ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-01-13

Un peu tard

Lorsque j'ai préparé mon post sur l'année 2012, c'est avec énormément de nostalgie que j'ai repensé aux premiers mois de l'année écoulée, alors que je passais d'un coup de coeur à l'autre. Smash, Äkta Människor, 30° i Februari, House of Lies... les semaines se succédaient et il y avait toujours plus de séries qui me rendaient folle de joie. L'écriture de ce post m'a rappelé ces coups de coeur, mais aussi le fait que j'étais loin, en fin d'année, de me trouver dans le même état d'excitation.

Je vous avoue que depuis que j'ai fini Scrubs, l'ambiance est morose de ce côté-ci de l'écran.
J'ai lancé le marathon Jack & Bobby que j'attendais de démarrer depuis près de trois ans, et je ne le regrette pas, je m'envoie un épisode de Drop Dead Gorgeous à l'occasion en me disant que de toute façon ça ira vite, mais clairement on n'est pas dans le coup de coeur. Ce sont "juste" deux bonnes séries que je suis contente de regarder, et en théorie c'est déjà génial ; on est loin d'une période de creux pendant laquelle rien ne m'intéresserait. Mais rien non plus ne m'incite à la boulimie d'épisodes. Rien ne fait battre mon coeur. Quand je suis au boulot ou en train de faire des courses, je ne me dis pas que j'ai hâte de me faire un nouvel épisode ce soir de Jack & Bobby ou Drop Dead Gorgeous, ou quoi que ce soit d'autre...
Le pire c'est que j'ai mis en pause la plupart de mes autres visionnages, quelque part pendant le visionnage de l'intégrale de Scrubs, et que je n'en ai pas vraiment repris à ce jour alors que j'ai fini Scrubs à la mi-décembre environ. J'ai des épisodes de retard sur à peu près tout, et pas envie de m'y remettre. Généralement, ce n'est pas grave : ça m'arrive souvent de faire une ou deux semaines de pause le temps de finir un truc qui me captive plus, puis de reprendre. Dans mon fonctionnement, il y a toujours une part de séries à suivre hebdomadairement mais irrégulièrement, et d'autres à regarder d'une traite, en intégrale marathonienne, et ça finit par se rééquilibrer. Sauf que là, ça vient pas.

Ce n'est pas que je n'ai rien envie de regarder non plus. J'ai toujours envie de pilotes (je crois que c'est une constante qui n'est tout simplement jamais mise en compte dans ma façon de regarder les séries !), mais je ne regarde rien qui me donne envie de m'enflammer. Bon, on est entre nous, je peux bien vous le dire : je me soupçonne secrètement, quand je lance le pilote de Lieve Liza ou de Resident, de n'essayer qu'à moitié. Je me mets en colère contre ces séries, mais est-ce que j'essaye vraiment d'en regarder qui me chavirent ? Pourquoi précisément retenter une comédie médiocre comme How I met your mother maintenant ?
Est-ce que par le plus grand des hasards, je ne persisterais pas à regarder des choses qui ne peuvent se comparer à Scrubs ?

Il est fréquent qu'un marathon qui m'a vraiment électrisée me laisse un peu vidée, qu'il me faille un peu de temps pour me remettre en train. Ca n'a rien d'étonnant, surtout vu la rapidité à laquelle je m'enfile certaines intégrales. Dans le cas de Scrubs, faisons le calcul... 182 épisodes en un peu plus d'un mois ? Clairement, il y a un effet de manque qui est à attendre après un tel visionnage. Et ça m'est tellement arrivé que je considère que c'est la routine.
Je pensais d'ailleurs avoir dépassé cette phase de manque au bout de 2 visionnages du final de la saison 8, après avoir abondamment pleuré en chantant "Book of Love" plus que de raison (c'était un bien lamentable spectacle, d'ailleurs !). Au bout d'une semaine à dix jours, j'avais estimé que la page était tournée.

Vraisemblablement elle ne l'est pas. Et quand j'y regarde de plus près, je vois qu'il y a des détails qui ne mentent pas.
La page Scrubs n'est pas tournée, parce que les DVD de Scrubs sont encore sur ma table de chevet et je n'ai pas le coeur à les ranger dans la telephage-o-thèque, parce que le dernier DVD de la saison 8 est d'ailleurs encore dans le lecteur DVD portable de ma chambre, et parce que les extraits de Scrubs que je me suis mis sur mon smartphone n'en ont pas été effacés (alors que d'ordinaire, le roulement sur mon portable est rapide et régulier en matière d'extraits).

A la réflexion, l'état dans lequel je suis me rappelle celui qui est le mien après l'annulation d'une série que j'aime énormément. Je n'ai goût à rien d'autre, mais il me faut accepter qu'elle est annulée. Et ça me rend toute chafouine pendant un bout de temps, en général... je veux dire, je vous ai quand même bien parlé de Partners ces dernières semaines, par exemple.
Dans le fond, il est possible pourtant qu'il s'agisse du même symptôme. J'ai réalisé, un peu tard, que j'étais très éprise de Scrubs... et je vis en fait son annulation là, à retardement, mais douloureusement quand même.

ScrubsGoodOldDays

Il n'y a rien de pire que de découvrir qu'on a un coup de coeur pour une série dont on ne verra plus jamais un inédit.

Posté par ladyteruki à 23:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-01-13

Long story short

Premier revisionnage de l'année.
Pas forcément le mieux inspiré, mais avec tout ce que j'entends sur la série ces derniers temps, je me suis dit qu'il serait quand même une bonne idée de retenter son pilote, histoire de.

Alors, How I met your mother, comme ça on a vécu quelques saisons de trop ? (re)Voyons ça.

HowImet

Ah, eh bien, je confirme. Neuf saisons de trop.

Quand je regarde le pilote de How I met your mother, je ne suis pas seulement surprise que la série ait duré aussi longtemps, je suis surprise que le pilote ait eu le feu vert et ait passé l'épreuve de la commande.

L'idée de départ n'est évidemment pas mauvaise (du high concept pour un sitcom, il fallait y penser) et n'est pas en cause. Au contraire. Et d'ailleurs, dés cette introduction, on sent que les scénaristes ont une idée très claire sur le fait qu'ils vont balader longtemps les spectateurs (et les enfants) avec des tours et détours factices ; ça faisait partie des choses que je voulais vérifier, à vrai dire. A la limite, je préfère ça à une série qui prétend pouvoir tout finir rapidement mais qui, devant la perspective d'un renouvellement, décide soudain de prendre un itinéraire bis pour faire trainer les choses (genre Revenge), ici, les délais pour connaître le fin mot sont clairement annoncés : "it's a long story". Evidemment, le concept de How I met your mother appelle toutes sortes de retournements de situation afin de ne pas dévoiler la fameuse "mother" trop rapidement, et l'équipe de How I met your mother fait de son mieux avec les outils qu'elle a pour raconter sa petite histoire aussi longtemps que possible (nul doute qu'un concept similaire aurait été traité bien différemment par d'autres, genre Bill Lawrence, mais avec des si...).

Alors où est le soucis dans ce pilote, qu'au bout de trois visionnages je n'arrive toujours pas à trouver ne serait-ce qu'un petit peu sympathique ?
Je pourrais vous dire que les textes ne sont pas drôles, mais le plus fou, c'est que ce n'est même pas vraiment ce qui est en faute ici. Evidemment, pas mal de gags sont faciles, mais il s'agit d'un sitcom en multi-camera et toutes les séries ne peuvent pas avoir les tirades incisives de Roseanne ou facétieuses des Craquantes, non plus. A l'impossible nul n'est tenu. Donc du point de vue strictement écrit, ce n'est pas la panacée, mais ça reste tolérable.

Par contre, j'ai un énorme problème avec le cast. A un tel point que je ne sais pas qui pointer du doigt en premier. Trop de choix tue le choix.

Allez, optons pour celui qui devrait être le plus au top : Josh Radnor. Aussi bien sur le plan physique qu'humoristique, ce type m'évoque systématiquement Jimmy Fallon, a.k.a. le type qui se donne trop de mal. Et qui échoue. Il faudrait peut-être que je le voie dans autre chose, mais il n'arrive pas à convaincre. Suivant sur la liste : Neil Patrick Harris ; sa réputation de scene stealer dans la série a peut-être un fond de vérité, mais sûrement pas dans le pilote où il est pourtant limité à quelques gimmicks répétitifs ("suit up !"), chose dont il a l'air parfaitement conscient. On ne peut pas lui reprocher de ne pas se donner du mal. Rien à redire en revanche pour Cobie Smulders : son personnage est transparent et certainement pas conçu, à ce stade, pour avoir une once d'humour, donc jouer la jolie fille est nécessairement dans ses cordes.
Et en on arrive aux deux pires de la bande. Alysson Hannigan, qui mérite d'être renvoyée dans ses films potaches et d'y rester jusqu'à la fin de temps (mais je l'ai dans le nez depuis un truc que j'ai lu hier, aussi, j'avoue), le dispute à Jason Siegel, pour le titre de Membre Du Cast Qui A L'Air De Lire Ses Répliques Sur Un Prompteur Et De Découvrir Son Texte En Temps Réel. C'est un long titre, et il se mérite, ce qui explique qu'il y ait tant de compétition ; et de ce point de vue là, tous deux se donnent à fond.
Il est clair que c'est une maladie dont sont régulièrement frappés les comédiens de sitcom ; je suppose que les délais de tournage font ça, entre autre choses. Avec tout le respect que je dois à Partners, dont je vous ai pourtant bien rebattu les oreilles depuis l'automne, il y avait dans le cast quelques criminels de ce genre aussi. Il faut des comédiens exceptionnels pour ne pas au moins tomber dans ce piège une fois, et des comédiens exceptionnels, eh bien, How I met your mother n'en a pas. Au stade de son pilote en tous cas, elle en a un à peu près décent, un qui essaye très fort, une qui pour l'instant n'a pas matière à lever le petit doigt, et deux franchement médiocres.

Ce qui explique d'autant plus mal, je vous le disais, que ce pilote ait convaincu qui que ce soit d'être commandé. D'un autre côté je vous accorde que c'est la même chaîne qui a commandé après avoir vu le pilote de Two and a Half Men deux ans plus tôt.

J'espère souvent de mes revisionnages qu'ils me permettront de voir l'épisode revu (généralement un pilote) sous un oeil nouveau. Ca s'est déjà produit, je pense par exemple à Friday Night Lights. Du coup, j'entame généralement ces retentatives avec un esprit aussi objectif que possible, parce que c'est tout l'intérêt de l'exercice. Mais dans le cas de How I met your mother, impossible de changer d'avis ne serait-ce d'un iota à son sujet. Il y a des séries dont je ne partage pas l'enthousiasme, mais pour lesquelles je peux comprendre qu'on s'enflamme. How I met your mother n'en fait définitivement pas partie. C'est comme ça. Autant que je m'y fasse !
Ce sera ma dernière retentative du pilote de How I met your mother, parce que même en matière de revisionnages, il y a un moment où il faut savoir dire : "three strikes and you're out".

Posté par ladyteruki à 21:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

30-12-12

Mon cher cancre

Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.

Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.

Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.

Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.

Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.

Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.

Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !

Partners-0Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !

Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.

Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?

...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-11-12

Foule sentimentale

La journée a été longue et dure. Ce n'est pas vraiment comme ça que j'aime mes journées de travail (d'autres choses, oui, sans doute), mais c'est une réalité. A la fin d'une journée telle que celle-là, qui peut avoir inclus un certain nombre de mauvaises nouvelles et peut-être éventuellement plus d'heures travaillées que d'heures de veille, j'aime bien me détendre. Comme la plupart d'entre nous, je crois.

Je rêve... d'un endroit confortable. Mon canapé, par exemple. Et puis d'un endroit téléphagiquement confortable. Les défis téléphagiques seront pour plus tar ; dans une heure, ou demain : on verra, il sera temps d'aviser, et je ne fais pas de plan à l'avance. Pour l'instant je veux juste trouver cette sensation (qui sera toujours inconnue aux cinéphiles, ah ah ah, les rustres) de se rouler en boule, lové dans une intrigue qu'on connaît bien, calé bien au chaud entre quelques personnages qu'on aime et qu'on a l'impression d'avoir toujours eus dans notre vie.

Parce qu'on peut dire ce qu'on veut sur la télévision, on peut bien clamer que ce n'est pas "toujours la même chose", qu'il est faux que "quand tu en as vu un épisode, tu les as tous vus", et toute cette sorte de choses, mais parfois, il y a certaines séries pour lesquelles c'est vrai, et une fois de temps en temps, on aime bien se regarder un épisode prévisible, mais tellement chaleureux et tellement rassurant, que ça met du baume au coeur et ça permet de se lancer à l'assaut d'autre chose, un pilote un peu difficile d'accès genre Luck, mettons, ou carrément un Anapurna téléphagique, comme le pilote de la série norvégienne Schmokk avec un bandeau sur les yeux, sans filet, sans les mains, et avec sous-titres suédois. On a tous besoin d'un petit remontant parfois.

Aussi, en ce mardi d'épuisement, alors que j'avais besoin de recharger mes batteries, je me suis tournée vers la solution de confort, de facilité et de chaleur qui m'est venue naturellement à l'esprit...

Partners-Park

On ne dira jamais assez les ravages que font certaines annulations sur la santé mentale d'un téléphage. Oh Partners, même si je suis l'une des dix personnes sur Terre à te regretter, ce soir je ne te regrette pas qu'à moitié !
Allez, pas grave, je vais regarder Last Resort à la place, ça au moins, ça n'a pas été an-...
...
QUOI ?!

Pardon pour cet instant sentimental (surtout sur une série que la plupart d'entre vous ne tient pas en haute estime), mais ça me fiche beaucoup plus le bourdon que je ne l'aurais pensé, tout ça. Ca fait des années que je suis téléphages, et les annulations, je crois que je ne m'y fais toujours pas, en fait.

Posté par ladyteruki à 23:43 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-11-12

Back where we left off

C'est un exercice bien périlleux que de tenter de revenir sur le devant de la scène avec un nouveau sitcom, après en avoir eu un premier qui ait connu le succès. Fran Drescher ou Reba McEntire le savent bien, qui ont tenté par tous les moyens de revenir sous les projecteurs (et parfois, ça a exigé du temps et de la patience) et de retrouver la formule qui avait fait leur gloire télévisée.

C'est en fait si difficile, qu'une fois que ces "anciennes gloires du sitcom" retrouvent un projet, la tentation est grande de multiplier les références à leur succès initial.
On peut le voir avec Happily Divorced, qui consacre énormément de temps aux clins d'oeil, sous toutes les formes possibles. C'est, étrangement, ce qui fait que Happily Divorced est plus agréable à regarder que Living with Fran, d'ailleurs : le nombre d'allusions et de guests est vertigineux, tandis que Living with Fran avait préféré ne faire appel à la grande famille d'Une Nounou d'Enfer qu'à titre affectueux, plus comme une façon de profiter de l'occasion pour rebosser entre vieux amis, que comme une technique visant à faire appel à la nostalgie des spectateurs.
On ne me fera pas croire que Renee Taylor se pointe dans un rôle extrêmement proche de celui de Sylvia Fine au cours de plusieurs épisodes de Happily Divorced pour une autre raison que faire des appels du pied aux nostalgiques d'Une Nounou d'Enfer, par exemple. C'est impossible à avaler, tout simplement parce que les répliques se déchaînent à chaque apparition pour souligner la parenté avec la série "originale". Le but est avoué.
Après tout, on est sur TV Land ; le simple fait d'offrir à des vieilles gloires du sitcom la possibilité de lancer une nouvelle série est une façon totalement assumée de faire du neuf avec du vieux.

Paradoxalement, ce n'est pas déplaisant. On pourrait blâmer Happily Divorced pour cette façon décomplexée de faire appel à un succès passé pour créer un succès actuel, on pourrait l'accuser de manquer d'originalité, mais c'est très précisément ce que l'on cherche, en réalité, quand on regarde une série avec Fran Drescher. Alors cette façon de faire appel à la mémoire du spectateur, en dépit des apparences paresseuses que cela peut avoir pour quelqu'un d'extérieur à tout cela, ça fonctionne incroyablement bien.

Jusque là, Malibu Country semblait éviter cette technique. Il était pourtant clair que les méthodes de création de la série étaient les mêmes : l'actrice qui reprend un personnage similaire, répondant d'ailleurs au même nom (c'est rarement un signe trompeur), et qui produit la série qui signe son retour...
Mais les références de Malibu Country à Reba étaient absentes des deux premiers épisodes, ce qui était même assez surprenant. La série jouait sur les références à la carrière de Reba McEntire, puisque son héroïne est également chanteuse de country, et ça s'arrêtait là.

Malibu

...Jusqu'au 3e épisode, diffusé hier. Comme souvent, les dialogues ont commencé à tirer partie des gimmicks inhérents à Reba ; parmi les coupables généralement désignés, et c'était déjà le cas dans Reba, on trouve la couleur de cheveux de l'actrice/chanteuse, son accent de l'Oklahoma bien profond, ou son caractère un peu, hm, rigide. Ici c'était l'accent.
Quand soudain, vient une réplique sur le fait que "chewing ice" avec l'accent donne l'impression de dire "chewing ass".

Mes yeux ont roulé sur la table. Vous savez d'où elle vient cette réplique ? Du making-off de la 5e saison Reba ! Meta !

Et finalement il semble qu'on ne puisse y échapper. Malibu Country n'a pas besoin de ces références pour faire des scores décents, et probablement que la série ne compte pas dessus pour attirer son public, mais il semble inévitable de faire référence à un sitcom passé pour donner un supplément d'âme à l'actuel. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas d'appâter les spectateurs avec cela, parce qu'il faut vraiment avoir été totalement mordu de Reba (au point d'avoir vu les making-off, quand même) pour saisir cette référence. Mais malgré tout, impossible de faire sans.

Comme je le disais, ce n'est pas désagréable. Quelles que soient les raisons pour faire appel aux souvenirs (qu'on présume émus) des spectateurs, que ce soit pour créer artificiellement un attrait vers la série, ou juste pour entretenir une forme de connivence, ces pratiques fonctionnent. Elles ne fonctionnent à vrai dire que dans cette configuration : la star de sitcom qui revient dans un nouveau sitcom. C'est inconcevable dans les dramas, et décrédibilisant au possible. Mais ça fonctionne, et en tant que spectatrice, j'admire qu'une série soit capable d'établir ce genre de relations avec le public, sans complexe ni faux-semblant.

Dans le fond, nous regardons ces séries parce que nous avons vu les précédentes, parce que nous aimons leur interprète principale, parce que nous voulons avoir l'illusion de suivre des histoires se déroulant dans le même univers, même si les situations ont changé. Nous voulons l'illusion d'une unité dans l'univers de ces séries.
A vrai dire, c'est aussi la raison pour laquelle je regardais Partners ; je regrette que cette dernière n'ait pas plus ostensiblement tiré partie de ses points communs avec Will & Grace. C'est peut-être étrangement ce qui l'aurait sauvée : assumer sa parenté.

Posté par ladyteruki à 23:55 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

06-11-12

[DL] Partners

Il y a des séries, eh bien, quand elles ne passent pas à la télévision pendant une semaine ou deux (par exemple), eh bien, ça fiche un coup au moral, quand même. Et puis, quand elles réapparaissent, eh bien, ouf, soulagement, et bonheur, et chants d'oiseaux. Dans l'intervalle, parfois, je crains qu'elles disparaissent pour de bon, mais non, ça va, elles reviennent.
Un peu comme Ben et Ross.

Alors quand j'ai eu mon épisode de Partners cette semaine, j'étais extatique. Comme ils m'avaient manqué, les quatre zouaves ! On s'attache à ces petites bêtes, l'air de rien. Je ne sais pas trop comment, mais en l'espace de cinq épisodes, j'ai réussi à me sentir chez moi dans le petit univers de Louis, Joe, Ali et Wyatt, c'est comme retrouver une bande de potes, on leur demande pas de changer le cours de l'histoire, tout ce qu'on veut c'est s'asseoir avec eux et passer un moment à déconner tendrement, en se cherchant des poux dans la tête alors qu'on sait très bien qu'on s'adore.
Je sais pas comment vous expliquer ça, mais ça m'a un peu rappelé la saison que j'ai passée avec l'équipe de Better With You. Juste un moment de la semaine où on est là où on devrait être, vous savez ? A rire et applaudir et se régaler de ces personnages qui ont réussi à être à la fois familier et à nous faire rire, alors que le rire contient une part inhérente de surprise ; et en dépit de ce paradoxe, chaque rendez-vous est une demi-heure de rejouissances continues. Oui j'applaudis des comédies ou des émissions humoristiques, et je vais vous dire, je trouve ça très triste les gens qui n'applaudissent pas juste parce qu'ils regardent quelque chose qui est filmé, voilà ce que je pense. Enfin bref tout ça me met de bonne humeur.

Partners
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Vous savez ce qui me met aussi de bonne humeur ? Le générique de Partners. Du jour où je l'ai découpé, il a atterri direct dans ma playlist de génériques de base, celle qui est en permanence dans mon smartphone "pour les urgences". Et chaque fois, absolument chaque fois que le générique déboule dans mes écouteurs (mes playlists sont toujours en mode aléatoire), j'ai un immense sourire. Je ne peux tout simplement pas lutter. Je le trouve efficace en diable ce générique, le rythme est bon, l'ambiance est parfaite, c'est un étendard parfait.
D'accord visuellement, le générique est paresseux, on ne va pas faire mine de n'avoir pas remarqué, mais vu que je passe plus de temps à l'entendre qu'à le voir, ce générique, je m'en fiche un peu.

Partners est l'une des rares séries cette saison ayant daigné mettre en place un véritable générique (et pas un vulgaire panneau), et a trouvé le moyen, en 20 secondes, de se trouver un thème fort qui lui permette d'être parfaitement identifiée. Le générique de Partners a les propriétés des grands génériques de sitcoms, avec des paroles positives à mort, un petit air qui s'imprime facilement dans votre cortex, et un sens du rythme parfait pour se plonger dans l'ambiance de la série. Les grands sitcoms du passés suivaient tous cette règle, c'est imparable. Même avec le fond blanc, le générique fonctionne, que demander de plus ?

Bien consciente que Partners n'a pas forcément bonne presse auprès d'une majorité de téléphages dont j'ai pu lire l'avis (on est une poignée à peine à organiser la résistance), je maintiens que c'est une série qui fait vraiment plaisir. Je pourrais faire semblant de n'avoir que des goûts super sélectifs, histoire de me donner un genre et de ne regarder que des séries supposées dignes d'intérêt, mais rien à faire, je craque complètement devant la fine équipe de Partners. Alors allez-y, balancez la caillasse, je m'en fiche.

PS : je ne peux pas être la seule à voir combien Lee Pace doit absolument interpréter le rôle du frère de Louis. Que ce soit sur un plan physique, vocal, ou même certains tics de jeu, punaise ces deux-là sont obligés d'interpréter des frères ! En plus ils sont tous les deux New-Yorkais d'adoption, venus du Sud, et issus de Julliard, mince quand même, il faut le faire ! Il le faut !

Posté par ladyteruki à 23:23 - Médicament générique - Permalien [#]

03-11-12

You can take the girl out of the country...

On est très officiellement en novembre, ce qui veut dire que le plus gros des pilotes américains est derrière nous... jusqu'à la mid-season, en tous cas. Ca va nous laisser le temps, à whisperintherain et moi, de revenir sur les pilotes qu'on n'a pas eu le temps d'aborder dans le cadre de notre défi. Mais curieusement, il y en a un pour lequel je n'ai pas eu besoin de tableau Excel pour me souvenir de le regarder...

MalibuCountry

Bon alors, on est tous conscients que ce post ne comportera pas la plus petite once d'objectivité, n'est-ce pas ? On sait tous que j'adore Reba McEntire, que j'ai vu Reba deux ou trois fois en intégralité (et le pilote au moins le double), et que je suis capable de mettre tout esprit critique de côté quand l'affectif s'en mêle ? Qu'en plus j'adore la country music ? On le sait tous, hein, j'ai pas besoin de vous le rappeler ? Bien.
Non parce que ce pourraient être des informations que vous souhaiteriez garder en tête en lisant la review qui va suivre. Pour vous éviter la crise d'apoplexie. Pour vous retenir de me lyncher.
Mais je m'en fous. C'est un tel plaisir de retrouver Reba ! De retrouver son accent délicieux et son caractère de cochon ! Et sa crinière rousse ! Ce qui ne gâche rien.

Il y a quelques bonnes idées, en plus, pour accompagner ce retour : le personnage du jeune voisin qui aurait pu être la caution gay mais qui se retrouve à lécher la glotte de la fille de Reba avant la fin du pilote, la grand'mère (Lily Tomlin, dont la présence est précieuse) qui se découvre fort opportunément un état anxieux nécessitant la prescription de marijuana, ou encore la belle voisine (Sara Rue, méconnaissable pour ceux qui ont vu Popular ou même Eastwick) qui est peut-être un peu allumée, mais pas totalement stupide... et dont Reba pourrait bien apprendre quelque chose, en dépit de ce qu'elle pense. J'ai hâte de voir ce que cette amitié contre nature va donner, même si j'ai ma petite idée sur ce que je peux en attendre.

Avec Malibu Country, on est en effet très clairement en terrain connu, et ce pas uniquement parce que le talent d'actrice de Reba consiste à interpréter toujours le même personnage avec la même carapace et la même façon de juger son entourage.
Certaines thématiques ont la vie dure, qu'on connaissait déjà de Reba : le divorce, les enfants, la volonté d'aller de l'avant... Certains personnages rappellent aussi un peu leurs équivalents de Reba : Cash est aussi peu futé que Van (je souhaite au premier de devenir aussi hilarant que le second), et Kim est un parfait faire-valoir comme l'était Barbra Jean (là encore, on ne peut qu'espérer que les deux personnages se vaillent). D'autres choses promettent un peu plus que la simple redite, à l'instar de l'assistant du producteur, qui offre d'ailleurs l'une des meilleures scènes du pilote. Seul le personnage de la fille, pour l'instant, est un peu difficile à situer... mais il a clairement des atouts prometteurs.

Le pilote de Malibu Country n'est pas, soyons quand même honnête, l'épisode inaugural annonçant la meilleure série de la saison.
Mais dans une saison qui compte si peu de franches réussites, ça fait plaisir, un peu comme avec Partners, de retrouver une formule qui fonctionne, à défaut de surprendre. Une fiction "confortable" à regarder une fois par semaine, ça fait aussi du bien... surtout si c'est sur fond de country.
Tiens d'ailleurs, j'ai pas encore regardé le Nashville de cette semaine, c'est parfait, je sens bien arriver le combo Nashville + Malibu Country chaque weekend.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-10-12

Mon ex

Suburgatory-Blue

Suburgatory revient demain soir aux USA.

Il y a plusieurs mois, Suburgatory et moi nous sommes séparées lors d'une rupture assez douloureuse, lorsque j'ai réalisé que je n'éprouvais plus de sentiments pour elle. C'est l'histoire classique, vraiment : girl meets show, show annoys girl, girl leaves show... vraiment rien que la routine. Des centaines de chansons racontent toutes la même chose, comment la lassitude gagne et la flamme s'éteint. C'est triste mais on n'y peut rien.

Un peu avant les vacances, j'ai trié nos souvenirs, et mis les épisodes sur une cagoule que j'ai rangée dans mes affaires au nom du bon vieux temps, et parce que je ne jette jamais rien, mais le coeur n'y était plus. Ce qui appartient au passé, appartient au passé. Parfois il faut juste aller de l'avant et ne pas se demander ce qui a cloché (les intrigues) ou quand (au bout d'une demi-douzaine d'épisodes).
Il y a eu des moments où je me suis demandé si, dans le fond, je n'avais pas l'espoir que nous recollerions les morceaux un jour. Par exemple je continue, sur Twitter, de suivre le compte de la série et, de temps à autres, des tweets de Noah ou de Dalia apparaissent alors sous mes yeux pour me surprendre, et soudain, c'est comme un petit arrêt cardiaque : "oh, c'est eux !". On revoit les visages aimés et, même si on sait que ce n'est plus comme avant, on est content de les voir passer, même de loin. Bien que, soyons honnêtes, ça ajoute plus à la peine de la séparation qu'autre chose... Mais il est sans doute trop tôt pour totalement couper les ponts...
Eh oui, évidemment ! Ca me fait toujours quelque chose ! Je ne me suis pas mise à détester Suburgatory tout d'un coup.
Comme je le fais pour les scènes qui vraiment me plaisent, j'ai gardé quelques extraits dans ma collection et j'en ris encore, à l'occasion. Je crois que, malgré notre séparation, j'en pince encore un peu pour le cynisme de Tessa ou la personnalité pétillante de Dallas. Le coeur a ses raisons que la téléphagie ignore...
Quand j'entendais des news à son sujet, cet été, je sentais ma poitrine se serrer comme dans un étau. C'aurait été tellement plus simple si elle avait été annulée et avait disparu de la surface de la terre mais, bien-sûr, la vie continue, et je ne peux pas toujours ignorer que Suburgatory est encore là. C'est paradoxal parce que je lui veux pas de mal...

Alors, voilà, demain, Suburgatory revient. Avec plus de tweets, plus de news, et peut-être même des videos, auxquels il sera difficile d'échapper, et qui provoqueront encore quelques temps un pincement au coeur.

C'est sûr, je ne suis pas malheureuse. Je me suis même consolée avec beaucoup d'autres depuis ! Je suis un peu une fille facile, téléphagiquement, il faut bien le dire. Mais enfin... ce sera toujours mon ex. Et ce sera toujours un peu difficile de savoir qu'elle est là, pas loin, mais qu'on n'est plus ensemble. Je suis même pas jalouse que d'autres la voient, et je n'ai aucune intention de me remettre vraiment avec elle, parce que ça ne marcherait plus, surtout après notre rupture. Je suis encore dans cette phase, vous savez ? Quand on n'arrive pas tout-à-fait à tourner la page, mais que le retour en arrière n'est pas plus une option.

Ce soir je vais regarder un nouvel épisode de Partners. J'aime bien Partners. Sincèrement, hein, je ris beaucoup ; j'ai même vu les épisodes déjà diffusés plusieurs fois. Mais Suburgatory m'a fait des trucs que Partners ne sait pas faire, et ça ne se compare tout simplement pas.

Ah punaise, les gars, j'ai un de ces cafards ce soir... Des ruptures comme ça, ça donnerait presque envie de ne plus jamais retomber sous le charme d'une série, tiens.
J'ai dit presque.

Posté par ladyteruki à 20:18 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-09-12

The sitcom that time forgot

Bon, je sais que je dis ça toutes les semaines ou presque, mais là, ça y est, le coup d'envoi de la rentrée américaine est donné. On va crouler sous les pilotes, on va se vautrer dans les season premieres, ça va être une orgie téléphagique de toute beauté. Toujours dans l'esprit du défi que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé, je continue donc à reviewer chaque pilote de la saison. 
Aujourd'hui, c'est au tour de Partners, dont les critiques assassines m'avaient fait redouter le pire...

Partners

Ne perdons pas de vue ce que signifie réellement le terme : "mauvais". Ce terme est synonyme de Brothers, ou de Work It. A contrario, le terme "mauvais" n'est pas synonyme de "peu original", ou de "déjà vu cent fois notamment dans une série précédemment créée par la même équipe".
Quand les gens (généralement les journalistes donnant leur avis à l'issue du TCA press tour) commencent à dire qu'une série est mauvaise, je forme toutes sortes d'images dans ma tête, histoire de me préparer au pire (voilà pourquoi, ladies and gentlemen, il faut éviter le buzz du printemps sur les séries de l'automne, entre parenthèses). Mais ce que je commence à imaginer n'a rien à voir avec ce qu'est au final le pilote de Partners. Rien du tout.

Alors oui, la situation de Partners, on l'a déjà vue quelque part, et pour cause : c'est celle esquissée dans Will & Grace chaque fois que les deux protagonistes éponymes étaient en couple au même moment. Une relation totalement platonique qui rivalise involontairement avec deux autres qui ne le sont pas. Et ce n'est pas surprenant d'avoir affaire à cette histoire ; ça fait des années, mais littéralement des années et des années, que Kohan et Mutchnick tentent de la vendre à une chaîne... parce que c'est la leur !
Vous attendez de ces mecs-là de l'originalité ? Vous allez être déçus : ils font partie de ceux qui appliquent à la lettre l'adage "write about what you know". C'est comme tenter une série de Fran Drescher et espérer qu'elle n'y déverse pas 80% de contenu autobiographique et 20% de gags visuels ! Pour autant, est-ce que c'est mauvais ? Non. C'est juste totalement prévisible. Il y a une nuance.

Mais qui a besoin d'imprévisibilité dans toutes les séries qu'il regarde ? Il y a des séries qui nous surprennent, des séries qui nous émeuvent, des séries qui nous réchauffent simplement le coeur... un bon menu téléphagique annuel est toujours varié ! On ne regarde pas toutes nos séries pour la même raison. Sans quoi personne ne serait capable de regarder à la fois Portlandia et The Good Wife. Non ? Que moi ? Ah.
En fait j'aurais même envie de dire qu'en matière de sitcoms, il n'est pire ennemi que l'originalité du pitch. Regardez ce qui se passe quand on essaye de changer des formules famille/groupe d'amis/boulot : c'est presque invariablement un aller simple pour l'Enfer. Les pitches les plus originaux en matière de sitcom donnent de véritable cauchemars : Cavemen, par exemple, ça c'est un pitch original, hein ? CQFD. Tiens, Work It, qu'on mentionnait plus haut, c'était plutôt original, aussi, comme idée. Et vous voulez qu'on parie sur The Neighbors ? Pour une comédie en single camera, peut-être que la prise de risque est moins grande, mais pour une multi-camera, il vaut mieux rester dans les clous, et enrichir non pas la situation mais les personnages et leurs réactions. C'est ça, l'intérêt d'un sitcom !

Mais le plus important, pour un sitcom, c'est d'être drôle, je crois qu'on sera tous d'accord là-dessus. Et si on enlève la question de la situation prévisible, qui n'est pas un critère d'humour, il faut admettre qu'il y a de bonnes répliques dans Partners. Elles sont efficacement écrites, même si elles sont parfois délivrées de façon exagérée (notamment par Urie). J'ai ri plusieurs fois, à voix haute, du genre à faire trembler les murs de l'immeuble. Dieu sait que ça m'arrive très sporadiquement avec un sitcom.
Alors oui, ayant englouti une intégrale de Will & Grace il y a deux ans à peine (en moins de deux mois), je suis forcément bon public pour la formule, et ça joue probablement. Je suis très contente de retrouver la recette d'un sitcom qui avait su me faire rire : c'est suffisamment rare pour que je sois prête à renouveler l'expérience quand l'occasion s'en présente.

Et puis, il s'avère que je les trouve aussi attendrissant que les héros de Will & Grace, ces deux gars. J'aime bien leur dynamique, quand bien même elle n'apporte rien de nouveau au paysage télévisuel... elle fonctionne ! L'énergie personnelle des créateurs de Partners transparait à travers les scènes, et quand un pilote renvoie une impression de sincérité et d'authenticité, on ne peut pas réellement lui en vouloir de ne pas sortir des chantiers battus. Moi, en tous cas, je ne le peux pas.

Alors le pilote de Partners, au moins en ce qui me concerne, il n'a rien à se reprocher. Un peu de surjeu ça et là, sans doute. Bon. It comes with the territory. Je ne suis pas encore très convaincue par l'un des personnages (Wyatt, dont je n'avais même pas retenu le nom tant il est sous-employé et sans intérêt dans ce premier épisode, et qui mériterait peut-être qu'on insiste sur son côté un peu simplet), mais pour le reste, allez hop ! On est repartis comme en 1998 !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:54 - Review vers le futur - Permalien [#]