ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-03-13

Bouche à oreille

Amis téléphages, l'heure est venue pour moi de solliciter à nouveau vos lumières.
Eh oui, grand retour aujourd'hui des posts La une est à VOUS, dans lesquels, pour changer un peu (pas toujours les mêmes !), c'est votre responsabilité que de me convaincre de regarder une série. Ou pas, d'ailleurs. Enfin, tout est expliqué .

En ce moment, je traverse une période de léger flottement téléphagique. En-dehors de quelques absolus favoris (The Americans, Monday Mornings, et les visionnages de Smash avec le #SmashEnsemble), je ne regarde plus aucune série américaine dramatique de façon régulière (et plus qu'une japonaise : dinner, bien que l'enthousiasme se soit tassé). J'ai laissé tomber, même si ce n'est que temporairement, des séries comme The Good Wife, Unité 9 ou encore Nashville. Je n'ai tout simplement pas le jus. Evidemment, il y a toujours les pilotes que je regarde, mais en matière de suivi hebdomadaire, nan, j'ai goût à rien. Et ça fait depuis janvier comme ça ! En fait, comme j'ai abandonné mes visionnages en décembre lors du marathon Scrubs, c'est même pire que ça... Après avoir laissé passer plusieurs semaines de la sorte, me disant que ça allait revenir, que je n'avais qu'à passer à autre chose en attendant (l'occasion de rattraper des séries comme Raw, retenter le visionnage de Monroe, picorer des épisodes de Brain et bien-sûr regarder des films), mais je commence un peu à m'alarmer.
J'ai un peu tout tenté. C'est que, vous comprenez, des comédies que je suis en hebdomadaire, j'en ai plein, niveau dramédie je suis évidemment comblée par House of Lies (et ce, de multiples façons et dans toutes les positions), mais mon planning hebdomadaire manque cruellement de séries dramatiques. Ca me manque, en somme. Mais je n'ai pas le goût, pourtant, à reprendre ces séries abandonnées ; je pense que je suis rebutée par un effet "loin des yeux, loin du coeur", moins je les regarde, moins j'ai envie de les regarder, mais il en faudrait peu pour que la flamme qui m'animait il y a encore peu se ravive, sauf que le premier pas coûte.

En toute franchise, entre les plutôt bonnes raisons ("The Good Wife me plait plus en marathons ou mini-marathons", expérience avérée pendant les saisons précédentes ou je finissais toujours par préférer ce mode) et les excuses carrément piteuses ("ouais mais en ce moment j'ai envie d'engloutir des épisodes par 10 pour toutes mes séries dramatiques", mensonge éhonté comme le prouve le suivi régulier des séries sus-mentionnées), je ne peux plus laisser faire.

C'est là que je me suis dit : plutôt que de revenir à tout crin aux séries que je suivais cet automne, on va procéder par étapes et simplement trouver une série toujours en cours de diffusion, qui me soit nouvelle mais que je puisse, après rattrapage en mini-marathon, je serais d'humeur d'en faire autant pour d'autres. Une fois que j'aurai fait ça pour une série qui aura le goût de la nouveauté, ce sera plus facile de le faire pour d'autres abandonnées voilà trois mois !
Telle est ma logique ; on est d'accord que c'est boiteux mais c'est tout ce que je vois comme option, à part m'enfermer dans mon living, m'attacher à mon fauteuil et me forcer à regarder un épisode d'Unité 9 en me menaçant d'un flingue. Ce qui serait d'une part un peu ironique, et d'autre part vraiment dommage.

J'ai donc cherché quelle série pourrait bien correspondre à mon objectif, et l'une de celles qui revient régulièrement est Scandal.
Une partie de ma timeline Twitter semble en dire du bien, mais j'avoue que je ne saisis pas comment elle en arrive à cette conclusion après l'expérience désastreuse qu'a été le pilote pour moi. Et pourtant. S'il y a bien une chose qui ressort des réactions extatiques sur Scandal, c'est que la série a muté depuis le début de son existence, et qu'elle est arrivée à quelque chose qui a l'air plus abouti que sa formule ne le laissait initialement imaginer. Amis téléphages, l'heure est venue pour vous de me le confirmer (ou pas).

Dois-je (re)regarder Scandal ?

BoucheaOreille

Les pour :
- J'avais vaguement senti que Scandal se voulait un peu politique, et j'ai bien envie de ça en ce moment
- D'après les échos que j'en ai, Olivia Pope devient un personnage franchement intéressant, et la perspective d'assister à une telle évolution m'intéresse parce qu'assez peu de personnages, en ce moment, sont des héros en aussi évidente mutation

Les contre :
- Bah, déjà, je vois 10 raisons. Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.
- Parce qu'on ne peut pas dire que je sois une fan de Shonda Rhimes (mais ça s'est ptet vu via le lien précédent)
- Parce qu'en ce moment, c'est la mode du "tout-soapesque" et que je n'ai pas envie de me lancer dans un truc qui me rappelle la qualité piteuse d'un Revenge ou Deception, avec une touche de thriller pour faire genre, mais quand même beaucoup de vide

Vu que plusieurs d'entre vous êtes pourtant convaincus que Scandal est en train de tourner au petit bijou, je ne doute pas que vous allez démonter mes arguments comme rien. Comme toujours dans cette rubrique, l'idée n'est pas forcément de me faire regarder absolument une série, mais d'être aussi bien capables de donner, vous aussi, des arguments pour et des arguments contre, de citer des qualités qui m'ont échappées comme des défauts qui hélas existent bien, histoire que je me fasse une idée.
Je compte sur vos bons conseils, amis téléphages, vous qui me connaissez bien : peut-être que Scandal n'est vraiment pas faite pour moi, c'est possible... mais y a-t-il une chance pour que je sois passée à côté d'une série qui me ravirait ?
Et dans ce cas... c'est à VOUS de m'en convaincre.

Posté par ladyteruki à 12:26 - La une est à VOUS - Permalien [#]

13-02-13

Meta critique

Ce n'est pas tous les jours que vous me voyez sur ce blog m'intéresser sincèrement à une série de la CW. Je crois que le mot exact est : "jamais". Cependant il semblait très difficile de ne pas avoir des attentes envers Cult, l'une des rares séries du network à avoir de l'ambition... et je crois que le mot exact est : "seule".
Mais comme on dit, plus dure sera la chute, et l'heure de vérité est maintenant venue : y a-t-il enfin une série de la CW qui puisse m'intéresser ? C'est la question à laquelle je m'apprête à répondre dans le post de ce soir, et dans le cadre du défi des review de pilotes avec whisperintherain. Le suspense est insoutenable... mais alors, bon, je vous préviens : il faut suivre.

Cult-Poster

...Si je n'avais pas lu que Cult avait été créée à l'origine pour la WB, je dirais qu'il n'existe pas de série ayant un meilleur timing ! Mais attendez ! Commençons par le commencement, et récapitulons de quoi il s'agit : ce sera salvateur pour suivre.

Cult est une série dans laquelle un journaliste se retrouve plongé, suite à la disparition étrange de son frère, dans l'univers complexe d'une série télévisée appelée Cult, et qui est donc une fiction dans la fiction. Pour comprendre ce qui est arrivé à son frère, il va devoir prêter attention à la série Cult, dans laquelle l'héroïne est, elle-même, à la recherche de sa soeur qui a disparu dans d'étranges circonstances ; l'héroïne de Cult est, qui plus est, une ancienne adepte d'une mystérieuse secte dirigée par un (bien-sûr) charismatique gourou, auquel elle a réussi à échapper mais qu'elle est obligée de croiser alors qu'elle cherche sa soeur. Elle soupçonne en effet que le gourou ne soit pas pour rien dans tout cela... et il semblerait que notre journaliste soit sur le point de découvrir que la secte de Cult, la série imaginaire, existe réellement dans Cult, la vraie série !
Meta ! ...Bon, retenez bien ce qui est gras et ce qui est en italique, parce qu'à partir de là, je ne précise plus rien.

Si j'ai réussi à résumer le pilote (et rien n'est moins sûr !), vous commencez à saisir toute l'ambition de Cult. L'idée est de raconter l'histoire d'une enquête, parce que c'est quand même ça (faut pas déconner), qui prend sa source dans une autre enquête, fictive celle-là.

On n'est pas très loin du sujet d'Utopia, au passage, sauf qu'Utopia joue quand même beaucoup moins sur l'intertextualité avec le comic book (cela dit j'ai pris un peu de retard en voulant finir la saison 1 de Raw, et comme vous le savez la série a été ma priorité ces derniers temps) ; et, par ailleurs, on est quand même méchamment en train de marcher sur les plates-bandes de The Following (sauf qu'ici la thématique à la fois de l'armée invisible recrutée sur internet et de la secte meurtrière est infiniment mieux exploitée que dans le pilote de The Following, ce qui, si vous vous en souvenez, était l'une de mes grosses objections !). Qui plus est, pour l'observatrice extérieure que je suis, j'ai l'impression que Cult arrive à point nommé alors que le public s'intéresse toujours à la télé réalité, mais est en manque de gros concept innovant en ce moment ; il y a donc, dans la cible des spectateurs qui ont envie qu'on fasse mine de brouiller la frontière entre le réel et la fiction, un vivier de spectateur n'attendant que d'être convaincus par une nouvelle narration. Je ne prétends sûrement pas être experte en reality tv, mais c'est l'image que renvoie le genre en ce moment, une petite crise donc Cult pourrait s'emparer à son avantage.

Et c'est en ça que Cult est très futée, parce que clairement elle a senti des ingrédients qui sont dans l'air du temps, tout en ayant son propre projet, sa propre ambition, son propre sujet. Cult n'est d'ailleurs pas une série qui a fait des sectes son thème central. Même si je persiste à dire qu'un jour, il nous faudra une série sur Waco ou Jonestown ; si le sujet vous intéresse un peu, d'ailleurs, je vous suggère de regarder la série néo-zélandaise The Cult, voire, si vous avez le coeur très bien accroché, d'écouter la fameuse Jonestown death tape. Au contraire, là où c'est futé, c'est que le sujet assez risqué, et globalement plutôt difficile à traiter, des sectes, reste essentiellement cantonné à Cult, et que dans Cult, la question de la secte prend pour le moment plutôt l'apparence d'une conspiration d'où les éléments spirituels sont soigneusement écartés... c'est plutôt bien vu d'avoir bien marqué la séparation de sujet entre les deux, d'ailleurs je vais y revenir plus bas.

Mon Dieu, ça fait un paragraphe que je jette des fleurs à Cult, il se passe quelque chose de très très grave là... Laissez-moi donc préciser que Cult est loin d'être un pilote parfait, ouf ! On a eu peur.

D'abord, il faut quand même admettre que le coup de la série dans la série (avec une petite mise en abyme supplémentaire pour tout mot de la fin), c'est quand même une opportunité en or pour se faire une méchante publicité mensongère. Dans Cult, la série Cult est diffusée sur la CW (on l'entend nettement dans la promo diffusée à la station-service), ce qui veut dire que la véritable CW voudrait bien qu'on pense qu'elle est capable de diffuser une série aussi sombre ("gritty", en fait) que peut l'être Cult ; or il n'en est rien, bien-sûr, et la conversation téléphonique de fin de pilote le prouvera : Cult, la vraie série, se refuse à être aussi angoissante que Cult, la série dans la série. Mais grâce à son habile mise en abyme, elle parvient à faire illusion, et à entretenir un climat plus terrifiant qu'il ne l'est vraiment.
Et puis, quand même, aussi bien dans Cult que dans Cult (à moins que ce ne soit l'inverse, on sait plus), on a des personnages aussi épais que du papier à cigarettes, particulièrement peu intéressants. Un peu comme Bastien et Atreyu, les deux "mondes" dépeints dans la série se répondent en miroir, calquent leur pas l'un sur l'autre, et les personnages n'existent bien souvent qu'à travers ce prisme : ils n'ont aucune existence propre (on aura une magnifique séquence de background plaqué sur la fin du pilote, d'ailleurs, alors que l'un des personnages raconte sa sob story dans la voiture), et les acteurs sont d'une transparence à faire peur. Qui plus est, la réalisation manque grandement de finesse lorsqu'il s'agit de montrer que la machination est à l'oeuvre, comme avec les plans soutenus sur un personnage totalement muet qui passe dans plusieurs scènes avec un regard louche et appuyé pour bien montrer que oh-là-là, on est surveillés.
Pour finir, il est légèrement inquiétant que tout ce petit monde se prenne au sérieux ; il aurait été bienvenu que soit un personnage de Cult, soit quelqu'un dans la "réalité" de Cult, serve parfois de comic relief ; apparemment au moins un personnage doit être introduit dans le futur proche de Cult (en la personne d'une geekette, si j'ai bien compris), et j'espère que ce personnage saura apporter un peu d'humour ou de sarcasme, permettant de temps en temps à la série de respirer, et de prendre du recul sur elle-même, parce que pour le moment, cet ingrédient manque beaucoup à l'épisode. Ce qui est quand même dommage dans un univers où les fandoms sur internet sont supposées être au coeur des évènements (les gens qui écrivent ces séries ont-ils déjà posé le pied sur Twitter, par exemple ?).
Mais ces défauts en sont-ils tous vraiment ? On peut se le demander. Il est clair qu'avec la duplicité de son objectif, Cult n'a pas en plus la marge de manoeuvre lui permettant d'emblée de créer des personnages complexes, et sa bascule permanente entre deux niveaux de "réalité" ne l'autorise que très peu à rajouter des degrés de lecture dans la personnalité de ses protagonistes. A un moment, on a quand même besoin que le public soit capable de suivre, hein !

Alors au-delà de ça, on peut se demander quel accueil sera réservé à Cult, à mesure que la série trouvera de l'exposition médiatique (rappelons, comme le fait le poster ci-dessus, que le pilote n'a pas encore été diffusé par la chaîne, mais juste mis à diffusion sur Hulu pour le moment). Aussi littéralement que possible, Cult pose la question du rapport entre la fiction et la réalité, et le moment où, en tant que spectateur, il devient dangereux de gommer la frontière, voire de ne plus la saisir. Et, ce faisant, plonge directement le spectateur dans un trouble qui est quand même largement recherché.
Evidemment, assister à un suicide en direct dans Cult, ça n'a pas le même impact que d'y assister dans Cult, par exemple. Mais ces nuances ont-elles vraiment de l'importance, sur le long terme, alors que la série joue précisément sur le concept de basculement entre la réalité et la fiction ?
C'est la raison pour laquelle il est à la fois fascinant et inquiétant de voir Cult lancer des piques à ses spectateurs pour remettre en question leur rapport à la réalité de la série : c'est d'un côté très bien joué, et futé, et bien des choses encore... mais d'un autre côté, le jeu de miroirs n'a-t'il pas de quoi déstabiliser un peu ? Parce que Cult a très bien compris les codes de l'appropriation d'une série à forte mythologie par ses fans (un grand nombre de ces enseignements a été tiré de Lost, dont le fantôme est palpable), la production sait aussi très bien quels codes seront repris par le public, tel que le très ingénieux logo de Cult par exemple (qui sert de tatouage de reconnaissance à certains personnages de Cult). Le problème c'est que ces codes vont être repris par les fans de Cult, et provoquer une mise en abyme supplémentaire...

Le gros coup de malchance de la CW serait que l'expérience narrative tourne mal, et qu'on se retrouve avec un cas de fan de la série qui pète les plombs (il suffit d'un spectateur moins équilibré que les autres, pas plus). On est d'accord que je m'inquiète peut-être pour rien, d'autant que comme je le disais, Cult aborde la question des sectes, que pour le moment Cult évite pour le moment avec soin, de sorte que les débordements entre la réalité et l'imaginaire ne s'aventurent pas dans le domaine de la spiritualité et de l'endoctrinement. Mais aucune chaîne "pour adultes" ne s'est risquée à un tel brouillage entre le réel et l'imaginaire, alors, sur des ados, je ne sais sincèrement pas l'effet que ça aura sur le long terme.
...Enfin, s'ils regardent Cult sur le long terme ! Parce que sur la CW, rien n'a préparé le public à une série ayant ce type d'exigences. Ce sera un bon test pour les autres projets que prépare le network, genre Oxygen, ou surtout The Selection et The Hundred. Si Cult remplit sa part du contrat, ce sera très incitatif et on pourra s'attendre à une poursuite intéressante de la mutation du network... sinon j'en reviendrai à mes bonnes vieilles critiques lapidaires. Et c'est vrai qu'elles vont nous manquer, si je commence à dire du bien de certaines séries de la CW !

En attendant d'avoir la réponse à ces interrogations et quelques autres, je regarderai Cult aussi longtemps que possible... tout en soignant l'inévitable mal de tête que provoque la rédaction d'un post sur le sujet. Parce que, je ne vous le cache pas, je suis contente d'avoir fini !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-02-13

Lévrier absent

Pour autant que j'aimerais vous parler de séries sur la bouffe indéfiniment (et Dieu sait que l'envie ne manque pas), à un moment je commence à manquer de matériel, rapport au fait que j'ai fini de rattraper les épisodes de dinner déjà sous-titrés, et que les saisons de Raw sont terriblement courtes. Retour, donc, à un menu gastronomique plus frugal, mais téléphagiquement tout aussi engageant je l'espère, avec cette fois une série néo-zélandaise, puisque TV3 a fait démarrer quelques nouveautés en ce mois de février, et notamment, depuis vendredi soir, Sunny Skies.

SunnySkies

Ami téléphage, tu connais sûrement cette sensation : une série te plaît, tu la dévores avec délice, et quand vient la fin de sa saison et/ou de sa diffusion, tu es en deuil. Tu voudrais continuer à avoir des épisodes inédits à regarder, mais voilà : la source s'est tarie, c'est fini. Alors tu passes à la seconde phase de ton engouement pour la série, ce moment où tu cherches désespérément quelque chose de similaire, qui puisse servir de dérivatif. Le problème c'est que, et ça tout téléphage le sait, une série similaire, ce n'est quand même pas la même chose. Alors, une fois que tu l'as réalisé, tu peux tourner la page, regarder quelque chose de différent, et aller de l'avant.
L'an dernier, j'avais pu vous parler d'une comédie absolument charmante, Hounds, et j'avais pu vous dire combien son sens de l'équilibre était rafraîchissant, car, en dépit du fait qu'elle ait choisi, osons les mots, un sujet plouc, elle avait réussi à maintenir une certaine élégance dans son humour, et plus généralement dans ses situations. Après quoi je m'étais commandé le DVD, fait une intégrale pour la route, puis j'avais bien été obligée de passer à autre chose.

Mais chez TV3, par-delà les mers, on m'avait entendue. Et à défaut de renouveler Hounds (insérer ici quelques onomatopées peu amènes soulignant à quel point il serait quand même chic de renouveler Hounds), la chaîne a commandé un Hounds bis.

Voici donc Sunny Skies, une série dont le pilote fonctionne à peu de choses près sur exactement la même structure.
C'est-à-dire que dans le pilote de Sunny Skies aussi, un homme meurt, et son enterrement péquenaud est l'occasion pour sa famille de découvrir l'existence d'autres membres de la famille. Dans le cas qui nous occupe, le défunt, propriétaire d'un camping (on va y revenir), laisse derrière lui deux fils adultes qu'il ne connaissait pas, et qui ne se connaissaient pas. L'un est un père célibataire qui tente d'être bon copain avec son adolescente de fille mais qui n'a pas vraiment de plan dans la vie, l'autre est un snob aigri qui ne pense qu'à l'argent. Ca vous rappelle quelque chose ? Eh oui, là encore, on retrouve pas mal d'éléments présents dans le pilote de Hounds, avec deux personnages masculins centraux et diamétralement opposés, et une adolescente pour arbitrer. Là où Sunny Skies innove fondamentalement, c'est avec le personnage ombrageux de l'employée du camping, Nicki, dont l'équivalent est inexistant dans Hounds. Voyez, on n'est pas non plus dans la copie conforme...
Evidemment, le vieil homme a laissé à ses deux fils la responsabilité du camping, et évidemment, l'un ne peut vendre sans l'accord de l'autre. Evidemment.

Alors, ça fait plusieurs fois que j'ai prononcé le mot "camping", je vous vois commencer à vous affoler, et je veux vous rassurer : finalement, l'épisode parle beaucoup plus du camping qu'il ne le montre. Tout le pilote va consister à déterminer si oui ou non les frères vont tomber d'accord pour s'en débarrasser, ce qui ne semble pas une idée si exotique partant du principe qu'aucun d'entre eux n'y a posé les pieds avant cela et qu'on ne peut pas dire que l'endroit soit très glamour. C'est Nicki, qui tient à conserver son job et qui est aussi très attachée à l'endroit, qui va faire tout son possible pour défendre l'idée que le camping conserve ses deux propriétaires ; mais sans son insistance, soyons clairs, il n'y aurait pas de série !
On va également côtoyer quelques personnages vivant au camping, comme l'employé chargé de la réparation, Gunna, qui éprouve d'immense difficultés à porter un pantalon (ce sera le running gag le moins fin mais le plus récurrent de l'épisode) et qui ne fume vraisemblablement pas que du tabac, ou deux vieux habitués grisonnant qui s'avèrent être un couple gay (l'un de ces deux personnages est incarné par Mick Innes, déjà vu dans l'un des rôles principaux de... Hounds. I kid you not). On ne peut pas dire que l'originalité soit de la partie, et les personnages sont là où on les attend. Mais en choisissant immédiatement de personnifier le camping à travers ces personnages, Sunny Skies part du principe que cela va se jouer plutôt sur l'affectif que sur des gags impersonnels sur le public des campings ; on est dans une attitude finalement assez tendre où tout le monde est gentillement doux-dingue... là encore, ça rappellera comment Hounds traitait son sujet très populaire.

Vous le voyez, beaucoup de points communs entre Hounds et Sunny Skies, donc. Mais qu'avons-nous appris, ami téléphage, depuis des années que nous pratiquons ? Que : "une série similaire, ce n'est quand même pas la même chose".

Et Sunny Skies va le prouver en manquant dramatiquement de finesse, aussi bien dans sa façon d'amener son sujet (comment ces deux types ignorent-ils qu'ils ont un frère ?!) que dans sa façon de le traiter. On est loin du numéro périlleux d'équilibrisme de Hounds au niveau des gags comme de l'émotion ! Ce pilote très précipité ne va à aucun moment prendre le temps de rendre un seul de ses personnages sympathiques, ou même simplement cohérent avec lui-même ; les dialogues agissent comme des gadgets pour faire avancer une intrigue cousue de fil blanc : à la fin de la demi-heure, il faut impérativement que les deux frères aient accepté de gérer le camping ensemble, et peu importe ce qu'il faut faire pour en arriver là. C'est sinistrement téléphoné, et en dépit d'une ou deux ponctuelles bonnes idées, ou en tous cas pas trop mauvaises idées, Sunny Skies va désespérément manquer de personnalité et de substance.

Dans ces conditions, j'ai un message personnel à l'attention de TV3 : RENOUVELEZ HOUNDS. Bordel, c'est pourtant pas compliqué, il suffit de préférer l'original.
Et d'ailleurs, puisque je vous tiens, vous avez déjà tenté Hounds ? C'est une petite série néo-zélandaise, je sais pas trop si je vous en ai parlé...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-02-13

You had me at "ristorante"

Il y a peu de souvenirs de mon enfance que j'aimerais pouvoir revivre ou recréer ; mais quelques uns de mes moments préférés ont été passés dans la cuisine de mes parents. J'ai passé de nombreuses heures, assise sur une des chaises en bois, évitant d'être dans le passage, à simplement regarder ma mère préparer le déjeuner, le dîner, ou à faire de la pâtisserie. Existe-t'il quelque chose de plus agréable que d'être dans la chaleur de la cuisine, avec toutes les bonnes odeurs de nourriture, et à regarder quelqu'un s'affairer ? Sentir le feu des casseroles, entendre le clapotis d'une sauce portée à ébullition, déceler l'ingrédient qu'on n'a pas encore goûté mais qui embaume toute la pièce, voir les vitres se couvrir d'une buée qu'on devine gorgée de sel et d'épices... autant de sensations, avec quelques autres, qui sont pour moi restées incomparables.
Ce n'est pas que ma mère était une cuisinière exceptionnelle ; en fait, même avec toute mon ignorance enfantine et mon palais peu éduqué, je n'aurais jamais prétendu une telle chose, même à l'époque. Nos dîners familiaux n'étaient pas de la grande cuisine, et aucun de nous n'était un gourmet, ni n'en avait seulement l'ambition. Plus tard, bien plus tard, j'allais découvrir dans la famille de l'un de mes petits amis un vrai gastronome, du genre à faire ses courses à quatre endroits différents chaque weekend juste pour avoir de vrais, de bons produits ; chez nous, c'était chipolatas Carrefour mais ça m'était égal. Ce n'était pas ça l'important. C'était simplement qu'il est terriblement agréable de regarder quelqu'un cuisiner. A la limite, peu importe le résultat, pourvu que les casseroles fassent du bruit et que la cuisine soit plusieurs degrés plus chaude que le reste de la maison !

C'est un sentiment qui ne m'a jamais quittée. Encore aujourd'hui, j'ai cette fascination pour les gestes à la fois mécaniques et absorbés que requièrent la cuisine et la pâtisserie. Evidemment, la perspective d'ensuite goûter les plats ainsi préparés ne gâche pas le plaisir, ne nous mentons pas ; mais celui-ci tient quand même essentiellement dans le ballet de mouvements, de sons et d'odeurs qui rendent une cuisine vivante. Et parfois, dans le secret de ma propre cuisine, je voudrais m'asseoir et regarder quelqu'un d'autre salir des casseroles ; c'est le seul moment de mon enfance auquel je pense avec une nostalgie émue.

Je n'ai jamais vraiment quitté ma chaise en bois, quand j'y pense. J'aime toujours trouver le point de vue imprenable qui me permet de regarder quelqu'un cuisiner pendant des heures.

dinner

C'est en passant quelques heures devant Raw (car hélas j'ai bientôt fini la courte saison 1, et je ne suis pas sûre de trouver la saison 2 très vite) que je me suis souvenue que, cette saison, le Japon avait également une série sur la cuisine à me proposer. dinner, c'est son nom, a commencé depuis un mois, et il était plus que temps que je m'attèle à son pilote.

Et comme j'ai bien fait, oh oui ! dinner est définitivement dans la moyenne supérieure des séries sur la cuisine, et Dieu sait qu'il y en a quelques unes en Asie. L'histoire est pourtant relativement classique ; laissez-moi vous la raconter.
dinner se déroule dans le prestigieux ristorante Roccabianca, tenue par le chef Hideo Tatsumi avec l'aide de sa fille Saori. Tatsumi est un nom particulièrement respecté dans le milieu ; il se murmure que l'homme serait le seul Japonais à avoir pu travailler au Teresa, un restaurant italien qu'on dit être d'une telle exigence que seuls les plus grands chefs peuvent y travailler. Bon, il se murmure aussi qu'en réalité, un second Japonais y aurait fait ses classes, mais ça n'a jamais été prouvé. Et c'est ce qui permet à Tatsumi de jouir d'une si parfaite réputation, au point que l'un de ses plus gros clients n'est autre que la femme de l'ambassadeur d'Italie, excusez du peu. Au Roccabianca, la salle ne désemplit pas, on ne prend des réservations que pour dans trois mois, les compliments pleuvent, et parmi l'équipe, on aime bien penser que cela vient du fait qu'on cuisine avec le coeur.
Seulement c'est aussi le coeur qui va poser problème, quand, victime d'un infarctus, Tatsumi va s'effondrer un beau soir, alors qu'il venait d'accepter une invitation dans la plus prestigieuse émission de cuisine du pays (une consécration) ; en à peine un mois, le Roccabianca va connaître la débâcle. La salle se vide, les réservations ne se bousculent pas, voire même, s'annulent, et les assiettes reviennent de moins en moins souvent vides. Que se passe-t-il ? Le restaurant va-t'il devoir fermer ses portes ? C'est ce que craint Saori, qui, faisant les comptes, commence à réaliser qu'elle ne pourra bientôt plus payer tout le monde si les choses continuent ainsi. Elle a beau pouvoir compter sur le soutien de toute l'équipe, à commencer par le sous-chef Imai, dans les faits, le restaurant commence vraiment à être en danger...
Fort heureusement, elle sait que son père n'est pas le seul Japonais à avoir fait ses classes au prestigieux Teresa, et qu'un autre chef de talent pourrait reprendre le Roccabianca pour lui redonner le lustre perdu en quelques semaines. Cet autre chef, c'est Motomu Ezaki, mais sa philosophie est très différente de celle de l'équipe du Roccabianca. Pour lui, la seule chose qui importe, c'est la technique et les ingrédients, et mettre du coeur dans la cuisine, ça n'a jamais eu aucun goût... il faut donc s'attendre à quelques frictions au sein de la cuisine quand il accepte le poste de chef du Roccabianca !

Vous le voyez, rien que de très classique dans ce pitch, qui en évoquera quelques autres similaires. Alors qu'est-ce qui fait que dinner fonctionne, au point de me soutirer de nombreuses salves d'applaudissements ?
Eh bien d'abord, il faut saluer la façon dont le pilote prend vraiment le temps de l'exposition ; c'est d'autant plus rare que beaucoup de séries nippones, sachant leurs jours comptés, ont tendance à préférer une certaine efficacité, voire même, dans les pires des cas, l'accumulation de clichés, afin de poser très vite les bases de l'histoire pour avancer vers le coeur de l'intrigue sans attendre. Ce n'est pas le cas de dinner, qui va vraiment prendre tout le temps nécessaire pour que la cuisson de l'exposition se fasse à point. On prend vraiment la température du Roccabianca, on apprend à en apprécier à la fois l'activité et l'âme, à se familiariser avec les membres de son équipe, à en sentir l'énergie unique. Ce n'est pas simplement un restaurant de grande qualité où oeuvrent des professionnels ; c'est aussi une équipe soudée, unie, où pourtant chaque personnalité s'exprime. Rarement autant que dans dinner on aura pu sentir l'atmosphère d'une cuisine professionnelle (chose que même Pasta, qui pourtant ambitionnait parfois de le faire, n'aura pas réussi à dépeindre de façon réaliste). On prend vraiment le pouls de ce restaurant, et l'immersion dans cet univers n'a rien de précipité ni de surfait, ce qui permet au spectateur, lui aussi, de se prendre d'affection pour le Roccabianca et ses protagonistes.
En définitive, l'intervention du chef Ezaki ne se produira qu'à la toute fin de l'épisode, posant assez clairement les enjeux qui le concernent, mais démontrant aussi que le propos de dinner n'est pas juste dans son opposition au reste de l'équipe du restaurant. Avant toute autre chose, dinner communique l'activité fébrile du restaurant et la passion pour la cuisine. Le reste n'est que littérature.

Pour nous plonger dans l'ambiance du Roccabianca, dinner fait aussi un effort assez rare en ce qui concerne son esthétisme.
Il faut, d'abord et surtout, saluer le décor. Contrairement à la plupart des restaurants de télévision, il donne une incroyable impression de réalisme grâce à son utilisation des volumes, de la perspective et des niveaux. Le travail effectué lors de la conception des décors relève d'un sens du détail qui aide énormément l'immersion. J'ai pris le soin de vous faire quelques captures de l'endroit sous divers angles et éclairages, je crois que vous pouvez voir à quel point le Roccabianca est un lieu qui a une vraie personnalité ; même ses cuisines, étroites et toutes en longueurs, témoignent de l'ambiance qui a été imprimée à l'endroit. Le restaurant devient un personnage à part entière de la série grâce à tous ces éléments.

Il faut également souligner à quel point dinner fait un effort sur un plan musical. Exit, les musiques interchangeables dans lesquelles beaucoup de dorama nippons ont vite tendance à se réfugier. En jouant à 200% la carte italienne, et avec de nombreux titres orchestraux, la série s'offre non seulement un cadre musical parfaitement cohérent avec l'identité de son restaurant, mais surtout, elle se permet quelques moments intenses, soulignés par une musique qui sublime certaines scènes, à l'instar de l'effort collectif lors d'une grosse commande, en fin de pilote, qui ne peut qu'attirer des jurons émerveillés, et dont la montée en puissance est parfaitement servie par le soundtrack. J'ai rarement vu une série nippone se donner autant de mal pour son atmosphère, mais dinner remporte complètement son pari sur ce plan-là également.

Au final, je serais presque tentée de dire qu'il y a un coup de coeur à se prendre avec dinner. Presque ? Non, en fait, à bien y réfléchir, tous les ingrédients sont là ! Sans révolutionner le genre, ce que ce pilote fait, il le fait fichtrement bien, avec un sens aiguisé du détail, des personnages plutôt solides, et une ambiance qui instinctivement donne envie de se passionner pour le sort du Roccabianca. L'introduction de la série se fait avec énormément d'attention et de bon sens, il y a de nombreuses scènes particulièrement réussies, et l'écriture est fine en dépit du sujet peu original ; il suffit d'entendre l'excellente métaphore de l'un des clients fidèles tentant d'expliquer pourquoi le restaurant se vautre en l'absence de son chef, pour sentir que dinner est doté de suffisamment de sens de la mesure et de subtilité pour se rendre agréable au spectateur.

Du coup, ne vous étonnez pas du bruit : je suis simplement en train de tirer une chaise en bois pour m'asseoir devant mon écran.

Posté par ladyteruki à 22:01 - Dorama Chick - Permalien [#]

07-02-13

Some like it raw

Il y a maintenant 2 ans, j'ai été investie sur Twitter d'une noble mission : trouver le pilote de la série irlandaise Raw. Très vite, cette mission est devenue une affaire personnelle, car non seulement trop peu de séries irlandaises nous parviennent, mais en plus, une série sur le monde de la cuisine et la restauration, pardon, mais je me sens directement concernée, là.
Bref, il aura fallu 23 mois pour que je vienne à bout de mon objectif, rté ne commercialisant plus les DVD de Raw (sinon ç'aurait été trop facile, vous comprenez) et le pilote étant largement introuvable sur la toile. Mais ça y est, c'est fait, et je vais donc pouvoir vous parler de cette série irlandaise.
Et si vous trouvez que c'est quand même un putain de hasard qu'on parle de séries irlandaises deux jours de suite, bah vous avez tout simplement compris par quel cheminement, en cherchant les épisodes de Prosperity, j'ai enfin mis le grappin sur Raw.

Raw

Raw, c'est le nom d'un restaurant de Dublin qui a ouvert ses portes il y a tout juste un an, et qui appartient à un couple marié : Tanya, qui est la manager, et Mal, le chef. Le problème, c'est que le restaurant est supposé célébrer un an d'existence alors que Mal a totalement disparu de la circulation la veille, et que même Tanya ignore où il est passé. C'est donc au sous-chef, l'explosif Geoff, qu'incombe la tâche de faire tourner la boutique ce soir-là, chose qui ne sera pas facilitée par le fait que le barman Bobby a des soucis d'ordre personnel qui vont s'inviter entre les murs du restaurant, ou que la cuistot Jojo a proposé à son frère (un avocat qui a décidé de planter son job ET de quitter sa femme le même jour) d'officier comme commis de cuisine afin de donner un coup de main. Bref, c'est le bazar.

Dans une ambiance qui rappellera légèrement celle de Kitchen Confidential (ah, Kitchen Confidential... peu importe si je suis la dernière personne au monde à penser à cette série !), celle d'un restaurant plutôt haut de gamme où intrigues personnelles et problèmes typiques de l'univers de la restauration se mêlent, Raw va donc nous offrir la possibilité de suivre quelques heures de la vie de ces protagonistes, et notamment de Jojo qui est résolument notre héroïne, et qui s'avère très vite être un personnage très attachant.

Jojo, incarnée par Charlene McKenna (qui prête actuellement ses traits à Rose dans Ripper Street), est en effet un petit bout de femme plein d'énergie, de répondant et de tempérament, qui vit en colocation avec Bobby et qui, si on en croit l'introduction de ce pilote, se soucie plus de passer du bon temps et de faire la fête, que de faire bonne impression. Très vite, ce personnage qui est "one of the boys" dans un milieu éminemment masculin se pose comme très décontracté, mais on va aussi découvrir qu'elle n'est pas non plus un simple "garçon manqué" blagueur, et qu'il y a des choses qui revêtent de l'importance à ses yeux, comme la cuisine elle-même, par exemple ; même si Jojo est quelqu'un d'assez peu prise de tête, elle n'est pas totalement irresponsable, et il y a des choses qu'elle prend très au sérieux, à commencer par la vie du restaurant lui-même (j'ai cependant adoré l'échange avec son frère : "You are not allowed to fuck up ! That is MY area and I'm VERY good at it").
Ainsi, sans être excessivement sentimental, le personnage de Jojo a tout de même une certaine profondeur, mais aussi un solide humour (et des moues géniales), et c'est d'autant plus facile de cette façon de s'y attacher. Nous allons donc traverser le pilote à ses côtés, tandis que la police débarque dans la petite maison qu'elle occupe avec Bobby à la recherche de drogues dures (oui, quand même), quand son frère vient la voir parce qu'il vient de faire des changements drastiques dans sa vie, ou au moment du coup de feu au Raw.

Mais Raw est un ensemble show avant tout. D'ailleurs, le nombre de personnages et donc d'intrigues introduits dans cet épisode est assez vertigineux.
Cela confère à l'épisode un rythme très soutenu, qui permet de se plonger dans l'ambiance survoltée du monde de la restauration, et cela, quand bien même on passe finalement assez peu de temps aux fourneaux (à mon grand regret puisque, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire pour Pasta, je pourrais regarder ce genre de scènes pendant des heures). Lorsque l'épisode atteint son point d'orgue pendant l'heure de pointe au restaurant, pourtant, le pilote répond parfaitement aux attentes qu'on peut avoir sur une série parlant de la vie d'un restaurant ; efficace en diable, cette séquence, portée par Geoff qui doit se démener comme un beau diable pour faire tourner la machine en l'absence de son propre patron, est vraiment le meilleur passage de cet épisode inaugural à mes yeux.

Raw étant un drama pur jus, plusieurs des intrigues lancées dans ce premier épisode ne trouveront pas leur résolution dans l'immédiat. Mais, comme les saisons de Raw sont assez courtes (6 épisodes par saison), on peut cependant espérer que les choses ne trainent pas inutilement en longueur, et ça c'est le bien, quand même ! Nul doute que ça permet à la série de conserver son sens du rythme et son efficacité, et que cela lui évite de tomber dans le soapesque.
Cependant, certains personnages (à commencer par Tanya, interprétée par Shelley Conn) manquent pour le moment un peu de substance comparés à d'autres, et j'espère que les épisodes suivants permettront tout de même d'approfondir un peu ce qui a été survolé dans ce pilote.

C'est une chose formidable, quand même, quand une série sur laquelle vous vouliez absolument mettre la main depuis si longtemps ne vous déçoit pas. Je regrette donc d'autant plus d'être incapable de trouver les DVD... en attendant, je vais profiter que je suis malade pour finir la première saison, comme ça ce sera [enfin] fait !
L'idéal serait de finir de rattraper la série à temps pour voir le final de la saison 5 qui sera diffusé dans quelques jours sur rté...

Posté par ladyteruki à 20:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

27-10-12

lady's world tour - Escale n°18

-- World Tour --
Une vingtaine de jours est passée depuis notre dernier world tour (j'ai été très occupée, mais je vous en dis plus dans un prochain post, promis), et nous avons donc du pain sur la planche, à plus forte raison parce que des dates de lancement de plusieurs séries se rapprochent, et que ce serait dommage de les manquer.
Alors, si vous le voulez bien, passons directement au nerf de la guerre !

CoteOuestAudiovisuel

- AFRIQUE :

* La société Côte Ouest Audiovisuel, qui produit des séries distribuées dans toute l'Afrique (comme la sud-africaine The Wild, mais aussi des séries US), se lance dans le développement de sa propre série, intitulée Inspector First Class. Cette dramédie, apparemment inspirée par la Panthère Rose, se déroulera dans une unité d'enquêtes qui n'est jamais prise au sérieux, appremment à raison ! Une distribution constituée d'acteurs venus du Kenya, Ghana, d'Afrique du Sud et du Nigeria permettra en outre à la série d'être vendue sur plusieurs territoires. Les premières diffusions pourraient commencer dés mars 2013, et d'autres productions de Côte Ouest devraient bientôt lui emboiter le pas.

DerLandarzt

- ALLEMAGNE :

* Si vous avez moins de 23 ans, vous êtes plus jeune que les séries Der Landarzt et Forsthaus Falkenau, deux instutitions de ZDF. Créées respectivement en 1986 et 1989, ces deux séries familiales ont été annulées par la chaîne, qui souhaite moderniser sa grille. Il faut dire que les deux victimes couvrent à elles deux la quasi-totalité de l'access primetime du vendredi soir, à 19h25 pour être précise ; ainsi, quand la 21e saison de Forsthaus Falkenau s'est achevée en septembre, c'est la 22e saison de Der Landarzt qui a pris le relai ! Tout cela à raison de 22 épisodes par saison en moyenne, vous comprenez aisément que les deux séries puissent manquer de fraîcheur... Si Der Landarzt s'achèvera sitôt ses derniers épisodes diffusés, Forsthaus Falkenau a cependant encore un petit sursis devant elle, puisqu'une 22e saison avait déjà été commandée. Bon, va pour une 22e saison, mais après c'est vraiment tout, hein !
* Toujours au rayon longévité, place cette fois au soap Unter Uns, sur RTL. A côté des précédentes, la série fait petit joueur, puisqu'elle n'a vu le jour qu'en 1994, mais comme il s'agit d'une série quotidienne, elle a quand même dépassé les 4000 épisodes ! Et justement, là aussi, la problématique est de savoir s'adapter à la modernité. Sauf que le choix de la production d'Unter Uns, c'est de s'essayer à la websérie : Des Jägers Herz, c'est son nom, est une mini-série en 5 épisodes visible exclusivement sur le site de RTL depuis lundi, et qui fait office de spin-off. Bon alors, vous allez me dire : 5 malheureux épisodes, pas de quoi fouetter un chat. Sauf que non ! Parce que dans les épisodes d'Unter Uns qui seront diffusés en avril, l'intrigue développée dans Des Jägers Herz sera vitale pour comprendre l'intrigue ! ...En avril ? C'est pas un peu loin ? Eh bien oui et non, puisque, la série fêtera ses 18 ans le 28 novembre prochain, et que le personnage central de Des Jägers Herz y jouera un rôle capital. Bon, vous l'avez compris, tout est fait pour donner une raison aux fans de tenter cette étrange mini-série (on y verra le héros confier ses états d'âme après un meurtre, alors qu'il est en fuite en Amérique du Sud), et l'imbriquer dans la narration de la série principale. Et d'ailleurs pourquoi pas ?
* RTL a également commandé un backdoor pilot pour une série nommée pour le moment Mantrailer (la prod n'a pas l'air très sûre de le conserver, je confirme que ça mériterait d'y réfléchir encore un chouilla). Pour ce téléfilm de 90 minutes, qui donnera peut-être une série si les audiences sont au rendez-vous, on plongera dans l'univers de la médecine légale, alors qu'une femme coroner et un enquêteur travaillent sur une série de meurtres d'une grande brutalité, perpétrés contre des membres d'une unité d'intervention spéciale. Le téléfilm/pilote potentiel de Mantrailer est prévu pour le premier semestre 2013.
* On est en octobre, donc quoi de plus logique que de commencer à parler de Noël ? Voici quelques unes des festivités télévisuelles auxquelles les spectateurs allemands peuvent s'attendre sur ARD. Tout d'abord, j'apprends comme vous que l'Allemagne aussi a des "Christmas Special" (sauf qu'évidemment ça porte le nom de Weihnachtsspecial), et ce sera le cas de la comédie Um Himmels Willen, une série qui compte actuellement 11 saisons qui suit les tribulations d'une bonne soeur (rien à avoir avec Ainsi Soient-Ils cependant) puis de sa soeur, également bonne soeur. Vous suivez ? Ce sera le 3e Weihnachtsspecial pour la série, en attendant la 12e saison prévue pour pour 2013. "Mission unmöglich", c'est le nom de cet épisode spécial qui sera diffusé le 20 décembre, se déroulera au Nigeria, marquant le retour de la première bonne soeur, qui part à la recherche de sa soeur, la bonne soeur. J'ai la tête qui tourne, je vais m'asseoir. Sinon, plus simple, il y a aussi Baron Münchhausen, une mini-série en deux épisodes (au lieu de trois initialement prévus), qui suit les aventures du fameux baron alors qu'il fait la rencontre d'une petite fille qui lui affirme être la chair de sa chair. Ne la croyant pas, le célèbre personnage décide de voyager jusqu'à St Petersbourg pour la ramener chez sa mère, mais évidemment bien des embûches les attendent en chemin...
* Pour finir, il semblerait que HBO se prépare à co-produire une série avec Sky Deutschland, se déroulant pendant la Guerre Froide. C'est intéressant parce que jusque là, HBO co-produisait rarement avec l'étranger en-dehors de la BBC ; pour l'instant je n'ai pas trouvé beaucoup plus de détails.

Underbelly-logo

- AUSTRALIE :

* Commençons d'abord par poser, là, d'entrée de jeu, que les chaînes australiennes font leurs upfronts pour l'année 2013 en ce moment, et qu'on se fera un gros récap quand tout le monde y sera passé. Ou presque, puisque le groupe public ABC a décidé de ne pas y prendre part. C'est dommage, c'est également là qu'on commande le plus de fictions originales, mais que voulez-vous. Donc pour Seven, Nine, Ten, et SBS (et apparemment Foxtel), rendez-vous pour un post à part dans quelques jours.
* Si vous avez toujours rêvé de vivre dans le contexte d'une série de la franchise Underbelly (mais... pourquoi ?), vous allez être heureux d'apprendre qu'un jeu video est sorti pendant que le world tour avait le dos tourné. Appelé Underbelly: Skirmish, le jeu est depuis la mi-octobre accessible via iTunes au tarif de 1,99$ US pour l'iPhone, et 2,99$ US pour l'iPad, mais devrait également sortir dans une version compatible Android. Bon par contre, on a les prix, mais pas vraiment une description très claire du jeu lui-même, présenté comme, je cite, "une version stylisée du classique Cops 'n Robbers". Alors, j'ai googlé Cops 'n Robbers, et ça ne m'a pas du tout rassurée ! Il y a également une page Facebook qui tente vaguement de nous en dire légèrement plus avec un trailer, mais on en retiendra surtout la réorchestration du thème de la série ; toutefois on n'est pas plus rassurés sur le contenu du jeu. Dans tous les cas, si vous voulez tenter : sur l'appstore, ça se passe juste ici. C'est votre pognon, après tout.
* Les commémorations de la Première Guerre mondiale et de la bataille de Gallipoli approchent. On peut compter au nombre de trois, à présent, les chaînes ayant décidé de produire quelque chose à cette occasion. On savait déjà qu'il y avait la bien nommée Gallipoli sur Nine, sur la bataille elle-même ; il y a également un projet de mini-série pour Foxtel, suivant les journalistes qui couvraient les actions des troupes. Eh bien sur la pile, on peut maintenant à présent ajouter une co-production entre ABC1 et la société Screentime (Underbelly justement, mais aussi Cloudstreet), qui s'intéressera au personnel médical des ANZAC. Six épisodes sont prévus pour parler d'histoires vraies, puisque la série sera inspirée d'un livre de Peter Rees qui reprenait des lettres, des journaux et des témoignages d'infirmières qui étaient présentes sur le champ de bataille. Pour ceux qui aiment les séries de guerre, et j'en suis généralement, il faut dire qu'on va avoir l'embarras du choix ! Les Australiens vont également avoir au moins un film sur grand écran, les petits veinards. J'ai l'impression d'entendre des milliers d'écoliers australiens soupirer par avance d'un air excédé. Pour votre culture perso, en Australie, ça faisait depuis ANZACS, une mini-série de Nine datant de 1985 sur le même sujet, qu'aucune fiction télé ne s'était intéressée aux évènements.
- Bon, pour finir sur l'Australie, j'ai deux trailers pour vous. Vous le savez (ou plutôt, vous ne le savez pas, parce que vous n'avez pas lu les commentaires du dernier world tour, et que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour depuis plus d'un mois), plusieurs séries s'apprêtent à démarrer dans les prochains jours. Il y aura d'abord, le 31 octobre sur ABC1, A Moody Christmas, une dramédie qui a subi de nombreux changements de nom pendant son développement (This Christmas, New Christmas...) qui raconte comment une famille pas très sentimentale célèbre, chaque année, la fête familiale la plus sentimentale du calendrier. Chaque épisode se déroule à un Noël différent, alors que le fils, expatrié à Londres, revient vivre son calvaire annuel en Australie. A l'occasion du lancement d'A Moody Christmas, ABC lance aussi un concours pour gagner des cadeaux de Noël : il suffit pour les spectateurs d'envoyer leur plus embarrassant souvenir de fête de famille. Dommage, seuls les Australiens peuvent jouer.

* Le lendemain, soit le 1er novembre, pour ceux qui refusent de faire du calcul le weekend, la série Redfern Now débarque également sur ABC1 (merci d'exister, ABC1 !). En préparation depuis 2010, et après avoir pris un peu de retard pour apparaitre dans les grilles puisqu'à l'origine elle devait être diffusée en 2011, la série s'intéresse à la communauté aborigène, laissant donc une grande part aux membres de cette communauté devant mais aussi (voire surtout) derrière la camera. Redfern Now racontera 6 destins se croisant dans une même rue du quartier de Redfern, une banlieue défavorisée ; l'un des réalisateurs et acteurs de la série explique que c'est la même intention que The Slap, à savoir dépasser les stéréotypes pour comprendre la complexité et la diversité d'un même microcosme. Comme si ça ne suffisait pas pour nous mettre l'eau à la bouche, dans Redfern Now, la production s'est adjoint les talents de Jimmy McGovern, no less, créateur de bien des séries britanniques à succès, et qui a récemment prouvé qu'une anthologie ne lui faisait pas peur avec Accused, par exemple. Je vais être sincère avec vous, on dirait bien que ça valait méchamment la peine d'attendre, et la bande-annonce est tout simplement magnifique !

Suburbia-Metro

- BRESIL :

* Vous aviez des plans pour cette semaine ? Arrêtez tout ! Subúrbia, la nouvelle série réalisée par Luiz Fernando Carvalho, commence le 1er novembre sur Rede Globo ! Pour rappel, la série s'intéresse à l'histoire d'une femme noire, Conceição, qui arrive à Rio de Janeiro pour commencer une nouvelle vie ; l'histoire a été écrite par Paulo Lins, auteur de La cité de Dieu, et apparemment, il a commencé par écrire son histoire en prose avant de s'adapter lui-même avec notre ami Luiz, un procédé pour le moins original. Comme je n'ai pas réussi à l'intégrer, vous pouvez aller ici pour découvrir la bande-annonce de la série ; le moins qu'on puisse dire, c'est que Luiz n'est pas allé là où on l'attendait ! Ah et pour ceux qui se demandent, la photo ci-dessus, ce sont les rames des métros qui circulent au Brésil à l'effigie de la série. Juste pour que vous ayez bien le bourdon demain, quand vos emprunterez vos moyens de circulation habituels sur lesquels aucune série n'a été taggée. Accessoirement, si vous avec un abonnement à Canalsat Caraïbes (ce que implique que je m'adresse à ceux de mes lecteurs qui vivraient dans les Antilles ou en Guyane), vous le savez sûrement mais depuis quelques mois, TV Globo est dispo sur le canal 24. Voilà, vous savez tout.
* La telenovela Avenida Brasil s'est achevée le 19 octobre à 21h sur Rede Globo, et les scores de son ultime épisode font d'elle la série la plus regardée de tous les temps dans le pays, comme ça c'est fait ; avec un investissement de 45 millions de reals (17 millions d'euros environ), Globo est donc largement rentrée dans ses frais puisque la série lui a rapporté 2 milliards ! Depuis lundi, la série est remplacée par Salve Jorge, où il est question de trafic humain, forcément c'est moins glamour. Bon, je n'ai été capable de trouver lesdits chiffres qu'en "points d'audience", mais pour comparer, le final d'Avenida Brasil a totalisé 71 points d'audience, contre 35 pour le lancement de Salve Jorge trois jours plus tard. D'ailleurs vous pouvez trouver, une fois n'est pas coutume, sur Rue89, un article sur le succès de cette telenovela.

Degrassi

- CANADA anglophone :

* C'est officiel, Degrassi est devenue la plus longue franchise de l'histoire du Canada, grâce à Degrassi The Next Generation qui a célébré son 300e épisode ce vendredi ; la série dépasse ainsi Beachcombers (387 épisodes entre 1972 et 1990). Retrouvez toute l'histoire de Degrassi grâce à une page mise en place par MuchMusic, qui diffuse la série au format telenovela depuis 2010.

LosArchivosdelCardenal

- CHILI :

* En Amérique du Sud aussi, on commence à parler de 2013. C'est le cas de la chaîne TVN qui, en tout, espère diffuser 7 fictions, et appremment c'est son record personnel sur une seule année. Evidemment, on compte là-dedans des séries qui intéresseront probablement peu les téléphages occidentaux, comme la telenovela romantique Mi Vida Por Ti, pour ses après-midis, mais il y a aussi des surprises intéressantes. Ainsi, pour la case horaire de 20h en quotidienne (pour remplacer Pobre Rico, une telenovela reposant sur le même principe que La vie est un long fleuve tranquille), la chaîne publique veut lancer une série sur la vie d'un homme qui tente de changer de sexe... assez étonnant pour du primetime ! Au rayon des nocturnas, ça se passe plutôt bien aussi : alors que Reserva de Familia s'est achevée il y a quelques jours, la comédie Separados a pris le relai et rencontre un énorme succès (27% de parts de marché pour le pilote lundi), donc la chaîne n'a pas l'intention de lâcher sa case horaire de 22h30, et a commandé une série pour prendre le relai dans 6 mois. Encore tenue secrète, cette nouvelle fiction est créée par Josefina Fernández, déjà responsable de Los Archivos del Cardenal (en photo ci-dessus, une série qui justement doit revenir aussi pour une deuxième saison (la production a reçu des fonds au début du mois, venant du Consejo Nacional de Televisión). TVN ambitionne aussi de créer un nouveau créneau horaire consacré aux séries, encore plus nocturne, cette fois à minuit ! On n'arrête pas le progrès. Tout cela et bien plus encore sera au programme de TVN, qui affirme avoir encore des surprises dans sa manche...
* De son côté, Canal 13 a décidé de commander l'adaptation d'Os Normais, une comédie brésilienne diffusée par Rede Globo pendant trois saisons voilà une bonne décennie de ça (de 2001 à 2003, si on veut faire genre on connait Wikipedia par coeur). La série avait rencontré un grand succès, donnant lieu à deux longs-métrages en 2003 puis 2009. La formule, qui rappelle un peu celle d'Un gars, Une fille (mais en format une demi-heure), met en scène un couple dans sa vie de tous les jours, à la différence que les protagonistes ne vivent pas ensemble. Et, surtout, la série était réputée pour ses excentricités, comme par exemple briser le quatrième mur, avoir recours à des flashbacks régulièrement, ou encore laisser les acteurs partir en totale improvisation. L'humour reposait pourtant essentiellement sur les dialogues, et très peu de comique de situation ou de slapstick. La version chilienne sera co-produite par Globo, ce qu'on peut considérer comme étant une mesure de sécurité pour conserver le ton de la série originale ; apparemment, l'Espagne serait aussi sur le coup pour récupérer le concept, puisque la rumeur prétend qu'un producteur indépendant est en train de négicier les droits d'adaptation. Si vous êtes curieux à propos d'Os Normais, de nombreux épisodes, dont le pilote, sont en ligne sur Youtube. Port du portugais brésilien obligatoire pour comprendre, cependant.

DR

- DANEMARK :

* Le minister de la Culture Uffe Elbæk a annoncé il y a quelques jours un "Media Agreement" pour 2012-2014, qui dessine les grandes lignes de l'audiovisuel public danois pour les deux prochaines années après un vote d'une majorité du Parlement ; l'accord concerne le groupe DR et la chaîne TV2. Parmi les différentes mesures que ce pacte regroupe : une somme coquette allouée au développement de projets pour la jeunesse ; une augmentation de la redevance en 2014, qui passera de 2352 couronnes (315 euros) à 2414 couronnes (323 euros) ; un assouplissement des règles de programmation, permettant aux chaînes plus de flexibilité dans la composition de leurs grilles ; le renouvellement des engagements de DR à avoir recours à des sociétés indépendantes pour ses productions ; et une réintroduction de l'interdiction du product placement. Il y a deux ans (lors du précédent Media Agreement si je comprends bien), le product placement avait en effet été autorisé, dans l'espoir que cela encouragerait l'investissement dans de nouveaux programmes, mais il faut croire que l'expérience n'a pas été concluante. Vous le savez, le product placement est l'une de mes grandes fascinations, et j'aimerais bien trouver des articles expliquant un peu le pourquoi de ce revirement... si possible pas en Danois ; en l'absence, il faudra donc présumer des explications. Ah, et pour finir, Public Service Pool (PSP), qui a déjà soutenu la création des séries Lærkevej et Rita pour TV2 par le passé, a aussi récolté 30 millions de couronnes (4 millions d'euros) pour de nouveaux projets. On peut donc se lécher les babines par avance...

StamosOkupa2

- ESPAGNE :

* Quand la comédie Stamos Okupa2 a prouvé qu'elle n'était pas faite pour la seconde partie de soirée (8,8% de parts de marché pour le pilote, ça ne s'est pas arrangé ensuite), la chaîne publique RTVE a vite décidé de faire du damage control et de reprogrammer la série en dernière partie de soirée le samedi, à coups de deux épisodes d'affilée par semaine. Le concept était apparemment de voir jusqu'où les audiences chuteraient, en tous cas ça y ressemble beaucoup, et dans ce cas, le pari est remporté. Alors finalement, ce sont les chiffres qui finissent par être plus drôles que la série : le dernier épisode en date a été regardé par très exactement 306 000 Espagnols qui apparemment ont besoin d'une vie le samedi soir à 00h15 (3,3% de parts de marché si vous vous demandiez). Je m'avance peut-être, hein. Mais je crois que c'est un bide. Du coup je vous ai mis la photo de promo de Stamos Okupa2 quand même, histoire que vous puissiez mettre des visages sur ce fiasco. Fort heureusement, comme c'est produit en in-house, ça ne coûte pas trop cher au groupe public, qui en dépit de cette déculottée a affirmé avoir encore le souhait de développer d'autres comédies en interne dans le futur. Et je serai là pour en apprécier chaque revirement, c'est promis !
* Fort heureusement, il y a encore des séries qui fonctionnent, en Espagne. L'une d'entre elles est El Barco, une série d'anticipation dans laquelle un navire-école se retrouve isolé, dans un monde dévasté dont ils pourraient bien être les seuls survivants. Le démarrage de la saison 3, le 18 octobre dernier, a une fois de plus été couronné de succès : 3,5 millions de spectateurs pour le season premiere ! La troisième saison maintient donc les chiffres de la deuxième, même si on est loin des 4 millions et quelques de fidèles de la première saison. Grâce à ce lancement, le season premiere d'El Barco est le 4e épisode le plus regardé en Espagne cette saison, derrière le 6e season premiere de la comédie La que se avecina, le final de la série historique Isabel, et le 2e épisode de Once Upon a Time, puisqu'Antena 3 diffuse la première saison depuis septembre. Eh oui, en Espagne, les meilleures audiences sont quand même plutôt pour les séries locales...
* La société Bambú Producciones (Gran Hotel, Hispania, Gran Reserva...) prépare une nouvelle fiction pour Antena3, intitulée Galerías Vélvet. La série se déroulera à la fin des années 60, dans l'univers de la mode, alors que l'âge d'or de la haute couture espagnole touche à sa fin ; la série s'intéressera donc moins au contexte des années Franco qu'à un univers glamour qui commence à perdre de son influence. L'actrice Paula Echevarría (qui a déjà un rôle dans Gran Reserva) est la première à signer pour cette nouvelle production.

Nymfit

- FINLANDE :

* Il y a quelques mois, je vous parlais de Nymfit, une série fantastique dont le tournage a commencé cet automne ; il s'agit de l'histoire de 3 nymphes vivant parmi nous, Didi, Cathy et Nadia, jouissant d'une jeunesse éternelle mais dont les pouvoirs de séduction sont éminemment dangereux pour les humains. Mais quand l'une d'entre elles tombe sous le charme d'un homme on-ne-peut-plus mortel, Samuel, les choses se compliquent pour les deux espèces... Nymfit a la particularité d'être essentiellement tournée sur fond vert, comme par exemple Sanctuary, et devrait être diffusée courant 2013 sur MTV3 en Finlande. Attention, tenez-vous bien, elle a déjà trouvé acquéreur en France... je vous sens super ravis, là : l'acheteur est la compagnie Zylo. Comme je ne connaissais pas, j'ai été voir le site internet. Et je suis moins ravie (leur catalogue de séries donne bien le niveau). On va donc se dépêcher d'oublier Nymfit.

LifeOK

- INDE :

* Sur le câble indien, ça bouge un peu. La récente chaîne Life OK a une politique de commande de séries pour le moins ambitieuse. Elle diffuse par exemple Savdhaan India, une série criminelle inspirée par des faits réels, diffusée en quotidienne depuis avril, et qui a la particularité d'avoir un présentateur pour replacer les évènements dans leur contexte. La chaîne a désormais commandé à Endemol India une nouvelle production, un thriller intitulé Devki, pour la rejoindre dans la grille en semaine. Life OK diffuse seulement deux soaps, et a étoffé sa grille avec une série mythologique et deux crime dramas (Savdhaan India, donc, qui depuis juillet a eu droit à un changement de formule pour se concentrer sur les victimes, et Hum Ne Li Hai... Shapath, diffusée le samedi et le dimanche). Une autre série mythologique, intitulée Savritri, serait également en passe d'être achetée par Life OK. Pas mal pour une chaîne qui a moins d'un an !

LoveHate-Season3

- IRLANDE :

* Le 11 novembre, Love/Hate revient pour une troisième saison sur rté. Ce n'est pas très étonnant quand on sait que la saison 2 était la série la plus regardée en Irlande en 2011, et qui compte à ce jours 7 IFTAs pour célébrer sa qualité. En tous cas, pas mal de changements cette saison (conséquence directe du départ de l'un des acteurs de la série, je ne vous dis pas qui), mais comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, Robert Sheehan est, lui, toujours de la partie. Apparemment une 6e saison de la série dramatique/culinaire Raw est également prévue pour 2012-2013 sur rté, mais je n'ai pas été capable de trouver une date de début, si jamais elle en a déjà une (ce qui vient s'ajouter à mes difficultés à trouver le pilote quelque part...).
* Concernant ses projets, rté développe actuellement Citizen Charlie, une mini-série en 3 épisodes de 90 minutes, un biopic sur Charles Haughey écrit par Colin Teevan (qui a écrit un épisode de Vera). Avec un budget de 3,7 millions d'euros, le projet n'est pourtant pas près d'arriver sur les écrans irlandais puisqu'à l'heure actuelle, aucune décision n'a même été prise pour choisir l'acteur qui incarnera l'homme politique.

Family

- ISRAEL :

* Ces derniers temps, on parle pas mal d'adaptation américaines de séries israéliennes (attendez la fin de ce post, on va même en REparler). Mais en Israël, on ne se repose pas sur ses lauriers et on continue de s'intéresser à ce qui se passe ailleurs. Tenez, prenez la production de la prochaine série de la chaîne HOT3 : je serai surprise qu'on n'y ait jamais entendu parler de The New Normal. L'histoire est en effet celle d'un couple de gays qui ont un bébé avec une jeune femme. Hm... Bon, comme mon hébreu n'est pas au top, j'ai pas réussi à comprendre le titre de la série, tout ce que je sais, c'est que plusieurs scènes ont été tournées pendant la gay pride début juin.

JunichiOkada

- JAPON :

* Si vous l'ignoriez encore (dans ce cas vous êtes tombés au bon endroit pour réparer ça !), la chaîne publique NHK diffuse chaque année une série historique le dimanche soir, décrochant ainsi généralement ses meilleures audiences pour une fiction. Début janvier, tous les ans, une nouvelle série (un "taiga dorama") fait donc son apparition, pour faire ses adieux fin décembre ; c'est la seule série japonaise a connaître autant d'épisodes par saison. Et ça fait depuis 1963 que ça dure. Alors que Taira no Kiyomori s'apprête à tirer sa révérence fin 2012, on sait donc déjà (parce que ça se prépare trèèès longtemps à l'avance, ces choses-là) que Yae no Sakura prendra le relai en janvier 2013 avec Haruka Ayase dans le rôle principal, et on se tourne donc désormais vers les annonces concernant la série de 2014 ! Ce nouveau taiga dorama s'appellera Gunshi Kanbei, où il sera comme d'habitude question d'une figure historique, ici Yoshitaka Kuroda, dit Kuroda Kanbei. C'est le chanteur et acteur Junichi Okada qui a décroché le rôle principal ; le tournage commencera en août prochain.

TheAlmightJohnsons-cast

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Bon, et je l'avais indiqué sur Twitter mais dans le doute, il vaut peut-être mieux le dire aussi dans un world tour : en fin de compte, The Almighty Johnsons a décroché un financement pour une troisième saison. Pas d'annulation pour cette fois, donc ! Vu les audiences pâlichonnes et les critiques pas forcément extatiques, cette saison sera sans doute la dernière, et la série a surtout gagné une vraie fin. Pourtant, les fans de la série s'étaient mobilisés en Nouvelle-Zélande, envoyant massivement des bâtons de bois à TV3 (symbolisant Yggdrasil, l'arbre de vie de la série). Les subventions de NZ On Air permettront d'avoir un peu plus qu'un téléfilm de conclusion (ce qui avait été proposé en dernier recours par James Griffin et Rachel Lang, les créateurs de The Almighty Johnsons), puisque ce sont 13 épisodes au total qui sont financés à hauter de 6,9 millions de dollars néo-zélandais, soit environ 4,3 millions d'euros.

Halvbroren

- NORVEGE :

* En 2013, la redevance va augmenter en Norvège. Le Gouvernement a en effet proposé d'augmenter la taxe de 8% l'an prochain, dans l'espoir de collecter 5,1 millards de couronnes en plus pour NRK. N'allez pas croire cependant que l'audiovisuel public norvégien connaisse des problèmes de liquidités : en 2011, NRK enregistrait un profit de 40,9 million de couronnes, et on estime qu'en 2012, le nombre de foyers soumis à la redevance a augmenté (atteignant un peu plus de 1,9 millions de contribuables). Mais quand on voit la news qui suit, on se dit que ça a du sens...
* Deux news en une ici : je lis que la série norvégienne Halvbroren, un drama qui doit débuter en janvier 2013 sur NRK, a été vendue pour une diffusion à 13 pays... dont les USA. Je n'ai pas réussi à trouver quelle chaîne se chargera de la diffusion, ça se trouve c'est une obscure chaîne câblée/locale/spécialisée (notez que ça ne s'exclut pas), mais si c'est une chaîne relativement conséquente, je pense que mes yeux vont rouler sur la table. Halvbroren, basée sur le roman du même nom de Lars Saabye Christensens sorti en 2001, commence à la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque, le jour de la Libération, une femme est violé. L'enfant qui naitra de cette atrocité sera un garçon qui, quelques années plus tard, aura un frère... un demi-frère donc, d'où le titre. La série commence donc en 1945 pour se poursuivre en 1964 alors que les deux jeunes garçons arrivent à l'âge adulte, l'un se destinant à devenir boxeur, l'autre se découvrant une passion pour l'écriture. Ils sont très proches en dépit de tout ce qui les sépare (les conditions de leur venue au monde, leur tempérament, cinq années d'écart...) et quand le grand frère boxeur disparait, le grand se met à sa recherche... L'histoire se finit en 1990, mais je ne vous en dis pas plus (si vous voulez vous spoiler sur une série, google is your friend... sort of). C'est le plus gros budget de la NRK ces dernières années, avec 60 millions de couronnes norvégiennes (8 millions d'euros), certains décors, notamment pour les scènes en 1964, ayant été recréés numériquement ; un joli budget quand on sait que la série comptera seulement 8 épisodes. Apparemment, les chaînes SVT (Suède), RUV (Islande) et YLE (Finlande) ont mis la main à la poche, donc déjà, la diffusion dans la plupart des pays de Scandinavie est acquise. Mais pour les USA, j'aimerais vraiment trouver des noms ! Vous pouvez voir la bande-annonce ici, avec voix-off et sous-titres en anglais. Et ça a l'air génial. Sincèrement, on peut dire que les 60 millions de NOK, ça les vaut !

Charlie

- PAYS-BAS :

* Il y a des chaînes américaines qu'on soupçonne d'être un peu trop faciles à convaincre quand il s'agit de vendre les droits pour une adaptation cheap à l'étranger. On ne les citera pas mais on a tous au moins un nom en tête. Une chaîne qu'on n'attend pas tellement sur ce terrain-là est Showtime, jusque là pas tellement encline à faire des pépettes faciles en vendant un format au plus offrant, et pourtant, les faits sont là : une adaptation néerlandaise de Nurse Jackie est en préparation pour AVRO/Ned 3, sous le titre, vous l'aurez compris, de Charlie (c'est comme Jack McFarland : juste Charlie). Le problème, vous le voyez sur cette première photo de promo, est assez évident, il me semble. Une actrice ayant près de 15 ans de moins que l'originale, forcément jolie, sexualisée et ayant perdu tout son côté revêche (et probablement aussi torturée que mon chat quand il doit choisir entre pioncer et manger)... L'actrice Halina Reijn a-t-elle seulement compris ce qu'elle était supposée représenter en prenant la pose ? Même pas sûr. Dans tous les cas, les spectateurs ont rendez-vous avec Charlie en mars 2013. Ca, plus Golden Girls et le prochain remake de Roseanne, ça commence vraiment à faire beaucoup. Dans le fond, je sais même pas si on peut envier les Néerlandais d'avoir autant de séries locales, dans pareilles conditions. Ca mérite réflexion en tous cas.

AlFondoHalSitio

- PEROU :

* Souvenez-vous, on avait évoqué Mi amor, el wachimán, une comédie romantique, dans le précédent world tour. Eh bien, aussi ridicule que ça puisse paraitre à quiconque a jeté un oeil à la bande-annonce, la série est un succès qui ne se dément pas, devenant l'une des deux séries les plus regardées du pays. L'autre est également une comédie, nommée Al Fondo Hay Sitio ; toutes deux sont diffusées par la chaîne ATV (pour America TV).

NaKraiSveta

- RUSSIE :

* La diffusion de la mini-série Na Krai Sveta a commencé plus tôt ce mois-ci en Russie, et là comme ça, sur le papier, ça a l'air intéressant. Déjà parce que ce n'est pas un remake. Ce n'est pas non plus une série policière. Non, en fait, c'est l'histoire d'un couple qui se déchire autour de la garde de leur fille pendant leur divorce, conduisant à l'enlèvement de ladite progéniture, et c'est en plus inspiré d'un fait réel. Alors quel est le problème ? Eh bien, ce fait réel avait provoqué un incident diplomatique entre la Finlande, pays du père, et la Russie, patrie de la mère de l'enfant. Or, la plaie a été ouverte par cette série en 8 épisodes, qui a décidé de faire des Finlandais le portrait le plus caricatural possible, du père ombrageux à la belle-mère qui ne trouve rien de mieux qu'offrir pour les 8 ans de la gamine... une place au cimetière. Charmant. Tournée l'an dernier, en partie en Finlande, et avec 4 acteurs finlandais, la série a déclenché la colère des médias finlandais. Ils ne s'étaient pas offusqués quand, en février dernier, Na Krai Sveta avait été diffusée en Ukraine ; elle avait dû passer sous leur radar. Donc du coup, une histoire datant de 2008 fait remonter les bonnes vieilles rancoeurs à la frontière...

MuhtesemYuzyil-Bedroom

- TURQUIE :

* Chaque rentrée a ses succès... et ses échecs. Kanal D essuie deux revers cet automne, avec ses nouveautés Veda et Kötüyol, toutes deux inspirés de romans mais incapables de trouver leur public. Veda, on en a déjà parlé, est une série historique s'intéressant à la fin de l'Empire ottoman dans les années 20, tandis que Kötüyol, qui se déroule dans les années 50, est plutôt un drama à tendance romanesque qui raconte comme une femme, initialement promise à un homme qu'elle n'aime pas, rencontre en tentant de s'achapper un producteur qui lui permet de tenter une carrière dans le cinéma. Particulièrement atteinte par les problèmes d'audience, Veda a failli être purement et simplement retirée des grilles ; en fin de compte, la série n'est pas annulée pour le moment ; maintenue pour le moment dans sa case du jeudi à 22h30, elle doit subir des changements aussi bien côté scénaristes qu'acteurs, afin d'essayer de donner un second souffle aux épisodes. J'ai du mal à trouver des infos explicites sur le sort réservé à Kötüyol, mais si j'ai bien compris, on dirait que l'annulation n'est pas loin.
* Et puis une nouvelle intéressante : le ministère de la Culture et du Tourisme turc a décidé d'encourager les séries turques à être "vendues gratuitement" à des chaînes étrangères ; l'idée n'est évidemment pas de s'asseoir sur les quelques 60 millions de dollars US que représentent les exportations de la fiction turque, mais de favoriser l'implantation de certaines séries dans des pays où le ministère estime que le rayonnement culturel de la Turquie peut jouer un rôle important : "avec les séries télévisées, nous pouvons entrer dans chaque maison et contribuer à élargir l'influence de la culture turque". Le ministère de rappeler que de nombreux pays sont en train de s'intéresser à la langue turque ; y compris en Grèce où, notamment grâce à des séries comme Muhtesem Yüzyil (en photo ci-dessus, et accessoirement série turque la plus exportée du moment), certains mots et expressions simples sont entrés dans le vocabulaire des spectateurs. Ca doit donc vouloir dire qu'en Grèce, on diffuse les séries turques sans les doubler ? Bien bien bien, je note.
* Et puis on finit par l'award incongru du jour, remis à une bande-annonce de la nouvelle saison de Behzat Ç., qui a reçu un Key Award d'argent à la mi-octobre ; les Key Awards sont un évènement soulignant les réussites dans le domaine du marketing, de la publicité et des campagnes promotionnelles de tous poils, organisé par The Hollywood Reporter, et dans ce palmarès, elle est la seule fiction non-anglophone

ChuyenXuDua

- VIETNAM :

* Imaginez, vous êtes une chaîne de télévision, et quand une série ne fonctionne pas, vous perdez de l'argent. Or, perdre de l'argent, c'est pas trop votre truc... Alors que faire, que faire ? Eh bien, ne désespérez pas, le groupe du câble SCTV a trouvé une idée d'enfer ! C'est simple : les chaînes du groupe ont décidé de ne payer les sociétés de productions qui font les séries que si lesdites séries font au-delà d'un certain taux d'audiences. Bah voilà, il suffisait de demander. Vraiment c'était tout bête, hein. Bon en réalité c'est un peu plus compliqué que ça, vous vous en doutez, et là on entre dans ce qui semble être une particularité du système télévisuel vietnamien : jusqu'à présent, c'étaient les studios eux-mêmes qui devaient trouver des annonceurs, vendant en somme une série ET un minimum d'espaces publicitaires aux chaînes (c'était un peu tout bénef pour les chaînes, j'ai l'impression). Eh bien avec SCTV dorénavant, attention la surprise, c'est la chaîne qui cherche des annonceurs pour une série donnée, expliquant que les sociétés de production ont ça de moins à s'occuper et que du coup, elles n'ont plus d'excuses pour ne pas faire de la qualité, vu qu'elles sont déchargées de la question des annonceurs ! Jolie façon de confondre qualité et succès, au passage... Bon et puis, pour payer les sociétés de production, on se basera sur les audiences calculées de façon indépendante par TNS, hein, on n'est pas des bêtes non plus. La barre à été placée à 1,5 points d'audience (on estime que l'an dernier, un tiers des fictions diffusées par SCTV7 et SCTV14, les deux chaînes du groupe diffusant des séries, ont atteint ce degré de popularité), et si les séries ont des scores qui vont au-delà, les sociétés de production gagnent un bonus (prix par épisode : 4700 dollars US entre 1,5 et 1,7 points ; 7700 dollars US entre 1,8 et 2 points, etc...). Dans l'histoire je n'ai pas compris pourquoi les sociétés de productions devraient prendre le risque de n'être pas payées, au lieu de se reconvertir, mais apparemment SCTV incorpore ces nouvelles clauses à ses contrats depuis le début de la saison. Est-ce que je peux avoir un grand "what the fuck" dans le public, s'il-vous-plait ? Ah et comme j'avais pas d'idée pour illustrer cette news, j'ai pris la photo de promo au pif de la première série de SCTV venue, en l'occurrence Chuyện Xứ Dừa, diffusée cet été, et qui se déroule dans un village où on fabrique des bonbons à la noix de coco (ah oui apparemment, la tendance au Vietnam depuis quelques mois, ce sont les séries rurales, les spectateurs se détournant des séries où les personnages sont riches et glamour) ; la série avait atteint une moyenne de 1,6 points d'audience, ce qui veut dire que les producteurs ont été payés. Soulagement.

GenMishima

- USA mais en fait non :

* Au menu des adaptations en projet du moment, on trouve une nouvelle tentative d'adapter la série israélienne Reviat Ran (le premier essai, qui était devenu le pilote de The Quinn-tuplets, n'avait pas été transformé), la série de science-fiction chilienne Gen Mishima pour NBC Universal (l'original avait été diffusé aux USA par la chaîne mun2, du groupe Telemundo...qui fait partie du groupe universal, comme ça on reste en famille) qui s'intéresse à un journaliste découvrant des expérimentations génétiques et dont vous pouvez voir la photo de promo ci-dessus, la telenovela mexicaine Teresa pour ABC, les britanniques Gavin & Stacey et Rev., ainsi que la mini-série britannique Metropolis pour The CW, et l'australienne The Strange Calls, je ne sais plus si je l'avais mentionnée. J'en oublie forcément... Ah et appremment, l'adaptation de Rake sera pour FOX. Alors ça, le voyage au MIPCOM, il a été rentabilisé, hein !
* MundoFOX a lancé lundi la diffusion de la série colombienne Corazones Blindados, qu'elle présente comme sa première série originale. Absolument, et c'est pour ça que la série a démarré en Colombie courant septembre et qu'elle a été renouvelée par RCN pour une seconde saison... Tssk tssk tssk.

Hamarinn

Allez, on finit sur un truc que vous pouvez voir (enfin, peut-être) : la mini-série islandaise Hamarinn sera diffusée par Eurochannel à partir du 3 novembre. Hamarinn est un thriller un peu paranormal qui compte 4 épisodes, lesquels, c'est le détail regrettable de notre affaire, seront diffusés le samedi à minuit. Je ne l'ai pas encore vue, mais je n'en ai entendu que du bien, donc si vous en avez la possibilité, regardez !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Alors, comme d'habitude, la traditionnelle question : qu'est-ce qui vous a intéressés dans ce world tour ?
Ah et, puisque je vous tiens et qu'on a parlé adaptations, le projet de remake d'Accused par France2, on en pense quoi ? Je suis un peu partagée...

Posté par ladyteruki à 23:02 - Love Actuality - Permalien [#]

27-09-12

lady's world tour - Escale n°16

-- World Tour --

Alors, qui est prêt pour un tour du monde en ce jeudi maussade ? Il faut avouer que ça met toujours du baume au coeur de prendre le pouls des télévisions du monde... enfin, en tous cas, ça marche sur moi. Vous me direz si ça a des effets similaires chez vous.
Et alors, en plus, aujourd'hui, je vous avoue qu'il y a plein de séries sur le point de débuter aux quatre coins de la planète qui font furieusement envie. En Argentine, en Belgique, au Chili, au Pays-bas... plein de choses alléchantes ! Mais jugez plutôt.

Babylon

- ARGENTINE :

* Sur Canal9, c'est officiellement la rentrée : deux séries hebdomadaires s'apprêtent à débuter sur la chaîne. La première, prévue pour demain, s'appelle 23 Pares et, à l'instar de Perfidia ou El Donante, elle a remporté le désormais fameux (en tous cas dans ces colonnes) Concurso Series de Ficción Federales. Basée sur un roman de Viviana Bernath, cette nocturna (le lancement se fera à 23h30) montrera le quotidien d'une famille travaillant dans un laboratoire d'analyses génétiques. Deux jours plus tard, soit le dimanche 30 septembre, ce sera Babylon qui débutera, cette fois en primetime, mais vous allez voir que le concept est bien plus original. Babylon est en effet une dramédie policière et politique en 13 épisodes, dont l'originalité tiendra entre autres dans ses scènes presque totalement en noir et blanc, à l'exception de quelques unes aux couleurs saturées lorsque les évènements se dérouleront dans la mystérieuse ville de Babylon. Inspirée par le film noir, Babylon aura pour héros un étrange flic que la malchance poursuit, et qui se retrouve notamment impliqué avec un étrange cabaret ; bien qu'une enquête occupe chaque épisode, un fil rouge se dénouera également pendant la saison, couvrant une vaste période dans la vie des personnages : de 1973 à nos jours ! Tout ça ne nous donne qu'une vague idée de ce que sera Babylon, mais ça donne méchamment envie...

PubertyBlues-Friendship

- AUSTRALIE :

* Quand on est l'adaptation d'un bouquin qui fait une centaine de pages à tout péter, obtenir une saison de 8 épisodes semble déjà inespéré en termes de durée. Mais Puberty Blues semble avoir conquis son public à un tel point que la série pourrait bien être renouvelée pour une deuxième saison ! Celle-là alors, je l'avais pas venue venir ! Surtout que les audiences ne sont pas éblouissantes, même si la série parvient à doubler les scores de son lead-in, ça reste décent, sans plus. Bon, on se calme, on respire, ce n'est pas encore fait, mais la production semble visiblement confiante, et commence à penser aux histoires que cette nouvelle saison pourrait raconter (en même temps, jusqu'à présent, s'éloigner du matériau d'origine ne leur a jamais fait peur).
* Un autre renouvellement, celui-là bien officiel : House Husbands, qui a commencé le mois dernier. C'est la première fois qu'une nouveauté du network Nine gagne une seconde saison depuis... pfiulala, depuis Rescue: Special Ops, en 2010. C'était un peu la crise, quand même ! Mais avec un lancement suivi par 1,24 million de spectateurs, et des audiences consistantes depuis lors, House Husbands est une réussite incontestable pour la chaîne... pour ce qui est de la qualité, je vous donne rendez-vous dans ma review du pilote (...je me rends compte à l'écriture de ces news que j'ai énormément négligé les pilotes australiens dans le cadre de mon défi avec whisperintherain, ce sera vite corrigé).
* Au rayon des nouveautés, c'est la dernière série en date de la franchise Underbelly qui se prépare, puisque le tournage a commencé cette semaine en vue d'une diffusion courant 2013. Underbelly: Squizzy (après "Badness", ça fait un peu petit joueur quand même...) s'étendra de 1915 à 1927 et s'intéressera au gangster Squizzy Taylor.

PaulKempAllesKeinProblem

- AUTRICHE :

* Oh, regardez-moi ça ! Un petit nouveau dans la grande famille du world tour ! Eh bien oui, on se ballade aujourd'hui en Autriche aussi, où la chaîne publique ORF2 se prépare à accueillir dans sa programmation Paul Kemp - Alles kein Problem, une dramédie en 13 épisodes qui raconte les affaires de Paul Kemp, un médiateur chargé de résoudre les divers problèmes de ses clients : mariages en crise, familles brisées, et autres cas divers et variés l'attendent, alors que le pauvre Paul doit également gérer sa vie de famille. En effet, sa femme l'a trompé et on ignore s'il est le père du bébé que porte son épouse... Produite avec l'aide de l'allemande ARD, Paul Kemp - Alles kein Problem a été tournée en deux temps, d'abord à l'automne 2011 pour les 6 premiers épisodes, puis entre mai et juillet dernier. La série devrait apparaitre dans les grilles de la chaîne autrichienne début 2013.

CrimiClowns

- BELGIQUE :

* Sur la chaîne 2BE, une nouvelle dramédie s'apprête à débuter lundi : Crimi Clowns. Il s'agit d'une co-production avec les Pays-Bas (c'est la chaîne Veronica qui diffusera la série là-bas, plus tard pendant l'automne) écrite par Luk Wyns, qu'on connait en France pour son travail sur Matrioshki. Derrière les costumes colorés se cache donc, vous l'imaginez, un peu plus que des clowneries. Crimi Clowns suit en effet Ronny Tersago, un homme qui s'est fait connaître avec son personnage du clown Norry, mais qui un jour voit l'un de ses faux-pas publié dans les tabloids, grillant ainsi sa carrière. Pour ne pas tout perdre, il décide, avec quelques uns de ses proches, de se recycler dans les cambriolages et les braquages (en costume, donc) ; leur premier "coup" les emmène dans un magasin de hi-fi et videos, où Norry a l'idée de voler une camera afin de filmer leurs exploits criminels, mais aussi leur quotidien perturbant... Et pour répondre à votre question, oui, il y a un trailer, et avec sous-titres anglais par-dessus le marché. Pardonnez mon langage, mais putain, ça donne méchamment envie !

SessaodeTerapia

- BRESIL :

* J'ai découvert il y a quelques jours qu'une adaptation de BeTipul (encore une !) démarre cet automne. Cette fois, c'est donc au Brésil que ça se passe, sur la chaîne du câble et satellite GNT. Sessão de Terapia, puisque c'est son nom, démarre le 1er octobre, et je ne vous pitche pas la série, ce serait insultant.
* De son côté, Rede Record a décidé d'adapter Patito Feo, la telenovela pour ados venue d'Argentine qui a suscité un enthousiasme dans de nombreux pays (en France, rappelons qu'elle a été diffusée par Gulli sous le titre De tout mon coeur), décrochant un International Emmy Awards en 2008. La série a déjà été adaptée quatre fois, dont au Mexique, et c'est à partir de cette version que la scénariste Ecila Pedroso prépare le script de la version brésilienne... La série devrait prendre la relève, en 2013, de la telenovela Rebelde (elle-même un remake d'une telenovela mexicaine, Rebelde, elle-même adaptée de la telenovela argentine Rebelde Way... notice a pattern here ?) qui va s'achever au bout de deux années de diffusion.
* Et puisqu'aujourd'hui, on ne va apparemment pas trouver de preuve de l'originalité de la télévision brésilienne, SBT aussi a commandé un remake d'une telenovela argentine. Nan mais, faut le dire, c'est sympa l'ambiance entre chaînes de télévision en Amérique du Sud, on s'emprunte des formats à qui mieux-mieux, on se fait des tresses et on commande des pizzas... Mais je m'égare, pardon (c'est la douleur). Cette fois c'est une série des années 90, Chiquititas, qui est concernée, une série musicale à destination des préados ; la version brésilienne de la série remplacera ainsi Carossel en mai 2013. L'original avait tenu huit saisons, ce qui évidemment suscite l'envie...

Motive

 - CANADA anglophone :

* Après The Killing, Kristin Lehman retombe sur ses pieds et décroche le rôle principal de Motive, un procedural de CTV dont le tournage a commencé le 17 septembre dernier, en vue d'une diffusion en janvier prochain. L'enquêtrice de Motive, Angie Flynn, est capable d'entrer dans la tête des tueurs et de comprendre comment ils réfléchissent... sauf qu'il ne s'agira pas pour les spectateurs d'essayer de deviner qui a perpétré les crimes sur lesquelles elle travaillera, puisque la victime comme le criminel seront connus dés les premières minutes de l'épisode. Le retour du whodunit, c'est maintenant ! Lehman sera rejointe par Louis Ferreira, Brendan Penny et Lauren Holly dans cette nouvelle série.

Unite9

- CANADA francophone :

* Maintenant que je pense avoir chanté les louanges d'Unité 9 sur tous les tons, je pense qu'il est temps qu'on parle de la série de façon plus objective... pour célébrer ses audiences ! Les deux premier épisodes avaient en effet totalisé de beaux scores, mais le téléroman O' revenant lui faire concurrence cette semaine sur TVA, rien n'était joué. Eh bien résultat, le season premiere de O' a attiré 926 000 spectateurs... contre 1,2 million pour le troisième épisode d'Unité 9, qui reste donc leader du primetime le mardi soir. Qu'est-ce que je fais, j'en remets une couche, ou vous avez compris qu'il FAUT regarder Unité 9 ?

SolitaCamino

- CHILI :

* Accrochez-vous, les enfants, parce que la nouveauté de la chaîne Mega n'est pas là pour rigoler, au contraire. Solita Camino, qui commence le 1er octobre, est en effet une série qui parle... d'inceste. La série raconte en effet l'histoire de Manuela, une jeune fille de 14 ans qui a été abusée par son beau-père, mais dont l'histoire n'a pas fini de se compliquer. Vous pouvez découvrir les neuf premières minutes de la série dans cette preview.

IRIS

- COREE DU SUD :

* Peut-être vous souvenez-vous du succès incroyable de la série d'espionnage IRIS, diffusée à l'automne 2009 par KBS. A l'époque, la production se faisait une joie de clamer à qui voulait l'entendre (c'est-à-dire beaucoup de monde vu le succès de la série, qui a quasiment atteint les 40% de parts d'audience sur la fin de sa saison) qu'IRIS aurait un spin-off ET une seconde saison. Or, les deux phénomènes sont extrêmement rares en Corée du Sud, à plus forte raison pour une série de primetime aussi coûteuse. Le spin-off, on l'avait eu : il s'appelait Athena, et il avait été lancé fin 2011 sur la chaîne concurrente SBS, avec des audiences, eeeh, ma foi, pas mauvaises au début, mais en nette dégringolade au fur et à mesure de la diffusion. De la seconde saison d'IRIS, on avait craint de ne plus trop entendre parler, et pourtant, depuis cet été, les choses s'agitent ; on apprenait par exemple que Byung Hun Lee, héros de la première saison, ne reviendrait pas, étant trop occupé par sa carrière aux USA. Les choses sont désormais plus que concrètes encore, puisque plusieurs acteurs viennent officiellement de rejoindre la série : Da Hae Lee (qui n'a pas connu de grand succès à la télévision coréenne depuis Chuno), et Hyuk Jang (récemment vu dans Ppurigipeun Namu), incarneront les deux rôles principaux de la saison. Seung Woo Kim et Min Jong Kim reprennent quant à eux du service et, comme dans la première saison d'IRIS et dans Athena, ils incarneront des agents nord-coréens. Le tournage de IRIS 2 devrait commencer dés octobre, avec pour objectif une diffusion en février 2013.

MuhtesemYuzyil-Orage

- EGYPTE :

* Vous savez, le Ramadan, c'était il y a deux mois ? Bon, eh bien à la télévision égyptienne, on prépare déjà le prochain. L'acteur Ahmed Adam vient en effet de signer pour le rôle du scientifique Mostafa Mahmoud dans un biopic écrit par Waleed Youssef. Médecin, philosophe, journaliste et écrivain, Mahmoud a écrit plus de 100 ouvrages. Une idée de topic intéressante, du genre à donner des regrets que les séries égyptiennes ne connaissent généralement qu'une diffusion assez limitée géographiquement.
* Ce n'était qu'une question de temps avant que la série turque Muhtesem Yüzyil soit adaptée (ce qui explique la photo ci-dessus). Quand on tient un succès pareil, on ne le laisse pas s'échapper ! C'est le cas de l'Egypte, où le réalisateur Enas El Deghedi, coutumier du cinéma, a annoncé son premier projet pour la télévision, avec Mustafa Muharam au scénario. On peut se demander comment un biopic d'une figure historique turque aussi importante peut être adaptée par un autre pays, il faudra donc s'armer de patience pour avoir (peut-être) une chance de voir ce que ce projet donnera.

Isabel

- ESPAGNE :

* Canal+ Espagne se motive sur la fiction nationale. Après avoir commandé quelques projets originaux. En 2011, la chaîne avait commandé deux séries : un drama, Crematorio, et une comédie/dramédie, Qué fue de Jorge Sanz (qu'on avait évoqués sur SeriesLive, si vous m'y lisiez à l'époque). Les deux séries étaient clairement inspirées par les formats américains : Crematorio avait par exemple des épisodes de 45mn, alors que le 70mn est la norme sur les chaînes espagnoles. Mais depuis ? Depuis pas grand'chose, en-dehors de la diffusion de séries américaines telles que Boss, Girls, True Blood, The Newsroom (depuis ce mois-ci), ou encore Boardwalk Empire (la 3e saison démarre en Espagne ce samedi). Mais la chaîne n'a pas dit son dernier mot en matière de fiction espagnole, et commande cette fois une série documentaire similaire à celle de PBS, America in Primetime (diffusée par Canal+ Espagne en janvier dernier). España en serie, ce sera le nom de cette émission, sera composée de 4 rendez-vous de 50mn revenant sur l'histoire de la télévision espagnole, avec des images d'archive et des entretiens avec des réalisateurs et acteurs espagnols. Ca sera intéressant à regarder, si jamais les videos nous parviennent (et encore plus si on trouve le moyen d'avoir des sous-titres). En ce qui concerne les projets de fictions originales, Canal+ Espagne n'est d'ailleurs pas totalement en reste, car elle a bouclé au printemps le tournage de Falcón à Séville, en co-production avec ZDF en Allemagne et Sky Atlantic au Royaume-Uni.
* Bon et puis, ça y est, c'est officiel : Antena3 a annoncé hier que cette fois, la fusion avec laSexta, c'était sûr et certain ! Tellement sûr et certain que la fusion sera effective le 1er octobre... La chaîne a donc accepté les conditions qui lui ont été soumises cet été par le Gouvernement espagnol (pour un résumé des épisodes précédents, direction l'un des précédents world tours). C'est la seconde grande fusion de ce genre en Espagne, après qu'en décembre 2010, Cuatre ait fusionné avec Telecinco, du groupe Mediaset. Outre les chaînes publiques, le panorama espagnol sera donc, à partir de lundi, dominé par deux grands groupes de télévision : le groupe A3 d'une part (incluant Antena3 et maintenant laSexta) et Mediaset de l'autre. A eux deux, ces groupes représenteront 85,5% du marché...
* Puisqu'on parle de Telecinco, mauvaise nouvelle pour Familia, la comédie qu'elle préparait. Le tournage a été interrompu afin de procéder à une réorientation, la chaîne n'étant pas du tout satisfaite des épisodes tournés jusqu'à présent. Pour ne rien arranger, la comédie La que se avecina, qui doit entamer sa 6e saison lundi, a causé quelques soucis à la chaîne alors que le premier épisode a leaké sur internet. Voilà donc Telecinco en guerre contre le piratage, la chaîne ayant annoncé qu'elle avait tracé le site d'origine du fichier sur internet ("un site qui propose déjà des programmes de plusieurs chaînes"), et que les choses n'allaient pas en rester là. Reste que pour le moment, la grande inconnue c'est : comment ce site a réussi à se procurer une copie de l'épisode en avant-première... il se dit que l'épisode, mis sur les serveurs du service de VOD Mitele, aurait tout simplement été récupéré par un petit malin.
* Du côté du public, place à notre désormais habituelle constatation des dégâts. Déjà, les choses vont très, très mal pour TVE en ce qui concerne sa comédie Stamos Okupa2. Le sitcom familial a démarré le 14 septembre avec des audiences lamentables (8,8% de parts de marché),suivie d'un deuxième épisode encore plus bas (5,4% de parts de marché). Alors, cette semaine, la comédie bascule dans la case du vendredi soir à 00h45, parce que ça va bien, hein. Je ne voudrais pas m'avancer mais je crois que Stamos Okupa2 n'aura pas de saison 2. D'autant que la série est vraiment affublée de tous les maux : l'un des responsables de Canal9, Toni Beltrán, prétend que c'est lui qui a pitché la série à TVE en 2009, et que l'idée avait été alors refusée par la chaîne, avant de finalement lancer le projet Stamos Okupa2 sans lui. A vrai dire, vu les résultats, il n'y a pas de quoi se vanter, mais maintenant l'affaire va aller en justice. C'est un peu ce qui s'est passé pour Toledo. Vous vous souvenez de Toledo ? Les spectateurs espagnols non plus. Stamos Okupa2 est le premier projet de comédie produit en in-house par la chaîne publique depuis Paco y Veva, en 2004.
* La chaîne publique a dû faire une croix sur la telenovela Amar en tiempos revueltos. On se souvient que TVE rencontre d'énormes difficultés financières, et ne peut payer les droits de diffusion de nombreuses séries qu'elle a pourtant commandées. La série, dont le tournage s'était mis en stase, va finalement atterrir en janvier 2013 sur Antena3. Les ennuis de TVE sont loin d'être finis, puisque la chaîne pourrait subir l'an prochain une coup de 50 millions dans son budget.
* Allez, une bonne nouvelle quand même : sur la chaîne publique, il y a aussi des succès ! En témoigne Isabel (en photo ci-dessus), la fameuse série historique qui a failli croupir à jamais dans un tiroir de la chaîne et qui, finalement voit ses audiences rester stables... voire même augmenter : après un premier épisode à 20,1% de parts de marché (3,52 millions de spectateurs), et un deuxième à 20,2% (3,73 millions), le troisième épisode de la série, diffusé lundi, a totalisé 20,3% des parts de marché (3,88 millions). Avec ce genre de scores, la série s'impose comme le leader de la soirée. Alors, ça valait pas le coup de la diffuser, cette fiction ? A ce stade, la chaîne publique doit même se mordre les doigts d'avoir loupé le coche pour une deuxième saison.
*  Un petit mot, enfin, sur Polseres Vermelles, la série catalane qui a fait l'évènement cet été sur Antena3, s'est achevée avec 11,7% de parts de marché (2 millions de spectateurs) pour son 13e et dernier épisode. Certes les audiences de la série ont baissé au cours de l'été (la série avait démarré avec 17,8% de parts de marché, soit devant 3 millions de curieux), mais elle reste tout de même l'un des gros succès du hors-saison en Espagne, prenant à vrai dire tout le monde par surprise, y compris chez Antena3 où on pensait simplement diffuser un petit truc vite fait pendant l'été. En-dehors de ses deux derniers épisodes, la série catalane (la première diffusée à l'échelon national) avait été le leader de sa case horaire cet été. L'aventure de Polseres Vermelles ne s'arrête pas là : outre une deuxième saison en préparation, située deux ans après la première (Albert Espinosa, le créateur de la série, a évoqué son objectif d'avoir en tout 5 saisons, chacune séparée de 2 ans), la série catalane sera également diffusée aux USA par le network hispanophone V-me. Les droits auraient également été vendus à des chaînes au Mexique, en Finlande et en Corée du Sud ! Et alors, ce projet d'adaptation Red Band Society, ça avance, Martha Kauffman ?

DekhBhaiDekh

- INDE :

* Pas tous les jours facile de produire une campagne pour expliquer le passage au numérique au plus grand nombre ? Challenge accepted. En Inde, les chaînes ont toutes diffusé 2mn de noir complet pendant trois jours, ce mois-ci, à 19h58, 20h58 et 21h58, avant de montrer un message d'information "Go digital or go blank" (et son équivalent en hindi). Problem solved.
* En 1993 apparaissait Dekh Bhai Dekh, une série diffusée par la chaîne publique Doordashan. Rien que de très classique : un sitcom familial montrant les tribulations de la famille Diwan, une maisonnée multigénérationnelle. La chaîne publique envisage de produire un remake dans les 6 prochains mois, et est actuellement en pourparlers pour ressuciter l'une des comédies les plus populaires de son temps avec le producteur d'origine, Anand Mahendru. En 2009, une sorte de film spin-off avait connu une sortie en salles.

PRICELESS

- JAPON :

* Si au Japon, il n'est plus rare qu'une série fasse son comeback sur les petits écrans après quelques années d'absence, cette fois-ci, on a échappé à une nouvelle saison d'un succès passé. Mais de justesse. La série d'enquêtes Galileo va en effet revenir début 2013... mais au cinéma. Rappelons que Galileo est l'adaptation de romans de Keigo Higashino (le même dont les écrits ont servi de support à l'anthologie Higashino Keigo Mysteries sur Fuji TV cet été), et a donné, outre une série en 2007, un téléfilm (ou "SP") en 2008, et enfin un film sur grand écran en 2008 également. L'acteur et chanteur Masaharu Fukuyama reprend une fois de plus son personnage de Manabu Yukawa, un professeur d'université au don d'observation hors du commun, même si évidemment il est insupportable au quotidien. Rappelons encore qu'au Japon, quand une série a du succès, elle devient un film, et si le film a du succès, il redevient série. Prudence, donc...
* Juste un petit mot pour vous prévenir que je prépare comme d'habitude mon traditionnel récap de la saison nippone, et qu'on verra les détails des séries qui s'apprêtent à débuter sur les écrans japonais. D'après mes estimations et sachant que je ne suis pas dispo samedi (mon post quotidien sera d'ailleurs programmé à l'avance, j'en profite pour le glisser l'air de rien), ce récap devrait être en ligne dimanche. On y parlera entre autres de la nouvelle série de Takuya Kimura, PRICELESS (en photo ci-dessus) qui a déjà été évoquée précédemment dans ces colonnes.

LaTeniente

- MEXIQUE :

* Les chaînes hispanophones investissent le créneau de la websérie. Televisa (au Mexique) et Univision (aux USA) vont en effet lancer le 29 octobre prochain la toute première webnovela, intitulée Te Presento a Valentín. Pourtant, en dépit de son appellation rappelant la formule des telenovelas, cette nouvelle série aura un format assez classique pour le support web, avec 15 épisodes de 6 minutes chacun, mis en ligne en parallèle sur les sites d'UVideos et Televisa.
* Tournée l'été dernier, la série La Teniente (en photo ci-dessus) débarque le 1er octobre sur la chaîne TV Azteca. La série raconte l'histoire d'une femme lieutenant (si-si !) travaillant dans la Marine mexicaine, avec María Fernanda Yepez (Rosario Tijeras...) dans le rôle principal. Les 24 épisodes de la série ont été conçus pour s'appuyer sur des histoires vraies, comme c'est le cas pour Paramedicos, qui a démarré sur Once TV le mois dernier, et comme ça l'a été pour El Equipo. A la différence de ces séries, TV Azteca n'a eu recours à aucun financement de l'Etat, et notamment de la part de la Marine (je sais pas si c'était clair dans ma news...). Bon alors, faut pas pousser, l'armée mexicaine a tout de même prêté des équipements (des bateaux, des avions, ce genre de petites choses) et des lieux de tournages pour faciliter la production de la série. Diffusée sur la même chaîne dans le cadre du projet Azteca Series, La Teniente est considérée comme un spin-off officieux de la série Drenaje Profundo, diffusée en octobre 2010 au Mexique, et à l'automne de l'année dernière par France O.
* Enfin, HBO Latino commence à parler de sa série mexicaine Señor Avila, une série en 13 épisodes sur laquelle elle communiquait assez peu jusqu'à présent. Ecrite par les frères Walter et Marcelo Slavich (déjà auteurs d'Epitafios), la série raconte l'histoire d'un père de famille qui exerce la profession d'agent en assurances... ainsi que celle, en parallèle, de tueur à gages. La date du 13 janvier prochain commencerait à être évoquée pour le lancement de la série sur les écrans d'Amérique du Sud.

NewZealandTelevisionAwards

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Les New Zealand Television Awards, au nom plutôt transparent, seront remis le 3 novembre prochain à Auckland. L'occasion de parler des nominations, qui concernent un total de 46 catégories. Evidemment, on ne va s'intéresser qu'à la fiction... Attention, en Nouvelle-Zélande, les nominations sont courtes, avec en général 3 compétiteurs maximum dans chaque catégorie (bah oui, sinon il faut nommer tout le monde !). Dans la catégorie Meilleure comédie ou série de comédies (les programmes de non-fiction, y compris les évènements unitaires, entrent en effet dans cette catégorie), on trouve la compétition humoristique 7 Days, le spectacle Wilson Dixon: The New Zealand Tour et, hourra, Hounds. Du côté du prix du Meilleur programme pour enfants/la jeunesse, ce sont Girl vs Boys (une dramédie qui s'autoproclame "romantic whodunit" dans laquelle une adolescente enquête sur la raison pour laquelle le couple le plus populaire de la ville s'est séparé), le programme Let’s Get Inventin’, etThe Erin Simpson Show (une compétition sportive entre 30 écoles du pays) qui se disputent le titre. Pour la Meilleure série dramatique, enfin, on trouve la première saison de Nothing Trivial, la saison 4 de Go Girls, et Underbelly: Land of the Long Green Cloud.

MoederikwilbijdeRevue

- PAYS-BAS :

* Rendez-vous le 8 octobre prochain sur Ned1, pour découvrir la série Moeder Ik Wil Bij de Revue, une fiction historique se déroulant pendant les années 50. A la fin de la guerre, Bob, un ancien soldat, revient dans sa famille, constituée par son père Jacob et ses quatre soeurs. Si de son côté, le pays connait un boom de la consommation, il n'en est rien pour la petite famille, qui est toujours sans le sou. Mais lorsque le cousin de Bob l'invite à assister au spectacle de musichall qu'il dirige, notre ex-militaire a soudain une épiphanie : il va rejoindre la revue ! ...Et c'est pour qui la bande-annonce ?

TaGordin

- USA qui fait faire ses devoirs par les copains :

* Dans le world tour du jours, les adaptations de séries étrangères en cours de développement aux Etats-Unis comptent : le thriller israélien Ta Gordin (on l'a dit), le drama mexicain Terminales, la série britannique Pulling, et j'en oublie probablement.
* Hulu a décidé d'acquérir les droits de la série australienne The Straits ; rappelons qu'en France, c'est Sundance Channel qui a acquis les droits de la série.

GameofThrones

- EVENEMENT :

* Si vous êtes en Irlande (ou que vous pouvez y aller) les 5 et 6 octobre prochains, le Galway Film Centre organise pour la deuxième année consécutive "Talking TV Drama", sur l'écriture de séries dramatiques (sans rire). Y sont prévus différentes rencontres, sur l'état de la fiction en Irlande mais aussi sur la fiction scandinave, et la série à l'honneur est Game of Thrones (...tournée en partie en Irlande, ceci expliquant cela).
Voici une liste (non-exhaustive) des scénaristes qui y seront présents : Hans Rosenfeldt (Bron/Broen), Richard Cottan (Wallander UK), Tom Farrelly (Raw), James Moran (Torchwood), Declan Croghan (Waking the Dead), Bryan Cogman (Game of Thrones)... Plus d'infos sur le site du Galway Film Centre.

SON

- DIVERS :

On finit sur une info qui donne à réfléchir... Le groupe suédois SVT a décidé de faire l'acquisition de sa toute première série turque, SON, l'histoire d'une femme à qui on apprend que son mari est mort dans un accident d'avion, mais qui se demande s'il n'a pas en réalité disparu, étant donné qu'on refuse de lui restituer le corps et que rien n'indique qu'il soit monté à bord de l'appareil. Ce thriller est la première fiction turque à être diffusée en Europe occidentale ; les épisodes seront diffusés en primetime à partir de janvier par SVT (soit un an après son lancement sur la chaîne turque ATV, comme en atteste le Pilot Watch puisque SON était l'une des séries turques que j'ai guettées la saison dernière).
Pour ma part, je suis impressionnée (et c'est ce qui explique que, même si je parle rarement des acquisitions d'un pays à l'autre, j'évoque celle-ci). Imaginez : en pleine Scandiwave, SVT pourrait très bien se reposer sur la proportion fiction anglophone/fiction locale de sa grille ! Mais non, elle décide d'aller chercher des séries en Turquie (effectivement en plein boom elle aussi depuis quelques années). J'admire le fait que SVT ne se repose pas sur ses lauriers et tente quelque chose de ce genre, à plus forte raison avec un thriller et en primetime (il aurait été tellement facile d'opter pour un soap, comme cela se passe souvent pour les telenovelas, alors reléguées dans une case secondaire). Il faudra vraiment surveiller les audiences de cette expérimentation... je me demande si ça va prendre dans d'autres pays européens ?
Accessoirement je suis étonnée de n'avoir jamais lu qu'une chaîne allemande faisait ce genre de tentative ; vu la taille de la communauté turque en Allemagne, ç'aurait pourtant du sens. Personnellement je n'avais pas trop été bluffée SON (moins qu'avec Uçurum, à laquelle j'avais dédié une review de pilote), mais bon, ça ne diminue en rien le mérite de cette acquisition. Il est cependant bon de noter qu'à l'origine, la série est constituée de 25 épisodes de 90 minutes, mais que SVT2 (puisque c'est cette chaîne du groupe qui en a fait l'acquisition) optera pour un format de 50 épisodes d'une demi-heure, en quotidienne. 50 épisodes sur les bras, c'est un sacré défi ! (mais si je sais encore compter, ça implique de sacrées coupes, non ?)
Des nouvelles de ce genre, on pourrait bien en entendre d'autres dans les prochains jours, à mesure que le MIPCOM se rapprochera. Le grand rendez-vous de la fiction internationale se tiendra en effet entre le 8 et le 11 octobre à Cannes.

Ah, si, encore une chose, pour ceux qui ne l'ont pas lu quand j'ai RT l'info sur Twitter : Äkta Människor va sortir en DVD au Royaume-Uni ! Merci qui ? Merci Nordic Noir !

Voilà, promis cette fois, c'est fini !
Alors, la traditionnelle question : quelles sont les infos qui ont le plus piqué votre intérêt/curiosité aujourd'hui ? Ah je vous avais prévenus, il y a de bonnes choses...

Posté par ladyteruki à 22:24 - Love Actuality - Permalien [#]

07-06-12

Un peu d'Éire frais

"The riskier the road, the greater the profit". Ce n'est pas moi qui le dis mais la sagesse populaire ferengi, qui ne me sort jamais totalement de l'esprit lorsque je fais mes emplettes en matière de séries. Et en l'occurrence, ça s'est toujours avéré vrai : prendre des risques, en téléphagie, est en général la meilleure façon de faire de formidables découvertes.
C'est ainsi que je n'ai pas vraiment hésité à m'acheter l'intégrale de The Clinic sans en avoir jamais vu une seule image. Plusieurs saisons d'un coup, ça pourrait faire réfléchir, mais vous allez le voir, le rendez-vous avec la série avait été trop souvent manqué pour que je laisse échapper cette opportunité.
Là, je viens de regarder le pilote et je confirme : le risque valait le coup.

TheClinic-Logo

Née à l'automne 2003 (cette date aura de l'importance ultérieurement, notez-la bien), The Clinic est une série dramatique et médicale irlandaise qui a duré sept saisons sur rté. En toute sincérité, la première fois que j'ai découvert son existence, j'étais en train de lutter pour trouver des séries irlandaises sur la toile, et je ne l'avais pas du tout dans ma ligne de mire, dont la cible était plutôt Raw. Comme souvent, j'ai relevé son nom et son matricule, puis suis revenue à l'objet de ma quête ; de ce côté-là j'avoue faire chou blanc depuis de nombreux mois maintenant, et les DVD de Raw sont devenus introuvables y compris via la boutique de la chaîne publique irlandaise. Bon.
Quelques mois plus tard, j'étais dans une période de fichage sur SeriesLive j'imagine, et je tombe sur le nom de cette série dans mes listings, notamment de par sa plutôt bonne réputation dans son pays natal. Comme souvent dans ces cas-là, je me suis mise en quête d'un pilote, sauf que ça a mis du temps à se réaliser, et quand ça s'est fait, j'étais passée à autre chose et j'ai décidé de le regarder "plus tard". Plus tard, chez moi, ça peut être dans une heure ou au prochain semestre, soyons clairs. Bon.
Plusieurs semaines passent et, alors que j'étais devant Threesome, je suis tombée sous le charme d'Amy Huberman (mais sincèrement, comment ne pas ?). Et là paf, ça me revient : elle était au générique de The Clinic ! Je ressort donc mes archives et extirpe le pilote de The Clinic de sa torpeur... avant de découvrir qu'il était corrompu et qu'en fait ce fichu fichier n'a jamais été lisible. Bon.
C'est donc vers la fin de l'année 2011 que finalement, je me suis prise par la main et que j'ai été voir où les choses se situaient côté DVD. Tout a un prix psychologique, n'est-ce pas ? Et vous connaissez l'attachement que j'ai pour les pilotes. Alors, si le prix n'est pas déraisonnable, pourquoi ne pas tenter de faire l'acquisition de la première saison d'une série qu'on ne parvient pas à découvrir autrement, hein ? J'ai joué avec l'idée pendant quelques temps, surveillant plusieurs sites dont celui de rté.
Puis est venu Noël. Et à ma grande surprise, les saisons 1 et 2 de The Clinic, si elles apparaissaient dans certains catalogues en ligne, restaient assez chères... en comparaison avec l'intégrale, mise en promotion par rté pour les fêtes de fin d'année. Alors j'ai dit banco. Si acheter 7 saisons d'une série coûte moins cher que d'en acheter uniquement 1 saison, pourquoi se priver ? Combien de fois dans ma vie je vais avoir une opportunité pareille ? Bon alors avec mes histoires de carte bancaire, ça a pris plus de temps que je ne le pensais, j'ai bien cru que rté allait remonter le prix de ses coffrets... mais non. Donc nous y voilà, j'ai chez moi l'intégrale de The Clinic depuis la semaine dernière.

TheClinic-Entree

Du point de vue pitch, parce qu'on est quand même aussi un peu là pour ça, The Clinic n'est pas vraiment révolutionnaire. La série se déroule dans une petite clinique privée de Dublin, dirigée par les docteurs Ed et Cathy Costello, un couple marié qui vit dans la demeure qui abrite également la clinique. La Clarence Street Clinic a été cédée au couple par un ancien médecin, le Dr Fleming, aujourd'hui décédé ; la veuve du Dr Fleming vit d'ailleurs toujours dans un petit appartement à l'entresol de la clinique. Outre ces habitations, la clinique abrite également le cabinet de gynécologie d'Ed Costello, la consultation de médecine générale de Cathy Costello, mais également le cabinet du thérapeute Patrick Murray, celui de Susie Cassidy l'homéopathe, celui de la kiné Keelin Geraghty, plus la réception qui concernent deux postes à plein temps (la froide Fiona, qui fait partie des murs, et Áine, qu'il faut prononcer Onia, sur le point de partir en congés maternité), ainsi que le bureau du comptable Brendan Davenport et celui de l'infirmier Alex Walsh. Ouf ! Non attendez, à cela encore faut-il ajouter une femme de ménage et normalement, si je n'ai oublié personne, on a là un aperçu assez complet du personnel de la clinique.

Mais contrairement aux apparences, la Clarence Street Clinic n'est pas un lieu haut de gamme et spacieux ; c'est au contraire un pavillon assez grand s'il n'était qu'une habitation, mais qui, dans sa configuration professionnelle, n'est pas vraiment adapté à autant d'allées et venues. Tout le monde semble entassé en permanence sur plusieurs niveaux et dans des conditions pas franchement high tech ; il n'y a par exemple qu'une salle de chirurgie pour tout ce petit monde. Qui plus est, l'affaire n'est en réalité pas vraiment rentable, et la série s'ouvre alors que les comptes sont vraiment au plus juste.

C'est la raison pour laquelle Cathy Costello, qui est visiblement plus investie dans la gestion de la clinique que son mari, tient à faire entrer un nouveau spécialiste dans la clinique, un chirurgien plastique britannique, Dan Woodhouse, dont les honoraires devraient renflouer les caisses. Elle a également recruté sa lointaine cousine Daisy pour effectuer le remplacement d'Áine à la réception. Inutile de dire que ce n'est pas aujourd'hui que l'escalier exigu de la clinique va désemplir.

TheClinic-Ed

De toute évidence, ce sont ici les docteurs Costello qui sont les personnages centraux du pilote de The Clinic, et notamment Ed Costello qui est respecté et aimé de tous ; d'ailleurs, c'est ici son anniversaire. Mais l'épisode fonctionne réellement sur le principe de la chorale et il est tout-à-fait possible que la suite de la série s'écarte de lui à l'occasion pour prendre un autre focus, ponctuellement ou durablement ; en l'état actuel des choses ça n'est pas du tout impossible.
En tous cas très vite tout ce petit monde, dans cette ruche un peu datée qu'est la clinique, devient très sympathique.

Dés le pilote j'avoue avoir un faible pour Ed Costello. Il n'est pas seulement roux et irlandais, n'allez pas croire que ce soit simplement ça (mais c'est sûr que ça ne gâche rien), il est aussi un personnage facile à prendre en affection. Dans cet épisode inaugural, il va notamment avoir deux patients : l'un qui est un jeune accro aux médicaments qui a cambriolé la clinique, et qu'il va tenter de persuader d'entrer en cure de désintoxication, et l'autre est un couple venu le consulter en raison d'un problème d'infertilité. Dans cette seconde affaire, il sera mis face à un dilemme qu'il va gérer sans en faire des tonnes, mais avec sérieux et dévouement.
Au privé, c'est aussi un homme qui semble toujours d'humeur égale, qui a facilement un mot gentil pour ses employés, et qui est plutôt facile à vivre, surtout en comparaison avec son épouse Cathy qui est un tout petit peu plus coincée que lui (mais on l'a vu, c'est aussi parce qu'elle a pris en charge un nombre non négligeable de missions administratives).
Au bout du compte, Ed Costello n'est pas seulement un chouette gars : c'est aussi le genre de médecin dont vous apprécieriez la discrétion, la patience et l'attention aiguë pour le versant humain de sa profession. Et la rousseur. Non ? Que moi ? Pas grave.

L'introduction des autres personnages se fait de façon variable : longue pour certains, brève voire même déjà ancrée dans des intrigues pour d'autres. C'est ainsi le cas de Susie, dont nous faisons la connaissance alors qu'elle vient de passer la nuit avec un inconnu, un britannique qui vient d'arriver en ville... Les fidèles de Grey's Anatomy auront par la suite l'occasion de vite connecter les points entre eux et comprendre quelle intrigue attend notre homéopathe, cependant l'épisode a l'intelligence d'en jouer au lieu de jouer l'effet de surprise ridicule : Susie ne croisera pas le nouveau chirurgien esthétique de tout l'épisode, chacun menant sa petite vie sans se douter de rien, et surtout pas qu'ils vont bientôt travailler côte à côte ; il est cependant bon de noter que The Clinic est née avant Grey's Anatomy, et que cette ressemblance n'est en rien un emprunt à la fameuse série médicale américaine. Mais force est de constater que le fonctionnement de The Clinic rappellera aussi un peu, de façon éloignée, celui de Private Practice. Sans en avoir l'arrière-goût soapesque ni l'ambition de faire du grand spectacle (les intrigues médicales de la Clarence Street Clinic n'ont rien d'aussi exaltant, à première vue, que celles de l'imposant Seattle Grace, par exemple), The Clinic a donc tout ce qu'il faut pour plaire à un public qui apprécierait ces séries mais serait à la recherche d'un ton bien personnel et non d'un ersatz.

TheClinic-Fiona

Pourtant, très vite The Clinic parvient à trouver une identité propre, entre autres grâce à une intrigue très intéressante. On l'a dit, Ed Costello est apprécié par toute l'équipe de la clinique... et c'est bien ça le problème. Car la réceptionniste Fiona a développé à son encontre une obsession assez malsaine. Elle s'est mise dans la tête qu'elle vivait une liaison avec son patron...

Le pilote sera ainsi l'occasion pour elle de s'entretenir longuement avec le thérapeute de la clinique, auquel elle a été recommandée, et d'assister à un entretien où elle semble se confier sur sa relation avec Ed, le rapport de celui-ci avec son épouse dont à l'entendre il serait sur le point de divorcer, mais aussi de sa solitude. Le portrait est finalement assez terrifiant tant il est en décalage avec ce que l'on peut voir de sa place au sein du cabinet. Bien-sûr, avoir une psychopathe au cabinet est une intrigue qu'on voit aussi bien dans un thriller que dans un soap, mais son traitement est tel que pour le moment, on le prend avec sérieux, voire même avec un petit frisson dans le dos...

L'un des autres points forts des bases que pose The Clinic, c'est aussi ce personnage de vieille dame légèrement encombrante, la veuve Fleming, dont il est entendu qu'elle est là pour rester, même si c'est en dépit du bon sens, au nom du bon vieux temps et du respect dû à feu le docteur Fleming. Ses relations avec les deux docteurs Costello ne sont clairement pas les mêmes ; Ed partage avec elle une certaine tendresse, quand Cathy semble réaliser à quel point elle prend de la place (et fait occasionnellement des boulettes), devenant presque une charge pour le personnel de la clinique. Si cet aspect est développé, cela peut donner une intrigue sur la vieillesse, mais aussi une relation très touchante sur le long terme, et je confesse que c'est l'un des axes qui, derrière ses ressorts parfois tragi-comiques (sans jamais virer au bouffonesque, car l'humour occasionnel de la série reste subtil), peut ouvrir des perspectives vraiment efficaces d'un point de vue dramatique.

Plus généralement, ce premier épisode pose les bases d'un lieu confiné et foisonnant de personnalités variées, avec un don véritable pour les scènes de groupe qui respirent l'énergie et la sincérité. Le poste d'accueil de la Clarence Street Clinic s'impose d'ailleurs vite comme un point névralgique de la série, où se croisent à la fois les praticiens et les patients, dans une sorte de chaos banalisé dont seule Daisy, nouvelle arrivée, semble saisir le ballet frénétique.

On en arrive donc au moment où je vous parle du DVD de The Clinic. Sur le site de rté, on peut actuellement le trouver à 14,99€ ; avec les frais de port, cela nous donne 23,99€. Pour 7 saisons, c'est éminemment raisonnable, je vous le disais. Le coffret a été commandé par mes soins le 23 mai ; le 24 il était mis dans l'avion (c'est pas juste le mail de suivi de rté qui le dit mais le cachet de la poste irlandaise) et le 31, il m'attendait dans ma boîte aux lettres. Je sais pas si c'est parce que je suis habituée à la commande de coffrets australiens, mais ça m'a semblé un plutôt bon délai !!!
Cependant, deux choses sont à noter. D'abord, que le coffret DVD n'est franchement pas sexy. Pour tout vous dire, les DVD sont disposés dans une sorte de livre constitué de pochettes en cartons reliées sur lesquelles les profils des différents personnages de la série sont affichés ; le package est minimaliste, donc, pour ne pas dire un peu cheap. Mais d'un autre côté, impossible pour les CD de se balader dans la boîte comme ça m'est parfois arrivé, et aucun risque de péter le plastique ! (oui j'ai décidé de voir le verre à moitié plein)
Qui plus est, la série ne dispose d'absolument aucun sous-titre, pas même anglais ; il faut se dire que ça aide à se forger une oreille pour les accents ? Ah, et pas de bonus non plus, mais personnellement je les regarde rarement. Après tout j'ai envie de dire qu'il y a une question de rapport qualité-prix, mais je vous laisse seuls juges, comme d'habitude, je ne fais que vous apporter les éléments.

J'espère en tous cas avoir pu vous faire partager un peu de ma découverte. Si certains parmi vous sont intéressés, j'ai, hm, conservé le premier épisode, et je peux donc, hm, entre autres, vous proposer le générique. Entre autres. Si vous me suivez...
En tous cas je me dis que j'ai fait une plutôt bonne affaire, et à raison d'un épisode par-ci par-là (The Clinic en compte 66 au total), ça peut faire une fin de journée plutôt agréable, dans un univers à la fois confortable de par son pitch assez classique, et son univers un peu plus intimiste que beaucoup de séries médicales américaines que j'ai pu voir à ce jour. Expérience concluante. La sagesse ferengi l'emportera décidément toujours.

Posté par ladyteruki à 22:46 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

18-03-11

Il n'y a qu'un pas

Ce qu'il y a de formidable avec les découvertes, c'est que par définition, ça ne s'arrête jamais.
Investie par l'un de vous d'une mission épineuse, me voilà à farfouiller le net en quête d'une série... irlandaise. Une première. Pour l'instant, je n'ai pas trouvé le pilote de Raw, ma cible désignée, mais chemin faisant, je suis tombée sur Love/Hate, une série de 4 épisodes écrite par le même scénariste, et diffusée à l'automne dernier sur RTÉ.

L'Irlande... pourquoi n'étais-je pas encore allée trop fouiner par là-bas, déjà ? Ah, j'y suis : les accents. Ouh, nom d'un chien...!
Bon, mais à part les accents ? Pas une seule raison ne me vient à l'esprit pour éviter les séries irlandaises, et donc, ça tombe bien, j'ai cliqué sur Love/Hate, d'abord parce que ça ne dure que 4 épisodes, donc si vraiment c'est mauvais, dans le pire des cas, je suis tirée d'affaire en 4 heures (bien que nous sachions tous qu'en réalité je n'attends pas si longtemps dans le cas où le pilote est miteux), et en plus, le résumé disait : avec Aidan Gillen. Et là comment vous dire ? J'ai oublié de lire la suite avant de cliquer.

Il faudra pourtant s'armer de patience avant de voir Aidan Gillen débarquer dans cet épisode, mais quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai reconnu un autre visage... puis un troisième ! Vous vous rendez compte que vous commencez à trouver vos repères lorsque vous en êtes à votre troisième "bah merde alors !!! salut, toi !"...
Patience récompensée, donc, car voici quels sont ces deux autres visages :

LoveHate_2 LoveHate_3

Deux acteurs de Misfits dans une même série, c'est pas mal quand même, non ? Pis pardon, mais Robert Sheehan est franchement impossible à ignorer ; il est lumineux, il vole toutes les scènes, il n'y en a que pour lui, c'est fou ! En tant que Nathan, il est drôle et plein d'énergie, en tant que Darren, il est écorché vif et terriblement attachant. Je préfère amplement Darren, mais je ne vous empêche pas d'aller en juger par vous-mêmes.

Bon mais alors, passé le générique, de quoi parle Love/Hate ? Eh bien, exactement de ça. D'un mélange brut d'amour et de haine, de tendresse et de violence. Nos protagonistes sont des gangsters, et lorsque l'un d'entre eux est abattu en pleine rue, la famille endeuillée du défunt se retrouve pour pleurer, mais on commence aussi à parler vengeance.
Il parait que l'idée de la série est venue à son créateur lorsque celui-ci a lu des messages sur divers réseaux sociaux, suite à la mort de gangsters. Le contraste entre la vie de violence et la vie familiale lui est apparu comme intéressant. Je souscris complètement, et j'ajoute que la douleur est extrêmement bien retranscrite. En fait, rarement un épisode aura aussi bien parlé de deuil que le pilote de Love/Hate ; loin de se focaliser sur les guerres de gangs irlandais, le pilote s'attarde sur les obsèques en y consacrant près d'un tiers de son temps.

L'idée, ce n'est pas de se lancer encore une fois dans une démonstration de violence, d'escalade et de baston, après tout on l'a déjà tant vu ! Non, le but du jeu, c'est de nous faire pleinement prendre la mesure du prix à payer. On nous l'a sorti suffisamment longtemps, le refrain des gangs qui vont s'entretuer tout en enterrant leurs morts, sur fond de lutte de pouvoir et de fierté mal placée. Love/Hate mise sur un côté plus humain, la vraie question dramatique, et pas juste sur le spectacle excitant des flingues quipétaradent et des règlements de comptes dans des ruelles sombres.

Car avec Love/Hate, pas de grand spectacle. Tout simplement parce que nos gangsters sont, du moins en majorité, des petits rigolos. Ce sont des petites frappes, pas du tout de gros caïds. Ils vivent en marge de la loi, mais ils n'ont pas la gloire de Don Vito Corleone, et même pas la barraque de Toni Soprano. Ils se rêvent en gros durs, mais l'épisode commence alors que l'un d'entre eux s'entraine à monter son flingue devant Youtube ! Ce sont juste des mecs qui ont mal tourné, mais pas au point d'être devenus importants dans leur milieu, même pas au point de faire peur. Love/Hate s'essaye à une forme de réalisme que j'ai rarement observée lorsqu'on parle de gangsters, où les gens malhonnêtes n'ont pas forcément le mal ancré en eux au point que ça les porte vers une vie excitante et glamour. En cela, le casting est bon, d'ailleurs, parce qu'avec leurs grands yeux, on comprend bien que nos gaillards sont relativement inoffensifs. Mais ils sont tout de même armés, et tout de même dans l'illégalité. J'ai énormément aimé cette ambiguité.

La réalisation joue aussi sur cette contradiction, mais je ne sais pas à quel point c'est à dessein. La musique est souvent outrancière, le premier des trois actes qui constituent le pilote est tourné comme un thriller, presque comme un film d'angoisse, limite d'horreur, les musiques sont à l'avenant, le sentiment d'oppression est constant et donc perd vite son effet, les premières scènes tentent de nous indiquer qu'un évènement terrible va se produire mais l'évènement ne se produit qu'à la 12e minute... On se demande un peu pourquoi ce pilote s'excite autant. Et puis arrive le second acte, justement, et là on est dans l'excès inverse : c'est extrêmement long, on a une impression de silence, de longueur... c'est d'ailleurs très bien comme ça, ça colle parfaitement aux obsèques, dont on ne nous épargnera rien. Le troisième acte, dédié à la réception donnée au pub suite aux funérailles, reprend un peu des deux univers présentés dans les précents actes, comme une synthèse un rien plus équilibrée de deux facettes de la série.

LoveHate_1J'ai déjà fait ce rêve étrange et pénétrant... tiens, je me referais bien volontiers le pilote de Queer As Folk.

Si on se doute qu'il va être question de vengeance ensuite, et que le "parrain" local (Aidan Gillen, ENFIN !) va certainement passablement contribuer à compliquer la vie de tout ce petit monde (parce qu'un personnage porté par le regard d'Aidan Gillen semble voué à une certaine forme de perversion), et qu'il va être difficile de faire taire le désir de "justice" qui anime les protagonistes, il est appréciable de voir ces personnages évoluer avec les femmes de leur vie, les enfants qu'ils ont eu (ou vont avoir) avec elles, et les liens du sang qui les lient. Il y a quelque chose de profondément humain chez Love/Hate qui en fait une histoire radicalement différente de celles que j'ai pu voir précédemment. Mais il faut dire que je ne suis pas fan des gangsters en général.

Vous savez quoi ? A la fin du mois, tout ce petit monde se lance dans le tournage de la saison 2 (eh non, ce n'était pas une mini-série, il y a vraiment des endroits où on commissionne des aisons de 4 épisodes !), ce qui signifie que rendez-vous est pris, le temps que je termine la première saison. Et pourtant, comme je le disais, je ne suis pas fan des gangsters en général.
J'ai juste encore un peu de mal à me faire au rythme des séries outre-Manche, avec ces saisons si courtes et tellement espacées (ce qui ne serait pas un problème si elle n'était que l'un ou que l'autre, mais l'accumulation a tendance à m'agacer). Cependant, une chose est sûre : je commence petit-à-petit à y prendre mes habitudes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Love/Hate de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:58 - Review vers le futur - Permalien [#]