la violence et le harcèlement.
> A partir du 13 avril à 21h
   

GoenHunter-300

Goen Hunter / ご縁ハンター (NHK)
L'histoire : après s'être consacrée à sa mère et à son travail, une célibataire de 40 ans mise à la porte par ladite mère (qui se remarie) remet en question sa valeur sur le marché du mariage. Mais son esprit de compétition reprend vite le dessus...
L'avis : j'vous préviens, encore un pitch comme ça, et je commence à tuer des chatons. Mais des chatons célibataires, alors ça va.
> A partir du 13 avril à 21h
   

SodomnoRingo-300

- Sodom no Ringo / ソドムの林檎 (WOWOW)
L'histoire : choquée par le suicide de son ex, une éditrice découvre qu'il avait une autre femme dans sa vie, et qu'elle est accusée de son meurtre. En remontant dans le passé de l'étrange créature, l'éditrice fait de curieuses découvertes...
L'avis : je sais pas pourquoi, j'ai une sorte d'Atami no Sousakan feeling sur ce coup. Vous vous souvenez d'Atami no Sousakan ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens.
> Depuis le 23 mars à 22h
   

Dorama-NoPhoto

- Machigawarechatta Otoko / 間違われちゃった男 (Fuji TV)
L'histoire : lors d'un casse dans un restaurant de sushi, deux voleurs médiocres sont pris pour des sommités de la cuisine. Impossible de s'enfuir !
L'avis : maudites séries de bouffe, elles auront ma perte. Et ce sera délicieux.
> A partir du 13 avril à 23h10
   
Dimanche  
   

SoratobuKouhoushitsu-300

- Soratobu Kouhoushitsu / 空飛ぶ広報室 (TBS)
L'histoire : une journaliste insistante et douée en interviews explosives se voit confier contre son gré un reportage informatif sur les forces de défense, où elle va susciter des réactions épidermiques, notamment auprès d'un pilote.
L'avis : amis Japonais, n'avons-nous rien appris de TOKYO Airport sur l'intérêt des avions dans les séries ? Rien ?! ...Et pourtant, j'ai envie de laisser le bénéfice du doute.
> A partir du 14 avril à 21h
   

KogureShashinkan-300

- Kogure Shashinkan / 小暮写眞館 (NHK)
L'histoire : après avoir, avec sa famille, emménagé dans un vieux studio photo qui n'avait pas servi depuis 50 ans, un jeune garçon découvre la photographie de ce qui ne peut être qu'une femme-fantôme, et, intrigué, tente de comprendre ce qui se cache derrière cette étrange histoire...
L'avis : une histoire un tantinet originale qui peut fournir le pire comme le meilleur, en tous cas ma curiosité est piquée.
> A partir du 31 mars à 22h
   

MayonakanoPanyasan-300

- Mayonaka no Panya-san / 真夜中のパン屋さん (NHK BS Premium)
L'histoire : l'histoire d'un étrange boulanger débutant dont l'échoppe n'ouvre qu'à minuit...
L'avis : après un peu de flou, la série s'est enfin trouvé une date de diffusion. Reste à voir si elle partage autre chose qu'une vague parenté avec Shinya Shokudou. Vous vous souvenez de Shinya Shokudou ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens.
> A partir du 28 avril à 22h
   

HaitatsuSaretaiWatashitachi-300

- Haitatsu Saretai Watashitachi / 配達されたい私たち (WOWOW)
L'histoire : un homme en pleine dépression décide qu'avant de se suicider, il délivrera les 7 lettres jamais distribuées qu'il a trouvées par hasard dans un bâtiment abandonné, ignorant qu'il va changer des vies au passage.
L'avis : si WOWOW ne tombe pas dans l'exagérément larmoyant, on tient ptet le bon bout. Et vu que justement, on parle de WOWOW...
> A partir du 12 mai à 22h
   

BADBOYSJ-300

- BAD BOYS J / BAD BOYS J (NTV)
L'histoire : adapté du manga BAD BOYS, la vie de 3 bikers qui sillonnent la région de Hiroshima afin de s'imposer comme le gang le plus important.
L'avis : et dans le fond il était temps. Avec tous ces bikers reconvertis en professeurs peu conventionnels, passer un peu de temps dans la (puissante) culture motorisée japonaise ne serait pas du luxe.
> A partir du 6 avril à 00h50

Outre ces nouveautés, rappelons que Yae no Sakura, sur la NHK, entame son deuxième trimestre de diffusion.

Oh. Bon. Bof... je sais pas si c'est moi, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup de poulet cette saison. Vous trouvez pas ? Il en va se nicher même dans les séries culinaires ! Si on peut plus manger autre chose que de la poularde, je ne m'amuse plus tant que ça... Bon, j'exagère évidemment, car il n'y a quand même pas QUE des séries policières cette saison, mais c'est un peu déprimant, comme panorama. Sans compter que quand il ne s'agit pas d'enquêtes, les personnages sont presque tous masculins, cette saison ! Je ne sais pas ce qu'il se passe tout d'un coup, mais ça fait bizarre. Bon alors, oui, il y a par exemple LAST CINDERELLA et Goen Hunter mais, hm, bon, occultons-les tout-à-fait afin de m'éviter une énième poussée d'urticaire face au sexisme des séries japonaises.
Et dans la foulée, on fera de la psychologie de comptoir à propos du Japon un autre jour. Mais sérieusement, entre les flics chargés de crimes à longueur de saison, les femmes célibataires avec une date de péremption, et les populations jeunes à problèmes, j'ai quand même envie de prescrire du Xanax à tout l'archipel, ils me font de la peine à voir comme ça.

Rares sont les idées, vous l'aurez compris, à m'avoir enthousiasmée. Après on est d'accord qu'il n'y a rien de plus imprévisible qu'un pitch de série nippone, mais enfin, là, j'ai autant de me ruer sur des pilotes japonais du printemps que de choper la dysentrie. Il faudra attendre de voir le traitement des pilotes qui nous passeront à portée de main pour, peut-être, découvrir des perles, mais là tout de suite, dorama, dysentrie, dorama, dysenterie... ouais, définitivement la dysentrie.

Que reste-t-il à dire encore ? Eh bien, ce que VOUS, vous pensez de cette nouvelle saison japonaise, ça serait pas mal. Allez-y, dites-moi tout, je vous écoute : quelles sont les nouveautés qui vous font envie plus que d'une dysenterie ?

Posté par ladyteruki à 21:12 - Dorama Chick - Permalien [#]

10-01-13

Le goût des choses simples

Avez-vous déjà pleuré devant un épisode ? Vraiment pleuré, hein ! Mais attention, je ne parle pas de verser une petite larmouchette de tristesse ; non, là je vous parle de la crise de larmes, des sanglots déchirants, ponctués çà et là de quelques gémissements d'agonie...
Quoique, à bien y réfléchir, c'étaient peut-être de bêtes larmes de jalousie.

Ca commençait à faire un petit bout de temps que je m'étais promis de tester le pilote de Kodoku no Gourmet, après avoir découvert l'existence de la série à l'apparition de sa deuxième saison sur TV Tokyo, ayant un peu zappé l'hiver 2012 au Japon. Depuis, l'épisode était resté là, à m'attendre patiemment, alors que s'égrennaient les semaines et que je tentais toutes sortes d'autres choses. Mais plus tôt cette semaine, me disant que j'avais quelques jours de battement d'ici à ce que les premiers sous-titres de la saison nippone débarquent (j'ai eu tort, ceux de Saki sont déjà sortis), je me suis donc attelée à la série culinaire.
D'où les torrents de larmes.

KodokunoGourmet

Si vous aviez été à côté de moi pendant le visionnage de ce pilote, vous vous seriez sans doute demandé comment je comprenais quoi que ce soit. Moi-même je ne suis pas bien sûre de comment j'ai fait mon compte, car très franchement, entre mes glapissements de douleur et mes renifflements blessés, l'épisode était à peine audible.
Enfin j'exagère. Parce que, à l'instar de Hana no Zubora Meshi dont (anti-chronologiquement, certes) on a parlé en novembre dernier, un épisode de Kodoku no Gourmet, c'est 80% d'exposition contemplative, et 20% seulement d'estomacs qui gargouillent.

Kodoku no Gourmet a en effet un pitch assez simpliste à son origine, issu du manga éponyme qui a donné vie à la série : un VRP constamment en vadrouille pour ses affaires, amateur de bons petits plats, se retrouve à chaque épisode dans une échoppe différente, et goûte les spécialités de la maison. Il n'y a probablement que les Japonais pour produire une série comme celle-là, au concept épuré... et aux épisodes aussi tranquilles.
Enjeu ? Connais pas. Character development ? Nenni. Histoire ? A peine.
Ainsi, dans le pilote, le héros (Gorou de son prénom) est en route pour présenter un produit à une cliente ; l'épisode va nonchalamment le suivre tandis qu'il se rend à la brasserie tenue par la femme en question, passant par diverses petites rues qu'il admire, puis qu'il tente péniblement de garder les yeux ouverts pendant leur entretien. Vous pensez qu'une fois dans la petite brasserie il va donner son premier coup de fourchette ? Peine perdue. Il ressort de là, trainasse encore dans les rues, décide de flâner dans un temple qu'il croise, visite une petite boutique d'antiquités... quand on connaît le pitch culinaire de la série, ça agace légèrement.

Et c'est sûrement cette sensation de frustration affamée qui nous saisit à la fin de l'épisode, quand bien même moins d'une demi-heure s'est écoulée pour nous, contre toute une journée pour notre VRP (c'est tranquille d'ailleurs, comme profession, j'aurais jamais cru ; j'ai un peu raté ma vocation on dirait...). Quand soudain, oh miracle, Gorou est pris d'une pénible sensation de faim. Mais hors de question de se précipiter dans le premier resto venu, il faut trouver un menu appétissant, un endroit qui inspire, un commerce accueillant... et pendant ce temps, l'estomac crie famine, et le téléphage s'impatiente : "bon, on va manger, oui ou non ?!".
Si seulement le porno était tourné comme l'est ce food porn...

Mais une fois qu'on s'est installés dans un petit boui-boui austère, que la patronne a pris la commande et que la camera se pose, les hostilités peuvent commencer... et croyez-moi, elles ne le font pas à moitié. Ce sera une succession de plats enchanteurs et pourtant si simples (en somme, très japonais) défilant sous toutes les coutures, qui va envahir l'écran, tandis que je commençais à me répandre en larmes. Chaque commande de Gorou est suivie d'un plan langoureux sur le plat qui lui est servi (avec son nom), un peu comme si le spectateur n'avait plus qu'à prendre des notes pour passer commande à son tour (mais j'y reviens). Puis on observe cet enfoiré de Gorou s'empiffrer d'un air ravi. Voilà, Kodoku no Gourmet, c'est ça. A quelques moments, j'avais envie de dire au cameraman : "ok bah puisque t'es là, rapproche-toi, prends un plan en coupe maintenant qu'il a mordu dedans, qu'on voit la cuisson..." mais la réalisation, très posée et minimaliste, se contente simplement de nous faire observer d'un oeil jaloux. Contrairement à l'héroïne de Hana no Zubora Meshi, Gorou va assez peu se répandre en qualificatifs admiratifs et en onomatopées orgasmiques, mais même avec une réalisation sobre, la séquence est atrocement tentante. Le seul petit hic, c'est que je déteste écouter les gens manger, et que, bon, comme c'est souvent le cas au Japon, c'est assez bruyant de ce point de vue-là. Mais le bruit de mes sanglots a fini assez rapidement par couvrir le problème.
Je pensais avoir prévu le coup : ne pas regarder Kodoku no Gourmet, vu son pitch, avec l'estomac vide, semblait tomber sous le sens. Mais quand j'ai vu ma salade composée sous mon nez, alors que ce sadique de Gorou se tape du yakitori à s'en faire péter la panse à l'écran, inutile de préciser que je faisais méchamment la tronche. Leçon apprise pour les prochains épisodes : regarder Kodoku no Gourmet, et abdiquer en commendant directement au resto japonais du coin. A un moment, il faut cesser de lutter.

Je crois que, de ma vie, je n'ai jamais autant pleuré devant un épisode. Et pourtant vous le savez, j'ai une téléphagie très lacrymale. Entre torture et excitation culinaire, Kodoku no Gourmet n'a pas choisi : ce sera les deux, sans modération.

On est loin avec cette série de ce qu'accomplit Shinya Shokudou sur un registre pourtant similaire : ici, la nourriture ne sert pas une histoire ou une exploration des personnages. On est quasiment dans le guide touristique.
Cette impression est renforcée par le dernier segment de l'épisode. Adieu Gorou, place à nulle autre que Masayuki Kusumi, le scénariste du manga d'origine, qui nous invite... dans le même restaurant que celui où vient de dîner son personnage ! Eh oui, dans Kodoku no Gourmet, le concept, c'est qu'on ne parle que de restaurants qui existent vraiment, et c'est ce qui explique que Masayuki va nous emmener au même endroit pour converser avec la vraie patronne (toute contente de sa ressemblance avec l'actrice qui a interprété son rôle quelques minutes plus tôt) et nous donner les véritables prix des plats dégustés par notre héros dans la fiction, à peine quelques minutes plus tôt. Franchement, le guide Michelin devrait envisager de se lancer dans la fiction française, moi je dis qu'il y a un marché à saisir.

Alors au final, non, Kodoku no Gourmet n'est pas la série de l'année, elle revêtrait presque un caractère de publi-reportage (en tous cas on l'en accuserait peut-être si elle visait des restaurants d'importance au lieu d'un petit grill yakitori de quartier) tant son personnage comme son déroulement sont anecdotiques. Mais, grâce aux pensées de Gorou que nous partageons au long de son "périple", grâce à l'atmosphère chaleureuse et conviviale de la petite échoppe qu'il finit par choisir, et évidemment, de par le caractère éminemment contemplatif de la série, tant avant que pendant la dégustation, il émane de la série un petit quelque chose de tendre et presque poétique.

La vie est si simple, quand on y pense. On peut être à la fois très frustrés par ce que mange un personnage de fiction, et profondément apaisé par le caractère serein d'une série qui se satisfait de présenter les petits plaisirs de la vie.
Mais surtout frustré, quand même.

Donc, deux saisons à regarder, hein ? Ca va me coûter un bras en commandes chez Alloresto.

Posté par ladyteruki à 12:18 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-12-12

Morons to the left

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Et si on interdisait les séries aux imbéciles ?

Je pose simplement la question. Voilà : le débat est sur la table, après... Mais admettez qu'elle est alléchante, cette idée, certains jours.

Avant de vous enflammer, laissez-moi développer. Je suis entièrement POUR essayer d'élargir les horizons des gens. L'élitisme, c'est pas mon genre ; au contraire, mon idée de la téléphagie, c'est la contagion. Ca ne m'intéresse pas de rester dans l'entre-soi et de partager entre une petite minorité les perles parmi les perles, en savourant l'idée que la vaste populace passe totalement à côté, et que de toute façon, présenter ces séries au grand public serait comme donner du caviar aux cochons. Absolument pas. Et je crois que ce blog en est quand même la preuve. Essayer de partager le plus possible de découvertes, d'ouvrir nos horizons à tous (et le Dieu de la Téléphagie sait que j'ai moi-même des progrès à faire en ce domaine), et faire en sorte d'aiguiser le goût télévisuel de chacun, sont un peu, comment dire ? Mes raisons d'être sur cette planète. Too much ? Bon.

Cependant, les jours où je suis un peu en pétard, parce que les gens, il faut le dire, si, oui, quand même, admettez-le, sont cons, eh bien ces jours-là, j'ai quand même envie de disqualifier tous les imbéciles de la planète d'une quelconque forme d'accès à des séries. Oui, même à NCIS ou Whitney, pas d'exception.
Des jours comme celui-là, par exemple :

MoronsToTheLeft
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. On ne leur interdirait pas la télévision. Ca va, on est civilisés, quand même ; et puis on vit dans une société de consommation et on a besoin que ces gens regardent la télé. Qu'ils nous la subventionnent, en somme : eux regardent les programmes débiles pleins de pubs ridicules, et comme ça, nous, on se paie une saison de plus de Go On, ou des épisodes de Mockingbird Lane, entre gens raffinés.
Mais à partir de maintenant, on leur interdit les séries. Point barre. Bon, il leur reste quand même toute la télé réalité et la scripted reality, c'est pas mal déjà, non ?! Ca en fait, des heures en perspective à se vider la cervelle comme des auto-Hannibal Lecter ! Et tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes...
Bon, les médisants pourraient dire que c'est déjà un peu ce qui se passe, avec le public des networks d'une part et le public des séries câblées de l'autre. Mais non, parce qu'il y a encore trop de séries accessibles aux vrais crétins sur les networks !

Donc, je voudrais qu'on aille plus loin, et qu'on interdise les fictions à ceux qui n'en saisissent pas le concept. En gros, quand un crétin défonce sa copine avec un 22 long rifle pour avoir dit "mais d'abord, je te ferais dire, c'est pas possible qu'un projet secret de l'armée puisse transformer la population en zombies", boom, privé de séries ; quand un catho intégriste s'exclame que "mais Ainsi Soient-Ils, c'est pas vraiment comme ça que ça se passe au Vatican !", paf, on lui supprime son autorisation de séries ; quand un mec sort un flingue et mitraille plusieurs dizaines de personnes dans un endroit public parce que soi-disant il voulait imiter une série... non, on fait un peu plus que lui interdire les séries. Mais on le fait quand même, hein !?

Je disais un peu plus tôt qu'on les interdirait même de NCIS ou de Whitney. Mais j'ai envie vous dire : en priorité, il faut leur interdire ces séries-là ! D'une part, c'est pas comme si spontanément, les plus imbéciles parmi la population se tournaient vers Boss ou Shinya Shokudou, non plus. Déjà.
Et puis, c'est vital d'interdire aux imbéciles de regarder des imbécilités, parce que dans les cas les plus extrêmes, la santé de chacun d'entre nous en dépend ; alors qu'une créature douée d'un minimum d'intelligence qui regarde NCIS ou Whitney, il n'y a qu'elle, son mauvais goût et le temps qu'elle perd que ça regarde. C'est dommage, mais personne n'en dépend, en somme. J'aimerais vous proposer une utopie où les gens intelligents ne regardent que des séries intelligentes mais d'une part je regarde Malibu Country, et d'autre part, les critères pour estimer l'intelligence d'une série varient trop d'une personne à l'autre pour que ce soit un idéal qu'on puisse seulement s'autoriser à imaginer, ne parlons même pas de le mettre en place. Et puis bon, on a tous droit à une petite pause de temps en temps, zut hein.

Mais je crois qu'on commencerait tous d'un bon pied si on décidait, là, ce soir, je sais pas, si vous avez dix minutes on peut peut-être voter une motion ou quelque chose, que désormais, les gens vraiment pas équipés intellectuellement, on les décharge de la pression d'avoir affaire à une série. C'est aussi pour leur simplifier la vie après tout, je veux dire, c'est la chose humaine à faire.

Alors après vous allez me dire : "mais alors, comment on détermine que quelqu'un est trop stupide pour avoir le droit de regarder des séries ?"... Oui bon alors, bon, oui, évidemment, si on entre dans les détails techniques, forcément ça se complique, aussi, hein, ah ça, je dis pas le contraire !
Mais on pourrait déterminer une grille de lecture simple, avec des petites cases à cocher. Je sais pas, du genre : "a tendance à ne pas comprendre la différence entre la réalité et la fiction", ça me semble une base sur laquelle on sera tous d'accord, non ? Je vous le concède, c'est un peu épineux dans le cas de toutes ces adolescentes qui ont un crush monstrueux sur un personnage fictif, mais on peut rajouter une question de sécurité, du style : "ce mélange entre la réalité et la fiction est-il juste en rapport avec quelques expériences masturbatoires au stade de la puberté ?", et si la case est cochée, on peut laisser une dérogation pendant une année supplémentaire, et après on refait un bilan, pour aviser.
Je suis sûre qu'on peut s'arranger.

Ce que je veux dire, c'est que pour que les téléphages ne soient pas associés à des crétins, il faut qu'on se prenne en main en tant que communauté d'être dotés d'un minimum de capacités de réflexion. Oh bon, oui, oui c'est un peu totalitaire sur les bords, bon, d'accord, mais admettez que si les gamers faisaient le tri parmi ceux qui ont le droit d'acheter des jeux video, et la minorité d'absolus abrutis qui n'est pas en mesure de composer sur le plan intellectuel avec un simple jeu de shoot'em up, les amateurs de jeux video auraient bien meilleure presse !

Il faut qu'on s'y prenne maintenant, tant qu'on peut à peu près contenir le truc ! Parce qu'une fois qu'absolument tout le monde consommera ses séries sans passer par la télévision, ce sera trop tard et totalement hors de contrôle !
Qui est avec moi ? Allez, chiche, on le fait ! Non je ne suis pas folle, lâchez-moi, où vous m'emmenez ?

Posté par ladyteruki à 22:05 - Point Unpleasant - Permalien [#]

13-11-12

Du lard et du cochon

Hana no Zubora Meshi faisait partie des séries que je surveillais si peu en cette saison, que je n'avais même pas percuté qu'elle démarrait le mois dernier ! Mais bon, euh, ça y est, je suis rentrée dans le rang, j'ai fait mes petites lectures et tout, je suis parée.
A la lecture du pitch, j'ai en fait eu le temps de me demander si c'était du lard ou du cochon. Jugez plutôt : Hana no Zubora Meshi raconte les tribulations d'une femme au foyer brouillonne (limite souillonne) qui ne fait pas le ménage ! Et quand son mari rentre à la maison, eh bien, c'est la pagaille.
Euh, alors, comment vous dire ? Déjà que je me soupçonne de devenir féministe ces derniers mois, mais là je vois pas comment ça va s'arranger ! Ohé, le Japon ? Les années 50 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende leur sujet de série.

Les choses sont légèrement plus compliquées que cela, pourtant. Comme souvent.
Le pilote de Hana no Zubora Meshi commence avec une petite séquence animée reprennant le point de départ du fameux conte sur Momotarou. La légende veut en effet qu'une vieille femme lavant son linge aperçoive une énorme pêche flotter ; en l'attrapant, elle découvre qu'un petit garçon est à l'intérieur, et, avec son vieil homme de mari, elle l'appelle Momotarou. Mais ce petit garçon est un peu paresseux, et en grandissant, il développe un don sans pareil pour des actions radicales afin de s'éviter tout effort, aussi un seigneur, histoire de lui apprendre à se bouger le derrière, l'envoie affronter des démons. En chemin, il rencontre des animaux qui deviendront ses amis, il vainc les démons, et hop, une légende est née.
Mais dans notre version, la vieille femme n'a pas fait sa lessive depuis très longtemps, car c'est une flemmarde. Elle finit cependant par aller à la rivière, et quand elle voit la pêche flotter, elle n'a pas envie de tendre la main pour l'attraper. En dépit des cris surexcités de son mari qui lui explique que si elle n'attrape pas le fruit géant, l'histoire ne peut continuer, eh bien, la pêche continue de s'éloigner, et point de Momotarou.
Que voilà une idée sympathique pour parler de la flemmardise, qui est le thème central de Hana no Zubora Meshi ! Et qui reprend avec ironie un conte lui aussi supposé parler de flemmardise, d'ailleurs. Bien joué pour cette scène d'ouverture originale, donc. Mais je n'étais toujours pas convaincue.

Plus classique, la scène suivante nous présente notre héroïne, Hana, notre fameuse femme au foyer qui ne glande rien, alors qu'elle est au téléphone avec son mari, qui travaille au loin et la laisse donc longtemps toute seule à la maison. Ce qui explique l'état de l'appartement ! C'est là que la série tombe exactement dans le travers prévu, et tente de nous intéresser aux tribulations de la pauvre épouse qui fait rien que de ne rien faire, et qui vit comme un cochon dans sa porcherie. Ce furent quelques affligeantes minutes de télévision, je ne vous le cache pas. Je sais que la société nippone (j'ai dit nippone ? je voulais dire asiatique en général) est assez sexiste, mais là, wow ! Vraiment ça mériterait presque des applaudissements si je n'avais pas déjà les majeurs occupés. Et pourtant, tout en se vautrant dans son exposition insupportable sur le fond, Hana no Zubora Meshi se montre plutôt taquine sur la forme, avec quelques minis idées de réalisation intéressantes et, plus généralement, un sens du montage assez dynamique et frais.
C'est que, aha ! Hana no Zubora Meshi n'a pas encore dit son dernier mot, bien décidée à lutter avec toutes les armes qui sont à sa disposition pour me convaincre. Et vous savez quoi ? C'est une qualité que j'admire dans un pilote.

HananoZuboraMeshi

Car une fois l'exposition achevée, l'épisode repart dans une série de petits délires franchement sympathiques. Par exemple, Hana est une souillon, mais voudrait réussir à faire quand même un peu de ménage chez elle ? Eh bien la série se transforme en évènement sportif, dans lequel un présentateur et un expert observent sa prestation et donnent des éclaircissements techniques sur la façon dont se passe le combat Hana VS crasse. Et c'est proprement (hm...) hilarant, en plus d'être assez bien vu ! Le ton rappelle l'absurdité placide des séries Yuusha Yoshihiko, et la façon dont cette séquence est commentée est d'un humour indubitable.

Mais on n'a finalement pas encore atteint le coeur de notre sujet. Car Hana no Zubora Meshi est l'adaptation d'un manga (or moi, les manga...), et que ce manga est du même auteur que, tenez-vous bien... la série culinaire Kodoku no Gourmet ! En fait j'ai même cru comprendre que les héros des deux manga étaient en réalité mariés.
C'est donc le dernier tiers du pilote qui va parler de bouffe. Ce qui signifie qu'à partir de là, forcément, on ne va pas se raconter des histoires, j'étais fichue, hein ; on se rappellera que j'idolâtre méchamment Shinya Shokudou entre autres parce qu'il y est question de nourriture, par exemple, c'est à peine mieux pour Pasta, et ça a quand même bien joué pour Oishii Gohan.

Tout le concept de Hana no Zubora Meshi est en fait d'expliquer pourquoi cette femme au foyer qui a tout le temps du monde pour cuisiner de savoureux petits plats compliqués se retrouve en réalité, par accès de flemmardise, à bricoler des trucs vite fait dans sa cuisine. Vite fait, mais bien fait.
Dans le présent épisode, comme Hana n'a évidemment pas été faire les courses, et qu'on est dimanche (mais à ce stade, il y a de fortes suspicions pour que ce soit la même chose le reste de la semaine), elle tente donc de se bricoler un repas avec les fonds de placard. Et ça donne... ça.

HananoZuboraMeshi-1 HananoZuboraMeshi-2

Fracture simultanée de l'oeil et de la mâchoire. Brutal.

Pendant que la miss s'empiffrait de l'équivalent de son poids en toasts garnis (en s'en foutant partout comme une petite truie qu'elle est, ça doit être un sous-genre de food porn je pense, d'ailleurs), il m'a fallu voir les choses en face : cette vacherie de série a peut-être un pitch méchamment sexiste (ça on ne me l'ôtera pas de l'idée), mais en attendant, elle sait mettre l'eau à la bouche.

Pourtant sa formule est, à ce stade, diablement originale : il n'y a, en gros, pas d'histoire ! L'action du pilote se déroule intégralement à l'intérieur de l'appartement en désordre de Hana (avec quelques séquences originales et/fantasmées, comme on le disait, pour aérer un peu l'action), il y a un seul personnage (les rares autres visages de passage étant eux aussi imaginaires), et le but du jeu, c'est juste de voir l'héroïne cuisiner un truc étrange et hautement calorique (dans la version manga, Hana est d'ailleurs beaucoup plus potelée), puis de la regarder se baffrer pendant que mentalement on liste ce qui reste dans NOTRE placard.
Et c'est pile au moment où vous remarquez qu'il reste encore quelques minutes d'épisode que le pire est à venir, avec un segment totalement hors-histoire (...dans une série qui n'en a pas, donc) dans lequel l'acteur qui interprétait l'expert dans la fausse séquence sportive mentionnée ci-dessus commence à donner les détails d'une recette de cuisine pour nous aussi faire des toasts couverts de vice et de fromage. Je ne serais pas surprise d'apprendre qu'il y a un partenariat avec Weight Watchers là-dessous.

Totalement inutile d'un point de vue dramatique, Hana no Zubora Meshi se révèle au final être une comédie rafraîchissante, avec de bonnes idées de réalisation n'ayant en réalité qu'un seul but, totalement assumé : vous donner faim, et vous pousser à cuisiner un truc calorique au possible au beau milieu de la nuit, puisque la série est diffusée à 00h55 en plein milieu de la semaine. Du vice, je vous dis !

Loin d'être à même d'entrer dans la légende comme d'autres séries culinaires capables d'exploiter leur ambitions gastronomiques à des fins dramatiques et poétiques (Shinya Shokudou en étant un sublime exemple), la série donne, à tous les niveaux, dans le guilty pleasure. Mais à la limite, pourquoi pas, à partir du moment où on sait qu'on va crever la dalle au bout de 10 minutes d'épisode. Mon conseil : faites vos courses avant de regarder, et faites-vous péter la panse de mauvaise bouffe et de mauvaise téléphagie. Personne ne vous jugera.
Sauf si un présentateur sportif et un expert observent secrètement ce qui se passe dans votre salon.

Posté par ladyteruki à 17:11 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-04-12

La vie, tout simplement

Depuis quelques mois, j'essaye d'être plus rigoureuse dans la planification de mes objectifs téléphagiques. Comme je réagis essentiellement aux coups de tête et aux coups de coeur, il faut parfois une vigilance soutenue pour ne pas bêtement se laisser emporter par une découverte ou une nouveauté qui pourrait me faire mettre de côté certaines séries. Et alors que la saison actuelle est pour moi une corne d'abondance de ravissement, comme j'ai déjà pu vous le dire, il s'agit aussi de ne pas se reposer sur les acquis (notamment avec la tendance que j'ai à revoir certains épisodes ou certaines scènes qui m'ont énormément plu). Bref, d'essayer, dans ma fringale constante et ma tendance à la monomaniaquerie, de trouver le moyen d'être raisonnable.
Et il me semblait déraisonnable de n'avoir pas vraiment donné leur chance à la plupart des séries britanniques récemment. A part Pramface, je n'ai le souvenir d'en avoir tenté aucune de ma propre initiative ; et on m'en a recommandé chaudement plusieurs pour lesquelles j'attendais en quelque sorte le bon moment.

Pour Call the Midwife, le bon moment est venu. Et s'est prolongé sur 6 épisodes incroyablement bons aussi, un bonheur ne venant jamais seul.

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Call the Midwife commence avec l'arrivée d'une jeune sage-femme dans le quartier de Poplar, dans l'Est de Londres, peu après la Seconde Guerre Mondiale. Mais le terme de "quartier populaire" ne commence même pas à décrire l'état dans lequel se trouve cet endroit surpeuplé. Si les vêtements et les débris ne nous indiquaient pas que nous sommes dans l'après-guerre, on croirait que la série se déroule au début du siècle : la pauvreté est partout, dans le monde ouvrier de Poplar, entassée dans des bâtiments délabrés dont les cours et les rues sont baignées par la brume du port voisin.

La formule de la jeune recrue qui arrive, innocente et encore pleine d'illusions, est un grand classique des pilotes, et la voix-off est un autre procédé sur-utilisé de nos jours ; mais étrangement cela fonctionne très bien dans ce contexte. On a sans doute un peu besoin, nous aussi, d'apprendre à nous familiariser avec Poplar, et d'ailleurs je confesse une ignorance absolue quant à l'état du Londres d'après-guerre. Le portrait qui est fait de l'endroit est à vrai dire saisissant. En fait, on aimerait y passer plus de temps, et parfois même (sacrilège !) sacrifier quelques unes des minutes accordées à d'autres angles pour mieux comprendre l'histoire de nombreux habitants de Poplar. Évidemment, Call the Midwife n'est pas là pour nous parler des traumatismes de la guerre ou de l'après-guerre, mais pour nous parler de sage-femmes et donc de femmes enceintes, de bébés, de pères... cependant certains aspects de la vie de tout ce petit monde m'étaient tellement inconnus que j'aurais aimé en savoir plus. Les workhouses, notamment, évoquées à plusieurs reprises, ont piqué ma curiosité sans vraiment la rassasier ; tout ça va finir sur Google, à n'en pas douter, mais il n'empêche, j'aurais apprécié que la série explore plus ces sujets.

La raison en est simple : si les premiers épisodes (notamment en répétant dans le deuxième épisodes la formule du "nouvelle arrivant") trouvent un juste équilibre entre les cas médicaux/sociaux rencontrés et la vie des infirmières, la série prend progressivement la fâcheuse habitude de passer de plus en plus du temps dans la vie privée de ses héroïnes, ce qui forcément rogne un peu sur le reste. C'est le seul blâme que j'aurai à adresser à Call the Midwife : s'attacher à ses protagonistes principales au point d'en oublier parfois sa vocation première.
Pour autant, il est des personnages dont on a du mal à ne pas dire du bien de bout en bout, même quand la série s'attarde un peu trop dans leur vie privée. Camilla, alias Chummy, en est le plus frappant exemple. Portée par une Miranda Hart qui trouve le moyen à la fois d'être totalement fidèle à elle-même et de se transcender, la sage-femme Chummy est émouvante, drôle, et capable d'une évolution incroyable pour un personnage qui n'est présent que pendant 5 épisodes (sur une saison qui n'en compte que 6). Le mérite en revient autant à l'écriture qu'à l'interprétation, mais le travail conjoint des deux fait de Chummy un héroïne cent fois plus attachante que ne peut l'être Jenny Lee, pourtant narratrice.

Les rues de Poplar Miracles de la vie Comment donner de la noblesse à un tear-jerker Jenny Lee, héroïne un poil austère L'un des rares aspects feuilletonnants d'origine médicale Poplar, ce quartier riant

Mais si j'ai l'air de médire çà et là, ne croyez pas que je sois déçue. En réalité, j'avais envie que Call the Midwife parle plus des cas rencontrés et de la vie à Poplar, tout simplement parce que quand la série le fait, c'est avec le plus magistral brio. Dans ce quartier où la population semble livrée à la pauvreté, la maladie et la crasse, on a l'impression d'être à la croisée de deux mondes : la première moitié du siècle, consacrée aux guerres, se termine, et le progrès peut reprendre. La médecine et la couverture sociale apportent énormément à de tels endroits, et on assiste aux balbutiements de leurs bénéfices pour les plus démunis. La série va, en de nombreuses reprises, attirer notre attention sur le paradoxe de l'exercice des professions médicales à Poplar : on y manque de moyens, mais on y fait résolument de grands progrès tout de même dans le soin apporté notamment aux femmes.
Ainsi Call the Midwife va nous parler aussi bien de l'amélioration des chances de survie des prématurés, des débuts de la contraception, ou encore d'avortement, mais sans jamais en faire de la matière à une démonstration ou l'objet d'une quelconque revendication.
Comme les nonnes de Poplar, Call the Midwife se garde bien au contraire de porter le moindre jugement. C'est d'ailleurs incroyablement reposant. Les histoires ne se finissent pas toujours bien : on fait avec ce qu'on a. Et on n'a pas grand'chose. Mais qu'elles se finissent dans le bonheur ou la tragédie, on y trouve toujours quelque chose de profondément humain. Il faut dire qu'on garde en permanence à l'esprit (peut-être de par les uniformes et les décors, sans doute aussi à cause des chants) qu'on est dans un contexte très religieux. Mais religieux dans le "bon" sens du terme, dans son expression quotidienne ; il n'y a aucune forme de prosélytisme dans cette série. Pour l'athée que je suis, c'est probablement la religion la plus agréable à la télévision : celle qui ne s'invite pas de votre côté de l'écran, mais qui offre un contexte, un mode de vie et de pensée, qui apportent une sorte de beauté paisible à la série.

Dans cette atmosphère parfaitement sereine, les séquences médicales, principalement les accouchements, deviennent presque choquants. On dit souvent que quand un homme en voit un autre se prendre un coup dans les parties, il a immédiatement l'impression de partager sa douleur ; je crois que j'ai ressenti quelque chose de similaire pendant les accouchements de Call the Midwife. Sans être très graphiques (bien que plus que la plupart des fictions dans lesquelles j'ai pu assister à un accouchement ; le juste milieu est trouvé avec une précision incroyable), ces scènes parviennent à retranscrire à la fois la difficulté de l'exercice pour la sage-femme, et la douleur de la patiente.

Midwife-Pramfaces

Il y a quelque chose de parfaitement sincère et humble dans Call the Midwife, quelque chose qui relève de l'excellente narration mais aussi de l'infinie tendresse un peu contemplative qu'ont certaines séries pour les simples choses de la vie ; ou quand prendre le temps de parler d'Histoire à travers une multitude d'histoires anonymes devient un art.
C'est une qualité qu'on ne retrouve totalement, d'après mon expérience, que dans les fictions de deux pays : la Grande-Bretagne et le Japon. Il doit y avoir quelque secret, caché sur le sol de ces deux pays îliens, qui leur donne le don de rendre le quotidien tellement palpable et télégénique. Dans l'attention portée aux histoires, dans l'affection palpable aux protagonistes, dans le sens aiguisé du détail, dans le choix des musiques ou dans les dialogues, se loge une qualité qu'on ne retrouve que dans des séries britanniques et des dorama. Entre The Café et Shinya Shokudou, il y a la moitié d'une planète, et pourtant une parenté énorme, partagée par Call the Midwife.

Et du coup chaque épisode est l'occasion d'une émotion permanente. Chaque instant est à la fois simple, réaliste, et en même temps terriblement touchant ; parfois parce que c'est triste, parfois parce que c'est joyeux, très souvent parce que c'est quelque chose entre les deux. J'ai passé quasiment chaque minute avec les larmes aux yeux ou roulant sur mes joues, il était impossible de faire autrement et je n'ai même pas eu envie de les refouler.

Midwife-Promo

On regarde Call the Midwife comme on écoute sa grand'mère raconter des anecdotes : les coudes posés sur les genoux, le visage lové dans le creux des mains, les yeux rivés à l'écran et avec un petit sourire fasciné. Et les pommettes humides, donc.

Posté par ladyteruki à 17:16 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-03-12

Dorama et sac à dos

BlackMarch
Oh, eh, dites, eh ! Mais ça fait super longtemps que j'ai pas fait de post Dorama Chick ! Il est vrai que j'ai un peu zappé les deux dernières saisons nippones (et que je suis encore pas mal fâchée avec la Corée du Sud), et qu'un coup de coeur chassant souvent l'autre avec moi, je n'y étais guère revenue alors que mes pas m'avaient plutôt menée, en ce début d'année, vers la Scandinavie, entre autres. Et pourtant mes racines téléphagiques sont en Asie et je m'en veux d'avoir délaissé les séries japonaises sur ce blog. Je vous dois d'ailleurs toujours un bilan de la saison 2 de Shinya Shokudou, c'est atroce, on n'a jamais le temps de rien ici.
Mais l'avantage du système télévisuel nippon... l'un des MULTIPLES avantages, en réalité... c'est que tous les trois mois, on a une nouvelle chance de se remettre dans la danse et de reprendre à zéro. Voici donc mon traditionnel-même-si-pendant-deux-saisons-j'ai-zappé récapitulatif des nouveautés du printemps à la télévision japonaise !

Malgré tous mes efforts, il y a des chances pour que j'en oublie, mais bon, ce sont des choses qui arrivent. Voilà donc les séries de ce printemps 2012 au Japon...

En quotidienne


- Umechan Sensei (NHK)
L'histoire : dans l'après-guerre, une jeune femme mal assurée va progressivement se découvrir une vocation de médecin de campagne.
L'avis : en-dehors de la présence de Maki Horikita, qui ne m'intéresse pas plus que ça, je me sentirais presque tentée pour suivre cette chronique quotidienne. Incidemment, on parlait hier sur Twitter des bienfaits du format asadora (des épisodes de 15mn, c'est bien pratique), et je n'en ai jamais fini aucun que j'aie commencé. C'est ptet le moment ?
> A partir du 2 avril à 8h15

- Shichinin no Teki ga Iru (Fuji TV)
L'histoire : une femme qui travaille pour un magazine de mode se trouve aux prises avec l'association de parents d'élèves de la classe de son jeune fils, où toutes les mères sont au foyer... Forcément, pas facile-facile de s'intégrer.
L'avis : je ne suis jamais les séries quotidiennes de Fuji TV, et il faut bien admettre que je ne suis pas dans la cible. Par contre, où est l'oeuf et où est la poule...? De toute façon, que pourrait dire Shichinin no Teki ga Iru qui n'ait pas déjà brillamment été abordé par Namae wo Nakushita Megami ? Tiens, faut que je la finisse cette série, d'ailleurs.
> A partir du 2 avril à 13h30

Lundi


- Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
L'histoire : le surveillant d'une grosse compagnie de sécurité passionné par les serrures est embauché par une avocate pour l'aider à résoudre un cas étrange. Alors qu'elle le suspecte de s'y connaître un peu trop en serrures pour être honnête, elle va progressivement avancer dans l'affaire qui les occupe...
L'avis : les informations que je lis sont contradictoires selon les sources : procedural, ou une seule enquête ? Ca pourrait bien faire toute la différence à mes yeux. Par contre, entre Erika Toda et Satoshi Oono, j'avoue être assez indifférente au cast.
> A partir du 16 avril à 21h00

Shichou wa Mukudono (BS Asahi)
L'histoire : imaginez un pauvre type complet : il ne s'entend pas avec sa belle-famille, sa femme ou ses enfants, et même ses voisins lui font régulièrement la leçon... sauf qu'il est aussi le maire de la ville. Eh bien ça donne une drôle de série vaguement politique.
L'avis : ah, je crois qu'on a trouvé le pitch WTF de la saison... Quoique. On n'est que lundi.
> A partir du 7 mai à 22h00

Mardi


37 Sai de Isha ni Natta Boku (Fuji TV)
L'histoire : après avoir mené une vie inintéressante jonchée de petits jobs au sortir de la fac, puis avoir vécu quelques années dans l'enfermement le plus total (hikikomori), un homme décide à 30 ans d'entrer en école de médecine, devenant interne pour à 37 ans.
L'avis : le véritable "plus produit" de cette histoire, c'est qu'elle est adaptée de véritables mémoires d'un médecin ayant eu ce parcours atypique. Aura-t-on uniquement droit à des intrigues médicales ? J'en doute fort mais on ne sait jamais. En tous cas, c'est la meilleure série inspirée indirectement par le succès de Dr House depuis longtemps, en cela qu'on sent bien pourquoi le projet a été retenu, mais qu'il ne se contente pas de pomper les recettes de son succès. Points bonus pour la présence d'Asami Mizukawa !
> A partir du 10 avril à 21h00

-  Legal High (Fuji TV)
L'histoire : un avocat odieux (pléonasme) prêt à tout pour gagner se redécouvre un idéal de justice et commence à choisir ses affaires différemment. Il est assisté par une avocate débutante idéaliste...
L'avis : on a déjà parlé de cette série lorsqu'elle a été annoncée et je suis obligée de reconnaître que l'idée me plait bien... même si encore une fois, côté cast, on est plutôt dans la répulsion.
> A partir du 17 avril à 21h00

Kaitakushtachi (NHK)
L'histoire : forcée de quitter leur vie en Chine après l'invasion soviétique, une famille de quatre frères et soeurs revient au Japon et commence une nouvelle vie dans une ferme...
L'avis : en matière de séries historiques, il en va bien souvent comme de littérature : ma tolérance s'arrête à peu près avec le XXe siècle. Avant ça, plus on remonte dans le temps, plus je suis d'humeur chagrine. Mes exigences en matière de "modernité" se trouvent ici comblées, d'autant que pour une fois on n'a pas droit au laïus sur les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur le sol nippon, dont Nankyoku Tairiku a terminé de nous écoeurer pour un bon moment. Ajoutez à cela l'éternel thème du changement radical de vie, et évidemment l'idéal du retour à la nature, et je suis plus que disposée à laisser à cette série une chance de me plaire.
> A partir du 3 avril à 22h00

-  Kodomo Keisatsu (TBS)
L'histoire : une organisation criminelle est poursuivie par des enquêteurs. Pour se débarrasser d'eux, elle les expose à un gaz qui les fait retomber en enfance ! Il leur faut donc absolument coffrer ces criminels s'ils veulent retrouver leur apparence adulte...
L'avis : vous voyez ce que je disais ? Plein de pitches WTF nous attendent encore. Ah, le Japon, terre de contrastes télévisuels ! Pays capable du meilleur comme de... de Kodomo Keisatsu, vraisemblablement.
> A partir du 17 avril à 00h55

Mercredi


Answer (TV Asahi)
L'histoire : une unité est créée au sein de la police afin d'employer la médecine légale afin de vérifier des affaires déjà élucidées. L'idée est avant tout de renforcer l'image de la police, et n'a pas pour vocation de mener de réelles investigations ; pour cela, une enquêtrice pas vraiment rompue aux mécanismes de l'administration est placée en charge de l'unité et mise officieusement au placard. Mais très vite, avec son équipe, elle va obtenir des résultats...
L'avis : parce que TV Asahi n'a pas les droits de BOSS, voici Answer. Perso j'ai tendance à préférer l'original, d'une part par principe, et d'autre part parce que je préfère Yuuki Amami à Arisa Mizuki qui me donne des cauchemars !
> A partir du 18 avril à 21h00

Cleopatra na Onnatachi (NTV)
L'histoire : un chirurgien esthétique qui méprise son métier et ses clientes accepte un boulot très bien payé dans une clinique spécialisée dans l'esthétique, où il va être mis devant des cas lui faisant comprendre que les femmes ayant recours à la chirurgie ne sont pas que des capricieuses irrespecteuses de leur patrimoine génétique.
L'avis : ok nan mais dit comme ça, bon. Oui. Nan mais si, ça peut faire un drame permettant à la fois l'amélioration de son protagoniste, et l'exploration de cas larmoyants chaque semaine. Sauf que faudrait quand même voir à pas non plus faire de la chirurgie esthétique un acte totalement anodin non plus en voulant réhabiliter une discipline qui a ses limites éthiques... En gros : faut voir, mais gaffe, hein.
> A partir du 18 avril à 22h00

Jeudi


-  Papa wa Idol (TBS)
L'histoire : Ryou Nishikido, chanteur-star d'un boys band populaire, tombe amoureux d'une femme qui a deux enfants. L'idole des ados va donc devoir assumer le rôle de papa ! Mais quand son agence l'apprend, il est confronté à un choix : la carrière ou la famille...
L'avis : Ryou Nishikido dans son propre rôle, l'idée pourrait être originale. Je trouve par contre cet ultimatum assez ridicule, même s'il propose une alternative originale à la version que nous connaissons tous pour avoir perdu bien des idoles à son profit : d'ordinaire, ce sont plutôt les célébrités japonaises de sexe féminin qui sont mises devant ce choix. Alors du coup, bon, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça soulève quelques lièvres.
> A partir du 19 avril à 21h00

-  W no Higeki (TV Asahi)
L'histoire : deux femmes. L'une, riche, à l'abri du besoin, mais en quête de "plus". L'autre, pauvre, solitaire, danseuse dans un club, et désespérément en quête de plus d'argent et de pouvoir. A la faveur de leur frappante ressemblance, elles vont échanger leurs vies...
L'avis : le thème est ultra-classique (outre le fait que l'oeuvre originale ait déjà été adaptée deux fois à la télévision !) et pourtant on y revient encore une fois. Je me demande un peu comment la fille riche peut avoir envie de se glisser dans la vie de l'autre, il faudra attendre le pilote pour comprendre comment les scénaristes nous font avaler ça.
> A partir du 26 avril à 21h00

-  Kaeru no Oujosama (Fuji TV)
L'histoire : chanteuse incapable de trouver le succès à Broadway, mais ayant autrefois connu la gloire au Japon, Mio Kurasaka tente son retour sur le devant de la scène, avec un choeur de femmes d'âge mûr qui fait appel à elle afin de remettre sur les rails la vie culturelle de leur petite ville.
L'avis : aha, les séries musicales font leur entrée dans les grilles japonaises ! Bien bien bien. A part ça, comment vous le dire plus clairement ? Yuuki Amami. Comédie musicale. Voilà voilà. Les souvenirs d'Enka no Joou affluent. Merveille. Oh et sinon, je recommande à Ryouko Yonekura de garder un oeil sur cette série, ça pourra lui servir dans quelques mois...
> A partir du 12 avril à 22h00

-  Ekiben Hitoritabi (BS Japan)
L'histoire : la série suivra le périple d'un amateur de petits ekiben (des bento vendus uniquement dans des gares) alors qu'il traverse le Japon avec pour seul objectif de se régaler.
L'avis : c'est pas forcément le pitch qui va déchaîner les foules, mais je trouve l'idée poétique en diable. Elle est d'ailleurs récurrente dans plusieurs romans ou nouvelles japonais que j'avais pu lire, et je me régale par avance de ce que cela peut apporter. Sans compter que vous n'êtes pas sans ignorer que les séries qui parlent de bouffe, j'adore. Ah, je m'y vois déjà ! J'espère qu'il y aura des sous-titres...
> A partir du 5 avril à 22h30

-  Taburakashi (BS Japan)
L'histoire : afin d'éponger des dettes, une jeune actrice accepte de travailler pour une compagnie qui propose à ses clients d'embaucher des acteurs pour les délester de tâches barbantes ; ainsi, elle va endosser le rôle de mère de famille pour remplacer la présidente d'une entreprise à une réunion de parents d'élèves, celui d'épouse pour une jeune mariée peu désireuse de rencontrer sa nouvelle belle-famille, et bien d'autres situations étranges encore.
L'avis : voilà bien un exemple de séries qu'on ne voit bien qu'au Japon, et qui peut donner le pire comme le meilleur. Je vous laisse deviner où je mise mon argent...
> A partir du 5 avril à 23h58

Vendredi


-  Hidamari no Ki (BS NHK)
L'histoire : le shogunat Tokugawa touche à sa fin, et dans l'atmosphère chaotique propre aux grands changements, deux hommes tentent de trouver une place. Ils n'ont rien en commun, mais leur amitié pourrait leur permettre de survivre à ces changements de société...
L'avis : une série historique en costumes, hein ? Ah c'est con ce soir-là j'ai piscine.
> A partir du 6 avril à 20h00

-  Mou Ichidou Kimi ni, Propose (TBS)
L'histoire : après 4 années de mariage et alors que la routine s'est installée, un homme réalise que l'attaque cérébrale de son épouse lui a fait oublier tous leurs souvenirs communs. Il va alors tenter de la reconquérir.
L'avis : yavait pas un film, comme ça ? Peu importe, l'idée est jolie après tout, et déclinable de bien des façons. Tout dépendra du degré de guimauvitude pour voir s'il est possible de s'attacher à cette série pleine de bons sentiments...
> A partir du 20 avril à 22h00

-  Toshi Densetsu no Onna (TV Asahi)
L'histoire : une enquêtrice obsédée par le manga Toshi Densetsu tente systématiquement de lier ses affaires à sa connaissance encyclopédique dudit manga.
L'avis : mouais. Autant ce serait cool si l'enquêtrice tentait toujours de lier à différents mangas, autant ne cibler que sur un seul d'entre eux ressemble à une adaptation masquée... C'est d'autant plus gênant quand on n'a pas lu le manga en question, d'ailleurs.
> A partir du 13 avril à 23h15

Samedi


-  Akko to Bokura ga Ikita Natsu (NHK)
L'histoire : capitaine de l'équipe de base ball de son lycée, une jeune fille découvre qu'elle a un cancer de la gorge...
L'avis : rude, hein ? On commençait avec pitch stupide de série sportive, et on finit avec un méchant tear-jerker. Inutile de dire que les sceptiques ont deux fois plus de raisons de lever un sourcil circonspect, du coup. Mais un bon tear-jerker de tradition japonaise, ça fait en général du bien par où ça passe, alors ne nous fermons pas à la possibilité de passer un bon moment à chialer devant notre écran...
> A partir du 14 avril à 21h00

-  Mikeneko Holmes no Suiri (NTV)
L'histoire : un détective lamentable (il a peur du sang, des fantômes et des femmes...) rencontre un chat qui parle doté d'incroyables pouvoirs de déduction. Ils forment ensemble un tandem particulièrement efficace.
L'avis : par où commencer ? PAR OU !? Je vous le demande. Personnellement j'ai pouffé à l'idée que ce crétin ait peur du sang, des fantômes ET DES FEMMES. Mais alors le chat qui parle, ça m'a achevée. Oh punaise, j'en ai mal aux côtes dites donc !
> A partir du 14 avril à 21h00

-  Mirai Nikki (Fuji TV)
L'histoire : 12 inconnus reçoivent un carnet ("journal du futur", traduction littérale) dans lequel le moindre de leurs écrits peut devenir réalité. Ils ignorent qu'ils ont été sélectionnés pour faire partie d'un jeu dont un seul peut réchapper...
L'avis : cette adaptation d'un manga publié à 4 millions d'exemplaires (et déjà porté en jeu video, série animée, et roman paru plus tôt ce mois-ci) a, il faut le dire, un air de ressemblance foudroyant avec LIAR GAME qui se serait accouplé avec Death Note. Si. Si, on peut le dire. Mais pour autant, le pitch est accrocheur et peut offrir une série sombre, voire même intéressante.
> A partir du 21 avril à 21h10

Dimanche

-  Kazoku no Uta (Fuji TV)
L'histoire : un vieux rocker dont la carrière est à l'agonie, voit sa situation familiale changer d'un coup. Cela le fait réfléchir à son mode de vie et devenir moins égoïste...
L'avis : alors je sais pas si c'est l'angle moins musical et plutôt "drame humain", mais alors ça me fait pas du tout le même effet que Kaeru no Oujosama. Pas. Du tout.
> A partir du 15 avril à 21h00

-  ATARU (TBS)
L'histoire : un autiste incapable de communiquer clairement avec son entourage, mais doté d'une clairvoyance incroyable, résout des enquêtes pour la police.
L'avis : de tous les enquêteurs-qui-ont-un-truc-pas-comme-les-autres, on en a vu des tonnes, ils sont pas sympas, ils ont des tocs, ils ont une vie personnelle chaotique... on a TOUT vu. Sauf les vrais autistes. Nan mais au moins, ATARU assume, sur ce coup. C'est peut-être risible, mais au moins on va jusqu'au bout de la logique de ce genre de personnages ridicules. Ptet qu'on va en finir avec ces enquêteurs-qui-ont-un-truc-pas-comme-les-autres, d'ailleurs, à force. Le filon va bien s'épuiser à un moment, non ? Il est permis d'espérer.
> A partir du 15 avril à 21h00

-  Suitei Yuuzai (WOWOW)
L'histoire : un journaliste apprend qu'un criminel dont il a couvert le procès a été innocenté 12 ans après avoir été condamné. Libéré, l'homme suscite bien des réactions : chez le journaliste qui était convaincu de sa culpabilité, son avocate qui l'a tiré de là, sa fille qui n'est pas sûre de vouloir le voir réapparaitre dans sa vie, la famille de la victime qui est déboussolée par ce verdict...
L'avis : quand s'affichent les lettres WOWOW, nos espoirs téléphagiques deviennent démesurés. Ici, je n'arrive pas à déterminer si la série va vouloir à tout prix prouver à nouveau la culpabilité du coupable présumé, ou au contraire, simplement devoir vivre avec l'idée qu'en réalité il est innocent. Ou les deux. Dans tous les cas, il ne peut rien en découler de mauvais, je crois qu'on est tous d'accord là-dessus.
> A débuté le 25 mars à 22h00

-  Tsumi to Batsu (WOWOW)
L'histoire :  après avoir abandonné la fac, un jeune homme qui vit reclus (hikikomori, again...) commence à plannifier le meurtre d'une jeune fille à la tête d'un groupe d'enjo-kousai.
L'avis : c'est pourtant pas mon anniversaire.
> A partir du 29 avril à 22h00

Notons aussi que Hanchou est de retour pour une 4e saison, et que naturellement, la série historique Taira no Kiyomori continue son cycle annuel.

EkibenHitoritabi

Je ne vous cache pas que mon gros coup de coeur, niveau pitch, c'est Ekiben Hitoritabi. J'y peux rien, ça me mumure des choses à l'oreille (et aux papilles), ce genre d'histoires. C'est rousseauiste, voilà tout, et c'est beau. Rien que de voir les stills de la série sur le site officiel, je suis toute chose. Je sais, il m'en faut peu.
Mais très sincèrement, c'est un peu ce que j'attends d'un dorama ce printemps : quelque chose d'épuré, un peu bucolique au besoin, une invitation au voyage, un truc simple et proche, qui réchauffe l'âme tout juste sortie de l'hiver. La réponse japonaise à The Café, en quelque sorte, porté sur quelque chose à la fois d'humain et d'attentif aux beautés ordinaires du monde. Rien que d'en parler ça me fait envie, comme série, c'est indescriptible. Peut-être que je serai déçue, d'ailleurs, et que finalement ferait aussi bien d'être une émission culinaire de voyage à la Fourchette et Sac à dos plutôt qu'une série, mais je sais pas, je le sens bien ce concept. J'espère vraiment qu'il y aura des sous-titres, pour en juger.

KaerunoOujosama
Dans un tout autre registre, parmi les autres séries qui me tentent, il y a évidemment Kaeru no Oujosama. Concrètement, il y a trois actrices japonaises envers lesquelles j'ai un biais positif, et Yuuki Amami est dans ce trio (avec Miki Maya et Michiko Kichise, pour être précise, et Asami Mizukawa vient juste derrière). Je ne dis pas que je pourrais regarder n'importe quoi pourvu qu'elle soit au générique, mais clairement, quand l'une de ces femmes est au cast d'une série, le dorama gagne des points karmiques.
Inutile de préciser que, me tenter avec des pitches musicaux alors que je suis en gros manque de Smash, c'est jouer énormément avec mes sentiments. Et ça ne gâche franchement rien. Au bout du compte, comme j'ai, à bien y réfléchir, assez peu de comédies à mon tableau de chasse nippon (puisque bien souvent je déclare forfait au terme du pilote pour cause d'absorption massive de grosses tatannes), ça me semble une excellente opportunité de me faire rudement plaisir en ce printemps, surtout que Yuuki Amami est une des rares actrices japonaises à pouvoir réellement me faire rire. Mais RIRE, quoi. Puis passer aux larmes la seconde suivante. Ah punaise, j'ai jamais fait attention si la fin de GOLD avait été traduite, en parlant de ça (faut toujours que j'aie ce genre d'idées en plein Black March, comme par hasard). Enfin bref, Yuuki Amami est une déesse, voilà la vérité, donc ça va être bon, ça ne peut qu'être bon. Tous les ingrédients sont réunis pour que je prenne un pied monstrueux. Du coup, je vous tiens au courant, pensez.

D'autres séries valent la peine d'être mentionnées, bien-sûr : les deux séries de WOWOW (j'avoue que Tsumi to Batsu me tente plus, mais la série arrivera aussi plus tard dans la saison ; oh, je vous ai dit qu'Asami Mizukawa y serait présente ?), 37 Sai de Isha ni Natta Boku, plein de promesses dramatiques, le thriller Mirai Nikki, et pourquoi pas Kaitakushtachi même si les espoirs de sous-titres sont minces. Si ça fait "bien" pleurer, aussi : Akko to Bokura ga Ikita Natsu. Mou Ichidou Kimi ni, Propose peut également nous offrir notre dose de sentiments, sous condition de ne pas virer à l'exagérément sirupeux.
Peut-être aussi que je vais tenter Umechan Sensei, surtout que vu la présence de Maki Horikita, il serait étonnant qu'il ne soit pas sous-titré.
Et vous, où vont vos préférences ?

Posté par ladyteruki à 17:09 - Dorama Chick - Permalien [#]

27-01-12

Sa plus grande fan

Il se passe un truc drôlement chouette avec Apparences, et comme il n'y a pas grand monde pour se dévouer et vous en parler, bah je me sacrifie ! Nan mais, vous me connaissez, le sens de l'abnégation, tout ça...

Pour vous résumer mon impression, désormais chaque semaine je me lamente à l'idée qu'il soit impossible de voir des séries québécoises en France. Il n'y a simplement AUCUNE excuse ! Sur un plan linguistique, c'est pas pour quelques expressions un peu exotiques et un accent tout en rondeurs qu'on a le droit de faire la fine bouche... et au pire ça n'a jamais tué personne d'entraîner son oreille. La prochaine fois que je vois le mot "francophonie" dans un communiqué du ministère de la culture, je mords. C'est simplement indigne d'avoir une télévision (par exemple de service public) qui soit incapable de nous permettre d'accéder à des fictions comme celle-ci. Je sais bien que France2 nous a autrefois permis de voir Minuit, le Soir (en version doublée, en plus, on peut pas dire que ça ait choqué l'oreille du spectateur français !), mais je ne comprends pas comment ni pourquoi on s'est arrêtés là. Vraiment c'est révoltant de devoir passer par le téléchargement (surtout quand ça devient un peu plus difficile chaque semaine de s'approvisionner) ; encore, quand je regarde des séries asiatiques (d'ailleurs faites-moi penser à vous parler de la saison 2 de Shinya Shokudou), je peux comprendre qu'une chaîne craigne l'absence d'identification et le fossé culturel, mais là ?
Voilà, c'était une petite parenthèse coup de gueule, je passe au vif du sujet.

Apparences3

Je crois qu'une partie de mon admiration grandissante pour cette série tient au fait qu'il s'avère que j'ai tendance à m'ennuyer assez vite devant les thrillers, en général. C'est comme ça. Je les trouve facilement prévisibles, ils me semblent toujours suivre le fil le plus évident, parce que sous prétexte de nous filer des frissons et nous amener à nous asseoir sur le bord de notre fauteuil, il ne faudrait quand même pas qu'on nous donne de quoi réfléchir, je suppose. Du coup, quand le pilote d'Apparences m'a fait si bonne impression, plus tôt ce mois-ci (je vous le disais, on a un très bon mois de janvier téléphagique de par le monde), ma curiosité s'en est trouvée éveillée... et ma méfiance un peu aussi.

Mais au terme de son troisième épisode, Apparences confirme qu'on est dans le très haut du panier en matière de thrillers, mais aussi de séries dramatiques.
La série repose sur la disparition d'un de ses personnages, et dans ce type de configurations, en général, la victime est le personnage le plus creux de la fiction, tout simplement parce que la trame est toute entière tendue dans le seul but de pouvoir retrouver ladite personne (ou, si elle connaît un destin fatal, coffrer son ravisseur).

Ici c'est tout le contraire. Apparences a passé le pilote à rassembler la famille de Manon, inquiète de l'absence de cette dernière, pour mieux pointer du doigt les rapports difficiles que ses membres entretiennent les uns avec les autres... la disparue étant la seule à qui personne n'a rien à reprocher. Cela correspondait parfaitement à son statut de victime-de-thriller. Sa soeur jumelle, une actrice n'ayant pas mauvais fond mais quand même un peu distante de par sa vie trépidante, occupait alors la place centrale de l'épisode afin de dresser le portrait, en creux, de la disparue, une personne en tous points irréprochable donc. Cela justifiait l'inquiétude de chacun vis-à-vis de la disparition, et permettait de s'intéresser au déroulement à la fois de l'enquête (mais Apparences n'a pas vraiment un but policier et ça se sent dés son épisode inaugural, je vous invite à relire mon premier post à son sujet).

Le second épisode prend une orientation toute autre ; en accord avec l'orientation très modérément policière de la série, et avec les dynamiques familiales décrites dans le premier épisode, Apparences décide d'explorer la psyché de la disparue. Elle n'est pas là mais elle est partout. Et ce qui est véritablement intéressant, c'est qu'elle se révèle très surprenante, comme le suggérait le cliffhanger du pilote.
Tout l'épisode sera consacré à apporter énormément de nuance à ce personnage. Si la thèse de la disparition ne bouge pas (l'enquêteur suspecte l'un des membres de la famille ; il n'est d'ailleurs pas tenu au courant des découvertes sur la personnalité de la victime), en revanche, le profil de la Manon devient moins monochrome. Et c'est ainsi que tout en poursuivant ses efforts de reconstitution des faits, tout en détaillant sa peinture de cette famille cachant habilement ses zones d'ombres, et bien-sûr tout en poursuivant le fil de l'enquête, Apparences continue à piquer notre intérêt sur le plan dramatique.

Apparences4

Mais le troisième épisode va faire mieux que ça encore.
Car Apparences ne veut pas simplement explorer le personnage "manquant" de son ballet un peu maussade de membres de la famille Bérubé. La série veut nous effrayer, de cette peur intime et pourtant si vague qu'on ressent quand on découvre qu'on ne savait rien d'un proche, et que tout d'un coup, tout est possible.

Toujours avec cette réalisation pleine de tact, reposant sur le non-dit des personnages présents et sur les aperçus très parlants, mais elliptiques, de la vie "véritable" de Manon, le troisième opus va donc s'adonner avec un talent un peu vicieux à un étrange sport : rendre la victime non seulement complexe, mais aussi totalement inquiétante.
Et c'est là que se justifie, naturellement, le titre de la série. Car Manon est bien plus une actrice que ne le sera jamais sa célèbre soeur. Elle a réussi à cacher sa véritable nature, la moindre de ses motivations, la totalité de ce qui la trouble, à tout son entourage. Elle a parfaitement fait illusion. Et maintenant qu'on fouille dans sa vie, le masque ne tombe même pas totalement, mais sa jumelle tombe des nues. Derrière la gentille fée parfaite qui est une éternelle célibataire consacrant sa vie à l'enseignement, il y a en réalité une inconnue et c'est là que le thriller surprend, et pourtant fonctionne totalement, parce qu'il s'appuie sur une vision très sensée des personnages et de leurs relations ; pour ça, on peut remercier le pilote.

J'ai essayé de préserver ce post de tout spoiler néfaste en ne vous parlant vraiment que de la structure des épisodes, et j'espère que j'ai à peu près accompli ma mission.

A présent j'ai quelques théories, et même quelques espoirs pour les épisodes futurs. C'est assez rare pour les thrillers télévisés, comme je l'ai dit, et je me réjouis du mélange des genres qu'Apparences parvient à accomplir ici ; c'est comme du sur-mesure.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est cette capacité à tenir la distance en apportant des "retournements" tout en ne négligeant jamais l'angle dramatique, avec des personnages terriblement réalistes dans une histoire à la fois banale et incroyablement sordide. Si vous avez l'opportunité de vous lancer, n'hésitez vraiment pas, cette série vaut son pesant d'or.

Bonus : si vous regardez la série, vous aimerez le tumblr.

Posté par ladyteruki à 17:05 - Review vers le futur - Permalien [#]

02-09-11

Vallée de la mort qui tue

Dépasser les appréhensions. Surmonter les obstacles. Repousser les limites.
Tenter Death Valley.

DeathValley
Ha ha ha, même pas peur.
Si, un peu.
Faut dire que là c'est quand même le jackpot : une série policière, un mockumentary, des zombies et des vampires. Que des trucs bien à la mode mais qui me font hurler d'horreur, quoi. C'est même étonnant qu'il n'y ait pas d'ado tellement la formule semble concentrer tout ce que je n'aime pas à la télévision.

Et pourtant Death Valley n'est pas si mal. Pour une série policière mockumentaru avec des zombies et des vampires, je veux dire. En fait, déjà, les zombies sont moins flippants qu'attendu parce qu'ils sont plus vifs (ce qu'excpose assez bien la première séquence de course-poursuite), et que quelque part, ça les dé-zombifie. Ils sont juste moches, gluants et amateurs de chair fraîche, mais ils n'ont pas ce côté profondément malsain des zombies de The Walking Dead, paradoxalement ça les rend plus supportables qu'un regard torve et des gestes lents, bien que de toute évidence ils soient moins humanisés que les vampires et les loups-garous (peu représentés, les loulous, dans cet épisode, en fait), ça retire un peu de leur pouvoir de nuisance psychologique sur la pauvre créature impressionnable que visiblement je suis.

Autre élément, le cast. Là comme ça, ça n'a l'air de l'air, évidemment, quand tout le monde parle toujours des superstars de la télévision qu'on attend et qu'on attend comme le Messie (s'pas, Ringer ?), mais quand on a vu Tania Raymonde grandir, forcément ça fait toujours plaisir de la trouver dans un rôle un peu badass comme ça. Et puis, personnellement, Bryan Callen fait partie de ces acteurs que depuis plus d'une décennie, j'aime bien retrouver à l'écran ici ou là. Il n'a rien de spécial, il n'est pas un acteur incroyable, il m'est juste sympathique. Donc voilà. Ca fait toujours plaisir.

Death Valley trouve un juste milieu entre l'action un peu gore (...bon d'accord, pas qu'un peu, mais ça pourrait largement être plus violent ; j'ai vu Battle Royale quelques heures plus tôt, faut dire) et l'humour, ce qui n'était pas un mélange facile. L'équilibre est d'ailleurs par moments hésitant (l'un des personnages est trop grotesque par rapport aux autres) mais globalement ça fonctionne parce que ce n'est pas de l'humour trop lourd, tout en restant potache, et cela n'entache jamais l'action qui elle est toujours bien sympa.

Je suis ressortie du visionnage du pilote avec un peu la même impression que celle que j'avais eue avec NTSF:SD:SUV::, un vrai moment de détente (je n'ai réellement flippé ma race que dans la bande-annonce des épisodes suivants) pas prise de tête. Ah, c'est sûr, yaura toujours des gens pour vous dire que c'est pas très intellectuel, mais en même temps ce n'est pas abrutissant pour se mettre à la portée du plus petit dénominateur commun, juste décontracté, et c'est comme ça que j'aime ce genre de séries. On ne peut pas regarder du Game of Thrones ou du Shinya Shokudou tout le temps non plus, mais au moins on n'a pas l'impression d'être pris pour un abruti.
En fait, je vais même vous dire : c'est typiquement la série qu'il doit être sympa de regarder avec des copains et une bonne pizza (pourvu d'avoir le coeur bien accroché). D'ailleurs j'aurais ptet moins les jetons si j'avais quelqu'un à côté de moi avec qui rire de ces trucs-là (un peu grassement, certes).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Death Valley de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - Review vers le futur - Permalien [#]

31-08-11

On hiatus (almost)

Ici, ça a toujours été un blog sur les séries. La notion de blog m'est importante, par opposition à un site, parce que ce que je fais ici, ce que j'ai toujours fait ici depuis le début, ce n'est pas juste écrire sur les séries, c'est écrire sur la façon dont je regarde les séries, puis comment je les vois, et d'essayer de partager ça.
Mais en tous cas, j'ai évité chaque fois que je l'ai pu de faire quoi que ce soit d'impersonnel parce que, pour l'impersonnel, l'objectif et l'informatif, il y a d'autres endroits pour ça, et j'aime bien celui que je me suis trouvé à SeriesLive pour le faire, j'aime avoir d'un côté le monde de l'info, de l'observation et de la rigueur sur le site, et sur ce blog, de l'autre côté, celui de l'émotion, de la mauvaise foi et de l'insistance lourde lorsque j'ai un coup de coeur et que je ne suis pas décidée à lâcher prise tant que d'autres auront tenté d'explorer des séries qui m'ont touchée.
Sur ce blog, je peux parler de choses personnelles, parce que c'est un blog, justement, et parce que je considère qu'il est difficile de ne pas s'ouvrir quand quelque chose vous touche intimement, d'une intrigue émouvante à un souvenir d'enfance. Et la télévision, si elle offre de la matière pour des analyses froides et des études sociologiques captivantes, c'est aussi ça. C'est pour cette raison que sur ce blog, la rubrique 3615 My (So-Called) Life compte probablement parmi les plus remplies de toutes, pour chaque fois où j'ai parlé de moi au travers des séries, ou peut-être l'inverse certains jours.

Alors que l'été s'achève et qu'à compter du 1er septembre, je vais partager mon temps entre des travaux dans mon nouvel appartement, des cartons dans l'ancien, des démarches pour avoir internet le plus vite possible (je ne veux surtout pas rater les Emmy Awards, comme vous le savez), et plein d'autres choses encore, j'avoue que j'ai un peu de mal à me dire que je vais devoir prendre un "congé" forcé du blog et de son atmosphère si intime.
Ici, j'ai la sensation de pouvoir réellement parler de la façon dont je vis les choses, avec les hauts, les bas, les moments d'inspiration et les autres pendant lesquels je tâtonne dans le noir à la recherche de quelque chose qui fasse bondir mon coeur, les moments où je n'ai qu'une série en tête et ceux pendant lesquels j'ai envie de papillonner de pilote en pilote en quête d'émotions fortes, les fois où je suis furieuse à cause de la qualité déplorable d'une nouveauté ou les instants de grâce quand je découvre une perle qui commence à dater...
Je dois préparer des posts à l'avance pour le vendredi et ça me rend un peu triste ; parce que même si ce sera forcément de "vrais" posts sur ce que je pense d'une série donnée, il manquera cette spontanéité due au suivi de mes humeurs téléphagiques.

Mais en même temps, c'est bien aussi de prendre un peu de recul et de voir comment les choses ont évolué depuis que je l'ai ouvert, ce fameux blog. De voir à quel point j'étais pro-séries américaines (bien qu'occasionnellement parlant d'autres séries), puis comment j'ai hésité à évoquer les séries nippones que pourtant je regardais, comment j'ai évolué vers d'autres pays, comment je suis revenue à certains... comment j'ai découvert, aussi, des contrées télévisuellement inconnues où tout d'un coup j'ai pris un repère ou deux, suffisamment pour me réjouir de certaines nouvelles.
C'est vraiment un blog, aucun doute là-dessus. Ce n'est pas un outil pour écrire des reviews, ce n'est pas une vitrine de mon talent en espérant m'en servir comme référence, ce n'est pas un média pour parler des news, c'est, de toute évidence, un endroit qui respire en même temps que moi, qui suit mes propres expériences en la matière.
C'est une aventure, et c'est bien de se laisser souffler entre deux aventures, après tout.

Je discutais avec un collègue cet après-midi de ce que je fais sur Séries du Monde. Je lui disais que "seulement quelques centaines de personnes lisent les news chaque jour, ce que je fais n'a pas d'impact", rien de commun avec la plupart des séries US de SeriesLive (y compris quand c'est moi qui les rédige, ce qui exclut tout complexe éventuel de persécution). "Mais c'est déjà plusieurs centaines !", s'écriait-il (il trouve que je suis toujours trop négative...), "moi quelle influence j'ai sur les gens, personne ne me lit", bah oui mais d'un autre côté tu n'écris pas, "eh bien justement !". Ca donne à réfléchir. Je ne l'avais pas vu comme ça. J'étais simplement sur le point de me plaindre que sur les quelques centaines de lectures, il y avait si peu de commentaires que j'avais l'impression de parfois parler dans le vide, jusqu'à ce qu'un commentaire arrive soudainement pour dévoiler que quelqu'un a tout lu ou presque, avec attention, et que ça a créé des envies téléphagiques, enfin !
Je l'ignorais mais, à cet instant ou à peu près, dans ma boîte mail, arrivait un message relatif à ce blog, qui aurait dû me donner une excellente image de ce que je fais ici. Et au contraire je me suis dit que c'était tellement étrange, car ce que je fais ici n'a rien d'important. C'est mon espace, mon terrain de jeu, mon laboratoire, mon déversoir, ce que vous voulez, mais certainement pas quelque chose d'important pour quiconque d'autre que moi. De la même façon que mon blog perso me sert à parler de ce qui me préoccupe ou me questionne dans ma vie personnelle, ce blog a ce même usage sitôt qu'il s'agit de séries (et parfois de films). Je ne fais rien d'important, je ne le fais pas pour les stats que je ne consulte même pas (je regarde uniquement les sites de provenance et les mots-clés), je ne le fais pas pour l'argent, sûrement pas pour la gloire sinon je ne tiendrais pas autant à mon anonymat, et tout ça pour quoi ? Pour que 10 personnes regardent The Yard et que 3 tentent Shinya Shokudou. Et si j'essaye de mettre de côté le fait que je suis déçue pour les gens qui ne le tentent pas, parce que moi, je sais à côté de quoi ils passent ; si j'essaye de me concentrer sur l'aspect statistique de la chose, non, ce que je fais ici n'a pas d'importance ni de grande influence.
Et ce que je fais sur SeriesLive est certainement plus lu, par contre il y a moins de retours sur l'impact ou non que ça a pu avoir.

Je devrais peut-être vouloir qu'on ME lise plus, qu'on M'écoute plus, qu'on ME suive plus. Mais je n'arrive pas à le regretter, au-delà du fait que si seulement 10 personnes ont regardé The Yard, je ne peux parler de The Yard qu'avec 10 personnes (si elles pensent à me dire qu'elles ont regardé The Yard). Je n'arrive pas à le voir en tant que "je n'ai pas plus d'influence que sur 10 personnes" pourtant. C'est peut-être un manque d'ambition, je ne sais pas. Ou peut-être que je me dis qu'être l'une des voix qui recommandent des séries à un grand nombre de personnes, ça demande plus de temps : quelques années de plus, probablement une professionnalisation... alors pourquoi se compliquer la vie aujourd'hui avec ça ? Je continue à faire ce que je fais, en essayant de faire mieux, de faire un peu plus quand j'en ai envie, et d'y mettre ce que j'ai, ni plus ni moins, et puis j'essaye de faire en sorte que, la prochaine fois, 11 personnes découvrent mon prochain coup de coeur.

Par contre ce qui m'importe, c'est que les 10 ou 11 personnes viennent raconter ici, ensuite, ce qui leur a plu ou pas dans ce que je leur ai fait découvrir, et ça c'est important parce que, vous savez, moi je sais déjà ce que j'en pense ! L'idée, c'est que d'autres m'apportent leur vision des choses à partir de ce que je propose, et dont on ne vous a pas forcément parlé ailleurs.

Quand j'ai ouvert ce blog, j'étais au chômage, je vivais dans 14m² et ma vie était bien différente de ce qu'elle est en train de devenir pendant ce mois de transition.
Pour être sincère avec vous, ce blog fait partie des rares choses de cette époque qui vont faire le voyage avec moi dans ma nouvelle vie. Parce que j'aime la liberté que j'ai ici, et parce que je veux, dans cinq autres années, pouvoir regarder le chemin parcouru. Je me demande bien où je serai à ce moment-là, quelles découvertes j'aurai faites, les horizons que j'aurai explorés, les choses qu'aujourd'hui je ne connais pas et qui seront mes coups de coeur d'alors. Ce sera une nouvelle aventure, que je vivrai parmi d'autres nouvelles aventures. Pour prendre la mesure des choses qui changent, il en faut certaines qui changent un peu moins ; j'ai l'idée d'un blog qui couvre toutes ces périodes différentes de ma vie, parce que nécessairement, mon regard change à mesure que ma vie change.

Alors voilà.
Je crois que c'est ma façon de vous dire au revoir, temporairement du moins, puisque les deux prochains vendredis, et peut-être le troisième aussi (en espérant n'avoir pas à aller jusqu'à un quatrième), il y aura des posts, mais des posts un peu hors du temps.
Des stand-alones.

Hiatus
...Vivement la fin du hiatus.

Posté par ladyteruki à 23:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-08-11

Etrange obsession

"Ah, ça recommence. Elle va nous parler de son obsession du moment. Encore."
Comment, moi ? Essayer de vous convaincre de la délicatesse de Shinya Shokudou ? Oh non c'est mal me connaître alors.

L'obsession dont j'avais envie de parler ce soir, c'est plutôt celle des Américains pour les projets. C'est vraiment un truc que je retrouve dans très peu d'autres pays.

Pilot season. C'est là que tout commence. Des dizaines, des centaines de pilotes, même, sont proposés aux chaînes (et ce sont les seules fois où j'aimerais vraiment travailler pour une chaîne américaine, parce qu'un pilote, c'est quand même mon exercice de style préféré et que je pense presque sincèrement que je suis née pour regarder des pilotes toute ma vie, juste pour le plaisir d'avoir une chance d'avoir le coup de foudre pour une série sur la base de son seul pilote) qui là-dedans font le tri, et, c'est là que ça devient cruel, mettent définitivement au rebut tout ce qui ne les a pas intéressées. Et dés pilot season, quand les commandes de pilotes commencent à pleuvoir, on a de la news qui tombe sur les projets de séries, à base de concentré de pilote parce que pour l'instant il n'existe pas grand'chose d'autre.
Et plus les années passent, plus j'ai l'impression que les sites d'information sur les séries se captivent pour ça, aux USA et donc, par ricochet, en France. Chaque pitch est analysé, décortiqué, mesuré : ça me rappelle ça, oh j'aime bien le créateur de cette série (même si à ce stade ce n'est pas encore une série), et c'est super que tel acteur soit attaché au projet. Et ça continue pour ainsi dire toute l'année, avant qu'on en arrive au moment où, pour faire relâche, les chaînes nous disent quels pilotes auront la chance de devenir des séries. Et on est repartis pour un tour.

Je vais parler des pays que je connais plutôt bien.
Au Canada, ça se fait un peu. On ne répètera jamais assez combien le mimétisme de l'industrie télévisuelle canadienne est à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse pour exister.
En Australie... pas vraiment. La plupart des projets dont on entend parler sont en fait des séries déjà commandées. Parfois elles sont abandonnées, mais en général, elles vont jusqu'au bout même si ça doit se faire avec une commande d'épisodes vraiment minimale.
Même chose en Espagne où pour le moment je n'ai pas eu vent de projets, les annonces se font en général au moment où le tournage commence, et on connait bien souvent le nombre d'épisodes.
En Corée et au Japon, ça n'arrive quasiment pas.

Pourquoi ? Parce qu'il faut le reconnaître, le système du in-house est encore très présent. Quand c'est la chaîne qui commande, fait écrire, réalise et produit la série, c'est qu'elle est sûre de son projet. On n'en serait pas à annoncer une série si on éprouvait le moindre doute sur sa faisabilité, et d'ailleurs au moment de l'annonce, on sait de quoi parlera la série, qui va y participer (au moins un acteur ou un scénariste), et même la case de diffusion prévue. On ne communiquerait pas à moins.
Quitte à s'en mordre les doigts plus tard quand les audiences sont piteuses (ah le getsuku, cet été, c'est quelque chose...), mais au moins, une fois qu'on commence un truc, on va jusqu'au bout (ce que rappelle d'ailleurs un peu la politique du "zéro annulation"), donner c'est donner, reprendre c'est voler.

Car quelque part, au-delà des raisons liées au fonctionnement de l'industrie, où les productions en externe sont généralement rares, je crois que cette façon de procéder doit aussi à une sorte de respect des spectateurs, qui est sensible à divers degrés de l'industrie de l'entertainment.
Une chaîne asiatique ne va pas commencer à balancer des idées et se rétracter et dire que finalement le projet n'aboutira pas. Elle pourrait, finalement, se dire : tiens, quand on en est à lancer des idées, je vais lancer deux ou trois pitches aux spécialistes de l'information sur le divertissement, ça fera parler et ptet même qu'on testera un peu ce qui s'en dit. Mais elle ne le fait pas parce que, j'ai l'impression que proposer un pitch qui fait envie, et ensuite venir dire aux spectateurs, comme pour les narguer, qu'on fait machine arrière et qu'on a choisi un autre projet, ça ne s'imagine pas vraiment. Comme si une telle démarche sous-entendait de priver les spectateurs.

Alors forcément, les annonces de projet, au Japon, en fait, ça n'existe pas. Il faudrait dire "annonce vraiment très anticipée d'une série qui va, c'est sûr, se retrouver là l'an prochain, mais sur laquelle pour le moment on n'a que le pitch, ptet un acteur ou le scénariste, et la case de diffusion". Par opposition à la série déjà bien avancée pour laquelle on peut organiser une conférence de presse, comme c'est quasi-systématiquement le cas à quelques semaines/jours de la diffusion du pilote.

Ils sont comme ça, les Asiatiques. Ils ne se permettraient pas de nous faire saliver pour rien.
Et parfois, quand je vois les pitches super qui n'aboutiront jamais, et les pitches pourris que les chaînes américaines vont quand même mettre en développement avant d'hésiter à les commander, je me dis que ça nous épargnerait quand même pas mal si les chaînes et les sociétés de production américaines communiquaient un peu moins sur les projets tant qu'on n'a pas dépassé le stade du pilote. Post-upfronts, je comprends. Avant, ça relève parfois du sadisme. Il suffit de voir les déboires de séries comme Poseidon pour en prendre la mesure.

Tiens, pour la peine, une photo du tournage de la nouvelle version de Poseidon (on y reviendra). Parce qu'après avoir failli être annulés et avoir changé de diffuseur trois fois, on a bien le droit de déconner un peu, nan mais.

Poseidon

Posté par ladyteruki à 23:45 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]