ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-05-12

Expérience concluante

Quand je n'ai rien de mieux à faire, je teste des pilotes de séries Disney. Parce que je n'ai pas encore totalement perdu espoir, peut-être. Plus vraisemblablement parce que je ne vois pas pourquoi, simplement parce que la série est destinée à une autre tranche d'âge que la mienne, je devrais snober une fiction.
Bon en vrai c'est parce que j'ai une consommation d'une demi-douzaine de pilotes par semaine en moyenne et qu'à un moment on tombe nécessairement sur des séries Disney. Sue me.

C'est comme ça que je me suis retrouvée devant le premier épisode de Lab Rats, et euh... bah... Zut alors, ils chantent pas, ya un problème dans mon fichier, ou...?

LabRats

Eh non, ya pas d'erreur.
C'est pour ça que, toute proportions gardées, Lab Rats, après des années de Hannah Montana, JONAS, Sonny with a Chance, et j'en passe, avec en prime les variations pour les marchés locaux genre Patito Feo, et sans compter les séries de la concurrence genre Victorious ou Ruby and the Rockits ...ça soulage. A l'instar de Jessie, qui avait vraisemblablement montré la voie (mais pas la voix), aucun des héros de Lab Rats ne pousse la chansonnette, et ça, c'est le BIEN.

Mais mieux encore que Jessie, qui une fois de plus présente une héroïne sortie de l'usine Disney, Lab Rats propose quelque chose d'un peu original, si bien qu'on se demande presque si ça vient de Disney ; on n'était plus habitués.

Ce qui entretien l'effet de désorientation, c'est que le pilote s'ouvre sur une scène... avec deux adultes. Comprenez-moi bien : traditionnellement, dans les pilotes de séries Disney, pour bien vendre l'héroïne, on se dépêchait de la montrer, jolie, pimpante, tout bien quoi, histoire que les petites filles ne se trompent pas et enregistrent bien quel est le nom qu'elles scanderont pendant les années à venir, notamment au rayon jouets/CD/whatever. Ici pas du tout : les Davenport viennent de se marier et roucoulent à l'écran pendant 10 interminables secondes. Ca parait court, comme ça ; mais 10 secondes lorsqu'on regarde un pilote pour la première fois, ça peut paraitre siginificatif.
Quand Leo, le fils de la nouvelle Madame Davenport issu vraisemblablement d'un premier mariage, fait son entrée, il n'a même pas l'air d'être le héros, en dépit de quelques blagues (certaines bonnes) ; il faut dire que la série se dépêche de dresser également le contexte de Lab Rats. En moins d'une minute, le pilote va donc expliquer quelle est la profession de Monsieur Davenport, pourquoi il est riche, et surtout, pourquoi la maison regorge de high tech ; ça aura une importance pour la suite. En effet, le nouveau beau-père de Leo est un inventeur de génie qui se spécialise non pas dans les jouets, comme dans Ricky ou la Belle Vie, mais dans la technologie de pointe. Les effets spéciaux, la domotique poussée (il y a un personnage entièrement virtuel légèrement inutile... dont la voix est celle de Will Forte, oh hi !), tout ça semble un peu être une démonstration superflue et superficielle, mais cela joue malgré tout un rôle vital pour installer très vite l'intrigue. Eh oui on peut dire ce qu'on veut de l'usine à séries Disney, mais les mecs savent y faire un produit efficace, ça c'est clair.

Ce n'est qu'une fois que la série nous introduit les trois autres personnages adolescents que le pilote de Lab Rats commence réellement, au bout de 5mn ; c'est la preuve qu'on a ici affaire à un véritable ensemble show, et pas une série où les autres personnages servent de faire-valoir à une star en préfabriqué. Le génial Davenport compte en effet parmi ses multiples projets scientifiques délirants... des adolescents avec des super-pouvoirs. Il n'a simplement pas l'air d'ailleurs de réaliser que ce sont des adolescents avant d'être des projets scientifiques, et c'est justement ce que le pilote va se charger d'exploiter à partir de là.

Leo se lie donc d'amitié avec Adam, Bree et Chase, les trois rats de laboratoire de Davenport, que ce dernier garde enfermés dans sa cave (c'est moins glauque que ça n'en a l'air dit comme ça, promis), et va finir par les emmener au lycée, qui a l'air d'être toujours le même lycée dans tous les séries Disney depuis au moins Phénomène Raven.
Evidemment cela cause des problèmes... et pas simplement parce que le lycée est mis sens dessus dessous, mais bien parce qu'à ce moment, l'épisode tourne à la farce. Ce n'était pas forcément le passage le plus intéressant de l'épisode, mais force est de constater qu'il ne représente pas la majorité de l'épisode. Peut-être que les suivants, avec un peu de bol, ne considèreront pas qu'il s'agit du milieu dans lequel les personnages sont forcés d'évoluer ; je n'irai pas vérifier, mais en tous cas à ce stade, ça parait possible.
En tous cas, on a ici un univers qui propose bien plus que des chansons ou le thème du don que personne ne doit découvrir, et là encore c'est vraiment un angle plutôt frais.

Et puis, très franchement, il y a des passages que j'ai trouvés drôles.
Les dialogues comportent d'ailleurs des gags auquels je ne m'attendais pas tellement, peut-être par excès de scepticisme, peut-être pas : un léger tâcle aux comédies musicales adolescentes genre High School Musical, une blague à base de masturbation (si-si), et pas mal de sorties assez bien vue de la part de notre inventeur fou, qui peut nous sortir des petites répliques bien sympas telles que : "ça ? Nooon, ce ne sont pas des machines à remonter le temps... elles sont en réparation". Il faut dire que Hal Sparks (dont on a du mal à ne pas trouver décalé qu'il ait joué dans Queer As Folk) est très en forme pendant ce pilote, et donne énormément d'énergie à ce savant fou.
Qui plus est, même s'il n'y a parmi ces 4 ados aucun acteur qui mérite un Emmy (bien que l'interprète de Leo se défende plutôt bien), leur dynamique marche parfaitement, et permet aux scènes de conserver leur rythme et leur légèreté (que seuls les habituels rires enregistrés viennent alourdir). Comme Adam, Bree et Chase sont supposés être frères et soeur, les querelles sont par exemple plutôt bien rendues, sans compter que leur nombre permet des petits effets pour certaines répliques, comme celle-ci, qui n'est pas originale, mais qui fonctionne très bien :

Eh bah n'empêche, j'ai souriCliquer pour agrandir

Alors évidemment, Lab Rats n'est pas la meilleure série de tous les temps, mais elle remplit son office, et elle le remplit bien. Au lieu de farcir la tête des préados avec des histoires de célébrité, de musique et de machin, on a ici une petite comédie un peu SF qui n'a pas moins de mérite, en définitive, qu'une série comme Les Incroyables pouvoirs d'Alex, mettons. Avec un peu de bol, Lab Rats pourrait même être moins répétitive ; il ya du potentiel pour des trucs très sympas, en fait, notamment en développant la mythologie ou, dans l'éventualité où Disney aurait un peu d'ambition, des histoires de missions avec nos trois rats de laboratoire (et pourquoi pas, avec Leo dans le rôle de leur boss ; sérieux, Disney, ya du matos pour des films, là).
Mais même sans ça, et en dépit des travers de son "genre" disneyien, il semblerait que Lab Rats tienne quelque chose.

En tous cas ça m'a fait plaisir de voir une série Disney qui ne me donne pas envie de me jeter par la fenêtre, et que je n'aurais pas envie de déconseiller à des parents de préado. C'est peut-être d'ailleurs ce qui explique que la série ait été renouvelée pour une nouvelle saison un peu plus tôt ce mois-ci. Evidemment, je n'ai vu que le pilote, mais j'ai l'impression que ce n'est pas immérité...

Posté par ladyteruki à 02:34 - Review vers le futur - Permalien [#]

13-04-10

Tu seras une pop star ma fille

Voyons voir, que j'essaie de me souvenir... Que voulais-je devenir quand j'avais 14 ans ? Ce n'est pas si lointain, quand même ! Ça fait... bah... 14 ans. Bon. D'accord, ça commence peut-être quand même un peu à dater. Mais je n'ai pas encore la mémoire qui flanche ; pas trop. Et je n'ai pas souvenir d'avoir rêvé de devenir une pop star. Et, du plus loin que remontent mes souvenirs, ce n'était pas le cas de tous mes camarades. Oh bien-sûr, il y avait une ou deux princesses qui étaient certaines qu'un jour elles deviendraient célèbres ; mais d'ailleurs c'était le métier d'actrices qu'elles convoitaient. Mais pop star ? Non, je n'ai pas connu pareille épidémie de mon temps.
Pourtant aujourd'hui, à en croire les Hannah, les Sonny, les Ruby, et maintenant les Tori, on dirait vraiment que les gamines n'ont que ça en tête : chanter et devenir des stars. Et si à 16 ans, t'as pas encore ton agent et un ou deux contrats, t'as vraiment raté ta vie, apparemment.

Il y a quelques jours, alors que Caprica finissait son quart de dizième de centième de tiers de saison, commençait sur une autre chaîne la série Victorious, jeu de mot à la fois sur le nom de l'actrice principale Victoria Justice et du personnage qu'elle interprète Tori Vega (et sachant que So NoTORIous était déjà plus ou moins pris). Si je parle de Caprica, ce n'est pas juste à cause des hasards du calendrier, mais parce que les deux séries ont également un acteur en commun. Jetez un oeil ci-dessous, vous devriez vite reconnaître de qui il s'agit.

Victorious

Voilà donc notre Tori Vega, affublée comme il se doit d'une impossible frangine convaincue d'être de la graine de superstar, et qui mène une vie normale où il faut rendre son projet de physique en temps et en heure, et toute cette sorte de choses. Mais la frangine en question, qui comme il se doit est une petite poulette bonne à baffer (je n'ai jamais vu UNE série pour ados où la fratrie ne se comporte pas de façon insupportable), s'accapare l'attention de tout le monde parce qu'elle est sûre et certaine de savoir chanter. Mettons immédiatement fin au suspense : c'est faux (dans tous les sens du terme). Mais cela lui donne l'occasion de ramener à la maison Leon, un copain de classe qui comme elle fréquente une californienne école artistique, et qui va s'entendre à merveille avec Hannah Sonny Ruby Tori. Ca aura de l'importance pour la suite.
Tandis qu'ils préparent un numéro musical en vue d'un grand showcase de l'école (auquel évidemment des découvreurs de talent seront présents), numéro qui s'annonce comme une catastrophe évidemment, Hannah Sonny Ruby Tori et Leon fraternisent. Lorsqu'arrive le moment de la représentation et que comme par hasard la frangine décidément pas dégourdie s'est mise hors-jeu bêtement en ingérant des herbes chinoises douteuses, Leon exhorte Hannah Sonny Ruby Tori à la remplacer au pied levé, et naturellement, c'est un triomphe. Le directeur de l'école artistique propose donc à Hannah Sonny Ruby Tori d'intégrer l'école, sous les acclamations du public en délire qui est sous le charme de cette performance qui n'a même jamais été répétée, mais que voulez-vous, Hannah Sonny Ruby Tori a un don.

Voilà donc le point de départ de Victorious, petite teenagerie où, pour une fois, la future pop star l'est à son corps défendant, tout le monde lui découvrant un talent dont elle n'a jamais eu conscience et dont à vrai dire elle n'est pas certaine de vouloir. D'autant qu'en entrant dans l'école artistique de sa sœur, Hannah Sonny Ruby Tori a rendez-vous en terre inconnue et, croyez-moi, aucune tribu exotique ne saurait être aussi différente d'elle que tous ces jeunes convaincus (plus ou moins à raison) d'avoir une vocation artistique.

Victorious est une sorte de Fame sous acide pour pré-ados ; on n'y explore pas grand'chose, les numéros musicaux n'y sont pas légion, et les tenues bariolées (et, pour les filles, exagérément courtes) donnent plutôt l'impression d'avoir atterri dans un épisode de LazyTown. A première vue, le bilan est donc négatif : on a l'impression qu'une fois de plus, cette hystérie d'une demi-heure n'a pour objectif que préparer la pré-ado lambda à vider le porte-monnaie de ses parents, soit au bénéfice d'une nouvelle héroïne qui ne devrait pas tarder à sortir ses propres CD (Hannah Montana filant un mauvais coton), soit carrément en investissant si ce n'était encore fait dans d'onéreux cours de chant et de danse.

Pourtant, je ne serai pas aussi totalement négative vis-à-vis de Victorious que j'ai pu l'être (entre deux cris d'horreur) pour  Hannah Montana, Sonny with a Chance ou Ruby and the Rockits (je vous avoue que, quand je réalise que j'ai vu le pilote de toutes ces séries, je m'aperçois que mes tendances pilotovores ont depuis longtemps eu raison de ma santé mentale).
Tori est un personnage qui a beaucoup plus les pieds sur terre que la plupart de ses concurrentes, son incarnation par Victoria Justice y étant pour beaucoup. Pleine de doutes sur elle-même, d'un humour légèrement cynique, et d'une nature démontrant que toutes les ados n'ont pas nécessairement de l'eau entre les oreilles dans ce genre de série, Tori est un personnage plus facile à appréhender que la plupart des guignols qui peuplent les séries du genre. Je n'irai pas jusqu'à parler de réalisme, faut pas pousser, mais enfin, l'ensemble est à peu près décent.
Qui plus est, je suis bien obligée de reconnaître que le cours d'impro auquel on assiste vers la fin a du bon, voire même du mérite, ce qui tend à laisser penser que les scénaristes ont une fois ou deux mérité leur salaire.

Par contre, j'en reviens à ce que je disais en intro sur le message qui s'exprime dans le pilote de Victorious. Il est explicité vers la fin pour pousser Tori à accepter de rester dans l'école : que tu le veuilles ou non, tu seras une pop star ma fille, et de toutes façons la normalité c'est ennuyeux... comme si l'un était forcément l'alternative de l'autre. Être chanteuse, ou n'être personne.
Il y a aussi cet agaçant gimmick (Tori met son statut à jour sur un quelconque réseau social), et des personnages ahurissants de bêtise (le ventriloque, la future meilleure amie hystérique) qui nous rappellent qu'on est quand même très largement dans une production de seconde zone.

Mais si, par malheur, j'avais à la maison une gamine dans les 14 ans, je préfèrerais à tout prendre qu'elle idolâtre bêtement Tori que Hannah, Sonny ou Ruby.
Désolée, c'est le meilleur compliment que j'aie trouvé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Victorious de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-08-09

Pilot Bashing - you're doing it well actually

La Twittereview n'est pas morte ! La voici de retour après une brève absence (la dernière fois on s'était arrêtés à Dark Blue...), et nous serons trois amazones de l'impossible ("trois nanas qui n'ont rien prévu samedi après-midi" ça le faisait moins) à nous attaquer à Ruby & the Rockits, dont je pressens, ayant vu le générique, que ça va pas être triste en matière de pilot bashing.
A savoir freescully, Scarlatiine, et votre serviteur dont les comptes Twitter sont accessibles ci-dessous :

lady_2009_bigger           Logo_bigger           Scarlatiine   

Si vous voulez vous joindre à nous, pas de problème ! Plus on est de fous, etc... Le compte à rebours commencera à 14h30 tapantes. Presque. Enfin par là, quoi.
La Twittereview, l'essayer c'est l'adopter !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme nous pour le moment) : la fiche Ruby & the Rockits de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:46 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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