ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-02-13

You had me at "ristorante"

Il y a peu de souvenirs de mon enfance que j'aimerais pouvoir revivre ou recréer ; mais quelques uns de mes moments préférés ont été passés dans la cuisine de mes parents. J'ai passé de nombreuses heures, assise sur une des chaises en bois, évitant d'être dans le passage, à simplement regarder ma mère préparer le déjeuner, le dîner, ou à faire de la pâtisserie. Existe-t'il quelque chose de plus agréable que d'être dans la chaleur de la cuisine, avec toutes les bonnes odeurs de nourriture, et à regarder quelqu'un s'affairer ? Sentir le feu des casseroles, entendre le clapotis d'une sauce portée à ébullition, déceler l'ingrédient qu'on n'a pas encore goûté mais qui embaume toute la pièce, voir les vitres se couvrir d'une buée qu'on devine gorgée de sel et d'épices... autant de sensations, avec quelques autres, qui sont pour moi restées incomparables.
Ce n'est pas que ma mère était une cuisinière exceptionnelle ; en fait, même avec toute mon ignorance enfantine et mon palais peu éduqué, je n'aurais jamais prétendu une telle chose, même à l'époque. Nos dîners familiaux n'étaient pas de la grande cuisine, et aucun de nous n'était un gourmet, ni n'en avait seulement l'ambition. Plus tard, bien plus tard, j'allais découvrir dans la famille de l'un de mes petits amis un vrai gastronome, du genre à faire ses courses à quatre endroits différents chaque weekend juste pour avoir de vrais, de bons produits ; chez nous, c'était chipolatas Carrefour mais ça m'était égal. Ce n'était pas ça l'important. C'était simplement qu'il est terriblement agréable de regarder quelqu'un cuisiner. A la limite, peu importe le résultat, pourvu que les casseroles fassent du bruit et que la cuisine soit plusieurs degrés plus chaude que le reste de la maison !

C'est un sentiment qui ne m'a jamais quittée. Encore aujourd'hui, j'ai cette fascination pour les gestes à la fois mécaniques et absorbés que requièrent la cuisine et la pâtisserie. Evidemment, la perspective d'ensuite goûter les plats ainsi préparés ne gâche pas le plaisir, ne nous mentons pas ; mais celui-ci tient quand même essentiellement dans le ballet de mouvements, de sons et d'odeurs qui rendent une cuisine vivante. Et parfois, dans le secret de ma propre cuisine, je voudrais m'asseoir et regarder quelqu'un d'autre salir des casseroles ; c'est le seul moment de mon enfance auquel je pense avec une nostalgie émue.

Je n'ai jamais vraiment quitté ma chaise en bois, quand j'y pense. J'aime toujours trouver le point de vue imprenable qui me permet de regarder quelqu'un cuisiner pendant des heures.

dinner

C'est en passant quelques heures devant Raw (car hélas j'ai bientôt fini la courte saison 1, et je ne suis pas sûre de trouver la saison 2 très vite) que je me suis souvenue que, cette saison, le Japon avait également une série sur la cuisine à me proposer. dinner, c'est son nom, a commencé depuis un mois, et il était plus que temps que je m'attèle à son pilote.

Et comme j'ai bien fait, oh oui ! dinner est définitivement dans la moyenne supérieure des séries sur la cuisine, et Dieu sait qu'il y en a quelques unes en Asie. L'histoire est pourtant relativement classique ; laissez-moi vous la raconter.
dinner se déroule dans le prestigieux ristorante Roccabianca, tenue par le chef Hideo Tatsumi avec l'aide de sa fille Saori. Tatsumi est un nom particulièrement respecté dans le milieu ; il se murmure que l'homme serait le seul Japonais à avoir pu travailler au Teresa, un restaurant italien qu'on dit être d'une telle exigence que seuls les plus grands chefs peuvent y travailler. Bon, il se murmure aussi qu'en réalité, un second Japonais y aurait fait ses classes, mais ça n'a jamais été prouvé. Et c'est ce qui permet à Tatsumi de jouir d'une si parfaite réputation, au point que l'un de ses plus gros clients n'est autre que la femme de l'ambassadeur d'Italie, excusez du peu. Au Roccabianca, la salle ne désemplit pas, on ne prend des réservations que pour dans trois mois, les compliments pleuvent, et parmi l'équipe, on aime bien penser que cela vient du fait qu'on cuisine avec le coeur.
Seulement c'est aussi le coeur qui va poser problème, quand, victime d'un infarctus, Tatsumi va s'effondrer un beau soir, alors qu'il venait d'accepter une invitation dans la plus prestigieuse émission de cuisine du pays (une consécration) ; en à peine un mois, le Roccabianca va connaître la débâcle. La salle se vide, les réservations ne se bousculent pas, voire même, s'annulent, et les assiettes reviennent de moins en moins souvent vides. Que se passe-t-il ? Le restaurant va-t'il devoir fermer ses portes ? C'est ce que craint Saori, qui, faisant les comptes, commence à réaliser qu'elle ne pourra bientôt plus payer tout le monde si les choses continuent ainsi. Elle a beau pouvoir compter sur le soutien de toute l'équipe, à commencer par le sous-chef Imai, dans les faits, le restaurant commence vraiment à être en danger...
Fort heureusement, elle sait que son père n'est pas le seul Japonais à avoir fait ses classes au prestigieux Teresa, et qu'un autre chef de talent pourrait reprendre le Roccabianca pour lui redonner le lustre perdu en quelques semaines. Cet autre chef, c'est Motomu Ezaki, mais sa philosophie est très différente de celle de l'équipe du Roccabianca. Pour lui, la seule chose qui importe, c'est la technique et les ingrédients, et mettre du coeur dans la cuisine, ça n'a jamais eu aucun goût... il faut donc s'attendre à quelques frictions au sein de la cuisine quand il accepte le poste de chef du Roccabianca !

Vous le voyez, rien que de très classique dans ce pitch, qui en évoquera quelques autres similaires. Alors qu'est-ce qui fait que dinner fonctionne, au point de me soutirer de nombreuses salves d'applaudissements ?
Eh bien d'abord, il faut saluer la façon dont le pilote prend vraiment le temps de l'exposition ; c'est d'autant plus rare que beaucoup de séries nippones, sachant leurs jours comptés, ont tendance à préférer une certaine efficacité, voire même, dans les pires des cas, l'accumulation de clichés, afin de poser très vite les bases de l'histoire pour avancer vers le coeur de l'intrigue sans attendre. Ce n'est pas le cas de dinner, qui va vraiment prendre tout le temps nécessaire pour que la cuisson de l'exposition se fasse à point. On prend vraiment la température du Roccabianca, on apprend à en apprécier à la fois l'activité et l'âme, à se familiariser avec les membres de son équipe, à en sentir l'énergie unique. Ce n'est pas simplement un restaurant de grande qualité où oeuvrent des professionnels ; c'est aussi une équipe soudée, unie, où pourtant chaque personnalité s'exprime. Rarement autant que dans dinner on aura pu sentir l'atmosphère d'une cuisine professionnelle (chose que même Pasta, qui pourtant ambitionnait parfois de le faire, n'aura pas réussi à dépeindre de façon réaliste). On prend vraiment le pouls de ce restaurant, et l'immersion dans cet univers n'a rien de précipité ni de surfait, ce qui permet au spectateur, lui aussi, de se prendre d'affection pour le Roccabianca et ses protagonistes.
En définitive, l'intervention du chef Ezaki ne se produira qu'à la toute fin de l'épisode, posant assez clairement les enjeux qui le concernent, mais démontrant aussi que le propos de dinner n'est pas juste dans son opposition au reste de l'équipe du restaurant. Avant toute autre chose, dinner communique l'activité fébrile du restaurant et la passion pour la cuisine. Le reste n'est que littérature.

Pour nous plonger dans l'ambiance du Roccabianca, dinner fait aussi un effort assez rare en ce qui concerne son esthétisme.
Il faut, d'abord et surtout, saluer le décor. Contrairement à la plupart des restaurants de télévision, il donne une incroyable impression de réalisme grâce à son utilisation des volumes, de la perspective et des niveaux. Le travail effectué lors de la conception des décors relève d'un sens du détail qui aide énormément l'immersion. J'ai pris le soin de vous faire quelques captures de l'endroit sous divers angles et éclairages, je crois que vous pouvez voir à quel point le Roccabianca est un lieu qui a une vraie personnalité ; même ses cuisines, étroites et toutes en longueurs, témoignent de l'ambiance qui a été imprimée à l'endroit. Le restaurant devient un personnage à part entière de la série grâce à tous ces éléments.

Il faut également souligner à quel point dinner fait un effort sur un plan musical. Exit, les musiques interchangeables dans lesquelles beaucoup de dorama nippons ont vite tendance à se réfugier. En jouant à 200% la carte italienne, et avec de nombreux titres orchestraux, la série s'offre non seulement un cadre musical parfaitement cohérent avec l'identité de son restaurant, mais surtout, elle se permet quelques moments intenses, soulignés par une musique qui sublime certaines scènes, à l'instar de l'effort collectif lors d'une grosse commande, en fin de pilote, qui ne peut qu'attirer des jurons émerveillés, et dont la montée en puissance est parfaitement servie par le soundtrack. J'ai rarement vu une série nippone se donner autant de mal pour son atmosphère, mais dinner remporte complètement son pari sur ce plan-là également.

Au final, je serais presque tentée de dire qu'il y a un coup de coeur à se prendre avec dinner. Presque ? Non, en fait, à bien y réfléchir, tous les ingrédients sont là ! Sans révolutionner le genre, ce que ce pilote fait, il le fait fichtrement bien, avec un sens aiguisé du détail, des personnages plutôt solides, et une ambiance qui instinctivement donne envie de se passionner pour le sort du Roccabianca. L'introduction de la série se fait avec énormément d'attention et de bon sens, il y a de nombreuses scènes particulièrement réussies, et l'écriture est fine en dépit du sujet peu original ; il suffit d'entendre l'excellente métaphore de l'un des clients fidèles tentant d'expliquer pourquoi le restaurant se vautre en l'absence de son chef, pour sentir que dinner est doté de suffisamment de sens de la mesure et de subtilité pour se rendre agréable au spectateur.

Du coup, ne vous étonnez pas du bruit : je suis simplement en train de tirer une chaise en bois pour m'asseoir devant mon écran.

Posté par ladyteruki à 22:01 - Dorama Chick - Permalien [#]

07-02-13

Some like it raw

Il y a maintenant 2 ans, j'ai été investie sur Twitter d'une noble mission : trouver le pilote de la série irlandaise Raw. Très vite, cette mission est devenue une affaire personnelle, car non seulement trop peu de séries irlandaises nous parviennent, mais en plus, une série sur le monde de la cuisine et la restauration, pardon, mais je me sens directement concernée, là.
Bref, il aura fallu 23 mois pour que je vienne à bout de mon objectif, rté ne commercialisant plus les DVD de Raw (sinon ç'aurait été trop facile, vous comprenez) et le pilote étant largement introuvable sur la toile. Mais ça y est, c'est fait, et je vais donc pouvoir vous parler de cette série irlandaise.
Et si vous trouvez que c'est quand même un putain de hasard qu'on parle de séries irlandaises deux jours de suite, bah vous avez tout simplement compris par quel cheminement, en cherchant les épisodes de Prosperity, j'ai enfin mis le grappin sur Raw.

Raw

Raw, c'est le nom d'un restaurant de Dublin qui a ouvert ses portes il y a tout juste un an, et qui appartient à un couple marié : Tanya, qui est la manager, et Mal, le chef. Le problème, c'est que le restaurant est supposé célébrer un an d'existence alors que Mal a totalement disparu de la circulation la veille, et que même Tanya ignore où il est passé. C'est donc au sous-chef, l'explosif Geoff, qu'incombe la tâche de faire tourner la boutique ce soir-là, chose qui ne sera pas facilitée par le fait que le barman Bobby a des soucis d'ordre personnel qui vont s'inviter entre les murs du restaurant, ou que la cuistot Jojo a proposé à son frère (un avocat qui a décidé de planter son job ET de quitter sa femme le même jour) d'officier comme commis de cuisine afin de donner un coup de main. Bref, c'est le bazar.

Dans une ambiance qui rappellera légèrement celle de Kitchen Confidential (ah, Kitchen Confidential... peu importe si je suis la dernière personne au monde à penser à cette série !), celle d'un restaurant plutôt haut de gamme où intrigues personnelles et problèmes typiques de l'univers de la restauration se mêlent, Raw va donc nous offrir la possibilité de suivre quelques heures de la vie de ces protagonistes, et notamment de Jojo qui est résolument notre héroïne, et qui s'avère très vite être un personnage très attachant.

Jojo, incarnée par Charlene McKenna (qui prête actuellement ses traits à Rose dans Ripper Street), est en effet un petit bout de femme plein d'énergie, de répondant et de tempérament, qui vit en colocation avec Bobby et qui, si on en croit l'introduction de ce pilote, se soucie plus de passer du bon temps et de faire la fête, que de faire bonne impression. Très vite, ce personnage qui est "one of the boys" dans un milieu éminemment masculin se pose comme très décontracté, mais on va aussi découvrir qu'elle n'est pas non plus un simple "garçon manqué" blagueur, et qu'il y a des choses qui revêtent de l'importance à ses yeux, comme la cuisine elle-même, par exemple ; même si Jojo est quelqu'un d'assez peu prise de tête, elle n'est pas totalement irresponsable, et il y a des choses qu'elle prend très au sérieux, à commencer par la vie du restaurant lui-même (j'ai cependant adoré l'échange avec son frère : "You are not allowed to fuck up ! That is MY area and I'm VERY good at it").
Ainsi, sans être excessivement sentimental, le personnage de Jojo a tout de même une certaine profondeur, mais aussi un solide humour (et des moues géniales), et c'est d'autant plus facile de cette façon de s'y attacher. Nous allons donc traverser le pilote à ses côtés, tandis que la police débarque dans la petite maison qu'elle occupe avec Bobby à la recherche de drogues dures (oui, quand même), quand son frère vient la voir parce qu'il vient de faire des changements drastiques dans sa vie, ou au moment du coup de feu au Raw.

Mais Raw est un ensemble show avant tout. D'ailleurs, le nombre de personnages et donc d'intrigues introduits dans cet épisode est assez vertigineux.
Cela confère à l'épisode un rythme très soutenu, qui permet de se plonger dans l'ambiance survoltée du monde de la restauration, et cela, quand bien même on passe finalement assez peu de temps aux fourneaux (à mon grand regret puisque, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire pour Pasta, je pourrais regarder ce genre de scènes pendant des heures). Lorsque l'épisode atteint son point d'orgue pendant l'heure de pointe au restaurant, pourtant, le pilote répond parfaitement aux attentes qu'on peut avoir sur une série parlant de la vie d'un restaurant ; efficace en diable, cette séquence, portée par Geoff qui doit se démener comme un beau diable pour faire tourner la machine en l'absence de son propre patron, est vraiment le meilleur passage de cet épisode inaugural à mes yeux.

Raw étant un drama pur jus, plusieurs des intrigues lancées dans ce premier épisode ne trouveront pas leur résolution dans l'immédiat. Mais, comme les saisons de Raw sont assez courtes (6 épisodes par saison), on peut cependant espérer que les choses ne trainent pas inutilement en longueur, et ça c'est le bien, quand même ! Nul doute que ça permet à la série de conserver son sens du rythme et son efficacité, et que cela lui évite de tomber dans le soapesque.
Cependant, certains personnages (à commencer par Tanya, interprétée par Shelley Conn) manquent pour le moment un peu de substance comparés à d'autres, et j'espère que les épisodes suivants permettront tout de même d'approfondir un peu ce qui a été survolé dans ce pilote.

C'est une chose formidable, quand même, quand une série sur laquelle vous vouliez absolument mettre la main depuis si longtemps ne vous déçoit pas. Je regrette donc d'autant plus d'être incapable de trouver les DVD... en attendant, je vais profiter que je suis malade pour finir la première saison, comme ça ce sera [enfin] fait !
L'idéal serait de finir de rattraper la série à temps pour voir le final de la saison 5 qui sera diffusé dans quelques jours sur rté...

Posté par ladyteruki à 20:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

13-11-12

Du lard et du cochon

Hana no Zubora Meshi faisait partie des séries que je surveillais si peu en cette saison, que je n'avais même pas percuté qu'elle démarrait le mois dernier ! Mais bon, euh, ça y est, je suis rentrée dans le rang, j'ai fait mes petites lectures et tout, je suis parée.
A la lecture du pitch, j'ai en fait eu le temps de me demander si c'était du lard ou du cochon. Jugez plutôt : Hana no Zubora Meshi raconte les tribulations d'une femme au foyer brouillonne (limite souillonne) qui ne fait pas le ménage ! Et quand son mari rentre à la maison, eh bien, c'est la pagaille.
Euh, alors, comment vous dire ? Déjà que je me soupçonne de devenir féministe ces derniers mois, mais là je vois pas comment ça va s'arranger ! Ohé, le Japon ? Les années 50 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende leur sujet de série.

Les choses sont légèrement plus compliquées que cela, pourtant. Comme souvent.
Le pilote de Hana no Zubora Meshi commence avec une petite séquence animée reprennant le point de départ du fameux conte sur Momotarou. La légende veut en effet qu'une vieille femme lavant son linge aperçoive une énorme pêche flotter ; en l'attrapant, elle découvre qu'un petit garçon est à l'intérieur, et, avec son vieil homme de mari, elle l'appelle Momotarou. Mais ce petit garçon est un peu paresseux, et en grandissant, il développe un don sans pareil pour des actions radicales afin de s'éviter tout effort, aussi un seigneur, histoire de lui apprendre à se bouger le derrière, l'envoie affronter des démons. En chemin, il rencontre des animaux qui deviendront ses amis, il vainc les démons, et hop, une légende est née.
Mais dans notre version, la vieille femme n'a pas fait sa lessive depuis très longtemps, car c'est une flemmarde. Elle finit cependant par aller à la rivière, et quand elle voit la pêche flotter, elle n'a pas envie de tendre la main pour l'attraper. En dépit des cris surexcités de son mari qui lui explique que si elle n'attrape pas le fruit géant, l'histoire ne peut continuer, eh bien, la pêche continue de s'éloigner, et point de Momotarou.
Que voilà une idée sympathique pour parler de la flemmardise, qui est le thème central de Hana no Zubora Meshi ! Et qui reprend avec ironie un conte lui aussi supposé parler de flemmardise, d'ailleurs. Bien joué pour cette scène d'ouverture originale, donc. Mais je n'étais toujours pas convaincue.

Plus classique, la scène suivante nous présente notre héroïne, Hana, notre fameuse femme au foyer qui ne glande rien, alors qu'elle est au téléphone avec son mari, qui travaille au loin et la laisse donc longtemps toute seule à la maison. Ce qui explique l'état de l'appartement ! C'est là que la série tombe exactement dans le travers prévu, et tente de nous intéresser aux tribulations de la pauvre épouse qui fait rien que de ne rien faire, et qui vit comme un cochon dans sa porcherie. Ce furent quelques affligeantes minutes de télévision, je ne vous le cache pas. Je sais que la société nippone (j'ai dit nippone ? je voulais dire asiatique en général) est assez sexiste, mais là, wow ! Vraiment ça mériterait presque des applaudissements si je n'avais pas déjà les majeurs occupés. Et pourtant, tout en se vautrant dans son exposition insupportable sur le fond, Hana no Zubora Meshi se montre plutôt taquine sur la forme, avec quelques minis idées de réalisation intéressantes et, plus généralement, un sens du montage assez dynamique et frais.
C'est que, aha ! Hana no Zubora Meshi n'a pas encore dit son dernier mot, bien décidée à lutter avec toutes les armes qui sont à sa disposition pour me convaincre. Et vous savez quoi ? C'est une qualité que j'admire dans un pilote.

HananoZuboraMeshi

Car une fois l'exposition achevée, l'épisode repart dans une série de petits délires franchement sympathiques. Par exemple, Hana est une souillon, mais voudrait réussir à faire quand même un peu de ménage chez elle ? Eh bien la série se transforme en évènement sportif, dans lequel un présentateur et un expert observent sa prestation et donnent des éclaircissements techniques sur la façon dont se passe le combat Hana VS crasse. Et c'est proprement (hm...) hilarant, en plus d'être assez bien vu ! Le ton rappelle l'absurdité placide des séries Yuusha Yoshihiko, et la façon dont cette séquence est commentée est d'un humour indubitable.

Mais on n'a finalement pas encore atteint le coeur de notre sujet. Car Hana no Zubora Meshi est l'adaptation d'un manga (or moi, les manga...), et que ce manga est du même auteur que, tenez-vous bien... la série culinaire Kodoku no Gourmet ! En fait j'ai même cru comprendre que les héros des deux manga étaient en réalité mariés.
C'est donc le dernier tiers du pilote qui va parler de bouffe. Ce qui signifie qu'à partir de là, forcément, on ne va pas se raconter des histoires, j'étais fichue, hein ; on se rappellera que j'idolâtre méchamment Shinya Shokudou entre autres parce qu'il y est question de nourriture, par exemple, c'est à peine mieux pour Pasta, et ça a quand même bien joué pour Oishii Gohan.

Tout le concept de Hana no Zubora Meshi est en fait d'expliquer pourquoi cette femme au foyer qui a tout le temps du monde pour cuisiner de savoureux petits plats compliqués se retrouve en réalité, par accès de flemmardise, à bricoler des trucs vite fait dans sa cuisine. Vite fait, mais bien fait.
Dans le présent épisode, comme Hana n'a évidemment pas été faire les courses, et qu'on est dimanche (mais à ce stade, il y a de fortes suspicions pour que ce soit la même chose le reste de la semaine), elle tente donc de se bricoler un repas avec les fonds de placard. Et ça donne... ça.

HananoZuboraMeshi-1 HananoZuboraMeshi-2

Fracture simultanée de l'oeil et de la mâchoire. Brutal.

Pendant que la miss s'empiffrait de l'équivalent de son poids en toasts garnis (en s'en foutant partout comme une petite truie qu'elle est, ça doit être un sous-genre de food porn je pense, d'ailleurs), il m'a fallu voir les choses en face : cette vacherie de série a peut-être un pitch méchamment sexiste (ça on ne me l'ôtera pas de l'idée), mais en attendant, elle sait mettre l'eau à la bouche.

Pourtant sa formule est, à ce stade, diablement originale : il n'y a, en gros, pas d'histoire ! L'action du pilote se déroule intégralement à l'intérieur de l'appartement en désordre de Hana (avec quelques séquences originales et/fantasmées, comme on le disait, pour aérer un peu l'action), il y a un seul personnage (les rares autres visages de passage étant eux aussi imaginaires), et le but du jeu, c'est juste de voir l'héroïne cuisiner un truc étrange et hautement calorique (dans la version manga, Hana est d'ailleurs beaucoup plus potelée), puis de la regarder se baffrer pendant que mentalement on liste ce qui reste dans NOTRE placard.
Et c'est pile au moment où vous remarquez qu'il reste encore quelques minutes d'épisode que le pire est à venir, avec un segment totalement hors-histoire (...dans une série qui n'en a pas, donc) dans lequel l'acteur qui interprétait l'expert dans la fausse séquence sportive mentionnée ci-dessus commence à donner les détails d'une recette de cuisine pour nous aussi faire des toasts couverts de vice et de fromage. Je ne serais pas surprise d'apprendre qu'il y a un partenariat avec Weight Watchers là-dessous.

Totalement inutile d'un point de vue dramatique, Hana no Zubora Meshi se révèle au final être une comédie rafraîchissante, avec de bonnes idées de réalisation n'ayant en réalité qu'un seul but, totalement assumé : vous donner faim, et vous pousser à cuisiner un truc calorique au possible au beau milieu de la nuit, puisque la série est diffusée à 00h55 en plein milieu de la semaine. Du vice, je vous dis !

Loin d'être à même d'entrer dans la légende comme d'autres séries culinaires capables d'exploiter leur ambitions gastronomiques à des fins dramatiques et poétiques (Shinya Shokudou en étant un sublime exemple), la série donne, à tous les niveaux, dans le guilty pleasure. Mais à la limite, pourquoi pas, à partir du moment où on sait qu'on va crever la dalle au bout de 10 minutes d'épisode. Mon conseil : faites vos courses avant de regarder, et faites-vous péter la panse de mauvaise bouffe et de mauvaise téléphagie. Personne ne vous jugera.
Sauf si un présentateur sportif et un expert observent secrètement ce qui se passe dans votre salon.

Posté par ladyteruki à 17:11 - Dorama Chick - Permalien [#]

16-08-10

[Day 16] C'est malin, maintenant j'ai faim

MemeDay_16

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pasta de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-02-10

Ma, à table !

En général, quand je veux consacrer un post à une série, à plus forte raison si elle est récente, je commence à écrire après avoir vu le pilote. Mais dans le cas de Pasta, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais comme par hasard j'ai tout de suite enfilé le deuxième épisode dans la foulée. C'est vraiment bizarre. Je me demande si ça présente un quelconque rapport avec ça :

Pasta_1

Tiens, on dirait que je bave. Peu importe. C'est certainement une coïncidence.
La saison hivernale japonaise n'est peut-être pas des plus excitantes pour le moment (et encore, vous ne savez pas tout, j'ai voulu regarder le pilote de Majisuka Gakuen... priez pour que je ne vous en fasse jamais un post La preuve par trois. Priez très fort), mais les Coréens, eux, ne déçoivent pas. Je n'étais pas spécialement partie pour regarder cette série tout de suite, mais il s'avère que la toujours bien inspirée Livia de My Tele is Rich, en faisant mention de Pasta et sans même que je ne lise son post, a su me convaincre. Bon effectivement, il ne me fallait pas grand'chose, mais les faits sont là.

Pasta est donc une série sur la cuisine, et faisant partie des 12 personnes dans le monde qui étaient tombées amoureuses de Kitchen Confidential, on peut considérer que la partie était jouée d'avance. Pensez donc : un restaurant immense, une cuisine en constante effervescence...
Vous ne vous rendez pas bien compte, je crois : le pilote s'ouvre sur une scène de 5minutes intégralement consacrée au travail en cuisines en plein coup de feu... eh bah j'étais tout-à-fait partante pour que la totalité du pilote se déroule intégralement de la sorte. Si un jour, quelqu'un me propose tout un épisode avec juste ça, des professionnels qui œuvrent aux fourneaux sans s'adresser la parole pour autre chose que les instructions de rigueur, pendant une heure, je suis absolument partante. J'adore cette impression que donne la première scène de sentir la décharge d'adrénaline, l'exigence de qualité, le défi d'avoir presqu'une dizaine de personnes qui travaillent au coude à coude et qui font preuve d'une aisance et d'une fluidité exceptionnelles. On me propose de regarder 10 cuistots remuer des pâtes dans des poêles pendant une heure, je signe de suite. Subjuguée.

Bon alors, dans Pasta, il y a quand même des intrigues personnelles, des rebondissements et des... pfff, moi j'aurais préféré des pâtes pendant une heure. Ah non mais c'est loin d'être mauvais, hein ! C'est juste que je préfère les pâtes. J'ai pas des origines italiennes pour rien, je suppose.
L'intrigue repose sur le fait que la direction du restaurant La Sfera, où se déroule la série, a décidé de virer le chef actuel pour le remplacer par un petit connard arrogant, le type-même de bonhomme qu'on imagine réussir dans la gastronomie, même si c'est au prix de multiples dépressions parmi le personnel des restaurants où il fait carrière.

Autour de cet élément, on greffe donc une histoire de rêve qu'il faut absolument réaliser (serait-on dans une série asiatique ?), un ou deux triangles amoureux (conformément à la loi), et quelques rébellions parmi le personnel, histoire de ne pas se reposer sur ses lauriers.
Là comme ça, ça n'a pas l'air, mais tout cela est quand même bien divertissant.

Mais plus que l'histoire ou les personnages, c'est le traitement qui fait la différence. Il règne dans Pasta une ambiance électrisante mais également capable de donner une impression de proximité. Chaque personnage principal montre assez vite qu'il est plus que ce que le pitch veut laisser penser, ainsi Kyung Seo n'est-elle pas une jeune cuisinière idéaliste aux grands yeux de Bambi, mais aussi une adolescente mal dégrossie, boudeuse et obstinée, ou le nouveau chef n'est-il pas complètement antipathique, mais au contraire carrément charmant quand il s'y met (c'est juste qu'il ne s'y met pas souvent).

Esclandres et crises de nerfs, clients capricieux et personnel au tempérament explosif, Pasta promet un divertissement rythmé sur le thème de la cuisine. Une série particulièrement alléchante qui...

Pasta_2

Qu'est-ce que je fais à écrire sur ce blog, moi ? Il est l'heure de manger !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pasta de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:29 - Dorama Chick - Permalien [#]


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