ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-11-12

You can take the girl out of the country...

On est très officiellement en novembre, ce qui veut dire que le plus gros des pilotes américains est derrière nous... jusqu'à la mid-season, en tous cas. Ca va nous laisser le temps, à whisperintherain et moi, de revenir sur les pilotes qu'on n'a pas eu le temps d'aborder dans le cadre de notre défi. Mais curieusement, il y en a un pour lequel je n'ai pas eu besoin de tableau Excel pour me souvenir de le regarder...

MalibuCountry

Bon alors, on est tous conscients que ce post ne comportera pas la plus petite once d'objectivité, n'est-ce pas ? On sait tous que j'adore Reba McEntire, que j'ai vu Reba deux ou trois fois en intégralité (et le pilote au moins le double), et que je suis capable de mettre tout esprit critique de côté quand l'affectif s'en mêle ? Qu'en plus j'adore la country music ? On le sait tous, hein, j'ai pas besoin de vous le rappeler ? Bien.
Non parce que ce pourraient être des informations que vous souhaiteriez garder en tête en lisant la review qui va suivre. Pour vous éviter la crise d'apoplexie. Pour vous retenir de me lyncher.
Mais je m'en fous. C'est un tel plaisir de retrouver Reba ! De retrouver son accent délicieux et son caractère de cochon ! Et sa crinière rousse ! Ce qui ne gâche rien.

Il y a quelques bonnes idées, en plus, pour accompagner ce retour : le personnage du jeune voisin qui aurait pu être la caution gay mais qui se retrouve à lécher la glotte de la fille de Reba avant la fin du pilote, la grand'mère (Lily Tomlin, dont la présence est précieuse) qui se découvre fort opportunément un état anxieux nécessitant la prescription de marijuana, ou encore la belle voisine (Sara Rue, méconnaissable pour ceux qui ont vu Popular ou même Eastwick) qui est peut-être un peu allumée, mais pas totalement stupide... et dont Reba pourrait bien apprendre quelque chose, en dépit de ce qu'elle pense. J'ai hâte de voir ce que cette amitié contre nature va donner, même si j'ai ma petite idée sur ce que je peux en attendre.

Avec Malibu Country, on est en effet très clairement en terrain connu, et ce pas uniquement parce que le talent d'actrice de Reba consiste à interpréter toujours le même personnage avec la même carapace et la même façon de juger son entourage.
Certaines thématiques ont la vie dure, qu'on connaissait déjà de Reba : le divorce, les enfants, la volonté d'aller de l'avant... Certains personnages rappellent aussi un peu leurs équivalents de Reba : Cash est aussi peu futé que Van (je souhaite au premier de devenir aussi hilarant que le second), et Kim est un parfait faire-valoir comme l'était Barbra Jean (là encore, on ne peut qu'espérer que les deux personnages se vaillent). D'autres choses promettent un peu plus que la simple redite, à l'instar de l'assistant du producteur, qui offre d'ailleurs l'une des meilleures scènes du pilote. Seul le personnage de la fille, pour l'instant, est un peu difficile à situer... mais il a clairement des atouts prometteurs.

Le pilote de Malibu Country n'est pas, soyons quand même honnête, l'épisode inaugural annonçant la meilleure série de la saison.
Mais dans une saison qui compte si peu de franches réussites, ça fait plaisir, un peu comme avec Partners, de retrouver une formule qui fonctionne, à défaut de surprendre. Une fiction "confortable" à regarder une fois par semaine, ça fait aussi du bien... surtout si c'est sur fond de country.
Tiens d'ailleurs, j'ai pas encore regardé le Nashville de cette semaine, c'est parfait, je sens bien arriver le combo Nashville + Malibu Country chaque weekend.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-04-12

In good faith

GCB

Imaginez un monde où on retrouve des accents du Sud de l'Amérique, de la musique country et une actrice de Pushing Daisies. Ca fait beaucoup d'arguments en faveur de GCB !
Pour autant, il ne faut pas croire que j'étais d'emblée acquise à la série. Le thème soapesque proche de Desperate Housewives, avec toutes ces femmes riches, belles sous condition d'avoir le bon éclairage, et ayant bien trop de temps libre pour rester honnêtes bien longtemps, avait tout pour me repousser. J'ai d'ailleurs lâché Desperate Housewives assez vite, parce que je trouvais ça stérile et que j'étais proprement incapable de m'intéresser longtemps aux retournements de situation factices. Sans parler des personnages légèrement hystériques.

Après tout, on trouve des accents du Sud en bien d'autres endroits y compris dans des séries (mon préféré est et reste celui de Reba, le plus prononcé que j'aie jamais entendu à la télévision), j'ai de la musique country à ma disposition sans m'infliger une mauvaise fiction, et quant à l'actrice de Pushing Daisies eh bien, comme le prouve mon Piemarathon, je peux la retrouver dans Pushing Daisies quand je veux.
Ok GCB, il va donc falloir faire mieux que ça.

Hélas les choses se sont bien mal engagées lorsque Leslie Bibb a commencé à... je ne sais pas trop ce qu'elle faisait, mais je n'oserais pas appeler ça jouer la comédie. Donc juste pour être sûre, euh, petite vérification : confirmez-moi un truc, elle est actrice, pas vrai ? Elle était mauvaise comme ça, dans Urgences ? Dans Popular ? Chais pas, c'est la doubleuse qui lui sauvait la mise ou bien ? En tous cas ça pose question.
Et c'est d'autant plus embarrassant qu'elle est supposée être l'héroïne de la série et qu'elle occupe l'écran une grande, très grande partie du temps. Vraiment j'en étais gênée pour elle.

GCBiches

Heureusement, pour compenser la vacuité de la prestation de Bibb, elle a face à elle des gens qui font tout le charme de la série. C'est par cette panoplie de personnages d'importance variable, mais toujours savoureux, que GCB remplit son contrat de divertissement qui fonctionne plutôt que de punition collective.
Évidemment, Kristin Chenoweth est en grande forme. Elle l'est toujours plus ou moins mais la place qu'on lui laisse pour s'épanouir est variable (dans Glee par exemple, elle pouvait chanter mais pas vraiment donner le meilleur d'elle-même dans d'autres domaines). Ici elle est en TRES grande forme, et elle est, en réalité, la force motrice de ce pilote. Carlene me rappelle un peu Dallas, dans Suburgatory, mais en version peste patentée... et pourtant diablement attachante, parce que même insupportable, la Cheno est une crème, c'est dans son ADN.

Le mérite ne lui en revient pas exclusivement, pourtant. Très vite, la venimeuse Cricket, l'embarrassante Sharon (interprétée par dont j'admire déjà l'accent depuis Rodney ; ce qui admettons-le est certainement la seule chose à admirer dans cette comédie pathétique) et Heather la fausse-peste, vont prouver qu'elle sont plus que des faire-valoir pour Carlene, et vont apporter chacune des scènes très sympathiques à ce pilote, même si elles sont moins en verve. Mais au-delà de ça, même les petits rôles fonctionnent pour le moment très bien : Blake le mari qui mène une double-vie, Ripp, celui qui forme un fantastique tandem avec Carlene, ou encore, dans une moindre mesure certes, la mère d'Amanda (j'avoue que je m'attendais à ce qu'elle soit plus haute en couleur, mais ce n'est que le pilote).
On a la vraie sensation de découvrir toute une société, un microcosme gangrené par les apparences, et c'était nécessaire ; il faut vraiment que ça continue comme ça. Comme Suburgatory a essayé d'en décortiquer les mécanismes, il est d'ailleurs très futé de la part de GCB de ne pas trop chercher à expliciter de côté-là des choses et de nous laisser l'observer sans appuyer dessus ; la réalisation et les stylistes se chargent de ce boulot sans que le scénario ne s'apesantisse sur la démonstration de force, et c'est bien joué, cela évite l'impression de déjà vu.

D'ailleurs, plutôt que de parler uniquement de riches oisifs comme peuvent le faire Desperate Housewives et Suburgatory, GCB a l'excellente idée, bien qu'évidemment elle lui ait causé pas mal de tort aux États-Unis (c'est d'ailleurs surprenant d'apprendre que la Pologne, pays chrétien s'il en est, fait par exemple partie des premiers pays à en avoir acheté les droits ; la série y est diffusée depuis la mi-mars !), d'orienter sa critique vers la contradiction entre les valeurs chrétiennes et leur non-application par les horribles pestes de la clique de Carlene.
Le sujet est abordé au travers de tout un champs lexical très efficace, et de nombreuses références bibliques utilisées avec malice parsèment l'épisode. Je n'ai pas eu l'impression que c'était très offensant, mais c'est vrai que d'une part, je suis athée, et que d'autre part, le simple fait de montrer des teignes en indiquant clairement quelle est leur religion peut, je le comprends, défriser ceux qui voudraient renvoyer une image immaculée de leur communauté. Ce ne sera pas pour cette fois, mais je crois que les égratignures sont suffisamment superficielles pour que cela ne porte pas préjudice à la série sur le long terme, on se rend vite compte que c'est fait en toute bonne foi, sans méchanceté, mais quand même pour souligner une certaine hypocrisie qui existe, il faut l'admettre. Et puis, le personnage le plus explicite quant à cette thématique, Carlene, est interprété par une Chenoweth que je crois foncièrement incapable de blasphème. A l'instar de Suburgatory qui veut rire sans cruauté, je pense que GCB a su trouver le ton qu'il fallait pour servir son propos sans tomber dans la caricature agressive.

GCBack

Plusieurs scènes de cet épisode inaugural sont plutôt sympathiques, surtout à mesure qu'Amanda commence à se rebiffer (du coup sur la fin, même si son jeu n'est pas franchement génial, au moins elle a de la répartie), ce qui laisse augurer du meilleur pour la suite.
Là où GCB pèche encore un peu, c'est sur ses dialogues, qui manquent encore un peu de mordant sur la longueur, se concentrant sur quelques passages-clés (en général en présence de Kristin Chenoweth mais pas uniquement). Il faudra vraiment que la série accentue la causticité de ses répliques, et pousse son concept le plus loin possible. Il s'agit de mettre tout en oeuvre pour montrer des personnages aussi malveillants que possible : c'est sa planche de salut. Sans cela, la série aura l'air de faire dans la provoc en toc.

Car vous l'aurez compris, je me suis quand même bien amusée devant le pilote de GCB, avec, en bonus, des accents géniaux (pour une native de Chicago, Marisol Nichols se débrouille d'ailleurs plutôt bien !), de la musique country en pagaille, et une actrice de Pushing Daisies.
C'est bizarre, parce que c'est pas du tout mon anniversaire.

Posté par ladyteruki à 13:24 - Review vers le futur - Permalien [#]
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