ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-05-10

Why not regarder Parks and Recreation

ReasonsWhyNot_ParksandRecreation

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Parks and Recreation :
1 -
Parce qu'Amy Poehler (déjà)
2 - Parce qu'Amy Poehler n'est pas Tina Fey
3 - Parce qu'Amy Poehler s'est peut-être affranchie trop brusquement de SNL
4 - Parce que le mockumentary, ça n'a aucun intérêt sur le long terme
5 - Parce que vous voulez vraiment regarder une série sur la construction d'une aire de jeux ?!
6 - Parce que 2 minutes de "Really?! with Seth & Amy" valent mieux que 20mn de cette série
7 - Parce que quand une série opère beaucoup de changements après 6 épisodes, c'est un signe
8 - Parce que Leslie Knope est fatigante
9 - Parce que les comédies, c'est mieux quand c'est drôle
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parks and Recreation de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:42 - lady's reasons why not - Permalien [#]

20-05-10

Not live from New York

Ça fait depuis samedi soir que la saison de Saturday Night Live s'est finie. Wow, c'est moi où ça manque sérieusement d'air autour de ce blog ? Je sais pas, je me sens comme oppressée... non ? Que moi ? Bon bah je continue. J'en étais où ? Oui : SNL ne reviendra pas avant septembre. Ouh et puis, il fait lourd aussi, non ? Quelqu'un peut ouvrir la fenêtre ? Je le ferais bien mais je pense que si je bouge, je vomis. Ah non je me sens pas bien là. Punaise, je sais pas si c'est la grippe carabinée que j'ai réussi à choper hors-saison ou quoi, mais la vache, je déguste. On disait quoi ? Ah, j'y suis, pas de SNL avant l'automne. Oh écoutez j'ai des bouffées de chaleur et des frissons en même temps, je vais pas pouvoir continuer...

En attendant que j'aie fini de cagouler quelques vieux épisodes qui mettent trois plombes à cagouler parce qu'ils n'intéressent que moi (les joies du c2c, cagoule to cagoule), me voilà donc en pleine crise de manque parce que SNL, a pu. C'est emmerdant parce que je suis en pleine période monomaniaque. J'avais réussi à m'en sortir après avoir passé le mois de mars à faire une autre fixette monomaniaque (qui avait eu pour résultat une semaine spéciale remplie de sketches), et je pensais que je m'étais calmée. Le problème c'est que plus je vois de vieux épisodes, pire c'est. Et là, comme je vais manquer d'inédits ET de vieux épisodes parce que je commence à avoir fait le tour de toutes les cagoules disponibles, on va commencer à entrer dans la phase de désintoxication forcée.
Je déteste cette phase.

La désintoxication est d'autant plus difficile que rien ne la justifie. La monomaniaquerie SNL ne met pas ma santé en danger, et presque pas ma santé mentale. C'est vrai que j'ai cité SNL 712 fois ces derniers jours, sur ce blog comme à mon entourage (celui qui s'est montré résistant à mes microbes, du moins), mais à part ça, quel est le problème, hein ? J'ai ramené une clé USB remplie d'extraits et de sketches à une amie l'autre jour et on a passé au moins 3 heures devant, c'est vrai, mais je l'ai pas forcée, et elle pouvait arrêter quand elle voulait ! C'est simplement pas juste d'essayer de me faire arrêter !

Et surtout, la désintoxication téléphagique a une particularité : au lieu d'un sevrage complet, c'est le sevrage d'une seule émission qu'il faut opérer, et il faut trouver par quoi on la remplacera. Et c'est toujours là que ça coince. Parce que si on aime tel programme ou tel autre en ce moment, c'est, d'une part, parce qu'il répond à un besoin (après avoir passé un mois absolument pourri de chez pourri, avec au programme de ma vie des décès, des cancers et d'autres joyeusetés du même acabit, pour changer j'ai envie de me marrer), et c'est, d'autre part, parce qu'on pense qu'il n'a pas son égal. Si on pensait qu'il a son égal, on regarderait déjà l'égal, et on ferait une obsession dessus aussi.

Donc tout le défi est de réussir à remplacer une addiction par une autre en attendant qu'arrive la rentrée.
Vu que nous sommes en mai, à chaque série qui finit sa saison, je sais que nous sommes plus nombreux dans ce cas... et ça ne me réconforte pas le moins du monde. Cet état de fringale insatiable avant des mois et des mois est un état que je ne souhaite à personne. Même pas à des gens qui aiment les vampires. Même si ce serait pas mal qu'ils arrêtent de nous casser les cou*lles avec leur promo à coups de gourdin pour la saison 3.

Inutile de dire que dans l'état de monomaniaquerie où je suis rendue (je me trimbale avec une clé USB de sketches de SNL, je pense que tout est dit...), bien des barrières mentales sont tombées.

A l'heure où je vous parle, j'ai regardé en moins de 24 heures toute la première saison de 30 Rock, et j'envisage sérieusement de me lancer dans la deuxième. C'est marrant parce que je regarde 30 Rock uniquement quand je suis malade... hasard ou coïncidence ? Hm, je ne crois pas aux coïncidences...

Vu ma piètre opinion sur Tina Fey comme sur ma première expérience de la série (à qui j'avais pourtant donné, dans ma bonté, 6 épisodes pour me convaincre la première fois, donc j'avais quand même persisté avant de conclure que je n'aimais), je ne vous en voudrai pas si vous prévenez les services psychiatriques.
Et pourtant, eh oui, 21 épisodes en 24 heures. Heureusement que c'est une comédie de 20mn et que je suis alitée, quand même, sinon ce serait effrayant.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ou qui, du moins, ne sont pas capables de le nuancer.

Pis si j'ai fini les 4 premières saisons pour la rentrée de l'automne, ya des chances que tout ça finisse même avec un post To be continued..., par-dessus le marché. D'façons il est pas exclu que j'attrape un rhume quelconque quand le temps va se rafraîchir alors, euh, bon.

Il y a encore beaucoup de choses qui me chiffonnent dans 30 Rock, la moindre n'étant vraiment pas l'omniprésence de Tina Fey. Elle a ses bons moments, mais elle en a aussi beaucoup où elle est très irritante, parfois juste parce qu'elle est là, parfois parce que franchement elle se la pète un peu, la petite mère. En général, dans un épisode, les passages que où je me détends le plus sont ceux tournant autour de ses collègues (à la notable exception de Tracy qui m'énerve encore plus qu'elle), ce qui est quand même assez symptomatique. Le problème ne tient même pas dans le personnage lui-même mais dans la façon de tout ramener à lui en permanence.

Alors que pardon, mais j'avais espéré que 30 Rock parlerait de télévision. Or, dans un nombre incalculable de fois, on parle relativement peu du show. Et je crois qu'en fait c'est de là que vient ma déception d'origine avec la série, et qui reste un vrai casus belli : j'attends plus de cet univers. Du vitriol, de la caricature, de la dénonciation, plus de références... et plus de pédagogie, aussi. Comment Tina Liz monte-t-elle son show hebdomadaire ? Quelles sont les choses qui lui font obstacle ? Comment se déroule la semaine, l'émission, l'après-émission ? Au final on n'a qu'assez peu d'éléments là-dessus. Comme on passe un temps énorme à se préoccuper des soucis de célibataire de cette pauvre Liz (qui, soit dit en passant, a par contre très bon goût en matière d'hommes, je tiens à le préciser parce que c'est pas souvent dans les séries que je peux dire ça), ainsi qu'à nous faire comprendre à quel point son boulot est hyper stressant et l'empêche de s'épanouir dans sa vie personnelle (j'adore les tirades régulières sur l'amitié qu'elle nous sort, c'est d'une hypocrisie quand on voit qu'elle ne pense qu'à ses petits tracas), l'émission passe systématiquement au second plan. Passé un tiers de la saison environ, les coulisses deviennent carrément un gadget et plus du tout le moteur de la série. Le moteur, c'est Tina/Liz. Take it or leave it.

J'ai lu que 30 Rock, avant de parvenir à l'antenne, était passée par plusieurs stades de recalibrage et de réorientation avant de voir le jour. Ce qui est finalement assez révélateur des faiblesses de la série, finalement.
D'un pitch qui n'avait rien à voir avec une émission de divertissement (ce devait être au départ un journal télévisé), on est passé à un très évident SNL-like, sauf qu'on refuse de se mouiller pour parler vraiment de SNL ou du système des émissions du même type. Par la même occasion, j'ai aussi appris qu'il existait quelque part un pilote avec Rachel Dratch dans le rôle de Jenna, je paierais cher pour voir ça. Bref.
Parmi ces différentes étapes, apparemment, il y en a une qui était plus orientée vers le show (et où il était même envisagé de mettre à disposition de vrais sketches du TGS sur le site de NBC), et ça c'était exactement ce qui m'aurait plu, pour le coup. Avoir un équilibre entre la semaine folle des personnages, et le résultat final. Or là, plus la saison avance, moins on en voit.

Mais oui mais si on prend un thème, j'aime autant qu'on l'exploite !
Au-dessus de Tina Fey, il doit y avoir un network executive bien plus doué encore que le fictif Jack Donaghy, parce qu'à chaque fois qu'on tient un sujet sur les coulisses du show, Tina le laisse s'échapper et transforme sa série potentiellement piquante sur le milieu qu'elle cherche à dépeindre en Ally McBeal du monde télévisé. C'est très décevant de voir qu'à chaque fois qu'on pourrait faire quelque chose de couillu, on en revient toujours aux états d'âme de Liz qui a quand même, il faut le noter, le bon goût de ne pas rentrer chez elle à pied dans les rues de New York avec du Vonda Shepard en fond sonore. C'est déjà ça. Mais sinon, tout le reste est similaire : personnages déjantés mais vraiment pas productifs, univers dont on ne cherche pas à tirer quoi que ce soit mais juste à utiliser comme prétexte, discordes internes et affaires de cœur...C'est très agaçant.

Je sais bien que dans les grandes lignes (Saturday Night Live) comme dans les petites (l'épisode impliquant le late Late Show de Conan O'Brien), on implique des émissions de la même chaîne, et qu'on n'a pas envie de se tirer dans le pied, mais si c'est pour rester dans un registre de lèche-bottes, c'est pas la peine. Dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de prendre le milieu de la télévision pour sujet si c'est pour que Liz fasse trois épisodes sur un mec qui est... comptable ! Pour réemployer ses termes : ça ne marche que dans Ugly Betty, ça ! (et encore, ça ne marche plus)

Parmi les éléments qui m'ont fait rester devant l'écran, outre mon état de santé qui m'y a littéralement clouée, il y a quand même quelques bonnes nouvelles et c'est, en fait, ce que je n'avais pas vu la première fois que j'ai regardé les 6 premiers épisodes de la série (qui pourtant, du point de vue de l'exploitation du contexte télévisuel, sont les plus aboutis).

Le principal atout de 30 Rock, c'est la présence d'Alex Baldwin. Mais à bien y penser, ce qu'on aime chez son personnage de Jack Donaghy, c'est d'avoir l'impression d'y retrouver un Baldwin à la fois fidèle à lui-même, et en même temps complètement caricatural. Et on s'aperçoit alors que c'est le cas de la plupart des autres personnages qu'on connaissait : Tina/Liz, Jane/Jenna, et bien évidemment Tracy/Tracy. En fait, la première saison de 30 Rock exploite ses personnages aussi bien qu'elle aurait dû exploiter son contexte ; on sent un parallèle solide avec la réalité, et en même temps outrancier, qui rend grand service à chaque personnage. Et certainement simplifie la vie de ses interprètes, mais qu'importe.

J'attendais de 30 Rock un peu plus de piquant, il est vrai, mais ce que les dialogues n'apportent pas de ce côté-là, on le retrouve sans aucun doute dans le rythme, parfaitement maîtrisé. Sur 21 épisodes, pas un ne présente de longueur, de dialogue un peu superflu, de moment où on a le temps de se demander où sont passés les mouchoirs. C'est l'un des atouts de la série sur sa forme. On ne se rend même pas compte qu'il ne se passe rien, on est trop occupés à rebondir d'une rapide scène à une autre rapide scène, ce qui accentue l'impression de se faire servir des dialogues futés, ce qu'ils ne sont pas toujours. Mais quand ils ne le sont pas, le rythme entretient l'illusion.

Du coup, quand on réussit à passer la barrière psychologique que représente l'omniprésence de Tina Fey, on réalise donc qu'on tient une série correcte, voire un peu plus. Je n'y vois toujours pas le phénomène que beaucoup de ses fans cherchent à dépeindre, mais je comprends quand même que ça soit divertissant.

Évidemment, il aurait été naïf de croire que j'allais retrouver avec 30 Rock ce qui me manque quand je ne regarde pas SNL. D'autant qu'il est évident que pendant tout phénomène de désintoxication téléphagique, on est dans l'impossibilité totale d'avoir un coup de cœur équivalent à celui qu'on vient de quitter sous la contrainte. Je savais que je n'aimerais pas autant 30 Rock que Saturday Night Live, déjà parce que j'avais vu 6 épisodes de la série l'an dernier et que je savais quand même à peu près à quoi m'en tenir, et aussi parce que le contexte ne s'y prête pas du fait de la désintoxication. Pourtant, si je me suis tournée cette semaine vers 30 Rock pour de mauvaises raisons, je pense que la comparaison lui a aussi profité dans le sens où son sujet proche (bien que sous-exploité) m'a permis de lui donner une vraie chance. Quand on se désintoxique téléphagiquement, c'est rare de trouver des circonstances de ce genre pour le faire en douceur.

Je n'ai donc pas changé d'avis sur 30 Rock, il s'est juste un petit peu adouci, et c'est déjà pas mal.
Maintenant, la grande question, c'est : est-ce que je tente la même chose avec Parks & Recreation ? L'obstacle est ici différent parce que le lien avec SNL est seulement Amy Poehler (yikes !), et qu'en plus il s'agit d'un mockumentary. Mais tant qu'à donner une seconde chance à des séries, autant profiter de l'appel d'air créé par le vide que laisse SNL...?
Rha punaise, 'va falloir tenir jusqu'en septembre. Si je survis à ma grippe, en revanche je ne suis pas convaincue de survivre à ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 30 Rock de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:19 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-04-09

Avis ! Avis !

Souvent, quand je me promène dans la rue, les gens m'interpellent et me disent : "ô lady, toi qui connais taaaant de séries, que me conseillerais-tu pour un dimanche pluvieux/pour éduquer mes nièces/pour changer mes horizons/pour les mariages, baptêmes et enterrements ?". Embarrassée, et les invitant à se relever, je réponds alors que c'est difficile à dire, qu'une recommandation peut fonctionner sur une personne et pas forcément sur une autre, et qu'une série, ça ne se recommande pas comme ça, sans réfléchir !!! Diantre, il faut tout leur dire...
Mais je comprends bien qu'en désespoir de cause, quand l'inspiration manque, eh bien, on se tourne vers ceux qui détiennent le savoir, et c'est là ma lourde responsabilité. Ou c'est là la différence entre quelqu'un qui a une vie et un téléphage, au choix ; mais j'aime mieux la première hypothèse, question d'ego... 

C'est vrai : qui suis-je pour vous conseiller une série plutôt qu'une autre, au final ?
D'accord, je boulotte de la série télé depuis près de deux décennies, mais ce n'est rien comparé à d'autres qui sont là depuis plus longtemps que moi, franchement. Cela dit, pour ma défense, mes parents n'ont pas eu l'idée de me concevoir avant 1982, j'ai fait avec ce qu'on m'a donné, après tout. Mais quand je vois Jérôme, avec sa mémoire incroyable d'une époque télévisuelle pour laquelle je n'ai que des souvenirs épars et/ou flous, je me dis que je n'ai sincèrement rien de plus qu'un autre à offrir en la matière.
C'est vrai aussi qu'en tant que pilotovore, j'ai vu, d'un point de vue strictement quantitatif, plus de séries que beaucoup de gens. Mais je ne les ai certainement pas toutes regardées en intégralité, ce qui invalide d'autant cet argument. Car recommander une série, c'est plus que recommander son pilote. La personne s'attend à ce qu'on l'engage sur un chemin à long terme, quand elle vous pose la question.
Et puis j'admets qu'effectivement, je fais plus que regarder la télé. Rien que le nombre de posts de ces derniers jours prouve que je suis une passionnée (les mauvaises langues iront jusqu'à me qualifier d'acharnée). J'aime me documenter, j'aime découvrir, j'aime expérimenter, bref j'ai passé depuis longtemps la phase passive où on attend de voir ce qui passe le soir à la télé pour se faire une opinion, et ma consommation télévisuelle peut, effectivement, laisser penser que j'ai un certain savoir (qu'il y a pas deux jours, l'un de mes amis qualifiait pompeusement d'encyclopédique). Mais il faut garder à l'esprit que je ne déguste jamais de série dans une autre optique que celle de mon plaisir, et que je ne peux donc recommander une série que d'après ce critère.

Mais est-ce que pour autant mon expérience (certes touffue) de télespectatrice m'autorise à recommander des séries ?
J'ai un infini respect pour des gens comme Martin Winckler, Christophe Petit, et quelques autres. Mais ce que j'apprécie chez eux, c'est leur recul, leur sens de l'analyse, leur regard différent du spectateur classique. Le fait qu'ils considèrent les séries non pas comme un simple divertissement, mais bien comme un art à part entière, différent du cinéma, avec ses propres règles et ses propres exceptions, ses propres repères et ses propres particularités. Parallèlement à ce que j'apprécie chez eux, je sais qu'on n'a qu'assez rarement de goûts en commun ; quand l'un ou l'autre recommande une série, il est très rare que j'en pense la même chose qu'eux. C'est assez logique, si on y pense (je ne suis pas de leur génération, je ne suis pas du même sexe qu'eux, je n'ai pas la même expérience de la vie qu'eux, etc...).
Alors comment, moi, petite ladyteruki, pourrais-je faire ce que des sommités comme eux ne parviennent pas à accomplir ?

En plus, il n'y a rien de plus énervant que quelqu'un qui vous recommande une série.
Vous le savez bien, d'ailleurs, parce que, parfois, j'insiste pour vous faire découvrir des pilotes, et quand il n'y a pas de réaction je m'impatiente, et vous ne vous privez pas pour me le faire remarquer.
Quand je suis à votre place et qu'une autre personne me recommande une série trop prestement, moi aussi j'y vais à reculons (comme récemment pour Rome ou Into the West). Et mon interlocuteur s'impatiente de son côté, et le cercle vicieux continue... mais rien n'est pire que quelqu'un qui cherche à vous forcer la main, à plus forte raison quand vous savez que ce qui plaît à cette personne, d'ordinaire, ne vous plaît pas à vous, et qu'il y a assez peu de chances pour que cette nouvelle recommandation fasse exception.
Tenez, un exemple tout bête : quand je recommande à Jérôme une série après avoir tant parlé de mon bonheur devant Pushing Daisies, alors que lui n'aime pas du tout la série, quelle crédibilité ai-je auprès de lui ? Pas la moindre. Je sais même pas pourquoi il continue de me lire !

Je sais que j'ai lancé ce blog justement pour faire découvrir des séries, mais puisque c'était un blog, je me disais que je pourrais le faire spontanément et au feeling, quand l'envie me prendrait, et sur les séries qu'il me plairait de mettre en lumière. Et cela, bien avant la création des posts La preuve par trois. J'aime y voir des réponses, car j'aime l'idée de ne pas parler dans le vide, sans quoi ce blog, je ne l'écrirais que pour moi (et c'est évidemment aussi une question d'ego), mais je ne me sens pas à l'aise quand on me prend à partie en me disant : "tu es téléphage, alors dis-moi : que regarder ?". Mise au pied du mur, je ne me sens plus le droit de recommander quoi que ce soit.

La problématique qui se pose à moi est alors la suivante : comment sortir de ma propre affection pour certaines séries, et pousser les gens dans la direction qui leur conviendra ? Je crois pouvoir faire la différence entre une série que j'aime parce qu'elle est d'une excellente qualité, et une série que j'aime parce que je m'y suis attachée, mais ce n'est pas forcément vrai, et lorsqu'on me pose la question "quelle(s) série(s) pourrais-je regarder ?", je me demande si mes préférences ne vont pas pervertir la recommandation que je vais donner, malgré tout. C'est le même problème que quand je tente de noter une série sur SeriesLive, d'ailleurs (un lien par post, c'est contractuel). Faut-il noter à l'affect ? Faut-il noter à la qualité ? Comment être sûre que je ne trouve pas la seconde à cause du premier ?
Et même dans ce cas, les qualités que je vois, les autres ne les voient peut-être même pas.

A titre d'exemple : cette semaine je parlais de Life avec une collègue qui regarde un peu de séries, mais qui n'est pas aussi passionnée que moi. Une spectatrice lambda, pourrait-on dire, mais le terme sonne souvent comme trop péjoratif et ce n'est pas le cas ici. Pour elle, ce n'est qu'une série policière comme les autres. Pour moi, c'est une révolution. Elle trouve Charlie Crews assez classique pour un enquêteur, je le trouve étourdissant de force vitale. Elle aime les séries policières, je ne les regarde que si elles sont hybrides et qu'elles m'offrent plus que de simples enquêtes.

Nous qui tenons des blogs, ou intervenons sur des forums, nous savons bien que les avis divergent. Aussi, est-ce que le fait de poster ici mon 555e message me donne-t-il le droit de recommander quoi que ce soit ? Ce sera la même question au 10 000 post (si ce blog vit aussi vieux), de toutes façons. Je n'ai aucun genre de légitimité. Je me contente de partager mes documentations, mes découvertes, mes expérimentations. C'est déjà pas mal, mais ça s'arrête là.

Alors si les gens pouvaient arrêter de me poser ce genre de questions, ça me simplifierait bien la vie, quand même. J'aurais moins de cas de conscience. Je n'essayerais pas de dresser des listes, ou de peser le pour et le contre. Si les gens pouvaient se contenter de me suivre dans mes aventures téléphagiques sans espérer que je les éclaire de quelque façon que ce soit sur ce que, eux, ils devraient regarder, ça m'arrangerait. Arrêtez de me demander que regarder ! D'une certaine façon, je vous donne déjà des orientations ici, à vous de piocher dedans... ou pas. Même si parfois, ça signifie que certains de mes posts resteront lettre morte définitivement (et que ça me blesse forcément un peu, encore une question d'ego), ça me rassure, quand même, de me dire que vous ne m'avez pas chargée d'une aussi grande responsabilité que celle de vous forcer la main à regarder quelque chose juste parce que, à moi, ça a plu.
En fait c'est même pour ça que, partout où je participe sur le net, j'encourage les gens à commenter et discuter : parce que mon avis ne vaut pas plus que le leur, et que si le leur est contradictoire (comme ces derniers temps les posts de freescully sur Parks & Recretations ou Harper's Island), ça fait drôlement du bien, ça me soulage. Les avis divergent, se complètent, s'affrontent, et ça c'est vraiment bien. C'est le but d'internet, dans le fond. C'est le but de ce blog, aussi.

Mais pitié, arrêtez de me demander ce que vous devriez regarder ! Faites vos propres documentations, vos propres découvertes, vos propres expérimentations !
Et puisqu'on en parle, Scarlatiine, quand est-ce que tu ouvres ton blog ?

Posté par ladyteruki à 00:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-04-09

La récréation est terminée

Il faut sans doute apprécier The Office pour apprécier Parks & Recreation, mais le problème, d'une part, c'est que je n'aime pas The Office (je me souviens vaguement avoir bâillé devant le pilote, il y a des siècles... pas spécialement envie de m'en souvenir, donc je n'en ferai pas l'effort), et d'autre part, je n'aime pas du tout Amy Poehler.
C'est comme ça. Elle a un visage mal aimable. Elle n'est pas drôle. C'est une bonne comédienne, j'imagine, mais elle n'est pas drôle. Et elle est blonde. Donc ça passe pas.

Non, le problème, c'est quand même beaucoup la forme, et donc le rapport avec The Office. C'est, au choix, de la comédie de bas étage, ou une bâtardisation entre la fiction et la real tv... J'imagine que tout a déjà été dit à propos de la formule de The Office, cela dit. Je n'y ai prêté qu'une oreille très peu attentive, de toutes façons.

Je vois très difficilement comment on peut construire une série entière sur un tel concept. Toute une série sur le fait que les personnages sont autres que tels qu'ils aiment à se décrire face à la caméra... la belle affaire, je vois assez mal ce que peut promettre ce genre de principe. Une fois qu'on a compris que la blondinette a les dents longues mais n'a pas les moyens de ses ambitions, on a fait le tour de la question, point barre. Partant de là les surprises sont minimes : combien de fois va-t-on se farcir ce genre de choses ? Humiliation, démonstration simultanée et répétée tant d'impuissance que d'orgueil... The Comeback, The Office, de nombreuses séries sont déjà passées par là, et je n'ai pas tenu devant bien longtemps. Alors c'est pas pour signer pour une nouvelle session...

Je ne serai pas de ceux qui s'étonneront des audiences, du coup. Mais je ne serai pas non plus de ceux qui compareront Poehler à Tina Fey, simplement parce que toutes deux sont des anciennes de Saturday Night Live (Damon Wayans a hélas prouvé que c'était pas un problème pour réussir à vendre sa série, par exemple). Je pense que ça n'a rien à voir avec Poehler (à part dans mon cas), mais avec l'effet de redite, voilà tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parks & Recreation de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:18 - Review vers le futur - Permalien [#]


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