ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-05-12

Expérience concluante

Quand je n'ai rien de mieux à faire, je teste des pilotes de séries Disney. Parce que je n'ai pas encore totalement perdu espoir, peut-être. Plus vraisemblablement parce que je ne vois pas pourquoi, simplement parce que la série est destinée à une autre tranche d'âge que la mienne, je devrais snober une fiction.
Bon en vrai c'est parce que j'ai une consommation d'une demi-douzaine de pilotes par semaine en moyenne et qu'à un moment on tombe nécessairement sur des séries Disney. Sue me.

C'est comme ça que je me suis retrouvée devant le premier épisode de Lab Rats, et euh... bah... Zut alors, ils chantent pas, ya un problème dans mon fichier, ou...?

LabRats

Eh non, ya pas d'erreur.
C'est pour ça que, toute proportions gardées, Lab Rats, après des années de Hannah Montana, JONAS, Sonny with a Chance, et j'en passe, avec en prime les variations pour les marchés locaux genre Patito Feo, et sans compter les séries de la concurrence genre Victorious ou Ruby and the Rockits ...ça soulage. A l'instar de Jessie, qui avait vraisemblablement montré la voie (mais pas la voix), aucun des héros de Lab Rats ne pousse la chansonnette, et ça, c'est le BIEN.

Mais mieux encore que Jessie, qui une fois de plus présente une héroïne sortie de l'usine Disney, Lab Rats propose quelque chose d'un peu original, si bien qu'on se demande presque si ça vient de Disney ; on n'était plus habitués.

Ce qui entretien l'effet de désorientation, c'est que le pilote s'ouvre sur une scène... avec deux adultes. Comprenez-moi bien : traditionnellement, dans les pilotes de séries Disney, pour bien vendre l'héroïne, on se dépêchait de la montrer, jolie, pimpante, tout bien quoi, histoire que les petites filles ne se trompent pas et enregistrent bien quel est le nom qu'elles scanderont pendant les années à venir, notamment au rayon jouets/CD/whatever. Ici pas du tout : les Davenport viennent de se marier et roucoulent à l'écran pendant 10 interminables secondes. Ca parait court, comme ça ; mais 10 secondes lorsqu'on regarde un pilote pour la première fois, ça peut paraitre siginificatif.
Quand Leo, le fils de la nouvelle Madame Davenport issu vraisemblablement d'un premier mariage, fait son entrée, il n'a même pas l'air d'être le héros, en dépit de quelques blagues (certaines bonnes) ; il faut dire que la série se dépêche de dresser également le contexte de Lab Rats. En moins d'une minute, le pilote va donc expliquer quelle est la profession de Monsieur Davenport, pourquoi il est riche, et surtout, pourquoi la maison regorge de high tech ; ça aura une importance pour la suite. En effet, le nouveau beau-père de Leo est un inventeur de génie qui se spécialise non pas dans les jouets, comme dans Ricky ou la Belle Vie, mais dans la technologie de pointe. Les effets spéciaux, la domotique poussée (il y a un personnage entièrement virtuel légèrement inutile... dont la voix est celle de Will Forte, oh hi !), tout ça semble un peu être une démonstration superflue et superficielle, mais cela joue malgré tout un rôle vital pour installer très vite l'intrigue. Eh oui on peut dire ce qu'on veut de l'usine à séries Disney, mais les mecs savent y faire un produit efficace, ça c'est clair.

Ce n'est qu'une fois que la série nous introduit les trois autres personnages adolescents que le pilote de Lab Rats commence réellement, au bout de 5mn ; c'est la preuve qu'on a ici affaire à un véritable ensemble show, et pas une série où les autres personnages servent de faire-valoir à une star en préfabriqué. Le génial Davenport compte en effet parmi ses multiples projets scientifiques délirants... des adolescents avec des super-pouvoirs. Il n'a simplement pas l'air d'ailleurs de réaliser que ce sont des adolescents avant d'être des projets scientifiques, et c'est justement ce que le pilote va se charger d'exploiter à partir de là.

Leo se lie donc d'amitié avec Adam, Bree et Chase, les trois rats de laboratoire de Davenport, que ce dernier garde enfermés dans sa cave (c'est moins glauque que ça n'en a l'air dit comme ça, promis), et va finir par les emmener au lycée, qui a l'air d'être toujours le même lycée dans tous les séries Disney depuis au moins Phénomène Raven.
Evidemment cela cause des problèmes... et pas simplement parce que le lycée est mis sens dessus dessous, mais bien parce qu'à ce moment, l'épisode tourne à la farce. Ce n'était pas forcément le passage le plus intéressant de l'épisode, mais force est de constater qu'il ne représente pas la majorité de l'épisode. Peut-être que les suivants, avec un peu de bol, ne considèreront pas qu'il s'agit du milieu dans lequel les personnages sont forcés d'évoluer ; je n'irai pas vérifier, mais en tous cas à ce stade, ça parait possible.
En tous cas, on a ici un univers qui propose bien plus que des chansons ou le thème du don que personne ne doit découvrir, et là encore c'est vraiment un angle plutôt frais.

Et puis, très franchement, il y a des passages que j'ai trouvés drôles.
Les dialogues comportent d'ailleurs des gags auquels je ne m'attendais pas tellement, peut-être par excès de scepticisme, peut-être pas : un léger tâcle aux comédies musicales adolescentes genre High School Musical, une blague à base de masturbation (si-si), et pas mal de sorties assez bien vue de la part de notre inventeur fou, qui peut nous sortir des petites répliques bien sympas telles que : "ça ? Nooon, ce ne sont pas des machines à remonter le temps... elles sont en réparation". Il faut dire que Hal Sparks (dont on a du mal à ne pas trouver décalé qu'il ait joué dans Queer As Folk) est très en forme pendant ce pilote, et donne énormément d'énergie à ce savant fou.
Qui plus est, même s'il n'y a parmi ces 4 ados aucun acteur qui mérite un Emmy (bien que l'interprète de Leo se défende plutôt bien), leur dynamique marche parfaitement, et permet aux scènes de conserver leur rythme et leur légèreté (que seuls les habituels rires enregistrés viennent alourdir). Comme Adam, Bree et Chase sont supposés être frères et soeur, les querelles sont par exemple plutôt bien rendues, sans compter que leur nombre permet des petits effets pour certaines répliques, comme celle-ci, qui n'est pas originale, mais qui fonctionne très bien :

Eh bah n'empêche, j'ai souriCliquer pour agrandir

Alors évidemment, Lab Rats n'est pas la meilleure série de tous les temps, mais elle remplit son office, et elle le remplit bien. Au lieu de farcir la tête des préados avec des histoires de célébrité, de musique et de machin, on a ici une petite comédie un peu SF qui n'a pas moins de mérite, en définitive, qu'une série comme Les Incroyables pouvoirs d'Alex, mettons. Avec un peu de bol, Lab Rats pourrait même être moins répétitive ; il ya du potentiel pour des trucs très sympas, en fait, notamment en développant la mythologie ou, dans l'éventualité où Disney aurait un peu d'ambition, des histoires de missions avec nos trois rats de laboratoire (et pourquoi pas, avec Leo dans le rôle de leur boss ; sérieux, Disney, ya du matos pour des films, là).
Mais même sans ça, et en dépit des travers de son "genre" disneyien, il semblerait que Lab Rats tienne quelque chose.

En tous cas ça m'a fait plaisir de voir une série Disney qui ne me donne pas envie de me jeter par la fenêtre, et que je n'aurais pas envie de déconseiller à des parents de préado. C'est peut-être d'ailleurs ce qui explique que la série ait été renouvelée pour une nouvelle saison un peu plus tôt ce mois-ci. Evidemment, je n'ai vu que le pilote, mais j'ai l'impression que ce n'est pas immérité...

Posté par ladyteruki à 02:34 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-09-10

Télé éducative

Aujourd'hui, un post de pure science-fiction. Non, ce n'est pas la suite de mes interrogations lasses sur les pitches de SF (qui d'ailleurs ont largement été atténuées par la découverte de District 9 sur les recommandations éclairées de Livia), mais un post qui en lui-même, relève de l'imaginaire.

Il y a eu une naissance, récemment, dans mon entourage. Fait peu courant parce que, globalement, on est en froid avec la plupart des membres de notre famille, mais surtout parce que, même en cherchant bien parmi ceux à qui on ne cause plus, on doit être 5, à tout casser, à être dans la tranche d'âge où on pourrait faire des enfants. Dont ma sœur, moyennement motivée, et ma cousine, pas tellement plus convaincue mais bon, elle vient de se marier, on en reparlera dans quelques temps ; du côté des garçons j'ai pas de nouvelles mais apparemment ce n'est pas à l'ordre du jour. Quant à moi, j'ai clairement fait savoir qu'il valait mieux porter ses espoirs sur autre chose, qu'au mieux je veux bien produire quelques textes chaque semaine, mais que c'est tout ce qu'on fera sortir de moi (et à l'approche des trente ans, mes parents commencent à réaliser que je ne déconne pas et que les chances que je change d'avis s'amenuisent). Donc, la natalité, dans ma famille, c'est pas ça qu'est ça. Obligée de me tourner vers les proches en-dehors du cercle familial.

Cette naissance a donc déclenché quelques interrogations de ma part, dont le tout naturel : "et tu vas lui faire regarder quoi, à ton gosse ?". Ce qui, nous en conviendront tous, est une question des plus évidentes lorsque l'enfant paraît. Devant l'absence de réponse de mon interlocutrice (dévoilant par là que son projet éducatif n'est pas encore bien clair), je me suis donc mise à imaginer ce que moi, je ferais voir à mon gamin, si par le plus grand des malheurs il m'en venait un.
Malheur qui, si je puis me permettre, serait probablement réciproque chez ledit bambin : "maman c'est quand qu'on mange ?"/"chut, laisse-moi finir ma saison".

Baby

En tant que téléphage, la télévision fait partie intégrante de l'arsenal que je déploierais pour éduquer un gamin. C'est tellement évident que je ne devrais même pas avoir besoin de le préciser.

Je ne dis pas qu'il serait question pour moi de me servir de la télé comme d'une nourrice, au contraire. Je ne vois pas l'intérêt de mettre un chérubin qui ne sait pas encore parler devant une télé qui blablate à longueur de temps, pour commencer. On ne regarde pas la télévision parce que ça bouge et ça fait du bruit, on la regarde parce qu'elle raconte quelque chose, de réel ou de fictif (souvent un peu des deux), et pour cela il faut que la parole soit déjà présente, ça semble logique. Certes, je ne suis pas très au fait de ce que disent les spécialistes sur la capacité de compréhension d'un bébé avant et après qu'il possède le don (ou la malédiction, ça dépend du point de vue) de parole, ça se trouve un bébé est tout-à-fait capable de piger ce qui se dit dans un programme pour jeunes enfants, je n'en sais rien, je m'en fiche. Là, tout de suite, un expert débarquerait pour me dire qu'un enfant de 6 mois peut suivre sans problème un épisode d'A la Maison Blanche, c'est le même tarif. Si le gamin ne peut pas parler, je ne vois pas pourquoi il regarderait la télé.
Évidemment, je ne le parquerais pas dans son berceau pendant que je regarde moi-même la télé, il serait éventuellement envisageable que quand je la regarde, il soit dans les parages, donc il pourrait l'entr'apercevoir, mais je ne lui ferais pas spécialement regarder.
Ce serait plutôt une façon réaliste de lui faire comprendre que dans les décennies à venir, s'il me cherche, il sait où me trouver : cherche l'écran, tu trouveras maman.

Ainsi donc, être capable de communiquer avec le gamin semble, de façon instinctive, logique. S'il ne peut pas discuter de ce qu'il voit, ça n'a pas le moindre intérêt. Ensuite, effectivement, viendraient les années les plus horripilantes, quand le gamin peut parler mais n'a rien à dire et finit par faire du bruit. Je vous avoue que ces 3, 4, ou peut-être 5 années-là sont une des grandes raisons qui m'incitent à ne pas faire d'enfant (ça, et les 15 suivantes ; en gros, je suis tout-à-fait prête à avoir un enfant s'il m'est livré majeur, par exemple). Il y a probablement des choses à faire regarder à un enfant qui est en maternelle, mais pour ma part je n'en vois aucune actuellement.

En fait, je commence à avoir une idée précise des séries que je ferais regarder à un enfant vers l'âge de 6 ou 8 ans, mettons.
Instinctivement, j'ai envie de dire que beaucoup des séries que j'ai vues dans ma propre jeunesse lui seraient recommandées. Punky Brewster, par exemple, très bien. Ricky ou la Belle Vie, très bien aussi. Des séries mignonnes, tous publics (enfin, je me suis pas fait d'intégrale mais d'après mes souvenirs et les pilotes revus récemment, je pense quand même que je ne m'avance pas trop), mais pas abrutissantes. Je ne vais pas me donner la peine de donner naissance à un gamin si c'est uniquement pour qu'il aille grossir les flots de décérébrés qu'on trouve déjà en quantités un peu partout. Non, si je dois avoir un mioche, autant ne pas le trépaner. Car ces séries ont quand même le mérite de n'être pas totalement des séries de Bisounours : une orpheline qui vit dans la rue, un petit garçon qui n'a pas de maman... bon, on ne va pas se le cacher, ce que je vais donner à manger téléphagiquement à mon gamin imaginaire, c'est pas quelque chose d'idéalisé.
Hélas, je n'arrive pas à penser à un exemple de série récente qui s'inscrive dans cette démarche. Des idées ?

Mais surtout, c'est ensuite que les choses se jouent. Jusque là c'est facile : le mioche vit en circuit quasi-fermé, il n'a pas de raison de sortir du cadre scolaire ou familial sans encadrement, il est culturellement contrôlable. Mais vient l'âge honni de la pré-adolescence, et là, tout bascule. Les forces qui sont en jeu sont énormes. Il faut lutter contre la société toute entière.
Le défi ? Éloigner mon rejeton des tentations des séries Disney.

En garde, héritières hélas inévitables de Hannah Montana, remakes honteux de Phénomène Raven, surenchères de niaiseries chantées à la Sonny with a Chance ! Ce n'est pas parce que tout le monde les regarde qu'il faut que le fruit de mes entrailles en fasse autant. Et si tout le monde se jette du haut d'un pont, est-ce qu-... Hm. Passons. Non, c'est un combat à la vie à la mort pour le salut de l'âme de la Bête pré-adolescente qui vit dans la chambre dans laquelle je ne peux plus entrer. Oh, c'est sûr, je vais me faire haïr pour ça, mais de toute façon je vais me faire haïr, alors autant que ce soit pour la bonne cause.
Et avec les années, le défi va augmenter. Alors qu'inexorablement, je vais devoir laisser l'Animal sortir de la maison de plus en plus souvent, pour des motifs qui me sembleront ridicules tels qu'aller faire du lèche-vitrines, se retrouver pour jouer au foot, ou même, jusqu'où ira la débauche, des pyjama parties (et encore, Dieu nous préserve des goûters d'anniversaires, mais enfin tu l'as pas déjà fêté l'année dernière ?!), je vais perdre le peu de contrôle que j'avais sur la consommation téléphagique de la Bête, c'est sûr.

C'est pour ça qu'il faut prendre les devants avant même les 10 ans. C'est ce que préconisent tous les spécialistes de la téléphagie. Statistiquement, c'est à ce moment-là ou jamais. Il me faudra alors regarder le plus possible de bonnes séries avec mon gamin, des séries récentes, évidemment, on ne veut pas l'effrayer ce petit, mais des classiques, aussi : 10 ans, La Belle et la Bête. 11 ans, Une Nounou d'Enfer. 12 ans, V. 13 ans, Oishii Gohan.14 ans, Pushing Daisies. 15 ans, Angela, 15 ans. 16 ans, A la Maison Blanche, Boston Public, Mousou Shimai, Roseanne, Better Off Ted... Je n'aurai jamais assez de temps !
Et ne pas juste lui faire regarder, non, regarder avec lui, et discuter, discuter, discuter, et expliquer, expliquer, expliquer...

Ça m'épuise juste d'en parler.
C'était déjà tellement difficile de m'éduquer moi-même téléphagiquement ! Regardez : bientôt 30 ans, et j'en suis à peine à aborder l'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Sud... Non, il y a trop de boulot. La tâche est énorme.
Rien que pour ça, papa, maman, désolée, mais je ne ferai jamais d'enfant.

Posté par ladyteruki à 22:08 - Contagion - Permalien [#]

25-05-10

Who was the boss ?

Pendant que tout le monde est occupé à s'époumoner à propos du renouvellement de Glee pour une troisième saison (annonce qui pourrait faire l'objet d'un post Point Upleasant à elle seule...), je voulais rendre hommage à quelqu'un que nous avons tous connu, surtout les téléphages de ma génération, et qui pourtant est un grand inconnu parce qu'il ne travaillait pas devant les caméras.

MartinCohan

Il s'agit de Martin Cohan, plus connu comme étant la moitié de Hunter-Cohan, un tandem à qui on doit, excusez du peu, Ricky ou la Belle Vie ou Madame est Servie. Et si personne ne semble avoir pensé nécessaire de le mentionner, je trouve quand même dommage que personne n'ait un petit mot pour quelqu'un qui a participé à la télévision des années 80 de cette façon, une télévision dont pourtant beaucoup sont nostalgiques.

HunterCohan

C'était une autre époque, semble-t-il. Une époque où il existait des sitcoms familiaux. Des séries drôles que tout le monde pouvait regarder.
On en fait encore, des sitcoms de ce genre ? Je n'ai pas l'impression. La plupart des sitcoms s'adressent aujourd'hui uniquement à des jeunes adultes ou des parents. Qui prendrait ses gamins de 10 ans sous le bras pour regarder How I met your mother ? Qui déciderait de dîner avec toute la petite famille le soir devant un épisode de 30 Rock ? Je ne regarde pas Two and a Half Men mais je ne parierais pas ma chemise dessus non plus. Quant aux séries à destination de la "jeunesse", genre la tripotée de petites idoles éphémères made in Disney ou Nickelodeon, comme Hannah Montana ou plus récemment Victorious, elles sont au contraire intolérables de niaiserie pour les parents.

Martin Cohan était de ceux qui croient à une télévision intergénérationnelle, sans forcément se résoudre à s'adresser au plus petit dénominateur commun (car ces séries abordaient aussi des thèmes plus matures, et Madame est Servie ne se privait pas de second degré un peu plus coquin). L'esprit bon enfant typique des années 80, mais sans brader la qualité.

Et c'était un nom qui a accompagné des années et des années de téléphagie pour beaucoup d'entre nous, alors, bon, la moindre des choses, c'était de dire au revoir.

Posté par ladyteruki à 12:49 - Point Unpleasant - Permalien [#]

23-01-10

Let the memory live again

L'an dernier, pour mon anniversaire, je vous avais offert le pilote de Ricky ou la Belle Vie, série qui était née la même année que moi. Cette année, dans le même ordre d'idée, j'avais espéré parler de Cagney & Lacey. Mais voilà : impossible de mettre la main sur le pilote. Pas une cagoule qui traine, rien. Le désert.

Bah je vais pas me laisser arrêter pour si peu. Je vais le faire de mémoire.
Sauf qu'en dépit de l'immense tendresse que j'éprouve pour cette série, je ne me souviens plus de grand'chose. Aussi, quoi de mieux, alors que je m'apprête à prendre un an de plus, que de vous proposer un post sur la mémoire du téléphage ?

CagneyLacey

Pour regarder plus de films ces dernières semaines, je n'ai que plus encore la conviction que la mémoire joue un rôle essentiel dans la téléphagie.
Quand un film est relativement intelligent (partons sur ce postulat de base, voulez-vous ?), il construit son intrigue sur la base de petits éléments qui prennent du sens au fur et à mesurte, de sorte que, lorsqu'arrive la conclusion du film, la façon dont se finit l'histoire ait du sens. C'est vrai aussi bien d'une histoire d'amuuuur ("en fait il l'a toujours aimée !") que d'un thriller ("ah mais c'est pour ça qu'il arrivait aussi vite sur les lieux du crime !"). Mais en faisant cela, le film ne joue que sur la mémoire immédiate. Dans deux heures, vous n'aurez plus besoin de vous rappeler si le tueur au masque était apparu alors que le meilleur copain était sorti de la pièce.
Et même dans le cas d'un film à suites, la plupart du temps, la réutilisations de gimmicks, ou le rappel de quelques éléments de l'intrigue par des allusions voire un flashback, suffisent amplement à rafraîchir la mémoire pour obtenir le minimum syndical. D'ailleurs, pour ce que j'en ai observé, la plupart des films comptant plusieurs volets tiennent en fait plus de la franchise que de la suite, et peuvent être vus de façon indépendante sans que cela ne bloque la compréhension. Box office oblige, j'ai envie de dire.

Avec la série, c'est évidemment différent, donc. Le principe étant qu'on va revenir entre 10 et 25 fois par an, disons, sur les écrans. La mémoire du spectateur a alors un rôle essentiel à jouer. L'exemple le plus évident étant celui du personnage mineur qu'on a totalement oublié et qui réapparait subitement pour révéler un point capital de l'intrigue. D'où le soin infini porté à la construction d'un axe ou d'un personnage dans toute série un peu sérieuse sur ses intentions.
En fait, j'ai même envie de dire que, dans le fond, écrire une série télévisée, c'est apprendre à appuyer sur les interrupteurs de la mémoire du téléphage.

Tout le jeu consiste à savoir distiller des éléments et à les réutiliser ensuite. Même pas forcément sur plusieurs épisodes, d'ailleurs. Les comédies, qui se dispensent plutôt bien d'arcs couvrant plusieurs semaines, exploitent ce procédé à l'intérieur d'un même épisode, par exemple ; cela leur permet de trouver de bonnes chutes pour un gag, ou de jouer sur le comique de répétition. Or, le comique de répétition, comment fonctionne-t-il ? Il fait de l'effet au spectateur parce que celui-ci a mémorisé le fait que telle réplique, ou tel geste, a déjà eu lieu. Un geste souvent anodin la première fois qu'il est exécuté (à plus forte raison si la série n'est pas tournée en public ni ponctuée de rires enregistrés), mais qui a été écrit et montré de telle façon qu'un marqueur invisible l'a pointé du doigt pour qu'à l'occurrence suivante, le spectateur s'en souvienne et réagisse.

C'est tout un art de jouer avec la mémoire des gens à la télévision. Parce qu'on n'est jamais sûr de ce que le spectateur a vu : il peut être en train de manger, de discuter, d'envoyer un texto, de lire ses mails, de passer un coup de balai...
La subtilité d'écriture d'une série repose en définitive sur deux choses dans un tel contexte : la capacité à inciter le spectateur à ne pas faire autre chose, et la façon de poser les marqueurs sans avoir l'air d'insister lourdement. Avec ces deux qualités, un scénariste peut emmener un spectateur n'importe où.

Pour autant, le téléspectateur ne peut pas tout mémoriser. Il a beau avoir relevé plus ou moins consciemment tous les marqueurs sur le moment, il passe aussi tout le reste de la semaine à penser à autre chose. Et même, à regarder d'autres séries, avec leurs propres marqueurs. Même le téléphage le plus absorbé ne peut se souvenir de tout. Et celui qui le prétend est soit un menteur, soit un asocial qui passe son temps à apprendre ses épisodes comme on apprenait des poèmes de Prévert à l'école primaire.
Il y a donc, nécessairement, une part d'oubli dans le visionnage d'une série.

D'ailleurs, faites l'expérience. Prenez l'une de vos séries préférées, et faites-vous l'intégrale d'une saison. Quelle que soit la série choisie, vous allez à un moment ou à un autre, au milieu des exclamations de ravissement ("ah, attends, j'adore cette scène... là, après ça"), finir par vous exclamer : "tiens, je ne me rappelais plus de ça". Une scène, une réplique, un gag... J'ai beau avoir vu Une Nounou d'Enfer une bonne douzaine de fois en intégralité (et je remercie M6 sans qui tout cela n'aurait jamais été possible), pourtant, il y a invariablement une réplique qui me surprend alors même que je récitais l'épisode par cœur.
Ainsi, même si la mémoire est un ingrédient fondamental de la téléphagie, l'oubli en fait partie aussi. Et c'est une excellente nouvelle pour l'industrie du DVD.

Nous ne sommes qu'humains, après tout. Et nous ne pouvons pas nous souvenir de tout ce que nous voyons.

On en a d'ailleurs régulièrement l'illusion ! Si vous êtes un peu comme moi, la moitié du temps, vous êtes infichus de dire ce que vous avez mangé mardi soir dernier, mais vous pouvez réciter l'intégralité des dialogues d'une scène issue d'une série donnée !
(votre entourage, souvent ignorant en matière de téléphagie, prétend alors, à tort, que vous avez la mémoire des choses inutiles. Mais peut-on qualifier un dialogue d'A la Maison Blanche d'inutile ?! Décemment non)

C'est la raison pour laquelle j'ai tellement de mal à faire ce post, qui pourtant me tenait à cœur, sur Cagney & Lacey. De mémoire, en tous cas. Les bribes de ce que j'en ai retenu, autour d'une vingtaine d'années après en avoir vu des épisodes, sont insuffisantes. Je n'étais pas la téléphage que je suis aujourd'hui, pour commencer, mais j'étais aussi moins sensible aux marqueurs parce que je ne donnais pas forcément la même attention à ce que je regardais. Qui plus est, je n'ai pas eu la chance de me rafraîchir la mémoire et, au cours de ces années de téléphagie intensive où j'aurais été complètement à même d'enregistrer un maximum de données, de voir ne serait-ce qu'un seul épisode de la série.
Pourtant, ces mêmes bribes semblent encore suffisantes pour avoir, chevillée au cœur, cette tendresse envers la série.
C'était certainement le marqueur le plus efficace, en fin de compte.

Posté par ladyteruki à 23:17 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

25-01-09

[DL] Ricky ou la Belle Vie

Here we are, face to face... Je ne sais pas pourquoi, au juste, mais j'ai toujours trouvé cette chanson adorable et émouvante. Même quand je n'en comprenais pas les paroles, d'ailleurs. Il y a un côté très tendre dans ce générique, qui fait qu'il est un peu différent de la majorité des sitcoms. Bon, non, il a un petit quelque chose avec celui de Punky Brewster, en fait. Mais on a déjà établi que celui de Punky était spécial aussi.

RickyoulaBelleVie
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Il est bon de noter que le pilote fournit un autre générique, forcément plus frugal, et où Rick Schroder arbore une coiffure qui... eh bien, oui, les années 80 étaient ce qu'elles étaient, n'y revenons plus.

RickyoulaBelleVie_pilot
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Un grand bain de nostalgie, tout ça, non ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ricky ou la Belle Vie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:12 - Médicament générique - Permalien [#]

Choo Choo Train

En 1982, deux évènements mémorables se sont produits : ma naissance, et celle de la série Ricky ou la Belle Vie. Détail amusant, le premier de ces deux incroyables prodiges s'est déroulé un 25 janvier, et le second pile 9 mois plus tard, le 25 septembre, comme par un étrange mécanisme cosmique. Difficile de dire aujourd'hui lequel des deux phénomènes s'est avéré le plus capital pour la planète, mais le fait est que sans cette fantastique coïncidence, vous ne liriez pas ce post aujourd'hui.

Ricky ou la Belle Vie, tout le monde connaît, mais on va quand même récapituler pour ceux qui, là-bas dans le fond, somnolaient dans les années 80.
Rick(y) Stratton est une sorte de petit Lord Fauntleroy (ah ah) qui découvre qu'il a un père et décide d'aller le voir, espérant qu'il pourra apprendre à le connaître... et que dans la foulée il pourra quitter l'école militaire où sa mère l'a gentillement inscrit pour ne pas le garder dans les pattes après son remariage. Il s'avère en plus que papa est riche, qu'il est super sympa, et qu'il a un immense manoir, ce qui ne gâche rien on est d'accord. Le seul petit bémol, c'est que papa Stratton est d'une immaturité désolante...

Le décor est planté et, à la vue du pilote, il vaut mieux se rendre à l'évidence : il n'y aura pas grand'chose d'autre à dire sur le cadre de cette série relativement simpliste. En fait, à partir de là, tout va se passer dans les charmants dialogues et via le regard bleu de Rick Schroder (j'ose même pas vous dire ce que j'en pensais ya 20 ans de ça).
A l'occasion de cette incroyable journée du 25 janvier qui commence sous vos yeux ébahis, j'ai revu le pilote et je dois dire que globalement, il était plutôt conforme à mon souvenir. La différence majeure était que je l'ai revu en VO, et que ne pas entendre la voix française de Ricky m'a un peu rendue chafouine... j'l'aimais bien cette petite voix.

Ah, si, il y a une autre différence, et celle-là m'a un peu surprise : les sous-entendus sexuels. Alors là, les parents du PTC (troll inside) peuvent dormir sur leurs deux oreilles, parce que quand j'étais petite, je n'avais vraiment pas percuté qu'il y en avait autant ! Et pourtant on ne peut pas dire que c'était si subtil... la scène de phone sex par exemple ! Et TF1 a diffusé ça ? No way.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : on ne découvre pas, 27 ans plus tard, que Ricky ou la Belle Vie était une série subversive et complètement dépravée ! Simplement, je m'en souvenais comme d'une série très inoffensive, complètement tous publics... et je n'avais pas tort, en fait : il y en a pour tous les publics.

Voir Rick Schroder avec, lui aussi, 27 ans de moins (ces acteurs qui vieillissent, c'est honteux, ça devrait être interdit... mais on en reparlera) permet aussi de faire le plein de nostalgie. Pour un gamin de douze ans, il n'est vraiment pas mauvais. Il y a même certains instants où il est même plutôt bluffant, notamment dans sa façon de jouer avec son regard, et de soutenir celui des adultes. Son jeu est même bien plus varié que celui de Joel Higgins, qui joue papa Stratton et qui cabottine vaguement sans trop se fouler (Wikipedia nous apprend que, de tous les acteurs de la série, c'était le plus expérimenté... eh beh, on est revenus de loin !).

Bien que visuellement la série ait un peu vieilli... comme moi, quoi ; oh allez-y, je m'en fiche, je fais partie des rares gonzesses à trouver ça cool de vieillir... eh bien, résultat : on passe un très bon moment, ça ne prête pas à conséquence mais c'est mignon, ça fonctionne encore (je me suis surprise à rire aux éclats une fois ou deux), et ça a un petit goût de revenez-y.
Ouais, comme moi, en effet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ricky ou la Belle Vie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:01 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


  1