ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-06-13

Désignée coupable

Comme promis aujourd'hui je me lance dans un gigantesque #pilotmarathon, histoire de me goinfrer de pilotes jusqu'à atteindre le point où je supplierai ma saison 6 du Cosby Show de cagouler plus vite. On commence donc tranquillement avec quelque chose de pas trop compliqué, histoire de ne pas solliciter le cerveau dés 10h du matin, et tout naturellement, j'ai décidé de lancer une série de Tyler Perry.
C'est triste quand un téléphage en arrive à avoir ce genre de réflexes. Mais peut-être allais-je être détrompée ? Dans le fond, la première saison de For Better or Worse n'était pas si pire...

TheHavesandtheHaveNots

Les reviews de pilotes de soaps sont rares dans les parages ; il faut dire que d'une part, il n'en commence pas non plus tous les matins (un peu par définition !), et d'autre part, je ne parle pas l'espagnol et ne me rue donc pas sur les pilotes de telenovela, ce qui autrement aurait été une option. Mais quand le network flambant neuf de nulle autre qu'Oprah lance des séries, il semble important d'être au rendez-vous et de voir de quelle façon la chaîne commence ses affaires. Voilà donc The Haves and the Have Nots, qui... ah ? On me dit dans l'oreillette que The Haves and the Have Nots est techniquement un primetime soap, diffusé de façon hebdomadaire. Could have fooled me.

Pour moi qui me plains régulièrement que les Américains ne font pas assez attention à ce qui se passe à l'étranger pour renouveler leur propre paysage télévisuel, nul doute que Tyler Perry me met à l'amende avec The Haves and the Have Nots, qui pioche une grande partie de son inspiration dans les telenovelas. Ou quand un producteur célèbre pour avoir trouvé le succès auprès d'une minorité utilise les recettes populaires auprès d'une seconde minorité...
L'histoire est simpliste : une famille riche (blanche) et une famille pauvre (noire) voient leurs vie s'entremêler lorsque la mère de la famille noire commence à travailler comme bonne pour la famille blanche, parce qu'évidemment. L'autre employée de maison est une latina, pour aller plus loin dans les stéréotypes. Mais, histoire de sortir un peu des clichés (mais vraiment brièvement), la famille blanche a des amis noirs riches également, parce qu'on n'est pas racistes, quand même !
Avec ses faux-airs de Downton Abbey ou Upstairs Downstairs modernes, soulignés d'ailleurs par le "générique" un bien grand mot pour un truc de 5 secondes), The Haves and Have Nots va toutefois faire preuve d'assez peu d'originalité à partir de là, les personnages se conformant tous à la caricature dans laquelle ils ont été enfermés dés leur première seconde d'apparition. Cela permet de désigner rapidement une "méchante" qu'on va passer tout l'épisode à faire passer pour la pire des râclures, quand bien même c'est cette même attitude qui la pousse dans ses retranchements (et alors que finalement, beaucoup de choses, sur le papier, auraient plutôt tendance à en faire la victime) : les personnages de Tyler Perry semblent supplier en silence de ne pas se commettre dans des séquences prévisibles au possible, mais on imagine Perry, une main chargée de biftons, l'autre en train de faire danser les fils de ses marionnettes, s'esclaffer de rire et en remettre une couche dans la nullite et le stéréotype.

Non pas que les acteurs soient spécialement vibrants dans leur interprétation des personnages, ne me faites pas dire des choses pareilles ! Déjà parce que le cast fourmille de personnes dont c'est l'un des rares rôles notables (ceux qui ont un semblant de carrière viennent de soaps comme One Life to Live ou Passion, ça impressionne mon chat), hormis John Schneider qui trouve ici une reconversion après l'annulation de Smallville. Donc comme vous le voyez, il y a du niveau. Et ensuite, parce que la réalisation ne leur en donne vraiment pas l'occasion de briller par leur génie dramatique, avec des plans grossiers du style : "attends, on va filmer un plan où tu fais un clin d'oeil à la personne hors-champs, mais on va le faire durer 5 secondes parce que faut que l'épisode dure 40 minutes". Tout dans la subtilité, on vous dit.
Faut-il noter qu'outre la production et l'écriture, Perry est aussi le réalisateur ? J'hésite à mettre tous ces titres entre guillemets.

Le résultat, c'est un pilote qui a de quoi faire se sentir mieux la production de Plus belle la vie. C'est vous dire si on touche le fond.

J'avais dit sur Twitter que si je ne trouvais rien de positif à dire sur The Haves and the Have Nots, j'aurais pour gage de regarder un deuxième épisode. Mais je vous rassure, j'en ai trouvé un : le seul point positif de ce pilote, c'est que j'en suis venue à bout. Ca compte, hein, dites ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 11:14 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-04-11

Touche pas à ma curiosité

"Oh non, elle va ENCORE râler..."
Bah oui mais c'est pas pour rien si une rubrique Point Unpleasant existe. Il y a du matériel pour râler sur le traitement des séries en France. Mais cette fois-ci, ma diatribe ne s'adressera pas aux diffuseurs, aux distributeurs ou... non, mon post bileux portera d'abord et avant tout sur l'information téléphagique.

Il y a quelques jours, je vous entretenais de ma frustration suite à la découverte de l'existence du pilote de Let's stay together, dont personne n'avait eu l'idée de faire une review à ma connaissance, rapport entre autres au fait que peu de monde a pensé à mentionner que la série allait être diffusée. Cette frustration s'étend en fait bien plus loin.

On ne peut pas attendre des sites d'information généralistes qu'ils se diversifient et entrent dans le détail de TOUTES les séries diffusées par quelque moyen que ce soit. Mais il pourrait quand même y avoir un effort, ne serait-ce que par des sites indépendants.

Par exemple, où est le site d'information pour nous parler des webséries ? Je vous jure que je l’ai cherché, mais j’espère que l’un d’entre vous en commentaires viendra m’expliquer que je n’ai pas assez bien cherché (et me filera un lien).
Des webséries, on aura du mal à faire le tour, parce que quand une websérie apparait sur le net, elle peut parfois rester cachée aux yeux du grand public pendant pas mal de temps, voire rester absolument confidentielle. Certes. Cela étant, je veux bien qu’on me donne la raison pour laquelle personne n'a mentionné le projet de websérie de Felicia Day, Dragon Age, ou le fait que Kiefer Sutherland est au générique d'une websérie, The Confession, ou encore que Riese, à l'origine une websérie steampunk au parcours similaire à celui de Sanctuary, va prochainement passer sur de nos écrans d’internet à celui des télévisions françaises via SyFy France. Là, franchement, je vois pas l'excuse (bon moi je vous en aurais bien parlé, pour Riese, mais la grève a fait que, déjà, j'ai surveillé d'un peu moins près l'actu, soyons sincères, et de l'autre, bah j'aurais pas posté même si je l'avais su le jour-même où l'info est sortie ; d'un autre côté pour une fois Allociné a dû en parler, vu qu'ils sont partenaires, mais ça c'est juste la gratitude du ventre, et pas une ligne éditoriale).
Bon, on ne parle pas de trois copains qui filment une websérie dans leur chambre d'étudiants et montent un site vite fait, ni d'une obscure production venue d'un pays dont personne n'a rien à taper, là, tout de même. On parle de projets soutenus par des gens connus et/ou des chaînes connues aux States et/ou au Canada. Qui pour parler de ça ? Je ne dis pas que SeriesLive, pour parler d'un site d'info que je connais bien, devrait s'y mettre. Ça ne nous tuerait pas d'essayer, c’est sûr, mais il faudrait certainement que ça parte d'une volonté et d'un effort de recrutement spécifiques ; la rédaction est déjà bien assez chargée sans cela. Mais pourquoi n'ai-je réussi à trouver aucun site d'information francophone sur le sujet ?

Sans aller aussi loin, pour être informé sur les séries britanniques aussi bien qu'on l'est (et pourtant, on l'a dit, ce n'est pas parfait) sur les séries américaines, il faut chercher.
Personnellement je tente de m'éduquer à la télévision britannique depuis quelques mois, comme vous le savez, mais pour dégoter mes infos en Français, c'est un peu la galère.

Et si je cherche mes infos en Français, alors que je n'ai pas du tout le problème de la barrière de la langue (du moins à l'écrit) c'est tout simplement parce que sur un site francophone, l'info est DIGEREE. En gros, si je me contente des comptes Twitter et des sites que je fréquente en tout bien tout honneur, je tombe sur une information destinée à des gens qui savent déjà de quoi il retourne, alors que sur un site francophone, le rédacteur fait souvent l'effort de la pédagogie. Ca passe par un rappel de la série dont on parle (qui l'a créée, sur quelle chaîne elle est diffusée, son sujet), de son histoire (diffusion, audiences), et des données permettant de prendre la mesure de l'information donnée. Certes, on arguera que Critictoo (encore eux) s'emploie à faire ponctuellement ce travail, bien que leur mission première ne soit pas l'information mais plutôt la critique. Mais ça fait un peu peu, quand même, et surtout la dominante y est encore clairement américaine.

Et encore, tout ce qui est américain n'est pas digne d'être mentionné. On parlait des séries "ciblées" avec Let's stay together, opportunément laissées de côté par la plupart des sites d'infos (et de reviews mais je vous refais pas le post, hein). Quid aussi des soaps ? Personne pour nous parler en France de l'actu des soaps, alors qu'ils sont pourtant diffusés sous nos latitudes. Comble de l'ironie, actuellement sur SeriesLive on parle plus de soaps britanniques, grâce aux bons soins de Clovis qui suit entre autres l'actu de Coronation Street, que d'américaines, alors que Coronation Street en France, je veux bien qu'on me dise sur quelle chaîne ; on fait avec ce que les rédacteurs peuvent faire, après tout. Mais vous comprenez, les soaps c'est dégradant, c'est idiot, c'est débile. Pourtant on s'aperçoit que, non, pas tous les soaps, on veut bien parler de soaps français (encore que sur Plus Belle la Vie, ça s’est quand même bien calmé), dans une certaine mesure mais bon, c'est Français, alors on fait un effort, surtout vu les audiences des primes, ça draine du lecteur, on veut bien faire un effort.
Je n'aime ni ne regarde rien de tout ça, et je ne suis pas chez moi aux bonnes heures de toute façon, donc même si je le voulais, bon, hein... mais force est de constater qu'on n'en parle pas au public téléphagique. Qui pourtant s’intéresse aux séries. Et qui, de vous à moi, quand il regarde déjà Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives, n’est pas totalement hors-cible non plus.
Pour les soaps, toutes considérations qualitatives mises à part, c'est pourtant intéressant de voir le nombre d'acteurs connus des téléphages qui y sont passés... ou retournés. Des acteurs qui sont souvent très aimés, mais dont on a l’impression qu’ils sont subitement tombés de la surface du monde. Vous voulez des nouvelles de Vanessa Marcil (Beverly Hills, Las Vegas) ? Son retour dans General Hospital a été l'un des temps forts de l'année 2010 pour la série. Son imminent départ semble aussi s'annoncer comme un petit évènement, alors que son retour avait été apprécié par de nombreux fans. Qui va vous le dire ? Personne. Parce que les soaps, c'est trop débile, c’est dégradant de parler des soaps ; oh, il y a plein de monde pour les regarder (et pas toujours des ménagères de 50 ans !!!), mais en parler, ah non, là ya plus personne, on ne mange pas de ce pain-là nous, on est une publication respectable !

Cette tendance à parler de façon très sélective de sujets téléphagiques, orientant par la même occasion la perception du public, ça commence à m'user.

Bon, je sais pas pour vous, mais en gros, même si on a parfois l'impression que la passion pour les séries est un microcosme, on reste quand même dans une information très mainstream.

Certes, sitôt que les épuisants délais de codage chez SeriesLive seront résolus (puisque les choses avancent, enfin !), on y retrouvera enfin l'actualité des télévisions du monde, ce qui devrait nous permettre de voir un peu plus loin que le bout de notre nez actuel, mais enfin, personnellement moi, j'étouffe.
Plutôt que 712 faisant de l'information téléphagique eprenant tous les mêmes photos (piteuses) du tournage de Wonder Woman (2011), j'aimerais bien qu'il y en ait pour se découvrir des burnes, une fois de temps en temps, pour faire un effort et choisir un sujet un peu différent, une valeur ajoutée, un plus produit - n'importe lequel : les webséries, les séries britanniques, les soaps, les télénovelas, ou pourquoi pas les productions venues des DOM TOM, d’Afrique sub-saharienne, du Maghreb ? Ca vous regarde, les mecs ; chacun vient avec ce qu'il a, choisissez juste un truc sur lequel vous êtes pas plus con qu’un autre, et parlez-en.

Bon Dieu, c'est pas compliqué : PARLEZ-EN.

Je dis pas que vous aurez des millions de visiteurs qui n'attendaient que ça. Ce sont des niches. Mais on a besoin de ces niches. Ne le faites pas pour ceux qui savent de quoi vous parlez ; ceux-là ont déjà leurs canaux d'information. Faites-le pour ceux qui ne le savent pas encore. Si chacun prend un petit bout, on finira par proposer une vraie vision d'ensemble de la télévision, et traduire la véritable richesse de notre univers.
Ou alors on admet qu’on est des décérébrés qui se contentent de regarder ce qu’on leur donne sans chercher plus loin, et on arrête les frais. Personnellement, c'est pas ma conception du mot "passion".

Mouton

Posté par ladyteruki à 21:47 - Point Unpleasant - Permalien [#]

20-01-07

A coeur ouvert

De vous à moi, je vous dois bien un petit aveu : hier, j'étais shootée au second épisode de Heroes, et pas tout-à-fait moi-même, lorsque je suis venue faire brièvement part de mon enthousiasme pour cette série sur les coups de 3h du mat. J'étais sans nul doute sous l'emprise des endorphines, ou un truc de ce genre, bref pas du tout dans mon état normal.
Maintenant je vais être tout-à-fait franche avec vous : je suis loin d'avoir dégrisé, et je n'en ai aucune envie.

Je ne vous raconte pas la galère que ça peut être d'avoir une téléphage en pleine crise, dans son lit, au moment d'aller se coucher ou au moins d'essayer. Pour moi, rien de nouveau, mais pour mon homme c'était une première. Et laissez-moi vous dire que rien, dans la vie, ne vous prépare jamais vraiment à ça.
Rien.

Prostrée dans le lit, la tête bloquée entre les genoux en position foetale, me balançant légèrement d'avant en arrière avec un petit gémissement de douleur, parfois entrecoupé de bribes de phrases incompréhensibles de tout être humain normalement constitué. Telles que "la suite... épisode... voiture rouge... Sylar... cheerleader... yatta !" Ca foutrait les chocottes à n'importe qui, mais mon homme est un brave, il m'a même aidée à tenir le coup, m'a encouragée, et finalement m'a aidée à m'endormir vers 6h du matin, aidé de trois comprimés de Stilnox et d'une massue.

Nous autres, téléphages, avons pourtant nos bons moments, lorsque notre vice est alimenté d'un flot régulier de séries, respectant le parfait équilibre entre médiocrité la plus abyssale, et qualité la plus intellectuellement stimulante. Seulement personne n'a repéré que les symptômes se représentaient déjà, après le pilote de Dexter deux jours plus tôt. Si ç'avait été le cas, peut-être quelqu'un aurait-il été en mesure de m'épargner de voir la suite de Heroes, et ainsi attendre que j'aie regardé... je ne sais pas, moi, une rediff de NCIS ou même, au point où on en était, Plus belle la vie, enfin quelque chose de suffisamment atteint de crétinisme navrant pour me permettre de me maintenir à flot.

Mais voilà : devançant tous les spécialistes qui surveillent mon cas avec attention, j'ai regardé ce fichu second épisode de Heroes. Et il ne restait plus, pour calmer ma fièvre et apaiser mes tremblements, qu'à me laisser, le lendemain au réveil, regarder le troisième épisode dans la foulée, pour ensuite m'asséner un puissant comprimé de 2g de Prozac suivi du pilote de Bones dans la soirée, pour piqûre de rappel.

Merci, ça va beaucoup mieux maintenant. Les infirmières disent que, dans quelques jours, je pourrai rentrer chez moi.
Et ça tombe bien parce que j'ai encore jusqu'à l'épisode 11 à voir, et un autre sera diffusé dans l'intervalle...
Gna ha ha.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Heroes de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 01:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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