ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-02-13

Moi j'aime pas le pessimisme

Le pessimisme, c'est nul.
Pourtant il faut bien reconnaître qu'on tombe tous dedans de temps à autres. Parfois je fais partie de ceux qui ont simplement parfois du mal à l'admettre (on l'a vu avec la mésaventure Suburgatory). Parfois je me dis au contraire que je suis pessimiste à l'extrême, et/ou sans raison. Les choses ne vont pas si mal, tant qu'on a de quoi regarder des pilotes tous les jours et succomber à un coup de coeur plusieurs fois par mois !

La perception qu'on a de "la saison" est souvent trompeuse ; la saison n'est pas nécessairement nulle juste parce que nous n'en profitons pas autant que nous l'aurions imaginé. Par vagues, depuis le début de la saison 2012-2013, j'ai eu de douloureux passages à vide et d'autres de véritable exaltation. C'est pourtant la même saison !
Il est vrai que la mid-season a été très clémente avec moi, entre The Americans, Monday Mornings, le retour de House of Lies et Smash... mais beaucoup des séries qui constituent mon planning hebdomadaire sont les mêmes qu'au début de la saison ; à l'automne déjà, je regardais Raising Hope, The Neighbors, et j'en passe. Il y a des fluctuations, c'est sûr (The Good Wife est une fois de plus mise en pause ; soyons honnêtes, c'est une série que je préfère regarder en m'enfilant les épisodes par poignées), mais dans le fond, peu de choses ont changé dans mon planning.
Et je ne parle que de la saison en cours de diffusion aux USA, parce que Black Mirror est toujours un délice (d'ailleurs, ma proposition tient toujours), et il y a de quoi faire au Japon. Sans compter que des nouveautés australiennes vont tomber à partir de demain, mais enfin, on n'y est pas, on reparle de tout ça à tête reposée, hein.

Simplement, pour une raison que j'ignore, il suffit d'une annulation (Partners), ou au contraire du visionnage d'un pilote insupportable (on a eu un rude mois de janvier, la preuve par l'exemple avec Banshee), et paf, tout d'un coup, on cède à la négativité.

"Elle est nulle, cette saison", s'exclame-t-on en donnant un coup de pied métaphorique dans notre planning téléphagique, le nez plissé et le regard mauvais. Bon, peut-être après tout... mais avons-nous vraiment une vue suffisamment large de la saison pour pouvoir le dire ? Non. whisper et moi avons un défi consistant à regarder tous les pilotes de la saison américaine (plus les britanniques, les canadiens, les australiens, les français... je lui ai épargné l'Asie, j'ai l'impression d'avoir bien fait !), et nous n'avons même pas une vue suffisamment large de la saison avec tout ça parce que, pour autant que je sache, il n'existe personne qui a regardé tous les pilotes de la saison, et moins encore tous les épisodes. Même pas un nolife comme Truc, là.

Alors du coup, on n'a pas le droit d'être négatifs tant qu'on n'a pas tout vu, voilà ce que je dis !!!

TheAmericans-Flag

...Mais pas ce que je fais.
Ce soir, me morfondant à l'idée qu'il n'y a aucun nouvel épisode de mes marottes du moment, j'ai regardé ce que j'avais à me mettre sous la dent, et j'ai murmuré : "pff, ya rien à regarder... elle est nulle cette saison". Tu parles.
Peut-être que nous avons besoin de penser parfois qu'il n'y a rien de bien à regarder. Ca doit être un réflexe psychologique pour éviter de devenir monomaniaques, je suppose (tout le monde n'est pas forcément pourvu de ce mécanisme cependant).

Pourquoi, en dépit de disques durs qui débordent, de DVD qui s'empilent et de plannings de ministre, trouvons-nous encore le moyen d'accabler cette maudite saison qui a pourtant fait de son mieux pour nous offrir des dizaines de pilotes ? En plus d'être téléphages, nous sommes ingrats. Voilà !

En attendant de retrouver l'inspiration, je vais donc ce soir répondre à une autre interrogation existentielle : peut-on qualifier de marathon le fait de se refaire l'intégrale des 3 épisodes de The Americans diffusés à ce jour ? En ce qui me concerne, j'ai décidé que oui. Comme quoi, elle est franchement chouette, cette saison...

Posté par ladyteruki à 20:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-01-13

Tabula rasa

Entre les séries que je regardais en marathon, et celles que je suivais hebdomadairement, peu auront survécu au passage à l'année 2013.
Et par peu, je veux dire : aucune.

Pourtant il y en a plusieurs avec lesquelles je ne suis pas plus fâchée que ça : The Good Wife, Raising Hope, Nashville, Go On, The Neighbors, Underemployed... je me suis simplement interrompue dans leur visionnage pour céder la priorité à Scrubs, mais je n'ai pas l'ombre d'un grief.
Quant aux deux séries que je pensais dévorer en quelques semaines, soit Jack & Bobby et Drop Dead Gorgeous, eh bien... là encore, le passage à 2013 aura, pour une étrange raison, terminé d'achever ma motivation.

Il en résulte que j'ai abandonné toutes ces séries, et quelques autres. A l'heure où je vous parle, ça fait une dizaine de jours que je n'essaye même plus vraiment (j'ai regardé un Jack & Bobby le premier weekend de l'année, et c'est tout).
Il y a l'effet de manque provoqué par Scrubs qui joue sa part dans ce phénomène, et ça joue encore beaucoup même si ça devient embarrassant à avouer.

Ca ne m'était pas arrivé depuis... je crois en fait que ça ne m'était jamais arrivé... que de me désintéresser de toutes les séries que je regarde, quel que soit le rythme auquel je le fais, au même moment. ABSOLUMENT au même moment.

Cela ne signifie pas que je n'ai pas envie de séries, paradoxalement. J'ai toujours très envie de pilotes (mais quand n'ai-je pas envie de pilotes ?!), et puis il y a la perspective du retour de plusieurs séries, aussi, au nombre desquelles on compte House of Lies et Smash. Je les attends depuis de nombreux mois, et savoir les season premieres si proches me retient de rattraper mes autres séries dans l'intervalle. J'ai d'ailleurs reçu hier mon coffret de la première saison de House of Lies... si j'avais du temps ce weekend, je me ferais presque une intégrale, tiens.

HouseofLies-Season2

J'ai juste envie de rebooter tout mon programme téléphagique, et d'arrêter de me maudire parce que j'ai pris du retard (se répéter tous les jours "ah zut, un nouvel épisode de The Good Wife est sorti, j'ai même pas fini ceux du mois de décembre" n'aide pas). Je ne comprends pas pourquoi on s'impose, parfois, en tant que téléphages, de continuer à suivre un rythme qui ne nous correspond plus, alors que techniquement, rien ne nous y force.
Cette nuit, je me suis fait un film et un pilote au hasard, et j'ai totalement laissé tomber tout le reste. Ca faisait un bien fou d'arrêter de me dire qu'il fallait absolument que "je m'y remette" !
Vous savez quoi ? Si ces séries me plaisent vraiment, j'y reviendrai forcément. Je ne vais pas me mettre la rate au court-bouillon.

Pourvu que l'envie subsiste, du programme téléphagique de fin 2012 faisons table rase.

Mais la question du jour, c'est surtout : est-il possible de lire "tabula rasa" et ne pas penser à Buffy ? Vous avez trois heures.

Posté par ladyteruki à 23:43 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-11-12

Every. Single. Week.

En un début de saison qui a vu apparaître très peu de séries solides, Go On se démarque du lot de nouveautés, non seulement parce qu'elle a pris un départ anticipé mais aussi, et surtout, parce que la série fait preuve de qualités incroyables depuis lors.
De façon systématique.

Difficilement classable comme une comédie, et plutôt héritière des dramédies du câble, dont la fonction est d'émouvoir puis de faire passer la pilule avec un humour absurde et/ou un sens aiguisé de la surenchère, mais taillée pour un network, Go On a, au bout de 10 épisodes à l'heure actuelle, l'honneur d'être la seule nouveauté de la saison à avoir fait un parcours sans faute absolument chaque semaine, permettant au spectateur qui accroche à son ton et son sujet (ce n'est évidemment pas pour tout le monde ; dans un monde parfait, aucune série n'est prévue pour être pour tout le monde) de retrouver à chaque épisode, sans coup férir, tous les ingrédients qui font que le précédent a fonctionné.

GoOn-GroupHug

Sérieusement, faites le calcul : combien de séries sont capables de ça ?
L'autre jour, j'avais une conversation sur Twitter avec Nicolas sur les séries de network, ces dernières années, se montrant d'une qualité indéniable, réellement impressionnantes, et qui peuvent se permettre de tenir la dragée haute au câble niveau qualité ; pour tout dire notre liste était assez courte. En fait, notre liste commençait par The Good Wife, et se poursuivait essentiellement par des titres suivis de points d'interrogation.
Vous savez quelle est la série que j'aurais dû mentionner, pour l'immense respect qu'elle m'inspire semaine après semaine ? Go On. C'est bien, vous suivez.

La première fois que ça m'a frappée, je venais de finir l'épisode avec quelques larmes sur les joues, et j'ai réalisé que ça m'était arrivé à chaque épisode précédemment diffusé. J'avais sincèrement été émue par quatre ou peut-être 5 épisodes d'affilée. Mais non seulement ça, j'avais aussi sincèrement ri à chacun de ces épisodes. Et tout d'un coup j'ai essayé de réfléchir : combien de séries exactement obtiennent de moi le même résultat semaine après semaine, sans jamais m'ennuyer ni échouer à me surprendre ?
Pour autant que j'aime The Good Wife, pour reprendre cet exemple, même cette série a parfois quelques épisodes moins bons que les autres ; ou plus simplement, certains sont plus tragiques, plus légers, plus ambitieux, plus intelligents, plus haletants que les autres. Go On est chaque semaine à la hauteur de la précédente, et chaque semaine, délivre le même cocktail.

Et pourtant, malgré cette recette dont on pourrait croire qu'elle s'apparente aux techniques des procedurals, pas une fois Go On n'a semblé se répéter, ou s'autoriser à être prévisible.

Ce n'est pas simplement que Go On soit profondément attachante, qu'elle parvienne à parler intimement aux spectateurs ou que son humour barge soit efficace. Enormément de séries sont capables de ça. C'est qu'elle le fasse chaque semaine qui fait toute la différence.
J'ai failli protester contre moi-même qu'il y aurait peut-être Raising Hope, dans ce domaine, pour lui faire de la concurrence, car elle est chaque semaine un véritable bonheur à regarder. Sauf que ce n'est pas simplement la satisfaction qui résulte de son visionnage qui est nécessaire pour s'attirer les mêmes compliments que Go On. Même Raising Hope, depuis son démarrage, a connu des semaines plus ci ou plus ça ; ici plus d'humour, là plus de tendresse, là carrément de la romance. Pour l'instant, Go On semble totalement immunisée contre les irrégularités.

Et je crois qu'en réalité, c'est la raison pour laquelle Go On est absolument la seule série que je suis sans jamais l'oublier, ou reporter son visionnage d'une semaine. Ca m'arrive pour la plupart des séries d'être extrêmement flexible dans ma façon de les suivre, mais j'ai réalisé ce soir que celle-là, c'est une incontournable de ma semaine. Parce qu'elle délivre, invariablement, tout ce qu'elle a promis la semaine précédente.

Imaginez une série qui ne vous déçoive jamais, qui ne vous laisse jamais tomber, qui soit capable de marcher sur le fil comme un équilibriste absolument chaque semaine, et dont vous avez le droit de continuer à tout exiger. Cette série, pour moi, c'est Go On. Non seulement je sais ce que je viens chercher en la regardant, non seulement ce que je viens chercher est un travail d'acrobate insensé, mais je sais que je l'obtiendrai systématiquement.

Voilà une promesse que peu de séries de qualité peuvent se vanter de posséder. Y compris sur le câble. Comme quoi, les networks n'ont pas encore dit leur dernier mot, et heureusement.

Posté par ladyteruki à 23:18 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-11-12

Ah, si j'avais les tripes...

Halloween, c'était il y a près d'un mois. A ce moment-là, il était fort opportun de parler de bestioles dégueulasses un peu partout ; pour ma part, j'ai sorti ma carabine et tiré au gros sel sur plusieurs d'entre eux depuis mon balcon (eh, pas de jugement, chacun s'amuse comme il peut ce soir-là), c'était de saison. Hélas pour moi, certains monstres occupent ma vie même le reste de l'année.

Lorsque The Walking Dead a débuté, c'était à l'occasion de Halloween (on avait fait un SeriesLive Show spécial sur les horreurs diverses et variées, zombies, vampires, CW, etc., je m'en souviens comme si c'était hier, ce genre de traumatisme ne s'oublie pas), et quand vient Halloween, depuis, il m'est impossible de ne pas penser au moins une fois à cette série. Peut-être avec une bonne thérapie et un hypnotiseur de talent, je pourrais me débarrasser de ce réflexe, mais en attendant, ça fait deux années de suite que ça me le fait. Je lis également les réactions des uns sur Twitter, quelques articles çà et là, enfin grosso-modo, il m'est très difficile d'oublier que The Walking Dead existe.
Au bout d'un moment, à force de lire des retours, d'entendre dire que des fois il se passe même des trucs pas trop mal (apparemment, le personnage de Carl a l'air d'avoir de bons moments par exemple, ce qui me surprend vu le souvenir que j'en ai), alors je me dis : tant qu'à y penser, ce qui semble de toute façon incontournable, autant regarder. Ca se trouve, on sait pas, cette terreur stupide des zombies pourrait me passer.

Pourtant je devrais savoir que non.
J'ai quand même regardé une saison entière de The Walking Dead, et même le season premiere de la saison 2, et je sais bien, de par le nombre d'heures que j'ai passé dans mon lit, les yeux sur la porte, à guêter le moindre bruissement dans le couloir, aux nombre de fois où je suis passée devant la porte d'entrée et où je me suis demandé si un zombie m'entendrait passer s'il était de l'autre côté, au nombre de fois où j'ai essayé de calculer combien de temps je tiendrais si j'étais enfermée dans mon appart et que je devais vivre uniquement avec mes réserves ; à ces détails et mille autres, je sais bien que non, non regarder The Walking Dead ne crève absolument pas l'abcès : ça entretient ma peur ridicule et infondée des semi-humains qui mangent d'autres humains. Mon Dieu, rien que de l'écrire...

Sijavaisdestripes

Pourtant parfois, je me dis que j'aimerais bien regarder une série comme celle-là, ça me changerait de ce que j'ai d'ordinaire dans mon programme téléphagique, qui actuellement n'est composé que de comédies et de dramas.
Et puis ça doit être cool d'avoir dans son programme plusieurs séries qui durent plus de deux saisons. Là, j'ai pas trop l'habitude, en-dehors de The Good Wife et Raising Hope. D'ordinaire mes séries préférées se font annuler bien avant ça. C'est d'ailleurs une malédiction qui fait un peu peur aussi, mais différemment.
Sans parler du fait qu'il y a des gens qui regardent la série dans ma timeline et que ça serait sympa d'avoir un nouveau sujet de conversation avec eux. Je regarde quand même très peu de séries à vocation "sociale", et le fantastique et la SF restent les genres qui s'y prêtent le mieux, faut pas se leurrer. Ou alors il faut m'indiquer où se trouvent les comptes Twitter où l'on peut disserter à n'en plus finir des épisodes de Nashville !
Et puis peut-être aussi que je me dis que, si d'autres arrivent regarder cette série sans passer le reste de la nuit avec les yeux écarquillés dans le noir, bah j'aimerais bien aussi en faire l'expérience, à mon tour, de ce concept de se faire peur devant une fiction POUR SE MARRER (les gens sont fous). Moi... je me marre jamais quand je vois ces abominations-là ! Je voudrais bien voir ce que ça fait.
Ah, si je n'étais pas une chochotte...

Bon allez, c'est pas grave. En matière de morts vivants, je pourrai toujours me tourner vers Les Revenants. Et puis là, pas sûr qu'ils boustiffaillent des humains, en prime.

Posté par ladyteruki à 23:08 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

23-10-12

Le rire est ailleurs

A chacun ses méthodes. Lorsqu'il s'agit de vous parler d'un pilote, j'aime le faire aussi rapidement que possible après visionnage, et à la condition de n'avoir pas encore vu les épisodes suivants. Généralement, ça veut dire que si je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un pilote que j'ai déjà vu, je n'ai donc pas vu la suite. C'est le cas par exemple pour Puberty Blues, que je tente de reviewer depuis quelques semaines maintenant, et dont je n'ai pas encore vu le deuxième épisode pour cette raison. Ma logique derrière cette règle personnelle (libre à chacun d'en penser qu'elle est absurde, évidemment) est que cela me permet de vous parler du pilote et juste lui, de ce que la série promet, de ce que la première impression produit. Je me réserve ensuite la possibilité d'écrire sur les épisodes suivants et/ou un bilan de saison, selon l'humeur et les choses à en dire, mais ce rituel des pilotes "nus" me semble précieux, à plus forte raison parce que je parle d'énormément de pilotes variés, souvent pour vous les faire découvrir s'ils sont exotiques, et que je ne pense pas que je parlerais correctement de la découverte potentielle que représentent certains épisodes si j'avais déjà en tête les développements qui suivent.
Le problème est que toute règle a ses exceptions. Dans le cas de The Neighbors, je partais sur la série avec un point de vue négatif, le pilote m'a laissée circonspecte, et j'ai fini par suivre les épisodes suivants sans avoir parlé du pilote dans ces colonnes, pour essayer de clarifier ma position à son sujet. Ce qui serait tout-à-fait acceptable, après tout (un cas de conscience similaire m'avait été posé par Girls, à un degré différent), s'il n'y avait pas le défi avec whisperintherain, consistant à reviewer chaque pilote. Même ceux pour lesquels on ne sait pas trop ce qu'on va dire.
Aujourd'hui est donc une exception : je vais vous parler d'un pilote que j'ai non seulement vu dés sa diffusion, il y a bien des lunes, mais pour lequel j'ai déjà suivi plusieurs épisodes. Mais, on l'a dit, j'aime bien réussir mes défis...

TheNeighbors

Le concept de The Neighbors augurait du pire comme du pire : des créatures étranges, qu'on confronte à notre bon mode de vie américain, et qui sont supposées nous faire rire avec un choc civilisationnel à peu de frais... Des idées comme ça, on en avait déjà vu quelques unes, et ça avait donné des horreurs du genre de Cavemen. C'est précisément avec cette idée bien arrêtée que j'avais lancé le pilote de The Neighbors, convaincue que le concept était mauvais jusqu'à la racine et qu'il ne pouvait rien en sortir de bon. A cela encore fallait-il ajouter le handicap Jami Gertz (si vous n'avez jamais vu Une Famille Presque Parfaite, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'horreur), et, osons le dire parce qu'on y est tous quand même un peu réceptifs, aucun autre nom, derrière ou devant la camera, qui ne donne vraiment confiance.
Au temps pour mes espoirs de neutralité, envoyée ici au tapis.

Dans le fond, je crois que je m'étais convaincue à un moment, et allez savoir comment puisque je ne regarde aucun trailer, que The Neighbors serait une sorte de comédie grossière, maladroitement filmée en single camera mais reposant sur les réflexes des pires sitcoms en multi-camera, reprenant les clichés sur la vie d'une famille de banlieue, comme une façon nouvelle de filmer, je sais pas moi, disons According to Jim (si vous n'avez jamais vu According to Jim, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'abomination).
Les premières images m'ont en réalité à peine détrompée. L'arrivée de ces étranges voisins sur Terre semblait caricaturale, et les blagues n'étaient pas très fines. L'arrivée de la famille humaine dans leur petit quartier résidentiel (sur un court de golf) ne répondait pas tellement plus à mes interrogations.

Pourtant, quelques choix ont commencé à me mettre dans de meilleures dispositions, progressivement. Le fait, d'abord, que l'identité secrète des voisins de l'étrange ne soit pas connue que des spectateurs, mais au contraire, rapidement dévoilée aux protagonistes humains. Voilà qui aurait, sans nul doute, été à l'origine de nombreux scénarios pénibles sur la nature réelle qui manque in extremis d'être découverte une semaine sur deux, ou, au contraire, les démonstrations d'ingéniosité des extraterrestres pour ruser et berner leurs voisins trop bêtes pour voir ce qui est sous leurs yeux. L'épisode inaugural tentera quelques plaisanteries sur le mode "ils doivent être Européens", mais la résolution rapide du mystère des origines du quartier coupera court à ces blagues éculées, par exemple.
Avantage corollaire, les humains ne sont donc, dans The Neighbors, pas des imbéciles : certes, la situation les effraie initialement, et à juste titre, leur faisant perdre temporairement leurs moyens, mais ils ne font pas complètement honte à leur espèce et font montre de facultés d'adaptations louables.

Les excentricités de ces voisins venus d'ailleurs sont parfois peu originales, je le maintiens, mais ce n'est pas lourd non plus et c'est ce qui présente des avantages certains.
Ainsi, ce qui va devenir un effet récurrent est souvent efficace : la communauté d'extraterrestres habitant l'enclave a tendance à être très soudée, et à se regrouper pour toutes sortes d'activités des plus anodines, comme dans ce pilote, venir souhaiter la bienvenue aux nouveaux-arrivants. Certains passages du pilote de The Neighbors ont presque des airs de Suburgatory (si vous n'avez pas vu Suburgatory, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de la déception), dans la façon de mettre en place un univers à la fois résolument familier et un décalage loufoque tentant de passer pour une norme locale.

Finalement, l'épisode s'oriente vers une comédie mettant en scène deux couples, deux façons de fonctionner, qui vont sympathiser malgré tout, et que l'un de ces couples manque de sacrifier son dernier-né afin de pouvoir contacter la planète-mère n'est finalement qu'un à-côté. Rapidement, les hommes plaisantent entre eux, les femmes entre elles, dépassant leurs différences, se confrontant au regard de l'autre ; ça ne donne pas nécessairement des histoires foudroyantes, mais au moins les dialogues valent le coup, le ton souvent peu expressif ou lunaire des voisins accentuant l'absurde de certaines conversations.
The Neighbors n'est pas la catastrophe annoncée. Au stade du pilote, toutefois, ce n'est pas non plus une grande réussite. Sans être l'abomination que je craignais, la série manque d'énergie, et à plusieurs reprises, elle prouve aussi que son cast manque régulièrement de charisme, notamment chez les humains où personne ne se donne beaucoup de mal (porter le rôle de repère de la normalité n'aide évidemment pas ce phénomène). Il manque à The Neighbors quelque chose, une étincelle, qui provoque l'hilarité, et donc le coup de foudre ; on en est même très loin.
Difficile pour The Neighbors d'offrir quelque chose du niveau par exemple de Raising Hope, référence absolue des séries à l'humour increvable de ces dernières années (si vous n'avez pas vu Raising Hope, il faut vous y mettre).

Fort heureusement, avec le recul, et puisqu'une fois n'est pas coutume j'en ai au moment de rédiger cette review de pilote, il faut admettre que The Neighbors a quelques tours dans sa manche par la suite, y compris, ponctuellement, dans le domaine de l'émotion, et j'étais la première surprise. Sans être non plus extra-touchante (pardon), la série parvient à donner corps à des personnages pas tout-à-fait unidimensionnels et sympathiques. Quelques bonnes idées attendent les spectateurs patients par la suite, rattrapant des intrigues souvent peu motivantes sur le papier, mais relativement bien troussées (je pense par exemple à l'épisode dans lequel des amis du couple viennent les visiter dans leur nouveau voisinnage), montrant que, même s'il manque quelque chose à The Neighbors, ses auteurs tentent des choses et, parfois, les réussissent vraiment. Ce n'est pas la norme dans les épisodes diffusés jusqu'à présent, où beaucoup de scènes se regardent d'un air blasé, mais quand ça se produit, ça fait plaisir.

Clairement, The Neighbors n'est pas mon coup de coeur de la saison, loin s'en faut. Mais je crois que ce qui m'avait laissée certes rassurée, mais pas complètement convaincue à l'issue du pilote, en fin de compte : on s'y fait. On admet qu'on ne se tordra pas de rire. On admet aussi que ne pas se tordre de rire devant une comédie ne signifie pas qu'elle est nulle. The Neighbors ne nous prend pas pour des spectateurs auxquels il faudrait bourrer le mou avec des ingrédients, des gags et des personnages ridicules, et c'est toujours ça de pris. Après, je ne sais pas s'il faut vraiment laisser du temps à cette série, qui confirme dans ses épisodes suivants les mêmes mollesses, les même maladresses, que dans son pilote ; si ce dernier ne vous rebute pas après visionnage, sachez qu'il y a peu de chances pour que vous développiez une profonde aversion pour la série dans les épisodes qui suivent. En revanche, si vous êtes en quête d'un moment de drôlerie absolue, et que le pilote ne vous décroche pas même un rictus fatigué, changez de crèmerie.
Mais ça se trouve, sur Zabvron, les spectateurs sont pliés en quatre, on sait pas.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 15:49 - Review vers le futur - Permalien [#]


01-09-12

Liens du sans

Ca y est, c'est le mois de septembre, et c'est officiellement le moment pour des centaines de séries de démarrer. Peut-être pas des centaines, admettons. Mais c'est donc le mois pendant lequel notre défi va s'intensifier. whisperintherain et moi-même avons en effet décidé de regarder et reviewer absolument chaque pilote de série de la saison, et c'est aujourd'hui le tour de Ben & Kate.
Evidemment, en lien à la fin du post, je mettrai la review de whisper dans un joli petit lien sur lequel vous pourrez cliquer sitôt qu'il l'aura postée, et ainsi comparer nos deux avis.

BenandKate

Beaucoup de comédies nous emmènent sur le terrain de la famille, cette année, semble-t-il. Il fallait s'y attendre : c'est l'effet Modern Family. Les bandes de copains et les situations professionnelles existent toujours, évidemment, mais on sent bien que par un prompt renfort, cette année, des familles plus ou moins marrantes nous envahissent. Après The New Normal qui voulait absolument nous imposer un cadre familial pas-courant-mais-en-fait-c'est-la-norme, et avant Guys with Kids qui tentera de nous montrer une inversion des rôles traditionnels dans la famille, voilà donc Ben & Kate.
Je n'avais d'ailleurs aucun a priori sur la série pour la bonne raison qu'en-dehors de son titre, je n'avais absolument pas prêté attention à son existence. C'est ça qui arrive quand aucune chaîne de l'Utah ne fait de manières pour vous diffuser...

Ben & Kate, c'est l'histoire d'un frère et d'une soeur qui ont grandi ensemble mais ont des personnalités opposées : Ben est un grand gamin irresponsable et imprévisible, tandis que Kate a mûri très vite, est la mère d'une petite fille de 5 ans et conserve toujours la tête sur les épaules. A ce duo s'ajoute donc la fille de Kate, une adorable petite rouquine du nom de Maddie ; la collègue de Kate dans le bar où elle travaille, BJ ; et le meilleur pote de Ben, qui est amoureux de Kate (et pas secrètement du tout), Tommy.
Dans cette étrange petite tribu, il y a donc un noyau familial et des pièces rapportées. Le pilote ne fait pas mine d'essayer de nous expliquer que c'est un autre genre de famille (vous savez, la famille qu'on choisit), mais c'est quand même un peu l'idée générale, d'autant que le couple formé par Ben et Kate, s'il est naturellement totalement platonique, rappelle énormément la structure de nombreux couples de télévision, où le mari n'est pas très sérieux et la femme l'est pour deux.
On est donc dans une dynamique qui n'invente pas le fil à couper le beurre, et il faudra donc compter sur autre chose pour susciter l'attention dans ce premier épisode.

Malheureusement, le pilote de Ben & Kate ne commence pas de façon fulgurante. Il est même, osons les mots, franchement lent. L'exposition est assez convenue et manque de rythme, on passe énormément de temps à s'inquiéter de l'état de la vie sentimentale de Kate, qui n'a que très peu d'intérêt, et de ses petites névroses de célibataire, ce qui fait qu'on profite assez peu de ce que le pitch de départ peut offrir sur le plan de l'humour. Ce registre est d'ailleurs entièrement dévolu à Ben et son meilleur copain, avec une ou deux sorties du côté de BJ, ce qui limite franchement les promesses d'avenir. Chaque membre du couple est parfaitement dans son rôle, et Kate aura toutes les peines du monde, pendant cet épisode, à ne pas sembler totalement coincée, et donc à passer pour l'éteignoir de la série.
Des recettes classiques et sans prise de risque, qui font qu'on navigue dans les eaux tranquilles de la série pas bien méchante, mais qui a substitué la légèreté à la véritable comédie, faute de se trouver une énergie personnelle.

Il faudra attendre la toute fin de l'épisode pour que Ben & Kate s'éveille enfin, avec une séquence très touchante nous permettant, enfin, de ressentir le lien entre les deux protagonistes éponymes. C'était évidemment primordial de ne pas tenir pour acquis que ces deux-là étaient très proches, et vu leurs différences, il fallait absolument montrer ce qui les unit. Bon, ça aura pris du temps, mais vers la fin du pilote, c'est tellement palpable que je confesse en avoir eu l'oeil humide tant la scène était jolie comme tout. Classique, certes, mais vraiment capable d'atteindre son but.
Cette séquence émotion est suivie par une autre pleine de bonne humeur, qui officialise la petite tribu comme étant une petite famille composée, et rappelle à quel point chacun, s'il peut sembler seul ou pathétique pris à part, trouve vraiment avec les 4 autres un nid chaleureux. Cette partie fait chaud au coeur comme un épisode de Raising Hope.
Pour finir, le pilote s'achèvera sur un gag hyper facile, mais efficace en diable, afin de conclure sur une bonne note qui met de bonne humeur.

Alors au final, eh bien il s'avère que le bilan pour Ben & Kate est positif pour moi, tout simplement parce que j'ai pleuré et ri à quelques secondes d'intervalle sur la fin, et que, eh bien, devinez quoi : la dernière impression reste. Et puis, ils sont effectivement sympas ces personnages, même s'ils sont peu originaux, les acteurs principaux (Ben, Kate et Maddie) ont un vrai capital sympathie, ils fonctionnent bien ensemble, bref le trio est capable de s'installer dans votre salon l'air de rien, et pour une comédie familiale, c'est quand même vital.
Seulement, ce pilote manque aussi dramatiquement de folie. Je citais plus haut Raising Hope, mais Ben & Kate est bien loin de parvenir à susciter le rire avec autant d'énergie, et ne parlons même pas d'inventivité. Le personnage de Ben pourrait devenir plus barré, cela aiderait, mais il faut aussi décoincer le personnage de Kate qui a tendance à empêcher les scènes de vraiment être propices au lâchage. Même dans les dialogues où elle tente l'humour (comme dans l'église, par exemple), Kate ne parvient pas à être totalement drôle. Peut-être que finalement il faudra qu'elle soit juste un peu plus caricaturale pour réussir à nous faire rire.

Ce n'est pas assez barré. Mais le potentiel est là, et je serai ravie de passer encore un ou deux épisodes avec Ben, Kate, Maddie, BJ et Tommy, histoire de voir si les scénaristes se laissent aller à de véritables délires. D'ailleurs, s'ils ne le font pas, on se retrouvera vite avec des histoires un peu trop communes qui risquent de ramener toujours les mêmes clichés sur la table (le mec irresponsable et la fille qui répare les dégâts), et ça franchement, on a donné. Il n'y a donc pas 712 options.
Ben & Kate a une chance d'atteindre son objectif, donc ; avec un peu de travail, elle pourrait avoir beaucoup de charme, mais ce n'est pas encore gagné. Espérons qu'entre le pilote et le deuxième épisode, une prise de conscience se fasse, parce que j'ai aussi le sentiment que dans le cas contraire, on passerait à côté d'une sympathique aventure.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 02:07 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-06-12

Vous avez un ancien message

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de Cracked intitulé Why Every '80s Sitcom Decided to Kill Off the Mom sur lequel j'ai d'ailleurs tweeté ; c'est lui qui m'avait donné envie de me replonger dans Punky Brewster, d'ailleurs.

Outre l'analyse de l'article en elle-même, plutôt intéressante, cet article sur les sitcoms des années 80 et leur portée sociale m'a laissé songeuse. L'auteur prend évidemment toutes les précautions, et nous explique qu'il ne s'agit pas de prétendre que TOUTES les séries de cette époque employaient cet outil de la maman absente pour raconter leurs histoires. Mais une quantité non-négligeable d'entre elles avait de toute évidence un point commun révélateur.
Alors, que dira-t-on des séries que nous regardons actuellement ? Que disent-elles sur notre société actuelle ?

Evidemment, avec le temps et les mutations de l'industrie télévisuelle, les choses sont un peu différentes. On n'est plus dans les années 80, voyez-vous.
Il y a chaque année plus de chaînes, et il y a chaque année plus de chaînes qui se lancent dans les fictions originales ; cette semaine, c'était encore le cas de Bounce TV, par exemple. Avec l'intensification des productions du câble, le panorama s'est diversifié. Il est déjà devenu compliqué de faire des généralisations par chaîne (ou alors à la louche : genre généraliser les séries de Showtime quand on peut y trouver aussi bien The Borgias que The Big C), alors comment faire des généralisations sur le message de ce que plusieurs dizaines de chaînes nous racontent sur notre époque ?

Evidemment, on peut quand même regrouper certaines séries dans des groupes.

On pourrait par exemple discuter de ce que toutes les séries policières cérébrales de la décennie des années 2000 disent sur notre besoin d'omniprésence policière, de rationalisme, et de besoin de mettre les méchants en prison grâce à des preuves irréfutables. Avec l'annulation d'une première série de la franchise des Experts, on peut d'ailleurs imaginer que ding dong, la sorcière est morte, et que cette page est en train de commencer à se tourner.

A part ce cas particulier qui concerne un genre à part entière, un "message" donné peut concerner quatre, cinq, parfois une demi-douzaine de séries, mais rarement plus. Par exemple je me souviens avoir trouvé lamentable qu'en période de crise, des séries comme Breaking Bad, Weeds et Lights Out s'évertuent à nous expliquer que "la fin justifie les moyens", en particulier lorsqu'un peu d'humilité pourrait parfois tout aussi bien arranger le problème financier des personnages (si ce n'est qu'on n'aurait pas de matériel pour une série ; bon, certes). Ces séries s'obstinaient à nous dire que le confort matériel primait sur tout, y compris le confort tout court. Qu'importe que vous soyez misérable, du moment que l'argent est là !
Mais, même en ajoutant Necessary Roughness et Hung à ce petit cercle, difficile de dire qu'il s'agit là d'un véritable ras-de-marée, aux proportions réellement emblématiques.

J'en étais à ce stade-là de ma réflexion quand je me suis souvenue de mon ressenti il y a quelques mois.
Plus précisément, quand Last Man Standing, Work It, How to be a Gentleman et Man Up! se sont succédées pendant cette saison. Toutes, loin de là, n'ont pas trouvé de succès immodéré. Mais leur message était clair : l'homme doit reconquérir son statut viril et dominant, sous peine de devenir une proie pour les méchantes femmes indépendantes. Sérieusement, la plupart de ces séries l'ont dit de façon encore plus explicite que ça dans leur pilote, je ne fais que paraphraser.
Contrairement au groupe précédent, qui concerne à grand'peine une demi-douzaine de séries dont la création est répartie sur plusieurs saisons, ces séries de machos (mais machos contrariés, érigés en victimes) ont vu le jour pendant la même saison. C'est pour cette raison que le message me semble assez significatif.

Du coup, peut-être qu'on regardera les séries comme Last Man Standing, dans quelques décennies, comme des signes d'un retour en arrière conservateur sur le rôle de l'homme et de la femme dans la société. Peut-être qu'un mec qui écrira dans trente ans sur un truc qui sera l'équivalent de Cracked aujourd'hui, nous expliquera que c'était lié à la situation financière de nos pays, et que d'ailleurs la plupart du temps, une crise économique s'accompagne d'un retour des vues conservatrices, et que ça n'a rien d'étonnant. Peut-être qu'il fera le lien avec les Personhood Laws et leur importance en pleine campagne présidentielle américaine.

Ou peut-être pas, d'ailleurs.
Je veux dire : peut-être qu'il y a toujours eu une demi-douzaine de séries machos par an, et je ne m'en aperçois que maitenant ? Peut-être que c'est moi qui deviens une chienne de garde qui prend la mouche facilement. Ca me fait peur autant qu'à vous, je vous rassure. Après tout, Ma Famille d'abord ne date certainement pas de cette saison.

Et puis, évidemment, qui peut prétendre avoir, aujourd'hui, le même recul sur les séries que nous avons actuellement sur nos écrans, que l'auteur de Cracked sur ces sitcoms des années 80 ?

BabyDaddy

Et pourtant, alors que je regardais le pilote de Baby Daddy, jeudi matin, je me disais que certaines choses étaient quand même bien intégrées. Dans ce (mauvais) pilote de (mauvais) sitcom, une fois de plus, on est supposés être hilares parce que trois mecs se retrouvent dans la terrifiante position de devoir s'occuper d'un enfant. Alors que quand même, quoi, soyons sérieux : ce sont des mecs !

Certes, le gag n'est pas jeune : il est directement inspiré de Trois hommes et un coufin, après tout. Et le jeune adulte irresponsable qui découvre son reflet dans le regard pétillant d'un bébé était déjà au coeur de Raising Hope.
Sauf que la famille Chance est dysfonctionnelle dans son ensemble ; sa dynamique ne repose sur aucune forme de sexisme. Tandis que les scénaristes de Baby Daddy ne se donnent la peine à aucun moment de faire semblant de partir du principe que l'équation hommes + enfant est incongrue. A un tel point d'ailleurs que leur amie Riley, lorsqu'elle entre en scène, prend immédiatement les choses en main afin d'éviter la catastrophe : c'est normal, c'est une gonzesse. Même si elle a le même âge qu'eux, il est logique qu'elle sache s'occuper d'un enfant.

Baby Daddy est, répétons-le encore une fois pour ceux qui auraient besoin de l'avertissement, un mauvais sitcom.
Mais, vous voyez, un mauvais sitcom non-sexiste se contenterait de glisser une phrase du genre "je me suis occupée de mes 712 frères et soeurs, je sais comment faire" vite fait bien fait. Ce ne serait pas drôle, mais ça aurait un sens.
Un mauvais sitcom sexiste laisse la chose inexpliquée, parce que l'explication, c'est qu'une femme sait s'occuper d'un bébé (elle sait même faire apparaitre un biberon comme par magie alors que deux des garçons sont partis en course pour en chercher). C'est intégré, comme je le disais, que la femme de l'équipe sache prendre les choses en main. Voyez, ce n'est pas drôle.. et ça a aussi un sens.

Alors, peut-être que je suis peut-être devenue une chienne de garde, ça se trouve. Ou alors de plus en plus de séries puent vraiment le sexisme à plein nez.
Remarquez que l'un n'exclut pas totalement l'autre, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 22:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-11-11

The token comedy

Il y a des comédies qui sont drôles, et qu'on regarde avec plaisir. Il y a celles qui ne sont pas drôles, mais alors pas du tout, si bien que passé le pilote on n'y revient jamais. Et il y a les autres comédies.
Celles qu'on ne trouve pas drôles, mais dont on n'irait pas jusqu'à dire qu'elles sont mauvaises. D'après mon expérience, on en regarde une par saison, parfois deux ; plus si vraiment on aime bien se faire lobotomiser en se réfugiant derrière l'excuse qu'on a eu une dure journée. Ah oui, la journée de la gentillesse c'était dimanche, les hostilités ont repris depuis !

L'an dernier, ma comédie "je ris pas mais c'est pas comme si ça me dérangeait", c'était Mike & Molly. Mais après avoir passé la saison à me demander pourquoi je cagoulais l'épisode chaque semaine, trouvant en général une réponse dans deux répliques de Katy Mixon, j'ai pris la résolution de ne plus me trépaner volontairement devant cette série qui même sur le plan de la tendresse, avait de sérieuse lacunes. De grosses lacunes, dirais-je si j'étais mauvaise langue. Bon vous avez raison, c'est pas la peine de cacher ma nature profonde, oui, c'étaient de GROSSES lacunes.
Cette année, cette série, c'est 2 Broke Girls.

Broke
Je regarde chaque nouvel épisode en me demandant ce que je fais là. Les blagues sont outrancièrement pas drôles. Kat Dennings en fait des tonnes (ça fait deux-trois semaines que pendant l'épisode, je me mets à fantasmer sur une façon que pourrait trouver le scenario pour la plonger dans un coma profond et nous faire des vacances). Beth Behrs est effrayante (c'est FORCEMENT une perruque !). Les scénarios donnent bonne réputation aux fanfictions écrites par les gamines de 12 ans. Les seconds rôles donnent réellement envie qu'on leur file un couteau pour se faire harakiri. Et pas de Katy Mixon en vue.
Mais que voulez-vous, en début de semaine il y a tellement de dramas qu'un peu d'humour, ça fait un bien fou après un Homeland.

Ce n'est pas drôle. Mais c'est un peu moins pas drôle que d'autres séries que je supporterais encore moins en début de semaine.
Plus tard, les choses s'arrangeront avec Raising Hope ou Suburgatory. Mais le lundi, c'est le jour où je ne rigole pas. Et il faudra bien s'y faire puisque mes débuts de semaine vont bientôt être dépourvus de Death Valley ou de Threesome pour réellement s'amuser (incidémment, ces deux séries ont connu cette semaines un certain relâchement, certes relatif, mais tant mieux, le season finale de ces deux séries n'en sera que meilleur).
Chaque semaine je me dis que je vais arrêter. Et chaque semaine je cagoule l'épisode en me disant que j'ai trop besoin de me marrer, même devant quelque chose de pas drôle.

Mais bon, ce n'est pas grave d'avoir une série comme ça dans mon menu. Quand il y en a une, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

Posté par ladyteruki à 23:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-11-11

Désenchantée

Desenchantee

Il y a eu une période pendant laquelle on a connu une crise du générique. Il m'arrive d'en discuter parfois avec d'autres téléphages et de les entendre en parler au passé, comme si c'était résolu. Je n'en suis pas si convaincue. Cette saison nous a apporté très peu de nouveaux génériques, en particulier sur les networks, qui semblent avoir totalement abandonné.
Les rares à être apparus n'ont pourtant rien à envier à leurs aînés. Suburgatory (qui entre parenthèses est la preuve qu'on peut faire quelque chose de sympathique en 9 secondes), Homeland, Boss... autant de séries qui ont su, chacune à sa façon, tirer un avantage de leur générique pour apporter une nouvelle dimension à leurs épisodes, Homeland portant même cela au rang d'art puisque le générique vient même compléter l'exploration de l'un de ses personnages principaux, au lieu de simplement présenter la série ou lui apporter une signature.

Mais je crois que ce qui me fâche plus encore, c'est quand une série reposant en grande partie sur des effets spéciaux ne se donne pas la peine de fournir un générique. C'est la seule chose que je n'ai jamais vraiment pardonnée à Pushing Daisies, bien qu'appréciant les deux petits écrans que la série a proposé pendant sa brève existence. Et c'est ce que je n'arrive pas à tolérer chez Once Upon a Time, Terra Nova... on verra bien ce que décide Grimm.

On en regarde pas Once Upon a Time pour sa mythologie complexe, ses dialogues au cordeau et ses prestations d'acteur impressionnantes. On le regarde, comme un gentil divertissement qu'elle est, comme une série qui a pour avantage premier de faire rêver. Ne serait-ce qu'un peu. Et je vous le demande, où est le rêve dans un malheureux panneau de quelques secondes ? Je serais même prête à mieux accepter un diaporama des différents posters promotionnels plutôt que ce bête écran sans saveur.
Encore moins que les autres, les séries fantastiques ou de science-fiction n'ont pas le droit de se priver de générique. Déjà à titre symbolique, mais aussi parce qu'elles ont un univers à générer et que cela passe par un générique, aussi absurde que ça puisse paraitre au premier abord. On a besoin de se remettre dans le contexte irréel de ce genre de séries. On a besoin de lancer notre imaginaire, qui a vagabondé et s'est même bien souvent mis en veille entre deux épisodes qu'une semaine sépare, parfois plus. C'est encore moins pardonnable à une série de genre.

Alors, cause ou conséquence, je l'ignore, mais mes séries préférées de la rentrée ont quasiment toutes un générique (PanAm et Enlightened faisant exception, mais curieusement, mon attrait pour ces séries est plus fragile en cas d'épisode plus faible, alors que j'ai tendance à pardonner très facilement à Suburgatory, par exemple).
Oh et au fait je confirme : Once Upon a Time ne m'a vraiment pas accrochée au terme de son deuxième épisode. Rapport ou coïncidence, à votre avis ? Ce qui est certain, c'est que ne pas voir de générique m'a mise dans de mauvaises dispositions pour les minutes suivantes. D'ailleurs, cette semaine, Raising Hope m'a semblé plus drôle, et je me demande si le retour du générique (uniquement le temps d'introduire une modification de statut, à tous les couos) n'y est pas pour quelque chose. Voyez ? C'est fou l'influence que peut avoir un générique.

Posté par ladyteruki à 23:09 - Médicament générique - Permalien [#]

15-09-11

Félicitations ! C'est une comédie et elle pèse 175 Mo...

C'est quand Up All Night essaye le moins de me faire rire qu'elle y parvient. Pour être plus précise, les scènes avec Maya Rudolph sont presque systématiquement pas drôles à force d'essayer de l'être, et toutes les autres sont de l'or en barre.

Pas de malentendu : j'adore Maya Rudolph. Mais je commence un peu à la connaître et je sais qu'elle a deux modes : le dramatique, et le caricatural. Elle n'a rien entre les deux. Quand elle donne dans le dramatique, elle utilise sa sensibilité pour apporter de la nuance à son jeu, et elle se repose sur le script ; et quand elle donne dans le caricatural, elle utilise le texte pour faire des drôles de trucs avec sa voix, son phrasé, son corps, mais elle se désengage complètement de l'histoire.
Et comme dans Up All Night, son rôle n'est pas du tout de faire dans le sensible, on se retrouver avec ce personnage outrancier. Le problème, c'est que le ton d'Up All Night, tel que mis en place par le fabuleux tandem Applegate/Arnett (et très franchement, je ne les voyais pas ensemble dans une comédie, mais ils sont incroyablement compatibles), c'est d'être totalement dans l'humour pince sans rire et dans la mesure, donc ça jure épouvantablement.

La bonne nouvelle, c'est que pour le moment, on voit quand même peu Maya Rudolph, mais hélas l'intention de NBC n'est pas de la maintenir dans un rôle secondaire. En attendant de voir ce que son personnage va pouvoir inventer pour être un peu moins agaçant (et pour que l'actrice se calme aussi un peu), on peut pleinement profiter des excellentissimes scènes entre les parents, qui sont des perles. Moi qui ne porte pas spécialement Arnett dans mon coeur, je l'ai trouvé juste parfait, bien plus mesuré que dans ce que j'avais pu voir de lui précedemment (Arrested Development, 30 Rock, un ou deux films...), et la relation avec le personnage d'Applegate est vibrante d'énergie, de complicité et d'intimité.

Le couple qu'ils forment est sympathique parce qu'ils ne deviennent pas des parents ennuyeux, ceux qu'on trouve dans ces innombrables comédies sur la gentille petite vie de famille middle-class (je le sais pour regarder des épisodes de Rodney en ce moment entre deux cartons), et ce ne sont pas non plus des rigolos qui font comme s'ils ne venaient pas d'avoir un enfant ; en fait ils sont pris entre deux feux, et cherchent un équilibre qui dés le pilote est assez bien trouvé. Ni STFU Parents, ni trublions irresponsables (on a déjà Raising Hope si on veut une famille totalement dysfonctionnelle), ils nous font rire non pas parce qu'ils sont ennuyeux comme les centaines de parents de télévision qui ont défilé dans un grand nombre de comédies pendant ces 50 dernières années, ni parce qu'ils font les pitres, mais parce qu'ils veulent juste être bien dans cette nouvelle vie, trouver le juste milieu, se marrer et être responsables, en un mot, être eux-mêmes. Ils me plaisent bien.

Juste une fois, j'aimerais bien que ce genre de comédie (et j'ai le même sentiment avec Raising Hope) tiennent plus de deux ou trois saisons, comme c'est habituellement le cas, et qu'on voit cette famille évoluer avec les années, allant jusqu'à l'adolescence de l'enfant si possible. C'est vraiment le genre de choses qu'il est intéressant de voir sur le long terme, et plus touchant que juste pendant les premières années du bébé. J'espère qu'Up All Night tiendra jusque là, sans trop y croire.

Up All Night, c'est aussi une nouvelle série de la grande famille de SNL (Rudolph est une ancienne de l'émission, Arnett est le mari de Poehler, c'est produit par MONSIEUR Lorne Michaels, et écrit par une ex-scénariste de l'émission...), et c'est peut-être aussi ce qui explique que je m'y sente bien. Le rythme est un peu celui de l'émission à sketches, très peu de longueurs (seulement la dispute "MOI j'étais réveillé") et un côté occasionnellement parodique du monde de la télévision (j'adore le générique débile du show d'Ava) qui font que je suis en terrain connu, je suppose.

UpAllNight
Résultat : Up All Night, c'est bien parti pour être l'une de mes comédies de la saison. Ca tombe bien, avec l'annulation de Better With You et Outsourced, j'étais un peu en manque de trucs à regarder en allant au boulot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Up All Night de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:12 - Review vers le futur - Permalien [#]


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